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Sciences

  • Les archéologues en sont « absolument » certains : Bethsaïde a été découverte

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    De kath.net/news :

    Les archéologues en sont « absolument » certains : Bethsaïda a été découverte.

    10 septembre 2026

    Ces découvertes exceptionnelles remettent en question l'idée reçue selon laquelle les habitants de Galilée étaient de pauvres paysans illettrés. Elles suggèrent au contraire que les villes et villages visités par Jésus prospéraient même sous l'occupation romaine.

    Une équipe d'archéologues dirigée par le Dr Steven Notley est « absolument » certaine d'avoir découvert la ville biblique de Bethsaïda, où Jésus a accompli de nombreux miracles. Le site, situé sur les rives du lac de Tibériade, est aujourd'hui connu sous le nom d'El-Araj, rapporte le New York Post .

    Cet été, lors de la dixième campagne de fouilles, les archéologues ont mis au jour des lampes, des produits cosmétiques, des pièces de monnaie et de nombreux autres artefacts. Selon Notley, ces découvertes confirment l'hypothèse selon laquelle la cité serait l'ancienne Bethsaïda.

    L'ensemble des pièces collectées dans toute la ville dresse le portrait historique du site antique. À chaque saison, ce portrait se précise, écrit le Dr Notley sur son blog.

    « Tout ce que nous avons mis au jour confirme et soutient cette identification. Rien ne la remet en cause », a déclaré le Dr Notley au Daily Mail.

    La dixième campagne de fouilles, qui vient de s'achever, a permis d'affiner notre compréhension de Bethsaïda, ou Julias, nom que lui donnèrent plus tard les Romains, notamment pour la période du Ier au IIIe siècle de notre ère. Des indices laissent également penser que les vestiges d'un établissement hellénistique se trouvaient sous Bethsaïda.

    Les archéologues ont également découvert de la poterie en grès calcaire et plusieurs lampes hérodiennes intactes, fabriquées exclusivement à Jérusalem avant 70 après J.-C. Ce sont là des indices clairs de la présence juive dans la ville au cours du premier siècle, période durant laquelle elle s'est développée à partir de Bethsaïda pour devenir une cité romaine appelée Julias, écrit Notley.

    Ces découvertes exceptionnelles remettent en question l'idée reçue selon laquelle les habitants de Galilée étaient de pauvres paysans illettrés. Elles suggèrent au contraire que les villes et villages visités par Jésus prospéraient même sous l'occupation romaine.

    Selon la tradition biblique, Jésus guérit un aveugle à Bethsaïda et nourrit des milliers de personnes avec cinq pains et deux poissons. Les apôtres Pierre, André et Philippe étaient originaires de Bethsaïda.

    Les archéologues du Centre d'étude du judaïsme ancien et des origines chrétiennes travaillent à El-Araj depuis 2016. Au fil des années, ils ont découvert des mosaïques, des églises et d'autres bâtiments, ainsi que de nombreux artefacts.

  • Le Linceul de Turin a été pendant des siècles le seul cliché en négatif au monde

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    D'Olivier Bonnassies sur 1000 raisons de croire :

    Le Linceul de Turin a été pendant des siècles la seule image en négatif au monde

    Le concept de « négatif photographique » n’a été inventé qu’au XIXe siècle, quand Nicéphore Niepce a pris la toute première photo. Sur le sel d’argent qu’il avait mis en face de la lentille recevant l’image de sa maison, s’est en effet imprimée une image tout à fait inattendue : les noirs étaient blancs, les gris clairs étaient gris foncé et inversement. On n’avait jamais vu ça, personne n’y avait jamais pensé, et il a fallu trente ans pour trouver un procédé permettant de retrouver une image en positif à partir de ce négatif. Ainsi, avant le XIXe siècle, on ne connaît, dans l’histoire du monde, aucune image d’aucune sorte qui soit en négatif, sauf une seule : celle qui est imprimée sur le Linceul de Turin. Comment expliquer cela ? D’où cette image peut-elle alors venir ? En réalité, seules la Passion et la Résurrection du Christ peuvent expliquer cette image qui est donc une preuve supplémentaire de la vérité de la foi chrétienne.


    Les raisons d'y croire

    • L’image en négatif ne peut avoir une cause humaine, puisque ne pouvant être conçue, elle était inconcevable.
    • Elle ne semble pas non plus avoir une cause naturelle commune, car les mêmes causes produisant les mêmes effets, on retrouverait alors dans l’Histoire d’autres images proches ou comparables... Or, il n’y en a strictement aucune. Absolument rien.
    • N’étant ainsi a priori ni humaine, ni naturelle, la cause de production de l’image du Linceul est donc très logiquement surnaturelle. Et l’argument décisif est que cette représentation, absolument unique et singulière, implique impérativement une cause également unique et singulière.
    • On constate, en plus, que l’image est aussi la seule à décrire admirablement un grand nombre de détails de la Passion du Christ, dont beaucoup étaient inconnus ou inconcevables au Moyen Âge. Tout est donc cohérent avec l’explication de l’authenticité du Linceul.
    • En conclusion, l’événement de la Passion et de la Résurrection du Christ apparaît comme le seul événement absolument singulier qui explique de façon rationnelle, cohérente et logique la production de cette image unique.

    En savoir plus

    L’Association Marie de Nazareth a publié à ce sujet une petite étude, une vidéo YouTube et une présentation  montrant que tous les autres éléments du dossier (500 000 heures d’analyses scientifiques de haut niveau, les analyses historiques, le test au carbone 14, les témoignages, les raisonnements) collent parfaitement avec cette conclusion, et qu’aucune autre n’est possible. Cette singularité absolue du Linceul supposant une cause, elle aussi, absolument singulière permet vraiment de conclure avec certitude, au-delà de tout doute raisonnable.

    Avant le Linceul, bien des éléments attestaient déjà de la Résurrection du Christ  :

    • Le témoignage des apôtres qui n’ont jamais renié, jusqu’au martyre.
    • Le témoignage des cinq cents autres témoins, et de tous les disciples qui les ont suivis sans hésiter.
    • Toute la période de la naissance de l’Église jusqu’à la conversion de l’Empire romain, qui ne peut s’expliquer autrement que par la foi en la Résurrection du Christ.
    • Et les innombrables apparitions et interventions du Christ, de sa Mère et des saints, à chaque époque de l’Histoire, par lesquelles sans cesse Jésus se révèle toujours vivant, etc.

    Il n’y a cependant qu’une seule preuve matérielle et il ne pouvait y en avoir qu’une seule. Pourquoi ?

    • Parce qu’au moment décisif, et singulier entre tous, où le corps physique, terrestre, du Christ est transformé en corps glorieux, il n’y avait qu’un seul objet matériel à proximité immédiate du Christ : le Linceul qui l’entourait. Il ne pouvait donc y avoir d’autre élément matériel que celui-ci...

    En conclusion, ce Linceul est bien un signe matériel incontestable de la vérité de la Passion et de la Résurrection du Christ, qui est offert providentiellement à notre époque déboussolée. N’oublions pas ce cadeau de Dieu : parlons-en autour de nous et faisons-le connaître ! À lui seul, ce linge devrait changer le monde !

    Olivier Bonnassies


    Au delà

    Le Linceul de Turin est un miroir des souffrances et de la Passion du Christ : son étude est bouleversante, et beaucoup de ceux qui ont pris le temps de rechercher la vérité sur ce linge en ont été très touchés.


    Aller plus loin

    Jean-Christian Petitfils, Le Saint Suaire de Turin – l’enquête définitive, Tallandier, 2022. Celui-ci conclut de même, sans équivoque.


    En complément

    ... et aussi de nombreuses contributions sur ce site

  • Quelques données sur l’espace et le temps

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    Quelques données sur l’espace et le temps

    Comme beaucoup le savent, la vitesse de la lumière est d’environ 300 000 km par seconde. Cela signifie que le temps nécessaire à la lumière du Soleil (situé à environ 150 millions de kilomètres) pour nous parvenir est de 8 minutes et 20 secondes. Quand nous le regardons, nous ne le voyons donc pas tel qu’il est à l’instant de l’observation, mais tel qu’il était il y a précisément 8 minutes et 20 secondes.

