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Christianisme

  • Les chrétiens sous attaque en Afrique : en RDC et au Soudan

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    Du site de l'ECLJ :

    Est de la RDC : Des chrétiens attaqués par les ADF, groupe affilié à l'État islamique

    2 juin 2026

    Dans l'est de la République démocratique du Congo, les Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé affilié à l'État islamique, intensifient leurs attaques contre les communautés chrétiennes dans un silence quasi total. Massacres lors de funérailles, décapitations dans les églises, enlèvements de masse : tandis que la communauté internationale concentre son attention sur le conflit du M23, les ADF étendent leur territoire et multiplient les atrocités. Face à l'inaction du gouvernement congolais, l'ECLJ documente ces persécutions et appelle la communauté internationale à agir.

    Dans l'est de la RDC, les civils continuent de souffrir des conflits armés qui se poursuivent, impliquant le mouvement rebelle M23, qui serait soutenu par le Rwanda, ainsi que les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé islamiste affilié à la Province d'Afrique centrale de l'État islamique (ISCAP), des milices locales et d'autres acteurs armés étrangers.

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    3 juin 2026

    Depuis le début de la guerre civile en avril 2023, la situation des chrétiens au Soudan s'est dramatiquement dégradée. Pris en étau entre les belligérants, ils ont vu leurs églises détruites et sont victimes de conversions forcées, de mariages forcés, de détentions arbitraires et de discriminations systématiques. L'ECLJ documente ces persécutions et appelle la communauté internationale à agir.

    La guerre civile au Soudan a poussé la population au bord de l'effondrement, et la petite communauté chrétienne du pays – estimée à environ 2,2 millions de personnes (sur une population totale de 50,6 millions) avant le début du conflit il y a trois ans – a été considérablement réduite. Dans l'Instruction publique mondiale 2026 de Portes Ouvertes, le Soudan figurait au 4e rang des  pays où la persécution des chrétiens est la plus forte.[1]

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  • La messe traditionnelle en latin est « l'antithèse absolue du monde d'aujourd'hui », déclare Édouard de Habsbourg

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La messe traditionnelle en latin est « l'antithèse absolue du monde d'aujourd'hui », déclare Édouard de Habsbourg

    L'ancien ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège, qui a écrit une nouvelle brochure, se souvient de sa première rencontre déroutante avec l'ancien rite et explique comment, grâce à ce nouvel ouvrage, il entend aider les autres à l'aborder avec compréhension et paix.

    Édouard de Habsbourg
    Edouard de Habsbourg (photo : Edward Pentin photo)

    La messe traditionnelle en latin est devenue ces dernières années un objet de dévotion et de controverse, attirant un nombre croissant de jeunes fidèles malgré les restrictions imposées par Rome.

    Mais pour certains, la première rencontre avec ce rite ancien est marquée par la confusion avant de devenir une porte d'entrée vers une vie de prière plus profonde et un sens renouvelé du sacré. Combler ce fossé de compréhension est l'un des objectifs d'une nouvelle brochure, « À la découverte de la messe en latin : Guide pratique pour les curieux » , conçue comme un guide simple et pratique pour les néophytes en matière de liturgie.

    Discovering the Latin Mass - Sophia Institute Press

    | Presses de l'Institut Sophia

    Son auteur est l'archiduc Édouard de Habsbourg-Lorraine, descendant de la dynastie des Habsbourg et ancien ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège (2015-2025). Dans l'entretien accordé au Register le 27 mai, il explique plus en détail les raisons qui l'ont poussé à écrire ce livre, l'influence positive et significative du Vetus Ordo sur sa vie et sa foi, ainsi que sur celles de sa famille, et les raisons de sa popularité croissante auprès des jeunes. Il partage également son point de vue sur les raisons pour lesquelles la liturgie traditionnelle suscite autant de ferveur que d'opposition.

    Monsieur l'Ambassadeur Habsbourg, quels sont vos espoirs quant à l'ouvrage « À la découverte de la messe latine » , et qu'est-ce qui vous a incité à l'écrire ?

    J'ai écrit ce petit livre car, lorsque j'ai assisté à ma première messe traditionnelle en latin, je n'avais pas de brochure explicative pratique sous la main et j'étais complètement désemparée, voire même agacée. Personne ne m'avait préparée aux différences dans presque tous les aspects de la liturgie, et je n'ai donc pas pu l'apprécier pleinement au début. J'espère donc qu'avec ce petit livret en main, les fidèles aborderont leur première messe en latin mieux préparés et sans se braquer d'emblée.

    À qui s'adresse-t-il principalement, et peut-on apporter le livret à la messe pour mieux la suivre et y participer ?

    Ce livre ne s'adresse pas, en premier lieu, aux personnes qui assistent déjà à la messe traditionnelle en latin. Il est plutôt destiné à celles et ceux qui souhaitent l'essayer, soit parce qu'ils en ont entendu parler, soit par simple curiosité pour cette forme du rite romain. Il s'adresse également à celles et ceux que la messe en latin irrite et qui aimeraient voir certains de leurs préjugés dissipés.

    Oui, vous pouvez emporter ce livre à vos deux ou trois premières messes en latin. Il contient une section centrale où j'explique les différentes parties de la liturgie, avec quelques illustrations montrant, par exemple, que lorsque l'enfant de chœur se tient à droite et le prêtre au centre, on peut savoir à quelle partie de la messe nous sommes. Donc, oui, il est tout à fait idéal pour cela.

    Quel impact la messe tridentine a-t-elle eu sur votre propre vie, et quelle importance a-t-elle eu pour vous en tant que parent, notamment pour aider à former vos enfants dans la foi catholique ?

    Merci beaucoup pour cette question. L'impact le plus fort que la messe en latin ait eu sur moi, c'est sur mes enfants. Nous avons tous été élevés dans la foi catholique, allant régulièrement à la messe, récitant nos prières, faisant des pèlerinages, etc. Mais lorsque nous avons découvert la messe en latin il y a environ cinq ou six ans, toute la famille — même ceux qui ne nous rendaient visite que sporadiquement à Rome — a entamé un cheminement spirituel nouveau, approfondissant notre foi, notre relation avec le Christ et notre compréhension de la liturgie.

    Avant tout, j'ai constaté que la vie liturgique imprégnait notre quotidien. Par exemple, je remarque désormais une plus grande ferveur dans la prière quotidienne, la récitation du Rosaire, la pratique des neuvaines et de toutes ces pratiques, ce qui transforme notre vie. J'ai trouvé quelque chose qui a véritablement donné à toute notre famille un nouveau départ dans la foi.

    Pendant des siècles, la famille des Habsbourg a joué un rôle essentiel dans la préservation de l'ancienne liturgie , qui a eu un impact majeur sur la culture et la politique de ses territoires. Percevez-vous votre rôle comme similaire — aider les fidèles à connaître et à aimer la messe tridentine et ainsi contribuer à la préservation de la civilisation catholique européenne, d'autant plus qu'elle est aujourd'hui fortement menacée par la laïcité, l'islam et d'autres forces ?

    Il est, à mon avis, bien trop tôt pour prédire le rôle que jouera la redécouverte de la messe traditionnelle en latin en Europe. Le nombre de fidèles reste encore très faible, et l'immense majorité des catholiques assistent toujours à ce que l'on appelle le Novus Ordo – la messe d'aujourd'hui. Mais je me vois peut-être comme un ambassadeur de la messe traditionnelle en latin auprès de ceux qui n'en ont jamais entendu parler, qui aimeraient la découvrir, ou qui souhaiteraient dépasser leurs préjugés à l'égard de cette forme de rite.

    J'ai commencé à écrire ce livret presque aussitôt après avoir terminé mon mandat de diplomate auprès du Saint-Siège. En tant que diplomate, on doit rester assez discret sur ses préférences, surtout en matière liturgique. Désormais, je suis beaucoup plus libre de parler de ce qui me tient à cœur.

    On observe un regain d'intérêt marqué pour la messe tridentine, notamment chez les jeunes. Comment expliquez-vous cette popularité croissante, d'autant plus qu'elle survient malgré les efforts récents du Vatican pour la restreindre ?

    Vous avez tout à fait raison : les jeunes sont très attirés par la messe traditionnelle en latin. C’est un phénomène que l’on observe partout en Europe et dans le monde, notamment aux États-Unis, en Angleterre, en France, mais aussi en Autriche, en Allemagne et en Hongrie – partout. Vous vous demandez pourquoi. Bien sûr, je ne le sais pas avec certitude, mais j’imagine que c’est l’antithèse même du monde actuel.

    C'est un lieu empreint de recueillement et de silence, un silence absolu. C'est ce silence qui m'a le plus attiré, ainsi que ma famille. On y ressent une profonde ferveur. Je crois que si les jeunes d'aujourd'hui veulent être catholiques, c'est pour vivre une foi authentique et profonde. La messe traditionnelle en latin offre à la fois l'impression et la réalité d'un enracinement très profond. L'étrangeté de la langue latine, la solennité des gestes, tout cela témoigne du sérieux et du caractère sacré de l'événement. Je pense que c'est ce que recherchent les jeunes qui souhaitent bâtir leur vie sur des fondements solides.

    Pourquoi pensez-vous que la messe tridentine suscite des passions aussi vives, tant chez ceux qui souhaitent la préserver que chez ceux qui s'y opposent ?

