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Spiritualité

  • "Tout le monde te cherche" (Evangile du 14 janvier)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1, 29-39.

    En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.
    Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. 
    Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. 
    Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. 
    La ville entière se pressait à la porte. 
    Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. 
    Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. 
    Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. 
    Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » 
    Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » 
    Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons. 

    « Allons ailleurs ! » (homélie du Fr. Jean-Christian Lévêque, o.c.d.) (source)

    Une activité harassante, au service des malades et des possédés, puis une longue prière en solitude. C’est le rythme du Fils de Dieu. C’est ainsi qu’il vit intensément son union avec le Père qui l’envoie et sa solidarité avec les hommes qu’il vient sauver. Authentiquement homme lorsqu’il est seul devant Dieu ; réelle­ment Fils de Dieu lorsqu’il est perdu dans la foule des hommes : « En tout point semblable à ses frères, et en même temps accrédité auprès de Dieu » (Hb 2,17).

    C’est le même Jésus de Nazareth qui se retire, très tôt le matin, dans un lieu désert, pour éveiller l’aurore, pour accueillir, tourné vers Dieu, la lumière du nouveau jour, et qui élargit chaque jour le champ de sa mission et de son témoignage : « Allons ailleurs, pour que là aussi j’annonce le message ! »

    C’est parce qu’il se livre totalement au Père, dans sa prière silencieuse, que Jésus se laisse prendre par tous ceux et toutes celles qui le réclament. C’est parce qu’il vit dans le Père qu’il peut, sans lassitude, s’en aller ailleurs chaque jour.

    Dans la mesure où grandit notre union de vie avec le Christ vivant, il remodèle notre vie et notre cœur selon cette double communion qui était pour lui l’expression spontanée de son être de médiateur : la communion avec le Père et la communion avec les frères et les sœurs.

    Chaque jour il nous montre le Père et nous manifeste son Nom, et à sa suite nous entrons dans une vraie prière filiale, les mains ouvertes et le cœur libre. Chaque jour aussi il nous éveille à l’universel, à son propre souci du salut des hommes.

    Dans la paix de Dieu, dans la rumeur du monde : notre solitude, comme celle du Christ, est « solitude sonore », toute en écho du silence de Dieu, toute en résonance du monde à sauver. Et c’est le même Esprit qui nous fait à tout instant retomber en prière et qui ranime la flamme des charismes de notre confirmation, nous donnant de grandir comme fils et filles de l’Eglise.

    Léger, secret, discret est l’appel de l’Esprit, qui nous identifie au Christ orant et missionnaire. C’est la voix d’un silence ténu, comme celle qu’entendit Elie à l’Horeb, avant que Dieu le renvoie à l’histoire des hommes, à l’histoire du salut, au travail de rédemption.

    « Allons ailleurs », dit Jésus. « Allons ailleurs » : c’est ce que chacun entend chaque jour au creux de sa foi au Christ. Non pas ailleurs tout seul, par le chemin du rêve, car cet ailleurs-là est souvent, un leurre et une tentation ; mais ailleurs avec Jésus, partout où Jésus va pour sauver : c’est l’ailleurs de la mission universelle, que l’on rejoint sur place par une vie toute livrée à l’Amour, « rien que pour aujourd’hui ».

  • Le pape Léon XIV proclame l'année jubilaire franciscaine avec obtention de l'indulgence plénière

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    D'Almudena Martínez-Bordiú (ACI Prensa) sur CNA :

    Le pape Léon XIV proclame l'année jubilaire franciscaine

    12 janvier 2026

    Le pape Léon XIV a proclamé une « Année spéciale de saint François » pour commémorer le 800e anniversaire de la mort du saint. Durant cette période de grâce, qui s'étendra jusqu'en janvier 2027, les fidèles auront la possibilité d'obtenir une indulgence plénière.

    Cette Année jubilaire franciscaine, considérée comme un don pour toute l'Église et une occasion de véritable renouveau spirituel, a été inaugurée le 10 janvier par un décret émis par la Pénitencerie apostolique du Saint-Siège.

    Jusqu'au 10 janvier de l'année prochaine, les fidèles peuvent obtenir cette grâce dans les conditions habituelles — confession sacramentelle, communion et prière aux intentions du pape — en effectuant un pèlerinage dans n'importe quelle église conventuelle franciscaine ou lieu de culte dédié à saint François, partout dans le monde.

    De plus, les personnes âgées, les malades et ceux qui, pour des raisons sérieuses, ne peuvent quitter leur domicile, peuvent obtenir l'indulgence plénière en participant spirituellement aux célébrations du jubilé et en offrant à Dieu leurs prières, leurs peines ou leurs souffrances.

    Dans un monde où « le virtuel prend le pas sur le réel, où les désaccords et la violence sociale font partie du quotidien, et où la paix devient chaque jour plus précaire et plus lointaine, cette Année de Saint François nous incite tous, chacun selon ses possibilités, à imiter le pauvre d’Assise, à nous modeler autant que possible sur le modèle du Christ », stipule le décret.

