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Ethique

  • Démocratie dans l'Union européenne — Des dérives de l'antiracisme et de la fin de la vie privée

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Démocratie dans l'Union européenne — Des dérives de l'antiracisme et de la fin de la vie privée

    Mathieu Bock-Côté sur un projet de loi qui prévoit des peines d'inéligibilité quand quelqu'un est condamné pour racisme, dans un contexte où la définition du racisme ne cesse de s'étendre, et s'applique à ceux qui critiquent l'immigration massive.
    ChatControl est le nom donné par ses détracteurs au projet de règlement européen sur la lutte contre les abus sexuels sur mineurs en ligne. L'objectif affiché par la Commission européenne est de détecter et signaler les images pédopornographiques connues ou nouvelles, ainsi que les tentatives de prise de contact d'un adulte avec un mineur à des fins sexuelles. 

    De nombreuses associations de défense des libertés numériques, des spécialistes en cryptographie et certains juristes, résument leurs objections autour de plusieurs points :
    • Une surveillance de masse plutôt qu'une surveillance ciblée. Le principe de scanner les messages de tous les utilisateurs avant même qu'il existe un soupçon individuel est considéré comme une inversion du principe de présomption d'innocence.
    • Une menace pour le chiffrement de bout en bout. Pour analyser des messages chiffrés, plusieurs scénarios reposent sur le balayage sur les ordinateurs personnels avant de contacter le réseau, c'est-à-dire un contrôle effectué directement sur l'appareil des utilisateurs avant le chiffrement. Les opposants estiment que cela revient à affaiblir les garanties offertes par le chiffrement, même si celui-ci reste techniquement en place.
    • Des risques d'erreurs. Les technologies de détection, notamment lorsqu'elles utilisent l'intelligence artificielle pour identifier de nouveaux contenus ou des conversations suspectes, peuvent produire des faux positifs, conduisant à l'examen de communications parfaitement légitimes.
    • Le risque d'extension des usages. Une fois qu'une infrastructure technique permettant l'inspection des communications existe, les critiques craignent qu'elle soit progressivement utilisée pour d'autres objectifs : terrorisme, discours censément de haine, prétendue désinformation, violations du droit d'auteur, etc.
    • Une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales. Plusieurs opposants soutiennent que le dispositif est difficilement conciliable avec le droit au respect de la vie privée, au secret des correspondances et à la protection des données garanti par le droit européen.
  • Tony Abbott : « Parfois, les gouvernements doivent choisir la moins mauvaise option. »

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    Du substack d'Edward Pentin :

    Dans un entretien avec le Register, l'ancien Premier ministre australien défend des politiques d'immigration strictes, appelle à un témoignage catholique plus fort dans la vie publique et rend hommage au cardinal Pell.

    8 juillet

    Tony Abbott est l'un des hommes d'État conservateurs les plus connus d'Australie, ayant été Premier ministre du pays de 2013 à 2015.

    Catholique pratiquant, il est resté une voix influente dans les débats sur l'avenir de la civilisation occidentale, le rôle du christianisme dans la vie publique et les responsabilités morales des dirigeants élus. 

    Durant son mandat de Premier ministre, Abbott a attiré l'attention internationale par la réponse de son gouvernement à l'immigration clandestine par voie maritime et aux réseaux de trafic d'êtres humains ciblant l'Australie. Son gouvernement, qui a rouvert les centres de détention offshore, rétabli les visas de protection temporaire et mis en place une politique de refoulement des embarcations dans le cadre de l'« Opération Frontières souveraines », s'est avéré très efficace pour endiguer ces arrivées. Parallèlement, ces mesures ont suscité des critiques de la part d'évêques catholiques qui réclamaient une réponse plus humaine. 

    Dans cette interview accordée au Register le 23 juin en marge de la conférence de l' Alliance pour une citoyenneté responsable (ARC) à Londres, Abbott affirme que le trafic d'êtres humains est intrinsèquement exploiteur et extrêmement dangereux, ajoutant que les gouvernements responsables doivent parfois choisir « la moins mauvaise option » dans un monde imparfait afin de protéger la vie humaine et de défendre le bien commun. 

    L'auteur d'un nouveau livre, Australia: A History — From Convict Colony to Great Democracy (Australie : une histoire — de la colonie pénitentiaire à la grande démocratie) , Abbott évoque également la nécessité pour davantage de catholiques pratiquants de s'engager en politique, partage son opinion sur le « catholicisme culturel » dans la vie publique et rend hommage à son compatriote, feu le cardinal George Pell. 

    Monsieur Abbott, tout d'abord, le thème de cette conférence est « L'ère de la reconstruction », et des intervenants de renom du monde entier y ont analysé le déclin de la civilisation occidentale et les solutions possibles pour l'enrayer. Quel a été votre principal enseignement de cette conférence ? 

    Je pense que cette conférence est unique en ce sens que, contrairement à la plupart des conférences qui traitent généralement d'économie, de politique et/ou de géopolitique, elle explore en profondeur la culture et la civilisation. On dit souvent que la politique découle de la culture, et que la culture découle en fin de compte de la foi – une foi en laquelle les individus peuvent croire et qui les dépasse. C'est ce qui, à mon avis, fait de cette conférence un événement si particulier.

    Pensez-vous que l'Occident ait besoin d'une présence politique catholique plus affirmée ? La foi catholique est-elle sous-représentée dans l'espace public ?

    Oui, je pense assurément que nous avons besoin de plus de personnes de foi dans la vie publique. J'ai toujours un petit pincement au cœur quand j'entends des chrétiens affirmer que s'impliquer dans les complexités de la vie publique est en quelque sorte un manquement à la foi. Je crois que nous devons être présents dans le monde, même si nous ne devons pas en être totalement issus.

    Que diriez-vous aux hommes politiques catholiques, comme Andy Burnham par exemple , pressenti pour devenir le prochain Premier ministre britannique, qui sont de confession catholique mais n'adhèrent pas pleinement au magistère et ne fréquentent pas régulièrement la messe ? Les catholiques engagés dans la vie publique doivent-ils s'affirmer davantage et pratiquer leur foi comme l'Église le demande ?

