Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sciences

  • L'ère de la manipulation de masse

    IMPRIMER

    De Anne-Laure Debaecker sur le site de Valeurs Actuelles :

    Tous manipulés

    À travers les décennies, les techniques développées par des ingénieurs du consentement n’ont eu de cesse de se développer et de s’améliorer pour influencer nos comportements, détaille David Colon. Entretien. 

    16 septembre 2021

    La « persuasion des foules » « trouve bel et bien son origine dans la démocratie » et, ainsi, des experts « fabriquent le consentement ou le dissentiment » depuis plus d’un siècle, explique David Colon dans son dernier ouvrage, les Maîtres de la manipulation . Professeur à Sciences Po Paris, membre de son administration et chercheur dans son centre d’histoire, l’enseignant a déjà consacré son précédent livre à la manipulation de masse. À travers vingt portraits de « maîtres de la persuasion » au cours du XXe siècle se dévoilent les mises en place de techniques publicitaires et de lobbying, développées pour influer sur nos actes de plus en plus discrètement. D’Edward Bernays à Walt Disney en passant par Goebbels, David Ogilvy ou encore Mark Zuckerberg, on découvre ainsi comment des hommes politiques, des idéologues, des industriels ont vu leurs intérêts servis et couronnés de succès par des entreprises de manipulation à grande échelle. On peut seulement regretter que le livre soit pudique sur le matraquage actuel opéré dans la sphère médiatique pour promouvoir le progressisme. 

    Valeurs actuelles. Dans notre XXIe siècle, en quoi consiste l’art de la persuasion de masse ? Par quels biais nous faisons-nous influencer voire manipuler ?

    On a longtemps vécu avec la conviction que l’éducation et l’information nous préservaient des dispositifs de manipulation de masse. Or, de plus en plus de recherches tendent à accréditer l’idée que nous sommes davantage influencés et manipulés aujourd’hui que par le passé. Nous sommes en effet à la fois beaucoup plus en quête d’informations et beaucoup plus informés. Nous passons quotidiennement des heures en contact avec des écrans et, par eux, nous sommes ainsi exposés tous les jours à de la propagande et des opérations publicitaires, dont certaines opèrent à notre insu. Elles sont le produit du travail d’“ingénieurs du consentement” ou d’“ingénieurs des âmes”, que j’appelle les “maîtres de la manipulation”. Au cours du siècle qui s’est écoulé, ceux-ci ont inventé et déployé des techniques et des dispositifs toujours plus perfectionnés de persuasion de masse.

    Pour illustrer cet art, votre livre met en avant une vingtaine de portraits de ces maîtres de la manipulation. Sur quels critères les avez-vous retenus ?

    J’ai retenu vingt personnages qui ont en commun d’avoir eu l’intention de persuader ou de manipuler les masses, qui ont eu la capacité de le faire à grande échelle, ce qui n’est pas donné à tout le monde, et qui ont atteint leur but en produisant des effets mesurables. Tous sont des hommes, ce qui s’explique par le fait que le milieu dans lequel ils évoluent est très largement masculin, qu’il s’agisse de la publicité, du cinéma, de la communication politique ou des géants du numérique. Beaucoup d’entre eux se connaissent, s’inspirent les uns des autres, se plagient parfois, et rivalisent d’ingéniosité pour s’imposer face à leurs concurrents. À travers ces vingt portraits, je retrace un siècle d’histoire de la persuasion et de la manipulation de masse.

    Comment expliquer l’écrasante majorité d’Américains dans vos portraits ?

    Les États-Unis sont le creuset de l’industrie de la manipulation de masse. Depuis le début du XXe siècle, ils sont la première puissance économique mondiale et ont vu naître la consommation de masse, les relations publiques, le marketing, les études de marché, les sondages, la publicité scientifique… Ils accueillent les plus grands centres d’étude de la communication, de la propagande et des comportements humains. Ils ont ainsi dominé l’art de la manipulation de masse et continuent de le faire à travers certaines entreprises de la Silicon Valley comme Facebook, qui est le plus grand outil de manipulation de masse de l’histoire, capable de modéliser, de prédire et d’influencer les attitudes et les comportements de 2,8 milliards d’utilisateurs.

    Vous distinguez différentes approches concurrentes de la persuasion, lesquelles ?

    La première est celle de l’exposition, qui repose sur la conviction que plus on expose les individus à une publicité ou à un programme politique, plus on a de chance de les encourager à adopter le comportement voulu. La deuxième est une approche scientifique, qui consiste à déterminer un contenu persuasif en fonction des effets mesurés par des expériences ou des études de marché. La troisième est l’approche psychologique, qui consiste à appliquer la psychologie à l’art de la persuasion en vue d’identifier et d’influencer les mobiles des conduites humaines.

    Tout au long du XXe siècle, ces approches ont été plus ou moins concurrentes et distinctes. Elles tendent désormais à devenir complémentaires dans les dispositifs publicitaires proposés par Facebook et par d’autres firmes de la Silicon Valley. L’analyse prédictive du comportement des utilisateurs combine en effet une approche scientifique reposant sur l’exploitation de leurs données comportementales et l’élaboration de leur profil psychologique, et une approche par l’exposition consistant à déterminer le moment le plus approprié pour porter, souvent de façon répétée, un message individualisé à la connaissance des individus ciblés. C’est ce qui fait des services publicitaires des plates-formes comme Facebook des outils de manipulation individualisée de masse, et les rend d’autant plus redoutables que les dispositifs de persuasion sont de plus en plus difficilement perceptibles. La manipulation est devenue furtive.

