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liturgie

  • Pas de restauration de la liturgie sans volonté réelle : lu dans « Res Novae » Perspectives romaines

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    Par PHILIPPE MAXENCE

    « Il n’y aura pas de restauration de l’Église possible, sans envisager une période de transition liturgique. Outre que celle-ci agira sur une amélioration de la liturgie en elle-même, elle aura aussi des conséquences sur une réappropriation par le peuple chrétien de la doctrine et des mœurs catholiques. Non par un coup de baguette magique, mais par une imprégnation permanente. Lex orandi, lex credendi. Reste que cet effort liturgique, qui s’insère dans une visée plus large, de véritable réforme de l’Église, nécessite des hommes pour l’accomplir. Des prêtres, des évêques, un pape ! Encore faudra-t-il que les artisans de ce « retour » aient la volonté décidée de l’accomplir malgré tous les obstacles qu’ils rencontreront.

    Or, que constatons-nous ? Depuis un peu plus de quarante ans, cette volonté a manqué aux hommes d’Église, alors même qu’ils auraient pu amorcer ce « retour » et qu’ils en parlaient. Plus exactement, ils se sont contentés de vouloir – et encore faiblement – un encadrement de la réforme. Benoît XVI a théorisé cette tentative, qui s’applique notamment à la liturgie, en la qualifiant d’« herméneutique de la réforme dans la continuité », qu’on pourrait aussi qualifier d’herméneutique de conservation des acquis du concile, dans une perspective modérée.

    La liturgie nouvelle rectifiée selon Jean-Paul II

    Il est clair que Jean-Paul II, puissamment aidé par le cardinal Joseph Ratzinger, a voulu imposer une troisième voie entre la réaction traditionaliste et la marche en avant progressiste. En ce qui concerne la liturgie, il s’agissait alors de mettre en application une interprétation de la réforme liturgique en tentant de la placer, dans une certaine mesure, dans le fil de la tradition liturgique. La parole officielle consistait alors à affirmer que la réforme liturgique constituait la dernière étape d’une réforme organique de la liturgie romaine, à l’instar des réformes antérieures de saint Pie X, Pie XII ou Jean XXIII. Une parole officielle qui avait pourtant quelques difficultés à entrer dans les esprits tant le fossé séparant la liturgie traditionnelle de la nouvelle liturgie semblait abyssal à tout spectateur honnête qu’il préfère d’ailleurs l’une ou l’autre de ces liturgies.

    À vrai dire, la difficulté ne venait pas seulement de la compréhension intellectuelle de ces liturgies que de la pratique elle-même de la nouvelle liturgie. D’où la multiplication des textes pontificaux pour à la fois célébrer la réforme liturgique issue du Concile et pour en corriger les mauvaises interprétations.

    Cependant, cette volonté de corriger les abus et de donner une interprétation correcte de ce qu’est « la vraie liturgie » issue du Concile trouvait une première limite dans la pratique liturgique du pape lui-même, notamment de Jean-Paul II. Malgré tout, peut-être sous l’influence de son très bugninien maître de cérémonies, Mgr Piero Marini, le pape de la « restauration », qui était aussi le pape d’Assise, a présidé des Eucharisties dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles s’éloignaient de l’interprétation que le même pape et les organes curiaux compétents en la matière tentaient de faire passer par ailleurs. De la même manière, la célébration d’un rite dit zaïrois en la basilique Saint-Pierre ne s’est pas déroulée la première fois sous le pontificat de François mais sous celui de Jean-Paul II. Il faut dire que Jean-Paul II, qui avait des dons incontestables d’acteur, était parfaitement à l’aise dans la liturgie nouvelle où la part de « jeu » du célébrant est très importante.

    Cette distorsion entre la parole et la pratique signale déjà un premier échec d’inscrire la liturgie réformée – certains diraient « révolutionnée » – dans la Tradition.

    La liturgie nouvelle traditionalisée, selon le rêve de Benoît XVI

    L’intérêt de Benoît XVI pour la liturgie et sa piété personnelle plus sensible aux fastes liturgiques auraient pu modifier durablement la donne. Son motu proprio Summorum Pontificum redonnait une visibilité à la liturgie traditionnelle et reconnaissait qu’elle n’avait jamais été interdite. Même s’il n’a pas ensuite beaucoup défendu son texte pour que les évêques laissent les curés l’appliquer, la liturgie traditionnelle en a profité, puisque de 2007 à 2017, le nombre des messes traditionnelles célébrées dans le monde a doublé.

