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Foi

  • L’extraordinaire homélie que Benoît XVI consacra au synode sur la famille, restée inconnue pendant dix ans

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    L’extraordinaire homélie que Benoît XVI consacra au synode sur la famille, restée inconnue pendant dix ans

    Du 7 au 14 octobre, Léon XIV a convoqué au Vatican les chefs des Églises orientales et les présidents des conférences épiscopales du monde entier, pour une rencontre à l’occasion du dixième anniversaire d’« Amoris laetitia », l’exhortation apostolique par laquelle son prédécesseur François avait conclu le synode de 2014 – 2015 sur la famille.

    Ce fut un synode très polémique, surtout sur une question qui divisait verticalement la hiérarchie catholique : fallait-il accorder ou non la communion eucharistique aux divorcés remariés, ce qui avait jusqu’alors toujours été interdit par le magistère de l’Église.

    Dès le consistoire préliminaire des cardinaux de février 2014, François a manifesté un penchant très clair pour le oui. Mais l’opposition de nombreux cardinaux et évêques a été telle que, en tirant les conclusions du synode dans « Amoris laetitia », il s’est limité à formuler un oui allusif dans deux notes de bas de page seulement, les n° 336 et 351, dans lesquelles il envisageait pour les divorcés remariés « aussi l’aide des sacrements » et en particulier de l’eucharistie, qui « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles ».

    Ce qui eut pour effet que l’affrontement entre les deux camps du oui et du non se poursuivit, jusqu’à ce que François ne décide d’y mettre un terme à sa manière, en septembre 2016, en rédigeant une lettre d’éloge aux évêques argentins et à leur interprétation d’« Amoris laetitia » en faveur de la communion pour les divorcés remariés, qualifiée par François de seule interprétation correcte parce que « no hay otras », il n’y en a pas d’autres : une lettre qui sera ensuite publiée dans les « Acta Apostolicae Sedis » sous la qualification de « magisterium autenticum ».

    Une abondante documentation, tant officielle que journalistique, est à la disposition de tous sur ce synode sur la famille et sur le vif débat qui l’a animé.

    À celle-ci, il faudrait toutefois ajouter une intervention d’une grande profondeur et d’une très haute autorité, qui n’a pourtant jamais été prise en considération jusqu’à présent, notamment parce qu’elle est restée inconnue pendant une dizaine d’années. Il s’agit de l’homélie prononcée par Benoît XVI – qui avait déjà démissionné depuis 2013 mais qui était à l’époque encore actif par la parole et par l’écrit – le dimanche d’ouverture de la seconde et dernière session du synode sur la famille, le 4 octobre 2015.

    Ce dimanche-là, le missel romain – par une coïncidence fortuite mais parfaite – proposait comme passage évangélique le début du chapitre 10 de l’Évangile de Marc, celui-là même où « des pharisiens abordèrent Jésus et lui demandèrent s’il est permis à un mari de répudier sa femme ». Et avec Jésus qui leur répondait : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. »

    Il se fait que, dans l’homélie qu’il a prononcée ce jour-là dans son ermitage du Vatican, devant une douzaine de personnes tout au plus – et qui est restée inédite jusqu’en décembre 2025 –, Benoît XVI a commencé par faire remarquer que « la liturgie nous propose cet Évangile précisément le jour où s’ouvre le synode », tout en ajoutant aussitôt qu’il ne voulait pas aborder des « questions aujourd’hui tant discutées », mais plutôt leur « fondement », c’est-à-dire « ce qu’est l’homme », créé par Dieu homme et femme, comme « être en relation » et, pour cela même, « image de Dieu ». Sans compter, dans la dernière partie de cette même homélie, une réflexion originale sur le sens profond du célibat ecclésiastique.

    On se souviendra que ce même dimanche d’octobre, jour de l’ouverture de la seconde session du synode, le pape François a lui aussi prononcé une homélie. Et lui non plus n’a pas fait allusion à la communion pour les divorcés remariés, qui ne trouvait effectivement aucun soutien dans le passage évangélique du jour (à moins d’étendre au temps de l’Église cette condescendance de Dieu envers la « dureté du cœur » de son peuple, en vertu de laquelle le divorce était accordé à l’époque de Moïse, comme l’a notamment soutenu le patrologue et bibliste Innocenzo Gargano, bénédictin camaldule du monastère de San Gregorio al Celio et professeur à l’Institut biblique pontifical).

    Toujours est-il que personne n’a pu prendre connaissance de l’homélie prononcée ce jour-là par Benoît XVI dans son ermitage sur les collines du Vatican, afin de la méditer et le mettre à profit dans le débat synodal.

    C’est le cadeau qui nous est offert par Settimo Cielo, à la veille du sommet convoqué par le pape Léon pour le dixième anniversaire d’« Amoris laetitia ». Nous la reproduisons dans son intégralité avec la permission du dicastère pour la Communication et de la Librairie éditrice du Vatican qui en détient les droits d’auteur.

    L’homélie est tirée des pages 310 – 315 du volume « Dio è la vera realtà. Omelie inedite 2005 – 2017 », Libreria Editrice Vaticana, 2025.

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  • Le cardinal Gambetti laisse une basilique Saint-Pierre écologique mais vidée de son caractère sacré

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    D'Andrea Zambrano sur la NBQ :

    Gambetti laisse une basilique Saint-Pierre écologique mais vidée de son sacré

    Le retour du sens du sacré au sein de la basilique Saint-Pierre est une priorité. Sous la gestion du cardinal Gambetti, le monument a ambitionné d'atteindre la neutralité climatique et une haute efficacité énergétique, mais il a cédé à une « muséification » chaotique et irrespectueuse, entre profanations de touristes et distractions de fidèles.

    Le remplacement du cardinal Mauro Gambetti à la tête de la basilique Saint-Pierre en tant qu'archiprêtre n'aura de sens que si son successeur rompt avec la trajectoire des cinq dernières années. Ce quinquennat a suffi à rompre des équilibres délicats, un échec qui pèse aujourd'hui sur la perception même de l'Église du Pape. Cinq ans ont suffi, notamment à travers la réforme des statuts du Chapitre de Saint-Pierre, pour dénaturer cette institution historique, pourtant indispensable au décorum et à la dignité de la plus importante basilique de la chrétienté.

    C'est pourquoi, si le profil que le pape Léon XIV a en tête n'impose pas un virage radical dans la gestion du Chapitre, la « rétrocession » de l'ingénieur franciscain au rang d'évêque de Chieti restera une occasion manquée. Sous la direction de Gambetti, les bouleversements se sont accélérés, visibles au quotidien sous la colonnade de Bernin et préjudiciables à la ferveur des fidèles.

    Une restructuration administrative contestée

    Le cœur du problème réside dans la révision des statuts capitulaires. Celle-ci a réduit le nombre de chanoines à quelques dizaines, les écartant de leur mission séculaire : veiller sur la liturgie et le fonctionnement de la Fabrique de Saint-Pierre. Ils ont parfois été remplacés par des parvenus incapables de mesurer la gravité de leur charge.

