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BELGICATHO

  • Léon XIV livre ses réflexions et ses impressions après son voyage en France

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    Lors de l'Audience générale de ce mercredi 30 septembre :

    «Chers frères et sœurs, bonjour !

    Aujourd’hui, je souhaite vous parler du voyage apostolique en France que j’ai effectué ces derniers jours. Ce fut un grand don pour moi et pour le peuple de Dieu dans ce pays, et j’en rends grâce au Seigneur. J’exprime à nouveau ma gratitude à tous ceux qui m’ont accueilli, aux autorités civiles et aux pasteurs de l’Église, ainsi qu’à tous ceux – et ils étaient très nombreux – qui ont souhaité rencontrer le Pape ou simplement le saluer dans les rues, en tant qu’apôtre du Christ et messager de paix. Merci à tous !

    Je voudrais rassembler les réflexions et les impressions – encore très vives – de cette visite pastorale autour d’un seul et même grand symbole : la cathédrale Notre-Dame de Paris. C’est là, l’après-midi du premier jour, que nous avons célébré les vêpres de la Bienheureuse Vierge Marie, une liturgie solennelle et en même temps festive, où la musique, le chant et la beauté du temple faisaient vibrer les cœurs unis dans la prière.

    Précisément Notre-Dame, avec le drame qu’elle a vécu, peut symboliquement éclairer tout ce voyage apostolique, en offrant une clé de lecture que je résumerais en un mot : renaissance.

    La cathédrale de Paris, qui semblait encore il y a sept ans à peine mortellement blessée par un immense incendie, est aujourd’hui reconstruite et plus resplendissante que jamais. Cette catastrophe a suscité une réaction positive à tous les niveaux, certains plus visibles et concrets, d’autres plus cachés, d’ordre spirituel.

    Sa restauration a été la preuve qu’une collaboration est possible entre l’Église, l’État, les institutions publiques et la société civile. Cette approche a permis de mettre pleinement en valeur tant la générosité des bienfaiteurs que les compétences des professionnels et des artisans. La synergie au service du bien commun devrait être la norme pour les institutions, les forces politiques et sociales, ainsi que pour tous ceux qui assument des responsabilités civiles et économiques. C’est le message que j’ai voulu transmettre aux autorités françaises, ainsi qu’aux membres de l’UNESCO, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, dont le siège est à Paris, en indiquant quel est le critère fondamental sur lequel fonder cette collaboration : la dignité de la personne humaine.

    Mais surtout, Notre-Dame est l’image de l’Église faite de pierres vivantes, du peuple saint de Dieu.

    Il est intéressant de mettre en parallèle la célébration des vêpres dans la cathédrale et la veillée des jeunes qui s’est déroulée le soir même au grand Stade de France à Paris. Deux lieux complètement différents, et pourtant deux événements complémentaires, presque unis spirituellement. Qu’est-ce qui les unissait ? L’Église, qui n’est pas faite de pierres ou de béton, mais de personnes qui aiment Jésus-Christ parce qu’elles ont été aimées par Lui. À Notre-Dame, il y avait les prêtres et les diacres, les personnes consacrées, les animateurs pastoraux ; au stade, il y avait la nouvelle génération française : nouvelle – dirais-je – non seulement par son âge, mais plus encore par son esprit, par la liberté de son cœur et de sa foi. Des jeunes qui ont chanté, crié, mais qui sont aussi restés silencieux, à l’écoute. Des visages attentifs et émus, qui témoignaient de ccœursavides de vérité et d’amour. Je leur ai dit avec joie : « Vous êtes les saints de France ! ». Cette veillée a été un grand signe d’espérance.

    Tout comme l’a été – dans la petitesse que Dieu affectionne – la rencontre à la Maison Bakhita, foyer d’accueil pour diverses personnes en difficulté : l’un des nombreux lieux, fruits de l’Évangile, où l’on s’engage quotidiennement à servir avec amour la dignité de la personne humaine.

    Il y a cependant dans l’Église de France un signe de renaissance qui perdure depuis quelques années, à savoir le nombre remarquable et croissant de jeunes et d’adultes qui demandent le baptême. À propos de cette belle “surprise” de Dieu, une Assemblée synodale provinciale se tient actuellement à Paris, au cours de laquelle j’ai pu intervenir pour encourager le cheminement des catéchumènes et des néophytes, ainsi que celui des communautés auxquelles ils appartiennent.

    Le moment fort de ma visite dans la capitale a été la messe sur la Place de la Concorde. Là, le signe de la renaissance s’est manifesté de manière surprenante : l’assemblée liturgique, qui rassemblait sur cette vaste place les prêtres, le cchœuret une foule considérable, s’étendait sur toute l’Avenue des Champs Élysées jusqu’à l’Arc de Triomphe et au-delà. Au moment de la communion, tous ont pu s’approcher de l’Eucharistie, distribuée partout. Voilà la véritable reconstruction, la restauration de l’Église que seul Dieu peut accomplir, par l’intercession de la Vierge Marie.

    Il était donc naturel et nécessaire qu’après Paris, je me rende en pèlerinage à Lourdes, pour vénérer la Mère de l’Église, Marie, celle qui, à l’heure de la passion et de la mort, maintient allumée la lampe de la foi et de l’espérance. À Lourdes, le Seigneur, par la sollicitude maternelle de la Vierge Marie, adresse à tous, pèlerins et surtout malades dans leur corps et dans leur esprit, un message d’espérance et de renaissance. Un message que j’ai voulu relancer ouvertement : toute vie humaine, quelle que soit sa condition, même dans la plus grande fragilité, conserve sa dignité inviolable et mérite d’être soignée, accompagnée, soulagée de ses souffrances avec une compassion humaine et à l’aide des moyens offerts par la science. C’est pourquoi Lourdes représente pour le monde entier un sanctuaire de la civilisation de l’amour. Dans ce contexte, j’ai rencontré certaines personnes victimes d’abus et je leur ai demandé de m’aider à exprimer, également à d’autres victimes, ma volonté et celle de toute l’Église de les écouter et de les accompagner dans leur cheminement vers la guérison, en reconnaissant la souffrance causée dans leur vie et en œuvrant à la prévention des abus.

    La troisième et dernière étape de ce voyage apostolique a été la ville de Metz, située dans une région de France et d’Europe meurtrie par la Seconde Guerre mondiale. C’est là qu’a œuvré Robert Schumann, l’un des principaux inspirateurs du processus de l’unification européenne. L’Europe contemporaine est née précisément comme un projet de paix après les ravages de la guerre. On peut dire que ce qui s’est passé à Notre-Dame de Paris avec l’incendie s’était produit en Europe avec la Seconde Guerre mondiale. Et l’Europe est née de nouveau, sur la base de ces principes de démocratie, de solidarité et de fraternité entre les peuples qui doivent beaucoup à ses racines chrétiennes. Aujourd’hui encore, c’est sur ces fondements et grâce à cette « sève » vitale que le projet européen peut se renouveler, dans un monde bien plus globalisé, où le dialogue interreligieux revêt un rôle de première importance. C’est pourquoi, à Metz, j’ai rencontré les représentants des différentes traditions religieuses, qui ont lu et signé en ma présence l’“Appel de Metz” pour le dialogue et la paix.

