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Foi

  • Léon XIV met en garde contre le « drame de l'humanisme athée » : Dieu et l'homme ne sont pas rivaux.

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    D'InfoVaticana :

    Léon XIV met en garde contre le « drame de l'humanisme athée » : Dieu et l'homme ne sont pas rivaux.

    Léon XIV a mis en garde mercredi contre les « humanismes post-chrétiens » qui présentent Dieu et l'homme comme des rivaux et a rappelé que le progrès scientifique et technique ne peut être considéré comme authentiquement humain que lorsqu'il est guidé par la charité et mis au service de la dignité de la personne.

    Lors de l'audience générale du 23 septembre sur la place Saint-Pierre, le pape a poursuivi son cycle de catéchèses sur les documents du concile Vatican II, en s'attardant sur la devise « Gaudium et spes » et sur le sens de l'activité humaine dans l'univers. Léon XIV a expliqué que le christianisme n'oppose pas les réalisations humaines à la puissance de Dieu et a rappelé à l'assemblée que le travail quotidien peut devenir un chemin vers la sainteté.

    À la fin de la catéchèse, le Pape a rappelé la béatification du Vénérable Fulton Sheen, qui aura lieu ce jeudi à Saint-Louis ; il a encouragé les couples mariés à collaborer avec le Créateur « à la transmission de la vie » ; il a lancé un appel en faveur des immigrants et des réfugiés, en particulier des mineurs ; et il a rappelé la mémoire liturgique de saint Pio de Pietrelcina.

    LÉON XIV

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Place Saint-Pierre
    Mercredi 23 septembre 2026

    ________________

    Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II IV. La Constitution Pastorale Gaudium et spes 4. Le sens de l'activité humaine dans l'univers (GS, 33-39)

    Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    En poursuivant notre parcours à travers la Constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile œcuménique Vatican II, nous arrivons au troisième chapitre de la première partie, qui porte un titre captivant : « L’activité humaine dans l’univers ». La question fondamentale est la suivante : quelle est la valeur de l’activité humaine dans le monde et, par conséquent, du progrès technique, social et scientifique ? Rappelons que, moins de quatre ans après la clôture du Concile, dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969, l’homme allait poser le pied sur la Lune pour la première fois.

    Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’être humain est sujet du progrès. Grâce à sa liberté et à son intelligence, il enrichit ses connaissances, faisant ainsi progresser la société tout entière. Nous le constatons aisément en observant l’amélioration des conditions de vie au fil des générations. En effet, dit le Document, « il en résulte que l’homme se procure désormais par sa propre industrie de nombreux biens qu’il attendait autrefois avant tout de forces supérieures. » (n°33).

    C’est pourquoi certains penseurs ont présenté le progrès technico-scientifique comme un facteur qui affaiblit la relation avec Dieu, au point de la faire paraître superflue, voire comme un antagoniste de la foi chrétienne. Et cette interprétation a entraîné un changement de regard sur le monde de la part de l’homme contemporain, par rapport aux époques précédentes. Un tel préjugé s’affirme surtout dans cette partie de la culture occidentale qui a perdu son ancrage dans la Révélation chrétienne. Dans les humanismes post-chrétiens, l’être humain et Dieu sont présentés à tort comme des rivaux : pour affirmer ses connaissances, sa liberté et son progrès, l’homme devrait s’émanciper de Dieu. Mais en fin de compte, en niant la relation avec Dieu, on perd aussi la possibilité d’affirmer la valeur transcendante de la personne humaine. C’est le « drame de l’humanisme athée », bien décrit par un éminent théologien du Concile Vatican II, Henri de Lubac. [1]

    Le Concile souhaite apporter une réponse claire : « Pour les croyants – affirme Gaudium et Spes –, une chose est certaine : considérée en elle-même, l’activité humaine, individuelle et collective, ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des siècles, s’acharnent à améliorer leurs conditions de vie, correspond au dessein de Dieu. » (n°34). Mieux encore, poursuit la Constitution, « loin d’opposer les conquêtes du génie et du courage de l’homme à la puissance de Dieu et de considérer la créature raisonnable comme une sorte de rivale du Créateur, les chrétiens sont au contraire bien persuadés que les victoires du genre humain sont un signe de la grandeur divine et une conséquence de son dessein ineffable. » ( ibid.). En substance, Dieu a remis entre les mains de l’homme et de la femme une création encore in statu viae, c’est-à-dire en chemin, en pleine croissance, afin qu’ils la mènent à son accomplissement par leur activité avisée. [2]

    On trouve ici une référence importante au mystère de l’Incarnation. L’humanité – et avec elle le travail, le progrès et l’autonomie des réalités créées – n’est ni absorbée ni annulée par la rencontre avec Dieu, mais assumée dans son intégralité, continuant d’être, en Christ, libre et active : en effet, c’est en Lui qu’elle trouve pleine vérité et liberté. De plus, lors de la célébration eucharistique, le fruit du travail humain, représenté par le pain et le vin, est déposé chaque jour sur l’autel, pour être transformé en Corps et en Sang du Christ.

    De cette perspective découle une vérité importante : pour rencontrer Dieu, l’être humain ne doit pas abandonner ses occupations terrestres, mais il peut vivre pleinement sa vocation en accomplissant bien son travail quotidien et en le sanctifiant. [3] Les chrétiens sont engagés, comme tout le monde, dans l’édification de la cité des hommes, en visant la fin de toutes choses et la rencontre avec Dieu, et en rappelant cette fin ultime à ceux avec qui ils partagent l’aventure du progrès, de la science et de la vie.

    Certes, il faut bien distinguer le progrès terrestre de la croissance du règne du Christ ; toutefois, le Concile affirme que « ce progrès a cependant beaucoup d’importance pour le Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société humaine. […] Tous ces fruits de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés » (n° 39).

    Enfin, rappelons que pour devenir un véritable progrès humain – c’est-à-dire celui de tout l’homme et de tous les hommes –, le progrès technique et scientifique doit être animé et orienté par la charité. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra toujours être mis au service de la dignité de l’homme et favoriser l’amélioration des conditions de vie de tous, en particulier des plus défavorisés.

    Chers frères et sœurs, le Concile Vatican II nous invite à partager le pain du savoir et du savoir-faire, afin que chaque homme et chaque peuple puisse développer son potentiel et qu’ensemble, nous puissions construire, avec l’aide de Dieu, un avenir meilleur.

  • Deux portraits de l'archevêque Fulton Sheen (béatifié aujourd'hui)

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    De Catholic Thing :

    Deux portraits de l'archevêque Fulton Sheen

    Saint Jean d’Antioche, dit Chrysostome ou « à la bouche d’or » (mort en 407), « est généralement considéré… comme le plus grand prédicateur jamais entendu dans une chaire chrétienne », selon l’ Encyclopédie catholique .

    Les homélies sont-elles encore plus précieuses lorsqu'elles sont concises ?   Presque toutes les œuvres qui nous sont parvenues de Pierre, évêque de Ravenne au Ve siècle, sont des homélies remarquables autant par leur concision que par leur éloquence. La  tradition veut que ce Pierre ait reçu son surnom de « Paroles d'or » lorsque l'impératrice romaine l'entendit prêcher et le proclama « Chrysologue ! »   Vénéré comme un saint, puis proclamé Docteur de l'Église, il est aujourd'hui appelé « Docteur des Homélies ».

    Les belles paroles ne sont pas synonymes de sainteté.   Elles sonnent creux et paraissent manipulatrices, comme une cymbale de pacotille, à moins d'exprimer une dévotion sincère.   Saint Paul énonce ce principe : « Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse humaine, mais sur la démonstration de l'Esprit et de la puissance, afin que votre foi ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » (1 Corinthiens 2, 4-5)

    Fulton, évêque de Rochester (État de New York) au XXe siècle – qui sera béatifié aujourd'hui –, le comprenait parfaitement. Une condition essentielle de sa prédication était de passer une heure en prière devant le Saint-Sacrement, ce qu'il fit sans faute pendant plus de soixante ans.

    Il était avant tout philosophe et théologien, mais aussi – et c'est assez rare – un orateur de grand talent, reconnu comme tel, à une époque où la tradition oratoire, bien que déclinante, se transmettait encore au sein des collèges et universités catholiques.   Il affirmait ne jamais lire de texte. Il   fallait s'adresser aux personnes, et non à des textes.   Il citait souvent les propos d'une vieille Irlandaise à propos d'un évêque lisant son discours : « S'il ne s'en souvient pas lui-même, comment peut-il espérer que nous le sachions ? »

    Dans son autobiographie, Trésor d'argile , il raconte comment il a surtout étudié le style de G.K. Chesterton – « qui n'utilisait jamais un mot inutile, qui voyait la valeur d'un paradoxe et évitait ce qui était banal » – mais aussi de C.S. Lewis et de Malcolm Muggeridge.

    Après avoir rédigé sa thèse à Louvain, en Belgique, il enseigna au séminaire St. Edmund's, rattaché à l'archidiocèse de Westminster en Angleterre, où le père Ronald Knox était son collègue.   C'est peut-être Knox qui le présenta à Chesterton en 1925.   Quoi qu'il en soit, Chesterton accepta par la suite d'écrire une introduction au premier ouvrage de Sheen, * God and Intelligence in Modern Philosophy* (1925).

    Ce livre est tiré de la thèse de doctorat de Sheen à Louvain.   Mais il est bien loin d'être une thèse, ou alors cette thèse était tout à fait singulière, car elle n'est pas écrite dans un style académique aride, mais regorge de références à Chesterton et de quasi-paradoxes.   Dès le départ, les mots de Sheen brillaient autant sur le papier qu'en chaire.