    Concernant l’étoile la plus proche, Proxima du Centaure, distante d’environ 4,25 années-lumière, nous ne la voyons pas non plus telle qu’elle est au moment où nous l’observons, mais telle qu’elle était il y a un peu plus de 4 ans et 3 mois. Quant à la galaxie d’Andromède — la galaxie spirale la plus proche de la nôtre, perceptible à l’œil nu dans de bonnes conditions —, on la voit telle qu’elle était il y a 2,5 millions d’années.

    Et qu’en est-il de la plus lointaine connue à ce jour ? Découverte en 2025 grâce au télescope spatial James Webb (NASA, ESA et CSA), la galaxie MoM-z14 a été observée telle qu’elle était il y a environ 13,5 milliards d’années, c’est-à-dire seulement 280 millions d’années après le Big Bang (l’âge de l’Univers étant estimé à environ 13,8 milliards d’années).

    Au regard de ces données établies par la science, comment ne pas éprouver un vertige incommensurable ?

    Cependant, en quittant le domaine de la science — qui s’intéresse au « comment », à ce qui est mesurable et observable, et non au « pourquoi » —, quels seraient les moyens de connaissance autres que celui qui réduit le réel au matériel, à nos sens et à nos dimensions habituelles ? Personnellement, j’en vois trois, plus abstraits : la philosophie et la métaphysique, la spiritualité et la mystique, ainsi que l’intuition.

    Voilà qui fera sans doute hausser les épaules de ceux qui partent du principe qu’il n’y a de connaissance que rationnelle. Pourtant, si tel est le cas, il faudrait que celui qui croit cela puisse prouver rationnellement qu’il n’y a de connaissance que rationnelle. Aucun rationaliste ne le peut : cela relève donc inévitablement d’un postulat, d’un pas dans le vide indémontrable.

    En conclusion, se pose une question philosophique bien connue : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Notre Univers (et l’existence de l’homme en particulier) a-t-il un sens, ou est-il, comme l’écrit Bertrand Russell, « une machine sans âme qui suit une trajectoire aveugle dans l’infini de l’espace et du temps » ?

    Nous voici face à un choix : croire au mystère ou croire à l’absurde. Mais si rien n’a de sens, si Russell a raison, alors la question de Camus — « dois-je ou non me suicider ? » — se pose avec une acuité terrible. Voilà où conduit l’absurde.

    Tout change, évidemment, pour celui qui croit au mystère, au sens plutôt qu’au non-sens, et qui voit à la base de tout ce qui existe une Intelligence infiniment supérieure à nous, Auteur du Big Bang. Rien que du Big Bang ? Pourquoi pas ? Si l’on part du principe que, dans cette « soupe originelle » née il y a 13,8 milliards d’années, se trouvaient déjà en germe les conditions nécessaires à l’apparition un jour de la vie et de la conscience, rien n’interdit de penser, comme l’écrit Jean d’Ormesson, que « ceux qui ne croient pas en Dieu font preuve d’une crédulité qui n’a rien à envier à celle qu’ils reprochent aux croyants ».

    J-P S

  • La physique quantique et le mystère de la création divine

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La physique quantique et le mystère de la création divine

    Le physicien et professeur catholique Vincenzo Tamma explique comment la mécanique quantique révèle l'intelligibilité de la nature, renvoie au Créateur et ouvre de nouvelles voies pour un dialogue interdisciplinaire entre science, philosophie et théologie.

    Le professeur catholique Vincenzo Tamma explique comment la foi et la science sont compatibles.
    Le professeur catholique Vincenzo Tamma explique comment la foi et la science sont compatibles. (Photo : Vincenzo Tamma, photo d’Edward Pentin ; fond Shutterstock)

    LONDRES — La physique quantique, ou mécanique quantique, émerge rapidement non seulement comme un moyen de développer de nouvelles technologies, mais aussi comme une méthode scientifique pouvant aider l'humanité à mieux comprendre la vérité sur la création, révélant le mystère de son Créateur. 

    Dans cet entretien accordé au Register le 31 juillet en marge de la conférence « Une journée avec Marie » à Londres, le professeur catholique Vincenzo Tamma explique ce qu'est la mécanique quantique, comment elle se rapporte à l'action divine et comment elle peut être un outil utile dans le dialogue entre la science et la théologie. 

    « La mécanique quantique aide les croyants à réfléchir à la manière dont Dieu a créé le monde, car elle décrit le fonctionnement de la nature au niveau le plus profond », explique le professeur Tamma, directeur fondateur du Pôle de science et de technologie quantiques de l'Université de Portsmouth au Royaume-Uni. « Elle offre les connaissances épistémologiques et ontologiques les plus fondamentales sur la nature, sur la façon dont Dieu l'a voulue et ordonnée. »  

    Afin de maximiser son potentiel dans ce domaine, il appelle à la redécouverte d'une conception interdisciplinaire de l'université, telle que proposée par saint John Henry Newman, afin d'approfondir le croisement entre la théologie catholique, la philosophie et la science quantique et d'éduquer le grand public. 

    Professeur Tamma, qu'est-ce que la physique quantique en quelques mots ? 

    La physique quantique décrit les lois de la réalité à l'échelle microscopique. C'est, en quelque sorte, la science des constituants fondamentaux de l'univers, tels que les atomes, les électrons et les photons. Selon la physique quantique, ces éléments ne se comportent pas comme des objets ordinaires ; ils peuvent être observés de manière probabiliste, c'est-à-dire que l'on ne peut prédire que les probabilités d'un résultat de mesure, et non le résultat exact.

    En termes simples, elle nous offre une compréhension de la nature à son niveau le plus fondamental. Elle explique pourquoi des particules minuscules peuvent sembler être à plusieurs endroits simultanément, pourquoi la lumière peut se comporter à la fois comme une onde et comme une particule, et pourquoi les particules peuvent être liées entre elles de différentes manières malgré la distance. De plus, la physique quantique n'est pas qu'une simple théorie sur les fondements de l'univers ; elle sous-tend également de nouvelles technologies comme les ordinateurs quantiques, les capteurs ultra-précis et les communications sécurisées. Toutes ces technologies reposent désormais sur les principes fondamentaux de la mécanique quantique, ce qui nous permet non seulement de comprendre l'univers dans sa nature fondamentale, mais aussi de développer de nouvelles technologies.

    Comment cela peut-il nous aider à comprendre la vérité de la création ? 

    La mécanique quantique aide les croyants à réfléchir à la création du monde par Dieu, car elle décrit le fonctionnement de la nature au niveau le plus profond. Elle offre les intuitions épistémologiques et ontologiques les plus fondamentales sur la nature, telle que Dieu l'a voulue et ordonnée. En ce sens, les lois de la physique – et en particulier les lois quantiques – font partie du « livre de la nature », et Dieu est celui qui les a données. Comme l'a dit saint Augustin, le livre de la nature et le livre de l'Apocalypse sont deux manières complémentaires de connaître Dieu. Ils ne constituent pas un seul et même livre, et il ne faut pas les confondre, mais ils nous aident ensemble à comprendre Dieu. 

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  • Nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Mais pas au sens où les ufologues l'entendent

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    De Stefano Magni sur la NBQ :

    Nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Mais pas au sens où les ufologues l'entendent.

    Il se peut qu'il existe une vie intelligente dans l'univers. Mais c'est toujours et uniquement la nature humaine qui a été choisie par le Verbe pour être indissolublement unie à Lui. La publication de documents sur les ovnis et un nouveau film de Spielberg ont relancé le débat. Le théologien et physicien, le père Alberto Strumia, répond à nos questions.

    19 juin 2026

    Les ovnis et les prétendus contacts extraterrestres ont récemment connu un regain d'intérêt, grâce à la déclassification de documents par le président Donald Trump et au nouveau film de Steven Spielberg, <i> Disclosure Day</i> , dont la sortie arrive à point nommé pour relancer le débat sur l'hypothèse selon laquelle « nous ne sommes pas seuls » (une hypothèse également reprise par l'ancien président Barack Obama) et que des contacts ont « déjà eu lieu ». La question soulève également des implications théologiques, que Spielberg aborde de front dans son film, même s'il propose des réponses parfois discutables.

