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Economie

  • Libérer l'économie des idéologies

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    Nous publions le texte intégral de la Lectio magistralis prononcée par l'archevêque Giampaolo Crepaldi à l'occasion de la troisième journée de la doctrine sociale de l'Église, qui s'est tenue le 17 octobre 2020 à Lonigo (VI). (source : Nuova Bussola Quotidiana)

    Libérer l'économie des idéologies

    Monseigneur Giampaolo Crepaldi

    1. Le titre de mon discours fait le lien entre la doctrine sociale de l'Église et les idéologies dans le domaine économique. Je pense qu'il est utile de noter d'emblée que la doctrine sociale de l'Église s'oppose, par sa nature même, à l'idéologie parce qu'elle est réaliste alors que l'idéologie est toujours une dissimulation instrumentale de la réalité. Karl Marx l'a également définie ainsi, mais dans un système de pensée qui était à son tour idéologique. Penser en fait - comme il l'a fait - que la vérité se fait par la praxis est une pure idéologie. Cette observation nous dit quelque chose d'important : il ne suffit pas de dénoncer et de critiquer les idéologies, il faut aussi le faire de manière non idéologique. Les idéologies s'accusent souvent les unes les autres d'être idéologiques, mais en restant toujours dans le jeu de l'idéologie. La Doctrine sociale de l'Église, au contraire, le fait de l'extérieur, sans participer au jeu de l'idéologie. C'est ce que nous a dit 'Caritas in veritate' de Benoît XVI, en nous rappelant que la vérité est un don de soi sans être notre production. L'idéologie est notre production avec laquelle nous voulons couvrir la réalité et la vérité, considérée comme une grande idéologie. La doctrine sociale de l'Église est au contraire réaliste, elle pense que la vérité n'est pas idéologique, au contraire elle nous libère des idéologies précisément parce qu'elle est reçue et non produite par nous. La vérité nous rend libres. L'idéologie est toujours un artifice, la doctrine sociale de l'Église ne l'est jamais. Au contraire, elle éduque l'intelligence et le cœur des gens à la réalité, au raisonnement juste, à une foi consciente et raisonnable, au développement véritable, à la confiance dans les ressources humaines et dans l'homme en tant que ressource. L'idéologie est pessimiste parce qu'elle ne voit la réalité qu'en la falsifiant, alors que la doctrine sociale de l'Église est optimiste parce qu'elle refuse de couvrir la réalité d'une couverture favorable aux intérêts partisans. La doctrine sociale est "de l'Église" et l'Église est la Fiancée du Logos, de la Sagesse et de la Vérité. Les idéologies sont des masques, la Doctrine sociale regarde le visage du Christ dans lequel le Père s'est révélé et qui révèle aussi le visage de l'homme.

    2. Je voudrais donner un exemple immédiat tiré de l'actualité pour nous aider à mieux comprendre ce contraste entre l'idéologie et la doctrine sociale de l'Église. Il ne fait aucun doute que l'actuelle pandémie Covid/19 a eu et aura des répercussions importantes sur l'économie. Je crois que, dans le marasme des informations qui nous parviennent à cet égard, deux éléments peuvent être considérés comme certains. Le premier est que l'impact sur l'économie réelle des entreprises et des ménages sera très lourd.
    À l'heure actuelle, les effets sont freinés par des mesures artificielles, mais cela ne peut pas durer longtemps. La seconde est qu'il existe de nombreux centres de pouvoir politique et financier qui entendent utiliser la pandémie pour réorganiser l'économie mondiale d'une manière qui ne peut nous laisser en paix.

    L'économie est donc actuellement en proie aux idéologies et la pandémie elle-même est gérée de manière idéologique. Nous nous rendons tous compte que les données ne nous parviennent pas dans la bonne version, ou que la science et les scientifiques sont gérés selon des critères non scientifiques.
    Des intellectuels laïcs, comme Giorgio Agamben, par exemple, le soulignent. Une couverture idéologique a maintenant été mise sur la réalité de l'économie, également avec la collaboration des économistes.

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  • Une nouvelle pièce frappée par la Monnaie du Vatican à l'effigie de la Terre Mère

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    LE VATICAN FRAPPE UNE PIÈCE À L'IMAGE DE LA TERRE MÈRE ET DES MIGRANTS

    La Monnaie du Vatican a émis le 13 octobre une pièce de dix euros en argent représentant la "Terre mère". L'image a été conçue par Luigi Oldani pour la Journée mondiale de la Terre.

    Une deuxième pièce d'argent d'une valeur de cinq euros est dédiée à la Journée mondiale de l'immigration et montre Saint Pierre accueillant des migrants.

