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Spiritualité

  • Vexilla Regis prodeunt

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    Le Vexilla Regis est l’hymne du temps de la Passion et des fêtes de la Sainte Croix. Son texte (comme celui du Pange lingua du Vendredi Saint) fut composé par l’hymnographe saint Venance Fortunat au VIème siècle, à l’occasion de la réception solennelle des reliques de la vraie Croix à Poitiers par la reine de France sainte Radegonde.

    Vexilla regis prodeunt

    fulget crucis mysterium
    quo carne carnis conditor
    suspensus est patibulo.

    Quo, vulneratus insuper
    mucrone diro lanceae
    ut nos lavaret crimine
    manavit unda et sanguine.

    Arbor docora et fulgida,
    ornata regis purpura,
    electa digno stipite
    tam sancta membra tangere !

    Beata, cuius brachiis
    saecli pependit pretium ;
    statera facta est corporis
    praedam tulitque tartari.

    Salve, ara, salve victima,
    de passionis gloria,
    qua vita mortem pertulit
    et morte vitam reddidit !

    O crux, ave, spes unica !
    hoc passionis tempore
    piis adauge gratiam
    reisque dele crimina.

    Te, fons salutis, Trinitas,
    collaudet omnis spiritus ;
    quos per crucis mysterium
    salvas, fove per saecula.

    Les étendards du roi s'avancent
    mystère éclatant de la croix
    au gibet fut pendue la chair
    du créateur de toute chair.

    C'est là qu'il reçut la blessure
    d'un coup de lance très cruel
    et fit jaillir le sang et l'eau
    pour nous laver de nos péchès.

    Arbre dont la beauté rayonne,
    paré de la pourpre du roi,
    d'un bois si beau qu'il fut choisi
    pour toucher ses membres très saints !

    Arbre bienheureux ! À tes branches
    la rançon du monde a pendu !

    Tu devins balance d'un corps
    et ravis leur proie aux enfers !

    Salut, autel ! Salut, victime
    de la glorieuse passion !
    La vie qui supporta la mort,
    par la mort a rendu la vie.

    O croix, salut, espoir unique !
    En ces heures de la passion
    augmente les grâces des saints,
    remets les fautes des pécheurs.

    Trinité, source salutaire,
    que te célèbre tout esprit ;
    ceux que tu sauves par la croix,
    protège-les à tout jamais.

  • Gloria, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor

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    L'hymne Gloria, laus ou « Gloria, laus et honor tibi » (en français : À toi gloire, louange et honneur) était traditionnellement attribuée, avec le titre d'un chant de procession, à l'évêque Théodulfe d'Orléans (mort vers 820), lorsqu'il était détenu à l'abbaye Saint-Aubin d'Angers vers 810-815. Ce chant est toujours en vigueur aujourd'hui pour la procession du dimanche des Rameaux dans l'Église catholique.

    R/ Gloria, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor,
    Cui puerile decus prompsit Hosanna pium.
    Gloire, louange et honneur à Toi, Christ Roi Sauveur.
    Pour toi le cortège des enfants chanta "Hosanna !"

    1.- Israel es tu rex, Davidis et inclyta proles,
    Nomine qui in Domini, rex benedicte, venis.
    Tu es le roi d'Israël, tu es le glorieux rejeton de David,
    roi béni qui viens au nom du Seigneur.

    2.- Cœtus in excelsis te laudat cælicus omnis,
    et mortalis homo, et cuncta creata simul.
    Le chœur céleste en entier te loue au plus haut des cieux ;
    à lui se joint l'homme mortel et toute la création.

    3.- Plebs Hebræa tibi cum palmis obvia venit ;
    Cum prece, voto, hymnis, adsumus ecce tibi.
    Le peuple hébreu vint au devant de toi avec des palmes,
    avec nos prières, nos vœux et nos hymnes, nous voici devant toi.

    4.- Hi tibi passuro solvebant munia laudis ;
    nos tibi regnanti pangimus ecce melos.
    Ceux-ci te payaient leur tribut de louanges, alors que tu allais souffrir ;
    Et nous, voici que nous te célébrons par nos chants, maintenant que tu règnes.

    5.- Hi placuere tibi, placeat devotio nostra ;
    rex bone, rex clemens, cui bona cuncta placent.
    Ils ont su te plaire, que te plaise aussi notre dévotion :
    bon Roi, doux Roi, à qui plaît tout ce qui est bon.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gloria,_laus_et_honor

  • Rameaux : aller en pèlerinage avec le Seigneur vers le haut (Benoît XVI)

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    CÉLÉBRATION DU DIMANCHE DES RAMEAUX
    ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR 

    HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

    Place Saint-Pierre
    XXVIe Journée Mondiale de la Jeunesse
    Dimanche 17 avril 2011

    Chers frères et sœurs,
    Chers jeunes!

    Chaque année, le dimanche des Rameaux, nous sommes à nouveau émus de gravir avec Jésus le mont vers le sanctuaire, et de l’accompagner tout au long de ce chemin vers le haut. En ce jour, sur toute la face de la terre et à travers tous les siècles, jeunes et personnes de tout âge l’acclament en criant: «Hosanna au fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!»

    Mais que faisons-nous vraiment lorsque nous nous insérons dans une telle procession – parmi la foule de ceux qui montaient avec Jésus à Jérusalem et l’acclamaient comme roi d’Israël? Est-ce quelque chose de plus qu’une cérémonie, qu’une belle coutume? Cela a-t-il quelque chose à voir avec la véritable réalité de notre vie, de notre monde? Pour trouver la réponse, nous devons avant tout clarifier ce que Jésus lui-même a, en réalité, voulu et fait. Après la profession de foi, que Pierre avait faite à Césarée de Philippe, à l’extrême nord de la Terre Sainte, Jésus s’était mis en route, en pèlerin, vers Jérusalem pour les fêtes de la Pâque. Il est en chemin vers le Temple dans la Cité Sainte, vers ce lieu qui, pour Israël, garantissait de façon particulière la proximité de Dieu à l’égard de son peuple. Il est en chemin vers la fête commune de la Pâque, mémorial de la libération d’Égypte et signe de l’espérance dans la libération définitive. Il sait qu’une nouvelle Pâque l’attend et qu’il prendra lui-même la place des agneaux immolés, s’offrant lui-même sur la Croix. Il sait que, dans les dons mystérieux du pain et du vin, il se donnera pour toujours aux siens, il leur ouvrira la porte vers une nouvelle voie de libération, vers la communion avec le Dieu vivant. Il est en chemin vers la hauteur de la Croix, vers le moment de l’amour qui se donne. Le terme ultime de son pèlerinage est la hauteur de Dieu lui-même, à laquelle il veut élever l’être humain.