    Marqué par le projet controversé de bistrot sur les toits de Saint-Pierre (achevé mais non encore inauguré en septembre dernier), le mandat de Gambetti incarne pour certains les excès de l'idéologie bergoglienne. Parmi ses mesures les plus contestées :
    • Limitation des mandats des chanoines à 5 ans seulement.
    • Mise à la retraite d’office à 80 ans.
    • Retrait des stalles des chanoines de la zone presbytérale (un geste qualifié de « vulgaire » par certains prélats de la Curie).
    • Plafonnement des salaires et des retraites des chanoines à 1 800 euros.
    • Soumission du Chapitre à la Fabrique de Saint-Pierre, appauvrissant de fait sa mission spirituelle.
    De la dévotion au tourisme de masse

    Ce « désencombrement pastoral » arbitraire a profondément affecté la vie liturgique de la basilique. Par ricochet, la sensibilité des fidèles s'est émoussée et les touristes peinent désormais à y percevoir le sacré, favorisant une transformation du lieu en simple musée. Pour s'inscrire dans la dynamique de révision voulue par le pape, il faudrait avoir le courage de révoquer ces statuts — pour l'instant adoptés ad experimentum (à l'essai) — et de rétablir ceux de Saint Jean-Paul II. Non par passéisme, mais par pure nécessité.

    Sous l'ère Gambetti, les messes quotidiennes ont été drastiquement réduites. Surtout, les célébrations privées dans les chapelles latérales ont été supprimées. C'étaient pourtant elles qui conféraient à la basilique, dès l'aube, cette atmosphère de grave sacralité aujourd'hui disparue. De plus, ne maîtrisant pas le latin, Gambetti a supprimé les offices dans cette langue.

    La mise en place d'une file d'attente dédiée exclusivement aux fidèles venus pour prier crée un contraste saisissant : une voie presque toujours déserte qui jouxte le flux ininterrompu et bruyant des touristes. Une véritable « vivisection de supermarché », selon un Mgr de la Curie.

    Le constat d'une crise du sacré

    Une fois franchie la porte de Filarète, les visiteurs adoptent tous les comportements possibles, sauf celui de réaliser qu'ils entrent dans un lieu de culte. Rares sont ceux qui font un signe de croix ou une génuflexion. Le balai des touristes occupés à des selfies improbables, des photos de mode ou des appels téléphoniques bruyants a réduit Saint-Pierre à un grand souk. Le sacré n'y est pas totalement exclu, mais il est relégué au second plan, réservé à ceux qui font l'effort de le chercher.

    Il n'est pas surprenant que sous la gestion Gambetti, en parallèle des travaux d'efficacité énergétique pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2030, les profanations se soient multipliées. Certaines ont été spectaculaires, comme cet individu déséquilibré urinant au pied des colonnes de Bernin ; d'autres, plus diffuses mais tout aussi graves, concernent la gestion désinvolte de la Sainte Communion lors des messes de grande affluence. Même l'acte de réparation qui a suivi s'est déroulé dans la confusion.

    Rendre à Saint-Pierre sa dimension de lieu saint — que les touristes, même non catholiques, doivent réapprendre à respecter — est la condition sine qua non pour restituer sa dignité à un édifice qui est bien plus qu'une simple église. Elle est aujourd'hui le miroir de la crise profonde du sacré que traverse l'Église dans ses structures. Pour inverser la tendance, il faudra du courage, de la volonté et de la fermeté pour restaurer le décorum. Car la liturgie, pour parodier le Pie XIII (personnage principal fictif de la série télévisée The Young Pope ndb) de Sorrentino, doit redevenir un travail exigeant.

    Lire également : L' « opération Gambetti » du pape Léon a-t-elle une signification particulière ?

  • Saint Bruno (6 octobre)

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    girolamo_marchesi_saint_bru.png

    De Benoît XVI (6 octobre 2006) :

    La mission de saint Bruno, le saint du jour, apparaît avec clarté, elle est - pouvons-nous dire - interprétée dans la prière de ce jour qui, même si elle est assez différente dans le texte italien, nous rappelle que sa mission fut faite de silence et de contemplation. Mais silence et contemplation ont un but:  ils servent à conserver, dans la dispersion de la vie quotidienne, une union permanente avec Dieu. Tel est le but:  que dans notre âme soit toujours présente l'union avec Dieu et qu'elle transforme tout notre être.

    Silence et contemplation - une caractéristique de saint Bruno - servent à pouvoir trouver dans la dispersion de chaque jour cette union profonde, continuelle, avec Dieu. Silence et contemplation:  la belle vocation du théologien est de parler. Telle est sa mission:  dans la logorée de notre époque, et d'autres époques, dans l'inflation des paroles, rendre présentes les paroles essentielles. Dans les paroles, rendre présente la Parole, la Parole qui vient de Dieu, la Parole qui est Dieu.

    Sur le site de la Famille monastique de Bethléem :

    Qui est Bruno ?

    Bruno est né à Cologne vers 1035.

    REIMS

    Dès ses jeunes années, il quitte la Germanie pour entreprendre des études à l’école cathédrale de Reims, la plus réputée à son époque en Europe.
    Vers l’âge de vingt ans, il devient membre du chapitre des chanoines séculiers qui suivent la règle de saint Augustin en étant rattachés à la cathédrale de Reims. De l’initiateur de la vie canoniale qu’est Augustin, le chanoine Bruno reçoit non seulement la pensée mais aussi sa sagesse de vie tout évangélique, ecclésiale, théologique, liturgique, fraternelle, qu’il a instaurée et léguée comme charisme à l’Église.
    A cette même période, Bruno est maître en théologie et lui, l’humble chanoine, dirige l’école cathédrale de Reims où il exerce une grande influence et dont il devient l’écolâtre renommé. Homme de Lumière il sait puiser dans les sources variées de la Tradition vivante de l’Église. Chercheur de la Vérité, qu’il transmet dans son enseignement pendant de longues années, Bruno ne s’arrête pas dans sa course vers la Lumière. Il est l’homme selon Dieu, parce qu’il est par-dessus les choses du monde, attaché à Celui qui a fait le monde. Ce n’était pas seulement son érudition, la profondeur de sa science, la sûreté de sa pensée, qui attiraient la jeunesse de l’école de Reims vers Bruno. C’était son rayonnement spirituel. Unifié en son intelligence et en son cœur, Bruno a cette science qui se tourne à aimer. Toute cette science, ce succès, cette gloire, s’allient en Bruno avec une grande bonté dont il rayonne, si bien que « Bonus » deviendra, après sa mort, son surnom. Sa riche personnalité pourrait se résumer dans ce témoignage du légat Hugues de Die :Maître Bruno est maître en tout ce qui honore l’homme dans l’homme.

    Voici qu’un jour il se trouve dans un jardin avec deux amis, Raoul le Verd et Foulcoie le Borgne. Bruno reçoit la grâce de brûler d’Amour divin d’une manière nouvelle. A la fin de sa vie, il rappelle à son ami Raoul cette rencontre : « Tu te souviens du jour où nous étions tous les deux dans le jardin d’Adam, avec un troisième ami, Foulcoie. Notre conversation avait évoqué les plaisirs de la vie qui trompent l’homme, les richesses de ce monde qui sont périssables, et enfin, la joie de la gloire de Dieu qui n’a pas de fin. Soudain, tu te souviens ? Brûlants d’Amour divin, nous avons promis, nous avons fait vœu, nous avons décidé de quitter prochainement les ombres fugitives du monde, afin de nous mettre en quête des biens éternels en recevant l’habit monastique. »

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  • Saint Bruno, fondateur des chartreux

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    SAINT BRUNO - Fondateur de l'Ordre des Chartreux - (1035-1101)

            « À la louange de la gloire de Dieu, Le Christ, Verbe du Père, depuis toujours a choisi par l'Esprit Saint des hommes pour les mener en solitude et se les unir dans un amour intime. Répondant à cet appel, maître Bruno, l'an du Seigneur 1084, entra avec six compagnons au désert de Chartreuse et s'y établit. » Statuts I.1 de l'ordre des Chartreux.

