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Doctrine Sociale

  • Le Christ-Roi aujourd’hui : une doctrine en creux

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    Une réflexion de l’abbé Claude Barthe publiée dans « Res novae » :

    théorie des deux glaives images.jpg« Notre propos dans cet article n’est pas d’examiner des projets politiques qui pourraient avoir en vue, même lointainement, un idéal de chrétienté, mais seulement d’examiner comment le catholicisme d’aujourd’hui, plongé dans une situation d’ultra-laïcité, considère ou plutôt ignore la doctrine du Christ-Roi. Pour saisir le formidable hiatus historique auquel il est confronté, on peut mettre en regard le symbole exprimé dans le narthex de la basilique Saint-Pierre de Rome, par la présence, à droite et à gauche, des statues cavalières de deux « évêques de l’extérieur », Constantin et Charlemagne[1], manifestant ce que l’Église attendait des pouvoirs civils chrétiens : qu’ils soient les protecteurs de l’Église et comme des introducteurs de leurs peuples vers le royaume éternel ; et à l’inverse, le refus symbolique du Président Chirac, à Rome, le 29 octobre 2004, d’insérer dans la constitution de l’Europe la mention, pourtant presque honteuse tant elle était modeste, de ses « racines chrétiennes ».

    L’impossible laïcité

    Rémi Brague dans son ouvrage Sur la religion[2], qui certes apporte des éléments tout à fait opportuns dans le débat sur la présence envahissante de l’islam, exprime sur le fond, de manière assez radicale, la négation devenue commune de la doctrine du Christ-Roi, laquelle, pense-t-il n’a jamais eu de réalité. Selon lui, « l’Église et État n’ont jamais été séparés, parce qu’ils n’ont jamais été unis », il suppose donc que l’État serait par nature neutre. Et du coup, il prend en bonne part le terme de « séparation » de l’intitulé de la loi de 1905, qui abrogeait les dispositions du concordat de 1801[3].

    Et cependant, les pouvoirs religieux et civil sont inséparables et distincts, comme le naturel l’est du surnaturel, du fait que l’un et l’autre exercent une emprise globale sur les mêmes individus qui ne sont pas, de manière schizophrène, spirituels d’une part, et d’autre part temporels, plus précisément politiques, puisqu’ils sont des êtres politiques comme dit Aristote[4]. Pouvoirs inséparables et distincts, et jusqu’à un certain point autonomes[5] – à la différence de la fusion indistincte que prône l’islam.

    Au reste, rendant ainsi à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, l’homme, dans les deux cas obéit à un pouvoir qui vient de Dieu (Rm 13, 1), dans l’ordre naturel pour le gouvernement de la Cité, et dans l’ordre surnaturel pour le gouvernement de l’Église. Mais César (les détenteurs du pouvoir civil), à l’image du père de famille, ne saurait être neutre, et a des devoirs religieux comme père de la Cité[6] et, comme tel, il doit créer toutes les conditions favorables pour que ceux dont il est chargé s’engagent librement dans la voie du salut éternel. 
    Léon XIII, dans Immortale Dei du 1er novembre 1885,explique que l’homme, destiné par Dieu à la béatitude éternelle que l’Église lui donne les moyens d’obtenir, a également grand besoin de la Cité terrestre pour parvenir à la perfection. C’est en effet le propre de la société civile (dans la mesure où elle cherche à poursuivre son but propre, c’est-à-dire de régler les réalités humaines selon la loi de Dieu), de conduire les membres de la Cité à mener sur la terre « une vie calme et paisible » (1 Tm 2, 2) en leur procurant le bien de la paix, le respect du juste, le cadre d’une vie honnête. Lorsque, au contraire, les institutions ne se réfèrent pas à la loi du Christ, c’est le salut du grand nombre qui est en péril. Et pire encore, lorsque ces institutions se sont données une essence laïque, hostile, du moins étrangère par nature à la loi du Christ.

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  • Comment le pape interprète le "tremblement de terre" qui a frappé le monde en 2020 sous la forme d'un nouveau coronavirus

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    De Vatican News (anglais) :

    Le pape François : "Nous devons sauver des vies, pas construire des armes pour les détruire".