    Notre procession d’aujourd’hui veut donc être l’image de quelque chose de plus profond, l’image du fait qu’avec Jésus, nous nous mettons en route pour le pèlerinage: par la voie haute vers le Dieu vivant. C’est de cette montée dont il s’agit. C’est le chemin auquel Jésus nous invite. Mais comment pouvons-nous maintenir l’allure dans cette montée? Ne dépasse-t-elle pas nos forces? Oui, elle est au-dessus de nos propres possibilités. Depuis toujours, les hommes ont été remplis – et aujourd’hui ils le sont plus que jamais – du désir d’"être comme Dieu", d’atteindre eux-mêmes la hauteur de Dieu. Dans toutes les inventions de l’esprit humain, on cherche, en fin de compte, à obtenir des ailes pour pouvoir s’élever à la hauteur de l’Être, pour devenir indépendants, totalement libres, comme Dieu l’est. Nombreuses sont les choses que l’humanité a pu réaliser: nous sommes capables de voler. Nous pouvons nous voir, nous écouter et nous parler d’un bout à l’autre du monde. Toutefois, la force de gravité qui nous tire vers le bas est puissante. Avec nos capacités, ce n’est pas seulement le bien qui a grandi. Les possibilités du mal ont aussi augmenté et se présentent comme des tempêtes menaçantes au dessus de l’histoire. Nos limites aussi sont restées: il suffit de penser aux catastrophes qui, ces derniers mois, ont affligé et continuent d’affliger l’humanité.

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  • Jésus est le Fils de Dieu

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    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le dimanche des Rameaux (archive 13 avril 2014):

    Pour expliquer la mise à mort de Jésus beaucoup avancent une raison politique ou sociale: les puissants n’auraient pas supporté la menace que la prédication et l’attitude de Jésus faisaient peser sur leur pouvoir ou sur l’ordre social. Il y a sûrement un peu de cela, mais cette explication ne remonte pas à la racine du problème qu’était Jésus pour ses adversaires. Si Jésus a été crucifié, c’est qu’il est le Fils de Dieu, qu’il a agi en Fils de Dieu et que l’humanité ne l’a pas supporté. Le désordre social que Jésus apportait ne reposait pas sur des revendications, mais sur la place qu’il faisait au pauvre et au pécheur, leur manifestant que Dieu venait vers eux, qu’ils comptaient pour lui et qu’il les appelait tandis que tant d’autres voulaient les ignorer. Cette place nouvelle ne leur était pas donnée simplement par un homme sympathique et altruiste, elle leur était offerte par Celui que le Père a envoyé du monde de Dieu dans le monde des hommes.

    Jésus est le Fils de Dieu. C’est ce qui a causé son rejet, et c’est une identité que nous les chrétiens avons à notre tour tendance à relativiser dans un vain effort de présenter un Christ acceptable par tous. Être le Fils de Dieu n’est pas pour Jésus une identité exotique et indéfinissable, une bizarrerie chrétienne un peu périmée que nous tiendrions surtout de saint Paul qui aurait forcé les traits des évangiles dans son sens un peu dogmatique. Jésus est le Fils de Dieu, cela veut dire qu’il nous révèle le Père sans voile, sans déformation, sans hésitation. Par lui Dieu, le créateur de l’immense univers, visite les hommes, les relève, leur ouvre un avenir et la vie éternelle par la communion à son cœur. Nous ne pouvons pas taire cela.

    Il nous est donné de côtoyer le Christ, de le connaître, de l’aimer, de le suivre. Avec lui nous rencontrons celui par qui tout est. Lorsque nous le tenons dans nos mains, nous portons le trésor le plus grand de la terre. Il n’y a pas de mot pour dire la puissance de vie qui est en lui. Le rejeter, ce n’est pas ignorer un bonheur facultatif ou superflu, mais c’est perdre la source et préférer les ténèbres à la lumière.

    En cette semaine sainte, vivons intensément aux côtés de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, accueillons son amitié et allons comme lui à la rencontre des pauvres de ce monde, des pauvres matériellement, affectivement et spirituellement. Ils doivent connaître la vie de Dieu, nul ne peut les en priver.

  • "Le signe de Jésus : donner la vie"; l'homélie du pape Léon XIV lors de son voyage à Monaco

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    EN PRINCIPAUTÉ DE MONACO

    MESSE

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Stade Louis II
    Samedi 28 mars 2026

    ______________________________

    Chers frères et sœurs,

    l’Évangile que nous venons d’entendre (cf. Jn 11, 45-57) rapporte une décision cruelle à l’égard de Jésus. Il nous raconte le jour où les membres du Sanhédrin « décidèrent de le tuer » (v. 53). Pourquoi cela lui arrive-t-il ? Parce qu’il a ressuscité Lazare d’entre les morts ; parce qu’il a redonné la vie à son ami, après avoir pleuré devant sa tombe en s’unissant à la douleur de Marthe et de Marie. C’est précisément Jésus, venu dans le monde pour nous libérer de la condamnation de la mort, qui est condamné à mort. Il ne s’agit pas d’une fatalité, mais d’une volonté précise et mûrement réfléchie.

    Le verdict de Caïphe et du Sanhédrin résulte d’un calcul politique fondé sur la peur : si Jésus continue à donner de l’espérance, transformant la souffrance du peuple en joie, « les Romains viendront » et ravageront le pays (cf. v. 48). Au lieu de reconnaître en ce Nazaréen le Messie, c’est-à-dire le Christ tant attendu, les chefs religieux voient en Lui une menace. Leur regard est faussé, au point que ce sont précisément les docteurs de la Loi qui la transgressent. Oubliant la promesse de Dieu à son peuple, ils veulent tuer l’innocent, car derrière leur peur se trouve l’attachement au pouvoir. Mais, si les hommes oublient la Loi qui commande de ne pas tuer, Dieu n’oublie pas la promesse qui prépare le monde au salut. Sa providence fait de ce verdict meurtrier le moyen de manifester un dessein d’amour suprême : malgré sa méchanceté, Caïphe « a prophétisé que Jésus allait mourir pour la nation » (v. 51).