    Cependant en créant la notion de deux formes – l’une ordinaire ; l’autre extraordinaire – du même rite romain, Benoît XVI tentait encore d’inscrire la liturgie réformée dans le sillage des livres liturgiques antérieurs tout en reconnaissant que deux formes subsistaient. Personne ne fut dupe de la tactique adoptée pour faire avaler la couleuvre d’une reconnaissance d’un droit à l’existence de l’ancienne liturgie.

    En fait, cette coexistence des « deux formes » devait d’ailleurs conduire, dans l’esprit du pape, à une correction de l’une par l’autre, opération baptisée « enrichissement mutuel », laquelle devait déboucher à terme sur une « réforme de la réforme » en vue du retour à une forme liturgique unique, inscrite intégralement et véritablement dans la Tradition. Comme le comte de Chambord avait déclaré jadis qu’il fallait reprendre le mouvement de réforme arrêté par 1789, Benoît XVI entendait visiblement reprendre le cours des réformes organiques, passant sans la nier toutefois au-dessus des années de transgressions liturgiques. Le succès de ce dessein ne fut pas plus heureux que pour le successeur des rois de France.

    L’idée de l’enrichissement mutuel n’était pas complétement nouvelle chez Benoît XVI. Il l’avait déjà exprimée alors qu’il était encore le cardinal Ratzinger lors du colloque liturgique de Fontgombault (2001) et il avait déclenché alors la réaction de son ami Robert Spaemann qui ne voyait vraiment pas en quoi ni comment l’ancienne liturgie pouvait être enrichie. En réalité, c’est essentiellement la liturgie nouvelle que Benoît XVI voulait « enrichir », c’est-à-dire transformer, mais sans avoir à le dire, ni surtout à l’imposer par des actes de gouvernement…

    Toujours est-il que durant son court pontificat, Benoît XVI a certes remis à l’honneur certains objets liturgiques anciens, mais il n’a jamais célébré, pas même en la fête de saint Pie V, l’usus antiquior, pourtant remis à l’honneur par ses soins, ni même corrigé la dite « forme ordinaire », ni appliqué les quelques éléments avancés par lui-même naguère pour la « réforme de la réforme ». Il s’est contenté de donner personnellement la communion sur les lèvres lors des célébrations qu’il présidait.

    Une fois encore – et de manière plus décevante que sous Jean-Paul II, parce que le dessein était plus clair et les circonstances plus favorables –, la distorsion entre la parole et la pratique a été l’une des marques de ce pontificat et indique en quelque sorte l’échec (comment le qualifier autrement ?) du conservatisme liturgique, ce dernier terme étant entendu comme la volonté de maintenir la réforme liturgique tout en tentant de conserver le plus possible l’idée d’une continuité liturgique, consubstantielle à toute vraie réforme, de vouloir sans vraiment vouloir, de dire sans faire. Le moins que l’on puisse dire est que François a tranché radicalement et qu’il a, pour sa part, mis en conformité parole et pratique.

    L’occasion manquée du cardinal Sarah

    Aujourd’hui, le cardinal Sarah semble être l’un des meilleurs représentants de ce courant qui voudrait accommoder le nouveau à l’ancien. Homme d’une grande piété, et même d’une piété toute traditionnelle, ayant passé avec courage par les fourches caudines d’un pouvoir persécuteur, il a été, ratzinguérien déclaré, cependant nommé au Culte divin dans la première partie du pontificat de François, encadré il est vrai de collaborateurs qui ont systématiquement bridé toutes ses tentatives de correction de la réforme.

    Il a ainsi œuvré avec une entière fidélité à la fois au pape régnant et à la benoîte idée d’une conciliation entre ancien et nouveau rite. Il ne cesse donc de défendre la nécessité de respecter les normes liturgiques, de remettre à l’honneur le sacré et de retrouver ce sens vrai de la liturgie qui consiste à rendre d’abord et avant tout un culte à Dieu plutôt que d’exprimer les états variants d’une assemblée, celle-ci fût-elle eucharistique. Comment ne pas saluer ce souci, ce rappel de tant de choses vraies et justes, surtout venant d’un prélat à la parole souvent forte et qui est certainement un véritable saint ?

    Certes, le cardinal Sarah, comme l’avait fait plus souvent encore Joseph Ratzinger quand il était cardinal, a célébré à plusieurs reprises selon l’usus antiquior, apportant ainsi le renfort de sa notoriété et de sa piété exemplaire, à la réhabilitation pratique de la messe traditionnelle.