    Pour l’Ordre des Frères Mineurs, cette période est aussi l’occasion pour les fidèles de devenir « des modèles de sainteté de vie et des témoins constants de la paix ».

    À l’occasion de cet anniversaire, le pape Léon XIV a adressé une lettre aux ministres généraux de la Conférence de la Famille franciscaine dans laquelle il soulignait qu’« en cette époque, marquée par tant de guerres apparemment sans fin, par des divisions internes et sociales qui engendrent méfiance et peur, il continue de parler. Non pas parce qu’il propose des solutions techniques, mais parce que sa vie nous oriente vers la source authentique de la paix. »

    À cet égard, il a souligné que saint François nous rappelle que « la paix avec Dieu, la paix entre les hommes et la paix avec la création sont des dimensions indissociables d’un seul appel à la réconciliation universelle ».

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa, partenaire hispanophone de CNA. Il a été traduit et adapté par CNA.

    Almudena Martínez-Bordiú est correspondante à Rome d'ACI Prensa et d'EWTN.

  • À Bruxelles, le cardinal Parolin appelle l’Europe à retrouver l'audace chrétienne

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    D'Augustine Asta sur Vatican News :

    Le Cardinal Parolin dans la cathédrale de Bruxelles le 11 janvier. Le Cardinal Parolin dans la cathédrale de Bruxelles le 11 janvier.
    À Bruxelles, le cardinal Parolin appelle l’Europe à retrouver l'audace chrétienne
    À l’occasion des 800 ans de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège et légat pontifical, a présidé dimanche 11 janvier la messe en la fête du baptême du Seigneur. Devant les autorités religieuses et civiles, il a inscrit l’histoire de cet édifice dans une réflexion plus large sur la mission de l’Église et l’avenir spirituel de l’Europe, marquée selon lui par la fragilité, les fractures et la perte de repères.

    Dans une cathédrale chargée de huit siècles d’histoire, où ont pris place des centaines de fidèles, en premier lieu le couple royal de Belgique, le cardinal Parolin a d’emblée rappelé que la foi chrétienne ne se développe pas en dehors du temps, mais «au cœur de l’histoire, dans des lieux concrets et à travers des communautés réelles». Bien avant la construction gothique du XIIIᵉ siècle, une première chapelle dédiée à saint Michel, puis une église romane, avaient déjà marqué l’enracinement du christianisme sur la colline bruxelloise. Cette lente maturation illustre, selon le légat pontifical, la nature même de l’Église: «une réalité qui ne naît pas d’un geste isolé, mais d’une fidélité transmise de génération en génération, dans laquelle chacun reçoit, garde et transmet ce qui lui est confié». «Huit siècles d’histoire ont vu cette cathédrale accompagner la vie chrétienne de la ville et du pays», a-t-il souligné, évoquant une foi capable d’habiter les questions de son temps, non sans discernement ni conversion. 

    Saint Michel et sainte Gudule, figures d’une Église en équilibre

    Les premières fondations de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, saints patrons de la cathédrale belge, remontent en effet à 1226, lorsque Henri II, duc de Brabant, décida de construire une église à son emplacement actuel, situé au carrefour des routes menant vers la France et vers l'Allemagne. Les saints patrons de la cathédrale incarnent, aux yeux du cardinal, une vocation toujours actuelle. Saint Michel rappelle la «vigilance et le discernement», tandis que sainte Gudule témoigne de la «fidélité quotidienne». Ensemble, a-t-il poursuivi, ils dessinent le visage d’une Église appelée à conjuguer vérité et service, fermeté et douceur.

    Le Secrétaire d’État du Saint-Siège, a estimé que cette «histoire aussi longue ne referme pas les yeux sur le passé, mais les ouvre sur l'avenir», invitant à regarder au-delà des murs de la cathédrale, vers Bruxelles et sa dimension européenne.

    Bruxelles et l’Europe à l’épreuve des fractures

    Située au cœur des institutions européennes, Bruxelles symbolise pour le cardinal Parolin une ville née de la «rencontre et de la capacité à concilier les différences». Mais l’Europe ,a-t-il noté à l’inverse, traverse aujourd’hui, selon lui, «une période de fragilité profonde, faite de peurs et de fractures non seulement politiques et sociales, mais aussi intérieures et culturelles».

    Dans ce contexte, le christianisme  «n'offre pas de solutions techniques, mais propose des valeurs, des valeurs humaines essentielles» a-t-il rappelé. Le christianisme, a-t-il poursuivi, «rappelle que la dignité de la personne précède tout calcul, que la justice grandit en incluant et non en séparant, que la paix naît de la reconnaissance de l'autre et non de l'équilibre des peurs». Citant l’appel lancé par saint Jean-Paul II à Compostelle en 1982, le cardinal a aussi invité l’Europe à «ne pas avoir peur de s’ouvrir au Christ» pour sortir de l’incertitude et de la crainte.