    Avis aux amateurs
    ... (source)

    NUOVE FIRME per gli argenti vaticani su MIGRANTI e MADRE TERRA

  • Retour sur la portée de la destitution du cardinal Becciu

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    D'Elisabeth Voinier sur Commonweal Magazine via Smart Reading Press :

    VATICAN : DE QUOI LA CHUTE DU CARDINAL BECCIU EST-ELLE LE SIGNE ?

    Les curialistes s’attendaient à des cris et des paroles enflammées à travers la porte du bureau du pape. L’audience fut brève, calme et sereine. Quand le cardinal sortit de chez le pape, il n’était plus cardinal : il s’était dépouillé de ses insignes et de son titre cardinalice. Le pape accepta sa démission. Cette scène eut lieu le 13 septembre 1927, entre le cardinal Billot et le pape Pie XI1. Ce fut la seule fois qu’un tel événement se produisit dans l’histoire moderne… Jusqu’au 24 septembre 2020, où le pape François lors d’un court entretien avec lui, priva Mgr Giovanni Angelo Becciu, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, de «tous les droits liés au cardinalat» en lui retirant sa confiance, ce que Le Monde désigna comme une «disgrâce aussi inattendue que spectaculaire».

    La date du 24 septembre 2020 n’est pas fortuite : une visite imminente d’inspecteurs de l’Observatoire du blanchiment d’argent du Conseil européen et la publication également imminente d’un rapport d’enquête sur les finances du Vatican par l’hebdomadaire italien L’Espresso l’ont déterminée. Mgr Becciu est soupçonné d’avoir accordé des faveurs financières à sa famille et à ses amis. Bien qu’il ne fasse pas encore l’objet d’une enquête officielle, le pape a nommé le 28 septembre un procureur spécial par pour enquêter sur l’affaire.

    Que signifie canoniquement cette démission ? Le cardinal américain Theodore McCarrick démissionna du collège des cardinaux le 28 juillet 2018 en raison des graves allégations d’abus sexuels portées contre lui ; le pape le suspendit de l’exercice de tout ministère public, lui ordonnant d’observer une vie de prière et de pénitence. Le cardinal écossais Keith O’Brien, qui, avant le conclave de 2013, reconnut avoir commis des fautes sexuelles en série, a vécu jusqu’à sa mort en 2018 dans des conditions similaires, mais il fut autorisé à conserver son titre de cardinal. Mgr Becciu n’a pas été suspendu de son ministère public, ni sanctionné par une vie de prière et de pénitence. À soixante-douze ans, c’est – selon les normes du Vatican – un homme encore jeune. Quel peut être l’avenir de celui qui fut l’une des figures les plus puissantes du Vatican en tant que substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État du Saint-Siège et qui entretient de longue date des relations avec les dirigeants politiques italiens et les membres de l’establishment ?

    Le cardinal Becciu

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  • Malversations financières au Vatican (suite)

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    De Valérie Dupont sur le site de la RTBF :

    Vatican : l'argent des fidèles a-t-il permis à des courtiers véreux de s'enrichir ?

    jeudi 08 octobre 2020

    Une enquête sur un scandale financier s’accélère au sein du Vatican, elle a déjà entraîné la démission d’un cardinal. Mais c’est tout un système qui semble venir à la lumière du jour, un système qui permettait à des courtiers véreux de s’enrichir avec l’argent des fidèles.

    Dimanche dernier, les églises du monde entier ont organisé la collecte pour le "denier de Saint-Pierre", le nom donné depuis des siècles aux offrandes des fidèles au pape. Dernièrement, les comptes du Vatican publiés par le nouveau préfet du Secrétariat pour l’économie, le père jésuite Juan Antonio Guerrero, ont dévoilé qu’en 2019 le denier de Saint-Pierre a recueilli près de cinquante-cinq millions d’euros, de quoi couvrir 35% des dépenses du Vatican. "C’est possible que dans certains cas, le Saint-Siège a été, plus que mal conseillé, abusé", a affirmé le père jésuite en présentant les comptes lors d’une opération de transparence sans précédent. Une opération nécessaire car les journaux italiens, depuis quelques semaines, sont remplis d’articles sur le nouveau scandale financier qui éclabousse le plus petit Etat du monde, de quoi refroidir la générosité des fidèles.

