Des hommes mariés bientôt ordonnés prêtres dans le diocèse d'Anvers ? (15/09/2026)
Johan Bonny, évêque d’Anvers, s’est rendu à Rome pour avancer son projet d’ordonner des hommes mariés comme prêtres dans son diocèse d’ici 2028, motivé par la pénurie critique de prêtres.
Le titre de l’article de La Libre (publié le 14 septembre 2026) reprend ses propres mots : « La nécessité m’y contraint ». Six mois après son annonce dans une lettre pastorale de mars 2026 (dans le cadre de la mise en œuvre du processus synodal), Bonny détaille l’état d’avancement.
Contexte de la pénurie
Dans le diocèse d’Anvers, il ne reste plus que 70 prêtres de moins de 70 ans, dont les deux tiers sont d’origine étrangère. Les prêtres cumulent des charges très lourdes, allant d’un clocher à l’autre. Aucun n’est plus rattaché à un hôpital, un mouvement de jeunesse ou une école ; un seul aumônier permanent couvre les cinq établissements pénitentiaires de la province. Bonny estime que le recours à des prêtres étrangers n’est pas une solution durable, notamment pour des raisons de langue.
La démarche auprès de Rome
Bonny présente son initiative comme pragmatique et non idéologique. Il a discuté de la question au sein de la Conférence épiscopale belge et lors de la visite ad limina avec le pape François. Ses confrères partagent globalement l’avis, mais l’archevêque Luc Terlinden souligne qu’il s’agit d’une démarche propre à l’évêque d’Anvers.
En juin 2026, Bonny s’est rendu de sa propre initiative à Rome. Il a rencontré le cardinal Lazarus You Heung-sik (préfet du Dicastère pour le clergé) et le cardinal Mario Grech (secrétaire général du Synode des évêques). Il leur a exposé les chiffres de la pénurie flamande ; ils ont indiqué qu’ils en parleraient au pape Léon. En août, d’autres évêques belges (dont Terlinden) ont aussi rencontré le pape ; Bonny suppose que le sujet a été abordé, sans détails publics.
Une éventuelle ordination d’hommes mariés (viri probati) dans le rite latin exige l’accord du pape. Bonny ne peut pas modifier la discipline seul.
Préparatifs à Anvers
Plusieurs candidats ont déjà été identifiés. Ils suivent une formation théologique et pastorale comparable à celle des autres candidats au sacerdoce, de manière « transparente et discrète, à l’abri du regard des médias ». Les critères sont alignés sur ceux des diacres permanents : âge minimum de 35 ans, accord de l’épouse, vie de famille stable, et plus d’enfants en bas âge.
Bonny reste optimiste quant à une évolution possible d’ici 2028. Ce projet s’inscrit dans un débat plus large sur le célibat sacerdotal et les besoins pastoraux en Europe occidentale, où la pénurie est particulièrement aiguë.
Lire également : L’évêque auxiliaire de Ratisbonne ouvre la porte à l’ordination d’hommes mariés, mais reconnaît que le problème réside dans « la perte de la foi ».
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