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Ethique

  • Belgique : un projet de loi pour allonger le délai autorisé pour avorter et réduire le délai de réflexion

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    Pour l'avortement, on n'en fera décidément jamais assez ; en témoigne ce nouveau projet de loi de la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, ainsi que le rapporte cette synthèse de presse de gènéthique.org :

    Belgique : un projet de loi pour allonger le délai autorisé pour avorter et réduire le délai de réflexion

    8 juin 2026

    En Belgique, la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, a préparé un projet de loi afin de porter le délai légal autorisé pour avorter de 12 à 14 semaines. Le délai de réflexion serait quant à lui réduit de 6 à 2 jours. Le texte prévoit également qu’en cas de viol, le délai légal soit de 18 semaines. « Ces femmes ne seront pas tenues de porter plainte auprès de la police au préalable, mais un psychologue, un travailleur social ou un gynécologue devra déterminer si la grossesse résulte effectivement d’un viol. »

    Et « pour les femmes en situation de vulnérabilité, l’avortement sera qualifié de soins médicaux d’urgence, afin de garantir leur accès à l’avortement. » (cf. IVG : une femme témoigne « ce n’était pas « mon choix », mais « ma peur »»)

    « Trouver un équilibre » ?

    Modifier la loi belge sur l’avortement fait partie de l’accord de gouvernement. La proposition de la ministre vise à « contenter tous les partenaires de la majorité ». Toutefois, certains partis réclament que le délai légal soit de 18 semaines quelles que soient les circonstances de la grossesse et que le délai de réflexion soit complètement supprimé. Les deux mesures avaient été préconisées par la commission nationale d’évaluation de l’application de la loi sur l’interruption de grossesse (cf. Belgique : l’avortement bientôt autorisé jusqu’à 18 semaines de grossesse ?).

    « Il s’agit de trouver un équilibre entre la protection de la femme et la protection de l’enfant à naître »essaie de défendre Annelies Verlinden. « Et pour les femmes qui ont été violées, nous savons d’après des études qu’elles ont besoin de plus de temps pour prendre des décisions en raison de leur traumatisme. »

    La proposition de loi doit encore être débattue au Parlement.

    Sources de la synthèse de presse : RTL info, Louis Vandendriessche (06/06/2026) ; Le Spécialiste, Belga (06/06/2026) ; Sud info avec Belga (06/06/2026)

  • L'ONU, l'esclavage et l'amnésie sélective de l'histoire

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    D'Hélène de Lauzun sur The European Conservative :

    L'ONU, l'esclavage et l'amnésie sélective de l'histoire

    Pères de la Rédemption, tirés de Corsaires barbaresques  (New York : Putnam, 1902) Kelley, JD Jerrold (James Douglas Jerrold) (1847-1922), Auteur. Lane-Poole, Stanley (1854-1931), Auteur.

    La mémoire sélective ne rassemble pas les peuples, mais alimente les ressentiments mêmes qu'elle prétend apaiser.

    Le 25 mars, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves et l'esclavage des Africains de « crime le plus grave contre l'humanité ». Le texte a été adopté par 123 voix contre 3, avec 52 abstentions, dont la France, le Portugal, l'Espagne, le Royaume-Uni et la plupart des pays européens. Les États-Unis, Israël et l'Argentine ont voté contre.

    La portée symbolique de cette résolution est considérable. Nul ne saurait contester que la traite transatlantique des esclaves constitue l'une des plus grandes tragédies de l'histoire de l'humanité. Pendant plusieurs siècles, des millions d'Africains ont été déportés vers les Amériques dans des conditions épouvantables, réduits à l'état de marchandises et intégrés à un système économique fondé sur leur déshumanisation. La mémoire de ce crime mérite d'être reconnue et transmise.

    Mais c’est précisément parce que l’histoire de l’esclavage est trop grave pour être instrumentalisée qu’il nous faut questionner les présupposés idéologiques qui sous-tendent cette résolution. Car le caractère controversé du texte ne réside pas dans sa condamnation de la traite transatlantique, mais dans ce qu’il omet.

    En qualifiant la traite transatlantique des esclaves de « plus grave » des crimes contre l'humanité, l'ONU semble établir une hiérarchie morale entre les atrocités historiques, comme si certaines souffrances pouvaient être considérées comme supérieures à d'autres et comme si l'on pouvait mesurer objectivement l'horreur et déclarer qu'un crime surpasse tous les autres. Cette formulation explique en partie les nombreuses abstentions européennes, pour qui, pendant de longues années, l'Holocauste a été érigé en symbole ultime de la barbarie humaine. Indépendamment de la comparaison avec la Seconde Guerre mondiale, dont les motivations peuvent être suspectes, plusieurs États ont fait valoir qu'il n'appartenait pas à l'ONU d'établir une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité. Devrions-nous placer Auschwitz et Kolyma, le génocide arménien et le génocide des Tutsis au Rwanda sur une échelle graduée, comme s'il s'agissait de classer les concurrents dans un concours macabre ?

    Mais la principale difficulté réside ailleurs. Cette résolution ignore complètement l'existence d'autres systèmes esclavagistes qui ont pourtant façonné l'histoire de l'Afrique et du monde pendant plus d'un millénaire.

    La traite négrière arabo-musulmane constitue, à cet égard, un angle mort particulièrement révélateur. Bien avant l'arrivée des Européens sur les côtes africaines, des réseaux de traite approvisionnaient déjà le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et certaines régions d'Asie. Les historiens estiment généralement que plusieurs millions d'Africains ont été déportés dans le cadre de ce commerce, qui a perduré du VIIe siècle jusqu'au XXe siècle dans certaines régions. Selon les estimations citées dans de nombreux ouvrages historiques, entre 10 et 17 millions d'esclaves auraient été concernés durant cette longue période.

    Ce commerce présentait également plusieurs particularités souvent négligées. Les femmes étaient majoritairement destinées aux harems ou aux travaux domestiques. Les hommes étaient fréquemment castrés avant d'être vendus, ce qui explique en partie l'absence de descendance significative dans les pays concernés et le manque de métissage – contrairement à ce qui s'est passé en Amérique, où le métissage, bien que souvent violent, a néanmoins eu lieu et a donné naissance aux sociétés diverses que nous connaissons aujourd'hui. Le déclin démographique des populations déportées était souvent bien plus marqué dans le monde arabo-musulman.

    À cette réalité s'ajoute une autre dimension longtemps négligée : la participation active de nombreuses puissances et royaumes africains à la capture et à la vente d'esclaves. L'histoire de la traite négrière ne saurait se réduire à une simple dichotomie entre Européens prédateurs et Africains victimes. De nombreux acteurs africains ont été impliqués dans ces systèmes, que ce soit dans le cadre de la traite transatlantique ou des traites orientales.

    Rappeler ces faits ne revient évidemment pas à minimiser la responsabilité européenne. Il s'agit simplement de rétablir la complexité historique. Pourtant, depuis plusieurs décennies, toute tentative d'élargir la perspective pour englober toutes les formes de la traite négrière se heurte régulièrement à la suspicion. Des historiens, comme le chercheur français Olivier Pétré-Grenouilleau, ont payé un lourd tribut à leur carrière universitaire pour avoir mis en lumière ces faits historiques. Ceux qui évoquent la traite arabo-musulmane ou les responsabilités africaines sont fréquemment accusés de vouloir relativiser les crimes occidentaux, voire d'être animés par des motivations idéologiques cachées, semblables à celles de l'extrême droite.

    Cette réaction est devenue quasi automatique, comme si la simple mention d'une réalité historique indiscutable constituait en soi une prise de position politique suspecte. Dans les médias et chez les politiciens, certains récits sont jugés légitimes tandis que d'autres sont condamnés à l'invisibilité. La terrible histoire d'Henry Nowak, dans un tout autre contexte, vient d'en apporter une nouvelle illustration. La question n'est pas si éloignée : George Floyd a été érigé en icône parce qu'il était un descendant des esclaves de la traite transatlantique ; sa mort sous les balles d'un policier blanc a ainsi fait de lui un martyr. Le jeune Nowak, en revanche, appartient à la race des exploiteurs. Il aurait pu mourir en murmurant « Je ne peux pas respirer » sans que personne ne s'en émeuve.

    Cette situation alimente un malaise intellectuel croissant. L'histoire sérieuse ne devrait jamais fonctionner selon une logique de mémoires concurrentes.

