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Islam

  • Les hérésies chrétiennes contenues dans le Coran

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    Une "petite feuille verte" publiée par Annie Laurent sur le site de l'association Clarifier :

    PFV n°95 : les hérésies chrétiennes dans le Coran (1/3)

    Les études savantes montrent cependant la nouveauté et l’originalité de l’islam naissant à cette époque – dit aussi « proto-islam » –, comme un des premiers mouvements millénaristes de l’Histoire. Inscrit dans le contexte biblique juif et chrétien de son époque, il y empruntait certes diverses interprétations marquées par les hérésies, notamment gnostiques, mais il s’est d’abord développé comme un mouvement apocalyptique. Le texte coranique, en particulier, en est toujours témoin.

    UNE MULTITUDE D’HÉRÉSIES GNOSTIQUES ET MESSIANISTES

     

    Dès le Ier siècle de l’histoire de l’Église, des hérésies sont apparues au sein des peuples christianisés du Levant.

    Certaines se référaient à la gnose (du grec gnosis = connaissance). Face à la nouveauté du salut personnel en Jésus-Christ (la « vie » que Jésus dit donner à ceux qui suivent sa « voie ») annoncé par l’Église, les mouvements gnostiques (gnosticisme) émergèrent en prétendant proposer une autre forme de salut personnel, sans le Christ mais par l’accession à un ensemble de connaissances, de sciences relatives aux mystères divins. Ils contestaient donc l’enseignement chrétien sur la personne de Jésus, son lien avec Dieu, sa mission salvifique et la destinée de l’homme.

    L’apôtre saint Jean y fait allusion dans sa deuxième épître : « C’est que beaucoup de séducteurs se sont répandus dans le monde, qui ne confessent pas Jésus-Christ venu dans la chair ; voilà bien le Séducteur, l’Antichrist » (2 Jn 7).

    « Pour les gnostiques, l’incarnation du Fils de Dieu était impossible étant donné que la matière est destinée à être détruite ; la chair ne peut donc pas être susceptible de salut », écrivait saint Irénée (né à Smyrne en 140, il mourut en 202 à Lyon, dont il était l’évêque), le premier à donner l’alerte dans son œuvre Adversus haereses (Contre les hérésies). Ce passage est cité dans le Dictionnaire d’histoire de l’Église, réalisé sous la direction de Mgr Bernard Ardura (Cerf, 2022, p. 439).

    Du gnosticisme ont émergé certains textes apocryphes (écrits cachés ou ésotériques) apparus dans l’Orient méditerranéen dès le second siècle du christianisme, tels ceux qui ont été retrouvés à Nag Hamadi (Égypte) : « évangile de Thomas », « évangile de la vérité » de Valentin, etc. Il s’agit d’écrits qui ne proviennent pas de la première communauté chrétienne, malgré leur crédibilité apparente ou les noms chrétiens de leurs auteurs présumés, et contre lesquels le Nouveau Testament met en garde (cf. Matthieu 7, 15 ; Actes 20, 29 ; Hébreux 13, 9 ; Galates 1, 6-8). Saint Irénée appelle aussi à la vigilance envers ces pseudos récits : « La vraie tradition a été manifestée dans le monde entier. Elle peut être connue en toute Église par tous ceux qui veulent voir la vérité » (cité par France Quéré, Évangiles apocryphes, Seuil, 1983, p. 10). Il revint cependant à saint Athanase d’Alexandrie (v. 296-373) de confirmer en 367 la liste des écrits orthodoxes (authentiques) qui constituaient le Canon définitif reconnu par l’Église.

    Or, comme le montre Rémi Gounelle, historien du christianisme antique, certains contenus de ces documents se retrouvent dans le Coran (cf. « Les écrits apocryphes chrétiens et le Coran », dans Histoire du Coran, dirigé par Mohammad Ali Amir-Moezzi et Guillaume Dye, Cerf, 2022, chap. XII).

    Le Livre sacré des musulmans s’inscrit par ailleurs, et même principalement, dans une perspective eschatologique imminente (annonce de la fin des temps), sans doute inspirée par les espérances apocalyptiques juives et chrétiennes qui foisonnaient à cette époque dans une grande partie de l’Orient (cf. David Hamidovic, « Les écrits apocryphes juifs et le Coran », Histoire du Coranop. cit., chap. XI ; Muriel Debié, « Les apocalypses syriaques », ibid., chap. XIII ; Frantz Grenet, « L’apocalypse iranienne », ibid., chap. XIV).

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  • Un sacristain tué et un prêtre gravement blessé dans un attentat djihadiste à Algesiras

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    De Patricia Ortega Dolz, Oscar Lopez-Fonseca et Jesus A. Canas sur le site d'El Pais :

    Un homme tue un sacristain et blesse au moins quatre autres personnes lors d'une attaque au couteau dans deux églises d'Algeciras.

    L'agresseur a été arrêté peu après l'incident. Le bureau du procureur de l'Audiencia Nacional considère qu'il s'agit d'une attaque terroriste présumée de nature islamiste.

    26 janvier 2023

    Au moins une personne a été tuée et quatre autres blessées lors de l'attaque par un homme armé d'une machette de plusieurs églises et paroisses du centre d'Algeciras (Cadix), mercredi après-midi. Selon des sources du ministère de l'Intérieur, "une personne a perpétré une attaque avec un couteau". L'homme, un Marocain de 25 ans identifié comme Yasine Kanjaa, selon des sources de l'enquête, est entré dans l'église de San Isidro, dans le centre de la ville, après 18h30 et "a commencé à discuter avec les paroissiens présents, leur disant qu'ils devaient suivre la religion islamique". Il a ensuite quitté les lieux, mais est revenu moins d'une heure plus tard, vers 19 h 20, avec "une machette et a attaqué le prêtre, lui causant de graves blessures", bien que les services médicaux aient réussi à le stabiliser et qu'on ne craigne pas pour sa vie. La Cour nationale enquête déjà sur cette affaire en tant que "terrorisme" de nature islamiste, bien que le ministère de l'Intérieur n'ait pas encore classé l'attaque comme djihadiste.

