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  • Léon XIV : Tout est-il comme avant ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Tout est-il comme avant ?

    26 octobre 2026

    La nouvelle selon laquelle Léon XIV n’aura besoin d’aucun traitement supplémentaire pour son adénocarcinome est parvenue aux journalistes tard dans la soirée du 20 octobre, confirmant toutes les attentes.

    Après l’ablation d’un lobe pulmonaire, Léon XIV est prêt à revenir sur le devant de la scène et a déjà repris ses activités régulières, y compris les audiences privées et générales, envisageant avec confiance son voyage en Argentine, au Pérou et en Uruguay.

    Si tout continue à bien se passer sur le plan de la santé — et il y a toutes les raisons de croire que ce sera le cas —, l'opération pulmonaire n’aura été qu’une parenthèse, tandis que le pontificat se prépare désormais à affronter sa période la plus complexe.

    Comme toujours dans les moments complexes, les rumeurs et les commérages se multiplient.

    D'ici le mois de février, le pontife devra nommer les nouveaux préfets des dicastères pour les Laïcs, la Famille et la Vie ; pour les Causes des Saints ; pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens ; pour le Culte Divin ; et pour le Clergé.

    (Le Clergé est un cas un peu moins urgent, puisque le cardinal You, qui le dirige, fêtera ses 75 ans en novembre et que son mandat pourrait être prolongé).

    Les cardinaux à la tête des autres dicastères ont depuis longtemps dépassé l'âge de la retraite : Farrell a 79 ans, Semeraro 78 ans, Koch 76 ans et Roche 76 ans. Remplacer les principaux chefs de dicastères en peu de temps représente un changement de garde significatif, et le choix de leurs successeurs sera très révélateur.

    Plusieurs enjeux sont à prendre en compte.

    Le premier est la nécessité d'une « paix liturgique ». Le cardinal Roche a été l'« exécuteur » le plus actif de Traditionis custodes, le motu proprio de l'ère François qui a effacé les réformes de libéralisation de Benoît XVI (lesquelles permettaient une large utilisation des livres préconciliaires pour la célébration de la messe et d'autres sacrements et rites).

    Aujourd'hui encore, au terme de son mandat, Roche n'a pas manqué de défendre et de faire appliquer Traditionis custodes, utilisant parfois des termes durs à l'encontre de ceux qui préfèrent le rite traditionnel.

    Le numéro deux de Roche au Culte Divin (DDW) était l'archevêque Vittorio Francesco Viola, considéré comme un autre ennemi de la tradition, bien qu'il soit en réalité un célébrant doté d'une ars celebrandi rigoureuse, quoique néo-conciliaire. Mgr Viola a désormais été promu archiprêtre de la basilique Saint-Pierre et, au moins pour le moment, remplacé au DDW par le sous-secrétaire du dicastère, tandis que le cardinal Roche va prendre sa retraite.

    Le choix de Léon XIV pour diriger le dicastère des rites en dira long sur la manière dont il entend aborder la question liturgique.

    Depuis son élection, Léon XIV n'a pas ordonné de rupture radicale avec la ligne fixée par François. Léon a évité d'appliquer la politique avec toute la rigueur que permettrait la lettre de la loi, et il a parfois assoupli les restrictions. Au début du pontificat léonin, le nonce en Angleterre, Mgr Maury, avait fait savoir que les autorisations de célébrer selon l'ancien rite seraient accordées lorsqu'elles seraient demandées. Les participants au pèlerinage Paris-Chartres 2025 ont également déclaré avoir reçu un message du Pape, un geste de réelle sollicitude envers une communauté importante de fidèles attachés au culte traditionnel.

    Dans l'ensemble, Léon XIV ne semble pas vouloir renverser les décisions de son précesseur, mais il ne souhaite pas non plus créer ou perpétuer des tensions inutiles. Le profil du nouveau préfet du DDW fait l'objet de discussions : on parle d'un « outsider », un cardinal ou un archevêque n'appartenant pas à la Curie, quelqu'un capable d'adopter une approche équilibrée. En substance, cela marque la fin de l'ère du cardinal Roche et une évolution vers un plus grand équilibre entre les exigences des traditionalistes et celles du nouveau rite.

    L'avenir du dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie est plus difficile à définir, d'autant plus que le cardinal Farrell, qui jouit de la pleine confiance de Léon XIV, est également Camerlingue. Ici aussi, puisque le numéro deux du dicastère est un laïc, on s'attend à une nomination extérieure, peut-être une personnalité en retrait de la scène publique.