    Nous avons interrogé le père Alberto Strumia afin de recueillir son avis en tant que scientifique et théologien. Théologien et ancien professeur de physique mathématique aux universités de Bologne et de Bari, le père Alberto Strumia allie une vaste connaissance théologique à de solides compétences scientifiques et est la personne idéale pour répondre aux dilemmes qui interpellent l'humanité depuis les débuts de la conquête spatiale.

    Dieu a créé un univers immense, il est donc « impossible qu'il l'ait créé uniquement pour nous, sur une seule planète », comme le dit Steven Spielberg, reprenant un sentiment courant chez les ufologues, à travers les mots d'une nonne, personnage central de son nouveau film. Mais l'immensité de l'univers créé par Dieu implique-t-elle nécessairement l'existence d'une multiplicité d'espèces intelligentes ?

    Si l'on part de l'idée chrétienne de la « surabondance » divine, qui a créé non seulement l'univers physique tel que nous le percevons – du moins dans les limites de nos sens et de nos instruments d'observation – mais aussi une « création immatérielle » bien plus vaste que celle composée d'atomes et de particules, on ne peut s'empêcher de penser au « monde » des anges (y compris les renégats et les démons), des êtres plus intelligents et plus nombreux que nous (puisque chacun de nous possède un ange gardien, en plus des autres anges). Et avec elles, à celle des âmes de nos êtres chers qui nous ont précédés sur terre et qui n'ont pas encore reçu leurs corps après la Résurrection à la fin des temps. Que nous ne soyons pas seuls dans la création est un fait que la Révélation chrétienne et la foi nous ont toujours proposé, un fait auquel nous pouvons croire sans crainte. Il y a des années, le Père Giussani enseignait que la raison prend en compte la totalité des facteurs en jeu (« conscience de la réalité selon la totalité de ses facteurs », Le Sens religieux).(BUR, p. 17). Pourquoi alors ne considérer que notre univers physique dans l’œuvre créatrice de Dieu, en négligeant tout le reste ? Et l’on ne saurait dire, d’un point de vue chrétien, qu’il n’y a pas de communication avec ces êtres, puisque nous nous adressons à eux en les priant, en leur demandant leur aide (traditionnellement appelée « intercession ») et, en retour, en la recevant également sous la forme d’une protection spirituelle et physique, comme dans le cas de ceux que nous appelons « anges gardiens ». Mais en nous limitant un instant – comme la plupart d’entre nous avons l’habitude de le faire, sans même nous rendre compte de tout le reste – au cosmos matériel, on a peut-être toujours pensé que l’univers physique était peuplé d’autres « espèces intelligentes », dotées d’un corps matériel comme le nôtre (quoique d’une structure physique et biologique différente), et qui n’étaient pas seulement « spirituelles ». En principe, on ne peut l'exclure… Même avec de tels êtres, s'ils existaient, communiquer serait difficile, à moins d'utiliser un langage « universel » (pour nous comme pour eux), tel que le langage mathématique des lois logiques et physiques. Et peut-être même le langage non moins mathématique (comme le croyaient les Pythagoriciens) de la musique ; et si des extraterrestres étaient dotés d'organes sensoriels capables de percevoir les vibrations mécaniques d'une atmosphère gazeuse, ou d'un corps vibrant plus ou moins rigide, ou encore des vibrations électromagnétiques produisant une sorte d'« effet sonore » dans leur « cerveau » et leur « esprit » ? Pour l'instant, il ne semble pas qu'on en ait rencontré, du moins pas de manière certaine et prouvée. Le célèbre disque d'or Voyager , envoyé dans l'espace par la NASA à bord des sondes jumelles Voyager 1 et  Voyager 2 en 1977, constituait une tentative dans ce sens.

    Une seconde affirmation théologique du film de Spielberg (qui reflète toujours un sentiment courant chez les ufologues) : l’homme est la création suprême de Dieu « sur Terre », ce qui impliquerait qu’il aurait pu créer d’autres espèces tout aussi supérieures sur d’autres planètes. Mais si l’homme est à l’image et à la ressemblance de Dieu, est-il possible qu’il existe d’autres espèces au centre de la création, égales, voire supérieures, à l’homme ?

    Plus fascinante encore est l’idée d’être « unique » au monde, parmi notre « espèce » d’êtres « corporels » et « rationnels ». Le Verbe de Dieu, par son unicité, a uni à sa Personne divine cette nature humaine si particulière, afin de rétablir la justice originelle entre nous et le Père, que les hommes avaient librement rejetée (c’est d’ailleurs en termes de justice que nous comprenons la question du péché originel. Saint Thomas d’Aquin est le principal maître qui nous éclaire sur cette juste compréhension, parlant de l’ « amissio orignalis iustitiae » [perte de la justice originelle] , I-II, q. 81, a. 1). En effet, l’humanité du Christ est l’exemple par excellence de notre nature humaine. Et s’il devait exister d’autres espèces intelligentes, c’est toujours et uniquement la nature humaine que le Verbe choisirait d’unir indissolublement à lui (« En raison du terme [terme grec], on parle habituellement d’ union hypostatique », Jean-Paul II, Audience générale, 23 mars 1988, n° 1). Même au risque de susciter une sorte d’« envie » chez d’autres êtres intelligents, comparable à celle que les anges ont éprouvée en choisissant d’unir la nature humaine à leur nature « angélique », quoique plus élevée. Égales ou supérieures, en l’occurrence, d’autres espèces pourraient exister, mais elles n’auraient pas été librement choisies par Dieu, de même que les anges n’ont pas été choisis pour être unis hypostatiquement au Verbe, le Fils de Dieu. Nous ne dictons pas nos règles à Dieu, et sa liberté est souveraine. Et il est bon qu’il en soit ainsi.

    Nombre de catholiques sont ouverts à l'idée de l'existence d'espèces extraterrestres intelligentes. Tel était le cas du jésuite José Gabriel Funes, alors chef des astronomes du Vatican, qui déclarait en 2008 : « Il est possible de croire en Dieu et aux extraterrestres. On peut admettre l'existence d'autres mondes et d'autres formes de vie, même plus évoluées que la nôtre, sans remettre en question la foi en la création, l'incarnation et la rédemption. » Mais dans ce cas, la question de la rédemption se pose : Dieu s'est incarné en un homme pour sauver l'humanité du péché. Qu'en est-il alors des autres espèces intelligentes possibles ?

    C'est là que la doctrine catholique sur les anges nous éclaire. Les anges sont d'une nature si supérieure à la nôtre que, étant purement spirituels (« esprits purs »), par un seul acte de leur intelligence et de leur liberté, ils sont capables de choisir ou de rejeter Dieu, le Souverain Bien, méritant de l'avoir ou de le perdre pour l'éternité. Pour eux, il n'y a pas de seconde chance. Pour le reformuler en termes actuels, on pourrait dire que leur volonté est « binaire » et non « analogique » comme la nôtre. Il nous faut de nombreux actes de connaissance pour approcher le Bien, et nous disposons de nombreux actes de volonté individuels pour le choisir ou le rejeter. C’est pourquoi il nous est donné la possibilité de nous repentir, jusqu’au dernier instant de notre vie terrestre, d’un mauvais acte et d’en choisir un bon par la suite. Non seulement pour cette raison « anthropologique » (qui est une prédisposition naturelle), mais aussi, et surtout, parce que le Seigneur, par la Rédemption, nous a offert la possibilité de nous replacer dans la « juste » place devant Lui (c’est la « justice originelle »). Le sacrement de Pénitence est l’instrument concret que le Seigneur, par l’intermédiaire de l’Église, nous offre précisément pour cette raison.

    À la question de savoir s'il pourrait exister d'autres êtres corporels intelligents et libres, différents de nous, outre nous, êtres humains, auxquels le fruit de la Rédemption est donné, la réponse peut être affirmative. Les fruits de la Rédemption se répandent sur toute la Création, comme l'enseigne l'apôtre Paul : « Car la création elle-même […] aspire à être affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu » ( Romains 8:19, 21). Et ces êtres pourraient eux aussi faire partie de cette création. Bien sûr, pour l'instant, il ne s'agit que d'une hypothèse théologique. Mais, à mon avis, compte tenu de la situation désastreuse de l'humanité ici-bas, lorsque le Christ et la raison sont abandonnés, il serait préférable que nous nous préoccupions davantage de notre propre sort sur terre que de celui d'hypothétiques « autres » dont nous ignorons jusqu'à l'existence !

