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  • Léon XIV : quand un pape se veut être un citoyen

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : un pape qui veut être un citoyen

    2 novembre 2026

    Imaginez le roi d’Angleterre votant aux élections américaines.

    Le scénario est, bien entendu, peu vraisemblable, mais il n’est pas sans rappeler ce qui s’est produit lorsque le pape Léon XIV a décidé de voter aux élections de mi-mandat aux États-Unis et a demandé que son bulletin de vote, toujours établi au nom de Robert Prevost, lui soit envoyé.

    Le pape lui-même, par l’intermédiaire du Bureau de presse du Saint-Siège, a annoncé qu’il souhaitait voter et a encouragé tous les citoyens à faire de même.

    La décision du pape soulève plusieurs problèmes, et il ne s’agit pas simplement de questions d’opportunité pratique.

    Premièrement, lorsqu'une personne devient pape, elle cesse, dans les faits, d’être citoyenne de son pays d’origine. En règle générale, celui qui est élu au siège de Pierre conserve sa citoyenneté (dans le cas de Léon XIV, la citoyenneté américaine), mais le pape est désormais le souverain de l’État de la Cité du Vatican et, surtout, dans un sens tout à fait réel, le pape est le Saint-Siège lui-même — comme le précise le canon 361 du Code de droit canonique.

    Deuxièmement, le pape a voté en utilisant le bulletin de Robert Francis Prevost.

    C’est « sympathique » et « élégant », au sens ordinaire de ces termes.

    Même si Robert Francis Prevost ne disparaît pas de l’existence au moment où il devient le pape Léon XIV, il n’en demeure pas moins qu’il ne peut pas actionner un interrupteur pour décider, selon les circonstances, lequel des deux il entend être.

    Il ne peut exister deux mondes parallèles dans lesquels le pape est le Saint-Siège et, simultanément, un citoyen d’un autre État, avec une double personnalité justifiée par le fait qu’il porte deux noms.

    Formellement, Robert Francis Prevost ne retrouve son existence qu’au moment de sa mort : après la confirmation de celle-ci, le pape sera désigné par son nom de baptême, ce qui attestera que sa fonction pontificale prend elle aussi fin avec sa mort.

    Tant qu’il est vivant, sa qualité de pape prime sur toutes ses autres identités.

    Troisièmement, le pape s’est montré très américain en voulant nous rappeler le devoir civique de voter. Mais, si l’on poussait le raisonnement jusqu’à l’absurde, tous les membres des familles royales devraient participer aux élections. Or, ce n’est pas le cas, parce qu’un souverain se situe au-dessus des élections, même dans les monarchies constitutionnelles.

    En résumé, Léon XIV n’a pas véritablement pris la mesure de ce que signifie être pape.

    Cela n’a rien de surprenant, si l’on considère certains précédents. Cet été, par exemple, en réponse aux déclarations de Brian Burch, ambassadeur des États-Unis près le Saint-Siège, qui estimait que les prises de position du pape en tant que chef d’État devaient être distinguées de celles qu’il exprime comme chef religieux, un éditorial de Vatican News est même allé jusqu’à affirmer que le pape « parle toujours en pasteur ».

    Le pape est toujours un pasteur, mais il ne parle jamais exclusivement en cette qualité et ne peut pas agir uniquement en tant que tel.

    Le Saint-Siège fait partie du réseau des relations internationales, entretient des relations diplomatiques bilatérales avec 184 États et dispose d'un poids considérable sur la scène mondiale. Au début de chacun de ses voyages internationaux, le pape s’adresse au corps diplomatique accrédité auprès du pays qu’il visite. Il ne le fait pas en tant que pasteur, mais au nom du Saint-Siège.

    Bien entendu, le pape est le souverain de l’État de la Cité du Vatican. Mais cette souveraineté a avant tout pour fonction de conférer au pape un statut particulier au sein de la communauté des nations, sans le rattacher d’aucune manière à un État particulier. Léon XIV l’avait compris lorsqu’il avait veillé à ne pas se présenter comme un pape américain, mais comme un pape venu d’Amérique.

    Il l’avait également compris lorsqu’il avait décidé de se rendre aux États-Unis, mais seulement après avoir clairement établi qu’il était le pape de tous et qu’il n’accordait aucune priorité à son propre pays, comme il l’avait expliqué à l’ambassadeur Burch au cours d’un dîner privé organisé à l’occasion du 250e anniversaire des États-Unis.

    Le choix du pape de voter aux élections américaines de mi-mandat autorise donc pleinement à se demander dans quelle mesure il a bien compris qui il est et ce qu’il représente dans ses nouvelles fonctions.

    Quoi qu’il en soit, le choix du pape peut avoir diverses conséquences.

    Prenons, par exemple, la question de la défense du Saint-Siège dans les affaires d’abus sexuels. Lorsque des actions judiciaires portant sur des millions de dollars ont commencé à réclamer, aux États-Unis, que le Saint-Siège fasse comparaître le pape comme témoin, voire qu’il le mette en cause comme s’il était le directeur général d’une entreprise qu’il n’aurait pourtant pas directement supervisée, le Saint-Siège a toujours souligné, en premier lieu, qu’il avait affaire à un souverain et, en second lieu, qu’il ne constituait pas une organisation de type commercial. Dès lors, les relations du pape avec les évêques ne pouvaient être assimilées à celles d’un directeur général avec ses collaborateurs.

    En réalité, cette protection dont bénéficie le pape découle précisément du fait qu’il constitue une entité internationale distincte. Mais désormais que le pape vote comme un citoyen ordinaire, le risque existe que ce précédent soit utilisé pour considérer sa fonction et sa personne comme celles de n’importe quel autre évêque.

    La liberté du pape — l’indépendance de la fonction pontificale — s’est construite au fil du temps. Les États pontificaux ont donné au pape un territoire et une souveraineté, mais il a fallu des siècles pour que les papes parviennent à se libérer complètement de l’influence des États.

    Même lors du conclave qui élut Pie X, au début du siècle dernier, les souverains catholiques disposaient encore du droit de veto sur certains candidats potentiels. Jusqu’au pontificat de Benoît XV, les missions étrangères, particulièrement en Asie, fonctionnaient comme des protectorats d’autres nations, lesquelles exerçaient ainsi leur influence sur l’Église en utilisant le financement des missions.

    Ce n’est pas un hasard si, lorsque l’Italie conquit Rome en 1870, elle refusa de concéder au pape ne serait-ce qu’une petite portion de son territoire. Pourtant, même sans territoire, le Saint-Siège vit se développer ses relations diplomatiques, parce que le pape et l’Église disposaient d’une influence diplomatique considérable et d’un immense crédit moral.

    Léon XIII, bien que dépourvu d’État, fut invité à la Conférence de la paix de La Haye en 1899. En 1975, le Saint-Siège fut invité par l’Union soviétique elle-même à participer à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, à Helsinki, précisément en raison de cette indépendance.

    C’est grâce à cette autonomie et à cette indépendance que le Saint-Siège exerce son influence internationale. Mais si le pape continue à se comporter comme un simple particulier, son rôle risque lui aussi de se trouver amoindri et subordonné à celui des dirigeants de son pays d’origine. Comment, par exemple, pourrait-on encore défendre la liberté de l’Église de nommer ses évêques et critiquer l’accord sino-vatican si le pape lui-même accepte de se plier aux mécanismes de l’État en participant à ses élections ?

    Il est frappant de constater que les deux derniers papes de l’Église sont tous deux originaires des Amériques et qu’aucun des deux n’a pleinement saisi la signification profonde de la fonction pontificale. François avait tenu à faire renouveler son passeport argentin — alors que le pape est son propre passeport, et non le détenteur du passeport d’un quelconque pays — ; Léon a décidé de voter, apportant ainsi un certain réconfort à ceux qui estimaient que le pape devait payer des impôts aux États-Unis. Un projet de loi avait même été déposé pour lui accorder une exemption fiscale, mais son examen est aujourd’hui bloqué en commission.

    Le fond du problème est que le Saint-Siège et la fonction pontificale existent pour une raison bien précise.

    Le pape n’est donc plus un simple particulier et ne peut pas se comporter comme tel, même animé des meilleures intentions. Car, ce faisant, il affaiblit l’institution qu’il dirige. Il est évidemment difficile de faire accepter ce raisonnement, tant il est séduisant de voir un pape se comporter comme tout le monde ou se soumettre aux règles de la démocratie.

    Pourtant, en agissant ainsi, il ne défend tout simplement pas le Saint-Siège. À tout le moins, il a traité cette question avec légèreté. Le droit canonique n’interdit pas au pape de voter, mais de nombreuses considérations d’opportunité militent contre une telle décision.

    Il y a, avant toute autre considération, un fait essentiel : le pape est le souverain d’un autre État et n’est plus, à proprement parler, citoyen d’aucun État.

    La décision de Léon XIV de voter constitue un précédent extrêmement dangereux. Il se peut qu’elle n’entraîne aucune conséquence à court terme. Mais, à long terme, elle pourrait se retourner contre le Saint-Siège.

