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Bioéthique

  • Contraception : "Le changement est possible"; quand Paglia rouvre le front

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    De Luisella Scrosati sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Contraception : "Le changement est possible"; Paglia rouvre le front

    12-11-2022

    Changer la doctrine sur la contraception ? Pour Monseigneur Paglia "le jour viendra où le Pape le fera, il faut y penser". L'interview déconcertante du président du Président de l'Académie pontificale pour la Vie (APV) avec The Tablet qui revient sur les souhaits de la Civiltà Cattolica d'une encyclique qui surpasserait définitivement Humanae vitae. Dans un concentré de réponses pathétiques, les sondages et les dissidences sont confusément amalgamés, présentés comme de la doctrine. Et l'une d'elles invente même le néologisme de "pro-vie non idéologique". 

    Une encyclique du Pape viendra-t-elle bouleverser l'enseignement de l'Eglise sur la vie, notamment sur la contraception ? Le 2 juillet dernier, Jorge José Ferrer, professeur de théologie morale à l'Université catholique pontificale de Porto Rico, dans les colonnes de La Civiltà Cattolica, avait lancé l'idée, à la fin d'un long article saluant l'air de renouveau introduit par la publication du volume Éthique de la vie, par l'Académie pontificale pour la vie : "Il est légitime de se demander si le pape François nous livrera une nouvelle encyclique ou exhortation apostolique sur la bioéthique, qu'il pourrait peut-être intituler Gaudium vitae", puisque, avait rappelé Ferrer, Evangelium Vitae a vingt-cinq ans.

    Christopher Lamb, vaticaniste pour The Tablet, a dû particulièrement apprécier l'idée. C'est ainsi qu'il a organisé un tête-à-tête avec Mgr Vincenzo Paglia (APV), dont il rend compte, de manière assez pathétique, dans un article du 10 novembre. Pour être honnête, M. Lamb parle de "rumeurs croissantes" concernant un "nouveau document qui pourrait assouplir l'interdiction de la contraception artificielle par l'Église". Plus précisément, selon ces rumeurs, le pape, "qui a souligné à plusieurs reprises la primauté de la conscience formée et le rôle du discernement dans la prise de décision morale, pourrait faire évoluer la position selon laquelle les couples mariés ne peuvent en aucun cas recourir à la contraception artificielle".

    Son interlocuteur, interrogé, a toutefois répondu : "Je crois que le jour viendra où le pape François, ou le prochain pape, le fera". Mais qu'est-ce que je peux dire ? Il est certain que nous devons l'envisager". En substance, Lamb et Paglia préparent le terrain, suggérant déjà la ligne à suivre et même le titre de l'encyclique ; il n'apparaît pas clairement s'ils ont un commanditaire plus haut placé qu'eux, peut-être habillé en blanc. En fait, ce n'est pas un mystère que le pape François, face aux ouvertures du texte de base de l'APV, a défendu la liberté des théologiens de débattre à 360 degrés, parce qu'alors le Magistère décidera, oubliant ce détail que le Magistère, en ce qui concerne la contraception, l'insémination artificielle et la fin de vie, a déjà pris position.

    L'article de Lamb est plutôt banal : Paglia serait l'homme pacifique à l'esprit large qui veut être plus "pro-vie" plutôt que de simplement réaffirmer l'opposition traditionnelle de l'Église à l'avortement et à la contraception. D'autre part, il y a les méchants, ceux qui veulent "entraîner l'Église dans les guerres culturelles", comme certains évêques américains qui tentent "d'empêcher deux éminents politiciens catholiques" de recevoir la communion, ou comme ces obstinés qui prétendent que remettre en question l'enseignement d'Humanae Vitae sur la contraception reviendrait à "trafiquer l'enseignement irréformable de l'Église".

    Mais l'interlocuteur de Lamb est Paglia, l'impassible, pas du tout "contrarié par le débat agité qui a vu l'Académie fortement critiquée par une partie des médias catholiques", mais déterminé à atteindre son objectif. Écoutez, dit Mgr Paglia, ce qui est important aujourd'hui, c'est d'être vraiment "pro-vie d'une manière non idéologique" [...]. Nous sommes intéressés à battre en brèche - pour ainsi dire - les préjugés idéologiques qui contaminent la réflexion, qui contaminent l'opinion publique. Et ils empêchent une large participation à tous les niveaux". Soupe habituelle : être pour la vie signifie combattre les guerres, s'occuper de la faim dans le monde, de la hausse des suicides, de la peine de mort, des immigrants. Selon Paglia, l'axe doit être déplacé vers ces questions car, répète-t-il, le débat "sur l'avortement et l'euthanasie s'est idéologisé".

    La rencontre entre Paglia et Lamb a porté sur deux sujets très chauds. Le premier est la nomination de Mariana Mazzuccato en tant que membre de l'APV. Mgr Paglia ne voit aucun problème à cette nomination, puisque Mazzucato, selon lui, n'est pas réellement pro-avortement, mais pro-choix.  Le pouvoir des mots... En outre, la nomination d'un économiste serait justifiée par le fait que l'APV ne peut ignorer "les atteintes à la vie que constituent les inégalités". La question que Lamb aurait dû poser était facile : n'y avait-il pas un autre économiste préoccupé par les inégalités mais opposé à l'avortement ? Mais il est vrai aussi que Lamb n'était pas là pour saper Paglia, mais pour ouvrir la fenêtre d'Overton pour l'autorisation de la contraception.