    Dans certains cercles du catholicisme marginal, on émet l'hypothèse que les observations et contacts avec des OVNI parfois rapportés (même si cela n'est jamais prouvé) pourraient en réalité être des apparitions de créatures célestes, voire de démons. Est-ce théologiquement plausible ?

    Des êtres surnaturels, tels que la Vierge Marie, les anges, les saints et le Seigneur lui-même, sont apparus à des êtres humains dans des contextes exceptionnels, lors d'apparitions bien connues et confirmées par l'Église, tout au long de l'histoire. Le diable lui-même s'est manifesté à certains saints et à d'autres, par des visions terrifiantes, des possessions, du harcèlement, des infestations de lieux, etc. Mais il ne faut pas confondre ces manifestations, bonnes ou mauvaises, de nature authentiquement surnaturelle, avec les « soucoupes volantes » (nom donné autrefois aux OVNI). Les anges et les saints ne sont pas des « lutins » qui se jouent des « bouffons » avec nous, les humains, pour nous surprendre ou nous effrayer. De même, des extraterrestres décrits comme plus avancés que nous ne le seraient pas s'ils se comportaient comme des clowns. 

  • Il y a cent ans : la naissance de Jérôme Lejeune

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    De Paul Gulisano sur la NBQ :

    Le centenaire
    Jérôme Lejeune, médecine et foi

    Le 13 juin, il y a cent ans naissait celui que l'on appelle aujourd'hui le vénérable Jérôme Lejeune. Figure majeure du XXe siècle, il découvrit la cause du syndrome de Down. Fervent défenseur de la vie et des enfants handicapés, il fut ostracisé par ses pairs et les médias laïques.

    12/06/2026

    Le 13 juin 1926, il y a cent ans naissait à Montrouge, en France, Jérôme Lejeune, l'un des plus grands scientifiques du XXe siècle. Tout au long de sa vie, il a manifesté un amour de la médecine, entendue comme art de guérir, et une passion pour la Vérité qu'est le Christ. En génétique, il fut une autorité mondiale. La génétique est une branche de la médecine née dans un contexte chrétien : son pionnier fut le Père Gregor Mendel (1822-1884), un augustin, qui, au XIXe siècle, fit les découvertes fondamentales qui ont posé les fondements de cette discipline. Lejeune se consacra à la génétique avec l'objectif précis de trouver des solutions aux maladies considérées comme incurables.

    Son premier grand succès professionnel fut la découverte de l'origine du syndrome de Down. Il identifia la trisomie 21 comme la cause de cette affection. La découverte de Lejeune fut cruciale pour lever la stigmatisation sociale qui entourait ceux que l'on qualifiait péjorativement de « mongoloïdes ». Longtemps, la médecine officielle considérait que la naissance d'enfants présentant ces caractéristiques était due à des « malformations », voire à des maladies comme la syphilis ou l'alcoolisme parental. Lejeune démontra cependant que les caractéristiques des personnes atteintes du syndrome de Down, également qualifiées de « déficientes mentales », étaient attribuables à des anomalies chromosomiques ; ses découvertes scientifiques ouvrirent des perspectives prometteuses et préfigurèrent la cytogénétique clinique moderne. L'objectif de Lejeune était de pouvoir corriger les anomalies génétiques dès la période prénatale. Toutefois, le scientifique français réalisa rapidement que la possibilité d'identifier les porteuses du syndrome de Down pendant la grossesse était perçue comme une menace pour la survie de ces enfants, pouvant aller jusqu'à l'avortement. L'application eugénique de ces recherches était donc incompatible avec son approche.

    Lejeune était, en effet, un défenseur de la vie , ce qui lui valut l'hostilité du milieu scientifique laïque. Nombre de ses collègues, intellectuels, médias et universitaires lui manifestèrent une hostilité manifeste, entravant constamment ses recherches. Le financement et le soutien à ses activités diminuèrent, et il fut privé de la reconnaissance qu'il méritait, notamment du prix Nobel de médecine.

    Le professeur Lejeune a toujours mis sa profonde connaissance de la vie et de ses secrets au service du véritable bien de l'homme et de l'humanité, et uniquement pour cela. Comme mentionné précédemment, il fut l'un des plus courageux défenseurs de la vie, en particulier de la vie prénatale, de plus en plus menacée dans notre civilisation contemporaine – une menace planifiée qui s'étend aujourd'hui aux personnes âgées et aux malades. Fidèle à son refus de l'avortement, il s'opposait également à la fécondation extracorporelle et à toutes les formes de sélection et de maternité naturelle forcée – des convictions morales, argumentées scientifiquement avec courage et sans crainte dans tous les contextes. Lejeune fut un grand chrétien du XXe siècle. Un homme pour qui la défense de la vie devint un apostolat, qui assuma pleinement la responsabilité spécifique du scientifique, prêt à devenir un « signe de contradiction » quelles que soient les pressions d'une société de plus en plus permissive et hostile à la culture de la vie, ni l'ostracisme dont il fut victime.

    Afin de mieux défendre et promouvoir la dignité de la vie humaine, Lejeune a contribué à la création de l'Académie pontificale pour la vie, mandatée par saint Jean-Paul II. Il a également été membre de l'Académie pontificale des sciences pendant de nombreuses années, apportant une contribution importante à la vision de la science de l'Église, bien loin de la conformité systématique aux institutions sécularisées et mondaines dont nous sommes malheureusement témoins aujourd'hui.

    Les institutions humaines, les parlements élus, usurpent le droit à la vie , déterminant qui a droit à la vie et qui peut au contraire en être privé sans qu'il y ait faute de sa part.

    Lejeune était un homme extraordinaire qui a consacré son immense talent au service des enfants handicapés. Avant même de s'intéresser aux maladies, il soignait les malades, animé d'une profonde passion pour la beauté de chaque vie humaine. Le professeur Lejeune a marqué l'histoire de la médecine en défendant les plus vulnérables. Fidèle à sa conscience de médecin, au serment d'Hippocrate, et à sa foi chrétienne, il a brillamment démontré comment science et foi peuvent s'épanouir ensemble. Son histoire est celle d'un homme profondément libre, un scientifique brillant, plein d'humour, un époux et père de cinq enfants, proche des plus grands (il jouissait de l'estime du président Kennedy) et un défenseur des plus petits. « La médecine a toujours lutté pour la santé et la vie, contre la maladie et la mort : elle ne peut changer de camp », disait Lejeune. Il a démontré par sa vie que ce n'est pas à la science de définir le bien et le mal, mais à la morale naturelle. Et si la science ne se soumet pas à la morale, elle sombre dans la folie.

    En 2007, le diocèse de Paris a ouvert le procès de béatification et de canonisation de saint Lejeune , dont la phase diocésaine s'est achevée en 2012. En 2021, la Congrégation pour les causes des saints a décrété ses vertus héroïques . Cent ans après sa naissance, il est à espérer qu'il sera bientôt proclamé bienheureux.

  • Léon oui, Benoît non : l'université La Sapienza face à deux papes

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Léon oui, Benoît non : l'université La Sapienza face à deux papes

    Par rapport à la visite pastorale de Léon XIV à l'université romaine, le discours « manqué » de Benoît XVI posait des exigences précises au monde universitaire en abordant le nœud de la relation entre raison, foi et vérité. Relire les deux textes aide à comprendre pourquoi l'accueil a été réservé à l'actuel Souverain Pontife et refusé à son prédécesseur.

    16_05_2026

    Jeudi 14 mai, le pape Léon XIV s’est rendu à l’université La Sapienza de Rome où il a prononcé un discours devant les étudiants. Le 17 janvier 2008, le pape Benoît XVI aurait dû se rendre à l’université romaine, mais il en a été empêché. Le texte du discours jamais prononcé a ensuite été rendu public. La Bussola a déjà rendu compte de cette visite, en exposant également les points principaux du discours du pape et en soulignant la différence entre la contestation de 2008 et l’accueil de 2026. Il peut peut-être être utile de comparer le contenu des deux discours pour comprendre si quelque chose a changé non seulement dans le contexte, mais aussi dans le « texte ».