    Mais sa tentative avortée d’engager au retournement de la célébration vers le Seigneur a été particulièrement décevante, en ce sens qu’il l’a lancée, puis ne l’a pas soutenue.

    Lors du congrès Sacra Liturgia, tenu à Londres en avril 2016, le cardinal Sarah, alors Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, en présence de Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a appelé à un retour massif de la célébration ad orientem, en suggérant aux prêtres qui le souhaitaient de commencer dès le premier dimanche de l’Avent 2016 à célébrer de la sorte.

    Mais il fut immédiatement contredit par l’archevêque de Westminster, le cardinal Nichols, qui a écrit aux prêtres de son diocèse pour leur déconseiller de suivre son conseil. S’ensuivirent un communiqué du directeur de la Salle de Presse vaticane, le 11 juillet 2016, expliquant que « de nouvelles directives liturgiques (n’étaient) pas prévues », puis une convocation du cardinal par le pape pour une entrevue au cours de laquelle il semble que le sujet fut à peine abordé, mais qui fut considérée par les médias comme une mise en garde du pape au cardinal.

    Manifestement douché par ces difficultés tout de même prévisibles, le cardinal s’abstint de mettre en pratique lui-même l’invitation qu’il avait faite aux prêtres : dans ses nombreux voyages, y compris lors de circonstances qui l’eussent permis sans difficulté (à Lourdes, où Mgr Brouwet attendait un tel geste ; plus récemment, dans une église de Paris, entouré des plus classiques des clercs qui espéraient cet encouragement), il célébra et célèbre toujours invariablement face au peuple. Ici encore, paroles mais pas gestes.

    * * *

    Ce que l’histoire a retenu comme étant la réforme grégorienne, du nom du pape saint Grégoire (VII), est en fait le résultat de l’action de plusieurs pontifes, avant Grégoire et après celui-ci, même si ce dernier en a été le principal acteur. Reste qu’elle a été portée par des hommes qui ont voulu réformer l’Église et qui ont posé les actes nécessaires à sa concrétisation. Pour sortir du système autobloquant, incarné par la réforme liturgique aux effets bien plus larges que le simple domaine liturgique, les évêques doivent et peuvent poser le premier pas, le plus visible, le plus parlant, le plus symbolique : la célébration face à Dieu. Ce faisant, ils ne poseront pas seulement le premier acte d’une réforme, mais ils honoreront Dieu comme ils le doivent. »

  • Deuxième dimanche de l'Avent : Populus Sion

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    Populus Sion, (Introit du 2e dimanche de l'Avent)
    ecce Dominus veniet ad salvandas gentes :
    et auditam faciet Dominus gloriam vocis suae,
    in laetitia cordis vestri.

    Peuple de Sion,
    voici le Seigneur qui va venir pour sauver les nations ;
    et le Seigneur fera entendre sa voix pleine de majesté.
    Et votre cœur sera dans la joie.

    Prête l’oreille, berger d’Israël, 
    toi qui conduis Joseph comme un troupeau.

    (Isaïe 30, 19.30 / Psaume 80, 1)

  • Triors : 43 moines et un abbé de 35 ans

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    Sur le site de La Nef, Christophe Geffroy interviewe Dom Louis Blanc, père abbé de Triors :

    Triors : une voie balisée par les siècles

    Triors a été fondé par Fontgombault en 1984 et érigé en abbaye en 1994 avec Dom Hervé Courau comme premier Abbé. Élu Père Abbé de Triors le 30 novembre 2021, Dom Louis Blanc, âgé de 35 ans, a reçu la bénédiction abbatiale le 2 février 2022.

    La Nef – Pourriez-vous d’abord nous brosser votre itinéraire et les raisons de votre entrée à Triors ?

    Dom Louis Blanc – Le Seigneur m’a fait naître en 1986 dans une famille chrétienne, aîné de nombreux frères et sœurs. Mes parents ont veillé à ce que notre religion s’enracine sur la conscience aimante que nous vivons en présence de Dieu. Le matin, cartable au dos, nous faisions une rapide prière commune, et le soir nous récitions ensemble le chapelet.