    Une Église appelée à ne pas devenir insignifiante

    Évoquant les figures de Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi, artisans de la réconciliation européenne après la guerre, le cardinal Parolin a souligné l’importance de reconstruire non seulement des structures, mais aussi la confiance. Un défi qui concerne également l’Église aujourd’hui. Pour lui, le danger principal n’est pas d’être numériquement minoritaire, mais de devenir insignifiante. «Ce n’est pas la faiblesse numérique qui fragilise le témoignage chrétien, mais la perte de l’audace évangélique», a-t-il averti, rappelant que l’Église est appelée à rester sel, lumière et levain dans l’histoire.

    “L'Église ne se place pas au-dessus de l'histoire et ne se confond pas avec elle, mais elle la traverse comme une présence qui accompagne, discerne et sert. La tradition chrétienne l'a exprimé avec des images simples et fortes. Elle est une maison parce que Dieu y habite. Elle est un corps parce que le Christ continue à vivre et à agir. Elle est un peuple parce que personne ne croit tout seul. Comme le rappelait les Pères. L’Église est sainte par le don qu'elle reçoit et fragile par les limites de ceux qui la composent.”

    Le baptême du Christ, style de la présence chrétienne

    S’appuyant sur les lectures de la fête du baptême du Seigneur, le cardinal a médité sur le Christ qui choisit d’entrer dans les eaux du Jourdain pour partager la condition humaine. Un geste d’abaissement et de proximité qui révèle un style: celui d’une justice marquée par la douceur et d’une présence qui «passe en faisant le bien». Ce style, a-t-il rappelé, concerne directement les baptisés. «Ce n’est pas nous qui édifions l’Église: nous sommes les pierres que le Seigneur utilise», a-t-il insisté.

    “L’Église grandit lorsque les différences deviennent une richesse et que l'amour est le lien qui les maintiennent unies. Dans ce cheminement, notre regard se pose sur Marie que le Concile Vatican deux contemple dans le mystère du Christ et de l'Église. En elle, l'Église apprend que la fécondité ne naît pas de la force des structures, mais de la disponibilité à l'action de Dieu, non pas de la visibilité immédiate, mais de la fidélité patiente.”

    Une prière pour Bruxelles, la Belgique et l’Europe

    Pour finir, le cardinal Parolin a confié à l’intercession de Marie l’Église, la ville de Bruxelles, la Belgique, l’Europe et la communauté des nations. Il a exprimé le souhait que la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule demeure «une maison ouverte et un espace de communion», capable de former des consciences à la justice, à la responsabilité et à l’espérance.

  • Saint Hilaire, défenseur de la foi et premier docteur de l'Eglise latine

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    saint_hilaire_poitiers_m.jpgBenoît XVI a consacré son enseignement à cette grande figure du 4e siècle lors de l'audience générale du 10 octobre 2007 :

    Chers frères et sœurs,

    Aujourd'hui, je voudrais parler d'un grand Père de l'Eglise d'Occident, saint Hilaire de Poitiers, l'une des grandes figures d'Evêques qui ont marqué le IV siècle. Au cours de la confrontation avec les ariens, qui considéraient le Fils de Dieu Jésus comme une créature, certes éminente, mais toutefois uniquement comme une créature, Hilaire a consacré toute sa vie à la défense de la foi dans la divinité de Jésus Christ, Fils de Dieu et Dieu comme le Père, qui l'a engendré de toute éternité.

    Nous ne disposons pas d'informations certaines sur la plus grande partie de la vie d'Hilaire. Les sources antiques disent qu'il naquit à Poitiers, probablement vers l'année 310. Issu d'une famille aisée, il reçut une solide formation littéraire, bien évidente dans ses écrits. Il ne semble pas qu'il ait grandi dans un milieu chrétien. Lui-même nous parle d'un chemin de recherche de la vérité, qui le conduisit peu à peu à la reconnaissance de Dieu créateur et du Dieu incarné, mort pour nous donner la vie éternelle. Baptisé vers 345, il fut élu Evêque de sa ville natale autour de 353-354. Au cours des années suivantes, Hilaire écrivit sa première œuvre, le Commentaire à l'Evangile de Matthieu. Il s'agit du plus ancien commentaire en langue latine qui nous soit parvenu de cet Evangile. En 356, Hilaire assiste comme Evêque au Synode de Béziers, dans le sud de la France, le "synode des faux Apôtres", comme il l'appelle lui-même, car la réunion fut dominée par des Evêques philo-ariens, qui niaient la divinité de Jésus Christ. Ces "faux apôtres" demandèrent à l'empereur Constance la condamnation à l'exil de l'Evêque de Poitiers. Hilaire fut ainsi obligé de quitter la Gaule au cours de l'été 356.