    Il convient tout d’abord de noter que Benoît XVI, comme prévu, aurait dû inaugurer l’année universitaire. Pour Léon XIV, en revanche, il a été clairement établi dès le départ qu’il ne s’agirait que d’une visite pastorale. La différence est importante. Le pasteur accompagne, mais n’entre pas dans les détails des missions d’une université, n’intervient pas sur le champ du savoir, ne se confronte pas aux disciplines. En d’autres termes, il ne prononce pas de discours « scientifique », ou épistémique, pour ainsi dire. Et en effet, Léon s’est surtout adressé aux étudiants, il a présenté l’université comme un lieu de croissance et de maturation personnelle, il a décrit les efforts et les récompenses liés aux études, il a également souligné que de nombreux jeunes étudiants sont aujourd’hui en difficulté, en mentionnant certains domaines d’engagement social au service des autres.   

    Alors qu'il devait inaugurer l'année universitaire, Benoît XVI ne s'est pas contenté de cela, mais a donné une véritable « conférence », à l'image de celle qu'il avait prononcée à Ratisbonne en 2006, même s'il n'avait jamais enseigné à la Sapienza, contrairement à ce qui avait été le cas en Bavière. Il n’a pas pu faire référence à ses propres expériences personnelles, mais il s’est néanmoins senti tenu de parler du savoir, de sa structure, et de la place qu’y occupent la théologie et la foi. Tant à Ratisbonne qu’à La Sapienza, Benoît XVI s’était adressé à des « collègues », il s’était tourné vers une « communauté universitaire », se plaçant sur le même plan scientifique qu’eux, tant dans le contenu que dans le langage.

    Il convient de souligner ces aspects car, dans le cas de Benoît, la question des exigences épistémiques – c'est-à-dire celles liées à la connaissance en tant que « science » – de la foi chrétienne et de la théologie avait été soulevée, alors que dans le discours de Léon, ce thème n'a été qu'effleuré. Benoît était convaincu que ce n'est que si la révélation chrétienne comportait en soi un appel à la raison scientifique qu'il y aurait pour elle une place structurelle à l'université. À l’inverse, elle se serait réduite à une position personnelle de quelques professeurs, mais on ne lui aurait pas reconnu de rôle propre dans l’univers du savoir. Sa présence à l’université n’aurait été qu’accidentelle. Ce n’est que si la foi en la révélation pose à la raison scientifique des exigences qui lui sont propres, elles aussi scientifiques à leur manière, ce n’est que si elle interpelle la raison sur le plan spécifique de la vérité comprise au sens analogique, ce n’est que si elle exprime en elle-même une manière véridique qui lui est propre de comprendre la vérité de la raison elle-même… ce n’est qu’alors qu’elle aurait été « chez elle » à l’université.

    Dans le discours de Benoît XVI à l’université La Sapienza, on retrouve l’appel de la foi chrétienne pour que la raison ne devienne pas une raison positiviste : « il existe un risque que la philosophie, ne se sentant plus à la hauteur de sa véritable mission, dégénère en positivisme ». C’est à partir de Socrate – écrivait-il – qu’est apparue la séparation de la raison et de la religion mythique pour parvenir au vrai Dieu ; au cours de ce cheminement, la raison a rencontré les exigences de la foi chrétienne. Cette dernière aide la raison à ne pas perdre confiance en ses propres possibilités. Une conception erronée de la « laïcité » du savoir [la laïcité épistémique, pourrait-on dire], selon laquelle celui-ci se construirait de lui-même uniquement « sur la base du cercle de ses arguments », entraînerait sa fragmentation. La foi s’engage à sauver non pas n’importe quelle raison, mais la vraie raison, en la défendant contre les fausses, et elle possède en elle-même les critères pour le faire, c’est-à-dire sa propre épistémologie implicite.

    Benoît XVI s’était montré exigeant en posant certaines conditions à l’université, à partir de la foi et de sa prétention non seulement d’accompagner pastoralement la communauté universitaire, mais aussi de contribuer à fonder le statut même du savoir que l’on recherche et enseigne à l’université. Dans le discours du pape Léon, on ne trouve que quelques éléments dans ce sens, celui-ci ayant choisi de prononcer un discours pastoral et non scientifique. Il a invité les jeunes à œuvrer pour la paix, à protéger l’environnement, à ne pas céder au consumérisme, à cultiver en leur conscience le sens de la justice, et s’est dit satisfait de la collaboration entre l’université et le diocèse de Rome pour ouvrir un couloir humanitaire afin d’acheminer l’aide à Gaza.

    Cette différence d’approche, enfin, peut aussi expliquer l’accueil différent réservé aux deux pontifes. Benoît remettait en question une certaine université, Léon beaucoup moins.

  • Selon Léon XIV, foi et science ne sont pas ennemies mais au service de la vérité

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV

    AUX MEMBRES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION

    DE LA FONDATION DE L'OBSERVATOIRE VATICAN 

    Salle du Consistoire, lundi 11 mai 2026

     
    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

    Que la paix soit avec vous.

    Éminence le Président du Gouvernorat,
    Chers amis,
    Chers frères et sœurs,

    Je suis profondément reconnaissant de vous rencontrer, vous, membres de la Fondation de l'Observatoire du Vatican, et je vous remercie de votre soutien fidèle et généreux au travail de l'Observatoire du Vatican – une institution précieuse de l'État de la Cité du Vatican au service du Saint-Siège et de l'Église universelle.

    Il y a cent trente-cinq ans, mon prédécesseur, le pape Léon XIII, refondait l’Observatoire du Vatican afin que « chacun puisse voir clairement que l’Église et ses pasteurs ne s’opposent pas à la science véritable et solide, qu’elle soit humaine ou divine, mais qu’ils l’accueillent, l’encouragent et la promeuvent avec le plus grand dévouement » ( Ut Mysticam , 14 mars 1891). À cette époque, la science était de plus en plus présentée comme une source de vérité rivale à la religion, si bien que l’Église ressentait le besoin urgent de contrer l’idée grandissante que la foi et la science étaient ennemies.

    Aujourd'hui, la science et la religion sont confrontées à une menace différente, et peut-être plus insidieuse encore : ceux qui nient l'existence même de la vérité objective. Trop nombreux sont ceux qui refusent de reconnaître ce que la science et l'Église enseignent clairement : notre responsabilité solennelle envers la préservation de notre planète et le bien-être de ses habitants, en particulier les plus vulnérables, dont la vie est mise en péril par l'exploitation irresponsable des êtres humains et de la nature. C'est précisément pourquoi l'adhésion de l'Église à une science rigoureuse et honnête demeure non seulement précieuse, mais essentielle.

    L'astronomie occupe une place particulière dans cette mission. La capacité de contempler avec émerveillement le soleil, la lune et les étoiles est un don offert à chaque être humain, sans distinction de condition ou de situation. Elle éveille en nous à la fois l'admiration et un sens salutaire des proportions. La contemplation des cieux nous invite à voir nos peurs et nos faiblesses à la lumière de l'immensité divine. Le ciel nocturne est un trésor de beauté accessible à tous – riches et pauvres – et, dans un monde si douloureusement divisé, il demeure l'une des dernières sources de joie véritablement universelles.

    Tragiquement, même ce don est aujourd’hui menacé. Pour paraphraser le pape Benoît XVI, nous avons rempli nos cieux d’une lumière artificielle qui nous aveugle à la lumière que Dieu y a placée – une image éloquente, suggérait-il, du péché lui-même (cf. Homélie du 7 avril 2012).

