Une mesure salubre : réduire la durée des homélies (20/08/2020)

De Xavier Le Normand sur le site du journal la Croix :

Aux États-Unis, des homélies réduites pour contrer le coronavirus

Le diocèse de Santa Fe a prévenu ses prêtres, fin juillet, qu’ils risquaient de perdre le droit de prêcher si leurs homélies duraient plus de cinq minutes. Cette mesure édictée par l’évêque vise à réduire le temps des messes pour limiter le risque de transmission du Covid-19.

19/08/2020

Des messes plus courtes afin d’éviter que les églises ne soient des clusters de transmission du coronavirus. C’est l’objectif que Mgr John Wester, archevêque de Santa Fe, capitale de l’État du Nouveau-Mexique (États-Unis), a assigné aux prêtres de son diocèse. Autorisées de nouveau depuis le 16 mai, les célébrations eucharistiques dans ce diocèse ne doivent ainsi pas excéder 30 à 40 minutes.

Afin de réduire la durée des messes, il a notamment été demandé aux prêtres de limiter au strict nécessaire leurs prêches. Ainsi, les directives édictées mi-mai exigeaient des prêtres de ne faire que « de très courtes homélies, de trois ou quatre minutes maximum ». Mais, rapporte Catholic news agency (CNA) lundi 18 août, il semble que la norme n’ait pas été respectée par certains prêtres, qui ont ainsi dépassé le temps indiqué.

Dans une note envoyée le 31 juillet, le vicaire général de Santa Fe, le père Glennon Jones, s’inquiète ainsi « des rapports reçus au sujet d’homélie dépassant largement la limite édictée par l’archevêque »« Cela augmente non seulement le temps d’exposition des autres (au coronavirus, NDLR), mais augmente la déception de nombreux fidèles, au point que certains n’assistent pas à la messe à cause de cela », tance le vicaire général.

« Souligner la gravité de la pandémie »

Et pour combattre cette tendance, le diocèse est prêt à employer les grands moyens. « Si de telles homélies se poursuivent, (Mgr John Wester) envisagera des actions plus sévères », prévient le père Jones, « jusqu’à la possible suspension de la faculté de prêcher ».

Selon un porte-parole du diocèse de Santa Fe contacté par CNA« les paroissiens ont également été informés des protocoles diocésains et ont exprimé leurs inquiétudes. Ainsi, les prêtres ont été invités à respecter le protocole de ne prêcher que de courtes homélies de 3 à 5 minutes pendant ces temps périlleux. » « L’intention de la note du père Glenn Jones était de souligner la gravité de la pandémie, la grande préoccupation de l’archevêque pour la vie humaine, la santé et la sécurité de nos paroissiens », a encore déclaré le porte-parole.

Une « synthèse claire et brève »

Selon le Code de droit canonique, l’homélie « fait partie de la liturgie elle-même » et « tient une place éminente » parmi les formes de prédication. Normalement « réservée au prêtre ou au diacre », elle « ne peut être omise que pour une cause grave »« L’homélie a une valeur spéciale qui provient de son contexte eucharistique, qui dépasse toutes les catéchèses parce qu’elle est le moment le plus élevé du dialogue entre Dieu et son peuple, avant la communion sacramentelle », insistait le pape François dans son exhortation apostolique Evangelii gaudium (2013).

Toutefois, le pape François mettait également en garde contre une homélie qui « se prolonge trop ». Cette prédication, écrivait-il, « doit être brève et éviter de ressembler à une conférence ou à un cours ». Cette nécessité était d’ailleurs reprise en 2015 dans le Directoire sur l’homélie publié par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. En 2018, le pape François indiquait encore que l’homélie devait être une « synthèse claire et brève » des lectures du jour et ne devait « pas dépasser dix minutes ».

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