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Spiritualité

  • Que nous enseigne la Semaine sainte sur le sens de la souffrance ?

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    Du Frère René Stockman sur le Catholic Herald :

    Que nous enseigne la Semaine sainte sur le sens de la souffrance ?

    La Semaine sainte est une semaine particulière de l'année liturgique, qui commence avec la levée des rameaux le dimanche des Rameaux et se termine avec le chant de l'Alléluia le jour de Pâques. Entre ces deux jours de célébration, nous commémorons la tragédie que Jésus a dû endurer pour finalement ressusciter victorieusement et accomplir ainsi la rédemption de toute l'humanité. Rares sont les semaines où la joie et la souffrance sont si intimement liées.

    Mais concentrons-nous sur la souffrance, thème central de la Semaine Sainte, que nous laissons nous pénétrer d'une manière particulière lors de la célébration liturgique empreinte de recueillement du Vendredi Saint. En ce jour, nous sommes confrontés à la forme la plus extrême de la souffrance, celle de celui qui est torturé injustement et condamné à la crucifixion : « Scandale pour les Juifs, folie pour les païens » (1 Co 1, 23). Quel que soit le contexte, nous ne pouvons que nous indigner de telles souffrances, de la même manière que nous sommes profondément révoltés par les souffrances causées par les génocides et, aujourd'hui, par les guerres qui, en de nombreux lieux, engendrent tant de misère. Le Christ meurt chaque jour dans tous ces lieux où des êtres humains sont sacrifiés à la violence aveugle et à la haine mutuelle.

    Où est Dieu au milieu de toute cette souffrance ? C’est la question qui se posait dans les camps de concentration et qui résonne encore aujourd’hui. Pourquoi Dieu permet-il cette souffrance, surtout quand le Christ nous a enseigné à le connaître comme un Dieu d’amour ? Comment concilier l’immense souffrance du monde avec cet amour divin ? Ou bien Dieu utilise-t-il cette souffrance pour punir les hommes de leur vie immorale ?

    Ces questions étaient déjà posées dans les textes de l'Ancien Testament, et notamment dans le Livre de Job, où l'on s'interroge sur la possibilité de considérer la souffrance comme un châtiment divin. Cette question est explorée en profondeur dans un texte magnifique, qui met en lumière deux éléments essentiels : la souffrance n'est pas causée par Dieu, mais par le mal, et il n'existe aucun lien entre souffrance et châtiment divin. Bien sûr, cela n'apporte qu'une réponse partielle et laisse de nombreuses interrogations en suspens.

    Les premières pages de l'Ancien Testament, et notamment le livre de la Genèse, s'attachent à développer une anthropologie singulière à travers un récit décrivant l'origine de l'humanité et la manière dont Dieu créa les hommes bons, entièrement à son image et à sa ressemblance, par et avec son amour, et vivant ainsi en parfaite harmonie avec Dieu, avec eux-mêmes, avec leurs semblables et avec toute la création. La seule raison pour laquelle Dieu créa l'homme était le désir de partager avec nous ce qui le caractérise le plus : son amour infini tel qu'il se manifeste dans la relation entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Mais pour participer à cet amour en tant qu'être humain, la liberté est nécessaire, car l'amour ne peut être imposé, il ne peut que s'inviter. 

    Ceci complète l'image de l'homme : créé à l'image de Dieu par amour et doté de la capacité d'entrer librement dans cet amour. Mais par liberté, nous entendons aussi la possibilité de faire des choix, pour ou contre l'amour. C'est ce drame humain qui est décrit avec force dans ce même livre de la Genèse, où l'homme est tenté de devenir son propre dieu et de se détourner ainsi de l'amour de Dieu. 

    Cette tentation provient d'une puissance extérieure à Dieu et à l'homme, que nous appelons le diable, dont nous ne connaissons l'existence que parce que nous pouvons encore percevoir son œuvre en nous-mêmes chaque jour. Une fois encore, c'est Paul qui l'exprime avec justesse : « Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas. Quand je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, mais le péché qui habite en moi » (Romains 7:19-20). 

    Chaque fois que nous, êtres humains, nous détournons de Dieu et de son amour et choisissons de devenir notre propre dieu, nous nous laissons envahir par le mal et répétons ce que la Genèse décrit comme le péché originel. Or, avec le mal est apparue la souffrance dans la vie humaine, car l'harmonie originelle a été brisée. La nature humaine est devenue une nature brisée, sujette à la souffrance et à la mort. Sans vouloir entraver la liberté humaine ni son amour pour l'humanité, Dieu a adapté son amour et l'a transformé en miséricorde : compassion pour ceux qui souffrent et pardon pour ceux qui pèchent. La compassion et le pardon sont devenus les attributs par lesquels Dieu a voulu être proche de l'humanité dans sa fragilité, comme une expression durable de son amour pour elle.

    On entend souvent cette question : Dieu n’est-il pas assez puissant pour vaincre le mal ? Ce que nous appelons le mal est-il plus puissant que Dieu ? Nous disons Dieu tout-puissant, n’est-ce pas ? Certes, Dieu est tout-puissant et a manifesté son omnipotence dans la création ; il la manifestera de nouveau pleinement à la fin des temps. Mais en attendant, on peut parler d’une omnipotence contenue en Dieu, une omnipotence qui se subordonne à ce qui est propre à l’homme : sa liberté. Et c’est dans cette liberté que le mal peut agir. Il est dans la nature humaine que le mal se manifeste constamment en opposition au bien et contraint les êtres humains à faire des choix.

    Pourtant, Dieu est allé plus loin que la simple transformation de son amour en miséricorde. Il a choisi de se rendre présent en nous, le Créateur devenant sa propre créature, afin de combattre le mal de l'intérieur. C'est l'Incarnation, le fait de devenir humain, par lequel Dieu lui-même s'est fait homme en Jésus-Christ. Toute la vie de Jésus-Christ doit être comprise dans cette perspective : son désir d'enseigner aux hommes le vrai visage de Dieu, les appelant sans cesse à se conformer à son image et ainsi à vivre pleinement leur vocation d'êtres humains.