             Né à Cologne vers 1030 Bruno vient de bonne heure étudier à l'école cathédrale de Reims. Promu docteur, Chanoine du Chapitre cathédral, il est nommé en 1056 écolâtre, c'est-à-dire Recteur de l'Université. Il fut un des maîtres les plus remarquables de son temps : « ...un homme prudent, à la parole profonde. »

             Il se trouve de moins en moins à l'aise dans une cité où les motifs de scandale ne font pas défaut du côté du haut clergé et de l'Évêque lui-même. Après avoir lutté, non sans succès, contre ces désordres, Bruno ressent le désir d'une vie plus totalement donnée à Dieu seul.

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  • Le cardinal Müller appelle à renouer avec la prière quotidienne du chapelet : « Il ne doit pas être relégué au fond d’un tiroir »

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    D'InfoVaticana :

    Müller appelle à renouer avec la prière quotidienne du chapelet : « Il ne doit pas être relégué au fond d’un tiroir »

    5 octobre 2026

    Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a présidé le 4 octobre à Lublin (Pologne) une célébration à l'occasion de la fête patronale de l'église Notre-Dame-du-Rosaire.

    Dans son homélie, Müller a rappelé la bataille de Lépante et l’origine de la fête de Notre-Dame du Rosaire, a médité sur la place de la Vierge Marie dans l’histoire du salut et a encouragé les fidèles à renouer avec la prière quotidienne du rosaire.

    « Le chapelet ne doit pas rester oublié au fond d’un tiroir », a affirmé le cardinal, qui a recommandé de l’emporter avec soi et de recourir à cette prière tout au long de la journée : « Lors d’un voyage, en se promenant ou dans la fatigue silencieuse de l’après-midi ».

    Homélie du cardinal Gerhard Müller

    Son Excellence l’archevêque Stanisław, cher curé Marek, chers frères prêtres, chères religieuses, chers frères et sœurs dans le Christ, le Seigneur :

    Je suis très heureux de pouvoir présider ici, à Lublin, la célébration en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire. Pour comprendre pleinement la puissance du rosaire, il faut remonter à l’année 1571, plus précisément au 7 octobre, lorsque le destin de notre foi et de notre liberté s’est joué dans les eaux du golfe de Corinthe, lors de la bataille navale de Lépante. La situation était dramatique. La flotte chrétienne, dite la « Sainte Ligue », était largement inférieure en nombre, moins bien armée et semblait vouée à la défaite. D’un point de vue humain, il n’y avait aucune perspective de victoire.

    C’est alors que le pape de l’époque, saint Pie V, fit quelque chose qui, aux yeux des stratèges militaires, pouvait sembler une folie. Au lieu de rechercher uniquement des alliés terrestres, il appela toute l’Europe à une mobilisation spirituelle. Il demanda à chaque cardinal, à chaque prêtre, à chaque mère, à chaque père et à chaque enfant de prendre son chapelet.

    Le jour de la bataille, les rues de Rome et d’autres villes se remplirent de personnes qui, à genoux, imploraient Marie de leur accorder le salut. Le pape Pie V lui-même priait dans ses appartements du Vatican.

    C’est alors qu’un miracle, que les historiens continuent de décrire encore aujourd’hui, s’est produit : un changement soudain de vent. Au moment décisif de la bataille, le vent, qui jusqu’alors soufflait en faveur des voiles des envahisseurs et repoussait les navires chrétiens, a brusquement changé de direction.

    Au même moment, à Rome, le pape Pie V interrompit son travail, s’approcha de la fenêtre et son visage s’illumina. Il s’adressa à ses secrétaires et dit : « Notre Seigneur nous a accordé une grande victoire. Rendons grâce à Dieu. »

    La nouvelle de la victoire navale ne parvint à Rome que plusieurs jours plus tard et confirma exactement les paroles du pape.  En signe d’action de grâce pour cette extraordinaire délivrance, le pape fit du 7 octobre la fête de Notre-Dame de la Victoire. Deux ans plus tard, son successeur, le pape Grégoire XIII, rebaptisa cette journée « fête de Notre-Dame du Rosaire », que nous continuons à célébrer aujourd’hui encore.

    La victoire de Lépante n’est pas le fruit de généraux de génie ni de canons plus performants. Elle est le fruit de la prière adressée à la Mère de Dieu. Car Marie est, après Jésus, Fils de Dieu et unique Rédempteur du monde, la personne la plus importante de l’histoire du salut. Par son « oui », en réponse à l’annonce de l’ange, elle est devenue, dans une disponibilité fidèle, la Mère du Fils éternel de Dieu : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38). C’est de Marie que le Verbe éternel, qui avec le Père et le Saint-Esprit est un seul Dieu, a pris notre nature humaine.

    Marie est un personnage historique, une personne réelle, une fille d’Israël. Mais qui est-elle pour Jésus et que signifie-t-elle pour nous, son Église ? On ne peut l’interpréter uniquement à travers des métaphores mythologiques ou des vérités existentielles intemporelles. Ce qui est déterminant, c’est de comprendre son rôle dans la perspective du plan divin du salut, que Dieu a réalisé historiquement en Jésus-Christ. Dans le sein de la Mère de Dieu, le Fils éternel de Dieu revêt notre chair et habite pendant neuf mois dans son corps ; elle le porte sous son cœur. Jésus-Christ, le Dieu-homme, reste présent au milieu de son peuple et de tous les peuples qui rejoignent son Église pour former une seule famille de Dieu.

    Marie est, en outre, le modèle originel de l’Église. Elle est la disciple éminente et exemplaire de son Fils. Elle constitue pour nous un exemple lumineux d’amour de Dieu par-dessus tout et d’amour du prochain comme soi-même. Le jour de la Pentecôte, après que le Seigneur ressuscité se fut assis à la droite du Père, Dieu a envoyé l’Esprit Saint sur les apôtres, qui s’étaient préparés à cet événement, au début de l’histoire de l’Église, aux côtés de Marie, la Mère de Jésus.

    Les Pères du Concile Vatican II résument ainsi la mission de Marie dans l’histoire du salut :
    « Enfin, la Vierge Immaculée, préservée de toute tache de la faute originelle, une fois achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée corps et âme à la gloire céleste et exaltée par le Seigneur comme Reine de l’univers, afin qu’elle ressemble plus pleinement à son Fils, Seigneur de ceux qui règnent et vainqueur du péché et de la mort » (Lumen gentium, 59).

    C’est pourquoi, en tant que membres du Corps du Christ en pèlerinage vers la Jérusalem céleste, nous pouvons lui adresser nos supplications. Car elle est avec le Christ au ciel. À la tête de la communion de tous les saints, elle unit ses prières aux nôtres. C’est ainsi qu’ielle nous confie, nous-mêmes, nos familles, notre peuple, tous les peuples et toute l’Église à Dieu le Père par son Fils dans l’Esprit Saint.

    La vénération liturgique et privée de Marie, de dont le sein est né le salut du monde, nous montre clairement qu’il n’existe aucune relation avec Dieu en dehors de l’Église visible, le Corps du Christ. « Celui qui n’a pas l’Église pour Mère ne peut avoir Dieu pour Père » (De unitate Ecclesiae, 6). C’est ainsi que l’a formulé le saint évêque Cyprien de Carthage face à tous ceux qui se séparent de l’Église, leur Mère, que ce soit par orgueil ou même par déception face aux faiblesses humaines de ses représentants.

