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  • Jimmy Lai et les siens : le martyre blanc d'une famille

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    De George Weigel sur First Things :

    Une famille martyre d’un martyre blanc

    4 novembre 2026

    Imaginez que vous ayez soixante-dix-huit ans, que vous soyez diabétique, condamné à tort à l’issue d’un simulacre de procès pour avoir menacé la sécurité nationale, et emprisonné depuis plus de 2 200 jours dans une cellule d’isolement de haute sécurité, dont vous ne sortez que cinquante minutes par jour pour faire de l’exercice. Seriez-vous capable de répondre, lorsqu’on vous demande si ce que vous endurez en vaut la peine : « Oui, pour la gloire de Dieu » ?

    Imaginez-vous dans la peau de cette même personne, songeant au chemin qui l’a conduit du statut d’entrepreneur milliardaire à celui de prisonnier politique.

    Seriez-vous capable d’écrire que vous avez « découvert en prison un sanctuaire sacré où rencontrer Dieu » ? Pourriez-vous affirmer que vous êtes « en réalité profondément reconnaissant envers Dieu de m’avoir fait traverser cette souffrance afin de me rapprocher de Sa présence » ? Pourriez-vous accueillir votre emprisonnement injuste comme « une joie et un trésor pour cette vie et pour la vie à venir » ? Pourriez-vous écrire que, même si « l’action de Dieu nous déconcerte, elle finit toujours par se révéler merveilleuse pour nous » ?

    Imaginez-vous enfin dans la peau de cette même personne écrivant à une fille que vous n’avez pas vue depuis longtemps. Vous venez d’apprendre qu’elle est atteinte d’un lymphome. Seriez-vous capable de lui écrire ces mots :

    Ma très chère fille… sois forte et fais confiance au Seigneur : Il te sauvera de cette épreuve. C’est une mise à l’épreuve, et Dieu te l’a envoyée pour une raison, une raison qui dépasse notre compréhension, mais nous devons avoir confiance… Il doit te préparer à rencontrer quelque chose d’important et de bon. Car Dieu ne fait rien en vain. […] Que la grâce de notre Seigneur illumine ton cœur, afin que tu puisses discerner la sagesse de cette souffrance. […] Ne t’inquiète pas, sois certaine que Dieu est à tes côtés, qu’Il veille sur toi et te console.

    En un mot : pouvez-vous vous imaginer à la place de Jimmy Lai ?

    Le mot martyr, issu du grec et signifiant « témoin », désigne généralement aujourd’hui une personne mise à mort « par haine de la foi ». Une homélie irlandaise du VIIe siècle nous apprend cependant que, durant le premier millénaire chrétien, la conception du martyre était plus large et englobait plusieurs formes de témoignage :

    Il existe trois sortes de martyre, qui sont considérées comme une croix pour l’homme : le martyre blanc, le martyre vert et le martyre rouge. Le martyre blanc consiste, pour un homme, à abandonner tout ce qu’il aime par amour pour Dieu, en acceptant les privations du jeûne et les fatigues qui en résultent. Le martyre vert consiste à se libérer de ses mauvais désirs par le jeûne et le travail, ou à endurer les peines de la pénitence et du repentir.

    Le martyre rouge, bien entendu, tire son nom du sang effectivement versé par fidélité au Christ.

    On pourrait même considérer le martyre blanc comme une préparation au martyre rouge. Pensons à la famille Ulma, qui a vécu un martyre blanc en mettant en péril sa sécurité et son bonheur pour protéger des Juifs pendant l’occupation allemande de la Pologne. Ses membres furent finalement massacrés par les séides des nazis en 1944. Béatifiés en 2023, ils sont reconnus comme des martyrs rouges, ayant versé leur sang pour le Christ.

    Jimmy Lai est aujourd’hui le plus éminent martyr blanc du catholicisme. Et puisque le dictateur chinois Xi Jinping semble éprouver une véritable terreur à son égard, il se pourrait que son martyre blanc débouche sur un martyre rouge.

    Car, malgré les efforts de l’administration Trump pour obtenir sa libération, ce témoin intrépide des vérités évangéliques relatives à la dignité humaine et à la liberté authentique pourrait mourir en prison. C’est un sort qu’il savait possible lorsqu’il a choisi de rester à Hong Kong pour combattre la tyrannie communiste chinoise, plutôt que de s’installer en Grande-Bretagne, pays dont il possède également la nationalité.

    Intensifier nos prières pour que Jimmy soit délivré de sa captivité est une obligation de solidarité chrétienne. Il en va de même pour notre devoir de prier davantage pour sa famille, qui, à l’instar de Jimmy, vit elle aussi un martyre blanc au long cours, avec un courage et une grâce extraordinaires.

    La situation ne doit pas être facile pour son épouse, Teresa, ni pour leurs enfants, Sebastien, Augustine et Claire. Eux aussi souffrent profondément.

    Pourtant, au début de son éprouvante chimiothérapie — qui coïncidait avec l’intervention chirurgicale du pape Léon XIV pour son cancer du poumon —, Claire m’a écrit pour me dire qu’elle priait pour la guérison du Saint-Père.

    Compte tenu des circonstances clandestines dans lesquelles ils risquaient leur vie pour sauver des Juifs persécutés, les membres de la famille Ulma ne pouvaient bénéficier de la solidarité dans la prière que leur héroïsme méritait. Il n’en va pas de même pour la famille Lai. Celle-ci bénéficie du soutien fidèle d’un autre héros de la foi, l'infatigable cardinal Joseph Zen, qui approche aujourd’hui de son quatre-vingt-quinzième anniversaire. Ce soutien est un réconfort, d’autant plus précieux que la famille ne reçoit guère d’appui de la part de l’actuel évêque de Hong Kong.