    Pour commencer par l'opposition, je crois que la résistance acharnée à la messe traditionnelle en latin est due en grande partie à deux facteurs, dont le premier est probablement un préjugé qui remonte aux années 1950 et 1960. Plusieurs générations de prêtres – dont certains sont aujourd'hui évêques – ont grandi avec l'idée que cette messe appartient au passé, qu'il faut l'abandonner pour s'ouvrir à la liturgie contemporaine. On leur a appris qu'il ne fallait pas s'y attarder ni trop s'y complaire, qu'elle est quelque peu mécanique, manichéenne, un vestige d'un autre temps. Tout cela a pu amener certains à grandir avec la ferme conviction qu'il s'agit d'une pratique à dépasser, poussiéreuse et obsolète. Aussi, lorsque d'autres tentent aujourd'hui de la redécouvrir, ils réagissent avec véhémence. Je pense que c'est une explication possible.

    L'autre facteur, bien sûr — et je le trouve fort regrettable — est la manière dont certains catholiques nouvellement convertis, s'exprimant souvent devant leur webcam, se présentent comme défendant la tradition et la messe en latin. Parfois, ils se sentent obligés de parler de façon très agressive et bruyante pour montrer qu'ils sont « vraiment » catholiques. Cela contribue à donner l'image des traditionalistes comme un groupe de personnes rigides, moralisatrices et peu accueillantes.

    Je suis presque certain que nombre des mesures prises ces dernières années contre la messe en latin découlent de cette impression. Internet peut être un excellent moyen de parler de sa foi, mais le faire avec respect, charité et une compréhension des autres formes de vie catholique est sans doute bien plus utile.

    Malgré le regain d'intérêt, le nombre de fidèles reste relativement faible par rapport à l'ensemble de la population catholique. Considérez-vous ceux qui assistent à la messe tridentine comme le « reste », cette minorité créative dont parlait le cardinal Ratzinger, qui préservera l'ordre catholique et la tradition apostolique alors que tout semble décliner et s'effondrer ?

    Il est vrai que la messe en latin est suivie par un nombre relativement restreint de catholiques dans le monde. Je dis « relativement » car si l'on compare le nombre de ceux qui fréquentent la messe en latin avec celui des fidèles qui assistent régulièrement à la messe – et parfois même en semaine – dans de nombreux pays d'Europe occidentale, le nombre de fidèles de la messe en latin paraît soudain bien plus important qu'on ne le pense. Cependant, comparé au nombre total de personnes baptisées dans l'Église catholique, ce nombre reste très faible.

    Est-ce que je crois que cela constituera le rempart, le petit reste ? Je ne le pense pas. Je crois que les propos de Benoît XVI s'appliquent aussi bien à ceux qui assistent à la messe traditionnelle en latin qu'à ceux qui fréquentent les paroisses où la messe contemporaine est célébrée avec ferveur et respect, et où la vie catholique est vivante et florissante. Ensemble, ils forment le petit reste – et ces deux groupes connaissent une croissance exponentielle.

    Si l'on considère le nombre de personnes baptisées, confirmées ou revenues à l'Église catholique ces quatre ou cinq dernières années, on constate qu'il se passe quelque chose au sein de l'Église, quelque chose se passe dans tout le monde occidental, du moins à mon avis. Je suis plein d'espoir pour l'Église, de peur que nous ne devenions ce très petit reste dont parlait Benoît XVI.

  • La fête de Dieu est notre fête

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    SOLENNITÉ DE LA SAINTE TRINITÉ

    PAPE LÉON XIV

    ANGÉLUS

    Place Saint-Pierre, dimanche 31 mai 2026

    Chers frères et sœurs, bon dimanche !

    Le temps pascal s'est achevé la semaine dernière avec la solennité de la Pentecôte . Aujourd'hui, nous célébrons le Mystère du Dieu trinitaire, qui nous offre l'occasion de réfléchir au chemin parcouru. Nous commençons par la vie de Dieu qui nous a été donnée en Jésus-Christ. Cette vie est une communion de foi dynamique et inépuisable qui nous attire. En effet, l'Esprit Saint, qui unit le Père et le Fils, a été répandu dans nos cœurs. Ainsi, l'Église devient un sacrement de communion, un lieu de rencontre, d'amour et de vie où le ciel et la terre se rejoignent.

    L’Évangile d’aujourd’hui ( Jn 3, 16-18) nous présente Nicodème, un personnage important d’Israël, profondément attiré par Jésus. Désireux de mieux comprendre ce Maître mystérieux et de lui poser des questions, Nicodème alla le trouver de nuit, afin de ne pas être vu. Le Seigneur l’accueillit et prit au sérieux sa quête de réponses. Jésus surprit Nicodème en lui suggérant qu’il était possible, même pour un adulte, de renaître et l’amena à comprendre que la vie de Dieu pouvait transformer la sienne. Lorsque Jésus parla de l’Esprit Saint, les ténèbres intérieures de Nicodème furent éclairées par la vérité – cette même vérité qui résonne dans toute l’Église en ce jour de fête : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (v. 16). Et encore : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (v. 17).

    Chers frères et sœurs, dans le Mystère de Dieu – Père, Fils et Saint-Esprit – nous trouvons notre place, comme Nicodème en présence de Jésus. La vie de Dieu est merveilleuse et captivante ; elle apaise notre cœur, souvent agité, et nous permet de rencontrer nos frères et sœurs dans la joie de l’Esprit. La Trinité nous aide à aimer tous et toutes choses : nous découvrons que chaque créature est faite pour la communion, la relation et la rencontre. Par ailleurs, nous comprenons pourquoi la division, la polarisation et le mépris de la diversité engendrent destruction, tristesse et stérilité dans le monde.

    Nicodème était membre du Sanhédrin, le conseil des grands prêtres d'Israël. Lorsqu'il entendit des paroles méprisantes proférées contre Jésus au sein du Sanhédrin, il exhorta chacun à écouter avant de le condamner. Il avait reçu de Dieu, par le Christ lui-même, l'Esprit de communion, qui ouvre le cœur aux vérités nouvelles et au véritable renouveau. Celui qui ne reçoit pas cet Esprit vieillit vite, dans la tristesse, se sentant seul et sans joie. Aujourd'hui, chers frères et sœurs, c'est un jour de fête. La fête de Dieu est aussi la nôtre. C'est pourquoi saint Paul écrivit aux Corinthiens : « Réjouissez-vous, tendez à la perfection, encouragez-vous les uns les autres, vivez en paix ; et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous » (cf. 2 Co 13, 11).

    Et maintenant, avec la prière de l’Angélus, nous nous tournons vers la Vierge Marie : comme son « oui » à la volonté divine, puisse notre « oui » à l’amour de la Très Sainte Trinité porter lui aussi du fruit.

  • Le christianisme reste-t-il la première religion du monde ? Est-il menacé par la progression de l'Islam ?

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    Oui, le christianisme reste la première religion du monde en nombre d’adeptes, mais l’islam progresse plus rapidement et réduit l’écart.

    Situation actuelle (estimations 2025-2026)

    • Christianisme : Environ 2,3 à 2,6 milliards de fidèles (environ 28-32 % de la population mondiale selon les sources). Il reste nettement en tête.
    • Islam : Environ 1,9 à 2,0 milliards (environ 25-26 %).

    Sources fiables comme le Pew Research Center (données 2020 actualisées) et le Center for the Study of Global Christianity (Gordon-Conwell) confirment que le christianisme conserve la première place, avec une avance de plusieurs centaines de millions. Des estimations pour 2026 donnent souvent ~2,4 milliards pour les chrétiens et ~2 milliards pour les musulmans.

    La progression de l’islam

    L’islam est la religion qui croît le plus vite en nombre absolu et en pourcentage :

    • Entre 2010 et 2020, les musulmans ont augmenté de 347 millions (contre +122 millions pour les chrétiens).
    • Taux de croissance annuel : ~1,57 % pour l’islam contre ~0,95 % pour le christianisme (facteurs principaux : fécondité plus élevée, population plus jeune, conversions limitées mais flux migratoires).

    Projections (Pew Research et autres) :

    • Vers 2050 : Quasi-parité ou très faible avance chrétienne (~2,9 milliards chrétiens vs ~2,8 milliards musulmans).
    • Au-delà (2070-2075) : L’islam pourrait devenir la première religion selon certaines projections, grâce à la démographie en Afrique et en Asie. Cependant, d’autres études (comme Gordon-Conwell 2026) maintiennent une avance chrétienne jusqu’en 2075 (~2,67 milliards chrétiens vs ~2,1 milliards musulmans), car la croissance chrétienne est forte en Afrique subsaharienne.

    Nuances importantes

    • Le christianisme n’est pas uniforme : Il perd du terrain en Europe et en Amérique du Nord (sécularisation, déchristianisation), mais croît fortement en Afrique subsaharienne et dans certaines parties de l’Asie. Le centre de gravité du christianisme s’est déplacé vers le Sud global.
    • L’islam bénéficie d’une démographie jeune et d’une forte rétention (peu de sorties de la religion), mais fait aussi face à des défis (sécularisation dans certains pays, tensions internes).
    • Les non-religieux (athées, agnostiques, etc.) sont autour de 1,2 milliard et progressent aussi dans les pays riches.
    • Les chiffres sont des estimations : les définitions de « chrétien » ou « musulman » varient (pratiquant vs identitaire culturel).

    En résumé : Le christianisme reste n°1 aujourd’hui et le restera probablement encore plusieurs décennies. Mais oui, il est « menacé » au sens démographique par la progression rapide de l’islam, qui comble l’écart grâce à des dynamiques naturelles (naissances) plus qu’à des conversions massives. Ce n’est pas une « disparition » imminente, mais un rééquilibrage progressif du paysage religieux mondial.

    Ces tendances soulignent surtout l’importance de la démographie et de la fécondité dans l’évolution des religions à long terme.