    En tant qu’Épouse et Corps du Christ, ainsi que temple du Saint-Esprit, l’Église est la présence sacramentelle de la Parole de Dieu, qui a pris notre chair de Marie et a habité parmi nous. C’est là que s’accomplit la plus grande union de toute l’histoire. Marie est la véritable image et le modèle éternel de l’accomplissement de la volonté de Dieu, qui veut toujours notre salut et notre bonheur.

    Chers frères : c’est pourquoi le chapelet ne doit pas rester oublié au fond d’un tiroir. Il doit avoir sa place dans notre poche, dans notre sac ou près de notre lit. Prenons-le tout au long de la journée : pendant un voyage, en se promenant ou dans la fatigue silencieuse de l’après-midi. Notre-Dame du Rosaire attend notre petit « Je vous salue Marie ». Confions-lui, à chaque grain que nous faisons passer entre nos doigts, nos soucis, nos familles et notre avenir.

    Amen.

  • La révolution française inachevée du pape Léon

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    La révolution française inachevée du pape Léon

    5 octobre 2026

    Les foules immenses qui se sont rassemblées pour accueillir le pape Léon partout en France ont surpris tout le monde – et pas le moins, hélas, les évêques français. Espérons que sa visite aura des effets encore plus grands. Mais à peine quelques jours plus tard, la France est en proie à des émeutes et des incendies généralisés, que l’on présente à tort comme des « troubles étudiants », alors qu’il s’agit en réalité d’une opération d’extrême gauche avec des collaborateurs islamistes. Dans le message que le pape a lu lors de sa réception par le président français Emmanuel Macron, Léon a proposé ce que l’on ne peut appeler autrement que des « corrections » aux trois termes (liberté, égalité, fraternité) qui ont marqué la Révolution française. C’était un geste audacieux, mais il doit l’être encore davantage pour remédier à ce qui afflige la France et une grande partie de l’Occident.

    Si l’on nous le demandait (on ne retient pas son souffle), on dirait que Léon ferait bien d’aller beaucoup plus loin et de faire de cela un projet pour tout son pontificat. Car, comme le bienheureux Fulton Sheen – lui aussi récemment dans l’actualité – l’avait déjà vu dans son livre de 1938 Liberty, Equality, and Fraternity, sous ces mots apparemment simples et bons, des développements pervers ont surgi dès le début.

    Les révolutionnaires français ont commencé par utiliser la guillotine et d’autres instruments de terreur de masse contre les figures religieuses, puis – comme la nuit suit le jour chez ceux que la politique rend radicalement fous – les uns contre les autres.

    Cela ne s’est pas arrêté là. Dans les premières années du XXe siècle, un gouvernement socialiste radical sous Émile Combes a pris possession de toutes les cathédrales, monastères, couvents, sanctuaires et autres édifices religieux de France, a fermé 10 000 écoles religieuses et a contraint de nombreux prêtres et religieux à l’exil. Dans certains récits, on présente cela simplement comme la « séparation de l’Église et de l’État » en France. Mais, comme le grand Charles Péguy l’a dit, c’était en réalité une trahison de ce que le socialisme français lui-même prétendait – un plus grand respect pour les êtres humains qu’auparavant – en persécutant, en somme, les gens « pour avoir dit leurs prières ».

    Et aujourd’hui, comme Léon l’a souligné, l’interprétation « humaniste » des trois idéaux a conduit, entre autres maux, à la monstruosité de l’avortement inscrit dans la Constitution française comme un droit fondamental et à l’euphémisme orwellien de « droit de mourir » (c’est-à-dire la médication létale).

    Pour mémoire, partout où l’avortement – le meurtre délibéré de la vie humaine dans le ventre – est confondu avec la « liberté » et érigé en droit fondamental, nous nous plaçons au même niveau moral que le pire de l’histoire humaine : Cananéens, Ammonites, Aztèques, Soviétiques, maoïstes, Khmers rouges, et bien d’autres. Pas d’égalité ni de fraternité pour ces innocents à naître que nous tuons, année après année, en nombres bien plus grands que les monstres historiques.

    Fulton Sheen comprenait déjà, il y a des décennies, que de telles choses découlent de fausses notions de « liberté ». Les Pères fondateurs américains, eux aussi, mettaient en garde contre la « licence », cette fausse croyance selon laquelle la liberté consiste à faire tout ce que l’on veut. Sheen : « Le libéralisme a détruit la liberté en dispensant l’individu de ses responsabilités sociales ; le communisme et le fascisme détruisent la liberté en asservissant l’individu à la volonté d’un dictateur. »

    La vraie liberté, affirmait Sheen, s’apparente au juste milieu d’Aristote (et de l’Église) : non pas simplement quelque chose à mi-chemin entre les deux, mais un « et… et » qui est tout autre chose que l’un ou l’autre.

    De même, l’« égalité » au sens moderne détaché se transforme inévitablement en ce que nos gourous de la DEI appellent « équité », où les individus ne sont plus simplement traités de manière égale, mais où les industrieux et les paresseux, les vertueux et les vicieux, une « race » ou un groupe ou un autre, doivent être rendus statistiquement égaux par la tyrannie d’État et l’ostracisme social.

    Le remède réside dans la juste compréhension de la « fraternité » – la fraternité et la sororité telles que Dieu les a voulues, et non les substituts idéologiques : citoyen, tovaritch, compañero, les « woke » – qui aiderait aussi à corriger les notions modernes erronées de liberté et d’égalité.

    Léon l’a formulé ainsi à la France moderne :

    « Que votre liberté grandisse dans le souci constant du bien commun. Que votre fraternité embrasse toute la famille humaine. Et que l’égalité à laquelle vous aspirez soit toujours bâtie sur les fondements de la justice et de la charité – non pas en effaçant les différences entre les personnes, mais en leur permettant de s’épanouir harmonieusement pour le bien de la société tout entière. »

    C’est un bon début, mais ce n’est pas suffisant. Certaines des choses que Léon a déjà mises en avant dans son pontificat – une immigration de masse encore plus importante, moins de « peur de l’islam », la résistance à l’« extrême droite » (c’est-à-dire aux réactions populistes face au désordre social et à la violence), et un christianisme « désarmé et désarmant » – jouent le jeu des forces qui détruisent le bien commun.

    Il était sur un terrain plus solide en affirmant que l’égalité doit être établie non pas seulement sur la charité – et une charité qui n’a pas été réduite à de la simple gentillesse et à l’évitement des conflits – mais sur la justice. La vraie justice implique inévitablement une juste appréciation de la vérité – sur le monde, l’homme et Dieu. Les substituts idéalistes ou idéologiques à la vérité ont un bilan terrifiant. Et pas seulement en France.

    Il y a une meilleure voie.

    Un journaliste a demandé au pape, lors de la conférence de presse en vol (une pratique périlleuse que le Vatican ferait bien de suspendre), s’il n’avait pas empiété sur le terrain politique en France. Il a hésité un instant, puis a retrouvé ses marques, affirmant que s’il peut y avoir une juste séparation de l’Église et de l’État, les groupes religieux, comme les non-religieux, ont le droit de parler de politique.

    Et d’ailleurs : « Je suis venu avant tout pour prêcher l’Évangile, pour prêcher la Bonne Nouvelle, pour réaffirmer ce que Jésus-Christ Lui-même dit lorsqu’Il dit “Je suis le chemin, la vérité et la vie”, pour dire la vérité que Jésus nous offre… Donc, je dirais, si c’est de la politique, je l’ai fait, mais ce n’était pas pour m’immiscer dans la politique française. C’était pour enseigner ce que l’Église croit vraiment. »

    Certains progressistes français ont exprimé leur « crainte » face à l’enthousiasme suscité par la visite du pape ; d’autres ont déploré le pouvoir que l’Église catholique possède encore d’attirer les masses. En vérité, la plupart des paroles du pape ont été applaudies parce qu’elles étaient compatibles, trop compatibles, avec la compréhension libérale actuelle de la vie humaine et de la société.

