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Foi

  • Dimanche 23 août 2026. Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-20.

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    56652960.jpgJésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »

    Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »

    Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

    Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

    Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.

    Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

    Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »  Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Messie. (cliquer sur "lire la suite")

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  • Pierre, le roc sur lequel le Christ a fondé l'Eglise (21e dimanche du temps ordinaire)

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    De Benoît XVI lors de l'Audience générale du mercredi 7 juin 2006 :

    Pierre, le roc sur lequel le Christ a fondé l'Eglise

    Chers frères et soeurs,

    Nous reprenons les catéchèses hebdomadaires que nous avons commencées ce printemps. Dans la dernière, il y a quinze jours, j'ai parlé de Pierre comme du premier des Apôtres. Nous voulons aujourd'hui revenir encore une fois sur cette grande et importante figure de l'Eglise. L'évangéliste Jean, racontant la première rencontre de Jésus avec Simon, frère d'André, souligne un fait singulier:  Jésus, "posa son regard sur lui et dit:  "Tu es Simon, fils de Jean; tu t'appelleras Képha" (ce qui veut dire:  pierre)" (Jn 1, 42). Jésus n'avait pas l'habitude de changer le nom de ses disciples:  à l'exception de la dénomination de "fils du tonnerre", adressée dans une circonstance précise aux fils de Zébédée (cf. Mc 3, 17) et qui ne fut plus utilisée par la suite, Il n'a jamais attribué un nouveau nom à l'un de ses disciples. Il l'a fait en revanche avec Simon, l'appelant Kepha, un nom qui fut ensuite traduit en grec Petros, en latin Petrus, et il fut traduit précisément parce qu'il ne s'agissait pas seulement d'un nom; c'était un "mandat", que Petrus recevait de cette façon du Seigneur. Le nouveau nom Petrus reviendra plusieurs fois dans les Evangiles et finira par supplanter le nom originel Simon.

    Cette information acquiert une importance  particulière  si  l'on tient compte du fait que, dans l'Ancien Testament, le changement du nom préfigurait en général une mission qui est confiée (cf. Gn 17, 5; 32, 28sq. etc.). De fait, la volonté du Christ d'attribuer à Pierre une importance particulière au sein du Collège apostolique résulte de nombreux indices:  à Capharnaüm, le Maître  va  loger dans la maison de Pierre (Mc 1, 29); lorsque la foule se presse autour de lui sur les rives du lac de Génésareth, entre les deux barques qui y sont amarrées, Jésus choisit celle de Simon (Lc 5, 3); lorsque, dans des circonstances particulières, Jésus ne se fait accompagner que par trois disciples, Pierre est toujours rappelé comme le premier du groupe:  c'est le cas lors de la résurrection de la fille de Jaïre (cf. Mc 5, 37; Lc 8, 51), de la Transfiguration (cf. Mc 9, 2; Mt 17, 1; Lc 9, 28) et enfin, au cours de l'agonie dans le Jardin du Gethsémani (cf. Mc 14, 33; Mt 26, 37). Et encore:  c'est à Pierre que s'adressent les percepteurs de la taxe du Temple, et le Maître paie pour lui-même et pour Pierre uniquement (cf. Mt 17, 24-27); c'est à Pierre qu'Il lave les pieds en premier lors de la Dernière Cène (cf. Jn 13, 6) et c'est seulement pour lui qu'il prie afin que sa foi ne disparaisse pas et qu'il puisse ensuite confirmer en celle-ci les autres disciples (cf. Lc 22, 30- 31).

    Du reste, Pierre lui-même est conscient de sa position particulière:  c'est lui qui souvent, également au nom des autres, parle en demandant l'explication d'une parabole difficile (Mt 15, 15), ou le sens exact d'un précepte (Mt 18, 21), ou bien encore la promesse formelle d'une récompense (Mt 19, 27). C'est lui en particulier qui résout certaines situations embarrassantes en intervenant au nom de tous. Ainsi, lorsque Jésus,  attristé  en raison de l'incompréhension de la foule après le discours sur le "pain de vie", demande:  "Voulez-vous partir vous aussi?", la réponse de Pierre est ferme:  "Seigneur, vers qui pourrions-nous aller? Tu as les paroles de la vie éternelle" (cf. Jn 6, 67-69). C'est également de manière décidée qu'il prononce la profession de foi, encore au nom des Douze, dans les environs de Césarée de Philippe. A Jésus qui demande:  "Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je?", Pierre répond:  "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant!" (Mt 16, 15-16). En réponse, Jésus prononce alors la déclaration solennelle qui définit, une fois pour toutes, le rôle de Pierre dans l'Eglise:  "Et moi, je te le déclare:  Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise... Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux:  tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux" (Mt 16, 18-19). Les trois métaphores auxquelles Jésus a recours sont en elles-mêmes très claires:  Pierre sera le fondement rocheux sur lequel reposera l'édifice de l'Eglise; il aura les clefs du Royaume des cieux pour ouvrir ou fermer à qui lui semblera juste; enfin, il pourra lier ou délier, au sens où il pourra établir ou interdire ce qu'il con-sidérera nécessaire pour la vie de l'Eglise, qui est et qui demeure au Christ. Elle est toujours l'Eglise du Christ, et non de Pierre. C'est ainsi qu'est décrit par des images d'une évidence plastique ce que la réflexion successive appellera le "primat de juridiction".

    Cette position de prééminence que Jésus a voulu conférer à Pierre se retrouve également après la résurrection:  Jésus charge les femmes d'en porter l'annonce à Pierre, de manière distincte par rapport aux autres Apôtres (cf. Mc 16, 7); c'est à lui et à Jean que s'adresse Marie-Madeleine pour informer que la pierre a été déplacée devant l'entrée du sépulcre (cf. Jn 20, 2) et Jean lui cédera le pas lorsque tous les deux arriveront devant la tombe vide (cf. Jn 20, 4-6); ce sera ensuite Pierre, parmi les Apôtres, le premier témoin d'une apparition du Ressuscité (cf. Lc 24, 34; 1 Co 15, 5). Son rôle, clairement souligné (cf. Jn 20, 3-10), marque la continuité entre la prééminence qu'il a eue dans le groupe apostolique et la prééminence qu'il continuera à avoir au sein de la communauté née avec les événements pascals, comme l'atteste le livre des Actes (cf. 1, 15-26; 2, 2 14-40; 3, 12-26; 4, 8-12; 5, 1-11.29; 8, 14-17; 10; etc.). Son comportement est considéré à ce point décisif qu'il est au centre de remarques et également de critiques (cf. Ac 11, 1-18; Ga 2, 11- 14). Au Concile dit de Jérusalem, Pierre exerce une fonc-tion directive (cf. Ac 15 et Ga 2, 1-10), et c'est précisément parce qu'il est un témoin de la foi authentique que Paul lui-même reconnaîtra en lui une certaine qualité de "premier" (cf. 1 Co 15, 5; Ga 1, 18; 2, 7sq.; etc.). Ensuite, le fait que plusieurs des textes clefs se référant à Pierre puissent être reconduits au contexte de la Dernière Cène, où le Christ confère à Pierre le ministère de confirmer ses frères (cf. Lc 22, 31sq.), montre comment l'Eglise qui naît du mémorial pascal célébré dans l'Eucharistie trouve dans le ministère confié à Pierre l'un de ses éléments constitutifs.

