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Idées

  • Notre soutien au site Aleteia victime d'une grave campagne de dénigrement

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    D'Eric de Legge sur Aleteia :

    Aleteia victime d’une grave campagne de dénigrement

    17/01/22

    Depuis quelques jours, Aleteia est victime d’une campagne de calomnies à la suite de la publication par un site web américain d’un long article sur le prétendu financement de Aleteia par “l’éditeur de pédopornographie Google, Georges Soros et Bill Gates”, rien de moins.

    Aleteia est victime depuis quelques jours d’une campagne de dénigrement visant à discréditer sa singulière liberté de ton et son souci de vérité dans la charité. L’article d’un site web américain, complaisamment relayé en France, nous accuse d’être financé par “l’éditeur de pédopornographie Google, Georges Soros et Bill Gates”, rien de moins, et d’être des promoteurs sans discernement de la vaccination contre le Covid. Confronté à ce tissu de mensonges et d’insinuations malveillantes, nous tenons à donner à tous nos lecteurs et tous nos donateurs, des informations fiables sur nos relations avec Google et sur le traitement par Aleteia des questions touchant aux fameux vaccins. Pour apprécier les procédés, aussi malins qu’insidieux, mis en œuvre dans cette “enquête”, vous pouvez lire ici un décryptage de la direction de Aleteia.

    Aleteia est “financé par l’éditeur de pédopornographique Google, le colporteur de vaccins Bill Gates et l’agitateur de gauche George Soros », assurent sans rire les auteurs de cette “enquête”. Cela est faux bien-sûr ! En 2021, Aleteia a mis en place un consortium de “fact checking” concernant le déploiement des vaccins face au Covid 19 et l’a présenté en toute transparence à ses lecteurs. Il nous apparaissait alors pertinent que des médias catholiques participent au concours mondial Google News Initiativeen fédérant une trentaine de titres catholiques de sensibilité diverses et de proposer ainsi une information vérifiée sur la vaccination, ses avantages et ses risques. Les digressions de l’article sur nos liens financiers avec Georges Soros ou Bill Gates tiennent du fantasme sinon du ridicule. Aleteia n’a aucun lien avec eux. Ni la Fondation Gates ni l’Open Society Foundation n’ont été invitées à donner un seul centime aux efforts du consortium, et ni l’une ni l’autre ne l’ont fait. De même, affirmer que Aleteia a conclu une alliance avec Google en 2013 prête à sourire dès lors que l’on s’intéresse à la presse en ligne. Cette année-là, Aleteia a fait le choix d’utiliser des services de Google, notamment liés à la publicité, tout comme l’immense majorité des sites d’informations à travers le monde. L’accumulation d’informations désordonnées produit ici un effet dévastateur. Elle nous fait clairement suspecter une volonté de nuire.

    Une accumulation de mensonges

    Alors, oui les coûts engagés pour faire fonctionner le consortium de médias catholiques rassemblés par Aleteia ont été en partie pris en charge par Google News Initiative. Mais ce financement n’a créé aucune dépendance idéologique des médias du consortium à l’égard de Google News Initiative, chacun préservant sa ligne propre. Jamais Google News Initiative n’est intervenu auprès de l’un de ses membres, de quelque manière que ce soit et pour quelque raison que ce soit. La trentaine de titres associés à cette initiative a des orientations éditoriales tout à fait représentatives de l’Église universelle, des “progressistes” aux  “conservateurs”. 

    En réalité, l’accumulation de mensonges et d’approximations sur Aleteia nous a d’abord fait hésiter à y répondre. De la composition du conseil scientifique entourant le consortium à la détention de Aleteia par Media-Participations, en passant par la réalité de notre couverture des actualités sur les vaccins… Tout ce qu’avance cet article est faux. Ce site ne s’embarrasse manifestement pas avec les faits et se révèle surtout un champion de l’association d’idées et des insinuations fallacieuses. Il affirme travailler pour la vérité mais il n’en a cure. Il ne prend même pas la peine de vérifier des informations pourtant publiques. Que reproche-t-il à Aleteia ? Son succès missionnaire qui en fait le site catholique le plus visité au monde ? Son parti-pris pour la bienveillance ?

    La liberté de Aleteia

    Le lancement de ce consortium de médias catholiques de vérification des faits a permis de mieux informer nos lecteurs, tout en demeurant parfaitement libre. Dans la centaine d’articles publiés par Aleteia sur la thématique vaccinale, ma rédaction peut garantir et prouver que cette couverture a été parfaitement équilibrée. Entre d’une part le soutien à la vaccination, notamment telle que promue par le Saint-Père et les principales conférences épiscopales, et d’autre part le souci de publier des informations vérifiées sur les promesses et les risques des vaccins.