    Ma scolarité s’est déroulée en région versaillaise, à Saint-Jean de Béthune puis à Saint-Dominique. Pour le lycée et la prépa, j’étais dans le public, au contact du monde de l’incroyance, heureux et fier de témoigner de la joie d’être chrétien. J’avais le désir de servir mon pays comme officier de marine, et la voie s’ouvrait bien. Reçu, sans même y avoir rêvé, à l’École Polytechnique, je pus embarquer sur le porte-avions pour une mission dans la mer d’Oman. J’ai certes vu bien des belles choses, en mer et en escale, mais la messe quotidienne dans la microscopique chapelle sous le pont d’envol, et les oraisons auprès du tabernacle m’attiraient toujours plus. « Plus que la voix des eaux profondes, des vagues superbes de la mer, superbe est le Seigneur dans les hauteurs ! » (Ps 92, 4).
    Le désir du sacerdoce s’enracine dans mes jeunes années, peut-être au contact de mes deux oncles moines. Vers 15 ans, j’ai lu la Règle de saint Benoît et je m’émerveillais de la bonté du patriarche qui donne des directives claires, mais qui précise toujours qu’on les adaptera aux capacités de chacun. Je concevais une grande vénération pour cette vie où la sainteté est assurée à la fidélité. Et puis je me suis enthousiasmé pour l’Histoire d’une âme, et je désirais suivre la sainte de Lisieux.

    Mais le flou demeurait sur la destination, et la perspective du mariage ne me paraissait pas non plus fermée. Je demandais à Dieu un signe et en même temps j’investiguais. Un prêtre m’a proposé d’aller voir deux abbayes, mais je n’étais pas tenté : les deux noms m’étaient trop connus ! Je voulais une vie monastique cachée, ignorée. Alors il m’a indiqué l’abbaye Notre-Dame de Triors et cela m’a plu, parce que je ne connaissais pas ! J’avais pourtant déjà rencontré le Père Abbé, Dom Courau, lors d’une conférence qu’il était venu donner en 2004 aux responsables du mouvement de jeunes Missio.

    Après une courte semaine à l’abbaye, où je n’ai vu que cohérence avec mon éducation, je suis revenu à ma vie d’étudiant. Apprendre l’entrée de plusieurs de mes amis au service de Dieu a été le déclencheur final de ma ferme décision, prise dans la cathédrale de Chartres, un lundi de Pentecôte. Je n’ai jamais mis en doute cette résolution, engagement personnel dans l’appel. Les choses n’ont pas traîné : j’ai posé ma démission et je suis entré en octobre 2008, dans ma communauté drômoise.

    Lire la suite sur le site de La Nef

  • Liturgie : ce qu’aurait dû être la liturgie eucharistique après Vatican II (1965 et suite) (Denis Crouan) 

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    Liturgie 28 : Ce qu’aurait dû être la liturgie eucharistique après Vatican II (1965 et suite) (65 mn) 

    https://youtu.be/eHClmzqoBJ4   

    Le docteur Denis Crouan aborde maintenant l’après Concile. Et d’abord, ce qu’il aurait dû se passer. On l’a dit, en ce qui concerne l’Ordo de la messe, tout en gardant fidèlement la substance des rites, on les a simplifiés. Aucune rupture n’était demandée. La liturgie restait centrée sur l'union à Dieu. Nous abordons les quatre points suivants :  

    1. L’AMÉNAGEMENT DU SANCTUAIRE
    2. LA LANGUE LITURGIQUE, LES CHANTS, L’ORIENTATION.
    3. LES GESTES ET LES ATTITUDES
    4. LE DEROULEMENT D’UNE MESSE PAROISSIALE

     

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022. 

  • Menace de schisme en Inde pour des raisons liturgiques

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    De Jorge Enrique Mújica sur zenit.org :

    Un demi-million de catholiques en danger imminent de schisme à cause de la liturgie

    Sept mois après l'entrée en vigueur de la nouvelle liturgie approuvée par le Synode catholique syriaque-malabar, 460 prêtres et au moins un demi-million de catholiques demandent que la forme liturgique antérieure à la réforme approuvée soit considérée comme une "variante liturgique".

    29 novembre 2022

    Un demi-million de catholiques indiens sont au bord du schisme avec l'Église et le pape en raison de conflits liés à la liturgie.

    Comme nous l'avons signalé dans un article d'avril 2022, l'Église catholique de rite syro-malabar a approuvé en août 2021 certains changements apportés à la liturgie de ce rite oriental de l'Église et a prolongé la date de Pâques 2022 pour que ces changements entrent en vigueur.

    Une partie de ces changements approuvés concernait la manière dont le rite syro-malabar célèbre la messe (holy qurbana). Cela a divisé la communauté, la plus grande communauté catholique de l'Inde. La division a été exacerbée pour une raison : le vicaire du cardinal George Alencherry, Mgr. Antony Kariyil, s'est prononcé contre les nouvelles dispositions liturgiques et la majorité de la population catholique du diocèse d'Ermakulam-Angamaly soutient le vicaire.

