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Foi

  • Le rapport du Synode présente un « changement de paradigme » toxique (Mgr Mutsaerts)

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    De Mgr Mutsaerts (évêque auxiliaire de Bois-le-Duc) sur son blog :

    Le rapport du Synode présente un « changement de paradigme » toxique.

    Le Synode des évêques a mis en place dix groupes d’étude pour le Synode sur la synodalité. Le « groupe d’étude n° 9 » se penche principalement sur la manière dont l’Église peut aborder collectivement des questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées. Le groupe d’étude n° 9 a publié son rapport final le 5 mai dernier. Dans un communiqué de presse publié le même jour, le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, a décrit le rapport du groupe d’étude n° 9 comme un document touchant « au cœur de la vie ecclésiale ». Entre-temps, le Secrétariat général du Synode prend toutefois ses distances par rapport à ce même rapport. Un porte-parole du secrétariat a souligné que « les groupes de travail ont travaillé de manière autonome » et que, par conséquent, « ces rapports ne peuvent être attribués au Secrétariat du Synode ».

    Dans les débats, de nombreux catholiques voient dans ces rapports non seulement un changement d’accent, mais la suggestion d’une modification de la doctrine elle-même, en particulier lorsqu’il est question d’un « changement de paradigme ». La politique identitaire, la révolution sexuelle après les années soixante et le vocabulaire de « l’expérience vécue » dominent aujourd’hui même les discussions ecclésiales.

    L'Église n'est pas opposée au changement. Ce à quoi elle s'est toujours opposée, c'est le culte des nouveautés simplement parce qu'elles sont nouvelles. Il existe aujourd'hui une tendance à assimiler la vérité au mouvement historique. La modernité a inconsciemment accepté l’hypothèse selon laquelle ce qui vient après est nécessairement meilleur. Mais meilleur dans quelle direction ? Chesterton a fait remarquer qu’avant de pouvoir parler de progrès, il faut d’abord savoir où l’on veut aller. Un homme qui marche dans la mauvaise direction ne progresse pas en marchant plus vite.

    C’est pourquoi nous devons nous méfier profondément de l’expression « changement de paradigme » lorsqu’elle implique que la morale chrétienne doit évoluer simplement parce que la société contemporaine a changé. Cela reviendrait en effet à renoncer à la revendication centrale du christianisme : à savoir que la vérité juge l’histoire, et n’est pas jugée par l’histoire. Et pourtant, c’est ce que suggère le rapport du Groupe d’étude 9.

    L'Église a survécu aux empires, aux philosophies et aux modes parce qu'elle était ancrée dans quelque chose qui se situe au-delà de l'histoire. Chaque époque se considérait comme éclairée. Chaque époque a fini par paraître ridicule aux yeux de celle qui lui a succédé. Le rôle de l’Église n’est pas de refléter la civilisation, mais de la remettre en question. S’il n’y a pas de continuité dans la doctrine, il y a rupture. Pourquoi une petite élite d’intellectuels contemporains aurait-elle le droit de passer outre deux mille ans de réflexion chrétienne ?

    Dans les débats ecclésiaux modernes, la pression provient souvent de cadres de pensée psychologiques contemporains, de tendances sociologiques ou d’attentes culturelles autour de l’autonomie et de l’identité. Ceux-ci contiennent certes des idées, mais ils ne sont pas neutres. La doctrine catholique sur la sexualité n’a jamais été fondée uniquement sur des conventions sociales. Elle est issue d’une vision intégrée de la création, du sacrement, de la corporéité, du sacrifice et de la téléologie. Le mariage n’est pas seulement un arrangement juridique ; c’est un symbole cosmique. L'éthique sexuelle ne consiste pas en des règles arbitraires imposées par des ecclésiastiques, mais en des conséquences découlant d'une vision de ce qu'est la personne humaine. Lorsque l'on dissocie l'éthique sexuelle de cette vision métaphysique plus large, c'est finalement la cohérence du christianisme lui-même qui se dissout. Les dogmes s'articulent entre eux comme les voûtes d'une cathédrale. Retirez une seule pierre porteuse, et l’édifice ne s’effondre pas immédiatement, mais des tensions commencent à apparaître partout.

    L'un des grands malentendus concernant l'orthodoxie est de croire que la fermeté doctrinale exclut toute compréhension de la faiblesse humaine. Or, c'est précisément parce que l'Église possède une doctrine solide sur le péché qu'elle éprouve une immense compassion pour la faiblesse humaine. L'idéologie moderne divise souvent l'humanité en oppresseurs et en victimes. Le christianisme divise l’humanité en pécheurs aimés de Dieu. L’amour exige la vérité précisément parce que les hommes ont une destinée éternelle. L’Église ne peut guérir les âmes en leur disant que la réalité morale change sous la pression des émotions ou des courants culturels. Un médecin qui adapte ses diagnostics uniquement pour rassurer ses patients cesse de guérir.

    Chaque culture a tendance à se déséquilibrer. À l’époque païenne, le christianisme défendait la chasteté. À l’époque puritaine, le christianisme défendait la fête. À l’époque matérialiste, le christianisme défendait le mysticisme. À l’époque du chaos, le christianisme défendait l’ordre. Chesterton rejetterait probablement l’idée selon laquelle l’Église doit devenir culturellement « crédible » en s’adaptant aux conceptions contemporaines de la sexualité. L’Église a toujours semblé étrange au monde. Cette étrangeté n’est pas un malheur, mais une réalité essentielle.

    Les premiers chrétiens étaient considérés comme absurdes parce qu'ils rejetaient le divorce, l'infanticide, la débauche sexuelle et la marchandisation du corps. Leur éthique ne correspondait pas aux normes romaines. Le christianisme n'a pas triomphé en s'adaptant, mais en proposant une vision radicalement différente de la dignité humaine.

    Aujourd’hui, le christianisme risque de répéter la même erreur que le protestantisme libéral aux XIXe et XXe siècles. De nombreuses communautés protestantes ont tenté de s’adapter à l’appel intellectuel de la modernité. Mais dès que le christianisme devient le simple écho religieux de l’opinion dominante, il perd son identité. Les gens le sentent et s’en détournent en masse. Une Église qui se contente de répéter le consensus culturel finit par devenir superflue.

    Examinons donc avec méfiance l’expression « changement de paradigme », telle qu’utilisée par le Groupe d’étude 9. Signifie-t-elle : un changement de ton pastoral ? une évolution dans l’application pratique ? une formulation plus profonde d’une vérité immuable ? ou une révision substantielle de la doctrine morale ? La vie intellectuelle moderne cache souvent les révolutions derrière des euphémismes. Si un dogme doit être modifié, il faut dire honnêtement qu’il est modifié. S’il n’est pas modifié, il faut expliquer clairement comment la continuité est préservée. La crédibilité de l’Église en dépend.

