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Sciences

  • Considérer la science comme l’unique source de vérité revient à lui confier un job qui n’est pas le sien

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    Une chronique de Laura Rizzerio, professeure de philosophie à l’UNamur, parue sur la Libre dans la rubrique "opinions" :

    La grandeur de la science c’est qu’elle n’explique pas tout

    Contribution externe

    Si la science est essentielle pour donner accès à la connaissance du réel, la considérer comme l’unique source de vérité revient à lui confier un job qui n’est pas le sien.

    Parmi les aphorismes dont on a hérité de la culture médiévale il y a celui-ci : contra factum non valet argumentum (contre un fait il n’y a pas d’argumentation qui vaille). Les médiévaux souhaitaient ainsi rappeler qu’il existe une distance entre les faits et leurs interprétations et qu’il faut attribuer aux premiers une priorité sur les secondes. C’était leur manière de reconnaître la grandeur de la science et de l’homme qui la construit grâce aux arguments développés par son intelligence. Mais c’était aussi affirmer que le “fait” déborde toujours l’analyse scientifique (les argumenta).

    En cette période où différentes crises – sanitaire, climatique, sociale, politique – se succèdent et s’intensifient mutuellement, ouvrant inlassablement le débat entre citoyens, experts, scientifiques et hommes politiques, cet aphorisme me paraît retrouver son actualité.

    En effet, ce qui frappe dans les débats actuels c’est qu’on utilise souvent des arguments pour contester les faits – pourtant attestés par l’expérience, l’expérimentation et l’accumulation de données scientifiques – non pas en se confrontant à d’autres faits, mais en jugeant les argumentations d’autrui comme erronées simplement à partir de ses propres interprétations. C’est le cas par exemple des débats autour du climat.

    La lutte contre la pandémie n’a fait qu’amplifier le phénomène en suscitant aussi une animosité palpable entre “experts” et décideurs politiques.

    Le vrai scientifique connaît ses limites

    Ces attitudes témoignent d’une difficulté à prendre la science pour ce qu’elle est car, comme le souligne le philosophe Jean-Michel Besnier, s’il y a bien une distinction entre sciences et non-sciences, c’est que “les premières endurent l’épreuve de la réfutation, les secondes s’y soustraient” (Jean-Michel Besnier, “Les théories de la connaissance”, PUF, 2016, p. 57.). Ces attitudes inquiètent aussi, car elles fragilisent la responsabilité individuelle, l’action politique et l’organisation de la société.

    Le philosophe Dominique Lambert décrit la science comme un “ensemble de pratiques théoriques observationnelles et expérimentales visant à maîtriser divers champs de phénomènes” (Dominique Lambert, “Les trois niveaux de l’activité scientifique”, in “Science et Théologie. Les figures d’un dialogue”, Lessius/PUN, 1999, pp. 13-44.). Elle atteint la réalité en nous livrant une connaissance de celle-ci aussi bien au terme d’une reconstruction théorique – par modélisations, formalisations, simulations – qu’au terme d’une procédure empirique, à l’aide de l’expérimentation.

    La science serait donc une discipline apte à dire quelque chose de vrai sur la réalité mais à partir de la méthode qui est la sienne, dans une condition de révision perpétuelle. Cette méthode ouvre à la connaissance du réel au moyen d’une analyse (c’est l’argumentum des médiévaux) qui explique le complexe à partir de l’élémentaire, en “réduisant” méthodologiquement celui-là à celui-ci.

    Or, si telle est la condition de la science, il est alors évident que l’image de la réalité qu’elle nous livre ne peut prétendre épuiser complètement la vérité profonde des faits. La vision “réductionniste” qui caractérise sa méthode conduit inévitablement à mettre entre parenthèses la question du sens, d’une signification qui dépasse le cadre de l’expérimentation et de l’analyse scientifiques. Ce cadre est pourtant essentiel pour expliquer l’agir des êtres humains que nous sommes. Le véritable scientifique en est conscient et ne le nie pas. C’est ainsi que, par exemple, “réduire” la complexité de l’acte humain à des mécanismes moléculaires reviendrait à faire tort à la science ainsi qu’à mépriser l’humanité. Si donc l’expertise scientifique est essentielle pour donner accès à la connaissance du réel (les faits), la considérer comme l’unique source pour dire la vérité de celui-ci et comme le seul guide de notre agir, c’est confier à la science un job qui n’est pas le sien. C’est aussi méconnaître sa grandeur et celle de la liberté humaine.

