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Foi

  • La France retourne, au moins pour deux jours, à son baptême. Et la suite ? (Rod Dreher)

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    Du substack de Rod Dreher :

    L’Espérance
    La France retourne, au moins pour deux jours, à son baptême. Quelle est la suite ?

    Le pape Léon XIV pleure et prie devant une image de la Madone et de son Enfant

    Vous, chers lecteurs fidèles, savez combien j'aime la France. Et vous savez probablement depuis combien d'années je prie pour que ce pays bien-aimé mais souffrant revienne à son baptême. Vous pouvez donc imaginer pourquoi je suis resté allongé ici, tôt le matin, dans mon lit d'hôtel à Chicago, ville natale du pape Léon XIV, à regarder encore et encore ces vidéos du pèlerinage du pape en France, en pleurant à chaudes larmes et en répétant sans cesse : « Merci, Seigneur, merci ! »

    Les vidéos ont été incroyables, tout simplement incroyables. Voici le pape américain parlant au nom de ce chrétien orthodoxe américain alors qu'il pleure devant une statue de la Madone et de son Enfant devant la cathédrale Notre-Dame, que l'Ennemi a tenté de brûler sans y parvenir…

    …chantant avec la foule rassemblée l'hymne catholique médiéval « Salve Regina », qui fut mis sur cet air à l'abbaye de Cluny au XIIe siècle.

    Ils chantaient en latin ; voici la traduction en français :

    Salut, reine, mère de la miséricorde.
    Vie, douceur, espérance des hommes salut !
    Enfants d’Ève, nous crions vers toi dans notre exil.
    Vers toi, nous soupirons parmi les cris et les pleurs de cette vallée de larmes
    Ô toi, notre avocate,
    tourne vers nous
    ton regard plein de bonté.
    Et montre-nous Jésus le fruit béni de tes entrailles,
    à l’issue de cet exil.
    Ô clémente ! Ô bonne ! Ô douce Vierge Marie.

    C'est dans cette cathédrale, le 10 novembre 1793, que les révolutionnaires blasphémateurs ont démonté l'autel et intronisé la « Déesse Raison ». Où est la Déesse Raison ? Où sont les révolutionnaires ? Morts, et morts. Aujourd'hui, l'autel a été restauré, Dieu y est adoré, et s'y dresse la Mère de Dieu, dorée et rayonnante de la gloire de son Fils, tandis que le pape en pleurs et la foule rassemblée chantent ses louanges et la supplient de les conduire à Jésus.

    Plus tard, au Stade de France, Léon a dirigé une veillée de prière réunissant 80 000 jeunes catholiques français. Les Français ont présenté un spectacle célébrant l'histoire de la foi en France, mettant en vedette ses saints et ses martyrs. (Comme j'aurais aimé qu'ils incluent le père Jacques Hamel, massacré par des islamistes alors qu'il célébrait la messe dans sa petite paroisse de campagne il y a quelques années ; j'ai dédié la version française de The Benedict Option à sa mémoire).

    Le point est : les Français sont un peuple, un peuple avec une histoire, et cette histoire comprend de grandes et saintes actions de chrétiens. L'histoire de la France est l'histoire de la foi chrétienne en France, et des hommes et femmes saints qui en ont fait partie. Quand j'ai vu les vidéos de cette veillée de prière, je n'ai pas pu m'empêcher de me souvenir d'avoir été l'année dernière avec les 20 000 jeunes pèlerins en route pour Chartres. De cette histoire :

    Devant Saint-Sulpice, je m'arrête pour discuter avec un groupe de jeunes femmes portant l'uniforme du mouvement scout de France, mouvement scout, qui a toujours été lié à l'Église catholique, contrairement à sa version plus laïque dans la sphère anglophone. J'en interroge une — Isa, 19 ans, originaire d'Orléans — sur sa présence ici.

    « Jésus », déclare-t-elle.

    Plus :

    Bien que la plupart des pèlerins ne s'expriment pas en termes philosophiques, tous sont préoccupés par la question du sens. Une fois la messe d'ouverture terminée, je rencontre Anna, une pèlerine viennoise, dans un café voisin.

    C'est la première marche de Chartres pour la jeune femme joyeuse de 24 ans. Elle a l'air d'une superfan à un concert de Taylor Swift. Pourquoi est-elle ici ?

    « La tradition est le seul avenir sûr que nous ayons », répond-elle. « Sur quoi allez-vous construire votre vie, sinon sur Dieu ? »

    Il y a aussi quelques pèlerins plus âgés. John Pepino, 57 ans, un professeur né en Angleterre au séminaire de Denton, Nebraska de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre — un ordre de messe en latin fidèle à Rome — participe à son troisième pèlerinage de Chartres, accompagné cette fois par sa fille de 17 ans, Margie.

    « Je me sens comme un grand-père ici », rit-il.

    Ce n'est pas censé arriver, dis-je à Pepino, en plaisantant. Les jeunes, en tant que progressistes naturels, ne sont pas censés vouloir récupérer ce que leurs aînés ont jeté à la poubelle ; ils sont censés vouloir se libérer du poids mort du passé catholique.

    « Je pense qu'il s'agit simplement de jeunes fervents qui ne se reconnaissent pas dans ce que les évêques leur proposent habituellement », dit-il.

    En discutant avec de jeunes pèlerins rassemblés devant Saint-Sulpice au début du pèlerinage, je leur ai demandé, en tant que journaliste, pourquoi ils étaient là. Encore et encore, j'ai reçu une variante de cette réponse :

    La génération de nos parents ne nous a rien donné. Nous sommes ici à la recherche de la tradition. Nous sommes à la recherche de sens. Nous sommes à la recherche d'un but. Nous sommes à la recherche d'une communauté. Nous sommes, en fin de compte, à la recherche de Dieu.

    Il y avait aussi quelques Américains lors de ce pèlerinage. Ce qu'ils ont vu de la foi catholique en France, ils l'ont pris à cœur, car l'expérience de la foi chrétienne est universelle :

    Un prêtre américain qui conduit un groupe de lycéens à Chartres me confie : « Quand ils viennent ici, l’une des choses qu’ils découvrent, c’est qu’une vie catholique joyeuse est possible, qu’une belle vie catholique est possible. Aux États-Unis, les gens se sentent très isolés de cela, parce que nous n’avons pas l’héritage culturel qui nous oriente dans cette direction. Alors, quand les garçons en font l’expérience, ils réalisent que ce n’est pas juste un conte de fées. »

    La plupart de ces garçons, poursuit le clerc, seront exposés à de la pornographie hardcore des années avant même de voir une belle église européenne, ou de rencontrer une beauté extraordinaire dans la nature. Son espoir est qu’ils rentreront chez eux en sachant qu’ils peuvent être sincèrement attirés par quelque chose de beau qui est aussi bon.

    « Voir l’expression sur le visage de ces garçons quand ils voient ce genre de beauté pour la première fois ! » dit le prêtre. « Nous étions à l'abbaye de Fontgombault, et nous étions debout à 4h15 du matin, à écouter les moines chanter les matines dans une église monastique du XIIe siècle — c’est tout simplement quelque chose qu’ils perçoivent immédiatement comme le genre de chose en laquelle ils ont été créés pour se réjouir. »

    Pèlerins en route vers Chartres, 2025

    Cette expérience m'a donné plus d'espoir que je n'en ai eu depuis des années. Avant de quitter Paris, j'ai dîné avec un vieil ami français, Roland, qui m'a dit : « Ces jeunes gens, cette génération nous sauvera. »

    Au moment où j'écris ces lignes, un million de catholiques sont rassemblés le long des Champs-Élysées et sur la place de la Concorde, à Paris, pour entendre le pape dire la messe en français. Regardez cette foule le long des Champs-Élysées, priant au cœur de l'un des pays les plus athées d'Europe :

    Miséricorde pour l’Humanité France 
    @MisericordeF
    Je suis triste quand je vois toute cette effervescence autour du catholicisme, je prédisais cela depuis des années et j'ai l'impression d'être un agent de la CIA qui assisterait impuissant au retour de l'Union Soviétique. Dans 45 ans la France redeviendra catholique et nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer. Je suis bon joueur néanmoins les catholiques sont beaucoup mieux organisés ainsi que plus déterminés que nous les musulmans et même que les sionistes, il faut savoir reconnaître la force de l'international catholique. Les catholiques américains vont maintenant inonder le monde de leur soft power au détriment à la fois de l'hégémonie spirituelle musulmane en Europe de l'Ouest et du lobby sioniste.

    Il est facile de laisser monter son espoir, pour finir déçu. En 1997, le pape Jean-Paul II a célébré la messe pour un million de personnes lors des Journées mondiales de la jeunesse à Paris. Pourtant, la foi a continué son déclin. Mais ces jeunes gens lors du pèlerinage de Chartres n'étaient pas encore nés. Pas plus qu'aucun des jeunes gens rassemblés pour prier avec le successeur de Jean-Paul, Léon, au Stade de France. Personne ne connaît l'avenir.

    Cela signifie énormément pour moi pour une autre raison. Dans deux heures, ici à Chicago lors de la conférence Touchstone, où des intervenants discutent de l'avenir de notre propre pays en difficulté, je donnerai la conférence de clôture. Je parlerai de « l'Amérique de Weimar » et des signes des temps. Mon discours n'est pas destiné à décourager les gens, mais à les éveiller à la tempête qui s'annonce, afin que nous puissions agir !

