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Ethique

  • 10 mai : le schisme allemand commence avec les unions homosexuelles

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    De Luisella Scrosati sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Allemagne, 10 mai : le schisme commence avec les unions homosexuelles

    23-04-2021

    Déjà 2500 curés et diacres allemands se sont inscrits pour la journée de bénédiction de tous les amoureux, y compris les couples homosexuels. Et certains évêques ont déjà fait savoir qu'ils n'avaient pas l'intention d'imposer des sanctions aux prêtres "rebelles". C'est le gant que l'Eglise allemande a jeté à Rome après son "non" à la bénédiction des unions homosexuelles.

    Les "catholiques" teutons ont été bouleversés, dans une large mesure, par la position prise par la Congrégation pour la doctrine de la foi contre la bénédiction des couples homosexuels. Une simple congrégation romaine a osé faire obstacle à la voie synodale de l'Eglise qui détient le Geist (l'Esprit) : scandaleux !

    Et donc, sans plus attendre, l'opposition désormais clairement schismatique a pris des mesures correctives en organisant le 10 mai une journée de bénédiction pour tous les amoureux, incluant spécifiquement les couples homosexuels, objet principal de la contestation. Évidemment, l'organisation est à l'allemande : un site web a été créé sous le titre "très original" #liebegewinnt (l'amour gagne), sur lequel il est possible de s'inscrire en tant qu'individu et en tant que paroisse. Il y a aussi une carte Google, avec des drapeaux identifiant les lieux où se dérouleront les célébrations de bénédiction : utile pour que les sept anges des bols de la colère de Dieu puissent localiser leurs cibles...

    Après les remarques critiques du cardinal Reinhard Marx sur le Responsum de la Congrégation, le président de la Conférence épiscopale allemande, Monseigneur Georg Bätzing, l'évêque d'Osnabrück, Monseigneur Franz-Josef Bode, et l'évêque auxiliaire de Münster, Monseigneur Dieter Geerlings, passent maintenant à l'action. Et ils le font avec une intention clairement polémique : "Face au refus de la Congrégation pour la doctrine de la foi de bénir les couples de même sexe, nous élevons la voix et disons : nous accompagnerons aussi à l'avenir les couples qui sont dans une relation stable et nous bénirons leur relation. Nous ne leur refuserons pas une cérémonie de bénédiction" (voir ici).

    L'accent mis sur la bénédiction de la relation constitue donc un rejet explicite de l'idée maîtresse du Responsum du 22 février, qui affirmait précisément que le problème de ces bénédictions ne réside pas dans les individus, mais dans " les relations ou [...] les partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle en dehors du mariage (c'est-à-dire en dehors de l'union indissoluble d'un homme et d'une femme ouverts en tant que tels à la transmission de la vie), comme c'est le cas des unions entre personnes du même sexe ".

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  • Quel bilan pour l'euthanasie aux Pays-Bas ? (2001 - 2020)

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    Du site d'Alliance Vita :

    Bilan de l’euthanasie aux Pays-Bas : de 2001 à 2020

    La présente note dresse un bilan approfondi de la situation actuelle, avec les données statistiques et la législation applicable, ou en cours de discussion pour élargir son champ d’application. Elle examine les principales dérives éthiques constatées, avec une interprétation de plus en plus laxiste des organes de contrôle, au point que même l’ONU s’en est préoccupé.

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    POUR TÉLÉCHARGER LA NOTE D’ANALYSE
    “Euthanasie aux Pays-Bas”  : cliquer ici

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    I – LA SYNTHÈSE

    L’euthanasie est légale aux Pays-Bas depuis maintenant plus de vingt ans, par une loi du 12 avril 2001 entrée en application le 1er avril 2002. Les Pays-Bas sont historiquement le premier pays en Europe à avoir autorisé cette pratique. Depuis cette légalisation, le nombre d’euthanasies pratiquées a plus que triplé. Les chiffres présentés chaque année par les comités régionaux d’examen de l’euthanasie montrent également une augmentation du nombre de dérives, et une interprétation toujours plus large des conditions requises par la loi de 2001.