    Lire la suite

  • WIKIPEDIA : une encyclopédie partisane ?

    IMPRIMER

    De Ludovic Lavaucelle sur La Sélection du Jour :

    30 août 2021

    UN DE SES FONDATEURS ESTIME QUE L’ENCYCLOPÉDIE WIKIPÉDIA EST DEVENUE PARTISANE

    Larry Sanger (LS), qui fut l’un des deux fondateurs de l’encyclopédie collective en ligne Wikipédia, l’accuse de donner dans l’idéologie partisane. Dans la vidéo en lien ci-dessous (32 minutes), il répond au média en ligne Unherd (UH).

    (0’20’’) UH : Wikipédia est aujourd’hui le 5ème site le plus visité au monde (600 millions de connexions par jour). L’encyclopédie est devenue une référence, mais est-elle fiable ?

    1’05’’ LS : Dès que vous faites une recherche sur un sujet controversé, la réponse est non.

    1’45’’ UH : Qu’est-ce qui a changé depuis sa création au début des années 2000 ?

    1’54’’ LS : Notre vision était d’aider nos visiteurs à se forger leur propre opinion. Sur un sujet controversé, vous aviez sur nos pages une présentation équilibrée de différents points de vue.

    3’36’’ LS : On a assisté à une dérive, surtout depuis ces 5 dernières années. Des organisations influentes contrôlent l’édition. D’ailleurs, depuis 2007, le nombre de contributeurs sur Wikipédia a été divisé par 2 (300 000 actifs aujourd’hui).

    4’39’’ UH : Comment en est-on arrivé là ?

    5’27’’ LS : Un tel jeu d’influences est peut-être inévitable, c’est la rançon du succès. Mais on devrait exiger la transparence ! Or Wikipédia se contente de pseudos…

    6’26’’ UH : Prenons des exemples pour illustrer vos observations. Des comparaisons politiques peut-être ?

    6’49’’ LS : Regardez le profil de Joe Biden sur le site. Vous ne trouverez rien sur l’avis des Républicains à son égard. La page relaie juste les critiques, venant de la gauche, sur son attitude envers les femmes ou d’anciens commentaires jugés racistes.  

    7’46’’ LS : Sur les graves soupçons de corruption en Ukraine qui l’impliquent avec son fils Hunter Biden, on dirait que le résumé a été rédigé par ses avocats ! Rien sur le contenu compromettant de l’ordinateur perdu d’Hunter !

    8’20’’ UH : Sélectionne-t-on les contributeurs selon leurs positions ?

    8’32’’ LS : Pour moi, c’est clair. Les équipes de modérateurs sont devenues politisées.

    9’04’’ UH : Vous voulez dire que les éditions sont politiquement biaisées ?

    9’12’’ LS : Ce n’est pas juste politique. Wikipédia relaie l’opinion des élites dominantes.

    11’28’’ UH : Mais n’est-il pas normal d’avoir une version en ligne avec la pensée dominante, qui découlerait d’un consensus ? Une encyclopédie est-elle utile si elle liste tous les points de vue ?

    11’57’’ LS : Je ne suis pas d’accord ! Prenez le débat sur la légalisation des drogues. Moi qui suis libertarien, je veux aussi y trouver les arguments contre…

    14’24’’ UH Donc Wikipédia fait de la propagande comme les GAFAM ? Depuis la pandémie du COVID-19, les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur pour imposer une vérité officielle…

    15’22’’ LS : Absolument. Le site se contentait de régurgiter les communiqués de l’OMS, des gouvernements. Ce n’est pas étonnant en ce sens que le modèle de Wikipédia n’est pas de faire de l’analyse. Mais le problème est qu’ils sélectionnent leurs sources en se limitant aux institutions et médias « mainstream ».

    17’15’’ UH : Dans un cas aussi complexe que cette pandémie où la situation évolue constamment, comment concilier fiabilité et exhaustivité ?

    17’40’’ LS : Personne n’a dit que la neutralité était chose aisée !

    18’45’’ UH : Ne pensez-vous pas néanmoins qu’une encyclopédie « d’opinions » est une chimère ?

    19’12’’ LS : Mais les experts se déchirent sur un grand nombre de sujets ! Pour ceux-là, il me paraît sain de présenter leurs opinions d’une manière équilibrée…

    22’48’’ UH : Vous avez conçu Wikipédia à une époque où l’on a cru à la « fin de l’Histoire ». L’ère des conflits idéologiques était révolue. Cette illusion est vite passée. L’encyclopédie universelle est-elle utopique ?

    23’35’’ LS : A l’époque, le site partageait une grande variété de points de vue !

    24’35’’ UH : Donc vous ne pensez pas que notre connaissance collective se soit fragmentée ?

    24’48’’ LS : Si, les canaux d’informations sont devenus plus nombreux et partisans. Mais le changement par rapport au début des années 2000, c’est la censure.

    26’17’’ UH : Les gens vont-ils, en réaction, rechercher de nouvelles sources pour s’informer ?

