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Foi

  • Ego clamavi (Introit du 29e dimanche du TO)

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    Ego clamavi, quoniam exaudisti me, Deus:
    inclina aurem tuam, et exaudi verba mea:
    custodi me, Domine, ut pupillam oculi:
    sub umbra alarum tuarum protege me.

    Moi, j’ai lancé mon appel, car vous m’avez exaucé, mon Dieu:

    prêtez-moi l’oreille, et exaucez mes paroles:
    gardez-moi, Seigneur, comme la prunelle de l’œil:
    à l’ombre de vos ailes protégez-moi.
    Ps.  1
    Exaudi Domine iustitiam meam:
    intende deprecationem meam.
    Écoutez, Seigneur, ma juste cause:
    soyez attentif à ma supplication.
  • Dimanche des missions : Qui va leur dire ?

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    Une homélie de l'abbé Christophe Cossement (Tournai) (archive 2013) :

    Qui va leur dire?

    homélie du 29e dimanche, « des missions »

    Le pape François fait des déclarations interpellantes, qui ne laissent pas les médias indifférents. Dernièrement il a dit que le prosélytisme était une bêtise grandeur nature1. Il pourrait y avoir des gens qui en concluraient qu’il ne faut pas parler explicitement de Dieu, du Christ, de notre foi en lui, mais plutôt servir, transformer l’Église en un grand service social. Or, le pape est bien clair : le service fait partie de l’action normale de toute communauté chrétienne et de tout chrétien, mais ce n’est pas à ce service que se résume la mission de l’Église et du baptisé. S’il ne faut pas de prosélytisme, il faut la mission, en faveur de tous ceux qui connaissent mal ou pas du tout l’amour de Dieu que le Christ nous révèle et nous fait vivre. Depuis le moment où il a été élu successeur de Pierre, le pape Bergoglio n’a pas arrêté d’inciter l’Église à « s’ouvrir », à atteindre les hommes jusque dans leurs plus lointaines « périphéries existentielles ». Il ne faut pas persuader, mais il faut annoncer.

    Sommes-nous convaincus que le Christ est pour tous, et que c’est manquer l’essentiel de sa vie que de l’ignorer ? Jadis on parlait du salut de l’âme et on craignait de ne pas être sauvés ou que des gens ne soient pas sauvés. Cela motivait à parler du Christ, mais c’était une motivation piégée, où la peur avait au moins autant d’importance que l’amour, où on répandait l’image d’un Dieu qui finalement demande des comptes et présente la facture de nos bêtises. Aujourd’hui on a tendance à penser que la foi n’est plus quelque chose de fondamental. Elle est un élément facultatif de la vie, un « si tu veux » qui ressemble à la crème fraîche qu’on peut ajouter sur ses fraises « si on veut, si on aime ça »… Nous considérons que le monde se sauve bien tout seul, ou qu’en tous cas les hommes de bonne volonté suffisent. « Qu’est-ce que la foi ajoute ? On n’a tout de même pas besoin d’être croyant pour faire le bien ! » Dieu devient une aide facultative, pour ceux qui ont le goût de la croyance.

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  • Message du Saint-Père Léon XIV pour la 100e Journée Mondiale des Missions

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    MESSAGE DU SAINT-PÉRE LÉON XIV
    POUR LA 100e JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 

    [18 octobre 2026

    ____________

    Un dans le Christ, unis dans la mission

    Chers frères et sœurs !

    Pour la Journée Mondiale des Missions 2026, qui marque le centenaire de cette célébration instituée par Pie XI et si chère à l’Église, j’ai choisi le thème « Un dans le Christ, unis dans la mission ». Après l’Année jubilaire, je souhaite exhorter toute l’Église à poursuivre avec joie et zèle dans l’Esprit Saint le chemin missionnaire, qui exige des cœurs unifiés dans le Christ, des communautés réconciliées et, chez tout le monde, une disponibilité pour collaborer avec générosité et confiance.

    En réfléchissant à notre être un dans le Christ et unis dans la mission, laissons-nous guider et inspirer par la grâce divine, afin de « renouveler en nous le feu de la vocation missionnaire » et d’avancer ensemble dans l’engagement de l’évangélisation, pour « une nouvelle ère missionnaire » dans l’histoire de l’Église (Homélie lors de la messe pour le Jubilé du monde missionnaire et des migrants, 5 octobre 2025).

    1. Un dans le Christ. Disciples-missionnaires unis en Lui et avec les frères et sœurs

    Au centre de la mission se trouve le mystère de l’union avec le Christ. Avant sa Passion, Jésus a prié le Père : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’ils soient un en nous eux aussi » (Jn 17, 21). Ces paroles révèlent le désir le plus profond du Seigneur Jésus et, en même temps, l’identité de l’Église, communauté de ses disciples : être une communion qui naît de la Trinité et qui vit de et dans la Trinité, au service de la fraternité entre tous les êtres humains et de l’harmonie avec toutes les créatures.

    Être chrétien n’est pas avant tout un ensemble de pratiques ou d’idées : c’est une vie en union avec le Christ, dans laquelle nous sommes rendus participants de la relation filiale qu’Il vit avec le Père dans l’Esprit Saint. Cela signifie demeurer dans le Christ comme les sarments en la vigne (cf. Jn 15, 4), immergés dans la vie trinitaire. De cette union jaillit la communion réciproque entre les croyants et naît toute fécondité missionnaire. Oui, « la communion est à la fois source et fruit de la mission », comme l’enseignait saint Jean-Paul II (cf. Exhort. ap. Christifideles laici, 32).

    C’est pourquoi la première responsabilité missionnaire de l’Église est de renouveler et de maintenir vivante l’unité spirituelle et fraternelle entre ses membres. Dans de nombreuses situations, nous assistons à des conflits, des polarisations, des incompréhensions, une méfiance réciproque. Lorsque cela se produit également dans nos communautés, leur témoignage en est affaibli. La mission évangélisatrice que le Christ a confiée aux disciples exige avant tout des cœurs réconciliés et désireux de communion. Dans cette optique, il sera important d’intensifier l’engagement œcuménique avec toutes les Églises chrétiennes, en saisissant également les occasions offertes par la célébration commune du 1700e anniversaire du Concile de Nicée.

    Enfin, et ce n’est pas le moins important, être « un dans le Christ » nous appelle à toujours garder les yeux tournés vers le Seigneur, afin qu’Il soit vraiment au centre de la vie personnelle et communautaire, de toute parole, action, relation interpersonnelle, de sorte que nous puissions dire avec émerveillement : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Cela sera possible par l’écoute constante de sa Parole et par la grâce des sacrements, afin d’être des pierres vivantes de l’Église qui est aujourd’hui appelée à recueillir les demandes fondamentales du Concile Vatican II et du Magistère pontifical qui a suivi, en particulier celui du Pape François. En effet, comme l’affirme saint Paul, « ce n’est pas nous que nous prêchons mais le Christ Seigneur » (2 Co 4, 5). Je répète donc les paroles de saint Paul VI : « Il n’y a pas de véritable évangélisation si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Royaume, le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, ne sont pas proclamés » (Exhort. ap. Evangelii nuntiandi, 22). Ce processus d’évangélisation authentique commence dans le cœur de chaque chrétien pour s’étendre à toute l’humanité.