    Je ne prétends pas être un catholique parfait, loin de là, mais je pense que nous sommes tous de meilleures personnes, surtout si nous sommes catholiques, si nous assistons plus régulièrement à la messe et si nous recevons les sacrements. 

    En matière d'immigration, nombreux sont ceux qui citent l'Australie comme exemple de lutte efficace contre l'immigration clandestine, les traversées dangereuses et le trafic d'êtres humains. Que diriez-vous aux Américains et aux Britanniques qui s'interrogent sur ce sujet et souhaitent une politique éthique et réellement efficace ?

    J'ai souvent constaté que les théologiens moralistes ne font généralement pas de bons hommes d'État, car dans ce monde imparfait, il faut parfois choisir la moindre mal. Le trafic d'êtres humains est un fléau : il est responsable d'une exploitation considérable et de nombreuses morts, et il est impératif de l'éradiquer. De même que, parfois, des mesures très difficiles et dramatiques sont nécessaires en temps de guerre, je pense qu'il faut parfois être prêt à agir de manière directe si l'on veut mettre fin à ce qui s'apparente, à l'heure actuelle, à une invasion pacifique de la Grande-Bretagne par des personnes traversant la Manche à bord de petites embarcations.

    Concrètement, quel type de réponse politique pensez-vous qui fonctionnerait en Grande-Bretagne et aux États-Unis ?

    La chose humanitaire à faire — la chose véritablement humanitaire — est de mettre fin au trafic d'êtres humains. Dans le cas de la Grande-Bretagne, cela permettrait d'éviter les noyades dans la Manche. Dans le cas des États-Unis, cela empêcherait l'entrée de nombreuses personnes qui ne seront d'aucune utilité pour l'Amérique, ainsi que d'autres qui cherchent simplement une vie meilleure. Mais en fin de compte, en tant que représentants du gouvernement, vous avez un devoir envers vos propres citoyens qui prime sur toute obligation d'offrir une vie meilleure à des étrangers qui n'ont aucun droit légitime sur vous. Les seules personnes qui ont un droit légitime sur un autre pays sont ses citoyens, ou celles qui ont démontré qu'elles peuvent apporter une contribution significative à ce pays — et non celles qui cherchent simplement à améliorer leur propre sort.

    À votre avis, pourquoi n'y a-t-il pas eu, notamment en Grande-Bretagne, beaucoup de politiques efficaces pour remédier à ce problème ?

    Manque de leadership. 

    Quelqu'un a dit que si des soldats russes arrivaient armés, le gouvernement trouverait rapidement un moyen de les arrêter. Alors, est-ce simplement une question de volonté politique ?

    Je pense que certains se sentent contraints par un mélange de culpabilité propre aux pays riches, d'une compassion excessive, voire mal placée, de marxisme culturel, ou encore d'un respect déplacé pour des institutions comme la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). L'idée que la Grande-Bretagne – berceau de nombreux droits humains – doive se montrer soumise à la CEDH me paraît tout simplement absurde.

    Enfin, un mot sur le cardinal George Pell. Comme vous le savez, il attribuait souvent le déclin de la société à l'abandon des valeurs chrétiennes traditionnelles et des vérités morales, ainsi qu'à la montée du relativisme moral. Qu'aimeriez-vous dire à son sujet ? 

    Je pense que le cardinal Pell était un saint des temps modernes. Il fut, en un sens, un martyr contemporain, puisqu'il a subi une forme de crucifixion vivante. Plus on chérira sa mémoire, plus on célébrera son exemple et plus on honorera sa vie, mieux ce sera pour nous tous. 

  • Euthanasie et suicide assisté en Europe : où en est le débat ? (Institut Européen de Bioéthique)

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    Euthanasie et suicide assisté en Europe : 

    où en est le débat ? 

    reflexion

    Pour aller plus loin

    ARTICLES

    CHRONIQUES

    DOSSIERS

  • Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre

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    Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre

    La proposition du frère Ferdinand Poswick, moine bénédictin de Maredsous, sur la fin de vie a suscité de vives réactions parmi les lecteurs du journal Dimanche et du site CathoBel. Alors que le religieux plaidait pour une réflexion ouverte sur l’euthanasie consentie chez les personnes très âgées, plusieurs voix, notamment celles de croyants, expriment une opposition ferme ancrée dans la foi chrétienne et l’expérience humaine. Trois contributions emblématiques illustrent ce débat.

    La confiance humble d’une malade en phase terminale

    Marie de Géradon, 86 ans et atteinte d’un cancer incurable, s’adresse directement au frère Poswick avec une grande simplicité. Du même âge que lui, elle partage le désir de mourir dans la dignité, mais affirme une différence fondamentale : « ma vie ne m’appartient pas ». Elle choisit de s’en remettre humblement au Seigneur pour sa fin de vie.

    Cette lettre touche par son ton pacifié et sa profondeur spirituelle. Elle montre qu’une personne directement concernée par la souffrance peut vivre sa maladie avec sérénité et abandon, sans recourir à l’euthanasie.

    Mourir « debout », à la manière de saint Benoît

    Christiane, autre lectrice, interroge la proposition du frère Poswick en rappelant la sagesse monastique et chrétienne face au grand âge. Elle invite à accueillir consciemment les pertes et diminutions liées à la vieillesse, tout en y voyant une richesse et une préparation au passage pascal.

    Pour elle, la première étape pour un senior consiste à renoncer à l’acharnement thérapeutique inutile, à laisser la vie aller jusqu’au bout, comme saint Benoît qui « sent qu’il va mourir » sans demander à être euthanasié. Elle distingue clairement l’accompagnement respectueux de la vie qui s’achève (ne rien faire d’extraordinaire pour la prolonger artificiellement) de l’acte de donner la mort.

    « Mourir debout », selon elle, c’est accomplir sa vie jusqu’au terme naturel par le don quotidien aux frères, dans la patience et l’abandon. Cette vision met l’accent sur l’accompagnement humain et spirituel plutôt que sur une interruption délibérée.