    Mais Jésus-Christ a aussi combattu le mal et ses conséquences. Partout où il allait, il manifestait la miséricorde de Dieu en pardonnant les péchés et en guérissant les malades. Ainsi, la compassion de Dieu pour ceux qui souffrent et son pardon pour ceux qui pèchent sont devenus très concrets à travers les actions de Jésus.

    Cependant, la mission ultime de Jésus-Christ allait encore plus loin. Et c'est ce que nous commémorons le Vendredi saint. Par Jésus-Christ, Dieu s'est laissé saisir et vaincre par le mal : non par le péché, mais par sa conséquence, la souffrance. La mort sur la croix est le triomphe du mal, qui a porté la souffrance à son comble. Non, aucune souffrance plus grande n'est concevable, et en cela, le Christ manifeste sa solidarité avec tous ceux qui souffrent de manière inhumaine. Lorsque nous souffrons, nous pouvons lever les yeux vers la croix et réaliser que Lui aussi, qui était Dieu, a emprunté le même chemin. Il n'existe pas de plus grande solidarité ni de plus grande compassion.

    Mais au moment où le mal crut avoir vaincu Dieu, il fut dépouillé de son pouvoir absolu, et cela se produisit lors de la Résurrection. Jésus-Christ, Dieu fait homme, ressuscita et triompha de la mort. Dès lors, la mort n'aurait plus le dernier mot, mais la vie éternelle en Dieu et avec Dieu. La souffrance et la mort de Jésus-Christ, qui, d'un point de vue purement humain, pourraient être considérées comme un échec total, devinrent le chemin divin de la rédemption, nous libérant de l'emprise absolue du mal. Ce chemin devint le nôtre. Si la souffrance de Jésus-Christ suscita une grande solidarité avec tous ceux qui souffrent et fut un signe puissant de la compassion de Dieu pour eux, la souffrance, en tant qu'acte de rédemption, acquit une signification supplémentaire. La souffrance, en apparence totalement dénuée de sens, acquit ainsi une signification ultime.

    Et nous voici arrivés à la leçon la plus importante du Vendredi saint. Par la souffrance, la mort et la Résurrection de Jésus-Christ, toute l'humanité a été rachetée du pouvoir absolu du mal, de la mort. Cet événement s'est produit en un instant et en un lieu précis, mais ses répercussions s'étendent à tous les peuples et à tous les temps. La rédemption de ceux qui ont vécu et sont morts dans le passé est commémorée le Samedi saint et symboliquement représentée par Jésus saisissant avec force le poignet d'Adam dans le séjour des morts pour le faire passer des ténèbres à la lumière de la Résurrection. Mais à Pâques même, nous pouvons célébrer la foi que nous pouvons tous participer à cette Résurrection. Jésus-Christ a lui aussi souffert, est mort et est ressuscité pour moi, m'offrant ainsi la perspective de la vie éternelle.

    Écoutons encore Paul, qui écrit : « Maintenant, je me réjouis dans mes souffrances pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ » (Col. 1, 24). Reste-t-il quelque chose à ajouter aux souffrances du Christ ? N’étaient-elles pas complètes, pour tous, ceux qui ont vécu et ceux qui vivront ? Certes, nous ne pouvons ni n’avons besoin d’ajouter quoi que ce soit à ces souffrances, mais nous pouvons y participer mystiquement, en les unissant à celles de Jésus sur la croix. J’aime à la décrire comme la quinzième œuvre de miséricorde. Les treize œuvres sont très concrètes, et la quatorzième suggère que nous pouvons les compléter, les parfaire par nos prières pour les vivants et les morts. Il s’agit de demander à Dieu d’accomplir, de parachever, ce que nous avons commencé. Mais peut-être pouvons-nous aussi appliquer cela à nos propres souffrances. 

    Lorsque nous souffrons, nous n'avons plus la force d'accomplir d'œuvres de miséricorde. Pourtant, même à travers cette souffrance, nous pouvons participer à l'œuvre de rédemption que Jésus-Christ a accomplie pour nous. C'est Jésus-Christ lui-même qui donne un sens à notre souffrance, tout comme sa propre souffrance, en apparence dénuée de sens, fut l'acte le plus important qu'il pouvait et devait accomplir : racheter toute l'humanité de l'emprise absolue du mal. En offrant consciemment notre souffrance pour le salut de nos semblables, ou peut-être pour le salut de cet être humain en particulier, notre souffrance acquiert une signification que nous ne pourrions jamais lui donner par nous-mêmes. Elle devient un instrument divin pour concrétiser notre miséricorde à travers la souffrance, au lieu de l'enfermer dans ce que nous qualifions aujourd'hui de désespéré et donc d'absurde. C'est un chemin qui nous est offert et auquel nous pouvons nous engager avec foi.

    Que cette Semaine Sainte soit un moment privilégié pour méditer profondément sur les souffrances endurées par Jésus-Christ, sur les souffrances inhumaines de tant de personnes aujourd'hui, et aussi sur nos propres souffrances, auxquelles nul n'est épargné, et pour inscrire tout cela dans la grande dynamique instaurée par la mort sur la croix : comment nous sommes tous conduits du Vendredi Saint à Pâques. C'est dans cette dynamique que nous aussi, par nos souffrances, pouvons participer.

    Le Frère René Stockman est l'ancien supérieur général de la Congrégation des Frères de la Charité et un spécialiste des soins psychiatriques.

  • Gravir "l'Echelle du Paradis" avec Jean Climaque (30 mars)

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    De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 11 février 2009 :

    Jean Climaque

    Chers frères et sœurs,

    Après vingt catéchèses consacrées à l'Apôtre Paul, je voudrais reprendre aujourd'hui la présentation des grands Ecrivains de l'Eglise d'Orient et d'Occident de l'époque médiévale. Et je propose la figure de Jean, dit Climaque, translittération latine du terme grec klímakos, qui signifie de l'échelle (klímax). Il s'agit du titre de son œuvre principale, dans laquelle il décrit l'ascension de la vie humaine vers Dieu. Il naquit vers 575. Sa vie se déroula donc pendant les années où Byzance, capitale de l'empire romain d'Orient, connut la plus grande crise de son histoire. A l'improviste, le cadre géographique de l'empire se transforma et le torrent des invasions barbares fit s'effondrer toutes ses structures. Seule tint bon la structure de l'Eglise, qui continua pendant ces temps difficiles à exercer son action missionnaire, humaine et socio-culturelle, en particulier à travers le réseau des monastères, dans lesquels œuvraient de grandes personnalités religieuses, comme celle, précisément, de Jean Climaque.