    Ainsi, plus nous serons unis dans le Christ, plus nous pourrons accomplir ensemble la mission qu’Il nous confie.

    2. Unis dans la mission. Pour que le monde croie dans le Christ Seigneur

    L’unité des disciples n’est pas une fin en soi : elle est ordonnée à la mission. Jésus l’affirme clairement : « Pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). C’est dans le témoignage d’une communauté réconciliée, fraternelle et solidaire que l’annonce de l’Évangile trouve toute sa force communicative.

    Dans cette perspective, il convient de rappeler la devise du bienheureux Paolo Manna : « Toute l’Église pour la conversion du monde entier ». Celle-ci exprime de manière synthétique l’idéal qui a animé la fondation, en 1916, de l’Union Pontificale Missionnaire. À l’occasion de son 110e anniversaire, je lui adresse ma reconnaissance et ma bénédiction pour son engagement à animer et à former l’esprit missionnaire des prêtres, des personnes consacrées et des fidèles laïcs, en favorisant l’union de toutes les forces évangélisatrices. En effet, aucun baptisé n’est étranger ni indifférent à la mission : tous, chacun selon sa vocation et sa condition de vie, participent à la grande œuvre que le Christ confie à son Église. Comme l’a rappelé à plusieurs reprises le Pape François, l’annonce de l’Évangile est toujours une action chorale, communautaire, synodale.

    C’est pourquoi être unis dans la mission revient à préserver et à nourrir la spiritualité de communion et de collaboration missionnaire. En grandissant chaque jour dans cette attitude, nous apprenons, avec la grâce divine, à regarder nos frères et sœurs toujours davantage avec les yeux de la foi, à reconnaître avec joie le bien que l’Esprit suscite en chacun, à accueillir la diversité comme une richesse, à porter les fardeaux les uns des autres et à rechercher toujours l’unité qui vient d’En Haut. En effet, nous avons tous ensemble une seule mission provenant d’ « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, partout, et en tous » (Ep 4, 5-6). Cette spiritualité constitue la forme quotidienne du fait d’être disciple missionnaire. Elle nous aide à retrouver une vision universelle de la mission évangélisatrice de l’Église, en dépassant la fragmentation des efforts et les divisions en factions – “de Paul”, “d’Apollos” – entre les disciples du Seigneur unique (cf. 1 Co 1, 10-12).

    L’unité missionnaire ne doit évidemment pas être comprise comme une uniformité, mais comme une convergence des différents charismes vers un même but : rendre visible l’amour du Christ et inviter chacun à Le rencontrer. L’évangélisation se réalise lorsque les communautés locales collaborent entre elles et lorsque les différences culturelles, spirituelles et liturgiques s’expriment pleinement et harmonieusement dans la même foi. J’encourage donc les institutions et les réalités ecclésiales à renforcer le sens de la communion missionnaire ecclésiale et à développer avec créativité les voies concrètes de collaboration entre elles pour et dans la mission.

    À ce propos, je remercie les Œuvres Pontificales Missionnaires pour leur service à la coopération missionnaire, dont j’ai déjà fait l’expérience avec gratitude pendant mon ministère au Pérou. Ces œuvres – Propagation de la Foi, Enfance Missionnaire, Saint Pierre Apôtre et Union Missionnaire – continuent à nourrir et à former la conscience missionnaire des fidèles, petits et grands, et à promouvoir un réseau de prière et de charité qui relie les communautés du monde entier. Il est significatif que la fondatrice de l’Œuvre de la Propagation de la Foi, la bienheureuse Pauline Marie Jaricot, ait conçu il y a deux cents ans le Rosaire vivant, qui rassemble encore aujourd’hui de nombreux fidèles en groupes à distance pour prier pour tous les besoins spirituels et missionnaires. Il convient également de rappeler que c’est précisément sur la proposition de l’Œuvre de la Propagation de la Foi que Pie XI institua en 1926 la célébration de la Journée Mondiale des Missions, dont les offrandes recueillies chaque année sont distribuées par celle-ci, au nom du Pape, pour les divers besoins de la mission de l’Église. Les quatre Œuvres, dans leur ensemble et chacune dans sa spécificité, continuent donc à jouer un rôle précieux pour toute l’Église. Elles sont un signe vivant de l’unité et de la communion missionnaire ecclésiale. J’invite tout le monde à collaborer avec elles dans un esprit de gratitude.

    3. Mission d’amour. Annoncer, vivre et partager l’amour fidèle de Dieu

    Si l’unité est la condition de la mission, l’amour en est la substance. La Bonne Nouvelle que nous sommes envoyés annoncer au monde n’est pas un idéal abstrait : c’est l’Évangile de l’amour fidèle de Dieu, incarné dans le visage et la vie de Jésus-Christ.

    La mission des disciples et de toute l’Église est le prolongement, dans l’Esprit Saint, de celle du Christ : une mission qui naît de l’amour, se vit dans l’amour et conduit à l’amour. À tel point que le Seigneur lui-même, dans sa grande prière au Père avant sa Passion, après avoir invoqué l’unité des disciples, conclut ainsi : « Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et que moi aussi, je sois en eux » (Jn 17, 26). Les Apôtres ont ensuite évangélisé, poussés par l’amour du Christ et pour le Christ (cf. 2 Co 5, 14). De la même manière, au cours des siècles, des foules de chrétiens, de martyrs, de confesseurs, de missionnaires ont donné leur vie pour faire connaître cet amour divin au monde. Ainsi, la mission évangélisatrice de l’Église se poursuit sous la conduite de l’Esprit Saint, Esprit d’amour, jusqu’à la fin des temps.

    Je tiens donc à remercier tout particulièrement les missionnaires ad gentes d’aujourd’hui : des personnes qui, comme saint François Xavier, ont quitté leur terre, leur famille et toute forme de sécurité pour annoncer l’Évangile, apportant le Christ et son amour dans des lieux souvent difficiles, pauvres, marqués par des conflits ou culturellement éloignés. Ils continuent à se donner avec joie malgré les adversités et les limites humaines, car ils savent que le Christ lui-même, avec son Évangile, est la plus grande richesse à partager. Par leur persévérance, ils montrent que l’amour de Dieu est plus fort que toute barrière. Le monde a encore besoin de ces courageux témoins du Christ, et les communautés ecclésiales ont encore besoin de nouvelles vocations missionnaires, que nous devons toujours garder à cœur et pour lesquelles nous devons sans cesse prier le Père. Qu’Il nous accorde le don de jeunes et d’adultes prêts à tout quitter pour suivre le Christ sur le chemin de l’évangélisation jusqu’aux extrémités de la terre !