    Nous assistons ainsi à deux mouvements opposés : d’une part, la révélation de Dieu, qui montre son visage de Seigneur tout-puissant et sauveur ; d’autre part, l’action occulte d’autorités puissantes, prêtes à tuer sans scrupule. N’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui ? À leur point de rencontre il y a le signe de Jésus : donner la vie. C’est un signe qui trouve en Lazare ressuscité son anticipation, la prophétie la plus proche de ce qui arrivera au Christ dans sa passion, sa mort et sa résurrection. En cette Pâque, le Fils mènera à son accomplissement l’œuvre du Père par la puissance de l’Esprit Saint. De même qu’au commencement des temps Dieu donna la vie à l’être à partir du néant, de même, à la plénitude des temps, Il rachètera toute vie de la mort qui ruine la création.

    La joie de la foi et la force de notre témoignage découlent de cette rédemption, en tout lieu et en tout temps. L’histoire de Jésus résume en effet le destin de chacun de nous, à commencer par les plus petits et les opprimés. Encore aujourd’hui, combien de calculs sont faits dans le monde pour tuer des innocents ; combien de fausses raisons sont revendiquées pour les éliminer ! Cependant face à l’insistance du mal la justice éternelle de Dieu se dresse, qui sans cesse nous délivre de nos tombeaux, comme pour Lazare, et nous donne une vie nouvelle. Le Seigneur libère de la souffrance en suscitant l’espérance. Il convertit la dureté du cœur en transformant le pouvoir en service, en manifestant le véritable nom de sa toute-puissance : miséricorde. C’est la miséricorde qui sauve le monde : elle prend soin de chaque existence humaine, depuis son apparition dans le sein maternel jusqu’au moment où elle se flétrit, et dans toute ses fragilités. Comme l’a enseigné le Pape François, la culture de la miséricorde repousse la culture du rejet.

    La voix des prophètes, que nous venons d’entendre, témoigne de la manière dont Dieu accomplit son dessein de salut. Dans la première lecture, Ézéchiel annonce que l’œuvre divine commence par une libération (Ez 37,23) et s’accomplit par la sanctification du peuple (cf. v. 28) : un chemin de conversion, comme celui dont nous faisons l’expérience en Carême. Il ne s’agit pas d’une initiative privée ou individuelle, mais d’une initiative qui nous engage tous, qui transforme nos relations avec Dieu et avec notre prochain.

    La libération prend avant tout la forme d’une purification des « idoles immondes » (v. 23). Que sont-elles ? Par ce terme, le prophète désigne toutes ces choses qui asservissent le cœur, qui l’achètent et le corrompent. Le mot idole signifie “petite idée”, c’est-à-dire une vision réduite qui diminue non seulement la gloire du Tout-Puissant, en le transformant en objet, mais aussi l’esprit de l’homme. Les idolâtres sont des personnes à la vue courte : ils regardent ce qui captive leur yeux en les aveuglant. Les grandes et bonnes choses de cette terre se changent en idoles qui deviennent des servitudes, non pas pour ceux qui en sont privés, mais pour ceux qui s’en repaissent, laissant le prochain dans la misère et la tristesse. L’affranchissement des idoles libére d’un pouvoir qui se fait domination, de la richesse qui devient convoitise, de la beauté qui porte à vanité.

    Dieu ne nous abandonne pas dans ces tentations. Il vient au secours de l’homme, faible et triste, qui croit que les idoles du monde lui sauveront la vie. Comme l’enseigne saint Augustin, « l’homme se libère de leur emprise lorsqu’il croit en Celui qui, pour le relever, a donné un exemple d’humilité » (De civitate Dei, VII, 33). Cet exemple, c’est la vie même de Jésus, Dieu fait homme pour notre salut. Au lieu de nous punir, Il détruit le mal par son amour, accomplissant ainsi une promesse solennelle : « Je les purifierai. Alors ils seront mon peuple et moi Je serai leur Dieu » (Ez 37, 23). Le Seigneur change l’histoire du monde en nous appelant de l’idolâtrie à la vraie foi, de la mort à la vie.

    C’est pourquoi, chers frères et sœurs, face aux nombreuses injustices qui blessent les peuples, et face à la guerre qui déchire les nations, la voix du prophète Jérémie s’élève sans cesse, proclamée aujourd’hui dans le psaume : « Je change leur deuil en joie, les réjouis, les console après leur peine » (Jr 31, 13). La purification de l’idolâtrie, qui rend les hommes esclaves d’autres hommes, s’accomplit par une sanctification, un don de grâce faisant des hommes des enfants de Dieu, des frères et des sœurs. Ce don éclaire notre présent car les guerres qui l’ensanglantent sont le fruit de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent. Chaque vie brisée est une blessure infligée au Corps du Christ. Ne nous habituons pas au fracas des armes, aux images de guerre ! La paix n’est pas un simple équilibre des forces, elle est l’œuvre de cœurs purifiés, l’œuvre de ceux qui voient dans l’autre un frère à protéger, et non un ennemi à abattre.

    L’Église à Monaco est appelée à témoigner en vivant dans la paix et la bénédiction de Dieu : alors, bien-aimés, rendez heureux beaucoup de personnes par votre foi en manifestant la joie authentique, celle qui ne se gagne pas par un pari, mais qui se partage par la charité. La source de cette joie est l’amour de Dieu : amour pour la vie naissante et indigente, à accueillir et à soigner sans cesse ; amour pour la vie jeune et âgée, à encourager dans les épreuves de chaque âge ; amour pour la vie, en bonne santé comme malade, parfois solitaire, qui a toujours besoin d’être accompagnée avec attention. Que la Vierge Marie, votre patronne, vous aide à être un lieu d’accueil, de dignité pour les petits et les pauvres, de développement intégral et inclusif.    