    Oui, Aleteia a toujours été, est et sera toujours totalement libre de dire la vérité. Aleteia n’appartient à aucune chapelle. Aleteia n’est pas vendu à Google. Aleteia n’est pas un “média du Vatican” : nous n’avons aucun lien ni hiérarchique, ni financier, avec le Saint Siège. Aleteia cherche d’abord et avant tout à faire rayonner le message de l’Evangile. Avec bienveillance envers toutes et tous. Nous sommes un média profondément catholique. Cela signifie que nous respectons le Pape et l’Eglise. Nous savons que sur une question comme celle des vaccins, ils ne sont pas infaillibles. Mais leur parole compte pour nous et, de manière tout-à-fait factuelle, nous diffusons ce qu’ils disent. C’est un service, comme celui de la recherche de la vérité, que nous devons à nos lecteurs.

    Si vous souhaitez approfondir tous les points que j’évoque ici, je vous invite à lire le décryptage révélateur que l’équipe de direction a fait de tous les procédés fallacieux dont Aleteia est victime.

  • Le "wokisme" : un monstre né du pédantisme déconstructionniste

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    De

    Pierre-André Taguieff: «Du pédantisme déconstructionniste est né ce monstre qu'est le “wokisme”»

    Directeur de recherche honoraire au CNRS, Pierre-André Taguieff est philosophe, politiste et historien des idées. Auteur d'une cinquantaine d'ouvrages, il a récemment publié Les nietzschéens et leurs ennemis. Pour, avec et contre Nietzsche aux Éditions du Cerf.


    L'idée de déconstruction, devenue rapidement vision idéologique et programme de travail sur les textes, s'est formée à partir des lectures françaises de Nietzsche et surtout de Heidegger au cours des années 1960 et 1970. Le mot «Dé-construction» (avec la majuscule) a été forgé par Gérard Granel au milieu des années 1960 pour traduire le terme polysémique employé par Heidegger : Abbau, dans son essai «Contribution à la question de l'être» (Zur Seinsfrage, 1956), texte rédigé en 1955 en hommage à Ernst Jünger. Le mot Abbau avait été auparavant employé par Heidegger, notamment dans son cours de 1927, «Les Problèmes fondamentaux de la phénoménologie», pour désigner la «déconstruction critique des concepts reçus qui sont d'abord nécessairement en usage, afin de remonter aux sources où ils ont été puisés». Cette idée directrice était présente chez Edmund Husserl qui, dans le § 60 des Méditations cartésiennes (1929), critiquait la «métaphysique dénaturée au cours de l'histoire», et se proposait, par la phénoménologie, de retrouver ou de restaurer «le sens de ce qui fut à l'origine fondé comme une philosophie première», ainsi que le rappelle Derrida dans «La Voix et le phénomène» (1967).

    Il faut pointer le grand malentendu sur la déconstruction : par son ambiguïté constitutive, l'entreprise derridienne, mi-philosophique mi-littéraire, située entre l'orthodoxie heideggérienne et l'avant-gardisme académique étatsunien, pouvait être mise à toutes les sauces, ce qui faisait croire à tous ceux qui s'en inspiraient qu'ils parvenaient ainsi aux sommets de l'inventivité intellectuelle.

    Pierre-André Taguieff

    C'est à la suite d'une rencontre avec Heidegger sur des questions de traduction de ses textes que Granel, comme il l'expliquera plus tard, a proposé le mot «dé-construction» pour «éviter “destruction” qui, même avec un tiret, renverrait à Zerstörung plutôt qu'à Abbau». Avant d'être publiée, la traduction par Granel du texte de Heidegger avait circulé dans les milieux heideggériens, et sa traduction d'Abbau par le mot «Dé-construction» avait retenu l'attention. Il a été aussitôt repris par Jacques Derrida, qui en a fait par la suite un drapeau. Au début de «De la grammatologie» – ouvrage publié en décembre 1967 – où il s'engage dans la déconstruction de l'«onto-théologie métaphysique» censée être propre à l'Occident, Derrida définit son geste comme «la destruction, non pas la démolition, mais la dé-sédimentation, la dé-construction de toutes les significations qui ont leur source dans celle du logos. En particulier la signification de vérité». Ce qui est visé, c'est ce qu'il appelle le «logocentrisme», cette «métaphysique de l'écriture phonétique» et, plus profondément, cette «ontologie qui, dans son cours le plus intérieur, a déterminé le sens de l'être comme présence et le sens du langage comme continuité pleine de la parole». L'objectif déclaré de l'ouvrage est de travailler à «l'ébranlement» de cette ontologie ou de cette «métaphysique de la présence» et de «rendre énigmatique ce que l'on croit entendre sous les noms de proximité, d'immédiateté, de présence». Et de préciser : «Cette déconstruction de la présence passe par celle de la conscience, donc par la notion irréductible de trace (Spur), telle qu'elle apparaît dans le discours nietzschéen comme dans le discours freudien».