    26’35’’ LS : Certains veulent que la loi intervienne pour garantir la liberté d’expression sur des plateformes privées comme Twitter. Je ne crois pas que ça marchera car les intérêts sont trop grands. Et ce n’est pas souhaitable. Je ne veux pas qu’un gouvernement mette son nez dans ce qui s’échange sur une plateforme privée.

    27’37’’ UH : Les gens sont de plus en plus méfiants face à la parole officielle, donc la censure a ses limites. Pensez-vous que de nouvelles innovations pourraient offrir des échappatoires ?

    29’16’’ LS : Je crois en effet que nous sommes à la veille de grands bouleversements technologiques qui permettront de moins dépendre des GAFAM. Ce NAS (Network Attached Storage), par exemple, est un serveur personnel connecté à Internet. Je peux, avec cette petite boite et une bonne connexion, gérer seul mon blog…

    30’14’’ UH : Donc la décentralisation est en cours ?

    30’22’’ LS : Oui, et elle suscite beaucoup d’intérêt et d’espoir !

    Voir la video sur UNHERD

  • Les raisons de se faire vacciner

    IMPRIMER

    Du père Bruno Saintôt s.J. sur ce blog :

    Pourquoi se faire vacciner ? Raison, liberté, égalité, fraternité

    Trois confinements depuis mars 2020, plus de 111 700 morts dus au Covid-19, des séquelles prolongées chez certaines personnes, des conséquences économiques ou psychologiques dramatiques pour d’autres, une quatrième vague prévisible de contaminations due au variant Delta, des résistances déterminées à la vaccination et aux dispositifs sanitaires et politiques de limitation de la transmission. Dans ces conditions, comment évaluer éthiquement la décision du Président de la République et la ratification parlementaire de la création d’un « passe sanitaire » en attente de la décision du Conseil Constitutionnel, le 5 août 2021 ?

    Faut-il s’alarmer d’une « dictature sanitaire », d’une « société de l’hygiénisme sécuritaire », d’une « vraie rupture historique pour notre modèle de société » (F.-X. Bellamy), d’une disproportion avérée entre la restriction des libertés individuelles fondamentales et la dangerosité du virus qui la justifie, d’une dérive autoritariste qui empêcherait progressivement la levée des restrictions temporaires à nos libertés fondamentales, d’une exploitation non régulée des données personnelles après l’ouverture de cette brèche ?

    Faut-il soutenir la défiance croissante envers toutes les institutions scientifiques, sanitaires, politiques qui tentent, avec la certitude de l’efficacité vaccinale et devant les difficultés des contestations peu accessibles au débat raisonné, de tracer un chemin pour éviter à la fois un désastre sanitaire, un effondrement économique et un discrédit politique ?

    Faut-il considérer les scientifiques contestataires de l’utilité du vaccin et dénonciateurs de sa dangerosité insoupçonnée (Pr Montagnier, Pr Perronne, Pr Joyeux, Dr Alexandra Henrion-Caude, etc.) comme des éveilleurs lucides ou comme des personnalités qui usent parfois de leur autorité pour se dispenser des critères requis pour la validation scientifique ?

    Parmi les citoyens, les chrétiens pourraient-ils faire entendre une voix commune grâce à leurs ressources spirituelles et éthiques ou sont-ils eux-mêmes voués à se diviser irrémédiablement entre dénonciateurs et promoteurs, entre alarmistes et optimistes, entre complotistes et légitimistes, entre défenseurs des libertés et promoteurs de la fraternité ? Comment pourraient-ils s’aider à résister aux puissances incontrôlées des émotions et de la peur ? Comment pourraient-ils, avec d’autres, prendre position de façon raisonnée en évitant les extrêmes et en contribuant de façon critique et argumentée au bien commun ?

    La question fondamentale, qui reprend ces questions et qui a été l’objet des débats sur le Projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire, déposé le mardi 20 juillet 2021 et voté définitivement le 25 juillet 2021, pourrait s’énoncer ainsi : au regard des connaissances scientifiques et de l’évaluation politique de la situation sanitaire, sociale et économique, dans quelles mesures est-il légitime au niveau éthique et au niveau juridique de restreindre temporairement certaines libertés individuelles fondamentales en instaurant un « passe sanitaire » ?

    Une double exigence de raison et de discernement éthique s’impose.

    Une exigence de raison

    L’exigence des arguments scientifiques et médicaux

    Aucune décision éthique et juridique ne peut être prise sans l’examen rigoureux des connaissances scientifiques et médicales disponibles. Il faudrait donc commencer par tenter de répondre rigoureusement à de nombreuses questions. Quel est le mode de propagation du virus et de ses variants ? Quelle est l’efficacité du vaccin ? Quels sont les effets indésirables connus à court terme et prévisibles à long terme ? Y a-t-il des raisons de craindre des risques majeurs à long terme ? Quelle est la balance bénéfices/risques pour soi et pour les autres ? Quelles sont les personnes à vacciner en priorité ? Quels sont les critères connus pour ne pas vacciner certaines personnes qui présentent des risques à la vaccination ? Comment analyser les différentes statistiques disponibles ? Comment évaluer les différents modèles mathématiques de propagation du virus et de ses variants ? Le vaccin à ARNm peut-il modifier l’ADN des personnes vaccinées, diminuer leur fécondité, transmettre des modifications génétiques à leur descendance ? etc.