    Au cours de ce long Carême du monde, alors même que le mal fait rage et que l’idolâtrie rend les cœurs indifférents, le Seigneur prépare sa Pâque. Le signe de cet événement, c’est l’homme : c’est Lazare, appelé hors du tombeau ; c’est nous, pécheurs pardonnés ; c’est le Crucifié ressuscité, auteur du salut. Il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6) qui soutient notre pèlerinage et la mission de l’Église dans le monde : donner la vie de Dieu. Une tâche sublime et impossible sans donner notre vie au prochain. Une tâche passionnante et féconde, lorsque l’Évangile éclaire nos pas.

  • Le cardinal Sarah s'exprime sur CNEWS

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    2026_03_29_09_41_29_Greenshot.pngcliquer sur l'image pour accéder à la video sur le site de CNEWS

  • Le message du Pape pour la 63e Journée mondiale de Prière pour les Vocations

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    MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV POUR LA 63e JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS

    IVe dimanche de Pâques - 26 avril 2026

    _______________________

    La découverte intérieure du don de Dieu

    Chers frères et sœurs, très chers jeunes !

    Guidés et protégés par Jésus Ressuscité, nous célébrons, en ce quatrième dimanche de Pâques, appelé “dimanche du Bon Pasteur”, la 63Journée Mondiale de Prière pour les Vocations. C’est une occasion de grâce de pouvoir partager quelques réflexions sur la dimension intérieure de la vocation, comprise comme la découverte du don gratuit de Dieu qui fleurit au plus profond du cœur de chacun de nous. Parcourons donc ensemble le chemin d’une vie vraiment belle, que le Pasteur nous indique !

    Le chemin de la beauté

    Dans l’Évangile de Jean, Jésus se définit littéralement comme le “beau berger” (ὁ ποιμὴν ὁ καλός) ( Jn 10, 11). Cette expression désigne un berger parfait, authentique, exemplaire, car il est prêt à donner sa vie pour ses brebis, manifestant ainsi l’amour de Dieu. C’est le Pasteur qui fascine : ceux qui le regardent découvrent que la vie est vraiment belle si on le suit. Pour connaître cette beauté, les yeux du corps ou les critères esthétiques ne suffisent pas : il faut la contemplation et l’intériorité. Seulement celui qui s’arrête, écoute, prie et accueille son regard, peut dire avec confiance : « Je lui fais confiance, avec Lui la vie peut être vraiment belle, je veux parcourir le chemin de cette beauté ». Et le plus extraordinaire, c’est qu’en devenant ses disciples, nous devenons à notre tour “beaux” : sa beauté nous transfigure. Comme l’écrit le théologien Pavel Florenskij, l’ascèse ne crée pas l’homme “bon”, mais l’homme “beau” [1]. En effet, outre la bonté, ce qui distingue les saints, c’est la beauté spirituelle lumineuse qui rayonne de ceux qui vivent en Christ. Ainsi, la vocation chrétienne se révèle dans toute sa profondeur : participer à sa vie, partager sa mission, rayonner de sa propre beauté.

    Cette communication intérieure de vie, de foi et de sens fut aussi l’expérience de saint Augustin qui, dans le troisième livre des Confessions, tout en déclarant et en confessant ses péchés et ses erreurs de jeunesse, reconnaît Dieu « plus intime que toute mon intimité » [2]. Au-delà de la conscience de soi, il découvre la beauté de la lumière divine qui le guide dans l’obscurité. Augustin perçoit la présence de Dieu au plus profond de son âme, ce qui implique d’avoir compris et vécu l’importance de prendre soin de son intériorité comme espace de relation avec Jésus, comme moyen d’expérimenter la beauté et la bonté de Dieu dans sa propre vie.

    Cette relation se construit dans la prière et le silence et, si elle est cultivée, elle nous ouvre à la possibilité d’accueillir et de vivre le don de la vocation, qui n’est jamais une imposition ou un schéma préétabli auquel il suffit d’adhérer, mais un projet d’amour et de bonheur. Le soin de l’intériorité : c’est de là qu’il est urgent de repartir dans la pastorale des vocations et dans l’engagement toujours renouvelé de l’évangélisation.

    Dans cet esprit, j’invite tout le monde – familles, paroisses, communautés religieuses, évêques, prêtres, diacres, catéchistes, éducateurs et fidèles laïcs – à s’engager toujours plus à créer des contextes favorables afin que ce don puisse être accueilli, nourri, préservé et accompagné pour porter des fruits abondants. Ce n’est que si nos milieux rayonnent d’une foi vivante, d’une prière constante et d’un accompagnement fraternel, que l’appel de Dieu pourra s’épanouir et mûrir, devenant un chemin de bonheur et de salut pour chacun et pour le monde. En nous engageant sur la voie que Jésus, le beau Pasteur, nous indique, apprenons alors à mieux nous connaître nous-mêmes et à connaître de plus près Dieu qui nous a appelés.

    Connaissance réciproque

    « Le Seigneur de la vie nous connaît et éclaire notre cœur de son regard d’amour » [3]. En effet, toute vocation ne peut que commencer par la conscience et l’expérience d’un Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 16) : Il nous connaît profondément, il a compté les cheveux de notre tête (cf. Mt 10, 30) et il a pensé pour chacun un chemin unique de sainteté et de service. Cette connaissance, cependant, doit toujours être réciproque : nous sommes invités à connaître Dieu à travers la prière, l’écoute de la Parole, les sacrements, la vie de l’Église et le don de soi à nos frères et sœurs. Comme le jeune Samuel qui, dans la nuit, peut-être de manière inattendue, a entendu la voix du Seigneur et a appris à la reconnaître avec l’aide d’Élie (cf. 1 Sam 3, 1-10), de même nous devons créer des espaces de silence intérieur pour percevoir ce que le Seigneur a dans son cœur pour notre bonheur. Il ne s’agit pas d’un savoir intellectuel abstrait ou d’une connaissance savante, mais d’une rencontre personnelle qui transforme la vie [4]. Dieu habite notre cœur : la vocation est un dialogue intime avec Lui qui nous appelle – malgré le bruit parfois assourdissant du monde – en nous invitant à répondre avec une joie et une générosité authentiques.

    « Noli foras ire, in te ipsum redi, in interiore homine habitat veritas – Ne sors pas de toi-même, reviens à toi-même, la Vérité habite dans l’homme intérieur » [5]. Saint Augustin nous rappelle encore combien il est important d’apprendre à s’arrêter, à construire des espaces de silence intérieur pour pouvoir écouter la voix de Jésus-Christ.

