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  • L'existence de Dieu prouvée par la science ?

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    La science prouve-t-elle Dieu ? Entretien avec un docteur en Philosophie des sciences

    La science prouve-t-elle Dieu ? Entretien avec un docteur en Philosophie des sciences

    Publié à la fin de l'année 2021, "Dieu, la science, les preuves. L'aube d'une révolution" fut un livre très médiatisé qui connait un immense succès. Les auteurs, Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, prétendent recenser les nouvelles preuves scientifiques de l'existence de Dieu. Une bonne intention, soutenue par une vision naïve de la vérité scientifique qui pêche par absence de philosophie. C'est en tout cas ce que soutient Florian Laguens, docteur en philosophie, et enseignant chercheur à l'IPC, que nous avons rencontré.

    Qu'est-ce qu'une preuve ? Quelles sont les limtes des sciences expérimentales ? Quelles sont les relations entre Dieu et la science, entre la Foi et la raison ? Découvrez l'entretien passionnant de 25mn sur YouTube, avec Florian Laguens qui nous a gentiment ouvert les portes de son bureau à l'IPC.

                           

  • Et si les découvertes de la science étaient suffisantes pour convertir les incroyants d'aujourd'hui ?

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    De sur le site du Figaro :

    Quand la science croit en Dieu, le livre qui bouleverse nos certitudes

     
    Les athées ne peuvent plus s’appuyer sur la science pour démontrer que Dieu n’existe pas. Les croyants peuvent-ils à leur tour invoquer les ­découvertes de la science pour prouver Dieu? pickup - stock.adobe.com

    EXCLUSIF - Les découvertes de la relativité, de la mécanique quantique, de la complexité du vivant, de la mort thermique de l’Univers et, surtout, du Big Bang sont-elles suffisantes pour convertir les incroyants d’aujourd’hui? Les auteurs de Dieu, la science, les preuves en sont convaincus.

    Le 18 décembre prochain, le James-Webb Telescope sera lancé depuis Kourou, en Guyane, et placé en orbite autour du Soleil, à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Le remplaçant d’Hubble découvrira-t-il dans la faible lueur de lointaines galaxies le «visage de Dieu»? Les deux auteurs du livre Dieu, la science, les preuves, Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, n’ont pas besoin d’en être convaincus: ils le voient déjà.

    Ils retracent donc avec fougue les étapes de la plus époustouflante odyssée scientifique de l’humanité. En 1992, l’astrophysicien nobélisé George Smoot a photographié la première lumière cosmique d’un Univers encore vagissant, 380.000 ans après le Big Bang. Son image montrait un ovale bleuté, taché de couleurs safran et orangées. C’est à lui que l’on doit d’avoir dit devant la Société américaine de physique: «C’est comme voir le visage de Dieu.»

    Les scientifiques et la foi

    Depuis, les observateurs de ce passé vieux de 14 milliards d’années ne cessent d’accumuler de nouveaux éléments, et les décennies... (la suite est en accès payant)

    ... et sur le site de Livres Hebdo :

    « Dieu, la science, les preuves » : dans les coulisses d’un livre hors norme

    L’ouvrage de Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, enjeu de cette rentrée pour les éditions Guy Trédaniel, a nécessité trois ans de recherches poussées et réuni de nombreux scientifiques et spécialistes autour d’un objectif commun : présenter les preuves modernes de l’existence de Dieu.

    Mis à jour le 24.08.2021

    C’est une question millénaire et qui opposait, en apparence, science et foi : existe-t-il un dieu créateur ? A rebours des idées reçues, les auteurs Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies s’attachent à y répondre dans Dieu, la science, les preuves, en librairie le 13 octobre prochain, tiré à 50 000 exemplaires par les éditions Guy Trédaniel. Fruit d’un travail rigoureux de plus de trois ans, cet ouvrage divisé en 24 chapitres indépendants fait appel aux avancées scientifiques les plus récentes. « Tout ce que nous expliquons du point de vue de la science, les spécialistes le savaient déjà, mais chacun dans leur domaine. Nous avons voulu écrire un ouvrage de synthèse à destination du grand public, qui montre que tout converge », résume le polytechnicien et entrepreneur Olivier Bonnassies.

    D’une vidéo à 1,5 million de vues à un livre de 600 pages

    Non croyant dans sa jeunesse, Olivier Bonnassies trouve dans le livre Y a-t-il une vérité ?, du philosophe Jean Daujat, une première réponse à ses questionnements. L’ouvrage expose les raisons rationnelles de croire en Dieu : « Plus je me renseignais, plus je trouvais des raisons sérieuses de croire », explique le fondateur du site d’actualité chrétienne Aleteia et du Centre international Marie de Nazareth, en Israël. Mais c’est en 2013 qu’il pose la première pierre de ce qui deviendra l’ouvrage de 590 pages à paraître début octobre. Invité par le professeur de philosophie de l’un de ses enfants à présenter les raisons de croire, il en tire une vidéo, « Démonstrations de l’existence de Dieu et raisons de croire chrétiennes », au succès immédiat sur YouTube, et qui cumule aujourd’hui 1,5 million de vues. C’est à ce moment-là que l’ingénieur et industriel Michel-Yves Bolloré, fondateur du groupe France Essor, lui soumet son projet de livre à quatre mains. C’est le début d’un long processus de sélection des thèmes à aborder, de lectures et d’entretiens, avec en ligne de mire la recherche rationnelle de la vérité. « Nous pensions y consacrer un an, le projet nous en a demandé plus de trois », souligne Olivier Bonnassies, pour qui « la question de l’existence de Dieu est devenue intéressante parce qu’elle n’est plus indécidable ».