    Et pour atteindre cet objectif, tout est permis. A commencer par Paglia, qui s'amuse à jeter de la poudre aux yeux et à brouiller les cartes ; d'abord, en effet, il fait l'éloge d'Humanae Vitae pour la parentalité responsable, puis il met en garde contre le risque d'appliquer l'encyclique "de manière strictement légaliste". Comme, par exemple, ceux qui ont recours aux "méthodes naturelles de contraception" pour ne pas avoir d'enfants ; ils "pourraient être très corrects dans l'application des méthodes naturelles" ; ils pourraient dire qu'ils "respectent la règle", mais trahissent la substance de l'enseignement de l'Église. Que quelqu'un lui explique que le recours aux périodes infertiles n'est pas contraceptif et que la question n'est pas de savoir si une chose est naturelle ou artificielle, mais de voir s'il s'agit d'un acte destiné à empêcher la procréation. Le coitus interruptus n'est pas artificiel, mais il est clairement contraceptif. Est-ce trop demander que de demander la démission d'un homme qui est à la tête de l'APV et qui ne connaît pas ces distinctions ? Ou, pire encore, fait-il délibérément semblant de ne pas les connaître ?

    Puis il évoque respectivement : l'oracle des sondages mondiaux qui, explique Lamb, montrent que la majorité écrasante des catholiques n'accepte pas que l'utilisation de contraceptifs soit moralement mauvaise ; Maurizio Chiodi, qui pontifie sur la possibilité d'une dissidence concernant l'enseignement de Humanae Vitae ; Benoît XVI, qui, dans les rêves agités de Lamb, aurait dit que "la contraception artificielle peut être utilisée lorsque l'intention n'est pas d'empêcher la conception mais d'arrêter la propagation d'une maladie mortelle". Sur ce dernier point, rappelons que la note d'éclaircissement de la Congrégation pour la doctrine de la foi avait clos le dossier : Benoît XVI n'avait en aucun cas ouvert la porte à la contraception dans certains cas, ni à la prostitution, ni au principe du moindre mal. Lamb ne peut pas l'ignorer, mais manifestement, certains saboteurs de la doctrine de l'Eglise ont particulièrement besoin de faire semblant de s'appuyer sur l'autorité de Benoît XVI : ils le détestent, mais ils ne peuvent pas se passer de lui.

    Même Saint John Henry Newman est appelé à la cause : son essai sur le développement de la doctrine est devenu le livre le plus cité (de manière détournée) par ceux qui, à supposer qu'ils l'aient lu, ne l'ont pas du tout compris, prenant pour du développement ce que Newman appelait en fait la corruption de la doctrine. (...)

    Paglia conclut l'entretien par un message d'amour et d'écoute : "Je dis à ceux qui s'opposent à la discussion de ces questions : je pense qu'il y a un profond problème de fidélité à l'Esprit. Et c'est qu'il s'agit d'une pathologie, d'une foi malade. Une foi dans la lettre et non dans l'Esprit. Je dirais que cela risque de "bloquer l'Esprit". Pas moins. En tout cas, Paglia, l'homme pacifique aux vues larges, invite les opposants " malades " à débattre, mais sans " tomber dans la tentation d'être le Magistère ". Nous l'invitons donc à une interview avec La Bussola, avant la sortie de Gaudium vitae. Seulement il n'y aura pas de Mr Lamb à ses côtés.

  • Il n’y a pas d’être humain asexué

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    De gènéthique.org (Coin des experts) :

    Pr René Ecochard : « Il n’y a pas d’être humain asexué »

    26 septembre 2022

    Sabra Klein est microbiologiste[1]. Au cours de sa thèse, elle a étudié l’influence des hormones sexuelles sur le cerveau et le comportement. « Tout le monde sait que les hormones influencent de nombreux processus biologiques – notre métabolisme, notre cœur, notre densité osseuse ». Mais « elles doivent aussi avoir un impact sur notre système immunitaire », pense-t-elle. Pourtant, à l’issue de sa thèse en 1998, quand elle propose de mener une recherche post-doctorale sur le sujet, elle ne trouve « pas un microbiologiste ou immunologiste » pour la laisser étudier cette problématique.

    Aujourd’hui Sabra Klein a développé son propre laboratoire de recherche à l’université Bloomberg School of Public Health. Au cours des dernières années, elle et d’autres chercheurs ont pu montrer comment le système immunitaire de la femme et de l’homme répondent différemment au virus de la grippe, du VIH, et à certaines thérapies contre le cancer. Ou encore pourquoi les femmes développent une plus grande immunité après un vaccin, mais sont aussi plus susceptibles de souffrir d’asthme sévère ou de maladies auto-immunes. Des réponses biologiques différentes qui appellent une prise en charge différente, notamment pour une bonne gestion des effets secondaires.

    Décryptage du professeur René Ecochard, professeur à l’université Claude-Bernard (Lyon I) et auteur de Homme, Femme : Ce que nous disent les neurosciences paru aux Editions Artège.

    Gènéthique : Les chercheurs ont mis en évidence l’influence du sexe biologique sur le système immunitaire. Quels sont les mécanismes mis en jeu ?

    René Ecochard : L’immunité défend contre les infections et contre les cancers. Plus généralement, elle protège contre ce qui est « étranger » au corps.

