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Foi

  • Pape Léon XIV : Le patrimoine musical de l'Église doit être préservé

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    D'Ismaël Adibuah sur EWTN News :

    Pape Léon XIV : Le patrimoine musical de l'Église doit être préservé

    L'audience générale du pape, le 19 août, était consacrée au rôle de la musique sacrée dans la liturgie.

    19 août 2026

    CITÉ DU VATICAN — Le pape Léon XIV a souligné l'importance de la musique sacrée dans la liturgie, appelant à préserver le patrimoine musical de l'Église tout en favorisant une saine inculturation des traditions locales.

    « C’est pourquoi le compositeur de musique sacrée est appelé à connaître et à préserver le patrimoine musical de l’Église, lui permettant d’inspirer de nouvelles compositions au service de la liturgie, tout en respectant les sensibilités contemporaines et les différentes traditions culturelles », a déclaré Léon XIV.

    Dans son discours prononcé lors de son audience générale au Vatican le 19 août, le pontife a poursuivi sa catéchèse sur la constitution du concile Vatican II sur la liturgie, Sacrosanctum Concilium .

    Cette audience générale était la troisième du mois à se tenir à l'intérieur de la basilique Saint-Pierre en raison des fortes températures estivales à Rome.

    La musique sacrée — partie intégrante de la liturgie

    Léon XIV a évoqué l'importance accordée par le Concile Vatican II au rôle de la musique sacrée dans la liturgie.

    « Le document stipule que “la tradition musicale de l’Église universelle est un trésor d’une valeur inestimable, plus grande encore que celle de tout autre art” », a expliqué Léon XIV.

    Il a également expliqué que la musique sacrée favorise à la fois la prière et la communion entre les fidèles.

    « La musique fait partie intégrante de l’action liturgique et n’est pas un simple élément décoratif de la célébration », a déclaré Léon XIV. « Elle exprime notamment la dimension affective de la prière, comme le dit saint Augustin : “Cantare amantis est”, c’est-à-dire “le chant appartient à ceux qui aiment”. »

    « Le chant favorise aussi la communion. Il contribue à l’unité des cœurs, surmonte les différences entre les personnes et rassemble tout le monde dans la louange de Dieu à travers la symphonie des voix », a-t-il ajouté.

    Tradition, inculturation et participation active

    Le pape a ensuite expliqué que, la musique sacrée étant si importante, la liturgie devait être célébrée avec dignité, au son d'une musique à la fois noble et simple. Il a également souligné le rôle du chant grégorien et de l'orgue pour nourrir la ferveur durant la liturgie.

    « Le Concile accorde donc une grande importance au chant grégorien, sans pour autant exclure les autres genres de musique sacrée de la célébration. Une attention particulière est également portée à l’orgue, tandis que l’utilisation d’autres instruments est permise « à condition que ces instruments soient adaptés, ou puissent être adaptés, à un usage sacré, qu’ils soient en accord avec la dignité du temple et qu’ils contribuent véritablement à l’édification des fidèles », a déclaré Léon XIV.

    Léon XIV a également abordé la question de l'inculturation dans la musique religieuse afin d'y intégrer diverses cultures.

    « L’inculturation, notamment dans le domaine de la musique sacrée, est un thème central de la réforme du Concile. S’agissant des traditions musicales des différentes cultures, le Concile souligne l’importance de les prendre sérieusement en considération, car elles font partie intégrante de la vie religieuse et sociale des peuples. »

    Le pape a également encouragé les fidèles à participer aux chants de la messe afin de refléter les mystères sacrés célébrés.

    « La Constitution Sacrosanctum Concilium accorde une attention particulière au thème de la participation active des fidèles », a déclaré Léon XIV. « Quant à la manière concrète d’y parvenir grâce au rôle spécifique de la musique sacrée, la Constitution apporte une réponse claire : “le peuple doit être encouragé à participer par les acclamations, les répons, les psaumes, les antiennes et les chants” et “le silence respectueux” doit être favorisé. »

  • Le Pape en France; derrière les chiffres, une attente nombreuse et « indéchiffrable » de Léon XIV

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    De Marie-Lucile Kubacki sur Fides.org :

    Léon XIV à Paris : le Stade de France déjà complet!

    LE PAPE EN FRANCE - Derrière les chiffres. Attente nombreuse et « indéchiffrable » de Léon XIV

    19 août 2026
     

    Les places disponibles ont été prises d’assaut. Les 80 000 billets pour la veillée au Stade de France ont été attribués en moins d’une heure, et plus de 200 000 personnes se sont inscrites dès les premières heures d’ouverture des inscriptions pour la messe.

    Cet engouement a suscité de nombreux commentaires dans la presse confessionnelle et généraliste. Comme si c’était Beyoncé » : pourquoi les jeunes catholiques attendent Léon XIV comme une superstar », titre le Parisien. «Un très beau signe pour l’Église de France » commente l’Évêque de Saint-Denis, Mgr Étienne Guillet, pour Fides.

    Il y a là un paradoxe très français. Les chiffres, si on les observe correctement, reflètent la complexité de cette France sécularisée mais où l’Église catholique est encore capable de faire se déplacer des foules.

    Des chiffres à prendre avec précaution

    Seuls 1,8 % de la population générale en France assiste à la messe chaque semaine (selon un sondage Ipsos de 2017), et 5% de manière régulière.” Parmi les personnes baptisées catholiques en France, seuls 6 % se déclarent croyants et pratiquants. En 2021, la proportion de personnes déclarant croire en Dieu est passée sous la barre des 50 % en France. (Sondage Ifop pour Ajir 2022.) Moins d'un quart des jeunes Français de cette tranche d'âge se déclare catholique. Parmi eux, plus d'un tiers ne prie jamais (Rapport de l'Institut Catholique de Paris et de la St Mary's University de Twickenham « Europe’s Young Adults and Religion », Stephen Bullivant, 2018). 28 % des personnes baptisées se considèrent désormais « non catholiques », et 40 % n'envisagent pas de faire baptiser leurs enfants, contre 25 % en 2012 (Enquête Ifop pour la revue Mission « Les Français et le catholicisme », 2022).

    Un effondrement auquel on pourrait ajouter celui des vocations qui fait dire à l'historien Guillaume Cuchet qu'il ne s'agit plus tant d'abandons individuels que de désengagements de deuxième ou troisième génération, scellant la rupture de la transmission familiale de la foi (Comment notre monde a cessé d'être chrétien. Anatomie d'un effondrement, Éditions du Seuil, 2018).

    En même temps, près d’un Français sur deux, soit plus de 32 millions de personnes, « se sentent liés au catholicisme » (enquête d’opinion Viavoice pour l’Observatoire de la laïcité, 2019). 57 % de la population continue à cultiver des pratiques dévotionnelles hors cadre institutionnel, comme allumer des cierges dans les églises, 44 % fréquentent les sanctuaires ou lieux de pèlerinages, 39 % prient Dieu, la Vierge ou les saints, 23 % laissent des intentions de prières dans les cahiers à cet effet (enquête Ifop de 2022.) En outre, depuis le printemps 2021, face à la chute continue des baptêmes d'enfants depuis plusieurs décennies, on observe une hausse inattendue des demandes de baptême chez les jeunes adultes.

    La réalité qui « échappe aux radars »

    Ce détour par les statistiques permet de tirer plusieurs conclusions riches d’enseignements pour la mission.
    Le premier est que catholicisme français passe d'un modèle culturel dominant à une réalité morcelée en petites communautés, un « archipel catholique» selon les mots du sociologue Yann Raison du Cleuziou récemment paru dans la revue Études. Cet observateur des mutations du catholicisme français déclarait dans une interview : «Une religiosité populaire se maintient et passe sous les radars, car elle n’entre pas dans les catégories habituelles pour décrire le catholicisme dans les sondages.» Il ajoutait : «On peut observer dans les paroisses un retour des dévotions considérées comme populaires dans les années 1960, surtout le culte des saints, de la Vierge Marie ou du Sacré Cœur» et précisait que ce mouvement était porté par deux tendances indépendantes l’une de l’autre: la montée en puissance des catholiques observants en raison de la minorisation du catholicisme, de sensibilité religieuse plus traditionnelle, et le renouvellement de la base populaire du catholicisme par les flux migratoires. «Les catholiques venus d’outre-mer ou d’Afrique, ou même de l’Europe centrale ou méditerranéenne, expliquait-il, redonnent une vie à des dévotions qui tombaient en désuétude. » (La Vie, 2024)

    Un autre phénomène qui a été largement analysé par Guillaume Cuchet est la montée des «SBNR», les «spiritual but not religious» (spirituels mais non religieux). Des individus qui ne se reconnaissent pas ou plus dans le cadre institutionnel des religions traditionnelles (églises, dogmes, rites communautaires), et qui, dans une part significative de la nouvelle génération conservent ou développent une quête, des convictions ou des pratiques spirituelles personnelles, à la carte, et qui peuvent reprendre des “éléments” de matrice chrétienne. Cela se retrouve dans des productions populaires comme Avatar qui mêle élements de chamanisme et thèmes bibliques. « Cette montée des « nones » introduit une formidable inconnue dans notre histoire religieuse et philosophique, écrit Cuchet. On peut, à grands traits, distinguer parmi eux trois profils dominants : 1. Les « secular nones » ou « nones » séculiers qui sont, généralement, athées ou agnostiques, et qui sont en nombre croissant ; 2. Les « liminal » ou « transitional nones » qui sont en transit ou en transition entre deux affiliations, et pour qui la position n’est que temporaire ; 3. Les « religious » ou « spiritual nones », qui sont croyants, mais qui ne se rattachent pas à un credo ou à une institution religieuse particulière. » Et de conclure : « Selon que l’une ou l’autre sous-espèce dominera demain, on risque d’avoir des mondes spirituels très différents. » (“La montée des sans religion en Occident, Études, 2019.)

    Les sirènes identitaires et néo-idéalistes

    Voilà pourquoi les concepts de “minorité” et de “déchristianisation” sont à manier avec précaution, sans quoi ils se révèlent des arbres qui cachent la forêt et biaisent la perspective missionnaire. Comme l’analyse Yann Raison du Cleuziou dans article à propos des nouveaux baptisés adultes, l'attachement aux rites de passage, aux fêtes, aux calvaires ou au patrimoine bâti (comme les églises de village, sans compter l’incendie de Notre-Dame de Paris de 2019 qui a soulevé une vague d’émotion nationale) traduit un attachement à la mémoire collective et à l'histoire locale et une quête de transcendance et de lien social (« de commun ») face à l'individualisme et à l'instabilité du présent. Parfois, cependant, cet attachement revêt une dimension « identitaire », lorsque le patrimoine est politisé pour définir une essence nationale irréversible et désigner des « ennemis ». Une tentation présente dans la mesure où une partie des catholiques pratiquants est travaillée par le sentiment de déclin ou de minorisation du catholicisme.