    Lire la suite

  • Pro et anti-vaccins : un dialogue électrique

    IMPRIMER

    De Jeanne Ferney sur le site du journal La Croix :

    Covid-19 : entre pro et anti-vaccins, un dialogue électrique

    Alors que le variant Delta fait planer la menace d’une nouvelle vague dès cet été, la pression sur les non-vaccinés monte d’un cran. Au bureau, à la maison ou sur les réseaux sociaux, les échanges entre ceux qui ont sauté le pas et ceux qui s’y refusent se tendent rapidement.

    « Et vous, comptez-vous vous faire vacciner ? » Ludivine (1), psychologue en Bourgogne, pose souvent la question à ses patients. Et, quelle que soit la réponse, tâche d’écouter sans juger. Cette vaccinée de la première heure est en revanche nettement moins compréhensive quand la réticence provient de professionnels en contact avec des personnes vulnérables.

    « L’autre jour, pendant une session avec des éducatrices, j’ai suggéré que le vaccin allait nous permettre de nous passer du masque en septembre, raconte-t-elle. L’une d’elles a répliqué : “Ça ne passera pas par moi !” Non seulement, on va devoir continuer à porter le masque, mais en plus, elle met en danger les personnes handicapées auprès desquelles elle travaille. » Sur le coup, elle n’a fait aucune remarque. « À quoi bon ? Les positions sur ce sujet sont trop tranchées, cela va forcément déboucher sur un conflit. »

    Combien de scènes de tension similaires se sont-elles déroulées ces dernières semaines, alors que la dégradation de la situation épidémique accroît la pression sur les réfractaires à la vaccination, en particulier chez les soignants ? Infirmière dans un Ehpad en Moselle, Mélodie, elle aussi, a renoncé au dialogue. « Dans mon établissement, les rares infirmières ou aides-soignantes qui ne veulent pas se faire vacciner flottent dans le complotisme et bien souvent, votent aux extrêmes, explique la jeune femme. Je n’ai pas envie de discuter avec elles. »

    La liberté de dire non

    Si la rupture entre vaccinés et non-vaccinés se calque parfois sur des oppositions politiques, elle est avant tout sociologique, selon l’épidémiologiste Yves Buisson. « Chez les soignants, le refus vient souvent des gens moins instruits ou moins haut dans la hiérarchie », rappelle ce membre de l’Académie nationale de médecine. Une résistance qui peut en partie se comprendre : « Ces personnes ont fait tout ce qu’on leur demandait depuis un an et demi. Pour la première fois depuis longtemps, elles ont la liberté de dire non. »

    Une liberté que revendique Camillepour qui la vaccination est « une folie expérimentale alors que 99,5 % des gens guérissent de la maladie et qu’il existe des traitements ». Cette professionnelle du tourisme, qui refuse d’être taxée d’« irresponsabilité » et d’« égoïsme », clame : « On ne veut pas nous entendre mais nous sommes des citoyens à part entière ».

    Si leur manque d’altruisme leur est souvent reproché, les réfractaires, eux, dénoncent l’intolérance de leurs « adversaires ». Pour Sandrine, retraitée en Camargue, « il est particulièrement difficile de discuter avec les pro vaccins, tellement formatés par les médias” mainstream” qu’ils sont devenus sourds à toute autre information ».

    Pas le même langage

    Pour le sociologue Gérard Mermet, si ces deux « camps » ont tant de mal à communiquer, c’est parce qu’ils ne parlent pas le même langage. « Les personnes qui défendent la vaccination se basent sur des arguments scientifiques, les opposants sur des impressions, des craintes, jusqu’au complotisme le plus irrationnel », résume-t-il, parlant de « fracture morale ».

    « Finalement, chacun considère qu’il est dans le camp du bien et que ce sont les autres qui dysfonctionnent », confirme l’historien Laurent-Henri Vignaud, maître de conférences en histoire moderne à l’Université de BourgogneAu risque que cette condamnation morale n’aboutisse à une forme de chasse aux sorcières.

    « Les non-vaccinés deviennent des boucs émissaires qui seraient seuls coupables de l’épidémie et qu’on va traquer », avertit l’historien. « Au Moyen Âge, on a jeté des gens dans des puits parce qu’on les considérait comme responsables de la peste », met aussi en garde Annick Opinel. Pour cette historienne et philosophe des sciences, la radicalisation des discours de part et d’autre est alimentée par un sentiment d’urgence inédit : « D’habitude, les enjeux de la vaccination sont plus abstraits, cette fois-ci, on peut les voir de nos propres yeux : ce sont les terrasses et les cinémas qui ont rouvert, la vie qui a repris… Un tel effet de réel ne s’était pas vu auparavant, et nourrit le dépit des vaccinés. »

    Un dépit qui, sur les réseaux sociaux, se transforme souvent en colère. « Franchement les antivax… Vous n’en avez jamais marre d’être cons ? », s’emporte un internaute sur Twitter, répondant au message d’un utilisateur assurant que la mort du généticien Axel Kahn, atteint d’un cancer, a été « accélérée par la vaccination ».

    Lire la suite

  • Les retrouvailles de la science et de la religion

    IMPRIMER

    De Jean Staune sur Aleteia.org :

    Quand la science redécouvre Dieu

    CREATION OF ADAM

    Michelangelo | Public Domain

    14/07/21

    Les découvertes scientifiques révolutionnaires du XXe siècle changent notre vision du monde : elles induisent « un réenchantement du monde » qui permet les retrouvailles de la science et de la religion, après deux siècles de séparation.