    Encore une fois : l'avenir n'est pas écrit ! Nous pouvons avoir l'avenir que nous voulons, mais seulement si nous agissons pour qu'il se réalise. Pas l'avenir de l'incroyance et du désespoir, pas l'avenir de la résignation et de l'islamisation, pas l'avenir de la gauche radicale ou de la droite radicale. Nous pouvons avoir l'avenir d'une foi ressuscitée dans le Seigneur ressuscité ! Ils peuvent l'avoir en France, et nous pouvons l'avoir en Amérique — mais nous devons le vouloir assez pour nous sacrifier pour lui, pour cette grande aventure romantique de la vie chrétienne.

    Cela peut être nôtre, mais cela ne se fera pas sans lutte — une lutte avant tout pour nous surpasser, pour vaincre notre faiblesse et notre complaisance, mais ce n'est pas la seule lutte. Que le lecteur comprenne. La semaine dernière en Suisse, un journaliste français expérimenté m'a dit : « On a le sentiment que la France est dans une situation prérévolutionnaire. »

    Le ciel s'assombrit, mais souvenez-vous : la Lumière est apparue dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont ni comprise ni vaincue. Le Christ est ressuscité!

    Alors que je concluais mon Free Press article sur le pèlerinage de Chartres :

    « L'espérance est une mémoire qui désire, la mémoire est une mémoire qui a joui. » Telle est l'essence de l'espérance chrétienne que Chartres offre à ces jeunes idéalistes. L'homme qui a écrit ces mots était Honoré de Balzac. Un Français, naturellement.

    Mes lecteurs chrétiens, protestants et orthodoxes, célébrons aujourd'hui avec nos frères et sœurs catholiques, et puisons de l'espoir dans ce que le Seigneur accomplit là-bas, sur la terre de Saint Denis, Sainte Geneviève, Sainte Jeanne d'Arc, les Carmélites de Compiègne et tous les saints, ceux connus de l'histoire et ceux connus de Dieu seul. N'ayez pas peur : Dieu est vivant, et Il nous appelle — vous et moi — par notre nom.

    Les temps sont mauvais, mais la foi n'est pas encore finie dans les pays d'Occident. Voyez l'espoir dans les rues de Paris aujourd'hui, prenez-le à cœur, et allez faire des disciples dans le monde, en commençant par vous-même.

    Merci, Seigneur, je prie à travers des larmes de joie ce matin. Merci.

  • L'homélie du pape lors de la messe célébrée Place de la Concorde à Paris

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DU SAINT-PÈRE EN FRANCE

    25-28 SEPTEMBRE 2026

    MESSE

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Place de la Concorde (Paris)
    Samedi 26 septembre 2026

    ___________________________________

    Chers frères et sœurs,

    je remercie Dieu de la grâce qui m’est offerte de me trouver ici, sur cette place de la Concorde, pour célébrer l’Eucharistie. Oui, comme il est bon et doux pour des frères et sœurs de se retrouver ensemble (cf. Ps 132, 1), afin de magnifier la grandeur de Dieu. Puisse ma présence au milieu de vous confirmer votre foi, et vous encourager à sans cesse rayonner et transmettre la vie, la paix et l’amour de Notre Seigneur bien aimé Jésus-Christ.

     « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jn 7, 37). Frères et sœurs, notre communauté assoiffée s’élance vers le Christ, source d’eau vive ; cette eau qui désaltère et fait fleurir la vie, cette eau de l’amour de Dieu « répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5).

    Le désir de Dieu habite notre cœur au plus profond, et nous crions avec le Psalmiste : « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant » (Ps 41, 3) ! C’est le cri d’un homme, humble et passionné, dont la soif la plus intérieure et existentielle ne cesse de grandir. Or c’est Jésus-Christ, par son incarnation, qui rejoint tout homme dans son histoire et se révèle à lui comme la véritable source d’eau vive capable d’étancher sa soif. Il ne s’agit pas tant d’une soif matérielle que d’une soif de sens, de vérité et d’accomplissement qui habite le cœur de chacun. Jésus répond à ce désir profond de relation, de communion avec Dieu, en qui réside la plénitude de la vie pour toujours.

    Dans la première Lecture, le prophète Ézéchiel voyait l’eau jaillir du Temple et, se répandant dans le désert, purifier et fertiliser toute chose (cf. Ez 47, 1-2.8-9.12). Plus tard, saint Jean verra l’eau jaillir du côté transpercé de Jésus rendant l’Esprit (cf. Jn 19, 30-34). Tous peuvent alors s’abreuver à cette source afin de renaître et recevoir le don de l’Esprit pour devenir enfants de Dieu, des créatures nouvelles.

    Frères et sœurs, force est de constater qu’ici-bas, rien ne parvient à nous combler pleinement. Lorsque nous croyons enfin notre recherche achevée et nos efforts récompensés, bien souvent le vide intérieur resurgit, plus profond encore. Alors, pour le combler, il se peut que nous recherchions de nouveaux plaisirs, que nous voulions posséder de nouvelles choses, que nous fassions tout pour nous “divertir” afin de ne plus ressentir ce malaise intérieur !

    La Liturgie de la Parole de ce jour nous invite à sonder notre cœur : quelle est notre soif la plus profonde ? Que cherchons-nous vraiment dans la vie ? Nous aspirons tous au bonheur, à l’amour, à l’épanouissement. Mais à quelle source cherchons-nous à étancher notre soif ? Nous contentons-nous de biens matériels, de satisfactions immédiates, de petites idoles si nombreuses qui promettent monts et merveilles mais laissent notre cœur vide? Baptisés, nous avons reçu l’eau vive dont parle l’Évangile, mais avons-nous vraiment rencontré le Christ personnellement ? L’être humain est fondamentalement un être de désir et seul Dieu peut combler le vide intérieur. Oui, frères et sœurs, Jésus-Christ, le Bon Pasteur nous guide, comme le berger guide ses brebis, vers la source du bonheur et de la paix. Il connaît chacun et chacune de nous par son nom. Rien ne lui échappe de nos secrets, de nos intentions, de nos faiblesses. Il scrute les profondeurs de notre cœur. Il a donné sa vie pour nous et continue de la donner par les sacrements. Il porte sur ses épaules les brebis fatiguées ou blessées, et ramène avec délicatesse celles qui se sont égarées. Jésus révèle l’amour inconditionnel de Dieu pour nous. Pour Lui, aucun de nous n’est un numéro sur une carte d’identité, ni un matricule, mais une personne, une personne unique et irremplaçable.

    Vous voyant ici rassemblés, frères et sœurs, héritiers d’une longue et belle histoire sainte en France, je vous dis : abreuvez-vous, à votre tour, à cette source qu’est le Cœur de Jésus transpercé. Oui, vous avez soif de Dieu, de vie, de vérité, d’unité, de paix, de communion, de bonheur. Vous aspirez à redécouvrir un horizon lumineux, à bâtir une nation renouvelée à partir de ses racines irriguées par la foi. Ne gardez pas cette foi en Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour abreuver et combler les personnes que vous rencontrez. Il vous revient d’apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle.

    C’est en acceptant de vivre en vérité sous le regard de Jésus que nous sommes authentiques, que nous pouvons regarder nos vies avec lucidité. Elles sont, certes, fragiles, vulnérables, vouées au passage de la mort, mais elles sont aussi merveilleuses, miraculeuses, capables de se renouveler dans leurs relations et de s’ouvrir au véritable amour.

    « Celui qui croit en moi, […] de son cœur couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7, 38). En nous abreuvant à la source qu’est le cœur du Christ, nous devenons nous-mêmes, comme l’a écrit Origène, des puits, des sources et des fleuves pour les autres (cf. Homélie 12, 1, 2-3). Le croyant qui y boit devient lui aussi source de vie par son lien existentiel avec le Christ et communique cette même vie au prochain.

    Chers frères et sœurs, l’eau vive de l’Esprit Saint s’est répandue en abondance et continue à porter ses fruits dans l’Église par les missionnaires et les témoins dans toutes les cultures et de tous les peuples. Elle féconde tout ce qui se laisse toucher, transformer par elle pour produire son fruit, c’est-à-dire la sainteté de ceux qui adorent le Dieu véritable et servent leurs frères et sœurs dans la charité avec générosité. Dans ce beau pays qu’est la France, beaucoup se sont abreuvés à cette eau vive au fil des siècles et ont totalement consacré leur vie au bien : les premiers martyrs tels Blandine, Pothin, Irénée ; les saints fondateurs et fondatrices d’Ordre religieux, les saints évêques comme Martin, François de Sales ; les hommes et les femmes au cœur sensible aux besoins de leurs prochains comme Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Jeanne Jugan, et tant d’autres. Encore aujourd’hui, ils sont nombreux dans notre société, nos paroisses, nos différentes activités, ceux qui continuent à s’engager en faveur de la vie, de la famille, de la vérité, de la paix, de la fraternité, de la justice.

    De cette belle ville de Paris, je prie avec ferveur pour que l’eau vive de l’Esprit Saint se répande sur toute la France. Je pense à vous, chères familles, qui, malgré les multiples difficultés que vous affrontez au quotidien, persévérez courageusement dans votre mission. Je vous remercie du fond du cœur pour tout le bien qui se réalise à travers vous : que Jésus soit toujours concrètement présent au milieu de vous. Je pense à vous chers jeunes, vous êtes l’Église d’aujourd’hui. Comme il est beau de voir votre enthousiasme, votre dynamisme, votre engagement et la joie au sein des communautés chrétiennes. Je pense également à vous, chers catéchumènes et néophytes qui entreprenez le chemin de la foi, de la conversion et de l’initiation chrétienne. Puissiez-vous témoigner à d’autres autour de vous du cheminement que vous vivez et les motiver à s’interroger à leur tour. Que le don de l’Esprit Saint fasse de vous des témoins vivants prêts à répandre autour de vous la civilisation de l’amour.

