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BELGICATHO

  • « Le message » de l’Église n’est pas « l’écoute »; le message de l’Église est l’Évangile

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    De George Weigel sur First Things :

    L’Évangile, et non « l’écoute », est le message

    George Weigel
    28 octobre 2026

    Vers la fin de la récente réunion romaine consacrée à la mission de l’Église au XXIe siècle en matière de mariage et de famille, le pape Léon XIV a invité les évêques participants à partager leurs réflexions sur cette expérience. L’évêque Erik Varden, O.C.S.O., de Trondheim, l’a fait dans un billet publié sur son indispensable blog Coram Fratribus. Prenez un moment pour le lire ici. Même dans sa relative brièveté — peut-être précisément à cause de cette brièveté — je le trouve l’affirmation la plus convaincante, la plus utile pastoralement et la plus émouvante sur le mariage et la famille à être sortie du processus synodal commencé en 2014-2015 et qui a abouti à la réunion du Vatican de ce mois-ci.

    Avec la clarté et l’esprit qui caractérisent son écriture, le moine-évêque norvégien explique la compréhension que l’Église a du sacrement primordial et de la conception chrétienne de la famille avec une profondeur biblique et théologique, tout en assaisonnant son exquise catéchèse de délicieux clins d’œil à la culture populaire, comme le duo entre Tevye et Golde dans Un violon sur le toit. L’explication que donne l’évêque Varden de la compréhension catholique du mariage et de la famille est d’autant plus convaincante, et d’autant plus nécessaire, qu’elle est pleine de substance évangélique. Car face à la crise contemporaine du mariage et de la famille — qui a conduit, entre autres, à l’effondrement des taux de natalité presque partout — ce dont le monde a le plus besoin, c’est de la vérité biblique : la vérité sur les hommes et les femmes, leur distinction et leur complémentarité ; la vérité sur le mariage comme alliance, et non comme simple contrat ; la vérité sur les familles comme premières écoles de la liberté, où les petits tyrans que nous étions tous à l’âge de deux ans sont transformés en adultes capables de s’épanouir comme individus tout en vivant en solidarité avec les autres.

    Malheureusement, un concept proéminent dans le « processus synodal » commencé en 2014-2015, intensifié lors des synodes de 2023 et 2024 sur la synodalité, et manifeste à Rome ce mois-ci, reflète une notion différente — et, si j’ose dire, alarmamment anorexique — de la mission de l’Église envers le mariage et la famille. Ce concept est apparu au premier plan lorsqu’un des théologiens choisis pour s’exprimer lors d’une conférence de presse à la fin de la récente réunion romaine a déclaré que ce rassemblement des présidents des conférences épiscopales du monde entier démontrait que nous sommes désormais « une Église où l’écoute devient le message ». Car « lorsque nous écoutons les histoires les uns des autres, lorsque nous permettons aux histoires des uns de devenir celles des autres, nous voyons une convergence de multiples histoires à travers lesquelles nous pouvons clairement discerner les empreintes de Dieu ».

    Ce n’est pas ce qu’ont vécu les deux disciples qui marchaient sur le chemin d’Emmaüs dans l’Évangile de Luc.

    Ils se racontaient mutuellement leurs histoires, et celles des autres, sur « les événements qui se sont produits [à Jérusalem] en ces jours-là » (Luc 24, 18). Mais ils ne pouvaient pas voir les « empreintes de Dieu » dans ces histoires, et ils continuaient à marcher dans la mauvaise direction, jusqu’à ce qu’ils aient été instruits par le Fils de Dieu incarné et ressuscité et qu’ils l’aient reconnu à la fraction du pain. Ce n’est qu’alors que « leurs yeux s’ouvrirent » (Luc 24, 31) et qu’ils commencèrent à marcher dans la bonne direction : de retour vers la Jérusalem qui préfigure la Jérusalem nouvelle (Ap 21, 2), destin d’une humanité rachetée et glorifiée.

    « Le message » de l’Église n’est pas « l’écoute ». Le message de l’Église est l’Évangile. Sa proclamation et son invitation à l’amitié avec le Seigneur Jésus exigent certes de l’écoute, afin que la proclamation et l’invitation soient adaptées à ceux qui sont évangélisés et invités. Mais si le message est « l’écoute », alors l’Église n’est plus qu’une table ronde circulaire, prisonnière des confusions culturelles contemporaines auxquelles l’histoire biblique de notre humanité et l’Évangile de Jésus-Christ apportent le remède.

    Un catholicisme où « l’écoute devient le message » ne peut être une Église en mission permanente, car la mission s’enracine dans la conviction qu’il existe des vérités établies de la foi catholique qui conduisent au bonheur personnel et à la solidarité avec autrui, y compris le bonheur et la solidarité au sein des mariages et des familles. Inviter quelqu’un à entendre ces vérités et aider l’auditeur à les accueillir exige certainement une écoute attentive. Mais si le moyen — l’écoute — devient le message, le message est perdu. C’est peut-être ce que certains voudraient que signifie la « synodalité ». Si tel est le cas, ils se trompent tristement. Car lorsque l’écoute est le message, et non l’Évangile, les auditeurs restent perdus sur les nombreuses routes d’Emmaüs de notre temps, dont aucune n’est une autoroute vers la Jérusalem nouvelle.


    La chronique de George Weigel « The Catholic Difference » est diffusée par le Denver Catholic , publication officielle de l’archidiocèse de Denver.

  • Violences urbaines : la jeunesse n’a plus de vis-à-vis, les adultes ont déserté

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    D'Elisabeth Geffroy sur le site de La Nef :

    Violences des jeunes : quand les adultes ont déserté

    Tous les micros leur sont tendus ; les experts jettent tous leurs efforts dans la mêlée pour décrypter, analyser, expliquer leur mal-être, leurs doléances, leurs protestations ; le débat se reconfigure autour d’eux : en ce mois d’octobre, les « jeunes » ont investi l’arène politique. Par un beau scrupule, pour ne pas leur voler leur parole, ou par une démagogie devenue aussi naturelle et invisible que l’air que nous respirons, journalistes et politiques s’attachent à prendre au sérieux leurs « revendications », et se mettent en quête de réponses possibles. 

    Face à ce déferlement de très jeunes visages, la voix d’un sage aux cheveux aujourd’hui gris, Alain Finkielkraut, nous revient : « L’adolescent, c’est l’être au regard clair, à la voix vibrante, au visage grave qui ne voit jamais que des scandales là où il y a des problèmes ou des dilemmes, et des lignes droites là où il y a des carrefours. (…) Que faire quand le devoir donne des ordres contradictoires ou surgit de plusieurs côtés à la fois ? L’adolescence fuit ce casse-tête éthique dans l’abstraction exaltante d’un univers de substitution où toute la souffrance des hommes résulte de la politique des méchants. Sortir de l’adolescence, c’est donc n’avoir plus besoin d’un salaud pour incarner la mauvaise part de l’Histoire : la gravité juvénile laisse place non certes à la frivolité ou à la maîtrise, mais à l’embarras et à la passion de comprendre. (…) Or il n’y a presque plus personne pour tendre aux jeunes une main secourable et les sortir du mélodrame. (…) Qu’il se tourne vers les “profs”, les artistes, les journalistes, les philosophes – l’adolescent contemporain ne rencontre, sauf exception, que lui-même, c’est-à-dire l’allergie à l’inextricable et l’extase des engagements binaires. » (1) 

    Le sens du réel s’estompe 

    Une grande partie du drame actuel réside dans ce fait simple : la jeunesse n’a plus de vis-à-vis, les adultes ont déserté. De plusieurs façons : certains en glorifiant la jeunesse et en l’érigeant en exemple – l’empêchant par là même de grandir, car à quoi bon grandir si la jeunesse est un accomplissement plus reconnu que la maturité ? –, d’autres en l’imitant et lui emboîtant le pas, d’autres encore en s’en désintéressant purement et simplement. 

    Et que se passe-t-il quand les adultes s’effacent ? Le sens du réel s’estompe. La mesure est donnée non par le réalisme et le goût des nuances qui devraient caractériser l’adulte, mais par le simplisme, l’idéalisme, l’indignation sonore de l’adolescent. Certains hommes politiques font de ce commerce cynique l’essentiel de leurs propositions. Promettre le baccalauréat pour tous et l’abolition de la sélection à l’université, c’est une des façons les plus exorbitantes de démissionner du rôle d’adulte : c’est mentir à l’enfant sur ce qu’est la réalité, sur les dures lois qui régissent le monde, c’est l’exposer à un choc d’une violence inouïe quand ses yeux se dessilleront. C’est aussi le priver de l’apprentissage des vertus qui façonnent une destinée et bâtissent un homme. Le rude effort, la modeste persévérance, l’exigeante discipline, le noble désir de faire ses preuves, la haute aspiration à se dépasser soi-même, la courageuse confrontation à la difficulté : à quoi bon se battre pour les conquérir si le succès nous est dû, sans autre considération ? Semer cette graine dans l’esprit de jeunes gens qui n’ont souvent pas appris à se rendre maîtres de leurs pulsions et qui n’ont pas beaucoup rencontré de limites est d’autant plus coupable. Faut-il n’avoir aucun scrupule, aucun souci véritable pour le bien de ces jeunes, pour leur servir des mirages qui sont autant de poisons moraux ? 