    Face à un rapport synodal proposant un « changement de paradigme » dans l’approche de la sexualité par l’Église, la méfiance est de mise. Si ce changement implique davantage de patience pastorale, un accompagnement plus humain, une plus grande humilité, une écoute plus attentive et une meilleure reconnaissance de la souffrance et de la complexité de la vie moderne, alors je l’accueillerais favorablement. Le christianisme sans charité devient cruauté. Mais si ce changement signifie que la vérité révélée est subordonnée aux présupposés culturels contemporains, alors je le rejette fermement. Ce ne serait pas un renouveau, mais une capitulation. L’Église ne survit pas parce qu’elle suit chaque esprit du temps, mais parce qu’elle porte une vérité qui transcende tous les temps. Comme l’a dit Chesterton : la chose la plus radicale que l’Église puisse faire, quel que soit le siècle, n’est pas de changer avec le monde, mais de rester fidèle alors que le monde autour d’elle change.

    +Rob Mutsaerts

    le 19 mai 2026

  • Quand un évêque visite une « paroisse LGBTQ »

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    Du blog de Mgr Mutsaerts, évêque auxiliaire du diocèse de Bois-Le-Duc (NL) :

    Visiter une « paroisse LGBTQ »

    J'ai récemment célébré une messe de confirmation dans une paroisse de notre diocèse. Un drapeau arc-en-ciel flottait devant l'entrée de l'église. J'ai demandé à l'un des confirmands – nous étions dehors, prêts pour la procession – ce qu'il en pensait. Il n'y a pas prêté beaucoup d'attention, mais aurait préféré voir un drapeau du PSV (club de foot). C'est le genre de paroisse qui se dit inclusive , comme cela est devenu évident après la messe, autour d'un café. « Nous sommes une église LGBTQ+, une église arc-en-ciel. »

    Je pensais commencer par une question simple : que signifie concrètement être inclusif ? Au sens le plus courant, cela signifie n’exclure personne. Une noble aspiration, difficile à rejeter. Mais dès qu’on concrétise cet idéal, dès qu’on l’applique aux croyances, à la morale et aux visions du monde, un problème se pose : on ne peut pas tout embrasser sans aussi rejeter quelque chose.

    Une Église – qu’elle se nomme « Église arc-en-ciel » ou non – n’est par définition pas un bâtiment vide, mais une maison de convictions. Elle professe quelque chose. Elle enseigne quelque chose. Elle dit implicitement, et souvent aussi explicitement : ceci est vrai, et cela ne l’est pas. Dès que l’on fait cela – j’ai l’habitude de le faire –, une frontière se crée, aussi modérée et bienveillante que soit notre attitude.

    L’« Église inclusive » prétend souvent accueillir tout le monde, quels que soient les origines, l’identité ou les convictions. Cela semble noble, presque évangélique. Mais c’est là que le paradoxe s’installe : on accueille tout le monde – à condition qu’ils partagent certaines opinions sur l’identité, la sexualité et la vérité. Quiconque remet cela en question, quiconque s’exprime sur la morale ou l’anthropologie dans une perspective catholique traditionnelle, se rend vite compte que la porte n’est pas aussi grande ouverte qu’on le promettait.

    Ce n’est pas un péché propre aux « églises arc-en-ciel ». Même la paroisse catholique la plus orthodoxe fixe des limites. Là non plus, toutes les convictions ne sont pas les bienvenues. La différence réside toutefois dans l’honnêteté avec laquelle ces limites sont reconnues. L’Église traditionnelle dit : « Voici ce que nous croyons, et si vous le contestez, nous engagerons le dialogue avec vous, mais nous n’abandonnerons pas nos convictions. » L’Église inclusive dit autre chose : « Nous n’excluons personne », alors qu’elle exclut implicitement certaines convictions.  Une ouverture d’esprit, c’est bien, mais la question est : chez qui ou dans quoi tout le monde est-il le bienvenu ? C’est comme si une association disait que tout le monde est le bienvenu chez elle, mais sans qu’on sache vraiment de quel genre d’association il s’agit. L’inclusivité sans contenu est vide de sens.

    Le cœur du problème, c’est qu’aujourd’hui, le terme « inclusif » ne signifie souvent plus « tout le monde est le bienvenu », mais plutôt « tout le monde est le bienvenu à condition d’adhérer à nos principes moraux ». Ce n’est pas de l’inclusion, mais une nouvelle forme d’orthodoxie. Quiconque n’adhère pas à cette orthodoxie est considéré comme un hérétique et exclu. C’est ce qui m’est apparu clairement lors de cette discussion autour d’un café. Si l’on remet prudemment en question leur point de vue et que l’on souhaite réellement engager une discussion – non pas pour provoquer, mais simplement pour aborder la sexualité, la nature humaine, ce que signifie être un homme ou une femme, et ce genre de sujets. J’ai été immédiatement « censuré » parce que mon point de départ ne cadrait pas avec leur « religion arc-en-ciel ». L’inclusion ne s’avère pas être une porte ouverte, mais une porte d’entrée soigneusement gardée.

    La vraie question n’est pas : ces Églises sont-elles inclusives ou exclusives ? La vraie question est : quelle vérité osent-elles reconnaître, et quelles limites osent-elles admettre honnêtement ? Car une communauté qui nie ses limites ne devient pas plus ouverte, mais plus floue, et finalement moins accueillante, précisément pour ceux qui cherchent sincèrement.

    L'homme ne peut vivre sans limites, mais il ne peut pas non plus vivre sans miséricorde. Une Église qui sait préserver ces deux aspects – qui professe la vérité tout en gardant la porte ouverte au pécheur, à celui qui doute et même à celui qui conteste – sera peut-être moins à la mode, mais d'autant plus humaine. La véritable inclusivité ne commence pas par l’abolition des limites, mais par leur reconnaissance honnête et par la volonté – malgré ces limites – d’offrir quand même une place à table à l’autre. Cette paroisse n’était pas disposée à cela, comme on l’a vu par la suite. On avait expressément demandé à un garçon de se retirer et de ne plus participer à la préparation à la confirmation. La raison ? Il trouvait le Vendredi violet tout simplement « n'importe quoi ». Je l'ai formé ailleurs une semaine plus tard. Un garçon qui a des opinions et du caractère. Cela ne cadre apparemment pas avec cette paroisse tolérante, qui n'exclut personne, inclusive, large, ouverte, accessible, hospitalière, généreuse, accueillante, ouverte d'esprit, compréhensive et ouverte d'esprit.

    +Rob Mutsaerts

    le 29 avril 2026 

  • Léon XIV déplore qu'après avoir reçu la confirmation, de nombreux jeunes « disparaissent de la paroisse ».

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    De Andrés Henriquez sur CNA :

    Léon XIV déplore qu'après avoir reçu la confirmation, de nombreux jeunes « disparaissent de la paroisse ».

    S'adressant à un groupe de jeunes gens sur le point d'être confirmés, le pape Léon XIV les a encouragés à persévérer dans la foi et a souligné que la foi se vit en communauté, et non dans l'isolement.Léon XIV déplore qu'après avoir reçu la confirmation, de nombreux jeunes « disparaissent de la paroisse ».

    Le pape Léon XIV rencontre les personnes en attente de confirmation de l'archidiocèse de Gênes (Italie) le samedi 16 mai 2026 au Vatican. | Crédit : Vatican Media
     
    19 mai 2026

    Le pape Léon XIV a déploré que, après leur confirmation, de nombreux jeunes cessent de fréquenter l'église. Il a exhorté ceux qui attendaient la confirmation à accorder une attention particulière à l'un des dons du Saint-Esprit : la persévérance.