    Sept mois après l'entrée en vigueur de la nouvelle liturgie approuvée par le Synode catholique syro-malabar, 460 prêtres et au moins un demi-million de catholiques demandent que la forme liturgique antérieure à la réforme approuvée soit considérée comme une "variante liturgique". Ils ont même envahi et passé la nuit au domicile de l'archevêque à Kochi, la capitale économique de l'État du Kerala, dans le sud de l'Inde, où le rite catholique oriental a son principal siège.

    "Notre peuple, y compris les prêtres, ne quittera pas l'archevêché tant que nos demandes ne seront pas reconnues", a déclaré Riju Kanjookaran, porte-parole du Mouvement pour la transparence de l'archevêché (AMT), au média en ligne local Matters India. Les manifestants ne permettent pas non plus à l'administrateur apostolique, l'archevêque Andrews Thazhath, de pénétrer dans une quelconque partie de l'archidiocèse.

    "Nous avons plaidé pour la justice auprès du Vatican et du Synode de l'Église syro-malabare, mais tous deux sont inflexibles dans leur ego au lieu de nous écouter. Combien de temps pouvons-nous continuer ainsi ? Il devrait y avoir une fin, dedans ou dehors", a déclaré l'un des manifestants à la même source.

    En fait, à la fin du mois de mars 2022, le pape a exprimé son soutien aux réformes liturgiques à l'archevêque majeur de Siro-Malabar par l'intermédiaire du préfet du Dicastère pour les Églises catholiques orientales, le cardinal Leonardo Sandri. En effet, dans une lettre, le pape a déploré qu'" après le 28 novembre 2021, date retenue pour la mise en œuvre de la Sainte Qurbana ", et bien que 34 éparchies (le reste de celles qui composent ce rite de l'Église catholique) aient " mis en pratique la décision synodale ", l'" archiéparchie d'Ernakulam-Angamaly (...) a continué à faire valoir sa propre " particularité liturgique, fruit de la réflexion, mais isolée du reste de l'Église syro-malabare ".

    Et d'ajouter dans la missive qu'il avait envoyée à l'époque : "Il est bon que, en tant que croyants dans le Christ, nous nous interrogions sur notre façon d'agir, d'exprimer notre désaccord, d'accepter même l'effort et l'humiliation, de faire des pas en arrière", écrit le pape. Et il ajoute : "non pas selon un critère humain de victoire ou de défaite, d'un groupe sur l'autre, mais en regardant le Seigneur et en acceptant non seulement de célébrer sa Pâque mais de la vivre avec lui, en commençant par la tribulation et la Passion.

    Les protestations les plus récentes ont été déclenchées par l'archevêque Thazhath (qui est également le président de l'épiscopat catholique indien) qui a demandé au recteur de la cathédrale d'organiser la célébration d'une messe - selon la réforme approuvée par le synode - avec l'administrateur apostolique le 27 novembre. Une deuxième raison était liée à la demande faite au recteur du petit séminaire de l'archidiocèse de mettre en œuvre la nouvelle messe approuvée par le synode dans le séminaire.

    En bref, jusqu'à la réforme, le prêtre célébrait la messe face aux fidèles (comme dans le rite latin, qui est le rite majoritaire en Occident). Après la réforme, une partie de la messe se déroule dos aux fidèles. La réforme a été approuvée en août 2021 par le synode syro-malabar et est entrée en vigueur en novembre 2021 (avec une extension pour le plus grand archidiocèse, qui est celui auquel on s'oppose, pour un peu plus tard). 35 diocèses ont adopté la réforme, à l'exception de l'archidiocèse d'Ernakulam-Angamaly, qui est également le deuxième diocèse le plus peuplé de l'Église catholique en Inde, et le premier du rite syro-malabar : 10 % des 5,5 millions de catholiques.

    Jorge Enrique Mújica Diplômé en philosophie de l'Ateneo Pontificio Regina Apostolorum, à Rome, et collaborateur "chevronné" de la presse écrite et numérique sur les questions de religion et de communication. Sur son compte Twitter : https://twitter.com/web_pastor, il parle de Dieu et de l'internet et de l'Église et des médias : evangelidigitalización".

  • La difficulté de rester en communion avec un pape dont on désapprouve les prises de position

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    D'Eric Sammons sur crisismagazine.com (traduction française de Benoît et moi) :

    En communion, sans joie, avec le pape François

    Comment un catholique peut-il être en communion avec le pape s’il ne veut rien avoir à faire avec lui ?