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  • L’archevêque Fulton J. Sheen sera béatifié le 24 septembre

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    D'OSV News :

    La béatification de l'archevêque Sheen le 24 septembre sera « un moment d'immense grâce »

    CITÉ DU VATICAN (OSV News) — L’archevêque Fulton J. Sheen sera béatifié le 24 septembre à Saint-Louis, a annoncé le Dicastère pour les causes des saints le 25 mars.

    La béatification aura lieu à Saint-Louis, sous la présidence du cardinal Luis Antonio Tagle, pro-préfet du dicastère pour l'évangélisation.

    Le 9 février, le diocèse de Peoria, dans l'Illinois, avait annoncé que le Vatican avait donné son feu vert pour que la béatification de l'archevêque Sheen puisse se poursuivre, six ans après que le Saint-Siège l'eut reportée , initialement prévue pour décembre 2019, quelques semaines seulement avant la date prévue.

    Au Dôme du Centre des États-Unis

    Dans un communiqué du 25 mars, l'évêque Louis Tylka de Peoria a déclaré que la béatification aurait lieu à 14h00, heure centrale, au Dôme de l'America's Center à Saint-Louis.

    « Anticipant une forte participation, nous avons choisi ce lieu en raison de sa disponibilité, du fait qu'il soit en intérieur et de sa proximité avec le diocèse de Peoria », a déclaré l'évêque Tylka.

    L’évêque Tylka a ajouté qu’un certain nombre d’événements auront lieu à Peoria pour célébrer cette merveilleuse occasion.

    « C’est un moment de grâce immense pour l’Église, et plus particulièrement pour nous, dans le diocèse de Peoria, où l’archevêque Sheen est né, a été ordonné et a débuté son ministère sacerdotal », a-t-il ajouté. « Sa vie et son ministère continuent d’inspirer d’innombrables personnes à connaître et à aimer Jésus-Christ plus profondément. »

    « La messe de béatification sera un moment intense de prière et de célébration pour les fidèles, proches et lointains », a déclaré Mgr Tylka. « J’invite tous ceux qui ont été touchés par la vie et l’héritage de Mgr Sheen à se joindre à nous, en esprit ou en personne, pour cet événement historique. »

    « Joie indescriptible » lors de l'annonce

    Mgr Roger Landry, directeur national des Œuvres pontificales missionnaires des États-Unis, a accueilli la nouvelle de la date de béatification avec une « joie indescriptible » et s'est dit « ravi » que le cardinal Tagle ait été choisi « pour être le légat pontifical, le célébrant et le prédicateur de la messe de béatification ».

    L’archevêque Sheen — qui fut lui-même directeur national des Œuvres pontificales missionnaires (1950-1966) — « est une source d’inspiration non seulement pour nous tous qui poursuivons son œuvre de prière et de soutien à l’œuvre missionnaire de l’Église à travers le monde, mais aussi pour tous ceux dont la foi a été renforcée par ses prédications, ses émissions, ses écrits et sa vie sainte de catholique », a déclaré Mgr Landry dans un communiqué du 25 mars à OSV News.

    « Le cardinal Tagle, tout comme Sheen », a-t-il ajouté, « est un prédicateur incroyablement doué, mais il saura sans aucun doute mettre l'accent sur les contributions que le bientôt bienheureux Fulton Sheen a apportées et continue d'apporter à bien des égards à l'œuvre missionnaire de l'Église. »

    Une voix majeure dans l'évangélisation

    En février, lors de l'annonce de la béatification de l'archevêque Sheen, l'évêque Tylka a qualifié le prélat de « l'une des plus grandes voix de l'évangélisation dans l'Église et dans le monde au XXe siècle ».

    « J’ai toujours admiré son engagement indéfectible au service de l’Église comme prêtre, un engagement nourri par sa profonde dévotion à la Vierge Marie et à l’Eucharistie », a déclaré Mgr Tykla. « Tout au long de sa vie, sa capacité à partager l’Évangile et à établir une véritable relation avec les gens a conduit d’innombrables âmes à une rencontre avec Jésus – une rencontre qui a transformé non seulement sa propre vie, mais surtout celle de ceux qu’il a côtoyés. »

    L'archevêque Sheen reste dans les mémoires comme l'un des évangélistes les plus influents et novateurs de l'histoire américaine. Surnommé autrefois « le porte-parole de Dieu », il annonçait la vérité divine avec une approche non conflictuelle, mais non moins vivifiante, à des millions de personnes par le biais de la radio, de la presse écrite et de la télévision.

    « Que l’annonce de la date de béatification de l’archevêque ait été faite le jour de la solennité de l’Annonciation est tout à fait appropriée », a déclaré Mgr Landry dans son communiqué. « Mgr Sheen a consacré sa vie à poursuivre l’œuvre de l’archange Gabriel, nous appelant à nous réjouir car le Seigneur est avec nous, et imitant la réponse de Marie en se mettant au service du Seigneur, laissant toute sa vie se développer selon sa parole. »

    Le prêtre a ajouté : « J'ai hâte d'être à Saint-Louis le 24 septembre pour célébrer avec les catholiques venus de tous les États-Unis et du monde entier. »

  • Homélie pour la fête de l'Annonciation du Seigneur (25 mars)

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    Fra_Filippo_Lippi_-_Annunciation_-_WGA13231.jpgEvangile selon saint Luc, chapitre 1, vv. 26-38 :

    Au sixième mois d’Élisabeth, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. 
    L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » 
    Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ‘la femme stérile’. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
    Alors l’ange la quitta.

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (fsJ) (homelies.fr - Archive 2004)

    Le narrateur de ce récit hors du commun prend soin de commencer par présenter les acteurs. A tout Seigneur tout honneur : l’attention se porte d’abord sur l’ « Ange Gabriel », être de lumière qui contemple Dieu face à face dans une adoration incessante. La désignation « Ange » précise son ministère : messager du Très-Haut. C’est probablement pour accréditer cette mission tout à fait extraordinaire que l’évangéliste introduit une redondance en précisant que « l’Ange fut envoyé par Dieu ».
    On s’attend à découvrir immédiatement l’identité de l’interlocuteur de l’Ange, le bénéficiaire de sa visite ; mais il n’en est rien : le narrateur indique d’abord la région dans laquelle il se rend puis, opérant un zoom supplémentaire, la localité où il a rendez-vous. Cette insistance ne saurait être fortuite : il n’est pas indifférent que le choix de Dieu se soit porté sur cette province à la limite de la Terre Sainte, ouverte sur le monde païen, et jouxtant avec la Samarie. L’accumulation de détails géographiques nous fait comprendre que malgré son aspect insolite, le récit qui nous est proposé n’a rien de mythique. De plus, la rencontre bien réelle entre ciel et terre se tient au carrefour des nations, annonçant déjà le caractère universel de l’événement .