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  • Pourquoi Jésus reçoit-il le baptême de Jean ? (Jean Chrysostome)

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    « J’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

    Le Christ s’est manifesté à tous non pas au moment de sa naissance mais au moment de son baptême. Jusqu’à ce jour-là, peu le connaissaient ; presque tous ignoraient qu’il existait et qui il était. Jean Baptiste disait : « Il y a parmi vous quelqu’un que vous ne connaissez pas » (Jn 1,26). Jean lui-même partageait cette ignorance du Christ jusqu’à son baptême : « Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint’ »…

    En effet, quelle est la raison que Jean donne pour ce baptême du Seigneur ? C’était, dit-il, pour le faire connaître à tous. Saint Paul le dit aussi : « Jean donnait un baptême de conversion, disant au peuple de croire en celui qui devait venir après lui » (Ac 19,4). Voici pourquoi Jésus reçoit le baptême de Jean. Aller de maison en maison en présentant le Christ et dire que c’était le Fils de Dieu, voilà qui rendait le témoignage de Jean bien difficile ; le conduire à la synagogue et le désigner comme le Sauveur aurait rendu son témoignage peu crédible. Mais qu’au milieu d’une grande foule rassemblée au bord du Jourdain, Jésus reçoive le témoignage clairement exprimé du haut du ciel, que l’Esprit Saint soit descendu sur lui sous la forme d’une colombe, voilà ce qui confirmait le témoignage de Jean sans aucun doute possible.

    « Moi-même, je ne le connaissais pas » disait Jean. Qui donc te l’a fait connaître ? « C’est celui qui m’a envoyé baptiser ». Et qu’est-ce qu’il t’a dit ? « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et reposer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint ». C’est donc l’Esprit Saint qui révèle à tous celui dont Jean avait proclamé les merveilles, en descendant le désigner, pour ainsi dire, de son aile.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie sur le baptême de Jésus Christ et sur l’Épiphanie

    source

  • Le baptême du Christ au Jourdain inaugure la Croix

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    BAPTEME-FONTS-BAPTISMAUX-RENIER-DE-HUY-LIEGE3.jpg

    Fonts baptismaux - collégiale Saint-Barthélemy - Liège - XIIe siècle

    LE BAPTÊME DU CHRIST INAUGURE LA CROIX

    Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL de la paroisse Saint-Jean-de-Malte (Aix)

    (...) la liturgie nous a proposé ce récit du baptême du Christ dans chacun des évangiles et aujourd'hui c'est le texte de Matthieu que nous venons d'entendre qui est le seul à insister sur cette attitude de Jean-Baptiste qui, voyant Jésus venir à lui, au milieu de la foule des pécheurs pour, comme les autres, recevoir ce baptême de pénitence et de repentir, Jean donc, voyant Jésus s'avancer vers lui s'écrie : "Ce n'est pas Toi qui dois être baptisé par moi. Tu n'as pas à venir te décharger de ce péché que tu n'as jamais commis, de ce péché que Tu ne connais pas. C'est bien plutôt moi, ministre du pardon mais pécheur moi-même qui aurait besoin d'être purifié par Toi, le Messie qui vient purifier le fond des cœurs." Et Jean-Baptiste savait bien qu'il avait prêché ce baptême, qu'il avait appelé toutes les foules à venir se plonger dans le Jourdain pour se préparer à la venue du Messie, pour se préparer à cette venue de Jésus qui, Lui seul, pouvait réellement purifier le fond des cœurs.

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  • Le Noël de l’Agneau de Dieu. Une homélie inédite de Joseph Ratzinger

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Le Noël de l’Agneau de Dieu. Une homélie inédite de Joseph Ratzinger

    Le Noël de Jésus est aussi une « épiphanie », une manifestation de l’union nuptiale entre le Christ et l’Église. Dans la liturgie de la période de Noël, les Mages qui accourent avec leurs dons, le baptême dans le Jourdain de celui qui est l’Agneau de Dieu et l’eau changée en vin des noces de Cana ne font qu’un avec le récit de la nativité.

    Comme dans cette admirable antienne de la liturgie ambrosienne, tirée de la messe de l’Épiphanie :

    « Hodie caelesti Sponso iuncta est Ecclesia, quoniam in Iordane lavit eius crimina. Currunt cum munere Magi ad regales nuptias ; et ex aqua facto vino laetantur convivia. Baptizat miles Regem, servus Dominum suum, Ioannes Salvatorem. Aqua Iordanis stupuit, columba protestatur, paterna vox audita est : Filius meus hic est, in quo bene complacui, ipsum audite ».