    Très chers amis, le thème de ma visite pastorale en France était “Pour que le monde ait la vie” (cf. Jn 6, 51). Ce sont là les paroles de Jésus, qui résument toute sa mission de salut et qui, tout au long de ce voyage, exprimaient pleinement le sens évangélique de chaque rencontre. Qu’elles inspirent désormais notre prière, en demandant à Dieu que cet événement de grâce porte des fruits abondants et durables.»

  • Les évêques américains lancent le Mois du respect de la vie

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    D' sur Tribune Chrétienne :

    30 septembre 2026

    « Respect Life Month »: « Ces atteintes à la dignité humaine exigent notre réponse » , les évêques américains lancent le Mois du respect de la vie

    @americanbishops
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    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis alerte sur les risques médicaux, l’isolement des femmes et les possibilités d’exploitation liés à l’accès croissant à l’avortement médicamenteux

    À la veille du mois d’octobre, traditionnellement consacré par l’Église catholique aux États-Unis au respect de la vie humaine, les évêques américains entendent placer la question de l’avortement médicamenteux au cœur de leur mobilisation. Le communiqué publié mardi 29 septembre par la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) reprend l’appel de Mgr Daniel E. Thomas, président de la Commission pour les activités pro-vie. Son propos ne se limite pas à rappeler l’opposition de l’Église à l’avortement. Il attire l’attention sur les conséquences concrètes de la diffusion croissante des pilules abortives et appelle les catholiques à unir prière, réflexion et action.

    « Aujourd’hui, avec un accès facilité aux pilules abortives, le taux d’avortement augmente tragiquement, tout comme les risques pour la santé », déclare Mgr Thomas. L’évêque insiste particulièrement sur la solitude dans laquelle peuvent se retrouver les femmes ayant recours à l’avortement médicamenteux. « Cela signifie que davantage de femmes, dont beaucoup ont été mal informées sur la nature et les risques de la pilule abortive, avorteront seules à leur domicile, sans aucune supervision médicale. »Cette inquiétude est complétée par une dimension moins souvent évoquée dans le débat sur l’avortement médicamenteux. Mgr Thomas estime que cette facilité d’accès crée également « des possibilités supplémentaires d’exploitation par des partenaires violents ou des trafiquants d’êtres humains ».

    Sa conclusion est sans ambiguïté : « Ces atteintes à la dignité humaine exigent notre réponse. »

    Cette formulation éclaire le sens de l’intervention de l’épiscopat américain. La question de l’avortement n’est pas abordée uniquement sous l’angle d’un débat politique ou juridique, mais à partir d’un principe central de l’enseignement catholique : la dignité intrinsèque de toute personne humaine. La protection de l’enfant à naître ne peut dès lors être séparée de l’attention portée à la mère. L’une des préoccupations exprimées par Mgr Thomas concerne précisément le risque d’un avortement vécu dans l’isolement, sans accompagnement médical direct et parfois dans un contexte de pression ou de violence. La défense catholique de la vie ne consiste donc pas seulement à s’opposer à l’avortement. Elle engage également à entourer les femmes enceintes, à les accompagner dans les situations de détresse et à défendre la dignité de la mère comme celle de l’enfant qu’elle porte.

    « Mary, Mother of Life »

    Le « Respect Life Month » est observé chaque mois d’octobre par l’Église catholique aux États-Unis depuis 1973. Pour 2026, le thème retenu est « Mary, Mother of Life », « Marie, Mère de la Vie ». Ce choix donne à la mobilisation une dimension explicitement spirituelle. Mgr Thomas ne présente pas la défense de la vie comme une campagne uniquement militante. Il la replace dans la prière et sous le regard de la Vierge Marie.« Notre Sainte Mère est notre modèle pour défendre le caractère sacré de toute vie humaine, à chaque étape et en toute circonstance. Nous confions tous nos efforts pour protéger les mères et les enfants à sa sollicitude maternelle, dont nous avons grandement besoin en ce moment. »

    La référence à la Vierge Marie rappelle que la doctrine catholique sur la vie ne se résume pas à une interdiction. Elle s’enracine dans l’accueil de la vie comme un don et dans la reconnaissance de la dignité de toute personne humaine, particulièrement lorsqu’elle est vulnérable et dépendante.

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  • « Ce serait un coup fatal à la crédibilité du processus synodal » : Bonny insiste sur l'ordination des hommes mariés

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    D'InfoVaticana :

    « Ce serait un coup fatal à la crédibilité du processus synodal » : Bonny insiste sur l'ordination des hommes mariés.

    Dans un entretien accordé au numéro d'octobre de Herder Korrespondenz, Bonny a déclaré s'attendre à une décision avant la fin de la phase de mise en œuvre du Synode sur la synodalité. « Je suis convaincu que d'ici la fin du processus synodal, à l'automne 2028, des réglementations appropriées pourront être trouvées », a-t-il affirmé. « Ce serait un coup fatal porté à la crédibilité et à la mise en œuvre de l'ensemble du processus synodal si aucune réglementation n'avait été adoptée d'ici là. »

    Bonny fait confiance à Léon XIV

    L’évêque d’Anvers a expressément lié ses attentes à la manière dont Léon XIV exerce le pontificat.

    Selon Bonny, sa confiance découle notamment de la manière dont le pape remplit sa mission de « bâtisseur de ponts ».

    « Comme un bon père, il sait ce dont ses enfants ont besoin, et ce n'est pas la même chose partout ni pour tout le monde », a déclaré le prélat.

    Bonny estime également que sa demande n'est pas un cas isolé. Il explique que d'autres évêques à travers le monde sont également confrontés à une grave pénurie de prêtres et de soutien, ce qui justifie l'ordination d'hommes mariés.

    «Nous ne sommes pas seuls», a-t-il assuré.

    Les candidats sont déjà en cours de préparation.

    Ces nouvelles déclarations interviennent moins de deux semaines après la révélation que le projet est passé des premières paroles aux préparatifs concrets.

    Bonny a récemment confirmé avoir déjà commencé la formation de plusieurs hommes mariés en vue de les ordonner prêtres en 2028. Les candidats reçoivent une préparation théologique et pastorale tandis que l'évêque attend l'autorisation nécessaire de Rome.

    Les critères utilisés pour les sélectionner sont similaires à ceux appliqués aux candidats mariés au diaconat permanent : ils doivent être âgés d’au moins 35 ans, avoir le consentement de leurs épouses, mener une vie familiale stable et ne pas avoir de jeunes enfants.