    Son premier paragraphe est une variation sur le poème de Chesterton « Wanted, An Unpractical Man », tiré de What's Wrong with the World :

    La philosophie moderne a vu naître une nouvelle conception de Dieu. Rien n'est plus important, car rien n'est plus ultime. L'attitude même d'un homme envers un autre, ou d'une nation envers une autre, varie selon la conception de Dieu. Notre vision du monde change dès que notre vision de Dieu change. Et si nous avions la vigueur intellectuelle suffisante pour remonter des effets aux causes, nous expliquerions les phénomènes politiques, économiques et sociaux moins par les bilans financiers, la balance commerciale et les réparations, que par notre rapport à Dieu.

    La nouvelle conception de Dieu n'est pas celle d'une divinité qui est , mais celle d'une divinité qui devient .   Or, selon Sheen, accepter cette conception revient nécessairement à accepter une vision différente de l'intelligence humaine.   Notre compréhension de Dieu et notre compréhension de notre propre intelligence sont intimement liées : « Que se passe-t-il alors lorsqu'une philosophie rejette l'intellect ? Elle rompt le lien entre le monde et Dieu, refuse de chanter les louanges du Créateur et plonge le monde dans un pluralisme incompréhensible. »

    Bien que publié en 1925, cet ouvrage reste d'une grande actualité dans les débats sur l'intelligence artificielle.   « Quel est le but de l'intellect ? » s'interroge-t-il. « Est-il la faculté du divin, le transcendant du contingent, le jouet du contemplatif, ou simplement un outil primitif, rudimentairement utilisé par l'homme faute de mieux ? » Cette dernière hypothèse résume bien la situation actuelle.   Or, un meilleur instrument est désormais à portée de main.   

    Un tel monde, avec un Dieu et une intelligence redéfinis, doit nous plonger dans un état animal, nous faisant vivre dans une société d’« alimentation scientifique » (comme l’appelait Weaver dans Ideas Have Consequences ) :

    Il y a à peine un siècle, le rationalisme se glorifiait d'avoir libéré l'intelligence de toute influence extérieure. Aujourd'hui, il renie entièrement les droits de la raison et s'incline devant l'autel du sentiment. En arrachant la mitre à l'homme intellectuel, il lui a arraché la tête avec elle. Nous ne sommes plus des hommes, mais des bêtes. Nous agissons par intuition plutôt que par connaissance.

    L'ouvrage de Sheen parut durant l'effervescence de la néo-scolastique – le premier « moment catholique » du XXe siècle – où les responsables des universités laïques estimaient que le thomisme pouvait combler les lacunes de leurs institutions.   À peu près au même moment où Gilson était invité à donner des conférences à Harvard, Sheen était convié par le président de Columbia à s'exprimer sur la scolastique ; le cardinal Bourne souhaitait sa présence à Oxford, aux côtés de Knox.

    Son évêque l'envoya plutôt comme vicaire d'une paroisse pauvre de Peoria, et seulement un an plus tard à l'Université catholique d'Amérique, où, dès 1929, il parlait déjà d'« Éduquer pour une renaissance catholique ».

    Cette renaissance n'eut pas lieu. Vers la fin de sa vie, Sheen déclara lors d'une retraite de prêtres : « Le seul argument que le monde est prêt à écouter désormais est celui de la sainteté personnelle. Il a entendu tous les autres et les a rejetés. »

    Bienheureux Fulton Sheen, priez pour nous, afin que nous puissions jouer notre rôle dans la renaissance que vous espériez, non seulement par l'éloquence, mais aussi par l'argument de la sainteté.

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    Une conversation extraordinaire avec Fulton Sheen

    Christopher M. Reilly

    En mai 1979, l'archevêque Sheen souffrait des séquelles d'une récente opération à cœur ouvert. Il aspirait toujours à des contacts sociaux et avait écrit un mot à James P. McFadden, éditeur adjoint de la  revue National Review  et fondateur de  Human Life Review  et du Comité national des laïcs catholiques : « Vous avez parlé de Malcolm Muggeridge [le célèbre journaliste britannique]. Il y a peu d'hommes au monde que j'estime autant… Je serais honoré, ravi et inspiré si vous pouviez tous deux venir me rendre visite à mon appartement. »

    En mai de cette année-là, Malcolm Muggeridge était à New York, et l'intégralité de la conversation qui s'ensuivit entre l'archevêque Sheen, Muggeridge et McFadden – un échange passionnant et riche en enseignements sur des sujets aussi divers que la valeur de la souffrance, la pauvreté engendrée par le marxisme et l'Union soviétique, et l'éloge de Mère Teresa de Calcutta – fut enregistrée sur cassette audio. La transcription complète de cette conversation, ainsi que plusieurs documents connexes, ont été publiés ce mois-ci sur le  site web de Human Life Review  .

    À un moment de la conversation, on a demandé à Sheen si sa douleur et son épuisement nécessitaient une pause. Il a répondu : « Mille fois non. Je suis inspiré. J’attendais ce moment. Oh mon Dieu, si seulement vous saviez quel privilège c’est ! Car je puise ma lumière et ma force en vous. »

    Ce qui intéressera particulièrement les lecteurs contemporains, c'est leur discussion sur l'évangélisation. Sheen insistait sur le fait que la communication devait se concentrer sur l'essence même de la foi plutôt que sur des artifices : « Je sais que si nous dépensons cet argent en pièces de théâtre, en débats, en émissions de télévision de toutes sortes et en mots croisés, nous n'influencerons personne. »

    Muggeridge acquiesça avec enthousiasme, citant Mère Teresa comme exemple par excellence : « Mais c'est là le point crucial, car il est vrai que les mots – ou le Verbe – sont irrésistibles, présentés par quelqu'un qui y croit et le vit véritablement. »

    Sheen, toujours à l'affût d'une occasion de susciter une conversion (Muggeridge n'était pas encore catholique à l'époque), affirmait : « Même si vous n'en avez pas conscience, vous apparaissez aux yeux des gens comme quelqu'un pour qui le Christ est essentiel. Vous êtes un homme d'amour ; « c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle ». Et les gens le savent. Ils savent reconnaître les imposteurs. »

    L'archevêque Fulton Sheen et Malcolm Muggeridge en mai 1979 [Source : Human Life Review]

    À un moment donné, l'archevêque Sheen a dévoilé une approche plus directe – et surprenante – de l'évangélisation. Il s'est lancé dans une anecdote particulièrement humoristique sur son séjour en Europe en tant qu'étudiant, où il avait rencontré une jeune fille à la porte d'une église :

    Elle a dit : « Où suis-je, où suis-je, Père ? » J'ai répondu : « Oh, êtes-vous catholique ? » Elle a dit : « Je l'étais. Plus maintenant. » Alors je lui ai préparé un café, car elle avait souffert du froid londonien de janvier. Et je lui ai demandé de revenir. Elle a dit : « À condition que vous ne me demandiez pas d'aller me confesser. » J'ai dit : « Très bien… » J'ai ajouté : « Nous avons un Rembrandt dans cette église – aimeriez-vous le voir ? » Alors que nous empruntions une allée latérale, je l'ai poussée dans le confessionnal. [Rires] Je lui avais seulement promis de ne rien lui demander. Après tout, elle a été religieuse pendant toutes ces années. C'était en 1923. Et elle a eu une seconde chance. C'est comme ça qu'on fait.

    Sur un ton contemplatif, Muggeridge demanda plus tard : « Pensez-vous qu’il soit légitime de prier pour sa mort ? » Réponse de Sheen : « Est-ce bien de prier pour sa mort ? En tout cas, je l’ai fait. Que ce soit bien ou non, je n’en ai pas saisi le sens. » Muggeridge proposa une analyse plus approfondie : « Mais cette attitude curieusement contemporaine face à la mort me fascine, car je suppose que pour ceux qui n’ont aucune idée d’une suite à notre existence terrestre, la mort est une véritable atteinte à leur ego, car elle représente leur ultime frustration. »

    Sheen, Muggeridge et McFadden ont évoqué leurs inquiétudes concernant l'Église moderne. À un moment donné, Sheen a lancé avec ironie : « Voyez-vous, aujourd'hui, personne n'est pécheur. Autrefois, nous étions les seuls à croire en l'Immaculée Conception. Aujourd'hui, tout le monde est conçu de façon immaculée. »

    Muggeridge partageait une vision plutôt sombre, déclarant qu’« il n’y a rien dans l’histoire qui me semble nécessairement éternel, rien dans l’histoire qui ne puisse se plier et se désintégrer – aucune qualité humaine qui puisse résister à l’avènement d’un autre âge sombre. »

    Sheen, cependant, a rassuré ses amis quant à la permanence de l'Église, malgré ses difficultés. Il a partagé une expérience très personnelle : « Le Seigneur m'a fait subir une véritable crucifixion, cette opération à cœur ouvert. J'ai souffert d'une douleur dont j'ignorais même l'existence, une douleur qui n'était plus extérieure à moi, une douleur qui me possédait, comme un océan qui me submergeait. Et en dehors de la vertu, il n'y a pas d'autre éducateur au monde. »

    Mais la souffrance recèle des opportunités : « Je pense que lorsqu’on a besoin de conseils, il faut s’adresser soit à une personne sainte, soit à quelqu’un qui souffre. Et pendant que j’étais alité – j’y suis confiné la plupart du temps – j’ai formé quatre convertis et j’en forme actuellement un cinquième… et j’ai validé le mariage, dans cette chambre, de mon cardiologue et de sa femme [incompréhensible], et nous avons célébré une messe de mariage dans la chambre. »

    Pour l'archevêque Sheen, l'Eucharistie doit absolument être au cœur de la revitalisation. « Et c'est là, je crois, que nous retrouverons nos catéchismes, nos dévotions et le véritable sens de la diffusion, de la télédiffusion et de tout le reste. Nous nous approcherons du feu, et lorsque nous nous en éloignerons, nous ne récolterons que des étincelles. »

    Quelques mois plus tard, le 9 décembre 1979, l'archevêque Sheen décédait en priant devant le Saint-Sacrement.