    A la sortie des églises, les Romains ne le cachent pas, ils sont scandalisés. "Cet argent devrait certainement servir aux pauvres, et non pas à des fins personnelles" dit cet homme, "mais j’ai bien peur qu’il ait servi à enrichir beaucoup de monde, et je ne parle pas du pape, mais des cardinaux et de l’Église en général !" Une dame ajoute : "Moi, clairement, c’est fini, je ne donnerai plus rien, car s’ils prennent l’argent au pape sans qu’il n’en sache rien… Il y a un manque de contrôle évident."

    L’opération de Londres

    Des fidèles scandalisés parce que l’argent des offrandes a servi à faire des investissements douteux. Notamment l’achat d’un immeuble de luxe à Londres, c’est l’affaire qui a permis de découvrir le pot aux roses. Le scandale commence en 2014, quand des courtiers créent un fonds pour acheter l’immeuble au nom du Vatican. Ils obtiennent une ligne de crédit de 200 millions d’euros près du Crédit Suisse et de la BSI, la Banque Suisse Italienne. Ces courtiers mettent en garantie les comptes bancaires du denier de Saint-Pierre et même le fonds souverain sera utilisé, ce qu’on pourrait considérer comme le compte personnel du pape. "Sur le compte du pape, ils ont prélevé vingt millions d’euros pour financer en partie la fraude organisée par le courtier Gianluigi Torzi, au détriment du secrétariat d’État. Et tout cela, selon l’enquête, au nez et à la barbe du pape" affirme Francesco Grana, un vaticaniste qui passe ses journées dans la salle de presse du Vatican. Tout cela avec la bénédiction de Fabrizio Tirabassi et Monseigneur Alberto Perlasca, les collaborateurs d’Angelo Becciù, qui a l’époque n’était pas encore cardinal mais le substitut du secrétariat d’État du Vatican, soit le numéro deux du Saint-Siège.

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  • Fratelli tutti : une encyclique très politique du pape François sur la fraternité universelle

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    fratelli-tutti.jpgEn la fête du « Poverello » d’Assise, le pape François publie ce dimanche 4 octobre une très longue (270 pages!) encyclique intitulée «Tous frères». Première réaction à chaud de Jean-Marie Guénois sur le site web du « Figaro » :

    « C’est le texte le plus politique du pape François: une lettre encyclique intitulée «Fratelli tutti», «Tous frères» avec ce sous-titre «Sur la fraternité et l’amitié sociale», publiée le 4 octobre, où il pourfend «le racisme», un «virus qui mute», certaines «formes de nationalisme» fondées sur «le repli sur soi (...), des attitudes xénophobes, le mépris», le «populisme malsain» qui «cache le mépris des autres» et les «visions libérales individualistes» et leurs «intérêts économiques effrénés» fondé sur «le dogme de foi néolibéral», alors que «la grande question, c’est le travail» pour tous.

    Il s’agit, au contraire, de construire une  «autre logique» par une «bonne politique» non guidée par la seule économie. Une politique «noble» dont «l’âme serait la charité sociale» ou «l’amour social», en vue d’une «société fraternelle» où les «migrants» notamment et les plus pauvres doivent avoir leur «droits» où qu’ils soient.

    Une société où « les mouvements populaires rassemblant des chômeurs, des travailleurs précaires» doivent donc avoir leur «place» pour une «économie populaire et de production communautaire». Ce sont en effet des «poètes sociaux» qui doivent édifier une «politique sociale» non pas «vers les pauvres» mais «avec les pauvres».

    S’appuyant sur la parabole du Bon Samaritain, le pape estime par conséquent «inacceptable» que des chrétiens fassent «prévaloir certaines préférences politiques» qui n’iraient pas dans ce sens car «la dignité inaliénable de chaque personne» surpasse «son origine, sa couleur, sa religion» et institue «la loi suprême de l’amour fraternelle». Le pape parle même de «mystique de la fraternité» qui a pour finalité la «fête de la fraternité universelle».

    François insiste en particulier - et de façon nouvelle - sur trois points précis:

    Sur les frontières tout d’abord. Les «limites et les frontières des Etats ne peuvent pas s’opposer» à l’arrivée d’un migrant car il n’est pas un «usurpateur». Ainsi «personne ne peut être exclu, peu importe où il soit né» puisque «chaque pays est également celui de l’étranger». Il est donc «important d’appliquer aux migrants arrivés depuis quelque temps et intégrés à la société le concept de ‘citoyenneté’» et «renoncer à l’usage discriminatoire du terme ‘minorités’». En effet, «les migrants, si on les aide à s’intégrer, sont une bénédiction, une richesse, un don qui invitent une société à grandir».

    Sur la «propriété privée» ensuite, François rappelle qu’elle n’est pas exclusive mais elle est «secondaire» et donc relative à sa «fonction sociale» d’aider les plus pauvres. Il y a une «subordination de toute propriété privée à la destination universelle des biens de la terre et par conséquent, le droit de tous à leur utilisation».