    Pour les catholiques fidèles, le pontificat de François a été comme essayer de survivre à 12 rounds avec un champion poids lourd. Passons en revue quelques-uns des coups reçus :

    • « Qui suis-je pour juger ? »
    • « Se reproduire comme des lapins »
    • « Une pluralité de religions est voulue par Dieu »
    • S’acoquiner avec des politiciens pro-avortement
    • Un accord scandaleux avec le parti communiste chinois
    • Promouvoir le travail du Père James Martin
    • Les scandaleuses nominations à l’Académie pontificale pour la vie.

    Et ce ne sont là que quelques exemples ! Je suis sûr que vous pourriez en citer beaucoup d’autres. Après neuf ans de ce pontificat, la plupart d’entre nous se sentent au minimum un peu sonnés.

    Cette situation malsaine peut conduire à un vrai examen de conscience. En tant que catholiques, nous sommes préprogrammés pour respecter, voire apprécier, nos papes. Mais si nous voulons être honnêtes, François est un homme difficile à aimer ou à respecter. Son antagonisme envers les catholiques traditionnels et orthodoxes indique que ce sentiment est réciproque. Un tel désamour conduit à l’inévitable question : comment un catholique peut-il être en communion avec le pape s’il ne veut rien avoir à faire avec lui ?

    Ce n’est pas une question rhétorique. L’Église catholique a toujours souligné l’importance d’être en communion avec Rome. Dès les premiers jours du christianisme, Rome a été considérée comme le lieu de l’unité mondiale de l’Église. Ne pas être en communion avec le successeur de saint Pierre, c’est se séparer du corps du Christ. Mais en même temps, être un catholique fidèle signifie adhérer obstinément aux enseignements de l’Église tels qu’ils nous ont été transmis par l’Écriture et la Tradition. Alors que se passe-t-il quand on nous demande d’être en communion avec quelqu’un qui s’efforce de bouleverser ces enseignements ?

    Afin de résoudre ce paradoxe troublant, nous devons comprendre ce que signifie être « en communion avec ».

    Premièrement, cela ne signifie pas être « en accord » avec quelqu’un sur tous les points de vue. Après tout, chaque catholique pratiquant est actuellement en communion avec tous les autres catholiques pratiquants dans le monde, et je garantis que ces millions de catholiques ont des vues très divergentes sur la politique, l’économie, la culture, et une foule d’autres sujets. Et ce qui est encore plus remarquable, c’est que beaucoup de ces catholiques pratiquants ont probablement des opinions hérétiques. J’imagine qu’il y a un grand nombre de catholiques, par exemple, qui, si on leur demandait d’expliquer la Trinité, donneraient des réponses hérétiques par ignorance ou incompréhension. Mais nous sommes toujours en communion.

    Alors que signifie « en communion avec » ? Il s’agit d’une reconnaissance visible de l’Église visible. Dans l’Église invisible du protestantisme, il n’y a pas de véritable concept de « en communion avec ». Un protestant fréquente simplement l’église qu’il aime le plus, et s’il ne l’aime plus, il part et en fréquente une autre. Il est simplement un membre visible d’une communauté locale de croyants partageant les mêmes idées, tout en demeurant dans l' »église invisible » éthérée. »

    Mais pour les catholiques, c’est très différent. Nous croyons que nous sommes membres d’une Église visible et universelle, qui comprend non seulement tous les catholiques d’aujourd’hui, mais aussi tous les catholiques de l’histoire et de l’avenir – les saints et les pécheurs. Cette appartenance est une réalité mystique qui n’est pas le fruit de notre communauté d’esprit, mais de notre participation commune à la Sainte Communion.

    Cette communion est à la fois horizontale – entre tous les membres de l’Église catholique – et verticale – entre le tout dernier catholique baptisé et le pape, et même le boss du pape, Jésus-Christ. En d’autres termes, notre communion n’est pas une reconnaissance du fait que nous nous apprécions tous ou que nous sommes d’accord les uns avec les autres, mais une soumission mutuelle de notre volonté à celle du Christ.

    En outre, cette communion est structurée ; elle est hiérarchique. Dans les plans de la providence divine, Notre Seigneur a établi un centre pour cette communion ici sur terre – l’évêque de Rome qui est le successeur de saint Pierre. En d’autres termes, pour être en communion les uns avec les autres, nous devons être en communion avec le pape. Ce n’est pas facultatif. Nous ne pouvons pas dire : « Bon, je suis en communion avec ma paroisse locale, mais pas avec le pape ». Agir ainsi revient à rejeter la structure communautaire mise en place par Celui qui crée la communion, Jésus-Christ.