    Le manque de solidarité de l’évêque local peut être en partie compensé par les prières de tous les autres membres de la communion de l’Église universelle. Nous devrions nous sentir profondément humbles devant le privilège — mais aussi fiers — de partager ce moment de l’histoire catholique avec Jimmy Lai et sa famille.

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    George Weigel est chercheur émérite au Ethics and Public Policy Center, où il occupe la chaire William E. Simon d’études catholiques.

    Sa chronique « The Catholic Difference » est publiée en syndication par le Denver Catholic, publication officielle de l’archidiocèse de Denver.

  • USA : une défaite écrasante pour les Républicains ; le trumpisme entre dans sa phase finale.

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    De Maximilien Lutz sur le Tagespost :

    Défaite écrasante pour les Républicains : le trumpisme entre dans sa phase finale.

    Une vague bleue lors des élections de mi-mandat a balayé les Républicains des deux chambres du Congrès. Il ne faut pas s'attendre à une amélioration de la situation avec les Démocrates au pouvoir. Le parti n'a plus le droit à l'erreur.

    4 novembre 2026

    Voilà donc la « vague bleue » — et quelle vague ! Les électeurs américains ont profité des élections de mi-mandat pour sanctionner les Républicains à mi-mandat du second mandat de Donald Trump et instaurer un changement politique à Washington. Cette vague a emporté tellement de Républicains au Congrès que les Démocrates ont pu reconquérir la Chambre des représentants et le Sénat. Les majorités dans les deux chambres devraient être très confortables. Les craintes que Trump puisse contester la légitimité du résultat se sont avérées infondées : le président américain a accepté la défaite retentissante de son parti.

    Que les Démocrates présentent les résultats des élections comme une victoire majeure est, à première vue, parfaitement compréhensible. Surtout si l'on considère l'état déplorable dans lequel se trouvait le parti il ​​y a à peine plus d'un an. Mais c'est là que le bât blesse : si les Démocrates contrôlent le Sénat avec une avance confortable, le problème fondamental demeure inchangé. Ils manquent de cap, de ligne politique claire et de stratégie pour la mettre en œuvre. Cela se manifeste également par le fait que des personnalités politiques fondamentalement différentes ont réussi à remporter des élections : le pasteur méthodiste centriste Adam Hamilton au Kansas ; le jeune théologien James Talarico au Texas, qui représente toutefois une interprétation parfois discutable du christianisme ; ou encore le nouveau venu en politique, Abdul El-Sayed, figure de l'extrême gauche et source de controverses internes, dans le Michigan. Selon les conventions des partis européens, il est presque inconcevable qu'ils aient pu figurer sur les bulletins de vote du même parti. Si l'aile extrême des démocrates croit désormais pouvoir déterminer l'avenir du parti grâce à sa position résolument anti-israélienne, le changement espéré à la Maison Blanche dans deux ans risque d'être plus incertain que jamais. 

    La course à la présidence de 2028 est officiellement ouverte.

    Cela conduit à une autre constatation majeure après la soirée électorale américaine : la course à la présidence de 2028 est officiellement lancée. Les démocrates ne doivent pas commettre l’erreur de l’euphorie et – comme après la victoire exceptionnelle de Joe Biden en 2020 – oublier qu’ils sont à nouveau épuisés, tant sur le plan politique que sur celui des ressources humaines. La situation n’est guère plus réjouissante pour les républicains. Donald Trump est désormais entré dans la phase de fin de mandat. Une impasse politique s’annonce à Washington ; peu de progrès législatifs sont à prévoir dans les deux prochaines années. Il faut espérer que Trump n’utilisera pas la vague bleue comme prétexte pour gouverner selon le principe « Après moi, le déluge ». Car dans la dernière ligne droite de son mandat, il pourrait encore causer des dégâts considérables, du moins en matière de politique étrangère. On a déjà pu constater ces derniers mois les conséquences extrêmes de telles décisions, notamment avec l’Iran et la Russie. Il semblerait préférable que Trump se contente de se faire construire un monument à sa gloire.

    Quel que soit le successeur du républicain de 80 ans, le trumpisme, sous sa forme actuelle, est probablement entré dans sa phase finale avec la défaite aux élections législatives. Bien que le mouvement MAGA, fondé par Trump, conserve un potentiel électoral considérable, la large coalition d'électeurs qui a permis son retour à la Maison-Blanche en 2024 se sera effondrée d'ici le 3 novembre 2026. Si les républicains veulent rester compétitifs en 2028, ils devront revoir leur discours politique et l'attitude de leurs principaux collaborateurs.

    Les électeurs en ont assez de l'état actuel du système politique.

    Car ce qui doit désormais être clair pour quiconque souhaite survivre dans le cirque politique américain, c'est que les électeurs en ont assez du système politique actuel. Ils étaient et restent profondément insatisfaits, ne se sentant plus écoutés ni pris au sérieux par une élite politique de la capitale qu'ils perçoivent comme déconnectée de la réalité. Par conséquent, ils misent maintenant sur l'autre camp. Il est permis de douter que cette situation évolue sous une direction démocrate.

  • Éthiopie: le massacre à huis clos des chrétiens

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    Éthiopie: le massacre à huis clos des chrétiens

    3 Novembre 2026

    En Éthiopie, les attaques meurtrières contre les populations civiles, notamment les chrétiens orthodoxes dans la région d’Oromia, se poursuivent dans un contexte de violences ethniques et de fragmentation politique. Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) alerte sur la multiplication des massacres, des enlèvements, des demandes de rançon et des destructions de lieux de culte.