    Un nouveau livre intitulé "Dieu et le monde à venir" sort en librairie ce mardi, dans lequel le pape François accorde une longue interview au journaliste italien Domenico Agasso (Edizione Piemme-LEV). Nous publions ici un extrait traduit de l'italien original.

    DOMENICO AGASSO

    Q : Votre Sainteté, comment interprétez-vous le "tremblement de terre" qui a frappé le monde en 2020 sous la forme d'un nouveau coronavirus ?

    "Dans la vie, il y a des moments d'obscurité. Trop souvent, nous pensons qu'ils n'arrivent qu'aux autres et pas à nous, à quelqu'un d'autre, dans un autre pays, peut-être sur un continent lointain. Au lieu de cela, nous nous sommes tous retrouvés dans le tunnel de la pandémie. La douleur et le chagrin ont franchi les portes de nos maisons, envahi nos pensées, attaqué nos rêves et nos projets. Et donc, aujourd'hui, personne ne peut se permettre de dormir tranquille. Le monde ne sera plus jamais le même. Mais c'est précisément dans cette calamité que nous devons saisir les signes qui peuvent s'avérer être les pierres angulaires de la reconstruction. Les discours ne suffisent pas à résoudre les urgences. La pandémie est un signal d'alarme sur lequel l'humanité est obligée de réfléchir. Ce temps d'épreuve peut ainsi devenir un temps de choix sages et clairvoyants pour le bien de l'humanité, de toute l'humanité."

    Q : Quelles sont les urgences que vous percevez ?

    "Nous ne pouvons plus accepter allègrement les inégalités et les perturbations de l'environnement. La voie du salut de l'humanité passe par la création d'un nouveau modèle de développement, qui se concentre incontestablement sur la coexistence entre les peuples en harmonie avec la Création. Nous devons être conscients que chaque action individuelle ne reste pas isolée, en bien ou en mal, mais a des conséquences sur les autres, car tout est lié : Tout ! En changeant les modes de vie qui poussent des millions de personnes, surtout des enfants, à la famine, nous pourrons mener une existence plus austère qui rendra possible une répartition équitable des ressources. Cela ne signifie pas qu'il faille diminuer les droits de certaines personnes pour favoriser un nivellement par le bas, mais plutôt qu'il faut garantir des droits plus nombreux et plus larges à ceux qui n'en ont actuellement aucun."

    Q : Voyez-vous des signes encourageants ?

    "Il existe déjà aujourd'hui des mouvements populaires qui tentent de promouvoir ces notions et opérations "par le bas", ainsi que certaines institutions et associations. Ils tentent de concrétiser une nouvelle façon de voir notre maison commune : non plus comme un entrepôt de ressources à exploiter, mais comme un jardin sacré à aimer et à respecter, à travers des comportements durables. Il y a aussi une prise de conscience chez les jeunes, notamment au sein des mouvements écologiques. Si nous ne retroussons pas nos manches et ne prenons pas immédiatement soin de la Terre, avec des choix personnels et politiques radicaux, avec un tournant économique "vert" en orientant les développements technologiques dans cette direction, tôt ou tard, notre maison commune nous jettera par la fenêtre. Nous ne pouvons plus perdre de temps."

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  • Dix ans déjà !

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    Cela fait dix ans que belgicatho prend journellement son tour de veille. C'est en janvier 2011 que tout a commencé. Il s'agissait alors de monter au créneau pour rétablir la vérité et apporter notre soutien quand Benoît XVI était sous le feu incessant des attaques médiatiques et quand Mgr Léonard devenu archevêque de Malines-Bruxelles pourfendait bravement le politiquement et culturellement correct. Depuis lors, la situation a évolué mais l'orientation du blog est restée la même, vigilante et critique à l'égard d'un monde et d'une Eglise malheureusement à la dérive. Depuis 2011, quotidiennement, nous rassemblons les informations publiées çà et là qui nous paraissent aptes à éclairer le jugement et nourrir la réflexion pour les livrer à nos lecteurs. Cette publication est ainsi la 21.896ème que nous leur fournissons. Plus de 800 personnes sont abonnées à la newslletter qui est livrée chaque jour dans leur boîte électronique. La moyenne des visites quotidiennes effectuées sur belgicatho est de 500 environ. C'est probablement dérisoire mais dans le contexte belge actuel ce n'est sans doute pas tout à fait insignifiant. C'est aussi gratuit : jamais un appel de fonds n'a été lancé pour soutenir une activité qui est totalement désintéressée. Nous continuerons, bien sûr, tant qu'il nous sera donné de pouvoir le faire, avec le soutien moral et spirituel de tous nos amis. 

