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Jeunes

  • Les cours de religion et morale bientôt optionnels dans l’enseignement officiel ?

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    Lu sur la Libre de ce 6 février, p. 8 :

    Les cours de religion et morale pourraient ne plus être qu’optionnels dans l’enseignement officiel….

    À partir de septembre 2024, les cours de religion ou de morale pourraient progressivement disparaître de la grille horaire officielle dans l’enseignement officiel, au bénéfice d’un supplément d’éducation à la philosophie et citoyenneté, rapporte samedi Le Soir. C’est en effet le sens d’une note d’orientation rédigée par la ministre de l’Éducation, Caroline Désir (PS) que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles soumet en ce moment à la concertation avec les pouvoirs organisateurs et les syndicats.

    Trois scénarios sont évoqués par le cabinet de la ministre de l’Éducation Caroline Désir (PS) dans ce document adopté à la veille de Noël.

    • Un : la suppression pure et simple des cours philosophiques au bénéfice de deux heures d’éducation à la philosophie et la citoyenneté.
    • Deux : deux heures d’éducation à la philosophie et la citoyenneté et, au choix, une heure d’éducation à la philosophie et la citoyenneté ou religion/morale.
    • Trois : deux heures d’éducation à la philosophie et la citoyenneté pour tout le monde et une heure de religion/morale à titre optionnel.

    Ce serait ce troisième scénario qui serait privilégié par le gouvernement. En pratique, la grille horaire (28 périodes en primaire, 30 à 34 en secondaire) comporterait alors deux heures d’éducation à la philosophie et citoyenneté obligatoires pour tous. Les écoles devraient y ajouter une heure lorsque les familles solliciteront l’enseignement d’une des cinq religions reconnues (catholique, islamique, protestante, orthodoxe, israélite) ou de la morale laïque. Cette heure qualifiée "d’optionnelle" se glissera dans le temps scolaire selon des modalités qui restent à définir (fin de journée ou heure de fourche, mais temps de midi ou samedi exclus)

  • RDC : Le message du pape a rendu courage au peuple congolais

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    Jean-Claude Mputu images.jpgSelon la Libre Afrique le pouvoir qui espérait capitaliser sur ce voyage en vue des prochaines élections a été secoué par les discours de François. C’est du moins le point de vue du politologue Jean-Claude Mputu (issu de l’Université de Liège, nde Belgicatho) :

    « Ce jeudi, à l’occasion de la rencontre avec la jeunesse congolaise au stade des Martyrs de Kinshasa, à portée de voix du parlement, des milliers de jeunes ont scandé “Fatshi oyebela Mandat esili” (“Fatshi, sache-le, ton mandat est fini”).

    Le pouvoir de Félix Tshisekedi, qui espérait transformer cet accueil du pape François en terres congolaises en une démonstration de force de sa “diplomatie galopante”, en est pour ses frais. Le message du pape a revigoré une Église catholique qui semblait à bout de souffle ces derniers mois. “Nous espérons des mots justes pour nous redonner confiance”, nous expliquait dimanche soir, à la veille de l’arrivée du Saint-père à Kinshasa, un évêque congolais, qui avouait : “on est un peu fatigué. On a lutté au côté du peuple pour la démocratie en prenant des risques sous Kabila. On a lutté pour la vérité des urnes et on se retrouve avec un régime qui est entre les mains d’un ancien opposant devenu peut-être pire que son prédécesseur. C’est terriblement usant”.

    Quelques heures plus tard, après le premier discours “percutant” du pape face aux autorités et au peuple de Kinshasa, le ton a changé : “François a tout dit… dans les formules de la diplomatie vaticane”. “Il y aura bien un avant et un après voyage du pape au Congo”, explique un prélat.

    ”Le message du pape démontre que la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a fait un bon travail en amont, explique Jean-Claude Mputu, politologue et chercheur congolais. François a bien été briefé. Son discours transpire de cette connaissance. Ses mots sont justes et il n’épargne personne. La communauté internationale en prend pour son grade sur l’exploitation des richesses du pays. Le pouvoir, corrompu, affairiste et tribaliste, n’est vraiment pas épargné. Le seul gagnant, c’est le peuple”, poursuit-il, jugeant : “il est réconforté, il retrouve de l’énergie pour se battre. La machine est relancée”.

    La société civile au centre du combat

    Cela signifie-t-il que la Cenco se retrouvera au centre du combat comme en 2016 face au président Joseph Kabila ? “Pas forcément, poursuit Jean-Claude Mputu pour qui ce rôle moteur pourrait revenir “aux laïcs catholiques et protestants associés aux mouvements citoyens.”

    Mais les témoins de ces derniers jours à Kinshasa témoignent tous du changement de ton “à différents niveaux de la société”. L’Église catholique, jugée moribonde, a prouvé qu’elle était toujours une des forces essentielles de ce pays. “C’est une institution millénaire, continue M. Mputu. L’Église a son temps. Personne n’a oublié les injures qu’elle a reçues suite à sa position face à la désignation par le pouvoir du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) Denis Kadima. Personne ne peut oublier que la résidence du cardinal a été caillassée par les supporters du pouvoir, c’est unique, c’est gravissime. Aujourd’hui, elle a remis les choses au point”.