    La responsabilité d’indiquer comment nous devons agir pour faire face aux crises revient en dernière instance à chacun, et à ceux qui ont la responsabilité de gérer la société, éclairés par l’expertise scientifique, mais pas déterminés par celle-ci.

    Voilà en quoi l’aphorisme médiéval conserve toute son actualité et fait même un clin d’œil, par-delà plusieurs siècles, à notre nouveau gouvernement.

  • "Même si toutes les questions scientifiques possibles ont trouvé leur réponse, nos problèmes de vie n’ont pas même été effleurés"

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    Du blog de la lettre d'Information de Denis Sureau :

    La sagesse contre le scientisme

    Michael D. Aeschliman La restauration de l’homme

    Pierre Téqui, 288 p., 19 €

    Universitaire américain aujourd’hui émérite, Michael D. Aeschliman part de l’essai de C. S. Lewis L’abolition de l’homme mais élargit très vite son propos en citant de très nombreux penseurs principalement anglo-saxons pour dénoncer le scientisme – cette croyance naïve selon laquelle la méthode scientifique moderne serait la seule voie d’accès à la connaissance. A ce réductionnisme qualifié de « religion des athées », l’auteur lui préfère la sapientia, la sagesse comme forme suprême du sens commun. De Swift (Les Voyages de Gulliver) et Chesterton jusqu’à Hans Jonas ou George Steiner, les bons esprits – écrivains, philosophes, savants… – n’ont pas manqué pour expliquer ce que le philosophe Ludwig Wittgenstein a résumé dans une sentence lapidaire : « Nous sentons que même si toutes les questions scientifiques possibles ont trouvé leur réponse, nos problèmes de vie n’ont pas même été effleurés. » Riche de références, l’essai de Michael D. Aeschliman est complété par des annexes intéressantes sur Aldous Huxley (Le Meilleur des mondes), Pierre Duhem, Sade et Tocqueville, et par un utile index biographique.

  • Chine : la publication d’un récit biblique déformé suscite la consternation des catholiques

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    La publication d’un récit biblique déformé suscite la consternation des catholiques chinois

    23/09/2020

    Un manuel scolaire destiné à l’enseignement professionnel dans le secondaire, publié par le service d’édition de l’Université des sciences et technologies électroniques de Chine, qui dépend du gouvernement, a suscité la consternation parmi les catholiques de Chine continentale. Le texte, publié afin d’enseigner « l’éthique professionnelle et le respect de la loi » aux élèves, cite un passage du récit évangélique de la femme adultère pardonnée, mais déformé et détourné à des fins politiques. « Comment enseigner l’éthique professionnelle avec un tel manuel ? », demande un prêtre, qui souhaite rester anonyme.

    Une partie de la page de couverture d’un manuel scolaire controversé, qui a suscité la consternation parmi la communauté catholique chinoise.

    La publication d’un manuel scolaire contenant une histoire biblique déformée et détournée a suscité la colère parmi les fidèles de la communauté catholique en Chine continentale. Le manuel en question a été publié pour enseigner « l’éthique professionnelle et le respect de la loi ». Le manuel scolaire, publié par le service d’édition de l’Université des sciences et technologies électroniques de Chine, qui dépend du gouvernement, contient un texte évoquant le récit de Jésus et de la femme adultère pardonnée. Dans la publication, le récit évangélique (Jean 8, 1-11) est déformé et affirme que Jésus Christ a lapidé une femme pécheresse afin de respecter la loi de son temps. Le texte reprend le passage décrivant la foule voulant lapider une femme selon la loi, et Jésus leur répondant « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre ». Pourtant, la fin du récit diffère radicalement, le texte ajoutant qu’une fois la foule dispersée, Jésus se serait mis à lapider la femme à mort en ajoutant « Moi aussi je suis pécheur, mais si la loi ne devait être exécutée que par des hommes sans faute, la loi serait vaine ». Un paroissien a publié le passage en question sur les réseaux sociaux, en dénonçant la falsification d’un texte biblique à des fins politiques comme une insulte à l’Église catholique. « Je voudrais que tout le monde sache que le Parti communiste chinois a déjà essayé de déformer l’histoire de l’Église par le passé, de diffamer notre Église et d’attirer la haine du peuple sur notre Église », a-t-il souligné.

