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  • L'Église orthodoxe éthiopienne dénonce le meurtre d'au moins 60 fidèles en Oromia

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    D'InfoVaticana :

    L'Église orthodoxe éthiopienne dénonce le meurtre d'au moins 60 fidèles en Oromia.

    Le Saint-Synode appelle le gouvernement à condamner les attaques perpétrées à Merti et Shirka, dans la région d'Arsi ; aucune revendication n'a été faite et un responsable local évoque une alliance rebelle.

    Le Synode a qualifié les meurtres d’ « acte d’une extrême cruauté et de souffrances tragiques infligées à nos citoyens » , selon la traduction de notre rédaction, et a affirmé que ces violences violent les garanties constitutionnelles du droit à la vie et de la liberté religieuse et menacent la tradition éthiopienne de coexistence pacifique entre les différentes confessions. L’Église orthodoxe a appelé le gouvernement à condamner publiquement les attaques , à renforcer la protection des civils et à traduire les responsables en justice, et a exigé des forces de sécurité des mesures préventives pour éviter toute récidive. Elle a également annoncé qu’elle solliciterait des rencontres avec de hauts responsables gouvernementaux, a organisé des prières pour les victimes lundi et a ordonné à ses églises et monastères du monde entier d’organiser des offices en leur mémoire mardi, après la Divine Liturgie.

    Vatican News fournit des détails sur l'attaque de Shirka, qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche. Selon les témoins cités, les assaillants ont fait du porte-à-porte, tuant les voisins à l'aide d'armes à feu et de couteaux. Parmi les victimes figuraient des personnes âgées et des enfants. Une église a été endommagée et les temples des villages voisins ont servi de refuge aux personnes en fuite. La région est habitée par des musulmans, des protestants et des orthodoxes. Le bilan, précise Vatican News, est encore provisoire. L'agence EFE indique n'avoir pas été en mesure de vérifier ces chiffres de manière indépendante.

    Personne n'a revendiqué les attaques et le Synode n'a pas identifié les auteurs. Selon des médias locaux cités par Anadolu et Al Jazeera, un responsable local les a attribuées à une alliance rebelle récemment formée, incluant l'Armée de libération oromo (OLA), un groupe que le gouvernement éthiopien a qualifié d'organisation terroriste en 2021 et qui a nié à plusieurs reprises avoir attaqué des civils. Vatican News rapporte que les autorités pointent du doigt une coalition, qu'elles appellent « Tsimido », qui comprendrait également le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) et les milices amhara fano et qui, selon le gouvernement, cherche à le renverser et à attiser les tensions ethniques et religieuses. L'agence EFE rappelle que ces dernières années, des massacres ont été attribués à l'OLA, mais aussi que les forces gouvernementales ont été accusées de meurtres et de représailles contre des civils. Le gouvernement régional d'Oromia a promis de poursuivre les responsables.

    Les violences contre les civils dans cette région ne sont pas un phénomène nouveau. En juillet, le Conseil éthiopien des droits de l'homme a recensé au moins 432 civils tués lors d'attaques ciblées dans l'est d'Arsi entre 2021 et le 1er juin de cette année, selon Al Jazeera. Fin mai et début juin, une dizaine de personnes ont péri dans une autre attaque survenue dans la même zone et attribuée par les autorités à l'Armée de libération oromo, d'après Vatican News. Le communiqué du Synode rappelle, selon l' agence EFE, que de nombreux fidèles avaient déjà été tués dans ce même secteur.

    L'Oromia est le plus grand État régional d'Éthiopie, avec environ quarante millions d'habitants. Les forces gouvernementales y combattent des groupes armés depuis des années. L'Église orthodoxe Tewahedo est la principale confession chrétienne du pays.

    La même semaine où neuf chrétiens ont été abattus lors de funérailles en Jordanie, l'Église orthodoxe d'Éthiopie pleure la mort de soixante fidèles tués dans leurs villages.

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    Lire aussi : Qui tue les chrétiens en Éthiopie ?