    Frères et sœurs, tournons-nous vers la Mère de Dieu, Source de Salut, celle qui guide nos vies vers son Fils, Auteur de toute grâce. Par son “oui” libre et confiant, elle est devenue l’écrin, humble et voulu par Dieu, où l’amour du Père s’est incarné pour se donner au monde.

    Invoquons-la avec confiance, afin que par son intercession, des sources d’eau vive jaillissent au sein du Peuple de Dieu et fassent partout fleurir en France des germes de foi, d’espérance et de charité.

    Amen !

  • Homélie pour le vingt-sixième dimanche du temps ordinaire

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     Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,28-32.

     Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne'.

     Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas. ' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla.

     Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur ! et il n'y alla pas.

     Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ». Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.

     Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole.

    Homélie- Texte du Père Octavio Ortíz. Source : es.catholic.net – Traduction de l’espagnol

     Le texte de l’homélie fait référence à d’autres lectures de ce dimanche : le livre d’Ezechiel d’abord (18, 25-28), puis la Lettre de Saint Paul apôtre aux Philippiens (2, 1-11). Le lecteur trouvera l’ensemble de ces textes ici :

    http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=readings&localdate=20110925

     Un des thèmes principaux de ce dimanche, sur lequel nous voudrions méditer, est celui de la conversion de l’âme à Dieu. Le texte du prophète Ezéchiel nous parle de la responsabilité personnelle. Chacun a le grave devoir et la responsabilité de convertir son âme à Dieu. La rétribution de nos œuvres est quelque chose de personnel. Chacun de nous sera récompensé ou puni selon ses propres œuvres. Par conséquent, chacun de nous doit orienter sa vie vers Dieu avec amour, et se repentir de ses péchés.

     Dans l’évangile, cet enseignement s’approfondit avec la prédication du Baptiste, et avec l’arrivée du Messie, le Christ Seigneur. Il ne suffit pas d’obéir seulement en paroles aux commandements de Dieu. Il faut que les œuvres accompagnent nos paroles. C’est bien cela, la véritable conversion. Pour cette raison, comme le dit l’évangéliste, les publicains et les prostituées précéderont les docteurs de la loi dans le Royaume des cieux.

     Alors que les premiers ont dit « non » à la volonté de Dieu, mais ensuite, ont abandonné leur mauvaise conduite, les seconds – c’est-à-dire les docteurs de la loi -, se croyant justes, n’ont pas senti le besoin de se convertir et de faire pénitence pour leurs péchés. Par leurs paroles ils ont dit « oui » à Dieu, mais leurs œuvres étaient différentes. Quel grand danger que celui de se sentir juste et de ne pas avoir besoin de repentance !

     La lettre aux Philippiens, quant à elle, nous offre le modèle du chrétien : l’humilité et l’abaissement du Christ Seigneur, qui accomplit en tout et fidèlement la volonté du Père.

     C’est à juste titre que le chapitre 18 du prophète Ezéquiel a été appelé le chapitre de la responsabilité personnelle ou de la rétribution personnelle. Pour comprendre de quoi il s’agit, il faut encadrer le texte dans une perspective historique. Le peuple est en exil, après la chute de Jérusalem. La tradition théologique a interprété ce qui s’est passé comme le résultat des prévarications et des infidélités du peuple, tout au long de son histoire. En réalité, il s’agissait d’une situation fatale, inévitable, que cette génération devait affronter. Elle a ainsi supporté les fautes et les péchés des ancêtres, sans autre destin possible. Mais en même temps, le peuple a estimé que le châtiment était supérieur aux fautes que lui-même n’avait pas commis. Il se sentait donc traité injustement.

     Dans cet état de choses se pose la question essentielle : où est l’amour de Dieu ? Où est le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob ? Qu’est devenue la promesse du Seigneur ? Le peuple avait l’impression que Yahveh avait rompu son Alliance. Le temple avait été détruit. Jérusalem, la cité sainte, avait été pillée, dévastée, incendiée. Le peuple, déporté. Tout n’était que désespoir, abattement, défaite.

     Le prophète Ezéchiel se lève alors et d’une voix forte, oriente le peuple vers un autre chemin. Il énonce un principe général : « l’âme qui pèche, c’est celle qui mourra » (Ezech. 18, 20). Autrement dit, la responsabilité est personnelle et chacun répondra de ses propres actes. De même, la rétribution est également quelque chose de personnel. On peut considérer que les actes passés influencent, conditionnement le présent d’une certaine manière, mais ils ne constituent pas un héritage fatal, une sorte de « fatum » dans le cadre d’une tragédie grecque.

     Il sera certainement difficile de se libérer des conditions du passé, mais cela reste possible. Dieu dit d’ailleurs : « Je ne désire pas la mort de celui qui meurt… Convertissez-vous donc, et vivez » (Ezéch. 18, 32).

     Ainsi donc, le thème de la responsabilité personnelle renforce la question, plus essentielle encore, de la conversion du pécheur.

     Non, Dieu n’est pas injuste dans sa façon d’agir. Lorsque nous lui tenons tête et que nous l’accusons, d’une certaine manière, de nos malheurs. Nous devons sonder notre âme plus profondément, pour découvrir la vérité de nos misères et la vérité de son amour infini et patient. Mais nous ne découvrirons cet amour que lorsque nous ferons l’expérience de l’amour de Dieu en Jésus-Christ. Lorsque nous nous rendrons compte de ce que signifie l’Incarnation. Lorsque nous entrerons dans le mystère de la rédemption et que nous comprendrons que Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle (Jn 3, 16).

     A cet égard, il est très instructif de se référer à ce que le Pape Jean-Paul II écrivait dans son livre Entrez dans l’espérance, 11 : « Homme, toi qui juges Dieu, qui lui ordonnes de se justifier devant ton tribunal, pense à l’intérieur de toi-même, regarde si tu n’es pas le responsable de la mort de ce Condamné, si ce jugement contre Dieu n’est pas en réalité un jugement contre toi-même. Réfléchis et juge si ce jugement et son résultat – la Croix et puis la Résurrection – ne sont pas pour toi l’unique moyen de salut ». Ainsi donc, l’éloquence du Vendredi Saint est celle de l’amour de Dieu qui veut qu’aucun ne périsse, mais que le pécheur se détourne de sa mauvaise vie.

     Dans l’Evangile apparaît à l’évidence la tragédie de ceux qui se croient justes. Les grands prêtres et les anciens du temple ne reçoivent pas le message de pénitence. Ils s’imaginent qu’ils n’en ont pas besoin. Ils observent la loi, se considèrent comme justifiés, pratiques les normes extérieures, se montrent surs de leur excellence. Les autres sont de pauvres ignorants de la loi. Comme ils se trompent ! En s’excluant eux-mêmes du groupe des pécheurs, ils s’auto-excluent de la miséricorde de Dieu, de son pardon et de sa bonté éternelle. Par conséquent, si avec leurs paroles ils ont di « oui » à la volonté de Dieu, leurs œuvres, elles, n’ont pas été bonnes. Ils n’ont pas pratiqué la justice et le droit. Ils se sont révélés hypocrites, sépulcres blanchis. Ils n’ont pas aimé la vérité.

     Par contre, les pécheurs publics, ceux qui ont clairement dit « non » à Dieu et à sa volonté, changent lors de la prédication du Baptiste. Ils se repentent. Ils se sentent interpellés dans leur conduite. Ils se rendent compte de la misère morale face à la puissance et à la majesté de Dieu, et ils se convertissent. Ils ont d’abord dit « non », mais ensuite, ils ont dit « oui ».

     Ici, il est important de se souvenir des paroles de l’encyclique Redemptoris missio :

     « Tout homme est donc invité à « se convertir » et à « croire » à l'amour miséricordieux de Dieu pour lui: le Royaume croîtra dans la mesure où tous les hommes apprendront à se tourner vers Dieu comme vers un Père dans l'intimité de la prière (cf. Lc 11, 2; Mt 23, 9) et s'efforceront d'accomplir sa volonté (cf. Mt 7, 21) ».

    (Jean-Paul II, Redemptoris missio 13). En réalité, le Pape nous montre que  nous avons tous besoin de conversion.

     Le Christ est Seigneur. L’hymne christologique de la Lettre aux Philippiens est l’un des textes fondamentaux dans l’élaboration de la christologie. Dans cet hymne, le centre autour duquel s’oriente la réflexion est la phrase finale : Jésus-Christ est Seigneur.

     « Dans la traduction grecque des livres de l’Ancien Testament, le nom ineffable par lequel Dieu se révèle à Moïse (cf. Ex 3, 14), YHWH, se traduit par « Kyrios » (Seigneur). « Seigneur » devient depuis lors le nom le plus habituel pour désigner la divinité même du Dieu d’Israël. Le Nouveau Testament utilise en ce sens fort le titre « Seigneur » pour le Père, mais l’utilise également – et ici est la nouveauté – pour Jésus, le reconnaissant comme dieu (cf. 1 Co 2, 8) ». (Cf. Catéchisme de l’Eglise catholique 446).

     Ainsi, l’hymne aux Philippiens indique clairement la divinité et l’humanité parfaite du Christ. Lui, malgré sa condition divine, n’a pas fait étalage de son statut divin. Dans cet hymne, on ne parle pas des discours du Seigneur, de ses enseignements, mais de ses œuvres : il s’est dépouillé. Il a pris la condition d’esclave. Il s’est soumis même à la mort. Il nous enseigne le chemin que le chrétien doit suivre : le chemin de l’obéissance aux plans divins, le chemin de l’humilité, le chemin de l’accomplissement de la volonté de Dieu à travers les œuvres, et pas seulement en paroles.