    Une réponse argumentée : l’impasse anthropologique et spirituelle

    La contribution la plus développée vient de Pierre de Mahieu, qui propose une réfutation structurée et théologique de la position du frère Poswick.

    Il reconnaît la sincérité de la préoccupation (éviter l’acharnement thérapeutique, la solitude et la souffrance inutile), mais estime que la solution suggérée conduit à une impasse. Principaux arguments :

    • Distinction évangélique fondamentale : Jésus et les martyrs offrent leur vie par fidélité, ils ne se donnent pas la mort. Il existe une différence essentielle entre offrir sa vie (charité) et supprimer sa vie.
    • Danger utilitariste : Évoquer le poids économique du vieillissement introduit un critère de rentabilité dans l’évaluation de la personne humaine. La question risque de devenir « Suis-je encore rentable ? » au lieu de « Suis-je encore aimé ? ». Or, la dignité humaine ne dépend ni de la productivité ni de l’autonomie, mais du fait d’être créé à l’image de Dieu.
    • Fécondité de la vieillesse : Les derniers chapitres de l’existence sont précieux pour la patience, le pardon, la transmission et l’abandon confiant en Dieu. Les anciens sont un don pour les générations suivantes ; ils rappellent que l’homme vaut davantage que ce qu’il produit.
    • Appel à une culture de la fraternité : Plutôt que d’encourager le retrait volontaire, l’Église doit promouvoir les soins palliatifs, lutter contre l’isolement, inventer de nouveaux rites d’accompagnement qui célèbrent la fidélité de Dieu jusqu’au dernier souffle. Une civilisation se juge à sa manière d’aimer ceux qui ne peuvent plus rien rendre.

    Pierre de Mahieu conclut que la société souffre moins d’un excès de vieillards que d’un déficit de fraternité. La réponse chrétienne authentique est une culture de la gratitude et de la réciprocité entre générations.

    Des convergences fortes

    Malgré des tonalités différentes — témoignage personnel, réflexion spirituelle pratique ou analyse théologique —, ces réactions partagent plusieurs convictions :

    • Le refus de l’euthanasie comme solution, même « choisie » et « lucide ».
    • La défense inconditionnelle de la dignité de toute vie humaine, y compris dépendante ou diminuée.
    • L’importance de l’accompagnement humain, médical (palliatif) et spirituel.
    • La confiance dans la Providence et le sens chrétien de la souffrance et de la mort comme passage.

    Ces voix rappellent que, pour beaucoup de croyants, la fin de vie n’est pas d’abord une question d’autonomie individuelle, mais une étape de communion avec Dieu et avec les frères, jusqu’au bout. Elles invitent l’Église et la société à inventer des réponses de présence et d’espérance plutôt qu’à organiser le départ anticipé des plus fragiles.

    Dans un contexte de vieillissement démographique et de débats éthiques intenses, ces réactions soulignent la nécessité d’un discernement profond, ancré dans l’anthropologie chrétienne.

  • IVG sous contrainte: le malaise de la Commission européenne et des socialistes

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    Du site de l'ECLJ :

    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Le Planning familial porte bien mal son nom. 

    Charlène, comme tant d'autres femmes en a fait les frais: 

    elle est tombée enceinte sans le vouloir;

    elle voulait garder son bébé;

    son compagnon s'y opposait;

    alors elle est allée chercher de l'aide et du soutien au Planning familial.

    Le Planning familial ne lui a proposé que l'avortement

    Ils ne sont pas "pro-choix", ils sont pro-avortement et c'est tout. Cette association internationale financée par des milliardaires et les États occidentaux a un objectif principal: faire avorter un maximum de femmes. 

    Vous pouvez écouter plus en détails l'histoire de Charlène dans cette nouvelle vidéo que nous venons de publier, et surtout voir les réactions des députés du Parlement européen.

    C'est votre soutien, par vos contributions et à travers nos pétitions, qui a donné courage à Charlène et qui nous a permis de l'accompagner dans une procédure institutionnelle officielle. Aidez-nous, s'il vous plaît, à poursuivre notre action en faisant un don. Nous avons besoin de vous, merci.

    Le Parlement européen a été saisi, la Commission européenne est obligée de se prononcer sur cette réalité ainsi que tous les groupes parlementaires européens.

    Audience de Charlène au Parlement européen

    Leurs réactions sont instructives et encourageantes:

    La Commission européenne et le groupe "Socialistes et Démocrates" s'enferment dans l'aveuglement. Face à une femme qui est allée voir le Planning familial et qui a été contrainte d'avorter par son petit-copain, ils continuent de prêcher la "liberté d'avorter". Ils étaient cependant bien gênés de devoir dire cela à Charlène. La socialiste est vite partie après sa déclaration et les autres groupes du centre et de la gauche n'ont pas pris la parole.

    À droite, le soutien est général. Tous les groupes étaient présents et ont félicité Charlène pour son courage, ont pris acte de la réalité qu'elle décrit et comptent faire des propositions pour donner des alternatives aux femmes enceintes.

    Nous nous réjouissons particulièrement de l'appui du Parti populaire européen, par la voix du député maltais Peter Agius. Ce soutien du groupe le plus important du Parlement européen permet à la pétition de "rester ouverte", c'est-à-dire que le Parlement va continuer de l'étudier et de réfléchir aux réponses à apporter à ce problème.

    Cela signifie que toute personne peut se joindre à Charlène pour appuyer sa pétition, en se connectant au site du Parlement et en cliquant sur le bouton bleu pour soutenir la pétition:

    Lire et soutenir la pétition de Charlène

    Nous vous encourageons chaudement à le faire pour donner plus de visibilité à cette pétition officielle, cela va soutenir les députés et les encourager à agir.

    En 2024, rien qu'en France, il y a eu 251 270 avortements et ce nombre ne cesse d'augmenter. Parmi ces femmes, des milliers n'ont pas avorté par envie, mais par dépit. Il faut venir en aide aux femmes qui seront confrontées aux pressions de leur partenaire et du Planning familial.