  • Le vote des catholiques en Israël et aux États-Unis; contre Netanyahou et Trump

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    De sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Le vote des catholiques en Israël et aux États-Unis. Contre Netanyahou et Trump

    En Israël, les catholiques sont environ 140 000, sur un total de 184 000 chrétiens, soit 1,9 % de l'ensemble de la population. Ce sont en majorité des grecs-catholiques de rite melkite, arabes à 80 %. Ils vivent pour la plupart en Galilée et dans le nord du pays, à Haïfa et dans ses environs, tandis que Jérusalem et Tel Aviv comptent davantage de chrétiens non arabes, de rite latin ou d'autres rites orientaux, dont une petite communauté d'origine juive et d'expression hébraïque.

    À l'approche des élections du 27 octobre, les sondages indiquaient que les chrétiens d'Israël penchaient majoritairement pour les partis arabes, avec une préférence pour Hadash, un parti d'inspiration communiste mais historiquement dirigé aussi par des chrétiens, aujourd'hui rassemblé au sein de la Liste unifiée conduite par Youssef Jabareen. Ra'am, le second parti arabe en lice, emmené par Mansour Abbas, semblait recueillir moins de suffrages. Marqué à l'origine par un profil islamiste prononcé, il l'a récemment atténué, au point de placer en deuxième position sur sa liste un juif, Yoav Segalovitz, ancien haut responsable de la police.

    Par ailleurs, la frange de l'électorat chrétien la mieux intégrée dans les milieux universitaires, la santé, la magistrature et l'économie a apporté son soutien aux partis coalisés contre Benjamin Netanyahou, en particulier à Yashar, de Gadi Eisenkot, et aux Démocrates de Yaïr Golan, héritiers des travaillistes qui fondèrent l'État d'Israël.

    C'est bien ce qui s'est produit le 27 octobre, à la faveur d'une participation sans précédent des citoyens arabes – qui représentent au total plus de 2 millions de personnes, soit 21 % de la population israélienne – et de la forte poussée de leurs deux partis, la Liste unifiée et Ra'am, qui ont décroché respectivement 11 et 8 sièges.

    La coalition de Netanyahou a obtenu 53 sièges au Parlement et celle d'Eisenkot 48, alors qu'il en faut au moins 61 pour gouverner. Avec leurs 19 sièges, dont deux remportés par des candidats juifs, les partis arabes pourraient donc soutenir un gouvernement anti-Netanyahou. La Liste unifiée a proposé un soutien sans participation, et Ra'am s'est dit prêt à revenir dans la majorité, comme ce fut déjà le cas en 2021, lorsque Naftali Bennett était Premier ministre. Mais la coalition d'Eisenkot compte aussi dans ses rangs le faucon Avigdor Lieberman, résolument opposé à toute entente « avec les soutiens du terrorisme ». Or, sans les 7 sièges de son parti, Israël Beiteinou, la coalition anti-Netanyahou plafonnerait à 60 sièges, un de moins que le seuil requis.

    Pour surmonter cet écueil, Eisenkot a inscrit le 31 octobre au soir parmi les conditions d’une entente avec les partis arabes – appelés dans un premier temps à un soutien sans participation – la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste et de la nécessité de détruire son emprise militaire et politique sur Gaza.

    Une première mise à l'épreuve d'une entente avec les partis arabes interviendra le 10 novembre, lors de l'élection du président du Parlement : la coalition d'Eisenkot y présente la candidature de Yaïr Lapid, qui dirige avec Bennett le parti Beyachad, fort de 12 sièges.

    La formation d'un nouveau gouvernement s'annonce donc incertaine et laborieuse. Une grande coalition entre Eisenkot et Netanyahou paraît elle aussi très difficile à réaliser, sans les partis arabes et surtout sans les formations d'extrême droite d'Itamar Ben Gvir et de Bezalel Smotrich, grandes perdantes de ce scrutin.

    Du même coup, les attentes des électeurs restent elles aussi incertaines. Pour l'essentiel, elles ne recoupent d'ailleurs pas du tout les questions débattues sur la scène internationale. Ainsi, la solution à deux États pour deux peuples, juif et palestinien – que le Saint-Siège ne cesse lui aussi de remettre en avant –, est loin d'être au cœur du débat politique israélien. Hormis les formations arabes, seuls les Démocrates continuent de l'inscrire à leur programme, et encore pour un avenir lointain, en avertissant qu'ils estiment « préjudiciable » de reconnaître aujourd'hui un État palestinien.

    Il en va de même pour la guerre contre l'Iran et ses relais, du Hezbollah au Hamas. Netanyahou et ses opposants ne divergent que sur la conduite du conflit, non sur le fond. Eisenkot, ancien chef d'état-major, est un faucon plus pragmatique, pas une colombe.

    Ce que veulent avant tout la plupart des électeurs, c'est empêcher la reconduction du gouvernement d'extrême droite de Netanyahou et de ses ministres jusqu'au-boutistes, Ben Gvir et Smotrich. Parmi les objectifs les plus plébiscités figurent la conscription des juifs ultraorthodoxes, jusqu'ici exemptés du service militaire, et la création d'une commission d'enquête indépendante sur l'incapacité à prévenir le massacre du 7 octobre 2023.

    Les électeurs arabes réclament en outre davantage de sécurité face à la vague de criminalité qui les frappe. Mais l'attente principale, partagée bien au-delà des Arabes par une large part de l'électorat, est celle d'un changement de cap en Cisjordanie, qui mette un terme aux violences des colons extrémistes contre les Palestiniens et bloque la création de nouvelles colonies juives.

    Les chrétiens sont bien entendu les premiers à porter cette revendication, que leurs chefs religieux ont relayée à maintes reprises, à commencer par le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa. Car depuis longtemps, les violences, les profanations et les mauvais traitements contre les chrétiens vont crescendo, perpétrés par des juifs extrémistes que les forces de l'ordre laissent faire, non seulement en Cisjordanie mais aussi en Israël, en particulier dans la Vieille Ville de Jérusalem.

    Voilà pour Israël. Qu'en est-il de l'électorat catholique aux États-Unis ?

    Outre-Atlantique, les catholiques sont loin d'être une petite minorité comme en Israël. Ils sont plus de 70 millions, soit entre un cinquième et un quart de la population.

    En 2024, 55 % des électeurs catholiques avaient voté pour Donald Trump et 43 % seulement pour Kamala Harris, rompant ainsi avec la tradition qui voyait les catholiques voter majoritairement démocrate.

    Mais au cours des deux années suivantes, la cote de Trump auprès des catholiques s'est effondrée. Selon une enquête du Pew Research Center de Washington, réalisée quelques semaines avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, elle est passée de 59 à 39 % chez les catholiques blancs, de 47 à 30 % chez l'ensemble des catholiques et de 31 à 18 % chez les catholiques hispaniques, les « latinos ».

    Invités à dire pour qui ils voteraient le 3 novembre, les catholiques blancs se sont prononcés à 50 % pour le candidat républicain, contre 32 % pour le démocrate. Mais sur l'ensemble des catholiques, le républicain ne recueillerait que 39 % des voix, contre 42 % pour le démocrate. Et chez les « latinos », l'écart se creuse davantage encore : 19 % pour le républicain, contre 42 % pour le démocrate.

    Parmi les chrétiens, les protestants évangéliques blancs sont le seul groupe d'électeurs à se prononcer majoritairement pour le candidat républicain : 73 %, contre 12 % pour le démocrate. Mais la tendance s'inverse chez les protestants noirs : 74 % pour le démocrate, contre 8 % pour le républicain. Et même chez les évangéliques blancs, la cote de Trump a reculé ces deux dernières années, de 78 à 58 %.

    Alors que le divorce s'accentuait entre Trump et les catholiques américains, une photo – reproduite en tête de cet article – a fait l'effet d'un coup de tonnerre. Diffusée par la Maison Blanche le 22 octobre, à douze jours du scrutin, elle montre douze évêques catholiques, dont plusieurs figures en vue de l'épiscopat, réunis en prière autour du président.

    Aux côtés de Trump, on remarque, en tenue sombre, Paula White, présidente du Faith Office, le bureau de la foi installé à la Maison Blanche depuis février 2025 et composé presque exclusivement de pasteurs et de prédicateurs évangéliques d'une loyauté trumpiste à toute épreuve.

    Pris au dépourvu et sous le feu des critiques, les douze évêques ont fait leur mea culpa, tout en reprochant à la Maison Blanche d'avoir diffusé à mauvais escient la photo de ce moment de prière, qu'on leur avait demandé à l'improviste à l'issue d'une rencontre organisée par la Heritage Foundation sur l'immigration et la dignité humaine.

    De fait, cette photo ne traduisait en rien un rapprochement entre Trump et l'Église catholique des États-Unis, qui garde ses distances sur au moins trois grandes questions : la politique migratoire, la guerre contre l'Iran et la protection des droits fondamentaux dans un État démocratique. Sans parler, plus récemment, de la levée de boucliers de l'Église catholique contre la retransmission télévisée en direct – finalement annulée – de l'exécution d'un condamné à mort.

    Dernièrement, « First Things », la principale revue intellectuelle du catholicisme conservateur américain, a elle aussi pris ses distances avec Trump. On n'a pas manqué non plus de relever la froideur du vice-président J.D. Vance – catholique fervent et probable futur candidat à la Maison Blanche – envers la guerre contre l'Iran, à laquelle il n'a jamais cru.