    C’est dans ce contexte que j’exprime ma profonde gratitude pour le travail de la Fondation. Votre engagement permet aux scientifiques du Vatican de dialoguer de manière constructive avec le grand public et la communauté scientifique internationale. Votre générosité permet à l’Observatoire du Vatican de partager la magie de l’astronomie avec des étudiants du monde entier et de proposer des ateliers et des écoles d’été aux enseignants des écoles et paroisses catholiques. Et c’est grâce à votre dévouement que les télescopes et les laboratoires de l’Observatoire restent fidèles à leur vocation première : des lieux où la gloire de la création divine est contemplée avec respect, profondeur et joie.

    Nous ne devons jamais perdre de vue la vision théologique qui anime tout cela. Notre religion est une religion de l’Incarnation. L’Écriture nous enseigne que, dès le commencement, Dieu s’est révélé à travers sa création (cf. Rm 1, 20), et qu’il a tant aimé cette création qu’il a envoyé son propre Fils pour y entrer et la racheter (cf. Jn 3, 16). Il n’est donc pas surprenant que les personnes profondément croyantes se sentent appelées à explorer les origines et le fonctionnement de l’Univers. Cette soif de comprendre pleinement la création n’est autre que le reflet de cette aspiration ardente à Dieu qui réside au cœur de chaque âme.

    En vous renouvelant ma gratitude pour votre soutien, je prie Dieu Tout-Puissant de vous combler, vous et vos familles, de ses abondantes bénédictions. Merci !

  • Comment la science a tué le matérialisme

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    De Michel-Yves Bolloré sur First Things :

    Comment la science a tué le matérialisme

    Au début du XXe siècle, les matérialistes pouvaient se sentir triomphants. Les quatre siècles précédents avaient été riches en découvertes scientifiques qui avaient conforté la vision matérialiste du monde, ralliant à leur cause la plupart des scientifiques et des philosophes. Ces découvertes bouleversèrent profondément une Europe qui, jusque-là, était chrétienne.

    Le premier choc, provoqué par Copernic et Galilée, a révélé que la Terre n'était plus le centre de l'univers et que le Soleil ne tournait plus autour d'elle. Newton, Descartes et Laplace ont démontré que les étoiles, loin d'être poussées à travers les cieux par des anges, étaient régies par des lois d'une élégante simplicité mathématique. Buffon a soutenu que l'âge de la Terre remontait à une époque antérieure à tout récit biblique, établissant des chronologies s'étendant sur des dizaines de milliers, voire des millions d'années. Et l'homme lui-même, longtemps considéré comme l'œuvre de Dieu, est apparu dans les travaux de Lamarck et de Darwin comme le produit d'une immense histoire évolutive, ramené à la réalité par sa descendance du singe, ou d'un animal très semblable.

    Prises ensemble, ces découvertes semblaient rendre superflue la notion de Dieu Créateur ; l’univers pouvait s’expliquer sans lui. Vers 1800, le mathématicien français Laplace présenta à l’empereur Napoléon les équations mathématiques régissant notre système solaire. Napoléon lui aurait demandé : « Monsieur Laplace, on me dit que vous avez écrit ce livre volumineux sur le système de l’univers, sans jamais mentionner son Créateur ? » Laplace aurait répondu : « Je n’ai nul besoin de cette hypothèse. » Vraie ou embellie, cette anecdote illustre parfaitement l’esprit de l’époque : si l’existence d’un Créateur n’était plus nécessaire pour expliquer le monde, c’était pour une raison très simple : il n’existait tout simplement pas !

    D'autres allèrent plus loin, affirmant non seulement que Dieu n'existait pas, mais aussi que croire en Dieu était néfaste. La religion était l'opium du peuple, comme l'écrivait Marx, et le fruit de l'aliénation et des névroses de l'humanité, comme Freud le soutiendrait plus tard. Si ces croyances ancestrales pouvaient être abandonnées, l'humanité atteindrait enfin la prospérité, le savoir et la liberté. La libération sexuelle était placée au cœur de cette promesse, suivie de près par la vision d'un avenir radieux. La science, affirmait-on, appartenait aux esprits sérieux et éclairés, tandis que la foi était le domaine des personnes âgées, murmurée dans des églises à moitié vides.

    Il était presque inévitable que de tels développements scientifiques donnent naissance à de nouvelles philosophies, lesquelles trouvèrent à leur tour une expression politique dans une vague de révolutions socialistes qui dénoncèrent la religion comme réactionnaire. Ces mouvements déferlèrent sur l'Europe avant de se propager dans le monde entier : en Russie avec Lénine en 1917, en Italie avec Mussolini en 1920, en Allemagne avec Hitler en 1930, en Espagne avec la guerre civile de 1936, et plus tard en Chine avec Mao Zedong en 1948, pour ne citer que les exemples les plus marquants.

    Les scientifiques et les philosophes de l'époque croyaient que la science poursuivrait indéfiniment sa progression sur cette voie. Le matérialisme, pensaient-ils, était devenu le fondement même de la science. À travers l'Europe, de nombreux chrétiens, humiliés, se soumirent ; beaucoup abandonnèrent complètement la religion. C'est pourquoi ce qui a suivi dans le monde scientifique a été si imprévu, voire scandaleux. Car la science a connu un profond bouleversement. En l'espace d'un seul siècle, une avalanche de découvertes a ébranlé les fondements mêmes du matérialisme. Le livre que j'ai coécrit avec Olivier Bonnassies, Dieu, la science, les preuves , raconte l'histoire de ces découvertes et la réaction des matérialistes. Il est redevenu difficile, voire impossible, d'expliquer l'univers sans émettre l'hypothèse d'un Créateur. L'Horloger est de retour.

    Quatre bouleversements ont ébranlé les fondements mêmes du matérialisme, bien que le grand public en demeure largement ignorant. Le premier survint au milieu du XIXe siècle, avec la naissance d'une nouvelle science : la thermodynamique. En formulant des lois régissant l'énergie, la chaleur et le travail, les physiciens pensaient résoudre des problèmes pratiques liés aux moteurs et à leur rendement. Mais ils mirent au jour un phénomène bien plus important.

    La seconde loi de la thermodynamique a révélé que les systèmes fermés évoluent irréversiblement vers le désordre. Allumez une bougie : vous partez d’un système bien organisé : un cylindre de cire et une mèche neuve. En quelques heures de combustion, ce système ordonné se désintègre en lumière, chaleur, gaz et résidus. Le processus ne peut s’inverser sans intervention extérieure. Appliqué à l’univers, ce principe a des implications troublantes. Si l’entropie augmente constamment, le cosmos ne peut pas se répéter indéfiniment. Il doit nécessairement tendre inexorablement vers une fin ultime — un état que les physiciens ont appelé la « mort thermique » du cosmos. Le temps acquiert ainsi une direction.

    Les implications étaient profondes. Un univers régi par l'entropie ne peut être éternel dans les deux sens. Le désordre s'accroît vers le futur ; l'ordre s'accroît vers le passé. Mais l'ordre ne peut croître indéfiniment. La logique de l'entropie implique un commencement – ​​un état d'ordre maximal à partir duquel l'univers a entamé sa descente irréversible. Le passé, comme le futur, n'était plus sans fin. Même notre propre Soleil reflète ce principe. Né il y a environ quatre milliards d'années, il constitue une réserve d'énergie finie. Il brille car il consomme lentement son combustible. Dans cinq milliards d'années, ce combustible sera épuisé et le système solaire cessera d'exister.

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  • Quarante-deux pages des Lettres de saint Paul retrouvées; « Une découverte tout simplement monumentale »

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    D'Anne van Merris sur zenit.org :

    L'imagerie multispectrale a été utilisée pour reconstituer les 42 pages des Lettres de saint Paul © emelibrary.org

    L'imagerie multispectrale a été utilisée pour reconstituer les 42 pages des lettres de saint Paul © Emelibrary.Org

    42 pages des Lettres de saint Paul retrouvées « Une découverte tout simplement monumentale »

    5 mai 2026

    Une équipe internationale de chercheurs, conduite par l’université de Glasgow, en Écosse, a annoncé ce 24 avril 2026 avoir réussi à reconstruire 42 pages perdues d’un ancien manuscrit grec du Nouveau Testament, le Codex H.