    Mathew Wang, un enseignant chrétien dans une école professionnelle, confirme le contenu du texte controversé, tout en ajoutant que la publication exacte varie selon les lieux en Chine. Mathew Wang précise que le texte publié par le manuel scolaire a été relu par le Comité de contrôle des manuels scolaires pour l’éducation morale, dans le cadre de l’enseignement professionnel dans le secondaire. Il déplore que les auteurs aient utilisé un tel exemple erroné pour justifier les lois socialistes chinoises. Selon certains catholiques chinois, les auteurs du manuel auraient voulu souligner que la loi est sacrée en Chine, et que son respect absolu est essentiel. Un prêtre catholique, qui souhaite rester anonyme, affirme quant à lui que le texte publié « est lui-même immoral et illégal ». « Du coup, comment pouvons-nous encore enseigner l’éthique professionnelle avec un tel manuel ? », demande-t-il. « C’est un phénomène social bien triste que nous observons en Chine continentale », déplore-t-il. Paul, un catholique chinois, ajoute que des déformations similaires de récits chrétiens et de l’histoire de l’Église continuent d’être observées, mais il estime que les protestations des chrétiens n’auront aucun impact. « La même tendance se répète chaque année, mais l’Église ne riposte jamais, ou en tout cas elle ne reçoit jamais le respect et les excuses qu’elle mérite. » Kama, un catholique qui gère les contenus d’un groupe catholique sur les réseaux sociaux, souligne que le contenu publié par le manuel est une offense aux croyances religieuses des chrétiens. Il appelle les auteurs et les éditeurs concernés à présenter leurs excuses publiquement et corriger le texte. « Nous espérons que les autorités chrétiennes prendront la parole », ajoute-t-il.

    (Avec Ucanews, Hong-Kong)

  • Le progrès technique libère autant qu'il aliène

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Le progrès technique «libère autant qu’il aliène»

    22 septembre 2020

    « La grande intuition d’Ellul a été de souligner non pas l’ambiguïté mais l’ambivalence du progrès technique, qui libère autant qu’il aliène. On ne peut pas dissocier les deux et garder le meilleur.» Patrick Chastenet, professeur en Sciences Politiques à l’Université de Bordeaux et auteur d’une Introduction à Jacques Ellul [1],explique que cette ambivalence faisait l’objet, chez le penseur, de quatre propositions : « tout progrès technique se paie car il est impossible de dire si ce qui est apporté est plus important que ce qui est supprimé ; le progrès technique soulève plus de problèmes qu’il n’en résout ; ses effets néfastes sont inséparables de ses effets positifs ; il comporte toujours un grand nombre d’effets irréversibles et imprévisibles ».

    Ces sociétés techniciennes à l’affut de « l’efficacité, la puissance et le contrôle » s’avèrent incapable « d’éliminer le risque » et confinent à une dépendance vis-à-vis des experts.

    Pour Jacques Ellul, « la technique rend notre avenir impensable ». Aujourd’hui, explique Patrick Chastenet, « la technoscience et le développement exponentiel nous ont placés au milieu d’un champ de mines dont on a perdu les plans. En dépit des disparités au plan mondial et au sein de chaque secteur, la technique moderne continue de progresser de façon d’autant plus imprévisible qu’elle échappe à la volonté humaine ». Et il explique que Jacques Ellul « soutenait la démarche de Jacques Testart [2] en génie génétique, expliquant, en 1986, qu’on devait aller parfois vers une éthique de la non recherche ».

    « La mort de Dieu et la fin des grands récits idéologiques, ces fameuses religions séculières, ont laissé le champ libre à une technoscience sacralisée car porteuse de tous nos espoirs et riche de toutes nos frustrations de simples mortels ». Dans ce système technicien, la science et la technique semblent être les seuls moyens de sauver l’homme.

    [1] Jacques Ellul (1912 – 1994) est un professeur d’histoire du droit, penseur, historien, théologien protestant et sociologue français. Il est, aux côtés de Jürgen Habermas et Martin Heidegger, l’un des principaux penseurs au XXe siècle du phénomène technique.

    [2] Jacques Testart, biologiste, à l’origine du premier bébé éprouvette français, Amandine.

    Sources : Sciences critiques, Antony Laurent (15/09/2020)

  • Trente-sept pourcents des gènes humains ont une expression différenciée selon que l'on est homme ou femme

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    37 % des gènes humains ont une expression différenciée selon que l’on est homme ou femme

    Une étude vient de paraître dans la revue Science du 10 septembre, mettant en valeur les différences d’expression génétique entre les sexes, aboutissement de dix années d’efforts, 37 % des gènes humains ont une expression différenciée selon que l’on est un homme ou une femme. Health (NIH).