    En admirant les missionnaires, j’adresse un appel particulier à toute l’Église : unissons-nous tous à eux dans la mission évangélisatrice par le témoignage de la vie dans le Christ, la prière et la contribution pour les missions. Souvent, nous le savons, « l’amour n’est pas aimé », comme l’a dit saint François d’Assise, vers qui nous tournons notre regard tout particulièrement 800 ans après son entrée au ciel. Laissons-nous contaminer par son désir de vivre dans l’amour du Seigneur et de le transmettre à nos proches comme à ceux qui sont loin, car, comme il l’affirmait, « il faut beaucoup aimer l’amour de Celui qui nous a tant aimés » (Saint Bonaventure de Bagnoregio, Leggenda maggiore, chap. IX, 1 ; Fonti francescane, 1161). Sentons-nous également stimulés par le zèle de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui s’était fixé pour objectif de poursuivre sa mission même après sa mort, déclarant : « Au Ciel, je désirerai la même chose que sur terre : aimer Jésus et le faire aimer » (Lettre au révérend M. Bellière, 24 février 1897).

    Encouragés par ces témoignages, engageons-nous tous à contribuer, chacun selon sa vocation et les dons reçus, à la grande mission évangélisatrice, qui est toujours une œuvre d’amour. Vos prières et votre soutien concret, en particulier à l’occasion de la Journée Mondiale des Missions, seront d’une grande aide pour apporter l’Évangile de l’amour de Dieu à chacun, en particulier aux plus pauvres et aux plus nécessiteux. Chaque don, même le plus modeste, devient un acte important de communion missionnaire. Je renouvelle donc mes sincères remerciements « pour tout ce que vous ferez pour m’aider à aider les missionnaires partout dans le monde » (Message vidéo pour la Journée Mondiale des Missions 2025). Et afin de favoriser la communion spirituelle, je vous laisse, avec ma bénédiction, cette simple prière :

    Père saint, accorde-nous d’être un dans le Christ, enracinés dans son amour qui unit et renouvelle. Fais que tous les membres de l’Église soient unis dans la mission, dociles à l’Esprit Saint, courageux dans le témoignage de l’Évangile, annonçant et incarnant chaque jour ton amour fidèle pour toute créature.

    Bénis les missionnaires, soutiens-les dans leurs efforts, garde-les dans l’espérance !

    Marie, Reine des missions, accompagne notre œuvre d’évangélisation aux quatre coins de la terre : fais de nous des instruments de paix, et fais que le monde entier reconnaisse dans le Christ la lumière qui sauve. Amen.

    Du Vatican, le 25 janvier 2026, Troisième dimanche du Temps ordinaire, fête de la Conversion de Saint Paul

    LÉON PP. XIV

  • "Les césars changent, Dieu demeure"

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    Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à St Germain de l’Auxerrois (source)

    Saint-Germain de l’Auxerrois (1er) - (archive 18 octobre 2020)

    29e dimanche du temps ordinaire – Année A

    - Is 45,1.4-6 ; Ps 95, 1.3-5.7-10 ; 1 Th 1,1-5 ; Mt 22,15-21

    « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22,21).

    Cette parole du Christ a traversé l’histoire. Pour beaucoup d’analystes, elle a permis de séparer le temporel du spirituel, ce qui vient des hommes et ce qui vient de Dieu. Les affaires publiques et la chose privée. En réalité, l’histoire nous enseigne que ce n’est pas aussi simple.

    Des gouvernants et des rois ont voulu gérer les affaires de l’Église. Constantin au concile de Nicée, Charlemagne pour résoudre la question épineuse du filioque, l’empereur d’Allemagne Henri IV pour nommer les évêques à la place du Pape, Henri VIII d’Angleterre… A contrario, des hommes d’Église se sont piqués de gouverner les états ou de s’immiscer dans leurs affaires.

    Cette question aujourd’hui se pose particulièrement avec l’extension du salafisme. Certains sondages nous révèlent qu’une majorité de musulmans préfèrent obéir à la charia plutôt qu’aux lois de la République. Et nous alors, les chrétiens ?

    Il y a une tradition portée par saint Paul et saint Pierre dès le début du christianisme. D’un côté, ils demandent le respect de l’autorité, la participation citoyenne et l’obéissance aux lois du pays dans lequel vivent les chrétiens (Rm 13, 1 ; 1Tm 2, 1-2 ; 1P 2, 13-14).

    En même temps, la tradition catholique valorise le primat de la conscience. Saint Pierre écrit : « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29). Ainsi les premiers chrétiens ont refusé d’adorer l’empereur de Rome comme un dieu. Ils l’ont payé de leur vie.

    Aujourd’hui encore, il est légitime de faire valoir son droit à l’objection de conscience chaque fois qu’il apparaît une injustice inacceptable. Cette objection est même un devoir. Ainsi s’exprime l’encyclique de saint Jean Paul II L’Évangile de la vie (73). Le 2e procès de Nuremberg a opposé ce principe en réponse aux médecins des camps qui invoquaient leur obéissance aux ordres pour justifier leur attitude. Il n’est pas acceptable de poser un acte contraire à sa conscience, comme pratiquer un avortement pour un médecin qui a intégré le serment d’Hippocrate dans lequel est écrit le respect de toute vie : « Je ne donnerai pas de pessaire abortif ». Alors, que penser ?

    Écoutons Jésus répondre à Pilate qui pense avoir le droit de vie et de mort sur lui : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi s’il ne t’était donné d’en haut » (Jn 19, 11). Encore une fois il s’agit du principe de subsidiarité. Dieu permet à un homme de gouverner parce qu’il entre dans ses projets, comme Cyrus le roi de Perse dans la première lecture. Ce dernier doit exercer son rôle pour le bien de tous et doit être respecté. En revanche, s’il outrepasse sa fonction et contrevient au bien commun, ses décisions deviennent invalides. Le bien commun, différent de l’intérêt général qui peut supporter le sacrifice du plus faible, peut être recherché indépendamment d’un lien conscient à Dieu puisqu’il s’agit du bien de chacun, personnellement et ensemble. Les chrétiens, inspirés par l’amour de Dieu, y sont particulièrement sensibles. Ils peuvent et doivent s’engager dans la chose publique (res publica) au service du bien de tous. Mais il convient que jamais ils n’oublient que la source de leur action vient de Dieu qui est Amour. Si nos pièces de monnaie sont à l’effigie de l’un ou l’autre César d’aujourd’hui, nous sommes nous, et pour toujours, à l’effigie de Dieu. Les césars changent, Dieu demeure.

    +Michel Aupetit, archevêque de Paris.