    En toile de fond, il y a aussi le bras de fer verbal entre Trump et Léon XIV, que le pape a jusqu'ici nettement remporté, tant sur le fond que sur la forme, sans compter ses silences éloquents.

    Trump joue souvent la carte de Louis, le frère aîné de Robert F. Prevost. Il l'a encore fait il y a quelques jours : « Son frère est un ami à moi, un type formidable, quelqu'un de fantastique, et sa femme aussi. Vous savez, ce sont de grands supporters de Trump. Ils ont des inscriptions MAGA partout chez eux. »

    Mais rien ne dit que cela suffira à faire basculer le vote catholique en faveur de Trump le 3 novembre.

    Citoyen américain, le pape Léon a lui aussi voté. Le Saint-Siège a confirmé dans un communiqué du 30 octobre que « le pape a envoyé son bulletin de vote par correspondance à Chicago », en vertu de sa « conviction quant au droit et au devoir des citoyens de prendre part aux processus démocratiques ».

    À Chicago, le républicain trumpiste Darren Bailey affronte le démocrate J.B. Pritzker, gouverneur de l'Illinois depuis 2018 et issu d'une famille juive originaire d'Ukraine.
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    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.

    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Des pèlerins du Wisconsin se rendent en Belgique pour explorer les origines de la visionnaire de Notre-Dame des Champions

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    De Francesca Pollio Fenton sur EWTN News :

    Des pèlerins du Wisconsin se rendent en Belgique pour explorer les origines de la visionnaire de Notre-Dame des Champions

    L'évêque David Ricken a conduit 50 pèlerins du Wisconsin en Belgique pour retracer le parcours d'Adèle Brice et approfondir leur lien avec la visionnaire à l'origine du Sanctuaire national Notre-Dame des Champions.

    Pèlerins du diocèse de Green Bay en Belgique

    Un groupe de 50 pèlerins du diocèse de Green Bay (Wisconsin) en pèlerinage sur les traces de la Servante de Dieu Adèle Brice en Belgique, du 10 au 20 octobre 2026. Crédit : On Mission Media.

    1er novembre 2026

    Un groupe de 50 personnes du diocèse de Green Bay, dans le Wisconsin, a récemment marché sur les traces de la Servante de Dieu Adèle Brice lors d'un pèlerinage de dix jours en Belgique. Ils ont visité plusieurs lieux associés à cette voyante mariale, au cœur de l'histoire du Sanctuaire national Notre-Dame des Champions, seul site d'apparitions mariales officiellement approuvé aux États-Unis. Conduit par l'évêque David Ricken, du diocèse de Green Bay, le groupe a visité Bruxelles, Bruges, Anvers, Dion-le-Val et Louvain, du 10 au 20 octobre, à l'occasion d'un pèlerinage inédit.

    Parmi les étapes du voyage figuraient l'église Notre-Dame de Bruges, qui abrite la célèbre sculpture de la Vierge réalisée par Michel-Ange ; la basilique Notre-Dame de Scherpenheuvel, le sanctuaire marial le plus visité de Belgique ; le tombeau de saint Damien de Molokaï, prêtre belge connu pour son dévouement auprès des lépreux de l'île de Molokaï, à Hawaï ; l'Université catholique de Louvain, la plus ancienne université catholique du monde ; ainsi que plusieurs lieux liés à la vie d'Adèle Brice : sa ville natale de Dion-le-Val, sa paroisse, le lieu de sa confirmation et le port d'où elle embarqua avec sa famille pour New York en 1855.

    Un pèlerin prie sur la tombe de saint Damien de Molokaï

    Un pèlerin du diocèse de Green Bay prie sur la tombe de saint Damien de Molokaï, dans la chapelle Saint-Antoine-de-Padoue à Louvain. Crédit : On Mission Media.

    Dans une interview accordée à EWTN News, Mgr Ricken a décrit ce pèlerinage comme une véritable « découverte de leurs racines » pour ceux qui y ont participé. Il a expliqué que la plupart des pèlerins venaient du comté de Door, dans le Wisconsin, qui abrite l'une des plus importantes communautés belges des États-Unis.

    « Il y a ici un centre du patrimoine belge et de nombreux liens profonds, qu'ils n'ont pas oubliés », a-t-il confié. « Et ils ont tout de suite adoré Adèle dès son arrivée. » C'est dans cette perspective, et alors que la cause de canonisation d'Adèle Brice a été officiellement ouverte en février, que Mgr Ricken et les organisateurs du pèlerinage ont souhaité offrir aux participants un « moment de connexion avec ses racines afin que nous puissions mieux la comprendre », mais aussi leur donner « une chance de renouer » avec leurs propres origines belges.

    Mgr Ricken se souvient que l'un des moments les plus marquants du pèlerinage fut la messe célébrée dans la paroisse natale d'Adèle Brice, l'église Saint-Martin de Dion-le-Val. Cette petite paroisse accueille habituellement une vingtaine de fidèles – le catholicisme connaissant actuellement un déclin en Belgique, a expliqué l'évêque. Mais, pour cette célébration exceptionnelle, 250 personnes s'étaient pressées dans l'église.

    Messe célébrée par Mgr David Ricken à Dion-le-Val

    Mgr David Ricken célèbre la messe à la paroisse Saint-Martin de Dion-le-Val, paroisse d'origine de la Servante de Dieu Adèle Brice. Crédit : Amy Kawula.

    « Je pense que cela leur a insufflé une toute nouvelle fierté quant à leur propre histoire. C'était un véritable renouveau pour eux. On le voyait bien. Les gens étaient ravis de nous accueillir », a-t-il confié. Après la messe, concélébrée par Mgr Ricken, plusieurs prêtres du diocèse de Green Bay participant au pèlerinage et des prêtres belges de la région, une réception a été organisée.

    Malgré la barrière de la langue, tous ont pu communiquer. De nombreux Belges ont reconnu les noms de famille des pèlerins américains et découvert des liens familiaux. L'un des prêtres du diocèse de Green Bay a même retrouvé un parent dont il ignorait l'existence. « C'était tout simplement magnifique. Il va falloir du temps pour analyser tout cela et comprendre exactement ce qui s'est passé, mais ce fut profondément enrichissant pour tout le monde, y compris pour moi », a déclaré l'évêque.

    L'église Saint-Martin a également reçu une icône représentant Notre-Dame des Champions et Adèle Brice. Réalisée par le père Paul Czerwonka, du diocèse de La Crosse, dans le Wisconsin, elle représente la Vierge Marie apparaissant à Adèle, entourée de deux anges tenant une bannière sur laquelle figure le message qu'elle lui aurait adressé : « Je suis la Reine du Ciel… Rassemble les enfants de cette contrée sauvage et enseigne-leur ce qu'ils doivent savoir pour leur salut. Apprends-leur le catéchisme, comment faire le signe de croix et comment recevoir les sacrements. Voilà ce que je te demande. Va sans crainte, je t'aiderai. »

    Icône de Notre-Dame des Champions et d'Adèle Brice

    Icône de Notre-Dame des Champions et d'Adèle Brice, réalisée par le père Paul Czerwonka, du diocèse de La Crosse (Wisconsin). Crédit : Sanctuaire national Notre-Dame des Champions.

    L'icône mesure 2,44 mètres de haut sur 1,22 mètre de large. Sa réalisation a nécessité deux mois de travail. Pour Mgr Ricken, un autre moment particulièrement personnel de ce pèlerinage fut la visite de l'Université catholique de Louvain. C'est là qu'il avait obtenu son diplôme d'études supérieures en théologie et achevé sa formation au séminaire en 1980.

    Si le bâtiment du séminaire abrite aujourd'hui des logements étudiants, la chapelle est toujours en service. « Nous avons pu organiser une cérémonie d'onction des pèlerins… dans la chapelle du séminaire où j'assistais à la messe tous les jours lorsque j'étais étudiant et que j'aimais tant », a-t-il raconté. « J'ai eu l'honneur de diriger cette cérémonie. Beaucoup en ont profité… pas tous, certes, mais beaucoup, et c'était tellement beau de pouvoir, dans cette même chapelle du séminaire, prendre soin de mes compatriotes partis en pèlerinage. C'était très émouvant. »

    Réception après la messe à Dion-le-Val

    Les fidèles se retrouvent pour une réception après la messe célébrée à la paroisse Saint-Martin de Dion-le-Val. Crédit : Amy Kawula.

    Revenant sur le pèlerinage dans son ensemble, Mgr Ricken a déclaré croire que « de nombreuses prières seront exaucées » grâce à l'intercession d'Adèle Brice. Il espère que ceux qui ont participé à ce voyage « percevront tous leurs instincts et leur amour de leur culture et de leur langue comme quelque chose de toujours vivant, de toujours vibrant dans certains endroits, et que le sanctuaire représente leur lien avec leur foyer ». « Ils l'ont toujours ressenti, mais maintenant ils l'ont constaté de leurs propres yeux. Ils ont pu se rendre dans sa ville natale et vivre ce lien », a-t-il ajouté. « Et j'espère qu'ils continueront à faire du bénévolat et à accomplir toutes ces belles choses qu'ils font, qu'ils s'y engageront encore davantage et qu'ils seront capables de reconnaître l'œuvre de la grâce et du Saint-Esprit dans tout ce qui se passe aujourd'hui au sanctuaire et aux alentours, par l'intermédiaire d'Adèle [Brice] et de la Sainte Vierge. »

  • « La sainteté n’est pas un privilège réservé à quelques-uns » (Léon XIV)

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    SOLENNITÉ DE LA TOUSSAINT

    PAPE LÉON XIV

    ANGÉLUS

    Place Saint-Pierre
    Dimanche 1er novembre 2026

    ________________________________________

    Chers frères et sœurs, bon dimanche !