    Qui se traduit comme suit en français :

    « Aujourd’hui, l’Église s’est unie à son Époux céleste, car dans le Jourdain il a lavé ses péchés. Les Mages accourent avec leurs dons aux noces royales ; et les convives se réjouissent de l’eau transformée en vin. Le soldat baptise le Roi, le serviteur son Seigneur, Jean le Sauveur. L’eau du Jourdain s’étonne, la colombe témoigne, la voix du Père retentit : Celui-ci est mon Fils, en qui j’ai mis toute ma complaisance, écoutez-le. »

    Il s’agit d’une véritable floraison épiphanique qui converge dans l’identification de Jésus en tant qu’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jn 1,29), et qui se réalise à chaque fois dans l’Eucharistie, justement introduite par les paroles de l’ange dans l’Apocalypse 19,9 : « Heureux les invités au banquet des noces de l’Agneau. »

    Une homélie extraordinaire de Benoît XVI, encore inédite jusqu’à il y a peu, nous révèle le sens profond de cette image de l’Agneau de Dieu — et partant de l’épiphanie de Noël.

    Elle a été prononcée le 19 janvier 2014, un an après sa renonciation au pontificat, au monastère « Mater Ecclesiae » du Vatican, où il s’était retiré. Elle a été publiée dans le deuxième volume de ses homélies inédites de 2005 à 2017, imprimé en ce mois de décembre par la Libreria Editrice Vaticana sous le titre : « Dio è la vera realtà ».

    La messe est celle du deuxième dimanche du temps ordinaire de l’année A, avec les lectures d’Isaïe 49,3.5 – 6, du Psaume 40, de la première lettre aux Corinthiens 1,1 – 3 et de l’évangile de Jean 1,29 – 34.

    La reproduction de cette homélie a été autorisée par l’éditeur, et Settimo Cielo l’offre à ses lecteurs avec ses plus chaleureux vœux de Joyeux Noël.

    Et à bientôt, après l’Épiphanie !

    *

    L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde

    par Benoît XVI
    Homélie du deuxième dimanche du Temps ordinaire, année A
    19 janvier 2014

    Chers amis, dans l’Évangile, nous avons écouté le témoignage de Jean-Baptiste sur Jésus. Il indique trois éléments : d’abord, « l’Agneau de Dieu » ; ensuite, « il était avant moi », ce qui indique sa préexistence, autrement dit que ce Jésus, bien qu’arrivé tard dans l’histoire, était depuis toujours, il est le Fils de Dieu ; et troisièmement, que ce Jésus ne se contente pas de prêcher, ni d’inviter à la conversion, mais il donne une vie nouvelle, une nouvelle naissance, il nous donne une nouvelle origine en nous attirant en lui.

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  • Le baptême du Seigneur commenté par Benoît XVI

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    De l'homélie du pape Benoît XVI en la chapelle Sixtine, le 9 janvier 2011 :

    (...) Selon le récit de l'évangéliste Matthieu (3, 13-17), Jésus va de la Galilée au fleuve du Jourdain pour se faire baptiser par Jean; en effet, on accourait de toute la Palestine pour écouter la prédication de ce grand prophète, l'annonce de l'avènement du Royaume de Dieu, et pour recevoir le baptême, c'est-à-dire se soumettre à ce signe de pénitence qui appelait à la conversion du péché. En dépit de son nom de «baptême», il n'avait pas la valeur sacramentelle du rite que nous célébrons aujourd'hui; comme vous le savez, c'est en effet par sa mort et sa résurrection que Jésus institue les sacrements et donne naissance à l'Eglise. Celui qui était conféré par Jean était plutôt un acte pénitentiel, un geste qui invitait à l'humilité devant Dieu, pour un nouveau commencement: en se plongeant dans l'eau, le pénitent reconnaissait avoir péché, implorait de Dieu la purification de ses fautes et était invité à changer ses comportements erronés en mourant pour ainsi dire dans l'eau et en ressuscitant à une vie nouvelle.