    Ce manuscrit est une copie des Lettres de saint Paul de Tarse datant du 6e siècle. Il a été démantelé au 13e siècle dans le monastère de la Grande Laure, sur le mont Athos, en Grèce. Les textes ont alors été réécrits à l’encre et les pages réutilisées comme matériau de reliure et de feuillets de garde pour de nombreux autres manuscrits. Puis des fragments ont été dispersés dans des bibliothèques en Italie, en Grèce, en Russie, en Ukraine et en France.

    Les Lettres de saint Paul étaient originellement organisées différemment © AED gla.ac.uk / Damianos Kasotakis

    Les Lettres de saint Paul étaient originellement organisées différemment © gla.ac.uk / Damianos Kasotakis

    Pour le professeur Garrick Allen, qui a supervisé l’équipe de scientifiques, cette découverte « est née d’un élément essentiel : nous savions qu’à un moment donné, le manuscrit avait été réécrit à l’encre. Les produits chimiques contenus dans la nouvelle encre ont provoqué des dommages par décalage sur les pages en vis-à-vis, créant ainsi une image en miroir du texte sur la feuille opposée – laissant parfois des traces sur plusieurs pages, à peine visibles à l’œil nu, mais très nettes grâce aux techniques d’imagerie les plus récentes ».

    Les chercheurs ont donc utilisé l’imagerie multispectrale afin de reconstituer le texte « fantôme », qui n’existe plus physiquement. Pour garantir l’exactitude historique, ils ont collaboré avec des experts français et ont pu effectuer une datation au radiocarbone, confirmant l’origine exacte de ce parchemin du 6e siècle.

    Le professeur Allen poursuit : « Étant donné que le Codex H est un témoin si important pour notre compréhension des Écritures chrétiennes, la découverte de nouvelles preuves – et a fortiori d’une telle quantité – de son apparence originale est tout simplement monumentale. »

    Ces textes nouvellement dévoilés offrent ainsi des données précieuses sur la façon dont les premiers chrétiens lisaient et transmettaient les Écritures. Ils révèlent également que l’organisation originelle des Lettres de saint Paul diffère de leur division actuelle.

    Une nouvelle édition imprimée du Codex H paraîtra prochainement, et une édition numérique est disponible gratuitement en anglais, rendant ces pages accessibles au public et aux chercheurs pour la première fois depuis des siècles.

    42 pages des Lettres de saint Paul retrouvées | ZENIT - Français

  • Ce que montre une étude finlandaise sur la santé mentale et la transition de genre

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    De "La Sélection du Jour" :

    Santé mentale et transition de genre : ce que montre une étude finlandaise de long terme

    Par Raphaël Lepilleur. Synthèse n°2684, Publiée le 24/04/2026 - Photo : Entre récits et données, le réel refait surface. Crédits : Olmosovich à la poche, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
    Une étude finlandaise d'ampleur, fondée sur des registres de santé exhaustifs, suit 2 083 adolescents sur plus de vingt ans. Elle met en évidence une morbidité psychiatrique nettement plus élevée que dans la population générale, qui ne diminue pas après les parcours médicaux étudiés. Mené par des psychiatres universitaires dans un pays souvent présenté comme progressiste, ce travail introduit une complexité qui contraste avec l'idée d'une amélioration systématique de la santé mentale.

    Le document en sélection est une étude scientifique finlandaise publiée en 2026 dans la revue médicale Acta Paediatrica. Elle analyse, à partir des registres nationaux de santé, le parcours de 2 083 adolescents et jeunes adultes ayant consulté des services spécialisés en identité de genre entre 1996 et 2019, comparés à plus de 16 000 individus issus de la population générale. L'une des plus vastes études jamais menées sur ce sujet. Il ne s'agit donc pas de déclaratif, ni d'un travail militant, ni d'un échantillon restreint. L'étude repose sur des données médicales exhaustives : diagnostics, hospitalisations, prescriptions, et un suivi dans le temps pouvant aller jusqu'à 25 ans, sans perte d'information (« no loss of data », précisent les auteurs). Un point rarement atteint à cette échelle, qui souligne la continuité du suivi et la solidité de l'ensemble. 

    Elle a été menée par des psychiatres pleinement intégrés au système de santé finlandais. Parmi eux, le Dr Riittakerttu Kaltiala, cheffe du département de psychiatrie pour adolescents à l'hôpital universitaire de Tampere, enseignante, clinicienne (plus de 230 publications scientifiques). Les auteurs déclarent des financements académiques classiques, des activités institutionnelles standards. Aucun élément ne permet d'identifier un conflit d'intérêt. Le contexte compte aussi, la Finlande étant régulièrement présentée comme un modèle en matière de qualité de vie, de stabilité sociale, de politiques publiques. Un pays souvent cité comme référence, y compris sur ces questions. Le pays a été un pionnier dans la simplification des procédures de changement légal de genre, supprimant l'obligation de stérilisation et de diagnostic psychiatrique. Difficile donc de plaider l'argument d'une société transphobe ou rétrograde. 

    Ce travail semble difficile à écarter. Mais encore faut-il accepter le cadre dans lequel il s'inscrit : celui de la psychiatrie. Un cadre aujourd'hui contesté par certains courants militants, qui le dépeignent comme un outil de normalisation, le bras armé d'une société transphobe. Dans cette lecture, le diagnostic lui-même est suspect, l'évaluation clinique assimilée à une forme de contrôle.

    Pourtant, une contradiction semble émerger de cette posture. Les mêmes voix qui s'élèvent contre la validité du cadre psychiatrique sont souvent celles qui s'appuient sur la reconnaissance de diagnostics, qu'ils soient auto-établis ou validés par la médecine, pour asseoir leur démarche. On observe alors un paradoxe : la science médicale, qualifiée d'oppressive, devient simultanément une source de légitimité. Cette oscillation entre le rejet du système et l'appel à sa validation interroge sur la cohérence d'une position qui mobilise les outils de ce qu'elle condamne parfois.

    Dans ce cadre, le rôle du médecin est lui aussi remis en cause. Le processus d'évaluation est dénoncé comme un "gatekeeping" (un contrôle d'accès arbitraire qui conditionne l'accès aux soins). Les patients seraient contraints de "performer" leur détresse pour satisfaire des critères médicaux. Poussée à son terme, cette position considère que toute production scientifique issue de ce champ serait, par définition, irrecevable. C'est une position. Elle existe. Mais si on accepte le principe même de l'observation clinique, alors cette étude ne peut être ignorée.

    L'identité, le rapport à soi, au corps, traverse toute l'histoire de la pensée et de l'humanité. Elle n'est pas née au XXIe siècle. Ce qui change radicalement aujourd'hui, c'est la manière dont cette question est prise en charge : médicalement, institutionnellement, politiquement, culturellement. Et cette prise en charge n'a rien d'anodin. Côté traitement, nous parlons de traitements irréversibles et très lourds. De bloqueurs de puberté, d'interventions chirurgicales radicales, comme la création d'un néo-pénis à partir d'un lambeau de peau prélevé sur l'avant-bras ou la cuisse, puis équipé d'une prothèse gonflable en silicone. Ou la confection d'un néo-vagin, une cavité artificielle nécessitant une dilatation à vie pour éviter qu'elle ne se referme. Il s'agit d'engagements à vie, avec des complications potentielles inhérentes à la construction d'organes artificiels.

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  • Rencontre avec le médecin légiste qui a pratiqué les autopsies des grands saints.

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Rencontrez le médecin légiste qui a pratiqué les autopsies des grands saints.

    Le médecin français Philippe Charlier, le « Hercule Poirot de la médecine légale », a réussi à reconstituer le visage de Marie-Madeleine et étudie actuellement le mystérieux « parfum de sainteté ».

    Le docteur Philippe Charlier examine des ossements humains à l'École biblique de Jérusalem.
    Le docteur Philippe Charlier examine des ossements humains à l'École biblique de Jérusalem. (Photo : courtoisie du docteur Philippe Charlier)

    Au fil de ses visites dans les musées, les églises, les sanctuaires et les vitrines, le médecin légiste et archéologue Philippe Charlier ne peut s'empêcher de cataloguer les grandes figures de l'histoire qui se trouvent devant lui : « Il est mon patient… elle aussi ; lui aussi. » L'image est saisissante et illustre une carrière parmi les plus atypiques d'Occident aujourd'hui.