    Troisième nouveauté, déjà évoquée dans des discours mais confirmée dans cette encyclique, la notion de «guerre juste». Elle n’est plus pensable et François demande de transformer les budgets d’armement, en un «fond mondial» de lutte contre la faim. «Nous ne pouvons plus penser à la guerre comme une solution, du fait que les risques seront probablement toujours plus grands que l’utilité hypothétique qu’on lui attribue. Face à cette réalité, il est très difficile aujourd’hui de défendre les critères rationnels, mûris en d’autres temps, pour parler d’une possible guerre juste. Jamais plus la guerre». Ce qui suppose «l’impératif» de «l’élimination totale des armes nucléaires» au titre d’un «objectif ultime».

    Une encyclique inspirée par le grand imam du Caire

    Autre originalité de cette encyclique - dans la tradition catholique, une encyclique synthétise l’enseignement d’un pape sur une question précise, ici le social et le politique - elle a été inspirée par la pandémie mondiale du Covid-19 mais aussi, révèle François, par le grand imam du Caire, Ahmad Al-Tayyeb, cité à cinq reprises au fil des 270 pages. Ils avaient rédigé ensemble un appel commun, à Abou Dhabi (Emirats Arabes Unis) en février 2019 qui est reproduit à la fin du texte. Dans ce cadre, le pape remet d’ailleurs en cause la «violence fondamentaliste» dans «l’une ou l’autre religion» sans accuser l’islamisme.

    C’est sur le tombeau de Saint François, à Assise, apôtre de la pauvreté sous lequel François a placé son pontificat lors de son élection le 13 mars 2013, que le pape a signé symboliquement cette troisième encyclique, samedi 3 octobre dans l’après-midi. La précédente encyclique de François, «Laudato Si» a été publiée il y a cinq ans, elle portait sur l’écologie. »

    Ref. L’encyclique très politique du Pape sur la «fraternité»

    JPSC

  • Finances vaticanes : le compte du pape dépouillé

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    Lu dans les colonnes du journal Le Soir du 1er octobre, Léna, p. 8

    Le pillage du Vatican : « Même le compte du pape a été dépouillé » 

    Un extraordinaire document de 59 pages lève le voile sur la vague de corruption qui a secoué le Vatican. Des êtres tout-puissants et avides ont élaboré un plan diabolique pour piller le Saint-Siège et ont même mis la main sur le compte personnel du pape François, le plus protégé des coffres du Vatican. Tel est le portrait sans pitié de l’attaque dont ont été victimes les finances du Vatican, des malversations qui ressortent de la commission rogatoire présentée par le parquet du Vatican : reconstitution d’un pillage de 454 millions d’euros. Tout commence avec le scandale de cet immeuble londonien autour duquel gravite une foule de prélats, de courtiers et d’avocats d’affaires, et dans lequel le pape Bergoglio reste une tache blanche entourée d’âmes noires et traîtresses. Le rapport établi par les enquêteurs a de quoi choquer : « La Secrétairerie d’Etat finance l’opération de Londres grâce à des prêts d’un montant de 200 millions de dollars, des lignes de crédit accordées par le Crédit Suisse et la Banque Suisse Italienne contre le nantissement d’actifs détenus par la Secrétairerie d’Etat et provenant de dons du Denier de Saint-Pierre. »

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  • Faire le ménage des finances vaticanes : une tâche particulièrement ardue...

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    De Thierry Boutet sur Smart Reading Press :

    SCANDALES FINANCIERS AU VATICAN (NOUVELLE SAISON)

    https://srp-presse.fr/index.php/2020/10/02/scandales-financiers-au-vatican-nouvelle-saison/
    La remise en ordre des finances du Vatican n’est pas un long fleuve tranquille. Depuis la fin du pontificat de Paul VI, des scandales financiers éclatent régulièrement, auxquels sont mêlés de hauts responsables de l’Église, ainsi que des organisations ou des intermédiaires douteux sur fond de luttes de pouvoir parfois sanglantes. Le dernier en date vient de provoquer un véritable séisme à Rome, avec la démission du cardinal Becciu.

    Tous les papes depuis le concile Vatican II ont tenté de lutter contre ces désordres au sommet sans y parvenir totalement. Dernier épisode en date, le 24 septembre, la démission de toutes ses fonctions du cardinal Angelo Becciu, un collaborateur très proche du pape François et l’un des hommes les plus influents de la Curie.

