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  • « Le récit racial contemporain n’est pas de l’histoire ; c’est de la propagande rétrospective »

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    De sur The European Conservative :

    « Le récit racial contemporain n’est pas de l’histoire; c’est de la propagande rétrospective » — Père Javier Olivera Ravasi, SE

    Images de Saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin, un autochtone canonisé par l'Église catholique et figure spirituelle centrale du Mexique, et de la Vierge de Guadalupe à l'église San Francisco de Asís à Jalpa de Méndez, Tabasco.

    Alejandro Linares Garcia, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons

    « Le monde ibérique était, à bien des égards, radicalement novateur pour son époque : il a créé des lois pour protéger les peuples autochtones alors que d’autres empires ne reconnaissaient même pas leur humanité. »

    Le père Javier Olivera Ravasi, SE, est un prêtre catholique argentin, avocat et titulaire de deux doctorats (l'un en philosophie de l'Université pontificale du Latran à Rome, 2007, et l'autre en histoire de l'Université nationale de Cuyo, 2013, avec une spécialisation sur les guerres des Cristeros au Mexique). Il est reconnu pour ses travaux d'apologétique, ses défenses historiques de la foi catholique et sa chaîne YouTube populaire « Que No Te La Cuenten » (QNTLC), qui compte près d'un demi-million d'abonnés et se concentre sur l'apologétique historique et ce qu'il appelle la « contre-révolution culturelle catholique ».

    Dès le début de leur présence en Amérique, les empires catholiques d'Espagne et du Portugal ont reconnu juridiquement l'humanité des peuples qu'ils ont colonisés. Dans quelle mesure peut-on affirmer que les empires ibériques ont constitué la première tentative mondiale d'intégrer des populations diverses sous un ordre politique et moral unique ?

    Il ne fait aucun doute que la première grande mondialisation, si on la comprend bien, fut celle des peuples ibériques, et principalement celle de l'Espagne. Cette Espagne qui, depuis l'époque des Rois Catholiques, n'a pas hésité à entreprendre ce « grand exploit », selon l'expression de Don José María Pemán, de conquérir de nouveaux mondes et de les évangéliser pour la gloire de Dieu.

    Il ne faut pas oublier que lorsque Christophe Colomb atteignit ce que nous appelons aujourd'hui l'Amérique en 1492, l'écriture, la roue et la notation numérique n'y existaient pas encore. Or, 2 200 ans plus tôt, en Grèce, Hésiode et Homère composaient déjà leurs grands poèmes.

    Ce « mondialisme » – au sens positif du terme – si souvent invoqué aujourd’hui est en réalité le catholicisme . Il implique l’universalité sans perte d’individualité : un Inca est aussi catholique qu’un Aragonais ou un Syrien, et nul ne perd pour autant son identité nationale ou culturelle. Ils relèvent d’un ordre moral qui transcende les frontières et d’un ordre politique qui a accordé aux peuples nouvellement découverts les bienfaits de la chrétienté, ce qui – comme l’a dit Léon XIII – se produit lorsque « la philosophie de l’Évangile gouverne l’État » ( Immortale Dei ).

    Le célèbre débat de Valladolid est considéré comme le premier grand débat philosophico-juridique sur les droits de l'homme. Que révèle cet épisode sur l'autocritique interne de l'Empire espagnol et sa volonté de soumettre le pouvoir à des principes éthiques ?

    Le débat de Valladolid révèle un phénomène unique dans l'histoire des empires : la capacité de soumettre son propre pouvoir à un jugement moral public. Tandis que d'autres empires étendaient leur domination sans se demander s'ils en avaient le droit, la monarchie espagnole suspendit officiellement ses conquêtes afin de consulter des théologiens et des juristes sur leur légitimité.

    Cet épisode témoigne d'une véritable autocritique, et non d'une autocritique fictive : le pouvoir y est reconnu comme non absolu, subordonné au droit naturel et à la loi divine, et les peuples autochtones y sont reconnus comme sujets de droits en raison de leur dignité humaine inhérente.

    Cela ne signifie pas que chaque conquistador ait agi selon ces principes, mais cela démontre que l'idéal normatif de l'empire n'était pas la force brute, mais une conception éthique du pouvoir. Valladolid prouve qu'au moins en théorie, l'Espagne cherchait à gouverner son expansion selon des principes de justice et de conscience, et non selon la logique de la simple force brute.