     Ici nous admirons la puissance du Christ : un pouvoir très différent de celui de l’homme, qui désire imposer et faire sa propre volonté. La puissance du Christ est la puissance de l’obéissance au Père, c’est la puissance de l’amour et de la vérité, c’est la puissance de celui qui sert et donne sa vie pour ses amis. Le Christ est Seigneur. C’est lui qui a le nom qui est au-dessus de tout nom. Et ceci est notre espérance. Nous pouvons espérer dans la puissance de Dieu. Une puissance qui agit dans notre monde, qui le change de l’intérieur. Une puissance qui ne s’exerce pas d’une façon despotique, mais amoureuse. Le Christ est notre espérance !

     Chaque jour, nous devons nous tourner un peu plus vers le Père des miséricordes. En effet, en entrant à l’intérieur de nous-mêmes, nous remarquons l’ « inadéquation » entre notre être, notre identité comme hommes et comme chrétiens, et notre « agir » quotidien. Nous réalisions combien nous sommes fragiles et combien nous avons besoin de pardon et de miséricorde. Le bon chemin pour réaliser ce parcours de conversion est l’examen de conscience quotidien. Il s’agit de réserver quelques minutes en milieu de journée, ou en fin de journée, pour examiner notre parcours, selon le vécu de nos engagements. C’est également revoir le fonctionnement de notre amour, de notre dévouement aux autres, de l’accomplissement de nos devoirs.

     L’absence du sens du péché, qui est l’un des grands maux de notre époque, est dû, en partie, à cette incapacité à entrer à l’intérieur même de notre cœur et à voir que, à côté des choses bonnes, il y a aussi l’indifférence, l’infidélité, un rapport plus lâche à l’amour de dieu.

     L’examen de conscience n’est pas un moment de scrupules ou de mépris de soi-même. Au contraire. C’est un moment de résurgence intérieure, c’est le moment d’une « étreinte du Père de miséricordes », malgré nos misères et nos faiblesses. L’âme qui fait un examen de conscience, découvre Dieu et commence un chemin de conversion et de transformation qui ne connaît aucune limite.

  • St Vincent de Paul, prêtre et fondateur (1581-1660)

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    Source : http://www.levangileauquotidien.org/

    St_Vincent_de_Paul.pngCe saint, dont le nom est devenu synonyme de charité, est l'une des plus pures gloires de la France et de l'humanité tout entière. Il naquit à Pouy, près de Dax (France), le 24 avril 1581. Ses parents faisaient valoir une petite ferme et vivaient du travail de leurs mains. Les premières années de Vincent se passèrent à la garde des troupeaux. Un jour qu'il avait ramassé jusqu'à trente sous, somme considérable pour lui, il la donna au malheureux qui lui parut le plus délaissé. Quand ses parents l'envoyaient au moulin, s'il rencontrait des pauvres sur sa route, il ouvrait le sac de farine et leur en donnait à discrétion.

     Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s'imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce : « Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le cœur tendre. »

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  • Saint Vincent de Paul, un véritable homme de foi (27 septembre)

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    Une homélie inédite du cardinal Joseph Ratzinger à la Cathédrale de Munich, le 26 avril 1981, traduite sur le site "Benoît et moi" (archive du 27/9/2014)

    A relire aussi: la méditation d'Angélus du 26 septembre 2010, à Castelgandolfo:

    « (...) nous célébrerons demain la mémoire liturgique de saint Vincent de Paul, patron des organisations caritatives catholiques, dont c'est le 350e anniversaire de la mort.
    Dans la France du XVIIe siècle, il a touché du doigt le fort contraste entre les plus riches et les plus pauvres. En effet, en tant que prêtre, il a pu fréquenter les milieux aristocratiques, les campagnes et les bas-fonds de Paris.

    Poussé par l'amour du Christ, Vincent de Paul a su organiser des formes stables de service aux exclus en donnant vie à ce qu'on a appelé les «Charités», c'est-à-dire des groupes de femmes qui mettaient leur temps et leurs biens à la disposition des personnes les plus marginalisées. Parmi ces bénévoles, certaines ont choisi de se consacrer totalement à Dieu et aux pauvres, et ainsi, avec sainte Louise de Marillac, saint Vincent fonda les «Filles de la Charité», première congrégation féminine à vivre la consécration «dans le monde» au milieu des personnes, avec les malades et les nécessiteux».

    LA VRAIE FORCE DE GUÉRISON - L’homme de Foi, St Vincent de Paul,

    Homélie du Cl Joseph Ratzinger à la Cathédrale de Munich, le 26 avril 1981

    Chers frères dans le Christ,

    “Ils se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion, à la fraction du pain et aux prières” (Actes 2, 42). C’est ainsi que st Luc décrit la première communauté chrétienne dans la première lecture qu’on vient d’entendre. Il souhaite ainsi la donner en exemple pour l’Église de tous les temps. Il énumère les forces qui sous-tendent l’édifice de l’Église, et qui lui donneront toujours sa cohésion et son dynamisme.

    Ce que nous pouvons remarquer avant tout, c’est que cette Église prie ; elle ne s’éloigne pas de la maison du Seigneur, devenant elle-même un temps spirituel. Elle est au service de la gloire de Dieu dont elle tire sa joie. Elle nous apparaît comme un culte permanent rendu à Dieu sous la conduite des apôtres. Mais sa prière qui la tourne vers Dieu ne la détourne pas pour autant des hommes ; elle ne fuit pas dans un isolement idyllique devant les luttes parfois si dures qui jalonnent l’Histoire.

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  • Est-il miséricordieux de violer la dignité fondamentale de la personne humaine en mettant fin à sa vie ?

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    De Fionn Shiner sur Crux Now :

    L’euthanasie d’un enfant néerlandais de presque deux ans est un exemple de « miséricorde » utilisée pour justifier des actes contestables, déclare un cardinal à Crux Now.

    L’euthanasie récente d’un enfant de près de deux ans aux Pays-Bas montre que l’idée de miséricorde est « souvent utilisée de nos jours pour justifier des actions éthiquement discutables », a déclaré un cardinal néerlandais de haut rang.

    S'adressant à  Crux Now,  le cardinal Wim Eijk, président de la Conférence des évêques néerlandais et évêque de la Conférence chargé de l'éthique médicale, a expliqué que le cas de l'enfant handicapé euthanasié à la fin de l'année dernière montre que la miséricorde est mal comprise dans les cultures occidentales.

    « De nos jours, le mot « miséricordieux » est souvent utilisé pour justifier des actes moralement discutables. Mais est-il miséricordieux de violer la dignité fondamentale de la personne humaine en mettant fin à sa vie ? » a déclaré Eijk.

    « Ce qui relève véritablement de la miséricorde, c’est d’apporter des soins adéquats, en l’occurrence des soins palliatifs. Si les formes classiques de soins palliatifs s’avèrent insuffisantes pour réduire la souffrance à un niveau supportable, la sédation palliative peut constituer une solution », a-t-il ajouté.

    L'enfant est né prématurément à 26 semaines et a subi des lésions cérébrales ayant entraîné une paralysie cérébrale et une déficience visuelle. Il souffrait également de crises d'épilepsie, présentait une bronchiolite et souffrait d'insomnie.

    Ses parents et le médecin ont décidé de mettre fin à la vie de l'enfant, profitant d'une nouvelle législation néerlandaise autorisant l'euthanasie des mineurs, introduite en 2024. Le cas de cet enfant était le premier du genre.

    Plus tôt ce mois-ci, un comité d'examen néerlandais a conclu que l'affaire avait été « bien gérée », même si certains médecins impliqués n'étaient pas d'accord avec cette décision.

    Eijk a déclaré que cela montre que « beaucoup de gens dans la société occidentale préfèrent la mort à une vie avec un handicap ».

    « La société actuelle a plus de mal à accepter la souffrance et le handicap. Cela se manifeste notamment par la tendance, chez la plupart des gens, à considérer l'apparence parfaite comme l'idéal. Même en l'absence d'imperfections visibles, nombreux sont ceux qui ont recours à la chirurgie esthétique, alors qu'elle est en réalité inutile », a-t-il déclaré.

    Eijk a également déclaré qu'il existait d'autres moyens de soulager la souffrance et que, dans certains cas, il était licite de supprimer la conscience même si cela devait finalement entraîner la mort.

    « Si, malgré l’utilisation d’analgésiques et d’autres mesures visant à réduire les symptômes pénibles à un niveau tolérable, il peut être permis de supprimer la conscience en administrant des sédatifs, dans la mesure nécessaire pour rendre les symptômes supportables. Il peut parfois être nécessaire de supprimer complètement la conscience », a-t-il déclaré.

    « Dans ce cas, le patient ne s’alimentera ni ne s’hydratera, et finira par mourir. La mort n’est cependant pas l’intention première, mais un effet secondaire, justifiable faute d’autres traitements possibles », a expliqué Eijk. 

    L'intégralité de l'interview entre  Crux Now  et Eijk est disponible ci-dessous.

    Cet entretien a été raccourci.

    Question cruciale : Pourquoi pensez-vous que certaines personnes préfèrent la mort à une vie avec un handicap ?

    Eijk : Je pense que beaucoup de gens dans les sociétés occidentales préfèrent la mort à une vie handicapée. Jusque dans les années 1960, la plupart des gens étaient bien mieux armés pour faire face à la souffrance, à l’adversité, à la maladie et au handicap qu’aujourd’hui. La société actuelle est moins apte à gérer la souffrance et le handicap.