    20 spécialistes, plus de 200 citations

    Les co-auteurs racontent comment les découvertes scientifiques, qui sont longtemps allées à l’encontre de la foi, peuvent désormais se ranger du côté de l’existence de Dieu dans de nombreux champs du savoir. Ainsi de la question de l’origine de l’Univers, ou du passage de l’inerte au vivant, de l’immense complexité du code génétique et du réglage biologique extrêmement fin nécessaire à la création des protéines, ribosomes et acides aminés, si peu probables qu’ils ne peuvent être dus au hasard. Et les auteurs de citer le généticien français Daniel Cohen - à qui l’on doit la première carte génétique humaine - passé d’athée à agnostique face au « programme écrit dans un langage extraordinairement sophistiqué » qu’est le génome. Einstein, Friedmann, Lemaître, Planck, Gödel, Penrose, Vilenkin, Hawking, Prigogine, Crick, Watson… Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies renforcent leur propos avec plus de 200 citations de savants contemporains. Une vingtaine de scientifiques ont contribué par leurs apports et leurs conseils à la rédaction de ce livre. « Nous avons aussi été relus par de grands scientifiques, des membres de l’Académie des sciences, des chercheurs du CNRS », indique Olivier Bonnassies. Le prix Nobel de physique 1978 Robert Wilson, qui a découvert, avec Arno Penzias, le fonds diffus cosmologique, signe lui la préface du livre : « cet ouvrage offre une perspective particulièrement intéressante sur la science, la cosmologie et leurs implications philosophiques ou religieuses ».

    Un documentaire en préparation

    Cet ouvrage de vulgarisation scientifique consacre par ailleurs plusieurs chapitres aux preuves « hors science » de l’existence de Dieu, navigant de la Bible à des miracles inexpliqués, en passant par la personne de Jésus ou le destin du peuple juif. Et il n’est qu’une première étape de travail pour ses deux auteurs, qui ont déjà signé pour la réalisation d’un documentaire sur la question de l’existence de Dieu.

  • Dieu, la science, les preuves : un grand débat

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    Marie de Nazareth

    Le livre événement « Dieu, la science, les preuves » est en tête des ventes en France depuis sa sortie le 13 octobre 2021. La soirée organisée le 20 novembre à la salle Gaveau peut être considérée comme le lancement de ce grand débat qui devrait se poursuivre avec le grand public mais aussi bien sûr avec tous les scientifiques, les savants, les philosophes et les intellectuels qui accepteront.

    Intervenants :

    MICHEL-YVES BOLLORÉ, ingénieur en informatique, maître ès sciences et docteur en gestion des affaires de l’Université Paris Dauphine.

    OLIVIER BONNASSIES, ancien élève de l’École Polytechnique (X86), diplômé de l’Institut HEC start up et de l’Institut Catholique de Paris (licence en théologie), auteur d’une vingtaine de livres et de vidéos sur des sujets souvent liés à la rationalité de la foi. Auteurs ensemble du livre événement : « DIEU, LA SCIENCE, LES PREUVES : L’AUBE D’UNE RÉVOLUTION »

    YVES DUPONT, normalien, agrégé de physique, docteur en physique théorique, professeur en deuxième année de classe préparatoire aux grandes écoles au Collège Stanislas de Paris.

    Soirée et débat animé par : IGOR BOGDANOV, docteur en physique GRICHKA BOGDANOV, docteur en mathématiques Auteurs ensemble de nombreux livres sur le sujet de « Dieu et la science »

    Réalisation: Gabriel Grinda Technique: Valentin Touly, Kris Picart, Kévin Delanne, Alexandre Nachat

  • ”Dieu, la science, les preuves” : l'éclairage de Mgr Léonard

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    L'éclairage de Mgr Léonard sur le livre de Bolloré et Bonassies (Dieu, la science, les preuves) a été publié dans la revue La Nef du mois de février 2022 et reproduit (mais pas in extenso) sur didoc.be :

    L'aube d'une révolution?

    .

    Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies ont publié à l’automne dernier Dieu, la science, les preuves qui est un véritable best-seller avec déjà plus de 100.000 exemplaires vendus. Nous reproduisons ici une bonne partie de la recension que Mgr Léonard en a faite.

    L’ouvrage de Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, Dieu, la science, les preuves, préfacé par le prix Nobel de physique, Robert W. Wilson, est, en tous points, remarquable.

    Après une introduction consacrée à la notion même de preuve scientifique, il établit que la certitude de la mort thermique de l’Univers, liée à son entropie croissante, à son inéluctable désorganisation, implique nécessairement aussi qu’il a eu un commencement, ce que confirme la théorie du Big Bang, universellement acceptée aujourd’hui. Celle-ci consiste à affirmer que l’Univers physique que nous connaissons s’est développé à partir de ce que l’abbé Georges Lemaître, un des auteurs de cette théorie (qui n’était pas jésuite mais un simple prêtre diocésain), appelait familièrement un « atome primitif » contenant toute l’énergie, la matière et l’information qui se déploieraient progressivement, dans l’espace-temps, engendré lui-même avec l’explosion de cet atome, et ce à la faveur de l’expansion de l’Univers, autre élément essentiel de cette théorie, confirmé ensuite expérimentalement.

    Cette extraordinaire découverte scientifique pose une question essentielle, qui n’est plus, elle-même, du ressort de la science : d’où proviennent l’existence et le contenu de cet atome primitif ? Il est impossible de répondre scientifiquement à cette question de l’origine, dès lors que l’atome primitif ne comporte pas d’« avant », puisque le temps lui-même, tout comme l’espace, est né avec le Big Bang. Vous pouvez légitimement tenir que le Big Bang était « précédé » par les mathématiques et par une « intelligence » portant les vérités mathématiques. Vous pouvez même émettre l’hypothèse qu’une volonté créatrice est responsable de l’existence même de cet atome primitif. Mais, ce faisant, vous sortez du raisonnement purement scientifique et entrez dans le domaine plus large des vérités philosophiques ou, plus précisément, « métaphysiques ». Beaucoup de scientifiques, sortant du registre purement scientifique, s’engagent dans un questionnement métaphysique. L’ouvrage en donne de nombreux exemples. Ils ne trahissent nullement la rigueur qu’impliquent les sciences. Ils manifestent simplement que la raison philosophique est plus large que la raison scientifique et formulent les implications exigées rationnellement par les données de la science.