    En 2000 quand on a changé de siècle, on a demandé à 200 scientifiques ce que l’on retiendra selon eux du XXe siècle, et ils ont répondu : premièrement, l’homme met le pied sur la lune ; deuxièmement, le nucléaire, troisièmement, la démonstration de l’existence de la non séparabilité quantique (paradoxe EPR) ; quatrièmement, la Deuxième Guerre mondiale, Staline, Hitler et leurs 50 millions de morts. Comment peut-on croire qu’une obscure expérience de physique puisse marquer davantage l’humanité que la mort de 50 millions d’humains ? C’est pourtant ce qui est arrivé dans le passé : en 1348, l’épidémie de peste noire a tué en quelques années plus d’un tiers de la population européenne (1348-1352), mais le monde l’a oublié, alors qu’il connaît les noms de Copernic et Galilée. L’affaire Galilée pouvait sembler concerner les seuls spécialistes, mais elle a eu cent fois plus d’impact que la disparition d’un tiers de la population. La leçon que nous devons en retenir c’est que, dans le long terme, les seules vraies révolutions sont les changements de vision du monde. 

    Lire la suite sur Aleteia.org

  • La mort apaisée d'un grand savant

    IMPRIMER

    D'Agnès Pinard Legry sur Aleteia.org :

    La bouleversante sérénité d’Axel Kahn face à la mort

    6/7/2021

    Médecin et généticien, Axel Kahn est mort des suites d’un cancer à l’âge de 76 ans, a annoncé ce mardi 6 juillet la Ligue nationale contre le cancer dont il a été le président. Agnostique, il n'aura cessé de nourrir jusqu'au seuil de la mort une profonde réflexion sur la vie.

    Axel Kahn en avait lui-même fait l’annonce il y a quelques semaines. Avec sérénité et apaisement. « Jusqu’en avril, je planifiais les années civiles ; puis des saisons. Ce furent bientôt plutôt les semaines. Ce ne sont plus désormais que les aubes naissantes que je verrai, émerveillé, bleuir. Cela en vaut pourtant toujours la peine », avait tweeté le médecin et généticien Axel Kahn le 29 mai dernier. Il s’est finalement éteint à l’âge de 76 ans d’un cancer, a annoncé ce mardi 6 juillet la Ligue nationale contre le cancer dont il a été le président jusqu’en juin 2019.

    De sa mort, Axel Kahn, agnostique (il ne croyait pas à la vie après la mort, ndlr), n’a cessé d’en parler avec calme, sans l’ombre d’une angoisse. « Selon moi, limiter la vie au désir de ne pas mourir est absurde. J’ai par exemple souvent écris que lorsque je ne marcherai plus, je serai mort. Il y aura un petit décalage puisque je ne marche plus, mais il sera bref », écrivait-il dans un message d’adieu publié le 21 mai sur sa page Facebook intitulé « Au bout du chemin ». « Alors, des pensées belles m’assaillent, celles de mes amours, de mes enfants, des miens, de mes amis, des fleurs et des levers de soleil cristallins. Alors, épuisé, je suis bien ». Un texte qu’il conclut ainsi : « Alors, souriant et apaisé, je vous dis au revoir, amis ».

    Apprendre à vivre à proximité de la mort est un superbe défi.

    Sachant son échéance proche, il n’en a pas pour autant arrêté de partager les joies simples et essentielles de la vie. Pour la fête des pères, dimanche 20 juin, Axel Kahn, a ainsi partagé sur Twitter : « Que mes enfants me souhaitent « bonne fête papa » donne tout son sel à la vie ».

    xel Kahn est revenu une dernière fois sur la mort lors de son passage dans l’émission « La grande librairie » le 23 juin. « Je suis d’une totale impavidité par rapport à la mort. Elle m’indiffère totalement. D’ailleurs en gros, elle n’existe pas. Ce qui existe c’est la vie qui s’interrompt. Mais la mort, en tant que telle, pour un agnostique comme moi, ce n’est pas plus que la fin de la vie ». Une vie riche, qu’il aura veillé à vivre à bras le corps et qui aura témoigné jusqu’au bout, à l’approche de la mort, d’une sérénité étonnante.

  • Le plus grand défi bioéthique du XXIème siècle

    IMPRIMER

    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    L’édition du génome des embryons humains, le plus grand défi bioéthique du XXIème siècle ?

    14 Juin 2021

    « Nous ne maitrisons pas quelles peuvent être les conséquences à moyen et long terme de l’édition du génome humain » a rappelé Elena Postigo mardi dernier au cours d’une conférence sur « les nouveaux défis du XXIe siècle dans le domaine de la bioéthique ». Elena Postigo est professeur pour le Master en bioéthique de l’Université catholique de Valence (UCV) et directrice de l’Institut de bioéthique de l’Université Francisco de Vitoria de Madrid (UFV). « Un énorme champ de possibilités s’ouvre devant nous, y compris sur le plan thérapeutique, mais nous devons agir avec beaucoup de prudence » explique-t-elle. Refusant la diabolisation de la science et des technologies, « au service de l’humanité », elle rappelle la nécessité d’en faire « bon usage », « toujours au service des personnes et des générations futures ».