    Mais il y avait une différence – la différence que fait le Christ. Et même sous une forme encore en développement, elle surpasse tout le reste.

  • Le pape Léon XIV et l’Europe

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    De Filip Mazurczak sur le CWR :

    Le pape Léon XIV et l’Europe

    Le retour de Léon XIV vers l’Europe, contrairement à ce qu’avait fait le pape François, est une bonne nouvelle à plusieurs titres.

    3 octobre 2026

    Lors du conclave de 2013, de nombreux cardinaux électeurs européens ont probablement voté pour Jorge Mario Bergoglio, Argentin d’origine italienne, dans l’espoir qu’il jetterait un pont entre l’Europe, berceau traditionnel de l’Église, et les Amériques, où vivent aujourd’hui la moitié des catholiques du monde. Nombre d’entre eux ont donc sans doute été déçus de constater que le pape François accordait si peu d’attention au Vieux Continent.

    Le pape Léon XIV, en revanche, redonne rapidement à l’Europe toute sa place, en effectuant avec succès des visites pastorales à Monaco, en Espagne et en France. Ce changement est bienvenu, et ce pour plusieurs raisons.

    Il existe aujourd’hui un pays où le nombre de baptêmes d’adultes et d’adolescents a triplé en seulement quatre ans. La Bible y est devenue un best-seller, tout comme la dernière encyclique du pape. Les vocations sacerdotales sont en hausse, et la théologie devient une filière universitaire de plus en plus prisée, malgré le déclin des inscriptions dans les sciences humaines à travers le monde, les jeunes se tournant davantage vers les études d’ingénieur, l’informatique ou l’intelligence artificielle. La récente visite du pape Léon XIV dans ce pays a été un franc succès.

    Ce pays n’est ni le Nigeria, ni l’Ouganda, ni les Philippines ; il ne fait même pas partie du Sud global. Je parle de la France.

    Pour quiconque possède quelques connaissances historiques, la France est connue pour son laïcisme particulièrement affirmé depuis la Révolution de 1789. La laïcité a inspiré des mouvements laïcistes dans le monde entier, et pas seulement en Occident, dans cette région historiquement chrétienne. Le père fondateur de l’État turc moderne, Atatürk, s’est par exemple inspiré du modèle français pour bâtir la première société musulmane dotée d’un gouvernement explicitement antireligieux.

    En 1980, le pape saint Jean-Paul II déclarait, sur la terre de sainte Jeanne d’Arc, de sainte Bernadette et de sainte Thérèse de Lisieux : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait de ton baptême ? » Pourtant, le pape polonais n’a pas renoncé à la France, pas plus que son successeur allemand, qui s’y rendit en 2008. Jean-Paul II a visité la France à huit reprises, plus que tout autre pays à l’exception de sa Pologne natale, et il y a nommé comme évêques des figures emblématiques de la nouvelle évangélisation, notamment le regretté cardinal Jean-Marie Lustiger, lui-même converti du judaïsme.

    L’évolution récente de la situation française montre que l’attention portée à ce pays, qui semblait encore récemment constituer un cas désespéré du point de vue de l’Église, était pleinement justifiée. La France n’est d’ailleurs pas le seul pays européen où le catholicisme connaît actuellement un renouveau.

    En Irlande, comme en France, dans cette nation aux profondes racines catholiques où la foi paraissait autrefois irrémédiablement perdue, la génération Z est désormais davantage susceptible de se déclarer catholique et d’assister à la messe que la génération Y. En Espagne, la proportion de jeunes adultes se déclarant catholiques est en constante augmentation. Dans des régions traditionnellement protestantes comme la Scandinavie et le Royaume-Uni, la forte progression du nombre de catéchumènes catholiques remet en cause les effets durables des réformes de Martin Luther et d’Henri VIII.

    Et, même s’ils ne sont pas à l’abri de la sécularisation, des pays comme la Pologne, la Croatie, la Slovaquie, l’Ukraine, ravagée par la guerre, et, dans une certaine mesure, l’Italie, notamment dans ses régions méridionales, conservent des cultures catholiques relativement intactes.

    Autrement dit, l’Esprit Saint n’a pas renoncé à l’Europe.

    Pourtant, durant le pontificat de François, on aurait parfois pu le croire. En 2013, l’élection du premier pape non européen depuis plusieurs siècles fut interprétée par beaucoup comme le début d’une Église désormais « post-européenne ». Et François a, dans une certaine mesure, agi en conséquence.

    Le pape argentin effectua sa première visite pastorale en Albanie, un an et demi après son élection. Il s’agissait d’une forme de justice historique, car ce petit pays à majorité musulmane — qui compte néanmoins une importante minorité catholique — n’avait reçu qu’une seule visite papale auparavant : celle, d’une journée, de Jean-Paul II en 1993.

    Pourtant, François n’a jamais mis les pieds dans plusieurs pays européens comptant d’importantes populations catholiques et possédant un riche patrimoine catholique. Il ne s’est jamais rendu en Autriche, en Croatie ni en Slovénie. Bien que la situation de la foi en Allemagne soit déplorable, près de vingt millions de catholiques vivent dans le pays natal de Benoît XVI. Ils auraient certainement eu besoin du soutien d’un pape, mais n’en ont jamais reçu de son successeur immédiat.

    Le Royaume-Uni est certes historiquement une nation protestante, mais il abrite des millions de catholiques qui ont dû se rendre à Rome pour rencontrer leur pape. Il en va de même pour les millions de catholiques ukrainiens. L’invasion russe à grande échelle n’a commencé que près de neuf ans après le début du pontificat de François ; auparavant, aucun problème de sécurité majeur n’empêchait une visite papale, par exemple à Kiev ou à Lviv.

    La France, elle non plus, n’a jamais bénéficié d’une véritable visite papale sous François. Celui-ci n’a effectué qu’une visite d’une journée en Corse. Il s’est certes exprimé au Parlement européen à Strasbourg et a prononcé, devant les évêques réunis à Marseille, un discours consacré notamment à la nécessité d’accueillir les migrants en Méditerranée, mais ces deux événements étaient fermés au public.

    L’affront le plus surprenant fut sans doute celui infligé à l’Espagne, pays qui compte quarante-cinq millions de catholiques baptisés. Cette nation a apporté la foi à la région d’origine de François en Amérique latine et a donné naissance à d’innombrables saints et ordres religieux, parmi lesquels la Compagnie de Jésus, fondée par le pape argentin. À titre de comparaison, Benoît XVI s’est rendu à trois reprises dans ce pays ibérique au cours de son pontificat, pourtant relativement court — huit années.

    Lorsque François se rendait dans un pays européen comptant des millions de catholiques, ce n’était souvent pas pour y effectuer une véritable visite pastorale, mais pour présider des événements internationaux de l’Église, comme la Rencontre mondiale des familles en Irlande ou les Journées mondiales de la jeunesse en Pologne — François ne s’est même jamais rendu à Varsovie — ou au Portugal.

    François s’est également rendu à Fatima en 2017, à l’occasion du centenaire des apparitions mariales, mais cette visite n’avait pas été accompagnée de déplacements dans les principales villes portugaises.

