Lorsque j’ai crié vers le Seigneur, Il a exaucé ma voix ; Il m’a délivré de tous ceux qui s’approchent pour me perdre. Lui qui est avant tous les siècles et qui subsistera éternellement, les a humiliés. Jette tes pensées dans le Seigneur et Lui-même te nourrira. Ps. Exauce, ô Dieu, ma prière, et ne méprise pas ma supplication. Écoute-moi et exauce-moi.
Foi
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Lorsque j’ai crié vers le Seigneur, Il a exaucé ma voix (Introït du 15e dimanche du T.O.)
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Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de Lisieux (12 juillet)
Du site "Notre histoire avec Marie" :
LOUIS ET ZÉLIE MARTIN, LA SAINTETÉ EN COUPLE ET EN FAMILLE

© Sanctuaire d'Alençon
Louis (1823-1894) et Zélie (1831-1877) Martin, parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, n’ont élevé leurs filles que « pour le ciel ». Pendant leur vie, ils désiraient déjà devenir des saints, comme Zélie l’écrit dans une de ses lettres : « Je veux devenir une sainte, ce ne sera pas facile, il y a bien à bûcher et le bois est dur comme une pierre. Il eût mieux fallu m’y prendre plus tôt, pendant que c’était moins difficile, mais enfin mieux vaut tard que jamais. »Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Eglise, Foi, Spiritualité 0 commentaire -
La Parole va-t-elle rester entassée dans nos greniers et y pourrir ? (homélie pour le 15ème dimanche du temps ordinaire)
Homélie de l'abbé Christophe Cossement (sur son blog) :
Les aventures de la Parole à semer
homélie du 15e dimanche A, (archive 12 juillet 2020)
Quand Jésus raconte cette parabole du semeur, il y a déjà quelques temps que les apôtres l’accompagnent, et ils ont eu l’occasion de constater la diversité des réponses à Jésus. Ils ont vu certains l’accueillir inconditionnellement dans leur vie, au point de changer de façon de penser et de comportement. Ils ont éprouvé avec peine le refus sur lequel Jésus a butté plus d’une fois. Mais aussi toute la gamme des accueils enthousiastes qui se sont terminés en abandon ou en indifférence. Et aujourd’hui nous nous posons les mêmes questions que les apôtres et nous nous demandons : que faut-il pour que nos enfants, nos petits-enfants, nos amis, nos collègues accueillent aussi l’Évangile dans leur vie ?
Dans cette parabole, Jésus nous fait connaître le cœur humain et ses réactions quand la Vérité en personne vient à lui. Il décrit des attitudes néfastes à la Parole qui sont de toujours, mais qui sont grandement amplifiées par la culture contemporaine. Aujourd’hui, le diable a facile d’enlever la Parole dès qu’elle semée, avant même qu’elle ne touche un cœur. Dans la culture du zapping, on est encouragé à être « l’homme d’un moment » (Mt 13,21), qui ne trouve pas utile de persévérer dans la difficulté, encore moins dans la persécution. Et que dire de la séduction des gadgets technologiques, des voyages fascinants, des loisirs toujours plus divers et palpitants, qui forcément accaparent notre cœur et étouffent la Parole.
Ce n’est pas étonnant que l’Église connaisse de grandes difficultés au milieu d’une telle culture qui produit tant de terres impropres à la Parole. Il y a un défi spécial pour elle à prémunir ses enfants de toutes ces tendances qui étoufferont à coup sûr le bon grain semé. Souvent nous n’en sommes pas conscients. Nous parlons peu du combat pour garder la foi. Et c’est sûrement pour notre temps que Jésus a dit : « le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la Terre ? » (Lc 18,8).
Néanmoins, nous devons encore nous laisser interpeller nous-mêmes. Car bien qu’il soit difficile à la Parole de s’enraciner durablement dans les cœurs, encore faut-il qu’elle soit semée ! Et là, on peut dire que notre Église a bien péché. Il n’y a pas si longtemps que parler d’évangéliser était vu comme une insulte. Sûrement, ça serait du prosélytisme, et il faudra cesser ces pratiques, dans un esprit d’ouverture… Avec tout ça, la Parole reste entassée dans nos greniers, et elle pourrit là, bien gardée à l’abri de toute critique. Ce n’est pas cela que le Seigneur veut.
Ô Christ, donne-nous l’élan d’être disciples missionnaires ! Permets-nous de dire sans honte notre amour pour toi ! Permets-nous d’être quelque peu incorrects, donne-nous des occasions d’interpeller ceux que nous croisons et de leur dire : est-ce vraiment parce que tu as réfléchi que tu estimes que Dieu ne doit pas être cherché ni aimé ? Crois-tu que, parce que tout le monde est indifférent, tu as raison de l’être aussi ? Si Dieu existe et qu’il t’aime, prendras-tu le risque de bouder son amour sans lui répondre ? Est-ce vraiment raisonnable de faire passer le Seigneur après tant de choses ?
Ce n’est pas facile de parler ainsi car nous sommes dans une culture libérale individualiste, où la grande question pour chacun ce sont mes petites affaires. Mais c’est vraiment une triste perspective, celle d’essayer de tirer son épingle du jeu jusqu’à ce que la mort un jour nous emporte. Alors que nous sommes tant aimés, alors qu’un cœur divin attend notre réponse !