    Jean vécut et raconta ses expériences spirituelles dans les montagnes du Sinaï, où Moïse rencontra Dieu et Elie en entendit la voix. On conserve des informations le concernant dans une brève Vita (pg 88, 596-608), écrite par le moine Daniel de Raito:  à seize ans, Jean, devenu moine sur le mont Sinaï, y devint le disciple de l'abbé Martirio, un "ancien"; c'est-à-dire un "sage". Vers vingt ans, il choisit de vivre en ermite dans une grotte au pied de la montagne, dans un lieu appelé Tola, à huit kilomètres du monastère de Sainte-Catherine. Mais la solitude ne l'empêcha pas de rencontrer des personnes souhaitant avoir une direction spirituelle, ainsi que de se rendre en visite dans plusieurs monastères à Alexandrie. En effet, sa retraite d'ermite, loin d'être une fuite du monde et de la réalité humaine, déboucha sur un amour ardent pour les autres (Vita 5) et pour Dieu (Vita 7). Après quarante ans de vie érémitique vécue dans l'amour pour Dieu et pour son prochain, des années pendant lesquelles il pleura, il pria, il lutta contre les démons, il fut nommé higoumène du grand monastère du mont Sinaï et revint ainsi à la vie cénobitique, dans un monastère. Mais, quelques années avant sa mort, nostalgique de sa vie d'ermite, il laissa à son frère, moine dans le même monastère, la conduite de la communauté. Il mourut après 650. La vie de Jean se développe entre deux montagnes, le Sinaï et le Thabor, et on peut vraiment dire que de lui rayonna la lumière vue par Moïse sur le Sinaï et contemplée par les trois apôtres sur le Thabor.

    Il devint célèbre, comme je l'ai déjà dit, pour l'œuvre intitulée l'Echelle (klímax), qualifiée en Occident comme Echelle du paradis (pg 88, 632-1164). Composée sur la requête insistante du proche higoumène du monastère de Raito au Sinaï, l'Echelle est un traité complet de vie spirituelle, où Jean décrit le chemin du moine depuis le renoncement au monde jusqu'à la perfection de l'amour. C'est un chemin qui - selon ce livre - se développe à travers trente marches, chacune d'elle étant liée à la suivante. Le chemin peut être synthétisé en trois phases successives:  la première s'exprime dans la rupture avec le monde dans le but de retourner à l'état de l'enfance évangélique. L'essentiel n'est donc pas la rupture, mais le lien avec ce que Jésus a dit, c'est-à-dire revenir à la véritable enfance dans un sens spirituel, devenir comme les enfants. Jean commente:  "Une bonne fondation est celle qui est formée par trois bases et par trois colonnes:  innocence, jeûne et chasteté. Que tous les nouveau-nés en Christ (cf. 1 Co 3, 1) commencent par ces choses, en prenant exemple de ceux qui sont nouveau-nés physiquement" (1, 20; 636). Le détachement volontaire des personnes et des lieux chers permet à l'âme d'entrer en communion plus profonde avec Dieu. Ce renoncement débouche sur l'obéissance, qui est une voie vers l'humilité à travers les humiliations - qui ne manqueront jamais - de la part des frères. Jean commente:  "Bienheureux celui qui a mortifié sa propre volonté jusqu'à la fin et qui a confié le soin de sa propre personne à son maître dans le Seigneur:  en effet, il sera placé à la droite du Crucifié!" (4, 37; 704).

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  • Jean Climaque dresse une échelle vers le Ciel

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    saint-Jean-Climaque-2.jpgSAINT JEAN CLIMAQUE (525-605) est fêté le 30 mars

    "Il venait de Palestine quand il se rendit au monastère Sainte-Catherine du Sinaï. Il avait 16 ans et il y restera dix-neuf ans sous la direction d'un moine vénérable qui lui apprend la vie parfaite. Un jour, ce dernier l'emmène auprès d'abba Jean le Sabaïte, ascète respecté. Celui-ci verse de l'eau dans un bassin et lave les pieds de Jean, et non pas du vénérable vieillard. Interrogé pourquoi, Jean le Sabaïte répond : « J'ai lavé les pieds de l'higoumène du Sinaï. »

    La prophétie devait se réaliser quelques décennies plus tard. En attendant, son maître étant mort, Jean se retire au désert durant quarante  ans. Il ne refuse jamais de donner quelques conseils et quelques enseignements quand on vient le trouver. Des envieux le traitant de bavard, Jean comprend qu'on enseigne plus par les œuvres que par les paroles. Il rentre alors dans le silence. On devra le supplier de reprendre ses enseignements, ce qu'il fera par miséricorde. Après avoir longuement visité les monastères de l'Égypte, il revient au Sinaï et c'est à ce moment qu'il est élu higoumène du monastère Saint- Catherine.

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  • Vexilla Regis prodeunt

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    Le Vexilla Regis est l’hymne du temps de la Passion et des fêtes de la Sainte Croix. Son texte (comme celui du Pange lingua du Vendredi Saint) fut composé par l’hymnographe saint Venance Fortunat au VIème siècle, à l’occasion de la réception solennelle des reliques de la vraie Croix à Poitiers par la reine de France sainte Radegonde.

    Vexilla regis prodeunt

    fulget crucis mysterium
    quo carne carnis conditor
    suspensus est patibulo.

    Quo, vulneratus insuper
    mucrone diro lanceae
    ut nos lavaret crimine
    manavit unda et sanguine.

    Arbor docora et fulgida,
    ornata regis purpura,
    electa digno stipite
    tam sancta membra tangere !

    Beata, cuius brachiis
    saecli pependit pretium ;
    statera facta est corporis
    praedam tulitque tartari.

    Salve, ara, salve victima,
    de passionis gloria,
    qua vita mortem pertulit
    et morte vitam reddidit !