  • Les violences contre les chrétiens s'intensifient : le Rapport 2026 « Persécutés et Oubliés ? » de l'AED

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    Rapport « Persécutés et Oubliés ? » 2026 : Intensification des violences contre les chrétiens

    Communiqué de presse, Mareil-Marly, le 27 octobre 2026

    Dans son rapport bisannuel « Persécutés et oubliés ? » publié le 27 octobre 2026, l’AED alerte sur l’augmentation des attaques contre les chrétiens ces deux dernières années. Sur les 18 pays étudiés, plus de la moitié connaissent une dégradation de la situation.

    Fondée sur des témoignages de première main, des études de cas et des analyses nationales et régionales, le nouveau rapport Persécutés et oubliés ? examine les atteintes à l’encontre des chrétiens dans 18 pays*, entre le 1er juillet 2024 et le 30 juin 2026.

    Dans 55 % des pays étudiés, l’oppression des chrétiens s’est aggravée par rapport à la période 2022-2024. En cause, le durcissement de régimes autoritaires, la progression de groupes djihadistes et la montée de formes de nationalisme religieux hostiles aux minorités chrétiennes.

    Au Sahel et dans les pays voisins, les groupes djihadistes multiplient les attaques contraignant des communautés entières à fuir. Au Nigeria, au moins un million de chrétiens figurent parmi les plus de 3,5 millions de personnes déplacées. Au Mozambique, plus de mille chrétiens ont été tués par des groupes islamistes dans la province de Cabo Delgado. Au Soudan, la guerre civile et les persécutions aggravent une crise humanitaire majeure. Un prêtre a été assassiné et plus de 100 églises ont été détériorées ou détruites.

    En Chine, les autorités renforcent leur contrôle sur les communautés chrétiennes, alors qu’en Inde, le rapport recense plus de 700 cas de violences antichrétiennes en 2025. La multiplication des lois dites « anti-conversion » s’accompagne d’attaques contre des fidèles, de perturbations de célébrations et de dégradations d’églises. Au Pakistan, les chrétiens sont les cibles privilégiées de fausses accusations de blasphème. De nombreuses jeunes filles chrétiennes sont également enlevées, mariées et converties de force, et leur famille est bien souvent impuissante pour les sortir de ce piège.

    Au Nicaragua, les autorités poursuivent leur répression des communautés chrétiennes et ont été jusqu’à exiler le président de la Conférence des évêques locales.

    En Syrie, la population chrétienne a diminué de plus de 80 % depuis 2011, les attaques contre les minorités religieuses s’étant poursuivies après la chute du régime de Bachar el-Assad. Au Liban, les combats ont provoqué des déplacements massifs et fragilisé les communautés chrétiennes du sud du pays alors qu’en Iran, les arrestations de chrétiens ont doublé en douze mois.

    Aujourd’hui, selon l’AED, 413 millions de chrétiens vivent dans des pays où la liberté religieuse est gravement bafouée, dont environ 220 millions sont directement exposés à la persécution. Face à ce constat, l’association appelle à défendre la liberté religieuse comme droit fondamental, garanti par l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
    Elle réitère son engagement auprès des communautés chrétiennes persécutées par ses missions d’information et d’action sur le terrain à travers plus de 5000 projets/an dans 140 pays.

    « Le rapport « Persécutés et oubliés ? » de l’AED donne la parole à l’Église souffrante. Il nous rappelle que la persécution religieuse demeure, aujourd’hui encore, une douloureuse réalité pour des millions de chrétiens. »
    Peter Bhatti, frère de Shahbbaz Bhatti, ministre pakistanais assassiné en 2011.

    *Birmanie (Myanmar), Burkina Faso, Chine, Corée du Nord, Égypte, Érythrée, Inde, Iran, Irak, Mali, Mozambique, Nicaragua, Nigeria, Pakistan, Soudan, Syrie, Turquie et Vietnam.

  • Simon et Jude, apôtres obscurs

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    Source : Missel.free.fr

    Plût à Dieu, écrivait saint Jean Chrysostome, qu'il y eût eu quelqu'un pour nous transmettre soigneusement l'histoire des apôtres ! Ce vœu ne s'est pas réalisé pour saint Simon ni pour saint Jude dont l'Evangile ne nous a guère conservé que les noms.

    L'obscurité qui enveloppe saint Simon a semblé autoriser quelques historiens ecclésiastiques à le confondre avec saint Syméon, qui, après saint Jacques le Mineur, fut évêque de Jérusalem. Néanmoins il paraît plus probable qu'il faut distinguer l'un de l'autre les deux saints, rapprochés seulement par le nom.