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  • 25 mars : une halte de prière pour célébrer l'Annonciation et la Journée pour la Vie

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    PAPE FRANÇOIS

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Mercredi 25 mars 2015

     

    Chers frères et sœurs, bonjour!

    Sur notre chemin de catéchèses sur la famille, nous effectuons aujourd’hui une étape un peu particulière: ce sera une halte de prière.

    En effet, le 25 mars, nous célébrons solennellement dans l’Eglise l’Annonciation, début du mystère de l’Incarnation. L’archange Gabriel rend visite à l’humble jeune fille de Nazareth et lui annonce qu’elle concevra et mettra au monde le Fils de Dieu. Avec cette Annonce, le Seigneur illumine et renforce la foi de Marie, comme il le fera ensuite pour son époux Joseph, afin que Jésus puisse naître dans une famille humaine. Cela est très beau: cela nous montre à quel point le mystère de l’Incarnation, tel que Dieu l’a voulu, comprend profondément non seulement la conception dans le sein de sa mère, mais aussi l’accueil dans une véritable famille. Je voudrais aujourd’hui contempler avec vous la beauté de ce lien, la beauté de cette condescendance de Dieu; et nous pouvons le faire en récitant ensemble le Je vous salue Marie, qui dans la première partie reprend précisément les paroles de l’Ange, celles qu’il adressa à la Vierge. Je vous invite à prier ensemble:

    «Je vous salue Marie,
    pleine de grâce;
    Le Seigneur est avec vous.
    Vous êtes bénie
    entre toutes les femmes
    Et Jésus,
    le fruit de vos entrailles, est béni.
    Sainte Marie, Mère de Dieu,
    Priez pour nous,
    pauvres pécheurs,
    Maintenant,
    et à l'heure de notre mort.
    Amen».

    Et à présent un deuxième aspect: le 25 mars, solennité de l’Annonciation, on célèbre dans de nombreux pays la Journée pour la vie. C’est pourquoi, il y a vingt ans, saint Jean-Paul II signa à cette date l’encyclique Evangelium vitae. Pour rappeler cet anniversaire sont aujourd’hui présents sur la place de nombreux adhérents au Mouvement pour la vie. Dans Evangelium vitae la famille occupe une place centrale, dans la mesure où elle est le sein de la vie humaine. La parole de mon vénéré prédécesseur nous rappelle que le couple humain a été béni par Dieu dès le début pour former une communauté d’amour et de vie, à laquelle est confiée la mission de la procréation. Les époux chrétiens, en célébrant le sacrement du mariage, se rendent disponibles à honorer cette bénédiction, avec la grâce du Christ, pour toute la vie. L’Eglise, quant à elle, s’engage solennellement à prendre soin de la famille qui en naît, comme don de Dieu pour sa vie elle-même, dans la joie comme dans la peine: le lien entre Eglise et famille est sacré et inviolable. L’Eglise, comme mère, n’abandonne jamais la famille, même quand celle-ci est avilie, blessée et mortifiée de nombreuses manières. Pas même quand elle tombe dans le péché, ou bien qu’elle s’éloigne de l’Eglise; elle fera toujours tout son possible pour chercher à la soigner et la guérir, pour l’inviter à la conversion et la réconcilier avec le Seigneur.

    Et bien, si cela est sa tâche, il apparaît clair à quel point l’Eglise a besoin de prière pour être en mesure, à chaque époque, d’accomplir cette mission! Une Eglise pleine d’amour pour la famille et pour la vie. Une prière qui sait se réjouir avec qui se réjouit et souffrir avec qui souffre.

    Voilà alors ce que, avec mes collaborateurs, nous avons pensé proposer aujourd’hui: renouveler la prière pour le synode des évêques sur la famille. Nous relançons cet engagement jusqu’en octobre prochain, quand aura lieu l’assemblée synodale ordinaire consacrée à la famille. Je voudrais que cette prière, comme tout le chemin synodal, soit animée par la compassion du Bon Pasteur pour son troupeau, en particulier pour les personnes et les familles qui pour diverses raisons sont «fatiguées et abattues comme des brebis sans berger» (Mt 9, 36). Ainsi, soutenue et animée par la grâce de Dieu, l’Eglise pourra être encore davantage engagée, et encore plus unie, dans le témoignage de la vérité de l’amour de Dieu et de sa miséricorde pour les familles du monde, sans exclusion, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la bergerie.

    Je vous demande s’il vous plaît d’assurer de votre prière. Tous — le Pape, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses, les fidèles laïcs — nous sommes tous appelés à prier pour le synode. C’est cela qui est nécessaire, pas les bavardages! J’invite également à prier ceux qui se sentent loin, ou qui ne sont plus habitués à le faire. Cette prière pour le synode sur la famille est pour le bien de tous. Je sais que ce matin une petit image vous a été donnée, et que vous la tenez entre vos mains. Je vous invite à la conserver et à la porter avec vous, de manière à ce qu’au cours des prochains mois, vous puissiez la réciter souvent, avec une sainte insistance, comme nous l’a demandé Jésus. A présent, nous la récitons ensemble:

    Jésus, Marie et Joseph
    en vous nous contemplons
    la splendeur de l’amour véritable,
    à vous nous nous adressons
    avec confiance.

    Sainte Famille de Nazareth,
    fais aussi de nos familles
    des lieux de communion
    et des cénacles de prière,
    des écoles authentiques
    de l’Evangile
    et des petites Eglises domestiques.

    Sainte Famille de Nazareth,
    que jamais plus
    dans les familles
    on ne fasse l’expérience
    de la violence, de la fermeture
    et de la division:
    que quiconque a été blessé
    ou scandalisé
    connaisse rapidement
    consolation et guérison.