    O crux, ave, spes unica !
    hoc passionis tempore
    piis adauge gratiam
    reisque dele crimina.

    Te, fons salutis, Trinitas,
    collaudet omnis spiritus ;
    quos per crucis mysterium
    salvas, fove per saecula.

    Les étendards du roi s'avancent
    mystère éclatant de la croix
    au gibet fut pendue la chair
    du créateur de toute chair.

    C'est là qu'il reçut la blessure
    d'un coup de lance très cruel
    et fit jaillir le sang et l'eau
    pour nous laver de nos péchès.

    Arbre dont la beauté rayonne,
    paré de la pourpre du roi,
    d'un bois si beau qu'il fut choisi
    pour toucher ses membres très saints !

    Arbre bienheureux ! À tes branches
    la rançon du monde a pendu !

    Tu devins balance d'un corps
    et ravis leur proie aux enfers !

    Salut, autel ! Salut, victime
    de la glorieuse passion !
    La vie qui supporta la mort,
    par la mort a rendu la vie.

    O croix, salut, espoir unique !
    En ces heures de la passion
    augmente les grâces des saints,
    remets les fautes des pécheurs.

    Trinité, source salutaire,
    que te célèbre tout esprit ;
    ceux que tu sauves par la croix,
    protège-les à tout jamais.

  • Gloria, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor

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    L'hymne Gloria, laus ou « Gloria, laus et honor tibi » (en français : À toi gloire, louange et honneur) était traditionnellement attribuée, avec le titre d'un chant de procession, à l'évêque Théodulfe d'Orléans (mort vers 820), lorsqu'il était détenu à l'abbaye Saint-Aubin d'Angers vers 810-815. Ce chant est toujours en vigueur aujourd'hui pour la procession du dimanche des Rameaux dans l'Église catholique.

    R/ Gloria, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor,
    Cui puerile decus prompsit Hosanna pium.
    Gloire, louange et honneur à Toi, Christ Roi Sauveur.
    Pour toi le cortège des enfants chanta "Hosanna !"

    1.- Israel es tu rex, Davidis et inclyta proles,
    Nomine qui in Domini, rex benedicte, venis.
    Tu es le roi d'Israël, tu es le glorieux rejeton de David,
    roi béni qui viens au nom du Seigneur.

    2.- Cœtus in excelsis te laudat cælicus omnis,
    et mortalis homo, et cuncta creata simul.
    Le chœur céleste en entier te loue au plus haut des cieux ;
    à lui se joint l'homme mortel et toute la création.

    3.- Plebs Hebræa tibi cum palmis obvia venit ;
    Cum prece, voto, hymnis, adsumus ecce tibi.
    Le peuple hébreu vint au devant de toi avec des palmes,
    avec nos prières, nos vœux et nos hymnes, nous voici devant toi.

    4.- Hi tibi passuro solvebant munia laudis ;
    nos tibi regnanti pangimus ecce melos.
    Ceux-ci te payaient leur tribut de louanges, alors que tu allais souffrir ;
    Et nous, voici que nous te célébrons par nos chants, maintenant que tu règnes.

    5.- Hi placuere tibi, placeat devotio nostra ;
    rex bone, rex clemens, cui bona cuncta placent.
    Ils ont su te plaire, que te plaise aussi notre dévotion :
    bon Roi, doux Roi, à qui plaît tout ce qui est bon.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gloria,_laus_et_honor

  • Rameaux : aller en pèlerinage avec le Seigneur vers le haut (Benoît XVI)

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    CÉLÉBRATION DU DIMANCHE DES RAMEAUX
    ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR 

    HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

    Place Saint-Pierre
    XXVIe Journée Mondiale de la Jeunesse
    Dimanche 17 avril 2011

    Chers frères et sœurs,
    Chers jeunes!

    Chaque année, le dimanche des Rameaux, nous sommes à nouveau émus de gravir avec Jésus le mont vers le sanctuaire, et de l’accompagner tout au long de ce chemin vers le haut. En ce jour, sur toute la face de la terre et à travers tous les siècles, jeunes et personnes de tout âge l’acclament en criant: «Hosanna au fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!»

    Mais que faisons-nous vraiment lorsque nous nous insérons dans une telle procession – parmi la foule de ceux qui montaient avec Jésus à Jérusalem et l’acclamaient comme roi d’Israël? Est-ce quelque chose de plus qu’une cérémonie, qu’une belle coutume? Cela a-t-il quelque chose à voir avec la véritable réalité de notre vie, de notre monde? Pour trouver la réponse, nous devons avant tout clarifier ce que Jésus lui-même a, en réalité, voulu et fait. Après la profession de foi, que Pierre avait faite à Césarée de Philippe, à l’extrême nord de la Terre Sainte, Jésus s’était mis en route, en pèlerin, vers Jérusalem pour les fêtes de la Pâque. Il est en chemin vers le Temple dans la Cité Sainte, vers ce lieu qui, pour Israël, garantissait de façon particulière la proximité de Dieu à l’égard de son peuple. Il est en chemin vers la fête commune de la Pâque, mémorial de la libération d’Égypte et signe de l’espérance dans la libération définitive. Il sait qu’une nouvelle Pâque l’attend et qu’il prendra lui-même la place des agneaux immolés, s’offrant lui-même sur la Croix. Il sait que, dans les dons mystérieux du pain et du vin, il se donnera pour toujours aux siens, il leur ouvrira la porte vers une nouvelle voie de libération, vers la communion avec le Dieu vivant. Il est en chemin vers la hauteur de la Croix, vers le moment de l’amour qui se donne. Le terme ultime de son pèlerinage est la hauteur de Dieu lui-même, à laquelle il veut élever l’être humain.