    Il faut pointer le grand malentendu sur la déconstruction : par son ambiguïté constitutive, l'entreprise derridienne, mi-philosophique mi-littéraire, située entre l'orthodoxie heideggérienne et l'avant-gardisme académique étatsunien, pouvait être mise à toutes les sauces, ce qui faisait croire à tous ceux qui s'en inspiraient qu'ils parvenaient ainsi aux sommets de l'inventivité intellectuelle, et, plus particulièrement, aux critiques littéraires qu'ils étaient devenus philosophes et aux heideggériens les plus compassés qu'ils dansaient avec la langue. Tous disciples néanmoins de Derrida, s'il est vrai que la formule synthétique des prétentions derridiennes est de marier la «profondeur» heideggérienne à la «légèreté» nietzschéenne. Mais aussi, d'une certaine manière, de jouer Nietzsche contre Heidegger.

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  • Ce mois-ci, dans La Nef :

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    Voici le sommaire de cette excellente publication (janvier 2022) (certains contenus sont accessibles en cliquant sur les liens) :

    AMDG
    Responsa de Rome : une sévérité insoutenable

    L'éditorial de janvier par Christophe Geffroy,
    Directeur de La Nef

    À quelques jours de Noël – beau cadeau ! n’y avait-il rien de plus urgent en ces temps de pandémie et de drame des abus sexuels sur mineurs ? –, la Congrégation pour le Culte divin a rendu public le 18 décembre dernier des Responsa ad dubia (réponses aux doutes) « sur certaines dispositions » de Traditionis custodes. Dans la lignée du motu proprio du pape et de sa lettre d’accompagnement aux évêques, le ton est brutal, sans aucun souci de ménager les personnes concernées.

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    CE MOIS-CI DANS LA NEF :

    ENTRETIEN
    DOSSIER Jacques Maritain (1882-1973)
    • Maritain : « Sauver les vérités affolées », par Baudouin de Guillebon
    • Maritain et Maurras, par Florian Michel
    • Maritain, théologien de l’Église, par le Père François Daguet o.p.
    • « J’avais trouvé mon maître », entretien avec Michel Fourcade
    • Actualité politique de Maritain, par Christophe Geffroy
    VIE CHRÉTIENNE
    • Les mauvais anges et le mal naturel, par Denis Sureau
    • Question de foi : Ô mon beau dialogue…, par l’abbé Hervé Benoît
    CULTURE
    • La mutinerie des Cipayes, par Michel Toda
    • Notes de lecture
    • De verbe et de chair : Voici de l’eau, par Henri Quantin
    • Musique : Le Schubert de Berman, par Hervé Pennven
    • Noël : sélection de livres pour vos cadeaux, par Patrick Kervinec
    • Cinéma : The Chosenpar François Maximin
    • Sortir : Maurice Denis, par Constance de Vergennes
    • À un clic d’ici, par Léonard Petitpierre
    • Et pour les jeunes…, par Valérie d’Aubigny
    • Un livre, un auteur : entretien avec le Père Michaël Bretéché
    • Rencontre : Guillaume d’Alançon, par Marine Tertrais
    DÉBATS/Points de vue

    CONTRE CULTURE

  • Hommage aux frères Bogdanoff : ce qu'ils ont apporté à la science philosophique de la cause du monde

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    D'Arnaud Dumouch :

    Hommage aux frères Bogdanoff : Ce qu'ils ont apporté à la science philosophique de la Cause du monde

    https://youtu.be/7n0UhOVVl2c  

    Le 3 janvier 2022, Igor et Grichka Bogdanoff sont morts, à 6 jours d'intervalle.  

    Ils furent critiqués par quelques scientifiques. Le journal « La Croix » vient de relayer ces critiques qui, systématiquement, leur déniaient la possibilité de se poser, en science, la question de la Cause du monde.  

    Au-delà de ce débat épistémologique, ils furent extrêmement appréciés par les philosophes réalistes tant par leur intelligence de la causalité à l’origine de l’univers que par leur talent de pédagogie.  