    Le pape a rencontré samedi 16 mai les jeunes en attente de confirmation de l'archidiocèse de Gênes, en Italie. Dans un message improvisé, le Saint-Père a déclaré : « L'une des plus grandes joies d'un évêque est de célébrer les confirmations, car c'est véritablement un don du Saint-Esprit. »

    « C’est vraiment magnifique de recevoir ce sacrement, car la plénitude du Saint-Esprit nous donne cet enthousiasme, cette force, cette capacité de suivre Jésus-Christ, de toujours dire « oui » au Seigneur, de ne pas craindre de le suivre avec courage et de vivre notre foi dans un monde qui cherche si souvent à nous éloigner de Jésus », leur a-t-il dit.

    Après avoir rappelé l’importance de la solennité de la Pentecôte — qui sera célébrée le dimanche 24 mai —, le pape a déploré une triste réalité : « Parfois, lorsque l’évêque administre la confirmation, le don du Saint-Esprit, les enfants disparaissent à jamais ! Ils quittent la paroisse. »

    « N’oubliez pas ce que vous avez vécu durant cette période, notamment la joie d’être venus à Rome pour célébrer et prier ensemble. Que cette joie demeure dans vos cœurs tandis que vous continuez d’être de fidèles disciples de Jésus-Christ », a exhorté le pape Léon XIV.

    Il a également invité les jeunes à « persévérer dans la foi, à revenir à la paroisse — il y a tant d’activités, tant d’opportunités — mais surtout dans la vie de foi, car Jésus-Christ veut marcher avec vous, avec chacun d’entre vous et avec vous tous en communauté, ce qui est si important. »

    « Nous ne vivons pas notre foi seuls ; nous la vivons ensemble. Et tisser ces liens d’amitié et de communauté est une manière de vivre avec persévérance en disciples de Jésus », a-t-il ajouté.

    Enfin, il a invité ceux qui allaient être confirmés à faire une promesse au Seigneur : « que vous désiriez sincèrement continuer à être ses amis, ses disciples et ses missionnaires, et que vous désiriez persévérer dans la foi. Sur ces mots, je vous laisse », a-t-il conclu.

  • Saint Bernardin de Sienne (20 mai)

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    D'Evangile au Quotidien :

    Bernardino Albizeschi naît le 8 septembre 1380, jour de la Nativité de Marie, à Massa Maritima, près de Sienne (en Toscane, Italie). Tout jeune, il fut privé, de ses nobles et pieux parents ; mais il trouva dans une de ses tantes une véritable mère. Voyant un jour cette femme refuser de donner à un pauvre, il lui dit : « Pour l'amour de Dieu, donnez à ce pauvre ; autrement je ne prendrai rien aujourd'hui. »

    Sa pureté était si grande, que le moindre mot inconvenant l'affligeait profondément : « Silence, disaient les étudiants quand ils le voyaient apparaître au milieu de leurs conversations trop libres, silence, voici Bernardin ! »

    À dix-sept ans, il entra dans une confrérie de garde-malades, et soigna pendant quatre ans, dans un hôpital, avec un dévouement et une douceur rares, toutes les infirmités humaines. Se traitant lui-même avec la dernière dureté, il ne songeait qu'aux besoins des autres ; il parut surtout héroïque dans une peste affreuse, où il s'imposa mille fatigues et brava mille fois la mort.

    En 1402 l'inspiration du Ciel le conduisit dans l'Ordre des Frères Mineurs où il commença très tôt sa mission de prédicateur à travers toute l’Italie ; il la poursuivra jusqu'à la fin de sa vie malgré une santé fragile. Grâce à la bonté de sa Mère céleste, sa voix, faible et presque éteinte, devint inopinément claire et sonore ; Bernardin fut un apôtre aussi brillant par son éloquence que par sa science, et opéra en Italie de merveilleux fruits de salut.

    Le principal caractère de la vie de ce grand saint, c'est son amour extraordinaire pour la très Sainte Vierge. Faisant un jour l'éloge de la Sainte Vierge, il lui appliqua cette parole de l'Apocalypse : « Un grand signe est apparu au Ciel. » Au même instant, une étoile brillante parut au-dessus de sa tête. Une autre fois, parlant en italien, il fut parfaitement compris par des auditeurs grecs qui ne connaissaient que leur langue maternelle.

    Un jour, un pauvre lépreux lui demanda l'aumône ; Bernardin, qui ne portait jamais d'argent, lui donna ses souliers ; mais à peine le malheureux les eut-il chaussés, qu'il se senti soulagé et vit disparaître toute trace de lèpre.

    Bernardin, allant prêcher, devait traverser une rivière et ne pouvait obtenir le passage de la part d'un batelier cupide auquel il n'avait rien à donner. Confiant en Dieu il étendit son manteau sur les eaux, et, montant sur ce frêle esquif, passa la rivière.

    C'est à Bernardin de Sienne que remonte la dévotion au saint Nom de Jésus : il ne pouvait prononcer ce nom sans éprouver des transports extraordinaires.

    Il invitait les édiles à inscrire le nom de Jésus sur les murs des édifices, au moins les 3 lettres « IHS » (I : esus – H : umani – S : alvator » = Jésus sauveur des hommes). Il prêchait en montrant aux foules un panneau portant le monogramme du Christ « IHS » peint en lettres (gothiques) d’or dans un soleil symbolique. En effet sa prédication était centrée sur le nom de Jésus dont il recommandait la dévotion. (source : http://ecole-franciscaine-de-paris.fr)

    Il a été aussi un des apôtres les plus zélés du culte de saint Joseph.

    II est mort à Aquila au cours d'une dernière course apostolique le 20 mai 1444. Moins d'un an après sa mort, le procès de canonisation fut ouvert et aboutit en 1450.

    Bernardino (Albizeschi) de Sienne, en effet, fut canonisé le 24 mai 1450, par le pape Nicolas V (Tomaso Parentucelli, 1447-1455), soit à peine 6 ans après sa mort.

    Lire : Les prodigieux sermons de Bernardin de Sienne

  • La situation des chrétiens en Inde est particulièrement préoccupante

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    La situation des chrétiens en Inde est préoccupante en raison d’une augmentation marquée des violences, des discriminations et des pressions sociétales, particulièrement depuis l’arrivée au pouvoir du BJP (parti nationaliste hindou) en 2014 sous Narendra Modi. Bien que l’Inde soit constitutionnellement un État laïque garantissant la liberté religieuse, la réalité sur le terrain montre une dégradation significative, documentée par de multiples organisations indépendantes.

    Augmentation spectaculaire des violences

    Les chiffres rapportés par des organismes comme l’Evangelical Fellowship of India (EFI), le United Christian Forum (UCF) et Open Doors montrent une tendance claire :

    • Environ 640 incidents vérifiés en 2024 (sur 840 signalés), contre 147 en 2014 — soit une multiplication par plus de 4.
    • Près de 900 incidents en 2025, avec une moyenne de plus de deux attaques par jour dans certaines périodes. Les violences incluent des agressions physiques, des destructions d’églises ou de maisons, des perturbations de cultes, des boycotts sociaux, des humiliations publiques et parfois des meurtres ou viols.