    (avec l'IA)

  • Léon XIV : que nous apprend sa première encyclique ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : que nous apprend sa première encyclique ?

    1er juin 2026

    L'encyclique de Léon XIV, Magnifica Humanitas, porte un titre en latin, mais n'existe pas encore en version latine.

    Cette encyclique a été la dernière à parvenir au Bureau des lettres latines ; la version originale devrait être en anglais et en italien, de sorte que l’editio typica sera probablement en latin, mais il s’agira d’un latin traduit a posteriori.

    Selon InfoVaticana, le premier portail à avoir relevé cette particularité ou du moins à lui avoir accordé de l’importance, l’absence d’une édition latine témoigne de l’abandon du latin par l’Église, et donc d’une perte d’identité.

    Symboliquement, en effet, le fait que le document ait été publié dans les langues vernaculaires avant même qu’une édition latine ne soit prête revêt une importance particulière.

    Ce détail en dit long sur la transition que traverse actuellement l’Église, mais il en dit très peu sur la perte d’identité de l’Église catholique.

    En effet, le latin a été réaffirmé comme langue officielle de l’Église dans les derniers règlements généraux de la Curie romaine publiés en novembre 2025. En effet, les éditions originales des dernières encycliques, les éditions dites de référence, sont depuis longtemps en latin, mais elles sont rédigées dans des langues courantes.

    L’encyclique « Laudato Si’ » du pape François avait une version initiale en espagnol. D’autres encycliques ont été rédigées en italien. « Magnifica Humanitas » est probablement basée sur l’anglais, car elle a été rédigée par le bureau dirigé par le cardinal canadien Michael Czerny, qui s’est d’ailleurs exprimé en anglais lors de la conférence de presse de présentation, et parce qu’elle a été remise au pape, qui est américain et maîtrise évidemment mieux sa langue maternelle que toute autre.

    En bref, l’édition originale n’est plus l’édition latine depuis un certain temps.

    La question est toutefois de savoir pourquoi l’édition latine n’a pas encore été rédigée et publiée. La raison est simple : le Bureau des lettres latines a été le dernier à recevoir le texte complet de l’encyclique.

    Comme tous les documents papaux, l’encyclique était strictement confidentielle jusqu’à sa publication.

    C’est pourquoi le Dicastère pour le développement humain intégral a recueilli les avis de divers experts et les a compilés dans un long texte résumant tous les thèmes de la doctrine sociale. Dans certains cas, le dicastère a confié des sections de la traduction à des collaborateurs de confiance, mais jamais l’intégralité du texte.

    En bref, on craignait une éventuelle fuite, ce qui a conduit les rédacteurs à garder le document pratiquement sous clé, empêchant quiconque d’en avoir une vue d’ensemble. De plus, le document n’a pas impliqué tous les ministères concernés, mais seulement quelques experts sélectionnés par les rédacteurs.

    « Magnifica Humanitas » est un document rédigé par des experts, mais il ne s’agit pas d’un document collégial de la Curie romaine.

    Le manque de coordination est manifeste dans plusieurs détails. Par exemple, on note l’absence totale de toute référence à l’Appel de Rome pour l’éthique de l’IA, ainsi qu’au concept d’algorithmique, développé dans le cadre de cette même initiative. Il s’agissait d’une initiative de l’Académie pontificale pour la vie qui avait réuni des entreprises du secteur des technologies de pointe afin de promouvoir le développement éthique de l’intelligence artificielle. Le projet a ensuite été soutenu par d’autres organisations religieuses, devenant ainsi une initiative interconfessionnelle.

    Mais ce n’est pas tout.

    Un document aussi volumineux manque également de références à d’autres textes cruciaux, et même à des discours récents de diplomates du Vatican sur la question de l’intelligence artificielle et de sa gouvernance. Par exemple, il n’y a aucune référence à l’idée d’une autorité mondiale sur l’intelligence artificielle chargée de superviser son développement et ses implications éthiques, telle que proposée par l’archevêque Paul Richard Gallagher dans un discours prononcé devant les Nations unies en septembre 2023.

    L’encyclique a certes rassemblé les avis de plusieurs experts, mais elle a pratiquement rompu tout lien avec toutes les autres initiatives du Vatican entreprises avant elle.

    Il y a l’encyclique, il y a le Dicastère pour la promotion du développement humain intégral (qui devrait diriger la nouvelle commission interministérielle sur l’IA mise en place par Léon XIV), et il y a un avenir qui ne concerne plus les relations déjà établies avec les géants de la tech, mais avec d’autres entreprises comme Anthropic, qui, entre autres, est appréciée pour son refus de céder sa technologie à des fins militaires.

    Ces lacunes révèlent une Curie romaine dont les départements restent cloisonnés, sans coordination et (paradoxalement) sans histoire.

    La mémoire du travail accompli au sein de la Curie semble avoir été effacée, remplacée par de nouvelles formulations. Il est vrai que l’encyclique contient une section substantielle résumant les encycliques précédentes sur la doctrine sociale. Mais celle-ci est purement didactique et ne parvient pas à mettre véritablement en lumière les conséquences concrètes de ce travail sur la doctrine sociale.

    En effet, le document Antiqua et Nova des Dicastères pour la Doctrine de la Foi et pour la Culture et l’Éducation, consacré précisément au thème de l’intelligence artificielle, n’apparaît pour la première fois qu’à la note 123.

    Que nous apprend cette situation ?

    D'une part, cela signifie que la Curie héritée de Léon XIV est toujours profondément divisée.

    Il existe des acteurs indépendants qui sont impatients de mettre à profit leur liberté pour interpréter les documents et les déclarations à leur guise, rompant ainsi avec le passé. Il y a des départements qui vivent encore selon les préjugés de l’époque du pape François et qui sont donc exclus des discussions. Il y a aussi une Secrétairerie d’État qui semble être un spectateur intéressé et vaguement impliqué. Le moment symbolique qui a illustré cette situation a été lorsque le cardinal Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a été appelé à animer la présentation de l’encyclique elle-même, en présence du pape.

    Toutes les opinions sont arrivées de manière décousue et ont ensuite été intégrées dans un long texte qui englobe une multitude de sujets. C’est une encyclique particulièrement longue, trois fois plus longue que Caritas in Veritate de Benoît XVI, et elle n’apporte pas beaucoup d’innovations, même si elle risque parfois de succomber à un excès de rhétorique.

    Dans cette situation, le latin – que plus personne parmi les initiés ne parle – est devenu le dernier des soucis de quiconque.

    En bref, l’institution et sa langue sont devenues le dernier des problèmes, car les ministères eux-mêmes sont davantage engagés dans ce bras de fer sur les responsabilités que dans la défense de la structure telle qu’elle est.

    Ce n’est pas un plan, même si cela y ressemble.

    La perte d’institutionnalité et la gestion du pouvoir fondée sur la confidentialité nous font perdre de vue le fait que chacun travaille pour un monde plus vaste, avec son propre langage et son propre protocole.

    Ces derniers temps, ces banalités ont été négligées. Ce sont là des faits banals de la vie au Vatican, mais le public les a perdus de vue depuis un certain temps déjà.

    Il suffit de rappeler que l’annonce du décès du pape François a été faite dans un message YouTube par trois cardinaux et un archevêque, parmi lesquels ne figurait ni le doyen du Collège des cardinaux ni le vicaire du pape pour le diocèse de Rome (qui sont censés délivrer le message), et parmi lesquels personne ne portait la barrette rouge à la place de la soutane.

    Le latin viendra, et ce sera l’editio typica.

    Magnifica Humanitas a toutefois montré que le pape aura fort à faire pour amener l’ensemble de la Curie à travailler ensemble, pour surmonter les personnalismes, pour créer un mécanisme pacifique où chacun pourra échanger des informations et tirer profit du travail des autres.

  • Le catholicisme fait des percées inattendues en Estonie laïque

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    Le catholicisme fait des percées inattendues en Estonie laïque

    Le premier évêque diocésain de cet ancien pays communiste affirme que Pâques a amené un nombre sans précédent de catéchumènes adultes, presque tous originaires d'Estonie.

    Parmi les pays touchés par le renouveau catholique inattendu en Europe, peu sont aussi intrigants que l'Estonie. Longtemps considérée comme l'une des nations les plus irréligieuses du monde, cette nation balte, historiquement protestante, semblait un lieu improbable pour une telle résurgence du catholicisme.

    Cependant, ces Pâques ont offert un signe que quelque chose est peut-être en train de changer. 

    Dans la modeste cathédrale catholique nichée au cœur de la vieille ville médiévale de Tallinn, capitale estonienne, l'évêque Philippe Jourdan a baptisé 33 adultes lors de la veillée pascale du 4 avril. Le dimanche de Pâques, il a accueilli 15 autres chrétiens déjà baptisés dans la pleine communion de l'Église catholique. « Nous n'en avions jamais eu autant », a déclaré l'évêque Jourdan au Register. 

    Bien que ces chiffres puissent paraître modestes au regard des normes françaises, où les baptêmes d'adultes ont connu une forte augmentation ces dernières années, en Estonie, pays de seulement 1,3 million d'habitants où le catholicisme était presque éteint, ils laissent entrevoir un changement religieux que peu auraient prédit.

    En 2011, l'Estonie était considérée comme le pays le moins religieux au monde. Dix ans plus tard, le recensement de 2021 révélait que seulement 29 % de la population se déclarait affiliée à une religion. Ce sécularisme s'enracine profondément. La Réforme protestante a d'abord éradiqué le catholicisme au cours du XVIe siècle, tandis que le régime soviétique a ensuite accéléré le déclin de la transmission religieuse au sein de la société. Des études suggèrent qu'en Estonie, la foi est moins activement rejetée que simplement absente.