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  • Hommage au cardinal Mercier (1851-1926) : thomiste, œcuméniste, mariologue

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    De sur le CWR :

    Hommage au cardinal Mercier (1851-1926) : thomiste, œcuméniste, mariologue

    Philosophe thomiste très respecté qui, en tant que cardinal, résista à l'occupation allemande pendant la Première Guerre mondiale, il était également connu pour ses efforts œcuméniques et ses pétitions en faveur d'une définition dogmatique de Marie comme Médiatrice de toutes les grâces.

    Statue du cardinal Désiré-Joseph Mercier (1851-1926) par Égide Rombaux, devant la cathédrale Saint-Michel-et-Gudule de Bruxelles. (Image : Wikipédia)
    Cette année marque le centenaire de la mort du cardinal Désiré-Joseph Mercier de Belgique, décédé le 23 janvier 1926.

    Prêtre, archevêque, cardinal

    Né en 1851 dans le Brabant, région francophone de Belgique, Mercier entre au séminaire diocésain en 1868 et est ordonné prêtre en 1874. Après des études supérieures à l'Université catholique de Louvain, il commence à enseigner la philosophie au petit séminaire de Malines en 1877. L'encyclique  Aeterni Patris du pape Léon XIII, publiée en 1879, apporte le soutien pontifical au renouveau du thomisme, et en 1882, Mercier est nommé professeur de philosophie thomiste à l'Université catholique de Louvain. Avec l'appui de Léon XIII, il fonde l'Institut supérieur de philosophie de Louvain et, en 1894, il lance la revue Néo-scolastique , qui vise à rapprocher la philosophie scolastique des sciences et de la pensée modernes. Figure majeure du renouveau néo-thomiste, Mercier est l'auteur d'ouvrages de métaphysique, de logique, de psychologie et d'épistémologie.

    En 1906, Pie X nomma Mercier archevêque de Malines (Malines, en Flandre), en Belgique. Par cette nomination, il devint primat de Belgique et pasteur d'environ 2,3 millions de catholiques et 3 000 prêtres. En termes d'effectifs, l'archidiocèse de Malines était alors le deuxième plus important au monde après celui de Milan.

    En 1907, Mercier fut nommé cardinal et rejoignit rapidement Pie X dans sa lutte contre le modernisme catholique. Bien qu'opposé aux modernistes, il restait ouvert au dialogue avec des penseurs accusés de modernisme, tels que Maurice Blondel et Marie-Joseph Lagrange, OP. Il prit également contact avec le prêtre jésuite moderniste et suspendu, George Tyrrell. Mercier invita Tyrrell dans son archidiocèse à condition qu'il accepte de soumettre tous ses écrits à son examen et à son approbation. Tyrrell rejeta cette condition et critiqua le cardinal belge, le qualifiant de représentant d'une conception « ultramontaine » dépassée qui étouffait le débat théologique.

    Durant la Première Guerre mondiale, Mercier résista à l'occupation allemande de la Belgique et fut finalement assigné à résidence. Sa lettre pastorale de Noël 1914,  Patriotisme et Endurance, fut accueillie avec enthousiasme non seulement en Belgique, mais aussi aux États-Unis, en Angleterre, en France et dans d'autres pays. Les évêques allemands, mécontents, accusèrent Mercier de violer la position de neutralité du Vatican. Benoît XV, cependant, admirait Mercier et soutint la libération de la Belgique comme condition à la paix. Après la guerre, Mercier reçut de nombreuses distinctions pour sa résistance héroïque à l'occupation allemande. Considéré comme le « pape du Nord », il accepta des invitations à donner des conférences en France, en Espagne, en Autriche, en Angleterre, aux États-Unis et au Canada. Il reçut des doctorats honoris causa, notamment de Harvard, de Princeton et de Yale, et participa au défilé de la victoire de 1919 à New York aux côtés du roi Albert de Belgique.