    Cependant, tant la question «identitaire » que le « purisme spirituel » (qui voudrait isoler la foi de toute culture) sont les deux faces d'un même processus de sécularisation, analyse le chercheur. « Les catholiques qui opposent le seul Évangile aux héritages historiques chrétiens ne céderaient-ils pas au « monophysisme historique » dénoncé par le Pape François dans sa lettre sur l’histoire ? interroge-t-il. Une spiritualité qui exalte tant la singularité de l’incarnation christique qu’elle finit par la désincarner en un idéal inaccessible, « angélique », et sans autre issue temporelle possible qu’une forme de prophétisme devant lequel la société est toujours fautive. Ce purisme abandonne le politique aux réalistes autoproclamés et peut favoriser la marginalisation de l’Évangile, vu comme un idéalisme élitiste. »

    Et de conclure : «Un certain cynisme identitaire est peut-être l’envers d’un purisme spirituel. Deux formes radicalement contraires mais paradoxalement solidaires dans leur opposition entre foi et culture. Le fantasme de la pureté culturelle et celui de la pureté spirituelle partagent la même hantise du mélange et donc de l’histoire.»

    Ce qui place le rapport entre foi, religion et culture au centre du défi missionnaire. «Sans travail de fond sur cet impensé, affirme Raison du Cleuziou, les protestations spirituelles resteront sans prise réelle sur les tendances qu’elles doivent combattre. »

    Les analyses, les imprévus et les espérances du cœur

    La foule qui viendra acclamer le Pape sera le fruit de cette histoire du catholicisme français, marqué dans sa forme récente par les paradoxes de la sécularisation. Une situation à la fois très complexe et très simple dans la mesure où les enfants de « la fille aînée de l’Église » comme l’appelait Jean Paul II, attendent aujourd’hui comme hier, une parole qui suscite en eux le désir de faire de leur vie quelque chose de grand » et les amènent à regarder vers l’horizon. (Agence Fides 19/8/2026)

  • Saint Bernard de Clairvaux, le dernier des Pères de l'Eglise (20 août)

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    ScanSaint-bernard.jpgLe mercredi 21 octobre 2009, lors de l'audience générale, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à saint Bernard :

    Chers frères et sœurs,

    Aujourd'hui je voudrais parler de saint Bernard de Clairvaux, appelé le dernier des Pères de l'Eglise, car au XII siècle, il a encore une fois souligné et rendue présente la grande théologie des pères. Nous ne connaissons pas en détail les années de son enfance; nous savons cependant qu'il naquit en 1090 à Fontaines en France, dans une famille nombreuse et assez aisée. Dans son adolescence, il se consacra à l'étude de ce que l'on appelle les arts libéraux - en particulier de la grammaire, de la rhétorique et de la dialectique - à l'école des chanoines de l'église de Saint-Vorles, à Châtillon-sur-Seine et il mûrit lentement la décision d'entrer dans la vie religieuse. Vers vingt ans, il entra àCîteaux, une fondation monastique nouvelle, plus souple par rapport aux anciens et vénérables monastères de l'époque et, dans le même temps, plus rigoureuse dans la pratique des conseils évangéliques. Quelques années plus tard, en 1115, Bernard fut envoyé par saint Etienne Harding, troisième abbé de Cîteaux, pour fonder le monastère de Clairvaux. C'est là que le jeune abbé (il n'avait que vingt-cinq ans) put affiner sa propre conception de la vie monastique, et s'engager à la traduire dans la pratique. En regardant la discipline des autres monastères, Bernard rappela avec fermeté la nécessité d'une vie sobre et mesurée, à table comme dans l'habillement et dans les édifices monastiques, recommandant de soutenir et de prendre soin des pauvres. Entre temps, la communauté de Clairvaux devenait toujours plus nombreuse et multipliait ses fondations.

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  • Les écrits de saint Bernard, un guide vers le ciel

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    D'Antonio Tarallo sur la NBQ :

    Les écrits de saint Bernard, un guide vers le ciel

    Auteur de nombreux ouvrages, saint Bernard de Clairvaux est considéré comme le théologien le plus important du XIIe siècle. Dans ses écrits, chaque phrase est comme une étape vers le Ciel. Les quatre « degrés » de l'amour et l'importance de la dévotion à Marie.

    20_08_2025

    « Vierge Mère, fille de ton fils, / humble et exaltée au-dessus de toutes les autres créatures, / terme fixé du conseil éternel, / tu es celle qui a ennobli la nature humaine / que son créateur / n'a pas dédaigné de devenir sa création. » Une prière profonde, au contenu théologique dense, est adressée par Dante Alighieri, dans le chant XXXIII du Paradis, à saint Bernard de Clairvaux (vers 1090-1153), dont la mémoire liturgique est célébrée aujourd'hui.

    Auteur de nombreux ouvrages , saint Bernard est considéré comme le plus important représentant de la pensée mystico-théologique du XIIe siècle. Théologien de talent et écrivain prolifique, le saint cistercien a fait de sa vie un véritable trésor de paroles adressées à la Vierge Marie et à Dieu. En feuilletant ses textes, le lecteur est invité à un voyage fascinant : grâce aux sommets inatteignables de la prose poétique, il est conduit à la découverte de Dieu. Chaque mot, chaque phrase, semble véritablement être une étape vers le Ciel.

    Pour comprendre ses écrits , il faut d'abord comprendre comment saint Bernard de Clairvaux concevait sa vocation cistercienne. Ses paroles et ses pensées sont indissociables de sa vocation. Il écrit dans une de ses lettres : « Notre ordre est la mortification, l'humilité, la pauvreté volontaire, l'obéissance, la paix, la joie dans l'Esprit Saint. Notre ordre signifie être sous un maître, un abbé, une règle, une discipline [...]. Il consiste à pratiquer le silence, le jeûne, la veille, la prière, le travail manuel, et surtout la charité. Puis à progresser jour après jour dans ces activités et à y persévérer jusqu'au dernier jour. » Les six mots qu'il cite dans cet écrit soulignent déjà sa nature de chercheur de la Parole et son caractère de religieux cistercien : « mortification, humilité, pauvreté volontaire, obéissance, paix, joie dans l'Esprit Saint. » Et puis il utilise un verbe, « progresser », qui nous aide à comprendre l’effort avec lequel le saint a vécu sa vie : une vie passée en pleine recherche – par l’étude, la méditation et la prière – de son seul grand trésor, le Seigneur.

    Et puisqu'il s'agit de recherche , il nous faut citer l'un de ses textes les plus importants : Du devoir d'aimer Dieu , en latin De diligendo Deo . Un titre assez explicite : aimer Dieu est un devoir. Mais pourquoi ? Et surtout, comment ? C'est l'auteur lui-même qui nous fournit la réponse : « Vous désirez savoir de moi pourquoi et comment nous devons aimer Dieu. Et je vous réponds : la raison pour laquelle nous devons aimer Dieu, c'est Dieu lui-même ; et la manière de l'aimer, c'est de l'aimer sans mesure. » Pour saint Bernard, l'homme est « contraint » (non pas au sens de contrainte, mais d'« inclination naturelle ») à aimer le Créateur parce que c'est lui-même qui nous a aimés le premier. Et pour appuyer ce raisonnement, qui surprend par sa simplicité naturelle, les paroles de l'évangéliste Jean me viennent à l'esprit : « L'amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous ayons la vie par lui. Et cet amour consiste, non pas en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés » (Jn 4, 9-10).

    Aimer, donc … Il est donc nécessaire de comprendre de quel amour parle le saint. Bernard décrit quatre « degrés » d’amour. Le premier est l’amour pour soi-même, résumé par cette phrase : « D’abord, l’homme s’aime pour lui-même. Puis, voyant qu’il ne peut subsister seul, il commence à chercher Dieu par la foi. » C’est le premier stade pour l’homme. Vient ensuite le deuxième : « Au deuxième degré, donc, il aime Dieu, mais pour lui-même, non pour lui. Il commence cependant à fréquenter Dieu et à l’honorer en fonction de ses propres besoins. » Puis, nous trouvons le troisième degré, c’est-à-dire lorsque l’âme est capable d’aimer « Dieu non pour lui-même, mais pour lui. On s’attarde longtemps à ce degré », écrit-il. Et il ajoute, précisant : « Je ne sais pas s’il est possible d’atteindre le quatrième degré en cette vie. » Enfin, la dernière, la plus difficile, est celle où « l'homme ne s'aime que pour Dieu. Alors, il sera merveilleusement presque oublieux de lui-même, s'abandonnant presque entièrement à Dieu, au point de ne faire qu'un avec lui. » Image de l'union parfaite avec Dieu.

    Un autre ouvrage fondamental pour comprendre la pensée du saint cistercien est De gradibus humilitatis et superbiae , ou Les Degrés d'humilité et d'orgueil , un ouvrage qui peut, dans une certaine mesure, être défini comme une réplique du De diligendo Deo mentionné plus haut . On y retrouve également les « degrés » énumérés par Bernard de Clairvaux : ce sont douze étapes pour connaître et rencontrer la seule Vérité possible, le Christ. Pour s'accomplir, l'homme ne peut faire que la volonté de Dieu. Et cela n'est possible qu'en conquérant l'humilité. Par conséquent, plus on est orgueilleux, plus on s'éloigne de Dieu et plus on se rapproche du péché.

    Mais, assurément, les méditations les plus mémorables pour les fidèles sont celles qui font référence à la Vierge Marie. Elle est au cœur de la vie religieuse de Bernard. C'est elle qu'il vénère avec une dévotion filiale et une passion poétique. Nous avons des textes comme le célèbre Memorare , qui lui est traditionnellement attribué et qui fait désormais partie de la tradition mariale populaire. Mais ce n'est pas tout. « Dans les dangers, dans l'angoisse, dans l'incertitude, pensez à Marie, invoquez Marie. Qu'elle ne s'éloigne jamais de vos lèvres, qu'elle ne s'éloigne jamais de votre cœur ; et pour obtenir le secours de ses prières, n'oubliez jamais l'exemple de sa vie. Si vous la suivez, vous ne pouvez dévier ; si vous la priez, vous ne pouvez désespérer ; si vous pensez à elle, vous ne pouvez vous tromper », écrit-il dans ses Sermones in Cantica Canticorum, les Sermons sur le Cantique des Cantiques. L'exemple de la Vierge, nous rappelle saint Bernard, est un phare pour tout chrétien : la Mère du Christ peut empêcher l'homme de désespérer ; En tournant pieusement nos pensées vers elle, nous ne pouvons pas nous tromper. Il était donc naturel que Dante choisisse saint Bernard comme guide au Paradis : il savait pertinemment qu'en agissant ainsi, il ne pouvait certainement pas se tromper.

  • Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

    Après avoir insisté pendant des années sur le fait que la franc-maçonnerie est fondamentalement opposée à l'Église, le Vatican a apparemment nommé un franc-maçon à un comité pontifical.

    Dans le même laps de temps, le Saint-Siège a annoncé la nomination d'un éminent universitaire italien à un comité pontifical qui, comme cela a été rapporté depuis, est également franc-maçon.

    Professeur Umberto Longo. Crédit : Festival de Medioevo.

    Umberto Longo, universitaire de renom et directeur de l'Institut historique italien du Moyen Âge à Rome, a été nommé au Comité pontifical pour les sciences historiques le 13 août. Le site web InfoVaticana a ensuite rapporté que des documents publics le présentent comme un participant fréquent aux conférences maçonniques et le reconnaissent comme un membre relativement important d'une branche particulièrement anti-catholique de la franc-maçonnerie.