  • La doctrine sociale de l'Église : un rempart contre les petits groupes qui tyrannisent

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    Tribune de Robert Barron sur Aleteia.org :

    La doctrine sociale de l'Église, rempart contre les petits groupes qui tyrannisent

    14/01/21

    Économie, politique, culture... La doctrine sociale de l’Église préconise que ni le contrôle de l’État ni les libertés individuelles n’outrepassent un certain cadre. Elle promeut une redistribution large et juste du pouvoir économique et politique comme un idéal vers lequel tendre au maximum.

    Un élément crucial de la doctrine sociale catholique, qui est souvent mis de côté ou mal compris, est l’hostilité à toute forme de concentration du pouvoir dans une société, que ce soit dans le domaine économique, politique ou culturel. Guidée par un sage instinct, la doctrine sociale de l’Église prône, autant que faire se peut, une répartition équilibrée du pouvoir au sein de la communauté, afin d’éviter qu’un petit groupe tyrannise la majorité ou empêche des pans entiers de la population de bénéficier des avantages qui leur sont acquis de droit.

    Ce phénomène est particulièrement observable dans la sphère économique. Si une organisation parvient à obtenir le monopole dans son secteur économique, elle peut établir ses prix de manière arbitraire, embaucher et licencier selon son bon vouloir, éliminer toute concurrence qui proposerait de meilleurs produits et/ou de plus hauts salaires pour les employés… On peut penser ici à la politique de « trust-busting » (démantèlement des monopoles) menée par Theodore Roosevelt au début du XXe siècle, et aux problématiques similaires soulevées par Google, Facebook, Amazon ainsi que d’autres géants de la tech qui exercent une domination quasi absolue dans leur domaine.

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  • Les voeux du pape à la Curie (21 décembre)

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    De zenit.org (Anita Bourdin) :

    « Ce que Dieu est en train d’accomplir » à travers la crise: voeux à la curie (texte complet)

    « Que notre fragilité ne devienne pas un obstacle à l’annonce »

    A l’occasion de l’échange traditionnel des voeux avec la curie romaine, ce lundi 21 décembre 2020, le pape François a proposé une réflexion sur la « crise », pas seulement les crises provoquées par le pandémie, mais toute crise: le pape part de l’exemple de différentes « crises » rapportées par l’Ecriture Sainte.

    Le pape François exhorte notamment à « ne pas confondre la crise et le conflit », à travailler pour que la « crise » justement ne devienne pas « conflit », à trouver dans la crise une occasion de « réforme », de « mise à jour », mais dans la « paix » et la « sérénité » des « serviteurs inutiles ».

    « Que notre fragilité ne devienne pas un obstacle à l’annonce de l’Evangile »

    Mais cela demande, avertit le pape, une grande disponibilité »: « Si nous voulons vraiment une mise à jour, nous devons avoir le courage d’une disponibilité tous azimuts. Nous devons cesser de penser à la réforme de l’Eglise comme une pièce sur un vieux vêtement, ou à la simple rédaction d’une nouvelle Constitution Apostolique. Il ne s’agit pas de “rapiécer un vêtement” car l’Eglise n’est pas un simple “vêtement” du Christ, mais elle est son corps qui embrasse toute l’histoire. Nous ne sommes pas appelés à changer ou à réformer le Corps du Christ  (…) mais nous sommes appelés à revêtir d’un vêtement nouveau ce même corps pour qu’il apparaisse clairement que la grâce que nous possédons ne vient pas de nous mais de Dieu. (…) L’Eglise est toujours un vase d’argile, précieux en raison de ce qu’il contient et non en raison de ce qu’il montre parfois de lui-même. Ces temps-ci, il semble évident que l’argile dont nous sommes faits est ébréchée, fissurée, brisée. Nous devons nous efforcer à ce que notre fragilité ne devienne pas un obstacle à l’annonce de l’Evangile, mais le lieu où se manifeste le grand amour dont Dieu, riche en miséricorde, nous a aimés et nous aime. »