    ASCENSION ET CHUTE DE MGR BECCIU

    Né dans un village du centre de la Sardaigne en 1948, après un parcours de nonce qui le conduisit en Afrique, au Royaume-Uni, en France, aux États-Unis et à Cuba, Mgr Becciu est nommé à Rome substitut pour les affaires générales de la Secrétairerie d’État. Un poste clef dans le fonctionnement de la Curie, qui en fait un des plus proches collaborateurs du pape. Une fonction de numéro deux, qui permet d’avoir (en principe sous les ordres du Secrétaire d’État) la matérialité du pouvoir sur toutes les décisions concernant les finances et la gestion des ressources humaines de l’Église.

    Après l’avoir confirmé dans ses fonctions en 2013, le pape François le nomme en 2017 «délégué personnel», chargé de régler l’épineux problème de l’Ordre de Malte. Une décision qui ne plaît pas à tout le monde dans une affaire qui fait grand bruit à l’époque, et dont le volet financier n’est pas des moindres. Au Consistoire du 28 juin 2018, il est créé cardinal. Il quitte la Secrétairerie d’État et devient préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

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  • Le retour du cardinal Pell à Rome après la mise en disgrâce du cardinal Becciu

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    De Courtney Mares sur Catholic News Agency :

    Le cardinal Pell rentrera à Rome cette semaine

    Sep 27, 2020

    Le cardinal George Pell devrait rentrer à Rome mardi pour sa première visite au Vatican depuis 2017, date à laquelle il a pris un congé de son rôle de préfet du Secrétariat à l'économie du Vatican pour se rendre en Australie.

    Le cardinal devrait s'envoler le 29 septembre, ont confirmé dimanche des sources proches de Pell à l'agence CNA, suite à un premier reportage du journaliste australien Andrew Bolt dans le journal Herald Sun.

    Pell vit dans son ancien archidiocèse de Sydney depuis son acquittement par la Haute Cour d'Australie en avril dernier pour abus sexuels.

    En 2014, le cardinal a été nommé par le pape François pour prendre en charge le Secrétariat à l'économie nouvellement créé et pour diriger les efforts de réforme des affaires financières du Vatican. Après que des accusations d'abus sexuels ont été portées par la police de Victoria, Pell a pris un congé temporaire de son poste en 2017 afin de retourner en Australie et de prouver son innocence.

    Pell a dû faire face aux allégations d'un seul accusateur liées à son époque en tant qu'évêque de Melbourne. Il a passé 13 mois en isolement cellulaire après avoir été initialement condamné et s'être vu infliger une peine de six ans de prison, avant d'être innocenté en appel devant la Haute Cour.

    Le mandat de M. Pell à la tête du secrétariat financier du Vatican a expiré pendant son incarcération, le pape François ayant nommé le père Juan Antonio Guerrero Alves, SJ, pour lui succéder en 2019.

    La nouvelle du retour de Pell à Rome arrive quelques jours après la démission dramatique du cardinal Angelo Becciu, à qui le pape François a demandé de démissionner de son poste de préfet de la Congrégation des Causes des Saints et des droits accordés aux membres du Collège des cardinaux le 24 septembre, après qu'il ait été lié à une enquête en cours sur des irrégularités financières au Vatican.

    M. Becciu avait auparavant travaillé comme fonctionnaire numéro deux à la Secrétairerie d'État du Vatican, où, selon un rapport antérieur de la CNA, il s'est heurté à plusieurs reprises à M. Pell au sujet de la réforme des finances du Vatican.

    Pell, qui n'avait pas parlé publiquement de son ancien rôle au Vatican depuis sa disculpation, a réagi avec gratitude à la nouvelle de la démission de Becciu.

    "Le Saint-Père a été élu pour assainir les finances du Vatican. Il joue un long jeu et doit être remercié et félicité pour les récents développements", a écrit M. Pell dans une déclaration envoyée à l'ANC le 25 septembre.

    "J'espère que le nettoyage des écuries se poursuivra tant au Vatican qu'à Victoria", a déclaré M. Pell.

    CNA a rapporté qu'en 2015, Becciu semblait avoir tenté de déguiser les prêts sur les bilans du Vatican en les annulant par rapport à la valeur de la propriété achetée dans le quartier londonien de Chelsea, une manœuvre comptable interdite par les nouvelles politiques financières approuvées par le pape François en 2014.

    La prétendue tentative de dissimuler les prêts hors livres a été détectée par la Préfecture de l'économie, alors dirigée par Pell. De hauts fonctionnaires de la préfecture de l'économie ont déclaré à la CNA que lorsque Pell a commencé à exiger des détails sur les prêts, en particulier ceux impliquant la banque suisse BSI, l'archevêque Becciu a appelé le cardinal à la Secrétairerie d'État pour un "blâme".