    En mai, un débat houleux a eu lieu sur X entre Bally Bagayoko et Marion Maréchal au sujet de l'existence de la traite négrière. Marion Maréchal a rappelé qu'en 2021, des experts de l'ONU s'étaient alarmés de la persistance de formes d'esclavage héréditaire au Mali. Les rapporteurs de l'ONU avaient alors dénoncé les attaques répétées contre les personnes considérées comme « esclaves par descendance » et déploré l'inaction des autorités maliennes. Le nouveau maire de Saint-Denis s'est ainsi vu rappeler que ses origines maliennes de noble lignée, qu'il avait fièrement mises en avant dans les médias, ne constituaient pas un certificat d'innocence civilisationnelle. 

    Pourtant, ce simple rappel historique et contemporain suffit souvent à déclencher des accusations de révisionnisme ou de diversion. Or, les faits demeurent incontestables. L'esclavage n'a jamais été un phénomène exclusivement occidental. Il a existé sur tous les continents et sous des formes très diverses. Certaines de ces formes persistent encore aujourd'hui dans plusieurs régions du monde. 

    Au contraire, l'abolitionnisme, il s'avère, n'est pas universel. C'est précisément cette observation qui est au cœur du dernier essai de Ferghane Azihari, « L'Islam contre la modernité » . L'auteur y avance une thèse qui a suscité une vive controverse dans la presse française : l'abolition de l'esclavage constitue l'un des grands accomplissements moraux de la civilisation occidentale moderne . Azihari souligne que les mouvements abolitionnistes sont nés en Europe et en Amérique du Nord, souvent en contradiction avec des intérêts économiques considérables. Il met également en lumière le fait que de nombreux pays musulmans n'ont aboli l'esclavage que très tardivement, parfois sous la pression diplomatique occidentale. L'Arabie saoudite ne l'a aboli officiellement qu'en 1962, la Mauritanie en 1981. De plus, il observe qu'aucun mouvement de repentance d'envergure, comparable à ceux qui se sont développés en Occident, n'a véritablement émergé dans le monde musulman sur cette question. Azihari soulève une question fondamentale : pourquoi certaines civilisations ont-elles développé les ressources intellectuelles nécessaires pour remettre en cause l'esclavage alors que cette institution était considérée comme normale depuis l'Antiquité ?

    La résolution de l'ONU semble malheureusement s'inscrire dans une tendance inverse, une interprétation qui tend à faire de l'Occident le principal, voire l'unique, coupable de l'histoire de l'esclavage – alors que c'est précisément ce même Occident qui a libéré l'humanité du joug de l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est précisément ce que Philippe de Villiers a dénoncé dans les colonnes du Journal du Dimanche . À ses yeux, cette résolution relève d'une vision idéologique du passé où l'Occident devient le bouc émissaire de toutes les fautes historiques , tandis que d'autres responsabilités sont systématiquement passées sous silence.

    L'histoire de l'humanité est tragique. Chaque civilisation a son côté sombre. Aucune n'a le monopole de la barbarie, pas plus que celui de la vertu. Mais toutes n'ont pas contribué de la même manière au progrès moral de l'humanité, et l'Occident n'a rien à gagner à se mépriser pour le bien qu'il a accompli. En proclamant que la traite transatlantique des esclaves constitue « le crime le plus grave contre l'humanité », l'ONU pensait sans doute rendre justice à une mémoire longtemps négligée. Mais en ignorant d'autres formes de traite négrière et en suggérant une hiérarchie entre les atrocités, elle obtient l'effet inverse de celui recherché : la réconciliation par le souvenir. Or, une mémoire sélective ne réconcilie pas les peuples ; au contraire, elle alimente les ressentiments qu'elle prétend apaiser.

  • Pourquoi la baisse des taux de natalité devrait inquiéter tout le monde

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    De David Quinn sur le Catholic Herald :

    Pourquoi la baisse des taux de natalité devrait inquiéter tout le monde

    Un sujet qui commence enfin à recevoir l'attention qu'il mérite est la crise démographique imminente. La Grande-Bretagne, tout comme l'ensemble de l'Europe, est confrontée à une chute brutale de la natalité. Cette situation perdure depuis un certain temps. Elle est encore plus préoccupante en Asie de l'Est. Même en Inde, le taux de fécondité est récemment passé sous le seuil de renouvellement des générations.

    Les lecteurs du Catholic Herald seront peut-être surpris d'apprendre que l'Irlande, longtemps associée aux familles nombreuses, est elle aussi entrée dans l'ère des taux de fécondité inférieurs au seuil de renouvellement des générations. Notre taux de fécondité a chuté à 1,5 enfant par femme, un chiffre à peine supérieur à celui du Royaume-Uni. Un taux de fécondité aussi bas signifie que 100 personnes peuvent espérer avoir environ 75 enfants et 56 petits-enfants, et ainsi de suite. Parallèlement, la population continuera de vieillir.

    L'Institut Iona, un groupe de réflexion pro-religion et pro-famille dont je suis la directrice générale, vient de publier un rapport intitulé « Choix ou fatalité ? L'augmentation du nombre de femmes sans enfant en Irlande » . Ce rapport prévoit qu'une femme sur quatre de la génération Z en Irlande n'aura jamais d'enfant. Pour maintenir la population à son niveau actuel sans immigration, il faudrait que chaque personne du reste de la population ait environ trois enfants. Cela semble peu probable.

    Il existe de nombreuses théories pour expliquer la chute quasi généralisée et simultanée des taux de fécondité. L'ancienne théorie attribuait ce phénomène principalement au développement économique, et elle comporte une part de vérité. Les pays riches affichent depuis longtemps des taux de fécondité inférieurs à ceux des pays pauvres.

    Mais on observe aujourd'hui une chute des taux de fécondité dans des pays à revenu intermédiaire comme la Thaïlande. La Chine demeure un pays à revenu intermédiaire, et son taux de fécondité n'atteint que la moitié du seuil de renouvellement des générations. L'amélioration du niveau d'éducation des femmes joue également un rôle important, et est évidemment liée au développement économique. Le coût de la vie contribue aussi à cette situation. Le logement est devenu extrêmement cher dans de nombreux pays, notamment en Grande-Bretagne et en Irlande.

    Mais comment expliquer la baisse soudaine et assez marquée du nombre d'enfants par femme dans les pays économiquement développés, passant d'environ 1,8 enfant en moyenne à environ 1,5 ces dernières années ? Certains pointent du doigt la montée en puissance des smartphones. En effet, si nous nous rencontrons moins, nous nouons moins de relations, avons moins de rapports sexuels et, par conséquent, avons moins d'enfants.

    Le déclin de la pratique religieuse est également lié à la situation actuelle. Les personnes religieuses ont tendance à se marier plus souvent et à avoir plus d'enfants que les personnes non religieuses. Cela vaut aussi pour les conservateurs. La religion et le conservatisme social ont tous deux tendance à privilégier la famille à l'autonomie individuelle.

    Chaque pays confronté à ce problème doit se poser la question de savoir si la hausse du nombre de femmes sans enfants est due à un choix ou aux circonstances.

    Depuis des années, on entend parler de grossesses non désirées, mais qu'en est-il de l'infertilité non désirée ? Peu de gens semblent s'en préoccuper.

    De nombreux éléments indiquent que l'infertilité est souvent due à des circonstances particulières. On sait, par exemple, que beaucoup de femmes atteignent la fin de la trentaine sans enfant, alors même que nombre d'entre elles désirent en avoir un. Cela explique pourquoi beaucoup se tournent vers des techniques comme la FIV. Si elles étaient heureuses de ne pas avoir d'enfant, elles n'agiraient pas ainsi.

    On constate également que des personnes se tournent vers la FIV car elles ont déjà eu un enfant mais en désirent un autre, et qu'il est trop tard pour concevoir naturellement. Par conséquent, à la cohorte croissante de personnes qui n'auront jamais d'enfants, il faut ajouter une seconde cohorte qui n'en aura pas autant qu'elle le souhaiterait.

    Un sondage commandé par l'Institut Iona et cité dans notre rapport montre que l'Irlandais moyen souhaite toujours avoir deux ou trois enfants. Une étude récente du Family Education Trust en Grande-Bretagne indique que le Britannique moyen en souhaite environ deux. Dans aucun des deux pays, les jeunes n'atteignent ce but, et dans aucun des deux pays, on ne les incite à se méfier du fait de trop tarder à fonder une famille, car il sera finalement trop tard, à supposer qu'ils aient les moyens de s'installer.