    L’enfermement dans la prison du moi

    Une autre déclinaison bien connue de l’abandon des enfants par les adultes est la rupture de la transmission. Plusieurs générations d’adultes ont négligé l’héritage légué par ceux qui nous ont précédés, et ont omis d’initier les nouveaux venus à ce trésor des siècles. Or en ignorant la fréquentation des esprits brillants qu’offre la lecture des grandes œuvres, en avançant coupés de l’expérience d’autrui accumulée et contenue dans les livres, des contingents entiers d’élèves sont des prisonniers retenus captifs dans la geôle infernale du seul moi et du seul présent. La littérature dilate notre imagination, décentre notre regard, élargit notre pensée, ouvre notre esprit à ce qui n’est pas lui, nous apprend à nous quitter et à ne pas rester enfoncés dans notre seule subjectivité. Quand l’enseignement de la littérature et de l’histoire se réduit comme peau de chagrin, les écoles se remplissent d’esprits étroits, exsangues, de cœurs durs, incapables de se transporter suffisamment pour réussir à projeter ce que peut ressentir un autre (professeur, commerçant, policier, par exemple). 

    Perdre pied avec le réel faute d’avoir croisé des adultes assumant leur mission, c’est la première étape vers l’incendie et le saccage d’un lycée, vers l’agression de personnes, vers le ravage et le pillage du travail des autres. Olivier Rey écrit ainsi à propos des émeutes des dernières semaines : « La violence et la destruction relèvent, pour partie, de l’inconscience quant à la portée des actes dans le monde réel, pour partie d’un essai d’agir dans la réalité quand on ne sait ni prendre celle-ci en considération, ni rien y élaborer. » (2)

     

    (1) Alain Finkielkraut, Les battements du monde (2003), in La modernité à contre-courant, pp. 392-394, Bouquins, 2024.
    (2) Le Figaro, 20 octobre 2026.

  • Lettre pastorale des évêques du Nord de l'Europe sur la « migration » (25 octobre 2026)

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    Lettre pastorale des évêques du Nord de l'Europe sur la « migration », 25 octobre 2026

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    25/10/2026

    Chers frères et sœurs !

    Lorsque Dieu a envoyé son Fils dans le monde, celui-ci est venu comme un migrant, du ciel vers la terre. Il n’y avait pas de place pour lui à l’auberge, seulement une pauvre crèche parmi les bêtes. À peine né, certains voulaient déjà le tuer, et il dut fuir en Égypte. En s’incarnant, Dieu a partagé dès le début le sort difficile que d’innombrables migrants ont connu à travers l’histoire.

    Dans l’Ancien Testament, nous voyons comment le peuple d’Israël a dû, à maintes reprises, chercher refuge ailleurs ou a été contraint à l’exil. Depuis lors, le peuple de Dieu est un peuple en chemin, en pèlerinage vers le royaume éternel de Dieu. Nous n’avons pas de demeure permanente ici-bas.

    En même temps, nous sommes appelés à nous enraciner là où nous vivons et à tirer le meilleur parti de notre vie terrestre. Notre patrie définitive est au ciel, mais nous devons néanmoins bâtir une société juste et bonne là où la Providence nous a placés, et faire de notre mieux pour vivre ensemble dans la solidarité et l’attention mutuelle.

    Tout être humain a le droit de mener une vie sereine et paisible. À notre époque, les migrations sont souvent devenues une source de conflits et de polarisation. À travers sa doctrine sociale, l’Église nous aide à trouver de bonnes solutions et encourage toutes les personnes de bonne volonté à collaborer sur cette question importante, qui a accompagné l’humanité tout au long de son histoire. Les migrations ont toujours existé, à toutes les époques et dans toutes les régions du monde. La Terre est notre maison commune, où chaque être humain a le droit de trouver un endroit où vivre.

    Les migrants peuvent sembler dérangeants. Mais ils peuvent aussi contribuer au bien-être des pays où ils s’installent. Qu’ils aient dû quitter leur pays d’origine à cause de la famine, de la guerre ou des persécutions, ou qu’ils soient partis volontairement à la recherche d’une vie meilleure, les migrants peuvent apporter avec eux des perspectives, une énergie et des compétences précieuses. Ils peuvent apporter des ressources que nos propres pays ne parviennent pas à produire actuellement.

    Dans l’Antiquité, la foi chrétienne s’est répandue à travers l’Empire romain grâce à des missionnaires et à des migrants qui témoignaient de leur foi partout où ils allaient. Depuis l’Europe christianisée, la bonne nouvelle s’est ensuite répandue dans le monde entier.

    À une époque plus récente, l’Église catholique a été reconstruite dans nos pays nordiques, après des siècles de persécutions, par des migrants qui nous ont apporté leur foi catholique. Des prêtres et des religieuses venus de différentes parties du monde ont contribué, avec un dévouement désintéressé, à édifier l’Église dans toute l’Europe du Nord.

    La migration peut également entraîner des difficultés. Les migrants doivent bien s'intégrer dans leur nouveau pays d'accueil. Sinon, de graves problèmes surgissent. Ceux qui viennent d'autres cultures doivent être aidés à trouver leur place dans leur nouveau pays d'accueil. L’Église enseigne que les migrants « ont le devoir de manifester un respect reconnaissant envers le patrimoine matériel et spirituel du pays qui les accueille, d’obéir à ses lois et de contribuer à porter les fardeaux de la société ».[i] Cela ne doit pas être interprété comme signifiant qu’ils perdent ainsi leur droit légitime à préserver leur propre patrimoine culturel.

    Il existe un risque que les migrants s’isolent et ne tentent même pas de s’adapter à leur nouvel environnement. À long terme, cela engendre des tensions et des conflits. Les migrants doivent être encouragés à s’intégrer, mais ne doivent pas être soumis à une assimilation forcée. Trouver le juste équilibre n’est pas toujours facile, mais c’est essentiel pour l’avenir de nos pays.

    De nombreux pays européens ferment de plus en plus leurs frontières. Notre époque a tendance à ériger des murs plutôt que des ponts entre les peuples et les pays. Chaque pays doit bien sûr évaluer le nombre de migrants qu’il est en mesure d’accueillir. Lorsque cela n’est pas fait et que l’on accueille plus de personnes qu’on ne peut en intégrer correctement, des problèmes sociaux apparaissent. Celles-ci entraînent à leur tour de nouveaux durcissements politiques, rendant ainsi pratiquement impossible l’entrée sur notre territoire, même pour les réfugiés et les demandeurs d’asile protégés par les règles internationales que nos pays sont tenus de respecter.

    Dans certains cas, cette tendance est allée si loin qu’il est considéré comme un bien d’expulser le plus grand nombre possible de personnes, y compris celles qui sont bien intégrées et apportent une contribution significative à nos sociétés.

    L’Église doit faire entendre sa voix pour défendre ceux qui risquent d’être victimes d’un traitement injuste sans motif valable.

    Nos paroisses catholiques font souvent office de lieux d’intégration, où les migrants sont accueillis avec amour et respect, et où ils peuvent apprendre à vivre en harmonie avec la société de leur nouveau pays d’accueil. Nos diocèses sont des creusets où les cultures se rencontrent. Les messes et la catéchèse sont proposées dans plusieurs langues. Une aide pratique est apportée afin que les nouveaux arrivants puissent s’y retrouver dans une administration inconnue et se familiariser avec des normes sociales inhabituelles.

    De cette manière, les migrants qui rejoignent nos communautés apprennent comment vivre leur foi catholique dans leur nouveau pays d’accueil. Ils apprennent comment contribuer à l’édification de l’Église locale. Une fois intégrés à une paroisse, il leur est plus facile de trouver leur place dans la société en général et d’y apporter leurs propres expériences de vie et leur engagement.

    Au fil des siècles, la culture nordique s’est enrichie grâce à des personnes venues du monde entier, qui ont été accueillies parmi nous et sont devenues partie intégrante de nos sociétés. C’est notre prière et notre espoir que cela continue d’être le cas.

    Cultiver l'amour pour sa propre nation, valoriser ses traditions et son patrimoine culturel, est une bonne chose. Le pape Léon XIV nous invite tous à œuvrer pour un monde où des personnes d'horizons culturels et religieux différents puissent vivre ensemble dans la paix, la coopération et la solidarité. Il s’est rendu dans des lieux tels que les îles Canaries[ii] et Lampedusa[iii] pour lancer un appel à l’aide en faveur des personnes contraintes de fuir vers un autre pays, plus sûr.

    À maintes reprises, le Saint-Père nous exhorte également à désamorcer notre langage. [iv] Il nous demande de faire preuve de prudence dans la manière dont nous parlons les uns des autres et d’éviter les exagérations rhétoriques. C’est ce que nous tenons à rappeler, tant à nous-mêmes qu’à vous tous. Nous constatons aujourd’hui que le discours public et le débat sur l’immigration ont tendance à devenir plus durs, moins nuancés et plus agressifs. Cela peut dégénérer en une forme de manipulation à laquelle nous devons résister.

    En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas fermer nos cœurs aux personnes sans défense et vulnérables qui frappent à notre porte. Nous devons reconnaître Jésus en celui qui est dans le besoin et qui compte sur notre aide. L’Europe cherche un nouvel équilibre dans ce domaine. Nous devons être réalistes quant à nos limites, tant humaines que matérielles. Néanmoins, nous devons être prêts à ne jamais rejeter un frère ou une sœur qui souffre et nous demande de l’aide.