Ô Christ, guéris nos cœurs ! Nous te le demandons avec confiance, car le Père a dit par le prophète Isaïe : « ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » (Is 55,11)
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Fidèle à une vocation particulière : le cas de Rémi Brague
De Paul Seaton sur le CWR :
Fidèle à une vocation particulière : le cas de Rémi Brague
Ce philosophe et intellectuel catholique français est resté remarquablement fidèle à sa vocation intellectuelle, ramenant les Européens à eux-mêmes et œuvrant pour sauver l'Europe de l'autodestruction.
Je suis fasciné par les catholiques qui vivent pleinement leur vocation. Lorsque j'en rencontre un, je suis attentif. Je le fais pour voir Dieu à l'œuvre et pour en tirer des enseignements et des encouragements. C'est pourquoi je porte un intérêt particulier aux théologiens et penseurs catholiques.
Rémi Brague (né en 1947), intellectuel et philosophe catholique français, est un homme qui est resté remarquablement fidèle à sa vocation intellectuelle. Une vocation bien particulière, en effet. Au fil du temps, il a compris qu'il était appelé à ramener les Européens à eux-mêmes et à contribuer à sauver l'Europe de l'autodestruction.
Dans les pages qui suivent, je relaterai quelques exemples révélateurs de sa fidélité, puis j'esquisserai le cheminement et la stratégie qu'il a suivis pour accomplir sa vocation. Je terminerai par une brève réflexion sur le fossé entre fidélité et réussite matérielle.
Deux moments déterminants
Brague a débuté sa carrière universitaire comme spécialiste de philosophie antique. Ses trois premiers ouvrages portaient sur des textes et des thèmes philosophiques classiques : le Ménon de Platon ; le temps chez Platon et Aristote ; et le concept du monde (le kosmos ) dans la philosophie d’Aristote. Mais la philosophie classique ne s’est pas arrêtée à l’Antiquité ; elle a influencé et été influencée de diverses manières par les trois grandes religions : le judaïsme, le christianisme et l’islam.
Afin d'étudier de près cette rencontre aux multiples facettes, Brague entreprit d'apprendre l'hébreu et l'arabe. La connaissance des langues classiques et des langues modernes du savoir ne lui suffisait pas.
Pour sa fidélité et son apprentissage des langues sémitiques, il fut largement récompensé : il obtint un accès direct aux textes et auteurs fondamentaux (Maïmonide, Alfarabi, Averroès) et aux études dans ces langues, et il se rapprocha encore davantage du cœur de l'Europe, comprise comme un dialogue entre la raison philosophique et la religion révélée, et un trilogue entre les religions et leurs adeptes versés en philosophie.
Avec le temps, il découvrit également qu'il pouvait mettre à profit ses connaissances, anciennes et nouvelles, pour une cause publique encore plus noble. Ce moment révéla pleinement sa vocation.
Qu'est-ce que l'Europe ?
C’était en 1989-1991 : avec l’effondrement du communisme soviétique, un ancien ordre s’était écroulé et un nouveau était en train d’émerger. Certaines questions fondamentales préoccupaient autant le public que les hommes politiques et les universitaires. Qu’était-ce que la démocratie ? Quel était le statut de l’État-nation dans une Europe où les anciens pays du Pacte de Varsovie savouraient leur nouvelle indépendance, tandis que les démocraties occidentales s’employaient à « mettre en commun leurs souverainetés » et à construire une nouvelle Communauté européenne ?
Cette dernière question a soulevé une troisième série : qu’était réellement l’Europe ? Sur quelles bases une Europe nouvellement unifiée devrait-elle se rassembler ? Quelle était l’identité fondamentale de l’Europe ?
Avec d'autres penseurs catholiques (dont le cardinal Joseph Ratzinger), Brague s'est engagé dans la vie publique. En 1992, il publia un ouvrage rare, à la fois érudit et accessible au grand public : * Europe, la voie romaine* (traduit en anglais sous le titre * Eccentric Culture *). Il s'y attachait à définir l'Europe comme une culture. C'était là sa contribution à la recherche et à la vie publique européenne : une anamnèse philosophique qui permettrait aux Européens de se remémorer l'Europe et de réfléchir à l'avenir en connaissance de cause.
Deux strates et ce qu'il appelait deux formes d'« excentricité » – l'ouverture et l'appropriation de modèles extérieurs d'excellence humaine – formèrent le fondement de la culture européenne. La première strate était la Rome impériale, la seconde, les tribus barbares qui lui succédèrent. Après avoir conquis la Grèce et la Judée, la Rome impériale finit par les adopter comme modèles. Horace immortalisa la première lorsqu'il écrivit que « la Grèce captive mena Rome, captive elle aussi ». Les Actes des Apôtres (1, 8) laissaient entrevoir le parcours providentiel des saints Pierre et Paul et la « conquête » finale de la Rome païenne par le christianisme. Des siècles plus tard, le père de l'Europe , Charlemagne (le chef franc devenu empereur du Saint-Empire romain germanique), s'ouvrit lui aussi, ainsi que son royaume, à la culture classique et à la foi chrétienne. L'Europe se forgea ainsi une double dette et une combinaison singulière de domination et de disciple.