    Bonny justifie son initiative en citant la situation du clergé en Flandre. Selon les données qu'il a fournies en septembre, le diocèse d'Anvers compte moins de 70 prêtres de moins de 70 ans, dont près des deux tiers sont étrangers.

    Un voyage à Rome avec le soutien des évêques belges

    Bonny a maintenant fourni de nouveaux détails sur le voyage qu'il a effectué de sa propre initiative à Rome en juin dernier pour exposer ce qu'il décrit comme une situation de « besoin ».

    L’évêque a expliqué à Herder Korrespondenz qu’il était muni d’une lettre de la Conférence épiscopale belge appuyant sa demande. Au cours de sa visite, il s’est entretenu avec les autorités vaticanes et le Secrétariat général du Synode.

    Bonny avait lui-même révélé avoir rencontré le cardinal Lazarus You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le clergé, et le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode. Selon l'évêque, tous deux se sont engagés à porter la question à l'attention de Léon XIV. À ce jour, le Saint-Siège n'a pas publiquement autorisé les ordinations prévues.

    La question bénéficie d'un soutien plus large au sein de l'épiscopat belge. L'archevêque de Malines-Bruxelles et président de la Conférence épiscopale, Luc Terlinden, s'est déclaré favorable à l'ouverture d'un débat sur l'ordination des hommes mariés , tout en précisant que le projet spécifique de commencer à ordonner des candidats à Anvers relève de la compétence de Bonny et ne peut être mis en œuvre sans autorisation papale.

    L'ordination des hommes mariés comme conséquence du processus synodal

    Bonny a présenté son calendrier pour la première fois dans une lettre pastorale publiée en mars dernier. Il a annoncé qu'il s'efforcerait d'identifier et de préparer des candidats dans le but d'ordonner des hommes mariés d'ici 2028.

    L’évêque est allé jusqu’à affirmer que « c’est une illusion de penser qu’un processus synodal-missionnaire sérieux en Occident a encore une chance sans l’ordination sacerdotale d’hommes mariés ».

    Lire aussi : « La nécessité m’y contraint » : L’évêque d’Anvers poursuit son projet d’ordonner prêtres des hommes mariés d’ici 2028

    Sa proposition concerne la discipline du célibat en vigueur pour les prêtres de l'Église latine. L'Église catholique reconnaît les prêtres légitimement mariés – notamment dans les Églises catholiques orientales et, dans certains cas, parmi les pasteurs protestants mariés qui entrent en pleine communion avec Rome et sont ensuite ordonnés – mais dans l'Église latine, la règle générale demeure le choix des prêtres parmi les hommes célibataires.

    Bonny soutient désormais que la structure sacramentelle de l'Église requiert un nombre suffisant de prêtres pour préserver et développer l'identité catholique. Selon l'évêque, les sacrements et le ministère sacramentel sont le moteur de toute activité missionnaire.

    Le calendrier fixé par le prélat aligne son projet sur la fin de la phase de mise en œuvre du synode en 2028. Contrairement à ses déclarations initiales, Bonny ne se contente plus de justifier l'ordination d'hommes mariés par la pénurie de clergé : il lie expressément toute réponse potentielle de Rome à la « crédibilité » du processus synodal et place son espoir en Léon XIV qu'une « réglementation adéquate » sera trouvée avant cette date.

  • La France « électrisée » ?

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    « Ce n'est que le début » : la visite du pape Léon électrise la France

    Des foules immenses, des manifestations inattendues de curiosité spirituelle et une volonté nouvelle chez les catholiques de professer publiquement leur foi ont fait de la visite du Saint-Père une vitrine du renouveau catholique naissant en France.

    Le pape Léon XIV préside une veillée de prière avec plus de 80 000 fidèles au Stade de France le 25 septembre 2026 à Saint-Denis, en France.
    Le pape Léon XIV dirige une veillée de prière avec plus de 80 000 fidèles au Stade de France le 25 septembre 2026 à Saint-Denis, France. (photo : Solène Tadié / Solène Tadié)

    PARIS — « Je dois poser la question : qui, à part le Pape, est capable de rassembler 600 000 personnes en France en 2026 ? Qui d’autre que lui est capable de susciter un sentiment d’unité nationale dans notre pays ? »

    Ces mots du célèbre journaliste français Stéphane Bern, figure de proue de la défense du patrimoine culturel français, ont été prononcés lors d'un entretien avec les médias français quelques jours seulement avant la visite du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre. 

    À l’époque, les propos de Bern ont sans doute suscité plus d’un étonnement dans les rédactions habituées au large consensus qui entourait le principe sacro-saint de la laïcité dans le pays .

    Et pourtant, plus de 800 000 personnes ont envahi la place de la Concorde et les Champs-Élysées pour la messe du pape le 26 septembre, dont quelque 200 000 qui ont tenté leur chance à la dernière minute malgré l’épuisement des places. Parallèlement, les jeunes avaient raflé les 80 000 billets disponibles pour la veillée du 25 septembre, présidée par le pape Léon XIV au Stade de France. 

    La foule immense était à elle seule l'un des nombreux signes de l'extraordinaire ferveur populaire entourant cette visite. Cet enthousiasme a amené certains observateurs à se demander si cette visite pourrait marquer une nouvelle étape dans un réveil religieux déjà perceptible dans la remarquable augmentation des baptêmes d'adultes en France.

    Quand « la France rime avec l'espoir »

    L’impact de la visite se mesurait déjà au nombre de personnalités publiques — hommes politiques , journalistes et intellectuels qui n’avaient jamais professé de foi chrétienne — partageant des images du pape embrassant et bénissant des enfants et des personnes handicapées, exprimant leur émotion face à ce qu’ils décrivaient comme un rare moment d’unité et de solidarité.

    Cela faisait écho à ce que l'on pouvait entendre tout au long du week-end dans les rues de Paris, des quartiers entourant Notre-Dame au Stade de France et à la place de la Concorde, où certains se plaignaient — peut-être fidèles à la réputation mondiale des Français de râler — que leur soif de se rapprocher du Vicaire du Christ soit restée insatisfaite.

    « Ce n’est pas juste que seuls les membres du clergé soient autorisés à entrer dans Notre-Dame avec le pape », s’est exclamée une femme d’âge mûr dans la foule. « Je ne comprends pas pourquoi les autorités ont imposé ces limites de capacité. Toute la France devrait pouvoir participer aux célébrations papales », a déclaré Arthur, 30 ans, qui a expliqué que, bien que non croyant, la visite avait éveillé sa curiosité. 

