USA : 1 126 000 avortements en 2025 (31/03/2026)

Une synthèse de presse de genethique.org :

Etats-Unis : 1 126 000 avortements en 2025

30 mars 2026

D’après les chiffres publiés par le Guttmacher Institute[1] le 24 mars, 1 126 000 avortements ont été pratiqués aux Etats-Unis en 2025, soit une hausse de moins de 0,2 % par rapport à 2024 (cf. Etats-Unis : les avortements en légère hausse en 2024). Ce chiffre inclut les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine[2].

L’influence des législations sur le taux d’avortement des Etats

Les restrictions entrées en vigueur dans certains Etats ont eu une incidence sur le taux d’avortement. Ainsi, la Floride qui a adopté en 2024 un projet de loi, « Heartbeat Protection Act », visant à interdire l’avortement à partir du moment où le rythme cardiaque du fœtus est détecté, a vu les avortements diminuer de plus de 25 % entre 2023 et 2025 (cf. Floride : l’avortement interdit au-delà de six semaines de grossesse). De même, dans l’Iowa, une baisse de plus de 24 % a eu lieu entre 2023 et 2025 (cf. Iowa : la Cour Suprême confirme l’interdiction de l’avortement après 6 semaines de grossesse).

A l’inverse, le Missouri, qui a voté en faveur de l’inscription de l’IVG dans la Constitution de l’Etat en novembre 2024, a connu une augmentation des avortements de 48 % (cf. Avortement : les électeurs américains se sont prononcés ). Le Dakota du nord a lui aussi connu une hausse de plus de 32 % des avortements en 2025 suite à l’invalidation de l’interdiction d’avorter par un juge (cf. Dakota du Nord : une interdiction quasi-totale de l’avortement).

Moins de déplacements dans d’autres Etats pour avorter

Selon les données du Guttmacher Institute, en 2025, 142 000 femmes ont eu recours à l’IVG dans un autre Etat que celui où elles résident, ce qui représente une diminution de 8 % par rapport à 2024. Parmi elles, 62 000 femmes venaient des Etats interdisant totalement l’avortement.

Concernant les Etats où l’on a pratiqué des avortements chez des femmes résidant dans un autre Etat, l’Illinois vient en tête. 32 000 avortements y ont été ainsi effectués, soit près d’un quart des IVG réalisées sur des femmes ayant changé d’Etat pour avorter. Viennent ensuite la Caroline du nord (environ 18 000 avortements sur des résidentes d’autres Etats), le Nouveau-Mexique et le Kansas (2/3 des avortements concernaient des femmes venant d’autres Etats), ainsi que la Virginie (9 000 avortements sur des non résidentes).

Une forte hausse des avortements pratiqués par télémédecine

Cette baisse a toutefois été « compensée » par la hausse de plus de 26 % des avortements par télémédecine pratiqués en 2025 sur des femmes résidant dans des Etats interdisant l’IVG. 91 000 femmes y ont eu recours, contre 72 000 en 2024. « Il est logique que l’on observe une baisse des déplacements, car les personnes qui accèdent à l’avortement par télémédecine n’ont plus besoin de se déplacer » indique Isaac Maddow-Zimet, data scientist à l’Institut Guttmacher. Huit Etats (Californie, Colorado, Massachusetts, Maine, New York, Rhode Island, Vermont et Washington) autorisent les professionnels de santé à proposer des avortements par télémédecine à des patientes résidant dans d’autres Etats, y compris ceux où l’IVG est totalement interdite.

Depuis 2023, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la prescription de mifépristone par téléconsultation (cf. Pilule abortive : vers la confirmation des autorisations de la FDA ? ). Plusieurs recours judiciaires ont toutefois été initiés afin de contester cette autorisation (cf. Pilule abortive : la Cour suprême américaine lève les restrictions ). Actuellement, une procédure intentée par le procureur général de Louisiane, Liz Murrill, est en cours, le juge fédéral devrait bientôt rendre sa décision (cf. Pilule abortive : trois Etats américains poursuivent la FDA).

Moins de cliniques pratiquant l’avortement

Désormais, les cliniques en ligne proposant des avortements à distance sont en forte progression dans les Etats n’interdisant pas l’avortement (cf. Pilule abortive : des complications dans plus de 10% des cas selon une étude américaine). 24 % des avortements pratiqués par des professionnels de santé aux Etats-Unis y sont réalisés.

A l’inverse, le rapport constate une baisse de 2 % du nombre de cliniques pratiquant des IVG. En 2025, 753 cliniques « physiques » pratiquant l’avortement sont en exercice aux Etats-Unis, soit 12 de moins qu’en mars 2024 et 54 de moins qu’en 2020. Cinq Etats ont en particulier connu une diminution du nombre de cliniques : la Californie, la Floride, l’Illinois, le Michigan et New-York.

Fin 2025, 13 Etats américains avaient instauré des législations interdisant totalement de l’avortement (cf. Dakota du Nord : une interdiction quasi-totale de l’avortement), et 6 Etats l’interdisent au-delà de 6 ou 12 semaines de grossesse (cf. Wyoming : l’avortement interdit au-delà de six semaines de grossesse).

[1] Le Guttmacher Institute est une organisation favorable à l’avortement. Ses études mensuelles sur l’accès à l’avortement estiment le nombre d’avortements pratiqués par des professionnels de santé chaque mois dans chaque Etat américain et à l’échelle nationale. Les études recueillent des données sur les avortements, médicamenteux ou non, réalisés dans des établissements de santé « physiques » (cliniques ou cabinets médicaux), ainsi que sur les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine.

[2] Pour la première fois, les données tiennent compte des avortements par télémédecine des femmes résidant dans des Etats ayant instauré une interdiction totale de l’IVG

Sources de la synthèse de presse : National Review, Michael J. New (24/03/2026) ; NPR, Selena Simmons-Duffin (24/03/2026) ; The Economic Times (27/03/2026)

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