    Après cette première attaque, l'agresseur s'est ensuite rendu à l'église de La Palma, à seulement 200 mètres de la première, au moment où l'Eucharistie se terminait. Là, il a commencé à jeter des images religieuses, des crucifix et des bougies sur le sol avec sa machette, et est même monté sur l'autel de l'église. Le sacristain lui a demandé de quitter l'église, mais l'agresseur a refusé et l'a réprimandé. En quittant la sacristie, l'homme a menacé deux femmes et le prêtre lui a de nouveau demandé de partir. L'agresseur a alors commencé à le poursuivre jusqu'à ce qu'il le rattrape à la sortie de l'église, sur la Plaza Alta, dans le centre de la ville, à une centaine de mètres de l'hôtel de ville, où il l'a poignardé et frappé à la tête jusqu'à ce qu'il meure, selon des témoins oculaires. Par la suite, l'assaillant "a tenté de se cacher dans une autre chapelle voisine, où il a été réduit par des membres de la police locale", selon des sources de l'enquête. Le détenu, qui n'a pas d'antécédents judiciaires, est détenu au commissariat de la police nationale à Algeciras, une ville de 122 000 habitants.

    Les services de renseignement de la brigade provinciale et les services centraux du Commissariat général à l'information (CGI), spécialisés dans la lutte contre le terrorisme, ont pris en charge l'enquête, bien que la nature de l'attaque n'ait pas encore été déterminée, malgré le caractère islamiste des agressions. Le ministère public de l'Audiencia Nacional, pour sa part, a assumé l'affaire comme un attentat terroriste présumé, selon le ministère public. Des sources policières ont toutefois mis en garde contre la confusion qui règne dans les premiers temps. Les recherches en cours permettront de clarifier la nature des attaques, qu'il a apparemment perpétrées seul.

    À minuit, plus de vingt agents de la police nationale fouillaient une maison de la rue Ruiz Tagle, très proche de la paroisse de San Isidro, où a eu lieu le premier attentat, et de l'église de la Plaza Alta, où a eu lieu le deuxième attentat". C'est un immeuble avec des squats, selon les voisins eux-mêmes. L'un d'eux, un autre Marocain de 20 ans, a été l'un des premiers à être attaqué par Yasine Kanjaa. Selon la plainte qu'il a déposée auprès de la police, vers 19h45, il a croisé l'agresseur qui l'a réprimandé ("Tu es avec la magie !", en référence au fait d'être contre la religion musulmane), lui a donné un coup de poing au visage et a cassé ses lunettes à proximité de l'église de La Palma. À ce moment-là, selon sa plainte, Kanjaa portait déjà la machette. Trois autres personnes qui ont tenté d'empêcher ces agressions ont également été blessées.

    Le conseil municipal d'Algeciras a décrété un jour de deuil officiel pour la mort du sacristain, David Valencia, qui était bien connu et aimé au sein de la communauté chrétienne. Le prêtre, qui a été gravement blessé et se rétablit à l'hôpital, est Antonio Rodríguez.

    Le curé de l'église de La Palma, Juan José Marina, qui se trouvait ponctuellement à l'extérieur du temple au moment de l'attaque, décrit ce qui s'est passé : "Selon ce qu'on me dit, un musulman est entré et a commencé à jeter des objets de l'autel. Le sacristain a alors essayé de l'arrêter, et la première attaque au couteau a eu lieu à l'intérieur de l'église. Le pauvre homme est sorti dans la rue pour demander de l'aide, et là, il a été attaqué à nouveau, sur la place. L'assaillant venait de l'église de San Isidro et là, il avait également attaqué un salésien, également compagnon, qui était en train de donner la messe à ce moment-là". Le curé Marina a également déclaré à Cadena SER : "Il est possible que cette mort m'ait été destinée et qu'il l'ait trouvée pour lui-même".

    Le service d'urgence 112 Andalucía a reçu de nombreuses alertes de particuliers à propos de l'événement, mais le personnel médical n'a rien pu faire pour sauver la vie du sacristain. Le maire d'Algeciras, José Ignacio Landaluce, a exprimé ses condoléances, à titre personnel et au nom de la corporation municipale, pour le décès de Diego Valencia. De son côté, le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a déploré les événements via Twitter. "Je tiens à transmettre mes sincères condoléances aux proches du sacristain décédé dans le terrible attentat d'Algésiras. Je souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Tout notre soutien au travail effectué par les forces et corps de sécurité de l'État". Le président de la Junta de Andalucía, Juan Manuel Moreno, s'est également exprimé sur le réseau social : "Terrible et déchirant. Un sacristain a été assassiné et au moins un autre prêtre a été blessé dans une attaque à Algeciras. Prudence, les faits sont en cours d'investigation". Le secrétaire général de la Conférence épiscopale espagnole (CEE), Francisco César García Magán, a exprimé sa "douleur" sur Internet : "C'est avec douleur que j'ai reçu la nouvelle des événements d'Algésiras. En ces tristes moments de souffrance, nous nous associons à la douleur des familles des victimes et du diocèse de Cadix et nous prions le Dieu de la vie et de la paix pour le prompt rétablissement des blessés".

    La communauté musulmane a également envoyé une déclaration de condamnation : "Depuis la communauté islamique Al Rahmah, nous voulons rendre public notre consternation face à l'assassinat d'un religieux sur la Plaza Alta d'Algeciras et montrer notre solidarité et notre empathie avec les blessés".

    Jusqu'à présent en 2023, les forces de sécurité ont arrêté quatre djihadistes présumés. L'année dernière, 53 arrestations de personnes liées à ces groupes terroristes ont été enregistrées, dont 46 en Espagne et sept dans d'autres pays, principalement au Maroc. L'arrestation la plus importante en termes de nombre de personnes détenues a eu lieu en octobre, également dans le cadre d'une opération conjointe avec le pays du Maghreb. Ensuite, 13 personnes ont été arrêtées, dont 11 en Espagne, pour avoir endoctriné des mineurs à Melilla. Depuis 2020, 131 personnes ont été arrêtées pour djihadisme, selon les statistiques officielles du ministère de l'Intérieur.