    L’Éthiopie possède l’une des plus anciennes traditions chrétiennes du monde, le christianisme y étant devenu la religion officielle du royaume d’Aksoum dès le IVe siècle. Aujourd’hui, les communautés chrétiennes orthodoxes, protestantes et catholiques vivent dans un pays marqué par de profondes divisions politiques et ethniques. Dans la zone d’Arsi, en région Oromo, les chrétiens orthodoxes amharas sont particulièrement exposés aux violences, sans être pour autant les seules victimes des conflits qui déchirent le pays.

    L’ECLJ dénonce cette situation et appelle la communauté internationale à ne pas détourner le regard. Les attaques rapportées contre les fidèles, les églises et les villages exigent des enquêtes indépendantes, une protection effective des civils et une réponse internationale à la hauteur de la gravité des faits.

    Le mois d’octobre 2026 : la chronique des massacres

    Ce mois d’octobre 2026 est marqué par une série d’attaques meurtrières contre les populations chrétiennes en Oromia. Selon les informations relayées par des sources locales et des représentants de l’Église orthodoxe éthiopienne :

    • 12 octobre, à Shirka : Getu Assefa a été tué alors qu’il travaillait dans un champ.
    • 15 octobre, à Mechitu Lalo : Trois fidèles ont été exécutés.
    • 17 octobre, à Hela Zenbaba : Deux personnes ont été tuées et cinq autres enlevées.
    • 20 octobre, dans la région de Merti : Quatorze personnes ont perdu la vie lors d’une attaque.
    • 24 octobre, à Chole et Birbo (district de Shirka) : Quarante-six chrétiens ont été massacrés à leur domicile.

    Les autorités fédérales attribuent ces violences à l’Armée de libération oromo (OLA), bien que la responsabilité de ce groupe n’ait pas encore été établie de manière indépendante pour chaque incident. L’OLA, de son côté, a constamment nié être l’auteur des massacres visant des civils.

    Ces massacres s’insèrent dans une dynamique plus ancienne. Selon une analyse de l’organisation ACLED, plus d’un tiers des 159 épisodes de violence contre des civils recensés dans la zone d’Arsi (région d’Oromia) depuis février 2023 ont spécifiquement visé des habitants orthodoxes. Ce constat démontre que l’appartenance religieuse constitue un facteur clé de ciblage dans ces attaques.

    Par ailleurs, un rapport de l’Ethiopian Human Rights Council (EHRCO) publié en juillet 2026 fait état de 454 civils tués dans la zone d’East Arsi entre septembre 2021 et juin 2026. Il signale également plus de 14 000 personnes déplacées, dont 3 746 pour le seul district de Shirka, sur fond d’enlèvements assortis de demandes de rançon pouvant atteindre 500 000 birrs (environ 2 760 euros).

    Ces exactions se répètent régulièrement. Au début du mois de juin 2026, des maisons appartenant à des orthodoxes ont été incendiées dans le district d’Aseko. La Commission éthiopienne des droits humains a également confirmé des déplacements forcés ainsi que la destruction de l’église historique Saint-Gabriel de Teleta. À la mi-juin, le prêtre Abayneh Tebeqe a lui aussi été enlevé puis assassiné.

    Malgré sa prétendue victoire aux législatives de juin 2026, le pouvoir central a manifestement perdu le contrôle du territoire. L’Éthiopie est fragmentée : le Tigré et la région Amhara sont redevenus des théâtres de guerre ouverte, subissant les pilonnages de drones de l’armée régulière. Au moins 25 personnes ont ainsi été tuées les 29 et 30 octobre 2026 dans des frappes de drones du gouvernement fédéral. La frontière sud s’embrase, jetant 50 000 réfugiés oromos et somalis vers le Kenya. Dans ce chaos, les chrétiens orthodoxes, historiquement liés à la culture du pouvoir central et à l’ethnie amhara, deviennent les boucs émissaires parfaits pour les factions qui cherchent à allumer la mèche d’une guerre de religion.

    L’ECLJ documente sans relâche ces violences visant les Amharas et les atteintes à la liberté religieuse, notamment à travers son rapport « La souffrance silencieuse du peuple Amhara en Éthiopie », publié en avril 2024 et actualisé en juillet 2026. Nous avons alerté en juin 2023 et en août 2026 le conseiller spécial des Nations unies pour la prévention du génocide sur le risque accru de crimes de masse dans le pays. Pour briser ce silence, nous avons porté ce combat directement au Parlement européen le 17 juin 2026 en organisant une conférence avec le Prince éthiopien Asfa-Wossen Asserate.

    En dépit de la discrétion des institutions internationales, des acteurs politiques occidentaux ont réagi à la suite des massacres de fidèles orthodoxes perpétrés en octobre 2026. Aux États-Unis, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a fermement réagi en qualifiant ces attaques ciblées de « totalement inacceptables » et en exigeant la protection des croyants ainsi que la punition des coupables. Au Parlement européen, l’eurodéputé grec Nikolas Farantouris (PASOK / S&D) a déposé une question écrite d’urgence à la Commission, dénonçant un « silence inacceptable » de l’Europe qui affaiblit son influence dans cette région stratégique. En France, la sénatrice Valérie Boyer (LR) a relayé ces alertes sur X en reprenant la formule « Silence on tue », qu’elle avait déjà employée à l’Assemblée nationale en 2014 au sujet des chrétiens d’Orient, déplorant que les massacres se répètent dans l’indifférence générale.