    Vous pouvez également partager cette vidéo et pétition sur les réseaux sociaux:

    ­­­­­Audience de Charlène au Parlement européen

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  • En juillet, le Pape invite à prier pour le respect de la vie humaine

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    De Vatican News (Myriam Sandouno) :

    Dans un monde marqué par la «culture du déchet», comme l’affirmait François, Léon XIV consacre son intention de prière de ce mois-ci au respect de la vie humaine à toutes les étapes de son existence. À travers la campagne «Prie avec le Pape», il encourage à demander pardon au Seigneur «lorsque nous tombons dans l’indifférence, lorsque nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour».

    En ce début de juillet, les fidèles ainsi que toutes les personnes de bonne volonté sont invités à s’unir aux intentions du Pape, à travers la campagne «Prie avec le Pape», le Réseau mondial de prière pour le Saint-Père. Léon XIV exhorte à prier pour le respect de la vie humaine, car, comme déclarait-il devant le Congrès des députés espagnols, il y a quelques semaines, lors de son quatrième voyage apostolique en Espagne: «Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son terme naturel, quelles que soient les circonstances de son existence

    Un don sacré à protéger 

    Chaque personne, soutient le Souverain pontife dans sa vidéo mensuelle de prière, est «un don sacré qui reflète ton visage». Léon XIV demande au Seigneur la grâce de «reconnaître et de protéger la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain», en apprenant à «accueillir la vie sans conditions, à soutenir avec tendresse la fragilité, à accompagner avec respect chaque étape de l’existence et à défendre avec courage ceux qui n’ont pas de voix».

    L'Église une maison ouverte 

    Il implore le pardon de Dieu pour les attitudes «d’indifférence et la culture du déchet», et pour le fait que parfois, «nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour». Concluant sa prière, le Pape a prié pour que l’Église soit «une maison ouverte où toute vie est célébrée, où personne ne se sente de trop», et où «la dignité de chacun soit toujours respectée et protégée», insiste-t-il. Pour le directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, le père Cristóbal Fones, «se respecter mutuellement et protéger ce don de la vie humaine est une mission qui commence par une conversion du cœur et nous ouvre à l’engagement envers les autres». 

    “Seigneur Jésus, fais que nous aimions la vie comme Toi tu l’aimes: avec tendresse, fidélité et don total de soi. Que nous sachions proclamer, par nos paroles et nos gestes, que chaque vie humaine mérite le don total de nous-mêmes”

    Avortement, euthanasie et peine de mort

    Chaque année dans le monde, rapporte l’Organisation mondiale de la Santé, environ 73 millions d’avortements provoqués sont pratiqués, et le débat autour de l’euthanasie et l’aide médicale à mourir reste d’actualité dans de nombreux pays. L’évolution du recours à la peine de mort préoccupe également: au moins 2 707 exécutions ont été recensées dans 17 pays en 2025, soit le chiffre le plus élevé depuis 1981 et une augmentation de 78% par rapport à l’année précédente.

  • Fin de vie : CathoBel publie la prose inacceptable d'un moine de Maredsous

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    Alors que les évêques de France, avec le cardinal Aveline en tête, sont mobilisés contre le vote d’une loi libéralisant l’euthanasie et le suicide assisté, le portail officiel de l’Église catholique en Belgique francophone, CathoBel, publie complaisamment un texte du Frère Réginald-Ferdinand Poswick, moine bénédictin de l’abbaye de Maredsous. (1) Celui-ci plaide pour une libéralisation de ces pratiques, suggérant que certaines personnes âgées puissent volontairement mettre fin à leur vie et proposant même une ritualisation ecclésiale exceptionnelle de ce « départ ».

    Ces positions vont à l’encontre de l’enseignement constant de l’Église, qui refuse absolument de provoquer la mort par des moyens artificiels. Un moine, aussi érudit soit-il, ne peut faire prévaloir une opinion personnelle dans un organe officiel de l’Église (2), au nom d’un évangélisme dévoyé et d’un argumentaire contestable.

    La doctrine constante de l’Église

    L’enseignement officiel de l’Église catholique est clair et inchangé : l’euthanasie (acte qui provoque directement la mort pour supprimer la souffrance) et le suicide assisté sont inacceptables. Le Catéchisme (§2324) les qualifie de meurtre grave, contraire à la dignité de la personne et à la souveraineté de Dieu sur la vie. Jean-Paul II l’a solennellement rappelé dans Evangelium Vitae (1995), position confirmée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de nombreux documents ultérieurs, y compris sous le pontificat de François.

    L’Église promeut les soins palliatifs, l’accompagnement humain et spirituel, la sédation proportionnée (qui soulage sans viser la mort) et une spiritualité qui voit dans la souffrance et la mort un passage vers la vie éternelle. La dignité de la vie humaine demeure entière jusqu’à sa fin naturelle.

    Les évêques de France

    En cohérence avec cette doctrine, les évêques français alertent sur les risques de dérive : pression sur les vulnérables, banalisation de la mort provoquée et affaiblissement des soins palliatifs. Ils lancent des neuvaines et défendent une anthropologie de la fraternité qui accueille les fragiles plutôt que de les éliminer.

    Le cas belge

    En Belgique, l’euthanasie est légalisée depuis 2002 et n’a cessé de s’étendre (mineurs, troubles psychiatriques, etc.), avec une augmentation constante des cas. CathoBel a mis en avant les propositions du Frère Poswick sous le titre « proposition-choc », tout en précisant que celles-ci n’engagent que leur auteur et vont « à l’encontre de l’enseignement de l’Église ». Cette clause de style ne change rien au fait de donner une tribune à une rupture doctrinale.

    Un moine bénédictin, connu pour ses travaux sur la Bible, l’informatique et la spiritualité, n’a pas autorité pour proposer une telle évolution. Cette publication (désapprouvée par son supérieur) (1) interroge la gouvernance et la fidélité doctrinale de l’Église en Belgique, déjà mise en cause par d’autres affaires ayant nécessité des interventions vaticanes.

    Pourquoi cette divergence ?

