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Actualité

  • La sainteté de Ratzinger, sans fanfare mais discrète comme lui

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    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    Interview avec Mgr Gänswein

    La sainteté de Ratzinger, sans fanfare mais discrète comme lui

    La foi cristalline de Benoît XVI, les récits de grâces et une relation personnelle qui perdure au-delà de sa mort. Un saint désormais ? « La précipitation est l’ennemie de l’auréole », confie à  La Bussola le secrétaire, aujourd’hui nonce apostolique dans les pays baltes. Son témoignage à l’occasion du troisième anniversaire de sa mort.

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    Riccardo Squillantini - Imagoéconomie

    Il y a trois ans, le chaleureux pèlerinage venu rendre un dernier hommage à Benoît XVI, décédé le 31 décembre 2022, l'emportait sur le froid du début janvier, mais surtout sur une certaine image du pape allemand : timide et réservé, certes, mais loin d'être froid et distant, à tel point que l'on ne l'avait pas oublié, près de dix ans après son abdication. De cette foule s'élevait aussi un sensus fidelium, flairant la sainteté, espérant peut-être la béatification rapide qu'il avait lui-même accordée à son illustre prédécesseur Wojtyla. Mais pour Ratzinger, il n'est peut-être pas nécessaire de précipiter les choses, car ce qui se dégage depuis lors est « une sainteté discrète, douce et sereine, à l'image de sa personnalité », comme en témoigne, auprès de La Bussola, Georg Gänswein, actuellement nonce apostolique en Lituanie, en Estonie et en Lettonie, et ancien secrétaire de Benoît XVI avant, pendant et après son pontificat.

    Votre Excellence, concernant une éventuelle béatification du pape Benoît XVI, vous nous avez vous-même rappelé de laisser le temps à l'Église de décider (un temps long, hormis de rares et justifiées exceptions, comme celle de saint Jean-Paul II). La sainteté ne suit-elle pas le rythme de notre « civilisation de la hâte » ?

    Parler de « civilisation de la hâte » à propos de la sainteté est une contradiction. Pire encore, la hâte est un adversaire redoutable de la sainteté. Laissons donc le temps, et non la hâte, agir, afin que le critère dominant ne soit pas la popularité mondaine, mais que la véritable sainteté se manifeste toujours davantage. La renommée de la sainteté  doit mûrir et, en définitive, faire émerger la sainteté de la vie.

    Avez-vous également perçu cette réputation de sainteté lors de l'hommage rendu par la foule à Benoît XVI, resté caché du monde pendant près de dix ans ? 

    Ceux qui ont ouvert les yeux, les oreilles et même le cœur ont pu clairement percevoir le sensus fidelium  à cette occasion, il y a trois ans. Depuis, une sainteté se manifeste, discrète, douce et réservée, à l'image de sa personnalité.

    Avez-vous également reçu des témoignages de grâces attribuées à son intercession ?

    Les récits que vous avez reçus jusqu'à présent sont variés. Il y a des lettres témoignant de guérisons par l'intercession de Benoît XVI ; il y a des écrits relatant des grâces particulières reçues après avoir prié le pape Benoît ; et il y a diverses actions de grâces pour des prières exaucées dans des moments de grande difficulté personnelle.

    Comment votre relation avec le pape Benoît a-t-elle évolué depuis qu'elle ne se vit plus dans la vie quotidienne, mais dans la communion des saints ?

    La relation elle-même n'a pas changé, mais sa nature, si. Sa présence physique a fait place à une présence « métaphysique ». Chaque jour, il est proche de moi lorsque je prie pour son aide, ou lorsque je lis ses homélies et étudie ses écrits. C'est une relation forte et enrichissante.

    Joseph Ratzinger ne se considérait certainement pas comme un saint, mais il prenait sa vocation à la sainteté très au sérieux. Qu'était la sainteté pour lui ?

    La sainteté est la réalisation la plus élevée et la plus radicale du but de la vie. Devenir saint, c'est répondre sérieusement à l'appel du Seigneur. Les chemins pour y parvenir sont variés, voire innombrables.

    Le cardinal Ratzinger affirmait alors que « la véritable apologie de la foi chrétienne (…) réside, d'une part, dans les saints, et, d'autre part, dans la beauté que la foi a engendrée ». Cette comparaison rappelle quelque peu l'assimilation, par Florenskij, des « bonnes actions » aux « belles actions ». Peut-on dès lors parler d'une dimension « esthétique » de la sainteté ?