    Cela se manifeste très clairement dans la tendance actuelle de la plupart des gens à considérer l'apparence parfaite comme l'idéal. Même en l'absence d'imperfections visibles, nombreux sont ceux qui ont recours à la chirurgie esthétique, alors qu'elle est en réalité inutile. Dans ce contexte, il est extrêmement difficile d'accepter la maladie et le handicap, surtout lorsqu'aucun traitement n'est possible.

    De plus, le respect de la dignité inviolable de la vie humaine s'est érodé ces dernières décennies. Par conséquent, face à la maladie et au handicap, la décision de mettre fin à ses jours est souvent prise, car les personnes ne souhaitent plus être confrontées à de telles situations.

    Pourquoi les Pays-Bas font-ils partie des trois seuls pays à autoriser l'euthanasie pour les mineurs ?

    La loi néerlandaise sur l'euthanasie stipule que la vie des personnes souffrant de souffrances insupportables et désespérées peut être interrompue sous certaines conditions, à condition qu'elles le choisissent de leur plein gré. Cette loi s'applique donc dès l'âge de 12 ans.

    À partir de 18 ans, chacun peut décider lui-même si l'euthanasie doit être pratiquée sur lui. Entre 16 et 18 ans, la décision revient au jeune concerné, mais ses parents doivent être consultés.

    Entre 12 et 16 ans, ce sont les parents qui prennent la décision concernant l'euthanasie, mais le jeune concerné doit être consulté. 

    En outre, la législation néerlandaise autorise l'interruption tardive de grossesse, c'est-à-dire l'avortement à partir du moment où le fœtus est viable hors de l'utérus (ce qui est présumé être le cas à partir de la 24e semaine de gestation). Cette législation prévoit également l'interruption de grossesse chez les nouveau-nés jusqu'à l'âge d'un an.

    Il n'existait aucune législation encadrant l'euthanasie des enfants âgés de un à douze ans. Les pédiatres estimaient que, dans le cas de certains enfants souffrant de maladies graves et incurables, ils devraient pouvoir pratiquer l'euthanasie sans risquer de poursuites judiciaires. Ils ont donc exhorté les responsables politiques à légiférer en ce sens.

    En conséquence, une réglementation officielle concernant l'euthanasie des enfants âgés de un à douze ans a été introduite en 2024. Les enfants âgés de un à douze ans ne peuvent être considérés comme capables de décider de leur plein gré de mettre fin à leur vie.

    Dans leur cas, le médecin et les parents ont donc dû conclure qu'aucun traitement médical ne pouvait guérir la maladie ni soulager les souffrances, et que ces dernières n'étaient possibles qu'en mettant fin à la vie de l'enfant. Ils préfèrent, si possible, prendre cette décision en concertation avec lui.

    Toutefois, il est stipulé que les mesures mettant fin à la vie ne doivent pas être prises si l'enfant exprime le souhait de continuer à vivre.

    Que révèle un cas comme celui-ci sur la philosophie sous-jacente d'une culture ?

    Depuis les années 1960, époque où la prospérité a permis de vivre indépendamment des autres, la culture est devenue individualiste et, au fil des décennies, même hyper-individualiste. L'idéal éthique de cette culture est l'autonomie de l'individu.

    Au départ, cette autonomie signifiait qu'un individu ne devait pas être empêché d'agir à sa guise, sauf si cela nuisait à autrui. Progressivement, cet idéal a évolué, au point que l'autonomie en est venue à englober le fait d'être ce que l'on souhaitait être : homme, femme, personne non binaire, ou, par le biais de procédures de changement de sexe, appartenir aussi étroitement que possible au sexe opposé.

    Cette autonomie en est venue à signifier également que l'individu avait le droit, sous certaines conditions, de mettre fin à sa vie par euthanasie.

    De plus, une vision dualiste de l'humanité prévaut dans la culture actuelle. La conscience est considérée comme la véritable essence de l'être humain : le centre cérébral où résident la capacité de penser, l'aptitude à prendre des décisions autonomes et celle de nouer des relations humaines.

    Le corps, en quoi les êtres humains ne diffèrent pas du règne animal, est perçu comme secondaire, comme un moyen par lequel la personne humaine – c’est-à-dire la conscience – s’exprime. Si une personne acquiert la conviction que le corps, et donc la vie physique, a perdu toute valeur, elle peut choisir d’y renoncer et de mettre fin à ses jours.

    Objectivement parlant, l'être humain n'est ni seulement son corps, ni seulement son âme, mais bien l'âme et le corps. Le corps est une composante essentielle de la personne humaine. La suppression de son corps constitue donc une atteinte fondamentale à sa dignité inhérente.

    Les partisans de l'euthanasie diraient probablement que l'enfant souffrait atrocement et que, par conséquent, mettre fin à ses jours était un acte de miséricorde. Pourquoi l'Église enseigne-t-elle que ce raisonnement est dangereux ?

    Le mot « miséricordieux » est souvent employé de nos jours pour justifier des actes moralement discutables. Mais est-il miséricordieux de violer la dignité fondamentale de la personne humaine en mettant fin à sa vie ?

    Ce qui relève véritablement de la miséricorde, c'est d'apporter des soins adéquats, en l'occurrence des soins palliatifs. Si les formes classiques de soins palliatifs s'avèrent insuffisantes pour réduire la souffrance à un niveau supportable, la sédation palliative peut constituer une solution.

    Si, malgré l'utilisation d'analgésiques et d'autres mesures visant à réduire les symptômes pénibles à un niveau tolérable, il peut être permis de supprimer la conscience en administrant des sédatifs, dans la mesure nécessaire pour rendre les symptômes supportables. Il peut parfois être nécessaire de supprimer complètement la conscience.

    Dans ce cas, le patient cessera de s'alimenter et de s'hydrater, et finira par mourir. La mort n'est cependant pas l'intention première, mais un effet secondaire justifiable faute d'autres traitements.

    Quelles mesures concrètes l'Église peut-elle prendre pour enrayer la progression de l'euthanasie ?

    L’Église doit continuer de proclamer la dignité fondamentale de la vie à laquelle tout être humain, sans exception, a droit de la conception à la mort naturelle. Cela signifie que, selon la loi morale naturelle, la vie d’un être humain innocent est inviolable. Sur cette base, des actes tels que l’avortement, l’euthanasie et le suicide assisté sont, par essence, moralement répréhensibles.

    De plus, l’Église doit continuer à souligner l’importance de soins palliatifs adéquats. Les soins palliatifs, y compris la sédation palliative, rendent l’euthanasie inutile.

    Il est également important que l'Église continue de proclamer la spiritualité chrétienne de la souffrance, ce qui est généralement trop peu fait. Dans nos souffrances, comme le dit Jean-Paul II, nous pouvons découvrir un appel à suivre le Christ dans ses souffrances d'une manière particulière.

    Nous portons alors notre croix avec Jésus. Unis à lui dans sa souffrance et sur sa croix, nous pouvons puiser une grâce et une force particulières pour supporter nos propres souffrances. En réalité, c'est Jésus qui porte alors notre croix pour nous. 

    Pourquoi pensez-vous que l'Église a perdu le débat sur des questions telles que l'euthanasie et l'avortement dans le monde occidental ? Croyez-vous qu'il soit possible de reconquérir le terrain culturel ?

    Comme je l'ai dit en réponse à la deuxième question, depuis les années 1960, une culture hyper-individualiste a émergé, dont l'idéal éthique est l'autonomie de l'individu. Cette culture est réfractaire à une morale partagée par une communauté. L'Église est, par essence, une communauté de croyants, fondée par le Christ.

    Dans son message, l'Église défend une morale partagée par tous. L'hyper-individualiste, en revanche, n'est pas réceptif à une telle conviction morale commune.

    Une culture chrétienne peut-elle être rétablie, même en Occident ? Ces cinq ou six dernières années, nous avons constaté – notamment en France, mais aussi aux Pays-Bas et en Angleterre – une augmentation annuelle du nombre de jeunes souhaitant rejoindre l’Église.

    Il y a aussi de jeunes catholiques qui, bien que baptisés enfants, n'ont reçu aucune autre éducation religieuse et qui découvrent leur identité catholique. Ils décident ensuite de vivre en accord avec elle. Ils prennent conscience du vide de la culture actuelle.

    Cette culture ne propose aucun critère permettant de distinguer le vrai du faux, le bien du mal. C'est pourquoi ses habitants se mettent en quête de la vérité. Ils découvrent le Christ comme la vérité incarnée et son Église comme l'enseignante de cette vérité sur TikTok et autres réseaux sociaux.

    Ces jeunes croyants sont généralement enclins à adhérer pleinement à l'enseignement de l'Église, notamment en ce qui concerne le respect de la vie humaine. C'est un phénomène encourageant.

    Cela remet-il en cause la culture actuelle ? Non, mais cela sème les graines de ce que le pape Benoît XVI appelle une « minorité créative ». Un jour, lorsque la culture hyper-individualiste actuelle s’effondrera sous le poids de son propre vide, cette minorité pourra contribuer à l’émergence d’une nouvelle culture chrétienne. 

  • Fulton Sheen : son passage par l'Université Catholique de Louvain l'a profondément marqué

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    Le passage de Fulton Sheen à l’Université catholique de Louvain a été l’un des moments formatifs les plus décisifs de sa vie intellectuelle, spirituelle et pastorale.

    Contexte et réalisations académiques

    Après son ordination en 1919 et un an d’études à l’Université catholique d’Amérique (CUA), Sheen part en 1921 à Louvain, sur les conseils de son évêque (lui-même ancien élève de Louvain) et en accomplissement d’une prophétie de jeunesse du Mgr John Lancaster Spalding. Il y obtient son doctorat en philosophie en 1923 avec la plus haute distinction, puis le rare et prestigieux titre d’agrégé en philosophie (1925), devenant le premier Américain à le recevoir. Sa thèse, transformée en livre (God and Intelligence in Modern Philosophy, 1925, avec une préface de G.K. Chesterton), lui vaut aussi le prix Cardinal Mercier pour la philosophie internationale.