    Sainte Famille de Nazareth,
    que le prochain
    synode des évêques
    puisse réveiller en tous
    la conscience
    du caractère sacré
    et inviolable de la famille,
    sa beauté dans le projet de Dieu.

    Jésus, Marie et Joseph
    écoutez-nous,
    exaucez notre prière. Amen.


    Je salue cordialement les pèlerins francophones, en particulier les jeunes. Je vous invite à prier pour les familles et pour le synode, afin que tous puissent prendre une conscience plus grande du caractère sacré et inviolable de la famille ! Que Dieu vous bénisse ! 

  • Homélie pour la fête de l'Annonciation

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    Du Père Simon Noël sur le site du Monastère de Chèvetogne :

    Homélie pour la fête de l'Annonciation

    Cette fête que nous célébrons aujourd’hui ne constitue pas le commencement de l'année liturgique, comme le fait la fête de la nativité de la Mère de Dieu, le 8 septembre. Du moins est-ce quand même la première des fêtes qui a son origine dans l’Évangile. C'est le commencement de l’Évangile. Juste au-dessus de l'iconostase, sur le mur de l’abside centrale, nous avons à gauche l'archange Gabriel et à droite la Vierge de Nazareth. Puis en tournant le long des murs de la nef dans le sens des aiguilles d'une montre, nous avons le déploiement de toute l'année liturgique : l'enfance du Christ, son baptême, sa transfiguration, sa passion et sa résurrection. Et dans le sanctuaire, l'ascension et finalement la pentecôte. Tout commence et finit dans le Saint-Esprit. A l'annonciation, il descend sur Marie pour qu'elle devienne la Mère de Dieu. A la Pentecôte il descend sur les apôtres et sur le cosmos tout entier, pour faire naître l’Église, corps du Christ et temple de l'Esprit.

    Le récit évangélique de l'annonciation nous rapporte avec une simplicité admirable le fait le plus étonnant des relations de Dieu avec l'humanité, les fiançailles de Dieu avec son épouse. L'ange de l'incarnation, Gabriel, vient dans la maison de Marie, fiancée à Joseph, mais ne vivant pas encore avec lui, et la salue : Réjouis-toi. C'est ce que dit le texte grec. Probablement il dut lui dire en araméen : paix à toi. Le fameux shalom des juifs. Les grecs disaient eux : réjouis-toi, chaïré. Les Romains préféraient dire : salve, porte-toi bien, ou tout simplement avé, salut. La paix, la joie ou la santé : trois nuances d'un même salut, liées aux différentes cultures. Ensuite l'archange dit à Marie qu'elle est celle qui a reçu la grâce de Dieu avec une particulière abondance. Puis il dit : le Seigneur est avec toi. C'est une constatation, non un souhait. Le Seigneur était donc avec Marie d'une façon exceptionnelle, même avant la conception du Verbe. Tout cet éloge provoqua dans l'âme de Marie un grand trouble. Car Marie est la plus humble des créatures.

    Dans un premier temps, elle se demanda quel était le sens des paroles angéliques. Selon certains interprètes, elle se posa peut-être la question d'une ruse du démon. Eve avait en effet elle aussi entendu une parole angélique, mais dans ce cas il s'agissait de l'ange déchu. Gabriel ce mit alors à rassurer doucement Marie, en lui certifiant qu'elle était, de la part de Dieu, l'objet d'une prédilection spéciale. Le prophète Isaïe avait prédit depuis longtemps que le messie naîtrait d'une vierge. Gabriel annonce à Marie qu'elle est celle en qui cette prophétie va se réaliser. Elle est celle qui a été choisie pour être cette mère virginale du messie. Ensuite l'archange lui révèle le nom du messie : Jésus, ce qui signifie qu'il est Dieu et Sauveur. Il donne ensuite quelques détails sur le grand rôle destiné au Fils de Marie. Il sera Fils de Dieu, héritier de David, roi perpétuel du monde entier. Toutes les prophéties de l'ancien testament vont se réaliser. Les juifs devaient être les premiers sujets de ce roi, mais son royaume devait devenir peu à peu universel. Et son royaume devait même devenir éternel. Tout ce langage devait être très clair pour Marie, puisqu'il ne faisait que résumer les principaux oracles de l'ancien testament relatifs au messie.

    Alors Marie interroge Gabriel : comment cela se fera-t-il ? Cette question ne contient pas l'expression d'un doute, mais celle de l'étonnement, de l'admiration. Certaine du fait, Marie désire être instruite du mode. L'archange lui répond alors : c'est d'une manière toute divine qu'elle enfantera. C'est l'Esprit-Saint, la force du Très-Haut, qui opérera ce miracle inouï dans l'histoire du monde. L'ombre de Dieu va couvrir la Vierge, comme autrefois la nuée mystérieuse reposait sur le tabernacle, la tente où Moïse rencontrait Dieu, symbolisant la présence de Dieu parmi son peuple. L'incarnation du Verbe, seconde personne de la Trinité, est une œuvre d'amour par excellence, de la part de Dieu, et l'Esprit-Saint est précisément l'amour substantiel et personnel du Père et du Fils. C'est pourquoi le Fils de Marie sera  parfaitement saint et il sera reconnu par les croyants comme Fils de Dieu. Il s'ensuit que Marie va devenir Mère de Dieu au sens strict. Enfin l'archange donne un signe à Marie. Sa vieille cousine Élisabeth a conçu un fils. Le Seigneur, de même qu'il a pu faire enfanter une femme stérile, peut aussi donner un fils à une vierge. Rien n'est impossible à Dieu.

    L'évangile nous rapporte alors l'humble et docile acceptation de la Vierge : un délicieux mélange de profonde humilité et de parfaite obéissance. C'est sans doute au moment où Marie prononça son fiat que le Fils de Dieu s'incarna dans son sein.

    De nombreux dogmes de notre foi sont au cœur de cette fête : la sainte Trinité, la divinité de Jésus-Christ, son incarnation pour le salut de l'humanité, la maternité divine de Marie et sa virginité perpétuelle. Rendons grâce à Dieu d'avoir la foi et de connaître ces mystères. N'oublions pas non plus le mystère de l'eucharistie que nous sommes en train de célébrer. De même que Jésus a été réellement présent dans le sein de Marie, par le mystère de l'incarnation, il sera réellement présent dans notre cœur, par la communion, pour nous donner la vie et la sainteté. Puissions-nous, comme la Vierge de Nazareth, lui dire nous aussi notre fiat, nous mettre au service de sa divine volonté, pour le salut du monde entier.