    Si les conditions strictes établies par la loi n’ont pas évolué stricto-sensu, leur interprétation très extensive donne lieu en effet à des situations de plus en plus discutables : euthanasie de personnes atteintes de troubles psychiatriques, de personnes démentes, de personnes très âgées ou encore de personnes souffrant de plusieurs pathologies, mais ne respectant pas les conditions initiales requises par la loi. D’autres voix se font entendre, et notamment de la part de certains médecins regrettant une banalisation de l’euthanasie.

    Alors que les dérives sont dénoncées par certains, d’autres souhaitent élargir les conditions d’accès et de pratique de l’euthanasie. Des pressions fortes s’exercent pour que le Parlement autorise le suicide assisté des personnes de plus de 70 ans qui en feraient la demande, en n’invoquant pas d’autre mobile que l’âge et la « fatigue de vivre ».

    Les divers projets et propositions de loi déposés ces dernières années n’ont pas encore abouti. Cet élargissement reste à l’agenda de plusieurs formations politiques. En avril 2021, l’organisation ‘Coöperatie Laatste Wil’ a assigné l’État néerlandais en justice afin de le sommer de permettre le suicide assisté sans motif médical particulier, au nom du droit à l’autodétermination.

    II – LES DONNÉES STATISTIQUES

    Les données présentées ci-dessous proviennent du rapport annuel des comités régionaux de l’examen de l’euthanasie (Regionale Toetsingcommissies Euthanasie, RTE). Ces chiffres ne prennent pas en compte les euthanasies clandestines et les sédations palliatives cachant en réalité des euthanasies[1].

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  • Houellebecq, le bluff euthanasique et sœur Morphine

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    Houellebecq 20313494lpw-20313507-article-michel-houellebecq-confinement-coronavirus-jpg_7089608_1250x625.jpgLe débat euthanasique n’a hélas plus cours en Belgique : le pire est advenu et l’opinion inerte est chloroformée depuis longtemps déjà. Il n’en va pas encore de même en France. Entre autres, l’écrivain Houellebecq démontait, voici peu, la manipulation du discours publicitaire euthanasique avec l’objection retentissante d’un seul mot : la morphine. Oui, mais encore ? L’absence de douleur ne donne pas nécessairement un sens à la vie. Voici un commentaire D’Henri Quantin, lu sur le site web « aleteia » (21 avril 2021) :

    «De la récente tribune percutante de Michel Houellebecq contre l’euthanasie, beaucoup ont essentiellement retenu la conclusion : « Lorsqu’un pays — une société, une civilisation — en vient à légaliser l’euthanasie, il perd à mes yeux tout droit au respect. Il devient dès lors non seulement légitime, mais souhaitable, de le détruire ; afin qu’autre chose — un autre pays, une autre société, une autre civilisation — ait une chance d’advenir. » De la part d’un auteur qui préfère son travail de romancier aux postures des « guignols de l’engagement », la déclaration est de fait frappante. Aucun champion de la rébellion médiatique n’a, à notre connaissance, affirmé aussi clairement le droit non seulement à l’objection de conscience, mais même à l’insurrection salutaire. 

    La souffrance n’est plus un problème

    Il y a tout juste deux ans, le président Macron décorait Houellebecq de la légion d’honneur. À cette occasion, il tenta discrètement de minimiser la portée de sa critique de la Modernité, en le qualifiant de « romantique perdu dans un monde qui est devenu matérialiste ». Il aura sans doute quelques difficultés à réduire le propos à une mythologie adolescente de la révolte, héritée du XIXe siècle. Car l’argument principal de Houellebecq ne se trouve pas dans les nuages, mais dans la réalité la plus simple et dans un progrès décisif de la médecine, tout à fait compatible avec un monde matérialiste : la découverte de la morphine. Déjà au moment où l’État français décida de mettre à mort Vincent Lambert qui « n’était en proie à aucune souffrance du tout […] et n’était même pas en fin de vie », Houellebecq avait fait ce rappel magistral : « Une découverte extraordinaire, qui apportait une solution élégante à un problème qui se posait depuis les origines de l’humanité, a eu lieu en 1804 : celle de la morphine. Quelques années plus tard, on a vraiment commencé à explorer les étonnantes possibilités de l’hypnose. En résumé, la souffrance n’est plus un problème, c’est ce qu’il faut répéter, sans cesse, aux 95 % de personnes qui se déclarent favorables à l’euthanasie. »