    En 2016, Becciu a contribué à mettre un terme aux réformes initiées par Pell. Bien que le pape François ait donné à la préfecture de l'économie nouvellement créée une autorité de contrôle autonome sur les finances du Vatican, Becciu est intervenu lorsque le secrétariat financier de Pell a prévu un audit externe de tous les départements du Vatican, qui devait être mené par la firme PriceWaterhouseCooper.

    Unilatéralement, et sans la permission du pape François, Becciu a annulé l'audit et a annoncé dans une lettre à tous les départements du Vatican qu'il n'aurait pas lieu.

    Lorsque Pell a contesté en interne l'annulation de l'audit, Becciu a persuadé le pape François de donner son approbation ex post facto à sa décision, ont déclaré des sources au sein de la préfecture à la CNA. L'audit n'a jamais eu lieu.

    Becciu a tenu une conférence de presse à Rome le 25 septembre, au cours de laquelle il a protesté contre son innocence en matière de malversations financières.

  • Becciu : retour sur une démission foudroyante

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    De Philippe Oswald sur La Sélection du Jour :

    La foudroyante démission du cardinal Becciu

    Coup de tonnerre au Vatican. La foudre est tombée par ce communiqué laconique du Saint-Siège en fin d’après-midi, le 24 septembre : « Le Saint Père a accepté la renonciation de sa charge de préfet de la Congrégation des causes des saints et de ses droits liés au cardinalat présentée par son éminence le cardinal Giovanni Angelo Becciu. » La démission surprise d’un des principaux cardinaux de la Curie (collaborateurs directs du pape) n’a en effet rien d’anodin. Le cardinal Becciu n’est âgé que de 72 ans (l’âge de la retraite canonique est de 75 ans) et semble en parfaite santé. Or, non seulement le pape François a accepté sa démission au terme d’une entrevue qu’on dit orageuse, mais il l’a assortie d’une renonciation « aux droits liés au cardinalat ». Autrement dit, s’il reste formellement cardinal, Giovanni Angelo Becciu perd son rôle de conseiller du souverain pontife (notamment lors d’un consistoire) mais aussi la possibilité d'élire un nouveau pape lors d'un conclave (un cardinal reste électeur jusqu’à 80 ans).

    Avant d’être créé cardinal il y a deux ans par le pape François et nommé préfet de la Congrégation des causes des saints (le dicastère chargé d’enquêter sur les béatifications et canonisations), Giovanni Angelo Becciu avait été durant sept ans (de 2011 à 2018) substitut de la Secrétairerie d'État du Saint-Siège. Un poste clé de l’administration du Vatican, dont la fonction est grosso modo un mixte entre celle d’un secrétaire général de l’Elysée et celle d’un ministre de l’Intérieur. Le substitut du Saint-Siège est l’homme de confiance du pape, avec lequel il est en contact constant. Ce fut le cas pour Mgr Becciu auprès de Benoît XVI, qui l’avait nommé à ce poste, puis auprès du pape François, jusqu’à son élévation à la dignité de cardinal à l’été 2018.

    Mais un an après avoir reçu la barrette, le cardinal Becciu était sur la sellette. Son nom revenait dans une enquête diligentée par la justice vaticane sur l’achat d’un immeuble dans le très sélect quartier de Chelsea, à Londres. La procédure de cet achat assorti de montages financiers complexes, pour ne pas dire opaques, avait été lancée en 2014 par Mgr Becciu, alors substitut de la Secrétairerie d'État, au motif, a-t-il expliqué aux enquêteurs, qu’il fallait « faire travailler l'argent des fonds de la secrétairerie d'État ». Cette enquête interne avait déjà mis en cause cinq employés de la Secrétairerie d’État et conduit, en juin dernier, à l’arrestation d’un homme d'affaires italien, remis depuis en liberté provisoire. Mais d’autres révélations ont sans doute décidé le pape à « accepter la démission » du cardinal Becciu. Notamment celles que rapporte l’hebdomadaire italien L’Espresso à paraître dimanche prochain, selon lesquelles le cardinal, originaire de Sardaigne, a favorisé en la dotant de centaines de milliers d’euros issus de dons récoltés par l’épiscopat italien et le Saint-Siège, une coopérative s’occupant d’insertion sociale en Sardaigne gérée par l’un de ses frères. Deux autres frères du cardinal auraient bénéficié de « dons » ciblés, réinvestis par la famille dans des activités financières peu claires qui auraient coûté « 450 millions d'Euros » au Saint-Siège selon L’Espresso. Le cardinal Becciu se défend de tout « détournement de fonds » en justifiant les dons faits aux entreprises dirigées par deux de ses frères et en niant les accusations rapportées par L’Espresso concernant le troisième frère, un brasseur de bière.