    La solennité de Tous les Saints, que nous célébrons aujourd’hui, nous invite à savourer la joie de cette innombrable famille d’hommes et de femmes qui, en suivant le Seigneur Jésus, ont fait de leur vie un don à Dieu et au prochain et qui, au cours de leurs différents chemins de sanctification, ont désiré « l’océan de l’amour infini », selon une belle expression du Pape Benoît XVI (Lett. enc. Spe salvi, n. 12).

    La liturgie de la Parole de cette fête nous les décrit comme une « foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Ap 7, 9). Aujourd’hui, en effet, nous célébrons tous les saints : ceux que l’Église a reconnus comme tels, mais aussi les très nombreux autres qui ne l’ont pas été, mais que Dieu connaît. Comme nous le rappelle l’Évangile d’aujourd’hui (Mt 5, 1-12), il s’agit de pauvres en esprit, mais riches de l’amour de Dieu. Leurs visages sont sillonnés de larmes, mais ils trouvent la consolation dans la prière. Ils sont doux face à la violence et récompensés par le Père. Affamés de justice et rassasiés au plus profond de leur conscience. Ouverts au pardon et étreints par la miséricorde. Désarmés dans leur cœur, mais protégés par Dieu. Artisans de paix, appelés par leur nom par Dieu. Persécutés et offensés, mais forts dans la foi et dans la charité.

    Il est tout à fait vrai qu’il est impossible de “compter” la multitude de ces frères et sœurs, et pas seulement sur le plan numérique : la sainteté, en effet, ne se réduit à aucun calcul, car il en va de même pour le bien que tous les saints ont répandu autour d’eux dans le monde. En les contemplant avec admiration, nous nous demandons : ces personnes, avec la grâce de Dieu, qu’ont-elles engendré ? Essentiellement des gestes et des choix d’amour qui surpassent les calculs de la cupidité et la tyrannie du mal qui semble parfois prévaloir. Les saints et les saintes sont le signe le plus beau et le plus fort du Royaume de Dieu qui vient, ou plutôt – comme l’enseigne Jésus – qui est déjà parmi nous (cf. Lc 17, 20-21). De plus, cette multitude bienheureuse rassemble les origines, les cultures et les situations de vie les plus diverses : la sainteté n’est pas un privilège réservé à quelques-uns, mais une vocation universelle qui interpelle chacun d’entre nous là où nous vivons. Tel est le message porteur d’espérance de la fête d’aujourd’hui : Dieu voit le bien que nous ne voyons pas, il connaît des histoires que nous ignorons, il touche des cœurs auxquels nous n’avons pas accès.

    Que la Vierge Marie, bienheureuse pour avoir cru à la parole du Seigneur, accompagne nos pas sur le chemin de la sainteté, afin que nous ne nous lassions pas de construire la paix, tant dans les situations les plus importantes que dans celles de la vie quotidienne.

  • Quand l’artiste Eurêka se fait messager de la résilience et de l'importance de la vie

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    De genethique :

    « Nous sommes là pour briller de qui nous sommes » : l’artiste Eurêka, messager de la résilience et de l'importance de la vie

    Publié le 1 novembre 2026

    Récompensé par 4 prix musicaux, auteur d’un slam au bac de français, Eurêka se démarque par des textes qui interpellent, y compris sur le sujet de l’importance de la vie. Rencontre.

    Gènéthique : Pourquoi avoir choisi le slam ? Et d’où vient votre nom ?

    Eurêka : J’ai choisi le slam parce que j’ai toujours été amoureux de la langue française. Je trouvais dommage, quand j’étais adolescent, que toutes les richesses de celle-ci ne soient pas davantage mises en valeur dans les chansons que j’écoutais. Le jour où j’ai découvert le slam, je me suis rendu compte que c’était un style musical qui donnait une vraie place aux figures de rhétorique, aux jeux sur les rimes, sur les rythmes. Et que c’était aussi une façon extraordinaire de créer de la beauté et de l’émotion en associant deux arts préexistants : la poésie et la musique. J’ai très vite été fasciné par ce mélange. J’en suis tombé amoureux, au point de commencer à écrire mes propres textes, chez moi (ou parfois en cours, lorsque je m’ennuyais !), et d’oser les déclamer sur ce qu’on appelle des « scènes ouvertes » de slam, où j’ai gagné quelques petits prix amateurs à l’époque du lycée.

    D’où vient mon nom, Eurêka ? Il y a en fait deux sens à ce pseudonyme qui signifie « J’ai trouvé » en grec. Le premier : c’est un clin d’œil au concept littéraire que j’ai choisi. Chacun de mes textes se termine par un « twist », c’est-à-dire un retournement de situation surprenant, qui vous fait soudain voir l’ensemble de l’histoire d’un nouvel œil. Ainsi, « Eurêka », c’est ce que peut se dire le public quand il découvre l’un de mes slams pour la première fois… et qu’il en en devine la chute inattendue avant qu’elle n’arrive !

    Le second sens de ce pseudonyme renvoie au fait que je me suis enfin trouvé moi-même, après avoir longtemps hésité à me lancer dans ce métier. J’ai eu une autre carrière auparavant : j’ai travaillé comme animateur et journaliste radio pendant plus de 10 ans pour RCF-Notre Dame. Le jour où j’ai osé me reconnecter à ma petite voix intérieure, à ma petite lumière interne, et changer de vie, mon cœur s’est écrié comme une évidence : « Eurêka, je me suis trouvé ».

    G : Slameur engagé, vous vous démarquez par des textes d’une grande poésie et très profonds. Quels sont les combats qui vous sont chers ? Comment sont-ils nés ?

    E : Au risque de surprendre, je ne me considère absolument pas comme un slameur engagé. D’ailleurs, c’est un mot que je n’aime pas du tout. A mes yeux, l’adjectif « engagé » porte une charge émotionnelle dans laquelle je ne me reconnais pas. Ce qu’on entend habituellement en France par « artiste engagé », c’est un artiste qui va exposer ses idées, en faire un étendard, et s’opposer à un groupe de gens qu’il aura ciblés au préalable, en leur disant ce qu’ils doivent penser, quand ce n’est pas carrément pour qui ils doivent voter. Il se trouve que, dans ma philosophie de vie, je ne souhaite pas m’opposer à mes contemporains. Je ne veux être « contre » personne.

    Je porte simplement des messages qui, à mon sens, ont vocation à rejoindre tout le monde, c’est-à-dire les gens de gauche, de droite, jeunes, vieux, blancs, noirs, riches, pauvres. Tous ces gens peuvent entendre les messages que je passe dans mes slams : l’importance de s’écouter, de se réaliser, de réaliser nos rêves, de profiter de la vie, de savoir que nous avons tous en nous une part de résilience incroyable, un potentiel et un pouvoir créateur encore plus grands que ceux que l’on imagine. Mon seul but est que les gens, d’où qu’ils viennent et quelles que soient leurs opinions, lorsqu’ils ont écouté mes morceaux en concert ou en streaming, se disent : « En fait, j’ai une valeur incroyable, comme tous les êtres humains. Je peux faire de très grandes choses, contribuer à ce monde, rebondir après chaque épreuve, apporter ma part de lumière à mes semblables, et éclairer mon époque de ma présence ».

    Qui plus est, je constate qu’aujourd’hui, par « artistes engagés », on désigne la plupart du temps des artistes qui en fait sont dans la doxa la plus crasse et la plus complète. Si être engagé, c’est dire qu’il y a des injustices et que ce n’est pas bien, ce n’est pas très révolutionnaire : 100% de la population est déjà au courant ! Un « artiste engagé », si l’on reprend la définition à la racine, devrait logiquement être un artiste qui ose dire quelque chose qui, dans son époque, lui fait courir le risque d’être mis au ban des médias ou de finir en prison. C’est le cas de certains artistes aujourd’hui, mais ce ne sont pas eux, bizarrement, que notre époque considère comme des « artistes engagés ».

    Pour la même raison, je n’aime pas du tout non plus le mot de « combat ». Encore une fois, je porte un message, un témoignage, une petite lumière que j’espère instiller dans le cœur des gens. Je pense que nous avons tous en nous une part de divinité et que nous sommes là pour briller de qui nous sommes. Pas plus, mais pas moins.

    G : « Le Mystère de la Chambre Rose », l’un de vos textes les plus célèbres, a été sélectionné pour les épreuves du bac de français en 2024. Pourtant, son thème est pour le moins inhabituel dans le milieu du slam. Pourquoi avoir écrit un texte sur le début de la vie ?