    Dans la liste des Apôtres que nous ont transmise les évangiles de saint Matthieu et de saint Marc, Simon est nommé à l'avant-dernier rang, avec le surnom Cananæus. Beaucoup ont affirmé que ce surnom marquait peut-être le lieu de sa naissance, Cana ; de là à penser qu'il était l’époux des noces de Cana, il n'y avait pas loin, et certain n’ont pas manqué de le suggérer. Cependant, il semble bien que saint Luc donne le vrai sens de ce surnom, lorsqu'il qualifie Simon (placé par lui au dixième rang des apôtres), de Zelote, c'est-à-dire plein de zèle : en hébreu Qan'ani, d'où la transcription Cananæus.

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  • Les saints apôtres Simon et Jude (28 octobre)

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    Le mercredi 11 octobre 2006, lors de l'audience générale, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse aux apôtres Simon et Jude : 

    Simon le Cananéen et Jude Thaddée

    Chers frères et soeurs,

    Nous prenons aujourd'hui en considération deux des douze Apôtres:  Simon le Cananéen et Jude Thaddée (qu'il ne faut pas confondre avec Judas Iscariote). Nous les considérons ensemble, non seulement parce que dans les listes des Douze, ils sont toujours rappelés l'un à côté de l'autre (cf. Mt 10, 4; Mc 3, 18; Lc 6, 15; Ac 1, 13), mais également parce que les informations qui les concernent ne sont pas nombreuses, en dehors du fait que le Canon néo-testamentaire conserve une lettre attribuée à Jude Thaddée.

    Simon reçoit un épithète qui varie dans les quatre listes:  alors que Matthieu et Marc le qualifient de "cananéen", Luc le définit en revanche comme un "zélote". En réalité, les deux dénominations s'équivalent, car elles signifient la même chose:  dans la langue juive, en effet, le verbe qana' signifie:  "être jaloux, passionné" et peut être utilisé aussi bien à propos de Dieu, en tant que jaloux du peuple qu'il a choisi (cf. Ex 20, 5), qu'à propos des hommes qui brûlent de zèle en servant le Dieu unique avec un dévouement total, comme Elie (cf. 1 R 19, 10). Il est donc possible que ce Simon, s'il n'appartenait pas précisément au mouvement nationaliste des Zélotes, fût au moins caractérisé par un zèle ardent pour l'identité juive, donc pour Dieu, pour son peuple et pour la Loi divine. S'il en est ainsi, Simon se situe aux antipodes de Matthieu qui, au contraire, en tant que publicain, provenait d'une activité considérée comme totalement impure. C'est le signe évident que Jésus appelle ses disciples et ses collaborateurs des horizons sociaux et religieux les plus divers, sans aucun préjugé. Ce sont les personnes qui l'intéressent, pas les catégories sociales ou les étiquettes! Et il est beau de voir que dans le groupe de ses fidèles, tous, bien que différents, coexistaient ensemble, surmontant les difficultés imaginables:  en effet, Jésus lui-même était le motif de cohésion, dans lequel tous se retrouvaient unis. Cela constitue clairement une leçon pour nous, souvent enclins à souligner les différences, voire les oppositions, oubliant qu'en Jésus Christ, nous a été donnée la force pour concilier nos différences. Rappelons-nous également que le groupe des Douze est la préfiguration de l'Eglise, dans laquelle doivent trouver place tous les charismes, les peuples, les races, toutes les qualités humaines, qui trouvent leur composition et leur unité dans la communion avec Jésus.

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  • Saint Jude, apôtre et témoin véridique de la vie de Jésus

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    De l'abbé Vincent-Marie Thomas sur 1000 raisons de croire :

    L’apôtre saint Jude, témoin véridique de la vie de Jésus (+65)

    Saint Jude, nommé Thaddée, ce qui signifie en araméen (la langue du Christ) « valeureux » et « qui a du cœur » n’est que peu connu. C’est l’un des douze apôtres choisis par le Christ pour porter sa parole à toutes les nations. Une épître canonique, au ton viril, confirme la justesse de son surnom ; c’est le seul écrit que l’on possède de lui. Il est mort martyr, probablement en Arménie, nation qui revendique pour cette raison son patronage céleste. Il est fêté le 28 octobre.