    L’approche personnaliste

    Pour apporter des réponses aux questionnements bioéthiques, actuels et futurs, Elena Postigo propose l’approche dite « personnaliste », dans les pas de l’Italien Elio Sgreccia : « le personnalisme place la personne au centre de la bioéthique, comprise comme un être ayant une valeur intrinsèque particulière, et non comme la manifestation de ses accidents, qu’il s’agisse de la couleur de sa peau, de sa taille, de son âge, de sa qualité de vie ou de son état de santé, entre autres ». Toute personne reste alors une personne, « quelles que soient les circonstances », même en cas d’impossibilité d’agir ou de réfléchir, même en cas d’état végétatif chronique[1]« Du point de vue de la bioéthique, cela implique que vous devez être respecté lorsque vous êtes dans cet état ».

    Le personnalisme ontologique, qui « s’articule autour du concept de personne et de dignité », s’oppose à l’utilitarisme et au principalisme, car il repose sur une définition de la personne « à partir d’un fondement métaphysique et non en termes fonctionnels » « nous ne sommes pas seulement devant un être qui pense, mais devant un être qui est, avant de penser, et digne en toute circonstance de son existence ». L’utilitarisme et le principalisme, au contraire, vont considérer que dans certaines circonstances, la vie humaine ne serait « pas digne », ce qui peut amener à justifier, par exemple, la recherche sur l’embryon humain,  la modification de son génome, ou encore l’euthanasie de certaines personnes.

    Du personnalisme, au contraire, découlent plusieurs principes éthiques, explique Elena Postigo : « le respect de la vie humaine en toutes circonstances, de la conception à la mort naturelle ; le respect de sa corporéité, en comprenant le corps comme quelque chose d’intégral ; le respect de sa liberté et de la responsabilité qui en découle ; et le principe de justice et de solidarité ».

    Bioéthique contemporaine : d’autres grands défis à relever

    En plus de l’édition du génome des embryons humains, la spécialiste mentionne trois grands défis contemporains pour la bioéthique : les nanotechnologies appliquées aux humains, l’utilisation de l’intelligence artificielle en médecine et la fin de vie humaine.

    La question des nanotechnologies est cruciale si celles-ci sont utilisées au niveau du cerveau, et appliquées à la « dimension neuronale et cognitive » de la personne. Il pourrait s’agir par exemple d’un implant limitant les effets d’une maladie neurodégénérative, ou bien de la nanopuce Neuralink d’Elon Musk qui espère améliorer les capacités cognitives, voire réparer certaines lésions cérébrales. « Toutes ces propositions soulèvent des doutes bioéthiques » alerte Elena Postigo.

    L’intelligence artificielle en médecine, quant à elle, peut avoir des applications « formidables », et apporter des améliorations « de diagnostic et de pronostic ». Mais la capacité thérapeutique ne s’améliorera pas forcément à la même vitesse. Ainsi, « de nombreuses maladies peuvent être diagnostiquées, mais pas guéries ». La fin de vie humaine, enfin, représente le dernier grand défi bioéthique du XXIème siècle, notamment sur les questions de l’euthanasie et la cryogénie, c’est-à-dire « le maintien d’un corps après la mort ».

    Selon l’approche personnaliste, « les critères éthiques fondamentaux qui devraient être appliqués face aux défis bioéthiques susmentionnés » sont « le respect de la vie, le fait de ne pas nuire, le respect de la justice et la responsabilité envers les générations futures » conclut Elena Postigo.

    [1] L’état végétatif chronique, ou EVC, est un terme qui a une connotation très négative. Il gagnerait à être remplacé par celui de “syndrome d’éveil non répondant ” proposé par le Pr Cohadon (Bordeaux) en 2010. Cependant le terme d’EVC, usité en France depuis presque 50 ans, reste couramment employé.

    Sources : Observatorio de Bioética (10/06/2021)

  • Quand "Complément d'enquête" s'attaque à la mémoire du Professeur Jérôme Lejeune

    IMPRIMER

    Dans sa dernière émission diffusée ce jeudi 10 juin, "Complément d'enquête" (France 2) s'en est pris à la mémoire de Jérôme Lejeune accusé d'avoir usurpé la découverte de la trisomie 21 dont le vrai inventeur serait Marie Gautier. En fait, c'est la réactivation d'une polémique surgie il y a plusieurs années et à laquelle la Fondation Jérôme Lejeune, en septembre 2018, a réservé le traitement suivant  :

    Jérôme Lejeune, pionnier de la découverte de la trisomie 21

    Toute une vie consacrée au soin de ses patients et à la recherche d’un traitement

    Le 26 janvier 1959, puis le 16 mars 1959, deux communications à l’Académie des sciences, établissant la présence de 47 chromosomes chez les enfants dits mongoliens, ont été publiées sous les signatures Lejeune, Gautier, Turpin, et dans cet ordre indiquant que le premier est le découvreur, que le dernier est le responsable de l’équipe et qu’entre les deux figure le contributeur à la découverte.

    Pendant 50 ans, il ne s’est rien passé. Mais, depuis 2009, la mémoire de Jérôme Lejeune a été attaquée par Marthe Gautier, née en 1925, seule survivante de l’équipe, qui prétend aujourd’hui avoir découvert toute seule la trisomie 21. Jérôme Lejeune aurait été un usurpateur et Marthe Gautier aurait été spoliée.