    E : Depuis que je suis enfant, j’ai toujours eu le sentiment d’avoir gardé en mémoire des images, moitié visuelles, moitié mentales, de la sensation de douceur que j’éprouvais dans le ventre de ma maman. J’ignore si c’est réellement possible scientifiquement, mais ce souvenir m’a toujours habité. L’idée de ce clip animé en slam était donc de retranscrire ce sentiment de confort, de volupté, de douceur totale, à travers un texte qui puisse célébrer l’amour maternel. Je trouvais qu’en ne dévoilant qu’à la fin du clip qu’il s’agissait d’un bébé dans le ventre de sa mère, je tenais une façon originale de célébrer cet amour.

    Ce qui est le plus étonnant avec ce morceau, c’est que je l’ai longtemps considéré comme l’un de mes plus faibles, comme une sorte d’interlude sans grand intérêt. J’ai même failli ne pas le mettre dans mon album ! Mais le jour où je l’ai sorti, le succès a été fulgurant : il a été repartagé sur un nombre incroyable de comptes de réseaux sociaux, de sites, et aussi dans beaucoup de maternités. J’ai même reçu des messages de mamans qui l’ont écouté juste avant leur accouchement, pour se donner du courage ! Ça a été une très belle surprise.

    G : Vous avez également signé un clip sur le suicide, « Derniers instants ». Alors que la France vient de dépénaliser le , comment faire encore de la prévention en la matière ?

    E : C’est une excellente question. Je trouve effectivement dramatique ce nouvel arsenal législatif qui va clairement à l’encontre de ce qu’on essaye de faire en matière de prévention du suicide depuis des dizaines d’années. Il s’agit du tout premier morceau que j’ai écrit, à partir de mon histoire personnelle. Mon changement de métier il y a 10 ans s’est fait dans un contexte très douloureux. J’ai vécu une rupture amoureuse qui m’a profondément marqué et m’a envoyé au tapis pendant plusieurs semaines. A cette époque, comme le personnage central de ce clip, je regardais le rebord du balcon de mon appartement de très près. Je pense que j’ai écrit ce morceau pour ne pas passer à l’acte, et aujourd’hui, je sais ce que c’est que d’être convaincu que la vie n’a plus rien à vous offrir, et d’être le premier surpris de voir à quel point, lorsque le voile de noirceur se déchire, on peut trouver de la joie et de la lumière, malgré toutes les douleurs que l’on ressent. Et à quel point alors, on est heureux que personne ne vous ait proposé de vous faciliter la tâche.

    Mon amour de la vie est tel que je ne peux donc qu’être perplexe face à cette loi. J’entends cependant que le sujet est très délicat : certaines personnes, par leur expérience personnelle, seront tout aussi intimement convaincues que cette loi est une très bonne chose. A mes yeux, j’avoue qu’il s’agit d’une sorte de non-sens. Le clip de « Derniers instants » avait été repartagé par quatre associations de lutte contre le suicide, dont SOS Amitié, lors de sa campagne nationale 2016. Je me demande bien quel regard portent les gens qui travaillent dans ces associations sur cette loi (cf. Effet Werther : « En légalisant le suicide assisté et l’euthanasie, on banalise le suicide »). Le fait qu’un gouvernement se donne pour priorité d’écourter la vie me laisse très perplexe, quand il y a tant d’autres façons de l’embellir à trouver.

    G : La fragilité, le regard de la société, la responsabilité figurent aussi parmi les thèmes que vous abordez. Quels messages souhaitez-vous passer auprès des jeunes ?

    E : C’est très simple ! J’ai un message à leur faire passer, et j’ai d’ailleurs la chance de le faire en vrai, à travers les concerts, conférences et ateliers que je donne dans des écoles, des collèges et des lycées, partout en France. Ce message, c’est le titre que j’ai donné à l’une de mes conférences musicales, qui parle de confiance en soi et d’orientation scolaire : « S’écouter, trouver sa voie, vivre ses rêves ». C’est aujourd’hui ma prestation la plus demandée par les établissements scolaires, publics comme privés, de la sixième à la terminale. C’est une réflexion d’une heure et demie sur les talents que les élèves portent en eux, leurs forces, leurs compétences, et la meilleure façon de les mettre à leur propre service et au service du monde. Car avant de leur demander : « Quel métier veux-tu faire plus tard ? », question qui les oppresse souvent, on devrait plutôt leur demander : « Selon toi, qu’as-tu de beau parmi tes talents qui pourrait être utile aux autres quand tu seras grand ? » Je suis sûr que les réponses seraient beaucoup plus intéressantes, pour les enfants comme pour les parents.

    Vous l’avez compris, mon message aux jeunes est donc : vous ne soupçonnez pas à quel point vous avez en vous un potentiel absolument incroyable. Il ne tient qu’à vous de le découvrir et de le faire fructifier pour être heureux et rendre le monde meilleur. Je reçois d’ailleurs beaucoup de témoignages après mes interventions scolaires, de la part des ados, mais aussi très souvent de leurs parents ! Mes interventions scolaires permettent alors de remettre du lien dans les familles, de réinstaurer le dialogue sur le sujet de l’avenir, et du sens de la vie en général. C’est une très grande fierté de voir que ça sème autant d’espoir. Ces interventions ont aussi pour but de permettre aux collégiens et lycéens de se débarrasser des deux plus grandes peurs de l’être humain : la peur de l’échec, et la peur du regard des autres.

    Site officiel d’Eurêka : albums et dates de concert

  • « Les chrétiens d'Éthiopie sont victimes de persécution islamiste. »

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    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    « Les chrétiens d'Éthiopie sont victimes de persécution islamiste. »

    « Les chrétiens appartenant à des communautés minoritaires et les convertis de l’islam subissent des discriminations, des pressions sociales, des menaces et des violences. » Entretien avec la militante Seidi Gösteris après les attentats qui ont coûté la vie à 60 chrétiens orthodoxes. 

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    Entre le 20 et le 24 octobre, tandis que l'Europe était aux prises avec les émeutes qui embrasaient les grandes villes, au moins soixante chrétiens orthodoxes furent brutalement assassinés lors de deux attaques distinctes dans la zone rurale d'Arsi, dans la région d'Oromia en Éthiopie. Le mode opératoire des deux attaques (la première, dans le district de Merti, fit 14 morts ; la seconde, à Shirka, 46) se révéla identique : des hommes armés firent irruption dans les maisons du village et tuèrent les habitants, notamment des personnes âgées, des femmes et des enfants, à coups de couteau et d'armes à feu.

    Au moins une église a été endommagée et plusieurs maisons pillées et incendiées. Le gouvernement éthiopien a imputé ces incidents à l' Armée de libération oromo (OLA), un groupe armé membre de l' Alliance pour la survie , une coalition de bandes rebelles opposées au gouvernement fédéral. Le Synode des évêques orthodoxes, sans nommer d'auteurs, a appelé les autorités à renforcer les mesures de sécurité afin de prévenir de nouveaux massacres « horribles et sanglants ». Bien qu'aucune revendication officielle n'ait été faite concernant ces attaques, le caractère ciblé de ces violences et l'attaque du lieu de culte semblent indiquer un extrémisme islamique. Quoi qu'il en soit, la haine antichrétienne n'est pas un phénomène nouveau en Éthiopie, pays en proie à des tensions religieuses et ethniques depuis des années et où des bandes armées terrorisent l'ensemble du territoire, en particulier les zones rurales.

    La Nuova Bussola Quotidiana a rencontré Seidi Gösteris , militante pour les chrétiens persécutés et cofondatrice de l'organisation humanitaire Il giardino dei bambini. De confession syriaque orthodoxe d'origine turque, Seidi Gösteris vit depuis plusieurs années en Suisse italienne, où elle coordonne des campagnes d'aide aux chrétiens de Turquie, de Syrie et d'Irak, ainsi qu'aux victimes de guerre, de famine et de catastrophes naturelles. Au printemps dernier, elle s'est rendue dans plusieurs communautés chrétiennes d'Éthiopie.

    Madame Gösteris, pourriez-vous décrire la situation des chrétiens en Éthiopie ?

    Lors de mon voyage, j’ai visité plusieurs régions et recueilli des témoignages sur les difficultés rencontrées par les chrétiens. La situation de la liberté religieuse en Éthiopie est complexe et varie d’une région à l’autre : dans certaines zones, les chrétiens appartenant à des communautés minoritaires, notamment les convertis d’une confession chrétienne à une autre et les convertis de l’islam, subissent des discriminations, des pressions sociales, des menaces et des violences. Le Département d’État américain, dans ses rapports sur la liberté religieuse, a documenté des actes de violence contre les croyants et les communautés chrétiennes dans plusieurs régions d’Éthiopie ; en particulier, l’Oromia et l’Afar figurent parmi les régions où certains chrétiens sont particulièrement vulnérables en raison du contexte religieux local. Portes Ouvertes , une organisation internationale qui se consacre à la défense des chrétiens persécutés, documente également ces problèmes dans son rapport sur l’Éthiopie . Ces informations ne signifient pas que tous les chrétiens d’Éthiopie sont persécutés de la même manière, ni que chaque acte de violence est nécessairement motivé par la religion. Il est toutefois important de prendre en compte les difficultés constatées et de promouvoir la protection de tous, quelle que soit leur confession.

    Les communautés chrétiennes sont-elles également victimes de discrimination économique en Éthiopie ?