    Les chrétiens (environ 2,3 % de la population selon le recensement de 2011, soit autour de 28-30 millions) sont une petite minorité, mais font face à un niveau de violence élevé, surtout les convertis issus de l’hindouisme ou des communautés tribales/Dalits. L’Inde figure régulièrement dans le haut du World Watch List d’Open Doors (11e ou 12e place ces dernières années), avec un score de violence proche du maximum.

    Causes principales : l’idéologie Hindutva

    Le nationalisme hindou (Hindutva), promu par des organisations comme le RSS, le Bajrang Dal et le BJP, vise à faire de l’Inde une nation exclusivement hindoue (« Hindu Rashtra »). Les chrétiens (comme les musulmans) sont perçus comme des « étrangers » ou des traîtres dont la loyauté irait à l’Occident ou à une identité non indienne.

    • Accusations de conversions forcées : Toute activité chrétienne (services, charité, éducation, soins) est souvent présentée comme une tentative de conversion par « allèchement » ou fraude. Cela justifie des violences de foule (mob violence) organisées.
    • Impunité fréquente : Les auteurs sont rarement poursuivis ; la police et les autorités locales (dans les États gouvernés par le BJP) sont parfois accusées de partialité ou d’inaction. Les victimes peuvent même être arrêtées sous des prétextes fallacieux.

    Lois anti-conversion

    Plus d’une douzaine d’États ont adopté des lois contre les « conversions forcées ». Elles exigent souvent une autorisation préalable, imposent des peines sévères et sont appliquées de manière discriminatoire contre les chrétiens. Elles ont souvent augmenté les tensions et les fausses accusations plutôt que de protéger la liberté religieuse.

    Exemples notables

    • Manipur (2023-2025) : Violences ethniques et religieuses contre les tribus Kuki majoritairement chrétiennes → centaines de morts, plus de 200 églises détruites, dizaines de milliers de déplacés.
    • Attaques récurrentes pendant Noël, des services dominicaux, ou contre des pasteurs.
    • Pressions sur les convertis pour qu’ils « reviennent » à l’hindouisme (Ghar Wapsi).

    Nuances importantes

    • Tous les hindous ne soutiennent pas cette violence ; beaucoup vivent en paix avec leurs voisins chrétiens (surtout dans le Sud comme au Kerala).
    • Les chrétiens indiens sont anciens (remontant à Saint Thomas selon la tradition, et présence portugaise/britannique), contribuent fortement à l’éducation et la santé, et ne représentent pas une menace démographique (leur part est stable ou en légère baisse relative).
    • La situation varie fortement selon les États : pire dans ceux gouvernés par le BJP (Uttar Pradesh, Chhattisgarh, etc.).

    En résumé, la situation est particulièrement préoccupante car elle combine violence physique récurrente, pression sociétale organisée, instrumentalisation politique et affaiblissement progressif des protections légales, dans un pays qui se veut la « plus grande démocratie du monde ». Des rapports d’USCIRF (États-Unis) et d’autres observateurs internationaux soulignent cette tendance systématique liée à la montée de l’extrémisme hindou. Les chrétiens indiens demandent souvent simplement l’application effective de la Constitution et la fin de l’impunité. (IA)

    (source) Il est difficile d'ignorer les récits de persécution religieuse contre les catholiques en Inde.

    Nombreux sont ceux qui œuvrent auprès des catholiques en Inde et qui doivent s'exprimer avec prudence, voire hésitation. La crainte de représailles est bien réelle : elle détermine ce qui peut être dit publiquement et ce qui doit rester tu. Mais la constance de leurs préoccupations, toutes régions et tous ministères confondus, qu'ils soient laïcs ou clercs, révèle une réalité qu'il est de plus en plus difficile d'ignorer : la situation des catholiques en Inde se détériore.

    Pour ceux qui suivent l'actualité, leur situation devient de plus en plus urgente de semaine en semaine .

    Cette inquiétude est exacerbée par une mesure actuellement en cours au Parlement indien.

    En mars, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à modifier la loi sur la réglementation des contributions étrangères (FCRA), qui encadre la réception de fonds étrangers par les organisations non gouvernementales. La FCRA a déjà été utilisée pour restreindre les activités des organisations caritatives chrétiennes. L'amendement proposé irait plus loin, en autorisant le gouvernement à prendre le contrôle des actifs des organisations qui perdent leur admissibilité à recevoir des fonds étrangers.

    Cette autorité ne se limiterait pas aux restrictions financières. Elle s'étendrait à la gestion et, potentiellement, à la réaffectation des infrastructures matérielles construites et entretenues par les communautés religieuses. Pour les diocèses catholiques et les ordres religieux, les conséquences sont immédiates.

    Nombre d'entre elles dépendent, au moins en partie, du soutien international, notamment des dons des États-Unis, pour financer des écoles, des hôpitaux, des orphelinats et des dispensaires au service de populations souvent privées d'un soutien étatique fiable. Si l'accès à ce soutien leur est retiré et si les biens liés à ces activités peuvent alors être transférés sous contrôle étatique, il ne s'agit pas simplement de difficultés financières. Il y a risque de perte d'indépendance institutionnelle et, dans certains cas, de détournement effectif des ressources destinées à la mission caritative de l'Église.

    Il ne s'agit pas d'une préoccupation abstraite. Pour les communautés qui en dépendent, souvent parce que l'État ne propose aucun service comparable, les conséquences seraient immédiates et désastreuses. Et le temps presse.

    Le projet de loi devrait progresser dans les prochains mois. Une fois adopté, ses effets seront probablement difficiles à inverser. Dans ce contexte, un rétrécissement progressif de l'espace dans lequel les chrétiens peuvent agir en Inde est déjà en cours.

    La violence demeure une réalité. Des églises ont été vandalisées, des membres du clergé harcelés et des fidèles perturbés. Dans plusieurs États, les lois « anti-conversion » ont été appliquées de manière à dépasser largement le simple cadre de la prévention de la coercition. En pratique, elles ont servi à enquêter, à détenir et à dissuader les manifestations ordinaires de la foi chrétienne. L’effet cumulatif n’est pas seulement la punition d’individus, mais aussi la création d’un climat où toute activité religieuse comporte des risques juridiques croissants.

    Malgré ces développements, l'Inde n'a pas été désignée comme pays particulièrement préoccupant au titre de la loi sur la liberté religieuse internationale. La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale a recommandé cette désignation à plusieurs reprises, invoquant des violations « systématiques, continues et flagrantes ». Mais le Département d'État a refusé d'agir.

  • La formule gagnante d'un pèlerinage français en pleine expansion

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La formule gagnante d'un pèlerinage français en pleine expansion

    Le pèlerinage au sanctuaire Sainte-Anne-d'Auray en Bretagne allie évangélisation, liturgie traditionnelle et patrimoine culturel pour attirer les nouvelles générations à la foi.

    En 2024, des pèlerins se rendront au sanctuaire Sainte-Anne en Bretagne via le Feiz e Breizh.
    Des pèlerins se rendent au sanctuaire Sainte-Anne en Bretagne en empruntant le Feiz e Breizh en 2024. (Photo : Courtoisie du Feiz e Breizh)

    Un pèlerinage en pleine expansion dans l'ouest de la France montre comment un nouveau mouvement catholique peut être fondé avec succès en se concentrant sur la mission, la tradition et le patrimoine. 