    Dans cette vidéo, Arnaud Dumouch manifeste la beauté et la vérité de la voie d’accès à Dieu qu’ils ont su rendre simple : « Une Intelligence, celle d’un véritable ingénieur en physique, a organisé les constantes mathématiques qui règlent la matière dès ses premiers moments ». 

    Ce qu’il faut aussi remarquer, c’est que la démarche philosophique des frères Bogdanoff est une leçon pour la génération des théologiens catholiques des années 1970, et contre leur déconstruction de la foi. Ils disaient en effet, presque unanimement, que « seule la foi peut accéder à l’existence du Créateur ». Le Concile Vatican I leur répondait déjà, dès 1870, donc avec un siècle d’avance, que ceci était une hérésie, l’hérésie « fidéiste » :  

    CONSTITUTION DOGMATIQUE 

    SUR LA FOI CATHOLIQUE 

    DÉCRÉTÉE DANS LA IIIe SESSION DU CONCILE ŒCUMÉNIQUE DU VATICAN. 

    PIE IX, ÉVÊQUE, 

    SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU 

    Le saint Concile approuvant, en perpétuel souvenir.  

    CHAPITRE II : De la Révélation

    « La même sainte Mère Église tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu par les lumières naturelles de la raison humaine, au moyen des choses créées (Rom. 1, 20) ; "car les choses invisibles de Dieu sont aperçues au moyen de la création du monde et comprises à l'aide des choses créées." Cependant il a plu à la sagesse et à la bonté de Dieu de se révéler lui-même à nous et de nous révéler les décrets éternels de sa volonté par une autre voie surnaturelle, selon ce que dit l'Apôtre : "Dieu, qui a parlé à nos pères par les Prophètes plusieurs fois et de plusieurs manières, nous a parlé en ces derniers temps et de nos jours par son Fils". (Hébr. I, 1,2) ». 

  • "René Girard, la vérité mimétique" : une émission à ne pas manquer sur KTO

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    Ce soir, sur KTO Télévision :

    René Girard, la vérité mimétique

    30/12/2021

    René Girard est considéré comme l’un des grands penseurs de la seconde moitié du XXème siècle. Ce documentaire est un voyage au coeur de son oeuvre, de sa réflexion et de sa vie. Il explore et révèle les multiples aspects de sa fascinante « théorie mimétique ». Proches et fins connaisseurs de Girard se succèdent pour mettre en lumière sa pensée. Celle-ci affirme que le désir et l’imitation alimentent depuis toujours la mécanique du comportement humain, menant à la rivalité et la violence mimétiques, puis à la désignation du bouc-émissaire. A travers les mythes, les sociétés anciennes, les religions, l’Histoire de l’humanité, et jusque dans notre actualité, René Girard apporte l’éclairage singulier de sa vérité universelle. Où souffle aussi l’Esprit car, pour lui, tous les chemins de l’Homme mènent au Christ.

    René Girard, la vérité mimétique - Une coproduction KTO/CRESCENDO MEDIA FILMS 2021 - Réalisée par Yves Bernanos

  • L’esprit de la liturgie, de Benoît XVI à François : deux mondes vers la rupture ?

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    Retour sur un entretien de KTO avec Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, lors de la démission du pape Benoît en 2013 :

  • "L'Église s'est conformée au monde et n'a pas su faire passer son message particulier"

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    De kath.net/news; une interview du théologien et psychothérapeute Reinhard Pichler :

    Quand l'idéologie supplante la vérité

    29 décembre 2021

    "Mais dans l'ensemble, en cette période de détresse, on constate que l'Église s'est conformée au monde et n'a pas su faire passer son message particulier" - Interview du théologien et psychothérapeute Reinhard Pichler dans "VISION 2000".

    Qu'est-ce qui caractérise notre époque ? Et : comment les chrétiens devraient-ils réagir aux défis spirituels de la pensée mondaine dominante ? C'est sur ces questions que porte l'entretien suivant.

    Nous parlons des signes des temps, c'est-à-dire des tendances de l'évolution spirituelle. Quelles sont celles que tu considères comme significatives aujourd'hui ? Et dans quelle mesure est-il important pour les chrétiens de s'y confronter ?

    Reinhard Pichler : Je vois trois grands courants de développement qui arrivent à leur terme. Je veux dire par là qu'il y a des développements dont on peut reconnaître qu'ils ne peuvent pas continuer ainsi. Le premier courant de développement spirituel est le suivant : les gens ne trouvent plus de sens - et nulle part : ni dans la relation, ni dans l'Eglise, ni dans l'argent, ni dans la profession, ni dans le développement de carrière, ni dans le sport...