    On ignore pour l'instant quelle sera la réaction du Vatican face à l'affaire Longo, même s'il est loin d'être le premier membre d'un comité pontifical à être affilié à des fonctions ou des organisations condamnées par l'Église. Il est possible que le Vatican agisse rapidement pour annuler la nomination de Longo, et tout aussi plausible qu'il minimise officiellement ses liens avec la franc-maçonnerie en invoquant son rôle non religieux ainsi que son expertise et son rayonnement académiques.

    Mais la réaction du Vatican sera perçue comme une leçon particulièrement instructive dans le contexte plus large de l'opposition de l'Église à la franc-maçonnerie — après que les conférences épiscopales du monde entier ont publié une série de déclarations et de clarifications soulignant l'opposition séculaire de l'Église à la franc-maçonnerie, et alors que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a appelé à des « stratégies coordonnées » pour éviter toute ambiguïté ou tout malentendu parmi les fidèles.

    En résumé, cette nomination soulève une question simple : le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme quelque chose d’important, ou non ?

    La nomination de Longo au Vatican et son appartenance présumée à la franc-maçonnerie ne sont que les derniers exemples d'une longue série de nominations papales controversées à des comités et commissions pontificaux. Parmi les personnes nommées précédemment, sous plusieurs pontificats, figuraient des individus ayant des opinions ouvertement dissidentes, voire farouchement opposées, à divers enseignements de l'Église, notamment sur des questions morales fondamentales comme le caractère sacré de la vie.

    Bien souvent, ces cas ont été balayés d'un revers de main par les responsables du Vatican, qui ont fait valoir, comme l'a fait l'Académie pontificale pour la vie dans le cas d'un économiste pro-avortement en 2022, que la nomination concernait un domaine de travail et d'expertise spécifique, sans lien avec les points de divergence du candidat avec la doctrine catholique.

    L'écoute des avis d'experts, parfois même ou surtout critiques, est souvent considérée comme essentielle au bon fonctionnement des comités pontificaux et des groupes de réflexion.

    Dans le cas de Lungo, il est probable que certains, au moins, adopteront la même position face à son appartenance apparente à la franc-maçonnerie. Mais pour le Vatican, la situation est – ou devrait être – bien plus grave, puisqu'elle implique la condamnation morale généralisée par l'Église d'une catégorie juridique de personnes.

    Juridiquement parlant, l'Église ne condamne pas la franc-maçonnerie pour des opinions ou des enseignements différents des siens, comme pourrait le faire une autre confession religieuse. Elle l'interdit légalement depuis le XVIIIe siècle, la considérant comme une organisation qui, par sa nature même, s'oppose à elle.

    Alors que les déclarations du Dicastère pour la Doctrine de la Foi ont toujours clairement indiqué qu'un catholique qui rejoint la franc-maçonnerie est en état de péché grave et qu'il lui est interdit, entre autres, de recevoir la communion, le Code de droit canonique traite la franc-maçonnerie comme une « société qui complote contre l'Église ».

    Dans sa lettre apostolique de 1890 à l'Église d'Italie, Dall'alto dell'Apostolico Seggio , Léon XIII décrit le complot de la franc-maçonnerie comme « possédés par l'esprit de Satan, dont ils sont l'instrument, ils brûlent comme lui d'une haine mortelle et implacable de Jésus-Christ et de son œuvre ; et ils s'efforcent par tous les moyens de la renverser et de l'enchaîner ».

    Leo a ensuite énuméré un programme spécifiquement politique de la franc-maçonnerie, qui, selon lui, comprenait l'exclusion progressive de l'Église des écoles et des hôpitaux et, à terme, de l'intégralité de la vie publique institutionnelle.

    Lors de la réunion de 1980 de la commission chargée de rédiger la section pénale du nouveau Code de droit canonique, les cardinaux participants, et notamment le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque, le cardinal Franjo Šeper, ont clairement indiqué que si la franc-maçonnerie semblait moins active dans les complots contre l'Église à l'époque moderne, c'était uniquement parce qu'elle avait largement atteint la plupart de ses objectifs.

    « Aujourd’hui, peut-être ne complotent-ils plus autant parce qu’ils ont déjà suffisamment comploté et n’ont plus rien à comploter », a observé Šeper, « tout ce qui s’est passé en Italie en ce moment concernant le mariage civil, le divorce, l’avortement et d’autres questions sont des fruits de la franc-maçonnerie, et pas seulement en Italie mais aussi dans d’autres nations. »

    De ce fait, inviter un franc-maçon à devenir membre d'un comité pontifical apparaîtra aux canonistes versés dans la position juridique de l'Église comme analogue au fait de demander à Kim Jong Un de siéger à un comité pour le désarmement nucléaire.

    La situation est d'autant plus délicate, d'un point de vue juridique, que Longo serait membre du Rite écossais ancien et accepté de la franc-maçonnerie. Malgré son nom, il s'agit d'une branche américaine de la franc-maçonnerie particulièrement virulente et explicite dans son anticatholicisme – elle s'est ouvertement opposée aux candidats politiques catholiques et a œuvré pour l'interdiction des écoles catholiques.

    Le Rite écossais entretient également des liens étroits avec l'héritage du Sud confédéré, plusieurs généraux de la guerre de Sécession qui étaient francs-maçons du Rite écossais ayant fondé le Ku Klux Klan, une organisation avec laquelle il s'est ouvertement associé pour soutenir des politiciens et des politiques anti-catholiques au début du XXe siècle.

    Lors d'un des plus hauts degrés d'initiation, le franc-maçon se voit présenter un crâne coiffé d'une tiare papale. On lui explique qu'il « représente la tiare du pontife cruel et lâche » et qu'il « est donc la couronne d'un imposteur ». À un moment du rituel, un haut dignitaire maçon transperce le crâne d'un poignard, tandis que le candidat crie « À bas l'imposteur, à bas le crime ! » avant de le piétiner. Dans le texte officiel du Rite écossais, « Morale et Dogme », écrit par Albert Pike, franc-maçon de haut rang, général confédéré et membre éminent du Ku Klux Klan, il est affirmé sans ambages que la franc-maçonnerie « était, dès son origine, vouée à la lutte contre la tiare de Rome ».

    Si la franc-maçonnerie avait largement disparu des radars de l'Église au cours du dernier demi-siècle, l'appartenance présumée de Longo pourrait peut-être être considérée comme une question historique plutôt que d'actualité, mais au contraire, le Vatican s'est montré particulièrement actif ces dernières années pour souligner sa condamnation absolue de la franc-maçonnerie et le caractère inacceptable de tout chevauchement avec l'Église.

    Outre les interventions, au début du mois, de hauts responsables de l'évêque italien pour interdire les funérailles catholiques des francs-maçons , plusieurs conférences épiscopales, en consultation directe avec le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, ont publié des dénonciations sans équivoque de la franc-maçonnerie comme étant antithétique à la foi — notamment les évêques des pays nordiques et des Philippines .

    En 2023 encore, une note doctrinale a été signée par le pape François et le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet de la DDF, appelant à « une stratégie coordonnée entre les différents évêques » pour s’opposer à la franc-maçonnerie.

    De ce fait, la nomination de Longo et la réaction, le cas échéant, du Vatican aux informations concernant son appartenance à la franc-maçonnerie seront suivies de près non seulement par les canonistes, mais aussi par les évêques du monde entier.

    Si la conséquence est qu'un franc-maçon puisse être considéré comme un collaborateur utile de l'Église au niveau d'un comité pontifical, beaucoup y verront un abandon de fait de tout le traitement canonique de la franc-maçonnerie et d'années de collaboration de la DDF avec les évêques du monde entier.

  • Saint Jean Eudes (19 août) : l’amour de Dieu dans «  le cœur sacerdotal du Christ  »

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    Le 19 août 2009, dans le cadre de l’Année sacerdotale, Benoît XVI consacrait la catéchèse de ce mercredi au saint dont c’est aujourd'hui la mémoire liturgique : saint Jean Eudes, apôtre du Coeur de Jésus et Marie.

    Voici le texte intégral de sa catéchèse publié sur le site de zenit.org :

    L’amour de Dieu dans «  le cœur sacerdotal du Christ  »

    Chers frères et sœurs !

    C’est aujourd’hui la mémoire liturgique de saint Jean Eudes, apôtre inlassable de la dévotion aux Sacrés Cœurs de Jésus et Marie, qui vécut en France à la fin du XVIIe siècle, un siècle marqué par des courants religieux opposés et également par de graves problèmes politiques. C’est l’époque de la guerre de Trente ans, qui a non seulement dévasté une grande partie du centre de l’Europe, mais qui a également dévasté les âmes. Pendant que se diffusait le mépris pour la foi chrétienne de la part de certains courants de pensée alors dominants, l’Esprit Saint suscitait un renouveau spirituel plein de ferveur, avec des personnalités de grande envergure comme de Bérulle, saint Vincent de Paul, saint Louis M. Grignion de Montfort et saint Jean Eudes. Cette grande « école française » de sainteté porta parmi ses fruits également saint Jean-Marie Vianney. Par un mystérieux dessein de la providence, mon vénéré prédécesseur Pie IX proclama saints ensemble, le 31 mai 1925, Jean Eudes et le curé d’Ars, offrant à l’Eglise et au monde entier deux exemples extraordinaires de sainteté sacerdotale.

    Dans le contexte de l’Année sacerdotale, j’ai à cœur de m’arrêter pour souligner le zèle apostolique de saint Jean Eudes, particulièrement tourné vers la formation du clergé diocésain. Les saints sont la véritable interprétation de l’Ecriture Sainte. Les saints ont éprouvé, dans l’expérience de leur vie, la vérité de l’Evangile ; ainsi, ils nous introduisent dans la connaissance et la compréhension de l’Evangile. Le Concile de Trente, en 1563, avait promulgué des normes pour l’érection des séminaires diocésains et pour la formation des prêtres, dans la mesure où le Concile était tout à fait conscient que toute la crise de la réforme était également conditionnée par une formation insuffisante des prêtres, qui n’étaient pas préparés pour le sacerdoce de manière juste, intellectuellement et spirituellement, dans leur cœur et dans leur âme. Cela eut lieu en 1563 ; mais comme l’application et la réalisation des normes tardaient aussi bien en Allemagne qu’en France, saint Jean Eudes comprit les conséquences de ce retard. Animé par la conscience lucide du grave besoin d’aide spirituelle, dont les âmes étaient victimes également en raison du manque de préparation d’une grande partie du clergé, le saint, qui était un curé, institua une Congrégation consacrée de manière spécifique à la formation des prêtres. Dans la ville universitaire de Caen, il fonda son premier séminaire, une expérience extrêmement appréciée, qui se diffusa bientôt largement dans d’autres diocèses. Le chemin de sainteté, qu’il parcourut et qu’il proposa à ses disciples, avait pour fondement une solide confiance dans l’amour que Dieu a révélé à l’humanité dans le Cœur sacerdotal du Christ et dans le Cœur maternel de Marie. A cette époque de cruauté, de perte d’intériorité, il s’adressa au cœur, pour dire au cœur une parole des Psaumes très bien interprétée par saint Augustin. Il voulait attirer à nouveau au cœur les personnes, les hommes et surtout les futurs prêtres, en montrant le cœur sacerdotal du Christ et le cœur maternel de Marie. Chaque prêtre doit être témoin et apôtre de cet amour du cœur du Christ et de Marie. Et nous arrivons ici à notre époque.