    Plusieurs travaux montrent une différence entre les marqueurs de l’immunité des hommes et des femmes [2][3]. En particulier, les maladies liées à l’immunité ne sont pas aussi fréquentes chez les hommes que chez les femmes. C’est le cas de la sclérose en plaque (SEP) et du lupus érythémateux disséminé (LED), tous deux plus fréquents chez la femme que chez l’homme.

    Les résultats des travaux récents montrent aussi une variation des capacités immunitaires entre le début et la fin du cycle féminin[4]. Enfin, ils signalent une différence entre les femmes qui utilisent une contraception hormonale et celles qui n’en utilisent pas [5][6].

    Parmi les hypothèses les mieux argumentées pour expliquer l’impact des hormones sexuelles sur l’immunité, il y a la nécessité d’une immunité particulière pour rendre la femme apte à tolérer l’implantation de l’embryon dans l’utérus[7]. En effet, alors que tout organisme étranger est normalement rejeté par le corps, l’embryon, dont la moitié du capital génétique n’est pas celui de la mère mais celui du père, est accueilli dans l’utérus pour pouvoir s’y développer jusqu’à la naissance. Ceci est permis par une adaptation de l’immunité de la mère pendant la période post-ovulatoire, au moment où l’enfant conçu vient s’implanter dans l’utérus[8].

    G : Vous avez étudié l’impact du sexe biologique sur le cerveau (cf. Neurosciences : « On naît homme ou femme et on le devient »). Y a-t-il des parties du corps qui échappent à cette influence ?

    RE : Hommes et femmes ont une commune humanité, et partagent donc un grand nombre de traits corporels et psychiques. Cependant, il n’y a pas d’être humain asexué. Chacun est de sexe masculin ou féminin, homme ou femme. Ceci se traduit en effet par un grand nombre de différences.

    La bipolarité des sexes a son origine dans la complémentarité des sexes pour la transmission de la vie. La femme porte le petit et a la capacité de le nourrir. L’homme, comme plus généralement le mâle chez de nombreux autres mammifères, a la capacité de protéger l’enfant et sa mère.

    Pour réaliser ces tâches, chacun a un corps et un psychisme dotés de capacités permettant de remplir ces missions spécifiques. Au-delà des organes génitaux eux-mêmes, la charpente osseuse, la répartition des graisses et le fonctionnement endocrinologique, comme celui de l’immunité, sont adaptés pour cela.

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  • Ce 27 septembre à Bruxelles : présentation du Manuel de Bioéthique

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  • Protection des femmes enceintes, avortement, euthanasie, GPA... : l'actualité de la bioéthique

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    De l'Institut Européen de Bioéthique :

    Fact-checking : les lois « pro-vie » aux Etats-Unis protègent aussi la vie des femmes enceintes

    Fact-checking : les lois « pro-vie » aux Etats-Unis protègent aussi la vie des femmes enceintes

    Etats-Unis Fact-checking : les lois « pro-vie » aux Etats-Unis protègent aussi la vie des femmes enceintes

    Les 23 états des États-Unis d’Amérique dotés de lois qui protègent l’enfant à naître, permettent un traitement médical nécessaire et dans les temps requis pour sauver la vie de la femme enceinte si celle-ci est en danger, notamment en cas de fausse couche ou de grossesse extra-utérine. A l’heure où ces états sont accusés de mettre la vie des femmes en danger à cause de leurs lois contre l’avortement, l’Institut Charlotte Lozier a publié une analyse juridique et médicale qui résume chacune des lois des 23 états et s’appuye sur les bulletins du Collège Américain des Obstétriciens et Gynécologues relatifs à différents traitements médicaux en cas de grossesses dangereuses pour la vie de la mère. Cette analyse très précise fournit d’ailleurs un...

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    Les grossesses pour autrui (GPA) présentent davantage de risques pour la femme

    Etats-Unis - Les grossesses pour autrui (GPA) présentent davantage de risques pour la femme

    En comparaison aux grossesses « spontannées » (hors cas de GPA), les grossesses « pour autrui » présentent davantage de complications et de risques élevés pour la santé de la femme, et ce indépendamment de son âge ou du nombre de grossesses qu'elle a déjà eues. C'est ce que montre une étude menée par le Center for Bioethics and Culture et parue en juillet dernier dans la revue scientifique Dignity, une publication consacrée à l'analyse des phénomènes d'exploitation et de violence. Au total, 96 femmes américaines ayant vécu à la fois une ou des grossesses « pour elles-mêmes » et une ou des grossesses « pour autrui » ont répondu à l'enquête. Il en ressort différents constats préoccupants : Une grossesse pour autrui a trois fois plus de risques de finir par une césarienne qu'une grossesse normale. Cela s'explique notamment par le fait que certains contrats de GPA internationaux planifient une césarienne pour que les parents d'intention puissent assister à la naissance de l'enfant. L'un...

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    Des femmes contraintes d’avorter : une actualité qui reste méconnue

    Des femmes contraintes d’avorter : une actualité qui reste méconnue

    Selon un sondage de la BBC en mars 2022 sur la coercition liée à la procréation, 15% des femmes britanniques ont subi des pressions pour avorter. En outre, 3% des femmes interrogées se sont vues donner un comprimé ou une autre substance pour provoquer un avortement à leur insu.

    Une part non négligeable d’entre elles (5%) a subi de la violence physique avec l’intention de provoquer une fausse couche.