    C'est pourquoi, lorsque Jean-Baptiste voit Jésus, qui, dans la file avec les pécheurs, vient se faire baptiser, il est stupéfait; reconnaissant en Lui le Messie, le Saint de Dieu, Celui qui est sans péché, Jean manifeste sa perplexité: lui-même, Jean-Baptiste, aurait voulu se faire baptiser par Jésus. Mais Jésus l'exhorte à ne pas opposer de résistance, à accepter de faire ce geste, pour faire ce qui est nécessaire pour «accomplir parfaitement ce qui est juste». Par cette expression, Jésus montre qu'il est venu dans le monde pour faire la volonté de Celui qui l'a envoyé, pour accomplir tout ce que le Père lui demande; c'est pour obéir au Père qu'il a accepté de se faire homme. Ce geste révèle avant tout qui est Jésus: il est le Fils de Dieu, vrai Dieu comme le Père; il est Celui qui «s'est abaissé» pour se faire l'un de nous; Celui qui s'est fait homme et a accepté de s'humilier jusqu'à la mort de la croix (cf. Ph 2, 7). Le baptême de Jésus, que nous célébrons aujourd'hui, se situe dans cette logique de l'humilité: c'est le geste de celui qui veut se faire en tout l'un de nous et se mettre dans la file avec les pécheurs; Lui, qui est sans péché, se laisse traiter comme un pécheur (cf. 2 Co 5, 21), pour porter sur ses épaules le poids de la faute de l'humanité tout entière. Il est le «Serviteur du Seigneur » dont le prophète Isaïe nous a parlé dans la première lecture (cf. 42, 1). Son humilité est dictée par sa volonté d'établir une communion plénière avec l'humanité, par le désir de réaliser une véritable solidarité avec l'homme et avec sa condition. Le geste de Jésus anticipe la Croix, l'acceptation de la mort pour les péchés de l'homme. Cet acte d'abaissement par lequel Jésus veut se conformer totalement au dessein d'amour du Père, manifeste la pleine harmonie de volonté et d'intention qu'il y a entre les personnes de la Très Sainte Trinité. Par cet acte d'amour, l'Esprit de Dieu se manifeste comme une colombe et vient au-dessus de Lui, et à ce moment-là, l'amour qui unit Jésus au Père est témoigné à ceux qui assistent au baptême par une voix d'en-haut, que tous entendent. Le Père manifeste ouvertement aux hommes la communion profonde qui le lie au Fils: la voix qui résonne d'en-haut atteste que Jésus est obéissant en tout au Père, et que cette obéissance est l'expression de l'amour qui les unit entre eux. C'est pourquoi le Père place sa complaisance en Jésus, parce qu'il reconnaît dans l'action du Fils le désir de suivre en tout sa volonté: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j'ai mis tout mon amour» (Mt 3, 17). Et cette parole du Père fait allusion aussi, de façon anticipée, à la victoire de la résurrection et nous dit comment nous devons vivre pour plaire au Père, en nous comportant comme Jésus. (...)

  • "Dilexisti iustitiam"; introit grégorien de la messe du dimanche du Baptême du Seigneur

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    Introitus Introït
    Ps. 44, 8 Ps. 44,8
    DILEXÍSTI iustítiam, et odísti iniquitátem: proptérea unxit te Deus, Deus tuus, óleo lætítiæ præ consórtibus tuis. (T. P. Allelúia, allelúia.) Ps. ibid., 2 Eructávit cor meum verbum bonum: dico ego ópera mea Regi. ℣. Glória Patri. Tu as aimé la justice et haï l’iniquité : c’est pourquoi, Dieu, ton Dieu, t' oint d’une huile d’allégresse d’une manière plus excellente que tous tes compagnons. (T.P. Alléluia, alléluia.). Ps. De mon cœur a jailli une bonne parole : c’est au roi que je raconte mes œuvres. ℣. Gloire au Père.
  • L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de janvier

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    De Francesca Pollio Fenton sur CNA :

    Voici l'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de janvier

    8 janvier 2026

    L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de janvier est que les fidèles prient avec la parole de Dieu.

    Dans une vidéo diffusée le 7 janvier sur X, le Saint-Père a déclaré qu'il priait « pour que nous apprenions, pratiquions et aimions prier avec la parole de Dieu ».

    « Les Écritures sont pour nous une lettre d’amour de Dieu à l’humanité », a-t-il déclaré. « Prions pour que nous puissions tous puiser dans ce don et apprendre à connaître notre Seigneur. »

    Initiative « Priez avec le Pape »

    Le Réseau mondial de prière du Pape et le Dicastère pour la Communication ont annoncé le 7 janvier le lancement du projet « Prier avec le Pape ». Selon un communiqué de presse, il s'agit d'une nouvelle initiative dans le cadre de laquelle le pape partagera ses intentions de prière mensuelles par vidéo et audio, « invitant l'Église universelle et toutes les personnes de bonne volonté à s'unir spirituellement, en utilisant la même prière qui sera désormais dirigée par le pape lui-même ».

    « Cette initiative vise à accroître la visibilité des intentions de prière du pape, en utilisant un langage adapté à la prière, dans de nouveaux formats, afin de mieux toucher les fidèles du monde entier, notamment dans le monde actuel de la communication numérique », indique le communiqué de presse.

    Dans la vidéo intégrale diffusée sur le site web du Réseau mondial de prière du Pape, le pape Léon XIII récite une prière originale écrite spécialement pour l'intention de prière de ce mois-ci.

    Voici la prière complète du pape :

    Seigneur Jésus, Parole vivante du Père,

    En toi nous trouvons la lumière qui guide nos pas.

    Nous savons que le cœur humain vit dans l'agitation, avide de sens,

    et seul ton Évangile peut lui apporter paix et plénitude.