    Ce cadre du Primat de Pierre situé lors de la Dernière Cène, au moment de l'institution de l'Eucharistie, Pâque du Seigneur, indique également le sens ultime de ce Primat:  Pierre, en tout temps, doit être le gardien de la communion avec le Christ; il doit guider à la communion avec le Christ; il doit prendre garde à ce que la chaîne ne se brise pas et que puisse ainsi perdurer la communion universelle. Ce n'est qu'ensemble que nous pouvons être avec le Christ, qui est le Seigneur de tous. La responsabilité de Pierre est de garantir ainsi la communion avec le Christ à travers la charité du Christ, en conduisant à la réalisation de cette charité dans la vie de chaque jour. Prions afin que le Primat de Pierre, confié aux pauvres personnes humaines, puisse toujours être exercé dans ce sens originel voulu par le Seigneur et puisse ainsi être toujours davantage reconnu dans sa véritable signification par nos frères qui ne sont pas encore en pleine communion avec nous.

  • Inclina, Domine, aurem tuam ad me et exaudi me (Introït du 21ème Dimanche du Temps ordinaire)

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    Incline, Seigneur, ton oreille vers moi et écoute-moi ;

    sauve ton serviteur, ô mon Dieu : il espère en toi !

    aie pitié de moi, Seigneur, car je crie vers toi tout le jour.

    V/ Réjouis l’âme de ton serviteur, car vers toi, Seigneur, j’élève mon âme.

     

    Inclina, Domine, aurem tuam ad me et exaudi me ;

    salvum fac servum tuum Deus meus, sperantem in te

    miserere mihi Domine quoniam ad te clamavi tota die.

    V/ Laetifica animam servi tui : quoniam ad te, Domine, animam levavi.

    (Ps 85, 1-4)

     

    Introït du 21ème Dimanche du Temps ordinaire.

  • Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? (21e dimanche du T.O.)

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    L'Evangile : Mt 16, 13-20

    Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » 
    Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
    Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Messie.

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ  (homelies.fr - archive 2008)

    Les deux évangélistes Marc et Matthieu précisent tous deux la localisation géographique du dialogue que nous venons d’entendre entre Jésus et ses apôtres ; c’est donc que celle-ci est significative. Il s’agit de « la région de Césarée-de-Philippe », ville construite par le tétrarque Hérode-Philippe près des sources du Jourdain, et ainsi dénommée en l’honneur de l’empereur Auguste. Jésus a-t-il voulu susciter la reconnaissance de son identité messianique sur l’horizon de cette cité élevée à la gloire des grands de ce monde, afin de suggérer l’antagonisme irréconciliable entre le Royaume de son père et les Empires d’ici-bas ? Ou bien a-t-il choisi ce lieu paradisiaque où l’eau coule en abondance et où la végétation est luxuriante, pour signifier que l’accueil de la révélation donne accès à la nouvelle création ? Peut-être faut-il conjuguer les deux interprétations : Jésus pourrait en effet suggérer par ce choix géographique, que l’on n’accède au nouvel Eden qu’en renonçant aux fastes d’ici-bas ?

    « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? » La question introductrice semble relever d’un sondage d’opinion ; en terme médiatique nous pourrions traduire : « où en est ma cotte de popularité ? » De fait les disciples répondent en se référant à ce qu’ils ont pu entendre autour d’eux dans les murmures de la foule émerveillée par les miracles du Rabbi : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». Le point commun entre toutes ces propositions, est qu’elles se réfèrent toutes à des personnages du passé. Réflexe spontané des masses qui occultent la nouveauté du message et des interventions de Jésus, en tentant de les renvoyer à du déjà vu et déjà connu. Il est toujours rassurant de se dire que ce Rabbi n’apporte somme toute rien d’original, mais ne fait que répéter ce qui s’est déjà dit par le passé : cela permet d’éluder la question d’une véritable conversion.

    Mais une telle interprétation de la Personne du Christ se méprend totalement sur son identité et sa mission ; car Jésus n’est pas venu pour redire, mais pour accomplir ; il n’est pas venu pour prolonger une histoire ancienne, mais pour ouvrir des temps nouveaux. Il ne se contente pas de faire écho aux enseignements des Rabbis de la tradition ancestrale, mais il ouvre une brèche vers un au-delà que l’homme ne pouvait même pas pressentir - et encore moins atteindre - par lui-même. Plus encore qu’une doctrine, c’est un chemin que Jésus déploie devant nous ; un chemin sur lequel il passe en premier pour rejoindre le Père, entraînant à sa suite ceux qui ont pressenti la radicale nouveauté de son enseignement et qui lui font confiance.

    Lorsque Simon proclame que Jésus est « le Messie, le Fils du Dieu vivant », son affirmation n’est vraie qu’à condition de donner à ces termes une signification radicalement nouvelle, qui correspond à Jésus seul, mais qui ne sera révélée qu’au matin de la Résurrection. Il est dès lors probable que lorsque Pierre attribue à Jésus le titre de « Christ », et de « Fils de Dieu », il est loin de mesurer la portée de ce qu’il affirme : ce n’est qu’au terme de la deuxième partie de son cheminement à la suite de Jésus, culminant dans le triduum pascal, qu’il le découvrira - non sans peine. C’est bien pourquoi pour le moment Notre-Seigneur ordonne aux disciples « de ne dire à personne qu’il était le Messie ».

    Pourtant, même s’il n’a pas encore tout compris, Simon a cependant fait un pas décisif dans la bonne direction, comme le confirme la réponse très solennelle de Jésus, dont on devine la joie intérieure. Son disciple vient en effet de manifester son ouverture à la grâce d’en haut : ce qu’il vient de proclamer n’est pas le vestige de son catéchisme d’enfance, ni le fruit d’un raisonnement humain. Mais il s’agit d’une véritable confession de foi, c'est-à-dire de l’adhésion, à travers des mots connus, à une réalité inconnue, radicalement nouvelle, que Simon a pressentie à la lumière de la grâce, en la Personne de son Maître.

    Cet accueil de l’action de l’Esprit Saint, fait de Simon un homme nouveau : il est désormais bien plus que le fils de Yonas ; car un autre s’est joint à lui : le Père de Jésus, qui vient de parler par sa bouche. Par cette intervention divine, Simon est élevé au-dessus de sa simple hérédité naturelle, au-dessus de la « chair et du sang » : il participe désormais à la filiation de Jésus dans l’Esprit.

    Cette nouvelle généalogie est confirmée par le don d’un nom nouveau : Simon devient « Pierre ». Or ce nom n’est rien de moins qu’un titre messianique : la pierre, le rocher, est une des dénominations par lesquelles la Bible désignait le Christ à venir. Ainsi donc la foi naissante de Simon l’unit d’emblée à son Maître, au point de le rendre participant à son identité et à sa mission.

    Le ministère des « clés du Royaume » qui lui est confié est également un pouvoir messianique : seul le Christ enseigne, condamne et absout avec l’autorité de Dieu son Père. Ce qui ne signifie pas que celui-ci se plie désormais aux caprices de Pierre et de ses successeurs, mais bien plutôt qu’il s’engage à leur accorder une grâce particulière de discernement, de manière à ce que leurs décisions correspondent à ses desseins.

    Ce pouvoir inouïe est conféré non seulement à Simon-Pierre et à ses successeurs - qui l’exercent d’une manière paradigmatique - mais il le sera bientôt à tous ceux qui suivent le Christ (Mt 18, 18), c'est-à-dire à l’Eglise entière. Tous, si nous confessons que le Christ est « la pierre angulaire rejetée par les bâtisseurs mais choisie par Dieu » (Mt 21, 42), nous recevrons une « caillou blanc, portant gravé un nouveau nom » (Ap 2, 17). Tous nous sommes appelés à devenir des pierres vivantes de l’édifice de Dieu (1 P 2, 4-6) - à condition de nous laissons équarrir par l’Esprit.