    Aujourd’hui aussi, on ressent le besoin que les prêtres témoignent de l’infinie miséricorde de Dieu à travers une vie entièrement « conquise » par le Christ, et apprennent cela dès les années de leur préparation dans les séminaires. Après le Synode de 1990, le pape Jean-Paul II a publié l’Exhortation apostolique Pastores dabo vobis dans laquelle il reprend et met à jour les normes du Concile de Trente et souligne en particulier la nécessaire continuité entre le moment initial et le moment permanent de la formation ; pour lui, pour nous, cela est un véritable point de départ pour une authentique réforme de la vie et de l’apostolat des prêtres, et c’est également le point central afin que la « nouvelle évangélisation » ne soit pas simplement un slogan attrayant, mais se traduise en réalité. Les fondements placés dans la formation du séminaire, constituent l’« humus spirituel » irremplaçable, dans lequel on peut « apprendre le Christ » en se laissant progressivement configurer à Lui, unique prêtre suprême et bon pasteur. Le temps du séminaire doit donc être considéré comme la réalisation du moment où le Seigneur Jésus, après avoir appelé les apôtres et avant de les envoyer prêcher, leur demande de rester avec Lui (cf. Mc 3, 14). Lorsque saint Marc raconte la vocation des douze apôtres, il nous dit que Jésus avait un double objectif : le premier était qu’ils soient  avec Lui, le second qu’ils soient envoyés pour prêcher. Mais, allant toujours avec Lui, ils annoncent réellement le Christ et apportent la réalité de l’Evangile au monde.

    Au cours de cette année sacerdotale, je vous invite à prier, chers frères et sœurs, pour les prêtres et pour tous ceux qui se préparent à recevoir le don extraordinaire du sacerdoce ministériel. J’adresse à tous, en concluant, l’exhortation de saint Jean Eudes qui dit aux prêtres : « Donnez-vous à Jésus, pour entrer dans l’immensité de son grand Cœur, qui contient le Cœur de sa Sainte Mère et de tous les saints, et pour vous perdre dans cet abîme d’amour, de charité, de miséricorde, d’humilité, de pureté, de patience, de soumission et de sainteté » (Cœur admirable, III, 2).

    Dans cet esprit, chantons à présent le Notre Père en latin.

    Au terme de l’audience générale, le pape a adressé la salutation suivante en français :

    Je suis heureux de vous saluer, chers amis de langue française, en ce jour où l’Eglise fait mémoire de saint Jean Eudes, qui fut un modèle de sainteté sacerdotale. Le chemin de sainteté qu’il suivit et qu’il proposa à ses disciples avait comme fondement une solide confiance en l’amour que Dieu a révélé à l’humanité dans le cœur sacerdotal du Christ et dans le cœur maternel de Marie. Je vous invite à prier pour que les prêtres d’aujourd’hui, à l’exemple de saint Jean Eudes, soient aussi des témoins ardents de cet amour à travers leur vie et leur ministère, afin que le Peuple de Dieu tout entier puisse en bénéficier. Avec ma Bénédiction apostolique !

  • Le cardinal Woelki demande à Rome de définir ce qu'est la synodalité et attend des « corrections » sur le Chemin synodal allemand

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    D'InfoVaticana :

    Le cardinal Woelki demande à Rome de définir ce qu'est la synodalité et attend des « corrections » sur le Chemin synodal allemand

    Le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne, a réclamé une définition claire de la synodalité pour toute l’Église et a de nouveau pris ses distances avec le modèle développé en Allemagne. Coïncidant avec son 70e anniversaire, qu’il célèbre ce mardi 18 août, le prélat a affirmé que le processus allemand avait mis l’accent sur les structures de participation et de cogouvernance au point de perdre de vue la constitution hiérarchique et sacramentelle de l’Église.

    Dans une interview accordée à Die Tagespost et publiée ce lundi, Woelki soutient que « l’un des grands défis consiste à définir pour l’Église universelle ce qu’est la synodalité ». L’archevêque de Cologne, l’une des principales voix critiques du Chemin synodal au sein de l’épiscopat allemand, relie en outre cette question à l’évangélisation et espère que Rome introduira les « corrections nécessaires » aux propositions venues d’Allemagne.

    « Ce n’est pas notre Église, mais Son Église »

    Woelki souligne que Léon XIV présente la synodalité et l’évangélisation comme deux dimensions étroitement liées. « La synodalité est un outil pour l’évangélisation et la mission », affirme-t-il, la définissant comme un chemin spirituel de recherche dans l’Esprit Saint et de discernement.

    Le problème, à son avis, apparaît lorsque ce concept est transposé essentiellement sur le terrain des structures de pouvoir. En se référant au Chemin synodal allemand, le cardinal soutient qu’il a été particulièrement déterminé par la tentative d’implanter « certains formats de participation et formes de cogouvernance ».

    « Ce faisant, nous avons perdu de vue que l’Église est structurée hiérarchiquement et est sacramentelle », avertit-il. Et il ajoute une précision qui se place au centre de sa critique : « Ce n’est pas notre Église, mais Son Église. Nous vivons tous sous le Christ comme tête et sous la Parole de Dieu ».

    C’est pourquoi Woelki considère que la synodalité ne peut consister à décider quelle Église on veut construire, mais à « reconnaître ce que le Seigneur veut de nous ».

    La position du cardinal maintient la ligne qu’il a défendue ces dernières années. En janvier, il a assuré que, pour lui, le Chemin synodal allemand était « clos » et a exprimé ses réserves face à la création de structures permanentes qui prolongeraient le processus.

    Lire aussi : Woelki : « Pour moi, le Chemin synodal est clos »

    Dans l’attente des « corrections » de Rome

    Les déclarations prennent une importance particulière alors que l’avenir de la dite Conférence synodale reste en suspens, l’organisme formé par des évêques et des laïcs qui vise à donner une continuité institutionnelle au Chemin synodal.

    Sa mise en place n’arrivera probablement pas en novembre, comme cela avait été envisagé initialement, en raison de l’examen de ses statuts par le Saint-Siège. Le président de la Conférence épiscopale allemande, Georg Bätzing, avait déjà reconnu que la nouvelle structure ne commencerait pas à fonctionner sans l’approbation de Rome.

    Woelki rappelle maintenant qu’il revient au Magistère de déterminer « ce qu’est la foi et la doctrine de l’Église et ce qui appartient constitutivement à son apostolicité et catholicité ».

    Le cardinal reprend également l’affirmation de Bätzing selon laquelle l’Allemagne doit rester unie à l’Église universelle et qu’« il n’y aura pas de chemin spécial allemand ». C’est précisément pour cela qu’il considère positif que le travail réalisé ait été remis au Pape.

    « Nous attendons maintenant de voir où le Saint-Père et ses collaborateurs apportent les corrections qui, à mon avis, sont nécessaires », affirme-t-il.

    Le conflit n’est pas nouveau. Woelki, avec les évêques Gregor Maria Hanke, Stefan Oster et Rudolf Voderholzer, a refusé de participer au Comité synodal chargé de préparer les nouvelles structures, après les objections répétées formulées depuis Rome.

    Le débat sur les limites du processus allemand

    La question de fond reste jusqu’où peut aller une structure synodale nationale sans altérer les compétences propres des évêques ni entrer en contradiction avec la constitution sacramentelle de l’Église.

    Les tensions ont réapparu récemment sur des questions concrètes. Le mois dernier, après que Rome a rejeté la possibilité que les laïcs prononcent l’homélie pendant la Messe, des organisations liées au Chemin synodal ont réclamé de maintenir le débat ouvert et de le soumettre à nouveau au Saint-Siège.

    Lire aussi : Le Chemin synodal allemand n’accepte pas le NON de Rome et réclame de renégocier la prédication des laïcs

    Face à une conception de la synodalité centrée sur de nouvelles structures de participation et de décision, Woelki replace ainsi le débat sur un autre plan : la synodalité comme instrument au service de la mission et soumise à la doctrine, à la constitution hiérarchique de l’Église et au discernement de la volonté de Dieu.

  • La démocratie est menacée par l’« éloignement progressif » de la société par rapport à l’ image biblique de l’humanité

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    Le sermon de Mgr Stefan Oster pour la solennité de l’Assomption de Marie à Altötting :

    Chères sœurs, chers frères,

    Ces derniers mois, j'ai beaucoup réfléchi à la relation entre l'État et la religion, entre la société d'une part, et la question suivante : de quelle religion une société a-t-elle besoin ? Ou plutôt : de quel type de religion a-t-elle besoin ? Et surtout : quelle image de nous-mêmes, en tant qu'êtres humains, est nécessaire au fonctionnement d'un État libre et démocratique comme le nôtre ?

    En 1949 – peu après la catastrophe du régime nazi et la Seconde Guerre mondiale – nous avons reçu ce que je considère comme une Loi fondamentale magnifique. Elle s'ouvre sur un préambule affirmant que le peuple allemand s'est donné cette Loi fondamentale « sous responsabilité devant Dieu et devant l'humanité ». Et dans son premier article, elle formule cette phrase de manière véritablement remarquable : « La dignité humaine est inviolable. La respecter et la protéger est le devoir de toute autorité de l'État. » Cette phrase constitue, en un sens, la pierre angulaire de tous les articles suivants de la Loi fondamentale, et elle souligne avec force que l'État n'est pas au-dessus du peuple, mais a au contraire le devoir de le servir.

    Descriptif ou normatif ?

    À ma connaissance, rares sont ceux, dans notre pays, qui contesteraient l'affirmation : « La dignité humaine est inviolable. » Cependant, un débat persiste quant à savoir si cette affirmation est purement descriptive ou si elle constitue une exigence. Est-elle descriptive ou normative ? La grande majorité de ceux qui se penchent sur cette question estiment qu'elle est normative, en ce sens que la dignité humaine ne doit pas être bafouée. Il s'agit là d'un principe juridique fondamental, car nous sommes, bien sûr, trop souvent témoins de violations de la dignité humaine. Lorsque des personnes sont réduites en esclavage, violées ou tuées, par exemple, la dignité humaine est bafouée. Et cela, fondamentalement, ne devrait pas être toléré dans notre pays. Par conséquent, la dignité humaine bafouée doit être rétablie.

    Que signifie la dignité ?