    Un deuxième thème concerne les éventuelles surprises (« spoilers »).

    François était connu pour prêcher le « Dieu des surprises » et gouvernait comme si le fait d'être le vicaire d'un tel Dieu sur Terre signifiait qu'il devait lui-même créer la surprise. Une partie du mandat de Léon XIV consiste précisément à apporter une certaine stabilité au gouvernement de l'Église. Cela dit, Léon s'est également montré capable de prendre des décisions surprenantes. À certains égards, son pontificat a rendu les spéculations futiles. De plus, il est impossible jusqu'à présent de définir un groupe de personnes réellement proches du Pape : on ne sait pas précisément qui l'aide à prendre ses décisions ni auprès de qui il s'informe.

    Cela tranche singulièrement avec le pontificat précédent.

    Le pape François faisait un usage intensif de conseillers dits « informels », et ce sont précisément eux qui propageaient des informations et des rumeurs permettant tantôt d'anticiper les prochains mouvements du pontificat, tantôt de créer une confusion encore plus grande. Léon XIV n'a pas recours à des conseillers informels, du moins pas de la même manière que François.

    Si le pontificat de François était informel — défini précisément par le rejet du protocole et de la tradition, par des nominations asymétriques (par exemple, il existe toujours un dicastère pour l'Évangélisation avec deux pro-préfets, un cardinal et un archevêque) et par la décision de ne pas distribuer les postes selon l'usage traditionnel —, le pontificat de Léon XIV est plus formel.

    Le pape François avait initié le processus synodal (et avait fini par l'ouvrir également aux non-évêques) ; Léon XIV a rétabli la pratique consistant à tenir de réguliers consistoires « de travail » pour les cardinaux. Le pape François fuyait certains symboles, comme la mozette ; Léon XIV a réintroduit la mozette (ainsi que quelques autres éléments). Le pape François évitait systématiquement de voyager dans les pays européens de longue tradition chrétienne ; Léon XIV a commencé par ceux-là. Le pape François n'est jamais revenu en Argentine ; Léon XIV retournera en Argentine, car il est juste de rendre hommage à la nation de son prédécesseur.

    Léon XIV fait preuve de respect pour les symboles, le protocole et la tradition. Il le fait cependant sans détruire l'héritage du pape François. Le processus synodal se poursuit, les groupes de travail publient leurs observations, et même la rencontre sur Amoris Laetitia, qui s'est achevée sans le Pape — alors hospitalisé —, dispose d'un document final (bien qu'il n'ait pas été publié car le Pape souhaite le voir en premier).

    Le troisième thème est de comprendre ce qu'implique ce « papauté formelle » de Léon XIV.

    Dans les mois à venir, plusieurs diocèses importants devront nommer un nouvel archevêque : Barcelone, Paris et Milan, où le mandat est déjà prolongé, et, à partir de l'année prochaine, Esztergom-Budapest, puisque le cardinal Erdő aura 75 ans et est déjà malade. À Londres, Léon XIV a choisi Richard Moth, une figure conservatrice peu connue en dehors de son île. À Prague, c'est Stanislav Přibyl qui a été choisi, un profil similaire à celui de Moth. On ignore si la même logique s'appliquera aux autres grandes métropoles. Surtout, on ne sait pas si Léon XIV attribuera à nouveau la barrette rouge de cardinal aux archevêques de ces grandes villes.

    Le quatrième thème concerne les choix de gouvernement. Le secrétaire d'État, le cardinal Pietro Parolin, fêtera ses 72 ans en janvier. Il lui reste trois années pleines avant d'atteindre l'âge de la retraite et il jouit généralement d'une grande estime auprès des chancelleries du monde entier. Il n'est pas un rival pour le Pape, et il est probablement injuste de le décrire comme déçu de ne pas être devenu pontife.

    Cependant, ses déclarations durant l'hospitalisation du Pape ont été mal reçues et jugées plutôt imprudentes. Parolin a parlé — de manière assez précipitée, il faut bien le dire — d'une « remodulation » du pontificat à la suite du diagnostic de cancer du Pape. Léon était encore à l'hôpital et l'on ne savait pas encore s'il aurait besoin d'autres traitements. D'un autre côté, il est également juste de noter que Parolin est lui-même un survivant du cancer et que — bien qu'il soit un diplomate chevronné et prudent — il a semblé nuancer ses propos au moment même où il les tenait.