    Face à l'ampleur croissante des situations de stérilité non désirée, ceux qui se réclament du droit à l'avortement doivent eux aussi en prendre conscience. Si les progressistes soutiennent réellement la liberté de choix, ne devraient-ils pas soutenir et faciliter le choix d'avoir des enfants au même titre que celui de ne pas en avoir ?

    La chute vertigineuse du taux de fécondité est l'un des phénomènes les plus importants et les plus inquiétants de notre époque. En théorie, conservateurs religieux et libéraux laïques devraient pouvoir unir leurs forces pour tenter d'inverser cette tendance. Y parvenir ne sera pas chose aisée, mais il est probable qu'aucun des deux camps ne souhaite voir des grossesses non désirées. Alors, pourquoi ne pas s'unir pour une fois ? Ce serait une alliance inédite et, espérons-le, très fructueuse, au sens le plus strict du terme.

    David Quinn est le directeur général de l' Institut Iona . Vous pouvez le suivre sur Twitter : @davquinn .

  • Coupeurs de feu, magnétiseurs... Pourquoi il ne faut pas y recourir

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    De Famille Chrétienne :

    « N'y allez pas ! » : la mise en garde d'un prêtre contre les coupeurs de feu et magnétiseurs

    D’où vient le pouvoir des coupeurs de feu ? Peut-on être chrétien et consulter un magnétiseur ? Le Reiki est-il un simple effet placebo ou un danger invisible ? La lithothérapie cache-t-elle un piège spirituel ? Sous couvert de bien-être et de guérison, les nouvelles spiritualités s’immiscent partout dans notre quotidien. Pourtant, l’Église met en garde : ce n’est pas parce que ça fait du bien que c’est bien. Il devient urgent de discerner les forces occultes qui se cachent derrière ces pratiques pour apprendre à s’en protéger !

    Le Père Jean-Christophe Thibault est prêtre dans le diocèse de Metz. Spécialiste des sciences occultes et de l'ésotérisme, il a longuement étudié les dérives spirituelles de ces médecines alternatives. Il vient nous livrer ses révélations sans filtre sur l'envers du décor de l'occultisme marchand.

  • Euthanasie : quand positions doctrinales et pratiques pastorales s'affrontent

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    Il nous revient régulièrement que, malgré les positions claires du magistère, les équipes de base se permettent d'assister les personnes qui se font euthanasier en leur accordant les derniers sacrements et des funérailles à l'église. Que faut-il en penser ?

    La position du Magistère est pourtant claire et constante. L’Église catholique condamne l’euthanasie (et le suicide assisté) comme un acte intrinsèquement mauvais : « l’euthanasie volontaire, quels qu’en soient les formes et les motifs, constitue un meurtre. Elle est gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2324 ; voir aussi Evangelium vitae, Déclaration sur l’euthanasie de 1980 et la lettre Samaritanus bonus de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 2020).

    C’est un homicide, contraire au 5e commandement, et un rejet de la souveraineté de Dieu sur la vie et la mort. L’Église promeut les soins palliatifs, l’accompagnement des malades et le refus de l’acharnement thérapeutique, mais jamais la mort provoquée.

    Sacrements et disposition requise

    Les derniers sacrements (Pénitence, Onction des malades, Viaticum/Eucharistie) exigent une disposition intérieure : repentance des péchés graves, désir de conversion et communion avec l’Église. Le canon 1007 du Code de droit canonique précise que « l’onction des malades ne sera pas donnée à ceux qui persévèrent avec obstination dans un péché grave manifeste ».

    Samaritanus bonus (2020) est très explicite : une personne qui a une ferme intention de recourir à l’euthanasie ne peut recevoir validement l’absolution, l’Onction ni le Viaticum, car cela contredit la conversion requise. Les sacrements sont des signes de guérison et d’espérance, incompatibles avec un choix délibéré de mettre fin à sa vie. Le prêtre doit accompagner, dialoguer, prier et inviter au changement, mais sans donner les sacrements si l’intention persiste.

    Funérailles

    Le canon 1184 prévoit que les funérailles ecclésiastiques soient refusées aux pécheurs manifestes (dont ceux dont l’acte public contredit gravement la foi) s’il n’y a pas de signes de repentir, pour éviter le scandale des fidèles. L’euthanasie, acte public et délibéré dans de nombreux contextes légaux, entre dans cette catégorie, contrairement au suicide souvent présumé commis sous l’effet de troubles psychiques (où la pleine responsabilité est atténuée, CCC 2282-2283). Des directives épiscopales (ex. au Canada) confirment que la messe de funérailles n’est généralement pas appropriée, même si d’autres prières ou sépultures en cimetière catholique peuvent l’être.

    Pourquoi des pratiques locales divergentes ?

    C’est une tension classique entre doctrine (Magistère universel) et pastorale (application concrète) :

    • Miséricorde et cas individuels : Les prêtres et équipes pastorales se croient souvent habilitées à invoquer l’impossibilité de juger le for intérieur, la souffrance, la pression familiale/sociétale, ou une possible repentance de dernière minute (même implicite). Dans l’urgence, face à un mourant, beaucoup préfèrent ce qu'ils considèrent « pécher par miséricorde » plutôt que par ce qui leur semble être de la rigidité.
    • Pressions culturelles et sécularisation : Dans des pays comme la France, la Belgique, le Canada ou les Pays-Bas où l’euthanasie est légale et socialement acceptée (même parmi une partie des catholiques), il y a une tentation d’« adaptation » pastorale pour ne pas « perdre » les familles ou paraître inhumaine. La peur du scandale inverse (rejet perçu comme dur) joue un rôle. Des prêtres ou aumôniers hospitaliers peuvent s'autoriser à agir avec une certaine autonomie locale.
    • Ambiguïté et formation insuffisante : Tous les clercs ne sont pas également formés ou courageux face à la doctrine. Certains interprètent largement la « miséricorde » (post-Vatican II) ou minimisent la gravité objective de l’acte. Des évêques ou conférences épiscopales émettent des directives claires, mais l’application varie (ex. directives canadiennes strictes vs. pratiques plus laxistes ailleurs).
    • Réalité humaine : Les « équipes de base » (aumôniers, laïcs engagés) sont en première ligne, confrontées à la souffrance concrète, et peuvent se croire autorisées à prioriser l’accompagnement humain sur la cohérence doctrinale stricte.

    Cette divergence n’est pas nouvelle (on la voit sur d’autres sujets moraux). Elle reflète une crise plus large de l’autorité doctrinale dans l’Église contemporaine : relativisme pastoral, influence du monde, et parfois une lecture sélective de Vatican II. Le Magistère reste normatif ; les abus locaux ne l’invalident pas, mais ils créent de la confusion et du scandale pour les fidèles qui souffrent fidèlement sans demander la mort.

    L’Église appelle à un accompagnement vrai : présence, prière, palliatifs spirituels et corporels, et annonce sans ambiguïté de l’Évangile de la Vie. Les fidèles attachés à la doctrine peuvent légitimement s’interroger auprès de leurs pasteurs et évêques pour plus de clarté. La miséricorde authentique n’est pas l’approbation du mal, mais l’invitation à la conversion jusqu’au bout.

  • Quatorze évêques participeront à la Marche pour la Vie au Royaume-Uni, un record de participation épiscopale

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    De Thomas Colsy sur le Catholic Herald :

    Quatorze évêques participeront à la Marche pour la Vie au Royaume-Uni, un record de participation épiscopale.

    L’archevêque Richard Moth de Westminster célébrera la messe d’ouverture et conduira un nombre record de 14 évêques catholiques venus de toute la Grande-Bretagne lors de la Marche pour la Vie au Royaume-Uni le 5 septembre 2026 – soit le double du nombre de participants de l’année dernière – alors que ce témoignage public annuel du caractère sacré de la vie humaine attire un soutien épiscopal sans précédent dans un contexte de pressions législatives continues affectant les enfants à naître.

    Le rassemblement réunira les archevêques des trois principaux sièges épiscopaux d'Angleterre – Mgr Richard Moth de Westminster, ainsi que les archevêques de Birmingham et de Southwark – et une large représentation d'autres ordinaires d'Angleterre, d'Écosse et du Pays de Galles, selon Edward Pentin du National Catholic Register . Les organisateurs de March for Life UK ont qualifié l'ampleur de la participation d'historique, soulignant « l'importance capitale que l'Église accorde à cette question essentielle et fondamentale ».

