Le Secrétariat du Synode tend-il à jouer un rôle prépondérant dans l'Eglise ? (16/09/2026)

Son rôle a nettement gagné en visibilité, en permanence et en influence opérationnelle, surtout depuis Episcopalis communio (2018) et le Synode sur la synodalité (2021-2024), ce qui suscite des critiques sur un risque de centralisation bureaucratique.

Cadre canonique et institutionnel

Le Synode des évêques, institué par Paul VI en 1965 (Apostolica sollicitudo), est un organe consultatif (parfois délibératif sur mandat du pape) qui assiste le pontife romain. Il n’est pas une instance de gouvernement autonome et ne fait pas partie de la Curie romaine : il dépend directement du pape.

Son Secrétariat général permanent (dirigé par un secrétaire général nommé par le pape, actuellement le cardinal Mario Grech) prépare les assemblées, en assure le suivi, collabore à la rédaction des documents et assure la continuité entre les sessions. Le Code de droit canonique (can. 348) et les normes postérieures confirment ce rôle d’appui, sous l’autorité exclusive du pape, qui convoque, fixe l’ordre du jour, ratifie les membres et décide de l’usage des résultats.

Avec Episcopalis communio (François, 2018), le Secrétariat a été renforcé : il devient plus permanent, peut s’appuyer sur des experts et des commissions, et le document final d’une assemblée, s’il est approuvé par le pape, participe au magistère ordinaire. Le processus synodal élargi (consultation du peuple de Dieu, phases diocésaines/continentales, groupes d’étude) a encore accru son rôle de coordination, de synthèse et d’accompagnement de la mise en œuvre.

Influence réelle et critiques

Dans la pratique récente :

Des observateurs et commentateurs (y compris dans des publications catholiques critiques) estiment que ce rôle opérationnel peut devenir prépondérant dans les faits : influence sur le cadrage des questions, sélection des experts, formulation des synthèses, et dynamique permanente qui dépasse les assemblées ponctuelles. Certains y voient un risque de bureaucratie « synodale » qui filtre la « voix du peuple de Dieu », marginalise de facto certaines conférences épiscopales ou dicastères, ou crée des structures parallèles peu ancrées dans le droit canon traditionnel (équipes synodales, etc.). Des polémiques récentes (rapports de groupes d’étude sur des questions doctrinales/pastorales sensibles) ont illustré des tensions, le Secrétariat prenant parfois ses distances avec des contenus qu’il a contribué à diffuser.

D’autres soulignent au contraire que tout reste soumis au pape, que les évêques locaux et les conférences conservent leurs compétences ordinaires, et que le processus vise précisément une collégialité et une co-responsabilité élargies, non un transfert de pouvoir au Secrétariat.

En résumé

Le Secrétariat n’a pas, en droit, un rôle de gouvernement qui se substitue aux évêques, aux conférences épiscopales, à la Curie ou au Collège des cardinaux. Il reste un instrument au service du pape et de la collégialité. Cependant, son caractère permanent, son rôle de coordination d’un processus mondial long et son activité documentaire lui ont conféré une influence pratique accrue, que certains jugent disproportionnée ou au détriment d’autres instances plus traditionnelles. L’équilibre dépend en grande partie de la volonté du pontife régnant et de la façon dont les propositions sont (ou non) reçues et mises en œuvre par les autorités compétentes.

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