    Apprends-nous à t'écouter chaque jour dans les Écritures,

    nous laisser interpeller par votre voix,

    et pour discerner nos décisions

    de la proximité avec ton cœur.

    Que ta parole soit un réconfort dans la lassitude,

    l'espoir dans les ténèbres,

    et la force dans nos communautés.

    Seigneur, que ta parole ne soit jamais absente de nos lèvres ni de nos cœurs.

    la parole qui fait de nous des fils et des filles, des frères et des sœurs,

    disciples et missionnaires de votre royaume.

    Fais de nous une Église qui prie avec la Parole,

    qui s'appuie dessus et la partage avec joie,

    afin que l'espoir d'un monde nouveau puisse renaître en chaque personne.

    Que notre foi grandisse dans la rencontre avec toi à travers ta parole,

    nous émouvant du cœur

    tendre la main aux autres,

    servir les plus vulnérables,

    Pardonner, construire des ponts et proclamer la vie.

    Amen.

    L’option « Priez avec le Pape » est accessible sur le site web du Réseau mondial de prière du Pape et sur ses plateformes numériques.

  • C'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir

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    D'

    Le défi que Pierre Manent lance à l'Occident est complexe, affranchi de toute simple nostalgie.

    Dans son ouvrage « Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition », Manent affirme que c'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir.

    Au milieu du XVIIe siècle, Blaise Pascal n'était pas le seul à s'inquiéter du fait que sa nation et son continent n'étaient plus suffisamment chrétiens. Aujourd'hui, l'idée d'une société chrétienne est bien plus éloignée de la réalité qu'à l'époque de Pascal, et pourtant, comme l'écrivait T.S. Eliot dans son introduction à l'édition de poche de 1958 des  Pensées de Pascal chez Dutton, le monde moderne compte encore un nombre non négligeable de personnes pour qui « le christianisme, et le christianisme catholique, expliquent le mieux le monde et surtout le monde moral intérieur ».

    L’œuvre de Pascal nous offre une sagesse précieuse pour réfléchir non seulement à la manière d’être des chrétiens authentiques à chaque génération, mais aussi à la façon de reconstruire aujourd’hui la société occidentale sur la base de la foi qui l’a longtemps définie. Pierre Manent, figure emblématique de la philosophie politique française, réinterprète Pascal pour notre temps, ravivant l’espoir d’un avenir fidèle à la foi.

    Dans son nouvel ouvrage publié aux Presses de l'Université de Notre Dame,  *Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition*  ( traduit par Paul Seaton ), Manent commence par un constat sans détour de l'état spirituel actuel de son continent : « L'Europe n'aborde pas la question de Dieu, si ce n'est pour la tenir à distance. Elle ne fait que l'effleurer afin de ne pas en être affectée. » En Europe aujourd'hui, et sans doute aussi aux États-Unis, on ne sait guère par où commencer pour examiner ce qu'est le christianisme, ce qu'il devrait être, ou ce qu'il devrait apporter à l'individu. Plus important encore, rares sont ceux qui osent même s'interroger sur la possibilité d'être un  peuple chrétien . Comme le souligne Manent dans un ouvrage précédent, *  Beyond Radical Secularism* ( 2015 ), la société chrétienne est devenue presque du jour au lendemain « un monde aussi éloigné de nous que les Grecs et les Romains ».

    C'était une anomalie dans le système séculier ; aussi, lorsque des foules de jeunes adultes, chapelets à la main, ont encerclé la cathédrale Notre-Dame de Paris, menacée par les flammes, le 15 avril 2019, implorant qu'on l'épargne, ce jour-là, tandis que le père Jean-Marc Fournier se précipitait à l'intérieur pour sauver la relique de la couronne d'épines du Christ, c'était comme si les plus hautes valeurs d'une époque révolue avaient fait irruption dans le relativisme établi de l'ère post-chrétienne. Une église, et par extension l'  Église, semblait de nouveau primordiale aux yeux du monde. Ou peut-être un géant endormi s'était-il brièvement réveillé.

    Dans ces moments-là, l'indifférence envers le christianisme, ancrée dans ce qu'Eliot décrit comme le « point de vue incrédule » de Voltaire, paraît absurde. Nous comprenons que tout n'est pas perdu. Il reste encore un territoire religieux intact, et un travail de restauration passionnant nous attend, nous qui croyons. Comme l'écrit Daniel J. Mahoney dans sa préface minutieuse à  *Challenging Modern Atheism and Indifference* , « l'Europe ne peut échapper à l'influence du christianisme ».

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  • L'Année Sainte est terminée; quel bilan ?

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    De kath.net/news :

    Que reste-t-il à la fin de l'Année Sainte ?