    « Seigneur, par la foi, tu ouvres devant nous une histoire radicalement nouvelle ; tu nous invites à ta suite sur un chemin qui nous fait quitter ce monde ancien et nous donne accès dès à présent à la nouveauté du Royaume. La seule exigence, est que nous nous nourrissions de ta Parole, et que nous consentions à l’action transformante de ton Esprit, afin d’entrer chaque jour davantage dans la compréhension de “la profondeur de ta richesse, de ta sagesse et de ta science” (2nd lect.). Donne-nous de ne pas être des enfants timorés ou ingrats, mais d’oser risquer notre vie en réponse à ton appel, “car tout est de toi, et par toi, et pour toi. A toi la gloire pour l’éternité ! Amen” (Ibid.). »

    Père Joseph-Marie

  • Vivre du Christ (homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire)

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    Jésus est l’être le plus merveilleux que la Terre ait porté. Le connaître, c’est avoir une espérance indestructible. Marcher avec lui, c’est avancer dans la lumière. L’aimer, c’est se brancher sur la source de la vie. Celui qui commence cette vie d’amitié avec le Seigneur le découvre petit à petit ainsi. Mais comment avons-nous su qu’il était bon de lui ouvrir son cœur ? Comment même est-il arrivé jusqu’à nous ? C’est l’Église qui l’a apporté jusqu’à la porte de notre cœur, et c’est par les apôtres qu’elle Le connaît. Il est donc important pour nous de réfléchir à la manière dont Jésus s’est fait connaître à ses apôtres.

    Il ne leur a pas dit un jour : asseyez-vous là, je vais vous expliquer que je suis le Fils de Dieu. Jamais on ne trouve ce genre d’attitude chez Jésus. Et aujourd’hui, ce serait perdre notre temps de vouloir démontrer aux autres que Jésus est le Seigneur — ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas défendre la foi avec des arguments, ce qu’on appelle l’apologétique ; notre monde a un grand besoin d’apologétique ; mais l’apologétique ne prouve pas, elle prépare seulement par l’intelligence le chemin du cœur.

    Au contraire, Jésus a proposé à des disciples de vivre avec lui, de l’accompagner dans les bons et les mauvais moments, les miracles éclatants et les débats les plus âpres, les enseignements doux et les enseignements décapants, les fêtes et les retraites dans des lieux déserts. Et après un certain temps, quand leur cœur a commencé à être touché et à comprendre, il peut leur demander : qu’est-ce qu’il y a dans votre cœur et dans votre intelligence à mon égard ? Qui suis-je à vos yeux ?

    Pierre, au nom de tous, peut dire : tu es le Christ, le Fils de Dieu. Les apôtres avaient déjà dit cela dans la barque après la marche sur la mer. Mais maintenant, Pierre le dit à froid, sans miracle, dans le calme de la plaine. C’est la conviction tranquille de son cœur. Et maintenant, il aura à nourrir encore cette conviction, en y intégrant tous les combats à venir, la trahison, la croix, jusqu’à la résurrection.

    Jésus dit à Pierre que ce n’est pas de lui-même qu’il est venu à le connaître vraiment. C’est le Père qui le lui a révélé. Cela me fait penser à cette autre parole que nous avons entendue le 9 juillet : nul ne connaît le Fils, sinon le Père (Mt 11,27). C’est bien le Père qui nous révèle la richesse qu’il y a dans son Fils, qui nous fait percevoir la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur de l’amour du Christ (Ép 3,18). Et ce jour-là, Jésus avait continué en disant : nul ne connaît le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. Sans réfléchir nous pourrions dire qu’il y a là une impossibilité : si on ne peut connaître le Père sans l’aide du Fils, ni le Fils sans l’aide du Père, comment entrer dans ce cercle ? La méthode est celle du compagnonnage. Je vais marcher avec toi, Seigneur… Je vais apprendre pas à pas qui tu es et qui est le Père… Petit à petit vous vous révélerez l’un l’autre à mon cœur, au fur et à mesure que je vous choisirai, que je vous mettrai à une place de plus en plus élevée dans ma vie. Vous êtes venus ce matin, et je suis admiratif de votre fidélité, de la façon dont dimanche après dimanche vous cherchez le cœur du Christ pour vivre de lui de plus en plus. Continuez ce chemin vers la lumière, continuez même les jours où vous ne sentez rien, car ces jours-là le Seigneur creuse et prépare encore davantage de joie pour quand il vous aura creusé par la foi !

    Avançons ensemble sur ce chemin, en faisant confiance à l’Église, car Jésus a dit qu’elle était « son Église » et que c’est lui qui la bâtirait sur la pierre qu’est l’apôtre Simon-Pierre et que sont ses successeurs les évêques de Rome où Pierre et Paul ont donné leur vie. C’est l’Église qui a le pouvoir d’amener le Christ sans cesse à la porte de notre cœur. Elle a beaucoup de taches, c’est vrai, mais elle est vivante et elle est belle lorsqu’elle vit de foi.

  • Entre les mains du Pape : le « remède marial » à la débacle actuelle

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Entre les mains du Pape, le « remède marial » aux maux du monde

    Depuis des décennies, on invoque la paix, mais les guerres se multiplient et, au sein de l'Église, la situation n'est pas meilleure. La voix des simples demande au Saint-Père un acte solennel capable de dissiper les ténèbres et de « déchaîner » la grâce : proclamer Marie mère spirituelle de tous les hommes, corédemptrice, médiatrice et avocate.

    22/08/2026

    « Peut-être que l’Abanà et le Parpar, les fleuves de Damas, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Ne pourrais-je pas m’y baigner pour être guéri ? » (2 Rois 5, 12). La réaction du chef de l’armée du roi d’Aram, Naaman, illustre parfaitement la manière dont l’homme se comporte face aux problèmes qui l’affligent. On s’observe et on se rend compte qu’on est atteint de la lèpre ; on cherche de l’aide auprès des hommes, mais en vain. Puis, la voix humble d’une femme étrangère nous indique le remède et, dans notre désespoir, on espère toujours qu’un miracle puisse se produire. Mais lorsque l’homme de Dieu nous demande ensuite de faire quelque chose de simple, nous commençons à avancer nos propres raisonnements : si je devais me plonger dans les eaux d’un fleuve pour guérir, pourquoi pas dans celles que je considère comme les meilleures ? Aux yeux de Naaman, les eaux de l’Abanà et du Parpar semblaient plus salubres et plus abondantes que celles du Jourdain : quel genre d’homme de Dieu est-ce donc qui ne s’en rend pas compte ? Ce n’est sans doute qu’un bigot et un simple d’esprit, qui n’est jamais sorti de son pays et ignore qu’il existe des eaux bien meilleures en dehors de la terre d’Israël.

    Depuis des décennies, on ne cesse de parler de paix, et depuis des décennies, la guerre fait rage aux quatre coins du monde, augmentant sans cesse son potentiel d’anéantissement total de la planète. Depuis des décennies, on entonne des hymnes à la liberté, et depuis des décennies, la vie de l’homme, tant personnelle que sociale, est de plus en plus contrôlée et manipulée. Depuis des décennies, les institutions éducatives (ou prétendues telles) élaborent des projets « scientifiques » pour l’éducation des jeunes générations, et depuis des décennies, l’effronterie, l’impolitesse et la violence se développent de manière démesurée et sont désormais hors de contrôle. Depuis des décennies, la science nous assure avoir trouvé le remède définitif contre le cancer, le diabète, l’hypertension et l’oignon, et depuis des décennies, les maladies chroniques dégénératives se multiplient dans l’ensemble de la population.