    Mais la question essentielle est désormais : que signifie réellement la dignité ? Pour nous, chrétiens, la réponse n'est pas si difficile : nous croyons avoir été créés à l'image de Dieu, de manière unique. Dotés de raison et de liberté, nous sommes capables de dire la vérité, même lorsque nous mentons, commettons le mal ou nous asservissons par notre propre faute, par exemple par le biais d'addictions. Nul ne peut nous ôter l'image de Dieu, source de notre dignité ; nous ne pouvons que l'obscurcir par nos propres fautes. Et inversement – ​​ce qui nous amène à la célébration d'aujourd'hui : Notre Seigneur Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme. Au sens le plus profond, par son incarnation, il a confirmé ce que signifie être humain. Et, d'une certaine manière, il a aussi pleinement restauré la possibilité pour notre dignité inaliénable de se manifester à nouveau en nous. Et en sa Mère, il nous a donné la nouvelle création : celle en qui et par qui Dieu vient au monde. Ce faisant, il nous a aussi révélé notre propre vocation, qui est au fond la vocation de tout être humain : nos cœurs sont capables d’accueillir Dieu en nous. Et il nous a rendus capables de vivre de telle sorte que cette dignité insondable puisse aussi se manifester extérieurement dans nos relations avec lui et avec les autres. Autrement dit, de façonner nos vies comme le dit le préambule de la Loi fondamentale : dans la responsabilité devant Dieu et devant les hommes.

    Serait-ce une question purement philosophique ?

    Et si nous prenons cela au sérieux, chers frères et sœurs, nous constatons soudain que pour nous, chrétiens, le sens de la dignité est en réalité bien plus clair que pour ceux qui tentent de l'expliquer uniquement par la philosophie. Prenons l'exemple d'Emmanuel Kant, qui, au XVIIIe siècle, expliquait pourquoi les êtres humains ne doivent jamais être de simples moyens, mais, selon sa formulation, sont toujours une fin en soi. Car, par leur raison et leur liberté, ils sont uniques au monde et possèdent donc la dignité. Or, nous voyons qu'une explication purement philosophique nous permet de comprendre le premier article de la Loi fondamentale uniquement de manière normative, c'est-à-dire comme une simple exigence, sans bien sûr préciser ce qui est exigé quant au contenu. Nous, chrétiens, avons l'avantage que, pour nous, l'affirmation « La dignité humaine est inviolable » est toujours comprise aussi de manière descriptive. Notre compréhension est déjà plus large. Et, sans la perspective divine, elle doit toujours être redéfinie et débattue à nouveau, selon le temps et la situation.

    Il s'agit de l'image de l'humanité.

    Qu'entend-on par là ? Eh bien, derrière le discours sur la dignité humaine se cache une image précise de l'humanité – et donc une compréhension de ce qu'est fondamentalement un être humain. Ainsi : l'embryon dans le ventre de sa mère est-il déjà un être humain, une personne humaine, et par conséquent porteur d'une dignité humaine inviolable ? Nous, chrétiens, répondons : Oui, bien sûr ! De même, une personne dans le coma, qui va très probablement mourir prochainement, est-elle encore porteuse de cette dignité ? Et nous répondons : Oui, bien sûr ! Selon notre foi, nous ne retirons rien à l'humanité et à sa dignité, même lorsqu'une personne ne possède pas encore ou ne possède plus certaines caractéristiques et qualités telles que la raison ou la liberté. Mais elle est un être humain, créé par Dieu, et donc porteur d'une dignité personnelle. Et par conséquent, dans notre conception chrétienne, le lieu où et par lequel une personne vient au monde est également spécialement protégé et porteur de dignité, en particulier les femmes, et plus particulièrement le mariage et la famille. En conséquence, la Loi fondamentale formule déjà cette phrase dans son article 6 : « Le mariage et la famille bénéficient de la protection spéciale de l'État. » Il est clair que les rédacteurs de la Loi fondamentale entendaient, premièrement, la monogamie et non la polygamie, et deuxièmement, l'unité du père, de la mère et de leur(s) enfant(s). La plupart des auteurs de la Loi fondamentale étaient influencés par le christianisme. Nombre d'entre eux partageaient la conception catholique du mariage comme sacrement, comme alliance sacrée. Ces exemples nous montrent que la foi nous enseigne : Dieu existe et Dieu est la réalité même. Il est Seigneur de la vie et de la mort. Et l'humanité, en tant que sa créature bien-aimée, faite à son image, est, dans toutes ses dimensions, porteuse de la dignité qu'elle a reçue. Et à ce titre, elle doit être protégée. La foi dit donc : « Voilà comment il en est. » Elle est descriptive, et non simplement normative.

    Lorsque la foi disparaît, l'image chrétienne de l'humanité disparaît également.

    Mais si nous nous sécularisons de plus en plus, c'est-à-dire si la foi s'estompe ou est remise en question, si l'influence des Églises chrétiennes dans notre pays diminue, alors le caractère descriptif du concept de dignité humaine s'efface peu à peu. Il ne reste que le caractère normatif, la conviction que la dignité doit être protégée. Or, cela engendre un débat permanent sur le sens même de la dignité. Elle ne peut plus être l'image de Dieu. Dès lors, une question se pose : qui est donc, au sens le plus plein du terme, cet être humain porteur de cette dignité digne de protection ?

    Quelques exemples de changement

    Et maintenant, voici quelques exemples de points que, je suppose, la grande majorité des rédacteurs de notre Loi fondamentale n'ont même pas envisagés lorsqu'ils ont formulé le principe de l'inviolabilité de la dignité humaine : par exemple, le débat sur l'avortement en tant que droit humain, qui a également lieu fréquemment dans notre pays. La France est allée plus loin à cet égard, en inscrivant le droit à l'avortement comme un droit fondamental dans sa Constitution. Autre exemple : en 2020, la Cour constitutionnelle fédérale allemande a souligné le droit à mourir dans la dignité, et depuis lors, il est devenu possible dans notre pays de faire du suicide assisté un modèle commercial. Pour moi, c'est une violation flagrante des principes fondamentaux – et une perversion de ce que nous entendons par dignité humaine, don de Dieu, qui est aussi Seigneur de la vie et de la mort. Ou encore : un homme politique influent, membre d'un parti démocrate-chrétien, vote contre la légalisation de la gestation pour autrui dans notre pays. Et il le fait alors même que lui et sa compagne avaient déjà convenu d'avoir un enfant par gestation pour autrui à l'étranger. Et alors que la mère porteuse était déjà enceinte.

    Tout est-il permis si Dieu n'existe pas ?

    Ou encore : lorsque l'on considère la Journée de Christopher Street, avec ses multiples facettes d'expression ouverte des modes de vie, des préférences sexuelles et des identités revendiquées, on constate immédiatement à quel point la société a fondamentalement changé. Et oui, c'est une expression de la liberté humaine, explicitement permise par notre démocratie. Parallèlement, il devient évident combien il est difficile pour nous, croyants, de concilier tout ce qui s'y montre ou y est prôné avec notre conception chrétienne de l'humanité. Face à certaines choses, nous posons la question légitime : cela correspond-il à la dignité que Dieu nous a donnée, ou la contredit-il ? L'écrivain Dostoïevski avait-il finalement raison lorsqu'il disait : « Si Dieu n'existe pas, tout est permis » ?

    Appelé à aimer

    Il est toutefois important pour moi de souligner que si, en tant que chrétiens, nous prenons au sérieux la question de la dignité humaine, il doit être clair pour nous, même à l'occasion de la Journée de Christopher Street, que sans exception, toutes les personnes présentes sont des enfants bien-aimés de Dieu, dotés d'une dignité inaliénable. Et que nous devons respecter leur liberté, sans pour autant cautionner ce qui y est montré ou prôné. Quoi qu'il en soit, je crois que la perception d'une absence ou d'une inexistence de Dieu a considérablement élargi le champ des possibles dans le contexte entourant la question du sexe et du genre. Et que la plupart de ces perceptions ne correspondent pas à l'image biblique de l'humanité.

    Et puis, considérant l'aspect politique sous un autre angle : ce même principe, la reconnaissance de la dignité de chaque être humain comme enfant bien-aimé de Dieu, s'applique également au respect des réfugiés, des personnes d'autres cultures, ethnies et croyances, des personnes marginalisées, des personnes handicapées, des personnes âgées, des femmes et des enfants. Ce principe s'applique toujours. Nous sommes toujours appelés à respecter chaque être humain et, surtout, à ne jamais recourir à la violence. Nous pouvons et devons affirmer clairement ce qui correspond à notre conception de l'humanité et ce qui n'y correspond pas, mais nous sommes aussi appelés à le faire dans l'amour, cet amour qui nous anime lorsque nous vivons en union avec le Christ.

    La vision biblique de l'humanité – et les nombreuses autres visions de l'humanité

    Chers frères et sœurs, je suis convaincu que notre Loi fondamentale, et par conséquent notre démocratie libérale, repose essentiellement sur l'image biblique de l'humanité. Or, je crains que ce soit précisément l'éloignement croissant de notre société par rapport à cette image qui mette en péril notre démocratie. Pourtant, c'est précisément cette démocratie qui permet et rend cet éloignement possible. Mais je pense aussi que les conceptions de l'humanité différentes de la nôtre, surtout dans toute leur diversité, tendent presque automatiquement à exacerber les conflits d'intérêts. Et avec cela, la demande d'une solution simple et rapide, imposée par une autorité forte au sommet, qui prévaut et assure la cohésion du système, se fait de plus en plus pressante.

    Quelle est la vision ?

    Il y a quelques jours, j'ai vu une interview de Juli Zeh, une écrivaine importante de notre pays, également avocate et juge constitutionnelle au Brandebourg. Elle y évoquait le manque de vision de notre nation : où voulons-nous aller ensemble, positivement ? Qu'est-ce qui nous unit ? Je crois qu'elle a raison. Mais nous, catholiques, proposons une vision que nous célébrons aujourd'hui. Nous pouvons croire : quoi qu'il arrive, bonheur ou malheur, succès ou échec, quelle que soit la forme de société qui émergera, notre contribution sera là. Nous connaissons notre Seigneur, nous l'aimons, ainsi que notre Église, dont Marie est l'archétype. Et plus nous nous connectons intérieurement à elle, plus nous nous connectons, presque naturellement, à son Fils. Notre vision pour ce temps est la suivante : garder le ciel ouvert – et ce ciel n'est pas qu'une simple pensée, pas une vague intuition. Le ciel commence dès maintenant dans nos cœurs, et il s'ouvre particulièrement lors des fêtes et des jours comme celui-ci. Car nous sommes les enfants de la Mère que notre Seigneur a déjà accueillie au ciel. Allons de l'avant avec gratitude et invitons les autres à se joindre à nous – et à découvrir ensemble l'immensité du ciel, en tant qu'enfants bien-aimés de Dieu. Ce faisant, contribuons aussi au succès de notre démocratie. Amen.

    Le sermon de l'évêque Stefan Oster, intitulé « Quelle est la vision ? Sur la dignité humaine et l'image chrétienne de l'homme », peut être écouté et téléchargé ici :

  • « Le droit aux funérailles n’est pas absolu »

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    D'Andrea Zambrano sur la NBQ :

    L’évêque rappelle les prêtres à l’ordre : « Le droit aux funérailles n’est pas absolu. »

     

    Suite aux cas rapportés par La Bussola concernant le refus des funérailles de deux francs-maçons, l'évêque de Sanremo a publié une note doctrinale afin de clarifier les usages et les mésusages des funérailles chrétiennes : franc-maçonnerie, crémation, personnes ayant commis des péchés publics, objets sur le cercueil, mais aussi interventions religieuses et « sentimentalisme excessif ». Les funérailles chrétiennes obéissent à des règles communautaires pour le salut des âmes, et il est important de les comprendre. Voici comment. 