    6 janvier 2026

    Selon les dernières estimations, Rome a accueilli cette année 35 millions de visiteurs – un tournant marqué par le changement de pape –, le prochain grand événement religieux étant prévu pour 2033 – analyse de Sabine Kleyboldt

    Un triste événement a marqué la première moitié de l'« Année jubilaire » 2025 : le décès du pape François le 21 avril. Cela ne s'était produit auparavant que lors de l'Année sainte de 1700, année du décès d'Innocent XII.

    Mais le point bas de 2025 a aussi marqué un tournant. Après une sorte de vide causé par la maladie, l'hospitalisation et le décès du pape François, un nouveau départ était possible. Et Léon XIV, élu le 8 mai, s'est immédiatement mis au travail : il a repris les réunions spéciales pour l'Année sainte, dont beaucoup avaient été annulées en raison de l'absence du pape François à partir de la mi-février.

    56 guerres dans le monde

    L’archevêque Rino Fisichella, délégué du pape pour l’Année sainte, évoque une Église dynamique et en mouvement, comme en témoignent les flux de pèlerins venus du monde entier. « Nous, chrétiens, devons être de véritables “pèlerins de l’espérance” dans un monde ébranlé par 56 guerres », déclare-t-il, faisant allusion à la devise de l’Année sainte. Il ajoute que cet événement d’envergure témoigne du profond désir de spiritualité qui anime les fidèles.

    Dans le même temps, il espère des répercussions politiques suite à cette année anniversaire. Presque chaque week-end, des rencontres thématiques spécifiques ont été organisées, notamment pour les personnes démunies, les prisonniers, les gouvernements, les prêtres, les diacres, les personnels soignants, les magistrats, les médias, les chorales, les athlètes, les personnalités influentes, les familles, les jeunes et les personnes âgées. Lors de ces rencontres, le Pape a notamment plaidé pour des mesures de remise de peine, le remboursement de la dette écologique des pays riches envers les pays pauvres et, à plusieurs reprises, pour la fin des guerres, des violences et des injustices. Fisichella espère que ces initiatives auront désormais un impact politique.

    Nouvelle « salle d'écoute » dans la basilique Saint-Pierre

    Le Vatican lui-même a répondu à l'évolution des attentes des fidèles envers l'Église : en septembre, un « espace d'écoute » a été aménagé dans la basilique Saint-Pierre. Dans un simple box situé dans le bas-côté gauche, chacun peut confier ses problèmes et ses questions existentielles à des prêtres, des religieux ou des laïcs. Orazio Pepe, secrétaire de l'atelier de la basilique, y voit une nouvelle forme d'ouverture, accessible également aux personnes sans appartenance religieuse.

    Le Vatican réagissait à l'afflux massif de visiteurs, dont certains n'étaient pas des pèlerins fervents. Dès la mi-décembre, les organisateurs estimaient leur nombre à 32 millions ; à la fermeture des portes le 6 janvier, ce chiffre avoisinait probablement les 35 millions. À titre de comparaison, en 2000, « seulement » 25 millions de personnes s'étaient rendues au Vatican, et lors de l'Année sainte de la Miséricorde en 2016, ce nombre s'élevait à 20 millions.

    1,2 million de jeunes

    Le nombre de participants au rassemblement des jeunes pour l'Année sainte était également gigantesque : début août, selon les organisateurs, 1,2 million de jeunes se sont réunis au sud-est de Rome pour célébrer eux-mêmes, le pape et leur foi.

    L’Année Sainte touche à sa fin et Léon XIV a gagné en assurance dans sa présence publique. Au début de l’année, il a déclaré que l’Année Sainte était le signe d’un monde « renouvelé et réconcilié selon le dessein de Dieu ». Dans ce dessein, Rome occupe une place particulière. Il souhaite que Rome, inspirée par l’espérance chrétienne, puisse à l’avenir servir encore plus pleinement le dessein de Dieu pour l’humanité.

    Durant l’Année Sainte, les fidèles se rendaient à Rome pour prier sur le tombeau de l’apôtre Pierre et réaffirmer leur engagement envers le Christ. « Cela nous rappelle que toute notre vie est un cheminement dont le but ultime transcende l’espace et le temps, pour s’accomplir dans la rencontre avec Dieu, dans une communion parfaite et éternelle avec lui. » Franchir la Porte Sainte en priant et en demandant des indulgences pour le pardon des péchés participe de cette « rencontre entre le fini et l’infini ».

    Par ailleurs, Léon XIV a proclamé une « Année Sainte de la Rédemption » pour 2033, commémorant le 2000e anniversaire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Le pape espère que non seulement les catholiques, mais aussi toutes les confessions chrétiennes témoigneront de leur foi et de leur unité lors d'un grand rassemblement à Jérusalem. « L'Église doit se préparer et vivre ces deux millénaires écoulés depuis la Rédemption avec une ferveur sans précédent », a souligné l'archevêque Fisichella. Il est donc temps de se mobiliser pour la prochaine Année Sainte.