    • Contexte culturel : forte sécularisation et tradition de « tolérance » pragmatique en Belgique et aux Pays-Bas. Une partie des catholiques, clercs inclus, s’aligne sur l’esprit du temps au nom d’une « miséricorde » ou d’une autonomie individuelle absolue.
    • Crise interne : difficulté de transmission doctrinale en Europe occidentale. Certains invoquent un « développement pastoral » qui contourne l’enseignement constant, au profit d’un subjectivisme moral.
    • Évangélisme dévoyé : ritualiser la mort provoquée reviendrait à transformer l’Église en aumônerie de la culture de mort, au lieu d’en être le sel et la lumière.

    Le magistère universel prime sur les initiatives locales. Rome a déjà corrigé des dérives similaires. Les fidèles ont le devoir, selon Donum Veritatis, de s’attacher à l’enseignement constant plutôt qu’à des propositions novatrices isolées.

    La réaction (ou l’absence de réaction) des évêques belges

    La Conférence épiscopale de Belgique a réaffirmé par le passé son opposition de principe à l’euthanasie, tout en privilégiant un ton nuancé et pastoral (« Je te prends par la main », 2019). Cependant, face à la banalisation sociale de l’euthanasie et à cette publication interne, une réaction ferme et claire fait défaut. Cette tiédeur contraste avec la position plus résolue des évêques français.

    Ce silence probable s’explique par la peur du conflit dans un pays très sécularisé, une culture du « dialogue » et de l’« accueil » qui l’emporte souvent sur la clarté doctrinale, et une certaine pusillanimité face à l’opinion publique majoritairement favorable.

    Conclusion

    Cette affaire révèle un défi plus large : celui de l’unité doctrinale face à la pression sociétale. Les évêques français ont raison de résister fermement. En Belgique, l’accommodement progressif affaiblit le témoignage prophétique de l’Église. Si les évêques belges restent silencieux, les fidèles attachés à la doctrine ont toute légitimité à rappeler la vérité et à s’adresser, si nécessaire, directement à Rome. L’accompagnement véritable des mourants passe par l’espérance et le respect inconditionnel de la vie, et non par l’administration de la mort.

    (1) Le Père Abbé de Maredsous vient (le 1er juillet en matinée) de publier une mise au point : Opinion de Fr. Poswick sur la fin de vie: la mise au point du Père Abbé de Maredsous

    (2) CathoBel précise "qu'un texte d'opinion publié sur le site cathobel.be n'a aucunement valeur de prise de position de l'Eglise en Belgique."

  • [Fin de vie] « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne » (Cardinal Sarah)

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    De  Tribune Chrétienne :

    29 juin 2026

    [Fin de vie] Cardinal Sarah : « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne »

    « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. Le mot démocratie est ainsi parfois brandi comme un prétexte pour interdire la notion de loi naturelle. » (En France) À la veille du vote solennel du 30 juin sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir, cet avertissement du cardinal Robert Sarah résonne avec une force particulière

    Alors que les partisans de l’aide à mourir invoquent régulièrement la souveraineté du Parlement et la légitimité du vote démocratique, le cardinal Robert Sarah rappelle une distinction fondamentale : toutes les lois ne sont pas nécessairement justes. Dans son ouvrage 2050, le prélat guinéen développe une réflexion qui dépasse largement le seul débat sur l’euthanasie et interroge le fondement même de l’autorité politique. Pour lui, lorsqu’une démocratie cesse de reconnaître une vérité morale qui la dépasse, elle court le risque de devenir elle-même oppressive. « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée dans un Parlement démocratique qu’elle est en soi bonne. » Cette affirmation résume l’ensemble de son raisonnement. La démocratie constitue un mode de gouvernement légitime, mais elle ne crée pas le bien et le mal.

    Le vote d’une majorité ne peut transformer une injustice en justice. Le cardinal rejoint ici la grande tradition de la doctrine sociale de l’Église, pour laquelle la loi civile doit demeurer ordonnée à la loi naturelle.

    Il poursuit sa réflexion par une mise en garde d’une grande actualité : « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. » Derrière cette formule, le cardinal ne remet nullement en cause la démocratie elle-même ; il dénonce son absolutisation. Lorsque le pouvoir politique prétend devenir l’unique source du droit, il s’affranchit de toute référence supérieure à la dignité de la personne humaine. Cette conviction s’enracine dans une tradition philosophique et juridique bimillénaire. Le cardinal Sarah cite Cicéron : « Il est une loi véritable, la droite raison conforme à la nature, universelle, immuable, éternelle… On ne peut ni l’infirmer par d’autres lois, ni déroger à quelqu’un de ses préceptes. » Cette référence rappelle que certaines vérités fondamentales précèdent les États et les Parlements. Elles ne sont pas créées par les législateurs ; elles leur sont données comme une limite qu’ils ne peuvent franchir.

    Le cardinal fait également écho aux paroles prononcées par le pape Léon XIV devant les responsables politiques réunis à Rome à l’occasion du Jubilé des gouvernants. Le Saint-Père rappelait que « la loi naturelle, universellement valide au-delà d’autres opinions pouvant être discutées, constitue la boussole pour légiférer et agir ». Sans cette référence, avertit le cardinal Sarah, « la démocratie risque de s’enfoncer dans les marécages du relativisme destructeur ». L’enjeu dépasse donc le seul débat sur la fin de vie. Une société peut-elle décider, par un simple vote, que certaines vies ne méritent plus d’être protégées ? Pour le cardinal Sarah, une démocratie privée de fondements moraux risque de glisser vers ce que saint Jean-Paul II appelait déjà une « démocratie sans valeurs », laquelle « se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois ». Les procédures démocratiques demeurent, mais elles peuvent alors servir à légitimer des décisions contraires aux droits les plus fondamentaux.