    « Dans les pays latins, on peut parler de renouveau », a déclaré le prélat d'origine française, âgé de 65 ans, devenu le premier évêque diocésain d'Estonie en 2024. « Ici, je parlerais plutôt d'un retour du catholicisme. »

    Une église de convertis

    Contrairement à plusieurs pays européens où de nombreux convertis redécouvrent en quelque sorte leurs racines ancestrales, l'Estonie n'offre pratiquement aucun héritage catholique à retrouver. « Les premières conversions au catholicisme ici ne remontent qu'aux années 1920 », a déclaré l'évêque Jourdan au Register.

    Au début des années 1970, a-t-il déclaré, citant l'étude de l'auteur allemand Lambert Klinke sur l'Église catholique en Estonie soviétique, le nombre de catholiques estoniens de souche était inférieur à 10. « Pas 5 000, pas 50, seulement cinq ou six ! », a-t-il dit.

    L’Église qui existe aujourd’hui en Estonie est donc presque entièrement composée de convertis, avec très peu de familles aux racines catholiques traditionnelles. « Les catholiques sont des convertis, ou des enfants de convertis, et nous commençons maintenant à voir apparaître les premiers petits-enfants de convertis », a poursuivi l’évêque Jourdan.

    Lors du recensement de 2021, les catholiques représentaient environ 0,8 % de la population estonienne, soit environ 10 000 personnes.

    « Si l’on considère d’où nous venons », a commenté l’évêque, « on pourrait dire que nous nous sommes multipliés par mille. »

    Contrairement à la Suède ou à la Norvège voisines, où la croissance du catholicisme a été en partie alimentée par l'immigration, le mouvement récent en Estonie semble être essentiellement local. 

    Selon le diocèse de Tallinn, parmi les 33 adultes baptisés lors de la veillée pascale, tous sauf un étaient Estoniens ; un était Russe. Ce qui a le plus changé ces dernières années, c’est le profil des personnes qui se tournent vers l’Église.

    « Auparavant, les catéchumènes avaient souvent entre 30 et 40 ans », a déclaré Jourdan. « Maintenant, ils sont beaucoup plus souvent dans la vingtaine. »

    L’impact des visites papales et de la COVID

    L'évêque a expliqué ce phénomène en partie par la visibilité que le pape saint Jean-Paul II a donnée au pays lors de sa visite en 1993, juste après l'effondrement de l'Union soviétique. Le pape François a donné un nouvel élan au mouvement lors de son retour en 2018 et a finalement érigé un véritable diocèse à Tallinn.

    « Les Estoniens sont très attentifs à l’image qu’ils renvoient à l’étranger », a déclaré l’évêque Jourdan. « Le fait que le pape soit venu de Rome à Tallinn, alors que le nombre de catholiques y est si faible, a profondément marqué les esprits. »

    Mais comme dans d'autres pays européens, le contexte historique semble également avoir joué un rôle important. L'évêque Jourdan estime que la pandémie de COVID-19, suivie presque immédiatement par l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, a pu susciter un questionnement existentiel plus large, notamment chez les jeunes.

    « Ici, la guerre n’est pas une abstraction, mais une réalité que nous vivons bien plus concrètement que dans les pays plus à l’ouest », a-t-il déclaré. L’Estonie partage une frontière avec la Russie et a, de fait, accueilli un nombre important de réfugiés ukrainiens. « Les gens se demandent : au-delà des pandémies et des guerres, y a-t-il autre chose ? La vie a-t-elle autre chose à offrir ? »

    Il a également constaté une évolution culturelle dans la façon dont l'engagement religieux est perçu. 

    « Il y a quatre ou cinq ans, un jeune qui demandait le baptême aurait pu passer pour faible, étrange, voire un peu malade », a-t-il déclaré. « Aujourd’hui, même si d’autres ne partagent pas sa foi, ils peuvent penser : “Voilà quelqu’un de convaincu, quelqu’un qui a de la personnalité.” »

    L'attrait de la clarté catholique

    Interrogé sur les raisons pour lesquelles ces jeunes générations se tournent spécifiquement vers le catholicisme plutôt que vers d'autres traditions chrétiennes, l'évêque Jourdan a souligné la présence publique croissante de l'Église et l'attrait de la clarté doctrinale.

    « L’Église catholique est bien plus visible dans la société estonienne qu’il y a 20 ans », a-t-il déclaré. « Les gens sont attirés par une foi vécue avec clarté et une certaine exigence », a-t-il ajouté.

    La présence de l'Église dans le domaine de l'éducation porte peut-être aussi ses fruits. 

    L'Estonie compte désormais deux écoles catholiques — à Tallinn et à Tartu — un développement sans précédent dans l'histoire du pays.

    « Les étudiants ne deviennent pas forcément catholiques immédiatement », a déclaré l’évêque au Register. « Mais plus tard, en tant que jeunes adultes, on constate parfois que ce qui a été semé est resté. »

    La nécessité d'être préparé

    Malgré ces signes encourageants, l'évêque Jourdan se méfie de tout triomphalisme, se souvenant de ce qui s'est passé lors de l'effondrement de l'Union soviétique. L'intérêt religieux a alors explosé, notamment chez les luthériens, suite à la fin brutale de décennies d'athéisme imposé. Mais, comme en Lettonie voisine , cet élan s'est rapidement essoufflé. 

    « Les églises n’étaient pas préparées », a-t-il déclaré. « Des gens ont été baptisés, puis ils ont disparu. Si les gens ne sont pas accompagnés, le soufflé retombe. »

    C’est une réalité à laquelle les responsables catholiques ailleurs en Europe sont de plus en plus confrontés, notamment en France, où les évêques réfléchissent activement à la manière d’intégrer les milliers de nouveaux convertis adultes par le biais du conseil provincial d’Île-de-France, qui a lancé l’initiative « Catéchumènes et néophytes : nouvelles perspectives pour la vie de notre Église » visant à repenser la manière d’accueillir et de soutenir les nouveaux catholiques face à cette augmentation historique des demandes de baptême d’adultes en France.

    Malgré les difficultés, l’évêque Jourdan reste convaincu qu’il se passe quelque chose de particulier au sein de l’Église catholique dans toute la région. 

    Le fait que des dizaines de jeunes adultes choisissent librement le catholicisme dans un pays où la foi semblait avoir disparu jusqu'à récemment suggère que la sécularisation n'explique pas tout.

    « Je n’irais pas jusqu’à affirmer que c’est l’avenir de l’Église, mais le catholicisme en Europe du Nord a véritablement gagné en visibilité, en influence et en nombre de fidèles. »

  • Au cœur de la persécution, une histoire de grâce. Les prêtres martyrs tchèques Bula et Drbola seront béatifiés le 6 juin

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    Une dépêche (Chiara Dommarco) de l'Agence Fides :

    Au cœur de la persécution, une histoire de grâce. Les prêtres martyrs Bula et Drbola seront béatifiés le 6 juin

    30 mai 2026    
     

    par Chiara Dommarco

    Brno (Agence Fides) – « Les régimes, les idéologies et les peurs passent, mais la vérité, l’amour et la fidélité ont une force qui survit à l’histoire elle-même ». C’est ainsi que, s’adressant à l’Agence Fides, le père Karel Orlita résume l’essence même de la vie de Jan Bula et Václav Drbola, les deux prêtres tchèques qui seront béatifiés le 6 juin à Brno. Au cours de la célébration eucharistique, présidée par le Cardinal Michael Czerny, le calice ayant appartenu à Bula sera utilisé.

    Postulateur de la phase diocésaine et administrateur de la phase romaine, le père Karel a suivi de près le déroulement de la cause de béatification et de canonisation des deux martyrs : les tout premiers dans le diocèse de Brno et dans l’histoire contemporaine de la République tchèque à être béatifiés ou canonisés.

    « Nous vivons à une époque marquée par les guerres, les polarisations, les crises culturelles, la peur et la désorientation morale. Dans ce contexte, leur témoignage nous rappelle que l’homme ne peut vivre sans vérité ni espoir. Ils montrent que même lorsque tout semble dominé par la violence et le mensonge, il est possible de rester humainement libre », commente le père Karel.

    Václav Drbola est né en 1912 à Starovičky, en Moravie du Sud, dans une famille de conditions modestes. Après avoir obtenu son diplôme en 1933, il entra la même année au séminaire diocésain de Brno. Ordonné prêtre en 1938, il se consacra tout particulièrement aux enfants et aux jeunes, organisant des cours de catéchisme, des représentations théâtrales et des manifestations sportives. Membre du Parti populaire tchécoslovaque, il participa activement à la vie publique de Bučovice, où il exerça la majeure partie de son ministère pastoral, s'attirant la sympathie de tous par la douceur qui le caractérisait.

    Jan Bula est né en 1920 à Lukov, un village morave situé à la frontière allemande, lui aussi issu d’une famille très modeste. Tout comme Drbola, il entra au séminaire diocésain de Brno en 1939, immédiatement après avoir obtenu son baccalauréat. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut affecté par les Allemands à une usine de céramique, où son talent artistique fut mis à profit pour décorer des ustensiles. En 1944, de retour à Brno, ville dévastée par les bombardements, il peignit sur du carton quelques scènes de la Passion et se consacra à l'étude et à la rédaction de textes sur l'iconographie russe. À la fin de la guerre, il fut ordonné prêtre et envoyé à Rokytnice, où il gagna l’estime de tous les paroissiens par sa générosité. Son bref ministère se déroula entre les sorties à la campagne, les spectacles de théâtre pour enfants et jeunes, les travaux de rénovation de l’église paroissiale, son engagement dans la vie locale en tant que membre du Parti populaire et les peintures qu’il réalisait pendant son temps libre.