  • Un monastère chrétien des VIe-VIIe siècles exhumé sur une île proche de Dubaï

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    De Simon Cherner sur le site du Figaro :

    Un monastère chrétien médiéval, chapitre perdu de l'histoire arabe, exhumé sur une île près de Dubaï

    Vue aérienne du monastère chrétien d'Al Sinniyah, découvert par une équipe internationale aux Émirats arabes unis. L'établissement aurait été actif du VIe au VIIIe siècle.
    Vue aérienne du monastère chrétien d'Al Sinniyah, découvert par une équipe internationale aux Émirats arabes unis. L'établissement aurait été actif du VIe au VIIIe siècle. Umm Al Quwain's Department of Tourism and Archaeology

    ARCHÉOLOGIE - Les vestiges d'une communauté d'ascètes, active du temps de la naissance de l'Islam, ont été mis au jour aux Émirats arabes unis. Ils témoignent d'une époque où un autre monothéisme faisait florès dans la péninsule.

     

    Al Sinniyah n'a rien des perles chargées de palaces et de gratte-ciels qui forment le chapelet luxueux des îles émiraties. L'îlot désertique ne fait pas de vagues le long de la côte méridionale du golfe Persique, au nord de Dubaï. Cette langue aride et ensablée ravit en revanche les archéologues des Émirats arabes unis. Ils y ont mis au jour, ces derniers mois, des vestiges pour le moins inattendus dans cette partie du monde : un monastère chrétien.

    Selon les premières datations réalisées sur les vestiges découverts sur place, le complexe religieux aurait été fondé entre la fin du VIe et le début du VIIe siècle. Cela en ferait un site qui précède de quelques dizaines d'années la naissance et la diffusion de l'Islam dans la péninsule arabique, voire qui en serait contemporain.

    Découvert dès 2021, le monastère d'Al Sinniyah a été minutieusement dégagé au cours de l'année écoulée. Le chantier a été confié aux archéologues de l'université des Émirats arabes unis, en collaboration avec l'université de New York et la mission archéologique italienne d'Umm Al Quwain. «C'est une découverte extrêmement rare», s'est réjoui dans le quotidien émirati The National , en novembre, l'archéologue britannique Tim Power, qui a participé à l'opération de fouille. «Le fait qu'il y ait eu une population arabe chrétienne en Arabie orientale a été un peu oublié, poursuit-il. Cette découverte est donc un rappel important d'un chapitre perdu de l'histoire arabe.»

    Contemporain de la conquête islamique

    Le site religieux était composé d'une église à nef unique, de cellules et d'un réfectoire. Une résidence privilégiée, une maison à cour, qui devait accueillir le responsable de la communauté a aussi été mise au jour. Des structures liées à la vie quotidienne - citernes, fours, espaces de stockage… - complétaient le tout. Parmi les éléments les plus remarquables, les chercheurs révèlent avoir identifié de possibles fonts baptismaux près de l'autel, ainsi que les vestiges de larges calices en verre sans doute d'anciennes coupes liturgiques, pour l'Eucharistie.

    Les vestiges les plus récents du site dateraient du milieu du VIIIe siècle, de la fin du Califat omeyyade, dont l'emprise s'étendait de la façade atlantique à la vallée de l'Indus. «La communauté n'a pas fait l'objet d'une conquête violente, mais a été lentement abandonnée», pointe néanmoins Tim Power, qui indique que les archéologues n'ont pas mis en évidence de traces de destruction violente du monastère. Le souvenir du site, comme des autres monastères, s'est dissipé au fil des siècles. «C'est tout un pan d'histoire cachée, en somme», résume encore Tim Power pour l'agence américaine Associated Press.

    Le monastère d'Al Sinniyah est le second établissement chrétien de ce genre découvert aux Émirats arabes unis depuis les années 1990, et le sixième autour du golfe Persique. À quelques centaines de mètres du monastère, les vestiges de deux villages ont également été fouillés par les chercheurs. Le premier avait été détruit par les Britanniques en 1820. Le second datait de l'époque préislamique. En visite sur place en novembre, la ministre émiratie de la Culture, Noura Al Kaabi, a assuré que ces différents sites feraient l'objet d'une protection patrimoniale. L'île d'Al Sinniyah n'était, au bout du compte, pas si vide que cela.

  • Que va devenir l'Arménie ?

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    D'Yves Thibaut de Maisières sur RCF :

    "L'Arménie conserve une part de l'Europe qui, ici, s'efface"

    L'Arménie, premier royaume chrétien de l'Histoire, est un pays aujourd'hui éprouvé. Une situation généralement peu abordée par les médias. La province du Haut-Karabach est coupée du monde et les villes frontalières sont bombardées. André Malaise, qui se rend régulièrement en Arménie, nous raconte comment vivent les populations imprégnées de leur culture chrétienne apostolique dans ce pays situé entre la Turquie à l'ouest et l'Azerbaïdjan à l'est.

    ©Pixabay
    ©Pixabay

    Des paysages à couper le souffle, avec ses chaînes de montagnes laissant percevoir ça et là des monastères séculaires, témoignages de cette culture tellement imprégnée de leur tradition chrétienne apostolique. Comme le dit un arménien vivant à Bruxelles :" l'Arménie est authentiquement européenne et conserve une part de l'Europe qui, ici, s'efface". Il est urgent, pour André, citoyen liégeois, de sensibiliser sur ce conflit dont on parle trop peu.

    Il y a une injustice médiatique sur ce conflit !  

    C'est cette prise de conscience qui l'a poussé à se rendre sur place au début de l'intensification du conflit en 2020. C'est là, dans la zone frontalière avec l'Azerbaïdjan à 15 km du corridor actuellement fermé et menant à la province du Haut-Karabach, dans ces villes de Vardenis, Erevan ou Hadrout, qu'il rencontre des population éprouvées mais tellement résilientes, habituées aux bombardements mais choisissant de continuer leur vie presque "normalement". 

    Un conflit qui n'est pas nouveau

    Il faut remonter loin dans l'Histoire pour se rendre compte que ce premier royaume chrétien, dont la conversion remonte au 4e siècle, est sujet à des persécutions des puissances voisines, à l'instar des pogroms et génocide commis entre la fin du XIXe et son apogée en 1915. Et dans ce conflit, il semble que les populations arméniennes soient les victimes d'une haine adverse que ces derniers ne semblent pas démontrer en retour. 

    Sensibiliser en Belgique 

    André Malaise continue aujourd'hui de parcourir la Belgique et de rencontrer la diaspora pour renforcer ses liens dans notre pays. L'occasion de rappeler ce que nous devons à cette culture orientale qui a plus que jamais besoin d'aide pour faire face à une situation dramatique pour sa population.