L'ouvrage contenait également des mises en garde, Brague ayant décelé des évolutions inquiétantes sur la scène contemporaine. Il forgea une expression frappante, « marcionisme culturel », pour désigner un ensemble de tentatives visant à rompre la continuité de la culture et de l'histoire européennes à l'époque moderne. Marcion, l'hérétique du IIe siècle qui niait le lien intrinsèque entre les deux Testaments de la Bible, avait des équivalents contemporains qui s'efforçaient de déchirer le tissu culturel européen au nom de l'individu moderne pleinement émancipé.
Dans une postface à l'édition de 1998 de son ouvrage, il actualisa son analyse de la situation contemporaine, tout en exposant les craintes et les inquiétudes liées au déclin culturel qui avaient initialement motivé son étude. Hélas, les six années précédentes n'avaient fait que confirmer que l'Europe contemporaine – et notamment nombre de ses dirigeants culturels et politiques – continuait de renier son héritage européen. Il faudrait donc déployer de nouveaux efforts pour convaincre ses contemporains du caractère erroné de la voie empruntée.
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Saint Benoît, père de l'Europe chrétienne
Jean-François Mangin résume, dans la notice reprise ci-dessous, l'apport de saint Benoît. Il rejoint notre concitoyen Léo Moulin, agnostique, qui avait une immense admiration pour la Règle de saint Benoît, véritable modèle d'équilibre. Benoît nous est proche : n'a-t-il pas vécu dans une époque de décomposition, celle qui suivit la chute de l'empire romain, et n'a-t-il pas, en ces temps troublés, jeté les bases d'une civillisation nouvelle dont les abbayes seront les noyaux? C'est ce qui lui a valu d'être proclamé patron de l'Europe. Cela devrait nous inciter, plutôt qu'à nous lamenter sur tous les symptômes de la décrépitude actuelle, à tourner le dos à ce qui meurt sous nos yeux pour semer de nouveaux germes de vie...Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Culture, Eglise, Foi, Histoire, Idées, Patrimoine religieux 0 commentaire -
Benoît, père des moines d'Occident (11 juillet)
Lors de l'audience générale du mercredi 9 avril 2008, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à l'évocation du père des moines d'Occident : saint Benoît de Nursie :Chers frères et sœurs,
Je voudrais parler aujourd'hui de saint Benoît, fondateur du monachisme occidental, et aussi Patron de mon pontificat. Je commence par une parole de saint Grégoire le Grand, qui écrit à propos de saint Benoît: "L'homme de Dieu qui brilla sur cette terre par de si nombreux miracles, ne brilla pas moins par l'éloquence avec laquelle il sut exposer sa doctrine" (Dial. II, 36). Telles sont les paroles que ce grand Pape écrivit en l'an 592; le saint moine était mort à peine 50 ans auparavant et il était encore vivant dans la mémoire des personnes et en particulier dans le florissant Ordre religieux qu'il avait fondé. Saint Benoît de Nursie, par sa vie et par son œuvre, a exercé une influence fondamentale sur le développement de la civilisation et de la culture européenne. La source la plus importante à propos de la vie de ce saint est le deuxième livre des Dialogues de saint Grégoire le Grand. Il ne s'agit pas d'une biographie au sens classique. Selon les idées de son temps, il voulut illustrer à travers l'exemple d'un homme concret - précisément saint Benoît - l'ascension au sommet de la contemplation, qui peut être réalisée par celui qui s'abandonne à Dieu. Il nous donne donc un modèle de la vie humaine comme ascension vers le sommet de la perfection. Saint Grégoire le Grand raconte également dans ce livre des Dialogues de nombreux miracles accomplis par le saint, et ici aussi il ne veut pas raconter simplement quelque chose d'étrange, mais démontrer comment Dieu, en admonestant, en aidant et aussi en punissant, intervient dans les situations concrètes de la vie de l'homme. Il veut démontrer que Dieu n'est pas une hypothèse lointaine placée à l'origine du monde, mais qu'il est présent dans la vie de l'homme, de tout homme.
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11 juillet : fête de saint Benoît
La fête de saint Benoît, célébrée le 11 juillet, est celle de la translation de ses reliques. Le corps de saint Benoît reposa d’abord au Mont Cassin qui, après le passage des Lombards, resta vide de moines. En 672, l’abbé de Fleury, Mummolus, envoya au Mont Cassin une troupe de moines, sous la conduite d’Aigulphe, pour récupérer les reliques de saint Benoît. Petronax ayant restauré le Mont Cassin, le pape Zacharie, en 750, demanda la restitution du corps de saint Benoît dont l’abbé de Fleury ne rendit qu’une part, entre 755 et 757.La fête de saint Benoît ne devrait pas être pour nous un simple fait d'une histoire fort ancienne, tant l’esprit de saint Benoît est toujours présent et à l'œuvre dans l'Eglise. La Règle qu'il nous a laissée et dont on a pu dire qu'elle nous donnait un reflet particulièrement pur de l'Evangile, comme le témoignage de sa vie sont pleinement actuels non seulement pour ses fils et ses filles, les moines et les moniales, mais aussi pour tous les fidèles. C'est, pour chacun d'entre nous une invitation à la prière, à la médiation des textes saints et à la charité fraternelle.