    Une démarche analogue s’impose en vertu du « principe anthropique » tenu par nombre de scientifiques, selon lequel l’apparition de la vie et, singulièrement, de la vie humaine n’a été possible, au cours d’une longue évolution, qu’à la faveur de réglages extrêmement précis, tels que la moindre différence de ces paramètres, fût-elle infinitésimale, eût rendu impossible la texture actuelle de l’Univers et, spécialement, la naissance de la Terre et, en son sein, de la vie et de l’homme (anthropos, en grec). Attribuer au hasard cette formidable évolution du Cosmos et ce surgissement de la vie et de l’homme ne tient plus la route aujourd’hui. Beaucoup de scientifiques, ici aussi, reconnaissent la réalité d’un « principe anthropique », en ce sens que les paramètres fondamentaux de l’Univers semblent avoir été calculés de manière très fine de telle sorte que l’éclosion de la vie et de l’homme sur la Terre y fut possible. Affirmer que cela a été réglé par une Intelligence créatrice n’est pas du ressort de la science elle-même, mais d’une raison philosophique plus large. C’est ainsi, par exemple, que l’Evangile de Jean (cf. Jn 1, 1-3), en tenant que tout a été créé par Dieu dans son Verbe, par son « Logos », invite à penser que si la Création est si prodigieusement organisée et intelligible, c’est parce qu’elle provient d’une Pensée intelligente. Au point qu’en produisant finalement un « animal logique », un « zôon logikon », comme disait Aristote, l’Univers restitue, en quelque sorte, son origine : créé par une Pensée, il finit par faire surgir en son sein un être « pensant » qui transcende, par sa pensée, l’Univers entier.

    Ce que j’évoque ici rapidement est développé en long et en large dans cet ouvrage dont le souci pédagogique est remarquable. Certes, plusieurs formules physiques et mathématiques échappent aux profanes (dont je suis), mais elles sont suffisamment illustrées pour être accessibles aux non-spécialistes. C’est pourquoi ce livre se lit aisément et même avec passion, presqu’à la manière d’un roman. D’autant qu’il cite les nombreux témoignages d’hommes de science, ouverts, par ailleurs, à la foi en Dieu. Cela donne à réfléchir, et avec bonheur.

    Cette œuvre volumineuse comporte une seconde grande partie consacrées à des « preuves » qui ne sont pas tirées, moyennement un raisonnement philosophique, de la science contemporaine, mais plutôt de données historiques troublantes, liées essentiellement à l’histoire du peuple hébreu et à la figure du Christ. (…)

    Les preuves non liées à la science mais à la raison

    Après avoir exposé les « preuves » de l’existence d’un Dieu, excellent mathématicien et génial concepteur, « liées » à la science (mais non « affirmées » par elle-même), ce livre excellemment documenté traite des preuves non liées à la « science » mais à la « raison », plus large que la science, et spécialement au « savoir » historique.

    Il fait valoir tout d’abord que certaines vérités concernant le cosmos et l’origine de l’humanité sont déjà présentes dans la Genèse et que les prétendues erreurs de la Bible n’en sont pas. Cela semble flirter dangereusement avec le concordisme, voire le fondamentalisme. Mais les auteurs sont bien armés pour s’en défendre.

    Dans la foulée, la figure du Christ Jésus est fermement dégagée, dans sa réalité à la fois humaine et divine, par-delà les vaines entreprises pour la ramener à une dimension purement humaine, voire dégradante. Ces pages permettent surtout de découvrir, de manière bien réfléchie, le visage d’un Dieu personnel, qui n’est pas seulement un mathématicien ou un concepteur, mais un Dieu d’amour soucieux du salut temporel et éternel de l’humanité.

    Le destin absolument unique du peuple juif est également souligné avec force et de manière convaincante, tout en évitant le piège qui eût consisté à y trouver une quelconque justification de certains aspects de la politique actuelle de l’Etat d’Israël.

    Quant à la présentation du « miracle » de Fatima, elle pourrait surprendre dans un ouvrage essentiellement tourné vers la science, mais elle est solidement documentée et pleinement convaincante. Elle rejoindra aussi — ce qui n’est pas négligeable — les lecteurs peu informés de la science contemporaine, qui seront heureux d’y trouver une preuve « expérimentale » de l’existence de Dieu, accessible à tous.

    La fin de l’ouvrage se présente comme une ultime réfutation d’une vingtaine d’objections avancées contre l’existence de Dieu par les matérialistes de tout poil. Ces quelques 30 pages, menées tambour battant, sont d’excellente tenue. Saut peut-être celle qui concerne l’objection du mal. Mais certaines carences s’expliquent du fait que l’ouvrage n’envisage explicitement que l’aventure de la Création en son stade actuel et ne fait qu’effleurer les deux autres états de la Création, ceux qu’évoquent l’Apocalypse et la Genèse. D’où mon insistance sur le thème du « triunivers » (*), si le lecteur me permet ce néologisme.

    André Léonard est archevêque émérite de Malines-Bruxelles. Il est théologien et a enseigné la philosophie à l’Université de Louvain. Cet article a été publié dans le numéro de février 2022 de la revue « La Nef ». Le livre peut être commandé ici.

    (*) NDLR : Mgr Léonard développe cette idée du « triunivers » dans une partie de l’article que nous n’avons pas publiée, afin de respecter les critères de didoc quant au format des textes et de ne retenir que le commentaire de l’auteur sur le livre récemment publié. Cette idée est développée dans le livre très connu : André Léonard, Les raisons de croire, Sarment/Jubilé 2010.

    La notion de « triunivers » repose, d’une part, sur la description de la création dans la Genèse, avant le péché originel, où il est question d’un univers difficilement comparable au nôtre, et, d’autre part, sur l’Apocalypse qui évoque, à la fin des temps, l’avènement d’un « ciel nouveau » et d’une « terre nouvelle », dont les conditions seront aussi totalement différentes de notre monde actuel. Le premier univers, d’avant le péché originel, serait donc étranger à l’univers issu du Big Bang, origine du temps et de l’espace tels que nous les connaissons, tandis que l’existence du troisième semble être confirmée par la science — par la thermodynamique — qui prédit l’inéluctable « mort thermique » de notre Univers actuel.