    Nous, les évêques des pays nordiques, remercions tous ceux qui sont venus de l’étranger dans nos pays et qui, de diverses manières, ont contribué par un engagement considérable au développement de notre Église et de nos sociétés. Nous prions pour nos pays, afin qu’ils continuent à accueillir des personnes qui, avec nous tous, sont disposées à œuvrer pour un monde où chacun puisse vivre dans la paix et la justice, la réconciliation et l’unité.

    Nous confions nos pays à la protection de la Vierge Marie immaculée – elle est la « Mère des migrants », comme nous l’invoquons dans la litanie. Nous implorons son intercession afin que nous puissions suivre toujours plus fidèlement Jésus-Christ dans son amour pour les pauvres et les plus vulnérables.

    +Erik Varden OSCO, Trondheim, Tromsø – Président

    +Anders Cardinal Arborelius OCD, Stockholm

    +Czeslaw Kozon, Copenhague

    +David Tencer OFMCap, Reykjavik

    +Raimo Goyarrola, Helsinki

    +Fredrik Hansen, Oslo


    Notes de bas de page

    [i] « Les nations les plus favorisées ont le devoir, dans la mesure du possible, d’accueillir les étrangers en quête de sécurité et de moyens de subsistance qu’ils ne peuvent trouver dans leur pays d’origine. Les autorités publiques doivent veiller au respect du droit naturel, qui place sous leur protection l’hôte qu’elles accueillent.

    Les autorités politiques peuvent, dans l'intérêt général dont elles sont responsables, subordonner l'exercice du droit d'immigration à certaines conditions juridiques, notamment en ce qui concerne le respect des obligations des immigrés envers le pays d'accueil. « L’immigrant est tenu, en signe de gratitude, de respecter le patrimoine matériel et spirituel du pays d’accueil, d’en observer les lois et de contribuer à ses engagements. » Catéchisme de l’Église catholique, n° 2241

    [ii] « Chers migrants, avant de vous dire quoi que ce soit d’autre, je tiens à m’incliner devant votre dignité. Vous n’êtes pas seulement des chiffres ou des dossiers administratifs. Vous êtes des personnes qui avez quitté vos familles et vos foyers. Vous avez des rêves que personne n’a le droit de mépriser. Mais je tiens aussi à vous dire que votre vie doit être protégée. Ne confiez pas votre vie à ceux qui en font commerce. Ne croyez pas ceux qui vous promettent un paradis facile en échange de votre corps, de votre argent, de votre silence ou de votre liberté. Ces fausses promesses sont le « chant des sirènes » ; elles constituent l’industrie de la mort.

    Cette tragédie doit être un appel à la conscience des pays d’origine des migrants, qui doivent créer les conditions propices à la paix, à la justice et au développement. C’est également un appel à la conscience des pays de transit, qui sont appelés à protéger les personnes vulnérables et à ne pas les livrer aux réseaux criminels. C’est également un appel à la conscience de l’Europe. L’Europe ne peut prétendre défendre la dignité humaine tout en s’habituant à ce que la Méditerranée et l’Atlantique deviennent des cimetières sans tombes. C’est aussi un appel à la communauté internationale, appelée à une coopération efficace et durable.

    L’Église, elle aussi, doit relever ce défi. Accueillir les migrants ne peut être une tâche secondaire confiée à quelques bénévoles. Nous nous agenouillons devant l’autel pour adorer le Christ, présent dans l’Eucharistie, et c’est de lui que nous recevons la force et la motivation pour vivre l’amour. C’est pourquoi nous ne pouvons ensuite « passer à côté » de ces petites embarcations et de ces radeaux. Car tout service et tout engagement jaillissent de la prière et y ramènent. »

    Discours du pape Léon XIV à Las Palmas de Gran Canaria, le 11 juin 2026.

    [iii] « Il n’y a pas d’amour de Dieu sans amour du prochain, et il n’y a pas de prochain si je ne m’approche pas de lui. S’arrêter, se laisser émouvoir, se pencher et pleurer sur la souffrance d’un autre être humain – comme l’a fait Jésus – signifie entrer dans la dynamique de l’amour, dans ce mouvement même où Dieu s’est révélé.

    Chers amis, ceux qui se laissent entraîner par cette dynamique de compassion et de miséricorde commencent à vivre autrement, à être des citoyens d’une autre manière et à travailler différemment. C’est alors que la civilisation de l’amour – celle que mes saints prédécesseurs Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II avaient envisagée – pourra véritablement s’épanouir. Aux côtés d’une multitude de prophètes et de martyrs du siècle dernier, ils ont compris que seule la miséricorde peut répondre aux aspirations les plus profondes du cœur humain et aux horreurs de la guerre, en ouvrant la voie à un nouveau départ.

    Aujourd’hui, nous nous tenons sur les épaules de ces géants et sommes entrés dans un millénaire où nous devons donner à la civilisation de l’amour une expression spirituelle, culturelle, juridique, politique et économique. Puisse l’ampleur des souffrances dont nous sommes témoins nous aider à comprendre à quel point cette vocation est radicale. »

    Homélie du pape Léon XIV à Lampedusa, le 4 juillet 2026.

    [iv] « La première contribution que nous pouvons apporter à une civilisation plus humaine est d’être attentifs à nos paroles. “Désarmons les mots, et nous contribuerons ainsi à désarmer le monde.” Les mots ont un pouvoir immense, comme nous le constatons dans nos rencontres quotidiennes les uns avec les autres. Les mots prononcés peuvent, par exemple, influencer notre humeur, pour le meilleur ou pour le pire.

    « La paix commence par chacun d’entre nous : dans la manière dont nous regardons les autres, dont nous les écoutons et dont nous parlons d’eux. En ce sens, notre façon de communiquer revêt une importance fondamentale : nous devons dire non à la guerre par les mots et les images, nous devons rejeter la logique de la guerre. »

    Nous devons donc tous faire le point sur notre conscience quant aux mots que nous utilisons, aux préjugés que nous nourrissons et à l'agressivité, explicite ou implicite, qu'ils recèlent. Nous avons une réelle possibilité de contribuer au bien commun chaque fois que nous disons la vérité, que nous donnons des conseils avisés, que nous soutenons ceux qui ont besoin de réconfort, que nous condamnons l’injustice et que nous donnons la parole à ceux qui ne sont pas entendus. »

    Encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV, n° 214.

  • L'Église orthodoxe éthiopienne dénonce le meurtre d'au moins 60 fidèles en Oromia

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    D'InfoVaticana :

    L'Église orthodoxe éthiopienne dénonce le meurtre d'au moins 60 fidèles en Oromia.

    Le Saint-Synode appelle le gouvernement à condamner les attaques perpétrées à Merti et Shirka, dans la région d'Arsi ; aucune revendication n'a été faite et un responsable local évoque une alliance rebelle.

    Le Synode a qualifié les meurtres d’ « acte d’une extrême cruauté et de souffrances tragiques infligées à nos citoyens » , selon la traduction de notre rédaction, et a affirmé que ces violences violent les garanties constitutionnelles du droit à la vie et de la liberté religieuse et menacent la tradition éthiopienne de coexistence pacifique entre les différentes confessions. L’Église orthodoxe a appelé le gouvernement à condamner publiquement les attaques , à renforcer la protection des civils et à traduire les responsables en justice, et a exigé des forces de sécurité des mesures préventives pour éviter toute récidive. Elle a également annoncé qu’elle solliciterait des rencontres avec de hauts responsables gouvernementaux, a organisé des prières pour les victimes lundi et a ordonné à ses églises et monastères du monde entier d’organiser des offices en leur mémoire mardi, après la Divine Liturgie.

    Vatican News fournit des détails sur l'attaque de Shirka, qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche. Selon les témoins cités, les assaillants ont fait du porte-à-porte, tuant les voisins à l'aide d'armes à feu et de couteaux. Parmi les victimes figuraient des personnes âgées et des enfants. Une église a été endommagée et les temples des villages voisins ont servi de refuge aux personnes en fuite. La région est habitée par des musulmans, des protestants et des orthodoxes. Le bilan, précise Vatican News, est encore provisoire. L'agence EFE indique n'avoir pas été en mesure de vérifier ces chiffres de manière indépendante.

    Personne n'a revendiqué les attaques et le Synode n'a pas identifié les auteurs. Selon des médias locaux cités par Anadolu et Al Jazeera, un responsable local les a attribuées à une alliance rebelle récemment formée, incluant l'Armée de libération oromo (OLA), un groupe que le gouvernement éthiopien a qualifié d'organisation terroriste en 2021 et qui a nié à plusieurs reprises avoir attaqué des civils. Vatican News rapporte que les autorités pointent du doigt une coalition, qu'elles appellent « Tsimido », qui comprendrait également le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) et les milices amhara fano et qui, selon le gouvernement, cherche à le renverser et à attiser les tensions ethniques et religieuses. L'agence EFE rappelle que ces dernières années, des massacres ont été attribués à l'OLA, mais aussi que les forces gouvernementales ont été accusées de meurtres et de représailles contre des civils. Le gouvernement régional d'Oromia a promis de poursuivre les responsables.

    Les violences contre les civils dans cette région ne sont pas un phénomène nouveau. En juillet, le Conseil éthiopien des droits de l'homme a recensé au moins 432 civils tués lors d'attaques ciblées dans l'est d'Arsi entre 2021 et le 1er juin de cette année, selon Al Jazeera. Fin mai et début juin, une dizaine de personnes ont péri dans une autre attaque survenue dans la même zone et attribuée par les autorités à l'Armée de libération oromo, d'après Vatican News. Le communiqué du Synode rappelle, selon l' agence EFE, que de nombreux fidèles avaient déjà été tués dans ce même secteur.