    18/08/2026

    Concernant les funérailles, il convient de clarifier la situation. L'évêque de Sanremo, Antonio Suetta, l'a annoncé suite au récent refus d'obsèques religieuses à un franc-maçon local. « Dans les semaines à venir, une note sera publiée contenant les directives juridiques et pastorales appropriées relatives aux funérailles religieuses. » Et la promesse a été tenue. À l'occasion de la fête de l'Assomption, Mgr Suetta a publié sur le site internet du diocèse un guide juridique et pastoral fournissant des instructions pour une organisation optimale des funérailles religieuses, tant sur le plan juridique que doctrinal.

    La confusion règne souvent lors des funérailles chrétiennes, et les cas des obsèques refusées aux deux francs-maçons, de Rome et de Sanremo , rapportés par La Bussola, ne sont que la partie émergée de l'iceberg d'une conception des funérailles qui s'éloigne des préceptes strictement catholiques. En effet, il arrive fréquemment que les curés ferment les yeux sur d'innombrables abus, ce qui risque de pervertir complètement le sens des funérailles catholiques. Le risque ne se limite pas aux violations canoniques, comme dans le cas des deux francs-maçons escortés à l'église, mais inclut également ces abus, petits ou grands, qui dénaturent totalement le sens des adieux selon l'Église.

    Ainsi, Suetta commence par dire que « les funérailles sont un sacramentel (à l'exception de la messe des funérailles, qui est un sacrement), qui constitue la prière d'intercession de l'Église pour le défunt et sa famille », mais « la mondanité du décès se traduit par la perte du sens chrétien de la mort et l'aplatissement de l'action sacrée, réduisant tout à de simples catégories humaines de mémoire et d'émotions fugaces ».

    Que faire, alors ? Rappeler aux fidèles , et surtout aux prêtres, les règles d'un bon enterrement chrétien et légitimer également ces « interdits » qui, de nos jours, font tant scandale car ils sont perçus comme un manque de compassion envers le défunt.

    Rien n'est plus éloigné de la vérité . En effet, Suetta écrit que, précisément pour éviter de « céder dangereusement à la célébration de la mémoire du défunt ou à la dimension exagérée du souvenir » dans un « rôle prépondérant déséquilibré des proches et des amis », « il faut éviter de céder à la simple émotion et corriger des déviations assez répandues, qui indiquent souvent non seulement une incompréhension de l'essence même des funérailles ecclésiastiques, mais plus encore, une véritable absence de foi. »

    Il est clair que le caractère sacré du rite doit être protégé , tant dans le fond que dans la forme, en éliminant, en décourageant, voire en interdisant « toute référence excessivement terrestre aux passions ou aux intérêts du défunt (musicaux, sportifs, politiques, etc.) » qui « dénature le sens de l’accompagnement spirituel ». « Les décorations ou les vêtements aux couleurs d’une équipe favorite, d’un groupe politique ou d’un mouvement politique particulier semblent déplacés », rappelle Suetta, pour ne citer qu’un exemple. Toute référence à des faits ou à des personnes est purement fortuite, mais quiconque a assisté à des funérailles ces dix dernières années a constaté une explosion de ces manifestations.

    De même que la place prépondérante accordée aux amis ou aux proches du défunt risque d'induire en erreur : « Les témoignages et les souvenirs, bien que touchants et émouvants, expriment généralement un simple adieu ou une action de grâce au défunt », ils suscitent des inquiétudes car « ces souvenirs sont parfois placés à des moments inopportuns (après l'homélie ou à la fin de la cérémonie) » ou « sont excessivement longs et insistants ». Tout cela aboutit à « des funérailles mondaines qui constituent le reniement le plus flagrant de l'essence de la foi chrétienne ». Or, – et l'évêque ligure le réaffirme dans sa note doctrinale – il n'y a que trois éléments essentiels : la prière pour le défunt, l'hommage rendu au corps comme semence de la résurrection de la chair, et le réconfort et l'espérance apportés aux vivants. Tout le reste est superflu, et souvent de mauvais goût. Tout doit au contraire conduire au respect du défunt. À commencer par le choix de l'église, qui « ne doit pas tant refléter un lieu choisi pour des raisons pratiques, esthétiques ou émotionnelles, qu'indiquer un environnement humain et chrétien approprié et harmonieux ».

    Nous savons cependant que de nombreuses funérailles ont lieu en présence du défunt , sans que celui-ci n'ait jamais mis les pieds dans une église. C'est là que la remarque de Suetta prend un tournant nécessairement sévère, car elle aborde la question du « droit aux funérailles », qui ne saurait être absolu mais « exige que le rite soit conforme aux dispositions présumées du défunt ». Qui plus est, si le défunt « n'a manifesté aucun signe de repentir avant sa mort, il doit être privé des rites funéraires ecclésiastiques ».

    Certains cas ? Ceux que le canon 1184 § 1 de la discipline ecclésiastique réglemente depuis longtemps, même si de nombreux prêtres font semblant de l'oublier : « Ceux qui sont des apostats notoires, des hérétiques, des schismatiques ; ceux qui ont choisi la crémation pour des raisons contraires à la foi chrétienne ; et autres pécheurs manifestes, auxquels les rites funéraires ne peuvent être accordés sans scandale public pour les fidèles. »

    Il convient de noter : « La notoriété de l’opposition à la foi n’a pas besoin d’être établie par une décision de justice ; il suffit qu’il s’agisse d’une situation factuellement reconnue », tandis que « la publicité du repentir évite le risque de scandale ». C’est pourquoi « la privation des rites funéraires n’exprime pas un jugement sur le défunt, mais plutôt une forme de protection de la communauté et de respect des volontés présumées du défunt, fondées sur des faits avérés ».

    Nous en arrivons donc au sujet de la franc-maçonnerie , qui a enflammé l'actualité du mois d'août suite aux révélations de Bussola concernant le refus, dans le diocèse de Rome, des funérailles à une figure importante des loges, et qui a également entraîné une réaction en chaîne avec la décision de Suetta dans une affaire similaire :

    « Ceux qui adhèrent à des associations ou partis antichrétiens , de ce fait même, ne peuvent prétendre à des funérailles ecclésiastiques. L’incompatibilité absolue entre la foi catholique et l’appartenance à la franc-maçonnerie a été fermement et clairement réaffirmée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dans sa Déclaration sur la franc-maçonnerie du 26 novembre 1983. »

    Rappelant que « le jugement négatif de l’Église à l’égard des associations maçonniques demeure inchangé », Suetta rappelle également que « les fidèles qui appartiennent à des associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion ».

    On consacre une large place à expliquer pourquoi « il est impossible de bénir les défunts qui meurent dans un état où ils ne peuvent avoir de funérailles ecclésiastiques, car cela contredirait la vérité même du signe de bénédiction et sa signification la plus réelle, le réduisant – au contraire – presque à un simple acte extérieur, à une formalité, ou – pire encore – l’assimilant à une “ action magique ” ».

    La crémation a également sa place. Suetta l’évoque en rappelant qu’« elle ne remplace pas l’inhumation ». L’une est encouragée, l’autre (la crémation) est simplement tolérée tant qu’« elle n’a pas été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne » (can. 1176 §3).

    Toutefois, et c’est un point qui devrait intéresser de nombreux catholiques , désormais convaincus de la pleine bonté de la crémation, « pour éviter tout type de malentendu panthéiste, naturaliste ou nihiliste, la dispersion des cendres dans l’air, sur le sol ou dans l’eau ou de toute autre manière, ou la conversion des cendres de crémation en souvenirs commémoratifs, bijoux ou autres objets, n’est pas autorisée. »

    D'autres dispositions intéressantes figurent dans le dernier chapitre. Il est notamment interdit d'autoriser, voire d'utiliser l'ambon, pour les adieux ou les discours. Tout au plus, pour ce type d'interventions, un moment hors de l'église ou au cimetière pourrait être envisagé. De même, l'introduction dans l'église d'objets ayant appartenu au défunt et n'ayant pas trait à la célébration est proscrite. Enfin, seules les personnes connues du prêtre sont admises à la proclamation des lectures. Sur ce point, nombre de curés pourraient bien céder.

  • Sainte Hélène, les légendes et l'histoire de la Vraie Croix

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    De sur le CWR :

    Légendes et histoire de la Vraie Croix

    La Vraie Croix, le bois sur lequel Jésus a été crucifié, suscite une vénération particulière depuis le règne de l'empereur Constantin.

    « Reconnaissance de la Vraie Croix » (1452-1466) de Piero della Francesca (WikiArt.org)
    « Voici le bois de la Croix, sur lequel était suspendu le salut du monde. »

    Les reliques de la Passion de Notre Seigneur ont toujours été chères à ses disciples. La Vraie Croix, le bois sur lequel Jésus fut crucifié, suscite une vénération particulière depuis le règne de l'empereur Constantin. Après la légalisation du christianisme par celui-ci en 313, sa pieuse mère, sainte Hélène (dont la fête est célébrée le 18 août), se rendit en Terre Sainte, visitant des sites bibliques et construisant des églises. En 326, elle découvrit à Jérusalem ce que l'on croyait être la Croix originale, source de toutes les reliques en bois du monde. Elle était profondément enfouie sous un temple de Vénus/Aphrodite que l'empereur païen Hadrien avait fait édifier sur le Golgotha deux siècles plus tôt, après la seconde révolte juive. Pour honorer ce lieu, Constantin acheva en 333 la première église du Saint-Sépulcre, un édifice qui comprenait à la fois le rocher du Calvaire et le tombeau d'où Jésus était ressuscité.

    Il n'existe aucun témoignage oculaire des fouilles de Sainte-Hélène. L'historien de l'Église Eusèbe affirme seulement que Constantin ordonna à l'évêque de Jérusalem de rechercher la Croix et que sainte Hélène s'y rendit en 326. Les plus anciennes références au rôle de l'impératrice datent de la dernière décennie du IVe siècle : l' Histoire ecclésiastique de Gélase de Césarée et l'oraison funèbre de saint Ambroise pour l'empereur Théodose Ier en 395.

    Mais sainte Hélène rapporta certaines de ses découvertes dans son palais de Rome. Une partie de ce complexe impérial devint l'église de la Sainte-Croix de Jérusalem, l'une des sept anciennes églises stationnaires de la ville. On y trouve encore une plaque en bois, prétendument le titulus, autrefois clouée sur la tête du Sauveur crucifié.

    Quelques années après le retour de sainte Hélène, on mentionna la diffusion de reliques de la Vraie Croix dans tout l'Empire. Les catéchèses rédigées par l'évêque Cyrille de Jérusalem avant 350 déclaraient : « Déjà, le monde entier est rempli de fragments du bois de la Croix. » Une femme nommée Égérie, qui fit un pèlerinage d'Espagne au Proche-Orient (382-384), décrit les rituels solennels célébrés à Jérusalem en l'honneur du Bois Sacré le Vendredi Saint et le 3 mai, jour anniversaire de sa découverte.