    Les raisons d'y croire

    • Les éléments historiques de la vie de l’apôtre sont relatés par différentes sources textuelles : les Évangiles, ainsi que d’autres documents ultérieurs. Les évangélistes saint Marc et saint Matthieu citent un homme appelé « Thaddée » ( Mc 3,18 et Mt 10,3 ) dans les listes qu’ils établissent des douze apôtres qui ont entouré le Christ.
    • Saint Luc, dans son Évangile comme dans les Actes des Apôtres (chronique des actions des apôtres, qui commence après que le Christ les a quittés, le jour de l’Ascension, pour remonter auprès de son Père), parle de « Jude, fils de Jacques » ( Lc 6,16 et Ac 1,13 ). Les textes de la Sainte Écriture disent « Judas » mais on traduit « Jude » en français pour éviter l’équivoque. À cette occasion, l’évangéliste saint Luc distingue clairement saint Jude de Judas, qui trahit le Christ ( Lc 6,16 ). Saint Jean fait de même dans son Évangile : « Jude, non pas l’Iscariote... » ( Jn 14,22 ). Ces témoignages établissent bien l’existence de l’apôtre, appelé tantôt Thaddée tantôt Jude.
    • C’est d’ailleurs ce qu’écrit saint Jérôme († 420), traducteur des livres bibliques et pour cette raison fin connaisseur de l’histoire de la fondation de l’Église. Dans son Commentaire de l’épître aux Galates, il note que « l’apôtre Judas, qui n’est pas le traître » a pris le nom de Zélote « en vertu de son zèle insigne » (II, 4, 18). Dans sa Lettre contre Helvidius, il parle à nouveau de « Jude Zélote qui est dit Thaddée dans un autre Évangile » (no 15). Il l’appelle trinomus à cause de ses trois noms.
    • Le nom de Thaddée figure aussi au canon de la messe, dans la première liste des apôtres, après le Mémentodes vivants. Le canon a été composé à partir des traditions antiques, vers le IVe siècle.
    • Saint Jude a écrit une épître . Il s’y présente lui-même comme le « frère de Jacques » : il s’agit de Jacques le Mineur, qui était un cousin de Jésus-Christ. Leur père, Alphée, est en effet le frère de saint Joseph. Notons que le lien familial entre Jésus-Christ et Jude est bien réel, mais seulement spirituel, car saint Joseph n’est que le père putatif du Christ : la paternité de saint Joseph à son égard n’est que spirituelle. L’évêque Eusèbe de Césarée († 339), qui compose son Histoire ecclésiastique à partir d’une abondante documentation, y confirme que l’auteur de la dernière épître catholique est saint Jude (II, 23, 25 ; III, 25, 3 ; VI, 13, 6 et 14, 1).
    • Cette épître constitue un témoignage exact et fidèle de la Parole de l’Homme-Dieu, Fils éternel du Père des cieux et d’une femme, vierge, de cette terre, venu pour sauver les hommes du pouvoir du démon. Témoignage véridique, c’est-à-dire qui ne trompe pas, parce que vérifié par le support des souffrances de la persécution et de la mort du martyr.
    • « Lorsque le chœur sacré des apôtres eut succombé à divers genres de mort et qu’eut disparu la génération de ceux qui avaient été jugés dignes d’entendre de leurs oreilles la sagesse divine, alors l’erreur impie reçut un commencement d’organisation par la tromperie de ceux qui enseignaient une autre doctrine. Ceux-là, voyant qu’il ne restait plus aucun apôtre, jetèrent le masque et se mirent à opposer une science qui porte un nom mensonger à la prédication de la vérité » (Histoire ecclésiastique, III, 32, 7). Les écrits des apôtres sont donc une source incomparable, parce qu’autorisée et véridique, pour connaître la mission de Jésus-Christ ici-bas : sa vie toute divine, ses miracles et son message.
    • L’épître de saint Jude en est un précieux exemple. Les mots par lesquels il commence son épître en avertissent le lecteur : « Bien-aimés, j’avais la ferme intention de vous écrire au sujet du salut qui nous est commun ; or, me voici dans l’obligation de le faire pour vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux fidèles une fois pour toutes. Car il s’est infiltré parmi vous des individus qui sont marqués depuis longtemps en vue de ce jugement, des impies qui tournent la grâce de notre Dieu en prétexte à la débauche, et qui renient notre seul maître et Seigneur, Jésus-Christ » ( Jude 3 et 4 ). Saint Jude est bien porte-parole du Christ.