    « L’oeuvre que le Seigneur est en train d’accomplir »

    Le pape a conclu en suggérants des points d’examen de conscience et en demandant à ses collaborateurs un « cadeau de Noël » spécial: « Que chacun de nous, quel que soit la place qu’il occupe dans l’Eglise, se demande s’il veut suivre Jésus avec la docilité des bergers ou avec l’autoprotection d’Hérode, le suivre dans la crise ou se défendre de lui dans le conflit. Permettez-moi de vous demander expressément, à vous tous qui êtes avec moi au service de l’Evangile, le cadeau de Noël : votre collaboration généreuse et passionnée pour l’annonce de la Bonne Nouvelle, surtout aux pauvres. Souvenons-nous que seul connaît vraiment Dieu celui qui accueille le pauvre qui vient d’en bas avec sa misère, et qui, sous cette apparence, est envoyé d’en haut ; nous ne pouvons pas voir le visage de Dieu, mais nous pouvons en faire l’expérience lorsqu’il se tourne vers nous, lorsque nous honorons le visage du prochain, de l’autre qui nous engage avec ses besoins. Que personne ne fasse volontairement obstacle à l’œuvre que le Seigneur est en train d’accomplir en ce moment, et demandons le don de l’humilité du service pour que lui grandisse et que nous nous diminuions. Meilleurs vœux à chacun de vous, à vos familles et à vos amis. Et s’il vous plait, priez sans cesse pour moi. Bon Noël ! »

    Comme cadeaux, le pape a offert deux livres à ses collaborateurs: une biographie de Charles de Foucauld, un « maître de la crise » et le livre « Olotropia », de Gabriele Maria Corini, sur « Les verbes de la familiarité chrétienne. L’humain révélé dans un moment de changement », et publié par les éditions du Vatican.

    Voici le discours du pape François dans une traduction officielle du Vatican.

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  • La doctrine sociale enseignée par François est-elle en continuité avec l'enseignement des papes précédents ?

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    De Stefano Fontana sur le site de l'Observatoire International Cardinal Van Thuan sur la Doctrine Sociale de l'Eglise:

    LES CHANGEMENTS DE FRANÇOIS DANS LA DOCTRINE SOCIALE DE L'ÉGLISE.

    Nombreux sont ceux qui se demandent s'il y a ou non une continuité entre la doctrine sociale de l'Église enseignée par le pape François et celle enseignée jusqu'à Benoît XVI. 'Laudato si' et 'Fratelli tutti' (mais aussi l'Exhortation 'Evangelii Gaudium') sont-ils conformes à 'Centesimus annus' et 'Caritas in veritate' ? La propension qui prévaut parmi les commentateurs est de penser qu'il y a une continuité, parce que personne n'aime avoir à constater que ce que les papes disaient autrefois est maintenant dit d'une manière différente ou même nié, et aussi parce que le critère de "réforme dans la continuité" suggéré par Benoît XVI en 2005 est souvent appliqué dans un sens très large. Ainsi, on fait valoir que les éventuels éléments de discontinuité relèvent du domaine pastoral et non de la doctrine, et qu'en tant que tels, ils n'engagent pas l'autorité magistrale du pape. Cette façon d'argumenter n'est cependant rien d'autre qu'une échappatoire pour contourner la question, puisque les grands changements doctrinaux se produisent aujourd'hui à des fins pastorales.

    Même si la question que je soulève est tellement vaste et nécessiterait beaucoup plus d'espace que celui d'un court article, je voudrais souligner brièvement certains éléments où il n'y a pas beaucoup de continuité. Il s'agit d'éléments de fond et de méthode.

    La Doctrine sociale de l'Église est "l'annonce du Christ dans les réalités temporelles" et "un instrument d'évangélisation". Ces deux éléments sont essentiels, mais dans les documents sociaux du Pape François, ils ne semblent pas avoir la même place qu'auparavant. Plus qu'à l'annonce du Christ, l'espace est désormais réservé à l'humanité, à la fraternité existentielle, à la catégorie des "personnes", au dialogue interculturel et interreligieux et à la collaboration avec tous.

