Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre (09/07/2026)

Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre

La proposition du frère Ferdinand Poswick, moine bénédictin de Maredsous, sur la fin de vie a suscité de vives réactions parmi les lecteurs du journal Dimanche et du site CathoBel. Alors que le religieux plaidait pour une réflexion ouverte sur l’euthanasie consentie chez les personnes très âgées, plusieurs voix, notamment celles de croyants, expriment une opposition ferme ancrée dans la foi chrétienne et l’expérience humaine. Trois contributions emblématiques illustrent ce débat.

La confiance humble d’une malade en phase terminale

Marie de Géradon, 86 ans et atteinte d’un cancer incurable, s’adresse directement au frère Poswick avec une grande simplicité. Du même âge que lui, elle partage le désir de mourir dans la dignité, mais affirme une différence fondamentale : « ma vie ne m’appartient pas ». Elle choisit de s’en remettre humblement au Seigneur pour sa fin de vie.

Cette lettre touche par son ton pacifié et sa profondeur spirituelle. Elle montre qu’une personne directement concernée par la souffrance peut vivre sa maladie avec sérénité et abandon, sans recourir à l’euthanasie.

Mourir « debout », à la manière de saint Benoît

Christiane, autre lectrice, interroge la proposition du frère Poswick en rappelant la sagesse monastique et chrétienne face au grand âge. Elle invite à accueillir consciemment les pertes et diminutions liées à la vieillesse, tout en y voyant une richesse et une préparation au passage pascal.

Pour elle, la première étape pour un senior consiste à renoncer à l’acharnement thérapeutique inutile, à laisser la vie aller jusqu’au bout, comme saint Benoît qui « sent qu’il va mourir » sans demander à être euthanasié. Elle distingue clairement l’accompagnement respectueux de la vie qui s’achève (ne rien faire d’extraordinaire pour la prolonger artificiellement) de l’acte de donner la mort.

« Mourir debout », selon elle, c’est accomplir sa vie jusqu’au terme naturel par le don quotidien aux frères, dans la patience et l’abandon. Cette vision met l’accent sur l’accompagnement humain et spirituel plutôt que sur une interruption délibérée.

Une réponse argumentée : l’impasse anthropologique et spirituelle

La contribution la plus développée vient de Pierre de Mahieu, qui propose une réfutation structurée et théologique de la position du frère Poswick.

Il reconnaît la sincérité de la préoccupation (éviter l’acharnement thérapeutique, la solitude et la souffrance inutile), mais estime que la solution suggérée conduit à une impasse. Principaux arguments :

Pierre de Mahieu conclut que la société souffre moins d’un excès de vieillards que d’un déficit de fraternité. La réponse chrétienne authentique est une culture de la gratitude et de la réciprocité entre générations.

Des convergences fortes

Malgré des tonalités différentes — témoignage personnel, réflexion spirituelle pratique ou analyse théologique —, ces réactions partagent plusieurs convictions :

Ces voix rappellent que, pour beaucoup de croyants, la fin de vie n’est pas d’abord une question d’autonomie individuelle, mais une étape de communion avec Dieu et avec les frères, jusqu’au bout. Elles invitent l’Église et la société à inventer des réponses de présence et d’espérance plutôt qu’à organiser le départ anticipé des plus fragiles.

Dans un contexte de vieillissement démographique et de débats éthiques intenses, ces réactions soulignent la nécessité d’un discernement profond, ancré dans l’anthropologie chrétienne.

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