    Pour beaucoup, c'était aussi l'occasion de redécouvrir une foi dont les codes leur étaient devenus étrangers, les touristes espagnols expliquant volontiers les symboles et les rites catholiques aux passants curieux. Des familles de la classe moyenne avec dix enfants côtoyaient des gothiques tatoués et des personnes de tous horizons, partageant la même joie, dans l'espoir d'apercevoir le Saint-Père.

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  • Saint François d'Assise a 800 ans de ciel : Liège fait la fête du 2 au 4 octobre !

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    Saint François d'Assise a 800 ans de ciel : Liège fait la fête du 2 au 4 octobre !

    COMMUNIQUÉ

    Liège, le 29 septembre 2026

    Le 3 octobre 1226, le Poverello d'Assise entrait au ciel. Huit siècles plus tard, le Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon, qui abrite le monastère des sœurs Clarisses, invite Liégeois et visiteurs à un week-end lumineux, joyeux et ouvert à tous les âges pour célébrer l'un des saints les plus aimés au monde.

    Jeune chevalier fortuné, François a tout quitté pour une vie pauvre, fraternelle et donnée à Dieu. Avec son amie sainte Claire, il fonde vers 1220 les franciscains et les clarisses, dont naîtront cordeliers, capucins, récollets ou conceptionnistes. Tous deux sont les parfaits contemporains de sainte Julienne de Cornillon (1192-1258). À Liège, l'histoire commence tôt : les premiers franciscains s'y installent dès 1220, six ans avant la mort du saint. Une page d'histoire locale à redécouvrir dans la joie !

    Au programme :

    • Vendredi 2 octobre, 20h – Cinéma : « François et le chemin du soleil », le chef-d'œuvre de Franco
      Zeffirelli. C'est aussi la première soirée ados de la saison : rendez-vous dès 19h pour la fameuse
      pizza ! Salle Saint-Thomas d'Aquin, entrée ouverte à toutes et tous.
    • Samedi 3 octobre, 16h – Marionnettes : « Saint François », des épisodes de sa vie racontés aux
      petits et aux grands par le Théâtre de l'Étoile, dans l'église du sanctuaire.
    • Samedi 3 octobre, 17h – Vernissage de l'exposition « Cantique de la Création » : « Loué sois-tu,
      mon Seigneur, avec toutes tes créatures ». Peintures de Pierre Deuse, professeur à Saint-Luc,
      disparu il y a dix ans jour pour jour, et de Sophie Gilman. À voir jusqu'au 11 octobre, le week-end de
      9h à 17h et en semaine sur rendez-vous.
    • Dimanche 4 octobre, 10h – Messe solennelle chantée par la Chorale Saint-François de Liège, le
      Béguinage et le chœur de la Messe des jeunes de Cornillon.
    • Dimanche 4 octobre, 12h – Buffet franciscain mitonné par les sœurs clarisses (15 €, réservation au
      04 343 64 54).
    • Dimanche 4 octobre, 14h – « Liège sur les pas de saint François » : balade guidée de 6 km (3h)
      avec René Dufour, « d'Assise en bord de Meuse », sur les traces des couvents franciscains et
      clarisses de la Cité. Chassés à la Révolution en 1794, ces religieux ont laissé une empreinte bien
      vivante : chez les Clarisses de Cornillon, mais aussi à Pierreuse-Sainte-Walburge.

    Cinéma, théâtre, art, musique, table partagée et patrimoine : ce week-end d'anniversaire se vit en famille, entre amis ou en solo, dans l'esprit de simplicité, de fraternité et de joie si cher à François.

    Programme complet : www.saintejulienne.org/festivites-des-800-ans-de-saint-francois-dassise/

    Contact : ASBL Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon – Rue de Robermont 2, 4020 Liège –
    www.saintejulienne.org

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  • Expériences NDE: un signe saisissant de l'existence de l'âme

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Doświadczenia bliskie śmierci jako problem dla naturalistycznej wizji  człowieka. Część II: Najważniejsze badania nad NDE i co z nich wynika -  Contra Gentiles

    Expériences NDE: un signe saisissant de l'existence de l'âme

    Depuis la sortie en 1975 du livre de Raymond Moody (médecin et philosophe américain), pratiquement tout le monde connait les expériences de mort imminentes, appelées EMI en français et NDE en anglais. Cela dit, rafraîchissons-nous la mémoire. A travers le monde, des dizaines de milliers de personnes ont vécu une décorporation qui leur a permis d'avoir une vision claire, nette et vérifiée par la suite de leur corps physique en train d'être opéré, ainsi qu'une audition claire, nette, elle aussi vérifiée par la suite, des propos tenus par les médecins autour d'eux.  Et ce n'est pas tout. Non seulement ils vivaient à l'extérieur de leur corps de chair, mais ils pouvaient (en passant à travers les murs) se déplacer (par exemple dans une salle d'attente où se trouvait leur famille qu'ils voyaient et entendaient comme cela a été vérifié après leur réveil).

    Cela étant, dans quel état se trouvait leur corps physique au moment de leur expérience NDE? 1) Arrêt circulatoire. Le coeur cesse de pomper le sang, le pouls disparaît et la tension artérielle chute à zéro. En l'absence de battements cardiaques, le cerveau ne reçoit plus d'oxygène ni de glucose, ce qui déclenche une perte de conscience après 10 ou 20 secondes. 2) Electroencéphalogramme plat. Cliniquement parlant, l'activité globale du cortex chute drastiquement après l'arrêt cardiaque. En résumé donc, un coeur arrêté et un cerveau cliniquement inactif caractérisent leur état.  Dans ces conditions, quelle explication donner à ces faits, surtout quand on sait qu'ils sont arrivés également à des aveugles de naissance? Oui, avec quels yeux peut-on voir ce que les yeux physiques ne permettent pas de voir?

    Pour les partisans d'une conception uniquement matérialiste de l'être humain, un argument à la fois principal et solide domine tous les autres: le fait que les NDE soient partiellement reproductibles en laboratoire. Par exemple, en stimulant par des impulsions électriques certaines zones du cerveau, en provoquant un manque d'oxygène ou en administrant des substances chimiques (telles que des drogues) au cours des tests, on renforce l'idée que les neurotransmetteurs sont seuls responsables du sentiment de décorporation. Seulement voilà, ces expériences faites en laboratoire ne parviennent jamais à déclencher une NDE véritable, complète, structurée, cohérente, apte à changer la vie et à éprouver l'absence totale de la peur de la mort. Par ailleurs, celles-ci sont réalisées sur la base d'un cerveau sain et, contrairement aux NDE, absolument pas du tout sur la base d'un électroencéphalogramme plat et d'un coeur qui a arrêté de battre. Voilà qui rend particulièrement fragile l'hypothèse d'une explication purement matérielle de ces phénomènes.