    Par ailleurs, 14% des femmes interrogées disent avoir été forcées à utiliser un contraceptif contre leur gré.

      Active en Grande-Bretagne pour la défense des femmes et des enfants à naître, la SPUC (Society for the Protection of the Unborn Children) invite par conséquent le gouvernement britannique à ordonner une enquête sur la question de la contrainte autour de l’avortement, et à reconnaître que l’avortement...

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    Le nombre d’euthanasies monte en flèche au Canada

    Canada Le nombre d’euthanasies monte en flèche au Canada

    Le dernier rapport sur l'euthanasie au Canada indique une hausse considérable du nombre d'euthanasies pour l'année 2021, par rapport à l'année précédente : + 32,4% soit plus de 10 000 personnes, et 3,3% du total des décès pour 2021. Pour la première fois, y sont comptées des personnes dont le décès n'était pas prévu à brève échéance mais qui ont demandé l'euthanasie sur la base du dernier élargissement de la loi en 2021.

      La première raison invoquée par les personnes avant leur euthanasie est la perte de capacité à se livrer à des occupations porteuses de sens. Le contrôle insuffisant de la douleur ne vient qu'en troisième position.

      Presque 1 canadien sur 5 décédé par euthanasie en 2021 a précisé qu'il souffrait de solitude et d'isolement, et que cela constituait une des raisons pour lesquelles il voulait mourir. Plus d'un tiers se considérait comme un « fardeau pour leur famille, leurs amis ou les soignants ».

      Le 26 juillet dernier, soit le même jour que la publication du ra...

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  • L'Incorrect publie un dossier sur l'avortement, "le grand tabou"

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    La situation évoquée est celle de l'Hexagone mais on n'aura aucune peine à faire le lien avec les réalités telles qu'elles se présentent chez nous.

    AVORTEMENT, LE GRAND TABOU

    VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER

    « Il s’agit bien d’un programme, d’un business même,  où s’enchevêtrent, dans une partouze qui suinte la mort, labos, associations et politiques. Rallongement des délais de l’IVG, suppression de la clause de conscience des médecins  suppression des délais de réflexion et même possibilité d’une IMG pour « détresse psychosociale », c’est-à-dire la possibilité de tuer un bébé en  parfaite santé à quelques heures de sa naissance au nom du désir individuel … » 

    Arthur de Watrigant, directeur adjoint de la rédaction

    Retrouvez gratuitement plus de vingt pages d'enquête

    Reportage sur IVG.net, investigations autour du planning familial ou de l'inquiétant monsieur Paulsen qui détient 100% du marché de l'infanticide par voie médicamenteuse, portrait de l'association Magnificat : ce dossier fleuve dresse un panorama de la situation.

    Pour lire le dossier : https://lincorrect.org/wp-content/uploads/2022/05/Dossier-IVG.pdf

  • Etats-Unis : le moment est-il venu pour "Pro-Life 3.0" ?

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    De Mary Frances Myler sur le National Catholic Register :

    Le moment est-il venu pour "Pro-Life 3.0" ?

    Avec la disparition de l'arrêt Roe, certains pro-vie préconisent une approche qui met l'accent sur la diminution de la demande d'avortement par des politiques gouvernementales proactives.

    8 août 2022

    Avec l'annulation de Roe et l'élimination d'un droit à l'avortement au niveau fédéral, certains pro-vie disent qu'il est temps pour une nouvelle phase du mouvement : "Pro-Life 3.0". 

    C'est le nom donné à une approche du plaidoyer pro-vie qui vise à diminuer la demande d'avortement par le biais de programmes et de politiques gouvernementales, au lieu de se concentrer plus exclusivement sur la limitation de l'accès légal à l'avortement.

    Charles Camosy, un théologien moraliste qui enseigne à la faculté de médecine de l'université Creighton et au séminaire St. John de Yonkers, dans l'État de New York, est l'un des principaux partisans de l'approche "Pro-Life 3.0". Il soutient que cette forme de plaidoyer en faveur de la vie est plus cohérente avec l'étendue de l'enseignement social catholique et offre également des possibilités de collaboration bipartisane.

    Si Pro-Life 3.0 représente un changement d'approche, il s'appuie sur les phases précédentes du mouvement pro-vie, comme l'explique M. Camosy dans une récente chronique de Religion News Service. Pro-Life 1.0, écrit-il, a précédé Roe v. Wade et était un "mouvement politiquement complexe" qui ne s'inscrivait pas dans le clivage politique gauche-droite. Après Roe, Pro-Life 2.0 s'est défini en grande partie par son fusionnisme, canalisant l'activisme politique en grande partie par le biais d'une coalition de la droite religieuse, des libertaires à petit gouvernement et des faucons anticommunistes. 

    "Cela a donné lieu à d'étranges associations", a noté M. Camosy dans sa chronique.

    Pro-Life 3.0, expliqué

    Avec la décision rendue le 24 juin dans l'affaire Dobbs contre Jackson Women's Health, le paysage de la législation sur l'avortement - et le potentiel d'action politique du mouvement pro-vie - a changé. 

    "Avant l'arrêt Dobbs, les législateurs n'avaient pas la possibilité d'adopter une approche globale de l'élaboration des politiques en faveur de la vie", explique au Register Rick Garnett, professeur à la faculté de droit de Notre Dame. "Les décisions malencontreuses de la Cour dans les affaires Roe et Casey ont privé les citoyens de la capacité d'exprimer en droit et en politique un engagement envers la dignité humaine des enfants à naître et des femmes enceintes."