    L'Oromia est le plus grand État régional d'Éthiopie, avec environ quarante millions d'habitants. Les forces gouvernementales y combattent des groupes armés depuis des années. L'Église orthodoxe Tewahedo est la principale confession chrétienne du pays.

    La même semaine où neuf chrétiens ont été abattus lors de funérailles en Jordanie, l'Église orthodoxe d'Éthiopie pleure la mort de soixante fidèles tués dans leurs villages.

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    Lire aussi : Qui tue les chrétiens en Éthiopie ?

  • Les violences contre les chrétiens s'intensifient : le Rapport 2026 « Persécutés et Oubliés ? » de l'AED

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    Rapport « Persécutés et Oubliés ? » 2026 : Intensification des violences contre les chrétiens

    Communiqué de presse, Mareil-Marly, le 27 octobre 2026

    Dans son rapport bisannuel « Persécutés et oubliés ? » publié le 27 octobre 2026, l’AED alerte sur l’augmentation des attaques contre les chrétiens ces deux dernières années. Sur les 18 pays étudiés, plus de la moitié connaissent une dégradation de la situation.

    Fondée sur des témoignages de première main, des études de cas et des analyses nationales et régionales, le nouveau rapport Persécutés et oubliés ? examine les atteintes à l’encontre des chrétiens dans 18 pays*, entre le 1er juillet 2024 et le 30 juin 2026.

    Dans 55 % des pays étudiés, l’oppression des chrétiens s’est aggravée par rapport à la période 2022-2024. En cause, le durcissement de régimes autoritaires, la progression de groupes djihadistes et la montée de formes de nationalisme religieux hostiles aux minorités chrétiennes.

    Au Sahel et dans les pays voisins, les groupes djihadistes multiplient les attaques contraignant des communautés entières à fuir. Au Nigeria, au moins un million de chrétiens figurent parmi les plus de 3,5 millions de personnes déplacées. Au Mozambique, plus de mille chrétiens ont été tués par des groupes islamistes dans la province de Cabo Delgado. Au Soudan, la guerre civile et les persécutions aggravent une crise humanitaire majeure. Un prêtre a été assassiné et plus de 100 églises ont été détériorées ou détruites.

    En Chine, les autorités renforcent leur contrôle sur les communautés chrétiennes, alors qu’en Inde, le rapport recense plus de 700 cas de violences antichrétiennes en 2025. La multiplication des lois dites « anti-conversion » s’accompagne d’attaques contre des fidèles, de perturbations de célébrations et de dégradations d’églises. Au Pakistan, les chrétiens sont les cibles privilégiées de fausses accusations de blasphème. De nombreuses jeunes filles chrétiennes sont également enlevées, mariées et converties de force, et leur famille est bien souvent impuissante pour les sortir de ce piège.

    Au Nicaragua, les autorités poursuivent leur répression des communautés chrétiennes et ont été jusqu’à exiler le président de la Conférence des évêques locales.

    En Syrie, la population chrétienne a diminué de plus de 80 % depuis 2011, les attaques contre les minorités religieuses s’étant poursuivies après la chute du régime de Bachar el-Assad. Au Liban, les combats ont provoqué des déplacements massifs et fragilisé les communautés chrétiennes du sud du pays alors qu’en Iran, les arrestations de chrétiens ont doublé en douze mois.

    Aujourd’hui, selon l’AED, 413 millions de chrétiens vivent dans des pays où la liberté religieuse est gravement bafouée, dont environ 220 millions sont directement exposés à la persécution. Face à ce constat, l’association appelle à défendre la liberté religieuse comme droit fondamental, garanti par l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
    Elle réitère son engagement auprès des communautés chrétiennes persécutées par ses missions d’information et d’action sur le terrain à travers plus de 5000 projets/an dans 140 pays.

    « Le rapport « Persécutés et oubliés ? » de l’AED donne la parole à l’Église souffrante. Il nous rappelle que la persécution religieuse demeure, aujourd’hui encore, une douloureuse réalité pour des millions de chrétiens. »
    Peter Bhatti, frère de Shahbbaz Bhatti, ministre pakistanais assassiné en 2011.

    *Birmanie (Myanmar), Burkina Faso, Chine, Corée du Nord, Égypte, Érythrée, Inde, Iran, Irak, Mali, Mozambique, Nicaragua, Nigeria, Pakistan, Soudan, Syrie, Turquie et Vietnam.

  • Simon et Jude, apôtres obscurs

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    Source : Missel.free.fr

    Plût à Dieu, écrivait saint Jean Chrysostome, qu'il y eût eu quelqu'un pour nous transmettre soigneusement l'histoire des apôtres ! Ce vœu ne s'est pas réalisé pour saint Simon ni pour saint Jude dont l'Evangile ne nous a guère conservé que les noms.

    L'obscurité qui enveloppe saint Simon a semblé autoriser quelques historiens ecclésiastiques à le confondre avec saint Syméon, qui, après saint Jacques le Mineur, fut évêque de Jérusalem. Néanmoins il paraît plus probable qu'il faut distinguer l'un de l'autre les deux saints, rapprochés seulement par le nom.

    Dans la liste des Apôtres que nous ont transmise les évangiles de saint Matthieu et de saint Marc, Simon est nommé à l'avant-dernier rang, avec le surnom Cananæus. Beaucoup ont affirmé que ce surnom marquait peut-être le lieu de sa naissance, Cana ; de là à penser qu'il était l’époux des noces de Cana, il n'y avait pas loin, et certain n’ont pas manqué de le suggérer. Cependant, il semble bien que saint Luc donne le vrai sens de ce surnom, lorsqu'il qualifie Simon (placé par lui au dixième rang des apôtres), de Zelote, c'est-à-dire plein de zèle : en hébreu Qan'ani, d'où la transcription Cananæus.

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  • Les saints apôtres Simon et Jude (28 octobre)

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    Le mercredi 11 octobre 2006, lors de l'audience générale, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse aux apôtres Simon et Jude : 

    Simon le Cananéen et Jude Thaddée

    Chers frères et soeurs,

    Nous prenons aujourd'hui en considération deux des douze Apôtres:  Simon le Cananéen et Jude Thaddée (qu'il ne faut pas confondre avec Judas Iscariote). Nous les considérons ensemble, non seulement parce que dans les listes des Douze, ils sont toujours rappelés l'un à côté de l'autre (cf. Mt 10, 4; Mc 3, 18; Lc 6, 15; Ac 1, 13), mais également parce que les informations qui les concernent ne sont pas nombreuses, en dehors du fait que le Canon néo-testamentaire conserve une lettre attribuée à Jude Thaddée.

    Simon reçoit un épithète qui varie dans les quatre listes:  alors que Matthieu et Marc le qualifient de "cananéen", Luc le définit en revanche comme un "zélote". En réalité, les deux dénominations s'équivalent, car elles signifient la même chose:  dans la langue juive, en effet, le verbe qana' signifie:  "être jaloux, passionné" et peut être utilisé aussi bien à propos de Dieu, en tant que jaloux du peuple qu'il a choisi (cf. Ex 20, 5), qu'à propos des hommes qui brûlent de zèle en servant le Dieu unique avec un dévouement total, comme Elie (cf. 1 R 19, 10). Il est donc possible que ce Simon, s'il n'appartenait pas précisément au mouvement nationaliste des Zélotes, fût au moins caractérisé par un zèle ardent pour l'identité juive, donc pour Dieu, pour son peuple et pour la Loi divine. S'il en est ainsi, Simon se situe aux antipodes de Matthieu qui, au contraire, en tant que publicain, provenait d'une activité considérée comme totalement impure. C'est le signe évident que Jésus appelle ses disciples et ses collaborateurs des horizons sociaux et religieux les plus divers, sans aucun préjugé. Ce sont les personnes qui l'intéressent, pas les catégories sociales ou les étiquettes! Et il est beau de voir que dans le groupe de ses fidèles, tous, bien que différents, coexistaient ensemble, surmontant les difficultés imaginables:  en effet, Jésus lui-même était le motif de cohésion, dans lequel tous se retrouvaient unis. Cela constitue clairement une leçon pour nous, souvent enclins à souligner les différences, voire les oppositions, oubliant qu'en Jésus Christ, nous a été donnée la force pour concilier nos différences. Rappelons-nous également que le groupe des Douze est la préfiguration de l'Eglise, dans laquelle doivent trouver place tous les charismes, les peuples, les races, toutes les qualités humaines, qui trouvent leur composition et leur unité dans la communion avec Jésus.

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  • Saint Jude, apôtre et témoin véridique de la vie de Jésus

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    De l'abbé Vincent-Marie Thomas sur 1000 raisons de croire :

    L’apôtre saint Jude, témoin véridique de la vie de Jésus (+65)

    Saint Jude, nommé Thaddée, ce qui signifie en araméen (la langue du Christ) « valeureux » et « qui a du cœur » n’est que peu connu. C’est l’un des douze apôtres choisis par le Christ pour porter sa parole à toutes les nations. Une épître canonique, au ton viril, confirme la justesse de son surnom ; c’est le seul écrit que l’on possède de lui. Il est mort martyr, probablement en Arménie, nation qui revendique pour cette raison son patronage céleste. Il est fêté le 28 octobre.