    La coalition armée « Alliance pour la survie »

    L’Éthiopie compte environ 139 millions d’habitants en 2026. Selon le dernier recensement national de référence, les Oromos représentent 34,5 % de la population et les Amharas 26,9 %. Sur le plan religieux, les chrétiens orthodoxes constituent 43,5 % de la population, les musulmans 33,9 % et les protestants 18,6 %. Aujourd’hui, les rivalités pour le contrôle des institutions et les conflits territoriaux exacerbent la fragmentation du pays.

    C’est dans ce contexte de recomposition des alliances armées que surviennent les massacres de chrétiens. Le 20 septembre 2026, sept mouvements armés ont annoncé la création de l’« Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie », une coalition que le gouvernement désigne sous le nom de « Tsimdo ». Elle réunit le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le mouvement national Fano de l’Amhara et l’Armée de libération oromo (OLA), ainsi que le Front national de libération de l’Ogaden, un mouvement afar, le Mouvement de libération du Benishangul et le Mouvement gumuz.

    Cette alliance, qui affiche l’intention de renverser le gouvernement pour mettre en place une administration de transition, fait courir le risque d’une intensification majeure des affrontements. Elle est d’autant plus singulière que le TPLF et les milices Fano s’étaient affrontés dans des camps opposés pendant la guerre du Tigré (2020-2022), avant de s’unir aujourd’hui contre le Premier ministre Abiy Ahmed. Les autorités éthiopiennes accusent l’Érythrée de soutenir militairement et financièrement cette coalition, ce que l’Érythrée dément. Les relations entre Addis-Abeba et Asmara se sont fortement détériorées : l’Érythrée n’a pas signé l’accord de paix de Pretoria et s’oppose frontalement aux ambitions de l’Éthiopie d’obtenir par la force un accès souverain à la mer, dont elle est privée depuis l’indépendance érythréenne en 1993.

    Une réponse internationale insuffisante

    Le mandat de la Commission internationale d’experts des droits de l’homme sur l’Éthiopie de l’ONU a pris fin en octobre 2023, privant la communauté internationale d’un outil d’enquête indépendant essentiel. Face à ce vide, la passivité des partenaires internationaux interroge : comment peuvent-ils continuer à soutenir financièrement le pouvoir éthiopien sans exiger de stricts mécanismes de responsabilité ?

    L’Union européenne maintient en effet sa coopération financière avec une enveloppe d’environ 650 millions d’euros pour la période 2024-2027, et a relancé un soutien budgétaire direct de 140 millions d’euros en avril 2026. En parallèle, le FMI a approuvé un programme de 3,4 milliards de dollars, dont l’Éthiopie a déjà touché 2,65 milliards. La Banque mondiale soutient elle aussi les réformes économiques à hauteur de plusieurs milliards de dollars.

    Sur le plan diplomatique et militaire, le régime d’Abiy Ahmed profite de la Realpolitik globale. Son intégration officielle au sein des BRICS en janvier 2024 lui offre un bouclier politique commode. De leur côté, les États-Unis ont levé en septembre 2026 l’état d’urgence et certaines sanctions financières, Washington craignant qu’en isolant Addis-Abeba, la Corne de l’Afrique ne bascule totalement sous l’influence de Pékin et de Moscou. Abiy Ahmed a annoncé le 28 octobre 2026 la réception par l’Éthiopie de douze avions de combat Su-35 ainsi que de systèmes de défense S-400, achetés à la Russie.

    Face aux attaques répétées contre les civils, et en particulier contre les chrétiens, les autorités éthiopiennes ont la responsabilité première de protéger toutes les communautés vivant sur leur territoire, sans aucune discrimination. La communauté internationale doit exiger l’accès aux zones de conflit, soutenir des enquêtes indépendantes, protéger les témoins et veiller à ce que les auteurs de ces crimes soient traduits en justice. Les partenaires économiques de l’Éthiopie ont le devoir de s’assurer que leur coopération financière ne contribue pas à aggraver les violations commises, et doivent impérativement subordonner leur aide à des exigences claires en matière de droits de l’homme.

  • Horion-Hozémont (Liège), 12 novembre : Conférence exceptionnelle du P. Joël Guibert, « La Providence : un Dieu si proche ! »

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    Conférence exceptionnelle du P. Joël Guibert, « La Providence : un Dieu si proche ! »

    Ce jeudi 12 novembre à 20h au Sanctuaire de l'Enfant Jésus de Prague à Hozémont

    La conférence indispensable pour retrouver le sens profond de votre engagement en Église. La fatigue, les responsabilités ou les nombreux projets pastoraux pèsent parfois lourd sur vos épaules? Alors cette conférence est faite pour vous!

    Prêtre du diocèse de Nantes, le P. Joël Guibert est détaché par son Evêque pour animer des retraites spirituelles. Auteur très apprécié, il est aussi l'un des témoins ayant participé au film Sacré-Cœur

    Sanctuaire de l'Enfant Jésus de Prague, place du Doyenné 24 à 4460 Horion-Hozémont

    Une question? [email protected] •

    Tél. 04 250 10 64

    https://jesusdeprague.be

    https://perejoel.com

  • Une réédition attendue : "Deviens ce que tu es; Léon notre fils" (Marcel et Marie De Corte)

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    Deviens ce que tu es : Léon, notre fils 1937-1955

    27 mars 1937. En ce samedi saint enneigé, Léon voit le jour. C’est un garçon joyeux qui dès son plus jeune âge est attiré par la beauté qui l’entoure. Beauté mise par Dieu dans la nature, dans la musique et dans l’art ; beauté qu’il trouve aussi dans l’amour qu’il porte à sa famille. En août 1947, alors qu’il est à peine âgé de dix ans, il est frappé par la maladie. Celle-ci le paralyse et l’oblige à rester au lit pendant de longues heures. Désormais, c’est par un effort incessant qu’il parvient à respirer. Sans cesse il lutte pour vivre. Malgré cette épreuve qui pourrait détruire ses rêves et ses plus hauts désirs, Léon parviendra-t-il à garder sa joie d’enfant et cet intérêt pour tout ce qui grandit l’homme et l’élève vers son Créateur ? Écoutons-le nous répondre : « Vivons dans la joie, la joie même dans les ennuis, même quand on est triste. Il faut toujours sourire. »

    Voici 70 ans que Marcel et Marie De Corte publiaient leur émouvant témoignage sur l’ascension fulgurante du jeune Léon, leur fils, dont la poliomyélite semblait devoir ruiner la vie et qui avait trouvé le secret d’un épanouissement magnifique.