    Non seulement pouvons-nous, mais devons -nous parler d'une dimension esthétique de la sainteté, mais il ne faut pas confondre « esthétique » et « cosmétique ». La foi crée une apparence extérieure, c'est-à-dire esthétique, fruit d'une vie intérieure nourrie de vérité et d'amour.

    Et cela implique bien plus qu'une simple profondeur intellectuelle…

    Il est tout à fait justifié de qualifier Joseph Ratzinger/Benoît XVI d'intellectuel de grand, mais il ne faut pas le réduire à cette seule définition : c'est un aspect important, certes, mais partiel ; ce n'est pas le Ratzinger « total ». Il faut ajouter, ou plutôt placer avant l'intellectuel, sa foi profonde et cristalline et ses qualités humaines telles que la bonté, la douceur et la sincérité.

  • "Chaque jour peut devenir, pour chacun, le début d’une vie nouvelle grâce à l’amour généreux de Dieu" (homélie de Léon XIV pour la solennité de la très sainte Mère de Dieu 2026)

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    MESSE EN LA SOLENNITÉ DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU
    LIXe JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

    CHAPELLE PAPALE

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Basilique Saint-Pierre
    Jeudi 1er janvier 2026

    ________________________

    Chers frères et sœurs,

    aujourd’hui, en cette solennité de Marie, la Très Sainte Mère de Dieu, qui marque le début de la nouvelle année civile, la liturgie nous offre le texte d’une très belle bénédiction : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’Il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’Il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 24-26).

    Dans le livre des Nombres, elle fait suite aux indications concernant la consécration des nazirs, soulignant la dimension sacrée et féconde du don dans la relation entre Dieu et le peuple d’Israël. L’homme offre au Créateur tout ce qu’il a reçu et Celui-ci répond en tournant vers lui son regard bienveillant, comme au commencement du monde (cf. Gn 1, 31).

    Le peuple d’Israël, à qui cette bénédiction s’adressait, était un peuple de libérés, d’hommes et de femmes nés de nouveau après un long esclavage, grâce à l’intervention de Dieu et à la réponse généreuse de son serviteur Moïse. En Égypte, ce peuple jouissait de certaines sécurités — la nourriture ne manquait pas, tout comme un toit et une certaine stabilité —, mais cela au prix de la servitude, de l’oppression d’une tyrannie qui réclamait toujours plus en donnant toujours moins (cf. Ex 5, 6-7). À présent, dans le désert, beaucoup de ces certitudes du passé ont disparu, mais il y a en échange la liberté qui se concrétise par une voie ouverte vers l’avenir, par le don d’une loi de sagesse et la promesse d’une terre où vivre et grandir sans plus de chaînes ni de fers : en somme, une nouvelle naissance.

    Ainsi, la liturgie nous rappelle, en ce début de nouvelle année, que chaque jour peut devenir, pour chacun, le début d’une vie nouvelle grâce à l’amour généreux de Dieu, à sa miséricorde et à la réponse de notre liberté. Il est beau de penser l’année qui commence comme un chemin ouvert à découvrir et où nous aventurer, libres par grâce et porteurs de liberté, pardonnés et dispensateurs de pardon, confiants dans la proximité et la bonté du Seigneur qui nous accompagne toujours.

    Nous gardons tout cela à l’esprit alors que nous célébrons le mystère de la Maternité Divine de Marie qui, par son “oui”, a contribué à donner un visage humain à la Source de toute miséricorde et de toute bienveillance : le visage de Jésus dont l’amour du Père nous touche et nous transforme, par ses yeux d’enfant, puis de jeune homme.

    En ce début d’année, alors que nous nous mettons en route vers les jours nouveaux et uniques qui nous attendent, demandons au Seigneur de sentir à chaque instant, autour de nous et sur nous, la chaleur de son étreinte paternelle et la lumière de son regard bienveillant, afin de comprendre de mieux en mieux et d’avoir toujours à l’esprit qui nous sommes et vers quelle destinée merveilleuse nous avançons (cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 41). Mais en même temps, rendons-Lui gloire par la prière, par la sainteté de notre vie et en devenant les uns pour les autres le reflet de sa bonté.