    Louvain était alors l’épicentre du renouveau néo-thomiste (grâce notamment au cardinal Désiré-Joseph Mercier et à l’Institut supérieur de philosophie). Sheen y est plongé dans saint Thomas d’Aquin, Aristote, la métaphysique, la psychologie rationnelle et expérimentale, etc., en français et en latin. Il rencontre Mercier après son agrégation et reçoit de lui des conseils d’enseignement qu’il fera siens toute sa vie : rester au courant de la pensée moderne tout en s’ancrant dans les classiques, et détruire ses notes de cours chaque année pour ne pas stagner.

    Témoignages de Sheen lui-même

    Dans son autobiographie Treasure in Clay, Sheen exprime une gratitude exceptionnelle :

    • « Quelle que soit la durée de ma vie, je ne pourrai jamais exprimer toute la profondeur de ma gratitude envers cette grande université pour la brillance de son enseignement, l’inspiration de sa direction et le développement qu’elle a donné à l’esprit humain. »
    • Ailleurs :  « Après Dieu, sur cette terre, je dois tout ce que je suis à l’Université de Louvain. »

    Il y a formé sa méthode : une philosophie thomiste rigoureuse, claire, capable de dialoguer avec le monde moderne (relativité, sciences, erreurs contemporaines) tout en restant ancrée dans la tradition. C’est cette formation qui lui permet d’être reconnu dès son retour comme l’un des meilleurs thomistes de son temps, d’enseigner 23 ans à la CUA, puis de devenir un prédicateur et catéchiste d’exception à la radio et à la télévision.

    Influence durable

    • Intellectuelle : base de tous ses livres, conférences et cours (philosophie de la religion, Dieu et la société, etc.).
    • Pédagogique : il applique les conseils de Mercier et développe une vision de l’éducation centrée sur la vérité, l’unité du savoir et la finalité divine de l’homme.
    • Spirituelle et apostolique : la clarté thomiste et l’ouverture au monde moderne nourrissent son style unique de communication, qui a touché des millions de personnes.

    En résumé, Louvain n’a pas seulement été un passage académique brillant : Sheen le considère comme le lieu qui a formé son esprit et auquel il doit « tout ce qu’il est » (après Dieu). C’est bien un tournant fondateur.

  • Les saints Côme et Damien (26 septembre)

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    Du site du Centre catholique des médecins français :

    La Décapitation de saints Côme et Damien, 1438 - 1440 - Fra Angelico

    SAINT COME ET SAINT DAMIEN

    Frères jumeaux, Côme et Damien étaient d'origine arabe. Ils étaient nés à Egée, en Cilicie (Asie Mineure), au IIIe siècle, et appartenaient à une famille noble et chrétienne. L'hagiographie conte qu'ils étaient "fort habiles dans l'art médical" et qu'ils parcouraient "villes et bourgades, guérissant les malades et délivrant, au nom de celui qu'on appelle le Christ, ceux qui sont possédés des esprits immondes". Or ils exerçaient leur art gratuitement: ils étaient ainsi devenus les Anargyres, "ceux qui repoussent l'argent". Battant en brèche l'autorité du proconsul Lysias, juge en la ville d'Egée, ils lui furent amenés. Après mille tortures qui ne parvinrent pas à les éprouver, ils subirent le martyre vers l'an 287. L'Église honore ces deux saints guérisseurs le 27 septembre; leurs noms sont inscrits parmi beaucoup d'autres dans les litanies des saints et, distinction plus rare et plus insigne, ils le sont aussi au canon de la messe.

    Au VIIIe siècle, un diplôme de Charlemagne donnant l'église de Luzarches à l'Abbaye de Saint-Denis nous apprend qu'elle était déjà placée sous le vocable de Saint-Côme et Saint-Damien. Au XIIe siècle, Jean de Beaumont, seigneur de Luzarches qui avait été parmi les premiers à se croiser, reçut, lors de son retour par Rome, des reliques des saints Côme et Damien pour prix de ses hauts faits en faveur de la chrétienté. Il en fit deux parts, une pour Luzarches et une pour Paris. A Luzarches, ces reliques furent d'abord déposées dans une collégiale dont la construction commença en 1180 et dont seuls subsistent à l'heure actuelle quelques vestiges. Puis en 1320 elles furent transférées en l'église paroissiale au cours d'une procession solennelle dont la chronique a gardé le souvenir: "Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe V le Long, vient à Luzarches le jeudi 23 octobre 1320 honorer les reliques des deux martyrs. La translation de ces reliques dans des châsses d'argent donne lieu à l'évêque de Paris et au chapitre de Luzarches de mander de la capitale des chirurgiens pour faire leur rapport de ces saintes reliques ".

    Les chirurgiens, dont la corporation est l'une des plus anciennes de France, s'étaient alors constitués en confrérie en se choisissant pour saints patrons Côme et Damien. Une confrérie de simple piété aurait d'abord été fondée à Luzarches au XIIIe siècle, puis une confrérie franchement professionnelle serait apparue à Paris. Les deux fusionnèrent lors de l'événement de 1320. C'était pour les chirurgiens, dont l'activité n'était pas considérée comme un "métier" et ne donnait pas accès à l'Université, la meilleure manière d'affirmer indépendance et dignité, et ils se placèrent sous la protection de l'Official (juridiction ecclésiastique dépendant de l'évêque). Ils furent alors à l'origine de l'une des plus anciennes et des plus durables traditions de cette région de l'Ile-de-France: celle des pèlerinages médicaux à Luzarches.

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  • Léon XIV à Paris : une parole catholique qui ne s’excuse pas d’être catholique

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    Léon XIV à Paris : une parole catholique qui ne s’excuse pas d’être catholique

    Il y avait quelque chose d’assez inhabituel dans les paroles de Léon XIV à Paris : le pape n’a pas semblé éprouver le besoin de demander pardon au monde d’être catholique.

    Pas de christianisme réduit à quelques bons sentiments. Pas de foi transformée en simple supplément d’âme humanitaire. Pas de dilution du message chrétien dans le vocabulaire convenu du moment. Léon XIV a parlé au monde contemporain, mais il ne lui a pas abandonné, pour autant, les catégories propres de la foi catholique.

    C’est une distinction essentielle : dialoguer avec son époque ne signifie pas nécessairement lui donner raison sur tout. Écouter les interrogations du monde ne signifie pas que l’Église doive renoncer à ses propres réponses.

    Et c’est sans doute ce qui frappe le plus dans les paroles prononcées à Paris : sur plusieurs sujets décisifs — la vie humaine, la bioéthique, le droit international, la laïcité, l’éducation et la foi — Léon XIV a réaffirmé une vision de l’homme qui ne se confond pas avec les catégories dominantes de la culture contemporaine.

    La vie humaine : un droit qui précède tous les autres

    C’est probablement sur la question de la vie que le contraste apparaît avec le plus de netteté.

    Devant les autorités françaises, Léon XIV a déclaré que « la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain ». Il a également appelé à « accueillir la vie sans condition », à « soutenir la fragilité avec tendresse » et à défendre « ceux qui n’ont pas de voix ».

    La formule est capitale. Le pape ne place pas la vie parmi une liste de droits concurrents : il la présente comme le fondement des autres droits.

    Il faut être précis : dans ce discours, Léon XIV ne prononce pas explicitement le mot « avortement ». Mais le principe qu’il pose est sans ambiguïté : la vie humaine doit être accueillie et protégée sans condition.

    Cette affirmation entre nécessairement en tension avec l’évolution récente du droit français. Depuis mars 2024, la Constitution garantit à la femme une liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse.

    Il ne s’agit pas de prétendre que ces deux formulations répondent exactement à la même question juridique. Mais elles révèlent deux points de départ anthropologiques différents.

    D'un côté, la liberté de recourir à l'IVG est constitutionnellement garantie ; de l'autre, le pape rappelle que le droit à la vie constitue le fondement même de tous les autres droits.

    Derrière la controverse juridique se trouve donc une question beaucoup plus profonde : qu'est-ce qui doit être placé au premier plan lorsque la liberté d'une personne entre en tension avec la vie d'un autre être humain ?

    Léon XIV, lui, ne contourne pas la question.

    L’aide à mourir : quand la mort devient une réponse sociale

    Le contraste est encore plus direct concernant la fin de vie.

    La France a désormais institué un droit à l'aide à mourir dans certaines circonstances. Le dispositif permet, sous des conditions précises, le recours à une substance létale.

    Or, devant les autorités françaises, Léon XIV a dénoncé « l'offre d'une mort programmée ».

    La formule est particulièrement forte, précisément parce qu'elle intervient dans un pays qui vient de franchir une nouvelle étape législative sur cette question.

    Le pape pose ici une limite fondamentale : la souffrance humaine ne saurait transformer la mort provoquée en solution médicale ordinaire.

    Il ne s'agit pas simplement d'une divergence sur les garanties entourant l'aide à mourir. C'est une différence concernant la signification même du soin.

    La logique catholique consiste à accompagner la personne souffrante, à soulager sa douleur, à entourer sa fragilité et à ne jamais considérer que la dépendance ou la souffrance lui fait perdre sa dignité.

    Léon XIV parle précisément de « soutenir la fragilité avec tendresse ».

    La formule mérite d'être méditée dans une société où l'autonomie est devenue une valeur centrale. Car que devient la dignité lorsque l'homme n'est plus autonome ? Que vaut une vie lorsqu'elle est devenue entièrement dépendante des autres ?