    L’ouvrage n’était malheureusement plus disponible. Cette nouvelle édition répond donc à un besoin et une demande de la part d’un public varié, surtout d’éducateurs de la jeunesse, désireux de pouvoir lui proposer ce modèle toujours actuel de joie et de courage, en dépit des difficultés apparemment les plus insurmontables. Le texte demeure celui de 1956, augmenté de courtes notices biographiques et historiques ou de brèves explications de la géographie ou du système scolaire belges qui pourraient déconcerter le lecteur étranger. Cette édition anniversaire est enrichie d’un cahier de photographies préparé tout exprès par le dernier frère de Léon De Corte."

  • L"intention de prière su Pape pour le mois de novembre : «pour un bon usage de la richesse»

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    D'Augustine Asta sur Vatican News :

    En novembre le Pape prie «pour un bon usage de la richesse»

    L’intention de prière de Léon XIV pour ce mois de novembre a été rendue publique ce mardi. Le Saint-Père invite l’Église universelle à prier afin de se rappeler et d’approfondir la conviction qu’«en partageant, nous construisons l’avenir». «Rien ne nous appartient en propre, tout est un don à partager», affirme Léon XIV, implorant aussi l’Esprit Saint afin de «nous enseigner à utiliser ce que nous possédons –argent, temps, talents, opportunités– comme des instruments de fraternité».

    Selon le Global Wealth Report 2026 d’Allianz, le patrimoine financier des ménages a atteint un niveau historique en 2025, s’élevant à 268 400 milliards d’euros, soit une progression de 8,6% par rapport à l’année précédente. Mais derrière cette performance record: la croissance de la richesse reste inégalement répartie. Depuis 2020, le patrimoine des ménages les plus fortunés progresse en effet à un rythme nettement supérieur à celui de la personne moyenne, accentuant ainsi les disparités économiques.

    Dans un monde où les pauvres sont de plus en plus nombreux, alertait Léon XIV dans sa première exhortation apostolique Dilexi te, on voit donc se développer «certaines élites de riches, qui vivent dans une bulle très confortable et luxueuse». Le Pape avait prévenu notamment que cette situation alimente une culture du déchet, qui tolère avec indifférence que des millions de personnes vivent dans des conditions indignes.

    «Pour un bon usage de la richesse»

    Dans ce contexte de grand paradoxe, pour ce mois de novembre, Léon XIV consacre ainsi son intention de prière du mois au «bon usage de la richesse». «Seigneur de la vie, tout ce que nous avons vient de Toi: la terre fertile, les talents reçus, les efforts de ceux qui nous ont précédés. Rien ne nous appartient en propre, tout est don partagé», déclare le Pape en début de sa prière. Le Souverain pontife reconnaît ensuite que la richesse, «désirée ou acquise», «durcit notre cœur» mais aussi «nous enferme dans l’égoïsme et nous fait oublier les plus fragiles». 

    L’accumulation des richesses

    Dans son Message pour la Xe Journée Mondiale des Pauvres, qui sera célébrée le 15 novembre 2026 sous le thème "Le Seigneur est le refuge du pauvre", le Pape oppose l’obsession de ceux qui accumulent des richesses pour eux seuls à la détermination de Dieu, qui ouvre les cœurs et accueille. «Avons-nous conscience de notre pauvreté et la préférons-nous à la richesse injuste? Allons-nous jusqu’aux lieux où se trouvent les pauvres, en faisant l’expérience de leur marginalisation? Écoutons-nous leurs pensées et partageons-nous leurs espérances?», propose le Souverain pontife en guise d’un examen de conscience. 

    «Un cœur détaché transforme le monde»

    Le Saint-Père, dans son intention de prière du mois de novembre, demande donc pardon «pour avoir accumulé au lieu de partager, pour avoir utilisé les biens comme un pouvoir et non comme un service». Le Pape insiste ainsi sur le fait que la véritable richesse «ne réside pas dans ce que nous gardons, mais dans ce que nous donnons avec amour». «Un cœur détaché transforme le monde: il ouvre des chemins de justice, abaisse les murs de l’indifférence, sème l’espérance parmi les pauvres», poursuit encore le Souverain pontife.

    Dans sa prière Léon XIV implore aussi l’Esprit Saint afin de «nous enseigner à utiliser ce que nous possédons –argent, temps, talents, opportunités– comme des instruments de fraternité». Par ailleurs le Saint-Père souhaite «que chaque décision économique, familiale ou communautaire naisse d’un cœur libre, capable de reconnaître que tout bien est commun et que c’est seulement en partageant que nous bâtissons l’avenir.»

    “Fais de nous des témoins d’une richesse devenue service et miséricorde, pour que notre vie, unie à celle des autres, soit signe de ton Royaume de justice et de paix.”