    C’est pourquoi il cite une nouvelle fois saint Jean-Paul II : « Les lois, quels que soient les domaines dans lesquels le législateur intervient, doivent toujours respecter et promouvoir les personnes humaines. » Et d’en tirer une conclusion d’une grande fermeté : « Une loi qui ne respecterait pas le droit à la vie, de la conception à la mort naturelle, de l’être humain, quelle que soit la condition dans laquelle il se trouve, qu’il soit sain ou malade, encore à l’état embryonnaire, âgé ou en phase terminale, n’est pas une loi conforme au dessein de Dieu. » À la veille du vote du 30 juin, ces pages de 2050 rappellent que le débat sur l’euthanasie ne se limite pas à une question de procédure parlementaire ou d’évolution des mœurs. Il engage la conception même de la dignité humaine. Pour le cardinal Sarah, une civilisation se juge à la manière dont elle protège les plus fragiles. Et cette responsabilité ne saurait dépendre des fluctuations d’une majorité politique.

    Source : 2050 – Cardinal Robert Sarah – Nicolas Diat ( Fayard)

  • 5000 personnes à Paris ont manifesté contre l’euthanasie

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    D'Antoinette de la Roulière sur le site de Famille Chrétienne :

    5000 personnes à Paris contre l’euthanasie : « Face aux personnes fragiles, on répond par l'amour ou par la mort ? »

    <p>Une enfant brandit une pancarte avec écrit Aidez à vivre. Pas à mourir lors du rassemblement en opposition au projet de loi de fin de vie débattu en relecture au Parlement à Paris en France le 28 juin 2026.</p>

    Une enfant brandit une pancarte avec écrit "Aidez à vivre. Pas à mourir" lors du rassemblement en opposition au projet de loi de fin de vie débattu en relecture au Parlement à Paris en France le 28 juin 2026. - Quentin de Groeve/Hans Lucas

    5 000. C’est le nombre de Français venus manifester ce dimanche 28 juin place de Fontenoy à Paris contre la loi sur la fin de vie. Des bouteilles d’eau circulent entre les rangs, des bénévoles veillent sur les personnes les plus fragiles. Malgré la chaleur, les voix ne faiblissent pas. “Euthanasier n'est pas soigner ! Euthanasier, c'est abandonner !” Les slogans résonnent tandis que les pancartes s'élèvent dans la foule : “Tuer n'est pas un soin”, ou encore “L'euthanasie est un abandon”. Pour beaucoup, l'enjeu dépasse le débat politique : il s'agit de défendre la dignité humaine et le rôle de la médecine.

    « On est là pour accompagner, pas pour donner la mort »

    Les étudiants en médecine et des filières paramédicales sont venus en nombre. Blouse blanche sur les épaules pour certains, ils veulent rappeler ce qu'ils considèrent comme le cœur de leur futur métier : soigner et accompagner. Pour Clotilde, étudiante en quatrième année de médecine à Strasbourg, il était important de montrer que “certains soignants sont contre l'euthanasie”. “On est censés accompagner nos patients jusqu'au bout. En proposant la mort, on ne cherche plus ce qui pourrait les aider”, explique-t-elle. La future médecin s'inquiète aussi des conséquences de la loi sur la relation de confiance entre le patient et son médecin. “Les députés vont demander à des soignants d'injecter une substance létale. Cela va briser ce lien.”

    Autour d'elle, le même discours revient. “Administrer la mort n'est pas une solution, il faut accompagner les personnes”, affirme Camille, étudiante en orthophonie. “Au quotidien, je serai confrontée à des personnes en grande souffrance. Je suis là pour les aider, pas pour leur donner la mort”, ajoute Clarisse, future psychomotricienne.

    « La réponse, c'est d'aimer et de soulager »

    Pour beaucoup, la réponse à la souffrance passe d’abord par les soins palliatifs. Ergothérapeute, Élisabeth de Courrèges est venue témoigner de son expérience auprès des malades. “J'ai accompagné des personnes qui avaient envie de mourir puis qui ont changé d'avis en étant soulagées et considérées. Face aux personnes fragiles, est-ce qu'on répond par l'amour ou par la mort ? Moi, je crois à la première option.”

    Un témoignage qui fait écho à celui de Maxence de Mentque. Âgé de 22 ans et atteint d'une myopathie de Duchenne, il est venu “défendre la dignité des malades”. “On peut vivre malgré un handicap, avec une joie de vivre”, affirme-t-il. Même détermination chez Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la Marche pour la Vie, qui appelle les parlementaires à continuer de défendre une médecine qui “soigne jusqu'au bout, sans jamais proposer la mort”. Présente dans le cortège, Hanane Mansouri, députée UDR de l’Isère, martèle : “depuis le début de mon mandat, je lutte contre cette proposition de loi. Je suis heureuse de voir des citoyens et des soignants se mobiliser”. 

    Les manifestants ont désormais les yeux tournés vers l'Assemblée nationale. Le vote solennel sur la proposition de loi est prévu ce mardi 30 juin. Le texte sera ensuite examiné par le Sénat à partir du 7 juillet, avant une adoption définitive attendue le 15 juillet. 

     
  • Canada : une loi pour interdire la Bible ?

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    De Stefano Fontana sur le site de l'Observatoire Cardinal Van Thuan :

    Le Parlement canadien censure la Bible en public

    iStefano Fontana

    24 juin 2026

    Le Parlement du Canada a adopté le projet de loi C-9, qui modifie le Code pénal en matière d’expressions et d’initiatives dans le domaine de la diversité et de l’inclusion. L’article protégeant l’expression des convictions religieuses d’une personne fondées sur des textes religieux tels que la Sainte Bible est abrogé. C’est pourquoi cette loi a également été surnommée « loi interdisant la Bible ». Il peut donc être considéré comme un délit de citer en public des passages des Écritures saintes contraires à des pratiques aujourd’hui considérées comme relevant du libre choix, telles que l’avortement ou l’homosexualité. Des dispositions réglementaires de ce type avaient déjà été appliquées, comme celles qui considèrent comme illicite le fait de prier devant des cliniques pratiquant l’avortement, mais dans ce cas précis, le tournant est beaucoup plus manifeste car, en censurant les Écritures, elle empêche ouvertement la présence publique de la religion chrétienne. Les premières réactions négatives s’appuient sur la liberté de religion et nous supposons que, du côté catholique également, la loi sera critiquée principalement sous cet angle. Nous nous demandons toutefois s’il suffit de contester cette loi ingrate en s’appuyant uniquement sur le droit à la liberté religieuse.  