    Certaines de ces affirmations avaient été reprises par un avis du comité d’éthique de l’INSERM rendu public le 14 septembre 2014. Il affirmait que la part de Jérôme Lejeune « avait peu de chance d’avoir été prépondérante » et cantonnait son apport uniquement à la valorisation de la découverte.

    Face à ces accusations et à ce dénigrement du rôle de Jérôme Lejeune, la Fondation Jérôme Lejeune avait décidé de réagir. En 2009 elle s’était tue, constatant que les déclarations personnelles de Marthe Gautier ne connaissaient qu’une diffusion limitée. Néanmoins, en février 2014, quand elle a appris que Marthe Gautier s’apprêtait à intervenir sur la découverte de la trisomie 21 devant les Assises de génétique humaine et médicale à Bordeaux, la Fondation avait décidé de faire enregistrer ses propos par voie d’huissier, en vertu d’une autorisation accordée par la justice, afin de défendre la réputation de Jérôme Lejeune si ce dernier venait à être diffamé. L’intuition de la Fondation était juste. Cet avis du comité d’éthique de l’INSERM a réécrit l’histoire de la découverte à la suite de Marthe Gautier. La Fondation a donc été amenée à communiquer plusieurs éléments et documents de nature à éclairer une controverse qui n’a pas grand-chose de scientifique.

    C’est à Jérôme Lejeune, et non à Marthe Gautier, que le Pr Raymond Turpin, leur chef de service à Trousseau, a demandé de signer en premier la publication princeps de janvier 1959, désignant ainsi lui- même, aux yeux de l’histoire, celui qui resterait le découvreur de la cause du mongolisme. Et c’est d’ailleurs Jérôme Lejeune qui, à la suite de cette découverte, consacrera sa vie à recevoir en consultation les patients porteurs de trisomie 21, à chercher un traitement pour les soigner et à défendre leur vie, si précieuse à ses yeux.
    Jérôme Lejeune, pour sa part, n’a cessé de saluer la contribution de Marthe Gautier dans la découverte. Dans les échanges épistolaires entre les deux collègues, il n’y a nulle trace de polémique, au contraire.
    Le reste est une relecture d’un passé repeint aux couleurs des idéologies contemporaines pour créer et alimenter une pseudo polémique. Marthe Gautier, comme les jeunes femmes scientifiques de l’époque, aurait été victime d’un machisme mandarinal de la part de Lejeune. L’argument est ridicule puisque Lejeune était le cadet de Marthe Gautier et qu’il n’était pas le chef de service.

    SOMMAIRE 
    I. Résumé – Principaux points de la controverse

    II. Questions/Réponse
    A. Qui a découvert la cause de la trisomie 21 en fin de compte ?
    B. Marthe Gautier a-t-elle, comme elle l’affirme, été la 1ère à compter 47 chromosomes ?
    C. Est-ce que Lejeune a « séquestré » les préparations de Gautier ? Et donc volé la découverte à Gautier ?
    D. Est-ce que Marthe Gautier, comme elle l’affirme, ne connaissait pas Lejeune avant la découverte ? Travaillait-elle seule ? Les rapports entre les membres de l’équipe étaient-ils distants ou tendus ?
    E. Lejeune n’était-il qu’un simple stagiaire à l’époque, et inférieur en hiérarchie à Marthe Gautier ? Est-ce que Gautier a le rôle moteur dans la découverte qu’elle décrit ?
    F. Est-ce que Lejeune est ce personnage à la carrière « jusque-là peu brillante » et opportuniste que Marthe Gautier décrit ? Est-ce qu’il a publié « en toute hâte » le premier article sur la découverte pour doubler les autres équipes de recherche internationale ?
    G. Lejeune s’est-il attribué la découverte ? A-t-il reçu tous les honneurs par la suite pour son rôle dans cette découverte, et notamment le prix Kennedy sans en partager la récompense ?
    H. Pourquoi cette polémique arrive-t-elle maintenant ?

    III. Réponse de la Fondation à l’avis du comité d’éthique de l’INSERM (septembre 2014)
    IV. Focus : La technique ne fait pas la découverte
    V. Mythes et réalité : la véritable chronologie

  • Jérôme Lejeune, portrait spirituel au fil des vertus; 3 questions à Aude Dugast

    IMPRIMER

    3 questions à Aude Dugast : Jérôme Lejeune, portrait spirituel au fil des vertus.

    29 avr. 2021
    Avec son nouvel ouvrage, Jérôme Lejeune, portrait spirituel au fil des vertus, Aude Dugast offre un portrait plus intime du Professeur Lejeune, à la lumière des vertus de foi, espérance, charité, force, justice et tempérance, qu'il a pratiqué tout au long de sa vie et qui l'ont mené sur le chemin de la sainteté.
    Image
    (Famille Chrétienne)
  • Que penser des expériences de mort imminente ? La réponse de Mgr Léonard

    IMPRIMER

    De Mgr Léonard sur aleteia.org :

    Que penser des expériences de mort imminente ?

     

    13/05/21

    Les expériences de mort imminentes (EMI) nous rappellent que notre perception quotidienne est très en deçà de la réalité, et leurs éléments caractéristiques sont très cohérents avec la foi chrétienne.