    Mercier est également resté dans les mémoires pour son soutien aux discussions œcuméniques avec les anglicans, connues sous le nom de Conversations de Malines. Soutenues par Lord Halifax d'Angleterre, ces discussions théologiques se déroulèrent à la résidence du cardinal Mercier entre 1921 et 1925. Bien que ces échanges se soient déroulés dans un climat amical, aucun accord ne put être trouvé sur la signification de la primauté papale ni sur d'autres questions. Le pape Benoît XV (r. 1914-1922) était au courant des Conversations de Malines. Il ne les critiqua jamais, mais ne les approuva jamais non plus. Pie XI (r. 1922-1939) était également informé de ces discussions œcuméniques. Admiratif pour Mercier, il attendit la mort du cardinal en 1926 pour y mettre un terme. Dans son encyclique de 1928,  Mortalium Animos, Pie XI réaffirma la conception catholique de la primauté papale et mit en garde contre les discussions œcuméniques susceptibles de relativiser la doctrine catholique.

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  • Des chrétiens du Mozambique victimes d’attaques islamistes

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    D'IFamNews :

    Des chrétiens du Mozambique victimes d’attaques islamiques

    22 janvier 2026

    Une vague de violence djihadiste a frappé le nord du Mozambique fin novembre 2025, lorsque des militants liés à la province de l’État islamique du Mozambique ont déclenché des attaques coordonnées, faisant au moins 22 morts parmi les chrétiens et forçant plus de 80 000 personnes à fuir leurs foyers. Cette agression brutale souligne la persécution incessante dont sont victimes les croyants dans les points chauds djihadistes, exigeant une condamnation mondiale et une action décisive contre l’islam radical.

    La terreur a commencé le 20 novembre dans le village de Primeiro de Maio, district de Muidumbe, où des assaillants armés ont fait irruption, tuant quatre civils et incendiant des maisons. La panique s’est propagée aux villages voisins de Nampanha et de Mapate, laissant des corps jonchant les ruines abandonnées tandis que les survivants s’enfuyaient dans les forêts ou vers un lieu sûr plus éloigné. Le 25 novembre, le carnage s’est étendu au district de Memba, dans la province de Nampula, avec quatre autres personnes tuées dans le village de Mazua. Les attaques se sont propagées au district d’Eráti, frappant Pavala, Sirissa, Nhage, Nahavara, Lúrio et Mazula, des maisons, des récoltes et des églises abandonnées du jour au lendemain.

    Des chasses de porte-à-porte ont ciblé les chrétiens, amplifiant le génocide religieux. Un résident déplacé s’est lamenté : « Des milliers de familles souffrent en essayant d’échapper aux terroristes. La plupart des maisons ont été brûlées et des gens ont été tués. » Un chef d’église local a fait écho au désespoir : « La situation est douloureuse. Les populations sont terrifiées et sans issue. »

    L’évêque Alberto Vera du diocèse de Nacala a capturé le chagrin : « Ce fut une semaine de terreur et de grandes souffrances. Les parents et leurs enfants ont dû fuir vers des lieux plus sûrs. La terreur règne dans tout le district. Des gens ont été tués. » Il a affirmé la solidarité de l’Église : « Ce sont des familles, des enfants et des personnes âgées qui veulent seulement vivre en paix. L’Église souffre avec eux et marche avec eux, même lorsque tout leur a été enlevé. »

    Cette atrocité révèle l’échec à freiner les affiliés de l’EI qui ravagent l’Afrique, du Mozambique au Nigeria, où des groupes similaires comme l’ISWAP prospèrent dans l’impunité. Alors que les dirigeants occidentaux tergiversent, les communautés fidèles endurent le massacre : il est temps d’armer les alliés, de sanctionner les facilitateurs et de donner la priorité à la liberté religieuse plutôt qu’à l’apaisement.

  • Le Message de Léon XIV pour la 100e Journée Mondiale des Missions

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    De Gianni Valente dans une dépêche de l'Agence Fides :

    Le monde a encore besoin de missionnaires. Message de Léon XIV pour la 100e Journée Mondiale des Missions

    25 janvier 2026

    Cité du Vatican (Agence Fides) - « En effet, ce n’est pas nous que nous prêchons mais le Christ Seigneur », écrit Paul de Tarse dans sa deuxième lettre aux Corinthiens.