    Qu’en est-il lorsque ce centre de communion devient lui-même une source de scandale ? Que se passe-t-il lorsqu’il semble s’opposer aux enseignements qui viennent du Christ ?

    Certains diront que dans cette situation, François n’est pas vraiment le pape – soit il n’a pas été validement élu, soit son hérésie le démet automatiquement de ses fonctions. Mais il s’agit d’une tentative humaine de reconfigurer une réalité divine pour « résoudre » les problèmes d’aujourd’hui. Nous ne comprenons pas comment nous pouvons avoir un pape aussi mauvais et être encore en communion avec lui, alors nous essayons de régler le problème avec des solutions humaines.

    Cela conduit cependant à des problèmes encore plus grands. C’est un peu comme les nombreuses tentatives anciennes d’expliquer le mystère de la Trinité avec des « solutions » humaines comme le modalisme [Doctrine hérétique qui nie la trinité des Personnes divines et considère le Père, le Fils et le Saint-Esprit comme les modes d’une seule et unique substance. Le modalisme s’est répandu à Rome et en Afrique au iiie siècle, où il a été combattu par saint Hippolyte et Tertullien] ou l’arianisme [Doctrine d’Arius et de ses adeptes. L’arianisme professait que dans la Trinité, le Fils n’est pas parfaitement égal au Père ; il n’est pas de même nature (consubstantiel) et ne participe pas à son éternité (coéternel), donc sa divinité est secondaire] . De telles explications peuvent sembler plus simples et donc plus faciles à accepter pour les hommes et les femmes, mais elles conduisent en fin de compte à des une incompréhension de fond de notre Eglise et de notre communion en elle.

    Comme nous l’avons déjà noté, notre communion est structurée ; elle est hiérarchique. Cela signifie que les membres ont des rôles différents à jouer, et ce n’est pas le rôle du laïc individuel – ou d’un prêtre ou d’un évêque individuel – de déclarer qu’un pape n’est plus pape ou qu’il n’a jamais été pape. En effet, le fait même qu’une quasi-unanimité de la hiérarchie reconnaisse aujourd’hui François comme pape indique clairement que nous devons l’accepter comme pape, et donc être en communion avec lui.

    La papauté est un mystère de notre foi, et les mystères, naturellement, peuvent être difficiles à comprendre ou à accepter. Notre situation difficile actuelle me rappelle Jean 6:68-69, lorsque Jésus demande aux Douze s’ils vont aussi le quitter à cause de l’enseignement difficile de l’Eucharistie. Saint Pierre répond : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ; et nous avons cru, et nous avons appris à connaître que tu es le Saint de Dieu. » L’apôtre principal ne comprenait pas comment il était censé manger la chair du Christ et boire son sang, mais il en était venu à accepter Jésus comme le divin Sauveur et donc, pour saint Pierre, la parole du Christ était suffisante.

    De même, il peut être compliqué d’accepter aujourd’hui le difficile enseignement de la papauté et la nécessité pour nous d’être en communion avec elle. Au temps de papes saints et sages, cet enseignement est naturel et facile. Mais nous ne vivons pas à une telle époque. Nous devons donc dire avec saint Pierre : « Seigneur, à qui irons-nous ? » Notre Seigneur a fait de la communion avec le pape une partie essentielle de la foi catholique – quelque chose qui a été attesté et pratiqué depuis 2 000 ans. Nous ne pouvons pas l’abandonner maintenant, même face à de graves défis.

    C’est le test de notre époque. Essayerons-nous de « résoudre » humainement le problème de la papauté de François, ou ferons-nous confiance à notre Seigneur et resterons-nous en communion avec Rome, même en dépit des défis que cette communion apporte ? Nous pouvons avoir l’impression d’être au milieu d’un combat de poids lourds, mais notre devoir est de persévérer jusqu’au bout, quels que soient les coups que nous pouvons recevoir en chemin.

  • Premier dimanche de l'Avent: ouverture de la nouvelle année liturgique ce 27 novembre 2022

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    Chant d’entrée de la messe 

    « Ad te, Domine, levavi animam meam:

    Deus meus, in te confido; non erubescam.

    Neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui sustinent te, non confundentur.

    Vias tuas, Domine, demonstra mihi, et semitas tuas edoce me. 

    Vers toi j'élève mon âme, mon Dieu, en toi je mets ma confiance, je n'aurai pas à en rougir. Que mes ennemis ne se moquent pas de moi, car tous ceux qui t'attendent ne seront pas confondus.