    Le pèlerinage Feiz e Breizh , qui signifie « Foi en Bretagne », a débuté en 2017, à l’initiative de quatre amis laïcs catholiques et avec le soutien de leur ordinaire local, l’évêque Raymond Centène de Vannes. 

    « Ils souhaitaient créer un événement unique qui rassemble les gens autour de l'essentiel : leur foi », explique Korantin Denis, l'actuel directeur du pèlerinage. « Leur objectif était donc de créer un pèlerinage familial ouvert à tous. »

    Le voyage de deux jours, couvrant 30 à 40 miles à la fin du mois de septembre, se termine au célèbre sanctuaire de Sainte-Anne-d'Auray, où la grand-mère de Jésus est apparue à Yvon Nicolazic au XVIIe siècle — la seule apparition de sainte Anne, patronne de la Bretagne, enregistrée et approuvée par l'Église. 

    « Le pèlerinage renforce la communauté et tisse des liens entre hommes et femmes partageant les mêmes racines », a déclaré Denis lors de la conférence traditionaliste Pax Liturgica au Vatican en octobre dernier. « Il s’agit du renoncement évangélique aux plaisirs de la vie. Nous privilégions l’amitié et le sacrifice, en nous dépouillant du superflu pour nous concentrer sur l’essentiel. » 

    Bien que moins important que des événements majeurs comme le pèlerinage de Chartres, qui attire environ 20 000 participants à la Pentecôte, Feiz e Breizh a connu une croissance rapide. Ouvert à tous, il a vu sa fréquentation passer de 120 pèlerins lors de sa première édition à environ 2 200 en 2025, ce qui en fait l'un des plus importants pèlerinages catholiques de Bretagne.

    Denis attribue cette croissance à un esprit de sacrifice partagé et à un effort collectif. « Cela conduit à la vertu de compassion, à la souffrance partagée avec autrui, qui se mue en une véritable charité fraternelle et en une miséricorde sincère », explique-t-il. « En définitive, le pèlerinage est un cheminement vers un but noble et transcendant. Durant ces deux jours, nous nous efforçons d'obtenir les grâces dont notre pays a besoin – des grâces pour notre société, nos familles et nous-mêmes – car la première vertu que nous recherchons par la prière est de préserver la foi. »

    Famille Feiz et Breizh
    Des familles avec de jeunes enfants participent. (Photo : Courtoisie de Feiz e Breizh)

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  • Un catholicisme en déconstruction

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    De Paul Vaute sur Le Passé belge :

    Un catholicisme en déconstruction

    Sa minorisation dans notre société a conduit de nombre d’organismes et de personnalités à s’engager dans la voie du pluralisme ou à chercher des ajustements avec les idéologies dominantes, quitte à se distancier du magistère ecclésial. Mais il y eut aussi, même si elles peinaient à se faire entendre, des voix pour prôner la résistance (1945-)

       D’un rapport d’activités publié en 2023 par l’Eglise de Belgique, il ressort que la moitié de nos compatriotes se déclarent catholiques [1]. Dans les années 1970, selon l’European Value Study, ils représentaient pas loin de trois quarts de la population (72 %). Le même rapport estime à près de 9 % la proportion des Belges qui se rendent au moins une fois par mois à une célébration religieuse. Les sociologues Liliane Voyé et Karel Dobbelare en avaient dénombré moins de la moitié en 2012: seulement 4 % [2].

       Paradoxalement, cette bérézina n’affecte pas ou très peu les principales composantes du pilier catholique – syndicale, mutualiste, scolaire, universitaire… Les chiffres ne peuvent toutefois masquer que le rapport de ces structures à la foi fait l’objet d’interrogations et qu’un pluralisme de fait s’est imposé en leur sein. Même parmi bon nombre de fidèles pratiquants, la prise de distance à l’égard des enseignements du magistère ecclésial, surtout quand ils vont à rebours des idéologies dominantes, a été établie par maintes enquêtes d’opinion. On a pu forger à leur propos le concept de « catholaïques » . C’est principalement à l’étude de ces transformations du paysage religieux que s’est consacrée Cécile Vanderpelen-Diagre, professeur d’histoire contemporaine à l’Université libre de Bruxelles [3].

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  • Message du vicaire général du diocèse de Gap-Embrun à l’occasion de la messe de départ de Monseigneur André Léonard

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    Messe de départ de Monseigneur André Léonard

    Message du père Jean-Michel Bardet, vicaire général du diocèse de Gap-Embrun, à l’occasion de la messe de départ de Monseigneur André Léonard, évêque émérite de Namur et archevêque émérite de Malines Bruxelles – Savines-le-Lac – Samedi 16 mai 2026.

    Monseigneur,
    En 2015, lorsque vous répondiez positivement à l’invitation de l’évêque de Gap d’alors – Mgr Jean-Michel di Falco Leandri – de venir résider dans le département des Hautes Alpes, vous aspiriez sans doute à un temps de retraite paisible, et mérité.

    C’était peu vous connaitre que de penser que pour vous la retraite consisterait à profiter du soleil et de l’air sec des Alpes du Sud. De fait, durant plus de 10 ans, votre présence parmi nous aura été l’occasion de manifester votre âme de Pasteur auprès des pèlerins de Notre Dame du Laus, des paroissiens du Savinois, et sans doute bien d’autres personnes.

    En effet, au sanctuaire tout d’abord vous avez participé au ministère des Chapelains avec zèle et passion pour le Christ, au service de la Grâce du Laus où la tendresse de Marie se fait proche. Les prêtres du diocèse se souviennent sans aucun doute de la retraite que vous leurs aviez prêchée ; et les pèlerins auront pu savourer au long de ces années votre très beau charisme de prédicateur.

    Puis vous avez accepté de partager votre temps en prenant pied au bord du lac, à Savines, pour apporter votre soutien à la Pastorale de ce secteur paroissial. D’archevêque, vous deveniez « vicaire paroissial », ce que vous aimiez souligner avec humour et humilité, ajoutant votre prénom à ceux de trois autres confrères, les pères André Bernardi et André Foy. (Je me demande parfois pourquoi nous n’avons pas donné comme St Patron à la nouvelle paroisse du savinois : St André !)

    A 80 ans, vous avez – comme l’on dit à la capitainerie – « réduit la voilure », en vous recentrant sur ce ministère paroissial, et sans aucun doute sur vos lectures érudites des ouvrages de votre bibliothèque, apportant aux paroissiens votre connaissance des Mystères de la Foi, et les renforçant dans leur vie spirituelle. (Je parle volontiers à cet instant en tant que curé de Briançon : merci encore pour la récollection que vous nous aviez prêché en introduction à la Semaine Sainte, et merci pour ces temps de partages simples et heureux avec les confrères au presbytère à cette occasion)

    Comme pour tout un chacun, il y a habituellement deux temps de retraite : le premier est actif – autant que nos forces physiques nous le permettent ; le second est plus contemplatif, et c’est sans doute cette nouvelle période qui s’ouvre aujourd’hui pour vous, avec ce retour vers votre Belgique natale.