  • ”Igor et Grichka Bogdanoff étaient habités par la certitude que Dieu existe”

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    De RCF Radio :

    Igor et Grichka Bogdanoff, des scientifiques certains de l'existence de Dieu

    "Igor et Grichka Bogdanoff étaient habités par la certitude que Dieu existe", confirme l'agent frères Bogdanoff. Ce lundi 10 janvier, une messe en hommage à Igor et Grichka Bogdanoff est célébrée en l’église de la Madeleine à Paris. Morts à six jours d’intervalle des suite du Covid-19, ils devaient rencontrer prochainement le pape François, avec qui ils voulaient écrire le tome 2 de leur best seller "Dieu et la science" (1991).

    Morts des suites du Covid, les frères Bogdanoff devaient rencontrer le pape

    Nés en 1949 dans le Gers, les célèbres jumeaux scientifiques sont morts à six jours d’intervalle des suites du Covid-19. Grichka le 28 décembre et Igor le 3 janvier. Ils avaient 72 ans. Une messe est célébrée ce lundi 10 janvier en l’église de la Madeleine à Paris pour leur rendre hommage. L'inhumation aura lieu dans la plus stricte intimité.

    Igor et Grichka Bogdanoff avaient prévu de rendre visite au pape François et de le solliciter pour la rédaction de leur livre. 30 ans après la parution de leur best seller "Dieu et la science" (éd. Grasset, 1991) écrit avec Jean Guitton, ils voulaient écrire un tome 2 avec "une personnalité qui aurait une aura nécessaire, une finesse d’esprit qui pourrait lui correspondre", explique leur agent Damien Nougarède. Il avait transmis en main propre une lettre des frères Bogdanoff au souverain pontife, en 2018, en vue de la rédaction de ce livre. Les jumeaux devaient aussi accompagner prochainement Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies au Vatican, pour rencontrer le pape. Ils avaient contribué à la rédaction de leur livre "Dieu, la science, les preuves - L'aube d'une révolution" (éd. Guy Trédaniel).

    Igor et Grichka Bogdanoff, des scientifiques certains de l’existence de Dieu

    Au-delà de leurs questionnements sur l’origine de l’univers, ou encore les rapports entre la conscience et la matière, Igor et Grichka Bogdanoff avaient la conviction que Dieu existe. "Ils étaient habités par la certitude que Dieu existe, explique Damien Nougarède, Dieu était très présent dans leur livre." Pour leur agent, « ils citaient en permanence cette phrase d’Einstein : "Tous ceux qui sont sérieusement impliqués dans la science finiront par comprendre qu’un Esprit se manifeste dans les lois de l’univers, un Esprit immensément supérieur à l’homme se manifeste dans les lois de l'univers." »

    Igor et Grichka Bogdanoff était "totalement spirituels, au-delà d’une religion", comme en témoigne leur "finesse d’esprit, leur humanité, leur humilité..." "En 12 ans à leurs côtés je ne les ai jamais entendu dire du mal de qui que ce soit, ils avaient cette bienveillance que l’on retrouve dans une sorte de spiritualité, mais une spiritualité vivante, qui dépasse le cadre d’une religion."

  • La science peut-elle vraiment prouver l’existence de Dieu ?

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    galaxy-11188©Pixabay-620x330.jpg

    Formellement parlant, la science explique le « comment » et se trouve démunie devant le « pourquoi », objet de la philosophie. C’est qu’il ne s’agit pas du même ordre, il convient de les distinguer, trop souvent dans le passé, la science ayant été utilisée à tort comme une arme contre la religion.

    Lu dans le mensuel « La Nef » à propos de la parution de l’ouvrage  « Dieu, la science, les preuves » dont les auteurs, M.-Y. Bolloré et O. Bonnassies, ont vendu 135.000 exemplaires en trois mois (ils étaient la semaine dernière à Bruxelles où ils ont donné une conférence) :

    « Quand la plupart des scientifiques professionnels – fussent-ils croyants – entendent proclamer que « la science prouve l’existence de Dieu », ils lèvent les yeux au ciel, voire tapent du poing sur la table. On peut les comprendre, car si l’on prend le mot « science » en son sens strict, qui est aussi devenu le plus courant, il est faux que la science puisse faire une telle chose. Ce n’est pas une question de fait, mais une question de droit.

    Ce que l’on appelle « science » en effet depuis Galilée, n’a pas pour objet les premiers principes et les premières causes, à la façon de la métaphysique définie par Aristote (qui, certes, s’appelait « science » au Moyen-Âge), mais la réalité matérielle considérée sous son seul aspect quantifiable et mesurable. En d’autres termes, la science s’occupe du fonctionnement du monde physique, dont elle cherche à percer les lois, grâce à la méthode expérimentale et à l’outil mathématique. Elle ne s’occupe nullement de statuer sur son origine ultime – s’il en a une.

    Il est donc constitutivement impossible, par définition même de son objet et de ses méthodes, que la science prise en ce sens, c’est-à-dire la science physique mathématisée rencontre Dieu sous ses microscopes, dans ses tubes à essais ou sur le cadran de ses interféromètres. Même à titre d’entité invisible (la physique des particules n’en manque pas !), Dieu n’est pas une hypothèse scientifique : aucun système d’équations, dans un traité d’astrophysique, n’aura pour solution possible « Dieu ». Le Catéchisme de l’Église catholique affirme d’ailleurs (§ 31) que les preuves de l’existence de Dieu – car il en existe – « ne relèvent pas des preuves que cherchent les sciences naturelles ».

    Mais alors ? M.-Y. Bolloré et O. Bonnassies (B&B ci-après) se sont-ils égarés ? La science n’a-t-elle absolument rien à nous dire sur la question qui nous intéresse ? Non, pas du tout ! Ce serait mal comprendre. Il se trouve simplement qu’il existe un quiproquo sur le rôle de la science dans cette affaire. S’il est exclu que la science, en tant que telle, puisse s’intéresser à l’existence de Dieu, ni encore moins la prouver, on peut soutenir en revanche, avec B&B, que certaines données issues de la science (le Big-Bang, le réglage fin des constantes cosmologiques, l’information spécifique de l’ADN) peuvent être utilisées légitimement par la réflexion philosophique, pour construire des arguments tendant à démontrer l’existence de Dieu. C’est ce que font, sans le dire très explicitement, les auteurs du livre. D’où le potentiel malentendu.