    Comment faut-il comprendre cela ?

    Pichler : Tout cela arrive à un point final, parce que plus haut, plus vite, plus loin - d'une certaine manière, cela ne va plus. Un exemple : les choses folles qui se déroulent au Hangar 7, c'est-à-dire les sports extrêmes : par exemple le saut stratosphérique de Felix Baumgartner à 40 kilomètres d'altitude. Ou encore : l'escalade de cascades de glace est déjà folle, mais il existe des vidéos Youtube dans lesquelles on voit des vététistes descendre de telles cascades et survivre d'une manière ou d'une autre ! Ce sont tous des exemples d'activités fondamentalement perverses et dénuées de sens.

    Ce sont des exemples dans le domaine du sport. Mais tu as aussi mentionné le domaine professionnel...

    Pichler : Je connais des gens qui sont responsables d'une fortune tellement importante ou de tant de collaborateurs qu'ils ne peuvent plus appréhender cette responsabilité. Pire encore, elles ne saisissent plus le sens réel de leur activité. Un exemple : pour de nombreuses entreprises, il ne s'agit même plus de savoir si elles fournissent un service utile et offrent des emplois sûrs, mais uniquement de connaître le cours de leurs actions. Il en va de même dans le secteur immobilier, où l'on construit de plus en plus pour le fait de construire...

    Tu as aussi parlé des relations...

    Pichler : Même les personnes croyantes abordent aujourd'hui les relations soit avec de trop grandes attentes, soit avec une désillusion complète. Les médias y contribuent également, car c'est un autre domaine dans lequel nous en arrivons à épuiser le sens. Avec les reportages actuels, on est constamment confronté à la question : qu'est-ce qui est vrai et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Il est aisé de se perdre dans la multitude d'informations contradictoires. La confusion est parfois systématiquement encouragée.

    En résumé, nous perdons en grande partie la dimension de sens de notre vie quotidienne ?

    Pichler : Oui, et là, je dois aussi parler du domaine de l'Église. Ici aussi, le mystère essentiel de la souffrance, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, qui devrait être au premier plan des événements ecclésiaux, est perdu de vue. Tant d'éléments secondaires obstruent ce regard. L'Église met surtout en avant ses activités sociales, s'engage dans la protection du climat, de nombreux services religieux donnent l'impression que la foi est avant tout un événement et que l'église est un lieu de rencontre. C'est ainsi que le regard sur le mystère de la foi est occulté. Un autre exemple : quand un groupe veut lancer dans la paroisse la consécration de 33 jours à Jésus par Marie, le curé s'y oppose parce que cette action diviserait la paroisse si un acte de consécration public devait avoir lieu le 8 décembre dans l'église.

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  • La basilique Saint-Pierre accomodée à la sauce "Fratelli Tutti"

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    De Jeanne Smits, sur son blog :

    Saint-Pierre de Rome comme Notre-Dame de Paris ? François lance la Fondation Fratelli Tutti pour en faire un centre de promotion de ses idées globalistes

    Le pape François a lancé mercredi la Fondation Fratelli Tutti, rattachée à la basilique Saint-Pierre de Rome, en signant un chirographe – un décret papal limité à la Curie romaine – qui établit officiellement cette nouvelle entité visant à encourager « la fraternité et le dialogue » parmi les pèlerins et les touristes visitant le Vatican.
     
    Le document a été signé le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, et communiqué une semaine plus tard à la Salle de presse du Vatican, en même temps que la nouvelle de la nomination de son président, le cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique, vicaire général pour l’État du Vatican et président de la Fabrique de Saint-Pierre. C’est en cette dernière qualité, à la tête de l’institution chargée de la conservation et de l’entretien de la basilique, qu’il a désormais les coudées franches pour l’animation culturelle et spirituelle de la basilique elle-même et de la place Saint-Pierre, dans l’« étreinte » de la colonnade du Bernin, selon l’expression reprise par le chirographe.
     
    Il faut préciser que le cardinal Gambetti est l’initiateur de la nouvelle Fondation ; il a présenté son projet au monde en octobre dernier (voir la photo ci-dessus) le décrivant comme un « rêve » né à Assise avant même que Fratelli Tutti ne fût écrit, mais ajoutant que l’encyclique est « la vision à laquelle nous devons aspirer au niveau global ».
     
  • Du "politiquement correct"

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    De Federico Cenci sur IFAMNEWS.com :

    Le virus du politiquement correct

    Luca Ricolfi, sociologue et co-auteur du "Manifeste de la libre pensée", s'élève contre une maladie devenue chronique : le politiquement correct.