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    Bienheureux archevêque Fulton Sheen,  Les sept dernières paroles du Christ

    Robert Royal  Fulton Sheen : Jeter le feu sur la Terre

  • Les crises, le courage et la foi au Soudan du Sud

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    De sur le CWR :

    Le réalisateur de Misereor décrit les crises, le courage et la foi au Soudan du Sud

    « Nous croyons que Dieu agit à travers les hommes », déclare le père Andreas Frick. « Parallèlement, cette tâche nous dépasse et nous avons besoin que Dieu nous mette en relation avec de nombreuses autres personnes qui partagent le même engagement. »

    À gauche : Cathédrale Sainte-Thérèse de Juba, Soudan du Sud (Image : Lomoraronald / Wikipédia) ; à droite : Un camp de réfugiés au Soudan du Sud (Image : DFID – Département britannique pour le développement international / Wikipédia)
    Le Soudan du Sud fait régulièrement la une des journaux internationaux pour des faits de conflit, de déplacement de population et de famine. Ces crises ont déplacé plus de 2 millions de personnes à l'intérieur même du Soudan du Sud et contraint 2,5 millions d'autres à chercher refuge dans les pays voisins, principalement en Ouganda, au Soudan, en Éthiopie et au Kenya.

    Pourtant, suite à une récente visite dans ce pays en proie aux conflits, le père Andreas Frick, directeur général de Misereor , l'organisation des évêques catholiques allemands pour la coopération au développement, propose un récit alternatif, décrivant la nation non seulement comme un lieu de souffrance, mais aussi comme une « terre d'espoir et de solidarité ».

    Dans une interview exclusive accordée à CWR, le père Frick évoque le « nombre inimaginable de crises » auxquelles la population est confrontée et souligne la profonde résilience de ceux qui vivent dans les sites de protection des civils et qui, malgré le manque de produits de première nécessité, refusent de baisser les bras.

    Le père Frick explore le point de rencontre entre le soutien spirituel et matériel, explique pourquoi la communauté internationale ne doit pas détourner le regard et partage comment la force du peuple sud-soudanais offre une leçon essentielle à l'Europe.

    Voici des extraits de la conversation…

    CWR : Père Frick, lors de votre récente visite à Malakal, vous avez décrit le Soudan du Sud comme un « pays d’espoir et de solidarité », alors même que vous aviez visité 47 autres pays. Compte tenu de la violence et de l’instabilité persistantes, qu’avez-vous constaté précisément qui vous a inspiré ce profond sentiment d’espoir au milieu de la souffrance ?

    Père Andreas Frick : Le peuple du Soudan du Sud est touché par une multitude de crises. Les conflits violents persistent, le changement climatique provoque des inondations et des sécheresses, et la guerre au Soudan voisin a engendré des difficultés supplémentaires et exige une grande solidarité de la part de la population. Malgré cela, lors de notre visite, nous avons constaté que les gens s'entraidaient, se mobilisaient pour les plus vulnérables et continuaient d'œuvrer pour de meilleures conditions de vie. Leur courage à ne pas baisser les bras, même dans des circonstances aussi difficiles, est véritablement impressionnant. Nous, en Europe, pouvons également nous inspirer de cette résilience.

    CWR : Vous avez reconnu que la violence est l’un des principaux obstacles au progrès du pays. Selon vous, comment ce conflit persistant affecte-t-il concrètement les progrès réalisés par le pays dans des secteurs essentiels comme l’éducation et l’agriculture ?

    Père Frick : Au Soudan du Sud, de nombreuses personnes sont contraintes de quitter leurs foyers et leurs communautés, soit pour se mettre en sécurité, soit parce que les inondations et les sécheresses les empêchent de subvenir à leurs besoins. De ce fait, leur scolarité est interrompue, elles doivent souvent tout recommencer à zéro et s’adapter à de nouvelles conditions de vie, notamment en apprenant de nouvelles techniques agricoles.

    CWR : Le coût humain de la crise sud-soudanaise est souvent résumé par des statistiques. Pourriez-vous nous décrire la réalité des familles que vous avez rencontrées sur le site de protection des civils (POC) de Malakal ? Quelles sont leurs difficultés quotidiennes ?

    Père Frick : Pour les personnes vivant dans un site d'accueil pour personnes racisées, la préoccupation la plus immédiate est de trouver suffisamment de nourriture. On nous a dit que l'aide alimentaire minimale et le faible soutien financier qu'elles reçoivent ne durent qu'une semaine environ. Après cela, beaucoup se retrouvent sans aucun soutien, hormis celui de l'Église. Elles sont également confrontées à l'incertitude quant à leur avenir, notamment quant à l'endroit et à la manière de reconstruire leur vie. Les enfants ne peuvent souvent pas aller à l'école et leurs perspectives d'avenir sont à reconstruire. C'est particulièrement difficile pour les femmes qui élèvent seules plusieurs enfants. De plus, de nombreuses personnes déplacées ont subi des traumatismes et bénéficieraient d'un soutien psychosocial.

    CWR : L’archevêque Stephan Burger de Fribourg, qui vous accompagnait lors de votre visite, a évoqué le fait de ramener en Allemagne la « foi, l’amour et l’espoir » des personnes déplacées. Que signifie pour une personne déplacée d’entendre que sa souffrance et sa résilience ne sont « pas oubliées » par la communauté internationale ?

    Père Frick : En Allemagne, nous sommes parfois tellement absorbés par nos propres difficultés que nous oublions les crises qui sévissent ailleurs dans le monde et qui exigent bien plus des populations que nous ne pouvons l'imaginer. Il est essentiel de ne pas perdre de vue ces personnes dans notre quotidien et de continuer à les soutenir. Parallèlement, il est important de reconnaître leur force et leur détermination et de nous inspirer de leur expérience. Nous pouvons soutenir celles et ceux qui œuvrent déjà à améliorer leur vie, et nous devons poursuivre dans cette voie.

    CWR : Dans une crise prolongée comme celle du Soudan du Sud, où les besoins sont immenses et constants, comment mesure-t-on le succès ou comment apporte-t-on une aide concrète qui aille au-delà de la simple survie ?

    Père Frick : Au-delà de la survie immédiate et de l’aide humanitaire, il est essentiel que les populations puissent reprendre le contrôle de leur avenir. Nous les accompagnons dans la création d’opportunités de développement et l’amélioration de leurs conditions de vie, que ce soit par l’agriculture, un meilleur accès à l’éducation et à la formation professionnelle, ou en aidant les mères à élever des enfants en bonne santé. Ces modestes améliorations contribuent à un avenir plus prometteur pour l’ensemble du pays.

    CWR : Vous avez offert une bougie à la communauté comme symbole d’espoir, associant sa lumière au Christ. Dans le cadre de l’action humanitaire, comment conciliez-vous le soutien spirituel, cet « espoir », avec les besoins concrets de nourriture, d’abri et de protection ?

    Père Frick : Tous nos partenaires au Soudan du Sud nous ont confirmé que leur travail ne se limite jamais à l’amélioration des conditions matérielles des populations. Pour celles et ceux qui vivent dans des situations aussi difficiles, les efforts déployés pour assurer leur survie sont indissociables de la communauté, de la spiritualité et de valeurs telles que la solidarité et la coexistence pacifique. Nos partenaires ecclésiaux, en particulier, en sont pleinement conscients et intègrent ces deux dimensions à leur action.

    CWR : Vous avez récemment mentionné que le Seigneur ressuscité offrira un foyer, une famille et une protection. En tant que directeur de Misereor, quels sont vos projets pour que la communauté internationale ne détourne pas le regard en attendant ces miracles ?

    Père Frick : Misereor soutient des projets dans de nombreux pays du monde et sensibilise également l'Allemagne à ces enjeux. Nous plaidons pour que l'Allemagne assume ses responsabilités face aux problèmes mondiaux tels que le changement climatique, les inégalités, la pauvreté et la guerre, et qu'elle veille à ce que les intérêts des plus vulnérables restent une priorité. Cela fait partie intégrante de la mission de Misereor, que nous poursuivons par le biais d'actions de plaidoyer, de campagnes de sensibilisation, de programmes scolaires et d'une collaboration avec les communautés ecclésiales.

    Nous n'attendons donc pas de miracle de Dieu ; au contraire, avec Dieu et nos partenaires, nous œuvrons pour un monde meilleur. Nous croyons que Dieu agit à travers les hommes. Cependant, cette tâche nous dépasse et nous avons besoin que Dieu nous mette en relation avec d'autres personnes qui partagent le même engagement.

    CWR : Si l’on considère les prochaines années pour le Soudan du Sud, quelle est votre plus grande crainte et, à l’inverse, votre plus grande prière pour le peuple de la plus jeune nation du monde ?

    Père Frick : Lors de notre visite, nous avons constaté que les mois à venir seront décisifs pour l’avenir du Soudan du Sud. Que des élections aient lieu ou non, nous prions pour que le pays connaisse un avenir pacifique et puisse exploiter son immense potentiel au service de sa population.
  • « Marie et l'Eucharistie : les piliers de la spiritualité de Fulton Sheen »

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    De Fabio Piemonte sur la NBQ :

    « Marie et l'Eucharistie : les piliers de la spiritualité de Fulton Sheen »

    Aujourd'hui aux États-Unis, le grand archevêque et évangéliste qui a converti des dizaines de milliers de personnes par ses livres, la radio et la télévision est béatifié. « Il priait et se sacrifiait aussi pour ceux qu'il cherchait à convertir. » La Bussola s'entretient avec Monseigneur Jason Gray, directeur de l'organisation qui défend sa cause.

    24/09/2026

    Aujourd'hui, 24 septembre, le vénérable Fulton J. Sheen (1895-1979) sera béatifié à Saint-Louis, aux États-Unis. La messe de béatification sera présidée par le cardinal Luis Antonio Tagle, représentant le pape. La béatification, annoncée en juillet 2019, intervient au terme d'un processus difficile, débloqué seulement en février dernier.