    Ce moment pourrait tout de même être celui où le Pape décide de former une nouvelle équipe de gouvernement, et Parolin pourrait se voir proposer le rôle de Grand Maître de l'Ordre Équestre du Saint-Sépulcre.

    Une fois ces cases cochées, un consistoire sera probablement organisé pour créer de nouveaux cardinaux. Ce consistoire sera peut-être le moment où le pontificat de Léon XIV commencera véritablement.

  • La Mecque des origines, telle que la décrit la tradition musulmane, n'aurait jamais existé

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    D'Olivier Bonnassies sur la Sélection du Jour :

    La Mecque, ville imaginaire

    La Mecque, ville imaginaire : comment les califes ont inventé l'islam

    Synthèse n°2751

    21/10/2026

    Dans un bref et dense essai qui pourrait faire date, Odon Lafontaine et le collectif Nour Al Aalam défendent de manière très argumentée une thèse radicale : La Mecque des origines, telle que la décrit la tradition musulmane, n'aurait jamais existé. Préfacé par Robert M. Kerr (de l'Institut Inârah, à Sarrebrück), le livre croise climatologie, archéologie, philologie et synthétise les découvertes historiques des 50 dernières années, qui semblent converger.

    Premier constat : la Mecque de la tradition ressemble trait pour trait à Jérusalem et apparaît comme « son copié-collé ». Ville remontant à Adam, « centre du monde » et « mère des cités », reflet d'une cité céleste, lieu où Abraham aurait été appelé à sacrifier son fils, temple et lieu saint « interdit » à certains, vers lequel on prie et où on vient en pèlerinage depuis des temps immémoriaux, tout est pareil ; les rites se répondent aussi : crâne rasé, sept circumambulations, sacrifices pour la purification des péchés ; les noms de même : Bakkah rappelle la vallée de Bacca du psaume 84, sur la route des pèlerins vers Sion. Safa évoque le mont Sapha (nom hébreu du mont Scopus) ; Marwa, le mont Moriah ; les mots hajj et ‘umra semblent empruntés à l'hébreu et à l'araméen du pèlerinage au Temple, etc. Comment croire qu'une telle accumulation peut être une simple coïncidence ?

    Deuxième volet : le site lui-même, car une implantation sédentaire antique y apparait impossible. Au milieu d'un désert torride, sans fleuve ni source abondante, avec environ 130 mm de pluie par an, très irrégulierement, on ne pouvait pas développer d'agriculture à La Mecque. On n'y recense que quelques puits, mais à la seule force des bras, ils ne pouvaient fournir au mieux que 10 à 20 m³ par jour : de quoi abreuver peut-être 500 personnes et leurs bêtes, mais pas nourrir des troupeaux qui exigent des dizaines de km² de pâturages. Le lieu, censé avoir porté une implantation qui s'est développée jusqu'à devenir un centre de commerce, est en réalité très isolé, à une centaine de kilomètres et en contrebas (1300 m) de la route caravanière ancienne, à une époque où la voie maritime de la mer Rouge avait supplanté les caravanes, comme l'avait déjà relevé Patricia Crone. S'y ajoutent le silence absolu des dizaines de milliers de sources antiques connues alors que des bourgades voisines sont mentionnées, des inondations catastrophiques et l'absence de tout vestige préislamique malgré les excavations saoudiennes : une cité suppose des maisons, des routes, des tombeaux, des outils, des poteries, des artéfacts, des vestiges évidents d'une occupation ancienne. Mais il n'y a rien. Il n'y a également rien de creusé dans la roche à La Mecque, contrairement à toutes les autres cités du désert (Palmyre, Pétra, Madain Saleh, Éthiopie, etc.). Conclusion : il s'agissait d'un lieu de passage, éventuellement d'un campement saisonnier de pasteurs nomades. Mais il a été choisi. Pourquoi ?