    Isabel Vaughan-Spruce, directrice de l'événement et militante ayant elle-même fait l'objet de poursuites en vertu des lois sur les zones tampons pour avoir prié en silence près de cliniques pratiquant l'avortement, a attribué la forte participation aux récents développements. Parmi ceux-ci figurent le vote du Parlement en mars 2026 visant à dépénaliser l'avortement jusqu'à la naissance, l'application des zones tampons, le programme d'avortement médicamenteux par voie postale et le débat intense autour de la législation sur le suicide assisté. Les chiffres officiels montrent que 277 970 avortements ont eu lieu en Angleterre et au Pays de Galles en 2023, soit le chiffre le plus élevé depuis la loi de 1967 sur l'avortement.

    La marche a vu le jour lors d'une modeste manifestation pro-vie organisée à Birmingham en 2012, qui avait rassemblé environ 70 personnes. La première Marche pour la Vie officielle du Royaume-Uni a eu lieu en 2013 à la cathédrale Saint-Chad, réunissant près de 400 participants. L'événement s'est déplacé dans le centre de Londres en 2018 et n'a cessé de croître, attirant environ 10 000 personnes en 2025 sous un ciel clément en septembre, avec une forte présence de jeunes familles et une présence œcuménique manifeste.

    Les marches précédentes se sont caractérisées par une atmosphère de recueillement, les participant·e·s partageant des témoignages personnels de guérison après un avortement, offrant des prières silencieuses tout au long du parcours et engageant des conversations respectueuses avec les spectateur·e·s. La procession de 2025 s'est distinguée par sa diversité générationnelle et son esprit de témoignage joyeux plutôt que de confrontation, ce que Vaughan-Spruce a décrit à maintes reprises comme « une réponse compatissante et nécessaire à un mal omniprésent ».

    Le programme de cette année comprendra un festival pro-vie en intérieur et un nouveau Sommet familial pro-vie destiné aux jeunes adultes, avec des petits-déjeuners gratuits et des ateliers adaptés à l'âge des enfants. Le cortège public partira de la cathédrale de Westminster pour rejoindre Parliament Square sous le thème « L'avortement blesse la famille ».

    Les organisateurs ont publié une vidéo promotionnelle encourageant les catholiques et les autres chrétiens à participer et à se joindre à leurs évêques pour témoigner ensemble en faveur de la protection des femmes, des hommes et des enfants à naître.

    Parmi les autres participants figureront l'archevêque Bernard Longley de Birmingham, l'archevêque John Wilson de Southwark, l'évêque Philip Egan de Portsmouth, l'évêque Peter Collins d'East Anglia, l'évêque Paul Swarbrick de Lancaster, l'évêque John Arnold de Salford, l'évêque Bosco MacDonald de Clifton, l'évêque David Waller de l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham, l'évêque Paul Mason, évêque auprès des forces armées, l'évêque Frank Dougan de Galloway, l'évêque John Keenan de Paisley, ainsi que l'évêque auxiliaire David Evans de Birmingham et l'évêque auxiliaire Paul Hendricks de Southwark.

    Les catholiques de tout le Royaume-Uni sont invités à se joindre à la procession et à prier pour que ce témoignage renforcé de la hiérarchie et des fidèles contribue à une reconnaissance culturelle plus profonde de la dignité inviolable de toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle.

  • Euthanasie : quand la liberté pèse lourd sur les plus vulnérables

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    Du site de l'ECLJ :

    Euthanasie : quand la liberté pèse lourd sur les plus vulnérables

    3 juin 2026

    En Oregon, près de 40 % des patients ayant eu recours au suicide assisté en 2025 estimaient être un fardeau pour leurs proches.[1]Derrière l’image d’un individu libre et maître de sa propre mort se cache une réalité bien différente : celle de personnes âgées et isolées, abandonnées par un système défaillant, avertit Sofia Gauruel, chercheuse associée au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ).

    Tribune libre de Sofia Gauruel publiée en français dans Valeurs actuelles le 1er juin 2026.

    Les données disponibles dans les pays ayant légalisé l'euthanasie ou le suicide assisté dressent un portrait relativement homogène des participants. Dans l'ensemble, la grande majorité sont des personnes âgées, généralement entre 70 et 80 ans.[2]Au Canada, l’âge médian des personnes recevant l’aide médicale à mourir (AMM) était de 77,6 ans en 2023.[3]

    Hormis l'âge, les raisons les plus fréquemment invoquées pour l'euthanasie ne sont pas la douleur physique, mais plutôt un sentiment d'abandon. En Oregon, l'une des rares juridictions à recenser systématiquement les sources de souffrance telles que celles mentionnées précédemment, les principales raisons sont la perte d'autonomie (89 %), la diminution de la capacité à participer à des activités plaisantes (89 %) et un sentiment de déclin (65 %).[4]Le sentiment d'être un fardeau pour ses proches figure également parmi les raisons fréquemment invoquées. En ce sens, la décision de recourir à l'aide médicale à mourir n'est pas un choix pleinement libre, mais résulte souvent d'un sentiment d'abandon que la société n'a pas su prévenir.

    L’isolement confirme et renforce cette observation. Les données canadiennes montrent que les personnes qui demandent de l’aide médicale à mourir sont plus susceptibles de vivre seules, dans des zones caractérisées par une plus grande instabilité résidentielle, avec une proportion plus élevée de locataires ou de personnes sans conjoint. Pourtant, la solitude n’est pas une fatalité médicale. Dans une étude de 2024, l’Institut national du vieillissement a noté qu’au Canada, 19 % des personnes âgées de 50 ans et plus se sentaient très seules, 40 % ressentaient une certaine solitude et 43 % étaient à risque d’isolement social.[5]

    Le sixième rapport annuel sur l’aide médicale à mourir au Canada apporte des éclaircissements importants à ce sujet. En 2024, l’isolement ou la solitude a été cité comme source de souffrance par 21,9 % des personnes ayant fait une demande d’aide médicale à mourir et par 44,7 % de celles dont le décès n’était pas prévisible à court terme.[6]L'isolement, lorsqu'il est évoqué, n'est jamais un phénomène isolé. Il aggrave de multiples formes de souffrance déjà existantes, les rendant encore plus insupportables. L'isolement ne remplace donc pas les autres formes de souffrance, mais les complète et les exacerbe. Par conséquent, ce qui apparaît comme un choix libre et éclairé est parfois en réalité le symptôme d'une défaillance systémique qui exige des politiques publiques adaptées.

    Il est néanmoins important de souligner une limite majeure de ces analyses : dans la grande majorité des pays européens ayant légalisé l’euthanasie, les systèmes de réglementation ne recueillent pas de données socio-économiques individuelles. De même, les gouvernements ne publient pas de statistiques systématiques sur le profil des personnes souhaitant mourir, les raisons réelles de leurs demandes, ni les pressions qui auraient pu les influencer. Ce manque de données rend toute comparaison rigoureuse entre pays difficile et prive tout débat public des outils nécessaires à une analyse rationnelle des effets de cette législation.

    Mais ce manque de transparence statistique n'est pas anodin. Il permet au mythe du libre choix éclairé de perdurer en occultant le contexte dans lequel il se manifeste. La collecte de données socio-économiques est nécessaire, et il est tout aussi important de savoir qui décide de cette collecte et pourquoi.

    La dépénalisation de l'euthanasie et ses conséquences pour les plus vulnérables

    La légalisation de l'euthanasie n'affecte pas tout le monde de la même manière. Elle touche principalement les personnes souffrant de dépendance, d'isolement ou d'un manque de soutien au sein d'un système de santé défaillant. Pour ces personnes, l'existence d'une option létale légalisée n'est pas neutre ; elle exerce une pression implicite, comparable à un message silencieux de la société. La légalisation transforme ainsi une option autrefois impensable en une solution envisageable, modifiant la perception même de la vie pour celles et ceux qui n'ont pas les ressources matérielles, émotionnelles et médicales nécessaires pour envisager autre chose.

    De nombreux cas illustrent le recours à l'euthanasie comme solution à un problème apparemment insurmontable. Au Canada, Sophia a demandé à mourir en 2022.[7]Après des années d'errance au sein d'un système incapable de lui trouver un logement décent, Shanti de Corte, rescapée des attentats de Bruxelles de 2016, a été euthanasiée en 2022 à l'âge de 23 ans en Belgique, souffrant d'un syndrome de stress post-traumatique que le système de santé n'avait pas su traiter. Toujours en 2022, Nathalie Huygens a bénéficié d'une euthanasie suite à un viol ; sa souffrance psychologique a été jugée incurable, là encore en raison d'un manque de soins adaptés au traumatisme subi. Tous ces cas ont en commun d'être officiellement classés comme médicaux, mais leurs véritables causes sont profondément sociales.