  • Chrétiens persécutés : 15 tués par jour; l'Islam, principal responsable

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    D'Anna Bono sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    LE RAPPORT DE PORTES OUVERTES (Open Doors)

    Chrétiens persécutés, 15 tués par jour. L'Islam, la plus grande menace

    19-01-2023

    Publication de la World Watch List 2023. Plus de 360 millions de chrétiens subissent des niveaux élevés de persécution pour leur foi. En un an, 5 621 personnes ont été tuées, 4 542 arrêtées sans procès, 5 259 enlevées. Dans l'ensemble, on constate une augmentation du niveau de persécution. L'Asie et l'Afrique sont les continents les plus dangereux. Parmi les menaces figurent en premier lieu l'islam, le communisme en Amérique latine et le fondamentalisme hindou. La pression quotidienne au travail augmente et le "modèle chinois" se répand. Maillot noir : Corée du Nord.

    Les chiffres chocs de la persécution des chrétiens en 2022

    Plus de 360 millions de chrétiens souffrent de niveaux élevés de persécution et de discrimination en raison de leur foi : un sur sept et, répartis par macro-zones géographiques, un sur cinq en Afrique, deux sur cinq en Asie, un sur 15 en Amérique latine. C'est ce qui ressort du rapport 2023 de la section américaine de Portes Ouvertes, l'association internationale engagée depuis 1955 à soutenir les chrétiens en difficulté par la prière et l'aide matérielle, qui se charge depuis 1993 de publier la World Watch List (WWL), la liste des 50 États dans lesquels les chrétiens sont le plus gravement persécutés, accompagnée d'une mise à jour de la situation mondiale, portant sur une centaine de pays.

    Globalement, les données du rapport indiquent, pour la période considérée, qui va du 1er octobre 2021 au 30 septembre 2022, une certaine amélioration. Le nombre de chrétiens tués a légèrement diminué, passant de 5 898 à 5 621, soit une moyenne de 15 par jour. Il y a également moins de chrétiens arrêtés sans jugement et emprisonnés : 4 542 contre 6 175 dans le rapport précédent. Le nombre d'églises et de bâtiments connexes attaqués ou fermés a diminué de plus de moitié : 2 110 contre 5 110 en 2021, principalement en raison de la réduction du nombre de personnes touchées en Chine, où, toutefois, plus de 20 000 églises ont été fermées, endommagées ou détruites depuis 2016. En revanche, on constate une forte augmentation du nombre de chrétiens enlevés, qui est passé de 3 829 à 5 259, dont pas moins de 5 000 dans trois pays africains : le Nigeria, le Mozambique et la République démocratique du Congo.

    Cependant, au-delà des chiffres rapportés, on constate une nouvelle augmentation du niveau de persécution dans les 100 pays suivis par rapport à la période précédente et le plus élevé depuis la publication de la liste. On estime que près de 30 000 chrétiens ont été attaqués, battus ou harcelés avec des menaces de mort en raison de leur foi, mais il y a certainement beaucoup plus de cas qui ne sont pas signalés. La partie émergée de l'iceberg est également constituée par les attaques documentées contre des habitations (4 547) et des entreprises (2 210). Dévastatrice et en constante augmentation est ensuite la pression exercée sur les chrétiens au quotidien : discrimination au travail, exclusion ou difficulté d'accès aux services de base - école et santé - menaces et intimidations, manque de secours et d'aide en cas de crises et de catastrophes, omission de protection et d'assistance par les institutions, injustice légitimée.

    Au total, 76 États ont été considérés comme présentant un niveau de persécution élevé, très élevé ou extrême (les trois niveaux de gravité identifiés par Portes Ouvertes). De plus, comme dans les WWL 2021 et 2022, le niveau élevé de persécution disparaît dans les 50 pays du WWL : dans les 11 premiers, il est classé comme extrême, dans les 39 autres comme très élevé. Le phénomène de l'Église "réfugiée" prend également de l'ampleur : de plus en plus de chrétiens fuient pour échapper à la violence et à la discrimination et retrouver le droit de pratiquer leur foi sans risque. L'Église est particulièrement touchée au Moyen-Orient, où les communautés chrétiennes, menacées et sous pression, ne cessent de diminuer. Le nombre de pays qui adoptent le modèle chinois de contrôle centralisé de la liberté religieuse est en augmentation, souligne le rapport. La Chine, classée 16e dans le WWL (" gagnant " une position), est également en train de " forger une alliance internationale pour redéfinir les droits de l'homme ". Si l'Asie est le continent où il est le plus dangereux et le plus difficile d'être chrétien, Portes Ouvertes souligne enfin qu'en Afrique subsaharienne, la violence antichrétienne a atteint une intensité sans précédent, le Nigeria se confirmant comme "l'épicentre" des décès, qui passent de 4 650 à 5 014.

    Dans WWL 2023, la Corée du Nord, où toute liberté religieuse est refusée, revient à la première place. Dans la WWL 2022, il avait été remplacé par l'Afghanistan des talibans, qui a maintenant chuté à la neuvième place. Ce n'est pas parce qu'il persécute moins les chrétiens, explique Portes Ouvertes, mais parce que de nombreux chrétiens ont été tués ou ont fui en 2021 et qu'aujourd'hui le régime, concentré sur la consolidation de son pouvoir, a cessé de rechercher les survivants, qui sont néanmoins contraints de vivre dans la clandestinité la plus totale. Huit des onze pays où la persécution est extrême sont des pays à majorité musulmane. La liste est complétée par l'Érythrée, un pays que Portes Ouvertes appelle "la Corée du Nord de l'Afrique", et l'Inde, où les chrétiens sont de plus en plus victimes de l'intolérance des fondamentalistes hindous. L'Islam, qu'il soit majoritaire ou non, est responsable de persécutions classées très haut dans 28 des 39 Etats et représente donc, et cela se confirme, de loin la plus grande menace pour les chrétiens.

