Tant de choses participent du découragement… La précarité de l’amour, la difficulté à s’engager ou la banalisation du divorce… Les conditions effarantes d’accueil du jeune enfant, les maltraitances systémiques de crèches dans lesquelles un adulte doit assumer seul huit enfants, le silence assourdissant des féministes quant aux besoins des femmes qui viennent d’accoucher et cicatrisent encore après avoir mis au monde ceux qui paieront les retraites des militants du « no kids ». La santé mentale de l’adulte repose sur un attachement sécurisant, apaisant. Et on s’étonne que ça aille mal ? La culpabilisation permanente des parents qui souhaitent exercer leur autorité parentale comme bon leur semble, l’infantilisation des adultes, l’autonomisation à marche forcée de tout-petits séparés de leur figure d’attachement des journées entières. Et j’ajouterais même la surmédicalisation de la grossesse, accompagnée d’intrusions parfois fort violentes d’obstétriciens dans le corps de la parturiente…
« Pour donner la vie, il faut espérer, avoir confiance »
Pour donner la vie, il faut espérer. Avoir confiance, a minima, en soi, dans son couple et dans le monde à venir. Ce n’est pas, rappelle Olivier Rey dans son essai récent Défécondité, l’argument économique qui prime. C’est cette absence d’espérance, de valeur accordée à la transmission de la vie. Mais c’est aussi cette maltraitance systémique du bébé et de sa mère, cette dépréciation de la vie, cette domestication de l’amour.
Aujourd’hui, avoir un enfant est perçu comme trop risqué. Parce qu’en lieu et place de l’espérance en un bien commun et désirable, nous avons été biberonnés au narratif de crise. Crise économique, migratoire, géopolitique, institutionnelle, sanitaire, écologique. Ce monde en crise n’est-il pas avant tout un monde en espérance d’enfants qui nous réconcilient avec une vie qui se désincarne et se désenchante à force d’être domestiquée ?