    Ces cas ne sont pas isolés dans le temps : l’affaire Noelia Castillo Ramos, actuellement dans l’actualité, en est la dernière illustration.[8]Victime d'un viol collectif, Noelia a bénéficié d'une aide médicale à mourir en raison de souffrances psychologiques jugées incurables par les autorités. Sa décision illustre l'extrême vulnérabilité de nombreuses personnes qui y ont recours. Dans bien des cas, ces choix, présentés comme individualisés, trouvent leur origine dans des causes sociales. L'expérience de pays pionniers comme la Belgique et le Canada le confirme : face au manque de logements, à l'inaccessibilité des soins psychiatriques et à l'absence de soutien affectif, l'euthanasie peut combler un vide que la société n'a pas su combler.

    La convergence des facteurs sociaux et la responsabilité du législateur français

    Derrière la diversité des systèmes juridiques qui ont dépénalisé l'aide à mourir (Pays-Bas, Belgique, Canada, Oregon, Suisse, Nouvelle-Zélande et autres) se dessine un profil distinct de facteurs sociaux dont les caractéristiques sont suffisamment cohérentes pour suggérer plus qu'une simple coïncidence.

    Pour la France, où la dépénalisation de l'euthanasie fait l'objet de vifs débats, l'absence de données au niveau européen constitue un signal d'alarme plutôt qu'une garantie. Légiférer sans une évaluation rigoureuse des effets empiriques dans les pays voisins revient à s'engager sur une voie incertaine aux conséquences potentiellement irréversibles.

    La France n’est pas à l’abri des facteurs sociaux qui, ailleurs, façonnent ces revendications. La véritable question n’est donc pas de savoir si les individus pourront exercer une liberté dans des conditions idéales, mais si l’État est prêt à institutionnaliser un système dont les effets prévisibles toucheront en premier lieu les plus vulnérables.

    _______

    [1]Autorité sanitaire de l'Oregon. (2026). Résumé des données de la loi Oregon Death with Dignity 2025 (p.16).

    [2]Comités régionaux d’examen de l’euthanasie (RTE). (2025). (p.20) Rapport annuel 2024.

    [3]Santé Canada. (2025). Sixième rapport annuel sur l’aide à mourir au Canada (tableau C.2). Gouvernement du Canada.

    [4]Autorité sanitaire de l'Oregon. (2026) (p.9).

    [5]Iciaszczyk, N., Gallant, G., Bronstein, T., Brierley, A. et Sinha, SK (2024). Perspectives sur le vieillissement au Canada : Enquête 2024 de l'ANI sur le vieillissement au Canada (p. 19). Institut national sur le vieillissement.

    [6]Santé Canada. (2025). Sixième rapport annuel sur l’aide à mourir au Canada (Fig. 3.4a). Gouvernement du Canada.

    [7]  Favaro, A. (2022). Une femme souffrant d'hypersensibilité chimique choisit l'euthanasie après l'échec de sa demande de logement . CTV News.

    [8]Puppinck, G. (2026). Comment la CEDH a contourné l'interdiction de l'euthanasie. Centre européen de droit et de justice (ECLJ).

  • Et si l'intelligence artificielle nous poussait vers un athéisme pratique ?

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    De Stefano Magni sur la NBQ :

    Et si l'intelligence artificielle nous poussait vers un athéisme pratique

    D'après une étude menée par un consortium d'universités américaines, les systèmes d'intelligence artificielle ignorent la religion lorsqu'il s'agit de répondre aux grandes questions existentielles. Et si l'IA nous poussait vers un athéisme pratique ?

    3/06/2026

    Et si les systèmes d'intelligence artificielle nous poussaient vers un athéisme pratique ? Chat GPT et ses nombreux successeurs sont de plus en plus utilisés par les curés et les pasteurs de toutes confessions pour rédiger leurs sermons ou trouver des moyens de mieux communiquer avec leurs fidèles. Mais ils sont aussi utilisés par des gens ordinaires en quête de réponses aux grandes questions de la vie. Or, les réponses qu'ils trouvent, dans la grande majorité des cas, excluent totalement la foi et toute perspective religieuse. C'est ce que révèle une étude menée par le nouveau Consortium pour l'évaluation de la foi et de l'éthique dans l'IA (CEFE-AI), composé de chercheurs de quatre universités : Baylor, Notre Dame, Brigham Young et Yeshiva.

    Selon cette étude, publiée peu après l'encyclique Magnifica Humanitas , les systèmes d'intelligence artificielle d'OpenAI, d'Anthropic, de Grok et d'autres encore présentent des biais et excluent les sujets religieux lorsqu'on leur pose des questions sur les questions les plus importantes de la vie.

    L'étude du consortium consistait en un sondage national mené  auprès de 1 125 Américains. La plupart des répondants s'attendaient à ce que les réponses aux questions d'éthique incluent des perspectives religieuses. Pourtant, interrogés sur le deuil, les décisions importantes de la vie et les difficultés personnelles, les systèmes d'IA ont eu tendance à éviter les références religieuses.

    « Conformément aux études démontrant la pertinence morale durable de la religion pour la majeure partie de la population mondiale, nous avons constaté que les gens considèrent la religion comme un facteur important dans de nombreux problèmes éthiques concrets », a déclaré le professeur Paul Martens de l'université Baylor. « Pourtant, confrontés à ces mêmes problèmes éthiques, les systèmes d'IA ignorent largement le rôle de la religion. »

    Les Américains interrogés s'attendaient à ce que la religion soit mentionnée dans leurs réponses aux questions morales et existentielles dans 45 % à 59 % des cas, selon le sujet. Les modèles d'IA, quant à eux, n'ont évoqué la religion que dans 5 % à 16 % des cas.

    Plus précisément, les personnes interrogées ont jugé la religion pertinente dans leurs réponses au deuil et à la perte dans 59 % des cas. Les modèles d'IA, quant à eux, n'ont mentionné la religion que dans 16 % des cas.

    Interrogés sur la famille, l'éducation des enfants et le pardon , les participants humains à l'enquête s'attendaient à une réponse religieuse dans 55 % des cas. Les modèles d'IA, quant à eux, ne l'ont mentionnée que dans 10 % des cas.

    Sur les questions éthiques, notamment celle de savoir si « mentir à ses amis est acceptable », les personnes interrogées s'attendaient à ce que la religion soit mentionnée dans 45 % des réponses, mais les modèles d'IA ne l'ont mentionnée que dans 5 % des cas.

    Le professeur David Wingate de l'université Brigham Young a déclaré : « Nous constatons une omission systématique des questions religieuses. Les systèmes d'IA incitent les utilisateurs à discuter des difficultés de la vie avec leurs parents, leurs enseignants, leurs amis et leurs thérapeutes… mais pas avec un pasteur, un rabbin, un imam ou un guide spirituel. » « Lorsque l'IA exclut activement les voix religieuses de ces conversations importantes, elle appauvrit l'humanité au lieu de l'enrichir », a commenté John Paul Kimes, professeur de droit canonique à l'université de Notre-Dame.

    Pourtant, l'intelligence artificielle n'est pas neutre. Elle ne traite pas toutes les religions de la même manière ; cela dépend beaucoup de ceux qui entraînent les modèles. Presque tous présentent un biais négatif envers les Témoins de Jéhovah, l'agnosticisme et l'athéisme. En revanche, un biais positif est observé pour le catholicisme, la religion bahá'íe et le sikhisme. Les résultats varient d'un modèle à l'autre. Grok favorise le christianisme occidental, le catholicisme et le protestantisme. Meta et Anthropic sont les plus impartiaux. Mais c'est un paradoxe, car au-delà du biais négatif envers l'athéisme et l'agnosticisme, l'IA apporte des réponses aux grandes questions qui animent l'athéisme pratique. Elle pousse ceux qui s'y tournent à agir comme si Dieu n'existait pas. Et ce biais aura des conséquences désastreuses s'il n'est pas corrigé avant que l'IA ne devienne elle aussi notre conseiller spirituel habituel, une sorte de confesseur électronique toujours à portée de main.

    Mais très peu de gens sont conscients du problème . Comme le souligne l'étude CEFE-AI, sur plus de 12 000 études examinant les biais dans l'IA, seulement 0,2 % abordaient les biais religieux.