    Au cours des vingt dernières années, le docteur Charlier s'est forgé une réputation internationale en appliquant les outils de la médecine légale moderne à certaines des dépouilles les plus symboliquement chargées de l'histoire chrétienne et européenne – du roi Saint Louis et de Marie-Madeleine à Thérèse de Lisieux, François d'Assise, Jeanne d'Arc, Richard Cœur de Lion, René Descartes et même Adolf Hitler. Il a également été directeur scientifique du musée du Quai Branly à Paris pendant cinq ans. 

    Son dernier ouvrage, L'Histoire au scalpel : Autopsie des morts célèbres, se lit comme une visite guidée d'un laboratoire et d'une crypte, au rythme et au ton d'une enquête. Catholique pratiquant, il s'inscrit dans la tradition qu'il étudie, tout en conservant une approche rigoureusement médico-légale.

    La médecine légale appliquée aux saints, aux rois et aux légendes

    L'un des aspects les plus importants de l'œuvre de Charlier est qu'elle offre une compréhension concrète de la vie et de la mort de certaines des figures les plus vénérées de l'histoire chrétienne. Ce faisant, elle remet souvent en question des mythes tenaces. 

    Il a démontré, par exemple, que Saint Louis n'était pas mort de la peste pendant les croisades, comme cela a été répété pendant des siècles, mais d'une grave infection liée à un scorbut avancé. 

    De même, son analyse récente des cheveux de sainte Thérèse de Lisieux suggère qu'elle n'est pas morte uniquement de la tuberculose. Le mercure, alors utilisé comme traitement, a également joué un rôle important.

    « On aborde les restes d'un roi médiéval ou d'une nonne cloîtrée avec la même rigueur qu'une affaire médico-légale moderne », a-t-il déclaré au Register. « À ceci près que ce n'est pas le système judiciaire qui nous le demande, mais les historiens. » Une fois le travail terminé – réunis autour d'une table avec toute l'équipe – on a l'impression de se retrouver « un peu dans un roman d'Agatha Christie », lorsque la vérité éclate au terme de l'enquête : « C'est là qu'on réalise à quel point c'était une expérience enrichissante que d'avoir travaillé sur cette personne. »

    Ce « Hercule Poirot de la médecine légale » a également réussi à reconstituer le visage de Marie-Madeleine à partir des restes conservés en Provence , en travaillant sur le crâne, des fragments de peau et une mèche de cheveux, et à démontrer que ces éléments forment un ensemble cohérent, correspondant à une seule et même personne, une femme méditerranéenne d'une cinquantaine d'années. Cette reconstitution ne prouve pas en soi la tradition, mais la conforte considérablement.

    Reliquaire de Sainte Marie-Madeleine
    Reliquaire Sainte-Marie-Madeleine (Photo : Éditions Tallandier)

    Parfois, les résultats des enquêtes peuvent être plus troublants, lorsque des objets de dévotion longtemps vénérés se révèlent reposer sur des supercheries historiques. C'est le cas, par exemple, des reliques de Jeanne d'Arc conservées dans un musée de Chinon, qui se sont avérées être des fragments de momies égyptiennes.

    Charlier a également mis en lumière ce qui a pu faire de Descartes l'un des plus grands esprits de tous les temps : une asymétrie crânienne, dans une région liée à l'abstraction et au langage, qu'il interprétait comme la plasticité du génie. L'examen a aussi mis fin à une rumeur persistante : Descartes n'a pas été empoisonné à Stockholm – comme on l'a longtemps soupçonné en raison de sa proximité avec la reine protestante Christine et de l'idée qu'il cherchait à la convertir au catholicisme – mais est mort d'une pneumonie après un fort rhume.

    Le retour des Reliques

    Parmi les principaux demandeurs de ces enquêtes, l'Église elle-même occupe une place de choix. Comme l'a souligné Charlier, les autorités ecclésiastiques sollicitent de plus en plus d'expertises scientifiques : non pas pour confirmer un récit, mais pour vérifier rigoureusement l'authenticité des objets qu'elles présentent à la vénération. 

    « Contrairement à ce qu’a écrit Calvin », a déclaré Charlier, « il n’y a pas tant de fausses reliques… du moins en ce qui concerne les restes humains. » Le plus souvent, le problème tient moins à la contrefaçon qu’à l’épreuve du temps : les reliques sont déplacées, fragmentées et réattribuées au fil des siècles.

    Ces demandes s'inscrivent dans un contexte de regain d'intérêt pour les reliques observé dans le monde occidental ces quinze dernières années, intérêt qui s'est accéléré depuis la pandémie de COVID-19. Pour Charlier, il s'agit d'un phénomène anthropologique, une réaction à la perte progressive du sacré dans les sociétés déchristianisées.

    « Il est très difficile pour les êtres humains d'avoir la foi sans un objet tangible », a-t-il déclaré, ajoutant que même des traditions comme le protestantisme, qui ont cherché à se distancer de tout intermédiaire matériel, créent en pratique leurs propres points de repère. « Elles ont encore besoin, par exemple, du masque mortuaire de Luther pour concrétiser leur foi. »

    Les reliques répondent donc à un besoin intemporel de voir, d'approcher et de toucher. Le rôle de la science, dans ce contexte, n'est pas de remplacer la dévotion, mais bien de la légitimer.

    Là où le sacré et le scientifique se rencontrent 

    Cette dualité traverse la vie et l'œuvre de Charlier. Lorsqu'il se maria en l'église Saint-Ours de Loches, dans la Loire, il le fit devant le tombeau d'Agnès Sorel, sa première « patiente » et la première « favorite » royale de l'histoire de France, dont on se souvient également pour sa grande piété ; il la fit même inscrire, mi-sérieux mi-plaisantin, comme témoin dans le registre paroissial.

    Cela reflète sa conviction que son travail peut rapprocher les morts, notamment les figures historiques, des vivants – non pas comme des icônes lointaines, mais comme des êtres humains dont la vie peut être mieux comprise.

    Nulle part ailleurs cela n'est apparu plus clairement qu'à Assise, en Italie, en février dernier. Travaillant de nuit dans la crypte, sous les fresques de Giotto, sur la dépouille de saint François, il s'est retrouvé face à une figure qui comptait beaucoup pour lui depuis longtemps. Il se souvient s'être agenouillé devant le squelette du saint « qui [lui] parle profondément ». C'était pour lui « presque comme un pèlerinage… une épiphanie », se souvient-il de ce moment dont il avait rêvé toute sa vie.

    « J’ai deux hémisphères cérébraux », a-t-il commenté. « L’un appartient au croyant, au catholique romain ; et l’autre au scientifique, celui qui ne manquerait jamais la moindre lésion sur le petit métacarpien ou la plus infime cavité sur une canine isolée. »

    C’est aussi ce qui l’amène à approfondir des sujets à la frontière entre la dévotion et la science forensique. L’un d’eux est ce qu’on appelle l’odeur du sacré.

    Il avait déjà abordé le sujet dans son étude sur Richard Cœur de Lion en 2013. Dans ce cas précis, les odeurs détectées autour du cœur du roi anglais pouvaient être attribuées à des substances d'embaumement utilisées délibérément pour créer une odeur agréable, quoique artificielle.

    Charlier prépare actuellement une étude visant à déterminer ce qui pourrait composer ce mystérieux « parfum de sainteté », qui a été trouvé parmi les restes mortels de saints tels que Thérèse d'Avila, en collaboration avec des parfumeurs, des œnologues (experts en vinification) et même des chocolatiers. 

    Ce même désir de faire revivre l'histoire sous-tend également son ambitieux projet de musée à Saint-Cloud, sur le site du dernier palais royal français encore en attente de restauration. Prévu pour une ouverture fin 2028, ce site de 10 000 mètres carrés, situé aux portes de Paris, offre une vue imprenable sur toute la ville à l'ouest et recherche déjà des partenariats internationaux pour mener à bien le projet.

    « C’est la continuation de mon rêve d’enfant », a déclaré Charlier. « Je me suis toujours vu comme un voyageur temporel, et c’est exactement ce qui se passe. Mon objectif est maintenant de rendre ce voyage accessible à tous. »