    Grand communicateur des vérités de la foi à travers des livres populaires et des émissions de radio et de télévision, Sheen a vécu son charisme dans un dévouement total au Christ et à ses frères et sœurs : grâce à son ministère pastoral, plus de cinquante mille conversions au catholicisme ont été recensées. Pour en savoir plus sur ce témoin lumineux de la foi, La Nuova Bussola Quotidiana a interviewé Monseigneur Jason Gray, directeur de la Fondation de l’archevêque Fulton John Sheen, l’organisation qui promeut la cause de canonisation de l’archevêque américain.

    Le jour de son ordination, le jeune Fulton prit deux décisions : dédier l'Eucharistie chaque samedi à la Vierge Marie et passer une heure par jour en prière devant le Saint-Sacrement, « tel un corps exposé au soleil pour en absorber les rayons ». Ces deux décisions constituent-elles, comme pour Don Bosco, les deux piliers fondamentaux de son ministère pastoral ?

    La Vierge Marie et l'Eucharistie sont deux piliers essentiels de la spiritualité de Sheen. Concernant la Vierge Marie, sa devise épiscopale, « Da per Matrem me venire », témoigne de l'importance qu'il accordait à la proximité mariale. Sheen inscrivait JMJ – acronyme de « Jésus, Marie et Joseph » – sur chaque feuille de papier : un autre signe de sa profonde dévotion à la Vierge Marie. Il racontait aussi à plusieurs reprises, lors de fêtes mariales, avoir été malade ou avoir reçu des croix particulières à ces occasions. Les fêtes mariales représentaient donc pour lui l'opportunité d'offrir ses souffrances, à l'image de Marie au pied de la croix. Sheen souhaitait également mourir un samedi ou un jour de fête mariale. Il s'est éteint le dimanche 9 décembre 1979, lendemain de l'Immaculée Conception. Le fait qu'il soit décédé le 9 et non le jour de l'Immaculée Conception est providentiel, ce qui permet de fixer sa mémoire liturgique au 9 décembre. L'Église a annoncé sa béatification le jour de l'Annonciation, le 25 mars 2026, et a également choisi que celle-ci ait lieu le 24 septembre, fête de Notre-Dame de la Miséricorde. Concernant le Saint-Sacrement, Sheen s'est engagé, dès son ordination en 1919, à vivre l'Heure Sainte en signe d'adoration eucharistique perpétuelle. Je crois que le temps passé devant le tabernacle a été fondamental pour sa connaissance de Jésus-Christ et sa compréhension de l'Évangile. Il avait de nombreux diplômes, mais je ne crois pas que son intelligence provienne des salles de classe ou des bibliothèques, mais de la prière et, comme il l'a lui-même reconnu, de « deux genoux sur un prie-Dieu ».

    Sa spiritualité a engendré de nombreuses conversions…

    Sheen est célèbre pour avoir converti des dizaines de milliers de personnes, même s'il n'en a jamais fait le compte, car il disait craindre de se croire celui qui convertit plutôt que Dieu. Lorsqu'il enseignait, il présentait la foi avec fermeté, mais aussi avec un grand amour et une profonde humilité. Son approche était efficace car elle était très personnelle. Il priait et faisait des sacrifices pour ceux qu'il cherchait à convertir, demandant souvent à la Vierge Marie d'intercéder en leur faveur.

    « J'ai toujours été spirituellement bien accompagné par Pierre et chacun de ses vicaires. » Concernant les liens personnels de Sheen avec les papes du siècle dernier, y a-t-il un épisode qui vous est particulièrement cher ?

    Sheen vouait une grande dévotion au Saint-Père, car là où est Pierre, là est l'Église. Je suis frappé par le fait que Sheen n'ait jamais critiqué aucun pape. Je crois qu'il respectait profondément le fardeau que chaque pape porte pour l'Église universelle. Il savait ce que signifiait porter un tel fardeau en tant qu'évêque, et c'est pourquoi il a toujours soutenu le pape qui avait le plus besoin de nos prières pour son ministère apostolique. Dans son autobiographie, Sheen mentionne plusieurs rencontres avec des papes successifs, ayant eu le privilège de les rencontrer tous en sa qualité de directeur national de la Société pour la Propagation de la Foi. Le pape Pie XII lui a dit qu'il était « un prophète des temps ». Jean XXIII a souligné qu'il avait beaucoup souffert et qu'il aurait donc une place de choix au Ciel. Paul VI s'entretint avec lui des difficultés rencontrées au service de l'Église et loua son dévouement à l'Eucharistie et aux missions. Jean-Paul II rencontra Sheen en 1979, deux mois avant sa mort, et lui dit : « Vous avez écrit et parlé en bien du Seigneur Jésus. Vous êtes un fils fidèle de l'Église. »

    Fulton Sheen fut sans conteste l'un des plus grands prédicateurs de la radio et de la télévision de son époque. Avec son émission  « La vie vaut la peine d'être vécue » – où il parlait de Dieu, de la foi et de l'Église – il toucha 30 millions de téléspectateurs en six ans et remporta même un Emmy Award en 1952 pour son incroyable popularité. Quels étaient les secrets de sa communication ?

    Sheen était extrêmement intelligent et perspicace, mais il ne s'exprimait jamais de manière incompréhensible pour son public. Il avait le don d'expliquer des vérités complexes de façon simple et accessible. S'inspirant des paraboles du Maître, il commençait son émission en expliquant des concepts courants tirés de l'histoire, de la littérature, de la psychologie ou des sciences. En captivant son auditoire, il l'amenait progressivement à la compréhension des vérités divines. De plus, il ne prenait pas de notes de ses émissions précédentes afin d'éviter les répétitions et l'ennui. Au contraire, il préparait chaque émission avec soin, répétant inlassablement pendant de longues heures. Enfin, son authenticité donnait à son message une force percutante. Les auditeurs pouvaient sentir qu'il croyait profondément en ce dont il parlait, qu'il vivait sa foi personnellement et qu'il était un homme courageux, capable d'exprimer même des concepts complexes avec simplicité.

    Quelles sont les principales vertus héroïques qui lui ont valu une telle reconnaissance ?

    Je crois que sa principale vertu est l’humilité. Cela peut paraître étrange, compte tenu de son immense succès et de sa carrière à la radio et à la télévision, pour laquelle il a même remporté un Emmy Award. On ne s’attendrait certainement pas à ce que la plupart des personnalités de la télévision soient humbles. On ne s’attendrait pas non plus à ce qu’une célébrité soit disposée à passer du temps avec des gens ordinaires. Pourtant, Sheen ne fréquentait pas seulement les riches, les puissants en politique ou les célébrités. Il se sentait à l’aise de parler aux gens ordinaires dans la rue, aux chauffeurs de taxi, aux femmes au foyer : il ne méprisait personne parce qu’il était humble.

    Outre le miracle reconnu par le pape François le 6 juillet 2019 – celui de James Fulton Engstrom, un bébé mort-né en 2010 revenu à la vie 61 minutes après sa naissance, sans séquelles cérébrales –, y a-t-il d'autres miracles moins connus survenus par son intercession que vous souhaiteriez partager avec nous ?

    Nous avons reçu des témoignages d'autres miracles importants qui pourraient faire l'objet d'une canonisation. Le pape François ayant approuvé la béatification en 2019 et la cérémonie ayant été reportée, nous pouvons soumettre tout autre miracle survenu depuis cette date. Nous attendons donc l'avis de spécialistes médicaux avant d'entamer une enquête diocésaine sur ces autres miracles potentiels. Au-delà des miracles les plus spectaculaires, nous recevons des nouvelles de nombreux fidèles dévoués qui rapportent que leurs prières ont été exaucées par des guérisons et des conversions de proches. Les miracles spirituels de la conversion d'une âme sont plus précieux que les miracles physiques de la guérison du corps. La conversion des âmes à Dieu est en réalité la continuation des nombreuses conversions que Sheen a accomplies tout au long de sa vie.

  • 24 septembre : Bienheureuse Vierge Marie de la Merci

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    24 septembre : Bienheureuse Vierge Marie de la Merci

    La libération de tout esclavage

    Au Moyen Âge, le terme « merci » désignait une forme concrète de compassion, tournée surtout vers ceux qui vivaient en marge de la société : en particulier, les chrétiens retenus prisonniers. C’est à cette cause que se consacrèrent avec ferveur saint Pierre Nolasque et ses disciples, qui fondèrent une communauté religieuse engagée dans la libération des prisonniers chrétiens en danger de perdre leur foi. C’est pourquoi on les appela les Frères de la Merci et leurs couvents prirent le nom de « maisons de la Merci ». Profondément attachés à la Vierge Marie, qu’ils considéraient comme l’inspiratrice de leur mission, ils lui donnèrent le titre de « Notre-Dame de la Merci » ou « de la Miséricorde ».

    Convaincus que la Vierge Marie avait joué un rôle déterminant dans la naissance de leur Ordre, les religieux inscrivirent officiellement son nom dans la dénomination de la Congrégation. Dès 1272, dans les premières Constitutions de l’Ordre, son nom complet fut établi : Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la rédemption des esclaves.

    La première église fondée par les Mercédaires fut construite en 1249 et dédiée à sainte Marie. L’image vénérée en ce lieu commença à être identifiée comme « Sainte-Marie de la Merci », et, de là, le culte se diffusa partout où les membres de l’Ordre s’installèrent.

    Lors de la colonisation et de l’œuvre missionnaire en Amérique, à partir du second voyage de Christophe Colomb en 1493, les Mercédaires emportèrent avec eux la dévotion à la Vierge de la Merci. Ce culte s’enracina profondément dans le nouveau continent, où les habitants, touchés par la piété populaire, commencèrent à l’appeler « Notre-Dame de la Merci », une expression qui souligne sa générosité à accorder les grâces reçues du Christ.