    Avant d’entrer dans l’Eucharistie, je voulais très simplement, au nom des fidèles du Diocèse de Gap-Embrun et de notre Evêque, vous remercier pour la place que vous avez tenue parmi nous avec générosité et passion. Que le Seigneur puisse toujours vous soutenir, ainsi que Veerle votre soutien fidèle et précieux, dans cette profonde confiance en la présence du Seigneur « tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».

    Père Jean-Michel Bardet, vicaire général

  • On fête aujourd’hui saint Yves

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    saint-yves.jpgExtrait d’une notice de Hervé Marie Catta :

    « Yves Hélori de Kermartin est né au Minihy de Tréguier en 1253, sous le règne de Saint Louis. Il est mort là, à deux kilomètres de Tréguier , le 19 mai 1303. Ses parents, petits nobles bretons comme il y en avait tant, l'envoyèrent faire ses études à l'Université de Paris, d'abord en lettres, puis en droit. (…).

    C'est l'époque où l'Eglise, par son droit appelé " canonique " - les " canons " sont les règles de droit - influe beaucoup sur le droit et la procédure en adoucissant les coutumes d'origines barbares et féodales. Aussi beaucoup de plaideurs préfèrent s'adresser à ses tribunaux. Il faut donc de nouveaux juges bien instruits dans le nouveau droit et Yves Hélori est appelé par l'Archidiacre de Rennes, un assistant de l'Evêque alors, à tenir les fonctions de Juge d'Eglise autrement dit " Official ".

    (…) Yves accepte à Tréguier d'être ordonné prêtre et on lui confie la paroisse de Tredrez, plus tard celle de Louannec. Yves a été un modèle de prêtre avant d'être un modèle d'avocat et de juge. Ce qu'on sait, par le procès de canonisation, ce sont les transformations et conversions qu'il opérait par ses sermons , ses visites et ses entretiens avec les personnes. Il lui est arrivé de prêcher cinq fois le même jour à des endroits différents : Tredrez, Saint Michel en Grève, Trédarzec et Pleumeur. Ce qui veut dire qu'on aimait venir de partout entendre ce saint prêtre humble et dont la piété faisait aimer la piété. Il ne ménageait pas sa peine pour aller dire l'espérance de Dieu aux pauvres gens de la campagne bretonne. Il faisait tout le chemin à pied, jamais à cheval.(…).

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  • Léon oui, Benoît non : l'université La Sapienza face à deux papes

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Léon oui, Benoît non : l'université La Sapienza face à deux papes

    Par rapport à la visite pastorale de Léon XIV à l'université romaine, le discours « manqué » de Benoît XVI posait des exigences précises au monde universitaire en abordant le nœud de la relation entre raison, foi et vérité. Relire les deux textes aide à comprendre pourquoi l'accueil a été réservé à l'actuel Souverain Pontife et refusé à son prédécesseur.

    16_05_2026

    Jeudi 14 mai, le pape Léon XIV s’est rendu à l’université La Sapienza de Rome où il a prononcé un discours devant les étudiants. Le 17 janvier 2008, le pape Benoît XVI aurait dû se rendre à l’université romaine, mais il en a été empêché. Le texte du discours jamais prononcé a ensuite été rendu public. La Bussola a déjà rendu compte de cette visite, en exposant également les points principaux du discours du pape et en soulignant la différence entre la contestation de 2008 et l’accueil de 2026. Il peut peut-être être utile de comparer le contenu des deux discours pour comprendre si quelque chose a changé non seulement dans le contexte, mais aussi dans le « texte ».

    Il convient tout d’abord de noter que Benoît XVI, comme prévu, aurait dû inaugurer l’année universitaire. Pour Léon XIV, en revanche, il a été clairement établi dès le départ qu’il ne s’agirait que d’une visite pastorale. La différence est importante. Le pasteur accompagne, mais n’entre pas dans les détails des missions d’une université, n’intervient pas sur le champ du savoir, ne se confronte pas aux disciplines. En d’autres termes, il ne prononce pas de discours « scientifique », ou épistémique, pour ainsi dire. Et en effet, Léon s’est surtout adressé aux étudiants, il a présenté l’université comme un lieu de croissance et de maturation personnelle, il a décrit les efforts et les récompenses liés aux études, il a également souligné que de nombreux jeunes étudiants sont aujourd’hui en difficulté, en mentionnant certains domaines d’engagement social au service des autres.   

    Alors qu'il devait inaugurer l'année universitaire, Benoît XVI ne s'est pas contenté de cela, mais a donné une véritable « conférence », à l'image de celle qu'il avait prononcée à Ratisbonne en 2006, même s'il n'avait jamais enseigné à la Sapienza, contrairement à ce qui avait été le cas en Bavière. Il n’a pas pu faire référence à ses propres expériences personnelles, mais il s’est néanmoins senti tenu de parler du savoir, de sa structure, et de la place qu’y occupent la théologie et la foi. Tant à Ratisbonne qu’à La Sapienza, Benoît XVI s’était adressé à des « collègues », il s’était tourné vers une « communauté universitaire », se plaçant sur le même plan scientifique qu’eux, tant dans le contenu que dans le langage.

    Il convient de souligner ces aspects car, dans le cas de Benoît, la question des exigences épistémiques – c'est-à-dire celles liées à la connaissance en tant que « science » – de la foi chrétienne et de la théologie avait été soulevée, alors que dans le discours de Léon, ce thème n'a été qu'effleuré. Benoît était convaincu que ce n'est que si la révélation chrétienne comportait en soi un appel à la raison scientifique qu'il y aurait pour elle une place structurelle à l'université. À l’inverse, elle se serait réduite à une position personnelle de quelques professeurs, mais on ne lui aurait pas reconnu de rôle propre dans l’univers du savoir. Sa présence à l’université n’aurait été qu’accidentelle. Ce n’est que si la foi en la révélation pose à la raison scientifique des exigences qui lui sont propres, elles aussi scientifiques à leur manière, ce n’est que si elle interpelle la raison sur le plan spécifique de la vérité comprise au sens analogique, ce n’est que si elle exprime en elle-même une manière véridique qui lui est propre de comprendre la vérité de la raison elle-même… ce n’est qu’alors qu’elle aurait été « chez elle » à l’université.

    Dans le discours de Benoît XVI à l’université La Sapienza, on retrouve l’appel de la foi chrétienne pour que la raison ne devienne pas une raison positiviste : « il existe un risque que la philosophie, ne se sentant plus à la hauteur de sa véritable mission, dégénère en positivisme ». C’est à partir de Socrate – écrivait-il – qu’est apparue la séparation de la raison et de la religion mythique pour parvenir au vrai Dieu ; au cours de ce cheminement, la raison a rencontré les exigences de la foi chrétienne. Cette dernière aide la raison à ne pas perdre confiance en ses propres possibilités. Une conception erronée de la « laïcité » du savoir [la laïcité épistémique, pourrait-on dire], selon laquelle celui-ci se construirait de lui-même uniquement « sur la base du cercle de ses arguments », entraînerait sa fragmentation. La foi s’engage à sauver non pas n’importe quelle raison, mais la vraie raison, en la défendant contre les fausses, et elle possède en elle-même les critères pour le faire, c’est-à-dire sa propre épistémologie implicite.