    Libéré des limitations imposées par Roe, et coïncidant avec le virage populiste du parti républicain, M. Camosy a déclaré que le mouvement pro-vie a maintenant la possibilité de "nouveaux arrangements politiques créatifs qui n'étaient pas possibles auparavant".

    Dans le cadre de cette possibilité de nouveaux arrangements, M. Camosy a déclaré que c'était l'occasion pour les catholiques de soutenir un programme politique plus conforme à l'enseignement social catholique. 

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  • Retour aux années 60 ? Quand l'Académie pontificale pour la vie veut revoir la doctrine sur la contraception sexuelle

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Retour aux années 60 ? L'Académie pontificale pour la vie pousse à s'écarter de la doctrine sur la contraception sexuelle

    Un document rompt avec cinq décennies d'enseignement papal post-conciliaire ; ses partisans pressent le Pape François de rendre ses revendications officielles.

    13 juillet 2022

    Il y a cinquante-cinq ans, le pape Paul VI promulguait Humanae Vitae, une encyclique qui clarifiait sans équivoque l'opposition permanente de l'Église à la contraception artificielle. Bien que cet enseignement se soit heurté à la résistance de plusieurs théologiens et même d'évêques à l'époque, il a été réaffirmé et développé par les enseignements papaux ultérieurs, depuis Evangelium Vitae de saint Jean-Paul II jusqu'à la version actuelle du Catéchisme de l'Église catholique récemment révisée par le pape François, qui décrit cette pratique comme "intrinsèquement mauvaise".

    Aujourd'hui, un institut du Vatican, ironiquement créé à l'origine par le grand pape et saint polonais décédé, pousse à un "changement de paradigme" dans la théologie morale qui inclurait un abandon de l'enseignement établi sur la contraception, mais aussi sur l'euthanasie et les formes de conception artificielle.

    Les révélations sont incluses dans un texte récent publié par l'Académie Pontificale pour la Vie (APV), un groupe de réflexion ecclésial établi par Saint Jean Paul en 1994 pour étudier et fournir des conseils "sur les principaux problèmes de la biomédecine et du droit, relatifs à la promotion et à la défense de la vie, surtout dans la relation directe qu'ils ont avec la moralité chrétienne et les directives du Magistère de l'Eglise". 

    L'APV vient de publier 'Theological Ethics of Life : Scripture, Tradition, and Practical Challenges', une synthèse de 528 pages des actes d'un séminaire théologique organisé par l'APV en 2021; elle la décrit comme "une contribution qui élabore une vision chrétienne de la vie en l'exposant dans la perspective d'une anthropologie appropriée à la médiation culturelle de la foi dans le monde d'aujourd'hui". 

    "Un changement radical"

    L'introduction du texte, rédigée par Mgr Vincenzo Paglia, président de l'Académie depuis 2016, décrit le "changement de paradigme" de la théologie morale qu'il introduit comme "à la fois descriptif et conceptuel, car il suit un schéma à la fois argumentatif et narratif, théorique et sapientiel, phénoménologique et interprétatif." 

    "Le texte opère un changement radical, passant pour ainsi dire de la sphère au polyèdre", écrit Mgr Paglia. "Il ne s'agit pas d'un manuel de formules ou d'un catalogue de cas qui peuvent être sortis du contexte de l'argumentation globale. Il s'agit plutôt d'une exposition fondamentale de la vision chrétienne de la vie, illustrée dans ses aspects existentiels les plus pertinents pour la nature dramatique de la condition humaine et abordée dans la perspective d'une anthropologie appropriée à la médiation culturelle de la foi dans le monde d'aujourd'hui."

    Une partie de ce changement par rapport aux approches précédentes de la théologie morale est liée, selon le texte, aux critères directeurs du "dialogue élargi", qui incorpore intentionnellement les perspectives non seulement de diverses positions théologiques, mais aussi de non-catholiques et de non-croyants.

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  • Il est urgent que la bioéthique retrouve l’amitié de la nature humaine

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    De Gènéthique magazine :

    François-Xavier Putallaz : « La nature ne se laisse pas manipuler »

    30 Juin, 2022

    Alors que l’écologie, le climat, l’environnement sont au cœur de l’actualité, la notion de nature est souvent mal comprise. Le philosophe François-Xavier Putallaz, professeur à l’Université de Fribourg et auteur de Qu’est-ce que la nature ?, a accepté de répondre aux questions de Gènéthique.

    Gènéthique : En quoi la bioéthique est-elle influencée par la question de la nature ?

    François-Xavier Putallaz : Aujourd’hui la bioéthique oscille entre deux extrêmes : la raison débarrassée de la nature, ou l’utilitarisme avec son calcul visant à maximiser le plaisir. Ayant rejeté la possibilité de toute connaissance en profondeur des choses naturelles, il ne restait à la pensée de Kant que la pure raison, ce qu’on appelle « l’impératif catégorique » : la raison dicte de manière rigide les comportements. A l’autre extrême, l’utilitarisme évalue une technique biomédicale en fonction des seules conséquences, avantages et souffrances qu’elle implique : la bioéthique se réduit à une mise en balance des intérêts. Dans les deux cas, la nature est écartée.

