Je m'en souviens encore,malgré tous mes oublis,de ce monde où j'étaisavant d'avoir trahi.Tu ne me demandais rien,sinon d'accepter d'êtreet de boire à la sourcequi me donnait la vie.Au feu de ton amour,j'étais libre et heureux,vaillant et immortel,jusqu'à cette rupturequi me coupa de Toi.Comment au-je pu, Seigneur,trahir ma liberté,marchander le néantcontre l'éternité?Le jour où je le fisje le sais Tu pleuraset seul dans Tes pensées,tu me regardais vivredans l'envers du décor,dans ce décor de mortque le temps façonna.Alors, pris de chagrin,Toi le Dieu créateur,en cet homme que je suis,Tu Te fis créature.Au risque de Te perdre,mon néant Tu le pris,pour qu'un jour à nouveau,je sois ce que je fus.Jean-Pierre Snyers