    À la suite du coup d'État communiste de 1948, une nouvelle période d'épreuves s'ouvrit pour l'Église catholique, qui venait de subir les persécutions nazies. Après la nationalisation des biens ecclésiastiques, la fermeture d’écoles et de séminaires et de nombreuses arrestations de religieux et de laïcs, la campagne systématique contre l’Église s’accéléra : en juin 1949, le gouvernement mit en œuvre un plan visant à encadrer les catholiques au sein d’une nouvelle organisation autoproclamée « Action catholique », créée ad hoc. La presse catholique ayant été interdite et les Évêques assignés à résidence, le gouvernement s’efforça de convaincre le clergé et le peuple qu’il s’agissait là de la nouvelle association catholique à laquelle ils devaient adhérer.

    Répondant à la demande adressée à tous les prêtres par l’Archevêque de Prague, Josef Beran, Bula et Drbola lurent tous deux la circulaire – qu’il avait publiée – lors de la messe dominicale du 19 juin : on y demandait aux fidèles de rester vigilants et fidèles à l’Église de Rome. À cette occasion, Bula précisa également que la signature portant son nom, qui figurait parmi les adhérents à l’« Action catholique » gouvernementale, était fausse : « (…) Soyez fidèles. Ne trahissez pas la confiance de votre Église, dans laquelle vous êtes nés. (…) Priez pour que le Saint-Esprit éclaire la raison et accorde la vraie connaissance en ces moments difficiles ».

    Ils se retrouvèrent ainsi dans le collimateur de la StB (police politique tchèque), qui fit appel à un agent infiltré, le « capitaine Malý », pour arrêter les deux prêtres. En février 1951, Ladislav Malý, camarade de classe de Bula, lui rendit visite et lui parla d’un plan visant à libérer l’Archevêque Beran de sa captivité, ajoutant que celui-ci aurait exprimé le désir de se confesser à un prêtre catholique resté fidèle à Rome. Bula se déclara disposé à recevoir la confession de l’Archevêque et le capitaine revint plusieurs fois voir le prêtre, mais celui-ci ne répondait pas à ses questions concernant la rencontre avec l’évêque. Bula fut arrêté en avril de cette année-là. Le scénario se répéta avec Drbola : Malý lui raconta la même histoire concernant l’Archevêque et le prêtre promit de le confesser, mais le moment de la confession n’arrivait jamais. Drbola fut arrêté en juin 1951. Accusés d’avoir inspiré l’attentat de Babice du 2 juillet 1951 – au cours duquel le Capitaine et d’autres avaient tué trois fonctionnaires du parti communiste –, Drbola et Bula, incarcérés au moment des faits, furent tous deux contraints, sous la torture, de s’auto-accuser et de répéter à plusieurs reprises un scénario qu’ils devaient ensuite réciter devant le juge, selon lequel Drbola aurait été l’un des principaux instigateurs du triple meurtre et Bula le chef d’un groupe subversif qui aurait soutenu le Capitaine.

    Drbola fut exécuté le 3 août 1951 et Bula le 20 mai 1952, tous deux à la prison de Jihlava, en Moravie occidentale : leur réputation d’innocence était largement répandue parmi la population dès le moment de leur arrestation.
    Deux jours après la fin du procès qui voyait parmi les accusés Drbola et 13 autres catholiques (dont un autre prêtre), Radio Vatican en fit état en commentant : « Nous ne connaissons pas la véritable raison de la condamnation à mort des prêtres et des laïcs. Nous ne la connaîtrons pas non plus à travers les informations officielles. (…) S’ils ont été condamnés pour avoir défendu les droits naturels et inaliénables de la personne humaine, alors ce sont de véritables martyrs ».

    « Pendant que je travaillais sur la *Positio* – raconte le père Karel –, j’ai souvent eu l’impression que le véritable protagoniste de leur histoire n’était pas tant la persécution que la force de la grâce de Dieu qui les a soutenus jusqu’au bout. »

    De plus, dans une société de plus en plus marquée par la fragilité émotionnelle et psychologique, surtout chez les plus jeunes, « l’exemple de vie et les circonstances de la mort des deux martyrs peuvent favoriser l’épanouissement d’une conscience chrétienne saine et libre, non asservie à de fausses idéologies (politiques ou culturelles), influentes et manipulatrices, hier comme aujourd’hui », a observé, dans un entretien avec Fides, Mme Maria Cristina Bresciani, postulatrice de la phase romaine de la cause de béatification.

    Les lettres que Bula a écrites depuis la prison à sa famille, retenues par la police et remises à leurs destinataires seulement bien plus tard, témoignent de la sérénité d’esprit avec laquelle le jeune homme a vécu ces mois de captivité : « Le Seigneur Dieu m’a donné une vie brève, mais je crois qu’elle n’a pas été vaine. Je suis heureux aujourd’hui de L’avoir servi et d’être resté Son serviteur jusqu’à la fin. Je pars en paix avec Lui. J’ai hâte de me reposer et de retrouver tous ceux qui m’ont précédé dans l’éternité. (…) J’avais tant de projets, mais tous étaient subordonnés à la volonté de Dieu ».

    « La figure de Václav Drbola aussi – commente le père Karel – nous touche profondément. Les témoignages qui nous parviennent nous révèlent un prêtre très proche des gens, humble, paternel, simple. Et c’est peut-être justement cette normalité qui rend son témoignage encore plus grand. Ce n’étaient pas des hommes en quête d’héroïsme : c’étaient des prêtres qui voulaient simplement rester fidèles au Christ et à l’Église. »

    Deux figures d’actualité pour l’ensemble de la société, souligne le père Karel : « Pour les croyants, ils sont un exemple de fidélité au Christ et à l’Église, même dans les moments d’épreuve. Ils nous enseignent que la foi n’est pas seulement une tradition culturelle ou un sentiment privé, mais une réalité pour laquelle il vaut la peine de vivre et, si nécessaire, de souffrir. Mais leur message s’adresse aussi aux non-croyants, car leur sacrifice touche à des valeurs universelles : le courage moral, la défense de la conscience, le refus du mensonge imposé par le pouvoir. Même ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne peuvent reconnaître en eux des hommes qui ne bradent pas leur dignité ».

  • Magnifica humanitas, mille lectures et un problème de langage

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Magnifica humanitas, mille lectures et un problème de langage

    Les divergences d'opinions concernant l'encyclique de Léon XIV s'expliquent aussi par la complexité des documents ecclésiastiques : trop généraux, trop techniques (et donc susceptibles d'être contestés), et leur signification n'est pas toujours univoque. Le problème n'est pas nouveau, mais il s'est accentué sous le pontificat de François.

    1/6/2026

    L'encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV a suscité des réactions mitigées. Prenons quelques exemples. Mgr Joseph Strickland en a donné une interprétation très négative. Le commentateur Larry Chapp, dans Catholic World Report, l'a qualifiée de « coup de poing, incisive et prophétique ». La position de The Catholic Thing était modérée. Leonardo Boff, sur Religion Digital, l'a saluée pour son « style argumentatif nouveau et contemporain ». On a déploré un humanisme excessif, mais aussi le retour au thème du Christ. Certains ont critiqué des points précis, comme la révision de la doctrine catholique sur la guerre juste proposée par Gerald Murray et Michael Haynes. Dans La Bussola, Tommaso Scandroglio a applaudi le retour de la métaphysique dans le traitement de la dignité de la personne ; Roberto De Mattei, en revanche, a déploré l'absence d'une perspective métaphysique sur la personne, et le blog traditionaliste OnePeterFive a même soutenu que le retour de l'encyclique à une structure thomiste était une bonne chose.

    Pour comprendre les causes de ces divergences d'appréciation, il peut être utile d'examiner la question du langage. L'encyclique commence par évoquer la Tour de Babel, mais il faut reconnaître qu'une certaine Babel linguistique existe aussi au sein même de l'Église. Le problème n'est certes pas nouveau ; nous le traînons depuis au moins soixante ans. Les causes sont multiples, et il est évident que même le langage de Léon XIV en est affecté d'une manière ou d'une autre. La question du langage a fait son entrée officielle dans l'Église avec Vatican II. Le recours à un langage existentiel, expérientiel et narratif plutôt qu'à un langage métaphysique et définitionnel découle de la profonde influence de la philosophie existentialiste sur la théologie catholique. Cette dernière a également accueilli sans réserve le « tournant linguistique » de la philosophie moderne, attribuable avant tout à Wittgenstein et Heidegger. Avec le pontificat de François, nous avons assisté à une vaste renaissance de cette révolution du langage, qui passe de la nature à l'histoire, compte tenu du nouvel objectif du magistère : susciter le doute, déconstruire les rigidités, remettre en question les certitudes, alimenter les interrogations et éviter d'apporter des réponses toutes faites.