    Une des clés possibles de l'énigme se trouve page 137, qui décrit une hypothèse de Robert Kerr s'appuyant sur les traditions rapportant qu'Ismaël et Agar sont enterrés au pied de la Kaaba. Plus précisément, juste à côté, dans le hijr Isma‘il délimité par un muret en demi-cercle, le hatim. Or l'islam réprouve la prière sur les tombes : cette tradition gênante a donc toutes les chances d'être antérieure à l'islam. Le plan d'ensemble, un quadrilatère prolongé d'une abside, évoque une petite basilique, tournée qui plus est vers la ville sainte de Jérusalem, avec la tombe sous l'autel, dans le sillage des sanctuaires bibliques élevés depuis sainte Hélène, mère de l'Empereur Constantin. Autour du puits de Zamzam et du modeste « sanctuaire d'Ismaël », que les Arabes voient comme leur patriarche et auquel venaient en pèlerinage, selon la tradition islamique, les rois arabes chrétiens, aurait pu naître la légende de La Mecque comme lieu d'Abraham, lieu de la révélation, et lieu que les califes ont ensuite revêtu des attributs de Jérusalem.

    Le livre affirme, par ailleurs, que la ville sainte décrite dans le Coran est en réalité Jérusalem et non La Mecque. Les auditeurs censément mecquois de la prédication coranique cultivent des oliviers, des vignes et des céréales ; ils pêchent en eau douce et salée ; ils passent matin et soir devant les ruines de Sodome et Gomorrhe (sourate 37) qui sont à 50 km de Jérusalem mais à plus de 1200 km de La Mecque… L'environnement général que décrit le livre n'est pas le Hedjaz. Autres éléments convergents : des sources juives et chrétiennes du VIIe siècle (attribuées à Sébéos, Jean Moschus, Anastase, Arculfe, etc.) décrivent des conquérants arabes, alliés à des Juifs, élevant un lieu de prière sur le mont du Temple à Jérusalem vers 638 puis une dissension entre arabes et juifs. La tradition islamique garde elle-même la trace d'une orientation de la prière d'abord vers Jérusalem, et le traditionniste al Tabari rapporte 250 ans après Mahomet que pendant plusieurs décennies le sacrifice d'Abraham concernait Isaac et Jérusalem avant que l'on en vienne à affirmer qu'il concerne Ismaël et La Mecque, comme le croient aujourd'hui tous les musulmans du monde. Le basculement s'est fait lentement : le Dôme du Rocher, premier bâtiment musulman, remplace vers 692 le lieu de culte judéo-arabe du mont du Temple ; les mosquées commencent à être orientées vers La Mecque à partir du VIIIe siècle seulement ; ce n'est qu'à partir du IXe siècle que les aqueducs de Zoubida apportent de l'eau en quantité suffisante pour permettre une implantation modeste à La Mecque, où jamais les califes n'auront l'idée d'installer leur capitale. Et les mentions non musulmanes explicites de La Mecque et du pèlerinage islamique sont plus tardives encore.

    Reste à comprendre qui a façonné cette Mecque fictive, et cela ne peut être que le pouvoir califal, dans son intérêt bien compris. 50 ans après Mahomet, Abd al-Malik (685-705) impose l'arabe à l'administration, frappe une monnaie arabe, se proclame « calife de Dieu » (vicaire, ou lieutenant de Dieu) et diffuse le Coran dans une forme quasi définitive. Après 750, les Abbassides, qui ont renversé ses descendants pour devenir les « califes de Dieu » à leur place, se proclament pour la première fois les « califes de l'envoyé de Dieu ». Ils font mettre par écrit la sîra, les hadiths et les traditions qui fixent à la Mecque la naissance du Prophète des siècles après les événements et à 1500 km de distance. Ces traditions tardivement imposées dessinent alors les contours d'une nouvelle religion impériale dotée de fondements propres : les Arabes, fils d'Ismaël, en nouveau peuple élu ; l'arabe en langue sacrée ; le Coran comme révélation divine ; le Prophète, récipiendaire de la révélation, fondateur de l'État islamique, et ses successeurs : les califes ; la Mecque en ville sainte. Le tout au service d'un pouvoir régnant « au nom de Dieu », exigeant de tous une « soumission » tant religieuse que politique, et s'appropriant pouvoir, richesses, femmes et esclaves.

    C'est ainsi donc que l'islam apparaît davantage comme une création des hommes que comme une révélation de Dieu. L'enquête très documentée de l'auteur, Odon Lafontaine, et du collectif Nour-Al-Aalam avec notamment Bruno Guillot, ainsi que Robert Kerr, a été jugée très positivement par Rémi Brague dans une interview récente : « Ce livre, ce n'est pas du tout une plaisanterie. C'est du sérieux. Il se fonde sur des travaux de gens extraordinairement compétents et assidus dans la recherche historique, philologique, archéologique, etc. » (12'15). La thèse est bien sûr ouverte à la contradiction : les auteurs invitent les lecteurs à leur adresser leurs objections (cf. notre sélection) et appellent de leurs vœux un grand débat afin d'évaluer, de préciser et de faire connaître à tous les avancées et conclusions établies par la recherche aujourd'hui.