    Houellebecq racontait qu’il avait connu lui-même des circonstances dans lesquelles il était prêt à supplier qu’on l’achève et qu’il avait suffi d’une piqûre de morphine pour que son point de vue change presque instantanément. 

    Étatisme et capitalisme réunis

    La grande force de Houellebecq est de mettre à nu en quelques mots les impostures du rouleau compresseur idéologique qui tente d’écraser toute objection. Houellebecq ôte à tous les arguments leurs parures compassionnelles et leurs atours publicitaires. La clé de voûte du « bluff technologique », jugeait Jacques Ellul, est la publicité. Le bluff euthanasique, qui n’est que l’application à l’homme des diktats de l’efficacité technique, fonctionne de la même façon. 

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  • Le Christ-Roi aujourd’hui : une doctrine en creux

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    Une réflexion de l’abbé Claude Barthe publiée dans « Res novae » :

    théorie des deux glaives images.jpg« Notre propos dans cet article n’est pas d’examiner des projets politiques qui pourraient avoir en vue, même lointainement, un idéal de chrétienté, mais seulement d’examiner comment le catholicisme d’aujourd’hui, plongé dans une situation d’ultra-laïcité, considère ou plutôt ignore la doctrine du Christ-Roi. Pour saisir le formidable hiatus historique auquel il est confronté, on peut mettre en regard le symbole exprimé dans le narthex de la basilique Saint-Pierre de Rome, par la présence, à droite et à gauche, des statues cavalières de deux « évêques de l’extérieur », Constantin et Charlemagne[1], manifestant ce que l’Église attendait des pouvoirs civils chrétiens : qu’ils soient les protecteurs de l’Église et comme des introducteurs de leurs peuples vers le royaume éternel ; et à l’inverse, le refus symbolique du Président Chirac, à Rome, le 29 octobre 2004, d’insérer dans la constitution de l’Europe la mention, pourtant presque honteuse tant elle était modeste, de ses « racines chrétiennes ».

    L’impossible laïcité

    Rémi Brague dans son ouvrage Sur la religion[2], qui certes apporte des éléments tout à fait opportuns dans le débat sur la présence envahissante de l’islam, exprime sur le fond, de manière assez radicale, la négation devenue commune de la doctrine du Christ-Roi, laquelle, pense-t-il n’a jamais eu de réalité. Selon lui, « l’Église et État n’ont jamais été séparés, parce qu’ils n’ont jamais été unis », il suppose donc que l’État serait par nature neutre. Et du coup, il prend en bonne part le terme de « séparation » de l’intitulé de la loi de 1905, qui abrogeait les dispositions du concordat de 1801[3].

    Et cependant, les pouvoirs religieux et civil sont inséparables et distincts, comme le naturel l’est du surnaturel, du fait que l’un et l’autre exercent une emprise globale sur les mêmes individus qui ne sont pas, de manière schizophrène, spirituels d’une part, et d’autre part temporels, plus précisément politiques, puisqu’ils sont des êtres politiques comme dit Aristote[4]. Pouvoirs inséparables et distincts, et jusqu’à un certain point autonomes[5] – à la différence de la fusion indistincte que prône l’islam.