    Notre procession d’aujourd’hui veut donc être l’image de quelque chose de plus profond, l’image du fait qu’avec Jésus, nous nous mettons en route pour le pèlerinage: par la voie haute vers le Dieu vivant. C’est de cette montée dont il s’agit. C’est le chemin auquel Jésus nous invite. Mais comment pouvons-nous maintenir l’allure dans cette montée? Ne dépasse-t-elle pas nos forces? Oui, elle est au-dessus de nos propres possibilités. Depuis toujours, les hommes ont été remplis – et aujourd’hui ils le sont plus que jamais – du désir d’"être comme Dieu", d’atteindre eux-mêmes la hauteur de Dieu. Dans toutes les inventions de l’esprit humain, on cherche, en fin de compte, à obtenir des ailes pour pouvoir s’élever à la hauteur de l’Être, pour devenir indépendants, totalement libres, comme Dieu l’est. Nombreuses sont les choses que l’humanité a pu réaliser: nous sommes capables de voler. Nous pouvons nous voir, nous écouter et nous parler d’un bout à l’autre du monde. Toutefois, la force de gravité qui nous tire vers le bas est puissante. Avec nos capacités, ce n’est pas seulement le bien qui a grandi. Les possibilités du mal ont aussi augmenté et se présentent comme des tempêtes menaçantes au dessus de l’histoire. Nos limites aussi sont restées: il suffit de penser aux catastrophes qui, ces derniers mois, ont affligé et continuent d’affliger l’humanité.

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  • Jésus est le Fils de Dieu

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    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le dimanche des Rameaux (archive 13 avril 2014):

    Pour expliquer la mise à mort de Jésus beaucoup avancent une raison politique ou sociale: les puissants n’auraient pas supporté la menace que la prédication et l’attitude de Jésus faisaient peser sur leur pouvoir ou sur l’ordre social. Il y a sûrement un peu de cela, mais cette explication ne remonte pas à la racine du problème qu’était Jésus pour ses adversaires. Si Jésus a été crucifié, c’est qu’il est le Fils de Dieu, qu’il a agi en Fils de Dieu et que l’humanité ne l’a pas supporté. Le désordre social que Jésus apportait ne reposait pas sur des revendications, mais sur la place qu’il faisait au pauvre et au pécheur, leur manifestant que Dieu venait vers eux, qu’ils comptaient pour lui et qu’il les appelait tandis que tant d’autres voulaient les ignorer. Cette place nouvelle ne leur était pas donnée simplement par un homme sympathique et altruiste, elle leur était offerte par Celui que le Père a envoyé du monde de Dieu dans le monde des hommes.

    Jésus est le Fils de Dieu. C’est ce qui a causé son rejet, et c’est une identité que nous les chrétiens avons à notre tour tendance à relativiser dans un vain effort de présenter un Christ acceptable par tous. Être le Fils de Dieu n’est pas pour Jésus une identité exotique et indéfinissable, une bizarrerie chrétienne un peu périmée que nous tiendrions surtout de saint Paul qui aurait forcé les traits des évangiles dans son sens un peu dogmatique. Jésus est le Fils de Dieu, cela veut dire qu’il nous révèle le Père sans voile, sans déformation, sans hésitation. Par lui Dieu, le créateur de l’immense univers, visite les hommes, les relève, leur ouvre un avenir et la vie éternelle par la communion à son cœur. Nous ne pouvons pas taire cela.

    Il nous est donné de côtoyer le Christ, de le connaître, de l’aimer, de le suivre. Avec lui nous rencontrons celui par qui tout est. Lorsque nous le tenons dans nos mains, nous portons le trésor le plus grand de la terre. Il n’y a pas de mot pour dire la puissance de vie qui est en lui. Le rejeter, ce n’est pas ignorer un bonheur facultatif ou superflu, mais c’est perdre la source et préférer les ténèbres à la lumière.

    En cette semaine sainte, vivons intensément aux côtés de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, accueillons son amitié et allons comme lui à la rencontre des pauvres de ce monde, des pauvres matériellement, affectivement et spirituellement. Ils doivent connaître la vie de Dieu, nul ne peut les en priver.

  • "Le signe de Jésus : donner la vie"; l'homélie du pape Léon XIV lors de son voyage à Monaco

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    EN PRINCIPAUTÉ DE MONACO

    MESSE

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Stade Louis II
    Samedi 28 mars 2026

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    Chers frères et sœurs,

    l’Évangile que nous venons d’entendre (cf. Jn 11, 45-57) rapporte une décision cruelle à l’égard de Jésus. Il nous raconte le jour où les membres du Sanhédrin « décidèrent de le tuer » (v. 53). Pourquoi cela lui arrive-t-il ? Parce qu’il a ressuscité Lazare d’entre les morts ; parce qu’il a redonné la vie à son ami, après avoir pleuré devant sa tombe en s’unissant à la douleur de Marthe et de Marie. C’est précisément Jésus, venu dans le monde pour nous libérer de la condamnation de la mort, qui est condamné à mort. Il ne s’agit pas d’une fatalité, mais d’une volonté précise et mûrement réfléchie.

    Le verdict de Caïphe et du Sanhédrin résulte d’un calcul politique fondé sur la peur : si Jésus continue à donner de l’espérance, transformant la souffrance du peuple en joie, « les Romains viendront » et ravageront le pays (cf. v. 48). Au lieu de reconnaître en ce Nazaréen le Messie, c’est-à-dire le Christ tant attendu, les chefs religieux voient en Lui une menace. Leur regard est faussé, au point que ce sont précisément les docteurs de la Loi qui la transgressent. Oubliant la promesse de Dieu à son peuple, ils veulent tuer l’innocent, car derrière leur peur se trouve l’attachement au pouvoir. Mais, si les hommes oublient la Loi qui commande de ne pas tuer, Dieu n’oublie pas la promesse qui prépare le monde au salut. Sa providence fait de ce verdict meurtrier le moyen de manifester un dessein d’amour suprême : malgré sa méchanceté, Caïphe « a prophétisé que Jésus allait mourir pour la nation » (v. 51).

    Nous assistons ainsi à deux mouvements opposés : d’une part, la révélation de Dieu, qui montre son visage de Seigneur tout-puissant et sauveur ; d’autre part, l’action occulte d’autorités puissantes, prêtes à tuer sans scrupule. N’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui ? À leur point de rencontre il y a le signe de Jésus : donner la vie. C’est un signe qui trouve en Lazare ressuscité son anticipation, la prophétie la plus proche de ce qui arrivera au Christ dans sa passion, sa mort et sa résurrection. En cette Pâque, le Fils mènera à son accomplissement l’œuvre du Père par la puissance de l’Esprit Saint. De même qu’au commencement des temps Dieu donna la vie à l’être à partir du néant, de même, à la plénitude des temps, Il rachètera toute vie de la mort qui ruine la création.