    À retenir
    • Le site de La Mecque ne présente aucune trace archéologique convaincante d'une cité antique sédentaire, il est trop aride et isolé pour accueillir le centre commercial et religieux décrit par la tradition musulmane et le nom de La Mecque n'est mentionné dans aucune carte ou aucune texte antique, contrairement à toutes les autres villes du Moyen-Orient et même à de petits bourgades voisines, ce qui est curieux pour une ville censée être le  « centre du monde » et la « mère des cités ». 
    • La Mecque de la tradition islamique apparaît par ailleurs comme un « copié-collé » de Jérusalem, dont elle reprend toutes les caractéristiques, les rites et les références bibliques. Les descriptions de la ville sainte décrite dans le Coran correspondent parfaitement à Jérusalem également. Et dans les premiers temps de l'islam, l'orientation de la qibla (direction de la prière) et du lieu du sacrifice d'Abraham ont été progressivement transférés de Jérusalem à La Mecque.
    • Pourquoi ce lieu a-t-il été choisi par les califes ? L'explication la plus convaincante est qu'il s'agissait à l'origine d'une lieu de mémoire du patriarche Ismaël, en qui les arabes voient leur ancêtre, et de sa mère Agar. Une petite basilique chrétienne tournée vers Jérusalem dont on voit encore les traces (cf. pages 137 et 138 du livre) aurait été édifiée sur leurs tombeaux et dans les deux premiers siècles de l'islam le mythe de La Mecque a été à partir de là gonflé et calqué sur Jérusalem. 
    • L'étude conclut que l'islam, tel qu'il s'est constitué historiquement, apparait comme une construction politico-religieuse des califes dans leur intérêt bien compris, plutôt qu'une révélation divine : une thèse corroborée par de nombreuses recherches historiques modernes, qui appelle bien évidemment dans les mois et années qui viennent un débat scientifique contradictoire.
    La sélection
     
  • Croire en Dieu ne fait pas nécessairement de moins bon scientifiques

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    Une chronique de Rik Torfs parue sur le site de La Libre en contribution externe :

    Non, croire en Dieu ne fait pas nécessairement de moins bon scientifiques. L'inverse est-il vrai?

    À chacun de mes séjours aux États-Unis, je suis frappé par l'importance qu'y occupe la religion. Les gens n'hésitent pas à afficher leur foi. Contrairement à ce qui se passe souvent en Belgique. Je pense que les scientifiques croyants parviennent souvent à un équilibre personnel qui ne peut que renforcer leur travail et leur réflexion.

    20-10-2026

    Une chronique" J'assume" de Rik Torfs, professeur de droit canonique, écrivain, recteur honoraire de la KU Leuven

    Les Américains sont peut-être devenus un peu moins religieux au cours des décennies récentes, même si cette évolution semble s'être interrompue ces dernières années. Pourtant, à chacun de mes séjours aux États-Unis, je suis frappé par l'importance qu'y occupe la religion. Les gens n'hésitent pas à afficher leur foi. Contrairement à ce qui se passe souvent en Belgique, et certainement en Flandre, cela ne leur vaut aucune perte de statut social.

    Les États-Unis seraient-ils donc à la traîne d'une Europe plus éclairée ? Sur le plan scientifique, certainement pas. En matière de technologie, les grandes innovations, de l'ordinateur à l'intelligence artificielle, ne viennent pas de l'Europe éclairée, mais de l'Amérique religieuse. Croire en Dieu ne fait donc pas nécessairement de moins bon scientifiques, contrairement à une idée qui, aujourd'hui encore, reste répandue, souvent de manière implicite. Faut-il en conclure que l'inverse est vrai ? Je me garderai bien de l'affirmer. Je pense néanmoins que les scientifiques croyants parviennent souvent à un équilibre personnel qui ne peut que renforcer leur travail et leur réflexion.

    La théorie des deux voies selon Lemaître

    Georges Lemaître, le célèbre astronome et cosmologiste, était prêtre. C'est à lui que l'on doit la théorie des deux voies vers la vérité. La voie scientifique permet de découvrir les vérités physiques, tandis que la voie spirituelle mène au salut. Le seul lien entre les deux est le scientifique lui-même, lorsqu'il choisit d'emprunter simultanément ces deux chemins.