    La réponse chrétienne est radicale : elle vaut toujours autant.

    La personne âgée, malade, handicapée ou mourante ne possède pas une dignité diminuée. Elle possède la même dignité humaine que lorsqu'elle était jeune, forte, autonome et productive.

    L’homme n’est pas une matière disponible

    Léon XIV élargit d'ailleurs son propos à d'autres questions bioéthiques : il évoque notamment « les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l'achat d'organes », auxquels il associe « l'offre d'une mort programmée ».

    Ce rapprochement révèle la cohérence de sa pensée.

    Dans tous ces domaines apparaît la même question : l'être humain peut-il devenir un objet disponible entre les mains de la technique, du marché ou de la volonté individuelle ?

    Ce qui est techniquement possible n'est pas nécessairement humainement souhaitable.

    La science donne à l'homme des possibilités extraordinaires. Mais elle ne lui fournit pas, à elle seule, le critère permettant de déterminer ce qu'il doit faire de ces possibilités.

    C'est précisément pourquoi Léon XIV rappelle la nécessité d'une conscience morale capable de discerner le bien.

    La liberté n’est pas l’unique mesure du bien

    On retrouve ici l'un des points fondamentaux du message pontifical.

    La culture contemporaine tend souvent à penser la dignité humaine à partir de l'autonomie : je suis libre, donc je dois pouvoir décider.

    Le christianisme part d'un autre principe : je suis une personne, donc ma dignité ne dépend pas de ma capacité à décider, à produire, à être autonome ou à exercer un contrôle sur ma propre existence.

    Cette différence explique une grande partie des tensions actuelles sur l'avortement, l'euthanasie, la procréation ou les manipulations génétiques.

    À Paris, Léon XIV n'a donc pas livré une simple critique circonstancielle de telle ou telle loi française. Il a placé devant la France une question beaucoup plus fondamentale :

    Jusqu'où une société peut-elle étendre le domaine de la liberté individuelle lorsqu'est en jeu la vie d'un autre être humain — l'enfant à naître — ou la vie de celui qui, devenu vulnérable, demande qu'on mette fin à ses souffrances ?

    Face à une culture qui tend à définir certains choix en termes de droits — droit à l'IVG, droit à l'aide à mourir — le pape rappelle un principe antérieur à ces droits : la vie humaine elle-même mérite protection, indépendamment de sa force, de son autonomie ou de son utilité.

    La laïcité n’est pas l’effacement du religieux

    Autre sujet particulièrement sensible en France : la laïcité.

    Léon XIV n'a évidemment pas réclamé un retour à une quelconque confusion entre l'Église et l'État. Mais il a rappelé devant les autorités françaises les « riches racines chrétiennes » de la France et la contribution du christianisme à son histoire intellectuelle, culturelle et spirituelle.

    Ce rappel est loin d'être anodin.

    La laïcité peut être comprise comme la neutralité de l'État à l'égard des religions et comme la garantie de la liberté de conscience. Elle ne devrait pas nécessairement signifier que les convictions religieuses doivent disparaître de l'espace public.

    La neutralité de l'État n'exige pas la neutralisation des croyants.

    Les catholiques sont des citoyens comme les autres. Ils ont donc le droit de participer au débat public à partir de leur foi, de leur conception de la personne humaine et de leur vision du bien commun.

    Léon XIV semble ainsi rappeler une distinction devenue essentielle : respecter la laïcité ne signifie pas renoncer à la vérité ; respecter la liberté de conscience ne signifie pas renoncer à annoncer l'Évangile.

    Une autre conception de l’éducation

    À l'UNESCO, le pape a prolongé cette réflexion sur le terrain de l'éducation.

    Face aux promesses de l'intelligence artificielle et du progrès technologique, il a rappelé que la machine peut établir des corrélations mais qu'elle ne peut répondre aux questions fondamentales concernant « le sens de la vie humaine ».

    Et cette formule particulièrement heureuse : « Le sens est l'oxygène de l'esprit. »

    Éduquer ne consiste donc pas seulement à transmettre des compétences, à préparer à un métier ou à apprendre à maîtriser les nouvelles technologies.

    Éduquer, c'est aussi apprendre à rechercher la vérité, à discerner le bien et à donner un sens à son existence.

    Léon XIV va jusqu'à affirmer que « la recherche de la vérité » est une question de « justice sociale ».

    Dans une époque où la vérité est souvent réduite à une opinion personnelle, cette affirmation n'est pas secondaire.

    Et surtout : annoncer le Christ

    Mais toutes ces questions — la vie, la dignité, la liberté, l'éducation, la paix, la société — ne constituent finalement que les conséquences d'une affirmation plus fondamentale.

    L'Église est là pour annoncer le Christ.

    Au Stade de France, devant des dizaines de milliers de jeunes, Léon XIV n'a pas présenté le christianisme comme une simple tradition culturelle française ou comme une source de valeurs humanistes parmi d'autres. Il leur a parlé de Jésus-Christ, de l'Esprit Saint, du salut, de l'espérance et de la vie éternelle.

    C'est peut-être là le véritable fil conducteur de son séjour parisien.

    À l'Élysée : la dignité de l'homme et le droit à la vie.

    À l'UNESCO : la vérité et le sens de l'existence.

    À Notre-Dame : la foi et l'espérance chrétiennes.

    Au Stade de France : le Christ et la vie éternelle.

    Tout se tient.

    Léon XIV semble rappeler que l'Église n'a pas seulement une histoire à conserver, des œuvres sociales à accomplir ou un patrimoine à défendre. Elle a une foi à transmettre et un Évangile à annoncer.

    Et c'est peut-être précisément ce qui donne à ses paroles leur tonalité particulière.

    Il ne s'agit pas d'une Église qui chercherait à être « moderne » en épousant les catégories du moment. Il s'agit d'une Église qui accepte de dialoguer avec le monde sans devenir le miroir du monde.

    Écouter sans se soumettre.
    Dialoguer sans se diluer.
    Respecter la laïcité sans accepter l'effacement du religieux.
    Défendre la liberté sans oublier les devoirs envers les plus vulnérables.
    Accompagner la souffrance sans faire de la mort une solution.
    Accueillir la modernité sans faire de la technique le critère ultime du bien.
    Et surtout, parler au monde du Christ sans avoir honte de parler comme l'Église.

    À Paris, Léon XIV n'a donc pas simplement commenté l'évolution de la société française.

    Il lui a proposé une autre conception de l'homme.

    Et c'est probablement là que se trouve la portée la plus profonde de son message : dans une société qui proclame de nouveaux droits, le pape rappelle qu'il existe quelque chose qui les précède tous — la dignité inviolable de la personne humaine et, avec elle, le droit à la vie.

    Une Église qui ne rougit pas de son message n'est pas nécessairement une Église fermée au monde.

    Elle peut être, au contraire, une Église qui a encore quelque chose à lui dire.

    (avec l'IA)

  • La veillée du pape avec les jeunes à Paris : un très beau moment

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    Oui, ce qui frappe dans cette veillée, au-delà de son ampleur exceptionnelle, c’est précisément la manière dont la joie et la profondeur spirituelle ont été articulées.

    Le Stade de France, rempli par quelque 80 000 jeunes de 17 à 35 ans, aurait pu devenir un immense spectacle. Il y eut effectivement des chants, des artistes et une atmosphère festive. Mais la soirée a progressivement conduit cette foule vers tout autre chose : la prière, le silence, la contemplation et la mémoire de la foi.

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    Une Église qui assume son histoire

    Un des éléments les plus significatifs est certainement la fresque consacrée aux saints de France : Thérèse de Lisieux, Charles de Foucauld, Louis et Zélie Martin, Frédéric Ozanam, Jean-Marie Vianney, Bernadette Soubirous, François de Sales, Vincent de Paul, Louise de Marillac, Jean-Baptiste de La Salle, Louis-Marie Grignion de Montfort, Bernard de Clairvaux et bien d'autres.

    Ce choix avait une portée particulière : il ne s'agissait pas de présenter aux jeunes une Église abstraite ou désincarnée, mais de leur montrer une histoire, une continuité, des visages et des vies offertes au Christ. Le diocèse de Paris avait d'ailleurs explicitement présenté cette évocation des saints comme une manière d'inscrire la jeunesse dans « une continuité du témoignage de la foi, de génération en génération ».

    Et la présence de la Sainte Tunique d'Argenteuil, suivie d'un véritable moment de silence et de recueillement dans le stade, a donné à cette soirée une dimension sacrée particulièrement forte.

    Puis le silence au milieu de 80 000 personnes

    C'est peut-être là le plus beau contraste : après les chants et l'enthousiasme, 80 000 jeunes ont été invités au silence et à la prière.

    Léon XIV ne leur a d'ailleurs pas proposé un message de circonstance. À partir de saint Paul, il les a invités à devenir des hommes et des femmes de Dieu et à avancer vers la sainteté. Il a résumé son exhortation autour de trois verbes : « évite, tends et combats » — éviter l'orgueil, la vanité, la violence et la cupidité ; tendre vers la justice, la foi, la charité, la patience et la douceur ; et mener le « combat de la foi », non contre les autres, mais contre ce qui éloigne de Dieu.

    La soirée s'est finalement achevée par les Complies, à 23 heures : ce détail est loin d'être anodin. Une foule immense réunie dans l'un des plus grands stades de France pour terminer non par un simple « show », mais par la prière liturgique de l'Église.

    Il y a donc effectivement quelque chose de très différent de certaines formes de célébrations où l'expression festive finit par prendre toute la place. Ici, la fête n'a pas remplacé le sacré : elle y a conduit.