    Le cardinal sort renforcé

    ambongo téléchargement.jpgCe voyage papal permet aussi au cardinal Ambongo, le successeur de Laurent Monsengwo, de reprendre sa position centrale sur l’échiquier national. L’homme, originaire de l’Équateur, s’est souvent montré très critique face au pouvoir tout en étant moqué par celui-ci et pointé du doigt par les diplomates en poste à Kinshasa pour qui il était mal venu de critiquer le patron de la Ceni. “Pour nombre de diplomates, l’essentiel est d’organiser les élections dans le respect du calendrier. La qualité importe peu”, explique un expert électoral qui avoue “son plaisir d’entendre les mots du pape. Il va obliger tout le monde à se remettre sur de bons rails. On ne peut pas faire n’importe quoi au nom d’un statu quo qui arrangerait tout le monde sur le dos du peuple. C’est insupportable. Oui, il faut avoir un regard critique sur l’organisation de ce scrutin. Oui, il faut oser dire qu’on va droit dans le mur.”

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  • Un pape a-t-il jamais entendu le récit de telles atrocités ?

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro via Il Sismografo :

    En Afrique, le Pape François «sous le choc» des violences subies et racontées par de jeunes rescapés

    1er février 2023

    Mercredi, le chef de l'Église catholique, en visite en République démocratique du Congo, a rencontré des jeunes victimes des conflits qui ravagent l'est du pays depuis trois décennies. -- Mercredi, le chef de l'Église catholique, en visite en République démocratique du Congo, a rencontré des jeunes victimes des conflits qui ravagent l'est du pays depuis trois décennies. 

    Un pape a-t-il jamais entendu le récit de telles atrocités ? Mercredi, à la nonciature de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, François a reçu une délégation de victimes. Il devait initialement les rencontrer à Goma, ville du Nord-Kivu, à l'est du pays mais l'insécurité qui y règne l'a empêché de célébrer la messe prévue dans un camp de réfugiés. De fait, les témoignages de victimes entendus en direct par François ont donné une idée aussi précise que terrible de l'insoutenable terreur qu'ils ont vécue. 

    Ladislas Kambale Kombi, 17 ans, raconte comment son «grand frère a été tué» puis, ajoute : «mon père a été tué en ma présence (…) par des hommes en pantalon training et chemise militaire». Le jeune homme se souvient : «depuis ma cachette, j'ai suivi comment ils l'ont découpé en morceaux, puis sa tête tranchée a été placée dans un panier». Il dit ne plus dormir et «ne pas comprendre une telle méchanceté, cette brutalité quasi animale». La voix nouée, il assure avoir « pardonné à (nos) bourreaux». Léonie Matumaini, encore à l'école primaire, ajoute : «Tous les membres de ma famille ont été tués en ma présence». 

    Le témoignage de Bijoux Makumbi Kamala, est ensuite lu par son amie. Elle raconte comment elle a été « violée comme un animal» pendant 19 mois par le chef de la bande de «rebelles» qui l'avait kidnappée. Elle relate que «les enfants» dont les parents ont été tués «sont exploités dans les mines», les filles subissant «le calvaire des violences sexuelles». 

    L'abbé Guy-Robert Mandro Deholo, dont les mains ont été «mutilées», lit le témoignage de Désiré Dhetsina, disparu aujourd'hui : «j'ai vu la sauvagerie, des gens découpés comme on découpe la viande à la boucherie», des «femmes mutilées sans aucune raison». Deux d'entre elles lèvent leur bras… Sans main. Silence de mort dans l'assistance. 

    Enfin, Aimée, lit un dernier témoignage, celui d'Emelda M'karhungulu, «retenue comme esclave sexuelle», qui raconte : «on nous faisait manger la viande des hommes tués.» Celui qui refusait, «on le découpait et on nous le faisait manger». Mais elle termine contre toute attente : «nous pardonnons à nos bourreaux tout ce qu'ils nous ont fait». 

    Le reflet glaçant des lames 

    Ces récits atroces se terminent par le dépôt, devant une croix du Christ placée à la droite du pape, d'instruments identiques à ceux qui ont blessé ou tué : machette, couteaux, marteau, lance, hachoir… Le reflet des lames posées à même le carrelage est glaçant. En quarante voyages pontificaux, peu de scènes n'auront été aussi poignantes. 

    Toutes ces victimes ont moins de trente ans. L'âge de ces violences et guerres multiples dans l'Est de la RDC, zone ravagée par la convoitise de l'extrême richesse des sous-sols et de ses minerais rares. Selon les estimations, il y a eu entre cinq et dix millions de morts, à la 2e place du classement de l'horreur de ce continent après le génocide du Rwanda. 