    Si nous regardons à l’intérieur des murs de notre Église bien-aimée, la situation n’est pas meilleure. Des années et des années de nouvelle évangélisation, de pastorale des jeunes, de pastorale familiale, de pastorale des migrants, de pastorale de la pastorale, de « marcher ensemble », d’inclusion ; des bureaux par-ci, des colloques par-là, des réunions, des congrès, des synodes, de la formation permanente et Dieu seul sait quoi d’autre encore. Et des années et des années de baisse constante des vocations sacerdotales et religieuses, de couvents vendus, d’églises fermées, d’effondrement des mariages, d’avancée continue de la sécularisation, de nouveaux mouvements religieux ; partout des hérésies, partout des schismes, partout la charité se refroidit.

    Face à ce spectacle, l’idée que la guérison puisse venir de quelque chose d’aussi simple que de s’immerger dans les eaux du Jourdain suscite l’indignation, la protestation et quelques sourires plus ou moins compatissants. Mieux vaut les eaux connues de l’Abanà et du Parpar, de nos projets et de nos initiatives, éprouvées et soutenues par la diplomatie, la culture et la science, même si elles se sont révélées être des eaux stériles, incapables de donner et de rendre la vie et le salut.
    Mais alors, la voix des simples rappelle qu’il y a un prophète en Samarie, et qu’en faisant simplement ce que le prophète ordonne, le salut est encore possible. Va vers le prophète, écoute sa voix qui te dit de te baigner sept fois dans le Jourdain. Et face à l’objection trop humaine « pourquoi le Jourdain ? Pourquoi pas les fleuves de chez nous ? », souviens-toi que l’Arche de l’Alliance, la demeure du Très-Haut, est entrée dans les eaux du Jourdain (cf. Jos 3, 14-17).

    Depuis des décennies, on assiste non seulement à une décadence, sous les yeux de tous, mais aussi à la voix de nombreux humbles du Seigneur qui ont demandé et continuent de demander au Pape de plonger l’Église et le monde dans les eaux du Jourdain, afin que disparaisse cette terrible lèpre qui défigure et ronge leurs chairs : qu’il proclame depuis sa chaire le dogme de Marie, mère spirituelle de tous les hommes, corédemptrice, médiatrice et avocate. Des années d’initiatives, des millions de pétitions adressées au Saint-Siège pour qu’il reconnaisse publiquement et solennellement que Dieu a voulu et veut nous sauver « par la main d’une femme » (Jdt 13, 15), cette femme qui est notre véritable mère, car nous sommes membres du corps du Fils divin.

    Dieu veut que son peuple, son Église, la reconnaissent comme véritable mère dans le plan du salut des hommes : il veut qu’ils reconnaissent l’accouchement douloureux par lequel elle nous a engendrés, en s’associant au Christ en tant que corédemptrice ; il veut qu’ils la reconnaissent comme nourricière des hommes, leur dispensant à tous et à chacun les grâces du salut ; il veut qu’ils la reconnaissent comme leur tutrice, toujours prête à protéger ses enfants et à intercéder en leur faveur. Il veut non seulement qu’ils la reconnaissent comme mère, mais aussi qu’ils fassent l’expérience qu’elle est la femme prévue depuis l’éternité pour que, unie à son Fils, elle écrase la tête de l’ancien serpent, abatte pour toujours ses deux « créatures » infernales – la bête qui monte de la mer et la bête qui monte de la terre (cf. Ap 13, 1.11) –, qui entraînent tous les hommes dans l’erreur, le vice et les ténèbres.

    Le Saint-Père a une responsabilité immense et solennelle envers l’humanité tout entière : il peut ouvrir les portes du Ciel, en proclamant Marie véritable mère de tous les hommes dans l’ordre de la grâce, et offrir ainsi au monde et à l’Église une ère de paix véritable et durable. Il a à ses côtés le peuple de Dieu, qui attend ce moment depuis des années ; il s’appuie sur une théologie désormais mûre pour expliquer en quoi consiste cette maternité, dans sa dimension corédemptrice et de médiation, et pour écarter tout malentendu éventuel ; il bénéficie de l’exemple et de l’intercession de nombreux saints, y compris le saint pontife Jean-Paul II, qui a tant contribué à faire mûrir la réflexion de l’Église à ce sujet.

    Mais si, d’une part, la pensée du grand bien qui pourra découler de cet acte solennel encourage, réconforte et donne de l’espoir au milieu de la grande tribulation que nous traversons, d’autre part, il n’est pas possible de cacher l’inquiétude, voire la consternation, qui envahit l’âme à l’idée que, une fois de plus, cette grande occasion de répondre au désir du Ciel de glorifier la Mère puisse être reportée. Une pensée qui n’est certainement pas lointaine à la lumière du triste et incompréhensible pas en arrière que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a fait avec la Note doctrinale *Mater populi fidelis*.

    Notre prière pour le Saint-Père doit être de plus en plus insistante, afin qu’il ait l’humilité, la lumière et le courage d’accomplir le grand acte qui dissipera les ténèbres obscures du mal, qui recouvrent désormais chaque recoin de la terre et du cœur de l’homme ; de plonger l’Église et le monde dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant la puissance salvatrice de la nouvelle Arche de l’Alliance. Le monde attend ; chaque homme et chaque créature retiennent leur souffle, attendant de celui qui a reçu le pouvoir de lier et de délier qu’il ouvre les portes du Ciel.

  • Augustin, Irénée, Newman et le rôle de Marie dans le salut

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    De Mark Miravalle sur la NBQ :

    Augustin, Irénée, Newman et le rôle de Marie dans le salut

    Le rôle de la Vierge dans la Rédemption humaine vu par trois grands docteurs de l’Église. Une vérité qui doit être solennellement proclamée au milieu de la confusion doctrinale actuelle afin de conduire à la paix promise et attendue dans l’Église et dans le monde, en apportant de grandes grâces, comme l’a également souhaité sainte Thérèse de Calcutta.

    22/08/2026

    Envoie-la depuis les cieux saints, envoie-la depuis ton trône glorieux, afin qu’elle m’assiste et m’accompagne dans mes efforts et que je sache ce qui te plaît. En effet, elle sait tout et comprend tout, et elle me guidera avec prudence dans mes actions et me protégera par sa gloire (Sag. 9, 10-12).

    Je voudrais commencer par la fin, c’est-à-dire par une conclusion que je considère comme fondamentalement et urgemment vraie : il n’y aura aucun rétablissement profond de la paix et de l’unité au sein de l’Église et dans le monde sans la reconnaissance formelle de Marie, Mère spirituelle de toute l’humanité, comme remède divinement désigné pour nos crises ecclésiales et mondiales actuelles. L’impératif catholique de prêcher, d’enseigner et de vivre Marie dans la plénitude de la vérité et de l’amour doit être fait sien tant par le clergé que par les laïcs, par les évêques et les religieux, depuis les membres les plus humbles du peuple fidèle jusqu’aux plus hauts échelons de la hiérarchie. Dieu l’a en effet « envoyée des cieux saints » et je crois qu’en ce moment précis de l’histoire humaine, nous avons un besoin urgent de sa guidance, de sa sagesse et de sa grâce.

    Qui est Marie et quel est son véritable rôle pour l’humanité, au point qu’il soit urgent et indispensable de reconnaître toute la « vérité sur Marie », selon les paroles de saint Jean-Paul II ? (1) De quelle manière trois grands docteurs de l’Église, dont les vies couvrent tout le cours de l’histoire chrétienne, contribuent-ils à une compréhension authentiquement catholique du rôle de Marie dans la Rédemption humaine ?