    Deuxièmement, l'approche se rapporte à l'ordre existentiel et historique, et n'est plus même de loin, apparentée à l'ordre métaphysique. Il y a peu de références à un ordre naturel, à l'essence de l'homme, aux finalités inscrites dans la nature humaine, ou même aux concepts de nature et de super-nature. L'accent a été mis davantage sur le fait de marcher ensemble sur les chemins de la vie plutôt que de travailler dans un ordre du réel en vue de l'ordonner sur la base de la raison juste et de la vraie religion.

    Cette approche historique plus que fondée sur la nature oblige ensuite les gens à se concentrer sur ce qui est nouveau, sur le temps, sur le courage de changer, sur la prise de risques, sur la volonté d'aller de l'avant, sur le rêve, sur l'espoir au sens existentiel, sur l'exploration de nouvelles voies et sur le lancement de processus sans précédent. Cela entraîne l'émergence de propositions plutôt aventureuses qui, parfois, ne relèvent pas à la fois du contexte de la doctrine sociale de l'Église et de la tâche du Magistère pétrinien. Elles se présentent ainsi comme des opinions exprimées dans le débat public. Ce qui change, ce n'est pas seulement l'enseignement social du pape, mais aussi le rôle du pape dans l'enseignement social.

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  • Quand le pape se fait le défenseur du revenu universel

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    De François Lenglet sur le site de RTL :

    Le pape François, fervent défenseur du revenu universel

    Avec la crise de la Covid-19, l'idée du revenu universel est réapparue, prônée par le pape François lui-même.

    24/11/2020

  • Un pacte d'Assise purement horizontal, sans référence au Christ ?

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    De Riccardo Cascioli sur le site de la Nuova Busssola Quotidiana :

    Dans le "pacte d'Assise", il n'y a pas de place pour le Christ

    22-11-2020

    Les trois journées virtuelles à Assise consacrées à l'"Économie de François" se sont terminées entre de nombreux slogans et la décision d'entamer un processus qui conduirait à trouver de nouveaux outils pour surmonter les distorsions économiques et sociales dans le monde. Une perspective entièrement horizontale, réitérée également dans le message vidéo final du pape François, qui renverse la vision du développement humain intégral définie par Paul VI dans 'Populorum Progressio' et par Benoît XVI dans 'Caritas in Veritate'.

    Entre l'invitation à rêver d'un avenir heureux avec une "nouvelle" économie et les propositions de solutions déjà largement vues, les trois jours de "l'Économie de François", rencontre virtuelle à Assise voulue par le Pape François avec la participation d'environ 2 000 jeunes économistes et chercheurs de 115 pays, s'est terminée hier. Et c'est précisément le pape François qui a clôturé l'événement par un long message vidéo dans lequel il a voulu souligner ce qu'il attend de cette rencontre qui, bien sûr, "est l'impulsion initiale d'un processus" ("n'oubliez pas ce mot : lancer des processus - tracer des chemins, élargir des horizons, créer des appartenances...").

    L'avenir à construire, comme s'il y avait une feuille blanche pour le dessiner, était sans aucun doute le fil conducteur des trois jours, au cours desquels il a été considéré comme acquis que le monde actuel est à jeter, en effet il est déjà au bord du précipice ; et où la pandémie actuelle semble providentielle car elle facilitera les changements nécessaires, déjà prévus en raison de l'alarme climatique.

    "Nous avons besoin de changement, nous voulons le changement, nous cherchons le changement", a déclaré le pape en citant son discours de 2015 aux mouvements populaires. À Assise, de nombreux slogans ont fait écho - mort au PIB, pensons au bonheur, la lutte contre les inégalités, le rêve est un droit de l'homme, etc. - et diverses propositions qui reprennent celles déjà à la mode pour l'écologisme climatique : transition énergétique, économie verte, etc. "Zéro émission de carbone, zéro concentration de richesse, zéro chômage", invoque Muhammad Yunus, le "banquier des pauvres", inventeur du micro-crédit au Bangladesh. Et l'infaillible Jeffrey Sachs, économiste de carrière à l'ONU, aujourd'hui directeur de l'Institut de la Terre à l'Université de Columbia et conseiller principal du Saint-Siège, propose le modèle des démocraties sociales d'Europe du Nord, "les sociétés les plus heureuses" parce qu'"elles ont les plus faibles inégalités" : beaucoup d'impôts et de nombreux services pour tous.