    Le sujet du langage est donc vaste, mais nous pouvons limiter la discussion à un bref examen de Magnifica humanitas, en nous demandant s'il y a là des expressions qui ont pu alimenter la diversité des opinions.
    Il faut d'abord garder à l'esprit que certaines expressions dissimulent aujourd'hui des contenus très différents. Jean-Paul II et Léon XIV considèrent tous deux que la doctrine sociale de l'Église s'inscrit dans le cadre de la « théologie morale », même si l'un la qualifie de « corpus doctrinal » et l'autre de « discernement communautaire ». Or, la théologie morale a évolué depuis Veritatis Splendor jusqu'à la nôtre, si bien que le sens de cette appellation n'est plus clair : à quelle théologie morale fait-on référence ? Celle de l'« ancien » Institut Jean-Paul II ou celle du « nouveau » ? Quelle place occupe désormais le « discernement », au sens nouveau, dans la définition que Léon XIV donne de la doctrine sociale de l'Église ? Dans quelle mesure l'expression « discernement communautaire » est-elle affectée par cette évolution ? Le mot « nature » ​​et l'adjectif « naturel » ont-ils le sens qu'ils leur prêtaient, à saint Thomas ou à Heidegger ?

    Un second aspect concerne le langage du pape François, qui continue d'influencer celui de Léon XIV. Il s'agit souvent d'expressions cryptiques qui demeurent ambiguës et peuvent donner lieu à des interprétations très diverses. Au paragraphe 25, on lit que la vérité est « un don à partager, non une possession à s'approprier ». Le message est ambigu. Affirmer que la vérité est pour tous est vrai, car c'est précisément ce qui unit, mais que l'Église ne puisse se l'approprier, au sens de la défendre et de l'enseigner, semble erroné. Différentes attitudes peuvent être déduites de cette phrase, laissant croire que le partage crée la vérité plutôt que le contraire. Cela irait à l'encontre de l'apologétique.

    Il est également intéressant de noter que Rerum Novarum représentait moins du tiers de la longueur de la nouvelle encyclique, et ce sans compter les 224 notes de bas de page… Cette longueur soulève deux autres problèmes liés au langage. Le premier concerne l'exposé assez détaillé d'aspects techniques, en l'occurrence l'intelligence artificielle. Rerum Novarum , pour poursuivre la comparaison, avait évoqué les unions sans en expliquer le fonctionnement, ne considérant pas cela comme la tâche du Pape. François, au contraire, avait consacré une grande partie de Laudato Si' à illustrer différents aspects de la question environnementale, s'appuyant principalement sur la presse alors dominante, même si cela ne relevait pas de la mission du pape. Il en résulta des textes très longs, à la fois plus fragiles et sujets à controverse. De fait, même Magnifica Humanitas fit l'objet de critiques techniques de la part de spécialistes de l'intelligence artificielle.

    Le second problème linguistique est lié à l'ampleur excessive du propos. Il s'agit du quatrième chapitre de l'encyclique de Léon XIV. On y trouve des références à une multitude de problèmes sociaux : la crise du multilatéralisme, les nouveaux impérialismes, la guerre et la guerre asymétrique, la course aux armements, les déséquilibres économiques, la logique de la force, la recherche scientifique, le dialogue et la culture de la négociation, la violence et le terrorisme, la cyberguerre, les organisations internationales, les migrants, les réfugiés et les minorités, la sauvegarde de la création, le dialogue interreligieux, les écoles et l'éducation… et ainsi de suite. Ce sont là des analyses spécifiques et à court terme, trop dépendantes d'études de cas empiriques. Il est difficile, dans ces analyses détaillées, de se conformer au langage magistériel et théologique sans tomber dans le vague, le réductionnisme, voire les platitudes.

    Magnifica humanitas ne se résume pas à ce que nous avons mis en lumière ici, mais ces aspects sont bien présents. Il faut espérer que Léon XIV s'affranchira du langage créé par d'autres, comme cela est déjà évident dans certaines de ses interventions, car remettre de l'ordre dans l'Église implique aussi cela.

  • Quand le scoutisme catholique européen veut former des militants LGBT

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    De "Tribune chrétienne" :

    « Scout toujours, gay ! » : quand le scoutisme catholique européen veut former des militants LGBT

    De la France à l’Italie, plusieurs mouvements scouts se réclamant du catholicisme adoptent désormais les concepts d’identité de genre, d’inclusion LGBT et de reconnaissance des orientations sexuelles. Une évolution qui suscite une inquiétude croissante chez ceux qui voient dans le scoutisme une école de foi avant d’être un laboratoire des nouvelles idéologies

    Pendant des décennies, le scoutisme catholique a constitué l’un des plus puissants instruments de formation chrétienne de la jeunesse. On y apprenait l’esprit de service, le sens du devoir, la maîtrise de soi, le goût de l’effort, la vie de prière et la fidélité au Christ. Aujourd’hui, une autre logique semble s’imposer progressivement au sein de plusieurs mouvements européens : celle de l’idéologie LGBT. En France, les signaux d’alerte se multiplient depuis plusieurs années. Messages diffusés à l’occasion de la Journée internationale contre les LGBT-phobies, promotion de « l’inclusion », mise en avant de la « visibilité » LGBT, recours à l’écriture inclusive, diffusion de supports inspirés du militantisme gay contemporain : autant d’éléments qui témoignent d’une évolution profonde des Scouts et Guides de France.

    Le problème n’est pas le respect des personnes. Celui-ci fait partie intégrante de l’enseignement chrétien. Le problème est l’introduction dans l’éducation scoute d’une vision de l’homme, de la sexualité et de la famille qui s’éloigne de l’enseignement constant de l’Église. Or ce qui se produit en France apparaît désormais également en Italie.

    Le 3 mai dernier, l’AGESCI, l’Association des Guides et Scouts Catholiques Italiens, a adopté un document intitulé Identité de genre et orientation sexuelle et affective. Ce texte affirme que l’identité de genre et l’orientation sexuelle doivent être reconnues et valorisées au sein de la communauté scoute. Il considère également que ces éléments ne peuvent constituer un obstacle à l’exercice de responsabilités éducatives. Pour de nombreux observateurs catholiques italiens, il s’agit d’une rupture doctrinale majeure. Car l’Église a toujours distingué l’accueil des personnes et l’évaluation morale des comportements. Elle n’a jamais enseigné que l’homosexualité ou la transidentité devaient être présentées comme des réalités positives ou comme des composantes à célébrer de l’identité humaine.

    Le document italien va plus loin encore. Il appelle à combattre les attitudes qualifiées d’« homolesbobitransphobes », dans une logique qui tend à assimiler toute critique de l’idéologie LGBT à une forme de discrimination. Cette approche reprend les catégories aujourd’hui largement diffusées dans les milieux militants LGBT

    Lire l’article

    Le parallèle avec la situation française est frappant. Dans les deux pays, le même vocabulaire s’impose. Inclusion, reconnaissance des identités, diversité des orientations sexuelles, visibilité, lutte contre les discriminations : autant de notions qui occupent désormais une place centrale dans le discours scout. Dans le même temps, les références explicites à la morale catholique deviennent de plus en plus discrètes. Cette convergence n’a rien d’anodin. Sans qu’il soit possible d’affirmer l’existence d’une coordination organisée, une même dynamique idéologique traverse aujourd’hui plusieurs mouvements du scoutisme catholique européen. Les mêmes concepts apparaissent, les mêmes revendications sont relayées et les mêmes évolutions anthropologiques sont présentées comme inéluctables.

    Le paradoxe est saisissant. Le scoutisme fut créé pour former des jeunes enracinés dans la vérité, capables de résister aux pressions du monde et de vivre selon une loi morale exigeante. Il apparaît aujourd’hui, dans certains mouvements, comme un lieu d’adaptation aux grandes tendances culturelles contemporaines. L’enjeu dépasse largement les seuls scouts. Derrière ces débats se profile une question fondamentale : quelle conception de l’homme veut-on transmettre aux nouvelles générations ? L’anthropologie chrétienne repose sur la complémentarité de l’homme et de la femme, sur la réalité de la nature humaine et sur une vision de la sexualité ordonnée au bien de la personne. L’idéologie LGBT propose au contraire une identité fondée sur le ressenti individuel et détachée de toute référence objective à la nature.

    C’est pourquoi l’inquiétude de nombreuses familles est profonde. Elles ne confient pas leurs enfants au scoutisme catholique pour qu’il reprenne les catégories idéologiques du temps présent. Elles y cherchent une formation humaine et spirituelle enracinée dans l’Évangile. De la France à l’Italie, le constat devient difficile à ignorer : sous le langage de l’accueil et de l’inclusion, une partie du scoutisme catholique abandonne sa mission première. Et lorsque les mouvements chargés de former la jeunesse commencent à adopter les principes du monde plutôt que ceux de l’Église, la devise « Scout toujours ! » risque de perdre une part essentielle de son sens.

    Et en Belgique ? Quelle est la position des "scouts" autrefois catholiques ? En Belgique, les mouvements de jeunesse comme Les Scouts promeuvent activement l'inclusion et considèrent l'orientation sexuelle comme une caractéristique à respecter et à valoriser. La discrimination y est jugée inacceptable, avec des ressources pédagogiques dédiées pour lutter contre l'homophobie et garantir un environnement sécurisant pour tous. Voir : https://lesscouts.be/fr/le-scoutisme/diversite-et-inclusion/lgbtqia

  • Un évêque italien exhorte les catholiques à évangéliser les musulmans

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    De sur The European Conservative :

    Un évêque italien exhorte les catholiques à évangéliser les musulmans

    L'évêque Antonio Suetta affirme que l'accueil des migrants musulmans devrait inclure une invitation à embrasser le christianisme.

     
    Un évêque catholique du nord de l'Italie a appelé les chrétiens à évangéliser activement les musulmans vivant en Europe, les avertissant qu'ils ne doivent pas « cacher » leur foi face à la montée des migrations et à la sécularisation.

    Dans une lettre pastorale publiée à l'occasion de la Pentecôte, l'évêque Antonio Suetta de Vintimille-San Remo a soutenu que l'accueil des migrants musulmans devait aller de pair avec la proclamation ouverte du christianisme, insistant sur le fait que le salut ne vient que par Jésus-Christ.