    Pour éviter ces deux positions extrêmes, nous invitons à reconsidérer en profondeur la nature des choses et surtout la nature humaine, car celle-ci fournit les normes adéquates pour le comportement et pour la technique. C’est une forme d’écologie intégrale à laquelle tout le monde aspire actuellement. Ce livre prétend offrir quelques clarifications indispensables.

    G : Quelles sont les conséquences sur la bioéthique de l’opposition caractéristique de la pensée actuelle entre liberté et nature ?

    FXP : L’opposition est en effet radicale aujourd’hui entre liberté et nature : ou bien, dit-on, il faut respecter les processus naturels sans que les humains y interviennent ; ou bien, on absolutise la liberté individuelle, qui se prétend souveraine : selon la formule de Descartes, on rendrait l’homme « comme maître et possesseur de la nature ». La conséquence en est une arrogance outrancière, où l’individu se met au centre, au point de détruire les ressources naturelles : la crise écologique est manifeste. En bioéthique cette même déviance s’exprime dans la prétention à « l’autonomie reproductive » pour le début de la vie : toute technique devrait être mise à disposition de la liberté individuelle de réaliser tous ses désirs. Une femme ne peut porter d’enfant ? Alors la Grossesse pour Autrui (GPA) est aussitôt réclamée, sans qu’on s’inquiète de la « nature » ni de la servitude que cela impose à des femmes exploitées dans leur corps. De même pour la fin de vie : puisque la liberté individuelle est absolutisée, elle se prétend maîtresse de la vie comme de la mort. Et cela est si ancré dans nos mentalités depuis 300 ans, qu’on ne voit même plus ce qui pourrait poser problème.

    Or problème il y a dans les deux cas : par nature, on ne peut sans dégât majeur arracher un enfant à une femme qui l’a porté durant 9 mois ; par nature, on peut difficilement revendiquer un « droit de mourir », comme si nous maîtrisions tout. Si on comprend certes les souffrances et les aspirations de chacun, euthanasie et GPA ne trouvent pourtant aucun fondement naturel et rationnel.

    G : Comment trouver le chemin d’une réconciliation entre l’homme et la nature qui soit normative, une éthique applicable en bioéthique ?

    FXP : Le problème vient que la notion de « nature », que je viens d’employer, est comprise de manière inadéquate. On réduit hélas la « nature » à l’ensemble des phénomènes physiques et biologiques du monde qui nous entoure et du corps humain. Dans ce sens, évidemment, la nature n’est pas normative : une paire de lunettes n’est pas naturelle. Mais il faut entendre le terme « nature » dans un sens bien plus riche et plus large : c’est l’essence d’une chose, aspirant à se réaliser pleinement. « Par nature » les yeux sont faits pour voir : la technique (lunettes ou opérations au laser) est justifiée parce qu’elle contribue à la réalisation de cette finalité. Les lunettes sont en ce sens naturelles : elles vont dans la direction indiquée par la nature.

    Par nature un enfant est destiné à naître dans une famille avec un père et une mère. Une technique (GPA) qui dissocie la parentalité ne va pas dans le sens de la nature.

    Mais ce langage est inaudible actuellement, car il heurte une liberté absolutisée et la volonté de réaliser ses désirs à n’importe quel prix dans une société de consommation déviante. Ce que nous défendons au contraire, c’est une liberté qui, au lieu de porter atteinte à la nature extérieure (source de la crise écologique), au lieu de brimer la nature humaine (comme si le corps humain était un bien de consommation), discerne la finalité inscrite de la nature et développe des moyens techniques qui la respectent et la perfectionnent. Nous prônons une amitié de la liberté et de la technique avec la nature. Car la technique n’est pas auto-normative : elle n’a de sens que si elle est au service de l’humain, et notamment des plus faibles.

    G : La nature peut-elle remettre en cause les choix qui ont été faits ces dernières décennies en matière de bioéthique ?

    FXP : L’avenir le dira. Mais de même que, sous nos yeux, la nature environnante réagit avec force à la violence d’une exploitation exagérée, de même la nature humaine réagira aux exagérations dans l’utilisation des techniques qui ne respectent pas sa finalité. A qui fera-t-on croire qu’une « mère porteuse » sort indemne de cette aventure ? Croit-on vraiment que les proches ne seront pas impactés à long terme par un suicide médicalement assisté ?

    La nature ne se laisse pas manipuler : elle est si imprégnée de finalités qu’elle finira par s’imposer à toute liberté qui ne se résout pas à la respecter.

    C’est le sens de ce livre : la nature n’est pas figée dans un passé derrière nous (ça c’est le natif), mais elle est devant nous, comme accomplissement que l’homme réalise librement (ça c’est le naturel). Il est urgent que la bioéthique retrouve l’amitié de la nature humaine, car c’est à cette « écologie intégrale » qu’aspire notre humanité.

  • Pays-Bas : va-t-on autoriser la création d'embryons pour la recherche ?

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Pays-Bas : vers la création d’embryons pour la recherche ?

    31 mai 2022

    Aux Pays-Bas, les députés des partis libéraux au pouvoir, le VVD et le D66, travaillent sur une nouvelle législation visant à autoriser la création d’embryons pour les recherches menées dans le but d’augmenter le taux de réussite de la fécondation in vitro (cf. Les FIV sont deux fois moins efficaces que ne le pensent les couples infertiles). Ils veulent également autoriser le diagnostic préimplantatoire (DPI), en cas de « risque que l’enfant transmette des maladies génétiques graves telles que la maladie de Huntington ou la myopathie de Duchenne ». Actuellement le DPI est autorisé pour déterminer si l’embryon lui-même est atteint de la maladie, mais pas pour voir s’il y a un risque que l’embryon la transmette aux générations futures.