    Saint Augustin

    Tout comme c’est le cas pour les styles artistiques, en littérature et dans la mode, il existe également des tendances en théologie. En ce moment, saint Augustin (345-430) est « à la mode ». Cela tient en grande partie à un certain religieux augustinien américain qui a récemment été élu Vicaire du Christ.

    L’éclat et la sagesse classiques du Docteur de la grâce, l’un des plus grands esprits et cœurs de l’histoire de l’Église, font d’Augustin une figure éternellement d’actualité. Examinons seulement trois aspects de sa vaste sagesse, qui ont une pertinence immédiate pour le rôle de Marie dans le salut.
    Commençons par la perle par excellence d’Augustin sur Notre-Dame et le Corps mystique : « [Marie] est sans aucun doute la mère de ses membres, que nous sommes, en ce sens qu’elle a coopéré par l’amour à engendrer pour l’Église les fidèles, qui forment les membres de ce chef » (2). Marie est à la fois la mère physique du Christ, chef divin du corps, et la mère spirituelle de tous ceux qui sont mystiquement unis au chef. Le pape saint Pie X en donne cette explication magistérielle :

    « Marie n’est-elle pas la Mère de Dieu ? Elle est donc aussi notre Mère. […] Or, en tant qu’Homme-Dieu, Il a un corps comme les autres hommes ; en tant que Rédempteur de notre race, Il a un Corps spirituel ou, comme on dit, mystique, qui n’est autre que la communauté des chrétiens liés à Lui par la foi […]. On peut dire que Marie, en portant Jésus dans son sein, y portait aussi tous ceux dont la vie était contenue dans la vie du Sauveur. Ainsi, nous tous […] devons nous considérer comme sortis du sein de la Vierge, tels un corps attaché à sa tête. C’est pourquoi, en vérité, nous sommes appelés, dans un sens spirituel et tout à fait mystique, les enfants de Marie, et Elle, pour sa part, est la mère de nous tous »(3).

    La maternité spirituelle de Marie est un enseignement certain du Concile Vatican II. Les Pères conciliaires ont intégré l’essence de l’enseignement augustinien-mariologique dans Lumen Gentium, n° 61, où l’on conclut à juste titre que Marie « est mère dans l’ordre de la grâce » (4). Sur quels fondements théologiques le Concile a-t-il justifié cette maternité spirituelle ? Cela tient à sa participation unique et antérieure à l’œuvre de la Rédemption, aux côtés du Christ et sous sa conduite : « elle a coopéré d’une manière tout à fait spéciale à l’œuvre du Sauveur, par son obéissance, sa foi, son espérance et sa charité ardente, afin de restaurer la vie surnaturelle des âmes » (5). La Mère de Jésus réalise cette coopération tout à fait unique, depuis la conception de Jésus jusqu’au Calvaire, « en concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant au Père dans le temple, en souffrant avec son Fils mourant sur la croix » (6). Le Concile de Vatican II confirme que Marie est notre mère spirituelle dans l’ordre de la grâce, précisément parce qu’elle a avant tout coopéré à notre Rédemption – une maternité spirituelle fondée sur la corédemption.

    En second lieu, saint Augustin précise un titre particulier pour mettre en évidence le rôle subordonné de Marie par rapport à Jésus dans la Rédemption humaine : « coopératrice » (7). Saint Jean-Paul II commente ainsi ce titre augustinien pour la corédemption de Marie :

    « Au fil des siècles, l’Église a réfléchi à la coopération de Marie à l’œuvre du salut, en approfondissant l’analyse de son association au sacrifice rédempteur du Christ. Déjà saint Augustin attribue à la Vierge le titre de « coopératrice » de la Rédemption (cf. saint Augustin, De Sancta Virginitate, 6 ; PL 40, 399), titre qui souligne l’action conjointe et subordonnée de Marie au Christ Rédempteur » (8).

    Dans l’Église, les titres ont toujours été utilisés pour résumer une vérité doctrinale en un seul terme, même lorsqu’une explication adéquate reste néanmoins nécessaire. Certes, les titres mariaux de « Mère de Dieu », « Immaculée Conception » et même « Tout-Puissante par la grâce », ce dernier ayant été récemment utilisé par le pape Léon (9), requièrent tous une explication approfondie pour en transmettre le sens correct et éviter les malentendus. Le même raisonnement à l’appui de la légitimité peut certainement s’appliquer au titre de « Corédemptrice ».

    En troisième lieu, saint Augustin nous offre la maxime catholique classique qui exprime l’impératif providentiel pour tous les êtres humains de coopérer librement à l’œuvre rédemptrice du Christ : « Celui qui t’a formé sans toi ne te rendra pas juste sans toi » (10). L’humanité est appelée à coopérer librement et activement avec la grâce de Dieu pour atteindre le salut personnel, ainsi que pour participer au salut des autres.

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  • Marie, Reine de l'Univers

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    Le Couronnement de la Vierge par fra Angelico (Florence, couvent de San Marco)

    Du site "Marie de Nazareth" :

    Une fête instituée par Pie XII en 1954 :

    La fête est instituée en 1954, dans le contexte encore dramatique de l'après guerre, quelques années après le dogme de l'Assomption (1950) et dans la ferveur du couronnement de Notre Dame de Fatima.

    Initialement prévue le 31 mai, la fête a ensuite été déplacée par Paul VI au 22 août.

    Pie XII s'appuie sur l'Evangile et la parole de l'Archange Gabriel prédisant que le Fils de Marie régnerait éternellement.

    Il s'appuie aussi sur les pères de l'Eglise et la liturgie d'Orient qui ont appelé Marie reine ou souveraine, et sur la liturgie d'Occident et le Salve Regina qui salue Marie comme reine et mère de miséricorde.


    Citons l'un des passages centraux de son encyclique :

    24. En effet, "Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l'offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d'une manière toute spéciale" [...]
    25. Comme le Christ, nouvel Adam, est notre Roi parce qu'il est non seulement Fils de Dieu, mais aussi notre Rédempteur, il est également permis d'affirmer, par une certaine analogie, que la Sainte Vierge est Reine, et parce qu'elle est Mère de Dieu et parce que comme une nouvelle Eve, elle fut associée au nouvel Adam. [...]

    30. Que tous les fidèles chrétiens se glorifient donc d'être soumis à l'empire de la Vierge Mère de Dieu qui dispose d'un pouvoir royal et brûle d'amour maternel. [...]

    38. Quiconque donc honore la Souveraine des Anges et des hommes - et que personne ne se croie exempté de ce tribut de reconnaissance et d'amour - l'invoque aussi comme la Reine très puissante, médiatrice de paix : qu'il respecte et détende la paix, qui n'est ni injustice impunie ni licence effrénée mais concorde bien ordonnée dans l'obéissance à la volonté de Dieu ; c'est à la conserver et à l'accroître que tendent les exhortations et les ordres maternels de la Vierge Marie.

    Pie XII, Encyclique Ad Cœli Reginam sur la Royauté de Marie 11 octobre 1954,

    § 24.25.30.38

    La royauté de Marie appelle une réponse de notre part :

    Pie XII demande une consécration du monde en ce jour-là :

    "Nous ordonnons également que, ce jour-là, on renouvelle la consécration du genre humain au Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie."

    S. S. Pie XII,

    Lettre Encyclique Ad Cœli Reginam sur la Royauté de Marie, 11 octobre 1954, § 34

    Paul VI demande une consécration personnelle en ce jour-là :

    "Nous exhortons tous les fils de l’Eglise à renouveler personnellement leur propre consécration au Cœur Immaculé de la Mère de l’Eglise, et à mettre en pratique cet acte très noble de culte en menant une vie toujours plus conforme à la volonté divine, dans un esprit de service filial et de sainte imitation de leur Reine du ciel."