    Je dirais que les inégalités sociales touchent toutes les communautés éthiopiennes, de la majorité orthodoxe aux communautés protestantes, catholiques et musulmanes. Lors de mon séjour à Addis-Abeba, la capitale, j’ai visité la décharge de Koshe, où j’ai rencontré des familles qui, m’a-t-on dit, avaient été expulsées de leurs logements en raison de « projets de réaménagement urbain », pour une indemnisation dérisoire de 200 à 300 dollars, insuffisante pour se reloger. Certaines familles ont été contraintes d’abandonner leurs petites maisons au toit de tuiles, construites au prix de nombreux sacrifices et qui constituaient désormais leur seul refuge. Près de la décharge de Koshe, j’ai vu des personnes vivant dans une extrême précarité ; d’autres familles, en revanche, ont trouvé refuge hors de la ville, parmi les arbres, tentant de reconstruire, avec les maigres ressources dont elles disposent, de petites maisons qui ne respectent pas les normes internationales minimales en matière de droits humains. Il est difficile de décrire la souffrance de ceux qui perdent leur maison et n’ont pas les moyens de recommencer à zéro. Derrière chaque famille se cachent des enfants, des parents, des personnes âgées, des histoires personnelles et le désir de vivre dans la dignité. J'ai appris que de nombreux pères se sont suicidés faute de pouvoir offrir un logement décent à leurs proches. Mon témoignage personnel est corroboré par des documents recueillis par Amnesty International et d'autres organisations de défense des droits humains, qui ont fait état d'expulsions forcées à Addis-Abeba et dans d'autres centres urbains, sans préavis suffisant, de démolitions et d'une indemnisation insuffisante, voire inexistante, pour les milliers de personnes touchées par les « projets de développement urbain » en Éthiopie. Amnesty International a dénoncé ces pratiques dans son rapport du 7 mai 2025, intitulé « Éthiopie : Mettre fin aux expulsions forcées massives », et les a de nouveau mises en lumière dans son rapport de 2026, également intitulé « Éthiopie : Mettre fin aux expulsions forcées massives », qui souligne par ailleurs une détérioration générale de la situation des droits humains. Rapport mondial sur l'Éthiopie 2026,dans sonHuman Rights Watch, souligné les conséquences des projets de réaménagement urbain pour les familles les plus vulnérables.

    Quels sont les projets de votre association pour les chrétiens éthiopiens ?

    Nous souhaitons offrir aux familles des opportunités d’emploi concrètes, favoriser leur autonomie économique et les aider à améliorer progressivement leurs conditions de vie. Pour nous, il est important non seulement de fournir des biens de première nécessité, aussi essentiels soient-ils, mais aussi d’offrir une chance, de redonner confiance et de contribuer à bâtir un avenir plein d’espoir. À mon sens, il ne suffit pas d’apporter une aide ponctuelle ; il est crucial de créer des opportunités permettant aux familles de construire un avenir plus digne et indépendant. À Addis-Abeba, par exemple, nous aimerions soutenir la création de petites entreprises indépendantes, comme des commerces de légumes. Nous pourrions également aider les chefs de famille à obtenir un permis de conduire, afin de faciliter leur recherche d’emploi et de subvenir aux besoins de leurs proches. Dans la région Afar, nous souhaitons aussi contribuer à la mise en œuvre de petits projets, élaborés en collaboration avec les populations locales et adaptés à leurs besoins réels. Chaque projet sera guidé par l’écoute, le respect de la dignité humaine et la volonté d’accompagner les personnes vers une plus grande autonomie. Pour passer à l'action, nous sollicitons les personnes de bonne volonté, les associations humanitaires, les fondations, les communautés chrétiennes et les donateurs potentiels afin qu'ils se joignent à cette initiative. Parfois, une opportunité d'emploi, une aide concrète ou la simple présence d'une personne prête à donner un coup de main peuvent être le point de départ d'un changement significatif dans la vie de toute une famille. J'ai bon espoir qu'avec l'aide de Dieu et la collaboration de personnes généreuses, un véritable changement est possible.

  • L’incinération : une pratique qui rompt avec la foi catholique et avec la civilisation occidentale

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    De l'abbé Étienne Masquelier (Curé de Villemomble (93) sur le site de La Nef :

    L’incinération : une pratique en rupture avec la foi catholique et avec la civilisation occidentale

    Comment expliquer le succès actuel de l’incinération ? En quoi celle-ci est-elle une rupture avec notre culture ainsi qu’avec la foi catholique ?

    «Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. » Victor Hugo conclut ainsi le poème « Demain, dès l’aube » pour sa fille Léopoldine, disparue à 19 ans.
    C’est le mois de novembre. Nous pensons forcément à nos défunts les plus chers. Une petite visite s’impose. Et, dans certaines paroisses et cimetières, des bénédictions de tombes sont proposées le 1er ou le 2 novembre.
    La civilisation chrétienne est passée des catacombes aux charmants cimetières qui entourent nos églises de campagne, ou à ceux, un peu plus denses, des villes. Ce sont des lieux simples et beaux, souvent fleuris, agréables pour une promenade, hospitaliers à la prière, où nous aurons envie de raconter aux enfants, intrigués et attentifs, l’histoire de leurs aïeuls.
    Une croix, des noms, des dates, des fleurs, une dalle de pierre ou de marbre, un espace qui a les dimensions d’une personne. Le génie chrétien nous permet d’appréhender la mort et de conserver dans l’espace et le temps un peu de la vie d’une personne.

    L’incinération à la mode

    En France, de nombreuses personnes se laissent tenter par la crémation. L’évolution est même stupéfiante : 1 % en 1980, contre 46 % maintenant. La pratique de l’incinération est aujourd’hui admise par l’Église si elle n’est pas un manifeste contre la foi chrétienne. Mais il faut nous interroger sur le sens et les raisons d’un tel choix.
    Nous savons qu’il s’agit en partie d’une question d’argent, car une concession au cimetière semble chère ; même si la crémation, l’urne et la place au colombarium ne sont pas gratuites non plus. Malheureusement, certaines pompes funèbres proposent cette économie qui va souvent de pair avec une célébration pseudo-chrétienne assurée au crématorium par leurs soins, qui « remplace » le passage à l’église. Chacun, nous devons nous exprimer clairement sur nos volontés dernières et faire dire et écrire aux personnes d’âge leur souhait en la matière. Trop de descendants peu pratiquants, déboussolés, pris dans des questions logistiques et financières, sont influencés au moment du décès.

    Écologique ou industriel ?

    Pour rompre une tradition millénaire sur un sujet aussi crucial, il faut une raison plus noble que celle de l’argent. Faire disparaître un corps, pour qu’il n’occupe plus de place, semble plus écologique. C’est une illusion. L’incinération est un processus industriel, sinistre, rapide et violent. Il faut beaucoup d’énergie pour brûler un corps. Mais si les chairs sont consumées, les os (qui ne brûlent pas) sont, en fait, passés dans un broyeur, réduits en une poudre et mélangés aux cendres.
    Encore une fois, la vraie écologie consiste à observer et respecter les processus naturels. Un corps ne peut s’évanouir en un claquement de doigts, mais il se décomposera tout seul, sans apport d’énergie, avec le temps.

    Vouloir disparaître

    Il y a aussi des raisons plus philosophiques ou « poétiques ». On souhaite sortir de scène en un tour de magie ou être emporté par le vent.
    J’entends aussi parfois le désir d’épouser, en fin d’existence, une philosophie et une pratique de l’Extrême-Orient. Selon la pensée religieuse dominante en Inde, avec la mort, l’individu se dissout dans un grand tout, dans un bonheur impersonnel. Reconnaissons aux bûchers du Gange une certaine beauté et un enracinement religieux et traditionnel. Mais la foi chrétienne, au contraire, s’appuie sur la personne de Jésus ressuscité, qui promet à chaque personne défunte, non la dissolution et l’effacement, mais bien la résurrection personnelle et intégrale.
    Peut-être, certains auraient aimé ne pas laisser de traces dans l’existence, et être oubliés. Mais notre impact dans l’histoire et sur les autres est bien réel. Et nous devons faire droit à la loi inscrite en notre chair. Le Créateur nous a donné des corps, qui occupent de l’espace et ne font pas la taille d’une petite urne transportable aisément. Des corps qui se désagrègent lentement et pas entièrement, sur plusieurs générations, car le deuil, lui aussi, a sa temporalité.

    Un rapport à la terre

    Par ailleurs, réfléchir au lieu de notre inhumation future revient aussi à poser la question de « notre » lieu, des racines que nous avons. Cela dit quelque chose de notre histoire, de notre appartenance à telle ou telle famille ou contrée, du rapport aux parents, aux conjoints ou aux descendants. « Mes enfants viendront-ils me voir si je suis enterré ici ou là ? », se demandent bien des gens. Or, dans des itinéraires de vie heurtés, avec des unions et des filiations complexes, il est parfois plus aisé de « disparaître », ou d’être de partout et de nulle part. L’incinération et la dispersion se présenteront alors comme une solution. Au fond, l’enterrement nous parle de la terre, de racines, d’histoire, de responsabilité, et du sens final de nos vies, parfois bien chaotiques.