    Quand on pense génétique, on raisonne souvent selon l’absence ou la présence de tel ou tel gène. Or, les différences de phénotype et de nombreux facteurs biologiques (poids, maladies, vieillissement, taux de sucre dans le sang…) dépendent aussi étroitement de la façon dont les gènes sont utilisés par la cellule (épigénétique). Certains gènes restent ainsi souvent en grande partie inactivés. Ces variations d’expression sont appelées « transcriptome ». Un gène contient un code ADN pouvant être lu et transcrit en protéines fonctionnelles. Il génère pour cela un brin d’ARN à partir du code ADN, qui sert de guide pour fabriquer la protéine. Plus le gène est actif, plus il produit d’ARN et donc de protéines. C’est la quantité et la qualité de l’ARN que l’on appelle transcriptome et qui est utilisé pour mesurer l’activité des gènes.

    Ainsi, les différences entre les sexes, communément attribuées aux hormones et aux chromosomes sexuels, seraient en grande partie dues à ce fameux transcriptome. 37 % des gènes humains ont une expression différenciée selon que l’on est un homme ou une femme.

    Les scientifiques ont découvert 58 liens inédits entre l’expression génétique et des caractéristiques des individus, comme la pression sanguine, le taux de cholestérol ou le risque de cancer du sein. Le gène CYP450, qui influe sur l’assimilation des médicaments humains dans le foie, s’exprime ainsi de manière différenciée selon le sexe dans de nombreux tissus. Cela pourrait expliquer pourquoi certains médicaments sont plus efficaces chez l’homme que la femme (ou vice versa). Chez les femmes, la régulation génétique du CCDC88 est fortement associée à la progression du cancer du sein, et l’activité du gène HKDC1 est corrélée au poids de naissance (en modifiant le métabolisme du glucose dans le foie de la femme enceinte). Chez les hommes, la régulation génétique du DPYSL4 est associée au pourcentage de graisse corporelle et celle du CLDN7 au poids de naissance. Les chercheurs ont également identifié un lien entre l’expression du gène C9orf66 et la calvitie masculine.

    Voir aussi

  • Quelle métaphysique pour les lois scientifiques ? Cinq cours de Michel Ghins à l'UDA

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    Quelle métaphysique pour les lois scientifiques ?

    Bruxelles Woluwe

    Michel Ghinsprof. émérite de la Faculté de philosophie, arts et lettres donnera cinq cours de 2h, accessibles à tous, sur la Métaphysique des lois scientifiques dans le cadre de l’UDA (Université des Aînés).

    Quelle métaphysique pour les lois scientifiques ?

    Qu’est-ce qu’une loi scientifique ? Dans quelle mesure sont-elles vraies ? Quelles sont les réalités susceptibles de les rendre vraies ? Les lois régissent-elles les changements dans la nature ou faut-il avoir recours à des réalités encore plus fondamentales ? Ces réalités sont-elles alors des entités métaphysiques, c’est-à-dire inaccessibles à l’observation, mais dont nous avons de bonnes raisons de croire qu’elles existent ?

    Pour répondre à ces questions, de nouvelles métaphysiques de la nature sont aujourd’hui proposées. Elles s’inspirent de traditions platonicienne ou aristotélicienne, tout en tenant compte des acquis récents de la philosophie et des sciences contemporaines. Ce cours a pour objectif d’évaluer les mérites et les difficultés de ces métaphysiques, et ce dans un langage accessible à tous.

    Quand ? Les mardis 20, 27 octobre et 10, 17, 24 novembre de 10h45 à 12h45

    Mardi 20 octobre : Qu’est-une théorie scientifique ?

    Mardi 27 octobre : Nos meilleures théories scientifiques sont-elles vraies ?

    Mardi 10 novembre : Comment argumenter en faveur de la vérité (partielle et approximative) des lois scientifiques ?

    Mardi 17 novembre : Les conceptions empiristes des lois sont-elles satisfaisantes ?

    Mardi 24 novembre : Comment le recours à des pouvoirs causaux, semblables aux puissances aristotéliciennes, permet-il de fonder la nécessité des lois de la nature ?