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  • Les quatre défis du voyage du pape François en Afrique

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    (Jean-Marie Guénois, Le Figaro) ANALYSE :

     Le déplacement du Saint-Père sur le continent africain revêt une importance particulière. -- Le pape François entame ce mardi un périple africain qui doit d’abord le conduire en République démocratique du Congo, jusqu’à vendredi, puis au Soudan du Sud. Il doit rentrer à Rome dimanche soir. Ce voyage aurait dû avoir lieu en juillet 2022, mais il avait été annulé à la dernière minute suite, officiellement, aux problèmes de genou de François, mais les questions de sécurité avaient pesé. À 86 ans, toujours handicapé, François n’a donc pas voulu trahir sa promesse de venir au Soudan du Sud, notamment, pays pour lequel il s’est personnellement impliqué pour la paix. Un accord fut signé à Rome en 2020, mais peu respecté depuis. Ce dossier lui tient à cœur - et à celui de la communauté Sant Egidio qui agit en coulisses - au point que François, lors d’une réunion préparatoire à Rome, le 19 avril 2019, s’était prosterné devant le président Salva Kiir et le chef des rebelles, Riek Machar, du Soudan du Sud pour leur… embrasser les pieds. Un geste totalement inédit pour un pape, hors liturgie. François aime les actes marquants. Il en faudra pour répondre aux quatre défis de son quarantième voyage international.

    Premier défi: honorer le continent africain. François le visite pour la cinquième fois depuis son élection, il y a presque dix ans, le 13 mars 2013, mais l’Afrique n’a pas vraiment été sa priorité. Ses nominations romaines le démontrent: il n’a plus aucun cardinal africain à la tête des dicastères. Il en a remercié deux, les cardinaux Robert Sarah et Peter Turkson, sans les remplacer de ce point de vue. Ce que les Africains n’apprécient pas compte tenu de ce qu’ils représentent dans l’Église. Quant à ses voyages, l’Afrique est le continent que François aura le moins visité, alors qu’il est allé six fois, par exemple, en Asie centrale et Asie, sa priorité géo-ecclésiale, avec la Chine en ligne de mire.

    Deuxième défi: l’affermissement des catholiques pour contenir la montée des évangéliques. Si la République démocratique du Congo est encore le premier pays catholique francophone du monde, en termes de fidèles, la situation s’altère. Avec 52 millions de catholiques sur plus de 105 millions d’habitants, cette religion vient de passer sous la barre des 50 % de la population parce que la montée des protestants évangéliques est plus rapide que la progression des catholiques. 22 % des Congolais sont protestants, un sur cinq est évangélique. Comme partout, ces derniers font preuve d’un grand dynamisme. L’Église est puissante mais elle ne peut se reposer sur ses lauriers. Elle peut compter sur 77.000 «catéchistes», qui sont très importants en Afrique, ce sont eux les véritables vecteurs des communautés, et 6 162 prêtres, deux fois moins qu’en France pour des besoins bien supérieurs. Elle gère aussi 40 % des établissements de santé et 30 % des écoles publiques.(*)

    Un pontificat très bousculé ces derniers temps

    Troisième défi: le soutien de l’Église dans son rôle de stabilisateur politique. La réalité de la République démocratique du Congo (RDC) et celle du Soudan du Sud, où les catholiques sont majoritaires à 52,4 %, ne sont pas comparables, mais l’implication de l’Église dans la vie sociale et politique a des similitudes, applicables à d’autres pays du continent. En RDC l’Église jouit d’une autorité hors norme, parce qu’elle a toujours été l’une des figures de résistance aux régimes autoritaires depuis les années 1960. Seulement indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud semble n’avoir connu que la guerre, l’instabilité, les morts par millions, agité qu’il est à présent par plusieurs ethnies rivales, les Dinka, les Nuer et aujourd’hui les Murle. Avec un sous-sol… d’une richesse extrême! Les accords de paix (Addis Abeba en 2018, Rome en 2020) soutenus par l’Église semblent caducs. Les élections, prévues en 2023, ont été reportées à 2025. Mais l’Église veut concourir au dialogue entre ennemis, envers et contre tout.

    Quatrième défi: la confirmation du leadership du pape François. La mort de Benoît XVI, la grogne de certains cardinaux, le scandale du jésuite Rupnik (où François nie toute responsabilité), la santé du pape, nourrissent un climat romain délétère. Sur la défensive, François vient de se justifier point par point dans une longue interview accordée à l’agence Associated Press, le 24 janvier. La chaleur des catholiques africains ne sera pas de trop pour redonner de l’élan à un pontificat très bousculé ces derniers temps.

    (Le Figaro) »

    (*) S’agissant des confessions religieuses, traitées au "deuxième défi": à défaut de recensions  rigoureuses postérieures au régime colonial (1960) la fiabilité des chiffres avancés de l’une à l’autre source varie considérablement: la remarque vaut tout spécialement pour les sectes protestantes volatiles du type « églises du réveil » et autres (NdBelgicatho).