    Dès lors, voici un exemple. Si on détruit un des composants d'une télévision ou si on stimule un courant électrique précis, on modifie ou on supprime l'image mais on ne prouve évidemment en rien que c'est le téléviseur qui produit une émission. De la même manière, stimuler le cerveau par des moyens artificiels peut modifier nos perceptions mais ne prouve pas que celui-ci est l'usine qui fabrique la conscience. Autre exemple: quand notre ordinateur tombe définitivement en panne, cela ne signifie absolument pas qu'internet a cessé d'exister et par comparaison, il en est ainsi pour notre corps physique par rapport à notre âme. 

    En conclusion: non, notre corps matériel n'est pas le tout de ce que nous sommes et notre cerveau n'est pas le créateur de la conscience mais il en est le récepteur. Les expériences NDE sont là pour le confirmer. Si l'âme peut, dans certaines circonstances, se détacher du corps physique et exister par elle-même, cela montre qu'à la mort, elle n'a pas besoin de celui-ci pour continuer à vivre; à vivre en dehors de cet espace-temps qui caractérise notre univers, pour entrer définitivement dans un Royaume divin qui sera notre véritable patrie et qui correspondra pleinement à ce dont nous aspirons.   

    Jean-Pierre Snyers (Adresse blog: jpsnyers.blogspot.com)

  • Liège (Saint-Sacrement) : cours de chant grégorien et d'orgue 2026-2027

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  • Saint Jérôme (30 septembre) : l'amour de la Parole de Dieu

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    jerome_giotto-386ce5c.jpgCatéchèse de BENOÎT XVI consacrée à saint Jérôme lors de l'audience générale du mercredi 7 novembre 2007 :

    Chers frères et soeurs!

    Nous porterons aujourd'hui notre attention sur saint Jérôme, un Père de l'Eglise qui a placé la Bible au centre de sa vie:  il l'a traduite en langue latine, il l'a commentée dans ses œuvres, et il s'est surtout engagé à la vivre concrètement au cours de sa longue existence terrestre, malgré le célèbre caractère difficile et fougueux qu'il avait reçu de la nature.

    Saint Jérôme par Giotto (détail de la voûte de la basilique saint François à Assise)

    Jérôme naquit à Stridon vers 347 dans une famille chrétienne, qui lui assura une formation soignée, l'envoyant également à Rome pour perfectionner ses études. Dès sa jeunesse, il ressentit l'attrait de la vie dans le monde (cf. Ep 22, 7), mais en lui prévalurent le désir et l'intérêt pour la religion chrétienne. Après avoir reçu le Baptême vers 366, il s'orienta vers la vie ascétique et, s'étant rendu à Aquilée, il s'inséra dans un groupe de fervents chrétiens, qu'il définit comme un "chœur de bienheureux" (Chron. ad ann. 374) réuni autour de l'Evêque Valérien. Il partit ensuite pour l'Orient et vécut en ermite dans le désert de Calcide, au sud d'Alep (cf. Ep 14, 10), se consacrant sérieusement aux études. Il perfectionna sa connaissance du grec, commença l'étude de l'hébreu (cf. Ep 125, 12), transcrivit des codex et des œuvres patristiques (cf. Ep 5, 2). La méditation, la solitude, le contact avec la Parole de Dieu firent mûrir sa sensibilité chrétienne. Il sentit de manière plus aiguë le poids de ses expériences de jeunesse (cf. Ep 22, 7), et il ressentit vivement l'opposition entre la mentalité païenne et la vie chrétienne:  une opposition rendue célèbre par la "vision" dramatique et vivante, dont il nous a laissé le récit. Dans celle-ci, il lui sembla être flagellé devant Dieu, car  "cicéronien  et non chrétien" (cf. Ep 22, 30).

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  • Saint Jérôme (30 septembre)

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    st-jerome-detail-from-virgin-enthroned-with-saints.jpg!Blog.jpgBiographie (missel.free.fr)

    Je suis à la fois, disait Jérôme, philosophe, rhéteur, grammairien, dialecticien, expert en hébreu, grec et latin ; il fut aussi un polémiste redoutable, parfois injuste, tel ce jour où il invectiva saint Augustin, son cadet d’à peine cinq ans : Ecoute mon conseil, jeune homme : ne viens pas, dans l'arêne des Ecritures, provoquer un vieillard ! Tu troubles mon silence. Tu fais la roue avec ta science.

    « Hierônumos en grec (celui dont le nom est sacré) ; Hieronymus, en latin, fils d'Eusèbe, je naquis à Stridon, ville maintenant détruite par les Goths, mais qui se situait alors sur les confins de la Dalmatie et de la Pannonie (Hongrie) », écrit-il, en 392, à la dernière page du De viris illustribus, ajoutant : « Je suis né chrétien, de parents chrétiens. Dès le berceau, je fus nourri du lait catholique. » Il dit encore de lui-même : « Je suis à la fois philosophe, rhéteur, grammairien, dialecticien, expert en hébreu, grec et latin. » 

    Enfant unique pendant treize ans, Jérôme fut terriblement gâté par les siens jusqu’à ce que naquissent sa sœur et son frère. Il étudia à Milan, puis à Rome où il suivit les cours du célèbre grammairien Aelius Donatus. Elève doué mais difficile et facétieux, Jérôme respira les parfums de cette ville puissante, maîtresse du monde, alors gouvernée par Julien l'Apostat. Admirateur de Cicéron, il déclamait les grands plaidoyers les exordes sonores qui lui servirent lors d’un stage auprès des tribunaux. Il se lia avec Bonose et Rufin, deux compagnons d'étude. Avec soin et à grands frais, il acquit des livres et, peut-être, goûta-t-il de furtifs amours au milieu des danses des jeunes filles romaines.

    Cependant, confia-t-il dans son commentaire d’Ezéchiel (XI 5) « Quand j’étais à Rome, jeune étudiant ès-arts libéraux, j’avais accoutumé, le dimanche, avec d’autres de même âge et de même résolution, de visiter les tombeaux des apôtres et des martyrs. Souvent nous entrions dans ces cryptes creusées dans les profondeurs de la terre où l’on avance entre des morts ensevelis à droite et à gauche le long des parois. Tout est si obscur que la parole du Prophète est presque réalisée : qu’ils descendent vivants dans les enfers ! Ici et là, une clarté venue d’en-haut tempère l’horreur des ténèbres : moins une fenêtre qu’un trou foré, croirait-on, par la clarté qui tombe. Puis, pas à pas, on revient, et dans la nuit noire qui vous entoure, le vers de Virgile est obsédant : Tout suscite l’horreur et le silence même. » Il reçut le baptême, en 366, sans doute des mains du pape Libère.

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  • L'évêque Varden plaide pour une approche équilibrée de l'immigration et de l'identité nationale

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    L'évêque Varden plaide pour une approche équilibrée de l'immigration et de l'identité nationale

    Un évêque norvégien met en garde contre le purisme ethnique et l'hostilité envers les étrangers, tout en soulignant le devoir des migrants de respecter le patrimoine et les lois de leurs pays d'adoption.