    Benoît XVI s’était montré exigeant en posant certaines conditions à l’université, à partir de la foi et de sa prétention non seulement d’accompagner pastoralement la communauté universitaire, mais aussi de contribuer à fonder le statut même du savoir que l’on recherche et enseigne à l’université. Dans le discours du pape Léon, on ne trouve que quelques éléments dans ce sens, celui-ci ayant choisi de prononcer un discours pastoral et non scientifique. Il a invité les jeunes à œuvrer pour la paix, à protéger l’environnement, à ne pas céder au consumérisme, à cultiver en leur conscience le sens de la justice, et s’est dit satisfait de la collaboration entre l’université et le diocèse de Rome pour ouvrir un couloir humanitaire afin d’acheminer l’aide à Gaza.

    Cette différence d’approche, enfin, peut aussi expliquer l’accueil différent réservé aux deux pontifes. Benoît remettait en question une certaine université, Léon beaucoup moins.

  • Léon XIV : Combien de temps dure une transition ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Combien de temps dure une transition ?

    18 mai 2026

    Le schisme lefebvrien potentiel est la première crise majeure à laquelle Léon XIV a dû faire face depuis son élection au pontificat. Le souverain pontife, dont la mission était de résoudre les conflits au sein de l’Église, se retrouve confronté à un groupe très combatif de prêtres et d’évêques qui ont décidé, pour préserver leur hiérarchie vieillissante, d’ordonner de nouveaux évêques sans mandat papal.

    Cette semaine, la situation s’est rapprochée du schisme.

    Dans une déclaration, le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, a réitéré que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, dite des Lefebvristes, encourrait l’excommunication latae sententiae si elle décidait, comme annoncé précédemment, de procéder à l’ordination de plusieurs nouveaux évêques.

    Cette déclaration n’était pas seulement un acte nécessaire, mais un acte qui a clairement marqué un point de non-retour. Elle a également mis en évidence à quel point la transition vers le pontificat de Léon XIV est encore loin d’être achevée.

    D’une part, ce genre de manœuvres de la part de la FSSPX n’a rien de nouveau sous le soleil. Les lefebvristes avaient agi de la même manière en 1988, lorsqu’ils s’étaient exposés à l’excommunication latae sententiae après avoir ordonné quatre évêques sans mandat papal, et cette situation n’a pas été résolue pendant vingt ans, jusqu’à ce que Benoît XVI décide de révoquer l’excommunication dans l’espoir de jeter les bases d’un dialogue et d’une unité renouvelée au sein de l’Église.

    La Fraternité prend cette décision à un moment où le mouvement traditionaliste au sein de l’Église semble particulièrement fort. Les images des derniers pèlerinages Paris-Chartres sont sous les yeux de tous, tandis que la forte augmentation des baptêmes d’adultes (pour la plupart traditionalistes) en France a conduit l’archidiocèse de Paris lui-même à se pencher sur la question dans le cadre d’un conseil régional ad hoc de la région Île-de-France.

    La Fraternité se trouve toutefois dans une situation différente de celle de 1988. Au-delà des sympathies personnelles diverses, la FSSPX ne dispose pas d’une figure charismatique comme Mgr Lefebvre, qui jouissait pourtant d’une réputation de missionnaire de grand talent et pouvait compter sur de solides alliances, même au sein du Vatican.

    C’est Lefebvre qui a forcé la main, alors même que le Saint-Siège tentait à tout prix d’éviter l’ordination et, par conséquent, l’excommunication latae sententiae. Et immédiatement après le schisme, le Saint-Siège a créé la Commission Ecclesia Dei, supprimée par la suite par le pape François, ainsi que la Fraternité Saint-Pierre, qui est la réponse du Vatican au mouvement traditionaliste : on peut rester dans l’Église tout en célébrant selon l’ancien rite.

    Entre autres, la Fraternité a reçu un soutien significatif de la part du pape François lors d’une audience qui a suivi la lettre apostolique Traditionis Custodes qui a de fait abrogé la libéralisation des célébrations selon le vetus ordo.

    En bref, l’annonce de la FSSPX intervient à une époque très différente de celle où le premier schisme a été défini, et certainement avec un soutien au sein de l’Église qui, d’une certaine manière, a été intégré.

    L’annonce du cardinal Fernandez, accompagnée d’un communiqué officiel, a donc des allures de déclaration de guerre non sollicitée. Fernandez avait déjà rencontré le supérieur de la Fraternité, le père Davide Pagliarani, et le communiqué du Dicastère sur cette rencontre expliquait clairement que si les lefebvristes allaient de l’avant avec les ordinations, ils s’exposeraient à l’excommunication.

    De leur côté, les lefebvristes ont joué un jeu subtil. Ils ont demandé miséricorde, faisant ainsi appel à l’un des piliers du pontificat du pape François et tirant parti d’une attitude positive ancrée dans la conviction que le droit canonique ne devrait jamais être punitif. Ils ont toutefois souligné que leur décision répondait à une crise plus large.

    Et, enfin, ils ont lancé un appel en faveur de la vraie foi. De plus, le père Davide Pagliarani a accordé une longue interview, au cours de laquelle il a réitéré leurs positions tout en se montrant assez raisonnable et désireux de rencontrer Léon XIV.

    Léon XIV décida de ne pas intervenir personnellement dans cette affaire. En réalité, cependant, le cardinal Fernández profita de la confiance qui lui était accordée pour déclencher avec force une guerre, presque comme pour laisser entendre que personne ne devrait s’étonner si un schisme venait à se produire.

    Dans quelle mesure la décision de Fernandez est-elle cohérente avec le pontificat de Léon XIV ? Dans quelle mesure cette déclaration relève-t-elle de son initiative personnelle, et dans quelle mesure n’en relève-t-elle pas ? Et pourquoi une déclaration maintenant ?

    Alors que ce débat faisait rage, Léon XIV se rendit à La Sapienza, la plus ancienne université d’Europe, fondée par un pape. Léon se rendait à l’université où Benoît XVI avait refusé de se rendre, suite aux appels et aux critiques des professeurs à son encontre.

    Le texte du discours de Léon XIV est intéressant. Ce n’est pas un discours confessionnel, mais il replace Dieu au centre du mystère, souligne que la culture est aussi une forme de charité et appelle les jeunes à surmonter les polarisations idéologiques. Mais c’est aussi un texte qui semble ignorer l’éléphant dans la pièce : cette même université avait rejeté la venue de Benoît XVI.

    Une évocation de cette visite manquée n’aurait pas été dans le style de Léon XIV. Pourtant, le discours semble manquer de mordant, ressemblant davantage à un discours scolastique qu’à un discours prophétique. Il y avait une référence à Augustin, mais la place centrale d’Augustin, présente dans d’autres discours papaux, faisait défaut.

    La question qui reste en suspens est la suivante : quand la transition entre le pontificat de François et celui de Léon XIV sera-t-elle achevée ? Quand tous les rédacteurs fantômes auront-ils été remplacés par des personnes plus en phase avec la personnalité du pape ? Quand les préfets des dicastères perdront-ils cette importance qui les pousse à faire des déclarations officielles même lorsqu’il n’y a probablement pas lieu de le faire ?