    Les raisons d'y croire

    • Les éléments historiques de la vie de l’apôtre sont relatés par différentes sources textuelles : les Évangiles, ainsi que d’autres documents ultérieurs. Les évangélistes saint Marc et saint Matthieu citent un homme appelé « Thaddée » ( Mc 3,18 et Mt 10,3 ) dans les listes qu’ils établissent des douze apôtres qui ont entouré le Christ.
    • Saint Luc, dans son Évangile comme dans les Actes des Apôtres (chronique des actions des apôtres, qui commence après que le Christ les a quittés, le jour de l’Ascension, pour remonter auprès de son Père), parle de « Jude, fils de Jacques » ( Lc 6,16 et Ac 1,13 ). Les textes de la Sainte Écriture disent « Judas » mais on traduit « Jude » en français pour éviter l’équivoque. À cette occasion, l’évangéliste saint Luc distingue clairement saint Jude de Judas, qui trahit le Christ ( Lc 6,16 ). Saint Jean fait de même dans son Évangile : « Jude, non pas l’Iscariote... » ( Jn 14,22 ). Ces témoignages établissent bien l’existence de l’apôtre, appelé tantôt Thaddée tantôt Jude.
    • C’est d’ailleurs ce qu’écrit saint Jérôme († 420), traducteur des livres bibliques et pour cette raison fin connaisseur de l’histoire de la fondation de l’Église. Dans son Commentaire de l’épître aux Galates, il note que « l’apôtre Judas, qui n’est pas le traître » a pris le nom de Zélote « en vertu de son zèle insigne » (II, 4, 18). Dans sa Lettre contre Helvidius, il parle à nouveau de « Jude Zélote qui est dit Thaddée dans un autre Évangile » (no 15). Il l’appelle trinomus à cause de ses trois noms.
    • Le nom de Thaddée figure aussi au canon de la messe, dans la première liste des apôtres, après le Mémentodes vivants. Le canon a été composé à partir des traditions antiques, vers le IVe siècle.
    • Saint Jude a écrit une épître . Il s’y présente lui-même comme le « frère de Jacques » : il s’agit de Jacques le Mineur, qui était un cousin de Jésus-Christ. Leur père, Alphée, est en effet le frère de saint Joseph. Notons que le lien familial entre Jésus-Christ et Jude est bien réel, mais seulement spirituel, car saint Joseph n’est que le père putatif du Christ : la paternité de saint Joseph à son égard n’est que spirituelle. L’évêque Eusèbe de Césarée († 339), qui compose son Histoire ecclésiastique à partir d’une abondante documentation, y confirme que l’auteur de la dernière épître catholique est saint Jude (II, 23, 25 ; III, 25, 3 ; VI, 13, 6 et 14, 1).
    • Cette épître constitue un témoignage exact et fidèle de la Parole de l’Homme-Dieu, Fils éternel du Père des cieux et d’une femme, vierge, de cette terre, venu pour sauver les hommes du pouvoir du démon. Témoignage véridique, c’est-à-dire qui ne trompe pas, parce que vérifié par le support des souffrances de la persécution et de la mort du martyr.
    • « Lorsque le chœur sacré des apôtres eut succombé à divers genres de mort et qu’eut disparu la génération de ceux qui avaient été jugés dignes d’entendre de leurs oreilles la sagesse divine, alors l’erreur impie reçut un commencement d’organisation par la tromperie de ceux qui enseignaient une autre doctrine. Ceux-là, voyant qu’il ne restait plus aucun apôtre, jetèrent le masque et se mirent à opposer une science qui porte un nom mensonger à la prédication de la vérité » (Histoire ecclésiastique, III, 32, 7). Les écrits des apôtres sont donc une source incomparable, parce qu’autorisée et véridique, pour connaître la mission de Jésus-Christ ici-bas : sa vie toute divine, ses miracles et son message.
    • L’épître de saint Jude en est un précieux exemple. Les mots par lesquels il commence son épître en avertissent le lecteur : « Bien-aimés, j’avais la ferme intention de vous écrire au sujet du salut qui nous est commun ; or, me voici dans l’obligation de le faire pour vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux fidèles une fois pour toutes. Car il s’est infiltré parmi vous des individus qui sont marqués depuis longtemps en vue de ce jugement, des impies qui tournent la grâce de notre Dieu en prétexte à la débauche, et qui renient notre seul maître et Seigneur, Jésus-Christ » ( Jude 3 et 4 ). Saint Jude est bien porte-parole du Christ.

    En savoir plus

    Saint Jean rapporte la question de Jude au Christ lors de la dernière Cène : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? » ( Jn 14,22 ). Pourquoi le Christ ressuscité depuis le jour de Pâques n’apparaît-il pas dans sa gloire à ceux qui se moquent de lui encore aujourd’hui ou nient même sa qualité divine ? Une telle manifestation n’entraînerait-elle pas aussitôt leur assentiment ? Peut-être est-il possible de répondre de prime abord que bien des miracles laissent de marbre les cœurs durs, c’est-à-dire les hommes fiers. D’autre part, sur cette terre, ce n’est pas dans sa puissance que le Christ entend être reconnu. Aussi répond-il de façon indirecte à l’interrogation de saint Jude : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de lui » ( Jn 14,23 ). Jésus-Christ veut être vu et perçu également avec le cœur, c’est-à-dire par l’amour spirituel. Il s’adresse à l’homme en lui proposant son amour. Il appelle l’homme à ne pas occulter cet amour divin, mais à le regarder en face et à y répondre honnêtement.

    Force morale, clarté et courage intellectuels sont donc les vertus auxquelles saint Jude appelle ses lecteurs. « On voit bien que l’auteur de ces lignes vit en plénitude sa propre foi, à laquelle appartiennent de grandes réalités telles que l’intégrité morale et la joie, la confiance et, enfin, la louange ; le tout n’étant motivé que par la bonté de notre unique Dieu et par la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ », remarque Benoît XVI dans une catéchèse qu’il a consacrée à saint Jude. Et il invite les chrétiens à prendre exemple sur cet apôtre : « C’est pourquoi Simon le Cananéen, ainsi que Jude Thaddée, doivent nous aider à redécouvrir toujours à nouveau et à vivre inlassablement la beauté de la foi chrétienne, en sachant en donner un témoignage à la fois fort et serein. »

    Saint Jude Thaddée a prêché l’Évangile jusqu’en Perse, avant d’en témoigner par son martyre. Ce fut probablement dans la ville de Maku, qui appartenait alors au royaume d’Arménie (aujourd’hui au nord de l’Iran). La tradition arménienne le considère avec l’apôtre Barthélemy (dès l’an 43) comme le fondateur de son Église. Le monastère Saint-Thaddée (dans le nord de l’Iran) est construit à l’endroit supposé du martyre de l’apôtre. D’autres traditions situent cependant le lieu de son martyre en Syrie, ou en Mésopotamie.

    Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.


    Au delà

    L’apôtre Jude n’est pas le disciple Thaddée, dont Eusèbe de Césarée écrit qu’il appartenait au groupe des soixante-dix disciples (Histoire ecclésiastique, I, 12, 3 et 13, 4-11) et qui fut envoyé à Édesse par l’apôtre Thomas (cf. I, 13, 4 et II, 1, 6). Il y a accompli de nombreux miracles et a guéri par la seule puissance divine une foule de malades (cf. ibid., I, 13, 12 et II, 1, 7). Il a aussi prêché l’Évangile au peuple d’Édesse (cf. ibid., 1, 13, 19-21 ; II, 1, 6-7). C’est là une des rares critiques que l’on peut faire au rigoureux historien : le nom de l’apôtre de l’Église d’Édesse est Addaï, qui a vécu ultérieurement, peut-être même au IIe siècle. Les Grecs ont déguisé le nom syrien d’Addaï sous celui de Thaddée, afin de donner à l’Église d’Édesse une origine apostolique.


    Aller plus loin

    Saint Jude, Épître .


    En complément

    • Benoît XVI, « Audience générale du 11 octobre 2006 ». En ligne sur le site du Saint-Siège.
    • Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Paris, Cerf, Sources chrétiennes no 31, 2001, tome I, livres I-IV, 440 p. Le texte de l’ouvrage est disponible en ligne dans la traduction d’Émile Grapin.
    • Joseph Tixeront, Les Origines de l’Église d’Édesse et la légende d’Abgar, Paris, 1888. Disponible en ligne .
  • Propos menaçants du cardinal Roche : N’allez pas à la messe traditionnelle ! Mais pourquoi ? L’Église n’a pas besoin de renier son passé pour assurer son avenir.

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    De Mgr Rob Mutsaerts sur son blog :

    24 octobre 2026

    Propos menaçants du cardinal Roche : N’allez pas à la messe traditionnelle ! Mais pourquoi ? L’Église n’a pas besoin de renier son passé pour assurer son avenir.

    L'Église catholique s'enorgueillit de son universalité, chérit une impressionnante variété de traditions liturgiques et considère cette diversité comme l'expression même de sa richesse. Un catholique peut ainsi assister à la Divine Liturgie selon la tradition byzantine, maronite, arménienne ou chaldéenne sans que personne n'y voie, en soi, une menace pour l'unité ecclésiale. Pourtant, dès qu'un catholique souhaite assister à la messe telle qu'elle est célébrée depuis des siècles à Rome, à Paris, à Amsterdam et dans la quasi-totalité de l'Église latine, certaines autorités romaines commencent à s'inquiéter. Soudain, la diversité liturgique devient un problème. Soudain, l'attachement à la tradition est perçu avec suspicion. Et soudain, l'unité de l'Église doit être protégée contre ceux qui ne demandent qu'à prier comme leurs ancêtres.