    Prenons une comparaison : dans un procès, un avocat peut utiliser toutes sortes de données techniques – des horaires de train, un test ADN, des données météo – dans sa plaidoirie, aboutissant à prouver l’innocence de son client. On n’en conclura pas que l’innocence du prévenu est une conclusion de la météorologie, de la génétique, ou de la technique ferroviaire. C’est une conclusion du raisonnement de l’avocat, utilisant des données techniques. Il serait absurde d’aller trouver un météorologiste et de lui dire : « Alors comme ça, votre science démontre l’innocence d’Untel ? » Il dirait qu’il n’en sait rien et que ce n’est pas son travail. En quoi il aurait tout à fait raison. En revanche, il aurait tort d’affirmer de manière catégorique qu’un résultat météorologique ne peut en aucune façon être utilisé, comme un élément, dans un raisonnement d’avocat.

    Venons-en maintenant aux arguments en question. Dans l’espace de cet article, je n’en traiterai qu’un seul, celui qui utilise le Big-Bang. Nous verrons comment les données scientifiques s’y insèrent.

    1/ S’il n’y a pas de Dieu, alors l’Univers est éternel [axiome philosophique].

    2/ Or, d’après l’astrophysique, il est très probable que l’Univers ne soit pas éternel [donnée de la science].

    3/ Donc il est très probable qu’il y ait un Dieu.

    Ce raisonnement est logiquement valide, ce qui veut dire que si vous acceptez les deux premières propositions, la conclusion s’ensuit. Il convient donc de les examiner.

    La proposition n°1, que B&B tiennent pour évidente, est proprement philosophique ; aucune science en effet n’a jamais formulé ni ne formulera jamais une affirmation de ce genre. Ce qui fait de leur argumentation une argumentation philosophique implicite. On peut l’expliciter de la manière suivante : si l’on définit l’Univers comme la totalité de la réalité spatio-temporelle, et si l’on affirme qu’il n’existe rien d’autre que l’Univers (ce qui est la définition même de l’athéisme), on est contraint d’affirmer que l’Univers n’a pas de commencement radical. Autrement dit qu’il est éternel. Pourquoi ? Eh bien parce que si l’Univers avait un commencement, il faudrait lui trouver une cause, en vertu du principe métaphysique selon lequel « du néant, rien ne sort » (ex nihilo nihil) ; or, cette cause, ne pourrait être ni matérielle, ni spatiale, ni temporelle – elle ferait sinon partie de ce qu’elle serait censée causer – ce qui est absurde. Bref, si l’Univers avait un début radical, on serait conduit à poser l’existence d’une première cause immatérielle, atemporelle et non spatiale, infiniment puissante… Ce qui ressemble beaucoup, reconnaissons-le, à la définition philosophique de Dieu. Si donc l’on accepte le principe selon lequel tout ce qui commence d’exister a une cause, on peut donc accepter la proposition n°1.

    La science entre en scène

    On passe alors à la proposition n°2, et c’est là que B&B font entrer la science en scène. Ils estiment, en effet, avec une certaine plausibilité, que l’astrophysique relativiste – autrement dit la théorie du Big-Bang – nous donne de bonnes raisons de penser que l’Univers n’est pas sempiternel, mais qu’il a eu un début radical. En soulignant « radical », on veut insister sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un début à l’intérieur de l’espace-temps, comme le début de votre existence ou de celle du Soleil, mais le début de l’espace-temps lui-même. Autrement dit, le commencement en deçà duquel il n’y a, pour la science, plus rien à connaître, puisqu’il n’y a pas d’avant. Si, de fait, la science prouve bien une chose pareille, alors la proposition n°2 est vraie, le raisonnement fonctionne et la conclusion s’ensuit. On remarque au passage que la conclusion d’un tel raisonnement n’invoque pas Dieu comme un « bouche-trou » pour combler une lacune de la connaissance scientifique, mais au contraire comme quelque chose que la philosophie estime probable, à la lumière même de connaissances scientifiques. Je précise au passage qu’il existe, par ailleurs, des arguments purement philosophiques à l’appui de la proposition n°2 (que B&B évoquent d’ailleurs dans un chapitre spécifiquement philosophique).

    Deux sortes d’objections

    Évidemment, deux sortes d’objections sont possibles : certains – peu nombreux – mettront en cause la proposition n°1, en essayant de nier le principe « ex nihilo nihil » ou en prétendant qu’une chose peut « se créer elle-même ». Pistes pour le moins hardies, voire désespérées… D’autres, et cette fois-ci la discussion est beaucoup plus épineuse, discuteront la proposition n°2 : ils affirmeront que le Big Bang n’apparaît comme un début radical que dans les équations de la relativité générale, dont on sait qu’elles ne décrivent pas adéquatement le réel en deçà du « Mur de Planck » (10-43 s). Ils ajouteront que la théorie qui, un jour peut-être, unifiera la gravité et physique des particules (théorie des cordes ou théorie de la gravité quantique à boucles) pourrait fort bien montrer que le Big Bang n’a été qu’une transition de phase avec un état précédent de la matière. Donc pas un commencement radical. Cela étant, la théorie de la relativité n’est pas le seul élément scientifique à l’appui de la prémisse n°2 : la thermodynamique va dans le même sens, et rend extrêmement peu probable une chaîne causale infinie dans le passé. Si, en effet, l’Univers n’avait pas eu de commencement radical, il devrait déjà se trouver dans un état de mort thermique – ce qui n’est pas le cas. Ergo…Certains scientifiques, toutefois, invoqueront une « autre physique », de l’autre côté du Big-Bang, pour essayer de contourner la contrainte thermodynamique…

    Pour conclure, je crois qu’il faut reconnaître une chose : une chaîne ne valant que ce que vaut son maillon le plus faible, les raisonnements philosophiques qui comportent une prémisse assise sur les sciences, surtout dans des domaines encore en construction, souffrent d’une fragilité due au caractère incomplet et révisable des théories. Mais à mon avis, et même si je préfère les arguments purement philosophiques, les éléments scientifiques exploités par B&B sont solides et confèrent un bon niveau de probabilité à leurs conclusions. Mais, encore une fois, sauf à heurter la communauté scientifique inutilement, il faut admettre sans barguigner qu’il s’agit de conclusions philosophiques. On comprend alors toute la force de l’ouvrage.