    Saint Augustin enseignait qu’en Marie « le créateur de l’homme est devenu homme afin que, bien qu’Il soit le maître des étoiles, Il puisse téter le sein d’une femme ; bien qu’Il soit le pain (cf. Jn 6, 35), Il puisse avoir faim (cf. Mt 4, 2) ; […] pour nous libérer même si nous sommes indignes » (Sermon 191, 1.1). Il rappelait ainsi l’un des traits fondamentaux du visage de Dieu : celui de la gratuité totale de son amour par lequel il se présente à nous – comme j’ai tenu à le souligner dans le Message de cette Journée Mondiale de la Paix –, “désarmé et désarmant”, nu, sans défense comme un nouveau-né dans son berceau. Et cela pour nous enseigner que le monde ne se sauve pas en aiguisant les épées, en jugeant, en opprimant ou en éliminant les frères, mais plutôt en s’efforçant inlassablement de comprendre, de pardonner, de libérer et d’accueillir chacun, sans calcul ni crainte.

    Tel est le visage de Dieu que Marie a laissé se former et grandir dans son sein, changeant complètement sa vie. C’est le visage qu’elle a annoncé par la lumière joyeuse et fragile de son regard de future mère ; le visage dont elle a contemplé la beauté jour après jour, tandis que Jésus grandissait dans sa maison, enfant, adolescent et jeune homme ; et qu’elle a ensuite suivi avec son cœur d’humble disciple, alors qu’Il parcourait les sentiers de sa mission, jusqu’à la croix et à la résurrection. Pour cela, elle aussi a abaissé toutes ses défenses en renonçant à ses attentes, à ses prétentions et à ses garanties - comme savent le faire les mères -, en consacrant sans réserve sa vie à son Fils qu’elle a reçu par grâce, afin de le redonner à son tour au monde.

    Dans la Maternité Divine de Marie, nous voyons la rencontre de deux immenses réalités “désarmées” : celle de Dieu qui renonce à tous les privilèges de sa divinité pour naître selon la chair (cf. Phil 2, 6-11), et celle de la personne qui, avec confiance, embrasse totalement sa volonté, Lui rendant l’hommage, dans un acte parfait d’amour, de sa plus grande puissance : la liberté.

    Saint Jean-Paul II, méditant sur ce mystère, invitait à regarder ce que les bergers avaient trouvé à Bethléem : « La tendresse désarmante de l’Enfant, la pauvreté surprenante dans laquelle Il se trouve, l’humble simplicité de Marie et de Joseph » ont transformé leur vie en faisant d’eux des « messagers du salut » (Homélie lors de la messe de Marie, Mère de Dieu, 34e Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2001).

    Il le disait à la fin du grand Jubilé de l’an 2000, avec des mots qui peuvent nous faire réfléchir nous aussi : « Combien de dons – affirmait-il - combien d’occasions extraordinaires le grand Jubilé a-t-il offert aux croyants! Dans l’expérience du pardon reçu et donné, dans le souvenir des martyrs, dans l’écoute du cri des pauvres du monde [...] nous avons nous aussi ressenti la présence salvifique de Dieu dans l’histoire. Nous avons comme touché de façon tangible son amour qui renouvelle la face de la terre » (ibid.), et il concluait : « Comme aux pasteurs qui accourent pour l’adorer, le Christ demande aux croyants, auxquels il a offert la joie de le rencontrer, une disponibilité courageuse afin de repartir pour annoncer son Évangile, ancien et toujours nouveau. Il les invite à vivifier l’histoire et les cultures des hommes avec son message salvifique » (ibid.).

    Chers frères et sœurs, en cette fête solennelle, au début de la nouvelle année, à l’approche de la fin du Jubilé de l’espérance, approchons-nous avec foi de la crèche comme le lieu par excellence de la paix “désarmée et désarmante”, lieu de bénédiction où nous nous souvenons des prodiges que le Seigneur a accomplis dans l’histoire du salut et dans notre existence, afin de repartir comme les humbles témoins de la grotte, en « glorifiant et louant Dieu » (Lc 2,20) pour tout ce que nous avons vu et entendu. Que ce soit notre engagement, notre résolution pour les mois à venir, pour notre vie chrétienne.

  • Nos voeux pour l'année de grâce 2026

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     Saint François prêchant aux oiseaux par Giotto (basilique d'Assise)

    Nous souhaitons à nos amis et visiteurs une année de grâce 2026, dans la confiance malgré tout ce qui pourrait nous troubler, dans la persévérance malgré tout ce qui pourrait nous décourager, dans l’espérance malgré tout ce qui pourrait obscurcir notre ciel.