    Cela soulève une question tout à fait légitime : pourquoi presque toutes les anciennes traditions liturgiques catholiques sont-elles considérées comme un trésor, à la seule exception de l'antique liturgie romaine ?

    Le cardinal Roche a récemment déclaré, dans un entretien accordé à AdVaticanum et publié le 13 octobre 2026, que des groupes traditionalistes instrumentalisent parfois l'ancienne liturgie pour s'opposer à la réforme issue du concile Vatican II. Selon le cardinal, une telle attitude nuit à l'unité de l'Église, avertissant que quiconque rejette le Concile s'éloigne du cœur du catholicisme. Par ailleurs, il a affirmé que, selon lui, les catholiques ne devraient pas assister exclusivement à l'ancienne messe.

    Une distinction cruciale s'impose ici. Quiconque nie fondamentalement la validité de la nouvelle messe, rejette l'autorité papale ou affirme que l'Église catholique a cessé d'être l'Église après Vatican II adopte une position hautement problématique. Mais quiconque aime la messe traditionnelle, approfondit sa foi par son intermédiaire, adhère pleinement à la doctrine catholique et demeure fidèle au Pape ne saurait être accusé des mêmes dérives. L'attachement à une tradition liturgique ne saurait équivaloir au rejet du Magistère. C'est précisément cette nuance essentielle qui risque de se perdre dans le débat actuel.

    L'Église catholique comprend 24 Églises sui iuris : l'Église latine et 23 Églises catholiques orientales. Elles possèdent diverses traditions liturgiques, telles que les traditions byzantine, alexandrine, antiochienne, arménienne et syriaque orientale. Des pratiques liturgiques particulières existent également au sein du monde catholique occidental, notamment le rite ambrosien à Milan. Nul ne craint pour l'unité de l'Église lorsqu'un prêtre catholique byzantin se tient devant l'iconostase, que l'encens s'élève en abondance et que les fidèles assistent à une liturgie qui diffère à bien des égards de la messe romaine ordinaire. Car l'unité catholique n'a jamais été synonyme d'uniformité liturgique. En effet, le concile Vatican II affirme explicitement dans Sacrosanctum Concilium que tous les rites légalement reconnus sont égaux en droit et en dignité, et que l'Église souhaite les préserver et les promouvoir. Cette affirmation est particulièrement frappante au regard des déclarations du cardinal Roche. Si la diversité liturgique ne nuit pas à l'unité de l'Église, pourquoi la liturgie romaine, vieille de plusieurs siècles, le ferait-elle ?

    Après tout, la foi catholique n'est pas un ensemble de coutumes dont la date d'expiration est déterminée par une commission ecclésiastique. La pratique liturgique d'après-guerre a connu un glissement de la transcendance de Dieu vers la communauté comme centre de gravité. Lorsque l'Eucharistie s'apparente de plus en plus à un repas fraternel, à une célébration des liens humains ou à un terrain de créativité pastorale, sa dimension sacrificielle risque de s'estomper. C'est précisément face à ce risque que la liturgie traditionnelle, par son attention constante tournée vers Dieu, offre un contrepoids visible. Et c'est peut-être là que réside le véritable malaise : la messe traditionnelle continue de proclamer une vérité ancienne que notre époque tend à oublier. Le pape Benoît XVI l'avait parfaitement compris : l'Église ne peut prétendre de manière crédible que ce qu'elle considérait comme sacré hier puisse être perçu comme un danger aujourd'hui.

    Le concile Vatican II est-il utilisé comme un point de rupture ? Ce débat soulève un problème plus profond. Un concile s’inscrit dans la Tradition ; il ne fonde pas une nouvelle Église. Vatican II a instauré une réforme de la liturgie, tout en affirmant le maintien de l’usage de la langue latine dans les rites latins et la préséance du chant grégorien. Nombre de pratiques aujourd’hui qualifiées de « traditionalistes » allaient donc de soi pour les Pères conciliaires. Dès lors, il est surprenant de voir l’attachement à l’ancienne liturgie présenté comme une rébellion contre le Concile lui-même. En effet, critiquer certains aspects de la réforme liturgique postconciliaire ne revient pas à rejeter Vatican II. Cette réforme a été largement élaborée et mise en œuvre après le Concile. Cela ne signifie pas que toutes les critiques soient justifiées, mais simplement qu'un tel débat est légitime. Lorsqu'un concile est perçu comme une rupture absolue entre l'ancienne et la nouvelle Église, on provoque précisément le schisme que l'on prétend vouloir éviter. L'Église catholique n'est pas une institution née en 1965. C'est la même Église qui a accueilli les apôtres, enfanté les Pères de l'Église, bâti les cathédrales médiévales, tenu le concile de Trente et convoqué le concile Vatican II. Quiconque croit véritablement en la continuité de l'Église n'a rien à craindre de son passé.

    Le cardinal Roche invoque constamment l'unité de l'Église. C'est une démarche pleinement légitime. L'unité n'est pas un attribut accessoire de l'Église, elle fait partie intégrante de son essence. La seule question est de savoir ce que l'on entend par unité. L'unité dans la foi catholique, dans les sacrements et dans la communion avec le successeur de Pierre est fondamentalement différente de l'uniformité rituelle.

    L'argument officiel veut que la liturgie traditionnelle, contrairement aux liturgies orientales, soit devenue pour certains groupes un symbole de résistance à la Réforme et à l'autorité de l'Église. Cet argument mérite attention. Le problème de ce raisonnement est qu'il glisse trop facilement d'un jugement porté sur des abus spécifiques à une condamnation générale de toute une communauté liturgique. Pourquoi les familles, les jeunes, les prêtres et les religieux qui ne désirent rien d'autre que célébrer la liturgie traditionnelle en pleine communion ecclésiale devraient-ils en payer le prix ? Un père qui emmène ses enfants à la messe traditionnelle parce qu'il y ressent avec une intensité particulière le caractère sacré de l'Eucharistie ne s'engage pas dans les luttes politiques de l'Église. Il va simplement à la messe.

    L'histoire de l'Église se caractérise non seulement par le renouveau, mais aussi par la préservation. Traditio signifie transmission : recevoir ce que l'on n'a pas inventé soi-même pour le transmettre à la génération suivante. C'est pourquoi il est frappant de constater qu'à une époque où l'on parle constamment d'écouter les fidèles, les aspirations des catholiques traditionalistes soient si peu comprises. Une Église qui veut écouter le monde devrait aussi écouter ses propres enfants – à moins que la synodalité n'ait un autre sens ? D'autant plus que ces enfants ne réclament pas une doctrine catholique édulcorée, mais sa proclamation intégrale. Ou bien est-ce là que réside le problème ?

    Une approche pastorale raisonnable consisterait à faire place à l'ancienne liturgie là où elle est sincèrement désirée, tout en exigeant la fidélité à la communion ecclésiale et en corrigeant les abus dans toutes les formes liturgiques. Car ces derniers méritent tout autant notre attention. Quiconque réglemente strictement l'ancienne messe par souci de sainteté et d'unité doit agir avec la même rigueur face aux abus qui entachent la nouvelle messe.

    Le phénomène le plus remarquable est peut-être que la messe traditionnelle en latin n'attire pas uniquement ceux qui ont grandi avant le Concile. Les jeunes catholiques y sont particulièrement sensibles. Lorsque des jeunes choisissent consciemment le silence, le chant grégorien, la précision rituelle et une liturgie qui s'éloigne des goûts contemporains pour la spontanéité et la compréhension immédiate, cela est hautement significatif. Cela suggère que la modernisation à tout crin n'est pas toujours la meilleure voie vers l'évangélisation. L'homme moderne aspire parfois précisément à ce qui n'est pas moderne. Il ne cherche pas une liturgie qui ressemble au monde dans lequel il vit au quotidien – et qui n'a alors plus rien à lui offrir –, mais une liturgie qui l'aide à s'élever au-dessus de ce monde. Il ne s'agit pas d'un argument contre la nouvelle messe, mais d'un argument contre l'idée que le renouveau liturgique doive nécessairement coïncider avec une adaptation à l'esprit du temps.

    Il serait regrettable que la messe traditionnelle en latin finisse par être la victime d'une guerre ecclésiastique où l'attention ne porte plus sur le culte divin, mais sur l'interprétation des soixante dernières années. Car alors, une liturgie qui a façonné des saints et sanctifié d'innombrables croyants pendant des siècles serait traitée comme un problème à éliminer. Moins de suspicion, plus d'honnêteté historique, plus de profondeur théologique et, surtout, plus de magnanimité pastorale seraient hautement souhaitables.

    Le fameux principe catholique du « et-et » (et-et) pourrait ici constituer un point de départ fructueux. Tradition et évolution légitime. Unité et diversité. Fidélité au Concile et respect des siècles qui l’ont précédé. La nouvelle messe, mais aussi la place légitime de la liturgie romaine transmise au sein de la communauté de l’Église.