  • Prier saint Jean Bosco

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    Sur ce blog, nous avons évoqué à plusieurs reprises la figure de Don Bosco que l'on fête aujourd'hui (ici, là ).
    Le doyenné de Ciney propose deux belles prières à saint Jean Bosco :
     
    O saint Jean Boscojean-bosco.jpg
    Père et Maître de la jeunesse,
    toi qui, docile à l’Esprit,
    as transmis à la Famille salésienne
    le trésor de la prédilection
    pour les petits et pour les pauvres,
    apprends-nous à être pour eux chaque jour
    les signes et les porteurs de l’amour de Dieu,
    et fais grandir en nos cœurs
    les mêmes sentiments du Christ Bon Pasteur.
    Demande pour tous les membres de ta Famille,
    la bonté du cœur, la ténacité au travail,
    la sagesse du discernement,
    le courage de donner un témoignage d’Église,
    la générosité missionnaire.
    Obtiens-nous la grâce de rester fidèles à l’Alliance
    que le Seigneur a scellée avec nous,
    et fais que, conduits par Marie,
    nous parcourions joyeusement,
    avec les jeunes
    la voie qui conduit à l’Amour.
    AMEN

    Ô Saint-Jean Bosco, par l’ardent amour que vous portiez à Jésus au Saint-Sacrement et par votre zèle à en propager le culte, en recommandant surtout l’assistance à la Sainte-Messe, la communion fréquente et la visite quotidienne, obtenez-nous de progresser toujours davantage dans l’amour et la pratique d’une dévotion si sainte et d’entrer dans notre éternité, fortifiés et réconfortés par la Divine Eucharistie. Amen.

  • Don Bosco (31 janvier), un saint qui ne connut qu'une passion: "la gloire de Dieu et le salut des âmes".

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    donboscolight.JPG(Source) Jean Bosco est né le 16 août 1815, sur la colline des Becchi, un petit hameau près de Castelnuovo d'Asti, aujourd'hui Castelnuovo Don Bosco. Issu d'une famille pauvre, orphelin à l'âge de 2 ans, il fut élevé par sa mère Marguerite, ainsi que son frère aîné Joseph et son demi frère Antoine.

    Travaillant dur et ferme, il s'est préparé à la mission qui lui avait été indiquée dans un songe, alors qu'il avait à peine 9 ans, et qu'il s'est vu confirmer par la suite à maintes reprises, de manière extraordinaire.

    Il a étudié à Chieri, tout en apprenant divers métiers. Il est ordonné prêtre à 26 ans. Arrivé à Turin, il est immédiatement frappé par le spectacle des enfants et des jeunes livrés à eux-mêmes, sans travail et sans guide. Il prend alors la décision de consacrer sa vie aux jeunes pour les sauver.

    Débuts de l'oeuvre

    Le 8 décembre 1841, dans l'église St François d'Assise, Don Bosco rencontrait un pauvre garçon, nommé Barthélemy Garelli, le premier d'une multitude de jeunes. C'est ainsi que commence l'Oratoire, itinérant au début, puis, dès Pâques 1846, définitivement installé au Valdocco, faubourg malfamé, qui deviendra la maison mère de toutes les œuvres salésiennes.

    Les garçons affluent par centaines : ils étudient et apprennent un métier dans les ateliers que Don Bosco a construit pour eux. En 1859, Don Bosco invite ses premiers collaborateurs à se joindre à lui dans la Congrégation Salésienne : ainsi, rapidement, devaient se multiplier partout des « oratoires » (centres de loisirs et de formation humaine et chrétienne pour les jeunes), des écoles professionnelles, des collèges, des centres de vocations (sacerdotales, religieuses, missionnaires), des paroisses, des centres en pays de mission... Ainsi, en 1875, son action déborde l'Italie, une première expédition missionnaire s'embarque pour l'Argentine, et les salésiens ouvrent leur première œuvre en France, à Nice .

    Les filles et les laïcs aussi

    En 1872, Don Bosco fonde l'institut des Filles de Marie Auxiliatrice (Sœurs salésiennes) qui travailleront pour les jeunes filles dans des œuvres variées, avec le même esprit et la même pédagogie. La cofondatrice et première supérieure a été Marie Dominique Mazzarello (1837-1881), canonisée par le pape Pie XII le 21 juin 1951.

    Mais Don Bosco a su s'entourer de nombreux laïcs pour partager avec les Salésiens et les Salésiennes son projet éducatif. Dès 1869, il fondait l'Association des Coopérateurs, qui font partie à part entière de la Famille Salésienne, se mettant au service de l'Eglise à la manière de Don Bosco.

    A 72 ans, épuisé par le travail, Don Bosco avait réalisé ce qu'il avait déclaré un jour : « J'ai promis à Dieu que tant qu'il me resterait un souffle de vie, ce serait pour mes chers enfant. » Il meurt à Turin, au Valdocco, à l'aube du 31 janvier 1888. 

    Béatifié le 2 juin 1929 et proclamé saint par le pape Pie XI, le dimanche de Pâques 1er avril 1934, Don Bosco est considéré, à juste titre, comme un des plus grands éducateurs.

  • Respectons et promouvons toujours la vie ! Ne rejetons pas la vie ! (pape François)

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    De Courtney Mares sur Catholic News Agency :

    Le pape François dénonce une culture qui "rejette" les enfants à naître, les personnes âgées et les pauvres.

    Pope Francis greets the crowd at his Sunday Angelus address on Jan. 29, 2023.

    Le pape François salue la foule lors de son discours de l'Angélus dominical le 29 janvier 2023. | Médias du Vatican

    29 janvier 2023

    Dans son discours de l'Angélus de dimanche, le pape François a décrié une culture qui "jette" les enfants à naître, les personnes âgées et les pauvres s'ils ne sont pas utiles.