    Au reste, rendant ainsi à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, l’homme, dans les deux cas obéit à un pouvoir qui vient de Dieu (Rm 13, 1), dans l’ordre naturel pour le gouvernement de la Cité, et dans l’ordre surnaturel pour le gouvernement de l’Église. Mais César (les détenteurs du pouvoir civil), à l’image du père de famille, ne saurait être neutre, et a des devoirs religieux comme père de la Cité[6] et, comme tel, il doit créer toutes les conditions favorables pour que ceux dont il est chargé s’engagent librement dans la voie du salut éternel. 
    Léon XIII, dans Immortale Dei du 1er novembre 1885,explique que l’homme, destiné par Dieu à la béatitude éternelle que l’Église lui donne les moyens d’obtenir, a également grand besoin de la Cité terrestre pour parvenir à la perfection. C’est en effet le propre de la société civile (dans la mesure où elle cherche à poursuivre son but propre, c’est-à-dire de régler les réalités humaines selon la loi de Dieu), de conduire les membres de la Cité à mener sur la terre « une vie calme et paisible » (1 Tm 2, 2) en leur procurant le bien de la paix, le respect du juste, le cadre d’une vie honnête. Lorsque, au contraire, les institutions ne se réfèrent pas à la loi du Christ, c’est le salut du grand nombre qui est en péril. Et pire encore, lorsque ces institutions se sont données une essence laïque, hostile, du moins étrangère par nature à la loi du Christ.

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  • L'avortement hors la loi en République Dominicaine

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    La République dominicaine s’oppose à l’avortement via la réforme de son Code pénal

    20 Avr, 2021

    En République dominicaine, les députés ont présenté le projet de réforme du Code pénal « la semaine dernière ». Le code actuel date du 19e siècle. Trois motifs de dépénalisation de l’avortement étaient envisagés à cette occasion : si la grossesse met en péril la vie de la mère, le viol ou l’inceste, et les malformations du fœtus « incompatibles avec la vie ». Ils ont tous trois été rejetés.

    Un seul article du texte évoque l’avortement, c’est l’article 112. Il dispose qu’interrompre volontairement une grossesse n’est pas punissable à condition qu’« au préalable, pour sauver la vie de la mère et du fœtus en danger, tous les moyens scientifiques et techniques disponibles aient été épuisés dans la mesure du possible ». L’avortement dans ce cas doit être pratiqué « par du personnel médical spécialisé dans des établissements de santé publics ou privés ».

    Sources : One of us (19/04/2021) ; ACI Prensa, Diego López Marina (25/03/2021)

  • Vatican : des invités pas très catholiques pour la prochaine Conférence sur la Santé

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    De Jeanne Smits sur son blog :

    17 avril 2021

    Le Vatican accueillera Chelsea Clinton, le Dr Fauci, les PDG de Moderna et Pfizer et d'autres stars et milliardaires pour sa 5e conférence sur la santé

    Le Vatican a annoncé la tenue de sa cinquième conférence internationale sur la santé, intitulée « Explorer l'esprit, du corps et de l'âme », qui accueillera un grand nombre d'orateurs mondialistes et favorables à l'avortement, tels Chelsea Clinton, vice-présidente de la Fondation Clinton, qui entretient des liens étroits avec les avorteurs industriels de Planned Parenthood, les PDG des sociétés Pfizer et Moderna, qui fabriquent des vaccins au moyen de lignées de cellules obtenues à partir de fœtus avortés, le directeur des National Institutes of Health des États-Unis et le Dr Anthony Fauci, artisan du confinement et de la dictature sanitaire version US. L’événement, qui aura lieu en ligne du 6 au 8 mai, a pour principal organisateur le Conseil pontifical pour la culture sous la responsabilité du cardinal Ravasi.
     