    Un «examen intérieur»

    Cette supplique de Léon XIV en ce mois de novembre rejoint celle de ces prédécesseurs. Déjà en mai 2021, le Pape François avait consacré son intention de prière au «monde de la finance», invitant à prier pour que les responsables du monde financier collaborent avec les gouvernements afin de réguler les marchés financiers et de protéger les citoyens des dangers qu’ils représentent.

    À l’occasion de la publication de l’intention du mois de novembre, le Père Cristóbal Fones, SJ, Directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, a souligné le fait qu’«il est important de faire un examen intérieur». Il invite donc à commencer «par rendre grâce pour tout ce que nous avons reçu comme un don et en sachant que, comme pour tout don, le Christ nous demande de le mettre au service des autres». Cela, conclut-il, «nous concerne tous, sans distinction».

  • Saint Charles Borromée, un évêque à la mode du concile de Trente (4 novembre)

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    Lors de l'Angelus du 4 novembre 2007, Benoît XVI évoquait... 

    ... Charles Borromée, archevêque de Milan (fêté le 4 novembre). Sa figure se détache au XVI e s. comme modèle de pasteur exemplaire par sa charité, sa doctrine, son zèle apostolique, et surtout, par sa prière : « les âmes, disait-il, se conquièrent à genoux ». Consacré évêque à 25 ans, il mit en pratique la consigne du concile de Trente qui imposait aux pasteurs de résider dans leurs diocèses respectifs, et il se consacra totalement à l’Eglise ambrosienne : il la visita de long en large trois fois ; il convoqua six synodes provinciaux et onze diocésains ; il fonda des séminaires pour la formation d’une nouvelle génération de prêtres ; il construisit des hôpitaux et destina les richesses de sa famille au service des pauvres ; il défendit les droits de l’Eglise contre les puissants, renouvela la vie religieuse et institua une congrégation nouvelle de prêtres séculiers, les Oblats. En 1576, lorsque la peste dévasta Milan, il visita les malades et les réconforta et il dépensa pour eux tous ses biens. Sa devise tenait en un seul mot : « Humilitas ». L’humilité le poussa, comme le Seigneur Jésus, à renoncer à lui-même pour se faire le serviteur de tous.

    Saint Charles Borromée
    Archevêque de Milan (+ 1584) (source)

    Vie et œuvre
    «Cardinal et archevêque, restaurateur de la discipline ecclésiastique, né le 2 oct. 1538 au château d’Arona (Milanais), d’une illustre maison de Lombardie; mort le 3 nov. 1584; canonisé en 1610 par Paul V , fête le 4 novembre. Dès l'âge de douze ans, il était bénéficiaire d'une riche abbaye considérée comme héritage de sa famille; il en reçut une autre et un prieuré résignés en sa faveur par le cardinal de Médicis, son oncle maternel, qui devint le pape Pie IV (1559-1566). Il n'avait guère que vingt-deux. ans, lorsque ce pape le fit cardinal (1560); il fut chargé, en cette qualité, de l’administration des Romagnes et de la marche d'Ancone, de la protection des nations étrangères, Portugal, Suisse et Pays-Bas, et de l'inspection générale des franciscains, des carmélites et des chevaliers de Malte. Son influence sur son oncle fit accélérer les travaux du concile de Trente, retardés par la résistance que la cour de Rome opposait aux mesures destinées à la réformer un peu elle-même. Après le concile, il prit une part importante à la composition du célèbre catéchisme connu sous des noms divers, Catechismus Tridentinus, Catechismus Romanus, Catechisnaus ad parochos. Il institua au Vatican une académie composée d'ecclésiastiques et de laïques; il y faisait le soir des conférences, qui furent publiées sous le titre Noctes Vaticanae. En 1562, pressé par sa famille de se marier, il entra dans les ordres sacrés, reçut la prêtrise et se fit consacrer évêque; mais ce fut seulement en 1565 que le pape lui permit de résider dans son diocèse de Milan. Nommé archevêque de Milan en 1564, il se démit de toutes ses autres charges pour aller résider dans son diocèse ; il y donna l'exemple de toutes les vertus et rétablit partout la discipline. Il s'employa à y appliquer les mesures de réforme prises au concile. Depuis lors, il ne cessa jamais d'y demeurer et ouvrit un séminaire pour améliorer la formation du clergé.

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  • Saint Charles Borromée, modèle des évêques et restaurateur de la discipline ecclésiastique (4 novembre)

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    Saint Charles Borromée
    Archevêque de Milan (+ 1584) (source)

    Vie et œuvre
    «Cardinal et archevêque, restaurateur de la discipline ecclésiastique, né le 2 oct. 1538 au château d’Arona (Milanais), d’une illustre maison de Lombardie; mort le 3 nov. 1584; canonisé en 1610 par Paul V , fête le 4 novembre. Dès l'âge de douze ans, il était bénéficiaire d'une riche abbaye considérée comme héritage de sa famille; il en reçut une autre et un prieuré résignés en sa faveur par le cardinal de Médicis, son oncle maternel, qui devint le pape Pie IV (1559-1566). Il n'avait guère que vingt-deux. ans, lorsque ce pape le fit cardinal (1560); il fut chargé, en cette qualité, de l’administration des Romagnes et de la marche d'Ancone, de la protection des nations étrangères, Portugal, Suisse et Pays-Bas, et de l'inspection générale des franciscains, des carmélites et des chevaliers de Malte. Son influence sur son oncle fit accélérer les travaux du concile de Trente, retardés par la résistance que la cour de Rome opposait aux mesures destinées à la réformer un peu elle-même. Après le concile, il prit une part importante à la composition du célèbre catéchisme connu sous des noms divers, Catechismus Tridentinus, Catechismus Romanus, Catechisnaus ad parochos. Il institua au Vatican une académie composée d'ecclésiastiques et de laïques; il y faisait le soir des conférences, qui furent publiées sous le titre Noctes Vaticanae. En 1562, pressé par sa famille de se marier, il entra dans les ordres sacrés, reçut la prêtrise et se fit consacrer évêque; mais ce fut seulement en 1565 que le pape lui permit de résider dans son diocèse de Milan. Nommé archevêque de Milan en 1564, il se démit de toutes ses autres charges pour aller résider dans son diocèse ; il y donna l'exemple de toutes les vertus et rétablit partout la discipline. Il s'employa à y appliquer les mesures de réforme prises au concile. Depuis lors, il ne cessa jamais d'y demeurer et ouvrit un séminaire pour améliorer la formation du clergé.