    "La culture du jetable dit : 'Je vous utilise autant que j'ai besoin de vous. Quand tu ne m'intéresses plus, ou que tu me gênes, je te jette'. Ce sont surtout les plus faibles qui sont traités de cette manière - les enfants à naître, les personnes âgées, les nécessiteux et les défavorisés", a déclaré le pape François le 29 janvier.

    "Mais les gens ne doivent jamais être jetés. Les personnes défavorisées ne peuvent pas être jetées. Chaque personne est un don sacré et unique, quel que soit son âge ou sa condition. Respectons et promouvons toujours la vie ! Ne rejetons pas la vie".

    S'exprimant depuis la fenêtre du Palais apostolique, le pape a noté que la "culture du jetable" est prédominante dans les sociétés plus riches.

    "C'est un fait qu'environ un tiers de la production alimentaire totale est gaspillée dans le monde chaque année, alors que tant de personnes meurent de faim", a-t-il déclaré.

    "Les ressources de la nature ne peuvent être utilisées de la sorte. Les biens doivent être pris en charge et partagés de manière à ce que personne ne manque du nécessaire. Plutôt que de gaspiller ce que nous avons, diffusons une écologie de la justice et de la charité, du partage."

    Le pape François a souligné que l'appel de Jésus dans les béatitudes à être "pauvre en esprit" inclut le "désir qu'aucun don ne soit gaspillé." Il a ajouté que cela inclut de ne pas gaspiller "le don que nous sommes".

    "Chacun de nous est un bien, indépendamment des dons qu'il possède. Chaque femme, chaque homme, est riche non seulement de talents mais aussi de dignité. Il ou elle est aimé(e) de Dieu, a de la valeur, est précieux(se)", a-t-il déclaré.

    "Jésus nous rappelle que nous sommes bénis non pas pour ce que nous avons, mais pour ce que nous sommes".

    Une petite scène a été installée sur la place Saint-Pierre avant le discours de l'Angélus du pape, où des jeunes se sont rassemblés avec des ballons et des bannières en chantant des hymnes dans le cadre de la "Caravane de la paix" de l'Action catholique.

    A la fin de l'Angélus, un jeune garçon et une jeune fille en sweat-shirt bleu ont rejoint le Pape François à la fenêtre du Palais Apostolique et ont lu à haute voix une lettre partageant leur engagement pour la paix.

    Le pape François a remercié l'Action catholique pour cette initiative, ajoutant qu'elle est particulièrement importante cette année avec la guerre en Ukraine.

    "En pensant à l'Ukraine tourmentée, notre engagement et notre prière pour la paix doivent être encore plus forts", a-t-il déclaré.

    Le pape a également lancé un appel à la paix en Terre Sainte, exprimant sa tristesse pour la mort de 10 Palestiniens tués en Cisjordanie lors d'un raid militaire israélien et pour une fusillade à l'extérieur d'une synagogue à Jérusalem-Est au cours de laquelle un Palestinien a tué sept Israéliens.

    "La spirale de la mort qui augmente jour après jour ne fait rien d'autre que de fermer les quelques lueurs de confiance qui existent entre les deux peuples", a déclaré le pape François.

    "Depuis le début de l'année, des dizaines de Palestiniens ont été tués dans des échanges de tirs avec l'armée israélienne. J'appelle les deux gouvernements et la communauté internationale à trouver, immédiatement et sans délai, d'autres voies, qui incluent le dialogue et la recherche sincère de la paix. Frères et sœurs, prions pour cela !"

    Notant qu'il se rendra bientôt en Afrique, le pape François a demandé aux gens de prier pour son voyage apostolique en République démocratique du Congo et au Sud-Soudan du 31 janvier au 5 février.

    "Ces terres, situées au centre du grand continent africain, ont beaucoup souffert de longs conflits. La République démocratique du Congo, surtout dans l'est du pays, souffre d'affrontements armés et d'exploitation. Le Sud-Soudan, déchiré par des années de guerre, aspire à la fin de la violence constante qui oblige de nombreuses personnes à être déplacées et à vivre dans des conditions très difficiles", a-t-il déclaré.

    "Au Sud-Soudan, j'arriverai avec l'archevêque de Canterbury et le modérateur de l'Assemblée générale de l'Église d'Écosse. Ensemble, comme des frères, nous ferons un pèlerinage œcuménique de paix, pour implorer Dieu et les hommes de mettre fin aux hostilités et pour la réconciliation. Je demande à tous, s'il vous plaît, d'accompagner ce voyage de leurs prières."

    Courtney Mares est correspondante à Rome pour la Catholic News Agency. Diplômée de l'Université de Harvard, elle a effectué des reportages dans des bureaux de presse sur trois continents et a reçu la bourse Gardner pour son travail avec les réfugiés nord-coréens.

  • Liège, le jeudi 2 février 2023: célébration festive de la Chandeleur en l'église du Saint-Sacrement (Bd d'Avroy, 132)

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  • Déjà 400 000 inscriptions pour les JMJ 2023 à Lisbonne

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    De kerknet.be :

    Déjà 400 000 inscriptions pour les JMJ 2023 à Lisbonne

    23 janvier 2023

    Les organisateurs des Journées mondiales de la jeunesse, qui débuteront en août 2023 à Lisbonne, visent un demi-million de participants.