    L’évêque Erik Varden a plaidé pour une approche équilibrée de l’immigration, qui rejette l’idée de considérer chaque étranger comme un ennemi, souvent sur la base de la « pureté ethnique », tout en rappelant aux immigrants qu’ils ont des « devoirs solennels envers leur pays d’adoption ».

    Dans un discours prononcé le 22 septembre devant l'assemblée plénière d'automne de la Conférence des évêques nordiques, l'évêque de Trondheim a observé que le populisme actuel découle des incertitudes et des défis nationaux et mondiaux actuels — des guerres, des « phénomènes météorologiques extrêmes » et d'une crise énergétique, aux réfugiés, aux préoccupations concernant l'IA et à un « tissu social qui se déchire ».

    L'évêque Varden, qui a dirigé les exercices spirituels de Carême du pape Léon XIV pour la Curie romaine plus tôt cette année, a noté que le mot « populiste » est apparu pour la première fois à la fin du XIXe siècle et qu'il découlait d'un sentiment parmi le « peuple » — la majorité de la population d'un pays qui le fait fonctionner — que leurs voix « étaient ignorées par une élite lointaine » et qu'ils se sentaient donc « privés de leurs droits et laissés dans l'ignorance ».

    Dans un tel monde d’« incertitude » et d’aliénation, il est « normal » que les citoyens se tournent vers leur nation, leur peuple , pour trouver la stabilité, a-t-il déclaré, ajoutant que les « cris de protestation » sont « naturels, voire salutaires ». Ce qui unit une nation, a-t-il ajouté, c’est un « sentiment d’origine commune et d’un but partagé ».

    Mais il a mis en garde contre une nation « cherchant la cohérence dans des racines réelles ou imaginaires, en idolâtrant, par exemple, la chimère de la pureté ethnique », ajoutant que cela conduit à l’étroitesse d’esprit, à l’arrogance, au culte des ancêtres et à l’idolâtrie.

    Il a condamné « la rhétorique absurde et vulgaire de ce qu'on appelle la "politique identitaire" », avertissant que « la sauvegarde de la "pureté" nationale » finit par vilipender quiconque « ne correspond pas aux critères étroits d'appartenance ». Ce type de politique, a-t-il déclaré, « se nourrit de ressentiment » et n'offre souvent que peu de « vision constructive et de stratégie réaliste ».

    Il a déclaré qu’au contraire, « nous devons regarder simultanément en arrière et vers l’avenir », en construisant des nations « accueillantes, en préservant notre patrimoine, tout en restant prêts à absorber les richesses artistiques, scientifiques et culturelles apportées par les nouveaux membres ».

    Il a rappelé à son auditoire que les chrétiens ont le devoir d’aider les nécessiteux, « d’ouvrir leurs portes aux sans-abri, de partager leurs richesses matérielles avec les pauvres ». Si les nations veulent protéger leur héritage chrétien, a-t-il ajouté, elles doivent avant tout « maintenir vivante une haute tradition de charité chrétienne ».

    Mais il a également souligné l'importance pour les immigrants de rendre la pareille à l'accueil et à la générosité dont ils bénéficient de la part des pays d'accueil. Citant le Catéchisme de l'Église catholique ( 2241 ), il a déclaré qu'ils ont des « devoirs solennels » envers leur pays d'adoption et qu'ils sont « tenus de respecter avec gratitude le patrimoine matériel et spirituel du pays qui les reçoit, d'obéir à ses lois et de contribuer aux devoirs civiques ».

    Le défi pour les chrétiens, a-t-il poursuivi, est donc de concilier deux tâches : « promouvoir l’unité et le caractère national, menacés à une époque imprégnée de médias mondiaux et bombardée par la publicité du commerce mondial ; tout en prenant soin avec bienveillance des nécessiteux et des étrangers. »

    Pour aider les décideurs politiques à atteindre ce « délicat équilibre », il s'est appuyé sur la Règle de saint Benoît, qui exige que tous les hôtes des monastères soient reçus « comme s'ils étaient le Christ lui-même », mais que si l'hôte souhaite rester et faire du monastère sa demeure, ses motivations doivent être mises à l'épreuve, ce qui requiert leur « générosité et leur détermination ».

    « C’est ainsi que saint Benoît a permis à ses abbayes d’être des lieux marqués par une forte identité communautaire, tout en restant accueillants envers tous, prêts à aider quiconque dans le besoin », a déclaré l’évêque Varden.

    Tout en reconnaissant que la Règle ne peut être appliquée avec précision à l'État-nation, le prélat norvégien estime qu'une « double perspective » peut potentiellement orienter les politiques publiques. Il a toutefois souligné que les citoyens des pays d'accueil doivent également assumer leurs propres responsabilités avant d'appliquer les préceptes de saint Benoît à autrui, ajoutant que c'est un point que « de nombreux manifestes populistes omettent de mentionner ».

    Soulignant la baisse des taux de natalité dans les pays nordiques – une tendance qui touche également la plupart des pays occidentaux –, il a déclaré que sans migrants, « nos services, nos industries et nos systèmes de protection sociale s’effondreraient ». Il a ajouté que ce constat devrait inciter les citoyens des pays d’accueil à l’humilité et à la gratitude envers les immigrants, et les encourager à redoubler d’efforts pour consolider la famille et promouvoir une culture de vie.

    Les catholiques, concluait-il, sont « particulièrement bien préparés » à supporter cette tension, car être catholique signifie nourrir deux loyautés à la fois : un véritable attachement à son lieu, à son peuple et à sa tradition, et un engagement envers l'Église universelle, qui embrasse toutes les nations, tous les temps, et même la mort et l'éternité.

    « La recherche de son identité implique un engagement constant dans un processus de transformation intérieure », a conclu l’évêque Varden. « Si nous vivons selon ces principes et si nous apprenons aux autres à faire de même, cette période d’angoisse pourrait se révéler être un temps de conversion et de grâce, une formidable opportunité de bien. »

    Bien que son discours ait omis de mentionner explicitement l'immigration clandestine ou les préoccupations relatives aux effets de la culture islamique sur les pays d'accueil, les propos de l'évêque Varden sont perçus comme une intervention rare de la hiérarchie de l'Église, souvent critiquée pour privilégier les politiques d'ouverture des frontières et les droits des immigrants au détriment du devoir des gouvernements de gérer les frontières afin de préserver le bien commun.