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  • Quand le pape détaille sa vision "franciscaine" de l’économie

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    De Cyprien Viet sur Vatican News :

    21 novembre 2020

    Le Pape invite les jeunes à se mettre au service du bien commun

    Une intervention vidéo du Pape a été présentée ce samedi après-midi, en conclusion de l’évènement "l’Économie de François". Elle lui a donné l’occasion de détailler sa vision "franciscaine" de l’économie.

    L’évêque de Rome a appuyé son intervention sur l’exemple de saint François, que le Seigneur a «dépouillé des idoles qui l’isolaient, des perplexités qui le paralysaient» et lui donnant une mission remplie de «joie, de liberté et de don de soi».

    «François, va, répare ma maison qui, comme tu le vois, est en ruine»: c’est à partir de cet appel du Seigneur, devant le crucifix de San Damiano, que saint François s’est mis en route et a bouleversé ses plans personnels, mais aussi l’Église et la société de son temps. De même, aujourd’hui, la maison commune est en ruine, le système mondial actuel «frappe notre sœur terre, si gravement maltraitée et dépouillée, et avec elle les plus pauvres et les exclus». La pandémie de coronavirus n’a pas provoqué cette dégradation à elle seule, mais elle l’a amplifiée.

    Les jeunes qui ne veulent pas considérer cette situation comme une fatalité doivent donc investir toutes les structures de décision «avec intelligence, engagement et conviction»«Ou vous êtes impliqués, ou l’histoire vous passera dessus», a averti François avec fermeté.

    Il est indispensable de développer aujourd’hui une nouvelle culture pour un renouvellement politique, éducatif, spirituel, qui puisse «ouvrir des processus» afin de changer «les styles de vie, les modèles de production et de consommation, les structures consolidées de pouvoir qui régissent aujourd’hui la société», a expliqué François en reprenant les termes de saint Jean-Paul II dans son encyclique de 1991, Centesimus Annus. Et à la suite de Benoît XVI dans Caritas in Veritate, François a rappelé que phénomène de la faim est plus lié à des problèmes d’organisation sociale et institutionnelle qu’à de réels manques matériels, puisque la nourriture, en valeur absolue, est produite en quantité suffisante pour nourrir la population mondiale.

    Revaloriser le sens du bien commun

    Il faut aujourd’hui retrouver une «mystique du bien commun» et renoncer aux politiques qui privilégient des intérêts sectoriels. Les 12 ateliers qui avaient été organisés en préalable à cette rencontre ont ainsi été une occasion de concrétiser la «culture de la rencontre», indispensable pour donner vie à une «nouvelle mentalité culturelle, économique, politique et sociale». Cette transformation ne peut se faire à travers une perspective seulement théorique et individuelle, mais elle nécessite des «motivations intérieures qui donnent du sens»«une appartenance et un enracinement qui donnent du sens à l’action personnelle et communautaire».

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  • Un défenseur de la contraception et de la "justice reproductive" à la tribune de "l'économie de François"

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    De la Catholic News Agency (Courtney Mares) : 

    Jeffrey Sachs, conférencier sur l'économie de François, est un défenseur de la contraception et de la "justice reproductive"

    Cité du Vatican, 19 nov. 2020 / 01:50 pm MT (CNA) - Le sommet sur l'économie de François a débuté jeudi avec l'économiste Jeffrey Sachs qui servira de mentor à de jeunes "faiseurs de changement" pour créer une nouvelle économie mondiale. M. Sachs, qui a participé à de nombreux événements au Vatican ces dernières années, est un défenseur des initiatives de contrôle de la population appelant à la fourniture de moyens de contraception dans le monde en développement, et un partisan des initiatives de l'ONU qui demandent l'accès universel à l'avortement.

    "Laissez-moi vous dire que je serais ravi de travailler avec vous", a déclaré M. Sachs aux jeunes participant à son panel virtuel alors qu'ils discutaient de la manière de promouvoir le bien-être des enfants le 19 novembre.