  • Rendre à Dieu ce qui est à Dieu (29e dimanche ordinaire)

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    "Benoît et moi" met en ligne la traduction d'une homélie de l'évêque de Cordoue que nous livrons à votre méditation en ce 29e dimanche "ordinaire"

    (archive 2011)

    Dieu et César
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    Dans l’Évangile de ce dimanche Jésus a établi un principe aux énormes conséquences pour la vie sociale des peuples et des nations, qui sont composées de personnes individuelles. «Donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » - Matthieu XXII, 21 – (ndt dans saVersion latine de la Sacra Biblia Vulgata Clementina : Reddite ergo quæ sunt Cæsaris, Cæsari : et quæ sunt Dei, Deo). Il s’agit d’un principe pré-politique d’une importance capitale, également de nos jours. Beaucoup de conflits qui aujourd’hui prennent naissance dans la vie sociale proviennent du non respect de ce principe que le Christ a introduit dans l’histoire et dans la vie des hommes et qui est un principe que se trouve à la portée de la raison humaine.

    Dieu est le créateur de l’univers et il a également doté l’homme de la capacité de vivre dans la société. L’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu est un être social par nature. Et dans la société nous trouvons des personnes de tout type, les uns croyants, les autres non. Les uns ont telle religion, d’autres l’autre. Tout n’est pas égal, de même que tout ne vaut pas la même chose. Nous ne devons pas non plus laisser chacun avec la sienne, dans un relativisme avec l’apparence de la tolérance, qui dévalue tout.

    À cela s’ajoute l’attitude de ceux qui veulent se passer de Dieu et qui sont dérangés par tout ce qui fait référence à Dieu, passant à une attitude qui exclut et parfois attaque tout ce qui est religieux, surtout s’il s’agit de la religion catholique. La vérité doit être recherchée inlassablement et le cœur humain est capable de l’atteindre, principalement quand Dieu est venu à la rencontre de l’homme pour nous la communiquer.

    « Donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Le vie humaine a ses lois propres et son autonomie que nous devons tous respecter. Mais de telles lois ont une source propre et leur propre limite. L’autonomie des réalités temporelles signifie que l’autorité civile doit donner des règles à la coexistence de tous les citoyens à travers les organes propres du gouvernement, mais elle doit le faire dans le respect de la loi naturelle et du droit naturel, accessible à toute raison humaine.

    « Le christianisme n’a jamais imposé à l’État et à la société un droit révélé, un ordre juridique dérivé de la révélation, mais s’en est remis à la nature et à la raison comme véritables sources de droit », rappelait Benoît XVI au Parlement allemand récemment (22.09.2011). C'est pourquoi une grande partie de la matière qui doit être réglée juridiquement a comme critère celui de la majorité, mais sur des questions fondamentales dans lesquelles est en jeu la dignité humaine, le principe de la majorité ne suffit pas. Il est nécessaire d’avoir recours au droit naturel de manière à ce que les lois n’aillent jamais contre l’homme.

    Faire que Dieu gouverne tout c’est ignorer qu’il faut donner à César ce qui est à César. Se passer de Dieu et de toute influence de la religion dans le fonctionnement de la société c’est se fermer à l’influence bénéfique que l’homme reçoit de Dieu à travers la religion. Le monde contemporain a besoin de se rappeler ce principe de l’Évangile, qui est le fondement de la liberté religieuse, de l’autonomie des réalités temporelles et en définitive du droit naturel, accessible à la raison de tous les hommes. Étouffer toute relation avec Dieu sous prétexte de l’autonomie humaine comme le fait la raison positiviste, c’est comme nous enfermer dans un édifice de béton armée sans fenêtres, dans lequel nous nous fabriquons par nous-mêmes le climat et la lumière, sans ne plus vouloir recevoir ces deux choses du grand monde de Dieu. Nous avons besoin d’ouvrir à notre époque les fenêtres à Dieu qui ne supprime pas les droits de César, mais les garantit dans une liberté que l’homme seul pour atteindre quand il a Dieu.

    Recevez mon affection et ma bénédiction.

    + Demetrio Fernández, évêque de Cordoue.

  • L'évangéliste saint Luc (18 octobre)

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    San_Luca_I.jpgD'"Evangile au Quotidien" :

    Saint Luc

    Évangéliste et martyr (Ier siècle)

    Luc, né à Antioche, est une des principales gloires de cette ville. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore même si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée.

    Luc selon le témoignage de saint Paul, à la fin de sa Lettre aux Colossiens « Vous avez la salutation de Luc, le médecin bien-aimé, et de Démas. » (4, 14), était médecin. Personne n'a autant mérité que lui le titre de « porteur de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur » !

    Son œuvre comporte deux parties reliées par Jérusalem : son Évangile en est comme l'ascension depuis Bethléem et Nazareth (l'évangile de l'Enfance), et le témoignage des Actes des Apôtres nous conduit de Jérusalem à Rome. Saint Luc nous a ainsi laissé, avec saint Paul, la plus importante contribution personnelle au Nouveau Testament : il est l'historien de l'Église naissante.

    Ami et compagnon de saint Paul, avec Timothée il sera l'un des amis les plus intimes de l'Apôtre des Nations, spécialement au cours des 2e et 3e missions, à travers l'Asie mineure, la Grèce, la Méditerranée et enfin Rome.

    Saint Luc, en communion étroite avec le témoignage des Apôtres et de l'Église de Jérusalem, se fera, selon l'expression de Dante, « le chantre de la mansuétude du Christ » ! Dans la personne et le visage de Jésus le Sauveur, Luc met d'abord en relief, avec une très vive sensibilité, l'amour qui est tendresse et miséricorde.

    C'est dans son évangile qu'on trouve les récits les plus forts : de l'Agonie de Jésus au Jardin des oliviers, de l'accueil sans limites à tous les pécheurs, à tous les malades d'où qu'ils viennent. On y trouve les paraboles du publicain et du bon Samaritain et le témoignage du bandit qui meurt dans la paix, en croix près de Jésus. Les femmes, dans l'œuvre de saint Luc, ont une place considérable qui correspond parfaitement aux attitudes du Seigneur : l'accueil de la pécheresse, l'hospitalité de Marthe et l'écoute de Marie à Béthanie, les veuves de Naïm et du Temple…et surtout la place faite à Marie, Mère de Jésus. Luc nous en a laissé la plus belle Icône en témoignant : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » (Luc 2,19)

    Qui n'a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ? D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait, et la divine Mère aurait consenti à poser devant lui ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : « Ma grâce sera toujours avec cette image. » Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux.

    Les Actes s'achevant brutalement, sans que l'on sache ce qu'il advint de saint Paul toujours détenu à Rome, le lecteur en conclut que saint Luc mourut avant lui. Cependant, Selon Épiphane (Haer. 51), à la mort de Paul, Luc serait revenu évangéliser en Macédoine. Vivant une vie de moine, il serait mort à l'âge de 84 ans.

    Selon d'autres sources, il aurait connu le martyre (crucifiement). Au IVe siècle, sa dépouille aurait été transférée de Patras à l'église des Apôtres de Constantinople, ce qui donna lieu à la dispersion et la vénération de nombreuses reliques du saint (comme celle de sa tête emportée par saint Grégoire jusqu'à Rome) ; en outre, plusieurs icônes de la Vierge étaient considérées comme ayant été peintes par saint Luc, car à sa pratique des langues, du droit et de la médecine il aurait ajouté celle de la peinture.

    Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

    Luc est symbolisé par le taureau, animal de sacrifice, parce que son évangile commence par l'évocation d'un prêtre sacrificateur desservant le Temple de Jérusalem : Zacharie, le père de Jean-Baptiste.

    Pour un approfondissement :
    >>> Livre des Actes des Apôtres
    >>> Évangile selon saint Luc

    Sources principales : lejourduseigneur.com ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).

  • Saint Luc (18 octobre), un évangéliste soucieux d'exactitude historique

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    Extraits des Evangiles de Noël du Père René Laurentin (1999) :

    L'historicité de l'Evangile de l'enfance selon Saint Luc

    • L'évangile de l'enfance selon Luc est préfacé par une claire déclaration d'historicité :

    « Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des évènements accomplis parmi nous, d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent depuis le commencement témoins oculaires, et sont devenus serviteurs de la Parole, il m'a paru bon, à moi aussi, après m'être rigoureusement informé de tout depuis l'origine, d'en écrire pour toi un récit en bon ordre excellent Théophile, pour que tu saches la certitude des paroles que tu as reçues. »

    Le souci des « témoins oculaires », affirmé par ce Prologue, est patent dans les deux chapitres de l'enfance. Luc se réfère, à 3 reprises, aux témoins qui « gardaient ces paroles évènements » dans leur coeur (Luc 1, 66 ; 2, 19 et 51). Et son Évangile témoigne constamment du souci de s'informer, non seulement auprès des Douze, mais de la famille de Jésus, et des femmes qui l'avaient accompagné comme disciples dans son ministère (Ac 8, 1-3, etc.). Dans les actes des Apôtres (1, 14), il situe en bonne place dans la communauté primitive, ces 2 catégories (femmes et famille) au recoupement desquelles il nomme : « Marie, Mère de Jésus », témoin et source des récits de l'enfance, selon Lc 2, 19 et 51.

    • L'examen attentif des Évangiles de l'enfance manifeste leur souci d'une référence exacte aux faits et évènements. J'ai détaillé ces indices dans les Évangiles de l'enfance. En voici quelques-uns : 

    Luc a écrit le récit de la Visitation en reprenant, pas à pas, des thèmes et termes du transfert de l'Arche d'Alliance selon 2 S 6. Invente-t-il donc ce récit selon ce modèle symbolique ? On a un indice du contraire : « l'arche demeura 3 mois dans la maison d'Obededom », disait le récit-modèle (2 S 6, 11). Luc reprend cette phrase et ce chiffre en 1, 56 pour évaluer le temps que Marie passa dans la maison de Zacharie. Mais il ajoute le mot « environ » qui n'appartient pas au texte source. Cette nuance manifeste le souci de ne pas forcer le rapprochement. 

    Il ne fait pas de Marie une descendante de David, ce qui l'aurait bien arrangé pour étoffer les attaches davidiques du Christ. A partir du IIe siècle, les écrivains chrétiens, animé du même zèle généalogique, n'auront pas la même retenue. Ils feront de Marie une descendante de David, non par information, mais par logique et convenance. Luc est plus rigoureux. Il ne précise pas l'ascendance de Marie. Il lui eut pourtant été facile de l'affirmer avec celle de Joseph (1, 27) : « Tous deux », aurait-il pu dire, comme il dit 2 fois pour le couple Zacharie-Elisabeth. A la différence de cette dernière (1, 5) et de la prophétesse Anne (2, 36), Marie est la seule femme dont il ne précise pas la lignée. 

    Pour que le Christ cumule les traits des 2 Messies de Qumran : « Messie royal issu de David et Messie sacerdotal issu d'Aaron », Luc manifeste les attaches sacerdotales de Jésus : Elisabeth était « descendante d'Aaron (1, 5), et Marie, sa parente » (1, 36), dit-il. Mais il laisse ce lien dans le vague, et ne dit point Marie descendante d'Aaron. 

    René Laurentin, Les évangiles de Noël, Desclée, 1999

  • Saint Luc, évangéliste, patron des médecins, des sculpteurs et des peintres

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    Du blog "Christ Roi" :

    Patron des médecins, des sculpteurs et des peintres.

    Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

    Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

    Saint Luc, né à Antioche. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée. (1)

    L'historien des débuts de la vie de l'Église

    Doué d'un caractère ferme et d'une belle intelligence, il fut très habile médecin (Col 4,14), et ne dédaignait pas, dans ses loisirs, de cultiver l'art de la peinture, pour lequel il avait un goût prononcé.

    Il possédait une culture grecque vaste et une connaissance approfondie de la tradition et des observances juives, comme les observances alimentaires (Ac 10), le culte juif synagogal du sabbat à Antioche de Pisidie, composé de la lecture de la Loi et des Prophètes, et d'une parole d’exhortation qui est un commentaire homilétique de l'Écriture (Ac 13, 14-15).

    Dans son Évangile, il exposa avec soin tout ce que Jésus a fait et enseigné, en scribe de la miséricorde du Christ, et, dans les Actes des Apôtres, il se fit l'historien des débuts de la vie de l'Église jusqu'au premier séjour de saint Paul à Rome. (Martyrologe romain)

    On n'a pas connaissance dans l'Antiquité d'un païen aussi fin connaisseur du judaïsme et de la Septante. Une hypothèse récente établit que Luc viendrait de la mouvance des Craignant-Dieu, c'est-à-dire des païens attirés par le judaïsme et vivant dans son orbite. (2)

    La tradition chrétienne le considère comme l'auteur de l'Évangile qui porte son nom ainsi que des Actes des Apôtres. (3)

    Pentecôte

    Luc serait sûrement arrivé à l'une des premières charges de la cité, quand il renonça à son brillant avenir pour aller voir, en Judée, ce Jésus qui venait d'inaugurer sa vie publique, et dont le nom, la doctrine, les miracles, faisaient grand bruit dans tous les pays voisins. Il le vit, crut en sa mission divine, et prenant pour lui la parole du Maître : Que celui qui veut être mon disciple quitte tout et me suive, il suivit dès lors le Sauveur pas à pas dans ses courses apostoliques ; il fut témoin de sa Passion, de sa Résurrection, de son Ascension, reçut le Saint-Esprit au Cénacle, le jour de la Pentecôte - ou envoi de l'Esprit-Saint sur les Apôtres que Luc affiche comme l'évènement fondateur de la Chrétienté - (Ac 1,13-14), et partit pour évangéliser Antioche, sa patrie.

    Plein d'enthousiasme pour le génie de saint Paul, Luc le prit pour son maître et se joignit à lui pour l'aider dans ses travaux ; il lui fut si fidèle, qu'il l'accompagna dans tous ses voyages et supporta patiemment avec lui fatigues, souffrances et persécutions. 

    Après la mort du grand apôtre, Luc continua son apostolat en Italie, dans les Gaules, la Dalmatie, la Macédoine. Il rédige en Grèce, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ses deux ouvrages, l'Évangile qui porte son nom et les Actes des Apôtres.