    Les cours auront lieu sur le campus de l’UCL à Bruxelles (Woluwé-Saint-Pierre). L’auditoire n'est pas encore fixé mais sera communiqué via la page Facebook de Michel Ghins.

    Rendez-vous le mardi 20 octobre à 10h15 aux bureaux de l'UDA Av. de l'Assomption 73 à Bruxelles. Le cours débute à 10h45.

    Plus d'info sur :

    https://bit.ly/2Zt2lt3

  • USA : le Comité d’éthique s’oppose au financement de la recherche sur les tissus fœtaux

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    De gènéthique.org :

    Etats-Unis, le Comité d’éthique s’oppose au financement de la recherche sur les tissus fœtaux

    20 août 2020

    Dans un rapport publié mardi, le Comité consultatif d’éthique pour la recherche sur les tissus fœtaux humains, créé en février par le Health and Human Services (HHS)[1], a recommandé que les États-Unis refusent de financer 13 des 14 propositions de recherche sur les tissus fœtaux.

    Les scientifiques utilisent le tissu fœtal humain pour étudier et développer des thérapies pour des maladies et des conditions allant du diabète aux malformations cardiaques congénitales et à la cécité. Ils utilisent également les tissus pour développer des souris dont le système immunitaire est semblable à celui des humains afin de mener des recherches sur les maladies infectieuses, en particulier le VIH.

    Les membres du Comité ont, entres autres, déploré que les chercheurs se déchargent de la tâche de se conformer aux exigences éthiques, y compris le consentement éclairé, en se fournissant auprès d’une société pour obtenir le tissu fœtal. Concernant la proposition rejetée à huit voix contre sept, le tissu fœtal humain « était utilisé uniquement pour faire la comparaison » avec une alternative au tissu fœtal.

    Le rapport pose la question de savoir si les contribuables doivent ou non financer la recherche impliquant des tissus fœtaux humains.

    La politique Trump, annoncée en juin 2019, a déjà mis un terme aux études menées par les scientifiques des NIH (cf. Etats-Unis : des ventes de tissus fœtaux humains interdites). Les décisions qui viennent d’être annoncées  concernent les propositions des chercheurs privés. Le secrétaire du Health and Human Services (HHS), Alex Azar, prendra la décision finale, mais l’avis du comité devrait avoir un poids important.

    Certains, comme Carolyn Coyne, virologiste à l’université de Pittsburgh, apparentent cette décision à une « interdiction déguisée » de la recherche sur le tissu fœtal humain. La chercheuse utilise des placentas issus d’interruptions volontaires de grossesse pour étudier comment le système immunitaire maternel défend le fœtus contre l’invasion virale.

    En 2019, le NIH a dépensé 109 millions de dollars pour environ 175 projets utilisant des tissus fœtaux humains ; cette année, il prévoit de dépenser 116 millions de dollars. L’année dernière, le NIH a lancé un programme de recherche de 20 millions de dollars pour trouver des alternatives à l’utilisation du tissu fœtal humain dans la recherche.

    Pour aller plus loin :

    [1] Ministère de la santé.

    Sources : New York Times, Sheryl Gay Stolberg (18/08/2020) – Science, Meredith Wadman (18/08/2020)

  • Ce soir sur KTO : retour sur la vie de Jérôme Lejeune

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    Ce soir sur @KTOTV : retour sur la vie de Jérôme Lejeune. Médecin et généticien renommé grâce à sa découverte de la trisomie 21, sa carrière va prendre un nouveau tour lorsqu'il va défendre la dignité humaine de l'embryon... DOCU ce lundi 17/08 à 20:40 sur @KTOTV
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  • Le pouvoir sans limites de l’adulte sur la procréation

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    De Blanche Streb sur le site du Figaro Vox :

    «La loi bioéthique, ou le pouvoir sans limites de l’adulte sur la procréation»

    FIGAROVOX/TRIBUNE - La loi bioéthique, définitivement adoptée, consacre de fait un «droit à l’enfant» en supprimant les garde-fous qui subsistaient, argumente Blanche Streb de l’association Alliance VITA.

    3 août 2020

    Blanche Streb est docteur en pharmacie. Après avoir travaillé douze ans en recherche et développement dans l’industrie pharmaceutique, elle est aujourd’hui directrice de la formation et de la recherche pour Alliance VITA. Elle a publié Bébés sur mesure, le monde des meilleurs (Artège, 2018).