    Vu le grand essor de cette dévotion, l’Église en reconnut la portée universelle. Dès 1616, sous le pontificat du Pape Pie V, puis à nouveau en 1684 et en 1696, la fête de Notre-Dame de la Merci fut officiellement étendue à l’ensemble du monde catholique, fixant le 24 septembre comme date liturgique de sa célébration.

    Cette invocation mariale exprime la tendresse de la Mère de Dieu envers ceux qui sont opprimés, emprisonnés ou en danger de perdre leur foi. Elle présente Marie comme une figure rédemptrice qui poursuit l’œuvre salvifique du Christ en faveur des pauvres et des prisonniers. En elle se reflète puissamment la miséricorde divine, incarnée comme un Évangile vivant qui annonce la libération et l’espérance.

  • Kraainem, 13 octobre : Conférence « La science, nouvelle alliée de Dieu » avec Michel-Yves Bolloré et Yves Dupont

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    Conférence-débat : « La science, nouvelle alliée de Dieu »

    avec

    Yves DUPONT (physicien et ancien élève de l'école Normale supérieure, auteur de "l'Empreinte de Dieu dans le monde quantique" )

    et

    Michel Yves BOLLORE (ingenieur et co-auteur de "Dieu, la Science, les Preuves", ouvrage tiré à plus de 500.000 exemplaire, préface du Prix Nobel de Physique Robert W. Wilson).

    Les deux conférenciers nous éclaireront sur les découvertes scientifiques modernes en cosmologie et en physique quantique et leur impact sur la nécessité d'une réalité spirituelle pour expliquer l'Univers.

    Quand ?

    Le 13 octobre 2026 de 20:00 à 22:00

    Adresse

    Kraainem Sport&Event Village

    Avenue Arthur Dezangrelaan 111

    1950 Kraainem Belgique

    Prix PAF: 15€

    Réservation via le QR code sur l’affiche ou via les organisateurs

    Pierre Henri Van de Putte 0479337404

    Benoît Nadler 0473670313 benoit.nadler@gmail.com

  • Vocations : Dieu appelle aujourd’hui comme hier

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    De

    Dieu appelle aujourd’hui comme hier

    19 septembre 2026

    Depuis le début de son action, l’organisation Vocation Ministry a vu naître des vocations partout aux États-Unis, démontrant que Dieu continue d’appeler des personnes à œuvrer au sein de son Église, mais que la réponse individuelle nécessite souvent le soutien et la prière de toute la communauté.

    Rhonda Gruenewald est la fondatrice et présidente de Vocation Ministry, une organisation américaine sans but lucratif dont la mission est de promouvoir les vocations à travers les États-Unis, en collaborant étroitement avec les diocèses.

    Le travail de cette institution a débuté en 2011, et depuis lors, elle a constaté que la promotion des vocations est un effort de toute la communauté catholique qui porte de vrais fruits dès le début.

    Bien qu’elle accorde une attention particulière aux vocations sacerdotales, Vocation Ministry souhaite encourager les catholiques à découvrir leur vocation, quelle qu’elle soit, de la vie religieuse au mariage.

    Dans cet entretien, Rhonda Gruenewald évoque le travail de l’organisation, l’impact qu’elle a eu depuis ses débuts sur les vocations sacerdotales et l’importance de mobiliser toute l’Église dans cet effort.

    Quel besoin spécifique avez-vous identifié dans les paroisses et les diocèses qui vous a poussée à créer cette initiative ?

    Au début, je ne me rendais pas compte qu’il y avait un besoin. L’un de nos prêtres, fraîchement ordonné, le père Víctor Pérez, m’a demandé de l’aider à relancer un comité paroissial des vocations à l’église catholique Sainte-Cécile de Houston, au Texas. Lors de notre première réunion, il a déclaré : « C’est l’une des activités les plus importantes que nous puissions mener dans notre paroisse, et toutes les paroisses devraient le faire. » Ainsi, lorsque je suis rentré chez moi pour chercher des ressources afin de promouvoir les vocations, je n’ai trouvé que très peu de choses. À quoi cela était-il dû ? Je pensais que toutes les paroisses promouvaient les vocations, mais ce n’était pas le cas.

    Ce n’est que plus tard, après avoir écrit Hundredfold: A Guide to Parish Vocation Ministry (Cent pour un : un guide du ministère paroissial des vocations), lancé VocationMinistry.com et animé des ateliers de formation à travers toute l’Amérique du Nord, que j’ai découvert que seules 10 % à 20 % des paroisses s’efforçaient délibérément de promouvoir les vocations par elles-mêmes. Il fallait que cela change.

    Quels sont les principaux mythes ou erreurs que commettent les communautés lorsqu’elles tentent de promouvoir les vocations ?

    Le premier mythe est que la promotion des vocations est un investissement à long terme qui ne portera ses fruits que dans plusieurs décennies. S’il est vrai que la construction d’une véritable culture vocationnelle est une mission à long terme, nous avons constaté que lorsqu’une paroisse ou un diocèse commence à prier délibérément pour les vocations, à inviter personnellement les jeunes à discerner leur vocation et à impliquer toute la communauté dans la promotion vocationnelle, la réponse peut venir bien plus tôt que ce à quoi les gens s’attendent.

    Dieu appelle chaque jour dans chaque paroisse. Souvent, ce qui a manqué, ce n’est pas l’appel de Dieu, mais notre invitation.

    Nous l’avons constaté à maintes reprises à travers nos collaborations avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord. Dans l’archidiocèse de Hartford, seuls trois séminaristes avaient entamé leur formation au cours des trois années précédant notre collaboration avec Vocation Ministry. Au cours des trois années suivantes, après avoir mis en place une stratégie vocationnelle ciblée et proposé des formations, 27 hommes sont entrés au séminaire.

    Le diocèse de Dallas a accueilli 12 nouveaux séminaristes cette année, alors qu’il n’en avait accueilli que deux lorsque nous avons commencé à collaborer en 2024. Dans le diocèse d’Austin, 56 hommes sont entrés au séminaire au cours des quatre années qui ont suivi la mise en œuvre d’une stratégie vocationnelle ciblée, contre 25 au cours des quatre années précédentes.

    Ces exemples nous rappellent que lorsque l’Église s’attache délibérément à créer un terrain fertile pour les vocations, Dieu bénit souvent ces efforts de manière extraordinaire.

    Le deuxième mythe est que tout le monde comprend déjà ce qu’est une vocation. En réalité, de nombreux catholiques entendent le mot « vocation » et ne pensent qu’au sacerdoce ou à la vie religieuse. L’Église enseigne quelque chose de bien plus vaste. Chaque personne reçoit d’abord l’appel universel à la sainteté, l’appel à connaître, aimer et servir Dieu. À partir de là, Dieu invite chacun d’entre nous à vivre cet appel à travers notre vocation première, qu’il s’agisse du mariage sacramentel, du sacerdoce ou de la vie consacrée.

    L’une des plus grandes opportunités pour l’Église consiste simplement à aider les catholiques à comprendre que discerner la vocation de Dieu n’est pas réservé à quelques élus ; c’est le chemin de chaque personne baptisée.

    (…)

    La véritable question n’est plus de savoir si les vocations sacerdotales sont possibles. La question est : qu’est-ce que ces diocèses [qui ont des vocations] font différemment et comment le reste de l’Église peut-il s’en inspirer ?

    (…)

    Dans quelle mesure le nombre de fidèles par prêtre influe-t-il sur la capacité à accompagner et à guider les jeunes qui discernent leur vocation ?

    C’est peut-être là la conclusion la plus significative de toute notre recherche.

    Dans les (…) rapports publiés, une corrélation se détache systématiquement des autres : moins chaque prêtre a de paroissiens à charge, meilleurs sont généralement les résultats d’un diocèse en matière de promotion des vocations sacerdotales.

    Le discernement s’opère dans la relation.

    Il est rare que des jeunes décident d’entrer au séminaire parce qu’ils ont vu un prêtre célébrer la messe de loin. Le plus souvent, ils répondent à l’appel parce qu’un prêtre les connaissait, les a encouragés, les a invités à servir, a répondu à leurs questions difficiles ou a simplement passé du temps avec eux.

    Lorsque les prêtres sont débordés par des milliers de fidèles ou par plusieurs paroisses, ils disposent naturellement de moins de temps pour ce type d’accompagnement personnel. Notre rapport initial a même révélé que les diocèses où les prêtres s’occupent de plus de 4.000 ou 4.500 fidèles peinent constamment à atteindre des taux d’ordination satisfaisants.

    C’est pourquoi l’Indice de Disponibilité Sacerdotale est si important. Il aide les évêques à comprendre que la promotion des vocations ne se résume pas à disposer d’un bureau des vocations ou à organiser des événements. Il s’agit également de créer les conditions permettant aux prêtres d’avoir le temps et la liberté d’accompagner personnellement les jeunes.

    Dans de nombreux cas, ce sont les prêtres qui inspirent de nouveaux prêtres. Lorsqu’un jeune a régulièrement accès à un prêtre joyeux et saint qui le connaît par son nom, la possibilité d’une vocation sacerdotale devient réelle. Il faut davantage d’occasions de nouer des relations authentiques entre le prêtre et son disciple, car c’est là que naissent le plus souvent les vocations.

    Dans les diocèses où les vocations sont les plus nombreuses, quelle importance revêtent des pratiques telles que l’adoration eucharistique perpétuelle ou les « heures saintes » spécifiquement consacrées aux vocations ?

    Bien qu’il n’existe pas de données nationales indiquant combien de paroisses proposent une adoration eucharistique perpétuelle ou des « heures saintes » spécifiques pour les vocations, une tendance claire s’est dégagée de mon expérience de travail avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord.

