D'Augustine Asta sur Vatican News :
En novembre le Pape prie «pour un bon usage de la richesse»
Selon le Global Wealth Report 2026 d’Allianz, le patrimoine financier des ménages a atteint un niveau historique en 2025, s’élevant à 268 400 milliards d’euros, soit une progression de 8,6% par rapport à l’année précédente. Mais derrière cette performance record: la croissance de la richesse reste inégalement répartie. Depuis 2020, le patrimoine des ménages les plus fortunés progresse en effet à un rythme nettement supérieur à celui de la personne moyenne, accentuant ainsi les disparités économiques.
Dans un monde où les pauvres sont de plus en plus nombreux, alertait Léon XIV dans sa première exhortation apostolique Dilexi te, on voit donc se développer «certaines élites de riches, qui vivent dans une bulle très confortable et luxueuse». Le Pape avait prévenu notamment que cette situation alimente une culture du déchet, qui tolère avec indifférence que des millions de personnes vivent dans des conditions indignes.
«Pour un bon usage de la richesse»
Dans ce contexte de grand paradoxe, pour ce mois de novembre, Léon XIV consacre ainsi son intention de prière du mois au «bon usage de la richesse». «Seigneur de la vie, tout ce que nous avons vient de Toi: la terre fertile, les talents reçus, les efforts de ceux qui nous ont précédés. Rien ne nous appartient en propre, tout est don partagé», déclare le Pape en début de sa prière. Le Souverain pontife reconnaît ensuite que la richesse, «désirée ou acquise», «durcit notre cœur» mais aussi «nous enferme dans l’égoïsme et nous fait oublier les plus fragiles».
L’accumulation des richesses
Dans son Message pour la Xe Journée Mondiale des Pauvres, qui sera célébrée le 15 novembre 2026 sous le thème "Le Seigneur est le refuge du pauvre", le Pape oppose l’obsession de ceux qui accumulent des richesses pour eux seuls à la détermination de Dieu, qui ouvre les cœurs et accueille. «Avons-nous conscience de notre pauvreté et la préférons-nous à la richesse injuste? Allons-nous jusqu’aux lieux où se trouvent les pauvres, en faisant l’expérience de leur marginalisation? Écoutons-nous leurs pensées et partageons-nous leurs espérances?», propose le Souverain pontife en guise d’un examen de conscience.
«Un cœur détaché transforme le monde»
Le Saint-Père, dans son intention de prière du mois de novembre, demande donc pardon «pour avoir accumulé au lieu de partager, pour avoir utilisé les biens comme un pouvoir et non comme un service». Le Pape insiste ainsi sur le fait que la véritable richesse «ne réside pas dans ce que nous gardons, mais dans ce que nous donnons avec amour». «Un cœur détaché transforme le monde: il ouvre des chemins de justice, abaisse les murs de l’indifférence, sème l’espérance parmi les pauvres», poursuit encore le Souverain pontife.
Dans sa prière Léon XIV implore aussi l’Esprit Saint afin de «nous enseigner à utiliser ce que nous possédons –argent, temps, talents, opportunités– comme des instruments de fraternité». Par ailleurs le Saint-Père souhaite «que chaque décision économique, familiale ou communautaire naisse d’un cœur libre, capable de reconnaître que tout bien est commun et que c’est seulement en partageant que nous bâtissons l’avenir.»
Un «examen intérieur»
Cette supplique de Léon XIV en ce mois de novembre rejoint celle de ces prédécesseurs. Déjà en mai 2021, le Pape François avait consacré son intention de prière au «monde de la finance», invitant à prier pour que les responsables du monde financier collaborent avec les gouvernements afin de réguler les marchés financiers et de protéger les citoyens des dangers qu’ils représentent.
À l’occasion de la publication de l’intention du mois de novembre, le Père Cristóbal Fones, SJ, Directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, a souligné le fait qu’«il est important de faire un examen intérieur». Il invite donc à commencer «par rendre grâce pour tout ce que nous avons reçu comme un don et en sachant que, comme pour tout don, le Christ nous demande de le mettre au service des autres». Cela, conclut-il, «nous concerne tous, sans distinction».