    Les expériences de mort imminentes (EMI) sont des expériences aujourd’hui bien connues, attestées dans toutes les cultures et sur tous les continents, et sur lesquelles on a maintenant de nombreuses études et plusieurs milliers de témoignages convergents. À l’origine, c’est le psychologue et épistémologue Français Victor-Émile Egger, professeur à la Sorbonne, qui emploie pour la première fois l’expression « expérience de mort imminente » en 1896 dans Le Moi des mourants. Docteur en philosophie et médecin américain, Raymond Moddy a repris l’expression sous le nom de « Near Dealth Experience » (NDE) et il a étudié sérieusement le phénomène pendant une vingtaine d’années, en analysant quantité de témoignages de personnes attestant avoir vécu une expérience de mort imminente. Il écrit trois ouvrages qui ont fait date : Life after life (La Vie après la vie) en 1975, le premier ouvrage consacré à la question des EMI, vendu à 20 millions d’exemplaires, qui rapporte 150 récits de comas ou de morts cliniques ayant déclenché des EMI. Reflections on Life After life (Lumières nouvelles sur la vie après la vie) en 1977 ; The Light Beyond (La Lumière de l’au-delà) en 1988.Au terme de son étude pionnière, Raymond Moody en arrive à expliquer le phénomène d’une manière assez spiritualiste, ne voyant pas comment expliquer les choses de manière plus rationnelle.

    Un phénomène aujourd’hui bien analysé

    Depuis une quarantaine d’années, le développement et l’amélioration extraordinaire des techniques de réanimation ont permis de multiplier brutalement le nombre des EMI, et donc de mieux approfondir le phénomène. Des témoignages de plus en plus nombreux ont peu à peu permis à tous les « expérienceurs » de sortir du silence dans lesquels ils s’enfermaient dans le passé, de peur qu’on les prenne pour des fous. Le phénomène est aujourd’hui connu et suffisamment important pour que l’on puisse l’étudier de manière statistique et scientifique, à partir de données qui viennent de toutes les parties du monde et de toutes les cultures (voir Evelyn Elsaesser-Valarino, D’une vie à l‘autreDes scientifiques explorent le phénomène des expériences de mort imminente, Paris, 1999). Le 17 juin 2006, une rencontre réunit les plus grands experts internationaux à Martigues afin de faire pour la première fois le bilan d’années de recherches et de réflexions, autour de ce phénomène hors du commun qui a maintenant suscité de nombreuses études.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • Un manuel sur l'embryon humain

    IMPRIMER

    En partenariat avec Gènéthique, la Fondation Jérôme Lejeune, forte de ses compétences juridiques, médicales et éthiques, publie un nouveau manuel consacré à l’embryon humain. Avec ce manuel, elle entend apporter des éléments d’expertise pour éveiller les consciences et rappeler que l’embryon est, dès le premier moment de son existence, un être humain.

    Comme les autres manuels thématiques de la collection, sur la GPA, la PMA, l’euthanasie, la théorie du genre et le téléthon, il est illustré et assorti de citations et de témoignages. Il s’adresse aux éducateurs, formateurs, professeurs, parents et professionnels de la santé.

    Le manuel est gratuit, vous pouvez vous le procurer sur le site de la fondation.

  • "Quand nous voyons le linceul, nous voyons vraiment le visage de Jésus"

    IMPRIMER

    Du National Catholic Register (Thomas L. McDonald) :

    Un scientifique : "Quand nous voyons le linceul, nous voyons vraiment le visage de Jésus".

    Un entretien avec Gerard Verschuuren jette un éclairage sur le tissu sacré dans le nouveau livre "A Catholic Scientist Champions the Shroud of Turin".

    New book highlights interesting insights into the venerated fabric.
    Un nouveau livre apporte des informations intéressantes sur le tissu vénéré. (photo : Sophia Institute Press)

    24 avril 2021

    Gerard Verschuuren est un biologiste et philosophe catholique qui travaille à la jonction de la science et de la religion. Sa formation très variée comprend la génétique, l'anthropologie biologique et les statistiques, mais il a également obtenu un doctorat en philosophie des sciences et a enseigné la philosophie de la biologie, la génétique humaine et la programmation informatique dans des universités américaines et européennes. Il vit aujourd'hui dans le New Hampshire et profite de sa retraite pour écrire des livres sur la foi et la science, parmi lesquels Aquinas and Modern Science, The Myth of an Anti-Science Church, In the Beginning : How God Made Earth Our Home et, plus récemment, A Catholic Scientist Champions the Shroud of Turin (Sophia Institute Press, 192 pages, $17.95). Dans ce livre, Verschuuren examine les preuves pour et contre l'authenticité du linceul dans la double perspective de la science et de la foi. L'une des raisons qui l'ont poussé à reconsidérer les preuves à ce moment-là est la disponibilité des données brutes des tests au carbone 14, dont il a été fait état pour la première fois en 1988. Retenues pendant des décennies par le British Museum, les données brutes n'ont été divulguées qu'en 2017, suite à une demande de liberté d'information du chercheur français Tristan Casabianca. L'analyse ultérieure de ces données et la comparaison avec le rapport original ont conduit l'équipe de Casabianca à conclure que " l'homogénéité fait défaut dans les données et que la procédure devrait être reconsidérée ", jetant le doute sur les résultats de la date au carbone 14. Le correspondant du Register, Thomas L. McDonald, a discuté de ces questions avec G. Verschuuren.

    Lire la suite