    (Paul VI, Exhortation apostolique Signum Magnum II,8)

    Le rite catholique romain pour le 22 août, Marie Reine (mémoire):

    L'antienne d'ouverture souligne l'humilité de Marie et sa proximité du Christ :

    Humble servante du Seigneur, la Vierge Marie, notre Reine, se tient aux côtés du Christ.

     

    L'oraison est pleine d'espérance :

    Dieu qui a voulu que la Mère de ton Fils soit notre Mère et notre Reine, fais que, soutenus par son intercession, nous obtenions dans le ciel la gloire promise à tes enfants.

    http://www.mariedenazareth.com/qui-est-marie/22-aout-marie-reine-de-lunivers-calendrier-romain#sthash.RyGdRCWX.dpuf

  • Marie Reine et Mère du peuple chrétien (22 août)

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    sandro-botticelli-the-madonna-of-the-magnificat-detail-of-the-virgin-s-face-and-crown-1482-detail-n-1584751-0.jpgSainte Marie Reine (Mémoire) (source : EAQ)

    Extraits de l’Encyclique du Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958)

    « Ad Cæli Reginam » §22-26, §36, §39

    L'argument principal sur lequel se fonde la dignité royale de Marie, déjà évident dans les textes de la tradition antique et dans la sainte Liturgie, est sans aucun doute sa maternité divine. Dans les Livres Saints, en effet, on affirme du Fils qui sera engendré par la Vierge : « Il sera appelé Fils du Très-Haut et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, et il régnera dans la maison de Jacob éternellement et son règne n'aura pas de fin » (Luc. 1, 32, 33) ; en outre, Marie est proclamée « Mère du Seigneur » (Luc 1,43). Il s'en suit logiquement qu'elle-même est Reine, puisqu'elle a donné la vie à un Fils qui, dès l'instant de sa conception, même comme homme, était, à cause de l'union hypostatique de la nature humaine avec le Verbe, Roi et Seigneur de toutes choses. St Jean Damascène a donc raison d'écrire : « Elle est vraiment devenue la Souveraine de toute la création au moment où elle devint Mère du Créateur » (St. Jean Damascène, De fide orthodoxa) et l'Archange Gabriel lui-même peut être appelé le premier héraut de la dignité royale de Marie.

    Cependant la Bienheureuse Vierge doit être proclamée Reine non seulement à cause de sa maternité divine mais aussi parce que selon la volonté de Dieu, elle joua dans l'œuvre de notre salut éternel, un rôle des plus éminents.

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  • Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/MONGOLIE - Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie

    20 août 2026
     

    Oulan-Bator (Agence Fides) – Le père Robert Goessens, missionnaire belge de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM), est décédé le 15 août au Japon, à l’âge de 97 ans. Figure clé des débuts de la présence catholique contemporaine en Mongolie, il avait fait partie, en juillet 1992, du premier groupe de trois missionnaires de la CICM arrivés à Oulan-Bator, dans un pays qui sortait alors de plusieurs décennies de régime communiste. Aux côtés du père Wenceslao Padilla, missionnaire philippin qui allait devenir le premier Préfet Apostolique d’Oulan-Bator, et du père Gilbert Sales, le père Goessens fut chargé de lancer la mission. Arrivés le 10 juillet 1992, à la veille de la fête nationale du Naadam, les trois religieux se sont retrouvés face à une tâche tout à fait nouvelle : apprendre la langue mongole, aller à la rencontre d’une population qui ne connaissait que peu ou pas du tout le catholicisme et jeter patiemment les bases d’une communauté ecclésiale.

    Avant de rejoindre Oulan-Bator, le père Goessens avait profondément marqué le paysage pastoral et social du Kansai. Arrivé au Japon le 2 octobre 1955, peu après son ordination sacerdotale, il y avait exercé son ministère pendant près de quatre décennies, notamment dans le diocèse d’Osaka et dans la paroisse de Sakai. Outre ses activités paroissiales, il s’était distingué par son engagement pionnier dans le domaine de l’action sociale et de l’enfance. Il a notamment fondé l’organisme médico-social Junshinkai (社会福祉法人 淳心会), sous l’égide duquel plusieurs jardins d’enfants et crèches (Heiwa no Sono) ont été créés. Cette attention portée aux plus vulnérables et aux enfants, associée à un profond respect des cultures locales, constituera la marque distinctive qu’il mettra ensuite en œuvre avec succès sur le sol mongol.

    Né en Belgique en 1928, le père Goessens avait déjà à son actif une longue expérience missionnaire au Japon, où il avait vécu et exercé son ministère pendant 37 ans avant son départ pour la Mongolie. Sa connaissance de l’Asie et son expérience pastorale ont été mises au service de cette nouvelle mission confiée aux « Scheutistes », nom sous lequel sont communément appelés les membres de la CICM, fondée à Scheut, près de Bruxelles, par le père Théophile Verbist.

    Au début, les missionnaires ont vécu à l’hôtel avant d’emménager dans un appartement. Ils célébraient la messe pour les catholiques étrangers résidant dans la capitale et proposaient des cours d’anglais. Ils accueillaient également les Mongols désireux de comprendre leur présence et leur mode de vie. « Aucun d’entre nous ne savait comment s’y prendre. Nous n’avions donc élaboré aucun plan avant notre arrivée, car nous voulions d’abord prendre la température », confiait-il à l’agence APIC en 2001. Cette présence s’est rapidement traduite par des initiatives sociales, notamment en faveur des enfants des rues. Avec le soutien des autorités mongoles, la mission catholique a participé à la création d’un centre d’accueil pouvant héberger une centaine d’enfants, tout en développant des activités éducatives et des cours de langue. Par la suite, l’œuvre a pris de l’ampleur et a notamment favorisé l’arrivée d’autres missionnaires issus de différentes congrégations religieuses.

    L’action des premiers missionnaires de la CICM se caractérisait par le refus du prosélytisme et par la volonté d’établir des relations respectueuses avec la société mongole, ses traditions religieuses et ses autorités, selon le principe « venez et vous verrez », une attitude qui devait permettre à l’Église catholique de se développer lentement mais sereinement. En 2012, le père Goessens était revenu en Mongolie pour participer aux célébrations du vingtième anniversaire du retour de la présence catholique dans le pays et pour retrouver les personnes avec lesquelles il avait partagé les années fondatrices de cette mission. Ce voyage fut sa dernière visite en Mongolie.

    Dans un message de condoléances, la Préfecture apostolique d’Oulan-Bator a rendu hommage à celui qu’elle décrit comme l’un des premiers missionnaires à avoir contribué à jeter les fondations de l’Église catholique mongole. Le communiqué rappelle son fidèle service, accompli aux côtés de ses confrères, ainsi que son engagement à semer « la foi, l’espérance, la compassion et l’amour » parmi le peuple mongol. Les confrères de la CICM au Japon ont célébré la messe funéraire du père Robert Goessens le 18 août, rendant grâce pour sa vie et son ministère. L’Église catholique de Mongolie a exprimé ses condoléances à la famille, aux confrères et à tous ceux qui ont travaillé avec lui, confiant son âme à la miséricorde de Dieu. « Que les graines de foi qu’il a semées en Mongolie, l’amour du Christ qu’il a partagé et l’espérance dont il a témoigné continuent de porter leurs fruits dans la vie de l’Église catholique en Mongolie », a souhaité la Préfecture Apostolique d’Oulan-Bator.(MLK) (Agence Fides 20/8/2026)

  • Le bienheureux Findysz, premier martyr du communisme en Pologne

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    De Vatican News :

    Le bienheureux Findysz.Le bienheureux Findysz.  (©findysz.org)
    Le bienheureux Findysz, premier martyr du communisme en Pologne
    S’adressant aux Polonais rassemblés lors de l’audience générale, le Pape Léon XIV a évoqué le père Władysław Findysz, premier martyr béatifié de la persécution communiste en Pologne. Nous vous proposons de découvrir l’histoire de ce prêtre qui «nous rappelle qu’une civilisation de l’amour se construit en pardonnant et en surmontant le mal par le bien».