    Le dimanche 25 janvier, jour où la liturgie de l'Église célèbre la conversion de Saint Paul, le grand missionnaire « Apôtre des Actions », le message de Léon XIV pour la 100e Journée missionnaire mondiale, qui est célébrée cette année le dimanche 18 octobre est
    diffusé.

    « Un dans le Christ, unis dans la mission » est le titre du nouveau « texte missionnaire » de l'évêque de Rome. Des mots qui font écho à la devise papale, « In Illo uno unum » (Un dans le Christ), tirée d'un sermon de saint Augustin.

    « Dans la mesure où chacun s'attache au Christ », écrivait l'évêque d'Hippone dans ce même sermon, « il s'unit d'autant plus aux autres qui s'attachent au Christ ».

    Dans la sollicitude missionnaire qui traverse et unit les derniers Pontificats - ceux du Pape François, le Pape de l'Evangelii gaudium, et de Léon XIV, le Pape qui, en tant que religieux augustinien, a vécu de nombreuses années comme missionnaire loin de sa patrie -, le nouveau document du Successeur de Pierre se penche également sur le lien mystérieux qui, dans l'œuvre de l'Église, entremêle toujours mission et communion, depuis leur source.

    Les deux, suggère le pape Prevost, germent comme des dons du « mystère de l'union avec le Christ ». Ils fleurissent et grandissent comme des gestes accomplis par le Christ lui-même en ceux qui reposent et demeurent en lui, « comme les sarments dans la vigne ».

    L'année 2026 marquera le centenaire de la création de la Journée Mondiale des Missions, promue en 1926 par le Pape Pie XI et « si chère à l'Église ». Le Pape Léon profite de cette occasion spéciale pour suggérer à quoi il convient de confier l'attente de voir fleurir « une nouvelle ère missionnaire » dans l'histoire de l'Église, qu'il a lui-même évoquée le 5 octobre, lors du Jubilé du monde missionnaire.

    Mission et communion ecclésiale, les dons du Christ

    Être chrétien, rappelle le Souverain Pontife dans la première partie de son Message, « c'est vivre en union avec le Christ, dans laquelle nous sommes rendus participants de la relation filiale qu'Il vit avec le Père dans l'Esprit Saint ». Seule cette union peut faire jaillir comme un don « la communion réciproque entre les croyants » et faire naître « toute fécondité missionnaire ».

    Le Pape Prevost cite l'enseignement de Saint Jean-Paul II, selon lequel « la communion est à la fois source et fruit de la mission ». Il reprend également les paroles de Saint Paul VI, celles de l'exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, qui rappellent qu'« Il n’y a pas de véritable évangélisation si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Royaume, le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, ne sont pas proclamés ». Il évoque l'urgence « d'intensifier l'engagement œcuménique avec toutes les Églises chrétiennes, en saisissant également les occasions offertes par la célébration commune du 1700e anniversaire du Concile de Nicée ».

    Et il souligne que l'unité des disciples « n'est pas une fin en soi : elle est ordonnée à la mission ». C'est l'unité implorée dans la prière par le Christ lui-même, lorsqu'il demande au Père, dans l'Évangile selon Jean, de donner et de préserver la communion entre les disciples comme un signe vivant à montrer « afin que le monde croie que tu m'as envoyé ». « C'est dans le témoignage d'une communauté réconciliée, fraternelle et solidaire », souligne Léon XIV, « que l'annonce de l'Évangile trouve toute sa force communicative ».

    Bénédictions aux OPM, « merci » aux missionnaires

    La mission des disciples et de toute l'Église, rappelle le Pape Léon XIV dans son message, « est le prolongement, dans l'Esprit Saint, de celle du Christ ». La Bonne Nouvelle que les chrétiens sont appelés à annoncer au monde « n'est pas un idéal abstrait : c'est l'Évangile de l'amour fidèle de Dieu, incarné dans le visage et dans la vie de Jésus-Christ ». C'est pourquoi, rappelle le Souverain Pontife dans la conclusion de son message, tous les baptisés, chacun selon sa vocation et sa condition de vie, peuvent prendre part « à la grande œuvre que le Christ confie à son Église ». L'unité dans la mission, prévient l'évêque de Rome, « ne doit pas être comprise comme une uniformité », mais trouve sa seule raison d'être dans le fait de « rendre visible l'amour du Christ et inviter chacun à Le rencontrer ». Et lorsque ce dynamisme mû par la grâce prévaut, on peut aussi surmonter les fragmentations, les divisions, les controverses qui déchirent la communauté ecclésiale.