    Pour les vaticanistes, le signe est clair : après s’être attaqué aux questions de mœurs et notamment à la pédophilie dans l’Eglise, le pape François a lancé une nouvelle bataille contre la corruption financière au Vatican (la nouvelle loi anti-corruption est entrée en vigueur le 15 juillet 2020). L’avenir dira si l’éviction du cardinal Becciu amènera le pape à réviser certaines mesures prises sous son inspiration, par exemple à l’encontre de l'Ordre de Malte, en 2017. Quoi qu’il en soit de ce dossier, un autre cardinal a livré depuis l’Australie son sentiment sur la chute du cardinal Becciu : « Le Saint-Père a été élu pour nettoyer les finances du Vatican. Il joue sur le long terme et doit être remercié et félicité pour ces récents développements. J'espère que le ménage des écuries continuera ». Le signataire de ces lignes est le cardinal George Pell, ancien secrétaire à l'Economie du Saint-Siège. Appelé à Rome par le pape François précisément pour « faire le ménage » dans les finances de l’Eglise, le cardinal Pell s’était heurté à la Secrétairerie d'État, autrement dit au substitut Becciu, avant d’être soudainement accusé de pédophilie dans son pays où il s’était rendu en 2018 pour en répondre devant la justice. Condamné à six ans de prison et incarcéré en février 2019 à l’issue d’un procès considéré comme inique par de nombreux juristes dans le monde, le cardinal Pell avait finalement été relaxé et libéré en avril 2020 par la Haute Cour de Justice d’Australie, la plus haute juridiction du pays (cf LSDJ n°930).

    Philippe Oswald

  • Malversations financières au Vatican : le cardinal Becciu jette l'éponge

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    De Catholic News Agency :

    Le cardinal Angelo Becciu démissionne de son poste et des "droits" des cardinaux

    24 sept. 2020

    Le cardinal Angelo Becciu, qui était jusqu'à aujourd'hui préfet de la Congrégation pour les causes des saints du Vatican, a démissionné de cette fonction, et dans un geste extrêmement rare, des droits accordés aux membres du Collège des cardinaux.

    Le cardinal était auparavant le numéro deux de la Secrétairerie d'État du Vatican, et a été impliqué dans une enquête en cours sur des malversations financières au sein du secrétariat.

    Une déclaration du bureau de presse du Saint-Siège a été faite jeudi : "Aujourd'hui, jeudi 24 septembre, le Saint-Père a accepté la démission de la fonction de Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints et des droits connexes du Cardinalat, présentée par Son Eminence le Cardinal Giovanni Angelo Becciu".

    Becciu reste techniquement un cardinal, et l'annonce du Vatican n'a pas précisé en vertu de quels droits Becciu a démissionné. En 2015, le pape François a accepté une renonciation similaire du cardinal écossais Keith O'Brien, qui en 2013 a reconnu avoir commis des fautes sexuelles en série. O'Brien n'a pas assisté par la suite à des événements ecclésiastiques publics et n'a pas pu participer à un futur conclave papal. Le bureau de presse du Vatican n'a pas pu être joint pour un commentaire jeudi soir.

    Le cardinal lui-même n'a pas encore répondu à une demande de commentaires de la CNA.

    Ce renoncement est inattendu, et ne semble pas avoir été planifié depuis longtemps. Becciu avait été programmé pour présider la béatification du Vénérable Carlo Acutis, qui aura lieu à Assise le 10 octobre.

    Becciu a été "sostituto", ou fonctionnaire de second rang à la Secrétairerie d'État, de 2011 à 2018, lorsque le pape François l'a nommé cardinal et l'a transféré à la Congrégation pour les causes des saints. Durant son mandat, il a été lié à plusieurs scandales financiers, dont le plus récent est l'investissement de centaines de millions d'euros du Secrétariat d'État avec l'homme d'affaires italien Rafaelle Mincione et l'achat controversé d'un immeuble à Londres.

    L'ANC a déjà signalé qu'une partie substantielle des 200 millions de dollars utilisés pour financer l'achat par le Secrétariat d'État d'un complexe de luxe au 60 Sloane Avenue provenait de crédits accordés par la BSI, une banque suisse ayant une longue expérience dans la violation des garanties contre le blanchiment d'argent et la fraude dans ses transactions avec les fonds souverains.