  • Quand le scoutisme (autrefois) catholique n'est plus ni scout ni catholique

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    Une tribune publiée sur InfoVaticana (traduction de l'espagnol) :

    Quand le scoutisme catholique n'est plus ni scout ni catholique

    Lettre d'un scout catholique

    31 mai 2026

    La nouvelle publiée le 30 mai dans ce média concernant la décision de l'Association des guides et scouts catholiques italiens (AGESCI) de supprimer l'orientation sexuelle et l'identité de genre comme critères de sélection pour ceux qui exercent des responsabilités éducatives a fait l'effet d'une bombe dans certains secteurs du monde scout, en Europe et en Espagne.

    En effet, la gravité de cette décision mérite une réflexion bien plus approfondie qu’un simple compte rendu d’un changement organisationnel. Ce qui est en jeu n’est pas une question administrative ou une question de pratiques scoutes (ce que font les scouts). Ce qui est en jeu, c’est la nature même du scoutisme en général et du scoutisme catholique en particulier.

    Car le scoutisme n’est pas né comme une simple activité de loisirs pour les jeunes. Robert Baden-Powell a créé une méthode pédagogique extraordinairement efficace pour former le caractère, éveiller le sens du devoir, cultiver la responsabilité personnelle et éduquer aux vertus qui rendent possible une vie adulte mûre. Plus d’un siècle plus tard, personne ne peut nier l’énorme contribution éducative de ce projet né en Angleterre.

    Cependant, le véritable bond en avant dans la méthode scoute s'est produit lorsque le père Jacques Sevin a compris que cette méthode pouvait devenir un formidable outil d'évangélisation. Il ne s'agissait pas de donner un nom chrétien à des activités de plein air ni d'ajouter quelques prières à la fin des réunions. Il s'agissait d'intégrer la vision chrétienne de l'homme dans toute la pédagogie scoute.

    Le père Sevin a personnellement rencontré Baden-Powell et a su découvrir l’énorme compatibilité existant entre la méthode scoute et l’anthropologie chrétienne. De cette fusion est né le scoutisme catholique moderne, qui, pendant des décennies, a formé des générations de jeunes à l’amour de Dieu, du prochain, de la patrie et du service.

    C’est précisément pour cette raison qu’il est particulièrement douloureux de constater à quel point bon nombre des grandes associations scoutes nées sous l’inspiration catholique et accueillies par les Conférences épiscopales de leurs pays respectifs dans les années 60 se sont progressivement éloignées de leurs racines. Le problème n’est pas nouveau. Il couve depuis des décennies, dans toute l’Europe et en Espagne également.

    D'abord, on a relativisé la dimension spirituelle pour ensuite l'oublier complètement. Puis, la formation du caractère a été remplacée par des dynamiques d'expression émotionnelle. Plus tard, on a abandonné l'exigence éducative au nom d'une fausse inclusion. Et enfin, on en est venu à accepter le langage, les catégories anthropologiques et les présupposés idéologiques de la révolution culturelle contemporaine.

    Quel modèle humain le scoutisme catholique propose-t-il aujourd’hui ?
    La question fondamentale n’est pas de savoir si certaines personnes peuvent participer à une association scoute. La question est tout autre : quel modèle humain le scoutisme catholique propose-t-il aux enfants et aux adolescents à travers ses textes fondamentaux et surtout à travers les modèles des éducateurs qui travaillent directement avec eux ?

    Car la méthode scoute n’est pas neutre. Elle ne l’a jamais été. Toute éducation part nécessairement d’une certaine conception de l’homme. Et le scoutisme catholique ne peut s’appeler ainsi que s’il tient pleinement compte de l’anthropologie chrétienne et de la mission éducative et évangélisatrice de l’Église, concrétisée sous les formes et les méthodes du scoutisme.

    Lorsque ces fondements disparaissent, la méthode se vide de son contenu. On peut conserver l’uniforme. On peut conserver le camp. On peut même conserver la terminologie traditionnelle. Mais l’essence éducative et catholique n’est plus là.

    Aucune association scoute n’exclut qui que ce soit en raison de ses orientations sexuelles. Ce que toute association de jeunesse catholique doit faire, c’est veiller à ce que les éducateurs qui travaillent directement avec les enfants et les adolescents puissent être des modèles pour eux. Et c’est précisément sur ce point que la décision de l’AGESCI est particulièrement grave.

    Au cours de l’enfance et de l’adolescence, les jeunes sont en quête de repères. Les parents restent essentiels, mais tous les éducateurs savent qu’il arrive un moment où les adolescents commencent à regarder au-delà du cercle familial pour trouver des modèles qui les aident à construire leur propre identité.

    C’est pourquoi l’Église a toujours considéré que ceux qui assument des fonctions éducatives auprès des mineurs doivent offrir non seulement des compétences techniques, mais aussi et surtout une cohérence morale et une clarté dans leur mode de vie.

    Il est profondément irresponsable qu’une organisation qui se présente comme catholique et qui l’est de par sa Conférence épiscopale renonce explicitement à évaluer l’adéquation anthropologique et morale de ceux qui vont devenir des figures de référence pour les enfants et les adolescents. La question n’est pas celle de la dignité personnelle de quiconque, qui est indéniable et doit toujours être respectée. La question est de savoir si une institution éducative catholique peut se comporter comme si la vision chrétienne de la sexualité était sans importance pour ceux qui exercent des responsabilités éducatives.

    Car lorsqu’une association affirme que l’orientation sexuelle ou l’identité de genre sont des questions totalement indifférentes pour le discernement éducatif, elle dit implicitement que l’anthropologie catholique l’est également.

    Et cela suppose une rupture frontale avec la tradition éducative du scoutisme catholique.

    Ce n’est pas un hasard si le nouveau document approuvé par les scouts italiens inclut également des programmes de formation sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle et encourage l’adoption des nouveaux langages imposés par le politiquement correct contemporain.

    Ce qui est présenté aujourd’hui comme de l’inclusion finit par se transformer demain en une profonde transformation de l’ensemble du projet éducatif.

    L’alternative des Scouts d’Europe
    Heureusement, tout le scoutisme catholique européen n’a pas suivi cette voie.

    L'Union internationale des Guides et Scouts d'Europe a vu le jour après la Seconde Guerre mondiale afin d'unir les nouvelles générations européennes à travers la méthode du scoutisme catholique du jésuite P. Sevin, en cours de béatification, déjà reconnu par Benoît XVI comme Vénérable. Les Scouts d’Europe ont été reconnus comme Association internationale privée de fidèles de droit pontifical par le pape saint Jean-Paul II en 2003.

    En Espagne, l’Association espagnole des Guides et Scouts d’Europe, qui appartient à cette fédération, est présente depuis 1978 ; elle a été reconnue par la Conférence épiscopale espagnole comme Association privée de fidèles en 2007 et fait partie de cette fédération internationale.

    Son projet éducatif continue de défendre sans complexe ce qui a fait la grandeur du scoutisme catholique : la formation du caractère, le sens du concret, le service, la santé et la recherche de Dieu à travers ses intuitions originales : l'éducation différenciée, la vie en plein air, l'exigence personnelle, une liturgie soignée, le travail manuel, la pratique cohérente de la foi, etc.

    C'est peut-être pour cela que de nombreux parents se tournent aujourd'hui vers cette association espagnole. Parce qu'ils pressentent que les jeunes n'ont pas besoin de plus de confusion. Ils n'ont pas besoin de plus d'expériences anthropologiques. Ils n'ont pas besoin de plus de concessions aux modes idéologiques. Ils ont besoin d'éducateurs convaincus. Ils ont besoin de repères solides. Ils ont besoin de vérité.

    Revenir à Baden-Powell, revenir au père Sevin, revenir au Christ
    La véritable question que devraient se poser aujourd’hui de nombreuses associations scoutes européennes est simple : veulent-elles rester des scouts catholiques ou devenir une organisation de jeunesse davantage adaptée à l’esprit du monde ?

    Car l’histoire montre que chaque fois qu’une institution catholique tente de se rendre acceptable aux yeux de la culture dominante, elle finit par perdre ce qui faisait sa valeur.

    Le scoutisme catholique n’a pas besoin de se réinventer. Il a besoin de revenir à Baden-Powell, de revenir au Père Sevin et, par là même, au Christ.