    Cette proposition de loi ne sera pas présentée au Parlement avant la prochaine période ministérielle « afin d’éviter toute confrontation potentielle avec les deux autres partis de la coalition chrétienne ». Le conseil national de la santé avait indiqué soutenir une modification de la législation. La coalition précédente n’y avait pas donné suite.

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    Source : Dutch news (30/05/2022)

  • La grande bataille de l’avortement ne fait que commencer

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    De Michel Janva sur le site web du « Salon beige » :

    « Grégor Puppinck, docteur en droit, directeur de l’European Center for Law and Justice (ECLJ), revient sur l’affaire qui secoue les partisans de la culture de mort : le renversement attendu par la Cour Suprême des États Unis de l’arrêt Roe vs Wade. L’ECLJ est intervenu en tant qu’“amicus curiae” dans l’affaire en cours auprès de la Cour suprême.

    Est-ce que l’on peut dire que ce projet de jugement de la Cour suprême supprime le droit à l’avortement ?

    Non. Ce projet d’arrêt ne déclare pas l’avortement contraire à la Constitution, comme le fit par exemple la Cour constitutionnelle polonaise en 2020 à propos de l’avortement eugénique : il rend au peuple et à ses représentants le pouvoir de trancher cette question, comme c’était le cas avant l’arrêt Roe v. Wade de 1973. Avec une telle décision, les États fédérés américains n’ont plus l’obligation de légaliser l’avortement, mais ils n’ont pas davantage l’obligation de l’abroger. En pratique, d’assez nombreux États devraient soumettre l’avortement à des conditions plus strictes, notamment de délai, car l’avortement est aujourd’hui un droit jusqu’au seuil de viabilité du fœtus, c’est-à-dire environ 24 semaines. 26 des 50 États fédérés sont intervenus dans l’affaire pour demander à la Cour de renverser les anciens arrêts Roe de 1973 et Planned parenthood v.Casey de 1992, qui avaient créé un droit constitutionnel à l’avortement, et de renvoyer cette question à leur niveau de compétence.

    Comment les juges sont-ils arrivés à ce projet de décision ?

    Le projet d’arrêt — d’une grande rigueur intellectuelle — analyse au scalpel les anciens arrêts Roe et Casey. C’est une analyse sans concession, de 99 pages, qui expose les erreurs factuelles et juridiques de ces jugements et qui, plus encore, dénonce « l’abus de l’autorité judiciaire » par lequel les juges ont « court-circuité le processus démocratique » en imposant à tous leurs propres idées.

    Le texte rappelle que la Cour doit faire preuve de retenue judiciaire : son rôle est d’appliquer la Constitution et non de créer de nouveaux droits et obligations qu’elle ne contient pas. C’est une exigence élémentaire de la séparation des pouvoirs : le juge ne doit pas prendre la place du législateur.

    Quant aux erreurs factuelles et juridiques des précédents Roe et Casey, le projet d’arrêt en expose toute une série, mais la plus importante vise la notion de vie privée (privacy) et d’autonomie personnelle qui, selon le texte, ne peuvent pas justifier l’avortement, car cette pratique met en cause la vie d’un être humain, d’un tiers.

    Ce faisant, le projet d’arrêt porte un coup à un symbole de la révolution individualiste occidentale : l’affirmation dans l’affaire Casey selon laquelle « au cœur de la liberté se trouve le droit de définir sa propre conception de l’existence, du sens de la vie, de l’univers et du mystère de la vie humaine ». C’est cette affirmation — vague et générale — qui servit de justification pseudo-juridique à l’affirmation d’un droit à l’avortement, et d’autres « nouveaux droits ».

    À cette affirmation, le projet d’arrêt répond par un rappel lucide de la réalité : « Si les individus sont certainement libres de penser et de dire ce qu’ils veulent sur “l’existence”, “le sens”, “l’univers” et “le mystère de la vie humaine”, ils ne sont pas toujours libres d’agir en fonction de ces pensées. La permission d’agir sur la base de telles croyances peut correspondre à l’une des nombreuses acceptions de la “liberté”, mais ce n’est certainement pas une “liberté ordonnée”. » En d’autres termes : les croyances et désirs individuels ne créent pas de droits. La référence fréquente à la notion constitutionnelle de « liberté ordonnée » exprime une position philosophique fondamentale selon laquelle ce n’est pas la liberté, ou la « licence » de faire n’importe quoi qui est protégée par la Constitution, mais seulement celle qui est ordonnée au bien.

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  • Quand la biologie devient une guerre contre la vie

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    Lu sur le Forum Catholique ("Ecclesiola"):

    29 mars 2022

    Un article de France Info et un reportage de France 3 Régions Occitanie du 12-09-2018, mis à jour le 12-06-2020, présentaient « Montpellier : 9 étudiants travaillent sur une bactérie révolutionnaire pour la contraception féminine ».