    Quant aux zones géographiques, l'Asie avec 27 pays et l'Afrique avec un total de 19 sont les continents où l'intolérance, la violence et la haine religieuse sont les plus répandues. L'Amérique latine est représentée par quatre pays : Cuba, la Colombie et le Mexique ont été rejoints par le Nicaragua, où la répression gouvernementale s'est intensifiée depuis 2018. À Cuba, le régime communiste est responsable de la persécution. En Colombie et au Mexique, en revanche, ce sont les groupes criminels et les chefs ethniques qui menacent les chrétiens, qui sont persécutés ne serait-ce que pour s'être opposés à la criminalité, par exemple en incitant les jeunes à ne pas rejoindre les gangs criminels et en essayant de leur offrir des alternatives avec des possibilités d'éducation et d'emploi.

    Aucun pays européen n'est dans la WWL 2023, et ne l'a jamais été. L'espoir est que l'Europe le sache et veuille continuer à protéger ses chrétiens.

  • Des archéologues découvrent une église paléochrétienne avec des mosaïques ornementales à Jéricho

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    De Joe Bukuras sur Catholic News Agency :

    Des archéologues découvrent une église paléochrétienne avec une mosaïque ornée à Jéricho

    13 janvier 2023

    Une équipe d'archéologues israéliens a découvert une église byzantine du sixième siècle avec des sols en mosaïque très décorés. 

    L'unité d'archéologie de l'administration civile, qui supervise les sites historiques en Judée et Samarie, a annoncé mercredi que l'église a été trouvée à Jéricho, une ville palestinienne située en Cisjordanie, selon le Times of Israel.

    L'agence fait partie de la Coordination des activités gouvernementales dans les territoires du gouvernement d'Israël, qui dépend du ministère de la Défense.

    Le média rapporte que l'église fait 250 mètres carrés, ce qui en aurait fait une église relativement grande pour son époque. L'administration civile a déclaré que l'église était encore utilisée pendant la première période musulmane, selon le média.

    L'islam est arrivé dans la région au début du septième siècle, lorsque l'armée musulmane a vaincu Jérusalem en 636. Selon le média, les sols en mosaïque de l'église n'ont pas été endommagés par l'iconoclasme - la destruction d'images religieuses - même si l'islam interdit d'exposer des icônes et des images en public.

    Spectacular Byzantine church mosaics uncovered near Jericho ...

    Selon le Times, la nef de l'église est presque entièrement préservée. La nef est la partie centrale de l'église où les laïcs prient, s'agenouillent et louent pendant la liturgie. Une mosaïque élaborée de tresses de vigne et de représentations d'animaux recouvre la nef, selon le Times.

    L'administration civile a déclaré que l'église avait été construite avec des matériaux qui ne provenaient pas de la région, notamment du marbre et de la pierre noire bitumée, rapporte le journal. 

    L'administration civile a déclaré qu'il aurait été difficile de transporter ces matériaux dans la région, ce qui indique que les bâtisseurs de l'église étaient riches, selon le média.

    Une inscription grecque de trois mètres de long commémorant deux personnalités publiques qui ont contribué à la construction de l'église, Georgios et Nonus, a également été trouvée dans l'église, selon le Times.

    Le média indique que la zone où se trouvait l'église a subi un important tremblement de terre en l'an 749 qui a détruit des églises dans toute la région. L'église, cependant, était abandonnée avant le tremblement de terre, selon le média.

    L'administration civile a déclaré qu'elle "accorde une grande importance à la découverte d'antiquités" et poursuivra ses travaux archéologiques "pour continuer à découvrir le passé glorieux de la région", selon le Times.

    Les ruines de l'église seront exposées au musée du Bon Samaritain, ainsi que les mosaïques, selon le journal. Le musée est situé près de Ma'ale Adumim, en Cisjordanie.

    Le musée est dédié au partage des preuves historiques des religions juive, chrétienne et samaritaine, selon le site Web.

    Au début ou au milieu du sixième siècle, la région où l'église a été trouvée aurait été sous la gouvernance de l'empereur catholique Justinien de l'Empire byzantin.

    Joseph Bukuras est rédacteur à la Catholic News Agency. Joe est titulaire d'une licence en sciences politiques de l'Université catholique d'Amérique. Il a effectué des stages à la Chambre des représentants des États-Unis, dans le cadre d'une campagne sénatoriale, à la Chambre des représentants de l'État du Massachusetts et à la Susan B. Anthony List. Il est basé dans la région de Boston.

  • Les chrétiens d'Arménie confrontés à une crise humanitaire

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    De Jack Baghumian et Lara Setrakian sur First Things :

    Les chrétiens d'Arménie confrontés à une crise humanitaire

    9 janvier 2023

    Laissée à la maison avec des réserves de nourriture en baisse, Roza Sayadyan se bat pour savoir comment elle va nourrir ses enfants dans les jours à venir. Roza vit dans le Nagorno-Karabakh, une région d'Azerbaïdjan où vivent 120 000 chrétiens arméniens. Depuis le 12 décembre, la principale route menant à la région est bloquée par des manifestants soutenus par le gouvernement azerbaïdjanais, ce qui entrave le transit normal de nourriture, de médicaments et d'autres fournitures vitales et risque de provoquer une catastrophe humanitaire pour Roza et des milliers de familles comme la sienne.

    "Nous essayons de créer un environnement tel que les enfants ne voient pas ce qui se passe ou, du moins, ne se rendent pas compte de la gravité de la situation", nous a-t-elle dit lors d'un entretien téléphonique, tout en ajoutant qu'il était hors de question de fêter Noël (célébré le 6 janvier dans l'Église arménienne) avec un quelconque sentiment de normalité.

    Comme de nombreux Arméniens du Haut-Karabakh, une foi chrétienne profonde a contribué à renforcer Roza pendant la crise. Sa paroisse locale s'efforce de répondre aux besoins de la communauté et se réunit chaque soir pour prier à l'église. "La foi est ce qui maintient les gens ensemble", dit-elle.

    Dans la ville voisine de Martuni, le père Hovhan Hovhannisian s'efforce de prendre soin de sa communauté. La fréquentation de son église a augmenté de 40 %, les paroissiens recherchant la fraternité en ces temps difficiles. Sans accès à l'essence, les voitures ne peuvent pas circuler, et sa paroisse ressent la pénurie de nourriture. Chaque jour, il doit prendre des décisions difficiles sur la façon de distribuer le peu qu'ils ont.