    Mais la Cura Foundation est aussi impliquée, comme lors de conférences précédentes dans ce cycle. Si elle ne soutient pas la recherche sur les cellules souches embryonnaires sur son site, cette organisation philanthropique explique : « Nous stimulons le changement par la génomique, l'intelligence artificielle et les big data, afin de soutenir et de concrétiser la révolution de la médecine régénérative. – Nous sommes les champions des corps sains résistants aux maladies. Nous nous efforçons d'aider les gens à vivre plus longtemps, mieux et sans souffrance. »
     
    Parmi les intervenants figurent des noms aussi éminents que divers. Si les PDG de Moderna et de Pfizer sont probablement invités en tant que développeurs du vaccin anti-COVID, il faut noter que Pfizer produit et commercialise des pilules abortives. Et que le PDG de Moderna, Stéphane Bancel, est entré dans le classement Forbes des milliardaires français grâce à la pandémie… On notera que le directeur du National Institute of Health (NIH), Francis Collins préconise l'utilisation de tissus fœtaux dans des projets de recherche. Le directeur de Google Health, David Feinberg s’exprimera lui aussi : au nom des projets du groupe Alphabet en matière d’intelligence artificielle et de traitement des données des patients – une activité qui a déjà suscité quelques scandales médiatiques ?
     
    Egalement invité à la conférence du Vatican : le PDG de Salesforce, Marc Benioff, ce milliardaire qui s'est offert le magazine Time en 2018 consacre également 1 % du capital, du temps de travail et des produits Salesforce à des « œuvres de charité ». « Les causes qu’il soutient sont variées : égalité homme/femme, LGBT, anti-racisme », note L’Echo, média belge. A tu et à toi avec « l’élite » mondialiste et libérale, sa société a interdit les courriels des républicains et de la campagne Trump à la suite des manifestations du 6 janvier au Capitole, et même toute interrogation à propos de l'élection américaine de 2020. Time le décrit comme « l'un des dirigeants les plus ardents » pour la défense des LGBT. 
     
  • Quand des scientifiques travaillent à la création d’embryons mi-homme mi-singe

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    De Laurent Alexandre sur Atlantico via ce blog :

    18 avril 2021

    FRANKENSTEIN, LE RETOUR ?…

    Des scientifiques travaillent à la création d’embryons mi-homme mi-singe

    Pour le groupe de chercheurs américains, chinois et espagnols qui a fait état de progrès significatifs dans la création de chimères à partir de cellules humaines, les bénéfices du projet surpassent le vertige éthique qu’il suscite. 

    Atlantico : Un groupe de chercheurs américains, chinois et espagnols a fait état de progrès significatifs dans la création de chimères homme-singe à partir de cellules humaines. Le terme chimère, d’origine mythologique, n’est pas forcément clair pour le grand public. De quoi s’agit-il exactement ?

    Dr Laurent Alexandre : Pour l’instant, nous restons à un stade pré-embryonnaire puisque les embryons ont été tués à 20 jours. Il a été injecté dans des embryons de singes des cellules souches humaines. Ces cellules se sont développées, se sont intégrées dans l’embryon de singe et ont donc modifié sa structure en le rendant chimérique.

    C’est-à-dire que cet embryon comportait à la fois des cellules de singe et des cellules humaines. On a observé que les cellules se multipliaient et que les cellules humaines communiquaient avec les cellules de singe dans cet embryon chimérique. L’expérimentation n’est pas allée jusqu’à fabriquer un animal chimérique qui aurait comporté à la fois des caractéristiques humaines et des caractéristiques simiesque pour plusieurs raisons psychologiques, éthiques, politiques.

    Si on obtenait un animal intermédiaire entre les capacités intellectuelles de l’homme et celles du singe, qu’en ferait-on ? Quelle serait sa place future ? Dans une prison ? Dans une maison ? Dans un laboratoire ? Dans un zoo ?

    Que ferait-on d’hommes ayant une intelligence intermédiaire entre le singe et l’homme ? Que ferait-on de cet animal qui serait l’équivalent d’un handicapé grave sur le plan intellectuel, qui, probablement, n’aurait pas le langage, ou aurait du mal à l’acquérir, à la fois pour des raisons intellectuelles mais aussi à cause de la forme de son larynx ? Toutes ces raisons  font qu’on a limité à vingt jours la durée de vie de ces embryons chimériques. Juridiquement, à supposer que les embryons aient été réimplantés chez une femelle singe et auraient pu donner des bébés, s’ils avaient été viables, les problèmes éthiques n’auraient pas été réglés. La place d’une telle chimère dans la société n’est pas du tout claire à ce stade.