    Le Canada est à l’avant-garde de la démocratie libérale, que l’on s’efforce d’y appliquer dans sa forme la plus pure. L’un des principes issus de la démocratie libérale est la liberté religieuse. Il incombe à l’État de défendre ce droit, sans intervenir pour soutenir tel ou tel choix religieux. La raison de cette neutralité du pouvoir politique tient au fait que le choix religieux est considéré, précisément, comme un choix, dont le contenu ne peut et ne doit pas être justifié. L’autorité politique aurait le devoir de justifier ses choix de gouvernance par des arguments de raison (politique), et devrait donc évaluer le contenu des religions afin de vérifier s’ils sont favorables ou contraires au bien commun. Mais comme les religions ne sont considérées par l’autorité politique que comme des choix non motivés, celle-ci se déclare indifférente aux diverses motivations, qui n’ont pour elle aucune importance, et se limite donc à les admettre dans l’espace public en tant que choix individuels.

    Pourquoi donc, dans le cas de la religion chrétienne et de la lecture publique de passages des Livres sur lesquels elle se fonde, cette liberté de choix n’est-elle pas respectée ? La raison fondamentale réside précisément dans la conception libérale de la liberté de religion, comprise comme un choix non motivé, dépourvu d’arguments qui le justifient, une sorte de « coup de foudre », comme le disait Wittgenstein.

    La démocratie libérale, comme nous l’avons observé plus haut, est indifférente aux religions, qui sont pour elle toutes vraies et toutes fausses. Elles sont vraies pour ceux qui les choisissent, fausses pour ceux qui ne les choisissent pas, ni vraies ni fausses pour le pouvoir politique, pour lequel les choix ne sont que des choix, sans qu’il soit nécessaire de les justifier. Subjectivement, un croyant peut attribuer aux préceptes de sa religion une valeur fondamentale dans sa vie, mais objectivement, ces préceptes n’ont aucune valeur, car la religion n’est qu’un choix subjectif, quel que soit ce qui est choisi. S’il n’en était pas ainsi, alors l’autorité politique devrait veiller sur les contenus des religions, mais cela irait à l’encontre des principes de la démocratie libérale, selon laquelle il n’y a rien derrière le choix que la politique doive examiner.

    Dans l’indifférentisme libéral à l’égard des contenus des religions, celles-ci sont pour ainsi dire dépouillées de leur appareil conceptuel – auquel se réfère par exemple l’usage des textes sacrés –, vidées de leur substance et réduites à de purs choix vides de sens : non pas parce que les contenus n’existent pas, mais parce que le pouvoir politique de la démocratie libérale ne s’y intéresse pas par principe. Les religions sont privées de toute vérité : qu’elle existe ou non, quelle qu’elle soit, qu’elle soit acceptable ou non par la raison politique… cela n’intéresse pas la démocratie libérale. Les religions deviennent politiquement des fantômes dépourvus de consistance publique.

    C’est précisément là que réside l’explication de leur manipulation par le pouvoir politique, comme c’est le cas au Canada. Dépourvues de vérité, grande ou petite soit-elle, elles sont à la merci du pouvoir : leur contenu peut être dénoncé et leur expression empêchée. Le pouvoir peut utiliser une religion pour en combattre une autre, il peut accorder à l’une ce qu’il interdit à l’autre. Le domaine religieux n’a rien à dire car il est dépourvu de vérité aux yeux du pouvoir politique ; il est donc possible de lui faire dire ce qui arrange ce dernier. Si, à un certain moment, le pouvoir soutient et promeut une culture des « nouveaux droits », il peut y plier les cultures religieuses qui s’y opposent. En les empêchant de le faire en public, il les ramène au fond à ce qu’elles sont, selon la démocratie libérale : des choix subjectifs dépourvus de valeur objective reconnue.

    La question qu’il convient donc de se poser est de savoir s’il est approprié et efficace de s’opposer à des lois telles que celle du Canada en s’appuyant sur la liberté de religion telle qu’elle est comprise par la démocratie libérale actuellement au pouvoir au Canada. Les chrétiens doivent également s’interroger sur les relations entre cette conception libérale de la liberté de religion et celle qu’ils proposent et défendent eux-mêmes aujourd’hui. Peut-être faudrait-il ne pas partir de la liberté de religion comprise comme liberté de choix, mais de la vérité des religions et, dans cette confrontation, montrer la vérité de sa propre religion et les exigences de présence publique qui en découlent. Si l’on demande simplement le respect de la liberté de religion, on se limite alors à demander le respect de la liberté de choix, ce qui est trop peu pour exiger ensuite le respect public de sa propre vérité (et de ses textes sacrés).

  • Aux Pays-Bas : la première euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Pays-Bas : première euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans

    24 juin 2026

    Sophie Hermans, ministre néerlandais de la Santé, a révélé dans une lettre adressée au Parlement qu’un enfant de moins de 12 ans est, pour la première fois, décédé par euthanasie aux Pays-Bas en 2025.

    Elle indique que le médecin qui a effectué le geste létal a signalé l’acte à la commission spéciale chargée de contrôler, a posteriori, les euthanasies de mineurs et les interruptions tardives de grossesse. Celle-ci a été saisie l’an dernier. Elle a ensuite examiné le dossier, auditionné le praticien concerné et transmis son avis au parquet qui déterminera si le praticien a respecté la loi.

    Ni l’âge, ni le sexe, ni la pathologie de l’enfant n’ont été révélées. Aucune information n’a en outre été rendue publique sur sa situation familiale ou l’établissement dans lequel l’acte a eu lieu.

    Extensions progressives de la loi

    Aux Pays-Bas, l’euthanasie d’enfants de 1 à 12 ans, atteints d’une maladie incurable en phase terminale et présentant une « souffrance désespérée et insupportable » sans perspective d’amélioration, est autorisée depuis février 2024 (cf. Pays-Bas : l’euthanasie autorisée pour les enfants de moins de 12 ans). « Le médecin implique l’enfant, dans la mesure de ses capacités, dans la décision et doit s’assurer que sa vie n’a pas été interrompue contre sa volonté » précise la commission d’évaluation.