    Au cours de la dernière décennie, j’ai discuté avec des milliers de prêtres dans plus de 80 diocèses d’Amérique du Nord. Lors de ces ateliers, je demande souvent aux prêtres de lever la main si leur paroisse propose l’adoration eucharistique, qu’elle soit perpétuelle, hebdomadaire ou mensuelle. Dans certains diocèses, un seul prêtre lève la main lorsque je pose la question de l’adoration perpétuelle. Bien que cela soit anecdotique et non scientifique, cela révèle souvent quelque chose d’important : si nous prenons au sérieux la prière pour davantage de vocations, nous devons également nous employer à créer des occasions propices à cette prière.

    Jésus lui-même nous a donné la première stratégie vocationnelle : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Lc 10, 2). La prière n’est pas simplement une stratégie parmi tant d’autres : c’est le fondement de tout effort vocationnel fécond.

    Chez Vocation Ministry, nous encourageons chaque paroisse à commencer par là. L’adoration eucharistique, les « heures saintes » pour les vocations et la prière d’intercession régulière invitent les paroissiens à s’unir au Christ dans la prière pour les futurs prêtres et religieux. Nous pouvons mettre en place d’excellents programmes, événements et initiatives, mais s’ils ne sont pas enracinés dans la prière, ils auront du mal à porter des fruits durables.

    On observe une forte présence de vocations dans les communautés dotées d’écoles catholiques solides, d’enseignement à domicile (homeschooling) et de liturgies bien préparées. Quel rôle joue l’environnement culturel et éducatif dans la création d’un « terrain fertile » ?

    Les vocations saines naissent rarement par hasard. Elles se développent là où la foi catholique est vécue, célébrée et transmise délibérément de génération en génération.

    Des écoles catholiques solides, des communautés pratiquant l’enseignement à domicile, des programmes paroissiaux de formation à la foi et des liturgies empreintes de recueillement contribuent à créer un terrain fertile, car ils plongent les jeunes dans une authentique culture catholique. Ils aident les enfants et les familles à comprendre que chaque personne baptisée a une vocation et que découvrir l’appel de Dieu fait partie intégrante de la vie chrétienne.

    Mais ces éléments deviennent encore plus féconds lorsqu’ils sont reliés entre eux par un ministère paroissial des vocations bien pensé. Un ministère paroissial des vocations aide à unir les efforts de la paroisse en encourageant la prière pour les vocations, en donnant aux familles les moyens de parler de l’appel de Dieu à la maison, en aidant les prêtres à inviter les jeunes à discerner, en impliquant les écoles catholiques et les responsables de la catéchèse, et en veillant à ce que la prise de conscience vocationnelle fasse partie intégrante de la vie paroissiale, et ne soit pas seulement un événement ponctuel une fois par an.

    La qualité de la liturgie joue également un rôle important. Une célébration de la messe pieuse et respectueuse attire les personnes vers une rencontre avec le Christ, et c’est souvent dans ces moments-là que les cœurs s’ouvrent davantage pour écouter Son appel. De même, les écoles catholiques et les communautés d’enseignement à domicile peuvent offrir davantage d’occasions aux jeunes de rencontrer des prêtres, des religieuses, des religieux et des couples fidèles qui rayonnent de joie, et dont le témoignage rend chaque vocation visible et accessible.

    Cependant, c’est peut-être la famille qui exerce la plus grande influence. Les parents sont les premiers accompagnateurs vocationnels de leurs enfants. Lorsque les familles encouragent la générosité envers la volonté de Dieu, lorsque les paroisses promeuvent délibérément une culture des vocations, et lorsque les écoles et les programmes de formation à la foi renforcent ce message, toute la communauté devient un terrain fertile où les vocations peuvent s’épanouir.

    (…)

    Un message d’espoir : à la lumière des statistiques et du déclin observé dans de nombreuses régions, pourquoi êtes-vous convaincue que la crise des vocations n’est pas un problème lié à l’absence d’appel de Dieu, mais à la réponse de l’écosystème ecclésial ?

    Parce que Dieu n’a pas cessé d’appeler. L’Église ne doit jamais cesser d’inviter.

    Cette conviction s’est encore renforcée après avoir travaillé avec plus de 80 diocèses à travers l’Amérique du Nord. Nous avons vu des diocèses qui avaient connu des années de baisse des vocations commencer à accueillir de nouveaux séminaristes après avoir délibérément favorisé une culture où la prière pour les vocations, l’invitation personnelle, les témoignages joyeux et le ministère paroissial des vocations sont devenus des priorités. Dieu appelait déjà. L’Église s’est montrée plus déterminée à aider les personnes à écouter et à répondre à Sa voix.

    Le pape Benoît XVI l’a magnifiquement exprimé lorsqu’il s’est adressé aux évêques des États-Unis en 2008. Il leur a rappelé que « la capacité à cultiver les vocations à la prêtrise et à la vie religieuse est un signe certain de la santé d’une Église locale », et qu’« il nous appartient à tous de susciter une réponse généreuse et libre à cet appel ».

    C’est pourquoi je garde espoir. Les statistiques nous montrent où se situent les défis, mais elles révèlent également que certains diocèses connaissent une croissance remarquable. Ces diocèses nous rappellent que la crise des vocations n’est pas inévitable. Lorsque l’Église crée délibérément un terrain fertile où l’on peut entendre l’appel de Dieu, davantage de personnes y répondent avec générosité.

    Notre confiance ne repose ni sur la démographie ni sur les tendances. Elle repose sur la fidélité de Dieu, qui continue d’appeler, et sur la responsabilité de l’Église de créer les conditions pour que cet appel soit entendu, nourri et accueilli avec joie.

    Source : https://www.omnesmag.com/actualidad/mundo/discernir-la-vocacion-no-es-solo-para-unos-pocos/. Cet article a été publié sous le titre : Rhonda Gruenewald : « Discerner sa vocation n’est pas réservé à quelques-uns ; c’est le chemin de chaque personne baptisée ». Ce texte a été traduit de l’espagnol par Stéphane Seminckx.

  • Une Église qui s’écoute si longtemps elle-même qu’elle n’entend plus l’Évangile (Mgr Mutsaerts)

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    De Mgr Rob Mutsaerts sur son blog :

    21 septembre 2026

    Une Église qui s’écoute si longtemps elle-même qu’elle n’entend plus l’Évangile

    Pendant trois jours, des évêques, des prêtres, des religieux et des laïcs venus de 31 pays européens ont réfléchi en Autriche à la manière dont la réforme de l’Église voulue par le pape François pouvait prendre forme en Europe. La rencontre, intitulée « Shaping Synodality in Europe: From Vision to Roadmap », s’est tenue du 14 au 17 septembre 2026 au Schloss Puchberg, près de Wels. J’ai eu beau m’efforcer d’en tirer quelque chose de positif, je n’y suis pas parvenu. Je respecte les participants qui y ont pris part avec de bonnes intentions. Pour ma part, je n’aurais pas tenu trois jours.

    Il existe une étrange catégorie de réunions ecclésiales où l’on a besoin de trois jours pour constater que les gens doivent s’écouter les uns les autres. C’est pour cela que des évêques, des prêtres, des religieux, des théologiens et des laïcs venus de 31 pays se sont réunis. On parcourt des centaines de kilomètres, on ouvre les ordinateurs portables, on se répartit autour de 21 tables, on parle de processus, de participation, de discernement, de responsabilité partagée, d’espaces relationnels et d’une nouvelle culture du leadership, pour finalement aboutir à la découverte surprenante que les chrétiens baptisés doivent dialoguer entre eux. Je ne suis pas opposé à la concertation. Mais il y a quelque chose de comique à voir des évidences redécouvertes par des experts, puis présentées comme des idées révolutionnaires. C’est, me semble-t-il, l’un des problèmes de la rencontre de Wels.

    La conférence a parlé du baptême comme fondement de la dignité de tous les fidèles, de l’écoute, des relations et de la responsabilité partagée. Rien de tout cela n’est, en soi, contraire au catholicisme. Bien au contraire : l’Église a toujours enseigné que tout baptisé participe réellement à la vie et à la mission du Christ. Mais c’est précisément là que commence la question intéressante : pourquoi sommes-nous baptisés ? Sommes-nous baptisés pour faire entendre notre voix, ou d’abord pour entendre la Voix qui dit : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » ?

    Lorsqu’on lit les documents ecclésiaux contemporains, on a parfois l’impression que la religion catholique s’est transformée en une collection de verbes. Nous devons écouter, discerner, accompagner, participer, dialoguer, nous engager dans des processus. Ce sont tous des verbes fort convenables, mais l’Église catholique vit, en définitive, de substantifs. Dieu. Le Christ. La vérité. Le péché. La grâce. La Croix. La Résurrection. L’Eucharistie. La conversion. La vie éternelle. Lorsque ceux-ci disparaissent — et ils disparaissent généralement des documents programmatiques — les verbes deviennent des formules creuses. Car écouter n’a de sens que s’il y a quelque chose à entendre. Discerner n’a de sens que si l’on peut distinguer la vérité de l’erreur. Se mettre en route n’a de sens que si l’on sait quelle est la destination. Et le dialogue ne porte du fruit que lorsque quelqu’un a finalement quelque chose à dire.

    C’est peut-être là la plus grande faiblesse de nombreux débats contemporains sur la synodalité. Ils nous expliquent abondamment comment nous devons nous parler les uns aux autres, mais beaucoup moins clairement ce que nous devons dire à l’Europe. Or l’Europe n’a pas besoin, en premier lieu, d’un cours de technique de dialogue ecclésial. Elle a besoin de l’Évangile.