    La joie de la foi et la force de notre témoignage découlent de cette rédemption, en tout lieu et en tout temps. L’histoire de Jésus résume en effet le destin de chacun de nous, à commencer par les plus petits et les opprimés. Encore aujourd’hui, combien de calculs sont faits dans le monde pour tuer des innocents ; combien de fausses raisons sont revendiquées pour les éliminer ! Cependant face à l’insistance du mal la justice éternelle de Dieu se dresse, qui sans cesse nous délivre de nos tombeaux, comme pour Lazare, et nous donne une vie nouvelle. Le Seigneur libère de la souffrance en suscitant l’espérance. Il convertit la dureté du cœur en transformant le pouvoir en service, en manifestant le véritable nom de sa toute-puissance : miséricorde. C’est la miséricorde qui sauve le monde : elle prend soin de chaque existence humaine, depuis son apparition dans le sein maternel jusqu’au moment où elle se flétrit, et dans toute ses fragilités. Comme l’a enseigné le Pape François, la culture de la miséricorde repousse la culture du rejet.

    La voix des prophètes, que nous venons d’entendre, témoigne de la manière dont Dieu accomplit son dessein de salut. Dans la première lecture, Ézéchiel annonce que l’œuvre divine commence par une libération (Ez 37,23) et s’accomplit par la sanctification du peuple (cf. v. 28) : un chemin de conversion, comme celui dont nous faisons l’expérience en Carême. Il ne s’agit pas d’une initiative privée ou individuelle, mais d’une initiative qui nous engage tous, qui transforme nos relations avec Dieu et avec notre prochain.

    La libération prend avant tout la forme d’une purification des « idoles immondes » (v. 23). Que sont-elles ? Par ce terme, le prophète désigne toutes ces choses qui asservissent le cœur, qui l’achètent et le corrompent. Le mot idole signifie “petite idée”, c’est-à-dire une vision réduite qui diminue non seulement la gloire du Tout-Puissant, en le transformant en objet, mais aussi l’esprit de l’homme. Les idolâtres sont des personnes à la vue courte : ils regardent ce qui captive leur yeux en les aveuglant. Les grandes et bonnes choses de cette terre se changent en idoles qui deviennent des servitudes, non pas pour ceux qui en sont privés, mais pour ceux qui s’en repaissent, laissant le prochain dans la misère et la tristesse. L’affranchissement des idoles libére d’un pouvoir qui se fait domination, de la richesse qui devient convoitise, de la beauté qui porte à vanité.

    Dieu ne nous abandonne pas dans ces tentations. Il vient au secours de l’homme, faible et triste, qui croit que les idoles du monde lui sauveront la vie. Comme l’enseigne saint Augustin, « l’homme se libère de leur emprise lorsqu’il croit en Celui qui, pour le relever, a donné un exemple d’humilité » (De civitate Dei, VII, 33). Cet exemple, c’est la vie même de Jésus, Dieu fait homme pour notre salut. Au lieu de nous punir, Il détruit le mal par son amour, accomplissant ainsi une promesse solennelle : « Je les purifierai. Alors ils seront mon peuple et moi Je serai leur Dieu » (Ez 37, 23). Le Seigneur change l’histoire du monde en nous appelant de l’idolâtrie à la vraie foi, de la mort à la vie.

    C’est pourquoi, chers frères et sœurs, face aux nombreuses injustices qui blessent les peuples, et face à la guerre qui déchire les nations, la voix du prophète Jérémie s’élève sans cesse, proclamée aujourd’hui dans le psaume : « Je change leur deuil en joie, les réjouis, les console après leur peine » (Jr 31, 13). La purification de l’idolâtrie, qui rend les hommes esclaves d’autres hommes, s’accomplit par une sanctification, un don de grâce faisant des hommes des enfants de Dieu, des frères et des sœurs. Ce don éclaire notre présent car les guerres qui l’ensanglantent sont le fruit de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent. Chaque vie brisée est une blessure infligée au Corps du Christ. Ne nous habituons pas au fracas des armes, aux images de guerre ! La paix n’est pas un simple équilibre des forces, elle est l’œuvre de cœurs purifiés, l’œuvre de ceux qui voient dans l’autre un frère à protéger, et non un ennemi à abattre.

    L’Église à Monaco est appelée à témoigner en vivant dans la paix et la bénédiction de Dieu : alors, bien-aimés, rendez heureux beaucoup de personnes par votre foi en manifestant la joie authentique, celle qui ne se gagne pas par un pari, mais qui se partage par la charité. La source de cette joie est l’amour de Dieu : amour pour la vie naissante et indigente, à accueillir et à soigner sans cesse ; amour pour la vie jeune et âgée, à encourager dans les épreuves de chaque âge ; amour pour la vie, en bonne santé comme malade, parfois solitaire, qui a toujours besoin d’être accompagnée avec attention. Que la Vierge Marie, votre patronne, vous aide à être un lieu d’accueil, de dignité pour les petits et les pauvres, de développement intégral et inclusif.    

    Au cours de ce long Carême du monde, alors même que le mal fait rage et que l’idolâtrie rend les cœurs indifférents, le Seigneur prépare sa Pâque. Le signe de cet événement, c’est l’homme : c’est Lazare, appelé hors du tombeau ; c’est nous, pécheurs pardonnés ; c’est le Crucifié ressuscité, auteur du salut. Il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6) qui soutient notre pèlerinage et la mission de l’Église dans le monde : donner la vie de Dieu. Une tâche sublime et impossible sans donner notre vie au prochain. Une tâche passionnante et féconde, lorsque l’Évangile éclaire nos pas.

  • Le cardinal Sarah s'exprime sur CNEWS

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    2026_03_29_09_41_29_Greenshot.pngcliquer sur l'image pour accéder à la video sur le site de CNEWS

  • Le message du Pape pour la 63e Journée mondiale de Prière pour les Vocations

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    MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV POUR LA 63e JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS

    IVe dimanche de Pâques - 26 avril 2026

    _______________________

    La découverte intérieure du don de Dieu

    Chers frères et sœurs, très chers jeunes !