    Lors du conclave de 2013 qui élut François, un peu plus de la moitié des cardinaux électeurs étaient européens. Douze ans plus tard, ils représentaient moins de 40 %. De plus, une proportion importante des cardinaux européens nommés par François étaient des responsables de la Curie romaine ou des diplomates plutôt que des évêques résidents. Ainsi, en 2025, des sièges épiscopaux européens aussi importants et anciens que Milan, Venise, Vienne, Cracovie, Prague et Vilnius n’étaient pas représentés au conclave.

    Le recentrage de Léon XIV sur l’Europe est une excellente nouvelle pour plusieurs raisons.

    Premièrement, Jésus lui-même nous exhorte à « aller dans le monde entier et à proclamer l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15). Nous sommes appelés à aller dans le monde entier, et à n’en négliger aucune partie.

    On pourrait certes objecter que Benoît XVI, qui n’a jamais effectué de visite pastorale en Asie, par exemple, était peut-être trop attentif au Vieux Continent. Mais accorder davantage d’attention aux régions du monde où l’Église est jeune et dynamique ne signifie pas qu’il faille négliger les Églises locales plus anciennes. Le Vatican étant situé en Europe, les visites dans les pays européens sont, d’un point de vue logistique, bien plus faciles à organiser que ne le laissait penser l’itinéraire de François.

    Fils spirituel de saint Augustin, né dans l’actuelle Algérie, le pape Léon XIV connaît le sort qu’a connu l’Église en Afrique du Nord et en Asie Mineure. On ne voudrait pas que le même destin soit réservé à un continent possédant un patrimoine catholique aussi riche que l’Europe.

    Voulons-nous vraiment que la cathédrale de Chartres, la Sagrada Família ou le Mont-Cassin — sans parler d’autres hauts lieux du christianisme oriental comme le mont Athos — deviennent de simples musées ? Sur les seize apparitions mariales reconnues par l’Église, seules deux ont eu lieu hors d’Europe : Guadalupe, au Mexique, et Kibeho, au Rwanda. Qui en sera le gardien lorsque la foi aura disparu ?

    Bien que l’Église catholique connaisse aujourd’hui un renouveau dans plusieurs pays européens, notamment en France, ce dynamisme doit être amplifié. En France, ce regain fait suite à des décennies de profond déclin. La culture dominante en Europe demeure hostile à la foi. Une attention accrue du pape envers le Vieux Continent pourrait redonner confiance aux nouveaux convertis, confrontés à de nombreux défis, et les aider à affermir leur foi naissante.

    Récemment, l’Afrique a dépassé l’Europe en nombre de catholiques. Il y a plus d’un siècle, Hilaire Belloc écrivait : « L’Europe est l’Église, et l’Église est l’Europe. » Ce n’est évidemment plus le cas aujourd’hui, ce qui constitue la preuve encourageante que de nombreux missionnaires ont pris à cœur le mandat du Christ de prêcher la Parole de Dieu partout dans le monde.

    Pourtant, l’Europe abrite encore un catholique sur cinq, soit près de 300 millions de personnes. En nombre de catholiques, l’Amérique du Sud et l’Afrique devancent désormais l’Europe, mais celle-ci demeure la région où le nombre total de croyants reste le plus élevé, devant l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Océanie. L’Europe demeure donc un centre majeur de l’Église, et ses fidèles sont trop nombreux pour que leurs besoins spirituels soient ignorés.

    Aujourd’hui, il est facile d’être impressionné par le dynamisme de l’Église en Afrique subsaharienne et dans certaines régions d’Asie, et de penser, pour paraphraser Sinclair Lewis, que la sécularisation y est impossible.

    Pourtant, jusqu’au début des années 1960, les Irlandais, les Québécois, les Belges et les Autrichiens étaient tout aussi fervents que nombre d’Ougandais, de Congolais ou de Vietnamiens aujourd’hui. On peut imaginer que, dans soixante ans, les fidèles des cathédrales de Kinshasa ou de Lagos soient aussi clairsemés et vieillissants que ceux de Dublin ou de Vienne aujourd’hui.

    De fait, l’Afrique du Sud a légalisé le « mariage » homosexuel il y a vingt ans, plus tôt que la plupart des États américains et de nombreux pays européens. Aucun pays ni aucune région n’est à l’abri de la sécularisation.

    On en trouve également la preuve sur le continent natal de François. En 2002, Philip Jenkins écrivait dans son ouvrage The Next Christendom que l’Europe n’était plus au cœur de l’Église et que l’Amérique latine était peut-être une candidate plus légitime à ce rôle.

    Pourtant, l’élection d’un pape latino-américain n’a pas enrayé la progression de la sécularisation dans sa région d’origine. Ces dernières années, plusieurs pays d’Amérique latine, dont l’Argentine, pays natal de François, ont légalisé le mariage homosexuel et l’avortement sur demande.

    Un signe tangible de réaction anticléricale, comparable à ceux observés au Québec dans les années 1960 ou en Irlande dans les années 1990, s’est manifesté au Chili il y a une dizaine d’années, où plusieurs églises ont été incendiées.

    Au Chili, un peu plus de la moitié de la population est encore catholique, tandis que plus d’un quart des Chiliens se déclarent sans religion. À l’instar de l’Italie et de l’Espagne, autrefois synonymes de familles nombreuses, le Chili et Porto Rico — qui affiche également l’un des taux de stérilisation les plus élevés au monde — connaissent des taux de fécondité parmi les plus faibles du monde.

    L’Uruguay, quant à lui, est une sorte d’Amsterdam latino-américain : il est devenu le premier pays d’Amérique du Sud à légaliser l’euthanasie et le premier au monde à autoriser l’usage récréatif du cannabis.

    La progression fulgurante de la sécularisation en Amérique latine démontre que le rejet de la foi et de la morale n’est pas un phénomène exclusivement européen. L’Europe a toutefois été la première région à connaître une telle vague de réaction antichrétienne.

    En raison de leur position dominante sur les plans économique et politique, l’Europe et l’Occident servent souvent de modèles aux pays en développement. Puisque l’Occident a contribué à plonger le monde dans ce chaos sécularisé, il serait judicieux de soutenir les catholiques qui y mènent le combat culturel.

    Face à l’évolution de la répartition géographique des catholiques, aucun pape ne peut être eurocentré. Mais il ne peut pas davantage être américano-centré, afro-centré ou asiatico-centré. L’Église d’aujourd’hui est présente sur tous les continents, ce qui témoigne magnifiquement de l’universalité de notre foi.

    Pourtant, le récent renouveau du catholicisme en Europe, sans doute particulièrement manifeste en France, ne signifie pas la disparition de l’identité catholique européenne. Ignorer les besoins spirituels de tout un continent irait à l’encontre de l’essence même de l’évangélisation.

    Il est donc réconfortant de constater que le pape Léon XIV, qui, en moins d’un an et demi de pontificat, a effectué avec succès des visites pastorales dans trois pays européens, semble l’avoir bien compris.

    Filip Mazurczak est historien, traducteur et journaliste. Ses articles ont été publiés dans First Things , la St. Austin Review , l' European Conservative , le National Catholic Register et de nombreuses autres revues. Il enseigne à l'université jésuite Ignatianum de Cracovie.

  • Marie Faustine Kowalska : une apôtre de la Miséricorde divine morte à 33 ans (5 octobre)

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    faustina-a6.jpgMARIE FAUSTINE KOWALSKA

    1905-1938

    Nous reproduisons la notice figurant sur le site du Vatican : http://www.vatican.va/

    Soeur MARIE FAUSTINE, apôtre de la Miséricorde Divine, compte aujourd'hui parmi les Saints les plus célèbres de l'Eglise. Par son intermédiaire, le Seigneur Jésus transmet au monde entier Son grand message de la Miséricorde Divine et montre un modèle de perfection chrétienne fondée sur la confiance en Dieu et sur une attitude miséricordieuse envers le prochain.