    Ainsi, la mission devient le symbole, le visage et le paradigme de la communion ecclésiale. Elle ose même « développer avec créativité des voies concrètes de collaboration dans la mission ».

    Dans son message, le Pape Léon remercie les Œuvres PontificalesMissionnaires (OPM) « signe vivant de l'unité et de la communion missionnaire ecclésiale », à commencer par l'Union Pontificale Missionnaire, à l'occasion du 110e anniversaire de sa fondation ; il rappelle avoir fait l'expérience « avec gratitude » le soutien des OPM à l'œuvre apostolique « déjà pendant mon ministère au Pérou » ; il rappelle les anniversaires importants célébrés cette année par les OPM : les 200 ans de la création du « Rosaire Vivant » promu par la bienheureuse Pauline Marie Jaricot, fondatrice de l'Œuvre de la Propagation de la Foi, « qui rassemble encore aujourd'hui de nombreux fidèles en groupes à distance pour prier pour tous les besoins spirituels et missionnaires ». Et surtout, les 100 ans de l'institution par Pie XI de la Journée Missionnaire Mondiale, dont les offrandes recueillies lors des messes célébrées dans le monde entier l'avant-dernier dimanche d'octobre sont confiées aux POM pour être redistribuées, « au nom du Pape, afin de répondre aux « divers besoins de la mission de l'Église ».

    Le Message papal exprime également sa gratitude envers « les missionnaires et missionnaires ad gentes d'aujourd'hui : des personnes qui, comme saint François Xavier, ont quitté leur terre, leur famille et toute sécurité pour annoncer l'Évangile, apportant le Christ et son amour dans des lieux souvent difficiles, pauvres, marqués par des conflits ou culturellement éloignés ». Ils le font, explique le Pape Léon XIV, parce qu'ils « savent que le Christ lui-même, avec son Évangile, est la plus grande richesse à partager ».

    Le monde, reconnaît le successeur de Pierre, « a encore besoin de ces courageux témoins du Christ, et les communautés ecclésiales ont encore besoin de nouvelles vocations missionnaires ».

    (Agence Fides 25/1/2026)

  • Face au masculinisme, promouvoir une virilité saine

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    Le journal La Croix publie l'opinion de Rémi Fourneraut, Président de l’Association des Guides et Scouts d’Europe, au titre d'"auteur invité" :

    « Face au masculinisme, nous voulons que nos enfants vivent une virilité saine »

    Un « enjeu de sécurité publique ». Voilà comment le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) définit le masculinisme, ce courant d’idées qui dévalorise les femmes et justifie les discriminations et violences à leur égard. Dans un rapport publié mercredi 21 janvier, l’instance nationale appelle les pouvoirs publics à agir face à ce fléau grandissant, mais comment ?

    Selon une récente enquête (1), 17 % de la population française adhère à ce « sexisme hostile ». Un chiffre inquiétant mais considéré comme bas comparé à nos voisins outre-Manche où cette idéologie galope. En France, le nombre d’influenceurs de la « manosphère » explose.

    Parlant à de jeunes hommes en perte de repères, ces escrocs de la virilité cumulent les millions de vues et de like. « Être un homme », pour ces influenceurs, se réduit à des produits dévoyés de la virilité comme le machisme, la domination de l’homme sur la femme…

    S’il est indispensable de démonter ces discours sexistes et dangereux, il faut bien se rendre à l’évidence : la virilité a été mise au ban, conspuée, honnie. Et ces influenceurs surfent sur cette absence. Car la société ne répond plus à la question inévitable à l’âge de l’adolescence : que suis-je appelé à devenir ?

    Se construire avec ses pairs

    Face à cette absence de clés de réponse, l’éducation différenciée, également mal nommée non-mixité, que vivent notamment les jeunes des Guides et Scouts d’Europe, prend tout son sens. Ces jeunes, cœur de cible des masculinistes, se retrouvent entre garçons vivant une virilité sans exaltation mal placée. Avec sa patrouille (un groupe de quelques garçons de 12 à 16 ans), chaque jeune va apprendre à se mesurer à ses propres limites, à gagner en compétences et à se dépasser.