    Ce n’est malheureusement pas un changement de calendrier qui pourra modifier la tournure des évènements que nous vivons mais ne désespérons pas de la Providence. "La foi dans la Providence ne dispense pas de la lutte pour une vie digne mais libère de l'anxiété pour les choses et de la peur du lendemain." (Benoît XVI) Et, à ses yeux, ne valons-nous pas bien plus que les oiseaux du ciel dont elle prend soin ?

    Alors, affermissons notre pas et osons goûter à la joie de l’Evangile, à la suite de notre pape Léon.

  • Notre destin est entre les mains de Celui qui nous offre la plus grande espérance (homélie du pape pour la solennité de Marie, Mère de Dieu)

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    SOLENNITÉ DE MARIE, MÈRE DE DIEU
    PREMIÈRES VÊPRES ET TE DEUM  EN ACTION DE GRÂCES POUR L'ANNÉE PASSÉE

    HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV

    Basilique Saint-Pierre, mercredi 31 décembre 2025

    _________________________________________

    Chers frères et sœurs !

    La liturgie des Premières Vêpres de la Mère de Dieu est d'une richesse singulière, puisant à la fois dans le mystère profond qu'elle célèbre et dans sa place à la toute fin de l'année solaire. Les antiennes des psaumes et du Magnificat insistent sur l'événement paradoxal d'un Dieu né d'une vierge, ou, autrement dit, sur la maternité divine de Marie. Et en même temps, cette solennité, qui conclut l'Octave de Noël, embrasse le passage d'une année à l'autre et y étend la bénédiction de Celui « qui était, qui est et qui vient » ( Ap 1, 8). De plus, aujourd'hui, nous la célébrons à la fin du Jubilé , au cœur de Rome, près du Tombeau de Pierre, et ainsi le Te Deum qui résonnera bientôt dans cette basilique voudra s'étendre pour donner voix à tous les cœurs et à tous les visages qui ont foulé ces voûtes et parcouru les rues de cette ville.

    Dans la lecture biblique, nous avons entendu l'une des synthèses étonnantes de l'apôtre Paul : « Lorsque les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin de racheter ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l'adoption » ( Galates 4, 4-5). Cette manière de présenter le mystère du Christ évoque un plan, un grand dessein pour l'histoire humaine. Un plan mystérieux, mais avec un centre clair, tel une haute montagne illuminée par le soleil au cœur d'une forêt dense : ce centre, c'est la « plénitude des temps ».

    Et ce mot même – « plan » – trouve un écho dans le cantique de la Lettre aux Éphésiens : « Son dessein, réunir toutes choses en Christ, / celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. / Selon son bon plaisir, il l’avait conçu en Christ, / pour l’accomplir à la plénitude des temps » ( Éph 1:9-10).

    Frères et sœurs, en notre temps, nous ressentons le besoin d'un plan sage, bienveillant et miséricordieux. Puisse-t-il être un plan de liberté et de libération, de paix et de fidélité, à l'image de celui que la Vierge Marie a proclamé dans son cantique de louange : « Sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent » ( Luc 1, 50).

    D'autres desseins, cependant, aujourd'hui comme hier, imprègnent le monde. Il s'agit plutôt de stratégies visant à conquérir des marchés, des territoires et des sphères d'influence. Des stratégies armées, dissimulées sous des discours hypocrites, des proclamations idéologiques et de faux motifs religieux.

    Mais la Sainte Mère de Dieu, la plus petite et la plus haute des créatures, voit les choses avec le regard de Dieu : elle voit que par la puissance de son bras le Très-Haut disperse les complots des orgueilleux, renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles, remplit de biens les mains des affamés et vide celles des riches (cf. Luc 1, 51-53).

    La Mère de Jésus est la femme avec laquelle Dieu, au moment opportun, a écrit le Verbe qui révèle le mystère. Il ne l’a pas imposé : il l’a d’abord proposé à son cœur et, ayant reçu son « oui », il l’a inscrit avec un amour ineffable dans sa chair. Ainsi, l’espérance de Dieu s’est entrelacée à celle de Marie, descendante d’Abraham par la chair et surtout par la foi.