    Elle est née le 25 août 1905, troisième des dix enfants de Marianna et Stanisław Kowalski, agriculteurs dans le village de Głogowiec. Au baptême, dans l'église paroissiale de Świnice Warckie, elle a reçu le prénom d'Hélène. Depuis son enfance, elle se distingua par l'amour de la prière, l'assiduité, l'obéissance et par une grande sensibilité à la misère des hommes. A neuf ans, elle a fait sa Première Communion qu'elle a profondément vécue, consciente de la présence de l'Hôte Divin dans son âme. Elle a fréquenté l'école pendant moins de trois ans. Adolescente, elle a quitté la maison familiale pour gagner sa vie et pour aider ses parents comme servante dans des familles aisées à Aleksandrów, Łódź et Ostrówek.

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  • Les révélations faites à sainte Faustine Kowalska (5 octobre)

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    De Seraphim, le blog de Marc-Elie :

    Révélations à Sainte Faustine (Kowalska)

    Fin octobre 1936, Sœur Faustine dut descendre en enfer, lieu d’horreur, afin d’en rendre compte. Elle écrit dans son journal :

    << Aujourd’hui, un ange m’a conduite dans les abîmes de l’enfer. C’est un lieu de grande souffrance, d’une étendue affreusement grande. Les différents tourments que j’y ai vus sont les suivants :

    le premier tourment, qui constitue l’enfer, c’est la perte de Dieu ;
    le deuxième, les reproches permanents de la conscience ;
    le troisième, le fait que cet état soit immuable ;
    le quatrième est le feu qui dévore l’âme sans la détruire ; c’est un tourment épouvantable, un feu allumé par la colère de Dieu ;
    le cinquième tourment, c’est l’obscurité permanente et une puanteur abominable ; bien qu’il fasse nuit, les démons et les âmes damnées se voient les uns les autres ; ils voient la méchanceté des autres et aussi leur propre méchanceté ;
    le sixième tourment est la compagnie incessante de Satan ;
    le septième, le désespoir épouvantable, la haine envers Dieu, les médisances, malédictions et outrages.

    Ce sont les tourments que tous les damnés endurent en commun, mais ce n’est pas tout. Il y a aussi les tourments particuliers des sens. Ce avec quoi une âme a péché, c’est par là qu’elle est torturée de manière épouvantable et indescriptible. Il existe des cavités affreuses et des abîmes de la torture où chaque tourment diffère des autres.

    Au vu de cette souffrance abominable, je serais morte si la toute-puissance du Seigneur ne m’avait soutenue. Que le pécheur sache que c’est avec l’organe des sens, par lequel il a péché, qu’il sera torturé pendant toute l’éternité. J’écris cela sur ordre du Seigneur, afin qu’aucune âme ne puisse s’excuser en prétendant qu’il n’y a pas d’enfer, ou bien que personne n’y est allé et que l’on ne sait pas ce qui s’y trouve.

    Moi, Sœur Faustine, je me suis trouvée dans l’abîme de l’enfer sur ordre du Seigneur afin de témoigner que l’enfer existe. Je ne peux pas en parler maintenant, car l’ordre du Seigneur est que je fasse une déposition écrite. Les démons étaient remplis de haine à mon égard mais, à cause de l’ordre du Seigneur, ils durent m’obéir. Ce que j’ai écrit n’est qu’un faible reflet de ce que j’ai vu. J’ai pu remarqué que la plupart des âmes qui s’y trouvent sont celles qui n’ont pas cru à l’enfer.

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  • La joie parfaite selon saint François d'Assise

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    Comment Saint François, cheminant avec frère Léon, lui exposa ce qu'est la joie parfaite :

    saint François 220px-StFrancis_part.jpgComme saint François allait de Pérouse à Sainte Marie des Anges avec frère Léon, au temps d'hiver, et que le froid très vif le faisait beaucoup souffrir, il appela frère Léon qui marchait un peu en avant, et parla ainsi : « O frère Léon, alors même que les frères Mineurs donneraient en tout pays un grand exemple de sainteté et de bonne édification, néanmoins écris et note avec soin que là n'est pas point la joie parfaite. »

    Et saint François allant plus loin l'appela une seconde fois : « O frère Léon, quand même le frère Mineur ferait voir les aveugles, redresserait les contrefaits, chasserait les démons, rendrait l'ouïe aux sourds, la marche aux boiteux, la parole aux muets et, ce qui est un plus grand miracle, ressusciterait des morts de quatre jours, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

    Marchant encore un peu, saint François s'écria d'une voix forte : « O frère Léon, si le frère Mineur savait toutes les langues et toutes les sciences et toutes les Écritures, en sorte qu'il saurait prophétiser et révéler non seulement les choses futures, mais même les secrets des consciences et des âmes, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

    Allant un peu plus loin, saint François appela encore d'une voix forte : « O frère Léon, petite brebis de Dieu, quand même le frère parlerait la langue des Anges et saurait le cours des astres et les vertus des herbes, et que lui seraient révélés tous les trésors de la terre, et qu'il connaîtrait les vertus des oiseaux et des poissons, de tous les animaux et des hommes, des arbres et des pierres, des racines et des eaux, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

    Et faisant encore un peu de chemin, saint François appela d'une voix forte : « O frère Léon, quand même le frère Mineur saurait si bien prêcher qu'il convertirait tous les fidèles à la foi du Christ, écris que là n'est point la joie parfaite. »

    Et comme de tels propos avaient bien duré pendant deux milles, frère Léon, fort étonné, l'interrogea et dit : « Père, je te prie, de la part de Dieu, de me dire où est la joie parfaite. » et saint François lui répondit : « Quand nous arriverons à Sainte-Marie-des-Anges, ainsi trempés par la pluie et glacés par le froid, souillés de boue et tourmentés par la faim, et que nous frapperons à la porte du couvent, et que le portier viendra en colère et dira : « Qui êtes-vous ? » et que nous lui répondrons : « Nous sommes deux de vos frères », et qu'il dira : « Vous ne dites pas vrai, vous êtes même deux ribauds qui allez trompant le monde et volant les aumônes des pauvres ; allez-vous en » ; et quand il ne nous ouvrira pas et qu'il nous fera rester dehors dans la neige et la pluie, avec le froid et la faim, jusqu'à la nuit, alors si nous supportons avec patience, sans trouble et sans murmurer contre lui, tant d'injures et tant de cruauté et tant de rebuffades, et si nous pensons avec humilité et charité que ce portier nous connaît véritablement, et que Dieu le fait parler contre nous, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.

    Et si nous persistons à frapper, et qu'il sorte en colère, et qu'il nous chasse comme des vauriens importuns, avec force vilenies et soufflets en disant : « Allez-vous-en d'ici misérables petits voleurs, allez à l'hôpital, car ici vous ne mangerez ni ne logerez », si nous supportons tout cela avec patience, avec allégresse, dans un bon esprit de charité, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.

    Et si nous, contraints pourtant par la faim, et par le froid, et par la nuit, nous frappons encore et appelons et le supplions pour l'amour de Dieu, avec de grands gémissements, de nous ouvrir et de nous faire cependant entrer, et qu'il dise, plus irrité encore : « ceux-ci sont des vauriens importuns, et je vais les payer comme ils le méritent », et s'il sort avec un bâton noueux, et qu'il nous saisisse par le capuchon, et nous jette par terre, et nous roule dans la neige, et nous frappe de tous les noeuds de ce bâton, si tout cela nous le supportons patiemment et avec allégresse, en pensant aux souffrances du Christ béni, que nous devons supporter pour son amour, ô frère Léon, écris qu'en cela est la joie parfaite.