    12 décembre, 2021

    “Une grande ombre plane sur nous. C’est un climat oppressant, fait de censure et d’intimidation, qui plane sur nos moindres paroles et pensées, avec des impositions et des interdictions plus ou moins voilées sur ce qu’il est bon de dire et de penser.” Le terrible diagnostic de l’état de notre démocratie est l’œuvre de Luca Ricolfi et Paola Mastrocola, auteurs du… Manifeste de la Libre Pensée. Le “climat oppressant” répond au nom de “politiquement correct” : une étiquette de conformisme, le verbe de l’establishment, qui comme tout postulat idéologique a ses propres prêtres et ses gardiens zélés, prêts à neutraliser toute hérésie. Ricolfi, sociologue, professeur d’université, essayiste à succès et personnalité de la télévision, en parle avec iFamNews.

    Prof. Ricolfi, dans quelle période historique peut-on situer la genèse du “politiquement correct” ?

    Elle est controversée : aux États-Unis, peut-être déjà à la fin des années 1960, en Italie certainement dans les années 1970.

    Au moment où le “politiquement correct” se répandait dans le langage en Italie, des voix se sont-elles élevées à contre-courant ?

    À ma connaissance, la seule voix autorisée qui s’est élevée contre elle, dénonçant l’hypocrisie des changements linguistiques passés pour un réel progrès, a été l’écrivain Natalia Ginzburg (1916-1991), qui depuis le début des années 1980, a pris position avec quelques beaux articles publiés dans La Stampa et L’Unità.

    Ces derniers jours, le lycée classique Cavour de Turin a décidé d’adopter, dans les communications officielles destinées aux élèves, l’astérisque à la place des désinences de genre. Pourtant, le mois dernier l’Accademia della Crusca s’est exprimée sur le sujet, en soulignant qu’il est préférable d’utiliser le pluriel masculin traditionnel. L’avis de la plus haute autorité linguistique ne compte-t-il plus non plus ?

    L’idée qu’écrire “tutti”, qui signifie “tout le monde”, au lieu de “tutt*” – avec un astérisque remplaçant le “i” masculin – est discriminatoire ou peu inclusif est tout simplement stupide et devrait tomber dans le ridicule par lui-même. Le fait même de consulter l’Accademia della Crusca est une folie. Si nous vivions dans un monde qui avait le sens des proportions, personne ne prendrait une telle idée au sérieux. Et le fait que la principale objection à l’astérisque n’est pas qu’il soit absurde, mais seulement qu’il soit inutilisable à l’oral (car il ne peut pas être prononcé), montre à quel point la maladie à progressé.

    Il a été écrit qu'”il fut un temps où la censure était de droite, et la liberté d’expression de gauche”. Est-ce le contraire aujourd’hui ?

    Non, il y a heureusement une partie de la gauche qui défend encore la liberté d’expression. Le problème est que, à quelques exceptions près (Piero Sansonetti, par exemple, directeur du journal Il Riformista), les gens de gauche n’ont pas le courage de s’exprimer ouvertement par crainte des critiques des partisans radicaux du “politiquement correct”. Pensez au cas de Kathleen Stock, la conférencière contrainte de démissionner de l’université du Sussex, à Brighton en Angleterre, pour ses opinions sur l’identité sexuelle. Pouvez-vous imaginer que pratiquement aucun des médias progressistes n’a mené une bataille pour la défendre ? Quant à la droite, le risque est que sa défense de la liberté d’expression se transforme en complaisance avec les discours de haine.

    La conséquence inévitable du “politiquement correct” n’est-elle pas la soi-disant “culture de l’annulation”, qui abat les statues et prétend réécrire l’histoire de A à Z sur la base de paramètres apparemment “plus contemporains”, mais en réalité idéologiques ?

    Malheureusement, la “culture de l’annulation” n’est qu’une des manifestations actuelles du “politiquement correct”. j’en ai compté cinq autres dans un essai que j’ai publié dans Repubblica.. Et la mutation qui m’inquiète le plus est le racisme inversé, qui blâme le simple fait d’être blanc, masculin et hétérosexuel, et qui prétend attribuer des avantages indus en fonction de la couleur de la peau et du sexe. (...)

    Mais est-ce le sort des intellectuels qui défient la pensée dominante, d’être marginalisés de l’espace public ?