    "Nous essayons d'être aux côtés des gens", a-t-il déclaré. "Les familles viennent à l'église et apportent leurs restes - un supplément de farine, de l'huile de cuisson - et l'église les distribue aux familles qui en ont le plus besoin, ce qui, bien sûr, est une décision difficile." Il prie pour qu'un pont aérien humanitaire soit mis en place pour transporter des fournitures et évacuer les personnes ayant besoin de soins médicaux.

    Pour le moment, il n'y a qu'une faible possibilité de résoudre la crise. Les États-Unis, l'Union européenne et d'autres pays ont appelé l'Azerbaïdjan à lever le blocus et à rouvrir le corridor de Lachin. Des responsables américains ont mis en garde contre une "crise humanitaire importante" si le corridor reste fermé. Le pape François a exprimé son inquiétude quant aux "conditions humanitaires précaires de la population, qui risquent encore de se détériorer pendant la saison hivernale".

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  • Pourquoi enlève-t-on des prêtres au Nigeria ?

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/NIGERIA - Mgr Gopep : "Les enlèvements de prêtres au Nigeria sont en augmentation et ont des motifs différents"

    7 janvier 2023

    Abuja (Agence Fides) - " Les enlèvements de prêtres et de religieux sont en augmentation au Nigeria ", affirme Mgr Luka Sylvester Gopep, évêque auxiliaire de Minna, dans l'État du Niger (Nigeria), qui a accordé une interview à l'Agence Fides sur la situation sécuritaire dans son pays.

    En ce qui concerne les enlèvements de prêtres et de religieux, pensez-vous que ce phénomène a augmenté au cours de l'année écoulée ? Existe-t-il une stratégie visant à cibler le clergé ou ces enlèvements sont-ils simplement l'œuvre de bandits en quête d'argent ?

    LUKA SYLVESTER GOPEP : L'enlèvement et, dans certains cas, le meurtre de prêtres et de religieux par divers groupes criminels ont rendu la situation précaire au Nigeria. Ce pourcentage est en augmentation depuis l'année dernière. Par exemple, en 2022, plus de 20 incidents d'enlèvement et de meurtre de prêtres ont été enregistrés au Nigeria. Cette situation est alarmante et appelle une action urgente de la part du gouvernement fédéral et des gouvernements des différents États.

    Ces attaques contre des prêtres et des religieux ont été perpétrées par différents groupes et pour différentes raisons. D'une part, les attaques des groupes ISWAP/Boko Haram font partie de leur programme visant à imposer l'islam et la charia à toutes les communautés du Nigeria. D'autre part, les attaques servent à éloigner les chrétiens de l'Église et à les forcer à abandonner la pratique de leur foi.

    Certains incidents d'enlèvement et de meurtre de prêtres par divers groupes de bandits dans le nord et le sud du Nigeria sont essentiellement des enlèvements à des fins d'extorsion. Nous savons que de nombreux groupes de bandits dans le nord du Nigeria enlèvent des chrétiens, des musulmans et des membres du clergé traditionnel africain. La recherche d'argent sous-tend la plupart des activités de ces groupes criminels.

    Le massacre de l'église d'Owo a été attribué à l'ISWAP (État islamique d'Afrique de l'Ouest). S'agit-il d'une opinion partagée au Nigeria ou existe-t-il d'autres hypothèses quant à l'identité des responsables du massacre ?

    GOPEP : Le dimanche de Pentecôte, 5 juin 2022, les fidèles de l'église catholique St Francis, Owo, État d'Ondo, ont été attaqués par des inconnus et plus de 40 personnes ont été tuées. Le gouvernement fédéral a annoncé que le massacre avait été perpétré par l'État islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP). Elle a ajouté qu'elle avait arrêté certaines personnes soupçonnées d'avoir pris part à cette lâche attaque.

    Certaines personnes, dont Rotimi Akeredolu, le gouverneur de l'État d'Ondo, ont estimé qu'il ne s'agissait pas de l'ISWAP. Certains pensent que c'est l'œuvre des bergers Fulani, tandis que d'autres l'attribuent à des gangs locaux qui ont pris pour cible des personnes qui se trouvaient à l'église ce dimanche fatal. En fait, les avis divergent quant à l'identité de l'auteur du massacre.

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  • Un évêque du Nigeria : le massacre d'avant-Noël fait partie d'un plan délibéré pour terrifier notre peuple

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    De Douglas Burton sur Catholic News Agency :

    Un évêque du Nigeria : le massacre d'avant-Noël fait partie d'un plan délibéré pour déchaîner le mal contre les chrétiens
     
    Nigeria
    L'évêque Yakubu Kundi du diocèse de Kafanchan, au Nigeria.

    22 décembre 2022

    Un évêque nigérian a dénoncé "un plan délibéré pour déchaîner le mal" sur les villageois chrétiens, suite aux informations selon lesquelles des dizaines de personnes ont été tuées dans une violente attaque le 18 décembre dans l'État de Kaduna.

    "La motivation de ces attaques, pour autant que nous le sachions, est qu'il s'agit d'un plan délibéré pour déchaîner le mal et terrifier notre peuple parce que nous ne professons pas la même religion ou parce que nous nous opposons à leurs activités violentes sur notre terre", a écrit l'évêque Yakubu Kundi dans un texte adressé à CNA.

    Mgr Kundi est le chef spirituel du diocèse catholique de Kafanchan, dans le sud de la province de Kaduna. L'attaque nocturne de la semaine dernière a eu lieu dans et autour de la ville de Mallagum. Selon des témoins, un groupe d'une centaine d'hommes armés, vêtus de treillis de l'armée ou de tuniques noires, est arrivé à Mallagum sur des motos et des camions. "Au début, nous avons pensé que les militaires qui roulaient dans la rue principale étaient venus en ville pour assurer la sécurité, car la rumeur d'une attaque courait depuis des jours", a déclaré Emmanuel Allau Dominic, un témoin oculaire, à CNA dans un message texte. Croyant que les secours étaient arrivés, de nombreux habitants se sont précipités vers les hommes, qui ont ouvert le feu, a-t-il dit. "Ceux qui couraient dans tous les sens pour chercher de l'aide les ont vus et ont couru vers eux, et c'était la fin de leur voyage sur terre", a déclaré Dominic. Selon les médias, 46 personnes ont été tuées dans quatre villages en trois jours.