    Guidés et protégés par Jésus Ressuscité, nous célébrons, en ce quatrième dimanche de Pâques, appelé “dimanche du Bon Pasteur”, la 63Journée Mondiale de Prière pour les Vocations. C’est une occasion de grâce de pouvoir partager quelques réflexions sur la dimension intérieure de la vocation, comprise comme la découverte du don gratuit de Dieu qui fleurit au plus profond du cœur de chacun de nous. Parcourons donc ensemble le chemin d’une vie vraiment belle, que le Pasteur nous indique !

    Le chemin de la beauté

    Dans l’Évangile de Jean, Jésus se définit littéralement comme le “beau berger” (ὁ ποιμὴν ὁ καλός) ( Jn 10, 11). Cette expression désigne un berger parfait, authentique, exemplaire, car il est prêt à donner sa vie pour ses brebis, manifestant ainsi l’amour de Dieu. C’est le Pasteur qui fascine : ceux qui le regardent découvrent que la vie est vraiment belle si on le suit. Pour connaître cette beauté, les yeux du corps ou les critères esthétiques ne suffisent pas : il faut la contemplation et l’intériorité. Seulement celui qui s’arrête, écoute, prie et accueille son regard, peut dire avec confiance : « Je lui fais confiance, avec Lui la vie peut être vraiment belle, je veux parcourir le chemin de cette beauté ». Et le plus extraordinaire, c’est qu’en devenant ses disciples, nous devenons à notre tour “beaux” : sa beauté nous transfigure. Comme l’écrit le théologien Pavel Florenskij, l’ascèse ne crée pas l’homme “bon”, mais l’homme “beau” [1]. En effet, outre la bonté, ce qui distingue les saints, c’est la beauté spirituelle lumineuse qui rayonne de ceux qui vivent en Christ. Ainsi, la vocation chrétienne se révèle dans toute sa profondeur : participer à sa vie, partager sa mission, rayonner de sa propre beauté.

    Cette communication intérieure de vie, de foi et de sens fut aussi l’expérience de saint Augustin qui, dans le troisième livre des Confessions, tout en déclarant et en confessant ses péchés et ses erreurs de jeunesse, reconnaît Dieu « plus intime que toute mon intimité » [2]. Au-delà de la conscience de soi, il découvre la beauté de la lumière divine qui le guide dans l’obscurité. Augustin perçoit la présence de Dieu au plus profond de son âme, ce qui implique d’avoir compris et vécu l’importance de prendre soin de son intériorité comme espace de relation avec Jésus, comme moyen d’expérimenter la beauté et la bonté de Dieu dans sa propre vie.

    Cette relation se construit dans la prière et le silence et, si elle est cultivée, elle nous ouvre à la possibilité d’accueillir et de vivre le don de la vocation, qui n’est jamais une imposition ou un schéma préétabli auquel il suffit d’adhérer, mais un projet d’amour et de bonheur. Le soin de l’intériorité : c’est de là qu’il est urgent de repartir dans la pastorale des vocations et dans l’engagement toujours renouvelé de l’évangélisation.

    Dans cet esprit, j’invite tout le monde – familles, paroisses, communautés religieuses, évêques, prêtres, diacres, catéchistes, éducateurs et fidèles laïcs – à s’engager toujours plus à créer des contextes favorables afin que ce don puisse être accueilli, nourri, préservé et accompagné pour porter des fruits abondants. Ce n’est que si nos milieux rayonnent d’une foi vivante, d’une prière constante et d’un accompagnement fraternel, que l’appel de Dieu pourra s’épanouir et mûrir, devenant un chemin de bonheur et de salut pour chacun et pour le monde. En nous engageant sur la voie que Jésus, le beau Pasteur, nous indique, apprenons alors à mieux nous connaître nous-mêmes et à connaître de plus près Dieu qui nous a appelés.

    Connaissance réciproque

    « Le Seigneur de la vie nous connaît et éclaire notre cœur de son regard d’amour » [3]. En effet, toute vocation ne peut que commencer par la conscience et l’expérience d’un Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 16) : Il nous connaît profondément, il a compté les cheveux de notre tête (cf. Mt 10, 30) et il a pensé pour chacun un chemin unique de sainteté et de service. Cette connaissance, cependant, doit toujours être réciproque : nous sommes invités à connaître Dieu à travers la prière, l’écoute de la Parole, les sacrements, la vie de l’Église et le don de soi à nos frères et sœurs. Comme le jeune Samuel qui, dans la nuit, peut-être de manière inattendue, a entendu la voix du Seigneur et a appris à la reconnaître avec l’aide d’Élie (cf. 1 Sam 3, 1-10), de même nous devons créer des espaces de silence intérieur pour percevoir ce que le Seigneur a dans son cœur pour notre bonheur. Il ne s’agit pas d’un savoir intellectuel abstrait ou d’une connaissance savante, mais d’une rencontre personnelle qui transforme la vie [4]. Dieu habite notre cœur : la vocation est un dialogue intime avec Lui qui nous appelle – malgré le bruit parfois assourdissant du monde – en nous invitant à répondre avec une joie et une générosité authentiques.

    « Noli foras ire, in te ipsum redi, in interiore homine habitat veritas – Ne sors pas de toi-même, reviens à toi-même, la Vérité habite dans l’homme intérieur » [5]. Saint Augustin nous rappelle encore combien il est important d’apprendre à s’arrêter, à construire des espaces de silence intérieur pour pouvoir écouter la voix de Jésus-Christ.

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  • L’archevêque Fulton J. Sheen sera béatifié le 24 septembre

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    D'OSV News :

    La béatification de l'archevêque Sheen le 24 septembre sera « un moment d'immense grâce »

    CITÉ DU VATICAN (OSV News) — L’archevêque Fulton J. Sheen sera béatifié le 24 septembre à Saint-Louis, a annoncé le Dicastère pour les causes des saints le 25 mars.

    La béatification aura lieu à Saint-Louis, sous la présidence du cardinal Luis Antonio Tagle, pro-préfet du dicastère pour l'évangélisation.