    Dorota Abdelmoula-Viet – Cité du Vatican

    L’histoire du bienheureux père Findysz révèle l’ampleur de l’hostilité des autorités communistes envers l’Église catholique. Accusé à tort d’avoir contraint des personnes à pratiquer leur religion, il a été condamné à deux ans et demi de prison. Pendant son incarcération, le père Findysz a subi des violences physiques et psychologiques, tandis que les autorités l’ont empêché de subir une opération prévue pour un cancer de l’œsophage. Libéré dans un état d’épuisement extrême, il est décédé quelques mois plus tard, considéré comme un homme de sainteté.

    Une vocation forgée par une enfance difficile

    Le père Findysz est né en 1907 à Krościenko Niżne, près de Krosno, dans le sud de la Pologne, alors sous domination autrichienne. Son enfance a été marquée par la pauvreté qui régnait dans la région et par une tragédie personnelle, puisqu’il a perdu sa mère alors qu’il n’avait pas encore cinq ans.

    Quelques années plus tard, après les ravages de la Première Guerre mondiale et 123 ans de partition, la Pologne a retrouvé sa place sur la carte de l’Europe en tant qu’État souverain. Le père Findysz a grandi dans l’ombre de l’expérience de la guerre, dont les conséquences ont également touché sa région natale. En 1927, après avoir terminé ses études secondaires, il décida de se consacrer à la prêtrise et entra au Grand Séminaire de Przemyśl. C’est là que commença un parcours au cours duquel il allait vivre héroïquement les paroles de saint Paul selon lesquelles rien «ne peut nous séparer de l’amour de Dieu».

    Un prêtre au milieu des blessures et des ruines de la guerre

    Après son ordination sacerdotale et son ministère dans plusieurs paroisses — notamment à Borysław et à Drohobych, sur le territoire de l’actuelle Ukraine, puisqu’une partie de l’ancien diocèse de Przemyśl se trouve aujourd’hui au-delà de la frontière orientale de la Pologne —, il fut affecté à Nowy Żmigród. Il n’aurait alors jamais pu imaginer que l’église paroissiale des Saints Pierre et Paul, où il exerçait la fonction de curé, deviendrait un jour un sanctuaire qui lui serait dédié.

    Ses paroissiens portaient en eux les blessures encore fraîches et profondes de la Seconde Guerre mondiale. Les autorités allemandes ont déplacé de force tous les habitants de la ville, y compris le père Findysz, et la ville de Nowy Żmigród a été presque entièrement détruite. De retour le 23 janvier 1945, le prêtre s’est consacré à la reconstruction de la vie paroissiale et à l’aide aux habitants touchés par la guerre. Il allait bientôt devoir faire face à une nouvelle menace: la répression exercée par les autorités communistes et leur campagne systématique d’athéisation.

     

    «Il était né pour devenir prêtre»

    «En ces temps très difficiles, alors que ce pays était sous occupation», se souvient l’un de ses amis, Mieczysław Brożyna, «il essayait de nous donner de l’espérance, en nous disant que tout cela passerait et qu’un jour viendrait où les gens verraient la vie différemment. Il savait faire preuve d’empathie envers les autres et les réconforter. Il aidait les pauvres et les malades.»

    Le père Findysz a risqué sa vie pour venir en aide à des personnes persécutées ou en danger de mort, quelle que soit leur nationalité ou leur religion, y compris des Juifs qu’il a aidés à s’enfuir en Hongrie. «Il voulait conduire toute la paroisse vers Dieu. Il se sentait responsable de chaque personne et de chaque famille. Il aidait lui-même les gens et demandait aux autres d’aider ceux qui en avaient besoin. Je pense qu’il était né pour devenir prêtre.»

    Un apôtre de l’unité entre les peuples

    Le père Findysz avait compris que les difficiles années d’après-guerre risquaient d’aggraver les divisions au sein d’une nation qui avait tant souffert de la guerre et de l’occupation. Outre l’aide concrète qu’il apportait à ses paroissiens, il devint un défenseur de l’unité nationale et un prédicateur d’une espérance inébranlable dans tous les aspects de la vie. Il agissait ainsi en opposition aux politiques de l’État communiste d’après-guerre, qui cherchait à écarter Dieu de la vie publique et soumettait l’Église catholique et ses prêtres à la répression.

    Il était très apprécié des jeunes et respecté par ses paroissiens. Il devint rapidement une épine dans le pied des autorités communistes. Dès 1946, il fut placé sous surveillance par l’Office de sécurité (une police politique secrète utilisée par le régime pour écraser l’opposition et contrôler la population). En 1952, les autorités scolaires l’ont suspendu de ses fonctions d’enseignant de catéchisme au collège local. Par la suite, les autorités lui ont refusé à deux reprises l’autorisation de séjourner dans la zone frontalière, l’empêchant ainsi d’exercer son ministère pastoral dans une partie de la paroisse. Pourtant, la période où il a subi les persécutions les plus sévères a coïncidé avec les travaux du Concile Vatican II.

    L’«Action de bonté du Concile»

    Lorsque le Pape Jean XXIII, pendant le Concile, a appelé les fidèles à apporter un soutien spirituel par la prière et les «œuvres de bonté», le cardinal Stefan Wyszyński a répondu en lançant en Pologne une initiative connue sous le nom d’«Acte de bonté du Concile». Celle-ci encourageait les familles et les communautés polonaises à accomplir des actes concrets de charité et de prière afin de soutenir les efforts du Concile visant à renouveler la vie morale de l’Église.

    «L’esprit de pardon, de réconciliation et d’harmonie, le pardon des torts subis, qu’ils soient réels ou imaginaires, une main fraternelle tendue en signe d’amitié, un sourire et un regard bienveillant envers chacun — voilà la forme d’aide la meilleure et la plus efficace pour l’unité des chrétiens», écrivaient alors les évêques. Les «Actes de bonté du Concile» devinrent un élément important du programme pastoral polonais lié au Concile et constituèrent un phénomène d’une ampleur rarement observée dans l’Église universelle.

    Le père Findysz s’est également joint à cette initiative, encourageant ses paroissiens à y prendre part. Après avoir subi une opération de la thyroïde et connu des problèmes de voix, il a écrit plus d’une centaine de lettres à ses paroissiens, en signe personnel et discret de sollicitude à leur égard. Dans ces lettres, il les encourageait, entre autres, à cultiver leur vie sacramentelle, à se libérer de leurs dépendances et à rechercher la réconciliation et la fin des conflits au sein des familles et entre voisins.

    À ceux qui vivaient dans des relations qui n’étaient pas des mariages sacramentaux, il rappelait la nécessité de se réconcilier avec Dieu et de régulariser leur situation au sein de l’Église, en leur proposant de les aider à contracter un mariage sacramentel. Certains destinataires se sont sentis offensés par ces appels et ont porté plainte auprès des autorités communistes. Ces plaintes ont ensuite servi de base pour accuser le père Findysz de contraindre des citoyens à se livrer à des pratiques et rites religieux, ce qui a conduit à l’ouverture d’une procédure à son encontre et à un procès-spectacle.