    C'est avec raison que Charles Borromée a été appelé le modèle des évêques et le restaurateur de la discipline ecclésiastique: il a fait constamment preuve en son épiscopat d'une vertu, d'une science, d'un renoncement et d'une persévérance qui justifient complètement ces titres. Pendant la famine de 1570 et la peste de 1576, il déploya une activité, une charité et un dévouement auxquels l'histoire a gardé une place. Le rétablissement de la discipline était une œuvre fort difficile en cette province ecclésiastique de Milan dont les archevêques, depuis près de quatre-vingts ans, ne restaient plus en leur résidence. Non seulement Borromée donna le premier et le plus haut exemple de la réforme, la poussant pour lui-même jusqu'à l'ascétisme le plus rigoureux, non seulement il visitait vigilamment ses paroisses ; mais il tint six conciles provinciaux et onze synodes diocésains et il institua un conseil permanent, pour pourvoir à l'application des règlements du concile de Trente. Les témoignages de ses efforts se trouvent dans le volumineux recueil des actes de ces conciles: Acta Nediolanensis Ecclesiae (Milan, 1582, 1 vol., et 1599, l vol. in-fol. ; Lyon, 1682, 2 vol. in-fol.; Bergame, 1738, tl vol.). Il fonda, en outre, plusieurs séminaires et établit la congrégation des Oblats, voués à s'offrir et à se porter partout où les besoins de l'Église les réclamaient. Ces réformes ne s'accomplirent point sans de vives résistances de la part des évêques suffragants déshabitués de la résidence, de la part du chapitre de la Scala se prévalant de ses privilèges, de la part des prêtres et des moines accoutumés au relâchement. Un religieux de l'ordre des Humiliés tira même sur l'archevêque devant l'autel un coup d'arquebuse, qui ne fit qu'effleurer la peau. Borromée triompha de toutes les oppositions.

    Étendant aussi son activité sur la Suisse, il fonda à Milan un séminaire helvétique destiné à former des prêtres imbus des doctrines romaines, et il travailla à une ligne qui ne se réalisa qu'après sa mort : elle prit le nom de Ligue d'Or ou Ligue de Borromée et fut contractée en oct. 1586, par les cantons catholiques : ils s'engageaient à prendre les armes contre tous ceux qui toléreraient l'hérésie sur leur territoire.

    En une grande partie de son œuvre, Borromée paraît avoir suivi les inspirations des jésuites: il leur avait fait des donations considérables, et fondé pour eux un superbe collège à Milan; il leur avait procuré des maisons à Lucerne, à Fribourg et ailleurs; Ribéra, son confesseur, était un jésuite. Cet homme, en qui il avait la plus grande confiance, fut convaincu de pédérastie, et il fut démontré que d'autres pères du collège de Milan cultivaient le même vice. Borromée n’hésita pas à prendre les mesures nécessitées par ces faits et par les empiétements des jésuites. Ceux-ci résistèrent et se liguèrent avec ses ennemis. Il s'ensuivit des conflits et un procès à Rome, dont l'issue fut favorable à Borromée, qui alla plaider lui-même sa cause. En 1697, une statue colossale lui a été élevée à Arona.»

  • Saint Charles Borromée et la crise de l'Église : une leçon pour notre temps

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    D'InfoVaticana :

    Saint Charles Borromée et la crise de l'Église : une leçon pour notre temps

    4 novembre 2025

    Aujourd'hui, 4 novembre, l'Église célèbre la mémoire liturgique de saint Charles Borromée, l'un des grands réformateurs du XVIe siècle et un modèle de pasteur catholique.

    À une époque de crise doctrinale, morale et disciplinaire, où le protestantisme fragmentait l'Europe et où la corruption interne minait l'autorité ecclésiastique, ce jeune cardinal milanais sut transformer la réforme en un acte de sainteté et d'héroïque fidélité à l'Évangile.

    Cinq siècles plus tard, au milieu de nouvelles turbulences et d'un climat ecclésial marqué par la confusion, sa figure brille à nouveau d'une force prophétique : l'Église ne se renouvelle pas par des débats ou des structures, mais par la conversion et la croix.

    Un évêque né pour les temps difficiles

    Charles Borromeo naquit en 1538 dans une famille noble d'Arona, en Italie du Nord. Dès son plus jeune âge, il fit preuve d'une profonde piété et d'une intelligence précoce. Il étudia le droit canonique à l'université de Pavie et, à l'âge de 22 ans, fut convoqué à Rome par son oncle, le pape Pie IV (Giovanni Angelo Medici), qui le nomma cardinal et secrétaire d'État.