    Si l’incinération n’est cohérente ni avec la foi chrétienne ni avec notre civilisation, son succès actuel me semble, en fait, une expression de la déprime personnelle et collective de l’Occident, qui rejette le génie de son passé, veut effacer ce qu’il est, et peut-être aussi une fantaisie dernière ou un exotisme de la mort.
    Nul ne peut et ne doit disparaître immédiatement. En rendant notre dernier souffle, nous laisserons des gens qui nous survivent et on reposera encore un peu dans ce monde, qui se souviendra quelques générations. Devant une tombe, se racontent des histoires, se murmure une prière, et sur elle on peut déposer un bouquet de houx vert et de bruyères en fleur.

  • Méditation sur la mort avec Mgr Michel Aupetit

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    Mgr Aupetit b71b7e9735d6a2ec-213b6.jpgLu sur le site web du mensuel « La Nef »

    « Nous fêtons le 2 novembre la commémoration des fidèles défunts et novembre est traditionnellement un temps réservé aux morts, aux visites aux cimetières, aux prières pour les âmes du purgatoire. Notre société matérialiste et hédoniste cherche cependant à évacuer toute référence à la mort. La pandémie de Covid-19 l’a néanmoins remise brutalement sur le devant de la scène, nous rappelant qu’elle faisait inévitablement partie de notre horizon. Dans ce contexte et en ce mois-ci, la méditation sur la mort de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, tombe particulièrement à pic (1). Évoquant la pandémie, il écrit : « La réponse que nous avons eue a été de nous protéger de la mort par tous les moyens. En réalité, nous nous sommes protégés de la vie. La vie est un risque, mais un risque magnifique. Le fameux principe de précaution désormais inscrit dans la Constitution revient, au fond, à refuser de vivre vraiment pour ne pas risquer de mourir. […] L’obsession permanente de la mort, même enfouie, empêche de vivre pleinement. »

    Le rituel de la mort

    La civilisation se caractérise notamment par le souci réservé aux morts. Mgr Aupetit montre que le rituel qui a entouré la mort, en Occident, a beaucoup évolué, mais qu’il demeurait axé sur le passage de la vie d’ici-bas à la vie éternelle. Au milieu du XXe siècle s’opère un changement radical avec le déplacement du lieu de la mort, du logement familial à l’hôpital : « L’agonie devient un acte technique entre les mains d’une équipe soignante qui guérit et lutte contre la mort. […] Nous sommes donc passés d’une agonie maîtrisée par le mourant lui-même à une agonie accompagnée par la famille à partir du XVIIIe siècle pour arriver à une maîtrise de la fin de vie par l’équipe hospitalière. Tous les problèmes de la fin de vie et de son accompagnement qui ont cours aujourd’hui viennent de ce déplacement. » À partir de là, le deuil est devenu indécent et la mort, désormais insupportable, devait disparaître, d’où la multiplication des incinérations qui ne laissent aucune trace, aucune possibilité de se recueillir auprès des défunts. La mort est ainsi l’un des nouveaux tabous de nos sociétés développées. D’où, aussi, le mensonge fréquent des médecins sur l’état réel d’un malade qui ne doit pas savoir qu’il est en fin de vie, volant ainsi au mourant et à sa famille « des moments précieux de pardon et de paix ».

    Et Mgr Aupetit de s’interroger : « C’est bien parce que dans notre société la mort ne fait plus partie de la vie que nous avons été totalement désarçonnés quand elle s’est manifestée de manière aussi brutale qu’inattendue. La mort doit-elle engendrer la terreur ou donner le goût de la vie ? » En Afrique, la mort d’un ancien n’est pas un moment triste, c’est dans l’ordre des choses, cela fait partie de la vie.

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  • Nos défunts (2 novembre)

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ (homelies.fr - archive 2008)

    Hier nous célébrions nos frères aînés qui ont atteint le bonheur en Dieu. Tout à fait logiquement, l’Eglise nous invite aujourd’hui à nous souvenir de ceux qui ont déjà passé la mort, mais poursuivent encore leur route vers la plénitude de ce bonheur.

    Si la fête de la Toussaint est toute rayonnante de joie, celle de ce jour est plus recueillie, car nous sommes invités à prier pour abréger les souffrances de ceux qui sont certes déjà entrés dans la lumière de la vie, mais qui n’ont pas encore entièrement achevé leur purification dans le Feu de la Charité divine. Leur souffrance est en effet celle de l’amour : se découvrant aimée infiniment par Dieu, l’âme découvre conjointement combien elle est incapable de répondre amour pour amour, tant elle est encore liée aux biens éphémères et illusoires de ce monde. Aussi est ce le désir brûlant de Dieu, qui va libérer progressivement l’âme de ce qui l’empêche de se jeter dans les bras de son Seigneur, pour trouver en lui sa béatitude.

    Nous n’avons pas de révélation directe du purgatoire dans la Parole de Dieu, c’est bien pourquoi les réformateurs protestants du XVIe siècle ont rejeté cette doctrine, née selon eux de l’imaginaire des hommes. Elle s’enracine pourtant dans la tradition de l’Ancien Testament. Deux siècles avant J.-C, nous trouvons le témoignage en 2 Macc 12, 46 de la croyance en la valeur et en l’efficacité de la prière pour les morts. L’offrande faite par Juda Maccabée en faveur des soldats morts au combat sur lesquels on avait trouvé des objets idolâtriques, prouve qu’il croyait en la possibilité d’une purification de l’âme par-delà la mort. L’Eglise primitive a fait sienne cette doctrine et a développé dès le second siècle la prière pour les morts. Cette pratique va prendre de l’ampleur vers le Xe siècle, lorsque Saint Odilon, cinquième Abbé de Cluny, introduira la fête de la commémoration de tous les fidèles défunts au lendemain de la Toussaint - dans le but précisément d’intensifier notre prière pour les âmes du purgatoire. Les Juifs comme l’Eglise d’Orient prient également pour leurs défunts. En Occident, les conciles œcuméniques de Florence au XVe s. et de Trente au XVIe s. ont défini de manière dogmatique l’existence du purgatoire :

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  • Commémoration de tous les fidèles défunts

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    2 novembre

    resurrection1.jpgLa Commémoration des Morts est le complément de la fête de la Toussaint : ces deux jours nous rappellent et nous montrent en action ce dogme consolant appelé par l'Église la Communion des Saints. La terre, le purgatoire, le Ciel, sont la même Église de Jésus-Christ en des états différents ; les fidèles vivants, les défunts dont l'âme a besoin d'être purifiée, les élus déjà parvenus au sein de la gloire, sont tous frères ; les uns ont été hier ce que nous sommes, et demain, avec le secours de la grâce, nous serons ce qu'ils sont eux-mêmes.

    Pleurons nos défunts, revêtons-nous de deuil à la mort de nos parents et de nos amis, gardons leur souvenir ; mais cela ne suffit pas : nous devons prier pour eux. La foi nous enseigne qu'entre la terre et le Ciel il y a un lieu intermédiaire appelé purgatoire, lieu de purification, où les âmes des élus dont la pureté n'est pas parfaite expient, dans un feu mystérieux, le reste de leurs fautes. Dieu est si pur, Dieu est si saint, que nul ne peut voir sa face à découvert ni être admis en sa présence, s'il n'est exempt de la plus légère souillure. Nous avons tous à craindre pour nos défunts que leur âme ne soit retenue captive dans ce lieu d'expiation ; ne nous rassurons pas trop vite sur leur entrée au Ciel ; prions pour eux, offrons à Dieu, pour leur soulagement, nos bonnes œuvres, nos souffrances, les indulgences, surtout le Saint Sacrifice de la Messe. Ces âmes demandent à grand cri notre secours, elles se plaignent de notre abandon ; nos prières et nos bonnes œuvres sont pour elles une rosée rafraîchissante, une douce consolation, cause de diminution de leurs souffrances, un moyen de plus prompte délivrance.

    La Vie des saints nous rappelle ce que l'Église de la terre doit à celle du purgatoire. Si nos chers défunts viennent rarement, par des apparitions, secouer notre négligence et réveiller notre charité trop oublieuse, puissions-nous du moins souvent, chaque jour, être hantés par cette pensée : « Les âmes souffrantes m'implorent ; je puis facilement leur venir en aide ; à l'œuvre, sans retard et sans trêve ! »La dévotion envers les âmes du purgatoire aura pour nous-mêmes un double résultat salutaire : elle nous fera craindre les moindres fautes, par le souvenir des châtiments qui devront les expier ; elle attirera sur notre âme, après notre mort, les miséricordes divines promises aux cœurs miséricordieux.

    Source : http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate

  • Quelques pensées simples sur la réalité de la mort... (Benoît XVI)

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    BENOÎT XVI

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Salle Paul VI
    Mercredi 2 novembre 2011

    Commémoration de tous les fidèles défunts

    Chers frères et sœurs !

    Après avoir célébré la solennité de tous les saints, l’Eglise nous invite aujourd’hui à commémorer tous les fidèles défunts, à tourner notre regard vers les nombreux visages qui nous ont précédés et qui ont conclu leur chemin terrestre. Au cours de l’Audience d’aujourd’hui, je voudrais donc vous proposer quelques pensées simples sur la réalité de la mort qui pour nous, chrétiens, est illuminée par la Résurrection du Christ, et pour renouveler notre foi dans la vie éternelle.