    Seigneur, fais-moi connaître tes voies, enseigne-moi tes sentiers »

    (Psaume 24, 1-4) 

    Ce tout premier chant de l'année liturgique est emprunté au psaume 24, un des psaumes les plus utilisés dans la liturgie. Quand le psalmiste chante sa peine, son angoisse, sa joie, sa confiance, ce n'est jamais une prière purement individuelle. Au contraire, c'est toujours une prière qui inclut les deux dimensions personnelle et communautaire. On ne se sauve pas tout seul, mais ensemble, en famille. On comprend pourquoi l'Église a su, avec son instinct d'épouse et de mère, recueillir en elle ce trésor unique de la prière biblique et le dispenser à ses enfants, notamment à travers la liturgie.

  • Liège : le samedi 3 décembre prochain à 8h00 : célébration de la « Messe aux Chandelles » en l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132)

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    Affiche 3 décembre 2022 Rorate-page-001.jpg

    Au temps liturgique de l’Avent annonciateur de Noël, dans les pays alémaniques, mais aussi en France, la tradition propose des messes « Rorate », célébrées avant l’aube à la seule lueur des bougies. Leur nom vient du premier mot de l’hymne grégorienne « Rorate caeli desuper » chantée à la messe et qui signifie : « Cieux, distillez d’En Haut votre rosée » (Es. 45,8).

    C’est un peu romantique et très beau, comme dans les tableaux en clair obscur de Georges de la Tour soulignant des détails inhabituels : une petite flamme prête à s’éteindre perce l’obscurité de la nuit. Cette obscurité a quelque chose de notre vie et la lumière symbolise la lumière qu’on attend : l’Enfant-Jésus est comparable à cette petite lumière que peu ont reconnue un peu plus tard dans la nuit de Bethléem.

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    L’église du Saint-Sacrement a voulu s’associer à la restitution de cette belle symbolique religieuse: à (re) découvrir à Liège. Un petit déjeuner amical suivra la liturgie.

    Tous renseignements: Email : sursumcorda@skynet.be ou Gsm : 0470947005

  • Eglise : le fiasco d’un anthropocentrisme révolutionnaire

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    De Jean-Pierre Maugendre sur Riposte Catholique :

    De l’Eglise « experte en humanité » à sa « responsabilité institutionnelle » dans la pédocriminalité : le fiasco d’un anthropocentrisme révolutionnaire

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  • Liturgie : Le Concile Vatican II et la constitution « Sacrosanctum Concilium » (1962) (Denis Crouan)

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    Liturgie 27 : Le Concile Vatican II et la constitution « Sacrosanctum Concilium » (1962) (58 mn) 

    https://youtu.be/DfPfIYLO4yk 

    « Sacrosanctum Concilium... » C’est par ces deux mots latins que s’ouvre la Constitution qui entend donner les grandes lignes devant être suivies pour aboutir à une restauration de la liturgie romaine dans son ensemble. Le but de la restauration liturgique est clairement indiqué. 

    Le Docteur Denis Crouan analyse ce document précieux et précis, chapitre par chapitre, et montre la différence entre le texte du Concile et ce qu’on en a fait.  

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022. 

  • Le Club des Hommes en noir reçoit Mgr Schneider

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    Dans ce Club des Hommes en noir exceptionnel, Philippe Maxence reçoit Mgr Schneider à l’occasion de la sortie de son livre : La messe catholique (Contretemps). Pour s’entretenir avec lui : les abbés de Tanouärn et Laurans, le père Thomas et Jean-Pierre Maugendre:

  • Le chant grégorien présenté sur "La foi prise au mot" (KTO)

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    De KTO Télévision sur Youtube :

    2022_11_21_08_47_48_Greenshot.pngLe chant grégorien est le chant propre de la liturgie de l'Église catholique romaine. Légué par une longue tradition, ce répertoire musical, que le concile Vatican II qualifie de "trésor d'une inestimable valeur", est composé principalement à partir de versets de la Bible dans sa version latine. Il est le fruit d'une longue tradition d'origine byzantine dont on peine à remonter le fil. Comment s'est-il formé ? Quelles sont ses caractéristiques ? Comment l'interpréter aujourd'hui ? A la veille de la sainte Cécile, le bibliste Régis Burnet reçoit François Polgàr, directeur artistique et musical de la Maîtrise de Sainte-Croix de Neuilly - The Paris Boys Choir - depuis 1983.