    A l’époque, le gouvernement considérait qu’un « petit groupe » d’environ cinq à dix enfants pourrait être concerné chaque année. Parmi les situations envisagées se trouvaient les anomalies congénitales sévères, les maladies métaboliques ou les atteintes graves des organes essentiels.

    En 2002, le pays avait été le premier à dépénaliser l’euthanasie et le . En 2014, la pratique a été étendue aux mineurs de plus de douze ans « capables de discernement », et aux bébés de moins d’un an, avec le consentement des parents (cf. Pays-Bas, Belgique, Suisse… L’incontrôlable « pente glissante » de l’euthanasie).

    Selon les données publiées en mai 2025 par les Commissions régionales de contrôle de l’euthanasie, 9 958 personnes sont décédées par euthanasie aux Pays-Bas en 2024, soit 10 % de plus que l’année précédente (cf. Pays-Bas : près de 10 000 euthanasies en 2024). Au total, 5,8 % de l’ensemble des 172 049 décès enregistrés dans le pays ont fait suite à des euthanasies.

    Sources de la synthèse de presse : NL Times (23/06/2026) ; Le Figaro, Marie de Montalembert de Cers (23/06/2026) ; Le JDD, Audrey Senecal (23/06/2026)

  • L’eurodictature du gender : le Cardinal Müller et les « Enracinés » se mobilisent à Rome contre l’idéologie européenne

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    De diakonos.be :

    L’eurodictature du gender : Le Cardinal Müller et les « Enracinés » se mobilisent à Rome contre l’idéologie européenne

    Le 17 juin dernier, la salle de conférence de la Chambre des députés à Rome a accueilli un colloque organisé par la toute nouvelle association catholique italienne « I RadicaTi dal diritto naturale alla legge » sur le thème « Diktateurogender : racines chrétiennes, liberté religieuse & éducative en péril dans l’UE », marqué par l'intervention du cardinal Gerhard Müller, qui n’a pas caché son opposition à l'idéologie du genre.

    À l’initiative de son président, l'avocat Luigi Trisolino, et avec le soutien du député Massimo Milani (Fratelli d'Italia), l'association « I RadicaTi » tire la sonnette d’alarme sur les dernière évolutions législatives au sein de l’Union européenne, qu’ils considèrent comme une menace directe pour les racines chrétiennes et les libertés fondamentales.

    Le cheval de Troie de l’« eurogender »

    Au cœur des débats : la récente modification par le Parlement européen de la Directive de 2012 sur la protection des victimes de crimes. Pour Luigi Trisolino, cette réforme est un « diktat eurogender » imposé par une « dictature qui dérive du politiquement correct vers l’eurojuridiquement correct ».

    Le président des RadicaTi dénonce une manœuvre visant à introduire, via une réglementation européenne, des concepts tels que « l’identité de genre », mais aussi l’accès à l’« avortement sûr » pour les victimes de violences sexuelles. Selon lui, il s'agit « de la même idéologie du gender qui neutralise, relativise et vise à faire disparaître les identités culturelles, les racines et les rôles des sexes biologiques naturels masculin et féminin ».

    Trisolino voit dans ce texte une tentative détournée de faire passer en droit européen ce que le projet de loi « Zan » n’avait pu obtenir en Italie en 2021. Le projet de loi Zan était une proposition législative italienne controversée visant à sanctionner les crimes de haine basés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, mais vivement critiquée par les conservateurs pour ses risques de censure de la liberté d’expression et d'introduction de l'idéologie du genre dans les programmes éducatifs destinés aux enfants. « Les réponses pénales doivent certes être dissuasives contre toute forme d’haine, mais nous ne pouvons pas faire entrer par la fenêtre européenne ce que les radicaux de gauche n’ont pas réussi à faire entrer par la porte en Italie ».

    La mise en garde du Cardinal Müller

    Invité d’honneur, le cardinal Gerhard Müller a présenté son analyse de la dérive idéologique de l'UE. Pour le haut prélat, l’Europe actuelle semble délaisser les enjeux géopolitiques pour se consacrer à l’exportation de théories radicales de gauche.

    « La bandiera arcobaleno est devenue un feticcio dinanzi al quale tutti i cittadini dell’UE devono inginocchiarsi » (Le drapeau arc-en-ciel est devenu un fétiche devant lequel tous les citoyens de l'UE doivent s’agenouiller), a déclaré le cardinal, dénonçant un « relativisme moral » et un « totalitarisme de genre » aux accents néomarxistes.

    Interrogé sur le rôle de la science, souvent instrumentalisée pour justifier ces changements sociétaux, le cardinal a rappelé une distinction nécessaire : « La science qui amplifie la conscience de notre nature et de l'histoire […] est pleinement reconnue et promue par les chrétiens. Nous rejetons en revanche le scientisme, en tant qu’instance idéologico-politique parce qu’il réduit l’homme à une simple fonction et détruit sa dignité de personne capable de penser de manière autonome et de décider librement ».

    « Je n'ai pas besoin de Mme von der Leyen »

    L’intervention a culminé avec une critique frontale de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, déclenchant les applaudissements de la salle : « Non ho bisogno della signora von der Leyen per sapere ciò che io devo pensare » (Je n'ai pas besoin de Mme von der Leyen pour savoir ce que je dois penser).

    De son côté, le député Massimo Milani a rappelé la dimension sociale et communautaire du catholicisme face à l'individualisme radical de la pensée dominante qui imprègne, selon lui, ces nouveaux textes législatifs.

    Pour les RadicaTi, le combat ne fait que commencer. Luigi Trisolino a conclu la conférence en réaffirmant leur volonté de défendre les « valeurs non négociables », tout en formulant l'espoir de voir les racines chrétiennes de l'Europe un jour explicitement reconnues dans les traités de l'Union.

    Un positionnement assumé, malgré la conscience que « la pensée unique progressiste et mondialiste » voudrait nous faire asseoir du côté de ceux qui ont tort. Nous en serons honorés », a‑t-il conclu.