Prologue de la règle de St Benoît
«… Avant tout, demande à Dieu par une très instante prière qu'il mène à bonne fin tout bien que tu entreprends. Ainsi, celui qui a déjà daigné nous admettre au nombre de ses enfants n'aura pas sujet, un jour, de s'affliger de notre mauvaise conduite. Car, en tout temps, il faut avoir un tel soin d'employer à son service les biens qu'il a mis en nous, que non seulement il n'ait pas lieu, comme un père offensé, de priver ses fils de leur héritage, mais encore qu'il ne soit pas obligé, comme un maître redoutable et irrité de nos méfaits, de nous livrer à la punition éternelle, tels de très mauvais serviteurs qui n'auraient pas voulu le suivre pour entrer dans la gloire. Levons-nous donc enfin, l'Écriture nous y invite : l'heure est venue, dit-elle, de sortir de notre sommeil. Ouvrons les yeux à la lumière qui divinise. Ayons les oreilles attentives à l'avertissement que Dieu nous adresse chaque jour : Si vous entendez aujourd'hui sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs, et ailleurs : Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises. Et que dit-il ? Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Courez, pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent.
Le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la multitude du peuple à laquelle il fait entendre ces appels, dit encore : Quel est celui qui désire la vie et souhaite voir des jours heureux ? Que si, à cette demande, tu lui réponds : « C'est moi », Dieu te réplique: Si tu veux jouir de la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et tes lèvres de toute parole trompeuse ; détourne-toi du mal et fais le bien; recherche la paix et poursuis-la. Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux veilleront sur vous et mes oreilles seront attentives à vos prières, et avant méme que vous ne m'invoquiez, je vous dirai : Me voici. Quoi de plus doux, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite ; Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie. Ceignons donc nos reins par la foi et la pratique des bonnes œuvres; sous la conduite de l'Évangile, avançons dans ses chemins, afin de mériter de voir un jour Celui qui nous a appelés dans son royaume. Si nous voulons habiter dans le tabernacle de ce royaume, sachons qu'on n'y parvient que si l'on y court par les bonnes actions.
Comme il y a un zèle amer, mauvais, qui sépare de Dieu et conduit en enfer, de même il y a un bon zèle qui éloigne des vices, et conduit à Dieu et à la vie éternelle. C'est ce zèle que les moines doivent pratiquer avec une ardente charité, c'est-à-dire : Ils s'honoreront mutuellement de leurs prévenances. Ils supporteront très patiemment les infirmités d'autrui, tant celles du corps que celles de l'esprit. Ils s'obéiront à l'envi les uns aux autres. Nul ne recherchera ce qu'il juge utile pour soi, mais bien plutôt ce qui l'est pour autrui. Ils se rendront chastement les devoirs de la charité fraternelle. Ils auront pour Dieu une crainte inspirée par l'amour : ils auront pour leur abbé un amour humble et sincère. Ils ne préféreront absolument rien au Christ, qui veut nous conduire tous ensemble à la vie éternelle.
Réf : Saint Benoît
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Boucs émissaires : la répression généralisée des chrétiens en Iran
De Lorenza Formicola sur la NBQ :
Boucs émissaires : la répression généralisée des chrétiens en Iran
Espionnés mais accusés d'espionnage, les fidèles du Christ sont constamment pris pour cible par la République islamique. Un dossier lève le voile sur la machine de persécution du régime, qui refuse de pardonner même après la détention.
10/07/2026Le nouveau rapport annuel 2026, « Boucs émissaires : Violations des droits des chrétiens en Iran », publié par Article18 en collaboration avec Portes Ouvertes, Christian Solidarity Worldwide et Middle East Concern, met en lumière la persécution subie par les chrétiens dans le pays. Ce sujet, rarement abordé en raison de sa nature troublante, révèle une répression généralisée à l'encontre des chrétiens d'Iran, orchestrée par un pouvoir obsédé par l'éradication de ce qu'il perçoit comme une menace occidentale pour l'ordre théocratique islamique. Au fil des ans, la République islamique a manipulé et durci sa législation pour réprimer ceux qui ne croient pas en Allah. Dès 2021, le Parlement iranien a alourdi les peines pour les délits d'opinion, en modifiant les articles 499 et 500 du code pénal. Cette réforme vise toute personne accusée de propagande ou d'atteinte à la sécurité de l'État. De fait, cette législation assimile juridiquement les non-musulmans aux terroristes.
En 2025, selon le rapport, 254 chrétiens iraniens ont été arrêtés – un chiffre presque deux fois supérieur à celui de 2024 – et condamnés à un total de plus de 280 ans de prison. Dans la grande majorité des cas, près de 90 %, les accusations ont été portées en vertu de l' article 500 modifié du Code pénal, qui criminalise la « propagande contraire à la religion sacrée de l'islam ».
Le rapport souligne la répression, citant des incidents tels que celui de juin 2025, où deux convertis ont été condamnés à 10 ans de prison (plus deux ans et des amendes) pour « propagande sioniste déviante » et « trafic » de Bibles, considérées comme des livres interdits. Le même mois, deux Arméniens et trois convertis à l'islam ont été inculpés et condamnés par la suite à un total de plus de cinquante ans de prison. Étant donné que le mandat institutionnel du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est la défense idéologique de la République islamique, cette escalade démontre que le régime perçoit de plus en plus la foi chrétienne comme une menace existentielle. Les églises de maison, très répandues en Iran, sont officiellement considérées comme des cellules ennemies et les descentes qu'elles font sont caractérisées par une brutalité extrême.