    L’Europe traverse une profonde crise spirituelle. Les églises se vident. La mémoire chrétienne disparaît. Le mariage et la famille sont devenus fragiles. Beaucoup de jeunes ne savent pratiquement plus pourquoi ils existent. Les taux de natalité diminuent. La solitude progresse. La conscience de la transcendance s’efface. Au milieu de tout cela, l’Église organise une rencontre et se demande comment elle pourrait mieux écouter. Ce n’est pas mauvais en soi. C’est simplement un peu comme si un médecin, au chevet d’un patient gravement malade, organisait un congrès de trois jours sur la manière dont les médecins pourraient communiquer entre eux avec davantage d’empathie. Fort utile, sans doute. Mais, à un moment donné, le patient finit tout de même par demander : « Docteur, savez-vous au juste ce dont je souffre ? »

    La réponse catholique traditionnelle à la crise de l’Europe est extraordinairement simple : l’Europe a besoin du Christ. Pas de « valeurs chrétiennes » abstraites. Pas de structures ecclésiales de participation. Pas d’un énième forum où l’on interprète les signes des temps.

    « Écouter » était une fois encore un mot central à Wels. Mais après huit années d’écoute synodale, je ne parviens toujours pas à en discerner les fruits. Il y a en outre quelque chose d’étrange dans un processus ecclésial qui engendre sans cesse de nouveaux processus. Un synode débouche sur une phase de mise en œuvre. La phase de mise en œuvre débouche sur une feuille de route. La feuille de route conduit à une rencontre ecclésiale européenne en 2028. Et l’on commence prudemment à se demander si la destination du voyage ne serait pas le voyage lui-même.

    On finit ainsi par nourrir le soupçon que l’on ne sait pas où mène le voyage. On espère Jérusalem ; je crains que ce ne soit Emmaüs. Voilà ce qui arrive lorsque l’on concentre son attention sur des processus ouverts, un dialogue permanent et des questions auxquelles il ne faut surtout pas répondre trop rapidement.

    Aucune grande réforme de l’Église n’a jamais commencé par la question : « Quelles structures devons-nous changer ? », mais par celle-ci : « Comment devenir saint ? »

    Une structure peut être changée sans que l’on change soi-même. La sainteté, en revanche, ne permet pas cette échappatoire. C’est peut-être précisément pour cette raison que nous aimons tant parler de structures. Car les structures se convertissent beaucoup plus facilement que les hommes.

    + Rob Mutsaerts

  • 26-27 septembre 2026 : 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame

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    Chers amis,

    Nous avons la joie de vous inviter au 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame (Dinant, Belgique), qui se tiendra les :
            • Samedi 26 septembre 2026 : pèlerinage des jeunes Namur–Leffe, avec messe à 9h00 à la chapelle Saint-Materne de Namur (rue Notre-Dame), puis départ à 10h00 vers Leffe. Marche, enseignements et messe, pour former la jeunesse à une foi joyeuse et enracinée.
            • Dimanche 27 septembre 2026 : pèlerinage des familles, départ à 10h30 de l’église de Leffe. À 16h00, messe solennelle en latin selon le missel de 1962 au sanctuaire de Notre-Dame de Foy, protectrice des pèlerins depuis le XVIIe siècle.

    Thème 2026 : Notre-Dame de la Mission — « Allez, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

    Ce pèlerinage est :
            • profondément enraciné dans la Tradition liturgique et spirituelle de l’Église ;
            • soutenu par les autorités diocésaines ;
            • ouvert à tous, avec un prix volontairement très accessible, afin que jeunes, familles nombreuses et fidèles attachés à la liturgie traditionnelle puissent y participer largement ;
            • marqué par une atmosphère joyeuse, fervente et familiale.

    Toutes les informations (programme, inscriptions, photos des éditions précédentes) : https://www.pelefoy.be

  • Le saint Padre Pio (23 septembre)

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    p-pio.jpgSaint Pio de Petrelcina, prêtre de l'ordre des frères mineurs capucins (Evangile au Quotidien)

    Pio, au siècle Francesco Forgione, naît le 25 mai 1887 à Pietrelcina, en Italie du Sud, entre Naples et Foggia (Campanie). Quatrième des sept enfants d’un couple de paysans, il entre à 16 ans chez les capucins et prend le nom de frère Pio. De santé fragile, il retourne pour de longs séjours dans son village. Ses frères capucins témoigneront que le démon venait lui rendre visite dans sa chambre. Fra Pio a alors vécu dans une « nuit obscure » qui rappelle celle des mystiques comme Jean de la Croix ou de sa contemporaine, Thérèse de Lisieux. Il confie : « Le doute qui m’assaille toujours et me persécute partout est d’ignorer si ce que je fais reçoit ou non l’approbation de Dieu. »

    Ordonné prêtre le 10 août 1910, il est affecté, six ans après, au couvent de San Giovanni Rotondo, dans les Pouilles. Il y demeurera jusqu’à sa mort, le 23 septembre 1968, à 81 ans. Le rayonnement spirituel du Padre Pio a donné naissance à deux œuvres importantes : l’hôpital Casa Sollievo della Sofferenza (maison pour le soulagement de la souffrance) et les groupes de prière. Par deux fois, le Padre Pio a dû subir des mesures disciplinaires et des restrictions dans l’exercice de son ministère.

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  • « Je vais vous parler de la messe et des miracles du Padre Pio. »

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    D'Ermes Dovico sur la NBQ :

    « Je vais vous parler de la messe et des miracles du Padre Pio. »

    Les miracles, la messe, la rigueur au confessionnal (« s'il s'agissait de péchés, il était brusque ») mêlée à la douceur (« il était très doux, surtout face à la souffrance »). La Bussola interviewe Pia Manelli, fille spirituelle du saint originaire de Pietrelcina.

    23/09/2026

    « Dans ma famille, nous avons tous reçu des miracles ; il n'y en a pas un seul qui n'en ait reçu un par l'intercession du Padre Pio. » À l'autre bout du fil, c'est Pia, l'une des 21 enfants (dont 13 sont adultes) des Serviteurs de Dieu Licia Gualandris (1907-2004) et Settimio Manelli (1886-1978). Pia voue une gratitude particulière à saint Pio de Pietrelcina, son père spirituel, dont nous célébrons aujourd'hui la mémoire liturgique. Elle a été interviewée par La Nuova Bussola .

    Commençons par une question : le prénom Pia vous a-t-il été donné en hommage au Padre Pio, ou y a-t-il une autre raison ?

    Tous mes frères et sœurs ont des prénoms composés, comme Maria, Giuseppe, Michele… tous inspirés de saints. Pourtant, à ma naissance, mon père a dit au Padre Pio : « Je veux lui rendre hommage ; je l’appellerai Pia. » Je m’appelle simplement Pia. Je n’ai pas d’autre prénom, et c’est pourquoi je me fâchais toujours contre mon père, car il avait donné à tous les autres les noms de la Vierge Marie et d’autres saints patrons. Et il me répondait : « Padre Pio te suffit. »

    Cependant, vous avez bénéficié d'une grande protection de sa part…

    À propos de protection et de mon nom, Pia, un jour, en confession, Padre Pio m'a dit : « Ma fille, tu es chanceuse. Tu as beaucoup de souffrance à ta disposition. » Je n'ai jamais manqué de souffrance. Pour Padre Pio, souffrir est une grâce. Ce sont des choses extraordinaires.

    Ce nom vous a-t-il aidée à approfondir le mystère de la souffrance, acceptée et offerte ?

    Je n’ai pas toujours accueilli la souffrance avec joie, mais je l’ai acceptée. Et c’est une grâce. Chaque jour, je fais cette offrande : « Dieu, je t’offre toute la journée et aussi ma souffrance en expiation de mes péchés, pour mériter le Ciel. » Lors d’une confession, Padre Pio m’a dit : « On ne va pas au Ciel en carrosse, alors il faut s’habituer à la souffrance. »

    Revenons un peu en arrière. Avant de rencontrer sa future épouse, votre père, Settimio, fit la connaissance du Padre Pio : quel rôle cette rencontre joua-t-elle dans sa conversion ?

    Elle fut déterminante, et sa conversion mena au mariage, tous ses enfants étant des enfants de Dieu. Auparavant, c’était un homme du monde, instruit, élégant et amateur de plaisirs, mais il était constamment angoissé et, au fond, malheureux. Il eut la chance de rencontrer une femme, elle aussi de mœurs légères ; mais un jour, le voyant triste, elle lui dit : « Pourquoi n’irais-tu pas voir ce petit moine du Sud dont on dit qu’il fait des miracles ? » Un jour, il se rendit donc à San Giovanni Rotondo, rencontra un moine et lui dit hardiment : « Je voudrais parler au Padre Pio. » « Je suis le Padre Pio. » Et mon père répondit : « Je suis venu ici parce qu’on m’a dit que vous étiez un saint. » Le Padre Pio le repoussa, lui disant qu’il n’était pas un saint, puis la conversation reprit et mon père lui confia son désir de se confesser. « Je te le dirai quand », répondit Padre Pio. Il le fit patienter six jours. Ce fut une bonne confession, et finalement, Padre Pio lui dit : « Cette confession te vaudra de nombreuses bénédictions. » Alors, mon père demanda à Padre Pio la grâce de trouver une bonne femme, de l'aimer, de l'épouser et de passer sa vie avec elle. Et c'est ainsi qu'il rencontra Licia, ma mère.

    Puis vint le mariage.

    Lorsque mes parents se marièrent, ma mère avait 19 ans. Mon père, pendant leur lune de miel, souhaita qu'elle rencontre Padre Pio, et elle lui demanda : « Père, protégerez-vous cette famille qui va naître ? » « C'est ma famille, et j'assume le devoir de la protéger. » Et en vérité, il nous a protégés et continue de nous protéger.

    Dans la biographie de vos parents, il y a un passage qui ressemble à une scène de film : un déjeuner en 1943. Quels sont vos souvenirs de cette journée ?