    Il est hautement probable que de telles chimères permettraient d’être des réservoirs d’organes qui ne seraient pas rejetés par les êtres humains, c’est à dire qui ne nécessiteraient pas de traitements immunosuppresseurs. Est-il licite de faire des fermes industrielles de singes humanisés avec des caractéristiques humaines pour leur prendre leurs organes à l’âge adulte ? Prendre des organes chez les animaux, ce n’est déjà pas très simple sur le plan politique et idéologique, alors le faire sur des singes qui auraient peut être des caractéristiques intellectuelles se rapprochant des êtres humains, ça pose des questions encore plus difficiles.

    En effet, ce processus chimérique ne peut pas ne pas avoir de conséquences sur le cerveau de l’animal s’il arrive à terme. Il y aurait probablement une augmentation des capacités intellectuelles par rapport aux singes ou une diminution des capacités intellectuelles par rapport à l’humain qui a donné ses cellules souches.

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  • Un aspect important de la vie du Prince Philip qui a été largement passé sous silence

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    De Patricia Gooding-Williams sur le site "Daily Compass" (version anglaise de la Nuova Bussola Quotidiana) :

    Le prince qui voulait devenir un virus mortel

    17-04-2021

    Il a fondé le WWF et, pour sauver l'environnement, aurait volontiers sacrifié une partie de l'humanité, déclarant même qu'il voulait se réincarner en virus mortel. Imprégné de l'idéologie néo-malthusienne, il a hérité et promu la culture eugénique. C'est la facette moins connue du mari de la reine Elizabeth, le prince Philip d'Édimbourg, dont les funérailles ont lieu aujourd'hui.

    "Dans l'éventualité où je me réincarnerais, j'aimerais revenir sous la forme d'un virus mortel, afin de contribuer à la résolution de la surpopulation." Cette phrase du prince Philip, dont les funérailles sont célébrées aujourd'hui au château de Windsor, dans le sud de l'Angleterre, met en lumière un aspect important de sa vie qui a été largement négligé par ceux qui commémorent son long héritage après sa mort, le 9 avril 2021.

    Contrairement à certaines de ses gaffes, il ne s'agissait pas d'un de ces commentaires improvisés qui ont assailli sa réputation. Au contraire, elle exprimait une conviction profonde qui a déterminé ses engagements durant sa vie active. La citation tirée d'une interview de 1988 confiée à la Deutsche Press-Agentur se retrouve dans de nombreuses autres interviews et conférences qu'il a données sur le thème de la conservation. La sauvegarde de l'environnement était un rôle qu'il assumait avec dévouement et qu'il appelait toutes les personnes en position de pouvoir à assumer également, car par défaut, elles ont un impact direct sur le comportement de ceux qui leur sont inférieurs.

    Mais dans le cas hypothétique de sa réincarnation, le fait que le duc d'Édimbourg veuille revenir sous la forme d'un virus mortel pour "guérir" le monde de sa maladie présumée, la surpopulation, en tuant des millions de personnes, a laissé tout le monde pantois. Qui plus est, il a omis de dire si les immenses souffrances qu'il infligerait à ceux qu'il infecterait le préoccupaient un tant soit peu.

    Pourtant, le contrôle de la population, comme le suggère son commentaire, n'était pas l'objectif principal du prince Philip, il était le moyen d'atteindre une fin. La préservation d'un environnement durable est sa préoccupation et, à son avis, la croissance démographique incontrôlée est le cancer qui, s'il n'est pas traité, conduira à sa disparition. Il voyait la question de la croissance démographique incontrôlée de la même manière non sentimentale qu'il voyait la nécessité d'abattre les animaux afin de maintenir l'équilibre délicat de la durabilité naturelle. Le Prince Philip a très bien expliqué son point de vue en utilisant l'exemple du succès d'un projet des Nations Unies dans les années 1940 qui a éradiqué la malaria au Sri Lanka. "Ce que les gens ne réalisaient pas, c'est que la malaria contrôlait en fait la croissance de la population. La conséquence a été que la population a doublé en 20 ans environ. Maintenant, il faut trouver quelque chose à faire pour tous ces gens et un moyen de les nourrir."