    Léon XIV est engagé dans une longue transition. Cinq chefs de dicastères sont en train de changer, d’autres partiront au cours de l’année prochaine, mais dans d’autres cas, Léon XIV attendra simplement leur départ à la retraite ou la fin de leur mandat. C’est une manière d’éviter les crises internes et de développer le discernement, en permettant aux personnes qui mettront en œuvre les décisions papales de mûrir.

    Au cours des deux ou trois prochaines années, cependant, nous nous retrouverons face à un pontificat à plusieurs vitesses. D’un côté, le pape, avec ses décisions personnelles, ses discours manuscrits et sa volonté d’absorber les conflits de l’Église. De l’autre, les collaborateurs du pontificat précédent, qui ont besoin de montrer au monde qu’ils n’avaient pas tort auparavant et qui, de toute façon, ne peuvent pas pleinement comprendre le nouveau pape.

    Léon XIV risque ainsi d’être freiné par sa propre ouverture d’esprit et sa confiance dans la génération actuelle de dirigeants de la Curie.

    Alors que le pape est confronté à la première crise majeure de son pontificat, nous verrons si sa confiance est bien placée.

  • L'Occident peut-il survivre sans le christianisme ?

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    De kath.net/news :

    « L'Occident peut-il survivre sans le christianisme ? »

    « On peut répondre à cette question en un mot. Car l'Occident est… » Par le cardinal Gerhard Müller

    16 mai 2026

    Rome (kath.net) On peut répondre à cette question en un mot : non. Car l’Occident n’est rien d’autre que la communauté culturelle des tribus et des nations germaniques et slaves, issues de l’héritage de l’Empire romain d’Occident et unies dans la foi en Christ, le Fils de Dieu et Sauveur universel de l’humanité. Ainsi, l’Europe est le christianisme dans sa synthèse avec la métaphysique grecque et la volonté d’ordre romaine selon le principe de justice, c’est-à-dire la volonté de donner à chacun ce qui lui revient – suum cuique (Ulpianus) – ou, pour le formuler en termes théologiques, la dignité inviolable de chaque être humain en tant qu’image et ressemblance de Dieu. En dehors de cette définition, l’Europe perd son âme qui lui donne sa forme et devient un corps sans vie qui, tel un territoire sans maître, tombe entre les mains du premier voisin le plus puissant venu.

    Seuls ceux qui méconnaissent la situation dramatique et de plus en plus grave du monde d'aujourd'hui peuvent refuser de voir cette réalité. Le pape François a souvent déclaré que nous nous trouvions déjà, en quelque sorte, dans une troisième guerre mondiale par étapes. Il suffit de penser, dans un contexte mondial, aux guerres civiles, à l’effondrement de l’ordre juridique dans de nombreux États, à l’État de surveillance digne de l’imaginaire orwellien visé par Bruxelles (Digital Services Act, effacement bureaucratique des identités nationales), à la migration de millions de personnes qui ne peuvent plus être intégrées en Europe mais établissent des sociétés islamiques concurrentes, la faim et la pauvreté qui touchent la moitié de l’humanité, le terrorisme mondial opéré par des bandes criminelles et des États voyous ainsi que le crime organisé, l’instabilité politique dans les démocraties classiques, qui tombent entre les mains d’élites mondialistes avec leur projet d’un monde unique totalement contrôlé par elles, un « Meilleur des mondes » à la Aldous Huxley (1922).

    Même au sein de notre civilisation avancée, dont nous sommes si fiers en Europe centrale, la crise de la modernité et du postmodernisme saute aux yeux de quiconque sait voir. La dissolution du lien social dans le mariage et la famille, ainsi que de l’identité personnelle avec ce qu’on appelle le changement de sexe, la déchristianisation délibérée de l’Europe, autrefois jacobine et aujourd’hui néo-marxiste et « woke » de gauche, la perte d’une idée fédératrice du but et du sens de l’existence humaine dans le post-humanisme et le transhumanisme, l’insistance sur une autodétermination égocentrique sans l’intégration organique de l’ego individuel et collectif dans le bien commun de la famille, de la ville, de la nation et de la communauté des peuples sont autant de signes avant-coureurs apocalyptiques.

    Seule la prétention à la supériorité occidentale est encore vivante. Notre sécularisme et notre matérialisme doivent-ils, comme à l’époque du colonialisme, être imposés comme remède à l’Orient et au Sud prétendument arriérés, avec pour devise : « Aide au développement uniquement à condition de légaliser le mariage homosexuel et l’avortement, l’euthanasie et le suicide assisté – et tout cela dans le but d’une réduction drastique de la population au nom de la protection du climat et de la raréfaction des ressources matérielles » ?

    Si le monde occidental veut imposer son éloignement de Dieu et son relativisme moral à toutes les autres cultures, il ne fait que faire le jeu des extrémistes politiques et idéologiques. On ne peut pas les vaincre par la seule force militaire et économique. Les réactions violentes, de l’Afghanistan à l’Irak et à la Syrie, et aujourd’hui en Iran avec son régime terroriste, sont finalement la preuve qu’il ne peut y avoir de paix dans les cœurs ni de paix sur terre sans un accord sur le sens et le but supérieurs de l’existence humaine, c’est-à-dire au-delà du matérialisme et de l’impérialisme.

    Beaucoup ne voient qu’en surface la lutte pour les matières premières et le pouvoir. Ce qui est déterminant, cependant, c’est la lutte pour l’âme de l’homme. Ce n’est que si nous redécouvrons dans notre cœur et notre conscience que nous descendons tous d’un Père céleste et que nous sommes donc frères et sœurs les uns des autres qu’il pourra y avoir une coexistence prospère.

    Dans son célèbre discours de Ratisbonne (12 septembre 2006), le pape Benoît XVI a déclaré textuellement : « Dans le monde occidental, l’opinion selon laquelle seules la raison positiviste et les formes de philosophie qui lui sont associées seraient universelles prévaut largement. Mais pour les cultures profondément religieuses du monde » – parmi lesquelles il inclut l’islam religieux, mais non politique, ce que certains avaient omis de noter – « c’est précisément l’exclusion du divin de l’universalité de la raison qui est considérée comme une atteinte à leurs convictions les plus intimes. Une raison qui est sourde au divin et qui relègue la religion au rang des sous-cultures est incapable de dialogue... Pour la philosophie, et d’une autre manière pour la théologie, l’écoute des grandes expériences et des grandes intuitions des traditions religieuses de l’humanité, mais surtout de la foi chrétienne, est une source de connaissance dont le refus constituerait un rétrécissement inadmissible de notre écoute et de notre réponse... Le courage d’élargir la raison, et non le rejet de sa grandeur – tel est le programme avec lequel une théologie attachée à la foi biblique entre dans le débat contemporain. « Agir sans raison, sans le Logos, est contraire à la nature de Dieu », a déclaré Manuel II à son interlocuteur persan, en se référant à sa conception chrétienne de Dieu.  « C’est dans ce grand logos, dans cette vastitude de la raison, que nous invitons nos interlocuteurs à participer au dialogue des cultures. Se retrouver sans cesse soi-même, telle est la grande mission de l’université. »

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