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    Saint Jean rapporte la question de Jude au Christ lors de la dernière Cène : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? » ( Jn 14,22 ). Pourquoi le Christ ressuscité depuis le jour de Pâques n’apparaît-il pas dans sa gloire à ceux qui se moquent de lui encore aujourd’hui ou nient même sa qualité divine ? Une telle manifestation n’entraînerait-elle pas aussitôt leur assentiment ? Peut-être est-il possible de répondre de prime abord que bien des miracles laissent de marbre les cœurs durs, c’est-à-dire les hommes fiers. D’autre part, sur cette terre, ce n’est pas dans sa puissance que le Christ entend être reconnu. Aussi répond-il de façon indirecte à l’interrogation de saint Jude : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de lui » ( Jn 14,23 ). Jésus-Christ veut être vu et perçu également avec le cœur, c’est-à-dire par l’amour spirituel. Il s’adresse à l’homme en lui proposant son amour. Il appelle l’homme à ne pas occulter cet amour divin, mais à le regarder en face et à y répondre honnêtement.

    Force morale, clarté et courage intellectuels sont donc les vertus auxquelles saint Jude appelle ses lecteurs. « On voit bien que l’auteur de ces lignes vit en plénitude sa propre foi, à laquelle appartiennent de grandes réalités telles que l’intégrité morale et la joie, la confiance et, enfin, la louange ; le tout n’étant motivé que par la bonté de notre unique Dieu et par la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ », remarque Benoît XVI dans une catéchèse qu’il a consacrée à saint Jude. Et il invite les chrétiens à prendre exemple sur cet apôtre : « C’est pourquoi Simon le Cananéen, ainsi que Jude Thaddée, doivent nous aider à redécouvrir toujours à nouveau et à vivre inlassablement la beauté de la foi chrétienne, en sachant en donner un témoignage à la fois fort et serein. »

    Saint Jude Thaddée a prêché l’Évangile jusqu’en Perse, avant d’en témoigner par son martyre. Ce fut probablement dans la ville de Maku, qui appartenait alors au royaume d’Arménie (aujourd’hui au nord de l’Iran). La tradition arménienne le considère avec l’apôtre Barthélemy (dès l’an 43) comme le fondateur de son Église. Le monastère Saint-Thaddée (dans le nord de l’Iran) est construit à l’endroit supposé du martyre de l’apôtre. D’autres traditions situent cependant le lieu de son martyre en Syrie, ou en Mésopotamie.

    Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.


    Au delà

    L’apôtre Jude n’est pas le disciple Thaddée, dont Eusèbe de Césarée écrit qu’il appartenait au groupe des soixante-dix disciples (Histoire ecclésiastique, I, 12, 3 et 13, 4-11) et qui fut envoyé à Édesse par l’apôtre Thomas (cf. I, 13, 4 et II, 1, 6). Il y a accompli de nombreux miracles et a guéri par la seule puissance divine une foule de malades (cf. ibid., I, 13, 12 et II, 1, 7). Il a aussi prêché l’Évangile au peuple d’Édesse (cf. ibid., 1, 13, 19-21 ; II, 1, 6-7). C’est là une des rares critiques que l’on peut faire au rigoureux historien : le nom de l’apôtre de l’Église d’Édesse est Addaï, qui a vécu ultérieurement, peut-être même au IIe siècle. Les Grecs ont déguisé le nom syrien d’Addaï sous celui de Thaddée, afin de donner à l’Église d’Édesse une origine apostolique.


    Aller plus loin

    Saint Jude, Épître .


    En complément

    • Benoît XVI, « Audience générale du 11 octobre 2006 ». En ligne sur le site du Saint-Siège.
    • Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Paris, Cerf, Sources chrétiennes no 31, 2001, tome I, livres I-IV, 440 p. Le texte de l’ouvrage est disponible en ligne dans la traduction d’Émile Grapin.
    • Joseph Tixeront, Les Origines de l’Église d’Édesse et la légende d’Abgar, Paris, 1888. Disponible en ligne .