    Des milliers d'autres habitants ont été déplacés de leurs maisons à cause de la violence. Bien que ces personnes aient reçu des fournitures d'urgence du gouvernement, comme des cubes de soupe et du riz, ces rations ne peuvent pas durer très longtemps, a déclaré le père Justin Dyikuk, un journaliste catholique de Jos qui a fait un reportage sur l'attaque.

    Bernard Biniyat, technicien médical à Mallagum, a déclaré à CNA que le raid avait été annoncé par le meurtre de quatre agriculteurs le 13 décembre par des bergers de la tribu islamique Fulani. Biniyat a déclaré qu'un agriculteur local, Cletus Dunia, a affronté les hommes pour s'opposer à leur pâturage ouvert sur sa récolte de haricots mûrs. Selon un communiqué de presse de l'Union des peuples du sud de Kaduna, Dunia et trois autres agriculteurs ont été tués à coups de hache dans des champs voisins.

    Le général Timothy Opurum, commandant de la base d'opérations avancée de Kafanchan, a déclaré à CNA que l'attaque du 18 décembre dans la région de Mallagum a été menée en représailles par des éleveurs qui pensaient que six membres de leur groupe avaient été tués ou capturés après l'incident du 13 décembre. Il y a eu de multiples cas de meurtres en représailles ces derniers mois, a-t-il ajouté.

    "Les Peuls ont appelé les téléphones portables de ces six hommes, mais aucun n'a répondu", a déclaré le général. "Ils veulent que les hommes soient libérés de leur captivité ou que les corps soient rendus".

    Opurum, qui commandait l'une des unités militaires ayant répondu à l'appel, a également démenti les allégations selon lesquelles les soldats du gouvernement auraient laissé les tueries et les incendies de maisons se poursuivre sans tirer sur les assaillants. Le général a déclaré que ses soldats ont tué ou blessé certains des attaquants, mais il pense que leurs corps ont été retirés de la zone pour frustrer les autorités.

    Le dernier raid meurtrier à Kaduna a eu lieu au lendemain d'un sommet de trois jours réunissant des dirigeants américains et africains à Washington, auquel assistait le président nigérian Muhammadu Buhari. La présence de Buhari au sommet a attiré un groupe d'une douzaine de manifestants devant l'Institut américain pour la paix le 16 décembre. À l'intérieur, Dede Laugesen, directrice exécutif de Save the Persecuted Christians, a été expulsée de l'auditorium après avoir brandi une bannière portant le message "Stop Persecuting Christians". "Le président nigérian Buhari ne devrait plus jamais partager la scène mondiale avec le président Biden et ses pairs en Afrique", a déclaré Laugesen après coup. "Buhari a permis et encouragé la violence génocidaire et la persécution religieuse à faire rage dans les États du nord et du centre du Nigeria, dans le but de voir sa propre tribu Fulani dominer les agences fédérales, les tribunaux et les services de sécurité du Nigeria", a-t-elle ajouté. 

    Mme Laugesen a également critiqué le département d'État américain pour ne pas avoir inclus le Nigeria dans sa liste des "pays particulièrement préoccupants" pour la deuxième année consécutive, malgré les raids incessants contre les chrétiens au Nigeria. "En ne désignant pas une fois de plus le Nigéria comme un pays particulièrement préoccupant en raison de sa violence religieuse généralisée et systématique - ce qui en fait le pays le plus dangereux au monde pour les chrétiens - le Département d'État américain a donné à Buhari et à ses sbires le feu vert pour poursuivre leur campagne visant à débarrasser les États du nord et du centre de leurs communautés chrétiennes par l'exil, l'extermination ou les deux", a-t-elle déclaré.

    De retour à Kaduna, les habitants de Mallagum sont trop traumatisés pour chanter des chants de Noël cette année, a déclaré Biniyat à CNA. "Les gens pleurent encore. L'ambiance est tendue", a-t-il déclaré. "Nous avions espéré que ce Noël serait meilleur", a déclaré l'évêque Kundi à CNA, "mais cette récente attaque a refroidi nos esprits, et nous essayons juste d'inspirer les gens à s'en tenir à la foi et à garder l'espoir d'une fin à cette calamité."

    Douglas Burton est un écrivain indépendant spécialisé dans le terrorisme nigérian depuis son domicile près de Washington, DC. Il a commencé à couvrir la campagne pour reprendre Mossoul à ISIS en 2015 et est passé à la couverture d'ISIS au Nigeria en 2019. Il est un ancien fonctionnaire du département d'État à Kirkuk en Irak.

  • Le Mozambique et le Nigeria en proie au djihad; des évêques préoccupés

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    D'Anna Bono sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le Mozambique et le Nigeria en proie au djihad; des évêques préoccupés

    19-12-2022

    Au Mozambique, plusieurs provinces sont infestées par Al-Shabaab et le chef de la police demande aux civils de se défendre par tous les moyens. Au Nigeria, à la violence des djihadistes s'ajoute celle des bandits ordinaires. 2 exemples d'"États défaillants". Et les évêques des deux pays se disent inquiets.

    Depuis 2017 au Mozambique, le nord est sous la menace d'un groupe djihadiste armé affilié à Isis, Ansar Al-Sunna Wa Jamma, plus connu localement sous le nom d'al-Shabaab. La province de Cabo Delgado, qui fait frontière avec la Tanzanie, est la plus touchée. En raison de l'inertie, de la corruption et même de la complicité des autorités et des forces de l'ordre, al-Shabaab, composé à l'origine de quelques centaines d'hommes, a pris une telle ampleur qu'il n'est désormais plus possible, même avec l'aide des militaires envoyés par plusieurs États africains, de l'empêcher de commettre des attentats et des attaques. Au cours de l'un des plus récents, celui de la mission combonienne de Chipele, la religieuse italienne Maria De Coppi a été tuée. Toutes les installations de la mission, y compris l'église, l'hôpital et deux écoles, ont été détruites.

    Après une première période où ils ont limité leurs actions aux villages et aux zones rurales éloignées, les djihadistes ont étendu leur champ d'action pour menacer les grands centres urbains de la région. Ce n'est que ces derniers jours que le port de Mocimboa da Praia, qui était inutilisé depuis trois ans parce que la ville de 70 000 habitants avait été attaquée à plusieurs reprises depuis 2020 et même occupée par des terroristes pendant des mois, a été rouvert. En cinq ans, le djihad a déjà tué 4 000 personnes. Les personnes déplacées dans la seule province de Cabo Delgado sont au moins 800 000, soit environ la moitié de la population. L'incapacité de l'armée et des forces de police à protéger les civils est totale. Les autorités mozambicaines l'admettent elles-mêmes en décidant de recruter les milices de défense spontanées qui se sont formées au fil des ans : en particulier les jeunes de l'ethnie Makonde, majoritairement chrétienne.