    Nous étions à Lucera, c’était terrifiant, un véritable miracle. Nous mangions toujours ensemble à table, mais ce jour-là, mon père ne se sentait pas bien et est resté au lit, demandant à ma mère de dire la prière. Elle était très désolée que papa n’ait pas envie de venir à table, mais elle a dû s’y résigner. Alors, maman a dit la prière et a servi les enfants. Quelques instants plus tard, alors qu’elle retournait à la cuisine, nous nous sommes tous mis en rang, un par un, levés – certains avec leur assiette, d’autres sans – et nous sommes dirigés vers la terrasse. Maman s’est mise à crier : « Qu’est-ce que ça veut dire ? Vous faites ça parce que votre père a disparu ? Revenez à table ! » À ce moment-là, la moitié du plafond au-dessus de la table s’est effondrée, et je me souviens encore des cris : « Au secours ! Au secours ! » – des deux personnes qui sont tombées de l'étage supérieur. Personne n'est mort.

    Mais pourquoi vous êtes-vous levés ?

    Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi nous nous sommes levés ; c'était mystérieux ; mes parents l'ont attribué à l'aide de nos anges gardiens, par l'intercession de la Vierge Marie et du Padre Pio. La seule qui n'avait pas bougé était ma petite sœur, Annamaria, assise sur sa chaise haute au fond de la salle à manger, sous la partie du plafond qui n'avait pas sombré.

    D'autres miracles vous reviennent particulièrement en mémoire ?

    Je me souviens d'un épisode avec mon frère Saulo, qui était allé se baigner avec ses amis dans un étang près de chez nous. Mon frère était sur le point de se noyer sans que personne ne s'en aperçoive. À un moment donné, il a réussi à remonter à la surface et a tendu la main pour appeler à l'aide : ses amis l'ont vu et l'ont sauvé. Le plus beau, c'est qu'à cette même occasion, à des kilomètres de là, Padre Pio, se tournant vers mon père, lui a dit : « Est-il vraiment possible que je doive toujours venir chez vous pour dire les grâces ? » Padre Pio était toujours présent chez nous, car il se passait toujours quelque chose. Nous étions une famille formidable, élevée d'une manière particulière et bienveillante. Nous faisions nos prières du matin et du soir, et le plus beau moment était celui où, une fois couchés, ma mère passait dans nos chambres avec le crucifix pour nous bénir et nous souhaiter bonne nuit. Ce sont des choses qui n'existent plus.

    Comment était Padre Pio comme guide spirituel ?

    Exigeant. Je peux vous raconter un détail de ma première confession avec Padre Pio, ou plutôt, la première après celle que j'ai faite avant ma Première Communion. Plus tard, je suis retournée me confesser à lui et il m'a demandé : « Ça fait combien de jours que tu ne t'es pas confessée ? » « Père, je ne me souviens plus, sept ou huit jours. » J'aurais préféré ne jamais répondre ça… « Sept ou huit jours ? Il faut être précis, car on peut commettre tellement de péchés en une seule journée ! Tu comprends ? Il faut bien se préparer. » Il voulait de la précision. Un autre péché dont je me souviens très bien, c'est celui où je lui ai avoué un mensonge. Et il m'a demandé : « Est-ce que ça t'a fait du mal ? » J'étais petite, je ne savais pas si c'était le cas ou non. Il a répondu lui-même : « Ça ne t'a pas fait de mal. » La confession suivante, même scène. « Père, j'ai rechuté, j'ai dit quelques petits mensonges. » « Est-ce que ça t'a fait du mal ? » J'ai répondu : « Non. » Et lui : « Qui t'a dit que ça ne faisait pas de mal ? Si. Tu dois arrêter, tu ne peux plus mentir. » Padre Pio, s'il s'agissait de péchés, était brusque, il vous réprimandait sévèrement… mais ensuite il vous adoucissait, il disait : « Maintenant, dis-moi ce dont tu as besoin, comment va ta vie », il vous conseillait sur ce qu'il fallait faire et ne pas faire. Mais en confession, il n'admettait pas la moindre erreur.

    Parlez-nous de la douceur du Padre Pio

    Il était incroyablement doux, surtout face à la souffrance. Si je lui disais : « Père, on me traite mal », il me répondait : « Ma fille, tu dois savoir que tout le monde peut faire des erreurs. Mais essaie de pardonner. Ne fais pas comme eux : s'ils sont méchants, tu leur pardonnes. » Il prônait le pardon. Quand j'avais quelque chose à me plaindre, il me disait de ne pas douter. Un jour, j'ai raté un examen de maths au lycée et je lui ai demandé de l'aide. Il m'a dit : « Ne t'inquiète pas. Quand tu passeras ton examen, envoie-moi ton ange gardien et je répondrai pour toi. » Cette fois-là, je lui ai envoyé mon ange gardien tellement de fois qu'à la confession suivante, le Padre Pio m'a dit : « Tu crois que je suis sourd ? Combien de fois m'as-tu envoyé ton ange gardien ?! »

    Une autre fois, ma sœur Sara devait passer un concours pour devenir employée au ministère de l'Éducation. Elle alla voir Padre Pio et lui dit : « Père, je me suis bien préparée pour quatre questions, mais je n'arrive pas à réviser les autres. » « D'accord, je t'accompagnerai à l'examen. » Pendant l'examen, on lui posa ces quatre questions. Avant la fin, un professeur lui dit : « Mademoiselle, je vais vous poser une dernière petite question. » Sara pensa à Padre Pio et se dit : « Ça suffit, je ne sais plus rien. » Puis un assistant appela le professeur pour répondre au téléphone, et il oublia de poser la dernière question : « Mademoiselle, très bien, vous pouvez y aller. »

    Vous, les Manelli, avez passé plusieurs étés à San Giovanni Rotondo du vivant du Padre Pio. Pouvez -vous nous parler de la façon dont il célébrait la messe ?

    Non, écoutez, c’est trop fort, trop impressionnant. Je me souviens encore de choses, non seulement de l’époque où j’étais plus âgée et que je connaissais déjà sa messe, mais aussi de ma plus tendre enfance, dès l’âge de cinq ans tout au plus, car nos parents nous emmenaient à la messe même enfants. Au milieu de cette foule immense, assistant à la messe du Padre Pio, j’étais fascinée. Elle durait deux heures : deux heures debout, au milieu d’une foule muette qui regardait le Padre Pio souffrir et pleurer. Je l’ai vu faire des gestes extraordinaires, surtout au moment de l’élévation, de la consécration de l’hostie, comme si un démon l’empêchait d’accomplir son devoir. Je l’ai vu pleurer, et combien de fois ai-je vu du sang couler des mains du Padre Pio lorsqu’il les levait ! C'était la participation du Padre Pio au sacrifice eucharistique, c'était impressionnant [elle épelle les syllabes] : il avait vécu le Calvaire, il était sur le Calvaire. C'était magnifique, et il y avait une foule immense, serrée les unes contre les autres, dans cette petite église. Et nous étions tous silencieux, retenant notre souffle. Deux heures comme ça. Mon frère, le père Stefano, était là aussi, il servait la messe et nous apprenait à embrasser la main du Padre Pio. Je l'ai embrassée plusieurs fois.

    Et y avait-il une file d'attente ?

    Oui, il y avait toujours une file d'attente à chaque passage du Padre Pio. Au début, nous, les enfants, étions très polis ; nous arrivions tôt pour voir passer le Padre Pio, mais ensuite les gens arrivaient et nous chassaient, si bien qu'à un moment donné, nous sommes même devenus « violents », dans le sens où nous essayions de forcer le passage… Il y avait une foule immense.

  • Saint Padre Pio (23 septembre)

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    Du site de KTO Télévision :

    Le 23 septembre, l'Église célèbre saint Padre Pio, au jour anniversaire de sa mort. Il est l'un des saints les plus connus du XXe siècle.

    Une sainte vie marquée par le mysticisme

    Sa vie, les innombrables miracles qu'il accomplit, les apparitions qu'il reçut et plus globalement l'aura qui émanait du saint Padre Pio ont contribué de son vivant à la popularité de celui qui fut canonisé en l'an 2002 par le pape saint Jean-Paul II. Comme le curé d'Ars, il avait un charisme de confesseur et passait des heures dans son confessional. Sa vie fut marquée par de nombreuses prières et souffrances endurées pour le salut des autres : pour un simple passant jusqu'au Pape, pour l'Église ou l'Italie, le Padre Pio obtint d'immenses grâces du Ciel. Ses célèbres stigmates, ces plaies aux mains, aux pieds et sur le côté semblables aux blessures du Christ, l'ont fait souffrir toute sa vie dès leurs apparitions en 1918 après qu'il eut une vision de Jésus.

    Un religieux célèbre en son temps

    Il acquit, bien malgré lui, une renommée mondiale lorsque se répandit la rumeur de ses stigmates, ces plaies rappelant les blessures du Christ durant sa passion que plusieurs saints et saintes reçurent durant leur vie. Un temps largement dépassé par l'ampleur de l'engouement autour de lui, lui qui voulait simplement être « un pauvre frère qui prie », il passa sa vie jusqu'à sa mort en 1968 à oeuvrer jusqu'à 19 heures par jour dans son église à San Giovanni Rotondo, en Italie. Il célèbra la messe devant des millions de fidèles, et l'on estime à 5 millions le nombre de personnes qui se sont confessées au saint italien. Le pape émérite Benoît XVI et le pape François se sont tous les 2 rendus en pèlerinage à San Giovanni Rotondo.

    « La vie et la mission de Padre Pio témoignent que les difficultés et les douleurs, si elles sont acceptées par amour, se transforment en un chemin privilégié de sainteté, qui ouvre vers la perspective d’un bien plus grand, remarqué seulement par le Seigneur », saint Jean-Paul II, 16 juin 2002.

    Les papes Benoît XVI et François sur les pas du Padre Pio