    Dieu aime faire naître l'espoir dans le cœur des plus petits, et il le fait en les associant à son plan de salut. Plus ce plan est beau, plus grande est l'espérance. Et c'est ainsi que le monde continue d'avancer, porté par l'espérance de tant de gens simples, inconnus mais non de Dieu, et qui, malgré tout, croient en un avenir meilleur, car ils savent que leur destin est entre les mains de Celui qui leur offre la plus grande espérance.

    Parmi ces personnes se trouvait Simon, un pêcheur de Galilée, que Jésus appela Pierre. Dieu le Père lui donna une foi si sincère et si généreuse que le Seigneur put y bâtir sa communauté (cf. Mt 16, 18). Et nous sommes encore aujourd'hui réunis ici, en prière sur son tombeau, où des pèlerins du monde entier viennent renouveler leur foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Cela s'est manifesté d'une manière particulière durant l'Année Sainte qui s'achève.

    Le Jubilé est un signe fort d'un monde nouveau, renouvelé et réconcilié selon le plan de Dieu. Et dans ce plan, la Providence a réservé une place particulière à Rome. Non pour sa gloire, non pour sa puissance, mais parce que c'est ici que Pierre, Paul et tant d'autres martyrs ont versé leur sang pour le Christ. Voilà pourquoi Rome est la ville du Jubilé.

    Que pouvons-nous souhaiter pour Rome ? Être digne de ses plus vulnérables. Les enfants, les personnes âgées isolées et fragiles, les familles qui peinent à joindre les deux bouts, les hommes et les femmes venus de loin dans l'espoir d'une vie digne.

    Aujourd’hui, mes très chers amis, nous rendons grâce à Dieu pour le don du Jubilé, grand signe de son plan d’espérance pour l’humanité et le monde. Nous remercions également tous ceux qui, durant les mois et les jours de 2025, ont œuvré au service des pèlerins et à rendre Rome plus accueillante. Tel était, il y a un an, l’espoir du bien-aimé Pape François. Je souhaite qu’il en soit de nouveau ainsi, et plus encore après ce temps de grâce. Que cette ville, animée par l’espérance chrétienne, se mette au service du plan d’amour de Dieu pour la famille humaine. Que l’intercession de la Sainte Mère de Dieu, Salus Populi Romani, nous l’obtienne .

  • Quand Benoît XVI concluait l'année écoulée et inaugurait l'an neuf

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    unnamed (2).jpgHOMÉLIE du pape Benoît XvI
    Premières Vêpres et Te Deum en la Solennité de Sainte Marie Mère de Dieu
    (Samedi 31 décembre 2011)

    Messieurs les Cardinaux,
    Chers frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,
    Autorités,
    Chers frères et sœurs,

    Nous sommes réunis dans la Basilique Vaticane pour célébrer les Premières Vêpres de la solennité de Sainte Marie Mère de Dieu et pour rendre grâce au Seigneur au terme de l’année, en chantant ensemble le Te Deum. Je vous remercie vous tous qui avez voulu vous unir à moi en cette circonstance toujours dense en sentiments et en signification. Je salue tout d’abord Messieurs les Cardinaux, les vénérés Frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce, les religieux et les religieuses, les personnes consacrées et les fidèles laïcs qui représentent la communauté ecclésiale de Rome tout entière. Je salue de façon spéciale les Autorités présentes, à commencer par le Maire de Rome, le remerciant pour le don du calice qui, selon une belle tradition, se renouvelle chaque année. Je souhaite de tout cœur que l’engagement de tous ne manque pas afin que le visage de notre ville soit toujours plus conforme aux valeurs de foi, de culture et de civilisation qui appartiennent à sa vocation et à son histoire millénaire.