    Frédéric Guillaud* »

    Ref. La science peut-elle vraiment prouver l’existence de Dieu ?

    *Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie, a publié Dieu existe. Arguments philosophiques (Cerf, 2013) et Catholix reloaded. Essai sur la vérité du christianisme (Cerf, 2015).

  • ”Dieu, la science, les preuves” : le livre qui bouleverse nos certitudes

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    Nous évoquions hier la parution de ce livre.

    De Philippe Oswald sur La Sélection du Jour :

    Quand la science croit en Dieu, le livre qui bouleverse nos certitudes

    « Dieu, la science, les preuves » : l'aube d'une révolution ?

    « Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène » : cet adage aurait pu servir d’exergue au livre-événement de Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies : « Dieu, la science, les preuves » (éditions Guy Trédaniel), qui sera en librairie le 13 octobre prochain. « Événement » n’est pas trop fort : c’est « le livre qui bouleverse nos certitudes » titre Le Figaro Magazine qui lui consacre sa « une » et son dossier de la semaine (en lien ci-dessous).

    Les certitudes ainsi bousculées sont anciennes et ont mal vieilli : elles remontent au scientisme qui n’a cessé de croître du XVIe au XIXe siècle. De Copernic à Freud en passant par Galilée, Laplace et Darwin, le développement des sciences a mis la question de l’existence de Dieu entre parenthèses : « Je n’ai pas besoin de cette hypothèse » disait ainsi Laplace à Napoléon. Le courant de pensée matérialiste athée s’est appuyé sur les succès scientifiques pour exercer en Occident une domination croissante et il se prolonge jusqu’à nos jours avec le transhumanisme qui prétend assurer le salut de l’humanité par la technoscience.

    Mais voilà que ce scientisme tout-puissant auto-proclamé est battu en brèche … par la science elle-même ! Celle-ci s’est comme retournée au cours du XXe siècle, avec une série d'avancées prodigieuses : les découvertes de la thermodynamique, de la Relativité, de la mécanique quantique, de la théorie du Big Bang confortée par celles de l’expansion de l’Univers et de sa mort thermique inéluctable, mais aussi par les observations de la vertigineuse finesse du « réglage » qui a présidé à l’apparition du Cosmos et à l’émergence des atomes, des étoiles et de la vie sur Terre. Cette odyssée scientifique inouïe nous conduit à des années-lumière du matérialisme naïf qui imprègne encore les esprits. A la décharge du plus grand nombre, il est difficile de suivre l’extraordinaire développement des sciences dans l’infiniment petit et l’infiniment grand, et d’en saisir la trajectoire dans une vue synthétique.

    C’est précisément le défi relevé par les deux auteurs de cet essai, respectivement maître es-sciences et polytechnicien : concilier l’accessibilité à un large public et l’exactitude scientifique, au cours d’une longue enquête menée avec une vingtaine de spécialistes de haut-niveau (l’ouvrage est préfacé par Robert Woodrow Wilson, prix Nobel de physique 1978 et codécouvreur du rayonnement de fond cosmologique, lointain écho du Big Bang survenu il y a 13,8 milliards d’années).

    Quel enjeu non seulement intellectuel mais existentiel peut rivaliser avec la question de l’existence de Dieu ? Après avoir été mise entre parenthèses et comme abolie par la science « scientiste », le livre explique pourquoi cette question revient en force avec la révolution conceptuelle des XXe et XXIe siècles. Car toutes les découvertes modernes mises à jour suivent des trajectoires qui convergent vers des conclusions bouleversantes. On peut résumer tout cela en disant qu'alors qu'il y a 100 ans tous les savants étaient persuadés du contraire, il y a aujourd'hui un consensus scientifique pour reconnaître que la vie complexe suppose des ajustements des lois de la nature d’une stupéfiante précision, statistiquement totalement improbable, et les savants sont maintenant également unanimes à reconnaître que l’Univers est en expansion, qu’il a eu un début et qu’il aura une fin. Or si le temps, l’espace et la matière ont eu un commencement et si l’Univers implique un réglage d’une telle complexité, comment ne pas se reposer la question qui hantait déjà les « sages » (à la fois savants et philosophes) de l’Antiquité, d’un « principe premier », d’un être à l’origine de tout, un être transcendant, intelligent, intemporel et immatériel, que la religion appelle Dieu ?

    Sommes-nous alors réellement, comme l'affirme le sous-titre du livre « à l'aube d'une révolution » ? Peut-on sérieusement arriver à des certitudes au sujet de l'existence de Dieu ? Le retour en force de cette question essentielle - véritable retournement épistémologique - n’en est certes qu’à ses débuts, mais à la lecture de l'ouvrage il est possible de partager le raisonnement optimiste des auteurs qui affirment à la fin de leur introduction : « En définitive, Dieu existe ou pas : la réponse existe indépendamment de nous et elle est binaire. C’est oui ou c’est non. Seul notre manque de connaissance a pu être un obstacle jusqu’à maintenant. Mais la mise au jour d’un faisceau de preuves convergentes à la fois nombreuses, rationnelles et provenant de champs du savoir différents et indépendants, apporte un éclairage nouveau et peut-être décisif à cette question. »

    Quand la science croit en Dieu, le livre qui bouleverse nos certitudes
    Le Figaro Magazine 08-10-2021
  • Quand un journaliste français en Pologne s'adresse au président Macron

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    Lu ICI :