    A 3h35 du matin, ce 1er août 2020, à l’Assemblée nationale, 60 députés s’applaudissent. Ils viennent d’adopter définitivement le projet de loi bioéthique. Un texte aux enjeux vertigineux, contre lequel les 37 députés contre et les 4 abstentions n’auront pu faire barrage.

    Renié, l’esprit qui a animé le besoin d’encadrer les possibilités techniques qu’apportent les progrès scientifiques. À terre, les grands principes fondamentaux de protection (de la personne humaine et du corps humain) qui ont bâti notre droit de la bioéthique. Les tenants de cette déconstruction ont tordu le bon sens et le droit pour autoriser chimères homme-animal, instrumentalisation accrue de l’embryon humain, PMA et autoconservation des ovocytes sans raison médicale, banques de gamètes à but lucratif… Un cavalier législatif a même modifié l’encadrement de l’Interruption médicalisée de grossesse (IMG), en ajoutant le critère de détresse psychosociale pour l’autoriser jusqu’au terme de la grossesse, même si le bébé est en parfaite santé.

    On est comme sonné devant le champ de ruines que laisse la tornade progressiste sur lequel flotte le drapeau de la mesure qui aura toujours servi à dissimuler toutes les autres: la PMA pour toutes.

    La majorité a rejeté tous les amendements évoquant « l’intérêt supérieur de l’enfant » proposés par l’opposition.

    Même si la majorité s’en défend, c’est un droit à l’enfant qu’elle aura inscrit dans le marbre. Elle s’est d’ailleurs empressée d’effacer en seconde lecture la plupart des contributions du Sénat, en particulier l’article qui venait compléter le Code civil de la phrase «nul n’a de droit à l’enfant». Elle a aussi méticuleusement rejeté tous les amendements évoquant «l’intérêt supérieur de l’enfant» proposés par l’opposition. Comment aurait-elle pu le défendre au sein d’un texte qui organise, au contraire, la méconnaissance des droits de l’enfant, avant même qu’il ne soit conçu?

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  • Covid-19 : des vaccins produits à partir de lignées cellulaires issues d'avortements volontaires ?

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    De CNA (Catholic News Agency) :

    Le vaccin contre les coronavirus est-il fabriqué à partir de lignées cellulaires fœtales ?

    Par Matt Hadro

    Washington, D.C. Salle de presse, 28 juillet 2020 (CNA) -

    Alors que les prototypes de vaccins contre les coronavirus se rapprochent des tests et de l'approbation, certains catholiques débattent des sources éthiques derrière un candidat vaccin de premier plan.

    Lundi, le président Donald Trump a annoncé que le vaccin ARNm-1273, conçu conjointement par la société de biotechnologie Moderna et l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), était entré en phase 3 des essais cliniques. Le vaccin sera bientôt testé pour en vérifier la sécurité et confirmer qu'il peut prévenir efficacement le COVID-19 en deux doses. Le Dr Anthony Fauci, directeur du NIAID et conseiller sanitaire de la Maison Blanche, a déclaré lundi qu'un vaccin est "urgent" pour "contrôler cette pandémie", mais a également averti ces derniers jours que, malgré les progrès rapides, un vaccin pourrait ne pas être largement disponible avant plusieurs mois en 2021.

    L'administration Trump finance des vaccins candidats dans le cadre de l'opération "Warp Speed", en investissant dans des vaccins candidats de Novavax, Moderna, AstraZeneca et Janssen. Elle investit également 1,95 milliard de dollars avec Pfizer pour faciliter la livraison de 100 millions de doses après la mise au point d'un vaccin.

    Lundi, M. Fauci a déclaré que les premiers tests du vaccin Moderna indiquent qu'il est "sûr et immunogène".

    Bien que la demande d'un vaccin soit urgente, des questions ont été soulevées par certains défenseurs de la vie concernant le candidat Moderna et son développement éthique - plus précisément, s'il a été testé en utilisant une lignée cellulaire fœtale prélevée sur un bébé avorté. L'Institut Charlotte Lozier, branche de recherche de l'organisation pro-vie Susan B. Anthony List, a inscrit le vaccin Moderna parmi les "programmes de vaccins CoV-19 éthiquement non controversés", au même titre que les projets de développement d'Inovio Pharmaceuticals, Sanofi & Translate Bio, Pfizer et BioNTech, Novavax et Merck/IAVI.