    À mesure qu'elles se répandaient dans la chrétienté, les reliques de la Vraie Croix inspirèrent la créativité. Lorsque l'empereur byzantin envoya sainte Radegonde dans son couvent de Poitiers en 569, son chapelain, saint Venance Fortunat, composa deux grands hymnes, « Vexilla regis prodeunt » et « Pange, lingua, gloriosi Lauream certaminis », qui sont encore chantés aujourd'hui lors des liturgies du Vendredi saint. (Le premier était également le chant de marche des croisés médiévaux.) De tels dons ravirent les souverains pieux. Le roi Alfred le Grand reçut une relique de la Vraie Croix du pape Marin en 884. Cela incita peut-être un poète anglo-saxon anonyme à écrire « Le Rêve de la Croix », une merveilleuse réinterprétation de la Passion du Christ dans la langue héroïque du Nord.

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  • Sainte Hélène (18 août)

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    Ste Hélène

    18 août

    « Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne » (1508)

    THE RACCOLTA — Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 207v :...
    Invention (trouvaille) miraculeuse de la sainte Croix par sainte Hélène, impératrice,
    mère de Constantin premier empereur romain converti au Christianisme.

    Sainte Hélène, née vers 248 probablement dans la grande Bretagne, vivait à Drepanum, près de Nicomédie, dans une condition des plus humbles, lorsqu’elle attira l’attention de Constance Chlore, jeune officier de l’armée, qui revenait de son ambassade chez les Perses. Il l’épousa, en eut un fils, Constantin, mais fut obligé de la répudier pour devenir empereur. Lorsque Constantin monta sur le trône (en 306), il fit venir sa mère près de lui et la combla de marques de respect ; elle eut le titre d’Auguste et son nom fut gravé sur les monnaies.

    Pièce de monnaie romaine (avers) frappée à Sirmium en l’an 306

    Diamètre de la pièce originale : 20 mm (photo A.W.-JMS)

    Monnaies Empire Romain HELENE, HELENA Follis, folles, Thierry Dumez  Numismatique
    Sainte Hélène impératrice (Fl. Helena Augusta)

    On ne sait à quel moment elle est devenue chrétienne ; peut-être l’était-elle de naissance, peut-être n’abandonna-t-elle le culte des idoles que plus tard. Mais saint Paulin nous apprend qu’elle contribua à la conversion de Constantin. Elle n’intervint qu’assez tard dans les affaires religieuses de l’État.

    Constantin, trompé par les fausses accusations de sa femme  Fausta, ayant fait périr son fils Crispus, sainte Hélène en conçut un grand chagrin ; et lorsque l’empereur, dans un mouvement de sauvagerie païenne, eut cru devoir sacrifier Fausta aux mânes de son fils, elle résolut, bien qu’âgée de soixante-dix-neuf ans, d’aller faire aux Lieux saints un pèlerinage d’expiation, avec le secret désir d’y retrouver la vraie Croix.

    Munie des pleins pouvoirs de Constantin, elle partit à la fin de l’année 326. Rien n’était triste et désolé comme l’état où la dernière conquête romaine avait laissé Jérusalem : on n’y voyait que des ruines ou des temples païens élevés par Adrien, superbes, mais vides ; la ville ne contenait presque plus de Chrétiens. Lorsque l’impératrice demanda à être conduite au Calvaire, on ne put lui en indiquer l’endroit. Enfin, après de longues recherches, on commença des fouilles et, quelques jours plus tard, on trouva en terre, à côté les unes des autres, trois croix de bois conservées intactes. Celle qui avait porté le Sauveur fut reconnue, ainsi que le rapporte saint Ambroise, à l’inscription placée autrefois par Pilate en trois langues différentes, et que l’on put encore parfaitement distinguer :

    « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs ».

    fresque du Pinturincchio. (XVe siècle).
    La Leggenda della Vera Croce. Agnolo Gaddi, Ritrovamento delle tre croci e riconoscimento della Vera Croce
    Sainte Hélène découvre la vraie Croix.

    « À la nouvelle de cette découverte, un cri de joie s’échappa de toutes les familles chrétiennes. Dieu venait de consacrer par un dernier miracle le triomphe déjà merveilleux de Son Église. » Quel spectacle pour tous ces persécutés de la veille « que l’instrument du supplice divin sortant tout d’un coup des entrailles de la terre, et devenant comme un signe de domination et de victoire » !

    Sainte Hélène, dont on avait peu parlé jusqu’alors, devint l’héroïne du monde chrétien. On s’entretint partout de ses vertus, on s’aperçut qu’au milieu des honneurs elle avait toujours mené une vie humble et sainte. Constantin mit à sa disposition toutes ses richesses pour bâtir un monument digne de renfermer les reliques sacrées. Après avoir commencé la construction de trois églises, sur le Saint-Sépulcre, à Bethléem et au jardin des Oliviers, elle quitta les Lieux saints et mourut en allant rejoindre l’empereur, qui se trouvait alors en Illyrie. C’était l’an 328, saint Sylvestre Ier étant pape et Constantin empereur.

  • L'évêque Schneider : Un engagement sérieux du Vatican auprès de la FSSPX marquerait le « début de la fin » du projet moderniste

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    Le dilemme entre la préservation de l'intégrité sans équivoque de la foi catholique
    et la reconnaissance canonique par le pape [1]

    par Mgr Athanasius Schneider

    Il est utile de rappeler un épisode historique où un grand saint fut confronté au dilemme suivant : choisir entre préserver l'intégrité sans équivoque de la foi catholique et obtenir la reconnaissance canonique du pape. Ce saint était un Père de l'Église du IVe siècle, saint Athanase d'Alexandrie. En 357, le pape Libère, après avoir souscrit à une formule de foi ambiguë (omettant le terme doctrinal crucial de « consubstantiel »), ordonna à saint Athanase d'entrer en communion avec des évêques ariens et semi-ariens — des évêques avec lesquels le pape lui-même, sous la pression de l'empereur, était malheureusement entré en communion. Saint Athanase refusa d'obéir au pape ; en conséquence, ce dernier — selon le témoignage de saint Hilaire de Poitiers et d'autres sources historiques — l'excommunia, l'accusant de troubler la paix de l'Église. Bien qu'excommunié par le pape, saint Athanase continua de gouverner son diocèse d'Alexandrie et fit même preuve de compréhension à l'égard de la conduite regrettable du pape Libère. Toutefois, le pape saint Damase, successeur de Libère, témoigna sa reconnaissance à saint Athanase et le consulta sur les affaires concernant les évêques d'Orient. Le pape Libère fut le premier pape à ne pas être canonisé, tandis qu'Athanase fut non seulement canonisé, mais aussi proclamé Docteur de l'Église.

    Aujourd'hui, saint Athanase serait considéré comme schismatique selon la définition du « schisme » figurant dans l'actuel Code de droit canonique, puisqu'il refusa d'être en communion avec des membres de l'Église (des évêques hérétiques ou semi-hérétiques) qui étaient canoniquement reconnus et donc soumis au pape.

    Les consécrations épiscopales effectuées à Écône par la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) le 1er juillet 2026 illustrent également ce dilemme rare : celui de devoir choisir entre préserver l'intégrité sans équivoque de la foi catholique telle qu'elle a été enseignée par le Magistère au fil des siècles, et obtenir une reconnaissance canonique de la part du pape. Ce dilemme transparaît dans les conditions assorties à une éventuelle reconnaissance canonique de la FSSPX par le pape : celle-ci devrait accepter certaines ambiguïtés doctrinales récemment introduites (telles qu'elles apparaissent dans certains enseignements non définitifs du concile pastoral Vatican II ainsi que dans certaines affirmations et certains actes du Magistère post-conciliaire), et reconnaître non seulement la validité, mais aussi la justesse (la légitimité) du rite de la Nouvelle Messe — en dépit de son imprécision doctrinale et rituelle, qui marque une rupture manifeste avec le rite romain traditionnel.

    En abordant cette question complexe, il est essentiel de garder une perspective mesurée, de clarifier la terminologie et de ne jamais perdre de vue le but véritable et ultime de l’Église ainsi que sa grande tradition ; car cette tradition remonte bien au-delà des siècles ou des décennies les plus récents. Ce faisant, il convient également de prendre en compte des situations analogues survenues lors des grandes crises de l’histoire de l’Église.

    Deux dérives malsaines sont apparues au sein de l’Église au cours des derniers siècles, conduisant à une vision restreinte de la réalité : la tendance à considérer l’aspect juridique comme quasi absolu — le légalisme — et la tendance à absolutiser la personne du pape ainsi que l’obéissance qui lui est due — le papalisme. Le légalisme (l’attachement rigide à la lettre de la loi) et le papalisme (une obéissance indifférenciée et quasi absolue au pape) ont fini par primer sur l’exigence d’absence d’ambiguïté en matière de foi et de liturgie. Or, lors de chaque grande crise doctrinale de l’histoire de l’Église, la règle d’or consistait à éviter toute ambiguïté doctrinale ; ce fut le cas pour le pape Honorius Ier, dont les lettres doctrinalement ambiguës — publiées dans le cadre de son Magistère ordinaire — furent fermement condamnées par des papes ultérieurs et par trois conciles œcuméniques, malgré les tentatives de son deuxième successeur, le pape Jean IV, d’établir une forme d’herméneutique de la continuité.

    De nos jours, il est largement affirmé au sein de l’Église qu’aucun conflit de conscience ne peut surgir entre l’obéissance au pape et la préservation de la pureté sans équivoque de la foi. Cela revient, en fin de compte, à accorder une telle valeur à l’obéissance au pape que l’on juge préférable d’accepter des ambiguïtés en matière de foi et de rites liturgiques plutôt que d’agir à l’encontre d’un ordre du pape — même si cet ordre est d’origine purement humaine et peut être entaché d’imperfections. Par ailleurs, une conception étroite de la communion — qu’il s’agisse de la communion avec le pape ou avec l’Église — a également vu le jour. L’obéissance au pape est perçue comme indissociable de la communion avec l’Église. Une telle vision risque d’élever l’obéissance au pape au même rang que l’obéissance à la révélation divine.

    Il convient également de distinguer le droit positif — c’est-à-dire les normes disciplinaires édictées par l’autorité humaine de l’Église — de la Loi divine, à savoir les vérités de foi révélées par Dieu. Nul ne peut contredire la Loi divine tout en demeurant catholique. Toutefois, dans des circonstances véritablement exceptionnelles et rares, un catholique peut se voir contraint, en conscience, d’agir à l’encontre du droit positif, précisément afin de demeurer fidèles, sans compromis, à la Loi divine.

    Les concepts mêmes de « schisme » et de « soumission » n’ont pas encore été pleinement clarifiés quant à leur application concrète et pratique. Le Code de droit canonique (canon 751) définit le schisme comme « le refus de soumission au Souverain Pontife ou de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis ». En fait, une conception très restrictive du « schisme » et de la « soumission » a émergé dans l’histoire récente de l’Église, selon laquelle la désobéissance matérielle au Pape — quelle que soit l’intention — est pratiquement assimilée à un schisme formel.