    Une autre année s’achève alors que nous en attendons une nouvelle : avec l’anxiété, les désirs et les attentes de toujours. Si on pense à l’expérience de la vie, on demeure étonnés de ce qu’au fond elle soit brève et fugace. C’est pour cela, qu’il n’est pas rare que nous nous interrogions : quel sens pouvons-nous donner à nos jours ? Quel sens, en particulier, pouvons-nous donner aux jours de difficulté et de souffrance ? C’est une question qui traverse l’histoire, qui traverse même le cœur de toute génération et de tout être humain. Mais à cette question il y a une réponse : elle est écrite sur le visage d’un Enfant qui, il y a deux mille ans, est né à Bethléem et qui aujourd’hui est le Vivant, ressuscité de la mort pour toujours. Dans le tissu de l’humanité déchiré par tant d’injustices, de méchancetés et de violences, fait irruption de manière surprenante la nouveauté joyeuse et libératrice du Christ Sauveur qui, dans le mystère de son Incarnation et de sa naissance, nous fait contempler la bonté et la tendresse de Dieu. Dieu éternel est entré dans notre histoire et demeure présent de façon unique dans la personne de Jésus, son Fils fait homme, notre Sauveur, venu sur la terre pour renouveler radicalement l’humanité et la libérer du péché et de la mort, pour élever l’homme à la dignité de fils de Dieu. Noël ne rappelle pas seulement la réalisation historique de cette vérité qui nous concerne directement, mais, de façon mystérieuse et réelle, nous la donne de nouveau.

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  • À propos du « Joyeux » dans les souhaits de Nouvel An

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    De Francis X. Maier sur The Catholic Thing :

    À propos du « Joyeux » dans les souhaits de Nouvel An

    Pascal Bruckner, philosophe politique, est une figure classique de l'intellectuel français. Élevé dans la foi catholique et formé dans des écoles jésuites, sa pensée d'adulte est résolument laïque. Il possède néanmoins une intelligence vive, une plume acérée et un scepticisme mordant. Et, à son crédit, il n'hésite pas à l'appliquer avec vigueur à une multitude d'idées reçues – y compris cette modernité dénuée de toute notion de Dieu dont il est lui-même un produit.

    L'une des principales cibles de Bruckner est le culte du bonheur factice qui, selon lui, domine notre époque. D'une part, il soutient que la foi religieuse infantilise ses adeptes. « Il est typique du christianisme », écrit-il, « d'avoir dramatisé à l'excès notre existence en la soumettant à l'alternative entre l'enfer et le paradis… Réussite ou échec : le paradis est structuré comme une école. »

    Les péchés insignifiants de notre minuscule monde – demande Bruckner avec dérision – peuvent-ils mériter un tourment infiniment disproportionné dans l’autre ? Pourtant, il constate simultanément que le rejet de Dieu par l’homme n’a pas engendré la liberté, mais un univers vulgaire de publicité. En réalité, ce qui a été libéré par la prétendue émancipation psychique et sexuelle de l’humanité, « c’est moins notre libido que notre appétit pour la consommation illimitée ».

    Pour Bruckner, nous ne sommes guère plus que les « galériens du plaisir ». Chaque nouvelle distraction, chaque gadget, chaque merveille technologique enfonce davantage notre hédonisme dans sa propre punition épuisante.

    Les cultures passées acceptaient la souffrance comme un élément normal, souvent porteur de sens, de la vie. Le bonheur était perçu comme fragile et éphémère. La joie véritable était exceptionnelle. Pour Bruckner, notre époque, surtout en Occident, a bouleversé cette conception. On attend de nous – en réalité, le marketing omniprésent nous l’ordonne – que nous soyons satisfaits du déluge d’options qui nous est proposé.

    Quand nous ne le sommes pas, nous sommes des ratés, voire pire, des déviants. Les « journées Honda heureuses » deviennent un sacrement de la période des fêtes. Par conséquent, malgré une multitude de preuves du contraire dans le monde réel, nous nous obstinons à afficher un optimisme forcé ; nous sommes « les premières sociétés au monde à rendre les gens malheureux, et non à les rendre heureux ».

    Au final, la modernité a « suscité des espoirs si élevés chez l’homme qu’elle ne peut que le décevoir ». Et cela constitue une amère revanche pour les religions : « Elles sont peut-être en mauvaise posture, mais ce qui leur a succédé ne se porte pas mieux. »

    C'est vrai. Bruckner est un homme de caractère. On ne le prendrait pas pour un enfant de chœur. Son absence de foi religieuse ressemble étrangement à une forme d'aveuglement volontaire. Et malgré (ou peut-être à cause de) son éducation jésuite, sa compréhension du christianisme semble à peine adolescente.

    Mais en ce dernier jour de l'année écoulée, à l'aube de la nouvelle, les réflexions de Bruckner méritent d'être prises en compte. Ce soir, partout dans le monde, on se souhaitera une bonne année. Pourtant, chez les Maier, les lumières seront éteintes dès 22 heures. L'idée de célébrer la chute d'une boule électrique géante à minuit à Manhattan pour accueillir un nouveau mois de janvier, synonyme de gueule de bois, n'a rien d'enchantant.