    L'acte de reddition le plus retentissant est celui du chef de la police qui, fin septembre, a demandé aux habitants des provinces mozambicaines infestées de djihadistes de se défendre par tous les moyens. Ce n'est pas le moment de s'enfuir. Il est temps de résister", a déclaré Bernardino Rafael qui a rencontré la population locale à plusieurs reprises. Lorsque les djihadistes arrivent, vous devez résister et les chasser à l'aide de couteaux, de machettes et de lances. Puis l'un d'entre vous court et demande aux forces de sécurité d'intervenir pour aider à disperser les djihadistes". En réponse, la population, les jeunes en particulier, réclament des armes pour se défendre car les adversaires disposent d'équipements modernes : explosifs, armes à feu automatiques, véhicules blindés. Les affronter avec des couteaux, des machettes et des lances, c'est aller à l'abattoir.

    Les évêques catholiques du Mozambique se disent préoccupés par le fait qu'en armant ainsi les civils, en les incitant à se défendre et en augmentant de fait la méfiance à l'égard des autorités, ils courent le risque d'une escalade du conflit. Ils protestent également depuis un certain temps que la réponse militaire n'est pas suffisante si, dans le même temps, des stratégies ne sont pas mises en œuvre pour lutter contre la pauvreté qui favorise le recrutement de jeunes islamistes par les djihadistes.

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  • Déchristianisation, islam, droits de l'homme... les réponses de Pierre Manent

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    Une video sur le site du Figaro :

    Pierre Manent était l’invité du Club Le Figaro Idées

    Le philosophe et essayiste qui vient de publier « Pascal et la proposition chrétienne » débat de la déchristianisation de la France avec Michel De Jaeghere et Jean-Marie Guénois.

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  • L'armée nigériane a mené un programme d'avortement massif sur des ex-otages de Boko Haram

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    Du site du Figaro :

    Nigeria : un programme d'avortement massif pratiqué de force sur des ex-otages de Boko Haram

    Depuis 2013, l'armée nigériane a voulu mettre fin à la grossesse de près de 10.000 femmes abusées par les rebelles islamistes, selon une enquête de l'agence Reuters publiée le 7 décembre.

    L'ampleur des révélations est glaçante. Depuis au moins 2013, l'armée nigériane a mené un programme d'avortement massif, et ce de manière totalement clandestine, dans le nord-est du pays. Selon une longue enquête de Reuters, au moins 10.000 femmes et adolescentes, pour la plupart ancienne otages de Boko Haram - milice islamiste affiliée à al-Qaida, ont subi des avortements forcés, révèle l'agence de presse américaine.

    Injections, pilules mystérieuses, pseudo-médicaments contre le paludisme... Tous les moyens ont été utilisés pour camoufler la portée de l'acte aux yeux des femmes et adolescentes, enceintes de quelques semaines à huit mois. Certaines n'avaient pas plus de 12 ans, révèlent les enquêteurs, s'appuyant sur des dizaines de témoins et des milliers d'archives et de documents médicaux.

    Les opérations se sont déroulées la plupart du temps dans des conditions rudimentaires, au sein des bases militaires ou sur le terrain. Certaines ont été battues, menacées à l'aide d'une arme ou droguées pour s'exécuter. D'autres encore ont été attachées pour se voir avaler de force des médicaments abortifs, ont témoigné plusieurs agents de sécurité. Quatre soldats ont assuré avoir vu certaines femmes mourir sur le coup, ou avoir vu leurs cadavres suite à l'injection.

    Sur les 33 femmes et filles ayant accepté de témoigner, une seule a affirmé avoir donné son consentement. «Si vous partagez cela avec quelqu'un, vous serez sérieusement battu», les menaçaient ensuite les forces nigérianes.

    Idée de prédestination

    En marge de cette planification d'avortements à grande échelle, Reuters révèle également l'existence de massacres en série d'enfants, toujours par l'armée nigériane. Une quarantaine de soldats et civils ont affirmé avoir vu l'armée nigériane tuer les enfants, ou aperçu des cadavres à la suite d'opérations militaires. Au total, plusieurs milliers d'enfants auraient été tués selon les estimations, des nouveau-nés aux adolescents.

    «Les soldats ont dit qu'ils ont tué ces enfants parce qu'ils sont des enfants de Boko Haram», a expliqué une mère qui a vu ses bébés jumeaux être assassinés sous ses yeux. L'exécution d'un tel programme d'avortement massif s'explique notamment par l'idée de la prédestination. Assez présente au nord-est du Nigeria, cette croyance voit dans les enfants des miliciens de futurs rebelles, voués à prendre les armes contre leur gouvernement. Cinq membres des forces armées ont affirmé que leurs supérieurs leur avaient présenté ce programme comme nécessaire pour détruire les insurgés avant qu'ils ne viennent au monde.

    Les enquêteurs n'ont toutefois pas réussi à identifier les personnes ou organisations à l'origine du programme déployé de manière totalement clandestine. Amnesty International a appelé les autorités nigérianes à mener «immédiatement une enquête» sur ces révélations, mais ces dernières, pour le moment, nient les conclusions de Reuters.

    Dans un communiqué publié le 2 décembre, le haut commandement de l'armée nigériane a dénoncé un «chantage» de journalistes «mercenaires». «Cette fiction est une insulte aux Nigérians et à leur culture», ont-ils avancé. Les responsables nigérians ont également argué que de tels abus n'auraient pu se dérouler au vu et au su des organisations internationales et ONG, parmi lesquelles les Nations unies, qui déploient des programmes d'aide d'urgence dans la zone.

    Depuis 13 ans, une guerre fait rage au Nigeria entre des milices armées, pour une partie islamistes et liées à Boko Haram, et l'État. Selon l'ONU, au moins 300.000 personnes y ont perdu la vie, tant par les violences que les conséquences du conflit, famine et maladies.