    La lettre, intitulée « Il n'y a pas de plus grand amour que celui-ci » , a été publiée en amont d'une nouvelle initiative diocésaine visant spécifiquement à établir des liens avec les musulmans vivant dans la région proche de la frontière française, une zone fortement touchée par l'immigration ces dernières années.

    S'inspirant de la célèbre rencontre de saint François d'Assise avec le sultan pendant les croisades, Suetta affirmait que les chrétiens devaient aborder les musulmans avec « charité » et « respect », mais sans pour autant abandonner le zèle missionnaire ni diluer l'enseignement catholique.

    L’évêque a insisté à plusieurs reprises sur le devoir des chrétiens de convertir les non-chrétiens, notamment les musulmans résidant en Europe. Tout en reconnaissant que les musulmans vénèrent un seul Dieu et partagent certaines valeurs morales avec les chrétiens, il a soutenu que l’islam et le christianisme présentent des conceptions de Dieu fondamentalement différentes.

    « Pour les chrétiens, Dieu est notre Père et, dans son essence, il est Amour », écrivait Suetta, opposant cela à ce qu’il décrivait comme la conception islamique d’un Dieu plus distant auquel l’homme doit se soumettre.

    Il a également mis en garde contre ce qu'il a décrit comme l'effondrement moral de la société occidentale laïque, affirmant que de nombreux migrants musulmans associent à tort l'immoralité moderne au christianisme lui-même.

    « Ce n’est que lorsqu’ils entrent en contact avec des chrétiens fidèles à leur foi qu’ils réalisent que la sécularisation est une corruption du christianisme », a écrit l’évêque.

    Suetta insistait sur le fait que la simple coexistence pacifique avec les musulmans ne suffisait pas, car les catholiques ont la responsabilité de partager ce qu'ils croient être la vérité de l'Évangile.

    Dans l'un des passages les plus percutants de sa lettre, il comparait l'évangélisation au fait de jeter une corde à quelqu'un qui se noie dans une rivière.

    « Si nous voyons quelqu’un emporté par le courant et que nous possédons une corde pour l’aider, ce serait une négligence grave de ne pas la lui lancer », a-t-il écrit.

    L'évêque a également fait valoir qu'éviter l'évangélisation par crainte d'offenser autrui reviendrait à trahir la mission même du christianisme.

    Dans le même temps, il a souligné que les efforts de conversion ne doivent jamais impliquer de coercition. L’évangélisation, a-t-il déclaré, doit se faire « avec douceur et respect », par le dialogue, la charité, la prière et le témoignage personnel.

    Le diocèse de Vintimille-San Remo a annoncé qu'à partir de l'année pastorale 2026-2027, il lancera des programmes de formation et des rencontres visant à aider les catholiques à mieux comprendre l'islam tout en renforçant leur confiance en leur propre foi.

    Suetta conclut en qualifiant l'évangélisation d'« acte de charité le plus élevé et le plus beau », exhortant les catholiques à prendre au sérieux le commandement du Christ de « faire des disciples de toutes les nations ».

     
    Nick Hallett est rédacteur adjoint pour europeanconservative.com. Il a auparavant travaillé comme journaliste pour Breitbart et comme rédacteur en chef du site web du Catholic Herald .
  • Magnifica humanitas : une magnifique encyclique, mais aussi incohérente sur la guerre et la paix

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Magnifique encyclique, mais aussi incohérente sur la guerre et la paix

    “Désarmée et désarmante”: voilà comment devrait également être l’intelligence artificielle selon le pape Léon. Dans son encyclique “Magnifica humanitas”, il consacre tout un chapitre, le cinquième et dernier, à s’opposer à la “culture de la puissance” qui normalise la guerre, élevée au rang de “prolongement naturel de la politique” alors que les développements technologiques sont désormais en mesure d’imposer même “dépassement de la théorie de la ‘guerre juste’ trop souvent invoquée pour justifier n’importe quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict”.

    Dans les 240 pages que compte ce document, on retrouve de nombreuses invectives contre les guerres et les armes mais à peine quelques lignes – aux paragraphes 192 et 197 – consacrées à reconnaître que “l’usage de la force armée ne doit intervenir en dernier recours, en cas de légitime défense”, mais qu’on ne pourrait cependant plus qualifier de “juste”.

    Pour appuyer cette thèse, dans une note de bas de page, la n°182, le pape Léon renvoie à l’encyclique “Fratelli tutti” du pape François, qui a en effet été le premier à déclarer dans un document pontifical qu’il était “très difficile aujourd’hui de défendre les critères rationnels, mûris en d’autres temps, pour parler d’une possible ‘guerre juste’”.

    Mais dans la même note, le pape Léon renvoie également au Catéchisme de l’Église catholique, d’une valeur magistérielle bien supérieure, qui réaffirme en revanche au n°2309 le bien-fondé de “la doctrine dite de la ‘guerre juste’” et qui énumère “les strictes conditions d’une légitime défense par la force militaire” et qui résume comme suit, au n°2308, l’enseignement de l’Église, avec les mots de la constitution “Gaudium et spes” du Concile Vatican II : Aussi longtemps cependant "que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifique, le droit de légitime défense”.  Un droit – précise le Catéchisme au n°2265 – qui “peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui”, étant donné que “la défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire” incluant “le droit de recourir même aux armes”.

    Selon le Catéchisme, les “conditions strictes” susceptibles de justifier une guerre défensive sont au nombre de quatre et doivent être rencontrées cumulativement :

    1. “Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain.”
    2. “Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces.”
    3. “Que soient réunies les conditions sérieuses de succès.”
    4. “Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l’appréciation de cette condition.”

    Si c’est bien ce que nous disent les documents magistériels de l’Église, il faut donc reconnaître que, sur la question de la “guerre juste” et de la légitime défense, l’encyclique “Magnifica humanitas” pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

    Premièrement par la contradiction entre la “légitimité” reconnue à une guerre de défense armée s’inscrivant dans le cadre des conditions fixées par le Catéchisme et la négation de la qualification de “juste” à une telle guerre.

    Deuxièmement par la disproportion flagrante entre la quantité d’invectives contre toutes les guerres et les armes, non seulement dans “Magnifica humanitas” mais aussi dans de nombreuses autres interventions orales et écrites du pontificat actuel, et les très rares et dérisoires références à la légitimité de la guerre défensive, pourtant reconnue.

    Et troisièmement, par le contraste entre le soutien de fait apporté par le pape Léon à l’héroïque guerre de défense menée par l’Ukraine contre l’agresseur russe et les nombreux discours dans lesquels ce même pape condamne toutes les guerres et les armes, apparemment sans exception.

    Toutes ces contradictions sont mises en lumière avec une rare finesse documentaire par Luca Diotallevi, professeur de sociologie à l’Université de Rome III et aux Facultés théologiques de l’Italie septentrionale dans une longue intervention que l’on retrouvera dans le dernier numéro de la prestigieuse revue “Il Regno”, proposée en lecture intégrale y compris pour les non-abonnés.

    L’analyse du professeur Diotallevi montre combien ces contradictions ont marqué les dernières décennies de la vie de l’Église à tous les niveaux, jusqu’au sommet de la hiérarchie, tout en passant sous silence le pontificat de François – sur lequel un jugement semble “prématuré” – et plus encore sur celui de Léon.

    On retrouve en effet dans l’Église un certain pacifisme qui non seulement tait ce que le Catéchisme dit noir sur blanc mais aussi ce que Paul VI avait déclaré aux Nations Unies le 4 octobre 1965 outre son cri très souvent cité “jamais plus la guerre, jamais plus la guerre!”, d’ailleurs repris tel quel dans l’encyclique “Magnifica humanitas”, c’est-à-dire que “Tant que l'homme restera l'être faible, changeant, et même méchant qu'il se montre souvent, les armes défensives seront, hélas!, nécessaires.”

    Personne ne semble davantage se rappeler l’appel de Jean-Paul II en 1992 devant les Nations Unies et l’Europe à “désarmer l’agresseur” dans les Balkans en guerre : “La conscience de l'humanité, désormais soutenue par les dispositions du droit international humanitaire, demande que soit rendue obligatoire l'ingérence humanitaire dans les situations qui compromettent gravement la survie de peuples et de groupes ethniques entiers : c'est là un devoir pour les nations et la communauté internationale.”

    On oublie aussi l’affirmation nette de Joseph Ratzinger le 4 juin 2004 à l’occasion de la commémoration du débarquement de Normandie, qui a sonné le début de la fin de la domination nazie et de la victoire du monde libre : “S’il y a eu jamais, dans l’histoire, un bellum justum, c’est bien ici, dans l’engagement des Alliés, car l’intervention servait finalement aussi au bien de ceux contre le pays desquels a été menée la guerre.”

    Sur le terrain des faits, il n’y a aucun doute que le pape Léon – à la différence de son prédécesseur François qui en était venu à demander à l’Ukraine de hisser “le drapeau blanc” – considère comme “juste” la défense armée déployée par la nation ukrainienne contre l’agression russe. On se souvient du jugement tranché qu’il a posé sur ce conflit avant d’être élu pape. Et on peut se douter que ce jugement tient toujours aujourd’hui, si l’on prend la peine de décrypter ses faits et gestes.