    Son Évangile est surtout précieux par ses récits assez détaillés des mystères de l'Incarnation et de la Nativité du Sauveur, de l'Annonciation et de la Visitation. Les Actes des Apôtres servirent à faire disparaître beaucoup de mensonges qu'on répandait sur le christianisme naissant, et à confirmer les fidèles dans la foi.

    L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60. L'Évangile selon Marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50. L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60." (4)

    Les Actes des Apôtres sont la suite de l'Évangile selon Luc. D'un point de vue historien, ils ont été considérés comme rapportant des récits sur l'histoire des origines du christianisme. Leur premier objectif pourrait avoir été de montrer aux disciples de Jésus que le message de Pierre et de Paul est tout aussi légitime que celui de Jacques le Juste si ce n'est plus et de présenter les apôtres Pierre et Paul comme les continuateurs principaux de l'oeuvre de leur maître, le Messie Jésus. (5)

    Cette oeuvre (Évangile selon Luc + Actes des Apôtres) attribuée à Luc, [...] présente l'activité religieuse du mouvement des disciples de Jésus à ses débuts." (6)

    Pour les exégètes, l'auteur "lucanien" expose comment Dieu se détourne d'Israël qui refuse le Messie pour adopter l'universalité du monde gréco-romain, tout en situant l'Église dans l'exacte continuité d'Israël, dans une volonté de tenir ensemble les Judéens qui accueillent Jésus-Messie et les Gréco-Romains "craignant Dieu". (7)

    Simon Claude Mimouni avance l'hypothèse que les élites judéennes disparues de certaines régions de la Diaspora romaine de langue grecque entre 70 et 135, voire après, consécutivement à la destruction du Temple de Jérusalem, "n'ont pas tout simplement adhéré au mouvement chrétien, [...] et n'existant plus désormais que comme chrétiennes. [...] Auquel cas, les Actes des Apôtres, quelques décennies plus tard auraient joué leur rôle auprès des Judéens de la Diaspora romaine." (8)

    Les autorités chrétiennes de la seconde moitié du IIe siècle (150-200) ont intégré l'Évangile selon Luc au corpus des Évangiles, en constituant ainsi le "premier canon dont le document de Muratori pourrait en être le témoin principal." (9)

    Saint-Luc-Evangeliste.jpg
    Saint Luc, Évangéliste

    Qui n'a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ?

    Un tableau de la Vierge Marie fut retrouvé à Jérusalem quelques années après sa mort : on considère que saint Luc en est l'auteur. (10)

    D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait [Selon la tradition, la représentation de "Notre-Dame du Perpétuel Secours" est tiré de ce premier dessin] ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : "Ma grâce sera toujours avec cette image."

    Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux. 

    C'est lui qui nous a parlé avec tant de délicatesse de la Mère de Dieu, la toute pure et toujours Vierge Marie dont il nous dit: "Elle méditait toutes ces choses en son cœur", ce qui veut dire qu'avec amour Marie relisait dans sa mémoire les faits et gestes du Seigneur, pour en approfondir toute la signification, comme saint Luc l'a fait en écoutant saint Paul et en nous transmettant cet évangile de la bonté de notre Père du ciel.(11)

    Luc répandit son sang pour la foi, à l'âge de 84 ans, soit dans le Péloponnèse, soit en Bithynie.

    Saint Luc, fêté le 18 octobre, dans Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011. (12)

    Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

    En France, l'Académie de Saint-Luc préfigurait avant la Révolution l'Académie des Beaux-Arts.

    Saint Luc est représenté accompagné ou symbolisé par un taureau. (13)

    Saint Luc, Évangéliste, Patron des médecins (Ier s.)

    "Je m’engage à suivre Luc, Saint Patron des soignants, en montrant par mon attention aux autres que le seul souhait du Sauveur est de nous guérir de notre mal intérieur par Sa Miséricorde pour pouvoir ainsi accéder au Royaume de l’amour éternel qui nous unit au Seigneur !" (Mgr JM LE GALL Twitter)(14)

    Saint Luc peignant la Madone, Andrea Delitio, 1477

    Saint Luc peignant la Madone, Andrea Delitio, 1477

    Sources : (1) l'Évangile au quotidien ; (2) Daniel Marguerat, Le Judaïsme synagogal dans les Actes des Apôtres, dans Les Judaïsmes dans tous leurs états, aux Ier – IIIe siècles (Les Judéens des Synagogues, les chrétiens et les rabbins), Actes du Colloque de Lausanne, 12 – 14 décembre 2012, publiés sous la direction de Claire Clivaz, Simon Claude Mimouni et Bernard Pouderon, Brepols 2015 , p. 182-184 ; (3) Wikipedia ; (4) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 21 ; (5) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid.,, p. 88-90 ; (6) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p.  117 ; (7) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 103 ; (8) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 108 ; (9) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 99 ; (10) Priya Hemenway, Saints, Evergreen, Taschen 2007 p. 57 ; (11) Nominis ; (12) Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 115 ; (13) Marguerite-Marie Thiollier, Dictionnaire des religions, Collection Marabout Université, Saint-Amand 1982, p. 222-223 ; (14) https://twitter.com/mgrjmlegall/status/1582236232255696896?s=20&t=6ZoGcFKqBt-pkUx0w-XwLw

  • Saint Luc et la Vierge Marie

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    Le site "Marie de Nazareth", très bien construit, analyse l'évangile de saint Luc (fêté ce 18 octobre) et la très riche information qu'il contient concernant la Vierge Marie :

    L'Evangile selon saint Luc et la Vierge Marie

    Saint Luc est celui qui parle le plus de la Vierge Marie : sur 152 versets du Nouveau Testament regardant la Vierge de Nazareth,  environ 90 sont en Luc (cliquer sur les liens pour accéder aux textes).

    Evangile selon St Luc

  • Le cardinal Semeraro béatifiera ce samedi à Ibiza vingt prêtres assassinés par haine de la foi en 1936.

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    D'InfoVaticana :

    Semeraro béatifiera ce samedi à Ibiza vingt prêtres assassinés par haine de la foi en 1936.

    Juan Torres et ses dix-neuf compagnons, âgés de 24 à 77 ans, sont décédés entre le 7 août et le 13 septembre 1936 ; dix-sept d’entre eux, au château de Dalt Vila.

    Le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les causes des saints, béatifiera Juan Torres Torres et dix-neuf de ses compagnons ce samedi 17 octobre à 11 h à la cathédrale d'Ibiza. Ces prêtres diocésains ont été assassinés par haine de la foi entre août et septembre 1936 sur le territoire du diocèse d'Ibiza. Le cardinal Semeraro présidera la cérémonie au nom de Léon XIV, qui a autorisé la promulgation du décret reconnaissant leur martyre le 18 juin. Selon le diocèse, il s'agira de la première béatification célébrée aux îles Baléares.