    Lettre ouverte d’un journaliste français en Pologne au président Macron 

    Monsieur le Président de la République,

    Entre les deux tours de l’élection présidentielle française, le 1er mai, vous avez clamé à vos partisans la chose suivante: « les amis de Madame Le Pen, ses alliés, vous les connaissez: ce sont les régimes de Messieurs Orbán, Kaczyński, Poutine. Ce ne sont pas des régimes de démocratie ouverte et libre. Nombre de libertés y sont bafouées chaque jour et, avec elles, nos principes. » Auparavant, dans le journal La Voix du Nord daté du 27 avril, vous aviez promis que, si les Français vous élisent à la présidence de la République, vous demanderiez rapidement des sanctions contre la Pologne, affirmant qu’il ne peut y avoir de pays « qui joue des écarts fiscaux sociaux au sein de l’Union européenne et qui est en infraction de tous les principes de l’Union. » Vous avez encore précisé: « Sur le dossier de Whirlpool, dans les trois mois qui suivront mon élection, il y aura une décision prise sur la Pologne. Je mets ma responsabilité sur la table sur ce sujet. […] Je veux qu'on regarde le cas de la Pologne dans son intégralité. Et que sur les sujets des droits et des valeurs de l'Union européenne des sanctions soient prises. »

    À lire vos menaces contre la Pologne, il semblerait que vous reprochiez à ce pays d’allier pratiques de dumping social et violation des principes de l’Union européenne. Vous ne dites pas de quels principes il s’agit, mais votre discours du 1er mai permet de mieux vous comprendre.

    Il est assez curieux d’entendre un candidat à la présidence de la République qui s’était présenté pendant toute la campagne comme favorable à l’Union européenne, à toujours plus d’intégration entre pays de l’UE, au libre-échange et à la libre-concurrence reprocher à un autre État membre la délocalisation d’une usine décidée par une entreprise privée, en l’occurrence Whirlpool. Certes, les salaires en Pologne sont plus bas que les salaires en France, mais la productivité du travail aussi, la Pologne n’ayant pas encore, comme tous les pays ayant eu à subir la dictature communiste et l’occupation soviétique jusqu’en 1989-90, entièrement rattrapé son retard économique sur la partie occidentale du continent. Je vous signale cependant au passage que le gouvernement polonais actuel, dirigé par le premier ministre Beata Szydło du parti social-conservateur Droit et Justice (PiS), a imposé pour la première fois en Pologne un salaire horaire minimum (de 12 zlotys, soit un peu moins de 4 €) et le paiement des cotisations sociales quelle que soit la relation de travail (relevant du Code du travail ou du Code civil). Pourquoi donc accuser ce gouvernement de dumping social alors que vous ne trouviez rien à redire, en tant que secrétaire général adjoint du cabinet du président Hollande puis de ministre de l’Économie du gouvernement Valls, au gouvernement libéral de Donald Tusk puis d’Ewa Kopacz ? C’est d’autant plus étrange que Donald Tusk, l’actuel président du Conseil européen, avait au contraire libéralisé, à son arrivée au pouvoir en Pologne en 2007, le recours aux contrats de droit civil, permettant de contourner le Code du travail polonais et de payer des cotisations sociales très allégées.

     

    Quant aux libertés « bafouées chaque jour et, avec elles, nos principes », permettez-moi de vous dire que dans la bouche d’un président français, c’est vraiment l’hôpital qui se moque de la Charité ! Ce n’est pas en Pologne, mais en France, qu’il y a des zones de non-droit où les droits et libertés des honnêtes citoyens ne sont plus protégés par l’État. Ce n’est pas non plus en Pologne, mais en France, que les femmes n’osent plus sortir dans certains quartiers, y compris de la capitale, et sont interdites de séjour dans certains cafés fréquentés par des musulmans. Ce n’est pas non plus en Pologne, mais en France, que les lieux de cultes, notamment chrétiens, sont la cible de dégradations ou d’agressions quasiment tous les jours de l’année. Ce n’est pas en Pologne, et en particulier pas sous le gouvernement actuel, mais en France, que les policiers ont eu pour consigne de réprimer durement les manifestants pro-famille et de ne pas intervenir face aux dégradations et aux violences politiques des groupes d’extrême gauche. Les nombreuses manifestations anti-gouvernementales qui se déroulent depuis l’arrivée du PiS au pouvoir se déroulent sans heurts, de même que les manifestations pour l’accès à l’avortement et celles pour la protection du droit à la vie, les manifestations européistes et celles à tonalité patriotique, ou encore la grande manifestation des mouvements nationalistes du 11 novembre qui se déroule elle aussi dans le calme depuis la victoire du PiS aux élections du 25 octobre 2015. Ce n’est pas non plus en Pologne, mais en France, que l’on assassine chaque année en toute légalité 220 000 enfants en phase prénatale et que l’on réprime ceux qui voudraient proposer des aides aux femmes en difficulté, en qualifiant cela d’entrave à l’avortement par l’information !

    Mais peut-être pensiez-vous sans le dire aux accusations de Bruxelles concernant la réforme de la justice polonaise ou encore le conflit autour du Tribunal constitutionnel polonais ? Êtes-vous cependant bien sûr de connaître toutes les données du problème ? Où alors, ayant été beaucoup aidé dans votre victoire par des juges et des procureurs du parquet financier créé par le pouvoir socialiste, l’existence d’une justice trop politisée pour être honnête ne vous gêne-t-elle pas, bien au contraire ? Quoi qu’il en soit, vous devriez, si vous êtes attaché à la démocratie, laisser le règlement de leurs propres problèmes aux électeurs polonais qui, connaissant la langue, la culture, l’actualité et l’histoire de leur pays, sont mieux placés que vous pour régler ces problèmes polonais. Je crois d’ailleurs que vous avez suffisamment à faire dans votre propre cour, nonobstant les appels d’une partie de l’opposition polonaise conformes à une triste tradition qui, fort heureusement, n’existe pas en France, et qui a déjà coûté au pays son indépendance à la fin du XVIIIe siècle: faire appel à l’étranger pour résoudre les conflits internes à son avantage. « Chacun son métier et les vaches seront bien gardées ». Soyez donc le président des Français et n’essayez pas d’être aussi celui des Polonais et des Hongrois car ils ne vous ont pas élu !