    La démarche proposée par Lemaître ne peut évidemment être imposée à personne : la foi est une grâce. Mais elle constitue un excellent rempart contre le fondamentalisme. Celui qui cherche dans la religion une explication scientifique aux mystères de l'univers ne la trouvera pas. Il risque de prendre les textes religieux au pied de la lettre et de ne tolérer aucune contradiction dans leur interprétation, de peur de voir sa vision du monde remise en cause.

    Il en va de même pour celui qui attend tout de la science. Si celle-ci se confond avec la réalité, elle doit tôt ou tard être capable d'en percer tous les secrets. Mais la réalité se révèle récalcitrante. L'un des problèmes auxquels se heurte la recherche scientifique est celui de la reproductibilité : une étude menée selon une méthodologie apparemment rigoureuse aboutit-elle à des résultats identiques, ou du moins comparables, lorsqu'elle est reproduite ? Ce n'est pas toujours le cas, notamment dans la recherche médicale. Mais c'est surtout dans les sciences humaines, comme la psychologie, que le problème se pose avec une acuité particulière. Les ambitions scientifiques sont grandes, alors même que la reproductibilité des résultats laisse régulièrement à désirer.

    Se préserver du fanatisme

    Sans vouloir généraliser, il existe bel et bien des similitudes entre les fondamentalistes religieux et les fondamentalistes scientifiques. Les uns comme les autres n'empruntent qu'une seule voie. À leurs yeux, il est inconcevable que celle-ci puisse parfois se révéler inefficace, voire les entraîner sur une fausse piste. C'est précisément pour cette raison qu'ils la défendent bec et ongles. Et, paradoxalement, l'acharnement avec lequel ils le font finit par miner la crédibilité de leur démarche.

    Deux exemples. Il fut un temps où, dans les Églises protestantes en particulier, le récit de la Création faisait l'objet d'un fondamentalisme rigide. Il y a cent ans, le pasteur néerlandais Johannes Geelkerken fut exclu de son Église par le synode d'Assen pour avoir osé mettre en doute le fait que le serpent du livre de la Genèse ait réellement parlé à Ève.

    Aujourd'hui, quiconque ose poser ne serait-ce que des questions purement méthodologiques sur les recherches relatives au climat se voit aussitôt taxé de "négationniste scientifique". Toute question est une question de trop.

    Ces deux exemples illustrent les dangers du fondamentalisme. La colère qui l'accompagne trahit d'ailleurs un manque de confiance en soi chez ceux qui s'y abandonnent.

    La théorie des deux voies, telle que l'avait conçue Georges Lemaître, nous préserve du fanatisme de la voie unique, érigée en seule voie possible. Elle offre aussi à ceux qui empruntent deux chemins le plaisir de ne pas devoir trouver, à chaque question, une seule et unique réponse.

  • Qui a dit que les célébrations d'Halloween et la banalisation de l'ésotérisme étaient de simples divertissements inoffensifs ?

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    De BFM RMC :

    L'Église d'aujourd'hui du 24 octobre - Dangers d'Halloween et occultisme : le discernement du Père Jean-Baptiste Edart

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    Qui a dit que les célébrations d'Halloween et la banalisation de l'ésotérisme étaient de simples divertissements inoffensifs ? À la veille de la Toussaint, alors que la culture contemporaine célèbre les ombres et la mort, les chrétiens sont invités au discernement face à l'ouverture de portes sur le monde occulte. Entre fascination pour la peur et tactiques du Malin, comment garder le cap de la foi ?

    Pour répondre à ces questions, Matteo Ghisalberti reçoit dans cet épisode le Père Jean-Baptiste Edart, doyen de la faculté de théologie de l'Université Catholique de l'Ouest et spécialiste de démonologie, auteur des ouvrages Le diable dans ses œuvres et Le diable et ses pièges (aux Éditions Artège). Un entretien sans concession pour décrypter les pièges de l'invisible et retrouver les véritables remparts spirituels.

    L'Église d'aujourd'hui est une émission qui invite à découvrir les mille visages des chrétiens de nos jours. Présentée par son auteur, Matteo Ghisalberti, et proposée par le diocèse de Monaco, elle est diffusée sur RMC le samedi à minuit, après l'After Foot.

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