  • L’Annonciation du Seigneur à la Vierge Marie : "l’incarnation du Fils de Dieu est le mystère central de la foi chrétienne"

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    l'ANNUNCIAZIONE di FRA ANGELICO - Italacad

    Du pape Benoît XVI, lors de son voyage à Cuba, le 26 mars 2012 (source) :

    ... la fête que l’Église universelle célèbre aujourd’hui : l’Annonciation du Seigneur à la Vierge Marie. En effet, l’incarnation du Fils de Dieu est le mystère central de la foi chrétienne, et en lui, Marie occupe un rôle de premier ordre. Mais, que veut dire ce mystère ? et quelle importance a-t-il pour nos vies concrètes ?

    Voyons avant tout ce que signifie l’Incarnation. Dans l’évangile de saint Luc, nous avons écouté les paroles de l’ange à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre. C'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35). En Marie, le Fils de Dieu se fait homme, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe : « Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel, qui signifie ‘Dieu-avec-nous’ » (Is 7, 14). Oui, Jésus, le Verbe fait chair, est le Dieu-avec-nous, qui est venu habiter parmi nous et partager notre condition humaine elle-même. L’apôtre saint Jean l’exprime de la manière suivante : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). L’expression « s’est fait chair » souligne la réalité humaine la plus concrète et la plus tangible. Dans le Christ, Dieu est venu réellement au monde, il est entré dans notre histoire, il a installé sa demeure parmi nous, accomplissant ainsi l’intime aspiration de l’être humain que le monde soit réellement un foyer pour l’homme. En revanche, quand Dieu est jeté dehors, le monde se transforme en un lieu inhospitalier pour l’homme, décevant en même temps la vraie vocation de la création d’être un espace pour l’alliance, pour le « oui » de l’amour entre Dieu et l’humanité qui lui répond. C’est ce que fit Marie, étant la prémisse des croyants par son « oui » sans réserve au Seigneur.

    Pour cela, en contemplant le mystère de l’Incarnation, nous ne pouvons pas nous empêcher de tourner notre regard vers elle et nous remplir d’étonnement, de gratitude et d’amour en voyant comment notre Dieu, en entrant dans le monde, a voulu compter avec le consentement libre d’une de ses créatures. Ce n’est que quand la Vierge répondit à l’ange : « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38), que le Verbe éternel du Père commença son existence humaine dans le temps. Il est émouvant de voir comment Dieu non seulement respecte la liberté humaine, mais semble en avoir besoin. Et nous voyons aussi comment le commencement de l’existence terrestre du Fils de Dieu est marqué par un double « oui » à la volonté salvatrice du Père : celui du Christ et celui de Marie. Cette obéissance à Dieu est celle qui ouvre les portes du monde à la vérité et au salut. En effet, Dieu nous a créés comme fruit de son amour infini, c’est pourquoi vivre conformément à sa volonté est la voie pour rencontrer notre authentique identité, la vérité de notre être, alors que s’éloigner de Dieu nous écarte de nous-mêmes et nous précipite dans le néant. L’obéissance dans la foi est la vraie liberté, l’authentique rédemption qui nous permet de nous unir à l’amour de Jésus en son effort pour se conformer à la volonté du Père. La rédemption est toujours ce processus de porter la volonté humaine à la pleine communion avec la volonté divine (cf. Lectio divina avec le clergé de Rome, 18 février 2010).

    Chers frères, nous louons aujourd’hui la Très Sainte Vierge pour sa foi et nous lui disons aussi avec sainte Elisabeth : « Heureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45). Comme dit saint Augustin, avant de concevoir le Christ dans son sein, Marie le conçut dans la foi de son cœur. Marie crut et s’accomplit dans ce qu’elle croyait (cf. Sermon 215, 4 : PL 38, 1074). Demandons au Seigneur de faire grandir notre foi, qu’il la rende vive et féconde dans l’amour. Demandons-lui de savoir accueillir en notre cœur comme elle la parole de Dieu et de l’appliquer avec docilité et constance.

    La Vierge Marie , de par son rôle irremplaçable dans le mystère du Christ, représente l’image et le modèle de l’Église. L’Église aussi, de même que fit la Mère du Christ, est appelée à accueillir en soi le mystère de Dieu qui vient habiter en elle. Chers frères, je connais les efforts, l’audace et l’abnégation avec lesquels vous travaillez chaque jour pour que, dans les réalités concrètes de votre pays, et en cette période de l’histoire, l’Église reflète toujours plus son vrai visage comme un lieu où Dieu s’approche et rencontre les hommes. L’Église, corps vivant du Christ, a la mission de prolonger sur la terre la présence salvatrice de Dieu, d’ouvrir le monde à quelque chose de plus grand que lui-même, l’amour et la lumière de Dieu. Cela vaut la peine, chers frères, de dédier toute sa vie au Christ, de grandir chaque jour dans son amitié et de se sentir appelé à annoncer la beauté et la bonté de sa vie à tous les hommes, nos frères. Je vous encourage dans cette tâche de semer dans le monde la parole de Dieu et d’offrir à tous le vrai aliment du corps du Christ. Pâques s’approchant déjà, décidons-nous sans peur et sans complexe à suivre Jésus sur le chemin de la croix. Acceptons avec patience et foi n’importe quel contrariété ou affliction, avec la conviction que dans sa résurrection il a vaincu le pouvoir du mal qui obscurcit tout, et a fait se lever un monde nouveau, le monde de Dieu, de la lumière, de la vérité et de la joie. Le Seigneur n’arrêtera pas de bénir par des fruits abondants la générosité de votre dévouement.

    Le mystère de l’incarnation, dans lequel Dieu se fait proche de nous, nous montre également la dignité incomparable de toute vie humaine. C’est pourquoi, dans son projet d’amour, depuis la création, Dieu a confié à la famille fondée sur le mariage, la très haute mission d’être la cellule fondamentale de la société et la vraie Église domestique. C’est avec cette certitude que, vous, chers époux, vous devez être spécialement pour vos enfants, le signe réel et visible de l’amour du Christ pour l’Église.