    Cela dépend en grande partie de leur autorité et de leur popularité. Ils ont essayé de marginaliser l’ancien maire de Venise, Massimo Cacciari, mais ils n’ont pas encore réussi. Mais oui, aujourd’hui il y a très peu de place pour la dissidence, du moins dans les médias qui comptent. Mais il y a aussi le revers de la médaille : dans les médias qui ne comptent pas, ou peu, on donne trop souvent la parole à des dissidents disqualifiés. Toute dissidence n’est pas noble.

    Pensez-vous que la liberté d’expression est en danger ?

    Oui, et sous de nombreuses formes. Bien sûr, il y a des enseignants sanctionnés ou obligés de démissionner, mais il y a surtout l’autocensure préventive qui accable tout le monde dans tant de domaines. Les journalistes doivent faire attention à la manière dont ils rapportent les faits, les écrivains doivent se méfier des lecteurs sensibles lorsqu’ils soumettent un manuscrit aux maisons d’édition, les personnes à la recherche d’un emploi doivent cacher ce qu’elles écrivent ou ce qu’elles ont posté sur l’internet.

  • Que reste-t-il du communisme en Occident ?

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    De

    «Ce qui reste du communisme en Occident»

    CHRONIQUE - Du marxisme aux différentes nuances de post-marxisme et de néoprogressisme, féministe ou racialiste, la gauche idéologique continue d’aborder le monde de la même manière.

    On commémorera dans quelques jours les 30 ans de la chute de l’URSS, dans une indifférence aussi générale que révélatrice. Alors qu’on ne cesse, à l’Ouest, de guetter toujours la renaissance du fascisme, quitte à se mobiliser contre son fantôme ou d’y assimiler des hommes n’ayant rien à voir avec lui, on semble croire que le communisme, lui, ait disparu sans laisser de traces.

    Dans la mémoire occidentale, il ne reste plus qu’un mauvais souvenir. On se souvient bien de Staline, de Soljenitsyne au goulag, et de la chute du Mur, mais tout cela est pour de bon classé dans l’histoire ancienne. Ce qui n’empêche pas quelques nostalgiques, peut-être plus nombreux qu’on ne le pense, de confesser quelques tendresses pour un empire qui, de leur point de vue, était porteur d’équilibre à l’échelle mondiale.

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  • Pour Fabrice Hadjadj, Harry Potter est une histoire profondémment christique

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    Du site "Présence" (Canada) :

    «Harry Potter est une histoire profondément christique»

    Entrevue avec le philosophe Fabrice Hadjadj

    Il y a vingt ans sortait Harry Potter à l’école des sorciers, le premier film adapté de la saga de J.K. Rowling. Le magicien à lunettes divisait alors les chrétiens: les uns y voyaient un corrupteur de la jeunesse, les autres saluaient un héros christique. Deux décennies plus tard, le philosophe Fabrice Hadjadj appartient clairement à la seconde catégorie.

    Par Christine Mo Costabella 

    C’est peut-être parce qu’il partage avec lui les binocles et la coupe échevelée que Fabrice Hadjadj est intarissable sur Harry Potter. Père de neuf enfants, il n’a pas pu échapper au phénomène. Et directeur de l’Institut Philanthropos, école d’anthropologie chrétienne à Fribourg, il porte un regard de philosophe sur ce véritable mythe moderne. Attention, divulgâcheur!

    Est-ce bien sérieux, pour un philosophe, de s’intéresser à Harry Potter?

    Fabrice Hadjadj: Il n’y a pas des choses philosophiques et d’autres qui ne le sont pas. De la fermeture éclair au bouton d’ascenseur, on peut tout interroger. Harry Potter peut être un objet de philosophie des plus sérieux. Aristote dit que le philosophe est un «philomythos», un ami des mythes. Ceux-ci posent des questions fondamentales : les mortels et les dieux, l’amour et le pouvoir, la liberté et le destin… Or, Harry Potter correspond à ce qu’on pourrait appeler un mythe contemporain, comme Don Quichotte est un mythe moderne.

    Comment avez-vous commencé à vous y plonger?

    En voyant l’engouement de mes filles pour ces gros livres de plusieurs centaines de pages. J’y ai vu un lieu pour «penser avec» mes enfants. De manière analogue, j’ai regardé la série des Avengers – Marvel – avec mes garçons. On peut en faire une lecture qui donne à s’interroger sur la condition humaine. L’éducation ne consiste pas de réduire les contacts de nos enfants avec le monde. Elle invite à se confronter à la culture commune des jeunes et à l’interpréter, à y discerner ce qui est bon. Dieu est toujours à l’œuvre, partout, dans toute la création. Il faut apprendre à le voir. A l’inverse, des œuvres bien estampillées «catho» peuvent s’avérer très mauvaises.