    Éminence, l'Église n'a pas à renier son passé pour assurer son avenir. Une Église qui a véritablement confiance en la Tradition vivante peut se permettre d'aimer sa propre histoire. Une Église qui accueille avec joie en son sein les liturgies byzantine, maronite et arménienne ne devrait pas se sentir menacée par la messe en latin qui lui est si chère depuis des siècles. Après tout, la messe traditionnelle en latin n'est pas une intruse étrangère au sein de l'Église catholique ; elle est née en sa propre demeure. Et une Église mère ne devrait pas traiter ses enfants comme des étrangers parce qu'ils aiment prier dans la langue de leurs grands-parents.

  • L'Esprit d'Assise trahit les intentions de Jean-Paul II

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    L'Esprit d'Assise trahit les intentions du pape Wojtyła

    Dans la ville d'Ombrie se conclut l'événement de la Communauté de Sant'Egidio, 40 ans après la rencontre de saint Jean-Paul II avec les chefs religieux. Dès son pontificat, on chercha à en préciser le sens, bien différent de cet esprit galvaudé qui domine encore la scène aujourd'hui.

    27/10/2026

    Se conclut aujourd'hui la rencontre interreligieuse pour la paix intitulée Paix désarmée et désarmante, en mémoire de la rencontre des religions du monde convoquée par Jean-Paul II à Assise le 27 octobre 1986. L'événement a été organisé par la Communauté de Sant'Egidio, en collaboration avec les diocèses d'Ombrie et les familles franciscaines d'Assise. Après 155 rapports, 24 forums et la prière finale de tous les participants réunis dans la basilique inférieure d'Assise, une déclaration conjointe des chefs religieux est prévue, accompagnée d'un message de Léon XIV (qui sera absent sur conseil de ses médecins).

    L'expression « l'esprit d'Assise » — souvent écrite avec un « E » majuscule — a régné sans partage : que ce soit dans les interviews de Marco Impagliazzo, président de la Communauté de Sant'Egidio, dans l'éloge de Sergio Mattarella envers la communauté du Trastevere pour avoir maintenu vivant cet esprit pendant 40 ans, dans les titres des conférences, sur les affiches des programmes ou encore dans les articles de présentation et les commentaires. L'usage fréquent et désormais systématique de cette expression n'est pas sans susciter une certaine inquiétude.

    Nous savons tous que l'on a beaucoup parlé — et que l'on continue de parler — de « l'Esprit du Concile », pour signifier que le sens historique et providentiel de cet événement ne résidait pas tant dans les contenus enseignés à travers les textes, mais dans le fait même de se réunir, convoqués par l'Esprit pour une Église nouvelle. C'est l'École de Bologne qui parlait de l'esprit en ce sens, mais cette perspective s'est propagée bien au-delà des murs de l'Institut pour les sciences religieuses fondé par Giuseppe Dossetti. Brunero Gherardini avait quant à lui évoqué un autre esprit, un Gegen-Geist (un « Esprit contre »), pour désigner la ligne devenue majoritaire parmi les Pères conciliaires : une attitude d'ouverture au neuf doublée d'une opposition parallèle (le gegen) à l'ancien, un désir de nouveauté pas toujours argumenté. C'était une position culturellement moins solide que celle de Bologne, plus ressentie que pensée, mais qui eut des effets majeurs sur les travaux du Concile.

    Dans la même mesure, on a parlé ces jours-ci d'un « Esprit de Nostra aetate », initié il y a 60 ans avec l'approbation de ce décret conciliaire et qui perdure encore, comme en témoigne le récent document du Vatican Un chemin d'espérance. Pourtant, on ne lit nulle part dans Nostra aetate que les religions non chrétiennes ne doivent pas être évangélisées ni que le prosélytisme est à condamner, contrairement à ce qu'affirme ce document émanant de trois dicastères pontificaux. Mais on a manifestement considéré que, tout en ne respectant pas la lettre du décret conciliaire, il en interprétait néanmoins l'esprit. Et nous y revoilà.

    En nous rappelant ces dynamiques du passé, y compris du passé récent, nous ne partageons pas la lecture de la rencontre selon le critère de « l'Esprit d'Assise », continuellement invoqué en Ombrie ces derniers jours, comme si Jean-Paul II avait voulu enclencher un processus devenu ensuite incontrôlable car motivé par le souffle de l'Esprit Saint. Ce n'est pas là le sens de l'adjectif « prophétique », qui a pourtant été employé ces jours-ci à propos de l'événement d'il y a 40 ans.

    La rencontre d'Assise voulue par Jean-Paul II en 1986 fut un choix risqué. Les images du Pape mis sur le même plan que des animistes et des bouddhistes ont suscité de la perplexité, et la présence de symboles religieux païens sur les autels des églises catholiques a provoqué une opposition impulsive. Beaucoup y voyaient un coup de force contre Nostra aetate elle-même, un pas de trop, une rupture. Il est légitime de penser que le cardinal Ratzinger partageait lui aussi certaines de ces réserves. Dans son livre Foi, vérité, tolérance. Le christianisme et les religions du monde (2003), il écrivait qu'il ne faut pas « prier ensemble », mais plutôt « être ensemble pour prier ». Dans sa lettre-préface au livre de Marcello Pera, Pourquoi nous devons nous dire chrétiens. Le libéralisme, l'Europe, l'éthique, publié chez Mondadori en 2008, Benoît XVI soutenait que le dialogue théologique avec les religions non chrétiennes est impossible sans mettre en péril sa propre foi, même s'il admettait la possibilité d'un dialogue de nature culturelle sur les thèmes de la justice et de la paix. Or, dans le cas d'Assise, on était allé au-delà du plan culturel, tout comme lors des rencontres de ces derniers jours en Ombrie.

    L'initiative de Jean-Paul II ne convainquit pas tout le monde, mais il n'avait nullement le désir de lancer un quelconque « esprit ». Par la suite, on s'efforça d'en préciser la signification et elle fut replacée dans un ensemble d'enseignements — au premier rang desquels la Déclaration Dominus Jesus de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (2000) — afin de réaffirmer l'unicité salvifique du Christ. À tel point que l'on peut émettre l'hypothèse que le but des clarifications doctrinales postérieures à Assise était précisément d'éclairer et, peut-être, de corriger la lecture tendancieuse qui en avait été faite, surtout pour en atténuer l'interprétation en tant qu'« Esprit ».

    La rencontre qui s'achève aujourd'hui a été promue par la Communauté de Sant'Egidio, et il ne pouvait en être autrement, étant donné que Sant'Egidio a été le premier protagoniste de cette longue période de culture et de promotion d'un « Esprit d'Assise » à l'égard duquel il est légitime de nourrir des réserves.

  • La révolution islamo-marxiste selon Youssef Siher

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    De Stefano Magni sur la NBQ :

    La révolution islamo-marxiste selon Siher, « l'esprit » de la Maranza

    Youssef Siher n'est peut-être pas le véritable instigateur des émeutes qui ont secoué les villes italiennes dans la foulée de celles de France. Cependant, sa théorie, exposée de manière simpliste, est précieuse pour comprendre la logique de la révolution islamiste-marxiste visant à détruire l'Occident.

    27_10_2026

    Manifestants pro-PAL à Turin lors des émeutes du 24 octobre (La Presse)

    Youssef Siher est soudainement devenu une figure connue. Il est accusé d'être le cerveau du « Mouvement du 17 octobre », qui fournissait des instructions détaillées sur la manière de perturber l'ordre public et de mener une véritable guérilla urbaine. Une précision s'impose : le groupe Telegram créé par Siher, probablement avec la complicité de son épouse, Sagia Hammoud (également visée par une enquête), est devenu opérationnel après les émeutes des 17 et 18 octobre. Selon le parquet de Milan, Siher « est capable de développer une stratégie révolutionnaire » et requiert une peine de prison ferme en raison de sa dangerosité future.

    Il n'est pas le marionnettiste des émeutes qui ont déjà éclaté , d'un mouvement révolutionnaire qui se propage rapidement à travers l'Europe, né dans les banlieues parisiennes et importé en Italie suite aux manifestations étudiantes et aux protestations contre le coût élevé de la vie. C'est pourquoi il est naïf de penser que son arrestation mettra fin aux émeutes en Italie. Cela dit, et bien que nous le considérions innocent jusqu'à preuve du contraire, ses idées sont très claires. Elles illustrent cette idéologie islamo-marxiste (une méthode marxiste, mais les objectifs de l'islam politique) qui sous-tend toute la gauche maximaliste actuelle. Le condamner d'emblée, pour des motifs criminels, serait une erreur. En revanche, il est indispensable d'étudier ses propos (et les conséquences de ses idées).

    Ce chercheur d'origine marocaine, titulaire d'une licence en communication et d'un master en sciences politiques de l'Université de Milan, est spécialiste de la politique du Moyen-Orient. Il effectue un stage au sein du prestigieux Institut d'études politiques internationales et a collaboré avec plusieurs journaux, dont Il Fatto Quotidiano. Il n'a assurément aucun lien avec les membres de la Maranza qui ont pillé des magasins dans les centres de Milan, Turin, Bologne et d'autres villes victimes de leurs violences. Pourtant, selon sa théorie, la Maranza, précisément parce qu'elle pille et détruit des biens, pourrait correspondre à ce que les marxistes considéraient comme les masses laborieuses, utiles à la destruction du système.