    Le diocèse entame aujourd'hui, vendredi, sa veillée par un pèlerinage sur les lieux de décès des nouveaux bienheureux. Mgr Vincent Ribas présidera une prière à 10h00 au château de Dalt Vila, aujourd'hui transformé en parador (hôtel d'État). Il priera ensuite à Sa Carrossa et à La Savina, sur l'île de Formentera, puis à 19h00 sur la place de l'église Sant Carles. À 20h30, il présidera les vêpres en l'église Santa Eulària. Dimanche 18, une messe d'action de grâce sera célébrée à la cathédrale. Les 24 et 25 octobre, des messes seront célébrées dans toutes les paroisses. Enfin, le 6 novembre, la fête liturgique des nouveaux bienheureux sera célébrée pour la première fois.

    Les vingt prêtres, âgés de 24 à 77 ans, périrent en un peu plus de cinq semaines, entre le 7 août et le 13 septembre 1936. Le premier à mourir fut Juan Torres Torres, qui donna son nom à la cause. Ordonné le 6 juin de cette année-là, il fut tué à La Savina le 7 août, puis son corps jeté à la mer. Il avait 24 ans. Le plus âgé du groupe, José Tur Bennassar, avait été ordonné en 1884 ; un demi-siècle sépare donc les deux ordinations. Le lendemain de la mort de Torres, l’intendant de Sant Carles, Antonio Tur Costa, et son père furent fusillés ; selon le diocèse, son frère fut également tué plus tard à Santa Eulària, simplement parce qu’il était son frère. Dix-sept des vingt furent assassinés au château de Dalt Vila le 13 septembre, date à laquelle le diocèse commémore leur mémoire chaque année.

    Parmi eux, Antonio Roig Guasch, économe de Sant Francesc Xavier à Formentera, fut emmené à Ibiza, contraint d'abjurer sa foi et de blasphémer, et mourut à Sa Carrossa en criant « Vive le Christ Roi ! ». L' évêque Ribas résuma alors la cause en une phrase : « Ils sont morts uniquement pour leur foi . » Trois des futurs bienheureux, Antonio Cardona Vingut, José Ramón Escandell et Mariano Roig Marí, figurent dans les registres de la Confrérie du Saint-Christ du Cimetière, fondée en 1890. Sa présidente, María de las Nieves Jiménez Bonet, déclara au même journal : « C'est une immense joie que trois personnes ayant appartenu à notre confrérie soient béatifiées . »

    La cause a été ouverte par l'évêque Vicente Juan Segura le 23 novembre 2008. La phase diocésaine s'est achevée le 12 juin 2015 et Rome a reconnu sa validité le 27 janvier 2017. Les conseillers historiques ont approuvé la Positio le 28 janvier 2025, les théologiens ont donné leur avis favorable un an plus tard, et les cardinaux et les évêques du Dicastère ont rendu leur jugement le 16 juin 2026, deux jours avant l'approbation du Pape. La procédure a débuté avec vingt et un noms. Le Dicastère a exclu Francisco Planells Tur car, selon le diocèse, les preuves recueillies ne permettaient pas d'atteindre la certitude morale requise. Le diocèse examine également les cas de onze laïcs et d'un groupe de jeunes de l'Action catholique de la paroisse Sant Jordi.

    Cette béatification intervient deux jours après la mise à jour des données du Bureau des causes des saints de la Conférence épiscopale concernant la persécution religieuse des années 1930 : selon El Debate , on compte 2 404 bienheureux, 11 saints et 3 040 cas de béatification encore à l’étude dans les diocèses, soit un total de 5 455, sans compter les cas en cours d’instruction ni ceux dont la cause n’a jamais été officiellement ouverte. Quatre-vingt-dix ans plus tard, ces vingt prêtres seront béatifiés dans la cathédrale du diocèse où ils ont exercé leur ministère, et non à Rome.


    Lire aussi

  • 100e dimanche mondial des missions (18 octobre) : le Vatican accorde une indulgence plénière

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    De kath.net/news :

    Dimanche des missions mondiales : le Vatican accorde une indulgence plénière

    17 octobre 2026

    Selon la Pénitencerie apostolique, la confession, la réception de la Sainte Communion et les prières pour la diffusion de l'Évangile et « pour les intentions du Saint-Père » sont nécessaires pour l'octroi de la dispense – l'Église célèbre le 100e Dimanche mondial des missions le 18 octobre.

    À l'occasion du centenaire de la Journée mondiale des missions, les fidèles ont la possibilité d'obtenir une indulgence plénière. Une notification en ce sens a été envoyée aux évêques par la Pénitencerie apostolique du Vatican, autorité compétente en la matière, quelques jours avant la Journée mondiale des missions, qui sera célébrée ce dimanche 18 octobre.

    Pour obtenir une indulgence plénière, les fidèles doivent communier le dimanche des Missions mondiales et prier pour la diffusion de l'Évangile dans le monde entier. De plus, la confession sacramentelle est requise dans les jours précédant ou suivant ce dimanche. Comme pour toute confession, elle doit être accompagnée d'une contrition sincère et d'une volonté de se repentir. Les fidèles doivent également réciter une prière aux intentions du Saint-Père, par exemple le Notre Père et le Je vous salue Marie. L'indulgence peut être obtenue pour soi-même ou pour les défunts.

    Selon la conception catholique, une indulgence est un signe de grâce qui libère des peines temporelles du péché. Dans le sacrement de la Réconciliation (confession), le pécheur repentant reçoit le pardon de ses péchés de Dieu après la confession. Cependant, l'expression théologique « peines temporelles du péché », dans ce contexte, ne signifie pas que Dieu pardonne les péchés puis inflige des sanctions pour les fautes et les omissions, à l'instar d'un tribunal séculier. Elle désigne plutôt les conséquences persistantes des péchés qui, bien que pardonnés par le sacrement de Pénitence, continuent de peser sur les personnes.

  • Les Statistiques de l'Église catholique 2026

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    Vatican - Les Statistiques de l'Église catholique 2026

    16 octobre 2026
     

    Cité du Vatican (Agence Fides) – Le nombre de catholiques dans le monde augmente et celui des prêtres recommence à croître, même si ce n’est que légèrement. En revanche, le nombre de religieuses et de séminaristes majeurs continue de diminuer, tandis que la contribution des missionnaires laïcs et des catéchistes se renforce.

    Voici quelques-unes des données qui ressortent du dossier sur les statistiques de l’Église catholique rédigé par l’Agence Fides à l’occasion de la 100e Journée Mondiale des Missions, qui sera célébrée le dimanche 18 octobre 2026 sur le thème « Un dans le Christ, unis dans la mission ».

    Derrière ces chiffres globaux se dessinent des situations différentes sur les cinq continents : l’Afrique enregistre la plus forte augmentation du nombre de baptisés et est le seul continent où l’on observe une hausse tant du nombre de religieuses que de grands séminaristes.

    Ce dossier, rédigé par Luca Mainoldi, rassemble et analyse les données tirées du dernier « Annuaire statistique de l’Église », publié cette année, et dresse un tableau de la présence catholique, des structures pastorales ainsi que des activités éducatives, sanitaires et sociales.