    Qu’est-ce qui vous a séduit dans la saga de J.K. Rowling?

    Rowling est un très bon écrivain. Elle assume trois grands genres de la littérature anglaise: l’humour, le roman gothique (les monstres, les vampires…) et le roman policier. Outre le burlesque, l’épouvante et le suspens, elle a le sens de la composition, sait nous mettre sur de fausses pistes pour nous découvrir l’évidence cachée.

    Et vous y avez décelé des valeurs chrétiennes?

    Je ne sais pas très bien ce qu’on entend par «valeurs chrétiennes». Dans la lettre aux Colossiens, saint Paul affirme: «Tout subsiste en lui.»

    Une œuvre est chrétienne dès qu’elle nous met en contact avec la réalité.

    Justement, le monde de la magie, ce n’est pas la réalité…

    Oui, ça a pu faire se cabrer un certain nombre de chrétiens, qui y voit le recours à l’irrationnel ou aux démons… Mais Harry Potter est un conte, pas un roman naturaliste. Et puis, d’emblée, l’amour y est présenté comme une force plus puissante que la magie. Si Harry est un survivant, s’il a échappé, bébé, à un sortilège de mort, c’est que l’amour de sa mère l’a protégé, on ne sait trop comment.

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  • Quand un pape jésuite « explique » aux journalistes pourquoi Mgr Aupetit « ne peut plus gouverner »

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    Un « verbatim » des déclarations alambiquées du pontife romain à la presse publié par Jean-Marie Guénois dans le « Figaro » :

    Aupetit JSFONCD5RRDOTKL4ZPBL2I5ZYE.jpg« Dans l'avion qui le ramenait lundi d'Athènes vers Rome, le pape François a évoqué plusieurs sujets d'actualité devant la presse, il a notamment expliqué pourquoi il avait accepté la démission de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris. Nous publions la réponse intégrale du pape à cette question sur la base du compte rendu de l'agence romaine de presse I.Media, présente dans l'avion :

    Pape François - Sur le cas Aupetit. Je me demande : mais qu'est-ce qu'a fait Aupetit de si grave qu'il a dû donner sa démission. Qu'a-t-il fait ? Si nous ne connaissons pas la cause, nous ne pouvons pas condamner. Quelle a été la cause ? Qui le sait ? C'est laid, non ?

    Relance de la question : «Y a-t-il eu des problèmes de gouvernance ou d'autres choses ?»

    Pape François - Avant de répondre, je dirai : faites l'enquête. Faites l'enquête. Parce qu'il y a le danger de nous dire «il a été condamné». Qui l'a condamné ? C'est l'opinion publique, c'est la rumeur. Mais qu'a-t-il fait ? Nous ne savons pas. Si vous savez pourquoi, dites-le. Sinon je ne peux pas répondre. Vous saurez pourquoi.

    Parce qu'il y a eu un manquement de sa part, une faute contre le 6e commandement («tu ne commettras pas d'adultère», NDLR), pas de façon totale, mais des petites caresses, des massages qu'il faisait à sa secrétaire. C'est ça l'accusation. C'est un péché. Mais cela n'est pas un des péchés les plus graves, parce que les péchés de la chair ne sont pas les plus graves. Les péchés les plus graves sont ceux qui ont le plus d'angélisme. La superbe, la haine… Ceux-là sont les plus graves.

    Aupetit est pécheur, je le suis aussi… comme l'a été Pierre, l'évêque sur lequel Jésus Christ a fondé l'Église. Comment la communauté de cette époque a-t-elle pu accepter un évêque pécheur ? Et celui-là avait fait des péchés sans angélisme, celui de renier le Christ. Mais c'est une Église normale, elle était habituée à se sentir toujours pécheresse, tous. C'est une Église humble. On voit que notre Église n'est pas habituée à avoir un évêque pécheur, nous faisons semblant de dire «mon évêque est un saint». Nous sommes tous pécheurs.

    Quand le commérage grandit, il grandit… et détruit la réputation d'une personne, il ne pourra plus gouverner. Parce que sa réputation est détruite, non pas pour son péché – qui est péché, comme celui de Pierre, comme le mien, comme le tien, c'est un péché – mais à cause des commérages des personnes responsables de raconter les choses. L'homme dont on a détruit publiquement la réputation de cette façon ne peut pas gouverner. Et cela, c'est une injustice. C'est pourquoi j'ai accepté la démission d'Aupetit, non pas sur l'autel de la vérité, mais sur l'autel de l'hypocrisie. »

    Ref. Mgr Aupetit «ne peut plus gouverner» car «sa réputation a été atteinte», dit le pape