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  • Plus politique que chrétienne, la gestion du Vatican crée tensions et insécurité

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register (NCR) :

    La culture de gestion du Vatican crée des tensions et de l'insécurité

    Les employés passés et présents affirment que la culture reflète davantage une entité politique que chrétienne.

    16 septembre 2020

    "Je n'avais aucun droit", a déclaré Eugenio Hasler, un ancien fonctionnaire laïc qui a travaillé aux plus hauts niveaux du gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican, le principal bureau administratif du Vatican.

    Un fonctionnaire respecté, licencié en 2017 sans raison formelle après une décennie de service, Hasler aurait été licencié parce qu'il aurait attiré l'attention sur la corruption présumée de son supérieur. Il a été convoqué à la résidence du Pape à Santa Marta où le Saint-Père lui a posé plusieurs questions avant de le licencier et d'attribuer au supérieur de Hasler une responsabilité accrue le lendemain.

    "Dans une monarchie absolue, malheureusement, que peut-on faire ?" a déclaré Hasler au NCR.

    D'autres ont reçu un traitement aussi brutal, notamment l'ancien médecin papal, Patrizio Polisca, que le pape François a renvoyé soudainement et sans raison en 2015, ainsi que trois fonctionnaires de la Congrégation pour la doctrine de la foi, renvoyés pour des raisons non précisées en 2017. Peu après, le pape a décidé de ne pas renouveler le mandat de cinq ans de l'ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Gerhard Müller, également sans motif précis. Le cardinal Müller a qualifié ces deux cas d'"inacceptables".

    Une telle tendance s'étend également aux supérieurs d'autres départements du Vatican.

    En juillet, le NCR a fait état de la manière dont une culture générale de mauvaise gestion au Vatican contribue à favoriser la corruption, en particulier dans le contexte des finances, ce qui a conduit à des affaires très médiatisées telles qu'un accord immobilier mal géré à Londres, récemment rendu public.

    Pour cet article et celui-ci, plus d'une douzaine de fonctionnaires du Vatican, actuels et anciens, ont été interrogés avant et pendant la pandémie COVID-19. Presque tous ont parlé de l'absence d'"État de droit" et de responsabilité de certains hauts fonctionnaires de la Curie romaine. La plupart des sources ont parlé sous couvert d'anonymat par crainte de représailles.

    "Le comportement n'est ni catholique ni chrétien - ni même simplement humain", a déclaré l'une d'entre elles au NCR dans un café près du Vatican. Le fonctionnaire a déclaré qu'il connaissait des personnes qui avaient été "licenciées avec très peu de préavis ou de raisons, on leur dit juste de rentrer chez elles dans les semaines qui suivent, le meilleur scénario étant quelques mois, alors qu'elles auraient pu travailler ici pendant huit à dix ans".

    Selon lui et d'autres membres du personnel, la culture de la direction ressemble à celle d'un tribunal où ceux qui ont les oreilles du pouvoir ont de l'influence. D'autres sont allés plus loin, la décrivant comme plus proche d'un environnement mafieux que de l'Eglise. Certains cadres moyens et inférieurs ont déclaré qu'ils se sentaient vulnérables aux caprices de supérieurs sans scrupules et sans comptes à rendre, et incapables de s'exprimer par crainte de représailles, y compris un probable licenciement.

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  • Vouloir diminuer les émissions de gaz à effet de serre en réduisant à marche forcée la part du nucléaire dans notre production d’électricité : est-ce bien sérieux ?

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    Ce débat concerne l'Hexagone mais on n'aura nulle peine à le transposer dans le contexte de notre pays. De Canal Académie :

    Après Fessenheim : l’urgence d’une politique énergétique rationnelle et réaliste

    Entretien avec Marc Fontecave, président du Comité de prospective en énergie de l’Académie des sciences

    Le 7 juillet dernier, l’Académie des sciences a publié un avis portant sur la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim intervenue quelques jours auparavant. Dans ce texte concis, les auteurs, membres du Comité de prospective en énergie de l’Académie des sciences, dénoncent “un contre-sens” car “il y a une véritable contradiction à vouloir diminuer les émissions de gaz à effet de serre tout en réduisant à marche forcée la part du nucléaire dans notre production d’électricité”. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Marc Fontecave, chercheur en chimie bioinorganique, professeur au Collège de France et président du Comité de prospective en énergie expose les réalités scientifiques, technologiques, géographiques et économiques sans la connaissance desquelles on ne saurait élaborer une politique énergétique ambitieuse et réaliste. Son souhait ? Réintroduire de la rationalité dans des débats trop souvent prisonniers de considérations idéologiques.