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  • L'euthanasie en Belgique : quel bilan ?

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    2021_04_17_08_56_10_Greenshot.pngcliquer sur le texte pour avoir accès au PDF

  • France : la cour de Cassation a tranché en faveur du cardinal Barbarin

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    Par  et  sur le site du Figaro :

    Affaire Barbarin : la Cour de Cassation rejette le pourvoi des victimes

    Huit victimes de l'ancien prêtre Bernard Preynat s'étaient pourvues contre l'arrêt de la cour d'appel de Lyon ayant relaxé le cardinal Barbarin pour non-dénonciation d'agressions sexuelles.

    Pour sa part François Devaux, ancien président de l'association des victimes du Père Preynat - aujourd'hui dissoute - «La Parole Libérée», à l'origine de toute cette affaire, précise au Figaro : «Cette décision a le poids d'un choix de société. En tant que victimes, nous voulions que la République s'affirme et arrête de faire semblant devant toutes ces agressions sexuelles sur mineurs. Malheureusement, la République n'aide pas beaucoup et fait encore obstacle.

    Il poursuit : «J'ai honte, la justice n'est pas cohérente : on ne cesse, d'une part, d'allonger le délai de prescription pour les agressions sur mineurs , on vient de le rallonger de dix ans. Mais, d'autre part, tout changerait pour les victimes une fois qu'elles seraient devenues majeures. Sait-on le poids qui pèse sur les épaules toujours fragiles d'une victime ? Comment laisser l'appréciation de sa vulnérabilité à cette victime qui, précisément, n'arrive pas à dénoncer ! Cette décision est une faillite sociétale encore fondée sur le déni des abus sexuels sur mineurs. Ce combat là n'est donc pas terminé».

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  • USA : en Ohio et au Montana, des lois pour défendre la vie à naître

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    USA : en Ohio et au Montana, des lois pour défendre la vie à naître

    14 avril 2021

    Aux Etats-Unis, deux Etats tentent actuellement de limiter les possibilités d’avortement.

    En Ohio, une cour d’appel fédérale vient de rétablir une loi de protection des fœtus porteurs de trisomie 21, « une affaire considérée comme cruciale au niveau national ». Cette loi, bloquée depuis 2017 par des suspensions juridiques, « interdit spécifiquement aux médecins de pratiquer un avortement s’ils savent qu’un diagnostic de trisomie 21, ou la possibilité d’un tel diagnostic, influence la décision ». Les médecins pourraient « être accusés de crime au quatrième degré », « se voir retirer leur licence médicale » et « devoir payer des dommages et intérêts ». La femme enceinte « n’encourt aucune responsabilité pénale en vertu de la loi ».

    La Cour Fédérale a rejeté l’argument de l’ACLU affirmant que l’avortement est un « droit absolu » des femmes. Il lui a opposé le respect nécessaire de la communauté des personnes porteuses de trisomie qui « subit » les « stigmates » des « avortements sélectifs ». La loi a également pour objectif de « protéger les femmes qui soupçonnent un syndrome de Down contre les avortements forcés » et de « protéger la communauté médicale contre les médecins sans éthique ».

