Si le dictionnaire catholique devait se mettre à jour fin 2025, il pourrait inclure le mot « tradismatique ». Ce n’est peut-être pas un phénomène aussi répandu sur Internet que le terme « ick » , mais il décrit assurément une spiritualité croissante chez les catholiques. Comme son nom l’indique, « tradismatique » est la contraction de deux expressions liturgiques majeures du XXIe siècle : « trad », pour traditionaliste, et « ismatique », pour charismatique.
Les traditionalistes, qui ont fait couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux, restent fidèles à la foi telle qu'elle était avant les réformes liturgiques des années 1960. On les voit en grand nombre fréquenter les chapelles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et de l'Institut du Christ-Roi ; les hommes portent des costumes et tiennent leurs bréviaires, tandis que les femmes arborent d'élégantes mantilles dont la couleur indique le statut marital (le cas échéant : noir pour les personnes mariées, blanc pour les célibataires).
Leur préférence liturgique va au Missel de 1962, ou – pour les traditionalistes les plus fervents – à celui d'avant les réformes de 1955. Lors des messes célébrées par les traditionalistes, le prêtre se tourne vers l'est, dos à l'assemblée, et la messe tridentine est empreinte de révérence et de respect pour le mystère qui se déroule. Les fidèles se confessent régulièrement et, s'ils ne le font pas, ne communient pas. La communion est reçue à genoux et sur la langue.
Le mot gallois « hiraeth », qui traduit une nostalgie pour une culture et une identité d'un passé peut-être jamais connu, résume bien ce que recherchent les traditionalistes. Ces derniers aspirent à une époque où la foi était le fondement de l'existence et imprégnait tous les aspects de la vie, procurant un sentiment de sécurité morale. Ils sont généralement jeunes et s'insurgent contre la culture trépidante qui les entoure, laquelle remplace le silence par des écrans de poche et substitue le vice à la vertu. À travers les célébrations liturgiques ancestrales d'une autre époque, ils pénètrent dans les mystères éternels et échappent aux travers de la modernité qu'ils ressentent avec une acuité particulière, eux qui appartiennent à la première génération élevée à l'iPhone.

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Commentaires
Je crois en l' Eglise Divine Une Seule Sainte Catholique Romaine Apostolique et Traditionnelle pour l'Eternité.
Écrit par : SCHOLLAERT | 12/12/2025
Petites remarques :
1. La foi de l'Église n'a pas changé d'un iota à la suite de la réforme liturgique. Il ne faut pas confondre la restauration de la liturgie voulue par l'Eglise avec les célébrations miséreuses et douteuses imposées par nombre de prêtres après Vatican II... et parfois déjà avant.
2. La liturgie restaurée à la suite de Vatican II peut toujours être célébrée en latin sans qu'il soit nécessaire d'obtenir une permission d'un évêque (cf. Code de Droit canonique). Le latin n,'est donc pas une "marque de fabrique" de l'ancienne forme du rite romain. Quant au chant grégorien - nécessairement en latin - il doit occuper la première place dans les liturgies célébrées fidèlement aux enseignements conciliaires. La limitation drastique du chant grégorien n'est donc pas la fait de Vatican II mais de prêtres auxquels, durant leurs années d'études dans les séminaires diocésains, on a appris à détester ce chant constitutif du rite romain.
3. La liturgie restaurée à la suite de Vatican II peut toujours être célébrée "versus orientem". C'est même de cette façon que le missel dit "de Paul VI" prévoit qu'elle soit célébrée. Quand aux autels "face au peuple" qui ressemblent à des caisses, à des tables de salons, à des guéridons... ils ne témoignent que de la perte du sens de la liturgie et du sens du sacrifice eucharistique.
Écrit par : Denis CROUAN | 12/12/2025
Beaucoup de jeunes Prêtres sont en soutane et fiers d' être Prêtre...quant aux "vieux"... souvent en jeans, débraillés ...bref un look de mai 68 ...
Écrit par : Do Schollaert | 12/12/2025
Une liturgie « restaurée » qui ne retient en tout et pour tout que près de 16% de la liturgie précédente peut être qualifiée de « nouvelle liturgie », de « novus ordo », de « liturgie réformée ». Pour moi ce n’est pas qu’une question d’orientation ni d’usage du latin même s’il y a quinze ans j’avais cru cela, mais une question de signification de la foi. Votre raisonnement, même s’il peut sonner juste me semble déconnectée de la réalité façonnée par les faits . Ce n’est pas la manière dont on peut comprendre les textes mais la manière dont la majorités des paroisses et des diocèses les ont lu et interprétés qui est à considérer. Partant de ce principe, il y a lieu de considérer que la racine du mal se trouve non seulement dans la manière dont cette réforme a été mise en œuvre mais également dans les textes qui l’ont accouchée. Dans les années 1960 et 1970, on pensait la transsubstantion tellement évidente dans la foi qu’elle ne pouvait être remise en question par une telle réforme et actuellement on y est: les études montrent bien que les participant à la nouvelle messe y croient de moins en moins que ceux qui vont à l’ancienne. Les mises en garde proférées par les tradis à l’époque s’avèrent vérifiés actuellement. La montée du traditionalisme catholique et du Renouveau apparaissent dans ce contexte comme une saine réaction du Corps de l’Eglise.
Écrit par : Bernard | 12/12/2025
Pour répondre à Do Schollart toujours aussi excessif dans ses commentaires .....ne dit on pas l'habit ne fait pas le moine !!! Aussi bien pour les jeunes que pour les vieux .....un peu d'humilité que diable le Seigneur est d'abord venu pour les publicains et les pêcheurs pas pour les pharisiens si sûrs d'eux et de leur foi sans faille
Écrit par : Emilie | 13/12/2025
Considérer le Respect comme une attitude excessive ( ?!? )...c'est du "wokisme" !!!
Écrit par : Do Schollaert | 13/12/2025
Que je sache nulle part il n'est dit dans le Credo
Divine et traditionnelle
Visiblement vous voyez du wokisme partout même là où il n'y en a pas...
Écrit par : Emilie | 13/12/2025