L'épisode du 6 février 2026 en est la preuve. Ce soir-là, au moins vingt officiers des Gardiens de la révolution en civil ont fait irruption dans un rassemblement privé d'environ quatre-vingts fidèles à Gatab, dans la province de Mazandaran. Ils ont confisqué des Bibles et des instruments de musique et procédé à des arrestations sommaires. Au cours de l'assaut, les militaires ont pris pour cible toute personne portant un crucifix, le lui arrachant du cou et blessant les personnes présentes.
Le 3 juillet, Article18 a rapporté qu'une cour d'appel avait confirmé la condamnation. Cinq chrétiens iraniens ont été condamnés à un total de plus de 55 ans de prison. Leur crime ? Prier, baptiser, communier et célébrer Noël ou Pâques.Il y a quelques jours, les forces de sécurité ont occupé l'église évangélique historique Saint-Pierre de Téhéran, l'un des rares lieux de culte encore debout en Iran – un joyau architectural datant de 1876, également connue sous le nom d'église Qavam. L'expulsion de cette communauté, composée de chrétiens arméniens et assyriens légalement reconnus – dont le nombre a drastiquement diminué depuis l'avènement de la République islamique en 1979 – a été déclenchée par un décret d'un tribunal révolutionnaire datant de 1998 , resté gelé pendant près de trente ans. Ce décret stipulait que l'ensemble du périmètre d'environ quatre hectares – abritant deux écoles et des dizaines de maisons – devait être confisqué et remis à EIKO (Exécution de l'Ordre de l'Imam Khomeini), un géant économique et un conglomérat financier iranien placé sous le contrôle direct du Guide suprême. L'EIKO a déjà signé les actes d'expropriation d'églises à Tabriz, Mashhad, Gorgan et Karaj.
Aux mauvais traitements infligés aux détenus et à la violation systématique de l'article 500 s'ajoute désormais l'espionnage des chrétiens , surveillés même au-delà des frontières nationales.Ce scénario perdure depuis près d'un demi-siècle. Depuis 47 ans, la population iranienne est prise en otage par une dictature islamique qui réprime violemment toute forme de dissidence.
Dans ce climat de terreur, la conversion au christianisme demeure un crime grave. Les convertis subissent les plus fortes pressions : leurs communautés d'origine sont prises pour cibles, les croyants sont interrogés et contraints de dénoncer leurs proches sous peine de lourdes peines pour « atteinte à la sûreté nationale ». Ces méthodes sont employées comme dans tout régime communiste.
Récemment, le Parlement a également adopté en urgence une nouvelle loi, vague et imprécise, sur l'espionnage qui étend le champ d'application de la peine de mort, offrant ainsi au gouvernement une arme redoutable pour éliminer les dissidents.Suite au conflit irano-israélien, la propagande d'État a commencé à diaboliser publiquement les convertis, les qualifiant d'espions et de collaborateurs. Comme l'observait le chercheur John Mac Ghlionn en avril dernier : « L'apostasie , l'abandon de l'islam, est un crime passible de la peine de mort. Les églises sont interdites, les convertis sont traqués et les Bibles sont considérées comme de la contrebande. »
Bien que l'Iran ait reculé d'une place dans le classement de l'Instance de surveillance mondiale, la persécution à l'intérieur de ses frontières s'est intensifiée .Les tensions militaires avec Israël ont poussé le régime à qualifier les convertis de cinquième colonne de « l'Occident ». Dès la levée du cessez-le-feu, les forces de sécurité ont arrêté au moins 54 chrétiens dans 21 villes différentes, les accusant formellement d'espionnage. L'Iran confirme ainsi sa position parmi les autocraties les plus féroces de la planète.Pour ceux qui survivent à ce système, l'avenir est un désert. Les conditions de détention sont épouvantables et les personnes libérées restent prises au piège d'un système invisible de harcèlement constant, de licenciements forcés, d'exclusion du système scolaire et universitaire, et risquent sans cesse de voir leur dossier rouvert sur la base de nouvelles accusations fabriquées de toutes pièces. Nombre d'entre elles sont contraintes de suivre des cours de rééducation islamique obligatoires pour se reconvertir à l'islam. À cela s'ajoutent les sanctions imposées par le pouvoir judiciaire : exil intérieur, flagellation, amendes, interdictions de voyager et privation de tous les droits.
Dans les cas les plus sévères, les juges imposent des travaux d'intérêt général dégradants, comme creuser des tombes ou laver les corps avant les funérailles, en alternance avec des menaces psychologiques visant à contraindre les croyants à quitter le pays. C'est à cause de cette pression intolérable que, chaque année, des milliers de convertis au christianisme choisissent l'exil, fuyant l'Iran pour sauver leur vie et préserver leur foi.Lien permanent Catégories : Actualité, Christianisme, Foi, International, Islam, Persécutions antichrétiennes, Politique 0 commentaire -
Lire en été : “Les mutations de l’Eglise catholique au XXème siècle” de Marcel De Corte
Du site de la FSSPX :
Lecture d’été : “Les mutations de l’Eglise catholique au XXème siècle” de Marcel De Corte

Pour le troisième volume de la collection « Marcel De Corte », les éditions Hora Decima proposent les textes et les analyses du célèbre philosophe sur la crise traversée par l’Église après le concile Vatican II, telle qu’il a pu la vivre à son rang de laïc engagé et d’intellectuel catholique intervenant dans les débats de l’époque. Après d’autres, il s’agit là d’un témoignage historique sur une époque difficile pour l’Église.