    Les données relatives à la population et aux baptisés se réfèrent au 30 juin 2024 ; les autres, au 31 décembre de la même année. Les variations indiquent la comparaison avec le recensement précédent, relatif à 2023.

    Les catholiques sont en augmentation sur tous les continents

    Au 30 juin 2024, la population recensée par l’Annuaire s’élevait à 7 995 573 000 personnes. Les catholiques étaient au nombre de 1 422 144 000, soit une augmentation de 16 690 000 par rapport à l’année précédente. Leur pourcentage au sein de la population mondiale reste de 17,8 %.

    La hausse du nombre de baptisés concerne tous les continents. La croissance la plus importante est enregistrée en Afrique, avec 7 580 000 catholiques supplémentaires, suivie par l’Amérique (+6 992 000), l’Asie (+968 000), l’Europe (+911 000) et l’Océanie (+239 000). En Europe, la hausse déjà observée lors du précédent recensement se confirme donc.

    Il y a plus de catholiques en Afrique qu'en Europe

    L'Amérique reste le continent comptant le plus grand nombre de catholiques : 678 869 000, soit 64 % de sa population. En Afrique, on dénombre 288 312 000 baptisés, un chiffre supérieur à celui de l'Europe, où l'on en compte 287 240 000. L’Asie, avec 156 166 000 catholiques, et l’Océanie, avec 11 557 000 suivent. La part des catholiques dans la population de chaque continent est de 19,9 % en Afrique, de 39,7 % en Europe, de 3,3 % en Asie et de 25,9 % en Océanie.

    Prêtres : une légère reprise, avec des différences selon les continents

    Pour la première fois en cinq ans, selon ce dossier, le nombre total de prêtres recommence à augmenter : ils sont 407 421, soit 425 de plus que lors du dernier recensement. Ce solde positif résulte de la hausse enregistrée en Afrique (+1 676), en Asie (+1 065) et en Amérique (+199), qui compense les baisses observées en Europe (-2 483) et en Océanie (-32). L'Amérique passe ainsi de la baisse enregistrée l'année précédente à une augmentation.

    Le nombre de prêtres diocésains s’élève à 279 238 (+496), tandis que celui des prêtres religieux recule à 128 183 (-71). Malgré la légère augmentation globale du clergé, le nombre moyen de catholiques par prêtre augmente également, passant à 3 491, soit 38 fidèles de plus que lors du recensement précédent. Ce ratio augmente en Amérique, en Europe et en Océanie, tandis qu’il diminue en Afrique et en Asie.

    On compte 5 525 évêques, soit une augmentation de 95 : 4 365 évêques diocésains et 1 160 évêques religieux. La croissance du nombre de diacres permanents se poursuit également, avec un total de 52 102 (+669), grâce notamment à des hausses en Amérique (+424) et en Europe (+236).

    Religieuses et séminaristes : la baisse mondiale se poursuit

    Le nombre de religieuses dans le monde s’élève à 580 131, soit une baisse de 9 292 par rapport au recensement de l’année précédente. L’Afrique est le seul continent à enregistrer une augmentation (+2 190). Les baisses concernent l’Europe (-6 473), l’Amérique (-4 432), l’Asie (-320) et l’Océanie (-257). Les religieux non prêtres sont quant à eux au nombre de 48 511 (-237) : leur nombre augmente en Afrique et en Asie, mais diminue sur les autres continents.

    Le nombre de séminaristes majeurs, diocésains et religieux, est également en baisse : il passe de 106 495 lors du recensement précédent à 103 604, soit une diminution de 2 891. La seule augmentation concerne l’Afrique (+786), où l’on compte 35 710 séminaristes majeurs. La baisse la plus importante est enregistrée en Asie (-2 733), suivie de l’Europe (-701), de l’Amérique (-227) et de l’Océanie (-16).

    Le nombre de séminaristes mineurs recule à 94 041 (-980). Dans ce cas, on observe une hausse en Afrique (+132) et en Océanie (+20), tandis qu’il diminue en Europe (-872), en Asie (-182) et en Amérique (-78).

    La contribution des missionnaires laïcs et des catéchistes ne cesse de croître

    Le dossier fait état d’une augmentation du nombre de missionnaires laïcs, qui s’élève à 463 079, soit 18 473 de plus que l’année précédente. Cette croissance se concentre principalement en Amérique (+20 492) ; des hausses sont également observées en Afrique et en Océanie, tandis que leur nombre diminue en Asie et en Europe.

    Le nombre de catéchistes s'élève à 2 889 336 (+22 370). Les hausses les plus importantes sont enregistrées en Amérique (+16 515) et en Asie (+13 616), auxquelles s'ajoute celle de l'Océanie (+48). En revanche, leur nombre diminue en Europe (-7 603) et, dans une moindre mesure, en Afrique (-206).

    Le monde compte 3 047 circonscriptions ecclésiastiques, soit six de plus que lors du dernier recensement. On dénombre au total 111 602 stations missionnaires : parmi celles-ci, 4 187 disposent d’un prêtre résident, tandis que 107 415 n’en ont pas. Par rapport à l’année précédente, les premières sont en augmentation (+987) et les secondes en diminution (-12 162).

    Le réseau éducatif, sanitaire et d'aide sociale

    Dans le domaine de l'éducation, les institutions et les structures de l'Église catholique gèrent 75 448 écoles maternelles, fréquentées par 7 480 373 élèves ; 103 666 écoles primaires, comptant 36 314 935 élèves ; et 51 810 établissements d'enseignement secondaire, comptant 20 340 808 élèves. À cela s’ajoutent 2 685 027 étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur et 4 091 087 dans les établissements universitaires rattachés à l’Église catholique. Par rapport au recensement précédent, le nombre d’écoles maternelles augmente, mais celui de leurs élèves diminue ; en revanche, tant le nombre d’établissements que celui des élèves de l’enseignement primaire sont en hausse. Dans l’enseignement secondaire, ces deux chiffres sont en baisse. L’Afrique accueille le plus grand nombre d’élèves des écoles primaires catholiques, avec 21 292 853 inscrits.

    Les établissements de santé, de bienfaisance et d’assistance sont au nombre de 101 110 au total. Ils comprennent 5 397 hôpitaux, 13 646 dispensaires, 468 léproseries, 16 263 maisons pour personnes âgées, malades chroniques et personnes handicapées, 8 138 orphelinats, 10 352 crèches, 10 624 centres de consultation conjugale, 3 194 centres d’éducation ou de rééducation sociale et 33 028 institutions d’autres types. L’Afrique compte le plus grand nombre d’hôpitaux et de dispensaires, tandis que l’Europe concentre la majeure partie des maisons pour personnes âgées, malades chroniques et personnes handicapées. Un réseau qui associe aux structures pastorales une présence quotidienne dans les domaines de l’éducation, des soins et de l’assistance.

    Le tableau concernant les circonscriptions placées sous la responsabilité du Dicastère pour l'Évangélisation indique que le nombre total de ces circonscriptions s'élève à 1 130.



    (Agence Fides 16/10/2026)