    "Le réseau des Nations unies pour des solutions de développement durable, que je dirige ... prépare chaque année un certain nombre d'indices pour les objectifs de développement durable, pour le bonheur, en utilisant des données d'enquête. Nous avons de nombreux indices et indicateurs sur le bien-être des enfants qui peuvent être utiles ... les indicateurs nous donneront des informations réelles qui pourront être utilisées par les gouvernements et les décideurs politiques", a-t-il déclaré aux participants à la discussion en ligne intitulée "Perfectionner la joie : trois propositions pour laisser la vie s'épanouir".

    L'économie de François, parrainée par le Dicastère du Vatican pour la promotion du développement intégral, est un événement virtuel qui se déroule du 19 au 21 novembre et qui vise à former 2 000 jeunes économistes et entrepreneurs afin de "construire une économie plus juste, plus fraternelle, plus inclusive et plus durable aujourd'hui et dans le futur".

    Sachs, économiste américain, professeur de l'Ivy League et conseiller des Nations unies, a fréquemment contribué aux conférences du Vatican sur les sciences sociales ces dernières années. Il a participé à au moins six conférences du Vatican en 2019-2020, donnant des conférences sur des sujets allant de l'éducation à l'éthique.

    Il a également participé au Synode des évêques pour la région pan-amazonienne en octobre 2019, où il s'est adressé au synode "concernant le grave danger de dévastation environnementale de l'Amazonie, y compris la déforestation et les incendies de forêt massifs", a déclaré M. Sachs dans une interview accordée à l'ANC en début d'année.

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  • Quand le pape François rappelle la fraternité universelle qui relie tous les humains entre eux

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    Du Père Xavier Dijon s.J., en opinion, sur le site de la Libre Belgique:

    "Fratelli tutti" : Vous avez dit tous frères ?

    Au moment où l’Europe ne sait trop comment gérer l’arrivée des migrants sur son sol, faut-il dire que, à cause de la destination universelle des biens, "chaque pays est également celui de l’étranger" ?

    L’encyclique Fratelli tutti publiée par le pape François le 4 octobre dernier a pu susciter des réactions vives, comme d’ailleurs ses propos tout récemment révélés sur l’opportunité de la reconnaissance civile des unions homosexuelles. A propos de l’encyclique, on entend questionner çà et là. En des temps où les attentats islamistes provoquent l’effroi, faut-il que le Pape se réclame des encouragements d’une personnalité musulmane pour traiter le thème de la fraternité (cf. n° 5) ? Au moment où l’Europe ne sait trop comment gérer l’arrivée des migrants sur son sol, faut-il dire que, à cause de la destination universelle des biens, "chaque pays est également celui de l’étranger" (n° 124) ? Si le Pape dénonce toutes les raisons invoquées autrefois pour justifier la guerre (cf. n° 256), son propos n’insulte-t-il pas les soldats qui ont donné leur vie pour défendre leur pays face à l’horreur du nazisme ? Quant à la peine de mort, son rejet ferme (cf. n° 269) n’ouvre-t-il pas la porte au chantage des terroristes qui exigent la libération d’un des leurs, faute de quoi quantité d’otages seront exécutés ?

    Dans ces conditions, comment un chrétien pourra-t-il accueillir cette encyclique, surtout s’il exerce des responsabilités politiques ? Les positions défendues par ce texte du Magistère ne sont sans doute pas frappées du sceau de l’infaillibilité appelant un assentiment de foi, mais, selon le droit qui régit l’Eglise, "C’est] néanmoins une soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté qu'il faut accorder à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi ou de mœurs, même s'ils n'ont pas l'intention de la proclamer par un acte décisif" (Can. 752) ; d’où la conclusion : "les fidèles veilleront donc à éviter ce qui ne concorde pas avec cette doctrine".

    Or, pour récuser cette soumission religieuse de l’intelligence et de la volonté qui semble peu en phase avec les idéaux de la modernité, les fidèles peuvent renchérir : ce premier pape venu du tiers-monde ne connaît pas bien les façons de faire de l’Europe et – reproche suprême – il se mêle trop de politique. Mais de telles réactions ne font probablement pas assez la part des choses, de celles qu’il faut rendre à Dieu d’une part, à César d’autre part.