    Le 4 septembre 2024, dans la revue Miccia Mag , il publia un article très clair sur la stratégie révolutionnaire. Il y condamnait d'emblée les partis de la gauche européenne, tels que nous les connaissons aujourd'hui, les jugeant trop bourgeois : « L'erreur structurelle d'une grande partie de la gauche occidentale contemporaine, peut-on lire dans son article, réside précisément dans l'illusion que le sujet révolutionnaire puisse émerger spontanément du cœur même des sociétés qui ont produit et profité de l'impérialisme. S'attendre à ce que ceux qui tirent un avantage matériel, symbolique et géopolitique d'un système de domination puissent générer en eux une subjectivité radicalement antagoniste à ce système revient à adopter une posture qui est, au mieux, d'un utopisme négatif et, au pire, intrinsèquement réformiste. » Le réformisme, comme toujours dans la gauche maximaliste, est perçu comme une insulte. L'exemple qu'il cite pour démontrer sa futilité est, sans surprise, la guerre au Moyen-Orient.

    « La question palestinienne est emblématique de cette impasse », écrit Siher dans son article. « Le manque de soutien, ou le soutien fortement conditionné, à la résistance palestinienne, en particulier à ses formes incompatibles avec le discours politique libéral occidental, a plongé la gauche occidentale dans une crise, révélant ses limites structurelles. À quelques exceptions près, elle s'est montrée incapable d'interpréter la résistance comme un phénomène historiquement situé dans un contexte colonial et impérialiste, préférant des filtres moraux, juridiques ou culturels qui finissent par neutraliser la portée radicale de la lutte. » Ce passage mérite une attention particulière, car Siher accuse en substance la gauche de ne pas soutenir le terrorisme du Hamas, c'est-à-dire ces formes de lutte « incompatibles avec le discours politique libéral occidental ». Le 7 octobre 2023, Siher l'a lui-même clairement exprimé en répondant par un simple « Allah est grand ! » à un tweet de Salvini présentant ses condoléances aux victimes israéliennes du pogrom du Hamas.

    Pour être encore plus clair, dans son article de 2024 , Siher précisait que : « … la révolution, lorsqu’elle aura lieu, ne sera pas une révolution de l’Occident, mais une révolution contre l’Occident. » Mais alors, qui est censé faire cette révolution ?

    Dans ce contexte, les diasporas des peuples subalternes, implantées au cœur des métropoles impériales , incarnent l'une des contradictions structurelles les plus profondes et potentiellement subversives de l'ordre occidental. Les diasporas sont elles-mêmes un produit direct de l'impérialisme : migrations forcées, exils économiques, déplacements politiques et militaires. C'est précisément pour cette raison qu'elles occupent une position contradictoire, mais potentiellement explosive : elles vivent au cœur des métropoles impériales, tout en portant en elles une mémoire historique, matérielle et politique de la violence systémique de l'Occident. Cela fait d'elles un sujet politique potentiellement révolutionnaire d'une importance capitale. La synthèse islamo-marxiste est complète : les immigrés, appréhendés comme une classe et considérés comme victimes de tous les maux de l'Occident, sont les nouveaux prolétaires. La révolution est la leur.

    Mais pour faire une révolution, les prolétaires doivent le rester ; malheur à ceux qui deviennent bourgeois en trahissant leur classe. C’est pourquoi Siher s’oppose à l’intégration : « Les diasporas doivent se prémunir contre le risque d’assimilation politique, qui prend souvent la forme d’un réformisme affaibli – voir la citoyenneté – ou, dans certains cas, d’un alignement réactionnaire sur les structures de pouvoir occidentales en échange de reconnaissance, de sécurité ou de mobilité sociale. » Le bon immigré est donc celui qui reste ghettoïsé et devient révolutionnaire. Celui qui travaille, cherche à obtenir la citoyenneté du pays d’accueil, apprend sa langue… est coupable d’« alignement réactionnaire ».

    Les conséquences de ces idées dépassent largement le cadre de Siher et du Mouvement du 17 octobre . À travers cette lutte des classes menée par les immigrés, la gauche maximaliste retrouve un second souffle après avoir perdu le soutien du prolétariat. Mais c'est l'islam politique qui en profite pour imposer son ordre fondé sur la loi islamique. Le langage et la méthode sont marxistes, non le but. Sans surprise, Siher parle d'une « révolution contre l'Occident » et non « en Occident ». Les plus naïfs sont les défenseurs marxistes occidentaux de Siher, qui se mobilisent actuellement pour le défendre, comme Maurizio Acerbo, secrétaire de la Rifondazione Comunista, ou l'omniprésente Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU pour les Territoires palestiniens. Leur gauche est en réalité vouée à la destruction, comme tout ce qui est occidental, dans le plan révolutionnaire islamique prôné par le chercheur et tous ses leaders d'opinion. Il précise également : « une révolution contre l’Occident – ​​et donc inévitablement contre toutes ses composantes, c’est-à-dire ses structures, ses institutions, ses partis de gauche, ses syndicats et ses mouvements révolutionnaires – tel que nous le connaissons aujourd’hui : contre sa centralité épistémique, contre son universalisme abstrait, contre son rôle de centre normatif du monde » (nous soulignons, ndlr).

  • Le Vatican refuse à un groupe de pèlerins traditionnalistes l'autorisation de prier ensemble à Saint-Pierre

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    Du substack d'Edward Pentin :

    Le Vatican refuse à un groupe de pèlerins traditionnels l'autorisation de prier ensemble à Saint-Pierre.

    Les organisateurs affirment que plus de 1 500 pèlerins se sont vu refuser une visite collective pour prier sur la tombe de l'apôtre après que leur demande de messe pontificale a également été rejetée.

    26 octobre 2026

    Le Vatican a refusé samedi l'autorisation à plus de 1 500 pèlerins catholiques traditionnels d'entrer en groupe dans la basilique Saint-Pierre pour prier sur le tombeau de l'apôtre. Aucune raison n'a été donnée.

    Les organisateurs avaient demandé l'autorisation pour la prière collective après que le Vatican eut rejeté une précédente demande de messe pontificale dans la basilique lors de la messe annuelle Ad Petri Sedem (au Siège de Pierre) Pèlerinage Summorum Pontificum, tenu à Rome du 23 au 25 octobre.

    Le pèlerinage fut néanmoins bien accueilli à la basilique Sainte-Marie-Majeure, où l'évêque Athanase Schneider célébra une messe basse pontificale, pour laquelle les organisateurs furent reconnaissants, mais leurs espoirs d'entrer ensemble à Saint-Pierre pour prier sur la tombe de l'apôtre restèrent vains.

    Le pèlerinage, événement annuel instauré en 2012, est organisé par Coetus Internationalis Summorum Pontificum, une association regroupant 33 associations catholiques traditionnelles du monde entier. Ces associations et les participants affirment qu'il vise à témoigner de leur fidélité au Pape et à l'Église catholique (« cum Petro et sub Petro »), tirant son nom du motu proprio du pape Benoît XVI de 2007. Summorum Pontificum , qui libéralisa la messe latine traditionnelle.

    Principalement un événement laïc, ce pèlerinage rassemble également des prêtres et des religieux attachés à la messe célébrée avant les réformes liturgiques de 1970. Depuis le motu proprio Traditionis Custodes du pape François en 2021, la liturgie, également connue sous le nom d' usus antiquior, a subi de sévères restrictions, notamment aux États-Unis.

    Le Vatican avait déjà refusé au pèlerinage la possibilité de faire célébrer une messe pontificale dans la basilique, lorsque le Secrétariat d'État leur a notifié sa décision dans une lettre du 7 août, près de huit mois après que les organisateurs du pèlerinage en aient fait la demande initiale.

    « À ce moment-là, on espérait et on supposait qu’il serait néanmoins possible d’organiser une sorte de dévotion collective pour les pèlerins, à Saint-Pierre, comme cela s’est produit en 2023 et 2024 lorsque l’autorisation de célébrer la messe a été refusée », ont déclaré Joseph Shaw et Monika Rheinschmitt, respectivement président et trésorière du groupe traditionnel Una Voce International (FIUV), l’une des associations Coetus, dans un communiqué du 26 octobre .

    « La lettre d’août n’excluait pas cette possibilité, c’est pourquoi le Coetus l’a demandée », ont-ils ajouté, faisant référence à une lettre du 8 septembre adressée au Secrétariat d’État par le père Claude Barthe, aumônier du pèlerinage.

    Dans cette lettre, le père Barthe demandait au Vatican : « Pouvons-nous néanmoins, le 24 octobre prochain, entrer en procession dans la basilique, prier pour le pape lors de la confession et adorer le Saint-Sacrement à l'autel de la Chaire ? La sacristie de la basilique nous informe que cela serait possible à 13 heures, si Votre Excellence nous accorde la permission nécessaire. »

    L’archevêque Paolo Rudelli, secrétaire d’État adjoint, a répondu dans une lettre datée du 30 septembre qu’il était « impossible de répondre favorablement » à la demande des pèlerins d’entrer en procession et de se recueillir au tombeau. Aucune raison n’a été donnée et l’archevêque Rudelli n’a pas non plus infirmé la disponibilité de la basilique à l’heure prévue.

    Aucune raison n'a été donnée.

    Le 23 octobre, le journal The Register a demandé à Matteo Bruni, porte-parole du Bureau de presse du Saint-Siège, pourquoi ce pèlerinage de catholiques traditionnels s'était vu refuser l'entrée pour prier dans la basilique, mais il n'avait pas répondu au moment de la publication.

    En complément : Vatican : La demande pour la procession de la messe tridentine n'était pas assez précise