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Quelques données sur l’espace et le temps

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Quelques données sur l’espace et le temps

Comme beaucoup le savent, la vitesse de la lumière est d’environ 300 000 km par seconde. Cela signifie que le temps nécessaire à la lumière du Soleil (situé à environ 150 millions de kilomètres) pour nous parvenir est de 8 minutes et 20 secondes. Quand nous le regardons, nous ne le voyons donc pas tel qu’il est à l’instant de l’observation, mais tel qu’il était il y a précisément 8 minutes et 20 secondes.

Concernant l’étoile la plus proche, Proxima du Centaure, distante d’environ 4,25 années-lumière, nous ne la voyons pas non plus telle qu’elle est au moment où nous l’observons, mais telle qu’elle était il y a un peu plus de 4 ans et 3 mois. Quant à la galaxie d’Andromède — la galaxie spirale la plus proche de la nôtre, perceptible à l’œil nu dans de bonnes conditions —, on la voit telle qu’elle était il y a 2,5 millions d’années.

Et qu’en est-il de la plus lointaine connue à ce jour ? Découverte en 2025 grâce au télescope spatial James Webb (NASA, ESA et CSA), la galaxie MoM-z14 a été observée telle qu’elle était il y a environ 13,5 milliards d’années, c’est-à-dire seulement 280 millions d’années après le Big Bang (l’âge de l’Univers étant estimé à environ 13,8 milliards d’années).

Au regard de ces données établies par la science, comment ne pas éprouver un vertige incommensurable ?

Cependant, en quittant le domaine de la science — qui s’intéresse au « comment », à ce qui est mesurable et observable, et non au « pourquoi » —, quels seraient les moyens de connaissance autres que celui qui réduit le réel au matériel, à nos sens et à nos dimensions habituelles ? Personnellement, j’en vois trois, plus abstraits : la philosophie et la métaphysique, la spiritualité et la mystique, ainsi que l’intuition.

Voilà qui fera sans doute hausser les épaules de ceux qui partent du principe qu’il n’y a de connaissance que rationnelle. Pourtant, si tel est le cas, il faudrait que celui qui croit cela puisse prouver rationnellement qu’il n’y a de connaissance que rationnelle. Aucun rationaliste ne le peut : cela relève donc inévitablement d’un postulat, d’un pas dans le vide indémontrable.

En conclusion, se pose une question philosophique bien connue : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Notre Univers (et l’existence de l’homme en particulier) a-t-il un sens, ou est-il, comme l’écrit Bertrand Russell, « une machine sans âme qui suit une trajectoire aveugle dans l’infini de l’espace et du temps » ?

Nous voici face à un choix : croire au mystère ou croire à l’absurde. Mais si rien n’a de sens, si Russell a raison, alors la question de Camus — « dois-je ou non me suicider ? » — se pose avec une acuité terrible. Voilà où conduit l’absurde.

Tout change, évidemment, pour celui qui croit au mystère, au sens plutôt qu’au non-sens, et qui voit à la base de tout ce qui existe une Intelligence infiniment supérieure à nous, Auteur du Big Bang. Rien que du Big Bang ? Pourquoi pas ? Si l’on part du principe que, dans cette « soupe originelle » née il y a 13,8 milliards d’années, se trouvaient déjà en germe les conditions nécessaires à l’apparition un jour de la vie et de la conscience, rien n’interdit de penser, comme l’écrit Jean d’Ormesson, que « ceux qui ne croient pas en Dieu font preuve d’une crédulité qui n’a rien à envier à celle qu’ils reprochent aux croyants ».

J-P S

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