    Six mois avant le début, quelque 400 000 jeunes se sont déjà inscrits aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) catholiques de 2023, qui se tiendront dans la capitale portugaise, Lisbonne. Dans un message vidéo adressé aux groupes de jeunes qui se préparent à participer, le pape François s'est dit ravi des nombreuses inscriptions. Il appelle les jeunes à toujours regarder au loin dans leur vie et à ne pas construire de murs. Ouvrez votre cœur à d'autres cultures, à d'autres jeunes qui sont également présents à ces Journées mondiales de la jeunesse. 

    La 37e édition des JMJ aura lieu à Lisbonne du 1er au 6 août 2023. En raison de la pandémie de corona, cet événement majeur avait été reporté de 2022 à 2023. Le pape François a déjà participé à trois éditions de la JMJ : Rio de Janeiro au Brésil en 2013, Cracovie en Pologne en 2016 et Panama en 2019. 

    Lisez tout et inscrivez-vous aux JMJ Lisbonne 2023 : https://www.cathobel.be/2023/01/envie-de-partir-aux-jmj-2023-a-lisbonne-rejoignez-la-route-church4you/

    Source : kro-ncrv.nl/katholiek

  • Evocation de la famille Ulma, martyrisée par amour du prochain

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    D'Ermes Dovico sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    "Je vous parle de la famille Ulma, martyrisée par amour du prochain"

    20-01-2023

    La famille berceau de la foi, l'infinie dignité de la personne conçue, l'amour de Dieu, source de l'amour du prochain. Dans une interview accordée à La Bussola, le postulateur, le père Witold Burda, raconte l'histoire du couple Ulma et de ses sept enfants (dont un dans le ventre de sa mère), tués par les nazis pour avoir donné refuge à huit Juifs. Et explique comment le martyre de toute la famille a été reconnu.

    Wiktoria Niemczak Ulma con 5 dei suoi figli

    Wiktoria Niemczak Ulma avec cinq de ses enfants

    En décembre, l'Église a offert un grand cadeau aux fidèles et au monde entier en promulguant le décret reconnaissant le martyre du couple polonais Józef (Joseph) et Wiktoria (Victoria) Ulma et de leurs sept enfants qui ont été tués à Markowa le 24 mars 1944 - avec les huit Juifs qu'ils abritaient dans leur maison - par une escouade de gendarmes nazis. Cela signifie que bientôt, pour la première fois dans l'histoire, une famille entière, objet de dévotion depuis les premiers jours après leur mort, sera béatifiée. Et, également pour la première fois, un enfant encore dans le ventre de sa mère sera béatifié, puisque Wiktoria était enceinte le 24 mars, au stade final de sa grossesse. Cet enfant à naître, dont seul le Ciel connaît le nom, a ainsi reçu la palme du martyre, tout comme ses petits frères Stanisława (né en 1936), Barbara (1937), Władysław (1938), Franciszek (1940), Antoni (1941) et Maria (1942).

    Mais comment le martyre 'in odium fidei' est-il apparu ? La Bussola a interrogé le postulateur de la cause, le père Witold Burda.

    Père Burda, que savons-nous de la foi de la famille Ulma ?

    Józef et Wiktoria venaient de deux familles profondément chrétiennes. Les parents de Józef Ulma étaient des agriculteurs. L'un des frères de Józef, Władysław, témoigne : "Notre famille était simple, avec des parents croyants et une mère qui, dans les dernières années de sa vie, assistait à la Sainte Messe tous les jours. Nous étions quatre frères. Nos parents ont prié à la maison, et ensemble nous avons chanté un office dédié à la Vierge (...). Józef a également été élevé dans cette atmosphère spirituelle. Comme nous tous, il s'est approché des sacrements aux heures prévues".

    Nous disposons d'informations similaires sur Wiktoria et sa famille d'origine, où il était d'usage que quiconque s'adressait à eux reçoive de l'aide. Pour les fêtes, un colis contenant de la nourriture et d'autres choses était préparé pour les personnes dans le besoin.

    Ainsi, leurs familles respectives ont été le berceau de la foi de Józef et Wiktoria.

    Oui. Et en tant qu'enfants, ils ont voulu approfondir leur foi catholique, par la prière personnelle, la participation aux sacrements, en particulier la messe et la confession fréquente. En outre, ils étaient membres de plusieurs communautés religieuses et confréries existant alors à Markowa, leur ville natale. Ils se sentaient responsables du bien de la paroisse et de l'Église. Et tous deux, par exemple, appartenaient à la confrérie du Rosaire vivant.

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  • Chute dramatique de la fréquentation des églises en Pologne, selon les chiffres officiels

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    De Daniel Tilles sur le site "Notes from Poland" :

    Chute dramatique de la fréquentation des églises en Pologne, selon les chiffres officiels

    14 janvier 2023

    La proportion de catholiques en Pologne assistant à la messe a chuté de 37% à 28% en deux ans, selon les nouveaux chiffres publiés par l'institut statistique de l'Eglise.

    L'Église note que les dernières données - qui datent de 2021 - sont susceptibles d'avoir été affectées par la pandémie. Mais elle admet également que des "facteurs socioculturels" ont joué un rôle dans ce déclin.