    Et enfin, écoute la conclusion, frère Léon : au-dessus de toutes les grâces et dons de l'Esprit-Saint que le Christ accorde à ses amis, il y a celui de se vaincre soi-même, et de supporter volontiers pour l'amour du Christ les peines, les injures, les opprobres et les incommodités ; car de tous les autres dons de Dieu nous ne pouvons nous glorifier, puisqu'ils ne viennent pas de nous, mais de Dieu, selon ce que dit l'Apôtre : « Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu de Dieu ? et si tu l'as reçu de lui, pourquoi t'en glorifies-tu comme si tu l'avais de toi-même ? ». Mais dans la croix de la tribulation et de l'affliction, nous pouvons nous glorifier parce que cela est à nous, c'est pourquoi l'Apôtre dit « Je ne veux point me glorifier si ce n'est dans la croix de Notre-Seigneur Jésus Christ. » : à qui soit toujours honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen.

    (Thomas de Celano, biographie de saint François d’Assise)

    Ref. la joie parfaite selon saint François d’Assise

    Le pape Benoît XVI a écrit : « En disant que la souffrance est une face intérieure de l’amour nous comprenons pourquoi il est si important d’apprendre à souffrir et, inversement, pourquoi éviter à tout prix la souffrance rend l’homme inapte à la vie : il connaîtrait le vide de l’existence qui ne peut entraîner qu’amertume et refus, et non acceptation et maturation : celui qui a intérieurement accepté la souffrance mûrit et devient compréhensif envers les autres et plus humain. Celui qui a toujours évité la souffrance ne comprend pas les autres : il devient dur et égoïste ». En ce sens, nous pouvons répéter cette parole si mal comprise de saint Josémaria Escriva : « bénie soit la douleur, aimée soit la douleur, sanctifiée soit la douleur » (Chemin, n° 108) qui accomplit en nous l’Homme nouveau. Car depuis le matin de Pâques, nous le savons : sa croix et ses plaies sont devenues glorieuses. Alleluia.

    JPSC

  • François d'Assise et le sultan : "l'Amour n'est pas aimé"

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    Saint François avait déjà essayé par deux fois de se rendre en Terre Sainte pour faire connaître le Christ aux Musulmans, mais à chaque tentative, il tombait malade en cours de route et était obligé d'abandonner son projet. En 1219, la guerre fait rage entre les Croisés et l'Islam. Les deux armées se faisaient face. Le sultan al-Kamil avait même publié un décret promettant une forte récompense en or à quiconque apporterait la tête d'un chrétien. Les Croisés commandés par Pélage essayaient de prendre le port de Damiette avec l'intention de conquérir l'Égypte.

    C'est dans ces circonstances de conflit que Saint François avec son compagnon frère Illuminé, décident d'aller prêcher l'Evangile chez les Musulmans. En réalité, leur objectif c'est d'aller voir le Sultan lui-même (pas moins) pour lui parler du Christ! Dans le camps des Croisés on les prend pour des fous. On essaye de les empêcher de partir car on est sûr qu'ils se feront massacrer. Mais face à la détermination de Saint François, ils les laissent partir. Après avoir prié, ils s'en vont en chantant: "Si j'ai à marcher au milieu des ombres de la mort, je ne craindrai aucun mal, car tu es avec moi." Après quelques heures de marche ils rencontrent deux brebis; à leur vue François dit à son compagnon: "Aie confiance dans le Seigneur, frère, car voici accompli pour nous cet avertissement de l'Évangile : "Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups."

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  • François d'Assise (4 octobre)

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    Du pape BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 27 janvier 2010, cette catéchèse consacrée à saint François d’Assise :

    Chers frères et sœurs,

    Dans une récente catéchèse, j'ai déjà illustré le rôle providentiel que l'Ordre des frères mineurs et l'Ordre des frères prêcheurs, fondés respectivement par saint François d'Assise et par saint Dominique Guzman, eurent dans le renouveau de l'Eglise de leur temps. Je voudrais aujourd'hui vous présenter la figure de François, un authentique « géant » de sainteté, qui continue à fasciner de très nombreuses personnes de tous âges et de toutes religions.

    « Surgit au monde un soleil ». A travers ces paroles, dans la Divine Comédie (Paradis, chant XI), le plus grand poète italien Dante Alighieri évoque la naissance de François, survenue à la fin de 1181 ou au début de 1182, à Assise. Appartenant à une riche famille – son père était marchand drapier –, François passa son adolescence et sa jeunesse dans l'insouciance, cultivant les idéaux chevaleresques de l'époque. A l'âge de vingt ans, il participa à une campagne militaire, et fut fait prisonnier. Il tomba malade et fut libéré. De retour à Assise, commença en lui un lent processus de conversion spirituelle, qui le conduisit à abandonner progressivement le style de vie mondain qu'il avait mené jusqu'alors. C'est à cette époque que remontent les célèbres épisodes de la rencontre avec le lépreux, auquel François, descendu de cheval, donna le baiser de la paix, et du message du Crucifié dans la petite église de saint Damien. Par trois fois, le Christ en croix s'anima, et lui dit: « Va, François, et répare mon église en ruine ». Ce simple événement de la parole du Seigneur entendue dans l'église de Saint-Damien renferme un symbolisme profond. Immédiatement, saint François est appelé à réparer cette petite église, mais l'état de délabrement de cet édifice est le symbole de la situation dramatique et préoccupante de l'Eglise elle-même à cette époque, avec une foi superficielle qui ne forme ni ne transforme la vie, avec un clergé peu zélé, avec un refroidissement de l'amour; une destruction intérieure de l'Eglise qui comporte également une décomposition de l'unité, avec la naissance de mouvements hérétiques. Toutefois, au centre de cette église en ruines se trouve le crucifié, et il parle: il appelle au renouveau, appelle François à un travail manuel pour réparer de façon concrète la petite église de Saint-Damien, symbole de l'appel plus profond à renouveler l'Eglise même du Christ, avec la radicalité de sa foi et l'enthousiasme de son amour pour le Christ. Cet événement qui a probablement eu lieu en 1205, fait penser à un autre événement semblable qui a eu lieu en 1207: le rêve du Pape Innocent III. Celui-ci voit en rêve que la Basilique Saint-Jean-de-Latran, l'église mère de toutes les églises, s'écroule et un religieux petit et insignifiant la soutient de ses épaules afin qu'elle ne tombe pas. Il est intéressant de noter, d'une part, que ce n'est pas le Pape qui apporte son aide afin que l'église ne s'écroule pas, mais un religieux petit et insignifiant, dans lequel le Pape reconnaît François qui lui rend visite. Innocent III était un Pape puissant, d'une grande culture théologique, et d'un grand pouvoir politique, toutefois, ce n'est pas lui qui renouvelle l'église, mais le religieux petit et insignifiant: c'est saint François, appelé par Dieu. Mais d'autre part, il est intéressant de noter que saint François ne renouvelle pas l'Eglise sans ou contre le Pape, mais seulement en communion avec lui. Les deux réalités vont de pair: le Successeur de Pierre, les évêques, l'Eglise fondée sur la succession des apôtres et le charisme nouveau que l'Esprit Saint crée en ce moment pour renouveler l'Eglise. C'est ensemble que se développe le véritable renouveau.

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