    On peut prendre pour exemple ce qu’il a déclaré à l’occasion du quatrième anniversaire de l’agression russe, à l’Angélus du 22 février 2026 : “Quatre ans se sont écoulés depuis le début de la guerre contre l’Ukraine. Mon cœur se tourne encore vers la situation dramatique qui est sous les yeux de tous : combien de victimes, combien de vies et de familles brisées, combien de destructions, combien de souffrances indicibles ! J’invite tout le monde à se joindre à la prière pour le peuple ukrainien meurtri.”

    Ou encore ce que le pape Léon a déclaré lors de l’audience générale de mercredi dernier après l’aggravation des attaques russes contre la population civile : “Je suis avec une profonde préoccupation l’évolution du conflit en Ukraine, qui connaît ces jours-ci une intensification dramatique. Je tiens à exprimer ma proximité envers toutes les victimes des récentes attaques, particulièrement lorsque celles-ci touchent des populations civiles. Là où s’abattent les missiles et les drones, ce sont les espérances qui s’effondrent, les foyers et les lieux de prière qui sont réduits en cendres, et des vies innocentes qui sont brisées.”

    Mais si on ne peut remettre en question la solidarité du pape Léon avec le peuple ukrainien qui combat pour défendre sa liberté et sa vie, il semble incohérent que de tels soutiens soient assortis de condamnations aussi fréquentes que généralisées sur les dépenses militaires, comme si ces dernières étaient toutes et toujours peccamineuses.

    L’encyclique “Magnifica humanitas” est truffée de telles condamnations. Mais elles se trouvent résumées dans le discours que le pape Léon a prononcé le 14 mai dernier à l’occasion de sa visite à l’Université “La Sapienza” de Rome : “Au cours de l’année écoulée, l’augmentation des dépenses militaires dans le monde, et en particulier en Europe, a été considérable : on ne peut appeler ‘défense’ un réarmement qui accroît les tensions et l’insécurité, appauvrit les investissements dans l’éducation et la santé, dément la confiance dans la diplomatie, enrichit des élites qui se moquent du bien commun. Il faut également être attentif au développement et à l’application des intelligences artificielles dans les domaines militaire et civil, afin qu’elles ne déresponsabilisent pas les choix humains et n’aggravent pas la tragédie des conflits. Ce qui se passe en Ukraine, à Gaza et dans les territoires palestiniens, au Liban et en Iran illustre l’évolution inhumaine de la relation entre la guerre et les nouvelles technologies, dans une spirale d’anéantissement. Que l’étude, la recherche et les investissements aillent dans la direction opposée : qu’ils soient un ‘oui’ radical à la vie ! Oui à la vie innocente, oui à la vie des jeunes, oui à la vie des peuples qui invoquent la paix et la justice !”.

    On peut être d’accord avec plusieurs aspects de cette déclaration du pape, mais certains passages se heurtent à la réalité. Comment par exemple condamner la défense nécessaire dont l’Europe doit se doter – d’autant plus dans un contexte de désengagement croissant de l’allié américain – pour garantir sa propre sécurité contre des agressions futures et, de fait, contre celles qui s’exercent déjà depuis des années sur son flanc oriental, en Ukraine ?

    On ne peut condamner a priori les innovations technologiques mises en œuvre par cette même Ukraine pour produire les systèmes de défense et d’attaque de drones de nouvelle génération les plus avancés au monde, en mesure de bloquer l’avancée russe.

    Ces incohérences dans la prédication du pape Léon recueillent l’adhésion ininterrompue, qu’elle soit sincère ou calculée, d’une grande partie de l’opinion publique et des classes dirigeantes, à l’enseigne d’une invocation consensuelle à la paix.

    Mais si l’on aspire véritablement à une paix juste, à une pax opus iustitiae, on ne peut pas davantage faire comme si elles n’existaient pas.
     — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Pas de bénédictions pour les couples homosexuels : les Coptes renouent le dialogue avec Rome

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Pas de bénédictions pour les couples homosexuels : les Coptes renouent le dialogue avec Rome

    Tawadros II annonce la reprise des pourparlers théologiques à la suite des assurances données par Léon XIV. La crise déclenchée par Fiducia supplicans, mal accueillie tant par les catholiques que par les non-catholiques, s'apaise ainsi, ce qui confirme que s'adapter au monde nuit gravement au dialogue œcuménique. 

    29/05/2026

    « Les membres du Saint-Synode ont décidé de reprendre le dialogue théologique avec l’Église catholique à la suite des assurances concernant la non-bénédiction des couples de même sexe, exprimées lors de la conversation téléphonique entre Sa Sainteté le pape Tawadros II et Sa Sainteté le pape Léon XIV, vendredi 15 mai de cette année. » Une communication laconique, de quelques lignes seulement, mais qui pèse comme un poids énorme dans le contexte catholique actuel. Le Synode de l’Église copte orthodoxe – l’une des Églises non chalcédoniennes –, réuni le 22 mai dernier, a donné son feu vert, dans la déclaration exprimant les délibérations mûries au cours de l’assemblée, à la reprise du dialogue théologique avec l’Église catholique, rassuré par un appel téléphonique passé directement par le pape Léon XIV à Tawadros II, à la tête de l’Église copte depuis 2012.

    Ce qui signifie que la pmublication de François et de Tucho Fernández, *Fiducia supplicans*, a non seulement suscité la révolte de conférences épiscopales catholiques entières, mais a également refroidi les relations avec les orthodoxes (voir ici) et a même provoqué l’interruption du dialogue œcuménique avec les Coptes. Un désastre sur toute la ligne. Dialogue qui, grâce au changement de cap du pape Léon, a désormais repris. Pour satisfaire le puissant lobby gay présent au sein de l’Église, Bergoglio et Fernández n’ont pas hésité à sacrifier l’idole de l’œcuménisme. Celle-ci est d’ailleurs brandie à nouveau lorsqu’il s’agit de démanteler la doctrine et la discipline catholiques. La réaction de l’Église copte face à l’assurance donnée par Léon XIV est une preuve supplémentaire que le dialogue œcuménique le plus sérieux depuis Vatican II, à savoir celui avec le monde des Églises orthodoxes et orientales non catholiques, est sérieusement compromis chaque fois que le monde catholique envoie des signaux d’adaptation au monde et d’éloignement de la Tradition apostolique.

    Lors de son vol de retour d’Afrique, le Pape avait déclaré, à propos de la position avancée par les évêques allemands, que « nous ne sommes pas d’accord avec la bénédiction formalisée des couples, en l’occurrence des couples homosexuels ou des couples en situation irrégulière ». Une certaine perplexité subsiste quant à l’emploi de l’adjectif (« formalisée »), qui semble tout de même laisser la porte ouverte à des bénédictions non formalisées, et donc à ces bénédictions « dont la forme ne doit pas être fixée par un rituel imposé par les autorités ecclésiales », introduites précisément par Fiducia supplicans.
    Le cardinal Fernández s’est lui aussi montré opposé au vademecum qui, en Allemagne, permettrait de bénir les couples homosexuels, en faisant publier sur le site du Dicastère pour la Doctrine de la Foi la lettre que le préfet avait envoyée le 18 novembre 2024 à l’évêque de Trèves, Mgr Stephan Ackermann.

    Problème résolu ? Je ne dirais pas. S’il est assez clair que le pape cherche à ressouder l’Église en son sein et à rétablir les relations œcuméniques sur une question aussi épineuse et source de division que la bénédiction des couples homosexuels, il n’en reste pas moins que l’ambiguïté persiste, pour au moins deux raisons. Premièrement : les déclarations du pape étaient des propos officieux, et non pas à proprement parler des actes du Magistère. Dans le cas de l’appel téléphonique à Tawadros II, nous ne connaissons même pas les détails du contenu de la conversation, bien que la volonté des Coptes de reprendre le dialogue théologique avec le Saint-Siège laisse penser à une prise de distance par rapport à Fiducia supplicans.

    Deuxièmement, si, du vivant de François, l’aspect délibérément maintenu ambigu par le pape et par Fernández concernait le destinataire de ces bénédictions – des individus ou des couples ? –, l’ambiguïté porte désormais sur la formalisation de ces bénédictions. Dans son sport favori, la recherche de prétextes, Tucho, in illo tempore, avait tenté une distinction improbable entre les bénédictions « liturgiques ou ritualisées » et les bénédictions « spontanées ou pastorales », ces fameuses bénédictions de 10 ou 15 secondes. La réponse que le pape Léon avait donnée dans l’avion en avril dernier semble en effet continuer à maintenir en vie ce type de bénédictions, tandis que nous ne savons rien de celle donnée au pape copte.

    En somme, une fois de plus, le Saint-Siège ne prend pas clairement position. Le problème des bénédictions autorisées par *Fiducia supplicans* persiste donc, car même une bénédiction « non formalisée » (sic) reste une bénédiction et donc un sacramentel. Et la logique des sacramentaux, qui découle de leur nature, comme l’exprimait bien le Responsum de 2021, est que « ce qui est béni soit objectivement et positivement ordonné à recevoir et à exprimer la grâce ». Les couples homosexuels et irréguliers, en tant que couples, ne sont pas ordonnés au dessein de Dieu et, par conséquent, toujours en tant que couples, ne peuvent en aucun cas être bénis. Telle est la vérité qui découle de la nature de la bénédiction d’une part, et du dessein du Créateur d’autre part. Tout le reste n’est que balivernes.

    Il n’y a pas encore suffisamment d’éléments pour déterminer si le pape Léon ne peut pas ou ne veut pas donner une clarification officielle, digne de ce nom. Ce que nous pouvons espérer (et pour quoi nous devons prier sérieusement), c’est que cette tentative louable, opportune et attendue de réunification des différentes composantes du monde catholique s’accomplisse sur le roc solide de Pierre et de la vérité.