    Le 9 février, le diocèse de Peoria, dans l'Illinois, avait annoncé que le Vatican avait donné son feu vert pour que la béatification de l'archevêque Sheen puisse se poursuivre, six ans après que le Saint-Siège l'eut reportée , initialement prévue pour décembre 2019, quelques semaines seulement avant la date prévue.

    Au Dôme du Centre des États-Unis

    Dans un communiqué du 25 mars, l'évêque Louis Tylka de Peoria a déclaré que la béatification aurait lieu à 14h00, heure centrale, au Dôme de l'America's Center à Saint-Louis.

    « Anticipant une forte participation, nous avons choisi ce lieu en raison de sa disponibilité, du fait qu'il soit en intérieur et de sa proximité avec le diocèse de Peoria », a déclaré l'évêque Tylka.

    L’évêque Tylka a ajouté qu’un certain nombre d’événements auront lieu à Peoria pour célébrer cette merveilleuse occasion.

    « C’est un moment de grâce immense pour l’Église, et plus particulièrement pour nous, dans le diocèse de Peoria, où l’archevêque Sheen est né, a été ordonné et a débuté son ministère sacerdotal », a-t-il ajouté. « Sa vie et son ministère continuent d’inspirer d’innombrables personnes à connaître et à aimer Jésus-Christ plus profondément. »

    « La messe de béatification sera un moment intense de prière et de célébration pour les fidèles, proches et lointains », a déclaré Mgr Tylka. « J’invite tous ceux qui ont été touchés par la vie et l’héritage de Mgr Sheen à se joindre à nous, en esprit ou en personne, pour cet événement historique. »

    « Joie indescriptible » lors de l'annonce

    Mgr Roger Landry, directeur national des Œuvres pontificales missionnaires des États-Unis, a accueilli la nouvelle de la date de béatification avec une « joie indescriptible » et s'est dit « ravi » que le cardinal Tagle ait été choisi « pour être le légat pontifical, le célébrant et le prédicateur de la messe de béatification ».

    L’archevêque Sheen — qui fut lui-même directeur national des Œuvres pontificales missionnaires (1950-1966) — « est une source d’inspiration non seulement pour nous tous qui poursuivons son œuvre de prière et de soutien à l’œuvre missionnaire de l’Église à travers le monde, mais aussi pour tous ceux dont la foi a été renforcée par ses prédications, ses émissions, ses écrits et sa vie sainte de catholique », a déclaré Mgr Landry dans un communiqué du 25 mars à OSV News.

    « Le cardinal Tagle, tout comme Sheen », a-t-il ajouté, « est un prédicateur incroyablement doué, mais il saura sans aucun doute mettre l'accent sur les contributions que le bientôt bienheureux Fulton Sheen a apportées et continue d'apporter à bien des égards à l'œuvre missionnaire de l'Église. »

    Une voix majeure dans l'évangélisation

    En février, lors de l'annonce de la béatification de l'archevêque Sheen, l'évêque Tylka a qualifié le prélat de « l'une des plus grandes voix de l'évangélisation dans l'Église et dans le monde au XXe siècle ».

    « J’ai toujours admiré son engagement indéfectible au service de l’Église comme prêtre, un engagement nourri par sa profonde dévotion à la Vierge Marie et à l’Eucharistie », a déclaré Mgr Tykla. « Tout au long de sa vie, sa capacité à partager l’Évangile et à établir une véritable relation avec les gens a conduit d’innombrables âmes à une rencontre avec Jésus – une rencontre qui a transformé non seulement sa propre vie, mais surtout celle de ceux qu’il a côtoyés. »

    L'archevêque Sheen reste dans les mémoires comme l'un des évangélistes les plus influents et novateurs de l'histoire américaine. Surnommé autrefois « le porte-parole de Dieu », il annonçait la vérité divine avec une approche non conflictuelle, mais non moins vivifiante, à des millions de personnes par le biais de la radio, de la presse écrite et de la télévision.

    « Que l’annonce de la date de béatification de l’archevêque ait été faite le jour de la solennité de l’Annonciation est tout à fait appropriée », a déclaré Mgr Landry dans son communiqué. « Mgr Sheen a consacré sa vie à poursuivre l’œuvre de l’archange Gabriel, nous appelant à nous réjouir car le Seigneur est avec nous, et imitant la réponse de Marie en se mettant au service du Seigneur, laissant toute sa vie se développer selon sa parole. »

    Le prêtre a ajouté : « J'ai hâte d'être à Saint-Louis le 24 septembre pour célébrer avec les catholiques venus de tous les États-Unis et du monde entier. »

  • Homélie pour la fête de l'Annonciation du Seigneur (25 mars)

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    Fra_Filippo_Lippi_-_Annunciation_-_WGA13231.jpgEvangile selon saint Luc, chapitre 1, vv. 26-38 :

    Au sixième mois d’Élisabeth, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. 
    L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » 
    Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ‘la femme stérile’. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
    Alors l’ange la quitta.

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (fsJ) (homelies.fr - Archive 2004)

    Le narrateur de ce récit hors du commun prend soin de commencer par présenter les acteurs. A tout Seigneur tout honneur : l’attention se porte d’abord sur l’ « Ange Gabriel », être de lumière qui contemple Dieu face à face dans une adoration incessante. La désignation « Ange » précise son ministère : messager du Très-Haut. C’est probablement pour accréditer cette mission tout à fait extraordinaire que l’évangéliste introduit une redondance en précisant que « l’Ange fut envoyé par Dieu ».
    On s’attend à découvrir immédiatement l’identité de l’interlocuteur de l’Ange, le bénéficiaire de sa visite ; mais il n’en est rien : le narrateur indique d’abord la région dans laquelle il se rend puis, opérant un zoom supplémentaire, la localité où il a rendez-vous. Cette insistance ne saurait être fortuite : il n’est pas indifférent que le choix de Dieu se soit porté sur cette province à la limite de la Terre Sainte, ouverte sur le monde païen, et jouxtant avec la Samarie. L’accumulation de détails géographiques nous fait comprendre que malgré son aspect insolite, le récit qui nous est proposé n’a rien de mythique. De plus, la rencontre bien réelle entre ciel et terre se tient au carrefour des nations, annonçant déjà le caractère universel de l’événement .

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