    Selon la CLI, deux candidats vaccins sont le produit de programmes non éthiques - ceux qui sont développés par l'Université d'Oxford et Astrazeneca, et par Johnson & Johnson et Janssen Res. & Devel, Inc.

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  • Des différences anatomiques notables entre le cerveau des hommes et celui des femmes

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    UNE ÉTUDE MONTRE DES DIFFÉRENCES ANATOMIQUES NOTABLES ENTRE LE CERVEAU DES HOMMES ET DES FEMMES

    22 juillet 2020

    Une analyse scientifique de plus de 2000 scanners cérébraux a mis en évidence « des différences sexuelles hautement reproductibles » au niveau du volume des zones du cerveau, entre les hommes et les femmes. Ces données, provenant de « 976 adultes en bonne santé âgés de 22 à 35 ans » ont montré clairement que les femmes avait un volume cortical plus élevé « dans le cortex préfrontal médial et latéral, le cortex orbitofrontal, le cortex temporal supérieur et le cortex pariétal latéral », quand les hommes avaient un volume cortical plus élevé « dans les régions temporales ventrales et les régions occipitales, y compris le pôle temporal, le gyrus fusiforme et le cortex visuel primaire ».

    Des études précédentes avaient suggéré que ces différences pouvaient être dues aux hormones sexuelles. Au contraire, cette étude a identifié que « les différences de volume cortical entre les sexes sont déterminés par des gènes situés sur les chromosomes sexuels X et Y ».

    « Le fait que nous ayons observé un très haut niveau de reproductibilité des différences anatomiques entre les sexes dans différents groupes d'hommes et de femmes, et un lien entre ces différences et l'expression des gènes des chromosomes sexuels, suggère que ces différences ne sont probablement pas dues uniquement aux effets environnementaux » a déclaré M. Raznahan, auteur principal de l’étude. L’étude a été publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences.

    Pour aller plus loin :

    « Les différences cérébrales entre les sexes commencent dès l'utérus » affirme une étude américaine

    Sources: Medical Press,

  • Une approche éthique de l'intelligence artificielle

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    De Vatican News :

    La Comece exhorte l’UE à une approche éthique de l’intelligence artificielle

    Les épiscopats européens ont contribué au «Livre blanc sur l’intelligence artificielle» rédigé par la Commission européenne comme base de débat et règlementation. Dans leur note du 17 juillet, les évêques insistent sur la nécessité vitale d’une approche centrée sur l’homme.

    «Les institutions de l'Union européenne devraient adopter une approche de l'intelligence artificielle (IA) centrée sur l'homme, afin de promouvoir le bien commun et de servir la vie de tous les êtres humains, dans leurs dimensions tant personnelles que communautaires». Ainsi la Comece, la Commission des conférences épiscopales de l'Union européenne, entend contribuer dans une note, au «Livre blanc sur l'intelligence artificielle», rédigé et présenté par la Commission européenne le 16 juillet dernier. 

    «La Comece se félicite de l'intention générale du livre d'établir une approche européenne solide de l'IA, profondément ancrée dans la dignité humaine et la protection de la vie privée», poursuit la note des épiscopats européens. Dans le même temps, les évêques se disent perplexes «quant à la création éventuelle d'une nouvelle agence de l'UE consacrée à cette question, car les structures-clés actuelles de l'Union fournissent déjà un soutien suffisant pour relever les défis posés par l'IA et la robotique».

    La participation des Églises à l’agence sur l’IA

    Toutefois, si l'UE devait créer un tel organe, la Comece rappelle qu'elle «devrait assurer une participation maximale» de toutes les parties prenantes, «y compris les Églises, qui ont un statut spécifique en tant que partenaires des institutions européennes et devraient donc être explicitement mentionnées».

    Mais ce qu'il faut avant tout, arguent les épiscopats européens, c’est «un discours sur l'éthique sociale pour accompagner la discussion politique sur la réglementation de l'IA».

    L’appel de Rome pour une éthique de l’IA

    En février dernier, la Comece avait participé au séminaire international «Le "bon" algorithme ? Intelligence artificielle, éthique, droit, santé», qui se tenait au Vatican à l'occasion de la 26e Assemblée générale de l'Académie pontificale pour la vie. À cette occasion, le document "Appel de Rome pour une éthique de l'intelligence artificielle" avait été signé, soutenant la promotion d'un sens des responsabilités parmi les organisations, gouvernements et institutions afin de garantir que l'innovation numérique et le progrès technologique soient «au service du génie et de la créativité humaine».