    Il convient également de garder à l’esprit ce qu’est l’état de schisme formel : il implique le rejet, par principe, de l’autorité pontificale par l’établissement d’une hiérarchie distincte — comme ce fut le cas pour l’Église orthodoxe grecque en 1054, puis pour les nombreux et divers groupes sédévacantistes jusqu’à nos jours. Toutefois, on ne saurait parler d’état de schisme formel tant que subsistent la foi surnaturelle au dogme de la primauté et de l’infaillibilité pontificales, ainsi que le désir de vivre dans une soumission concrète à l’autorité du Pape — même si, en raison d’une crise extraordinaire au sein de l’Église, cela ne peut, pour l’heure, être pleinement réalisé. Une telle crise extraordinaire peut entraîner une occultation ou une suspension temporaire du devoir principal du ministère pontifical, à savoir défendre et proclamer, sans ambiguïté, l’intégrité de la foi et de la liturgie catholiques.

    Il en va de même pour le concept d'être « en communion » avec le pape. Pendant une très longue période, les ordinations épiscopales ont eu lieu sans l'intervention directe du pape, et les Églises particulières ainsi que les évêques exprimaient leur communion avec lui de diverses manières. Ce n'est que plus tard dans l'histoire de l'Église que les papes ont exigé que toute ordination épiscopale s'effectue avec un mandat pontifical. Pourtant, même après cette évolution, le droit canonique ne considérait pas les ordinations épiscopales illicites — c'est-à-dire celles accomplies contre la volonté du pape — comme des atteintes à l'unité de l'Église, comme des actes intrinsèquement schismatiques ou comme des actes intrinsèquement mauvais. Aujourd'hui encore, le Code de droit canonique en vigueur classe les ordinations épiscopales illicites parmi les délits relatifs à la célébration des sacrements ou les qualifie d'actes d'usurpation de charge.

    En réalité, la norme exigeant un mandat pontifical pour les consécrations épiscopales relève du droit positif, et non du droit divin. Autrement, cette règle aurait été observée tout au long de l'histoire de l'Église, toujours, partout et par tous, sans exception. Certes, le mandat pontifical pour les consécrations épiscopales est ordinairement nécessaire ; il a été sagement institué afin de mieux garantir la soumission hiérarchique de l'épiscopat au pape.

    Le caractère extraordinaire de la crise actuelle de l'Église se manifeste, en l'occurrence, par le fait qu'une communauté dont la caractéristique essentielle est le désir d'être fidèle au Pape — ce que revendique la Fraternité Saint-Pie X — se trouve confrontée à un choix tragique : soit obéir au Pape, et se voir ainsi contrainte d'accepter des aspects incertains et confus de la doctrine et de la liturgie ; soit désobéir au Pape sur un point d'une gravité extrême, tel que le sacre d'évêques, dans l'unique intention de préserver les moyens de transmettre la foi et la liturgie dans leur pleine intégrité — au service des âmes et, par là même, de l'Église tout entière, y compris de la papauté elle-même.

    Il convient également de ne pas sous-estimer l'ampleur de la crise actuelle de l'Église, mais de l'examiner avec honnêteté en en remontant aux racines mêmes. Ces racines résident dans certaines affirmations doctrinales vagues et ambiguës du concile Vatican II qui, au cours des soixante dernières années, ont semé la confusion ; c'est le cas, notamment, du relativisme doctrinal découlant de l'enseignement et de la pratique de l'œcuménisme et du dialogue interreligieux, lesquels ont contribué à ébranler la conviction que Jésus-Christ et son Église constituent l'unique voie de salut. Par ailleurs, certaines défaillances doctrinales et rituelles de la réforme liturgique, marquée par des tendances protestantisantes, ont occulté la nature sacrificielle centrale de la messe ainsi que sa dimension christocentrique.

    Saint John Henry Newman a formulé cette observation remarquable et opportune : « Les évêques, lorsqu’ils n’enseignent pas de manière formelle [*ex cathedra*], peuvent errer, comme nous voyons qu’ils l’ont fait au IVe siècle. Le pape Libère a pu signer une formule eusébienne [arienne] à Sirmium, tout comme la masse des évêques à Rimini ou ailleurs, et pourtant, malgré cette erreur, ils pouvaient demeurer infaillibles dans leurs décisions *ex cathedra* » (*Arians of the Fourth Century*, Londres 1876, p. 464). Ce que Mgr Rudolf Graber, évêque de Ratisbonne, affirmait il y a plus de cinquante ans caractérise encore davantage la situation actuelle de l’Église : « Ce qui s’est passé il y a plus de 1600 ans se répète aujourd’hui, mais avec deux ou trois différences : Alexandrie représente aujourd’hui l’Église universelle tout entière, dont la stabilité est ébranlée, et ce qui fut entrepris à l’époque par la force physique et la cruauté se déplace désormais sur un autre plan. L’exil est remplacé par la relégation dans le silence de l’indifférence, et la mise à mort par l’assassinat de la réputation » (*Athanasius and the Church of Our Time*, Édimbourg 1974, p. 23 ; original : *Athanasius und die Kirche unserer Zeit*, Abensberg 1973).

    La FSSPX est pratiquement la seule communauté au sein de l’Église actuelle à attirer ouvertement l’attention sur les ambiguïtés doctrinales manifestes présentes dans certaines déclarations conciliaires et dans le rite de la Nouvelle Messe, réclamant une clarification sans équivoque et, si nécessaire, une modification, conformément au Magistère constant de l’Église. L’« herméneutique de la continuité » ou de la « réforme dans la continuité » — une approche en soi valable et utile — peut aussi devenir une sorte de « camisole de force », qui ne fait que masquer superficiellement les blessures causées par les ambiguïtés et la confusion doctrinales et liturgiques. En effet, le Saint-Siège exige une forme de raisonnement circulaire : tout serait en ordre, pour peu que l’on fournisse des efforts intellectuels suffisamment soutenus.

    En fait, par son insistance inlassable sur la clarté de la doctrine et de la liturgie, la FSSPX rend un immense service à l’Église tout entière — un service d’une portée historique. Si le Saint-Siège prenait au sérieux cette position de la FSSPX — et reconnaissait, par ailleurs, les ambiguïtés objectives présentes dans certaines déclarations du concile Vatican II ainsi que dans le rite de la Nouvelle Messe —, cela marquerait le début de la fin pour le projet moderniste au sein de l’Église, projet qui a en réalité pris naissance il y a plus d’un siècle.

    La crise actuelle entre le Saint-Siège et la FSSPX peut également être illustrée par la parabole suivante : un incendie se déclare dans une grande demeure. Le chef des pompiers n’autorise que l’emploi de nouvelles méthodes d’extinction, bien que celles-ci se soient révélées moins efficaces que les méthodes et outils anciens, éprouvés par l’usage. Un groupe de pompiers passe outre cet ordre, continue d’utiliser les méthodes ayant fait leurs preuves et recrute même de nouveaux pompiers — le tout en dépit de l’interdiction du chef — ; de fait, l’incendie est contenu en de nombreux endroits. Pourtant, ces pompiers sont qualifiés d’insoumis et de schismatiques, et sont sanctionnés pour cela.

    Pour filer la métaphore : le chef des pompiers n'admet désormais dans ses rangs que les pompiers qui reconnaissent les nouvelles méthodes et se conforment au nouveau règlement de la caserne. Toutefois, face à l'ampleur de l'incendie, à la lutte acharnée pour le contenir et à l'inefficacité des méthodes officielles, d'autres intervenants agissent avec désintéressement — bravant l'interdiction du chef — ; ils apportent leur savoir-faire, leurs connaissances et leur bonne volonté, contribuant finalement à sauver la maison même que le chef peinait à protéger.

    Le temps passe, le contexte historique évolue et un nouveau chef prend la relève ; il reconnaît les conséquences néfastes des nouvelles méthodes de lutte contre l'incendie. Non seulement il autorise à nouveau le recours aux anciennes méthodes, éprouvées de longue date, mais il en devient lui-même un ardent défenseur. Il reconnaît également la contribution des pompiers qui, jadis, avaient été incompris, sévèrement sanctionnés, mis au ban et exclus pour insoumission, et il les réintègre dans les rangs. En fin de compte, une fois ce grand bouleversement passé, ce qui avait été condamné comme un acte de désobéissance et de rébellion s'est révélé être un acte d'engagement désintéressé.

    L'histoire révélera un jour si les paroles suivantes de saint Augustin s'appliquent à la situation actuelle concernant la FSSPX :

    « Souvent, la Providence divine permet que même des hommes de bien soient chassés de la communauté du Christ par les séditions tumultueuses d'hommes charnels. Lorsqu'ils supportent patiemment cette injure ou ce tort pour le bien de la paix de l'Église, et qu'ils ne tentent aucune innovation relevant de l'hérésie ou du schisme, ils enseignent aux hommes comment servir Dieu avec une disposition véritable et une charité grande et sincère. L'intention de ces hommes est de revenir une fois le tumulte apaisé. Mais si cela n'est pas permis — soit parce que la tempête perdure, soit parce que leur retour risquerait d'en soulever une plus violente —, ils demeurent fermes dans leur résolution de rechercher le bien, même de ceux qui sont responsables des troubles et des agitations les ayant chassés. Ils ne forment pas de conventicules séparés, mais défendent jusqu'à la mort et soutiennent par leur témoignage la foi qu'ils savent être prêchée dans l'Église catholique. Le Père, qui voit dans le secret, les couronne dans le secret. Il semble que ce genre de chrétien soit rare, mais les exemples ne manquent pas. Ainsi, la Providence divine utilise toutes sortes d'hommes comme exemples pour la garde des âmes et pour l'édification de son peuple spirituel » (De vera religione, 6:11).

    Ce que saint Athanase écrivit à ses frères évêques du monde entier, en pleine crise de foi extraordinaire, s'applique également à notre époque :

    « Les canons et les décrets de l’Église n’ont pas été établis de nos jours ; ils nous ont été transmis, à juste titre et avec fermeté, par nos ancêtres. La foi, elle non plus, n’a pas pris naissance à notre époque ; elle nous est parvenue depuis le Seigneur par l’intermédiaire de ses disciples. Afin que les ordonnances conservées dans les Églises depuis les temps anciens jusqu’à nos jours ne se perdent pas à notre époque, et pour que le dépôt qui nous a été confié ne nous soit pas redemandé, réveillez-vous, frères — vous qui êtes les intendants des mystères de Dieu —, en voyant ces derniers désormais accaparés par des étrangers. » (Ep. encyclica, 1)

    Dans sa Providence, Dieu écrit droit même avec des lignes qui, d’un point de vue purement juridique, semblent tortueuses. Puisse-t-Il hâter la venue de ce jour. Réjouissons-nous au milieu de la tribulation et disons : je crois en l’invincibilité de l’Église et de la Papauté, et je crois que le Saint-Siège brillera un jour à nouveau comme la Chaire de vérité aux yeux du monde entier.

    [1] 17 août 2026, Déclaration de Son Excellence Mgr Athanasius Schneider, publiée par Diane Montagna’s Substack