    Certes, des organisations comme Reporters sans frontières et Freedom House ont fait descendre la Pologne dans leur classement sur la liberté d’expression et la liberté des médias depuis que le PiS gouverne. Mais comment s’en étonner quand Freedom House explique que même la politique sociale du PiS (allocations familiales, médicaments gratuits pour les personnes âgées, …) est une atteinte à la démocratie en ce qu’elle revient à utiliser « la puissance économique de l’État aux fins politiques du parti » (rapport Freedom in the World 2017) ? Comment s’en étonner également face à l’idéologie clairement à gauche de Reporters sans frontières qui ne trouvait rien à redire quand le gouvernement de Donald Tusk renvoyait les journalistes conservateurs des médias publics et intervenait pour faire changer la ligne éditoriale de journaux privés (Rzeczpospolita, Fakt...) ? Parlons plutôt de la liberté des médias dans une France ou tous vous soutenaient à l’unisson avant le deuxième tour de la présidentielle et ont tous ont accueilli votre victoire avec un enthousiasme digne des régimes totalitaires. Les médias publics polonais repris en main par le PiS ? Mais qui donc a nommé les dirigeants actuels du CSA en France et, partant, ceux des médias publics français ? N’a-t-on pas vu le soir du débat présidentiel Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, accueillir votre épouse Brigitte en lui faisant la bise comme à une vieille amie ? Plutôt que la pluralité des médias publics polonais, qui n’étaient pas moins pro-gouvernementaux quand le premier ministre était Donald Tusk, ce qui ne dérangeait personne en Europe, occupez-vous donc de la pluralité des médias publics français. Je me permets à ce propos d’attirer à nouveau votre attention sur la pétition du Collectif des usagers du service public de l’audiovisuel pour le respect du pluralisme dans les médias financés par la redevance. La pluralité dans les médias publics français, tout le monde le sait, s’étend de la gauche libérale-libertaire, dont vous êtes le représentant, à l’extrême-gauche à la Mélanchon ! 
    Quant aux médias privés français, pardonnez-moi, mais ils sont tous aux mains de vos amis, des milliardaires, pour ne pas dire des oligarques, plus préoccupés par leurs intérêts économiques et financiers, que vous avez promis de défendre, que par l’honnêteté, l’impartialité et la pluralité de l’information: Patrick Drahi, auquel vous avez permis, par votre influence de secrétaire général de l’Élysée, de racheter l’opérateur de téléphonie mobile SFR et qui vous a renvoyé l’ascenseur pendant la campagne dans ses médias (BFM TV, RMC, Libération, L’Express, L’Expansion…) et en vous déléguant le président de son pôle médiatique Bernard Mourad, mais encore vos amis Vincent Bolloré (Canal+…) et Xavier Niel (Le Monde...), et tous ceux qui vous ont ouvertement soutenu pendant toute la campagne, tels Pierre Bergé (Le Monde, L’Obs, Huffington Post, La Vie…) qui compte sur vous pour légaliser la GPA, et surtout Arnaud Lagardère (Europe1, Paris Match, le JDD, RFM...) et ses Unes qui vous étaient consacrées dans Paris Match. Même Serge Dassault dont le journal Le Figaro soutenait François Fillon avant le premier tour ne pouvait que vous soutenir face à une candidate qui promettait la sortie de l’euro et peut-être même de l’Union européenne. Cela peut se comprendre, mais comment donc parler ici de liberté et de pluralité des médias si tous les grands médias français privés sont entre les mains d’une petite communauté de milliardaires partageant peu ou prou les mêmes intérêts ?

    Le président polonais Andrzej Duda et le gouvernement de Beata Szydło sont très loin de bénéficier d’un tel soutien dans les médias de leur pays. En ce qui concerne la télévision, en dehors des chaînes publiques, il y a deux grands groupes médiatiques, TVN et Polsat, et ils leur sont ouvertement hostiles. Même chose à la radio et dans la presse écrite, où les plus grands titres appartiennent à des groupes médiatiques allemands. Certes, il y a aussi des titres conservateurs, car la presse polonaise jouit d’un grand pluralisme, et c’était déjà le cas sous le gouvernement précédent même si celui-ci leur menait la vie dure en exerçant des pressions sur les publicitaires, mais le plus gros quotidien, le tabloïde Fakt, l’un des plus gros hebdomadaires, Newsweek, et le plus gros site Internet d’information, Onet.pl, sont entre les mains du groupe germano-suisse Ringier Axel Springer et sont ouvertement hostiles à la politique menée par le PiS, à sa vision de l’Union européenne comme Europe des nations et à son conservatisme sociétal.

    Pour les élections législatives françaises, trois candidats se réclament désormais officiellement de votre majorité présidentielle dans ma circonscription (7e circonscription des Français de l’étranger – Europe centrale et orientale): le candidat socialiste (PS), le candidat centriste (UDI) et le candidat de votre parti (LREM). Quant au candidat de droite (LR), s’il se dit d’opposition, bien malin qui peut prévoir avec certitude qu’il ne soutiendra pas votre gouvernement une fois élu. Alors pour être sûr de voter contre vous, je pourrais voter FN, mais à en croire tous les grands médias français, qui vous soutiennent, le FN est un parti nationaliste d’extrême droite qui sème la haine et amènera la guerre. Voilà donc un découpage politique et une propagande en votre faveur qui rappellent fort la situation en Pologne, mais avant 1990.

    Ainsi donc, Monsieur le Président, s’il faut absolument sanctionner les pays où il nous semble que « nombre de libertés y sont bafouées chaque jour et, avec elles, nos principes », ce n’est pas la Pologne et la Hongrie mais la France que l’on devrait sanctionner en premier lieu.

    Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mes respectueuses salutations.

    Olivier Bault

    Correspondant en Pologne du journal Présent et des sites Réinformation TV et Visegrád Post
    Auteur de textes dans l’hebdomadaire Do Rzeczy et sur le site Boulevard Voltaire