    Emprisonné pour sa foi

    En 1963, il fut arrêté et incarcéré à la prison du château de Rzeszów. Les humiliations et les violences physiques et psychologiques qu’il subit en prison témoignaient clairement de la haine que lui portaient les autorités. Il fut notamment accusé d’avoir violé la Constitution et la conscience des gens, ainsi que d’avoir contraint des personnes à professer la foi catholique. À l’issue d’un procès-spectacle, il fut condamné à deux ans et demi de prison.

    Il a purgé les deux premiers mois de sa peine à Rzeszów. Le 25 janvier 1964, il fut transféré à la prison centrale de la rue Montelupich à Cracovie. Bien qu’il ait été confirmé à l’époque qu’il souffrait d’un cancer et qu’il avait besoin d’un traitement d’urgence, les autorités pénitentiaires et judiciaires lui refusèrent des soins médicaux appropriés et l’empêchèrent de subir une opération prévue de longue date pour un cancer de l’œsophage, malgré les interventions des autorités diocésaines et de son avocat.

    En conséquence, sa santé s'est rapidement détériorée, aggravée par les violences physiques et psychologiques qu'il subissait. Le 29 février 1964, il a été libéré sous condition, dans un état d'épuisement extrême. Il est retourné à Nowy Żmigród et y est décédé le 21 août 1964, considéré comme un homme saint. Il a été béatifié à Varsovie le 19 juin 2005.

  • « Un squelette de messe pour une Eglise squelettique »

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    Du site italien « Radicati nella Fede » (traduction de « Benoît et moi ») (archive du 31/07/2015) :

    « Un squelette de messe pour une Eglise squelettique » :

           Ils attendaient une nouvelle Eglise, pour cela ils se sont mis à changer la messe.
    Ils voulaient une Eglise avec de nouveaux dogmes et une nouvelle morale, alors ils ont dû retoucher la messe catholique, au point d’en faire un squelette d’elle-même.

    Et à messe squelettique correspond squelette d’Eglise, faite d’une dogmatique et d’une morale squelettiques.

       La nouvelle liturgie a prétendu sauter deux millénaires d’histoire chrétienne, avec l’illusion de renouer avec un mythique début du christianisme.

    Ils ont dit, ces messieurs de la réforme post-conciliaire, qu’il était nécessaire de simplifier, de faire ressortir la noble simplicité du rite catholique. Ils ont considéré comme fondamentalement négatif tout ce qu’avait fait l’Eglise durant des siècles et des siècles, pour rendre le rite catholique de plus en plus limpide et pédagogique. Ils ont enlevé et encore enlevé, considérant pratiquement tout ajout comme négatif, et il en est sorti un squelette de messe.

    Une messe pleine de vides et de non-dits, vides et non-dits remplis par l’imagination du célébrant et des fidèles. Et l’imagination s’est multipliée, autant qu’il y a d’églises dans le monde, parce qu’on sait bien qu’on ne peut pas vivre d’un squelette : les hommes rembourrent le squelette, mais la chair et le sang qu’ils lui donnent ne sont pas ceux de Dieu, mais ceux de la dictature de la mentalité commune.

    Ainsi, en fonction de la saison, nous avons eu les messes socialistes, les messes engagées, les messes intimes, les messes joyeuses, les messes verbeuses, les messes-catéchèses, les messes de guérison, les messes charismatiques, les messes missionnaires, les messes rapides, et ainsi de suite… bref, la messe, c’est toi qui la construis afin qu’elle corresponde à toi et à ton christianisme.

    La messe ainsi appauvrie n’a pas nourri, et il a fallu se tourner vers les diverses idéologies du moment pour la rembourrer. Ayant enlevé beaucoup de Dieu, la messe a dû être remplie avec beaucoup d’humain, pour la considérer encore utile : une tragédie, la perte du cœur catholique, c’est-à-dire la Rédemption opérée par le Christ crucifié.

       Et la tragédie s’est propagée à tout l’organisme catholique : la messe nouvelle, squelettique, pleine de vide, est devenue tellement ambigüe qu’elle a produit un squelette de christianisme, au dogme et à la morale squelettiques ; un christianisme ambigu.

    Les prêtres, réduits à célébrer un squelette de messe, n’ont plus été nourris et défendus par la messe elle-même, de sorte qu’à leur tour, ils n’ont plus nourri ni défendu le peuple.

       Nous parlions d’un Christianisme au dogme squelettique :

    Que reste-t-il, pour la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, du dogme catholique né de la Révélation divine ?

    Presque rien.

    Peut-être reste-t-il que Dieu existe, et qu’à la fin, il va nous sauver : aucun doute, de toute la Révélation, de tout le dogme, de tout le catéchisme, il ne reste presque rien dans le vécu de la majorité des chrétiens ; mais alors, pourquoi Dieu s’est-il révélé, pourquoi a-t-il parlé dans l’Ancien et le Nouveau Testament, pourquoi a-t-il accompli la Révélation en Jésus-Christ ? Il ne l’a certainement pas fait pour se voir « simplifié » horriblement dans le christianisme moderne.

       Certains diront que nous oublions la richesse biblique de la réforme liturgique !

    Certes, la Bible, on l’a beaucoup lue, mais la messe squelettique l’a emporté aussi sur la Bible, tant et si bien que les chrétiens n’ont jamais été aussi ignorants qu’aujourd’hui dans l’histoire sacrée et dans la Sainte Ecriture. Oui, ils lisent la Bible à chaque occasion, mais ils ont été formés à l’idéologie du moment, qui rembourrait la messe squelettique.

       Nous parlions d’une morale chrétienne squelettique :

    Que reste-t-il, pour la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, de la richesse morale catholique ?

    Ils savent peut-être que Dieu est amour, que nous devons nous aimer les uns les autres, et un peu plus : c’est peu.

    De la morale catholique, de la loi et de la grâce, on ne sait presque plus rien.

    Voilà pourquoi nous sommes terriblement sans défense face au déferlement de l’immoralité et face, surtout, à l’idéologie de l’immoralité, qui veut tout admettre, sous le prétexte de l’amour. Nous assisterons à la réalisation de l’apostasie : seront promulguées les lois les plus immorales avec le silence des catholiques, avec l’approbation de certains, et avec la fausse prudence des bergers, qui se tairont au nom de la liberté et du respect humain. Plus qu’une morale squelettique, c’est sa mort pure et simple.

       Tout a commencé avec le dépouillement de la messe, la vidant de ses défenses dogmatiques dans les mots et les gestes.

    Et la renaissance commencera avec le retour à la messe catholique véritable et complète.

       Les réformateurs post-conciliaires voulaient un nouveau christianisme plus libre, plus humainement attrayant, à cette fin, ils ont privé la messe de ses défenses, et ils n’ont pas voulu défendre le Christianisme de Dieu.

       Paul VI n’avait peut-être pas prévu cette tragédie, il s’était peut-être illusionné de pouvoir limiter la simplification et la modernisation à la seule langue, peut-être… mais la langue est aussi contenu ; et les vides de la langue sont des vides de contenu, que le monde s’empresse de remplir comme il veut.

       Peut-être Paul VI n’avait-il pas imaginé autant, mais il est certain qu’aujourd’hui, un Pape ne pourra plus arrêter la dérive sans accepter le martyre. Oui, il devra accepter le martyre, parce que s’il essaie vraiment d’y porter remède, il sera attaqué par le monde, par ce monde qui s’est infiltré dans la Maison de Dieu.

    Mais s’il n’accepte pas le martyre, il risquera de ne pas se comporter en Pape.