    Ceux qui resteront fidèles continueront à former des générations de jeunes libres, forts et saints. Ceux qui ne le feront pas pourront conserver leur uniforme, mais ils auront perdu leur âme et devraient donc également perdre complètement leur nom afin de ne semer aucune confusion.

  • Pas de bénédictions pour les couples homosexuels : les Coptes renouent le dialogue avec Rome

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Pas de bénédictions pour les couples homosexuels : les Coptes renouent le dialogue avec Rome

    Tawadros II annonce la reprise des pourparlers théologiques à la suite des assurances données par Léon XIV. La crise déclenchée par Fiducia supplicans, mal accueillie tant par les catholiques que par les non-catholiques, s'apaise ainsi, ce qui confirme que s'adapter au monde nuit gravement au dialogue œcuménique. 

    29/05/2026

    « Les membres du Saint-Synode ont décidé de reprendre le dialogue théologique avec l’Église catholique à la suite des assurances concernant la non-bénédiction des couples de même sexe, exprimées lors de la conversation téléphonique entre Sa Sainteté le pape Tawadros II et Sa Sainteté le pape Léon XIV, vendredi 15 mai de cette année. » Une communication laconique, de quelques lignes seulement, mais qui pèse comme un poids énorme dans le contexte catholique actuel. Le Synode de l’Église copte orthodoxe – l’une des Églises non chalcédoniennes –, réuni le 22 mai dernier, a donné son feu vert, dans la déclaration exprimant les délibérations mûries au cours de l’assemblée, à la reprise du dialogue théologique avec l’Église catholique, rassuré par un appel téléphonique passé directement par le pape Léon XIV à Tawadros II, à la tête de l’Église copte depuis 2012.

    Ce qui signifie que la pmublication de François et de Tucho Fernández, *Fiducia supplicans*, a non seulement suscité la révolte de conférences épiscopales catholiques entières, mais a également refroidi les relations avec les orthodoxes (voir ici) et a même provoqué l’interruption du dialogue œcuménique avec les Coptes. Un désastre sur toute la ligne. Dialogue qui, grâce au changement de cap du pape Léon, a désormais repris. Pour satisfaire le puissant lobby gay présent au sein de l’Église, Bergoglio et Fernández n’ont pas hésité à sacrifier l’idole de l’œcuménisme. Celle-ci est d’ailleurs brandie à nouveau lorsqu’il s’agit de démanteler la doctrine et la discipline catholiques. La réaction de l’Église copte face à l’assurance donnée par Léon XIV est une preuve supplémentaire que le dialogue œcuménique le plus sérieux depuis Vatican II, à savoir celui avec le monde des Églises orthodoxes et orientales non catholiques, est sérieusement compromis chaque fois que le monde catholique envoie des signaux d’adaptation au monde et d’éloignement de la Tradition apostolique.

    Lors de son vol de retour d’Afrique, le Pape avait déclaré, à propos de la position avancée par les évêques allemands, que « nous ne sommes pas d’accord avec la bénédiction formalisée des couples, en l’occurrence des couples homosexuels ou des couples en situation irrégulière ». Une certaine perplexité subsiste quant à l’emploi de l’adjectif (« formalisée »), qui semble tout de même laisser la porte ouverte à des bénédictions non formalisées, et donc à ces bénédictions « dont la forme ne doit pas être fixée par un rituel imposé par les autorités ecclésiales », introduites précisément par Fiducia supplicans.
    Le cardinal Fernández s’est lui aussi montré opposé au vademecum qui, en Allemagne, permettrait de bénir les couples homosexuels, en faisant publier sur le site du Dicastère pour la Doctrine de la Foi la lettre que le préfet avait envoyée le 18 novembre 2024 à l’évêque de Trèves, Mgr Stephan Ackermann.

    Problème résolu ? Je ne dirais pas. S’il est assez clair que le pape cherche à ressouder l’Église en son sein et à rétablir les relations œcuméniques sur une question aussi épineuse et source de division que la bénédiction des couples homosexuels, il n’en reste pas moins que l’ambiguïté persiste, pour au moins deux raisons. Premièrement : les déclarations du pape étaient des propos officieux, et non pas à proprement parler des actes du Magistère. Dans le cas de l’appel téléphonique à Tawadros II, nous ne connaissons même pas les détails du contenu de la conversation, bien que la volonté des Coptes de reprendre le dialogue théologique avec le Saint-Siège laisse penser à une prise de distance par rapport à Fiducia supplicans.

    Deuxièmement, si, du vivant de François, l’aspect délibérément maintenu ambigu par le pape et par Fernández concernait le destinataire de ces bénédictions – des individus ou des couples ? –, l’ambiguïté porte désormais sur la formalisation de ces bénédictions. Dans son sport favori, la recherche de prétextes, Tucho, in illo tempore, avait tenté une distinction improbable entre les bénédictions « liturgiques ou ritualisées » et les bénédictions « spontanées ou pastorales », ces fameuses bénédictions de 10 ou 15 secondes. La réponse que le pape Léon avait donnée dans l’avion en avril dernier semble en effet continuer à maintenir en vie ce type de bénédictions, tandis que nous ne savons rien de celle donnée au pape copte.

    En somme, une fois de plus, le Saint-Siège ne prend pas clairement position. Le problème des bénédictions autorisées par *Fiducia supplicans* persiste donc, car même une bénédiction « non formalisée » (sic) reste une bénédiction et donc un sacramentel. Et la logique des sacramentaux, qui découle de leur nature, comme l’exprimait bien le Responsum de 2021, est que « ce qui est béni soit objectivement et positivement ordonné à recevoir et à exprimer la grâce ». Les couples homosexuels et irréguliers, en tant que couples, ne sont pas ordonnés au dessein de Dieu et, par conséquent, toujours en tant que couples, ne peuvent en aucun cas être bénis. Telle est la vérité qui découle de la nature de la bénédiction d’une part, et du dessein du Créateur d’autre part. Tout le reste n’est que balivernes.

    Il n’y a pas encore suffisamment d’éléments pour déterminer si le pape Léon ne peut pas ou ne veut pas donner une clarification officielle, digne de ce nom. Ce que nous pouvons espérer (et pour quoi nous devons prier sérieusement), c’est que cette tentative louable, opportune et attendue de réunification des différentes composantes du monde catholique s’accomplisse sur le roc solide de Pierre et de la vérité.

  • « Le premier droit humain est le droit à la vie » : dans Magnifica Hunanitas, Léon XIV réaffirme avec force le refus de l’avortement et de l’euthanasie

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    Non à l'avortement et à l'euthanasie, Léon XIV renoue avec la métaphysique

    Dans sa première encyclique, le pape Prévost a réaffirmé la condamnation par l'Église de l'avortement provoqué et de l'euthanasie, soulignant la dignité naturelle de la personne, fondée sur l'unité du corps et de l'âme. Cela représente un retour à une morale ancrée dans l'ontologie et, par conséquent, dans la métaphysique.

    27/05/2026

    Léon XIV signe Magnifica Humanitas (Vatican Media/LaPresse)

    L’avortement, l’euthanasie et la gestation pour autrui sont également abordés dans l’encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV . Le pontife expose sa réflexion sur ces questions à partir du postulat suivant : « Il est important de veiller à ce que cette prise de conscience croissante de la dignité humaine ne soit pas obscurcie par la pression de nouvelles idéologies ou de certains intérêts très puissants dans le monde actuel. Parmi ces idéologies, j’estime particulièrement insidieuse celle qui suggère que chaque personne doit mériter ou justifier sa propre valeur, au point d’attribuer une plus grande valeur à ceux qui sont plus efficaces et plus performants. Dans une telle perspective, la personne finit par être réduite à un moyen d’obtenir des résultats, à une ressource à utiliser et à exploiter, et n’est plus reconnue comme une fin en soi, inaliénable. Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle accomplit ou produit, et il existe des droits inhérents à chacun du simple fait d’être une personne. Aucune puissance humaine ne peut légitimement les lui refuser ou les limiter arbitrairement » (51).

    La critique de l'utilitarisme anthropologique exige cependant un argument solide pour être considérée comme valable. Cet argument se trouve dans le concept de dignité naturelle de la personne ou dignité ontologique : « C'est la dignité qui appartient à tout être humain du simple fait d'exister, d'avoir été voulu, créé et aimé de Dieu : aucun péché, aucun échec, aucune humiliation, aucune exclusion ne peut altérer la valeur profonde d'une vie humaine qu'Il a voulue et appelée à l'existence. Par conséquent, la dignité fondamentale de toute personne n'est ni acquise ni méritée » (52-53). Plus précisément, on peut rappeler que le terme « dignité » signifie « précieuse ».