    Et c'est peut-être le signe le plus intéressant de cette soirée : ces 80 000 jeunes n'ont manifestement pas eu besoin qu'on leur cache la dimension religieuse de leur rencontre. On leur a parlé de Dieu, du Christ, de l'Esprit Saint, de la sainteté, des saints, de la prière et de la vocation — et ils étaient là, nombreux.

    Ce n'est peut-être pas une Église qui cherche à paraître jeune ; c'est une Église qui parle aux jeunes de ce qui est au cœur de sa foi.

    De jeunes catholiques se joindront au pape Léon XIV au stade national de football, au nord de Paris, le 25 septembre 2026, pour prier et écouter son message pour l'Église. | Crédit : Vatican Media

    (Vatican Media)

    (avec l'IA)

  • Brève réflexion sur la science et Dieu

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Brève réflexion sur la science et Dieu
     
    Je crois pouvoir écrire que le fait que notre univers soit scientifiquement daté (13,8 milliards d'années) et que (comme le suggère la science moderne), tout ce qui compose celui-ci soit contingent, laisse clairement entendre qu'il ne possède pas sa réalité en lui-même et que sa cause est forcément extérieure à lui. Espérer trouver la trace d'un élément éternel dans un univers qui a fait naitre l'espace-temps est une chose autant contradictoire que perdue d'avance. En fonction de cela, il va sans dire que si cette cause extérieure est également contingente, le même problème se pose quant à son origine et ainsi de suite vis-à-vis de ce qui précèderait... Autrement dit, sans une cause sans cause (forcément éternelle) capable de donner naissance à tout ce qui existe, rien n'existerait. Suite à cela, je pense que cette "cause sans cause" n'est pas "quelque chose" mais "Quelqu'un" qui, selon la Bible, a pour nom "Je suis celui qui suis".
     
    Jean-Pierre Snyers  (Adresse blog: jpsnyers.blogspot.com)  
  • « Un évangélisateur zélé et créatif » - Fulton Sheen béatifié

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    De Michelle La Rosa sur le Pillar :

    « Un évangélisateur zélé et créatif » - Fulton Sheen béatifié

    « Voilà la source du bonheur : la communion avec Jésus. »

    L'archevêque Fulton Sheen, prélat américain lauréat d'un Emmy Award et connu pour ses émissions catéchétiques populaires à la radio et à la télévision, a été déclaré bienheureux jeudi.

    La béatification de Sheen, affectueusement surnommé « l'évêque de l'Amérique », a eu lieu près de sept ans après la date initialement prévue.

    Le cardinal Luis Tagle, pro-préfet du Dicastère pour l'Évangélisation du Vatican, a présidé la messe de béatification, qui s'est déroulée au Dôme de l'America's Center à Saint-Louis.

    On estimait à quelque 50 000 le nombre de pèlerins présents à la messe, ainsi que plus de 80 évêques et des centaines de prêtres.

    Une image du bienheureux Fulton Sheen est dévoilée lors de sa messe de béatification. Crédit : EWTN / YouTube, capture d’écran.

    « Nous sommes reconnaissants du témoignage héroïque de ce grand évangéliste, qui a consacré sa vie à la proclamation de l’Évangile et au soutien de la mission », a déclaré l’évêque Louis Tylka de Peoria après la proclamation déclarant officiellement Sheen bienheureux.

    « Nous prions pour que l’Église aux États-Unis et dans les territoires de mission du monde entier bénéficie du noble exemple de sa sainteté. »

    Une relique de Sheen – sa mâchoire – a été présentée pendant la messe par James Fulton Engstrom, âgé de 16 ans, et sa famille.

    Engstrom est né sans vie en 2010, mais a miraculeusement repris vie après une heure sans respiration ni battement de cœur. Ses parents avaient prié pour l'intercession de Sheen, et sa guérison est devenue le miracle reconnu par le Vatican, ouvrant la voie à la béatification de Sheen.

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    L'homélie de Tagle portait sur la communion avec le Christ et les autres comme source de béatitude pour un missionnaire-évangélisateur.

    « C’est pour son zèle et sa créativité en tant qu’évangélisateur et défenseur de la mission que Fulton Sheen est considéré comme bienheureux», a déclaré Tagle.

    Il peut sembler étrange de qualifier de « bienheureux » un évangélisateur ou un missionnaire, a-t-il réfléchi, car « de nombreux évangélisateurs et missionnaires, depuis les débuts de l’Église jusqu’à nos jours, ont subi le rejet, voire la persécution. »

    Cependant, poursuivit le cardinal, Sheen n'est pas appelé bienheureux parce qu'il était célèbre, mais parce qu'il est resté fidèle à l'appel du Christ.

    « Le missionnaire-évangélisateur est véritablement bienheureux, comblé et heureux grâce au don de la communion avec Jésus », a déclaré Tagle. « C’est là la source du bonheur, la communion avec Jésus. »

    « Se choisir soi-même et aller où l’on veut n’est ni une mission ni une bénédiction. »

    En travaillant humblement avec Jésus, le missionnaire-évangélisateur parvient à mieux connaître sa propre identité, a-t-il déclaré.

    « Heureux êtes-vous lorsque Jésus vous voit, vous connaît, vous appelle, vous envoie et œuvre avec vous. Heureux êtes-vous lorsque vous prenez conscience de votre véritable nature et de votre mission, car Jésus vous connaît et vous connaissez Jésus. »

    Tagle a ajouté : « Le missionnaire-évangélisateur est bienheureux par la communion avec les personnes et les peuples, en particulier les pauvres et les vulnérables. »

    « Pour l’archevêque Sheen, prendre soin des pauvres n’était pas une propagande idéologique, mais un impératif pour suivre le Christ, pour unir l’Église et les missions, et pour la conversion inspirée par le Saint-Esprit. »

    « De même que seul un Christ blessé pouvait convertir un Thomas incrédule, seule une Église blessée par la pauvreté peut convertir un monde incrédule », a déclaré Tagle.

    Le cardinal a fait remarquer que Jésus avait envoyé ses disciples prêcher non pas à la société dans son ensemble, mais à toute créature.

    « Se servir de la prédication comme prétexte pour éviter de s'intéresser aux personnes concrètes et pour être aveugle à l'action de Dieu en elles n'est pas une mission. Ce n'est pas une bénédiction », a-t-il déclaré.

    Il a également souligné l'humilité de Sheen, en racontant une anecdote selon laquelle l'archevêque refusait de comptabiliser le nombre de conversions attribuées à ses prédications, car il voulait éviter l'orgueil de se mettre en avant plutôt que Dieu.

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    Sheen fut ordonné prêtre en 1919, devint professeur à l'Université catholique d'Amérique, puis animateur de radio, présentant « The Catholic Hour » sur NBC Radio de 1930 à 1950. Il fut nommé évêque auxiliaire de New York en 1951 et se tourna peu après vers la télévision, présentant « Life is Worth Living » de 1952 à 1957 et « The Fulton Sheen Program » de 1961 à 1968.

    Sheen a remporté un Emmy Award pour son travail à la télévision.

    Il devint évêque de Rochester en 1966 et resta en fonction jusqu'en 1969. Après sa retraite, le pape Paul VI le nomma archevêque titulaire.

    Sheen est décédé en 1979 et a d'abord été inhumé à la cathédrale Saint-Patrick de New York. Après une longue bataille juridique, sa dépouille a été transférée à Peoria.

    Le diocèse de Peoria a ouvert la cause de canonisation de Sheen en 2002.

    Cependant, la cause a connu plusieurs revers, dont une bataille juridique de cinq ans entre le diocèse de Peoria et l'archidiocèse de New York au sujet de la dépouille mortelle de Sheen.

    En juillet 2019, le pape François a approuvé un miracle attribué à Sheen et a fixé le 21 décembre 2019 comme date de la béatification envisagée de l'évêque.

    Sheen était à trois semaines de la béatification prévue en 2019, mais les choses ont été retardées après que l'évêque de Rochester, Salvatore Matano, a demandé au Vatican de reporter le processus, craignant que Sheen — qui a été évêque diocésain de Rochester de 1966 à 1969 — ne soit accusé de mauvaise gestion des cas d'abus sexuels ou d'inconduite.

    Le cas précis concernait Gerard Guli, un ancien prêtre de Rochester, accusé d'avoir abusé d'adultes au début des années 1960 — avant l'arrivée de Sheen dans le diocèse — et qui aurait demandé à Sheen une mission en 1967.

    Cependant, une enquête ultérieure a confirmé que Sheen n'avait jamais nommé Guli à un poste ministériel. C'est son successeur qui l'avait fait.

    Outre l'affaire Guli, certains responsables craignaient également que de nouvelles allégations ne soient portées contre Sheen pendant la période de procédure prévue par la loi de l'État de New York sur les victimes d'abus sexuels sur mineurs ou dans le cadre de l'enquête du procureur général sur la gestion des cas d'abus sexuels par les diocèses de New York.

    Cependant, cette possibilité de recours judiciaire s'est refermée et l'enquête du procureur général a été lancée, avant de finalement s'enliser sans qu'aucune nouvelle allégation ne soit déposée contre Sheen.

    Suite au règlement de la procédure de faillite de Rochester et à l'approbation, en septembre 2025, d'un accord d'une valeur d'environ 250 millions de dollars, le Siège apostolique a poursuivi la procédure, approuvant la béatification de septembre 2026.

    La béatification a eu lieu à Saint-Louis car il n'y avait pas de lieux à Peoria suffisamment grands pour accueillir la foule qui souhaitait y assister.

    Lire également : « Un puissant ami et intercesseur céleste » : l’évêque Barron rend hommage à Fulton Sheen