    Si la grande majorité des Polonais sont officiellement identifiés comme catholiques, le statut de l'Église a été entamé ces dernières années par son soutien à l'impopulaire interdiction quasi totale de l'avortement, par des révélations d'abus sexuels sur des enfants par des membres du clergé et par la négligence des évêques dans le traitement de ce problème.

    Depuis 1980, l'Église catholique en Pologne mène une étude annuelle sur le nombre de personnes qui assistent à la messe et communient. Un dimanche par an, chaque paroisse du pays enregistre les chiffres et les soumet à l'Institut des statistiques de l'Église catholique (ISKK).

    L'ISKK calcule ensuite à l'échelle nationale la proportion de catholiques tenus d'assister à la messe - c'est-à-dire les personnes âgées de plus de sept ans, à l'exclusion des personnes alitées et des personnes âgées à mobilité réduite - qui l'ont effectivement fait ce jour-là.

    Les derniers chiffres montrent que 28,3% ont assisté à la messe en 2021, ce qui représente une baisse par rapport aux 36,9% de 2019 (l'enquête n'a pas été menée en 2020 en raison de la pandémie). En 2011, ce chiffre s'élevait à 40%, en 2001 à 46,8%, en 1991 à 47,6% et en 1981 à 52,7%.

    Parallèlement, la proportion de personnes ayant communié est tombée à 12,9 % en 2021, après avoir atteint 16,7 % en 2019. Contrairement aux chiffres de fréquentation, ceux qui communient avaient auparavant augmenté : de 8,1% en 1981 à 10,8% en 1991, 16,5% en 2001 et 16,1% en 2011.

    "Les chiffres [de 2021] ont été influencés par la situation de pandémie", note le directeur adjoint de l'ISKK, Marcin Jewdokimow. "Il faut se rappeler qu'en 2020, en raison des restrictions liées au COVID-19, aucune donnée n'a été collectée. En 2021, nous avons collecté des données malgré le fait que certaines restrictions étaient [encore] en vigueur.

    Les dernières données ont été recueillies le 26 septembre 2021, à un moment où l'entrée des églises était limitée à 50 % de leur capacité et où les participants étaient obligés de porter des masques.

    "Les années précédentes, les baisses de l'indice des "dominicantes" étaient constantes", a ajouté Jewdokimow, cité par l'Agence de presse polonaise (PAP). "Cette fois-ci, nous avons affaire à un effondrement. Par conséquent, je pense que l'année prochaine, nous aurons un rebond, les statistiques montreront une augmentation."

    Dans le même temps, Jewdokimow a admis que des "facteurs socioculturels" avaient également eu un impact sur la fréquentation des églises. Mais il a fait remarquer que l'ISKK ne mène pas de recherches sur les raisons des changements dans les chiffres qu'il enregistre.

    "Sur le long terme, nous avons affaire à des processus de changements socioculturels", a déclaré Jewdokimow. "D'autre part, on assiste à une certaine reconfiguration du catholicisme et de la place de la religion dans l'espace public. Les besoins religieux des gens changent et le mode de fonctionnement des institutions religieuses évolue."

    D'autres recherches ont également indiqué un déclin de la pratique religieuse au cours des dernières années. Un sondage réalisé par CBOS, une agence de recherche publique, a révélé qu'en août 2021, 43 % des Polonais déclaraient pratiquer leur religion au moins une fois par semaine, contre 69,5 % en 1992. Toutefois, 87 % d'entre eux se déclarent encore croyants.

    Chez les 18-24 ans, la pratique religieuse est passée de 69 % en 1992 à seulement 23 % en 2021. Les jeunes Polonais ont été particulièrement présents dans les protestations contre l'église. Un sondage IBRiS réalisé en 2020 a révélé que seulement 9 % des personnes âgées de 18 à 29 ans avaient une opinion positive de l'Église.

    Daniel Tilles est rédacteur en chef de Notes from Poland. Il a écrit sur les affaires polonaises pour un large éventail de publications, notamment Foreign Policy, POLITICO Europe, EUobserver et Dziennik Gazeta Prawna.

  • De l'enfant roi à l'enfant dieu

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    Extrait d'une interview de Diane Drory par Francis Van de Woestyne sur le site de la Libre

    (...)

    Un grand débat divise, les psys en France mais aussi en Belgique : la parentalité exclusivement positive. De quoi s’agit-il ?

    Ce concept suppose que l’on ne doit jamais dire “non” à l’enfant. Les parents de la parentalité exclusivement positive estiment qu’il faut toujours voir comment arriver à persuader l’enfant que ce qu’on lui demande est ce qu’il a envie de faire ! Tout cela dans le plus grand calme, et à force de multiples explications et justifications. Cela peut marcher avec certains enfants. Mais tous les enfants ne sont pas comme cela. Certains ont besoin de limites, de discipline. Il est sain et normal qu’un enfant désobéisse et se rebelle face à la limite. Pour se rencontrer, il faut savoir être dans l’opposition et le conflit. Si on n’est jamais dans le conflit, on est l’un à côté de l’autre, l’enfant n’a pas l’occasion de trouver qui il est, quels sont les éléments qui le constituent. Le conflit, la confrontation sont essentiels dans l’éducation.