  • Du gauchisme à la tradition : le retour à Rome d'un jeune juriste

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    De diakonos.be :

    Du gauchisme à la tradition : le retour à Rome d'un jeune juriste

    Ancien militant progressiste devenu juriste à Rome, essayiste et poète, Luigi Trisolino, né le 11 octobre 1989, incarne un parcours intellectuel hors norme. Alors que la Belgique et l'Europe du Nord traversent une crise d'identité et de repères, ce converti de 35 ans livre en exclusivité pour Diakonos.be un entretien sans filtre. Bioéthique, combat contre la sécularisation, critique du centre mou et défense du droit naturel : un regard romain tranchant, adressé directement à une jeunesse en quête d'enracinement et d'espérance.

    *

    Maître Trisolino, vous naviguez professionnellement entre les arcanes de la bureaucratie romaine et la rigueur du droit public, tout en cultivant la sensibilité du poète et la radicalité du converti. Ne serait-ce pas la définition parfaite d'un équilibriste… ou d'un incorrigible romantique qui cherche encore des lois immuables dans un monde qui change d'avis toutes les cinq minutes ?

    — « N’est ce pas avec la même ardeur laborieuse que les fourmis transportent les grains de sable, déplacent des carcasses d'insectes et creusent la terre ? Et les aigles ne dominent-ils pas les hauteurs avec la même force ailée, qu’ils construisent leurs nids au sommet des montagnes ou qu'ils y rapportent des proies pour nourrir leurs petits ? Dès lors, quelque soit le contexte ou le matériau à concevoir, façonner ou transporter — qu'il soit juridique, journalistique, poétique, politique ou théologique —, je demeure le même homme, mû et éclairé par la même conversion au Christ dans la tradition pétrinienne.

    Mon secret pour préserver mon intégrité, sans devoir faire le grand écart ni tomber dans le romantisme, c'est de rester hors de ma zone de confort. En premier lieu intérieurement, par rapport à moi-même, en veillant chrétiennement tel un guetteur pour me tenir prêt, au cas où je devrais affronter davantage d’inconfort encore à l'extérieur, par exemple politiquement, au milieu des autres. Ma conversion a été un long chemin de croix. Mais en luttant, à mon échelle, contre les idéologies mondialistes du genre et du wokisme, je commence déjà à déranger ces progressistes dont mes convictions catholiques m'ont définitivement éloigné.

    Mais j'espère être une source constructive d’inconfort, notamment parmi ces conservateurs fatigués qui, dans leurs discours et leurs actions socioculturelles, se confondent désormais pratiquement avec les figures de cette antichambre du progressisme qu’est devenu le centre mou. Même ma poésie dérange quand elle aborde des thèmes sociaux. C'est qu'elle tranche avec ces poètes aliénés qui alternent entre démission politique et postures civiques de façade, soumis au discours progressiste dominant, au matérialisme et à un néo-pacifisme de circonstance.

    Journalistes et juristes ne sont pas en reste dans ce processus d'auto-destruction intellectuelle et de liquidation des consciences qui s’ensuit. Pour un converti nourri de la tradition catholique, riche de talents qu'il se doit de fructifier, l'engagement doit être total : une présence énergique, déployée partout où il est possible de rendre témoignage. Aujourd'hui, seuls les faux prophètes font consensus. Ce sont eux qu'il nous faut combattre, en affirmant la nécessité vitale, humaine et politique d’enraciner nos identités, nos lois et nos traités dans le droit naturel le plus accompli : celui issu de nos racines chrétiennes.

    Qu'est-ce qui, dans votre parcours de juriste plongé au quotidien dans la rationalité des institutions publiques à Rome, a ouvert la brèche vers la conversion au catholicisme ? La foi a‑t-elle été pour vous une rupture ou l'aboutissement logique d'une quête de vérité ?

    — J’ai pris la réalité à bras le corps pour la regarder en face, dépouillé des filtres relativistes de mon ancien milieu. Et la réalité cette, dans ce qu’elle a de plus essentiel, a accueilli celui qui tentait de la contourner. En dépassant le juridisme qui étouffe si souvent l'État de droit, je me suis également affranchi des fables sur l’être humain que le marxisme néo-trotskyste et le progressisme libéral m’avaient inculqué. La simple curiosité intellectuelle du dilettante sur l’être humain ne me suffisait plus ; je me suis donc engagé dans une quête authentique de la vérité.

    De mon adolescence jusqu'à mes 34 – 35 ans, je n'ai cessé en effet d'explorer différentes chapelles et systèmes de pensée, tel un Ulysse avide de connaître le moindre des îlots le séparant d'Ithaque, sa véritable patrie. Devant la réalité des changements sociétaux, à l’époque du Christ comme aujourd’hui, certaines valeurs naturelles restent non négociables. Je l’ai toujours su mais je m’obstinais à vouloir tout concilier, aveuglé par des lectures dévoyées de la laïcité, de la fraternité et de la diversité culturelle.

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  • De François en Belgique à Léon XIV en France : deux voyages, deux récits médiatiques

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    De François en Belgique à Léon XIV en France : deux voyages, deux récits médiatiques

    Pourquoi le voyage de François en Belgique, en septembre 2024, a-t-il laissé une impression aussi contrastée, alors que celui de Léon XIV en France, deux ans plus tard, a donné lieu à une réception populaire beaucoup plus favorable ?

    La réponse ne tient ni à une opposition simpliste entre une Belgique qui aurait « rejeté » François et une France qui aurait « triomphalement » accueilli Léon XIV, ni à la seule question des abus sexuels. Celle-ci a également occupé une place considérable dans les médias français. La différence tient plutôt à la combinaison des circonstances, au style des deux papes et, surtout, aux images et au récit qui ont fini par dominer la perception de chaque voyage.

    En Belgique, les controverses ont fini par structurer le récit

    Il serait faux de présenter le voyage de François comme un échec. Le pape a connu des moments de véritable enthousiasme, notamment lors de sa rencontre avec plusieurs milliers de jeunes. Mais ces images n'ont pas durablement dominé le récit médiatique.

    La question des abus sexuels occupait une place particulièrement lourde dans le contexte belge. Le roi Philippe et le Premier ministre Alexander De Croo l'avaient placée au premier plan dès les discours d'accueil. François rencontra des victimes et condamna avec force les abus, appelant à ce que leurs auteurs soient jugés, y compris lorsqu'ils appartenaient au clergé ou à la hiérarchie.

    Mais le malaise du voyage ne peut être réduit à cette seule question. Les propos du pape sur les femmes à Louvain-la-Neuve, la réaction de l'université, son hommage au roi Baudouin, ses déclarations sur l'avortement et, enfin, ses propos dans l'avion du retour ont successivement ouvert de nouveaux fronts.

    Le voyage s'est ainsi transformé en une succession de dossiers conflictuels : abus sexuels, place des femmes, avortement, héritage de Baudouin, rapport entre l'Église et une société profondément sécularisée.

    Ce n'est donc pas un sujet unique qui a déterminé l'image de la visite, mais l'accumulation de controverses qui a donné à celle-ci une tonalité essentiellement polémique.