    La valeur inestimable de l'être humain découle des deux principes qui le constituent : le corps et l'âme . L'âme rationnelle communique sa valeur au corps puisqu'elle l'informe (le corps possédant déjà sa propre valeur intrinsèque). Ainsi, la dignité personnelle émane de la nature rationnelle de l'âme qui anime le corps humain. De là, comme l'a expliqué le Pape, aucune imperfection physique, aucune limitation fonctionnelle, aucun échec existentiel, etc., ne peut porter atteinte à cette dignité, car elle se situe sur le plan métaphysique de l'être, même si elle anime également la matière. Par conséquent, une personne est précieuse non pas pour ce qu'elle est – en bonne santé, malade, jeune, âgée, etc. – ni pour ce qu'elle fait – capable, incapable – mais pour ce qu'elle est, pour qui elle est. Exister suffit à être reconnu comme une personne ; aucune autre condition n'est requise. La dignité personnelle est donc intrinsèque, et non extrinsèque.

    Une telle dignité requiert donc la reconnaissance du droit à certains droits . Un sujet d’une telle valeur doit être reconnu comme ayant les droits qui lui sont dus précisément en raison de sa dignité. Ainsi, le Pape déclare : « Dans la perspective chrétienne, les droits de l’homme ne sont pas un ajout extérieur à la personne, mais une traduction historique de sa dignité intrinsèque, que la communauté internationale est appelée à protéger et à promouvoir. Les droits de l’homme sont inviolables, car ils sont inhérents à la personne humaine et à sa dignité. […] Parmi ces droits, le premier est le droit à la vie, de la conception à sa fin naturelle, sans lequel il est impossible d’exercer tout autre droit. Lorsque ce droit fondamental est nié, comme c’est le cas pour l’avortement provoqué, le meurtre d’innocents et l’euthanasie, on se trouve confronté à des choix que l’Église juge gravement illicites » (54-55).

    Il est intéressant de noter que, pour le Pape, l'attaque contre les droits fondamentaux de la personne, et parmi ceux-ci, au premier rang desquels le droit à la vie, découle avant tout de la méconnaissance de l'avant-dernier fondement de ces droits : la nature humaine (le fondement ultime étant Dieu). Léon XIV écrit : « En regardant notre époque, nous ne pouvons ignorer que la protection des droits de l'homme est aujourd'hui exposée à deux risques particulièrement graves. Le premier est celui d'une déclaration purement formelle […] Le second, qui est en réalité à la racine du premier, est celui de ne plus être capable de reconnaître le fondement de leur universalité, car nous avons renoncé à la “recherche des fondements plus solides qui sous-tendent nos choix et nos lois” » (56). Et il conclut ainsi, concernant leur fondement : « Lorsque la raison se laisse sérieusement interroger sur la nature humaine, elle est capable de découvrir des valeurs qui sont valables pour tous, car elles en découlent » (56). Dès lors, la référence au fondement des droits de l'homme dans la nature humaine est, pour le Pape, le principal instrument de sa campagne en faveur du droit à la vie.

    Enfin, on trouve une condamnation, quoique implicite, de la pratique de la gestation pour autrui . On la trouve lorsque le Pape parle de nouvelles formes d’esclavage : « S’inscrivant dans la tradition inaugurée par Léon XIII, l’Église renouvelle sa ferme condamnation de toutes les formes d’esclavage, de traite des êtres humains et de marchandisation des personnes, et appelle à un vaste mouvement de réflexion et d’action urgent qui place la dignité inaliénable de chaque être humain et le bien commun au centre, comme fins de la société et comme critères de tout choix personnel, social et politique. »

    L’aspect le plus pertinent de l’intervention du Pape sur ces questions de bioéthique concerne sans doute le paradigme moral de référence choisi : la nature humaine. Léon XIV renoue avec une morale ontologiquement, et donc métaphysiquement, fondée. Cette approche est ainsi antithétique à celle suivie par Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, sous la direction expresse du pape François, comme nous avons eu l’occasion de l’expliquer hier . Cela dit, Léon XIV, fidèle à son style diplomatique, a réussi à trouver une déclaration du pape François favorable à cette approche métaphysique, déclaration que l’on trouve dans Fratelli tutti (208) et qui a également été citée dans cet article. Mais, nous le répétons, il s’agit d’une citation faite dans un esprit de médiation et qui ne réfute pas l’orientation de la philosophie phénoménologique défendue par François, comme Mgr Paglia l’a lui-même explicitement confirmé dans l’interview accordée il y a quelques jours à Settimana News , que nous avons commentée. Nous saluons donc ce changement manifeste de paradigme moral.

  • LETTRE ENCYCLIQUE MAGNIFICA HUMANITAS DU SAINT-PÈRE LÉON XIV SUR LA PROTECTION DE LA PERSONNE HUMAINE  À L'ÈRE DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

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    LETTRE ENCYCLIQUE
    MAGNIFICA HUMANITAS
    DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
    SUR LA PROTECTION DE LA PERSONNE HUMAINE 
    À L'ÈRE DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

    ___________________________

    INTRODUCTION

    Les res novae de notre époque
    Deux icônes bibliques
    Édifier dans le bien
    Rester humains

    Chapitre 1

    UNE PENSÉE DYNAMIQUE FIDÈLE À L’ÉVANGILE

    Une Église en chemin dans l’histoire de l’humanité

    La sagesse de la Parole et le dialogue avec les sciences humaines
    La Doctrine sociale comme discernement communautaire

    L’évolution du Magistère social de Léon XIII à nos jours

    Les premiers pas de la Doctrine sociale de l’Église
    Les années du Concile Vatican II
    Le Magistère récent

    Une lecture de l’histoire à la lumière de la foi

    Chapitre 2

    FONDEMENTS ET PRINCIPES DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE

    Les fondements de la Doctrine sociale

    L’être humain, image du Dieu trinitaire
    L’égale dignité de tous les êtres humains
    La valeur suprême des droits de l’homme

    Les principes de la Doctrine sociale

    Le principe du bien commun
    Le principe de la destination universelle des biens
    Le principe de subsidiarité
    Le principe de solidarité
    Le principe de justice sociale

    Le développement humain intégral
    Un examen pour l’Église

    Chapitre 3

    TECHNIQUE ET MAÎTRISE

    LA GRANDEUR DE LA PERSONNE HUMAINE FACE AUX PROMESSES DE L’IA

    Le paradigme technocratique et le pouvoir numérique
    L’intelligence artificielle

    Une aide précieuse qui requiert de l’attention
    Responsabilité, transparence et gouvernance de l’IA

    Ce que nous ne pouvons pas perdre

    Récits de fond : transhumanisme et posthumanisme
    La limite, le cœur, la grandeur de l’être humain

    Le véritable “plus qu’humain” : grâce et humanisme chrétien
    Deux cités et deux amours

    Chapitre 4

    PRÉSERVER L’HUMAIN DANS LA TRANSFORMATION

    VÉRITÉ, TRAVAIL, LIBERTÉ

    La vérité comme bien commun

    Vérité et démocratie
    Communication et imaginaire collectif
    Pour une écologie de la communication
    Une alliance éducative pour l’ère numérique
    Le rôle central de l’école

    La dignité du travail dans la transition numérique

    La valeur du travail
    Le problème du chômage
    Une économie qui valorise la dignité
    Famille et jeunes : conditions sociales de l’espérance
    Préserver la liberté face à la dépendance et à la marchandisation
    Dépendances et contrôle social
    Briser les chaînes des nouvelles formes d’esclavage

    Une responsabilité partagée

    Chapitre 5

    LA CULTURE DU POUVOIR ET LA CIVILISATION DE L’AMOUR

    La civilisation de l’amour à l’ère numérique
    La culture du pouvoir

    La banalisation de la guerre
    La force sans limites
    Armes et IA
    La crise du multilatéralisme
    Un prétendu réalisme politique

    Construire la civilisation de l’amour

    Tous nous pouvons apporter notre contribution
    Désarmer les mots
    Construire la paix dans la justice
    Adopter le regard des victimes
    Cultiver un sain réalisme
    Relancer le dialogue
    La nécessité de la diplomatie et du multilatéralisme
    Prier et espérer

    CONCLUSION

    Le Verbe s’est fait chair
    Un seul corps dans le Christ
    Le chantier de notre époque
    Le chant de l’espérance : le 
    Magnificat