Professeur de philosophie à l’Université de Liège en Belgique, Marcel De Corte 1905-1994 était un catholique convaincu et engagé, qui nourrissait un profond amour de l’Église. Il montra une inquiétude très vive devant l’évolution qu’elle connaissait dans la deuxième moitié du XXe siècle, ce qui l’amena à publier de nombreux articles dans diverses revues pour en rendre compte : Itinéraires, Courrier de Rome, L’Ordre français...
Cet ouvrage réunit pour la première fois une anthologie raisonnée de ses analyses des bouleversements survenus dans l’Église à partir des années 1960. Le présent recueil offre ainsi une synthèse de la pensée religieuse de Marcel De Corte.
Il s’honore d'une préface de Mère Marie-Geneviève Rivière qui fut durant trente ans (1993-2023), prieure générale de la Congrégation des dominicaines enseignantes du Saint-Nom-de-Jésus de Fanjeaux.
Référence de l’ouvrage
Marcel De Corte
Les mutations de l’Église catholique au XXᵉ siècle – Où en est le catholicisme ?
Préface de Mère Marie-Geneviève Rivière.
Collection Marcel De Corte.
Éditions Hora Decima, 2025.
536 pages – Format : 13,5 × 22 × 2,8 cm.
ISBN/EAN : 9782915844245.
Prix : 25,50 € TTC.Présentation par Mère Marie-Elisabeth sur TV Libertés
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La romancière Sigrid Undset bientôt canonisée ?
D'OSV News ?
La cause de la canonisation de la romancière Sigrid Undset devrait être inaugurée cet automne.
Détail de la couverture de l'édition de luxe Penguin Classics de « Kristin Lavransdatter » de Sigrid Undset, dont la cause de canonisation devrait s'ouvrir cet automne. (Photo OSV News)(OSV News) — Des préparatifs sont en cours en Norvège pour ouvrir une cause de canonisation pour la romancière lauréate du prix Nobel Sigrid Undset, a annoncé l'évêque Fredrik Hansen d'Oslo le 8 juillet.
Des préparatifs sont en cours en Norvège en vue de l'ouverture d'une cause de canonisation pour la romancière Sigrid Undset, lauréate du prix Nobel, a annoncé l'évêque d'Oslo, Fredrik Hansen, le 8 juillet 2026. Undset est représentée sur un portrait non daté. (Photo OSV News/Aage Remfeldt/Aage Rasmussen via Wikipedia Commons, domaine public) « Elle est bien plus qu'une auteure et une lauréate du prix Nobel. Pour nous, elle est un modèle de foi chrétienne, d'une vie vécue dans la vertu et dans la recherche de la sainteté », a déclaré l'évêque Hansen à propos d'Undset lors d'une messe où il a fait cette annonce.
« Elle a toujours manifesté une préoccupation concrète et constante pour les pauvres. Elle s'est dévouée corps et âme à sa fille, à la vie et à son caractère sacré. À travers ses nombreux ouvrages, elle a marqué d'innombrables croyants, les a inspirés à vivre en Christ et a témoigné de nos saints du Moyen Âge », a-t-il déclaré, selon un communiqué de presse .
Auteur de «Kristin Lavransdatter»
Née au Danemark en 1882 et ayant grandi en Norvège, Undset est surtout connue pour son roman « Kristin Lavransdatter », une trilogie retraçant la vie de son héroïne au Moyen Âge. Ce roman lui valut le prix Nobel de littérature en 1928, « principalement pour ses descriptions saisissantes de la vie nordique au Moyen Âge », selon l'organisation Nobel.
Ses recherches sur le catholicisme médiéval l'ont amenée à se convertir au catholicisme en 1924, et en 1928, elle est entrée dans le Tiers-Ordre dominicain. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s'est réfugiée à New York, où elle a publiquement milité pour la résistance norvégienne au nazisme. Elle est retournée en Norvège après la fin de la guerre en 1945 et est décédée en 1949 à Lillehammer.
Avant de rendre publique l'initiative, Mgr Hansen l'a présentée à la Conférence des évêques nordiques, qui regroupe les évêques du Danemark, de Finlande, d'Islande, de Norvège et de Suède, ainsi que des spécialistes de la vie d'Undset. Sa cause de canonisation sera officiellement ouverte cet automne, a-t-il précisé.
« Un modèle de vie en Christ »
L'évêque Hansen a annoncé la nouvelle lors d'une messe célébrée en l'honneur de la fête de sainte Sunniva dans les ruines du monastère bénédictin de Selja, île considérée comme le berceau du christianisme norvégien et siège de son premier diocèse. Selon la légende, sainte Sunniva, reine chrétienne du Xᵉ siècle, aurait fui l'Irlande pour échapper à un mariage forcé avec un tyran et serait morte à Selja, lieu depuis lors duquel des miracles auraient été attribués.