    Il va se construire face à lui-même et à ses pairs, non pas dans la victimisation et la recherche d’un responsable de ses échecs (en l’occurrence les femmes selon les théories masculinistes). Construire une tente surélevée, s’orienter lors d’un raid sur des dizaines de kilomètres, vivre 18 jours dans la nature avec les contrariétés de la météo… voilà des activités qui poussent les jeunes vers l’avant, vers l’action, les rendant moins sensibles à la complainte des influenceurs masculinistes qui accusent les femmes de leurs moindres difficultés. Chaque garçon ne sera pas dans la fuite de ses failles mais dans la connaissance de soi et dans l’acceptation de soi.

    Outre le fait de grandir avec des jeunes, les scouts voient aussi dans leurs chefs des exemples de grands frères, à leur service et inspirants. Loin des clichés des adulescents en culotte courte, les chefs scouts accompagnent les jeunes à grandir et à affronter les difficultés, préfigurations de celles qu’ils connaîtront dans leur vie d’homme. C’est pourquoi l’humble compagnonnage du grand frère scout s’oppose à l’égoïsme du masculinisme.

    La différence n’est pas exclusive de l’égalité

    On reproche souvent à l’éducation différenciée de vivre en cercle fermé, de refuser l’altérité. Ce qui, a notre sens, est une erreur ! Cette approche n’engendre pas la peur de l’autre. Elle crée un lieu, d’une forme de safe space où chacun peut se révéler lui-même sans la nécessité de séduire. Une opportunité précieuse à l’âge de l’adolescence, où émergent des questions sur son propre corps et sur le rapport au monde, pour les filles comme pour les garçons.

    Accepter une différence ne signifie pas accepter une hiérarchie. La différence n’est pas exclusive de l’égalité, elle contribue au développement de la complémentarité qui est nécessaire. Reconnaître l’altérité c’est reconnaître l’autre qui est différent, et reconnaître cette différence comme une richesse.

    Alors que faire ? Apprendre à nos garçons à être des hommes sans fuir le réel ni se réfugier dans la victimisation. Et sans absolutiser les vertus masculines, leur permettre de devenir des hommes. Des hommes debout.

    (1) Toluna-Harris Interactive, conduite en ligne auprès de 3 061 personnes âgées de 15 ans et plus, représentatives de la population française, en vue de ce rapport du HCE.
  • Mercredi 11 février : Journée portes ouvertes au Collège Notre-Dame au Coeur d'Or

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    Portes Ouvertes – 11 février 2026 de 14h à 18h

    Vous recherchez une école secondaire pour votre fils, alliant exigence académique, encadrement éducatif et internat ?

    Nous vous invitons à notre journée portes ouvertes, le mercredi 11 février, de 14h à 18h, à Tenneville.

    Cette rencontre vous permettra de découvrir une école secondaire pour garçons avec internat, inspirée de l’esprit de Don Bosco, où chaque élève bénéficie d’un accompagnement personnalisé, d’une pédagogie en petits effectifs et d’un cadre structurant.

    Une formation solide et un cadre éducatif complet

    Notre établissement propose :

    • une formation académique exigeante, préparant aux études supérieures et aux jurys d’État,
    • un internat, favorisant l’autonomie et la vie en communauté,
    • de nombreuses activités culturelles, sportives et éducatives,
    • un cadre naturel exceptionnel de 20 hectares, propice au calme et à la concentration.

    Une navette privée depuis la gare de Marloie facilite l’accès à l’école.

    Venez nous rencontrer !

    La journée portes ouvertes est l’occasion idéale pour visiter l’école, rencontrer l’équipe éducative et poser toutes vos questions.

    Informations pratiques
     Mercredi 11 février – 14h à 18h
     La Converserie 1, 6970 Tenneville

    Vous pouvez nous contacter via l’adresse mail : direction@collegecoeurdor.be

    Aidez-nous à mieux vous accueillir en remplissant notre formulaire en ligne ! 

