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Chine : divisions et tensions au sein de l'Eglise catholique

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De Dorian Malovic sur le site du journal La Croix :

L’Église catholique de Chine toujours divisée et sous tension

L’accord signé le 22 septembre 2018 entre Rome et Pékin sur la nomination des évêques de Chine n’a pas concrètement favorisé l’unité de l’Église catholique de Chine, dans un contexte de « sinisation » et de répression des religions par le régime de Xi Jinping.

« L’accord entre la Chine et le Vatican a été appliqué avec succès, et les deux parties continueront à maintenir des consultations et une étroite communication afin d’améliorer encore nos relations bilatérales. » Interrogé le 10 septembre dernier à Pékin sur le bilan de l’accord signé le 22 septembre 2018 entre Rome et Pékin sur la nomination des évêques de Chine, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Zhao Lijian, s’est montré satisfait de l’évolution des relations diplomatiques entre le Vatican et la Chine, rompues en 1951 avec l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong.

« Cet accord a permis de rapprocher les liens entre la Chine et le Vatican »

Sur le terrain en revanche, la situation est beaucoup plus contrastée. Dresser un panorama général sur l’Église catholique de Chine relève toujours de la gageure. « Depuis la relance des échanges avec le monde catholique chinois en 1974, nous avons traversé de multiples phases de défiance, de tolérance, de tensions mais aussi de détente et de coopération », analyse le père Jean-Pierre Charbonnier des Missions étrangères de Paris (MEP) un des meilleurs connaisseurs du sujet.

À ses yeux, cet accord, « dans la ligne des deux précédents papes, Jean-Paul II et Benoît XVI, a permis de rapprocher encore les liens entre Rome et Pékin. Cet accord qui va être renouvelé va dans le sens de l’Histoire pour intégrer l’Église de Chine dans l’universalité ». Ayant sillonné la Chine pendant des décennies, le père Charbonnier insiste sur la disparité des situations en fonction des diocèses et des paroisses où les autorités surveillent et contrôlent certains prêtres et évêques récalcitrants à rejoindre « l’Église officielle ».

« Ici, nous ne ressentons pas la pression politique sur notre évêque, nos prêtres, nos religieuses ou nos fidèles », assure sous couvert d’anonymat un prêtre chinois du diocèse de Xian dans la province du Shaanxi. Historiquement très engagé dans le social, le diocèse ne subit pas la répression que peuvent subir d’autres diocèses. « Nous savons naviguer entre les interdits de l’Association patriotique des catholiques chinois (APCC) avec qui nous négocions sans cesse, poursuit-il sur sa messagerie cryptée, mais c’est plus difficile dans d’autres provinces. »

Dans certaines provinces, prêtres et évêques sont arrêtés par les autorités

Début septembre, plusieurs prêtres du diocèse de Yujiang dans la province sud du Jiangxi, ont été arrêtés parce qu’ils refusaient de rejoindre l’Association patriotique, organe de contrôle politique des catholiques. Depuis deux ans, dans la province du Zhejiang, des centaines de croix sur les églises et les temples protestants ont été déboulonnées. « Depuis le mois d’août, Mgr Julius Jia, l’évêque souterrain de Zhengding dans la province du Hebei (un bastion historique de l’Église clandestine) a disparu de la circulation », dénonce une catholique de Hong Kong qui peut encore voyager en Chine clandestinement. « À mes yeux, cette pression sur les clandestins viole l’accord signé entre Rome et Pékin. Beaucoup souhaiteraient d’ailleurs qu’il ne soit plus secret afin d’en connaître la vraie substance ».

→ ANALYSE. Rencontre historique entre la Chine et le Vatican

Certes, le Vatican a levé les excommunications contre huit évêques officiels, désormais reconnus depuis septembre 2018 et six évêques clandestins ont été reconnus par Pékin et installés officiellement à la tête de leur diocèse. « Le bilan est maigre, reconnaît le P. Charbonnier, mais ça évolue. » En revanche, analyse une source religieuse chinoise autorisée, « cet accord a provoqué encore plus de tensions et de défiance que d’harmonie et d’unité ces deux dernières années, surtout dans le contexte de la politique de “sinisation” de toutes les religions menée par Xi Jinping ».

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