L'évêque Fredrik Hansen d'Oslo, en Norvège, est photographié ici (photo non datée). (Photo OSV News/avec l'aimable autorisation du séminaire et de l'université Sainte-Marie) « À l’instar de sainte Sunniva et de ses compagnes, Sigrid Undset doit elle aussi être pour nous un modèle de vie en Christ », a déclaré l’évêque Hansen. Il a encouragé les fidèles à prier pour le travail accompli par le diocèse en sa faveur.
Une fois la cause officiellement ouverte, Undset recevra le titre de « servante de Dieu ». Si sa cause progresse, elle recevra du pape le titre de « vénérable » en reconnaissance de sa vie d'héroïque vertu chrétienne. Un miracle reconnu, attribué à son intercession, sera alors normalement requis pour sa béatification, et un second miracle reconnu pour sa canonisation.
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La foi "pathologisée" : une terrible épée de Damoclès sur la liberté de conscience pour les temps qui viennent ?
De Laurent Dandrieu dans Valeurs Actuelles (1/7/2026) via le site "Pour une école libre au Québec" :
De la pathologisation de la religion
Pour certains, toute foi religieuse fervente tend à être vue comme une névrose. D’où la tentation d’un contrôle liberticide sur l’éducation des enfants. Un texte de Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles du 1er juillet 2026.
C’est assurément un bon choix qu’a fait cette année le Festival de Cannes en donnant sa palme d’or à Fjord, de Cristian Mungiu, non seulement parce que ce film, dont l’action se passe en Norvège à l’approche de Noël, est climatiquement rafraîchissant, mais parce que le cinéaste roumain, comme à son habitude, réussit à faire réfléchir à un sujet primordial sans imposer de réponse. Ce n’est pas le lieu ici de parler des qualités cinématographiques de l’œuvre — nous y reviendrons quand il sortira en salle, à la mi-août —, mais de voir comment il peut nous éclairer sur un phénomène inquiétant, qui n’est pas sans lien avec l’actualité française.
Posons d’abord le cadre du récit: il est centré sur une famille composée d’un époux roumain et de son épouse norvégienne, qui ont récemment quitté la Roumanie pour venir vivre en Norvège, plus près des grands-parents maternels de leurs cinq enfants. Une famille chrétienne fervente, où les enfants sont élevés de manière aimante, mais dans un cadre strict — lectures bibliques, prière quotidienne obligatoire, ni téléphones ni réseaux sociaux. Ces restrictions si éloignées des normes de la société libérale avancée norvégienne deviennent des circonstances aggravantes lorsque, des bleus ayant été découverts sur l’aînée, les parents sont accusés de brutalités physiques sur leur progéniture — eux reconnaissent seulement des petites tapes sur les fesses quand les enfants étaient plus petits.
Dans le procès qui s’ensuit, le représentant de l’état, loin de se concentrer sur ces éventuelles violences, ne dissimule pas son hostilité aux valeurs religieuses de ce couple — le simple fait d’adhérer à une conception de la “famille traditionnelle” consistant en l’union d’un homme et d’une femme étant clairement une circonstance aggravante, et la non-adhésion à la théorie du genre devenant, pour ce progressisme d’état, le signe d’une éducation rétrograde contraire aux valeurs libérales de la société norvégienne. Que l’avocate des parents, faisant remarquer qu’en entendant leur imposer ces valeurs au détriment de ce qu’ils veulent transmettre à leurs enfants, la société se montre en réalité assez peu libérale, pose une argumentation ponctuellement efficace, mais dont on sent bien qu’elle est amenée à devenir politiquement de plus en plus fragile.
Cristian Mungiu a, certes, donné une puissance dramatique supplémentaire à son récit en confrontant une famille de culture roumaine au puritanisme post-luthérien scandinave. Mais comment ne pas penser, devant ce Fjord, à la France et à la tentation qui s’y fait jour, de plus en plus nettement, d’instrumentaliser l’indispensable lutte contre les violences faites aux enfants pour exercer un contrôle liberticide sur le droit des parents à éduquer leurs enfants selon leurs conceptions et à leur transmettre les valeurs auxquelles ils sont attachés? De la récente proposition de loi “Bétharram” aux contrôles agressifs multipliés dans les écoles hors contrat, en passant par une pression administrative contre l’école à la maison qui confine souvent à l’interdiction de fait, on assiste bel et bien à une offensive en règle pour faire entrer l’enseignement privé dans le giron des sacro-saintes “valeurs de la République”.
Et ce d’autant plus que ces “valeurs de la République”, référent fluctuant auquel on peut faire dire à peu près tout ce que l’on veut, sont pour certains enragés de la laïcité totalement incompatibles avec toute conviction religieuse, a fortiori si celle-ci emprunte une forme un peu conséquente. Il y a longtemps déjà que, dans les colonnes du Monde et de Libération, tout catholique prenant sa foi un peu au sérieux est qualifié sans autre forme de procès de “traditionaliste” ou d’“intégriste”, ce qui pour cette presse est synonyme de “sectaire”. Et que, dans les médias de service public et les discours d’une certaine gauche, toute manifestation de foi engagée est assimilée à un fanatisme contraire à la raison.