    Au Montana, le Sénat a approuvé mardi une mesure visant à modifier la Constitution de l’Etat pour définir la vie comme commençant à la conception, « dans le but d’interdire les avortements ». La mesure a déjà été approuvée par le Parlement le mois dernier, mais sera encore soumis à un vote en troisième lecture au Sénat. La Constitution du Montana stipule déjà que « nul ne peut être privé de sa vie, de sa liberté ou de ses biens sans procédure légale régulière ». Avec la modification, la Constitution définirait la personne comme « tous les membres de l’humanité à n’importe quel stade de développement, à commencer par le stade de la fécondation ou de la conception, indépendamment de l’âge, de la santé, du niveau de fonctionnement ou de l’état de dépendance ». Le Montana dispose déjà d’une loi qui permet d’inculper d’homicide une personne qui cause sciemment la mort d’un fœtus en sachant que la femme est enceinte.

    Sources : Washington Times, Julie Carr Smyth (13/04/2021) ; Washington Times, Amy Beth Hanson (13/04/2021)

  • Eugénisme : le XXIe siècle sera-t-il celui de l'humano-business ?

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    Une chronique du Père Charles Delhez s.J. sur le site de La Libre dans la rubrique "Opinions" :

    Nous glissons progressivement vers l’eugénisme. Qui osera aller à contre-courant?

    Il ne faudrait pas que le XXIe siècle soit celui de l’humano-business. Mais y a-t-il encore dans l’avion des gens qui réfléchissent ?

    Les OGM (organismes génétiquement modifiés) n’ont pas fini de poser question, mais il est urgent de s’interroger sur les HGM (humains génétiquement modifiés). Certains auteurs prédisent que tous les enfants seront conçus en laboratoire avant le milieu du siècle. On avait pourtant été mis en garde ! Un livre comme Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley décrivait déjà, en 1932, cette société inquiétante, déconnectée de notre nature biologique et profondément inégalitaire, mais très rentable économiquement.

    Rappelons-nous. En 1982 naissait Amandine, le premier "bébé-éprouvette" français, après Louise Brown, en 1978, en Angleterre. Depuis lors, la procréation médicalement assistée (PMA), la gestation pour autrui (GPA) et le diagnostic préimplantatoire (DPI) ont fait leur apparition et ont gagné en parts d’estime auprès de la population. Le dépistage avant implantation avait pour objectif d’aider les parents porteurs de maladies génétiques graves à s’assurer de la normalité de leur descendance et donc à éviter les avortements. Mais cette technique a évolué vers un eugénisme qui ne dit pas son nom. Il existe déjà aujourd’hui un marché international de l’enfant et l’on peut faire son choix en fonction du "pedigree" du père ou de la mère des embryons.

    Le "père" du bébé Amandine, Jacques Testart, avait commencé, vingt ans plus tôt, par l’insémination de vaches laitières. Il est maintenant de plus en plus inquiet de ces glissements successifs. "Jeune étudiant et chercheur, a-t-il déclaré en 2017, j’étais un scientiste qui croyait que la science pourrait enchanter le monde. Je suis devenu un retraité critique de la science."

    L’édition du génome

    Une technique qui porte le nom savant de CRISPR-Cas9 permet aujourd’hui une correction de l’ADN de l’embryon. Il est désormais possible de supprimer, modifier ou ajouter des gènes à la demande. On peut donc corriger les erreurs génétiques en atteignant le gène responsable d’une maladie. En mars 2017, une équipe américaine, chinoise et coréenne a réussi, mais sans implantation dans l’utérus, à modifier avec succès l’ADN d’embryons humains pour effacer un gène héréditaire de maladie cardiaque. On appelle cette opération "édition du génome" : comme on corrige les coquilles d’un livre avant de l’éditer, on corrige le génome avant de le laisser se développer.

    On corrige les gènes défectueux (eugénisme négatif), puis on pourra intervenir sur la couleur des yeux, la force des muscles ou le sexe (eugénisme positif). Il serait possible de donner au petit d’homme des qualités physiques, intellectuelles, psychologiques supplémentaires, passant ainsi de la fécondité à l’efficacité. L’enfant deviendra un être programmé par d’autres libertés que la sienne, une intention étrangère s’étant ingérée dans son histoire biologique. On est passé de l’espérance d’un enfant en bonne santé à l’exigence d’un enfant parfait.

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