     

  • Timothée et Tite, compagnons de saint Paul (26 janvier)

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    I santi del giorno del 26 gennaio sono San Timoteo e San Tito

    Catéchèse de Benoît XVI (13 décembre 2006) 

    Chers frères et soeurs,

    Après avoir longuement parlé du grand Apôtre Paul, nous prenons aujourd'hui en considération ses deux collaborateurs les plus proches:  Timothée et Tite. C'est à eux que sont adressées trois Lettres traditionnellement attribuées à Paul, dont deux sont destinées à Timothée et une à Tite.

    Timothée est un nom grec et signifie "qui honore Dieu". Alors que dans les Actes, Luc le mentionne six fois, dans ses Lettres, Paul fait référence à lui au moins à dix-sept reprises (on le trouve en plus une fois dans la Lettre aux Hébreux). On en déduit qu'il jouissait d'une grande considération aux yeux de Paul, même si Luc ne considère pas utile de nous raconter tout ce qui le concerne. En effet, l'Apôtre le chargea de missions importantes et vit en lui comme un alter ego, ainsi qu'il ressort du grand éloge qu'il en fait dans la Lettre aux Philippiens:  "Je n'ai en effet personne d'autre (isópsychon) qui partage véritablement avec moi le souci de ce qui vous concerne" (2, 20).

    Timothée était né à Lystres (environ 200 km au nord-ouest de Tarse) d'une mère juive et d'un père païen (cf. Ac 16, 1). Le fait que sa mère ait contracté un mariage mixte et n'ait pas fait circoncire son fils laisse penser que Timothée a grandi dans une famille qui n'était pas strictement observante, même s'il est dit qu'il connaissait l'Ecriture dès l'enfance (cf. 2 Tm 3, 15). Le nom de sa mère, Eunikè, est parvenu jusqu'à nous,  ainsi que le nom de sa grand-mère, Loïs (cf. 2 Tm 1, 5). Lorsque Paul passa par Lystres au début du deuxième voyage missionnaire,  il  choisit  Timothée comme compagnon, car "à Lystres et à Iconium, il était estimé des frères" (Ac 16, 2), mais il le fit circoncire "pour tenir compte des juifs de la région" (Ac 16, 3). Avec Paul et Silas, Timothée traverse l'Asie mineure jusqu'à Troas, d'où il passe en Macédoine. Nous sommes en outre informés qu'à Philippes, où Paul et Silas furent visés par l'accusation de troubler l'ordre public et furent emprisonnés pour s'être opposés à l'exploitation d'une jeune fille comme voyante de la part de plusieurs individus sans scrupules (cf. Ac 16, 16-40), Timothée fut épargné. Ensuite, lorsque Paul fut contraint de poursuivre jusqu'à Athènes, Timothée le rejoignit dans cette ville et, de là, il fut envoyé à la jeune Eglise de Thessalonique pour avoir de ses nouvelles et pour la confirmer dans la foi (cf. 1 Th 3, 1-2). Il retrouva ensuite l'Apôtre à Corinthe, lui apportant de bonnes nouvelles sur les Thessaloniciens et collaborant avec lui à l'évangélisation de cette ville (cf. 2 Co 1, 19).

    Nous retrouvons Timothée à Ephèse au cours du troisième voyage missionnaire de Paul. C'est probablement de là que l'Apôtre écrivit à Philémon et aux Philippiens, et dans ces deux lettres, Timothée apparaît comme le co-expéditeur (cf. Phm 1; Ph 1, 1). D'Ephèse, Paul l'envoya en Macédoine avec un certain Eraste (cf. Ac 19, 22) et, ensuite, également à Corinthe, avec la tâche d'y apporter une lettre, dans laquelle il recommandait aux Corinthiens de lui faire bon accueil (cf. 1 Co 4, 17; 16, 10-11). Nous le retrouvons encore comme co-expéditeur de la deuxième Lettre aux Corinthiens, et quand, de Corinthe, Paul écrit la Lettre aux Romains, il y unit, avec ceux des autres, les saluts de Timothée (cf. Rm 16, 21). De Corinthe, le disciple repartit pour rejoindre Troas sur la rive asiatique de la Mer Egée et y attendre l'Apôtre qui se dirigeait vers Jérusalem, en conclusion de son troisième voyage missionnaire (cf. Ac 20, 4). A partir de ce moment, les sources antiques ne nous réservent plus qu'une brève référence à la biographie de Timothée, dans la Lettre aux Hébreux où on lit:  "Sachez que notre frère Timothée est libéré. J'irai vous voir avec lui s'il vient assez vite" (13, 23). En conclusion, nous pouvons dire que la figure de Timothée est présentée comme celle d'un pasteur de grand relief. Selon l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, écrite postérieurement, Timothée fut le premier Evêque d'Ephèse (cf. 3, 4). Plusieurs de ses reliques se trouvent depuis 1239 en Italie, dans la cathédrale de Termoli, dans le Molise, provenant de Constantinople.