Fjord a le grand mérite d’attirer notre attention sur cette pathologisation de la foi, malheureusement appelée à devenir, dans les années qui viennent, une terrible épée de Damoclès sur la liberté de conscience.Lien permanent Catégories : Actualité, Culture, Enseignement - Education, Films, Foi, Politique, Société 0 commentaire -
Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre
Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre
La proposition du frère Ferdinand Poswick, moine bénédictin de Maredsous, sur la fin de vie a suscité de vives réactions parmi les lecteurs du journal Dimanche et du site CathoBel. Alors que le religieux plaidait pour une réflexion ouverte sur l’euthanasie consentie chez les personnes très âgées, plusieurs voix, notamment celles de croyants, expriment une opposition ferme ancrée dans la foi chrétienne et l’expérience humaine. Trois contributions emblématiques illustrent ce débat.
La confiance humble d’une malade en phase terminale
Marie de Géradon, 86 ans et atteinte d’un cancer incurable, s’adresse directement au frère Poswick avec une grande simplicité. Du même âge que lui, elle partage le désir de mourir dans la dignité, mais affirme une différence fondamentale : « ma vie ne m’appartient pas ». Elle choisit de s’en remettre humblement au Seigneur pour sa fin de vie.
Cette lettre touche par son ton pacifié et sa profondeur spirituelle. Elle montre qu’une personne directement concernée par la souffrance peut vivre sa maladie avec sérénité et abandon, sans recourir à l’euthanasie.
Mourir « debout », à la manière de saint Benoît
Christiane, autre lectrice, interroge la proposition du frère Poswick en rappelant la sagesse monastique et chrétienne face au grand âge. Elle invite à accueillir consciemment les pertes et diminutions liées à la vieillesse, tout en y voyant une richesse et une préparation au passage pascal.
Pour elle, la première étape pour un senior consiste à renoncer à l’acharnement thérapeutique inutile, à laisser la vie aller jusqu’au bout, comme saint Benoît qui « sent qu’il va mourir » sans demander à être euthanasié. Elle distingue clairement l’accompagnement respectueux de la vie qui s’achève (ne rien faire d’extraordinaire pour la prolonger artificiellement) de l’acte de donner la mort.
« Mourir debout », selon elle, c’est accomplir sa vie jusqu’au terme naturel par le don quotidien aux frères, dans la patience et l’abandon. Cette vision met l’accent sur l’accompagnement humain et spirituel plutôt que sur une interruption délibérée.
Une réponse argumentée : l’impasse anthropologique et spirituelle
La contribution la plus développée vient de Pierre de Mahieu, qui propose une réfutation structurée et théologique de la position du frère Poswick.
Il reconnaît la sincérité de la préoccupation (éviter l’acharnement thérapeutique, la solitude et la souffrance inutile), mais estime que la solution suggérée conduit à une impasse. Principaux arguments :
- Distinction évangélique fondamentale : Jésus et les martyrs offrent leur vie par fidélité, ils ne se donnent pas la mort. Il existe une différence essentielle entre offrir sa vie (charité) et supprimer sa vie.
- Danger utilitariste : Évoquer le poids économique du vieillissement introduit un critère de rentabilité dans l’évaluation de la personne humaine. La question risque de devenir « Suis-je encore rentable ? » au lieu de « Suis-je encore aimé ? ». Or, la dignité humaine ne dépend ni de la productivité ni de l’autonomie, mais du fait d’être créé à l’image de Dieu.
- Fécondité de la vieillesse : Les derniers chapitres de l’existence sont précieux pour la patience, le pardon, la transmission et l’abandon confiant en Dieu. Les anciens sont un don pour les générations suivantes ; ils rappellent que l’homme vaut davantage que ce qu’il produit.
- Appel à une culture de la fraternité : Plutôt que d’encourager le retrait volontaire, l’Église doit promouvoir les soins palliatifs, lutter contre l’isolement, inventer de nouveaux rites d’accompagnement qui célèbrent la fidélité de Dieu jusqu’au dernier souffle. Une civilisation se juge à sa manière d’aimer ceux qui ne peuvent plus rien rendre.
Pierre de Mahieu conclut que la société souffre moins d’un excès de vieillards que d’un déficit de fraternité. La réponse chrétienne authentique est une culture de la gratitude et de la réciprocité entre générations.
Des convergences fortes
Malgré des tonalités différentes — témoignage personnel, réflexion spirituelle pratique ou analyse théologique —, ces réactions partagent plusieurs convictions :
- Le refus de l’euthanasie comme solution, même « choisie » et « lucide ».
- La défense inconditionnelle de la dignité de toute vie humaine, y compris dépendante ou diminuée.
- L’importance de l’accompagnement humain, médical (palliatif) et spirituel.
- La confiance dans la Providence et le sens chrétien de la souffrance et de la mort comme passage.
Ces voix rappellent que, pour beaucoup de croyants, la fin de vie n’est pas d’abord une question d’autonomie individuelle, mais une étape de communion avec Dieu et avec les frères, jusqu’au bout. Elles invitent l’Église et la société à inventer des réponses de présence et d’espérance plutôt qu’à organiser le départ anticipé des plus fragiles.
Dans un contexte de vieillissement démographique et de débats éthiques intenses, ces réactions soulignent la nécessité d’un discernement profond, ancré dans l’anthropologie chrétienne.
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