    L’État doit maintenir un ordre temporel juste et donc prévenir autant que possible les atteintes à la sécurité du pays, en se servant des moyens qu’il se donne : l’armée, la frontière, la répression pénale… Cet emploi de la force, caractéristique de l’activité politique, s’impose du seul fait que, même si François d’Assise, relayé par François de Rome, a dit que tous les humains sont frères (Fratelli tutti), il faut reconnaître que certains d’entre eux – ou tous ? – ne veulent pas l’être, sinon à la manière de Caïn qui tua Abel. Que faire, donc, lorsque l’autre ne veut pas – ou n’a pas voulu – être frère ? Ne faut-il pas se résoudre alors à le chasser, le combattre, le punir ? Dieu (ou le Pape) pourrait-il dire le contraire ?

    En réalité, quand le pape François rappelle la fraternité universelle qui relie tous les humains entre eux, en précisant que les chrétiens y entendent la musique de l’Évangile (n° 277), il ne prétend pas prendre la place des responsables politiques, même s’il parle – trop naïvement, ajoute-t-on – de sujets politiques tels que la guerre, la répression ou la migration. Il entend plutôt rappeler aux César de la terre qu’ils ne peuvent enclore leur regard sur la seule part de la réalité humaine qu’ils entendent ‘gérer’. Car, sur un plan plus profond que la qualification d’ennemi à vaincre, de criminel à punir ou de ‘migrant économique’ à chasser, se trouve un être humain dont la dignité mérite le respect à l’égal de tout autre être humain. C’est donc un regard qui s’engage ici, comme celui du Bon Samaritain de la parabole que le pape François met en exergue dans son texte. Alors qu’il est si tentant de passer à côté du blessé laissé à demi-mort au bord de la route, il est bon que le pasteur de l’Église universelle attire l’attention des décideurs – leur regard, précisément – sur les êtres auxquels ils ont affaire : avant de les expulser, de les condamner ou de les combattre, qu’il se rappellent qu’ils sont d’abord et avant tout leurs frères. Fratelli tutti.

  • Environnementalisme et mondialisme, les idéologies les plus dangereuses du moment (XIIe Rapport de l'Observatoire Van Thuân)

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    De Stefano Fontana sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    LE XII RAPPORT VAN THUAN

    Environnementalisme et mondialisme, les idéologies les plus dangereuses

    20-11-2020

    L'environnementalisme est une grande bulle idéologique, le mondialisme est une éthique de l'humanité avec peu de principes moraux génériques pour une religion universelle sans dogmes ni doctrines. L'Église catholique apporte également son soutien à ce projet inquiétant. Le douzième rapport de l'Observatoire du Cardinal Van Thuân est consacré à l'environnementalisme et au mondialisme, les deux idéologies les plus dangereuses du moment, qui visent à converger vers un seul niveau politique mondial.

    Selon le douzième rapport de l'Observatoire du Cardinal Van Thuân qui vient d'être publié par Cantagalli (Sienne, pp. 256, Euro 16), l'environnementalisme et le mondialisme sont les deux idéologies les plus dangereuses du moment, d'autant plus qu'elles convergent sur un seul niveau politique mondial. Jamais peut-être un rapport n'a été aussi opportun, en traitant d'une question d'actualité juste au moment où sa réalisation est à un stade avancé inquiétant. Tout le monde voit, mais tout le monde ne comprend pas : le rapport sert à documenter, informer et mobiliser la résistance.

    L'environnementalisme d'aujourd'hui est une grande bulle idéologique. Incubé pendant des décennies, il a maintenant atteint une phase d'omniprésence programmatique. L'idée de base est que l'environnement est malade et que la cause principale de la maladie est l'homme. Même la Covid, qui n'a rien à voir avec l'environnement, a été proposé comme un symptôme de la gravité du mal qui affecte la planète. Nous sommes proches de la catastrophe : le message ne vient pas seulement et pas tellement de Greta Thunberg, devant laquelle des parlements et des organismes internationaux entiers se sont prosternés, mais des agences des Nations unies, des centres de recherche alignés, des grandes fondations, des médias et des leaders d'opinion du monde entier. Nous serons confrontés à un réchauffement climatique dévastateur causé par nos émissions de dioxyde de carbone, nous serons submergés par les catastrophes climatiques et nous devrons nous familiariser avec les pandémies récurrentes. Les ressources non renouvelables s'épuisent, il est urgent de renforcer les ressources renouvelables et durables et de créer une économie verte basée sur la circularité, la durabilité, l'équilibre avec la nature et des relations humaines sobres.

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