    Ces étudiants en master de biologie synthétique, encadrés par des enseignants-chercheurs, cherchent à élaborer un probiotique spermicide. Ils sont endoctrinés par le malthusianisme : « L’idée est venue quand nous avons parlé entre nous des problèmes de natalité et de surpopulation dans les pays [en voie] de développement », ils évoquent aussi les problèmes environnementaux et voient dans ce projet « une contraception naturelle simple » préférable à la consommation d’hormones contraceptives.

    Et on apprend, dans un article de France Info du 16-11-2018, mis à jour le 12-06-2020, et dans un article du Midi Libre du 31-10-2018, que ces 9 étudiants ont obtenu en octobre 2018 la médaille d’or, mention « Best education and public engagement », au concours international du MIT (Massachussets Institute of Technology) de Boston pour leur projet de contraception bactérienne « vagineering ». Il s’agit du concours international de biologie synthétique : International Genetically Engineered Machine (iGEM). Comme l’indique l’intitulé du concours en anglais, la transgénèse y est à l’honneur. Actuellement, le projet « vagineering » est toujours à l’étude.

    « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » quand la biologie, littéralement le discours sur la vie, devient une guerre contre la vie. Quelle horreur de faire travailler les meilleurs étudiants à cette entreprise malthusienne ! Quelle horreur de croire qu’il y aurait des êtres humains de trop sur terre ! Ce projet montre que, désormais, il y a des masters impossibles pour des étudiants catholiques respectant la vie.

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  • Euthanasie : quand l’émotion tue la raison

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    L’euthanasie avance ses pions en jouant sur les sentiments à l’occasion de cas extrêmes fort médiatisés qui s’apparentent à une manipulation de l’opinion. Explications dans le mensuel « La Nef » (mars 2022) par Tugdual Derville (*) :

    Derville-2022©VITA-620x330.jpgDepuis des dizaines d’années, l’offensive de l’euthanasie exploite des « cas » choisis et manipulés. Des noms enflamment les ondes, occupent la Une, puis s’effacent et s’oublient. Entretemps, ils ont dopé l’audimat et forgé l’opinion. Notons la complicité systémique entre le spectaculaire des situations et une industrie médiatique avide de se nourrir d’émotion, pour nous tenir en haleine le plus longtemps possible, sans craindre voyeurisme et superficialité.

    Pour les promoteurs de l’euthanasie, l’exploitation des cas a un but : noyer la raison dans l’émotion. Pour cela, il faut présenter une situation « terrible », sous un angle tel que l’inéluctabilité de l’euthanasie ou du suicide fasse vaciller les indécis, tout en éteignant chez les opposants toute velléité de contestation. Pour ne pas paraître inhumains, ils doivent s’autocensurer. Leur refus de l’euthanasie serait assimilé à une cruelle approbation de la souffrance.

    Tactique imparable ? Non, car, derrière tout meurtre, se cache un mensonge. Il se découvre dès que l’on creuse honnêtement la situation. Pour décrypter, il y a dix ans, sept affaires d’euthanasie qui avaient bouleversé la France (1), j’ai rencontré des proches ou des soignants de « victimes » emblématiques de l’euthanasie ou du suicide assisté. Vincent Humbert et Chantal Sébire furent les plus médiatisés. À chaque fois, leur situation n’était pas celle que les médias avaient décrite.

    Certains se souviendront du jeune Vincent Humbert, devenu ultra-dépendant après un accident de la route. Trois ans, jour pour jour, après ce drame, sa mère tenta de mettre fin aux jours de son fils, dans sa chambre de Berk-sur-Mer. Deux jours plus tard, le 26 avril 2003, alors qu’il était en train de se réveiller, un médecin lui donnait la mort. La France semblait unanime pour l’exonérer. Mais le kinésithérapeute du jeune homme osa affirmer : « Vincent ne voulait pas mourir ! » Et de révéler le « pot aux roses », en Une du Parisien-Aujourd’hui en France : on avait exagéré le handicap du jeune homme ; on en avait « rajouté pour faire pleurer dans les chaumières » ; il n’avait pas écrit le livre « Je vous demande le droit de mourir », publié sous son nom ; on avait surtout occulté la relation fusionnelle avec sa mère. Vivant seule, elle ne voulait pas voir son enfant orienté vers une institution.

    Des cas « emblématiques »

    Que l’affaire Humbert n’ait pas entraîné la légalisation de l’euthanasie a surpris. Cinq ans plus tard, le 19 mars 2008, Chantal Sébire se suicidait chez elle, dans une maison cernée de journalistes. La pauvre femme souffrait d’un spectaculaire cancer des sinus. Elle exigeait l’euthanasie depuis des mois, actions en justice à l’appui. À sa demande, son visage, déformé par la tumeur, était diffusé partout ; elle disait souffrir atrocement, se prétendait « allergique à la morphine »… Tableau épouvantable. En réalité, elle avait d’abord refusé toute intervention chirurgicale, puis récusé les traitements antidouleur (dont la morphine, à laquelle elle n’était en rien allergique). Et voilà donc qu’une femme – certes souffrante et tenace – demande à la médecine dont elle refuse tout secours, tant curatif que palliatif, de lui administrer la mort ! Là encore, les ressorts psychologiques, de l’ordre du déni et de la toute-puissance, auraient dû être décryptés. Ses proches en étaient conscients. Mais comme le jeune Vincent Humbert et sa mère, la malheureuse Chantal Sébire a été utilisée par un lobby puissant, comme moyen de déverrouiller l’interdit de tuer.

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