    En France, les abus n'ont pourtant pas disparu du récit

    Toute comparaison sérieuse doit éviter un raccourci : les abus sexuels ont également occupé une place importante dans la couverture française de la visite de Léon XIV. Les médias ont interrogé le pape sur les victimes, la responsabilité de l'Église et les mesures à prendre.

    Il serait donc faux d'opposer une Belgique où les abus auraient tout recouvert à une France qui les aurait ignorés.

    La différence est ailleurs : en France, les abus ont constitué l'un des récits du voyage, mais ils n'ont pas été le seul récit capable de s'imposer.

    D'autres images sont venues leur faire concurrence.

    L'image qui change la perception : une jeunesse catholique visible

    Le rassemblement de dizaines de milliers de jeunes autour de Léon XIV a fourni une image immédiatement lisible : une jeunesse catholique nombreuse, enthousiaste, chantante et priante, réunie publiquement autour du pape.

    Il ne faut évidemment pas en déduire que cette jeunesse représente l'ensemble de la société française. La sécularisation demeure profonde et la pratique religieuse régulière reste minoritaire.

    Mais cette mobilisation a rendu plus difficile une lecture du catholicisme français limitée au déclin, aux églises qui se vident et aux scandales du passé.

    Elle a fait apparaître simultanément deux réalités :

    oui, l'Église a des comptes à rendre ; mais oui aussi, elle rassemble encore.

    Cette coexistence a profondément modifié la perception du voyage.

    Deux papes, deux styles, mais surtout deux contextes

    La personnalité des deux papes a également joué un rôle.

    François avait une manière très spontanée, parfois abrupte, de répondre aux questions. Plusieurs de ses interventions en Belgique ont ainsi suscité de nouvelles controverses.

    Léon XIV apparaît dans un registre plus posé et plus structuré. Cela ne signifie nullement qu'il ait évité les sujets sensibles. Il a au contraire abordé sans détour la défense de la vie humaine, l'avortement, l'euthanasie, la laïcité, la dignité humaine ou encore la place du christianisme dans la société.

    Mais ses paroles ont été accompagnées d'un environnement visuel particulièrement puissant : jeunes, familles, saints, cathédrales, prières, catéchumènes et foules.

    Le pape n'a donc pas seulement parlé : les images ont aussi parlé pour lui.

    C'est un élément essentiel pour comprendre la différence de réception.

    Une Église confrontée à ses blessures, mais aussi capable de montrer sa vitalité

    Les deux Églises sont évidemment confrontées aux mêmes grandes difficultés : sécularisation, baisse de la pratique, vieillissement, scandales et interrogations sur leur avenir.

    Mais elles n'ont pas présenté exactement le même visage au cours de ces deux voyages.

    En Belgique, le poids des abus et des blessures institutionnelles a largement déterminé le cadre dans lequel le pape était attendu. L'Église devait expliquer, reconnaître et réparer.

    En France, Léon XIV a également rencontré une Église fragilisée, mais capable de lui montrer des signes visibles de recomposition : jeunes mobilisés, catéchumènes adultes, pèlerinages, communautés et initiatives nouvelles.

    Il ne s'agit pas de prétendre que l'Église française serait soudainement devenue forte, ni qu'elle échapperait au déclin religieux. Mais certains phénomènes donnent à voir un catholicisme qui n'est plus seulement hérité, mais aussi choisi.

    C'est cette dimension que le voyage de Léon XIV a particulièrement mise en lumière.

    Le rôle des médias : une différence de dramaturgie

    Il serait trop facile d'accuser les médias belges d'avoir « plombé » François ou les médias français d'avoir voulu « sauver » Léon XIV.

    Les journalistes avaient, dans les deux cas, de bonnes raisons de traiter la question des abus. Elle concerne des victimes réelles, des responsabilités institutionnelles et une crise majeure pour l'Église.

    Mais les médias ne racontent pas dans le vide. Ils travaillent à partir des événements, des déclarations et surtout des images que ceux-ci produisent.

    Or les deux voyages n'ont pas fourni le même matériau.

    En Belgique, les controverses se sont succédé et se sont mutuellement renforcées.

    En France, les controverses ont coexisté avec des scènes de mobilisation massive qui ont proposé un autre récit.

    La différence relève donc moins d'une intention médiatique différente que d'une différence de dramaturgie.

    Deux questions différentes pour une même Église

    Au fond, les deux voyages ont posé une même question : que peut encore dire l'Église catholique à une société profondément sécularisée ?

    Mais les images dominantes ont conduit à mettre l'accent sur deux interrogations différentes.

    En Belgique :

    Que fait l'Église pour répondre aux blessures de son passé ?

    En France :

    Pourquoi, malgré son affaiblissement, l'Église est-elle encore capable de rassembler autant de jeunes ?

    Ces deux questions ne s'excluent évidemment pas. Elles décrivent deux dimensions d'une même réalité.

    C'est pourquoi il serait excessif de parler d'une « victoire » de Léon XIV sur les médias ou d'une « défaite » de François provoquée par les médias.

    Les deux voyages ont été traversés par les mêmes grandes questions : abus, sécularisation, place de la religion dans la société et avenir du christianisme. Mais les événements n'ont pas produit les mêmes images et les images n'ont pas produit le même récit.

    En Belgique, les controverses ont largement dominé les images de la visite.

    En France, les images de la mobilisation catholique ont réussi à leur faire concurrence.

    Une même parole, une réception différente

    C'est peut-être là le véritable enseignement de la comparaison.

    François et Léon XIV n'ont pas nécessairement défendu des positions radicalement différentes sur les grandes questions éthiques et anthropologiques. Mais ils ont parlé dans des contextes différents et devant des Églises qui n'ont pas présenté le même visage au même moment.

    En Belgique, le passé a largement pesé sur le présent.

    En France, le présent a davantage permis de parler de l'avenir.

    Le contraste entre les deux voyages ne s'explique donc pas principalement par la présence ou l'absence des abus, mais par la place qu'ils ont occupée dans le récit global de chaque visite.

    François a rencontré en Belgique une Église dont les blessures ont largement déterminé la perception de son passage. Léon XIV a rencontré en France une Église capable de montrer simultanément ses blessures et ses forces vives.

    Et c'est probablement cette coexistence qui a fait la différence.

    Une Église qui ne montre que ses blessures appelle naturellement les questions sur son passé. Une Église qui montre aussi sa jeunesse, sa prière et sa capacité à transmettre oblige à poser une autre question : quel avenir peut encore avoir le christianisme ?

    C'est cette seconde question que le voyage de Léon XIV a davantage réussi à imposer dans l'espace public.

    Au fond, un même message peut être reçu très différemment lorsqu'il est porté par une communauté qui donne publiquement le sentiment d'être vivante.

    (avec l'IA)