    Quant à la figure de Tite, dont le nom est d'origine latine, nous savons qu'il était grec de naissance, c'est-à-dire païen (cf. Gal 2, 3). Paul le conduisit avec lui à Jérusalem pour participer au Concile apostolique, dans lequel fut solennellement acceptée la prédication de l'Evangile aux païens, sans les contraintes de la loi mosaïque. Dans la Lettre qui lui est adressée, l'Apôtre fait son éloge, le définissant comme son "véritable enfant selon la foi qui nous est commune" (Tt 1, 4). Après le départ de Timothée de Corinthe, Paul y envoya Tite avec la tâche de reconduire cette communauté indocile à l'obéissance. Tite ramena la paix entre l'Eglise de Corinthe et l'Apôtre, qui écrivit à celle-ci en ces termes:  "Pourtant, le Dieu qui réconforte les humbles nous a réconfortés par la venue de Tite, et non seulement par sa venue, mais par le réconfort qu'il avait trouvé chez vous:  il nous a fait part de votre grand désir de nous revoir, de votre désolation, de votre amour ardent pour moi... En plus de ce réconfort, nous nous sommes réjouis encore bien davantage à voir la joie de Tite:  son esprit a été pleinement tranquillisé par vous tous" (2 Co 7, 6-7.13). Tite fut ensuite envoyé encore une fois à Corinthe par Paul - qui le qualifie comme "mon compagnon et mon collaborateur" (2 Co 8, 23) - pour y organiser la conclusion des collectes en faveur des chrétiens de Jérusalem (cf. 2 Co 8, 6). Des nouvelles supplémentaires provenant des Lettres pastorales le qualifient d'Evêque de Crète (cf. Tt 1, 5), d'où sur l'invitation de Paul, il rejoint l'Apôtre à Nicopolis en Epire (cf. Tt 3, 12). Il se rendit ensuite également en Dalmatie (cf. 2 Tm 4, 10). Nous ne possédons pas d'autres informations sur les déplacements successifs de Tite et sur sa mort.

    En conclusion, si nous considérons de manière unitaire les deux figures de Timothée et de Tite, nous nous rendons compte de plusieurs données très significatives. La plus importante est que Paul s'appuya sur des collaborateurs dans l'accomplissement de ses missions. Il reste certainement l'Apôtre par antonomase, fondateur et pasteur de nombreuses Eglises. Il apparaît toutefois évident qu'il ne faisait pas tout tout  seul,  mais qu'il s'appuyait sur des personnes de confiance  qui  partageaient ses peines et ses responsabilités. Une autre observation concerne la disponibilité de ces collaborateurs. Les sources concernant Timothée et Tite mettent bien en lumière leur promptitude à assumer des charges diverses, consistant souvent à représenter Paul également en des occasions difficiles. En un mot, ils nous enseignent à servir l'Evangile avec générosité, sachant que cela comporte également un service à l'Eglise elle-même. Recueillons enfin la recommandation que l'Apôtre Paul fait à Tite, dans la lettre qui lui est adressée:  "Voilà une parole sûre, et je veux que tu t'en portes garant, afin que ceux qui ont mis leur foi en Dieu s'efforcent d'être au premier rang pour faire le bien" (Tt 3, 8). A travers notre engagement concret, nous devons et nous pouvons découvrir la vérité de ces paroles, et, précisément en ce temps de l'Avent, être nous aussi riches de bonnes oeuvres et ouvrir ainsi les portes du monde au Christ, notre Sauveur.