    C'était une période tumultueuse : Martin Luther avait entamé sa rébellion à peine vingt ans auparavant, et une grande partie de l'Europe était plongée dans le schisme et les guerres de religion. L'Église avait un besoin urgent de réforme, non pas dictée par les princes ou les humanistes, mais venant de l'intérieur, du cœur de ses pasteurs.Borromée participa activement à la phase finale du concile de Trente (1562-1563), où il se distingua par sa clarté doctrinale et son impulsion en faveur de la création de séminaires diocésains. Il ne chercha pas de compromis avec les erreurs du protestantisme, mais œuvra plutôt à purifier l'Église pour la rendre plus fidèle au Christ.

    À la mort de son frère, il hérita du domaine familial et, désormais libéré de ses obligations civiles, fut ordonné prêtre en 1563 et consacré archevêque de Milan l'année suivante. Il n'avait que 25 ans.

    Trente incarné : la réforme venue de l'autel

    À son arrivée à Milan, le diocèse était sans évêque résident depuis plus de quatre-vingts ans. Le clergé était relâché, de nombreuses paroisses manquaient de catéchèse et la vie chrétienne était en déclin.
    Saint Charles entreprit alors un renouveau radical : il visita chaque paroisse, réforma les monastères, imposa la résidence des prêtres et exigea que le culte divin soit célébré avec dignité.

    En 1564, il fonda le Grand Séminaire de Milan , suivant les préceptes du concile de Trente, et peu après, il établit des petits séminaires pour former les jeunes hommes appelés à la prêtrise. Sa conviction était inébranlable :

    « Un prêtre ignorant est le plus grand ennemi de l’Église. »

    Il réorganisa la catéchèse paroissiale, encouragea la création d'écoles de doctrine chrétienne et publia un catéchisme diocésain qui servit de modèle à toute l'Italie.

    Son zèle pour la liturgie le conduisit à restaurer le rite ambrosien, toujours célébré dans son diocèse, et à insister sur le recueillement lors des offices, convaincu que la beauté et l'ordre de l'autel reflètent la foi du cœur.

    Il dut faire face à la résistance d'une partie du clergé laxiste et de familles influentes, et fut même victime d'une tentative d'assassinat en 1569, lorsqu'un membre d'un ordre rebelle lui tira dessus alors qu'il priait. La balle l'effleura, mais il survécut et pardonna à son agresseur.

    Le berger qui n'a pas fui la peste

    En 1576 , une terrible épidémie de peste, la peste de Saint-Charles, ravagea Milan. Le gouverneur espagnol et de nombreux nobles abandonnèrent la ville.
    Borromeo, quant à lui, resta auprès de ses concitoyens. Il vendit tous ses biens pour venir en aide aux malades, organisa les soins médicaux, transforma des églises en hôpitaux de fortune et prit à cœur de nourrir des milliers de familles.Durant les mois les plus sombres, il parcourait les rues pieds nus, une corde autour du cou en signe de pénitence, portant le Saint-Sacrement pour bénir les mourants. Les chroniques rapportent qu'il menait des processions, les pieds ensanglantés, chantant des psaumes et des prières pour la fin de l'épidémie.

    Quand certains lui reprochaient de risquer sa vie, il répondait fermement :

    « Le berger n’abandonne pas son troupeau quand le loup rôde. »

    C’est durant ces années que naquit sa réputation de sainteté. Il n’était pas un réformateur de salon, mais un pasteur prêt à mourir pour son peuple. Son témoignage rappelait celui des grands saints des premiers siècles, lorsque les évêques étaient les premiers à venir en aide, à réconforter et à offrir l’espoir.

    La vraie réforme contre les fausses réformes

    Saint Charles Borromée n’a pas inventé une « nouvelle Église » ; il a réformé celle que le Christ avait fondée .
    Pour lui, la réforme ne consistait pas à « actualiser » la doctrine ni à l’adapter à l’esprit du temps, mais à revenir aux racines de l’Évangile avec pureté et fermeté.
    Il disait souvent :

    « On ne peut réformer l’Église si l’on ne se réforme pas d’abord soi-même. »

    Cette phrase résume l’essence même de tout renouveau authentique.
    Son exemple est aujourd’hui un antidote à la tentation contemporaine de confondre conversion et consensus .

    Tandis que certains ecclésiastiques contemporains promeuvent des « processus synodaux » ou de « nouvelles structures participatives », saint Charles nous rappellerait qu’aucune assemblée ne peut remplacer la sainteté personnelle, ni aucun document la fidélité à la vérité révélée.

    Sa vie démontre que l'Église ne se fortifie pas en dialoguant avec le monde, mais en réformant ses pasteurs et ses fidèles dans la foi, la prière et la pénitence.

    L'héritage d'un saint pour les temps de confusion

    Saint Charles Borromée mourut en 1584 à l'âge de 46 ans, épuisé par le travail, la pénitence et la maladie.
    Sur son lit de mort, il demanda à être appelé non pas « Votre Éminence », mais « pécheur ».

    Il fut canonisé en 1610 par le pape Paul V, et sa figure devint un symbole de l'évêque idéal : savant, austère, pieux et dévoué.

    Aujourd’hui, alors que nombreuses sont les voix qui appellent à la « réforme » de l’Église sans mentionner le péché ni la conversion, son exemple apparaît comme un avertissement lumineux : il n’y a pas de véritable réforme sans sainteté, ni de sainteté sans sacrifice.

    Sa vie rappelle aux pasteurs de tous les temps que la charité sans la vérité devient sentimentalité, et la vérité sans la charité, une dureté stérile.

    Saint Charles a su les unir : il enseignait avec clarté, corrigeait avec fermeté et aimait avec tendresse.

    Son message pour le XXIe siècle est simple et urgent :

    « Nous n’avons pas besoin d’inventer une nouvelle Église, mais d’être des saints dans celle que nous avons toujours eue. »