    Comme je le disais déjà hier au cours de l’Angélus, nous nous rendons ces jours-ci au cimetière pour prier pour les personnes chères qui nous ont quittés, nous allons en quelque sorte leur rendre visite pour leur exprimer, une fois de plus, notre affection, pour les sentir encore proches, en rappelant également, de cette façon, un article du Credo : dans la communion des saints existe un lien étroit entre nous, qui marchons encore sur cette terre, et nos nombreux frères et sœurs qui ont déjà atteint l’éternité.

    Depuis toujours, l’homme se préoccupe de ses morts et tente de leur donner une deuxième vie à travers l’attention, le soin, l’affection. D’une certaine façon, on veut conserver leur expérience de vie ; et, paradoxalement, c’est précisément des tombes devant lesquelles se bousculent les souvenirs que nous découvrons la façon dont ils ont vécu, ce qu’ils ont aimé, ce qu’ils ont craint, ce qu’ils ont espéré, et ce qu’ils ont détesté. Celles-ci représentent presque un miroir de leur monde.

    Pourquoi en est-il ainsi ? Car, bien que la mort soit souvent un thème presque interdit dans notre société, et que l’on tente constamment de chasser de notre esprit la seule idée de la mort, celle-ci concerne chacun de nous, elle concerne l’homme de tout temps et de tout lieu. Et devant ce mystère, tous, même inconsciemment, nous cherchons quelque chose qui nous invite à espérer, un signe qui nous apporte un réconfort, qui nous ouvre un horizon, qui offre encore un avenir. Le chemin de la mort, en réalité, est une voie de l’espérance et parcourir nos cimetières, comme lire les inscriptions sur les tombes, signifie accomplir un chemin marqué par l’espérance d’éternité.

    Mais nous nous demandons : pourquoi éprouvons-nous de la crainte face à la mort ? Pourquoi une grande partie de l’humanité ne s’est-elle jamais résignée à croire qu’au-delà de la mort, il n’y pas pas simplement le néant ? Je dirais qu’il existe de multiples réponses : nous éprouvons une crainte face à la mort car nous avons peur du néant, de ce départ vers quelque chose que nous ne connaissons pas, qui nous est inconnu. Il existe alors en nous un sentiment de rejet parce que nous ne pouvons pas accepter que tout ce qui a été réalisé de beau et de grand au cours d’une existence tout entière soit soudainement effacé, tombe dans l’abîme du néant. Et surtout, nous sentons que l’amour appelle et demande l’éternité et il n’est pas possible d’accepter que cela soit détruit par la mort en un seul moment.

    De plus, nous éprouvons de la crainte à l’égard de la mort car, lorsque nous nous trouvons vers la fin de notre existence, existe la perception qu’un jugement est exercé sur nos actions, sur la façon dont nous avons mené notre vie, surtout sur les zones d’ombre que nous savons souvent habilement éliminer ou que nous nous efforçons d’effacer de notre conscience. Je dirais que c’est précisément la question du jugement qui est souvent à l’origine de la préoccupation de l’homme de tous les temps pour les défunts, de l’attention pour les personnes qui ont compté pour lui et qui ne sont plus à ses côtés sur le chemin de la vie terrestre. Dans un certain sens, les gestes d’affection et d’amour qui entourent le défunt sont une façon de le protéger dans la conviction qu’ils ne demeurent pas sans effet sur le jugement. C’est ce que nous pouvons constater dans la majorité des cultures qui caractérisent l’histoire de l’homme.

    Aujourd’hui, le monde est devenu, tout au moins en apparence, beaucoup plus rationnel, ou mieux, la tendance s’est diffusée de penser que chaque réalité doit être affrontée avec les critères de la science expérimentale, et qu’également à la grande question de la mort on ne doit pas tant répondre avec la foi, mais en partant de connaissances expérimentables, empiriques. On ne se rend cependant pas suffisamment compte que, précisément de cette manière, on a fini par tomber dans des formes de spiritisme, dans la tentative d’avoir un contact quelconque avec le monde au-delà de la mort, presque en imaginant qu’il y existe une réalité qui, à la fin, serait une copie de la réalité présente.

    Chers amis, la solennité de la Toussaint et la commémoration de tous les fidèles défunts nous disent que seul celui qui peut reconnaître une grande espérance dans la mort, peut aussi vivre une vie à partir de l’espérance. Si nous réduisons l’homme exclusivement à sa dimension horizontale, à ce que l’on peut percevoir de manière empirique, la vie elle-même perd son sens profond. L’homme a besoin d’éternité et toute autre espérance est trop brève, est trop limitée pour lui. L’homme n’est explicable que s’il existe un Amour qui dépasse tout isolement, même celui de la mort, dans une totalité qui transcende aussi l’espace et le temps. L’homme n’est explicable, il ne trouve son sens profond, que s’il y a Dieu. Et nous savons que Dieu est sorti de son éloignement et s’est fait proche, qu’il est entré dans notre vie et nous dit : « Je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jn 11, 25-26).

    Pensons un moment à la scène du Calvaire et écoutons à nouveau les paroles que Jésus, du haut de la Croix, adresse au malfaiteur crucifié à sa droite : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23, 43). Pensons aux deux disciples sur la route d’Emmaüs, quand, après avoir parcouru un bout de chemin avec Jésus Ressuscité, ils le reconnaissent et partent sans attendre vers Jérusalem pour annoncer la Résurrection du Seigneur (cf. Lc 24, 13-35). Les paroles du Maître reviennent à l’esprit avec une clarté renouvelée : « Que votre cœur ne se trouble pas ! Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, je vous l'aurais dit ; je vais vous préparer une place » (Jn 14, 1-2). Dieu s’est vraiment montré, il est devenu accessible, il a tant aimé le monde « qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16), et dans l’acte d’amour suprême de la Croix, en se plongeant dans l’abîme de la mort, il l’a vaincue, il est ressuscité et nous a ouvert à nous aussi les portes de l’éternité. Le Christ nous soutient à travers la nuit de la mort qu’Il a lui-même traversée; il est le Bon Pasteur, à la direction duquel on peut se confier sans aucune crainte, car Il connaît bien la route, même dans l’obscurité.

    Chaque dimanche, en récitant le Credo, nous réaffirmons cette vérité. Et en nous rendant dans les cimetières pour prier avec affection et avec amour pour nos défunts, nous sommes invités, encore une fois, à renouveler avec courage et avec force notre foi dans la vie éternelle, ou mieux, à vivre avec cette grande espérance et à la témoigner au monde : derrière le présent il n’y a pas le rien. C’est précisément la foi dans la vie éternelle qui donne au chrétien le courage d’aimer encore plus intensément notre terre et de travailler pour lui construire un avenir, pour lui donner une espérance véritable et sûre. Merci.

  • Comment le culte du « moi » a changé l’Occident. (Avec Jérôme Fourquet et Ruben Rabinovitch)

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    De la chaîne youtube VAPlus :

    Comment le culte du « moi » a changé l’Occident. (Avec Jérôme Fourquet et Ruben Rabinovitch)

     

    Sommes-nous devenus plus libres, mais aussi plus seuls ? En quelques décennies, notre rapport à la famille, à l'amour, à la religion, à l'autorité et à la sexualité a profondément changé. Une véritable révolution anthropologique qui transforme nos sociétés occidentales.

    Dans ce Grand Entretien, Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'Ifop, et Ruben Rabinovitch, psychologue clinicien et psychanalyste, présentent leur ouvrage Homo occidentalis. Que sommes-nous devenus ? (Éditions du Seuil).

    Déclin du mariage, chute de la natalité, individualisme, nouvelles angoisses, crise de l'autorité et disparition des repères traditionnels : les deux auteurs décryptent les grandes mutations de l'homme occidental et leurs conséquences sur notre manière de vivre ensemble.

    00:00 – Introduction : sommes-nous devenus les héros de notre propre vie ? 
    01:17 – Homo occidentalis : qui est ce nouvel individu occidental ? 
    02:17 – De la religion à l'individualisme : une révolution psychologique 
    06:42 – La disparition du sacré et des rites autour de la mort 
    10:06 – Le bonheur à tout prix : pourquoi sommes-nous plus dépressifs ? 
    14:17 – Les psychologues sont-ils devenus les nouveaux confesseurs ? 
    17:34 – Mariage, couple et amour : pourquoi nos relations sont-elles plus fragiles ? 
    25:39 – Chute de la natalité : pourquoi faisons-nous moins d'enfants ? 
    29:29 – Les animaux de compagnie remplacent-ils les enfants ? 
    31:41 – Sexualité : pourquoi les jeunes font-ils moins l'amour ? 
    34:32 – Contestation lycéenne : la crise de l'autorité 
    38:15 – Du père autoritaire au père infantilisé 
    43:54 – De l'enfant roi au client roi : le règne de l'individualisme 
    45:57 – Famille, transmission et générations : la fin du devoir ? 
    51:57 – IVG : comment les mentalités ont-elles basculé ? 
    56:40 – Peut-on encore revenir en arrière ? 
    59:30 – Baptêmes, traditions et retour des valeurs anciennes 
    1:01:59 – L'homme occidental est-il voué à disparaître ?