    Les tenants de la parentalité exclusivement positive prônent surtout la bienveillance…

    Ce mot “bienveillance” commence à me fâcher… La bienveillance, c’est très bien, en soi, bien sûr. Mais de plus en plus, au nom de la bienveillance, on assiste à un abandon de la responsabilité parentale. Au nom de la bienveillance, on demande à l’enfant de s’auto-éduquer. Au nom de la bienveillance, on ne met plus de limites à l’enfant. Un exemple : je reçois des parents et un enfant qui ne voulait pas manger. Ou alors petit pois par petit pois. Une collègue, partisane de la parentalité exclusivement positive, avait conseillé que tout le monde reste à table autour de lui jusqu’à ce qu’il ait terminé son assiette. Les repas devenaient interminables et le petit ne mangeait évidemment pas mieux. Non, il faut revenir au bon sens : quand le repas est terminé, l’assiette part.

    Quelle est la responsabilité parentale ?

    Éduquer, transmettre ! Car au nom de cette bienveillance, certains parents n’osent plus se positionner en tant qu’adulte qui prend ses responsabilités. Un enfant a le droit d’être éduqué et les parents ont l’obligation de transmettre des règles. Quand on attend d’un enfant qu’il s’humanise de lui-même, qu’a-t-il comme repère ? Uniquement son ressenti et sa pulsion. S’il n’a pas tout de suite le verre d’eau qu’il veut, il pique une colère parce qu’on ne lui a pas appris qu’il fallait attendre. Un enfant qu’on laisse s’auto-éduquer, pardon pour le mot, mais il peut tomber dans la barbarie. Alors que le rôle des parents est l’humanisation, la transmission des valeurs.

    Les partisans de la parentalité exclusivement positive affirment que, dans le monde entier, dans toutes les cultures et religions, les enfants ont été ou sont encore humiliés verbalement et physiquement que cela nuit à leur développement intellectuel, cognitif…

    Mettre des limites, est-ce humilier ? Des parents se présentent à moi et expliquent qu’ils ont une patience infinie. Mais ils n’en peuvent plus. Je leur conseille de mettre un terme à leur patience ! Il ne faut pas avoir une patience infinie sinon les parents, à bout, vont dire des choses bien pires que d’imposer des limites. Dans ma consultation, j’entends des parents “bienveillants” dire des horreurs à leur enfant qui est là, à leurs côtés. Ils disent : “Vous ne vous rendez pas compte, il me pompe l’air. Depuis qu’il est arrivé, notre vie est un enfer, etc”. Cela, c’est humiliant.

    De plus en plus de parents souffrent de burn-out parental

    Avant ce concept n’existait quasiment pas. Depuis quelques années, je vois des parents qui n’en peuvent plus parce qu’on est passé de l’enfant roi à l’enfant dieu, devant lequel il faut s’incliner. Un enfant dont il faut satisfaire, dans l’instant, le désir parce que l’enfant saurait mieux que personne ce qui est bon pour lui. Non ! C’est dramatique. L’enfant sait s’il a faim ou pas. Mais il ne sait pas s’il est mieux de manger avec les mains ou les couverts. Il faut le lui apprendre.

    Qui sont les premières victimes de la parentalité exclusivement positive ?

    Ce sont les enfants eux-mêmes ! Ils se retrouvent sans limite, sans cadre et donc dans des états d’angoisse terrible. Ils ne dorment plus, ils font des crises à répétition. L’angoisse ne permet pas au cerveau neurologique de se construire correctement. Les deuxièmes victimes, ce sont les parents que je recueille épuisés.

    Que deviennent ces “enfants dieu” lorsqu’ils arrivent dans un cadre plus contraignant, à l’école ?

    Cela dépend jusqu’où ils sont dieu… Certains sont enfin rassurés à l’école parce que là, au moins, il y a des règles. Et les parents me disent : à la maison ils sont infernaux mais à l’école tout se passe bien. Ces enfants sont encore aptes à intégrer des règles et cela les apaise. D’autres sont ingérables à la maison ET à l’école. Et les professeurs sont à leur tour victimes, ils sont à bout car ils sont confrontés à des enfants qui ne savent pas se taire, qui mettent les pieds sur les bancs, qui refusent de faire des dictées “parce qu’ils n’ont pas envie”. Ces enfants deviennent soit ultra-narcissiques, soit violents avec les autres.

    L’enfant ne naît-il pas naturellement empathique ?

    Si, bien sûr. Il naît empathique et avec l’envie de tout comprendre et de tout découvrir. Il est ouvert au monde. Mais empathique ne veut pas dire que chaque enfant naît bon, généreux et qu’il a spontanément l’envie de faire passer l’autre avant lui. Il est aussi égoïste : il pense à lui, il voit le monde à travers son filtre. Il apprend en grandissant à se mettre à la place de l’autre. Un jeune enfant est autocentré. Il croit que quand il crie, sa mère doit tout de suite venir. Le danger est de considérer que le monde est à l’image du royaume familial… Il m’arrive de recevoir des parents qui habillent leurs enfants jusqu’à six ou sept ans parce qu’ils refusent de se vêtir seuls. (...)