    Que peut donc bien signifier le « bonheur » à une époque de bruit et d’excitation artificielle, une époque, ce n’est pas un hasard, marquée par l’anxiété et les conflits ? Et qu’en est-il de la joie ? Nous sommes encore en période de Noël, qui célèbre précisément le thème de la « joie au monde ».

    Pour C.S. Lewis comme pour J.R.R. Tolkien, bonheur et joie sont liés, mais restent fondamentalement différents. Cela transparaît clairement dans leurs œuvres de fiction et autres écrits. Chez Tolkien, le bonheur est toujours, d'une certaine manière, désintéressé. Il découle du fait d'agir avec droiture, même au prix de grands sacrifices. Il est indissociable du sacrifice, de l'amitié, du service fidèle, de l'accomplissement de sa vocation et de la jouissance des plaisirs simples de la nature. Lewis, quant à lui, concevait le bonheur comme une satisfaction terrestre, fruit du succès, de la camaraderie, des plaisirs innocents et du confort essentiel.

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  • « Durant son pontificat, Benoît XVI fut l’un des plus grands théologiens sur le Siège de Pierre » (cardinal Müller)

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    Le cardinal Müller avec le pape émérite Benoît XVI en 2014

    De kath.net/news :

    « Durant son pontificat, Benoît XVI fut l’un des plus grands théologiens du Siège de Pierre. »

    31 décembre 2025

    « Sa théologie est un don pour toute l’Église, et aussi pour les générations futures. » Homélie prononcée en la basilique Saint-Pierre à l’occasion du troisième anniversaire de la mort de Benoît XVI. Par le cardinal Gerhard Müller

    Vatican (kath.net/pl) kath.net publie l'homélie de Son Éminence le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, à la veille du troisième anniversaire de la mort du pape Benoît XVI, en la basilique Saint-Pierre lors de la messe pontificale à l'autel de la Chaire de Saint-Pierre, le 30 décembre 2025, dans son intégralité.

    Chers frères et sœurs dans le Seigneur,

    il y a trois ans, en la fête de saint Sylvestre, le prêtre et évêque Joseph Ratzinger a achevé son voyage terrestre et nous a précédés vers la patrie céleste. Après la mort, il ne nous est pas seulement offert le repos et la béatitude éternels. Nous connaîtrons Dieu, qui de toute éternité nous a déjà choisis en son Fils et nous a prédestinés à participer à son amour trinitaire. Nous verrons Dieu face à face et nous le louerons et l'aimerons dans la communion de tous ses saints élus. La connaissance de Dieu est le but de toute activité spirituelle humaine. Car, comme le dit Jésus lui-même, le Verbe fait chair : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17, 3). Il est le Fils qui se révèle en sa personne comme le chemin, la vérité et la vie (cf. Jean 14, 6). Par conséquent, nous sommes tous inclus dans le plan universel de salut de Dieu, qui désire que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (cf. 1 Tim 2,4).

    Joseph Ratzinger s'est toujours considéré comme un collaborateur dans la quête de la vérité. Professeur de théologie et prédicateur recherché, il fut un serviteur infatigable de la Parole. Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il imposa au Magistère romain des exigences d'une rigueur, d'une précision intellectuelle et d'une intégrité exemplaires. Durant son pontificat, il demeura l'un des plus grands théologiens du Siège de Pierre. Il nous a légué une œuvre théologique immense et d'une qualité exceptionnelle. Il fut reconnu à juste titre comme l'un des plus grands intellectuels catholiques de notre époque. Même Jürgen Habermas, figure emblématique de l'École de Francfort, courant néo-marxiste prônant un monde intellectuel moderne sans Dieu, chercha à dialoguer avec lui afin que croyants et non-croyants puissent préserver le monde moderne de la stagnation de l'antihumanisme et du transhumanisme.

    Lorsque j'ai présenté au pape Benoît XVI le premier volume de son œuvre intégrale, je l'ai informé des seize volumes prévus, estimés à environ 25 000 pages. Au lieu d'être fier d'une œuvre intellectuelle aussi monumentale, il m'a demandé : « Gerhard, qui est censé lire tout cela ? » Un peu gêné, j'ai répondu : « Saint-Père, je ne sais pas, mais je connais celui qui a écrit tout cela. »

    Une édition complète de ses œuvres théologiques, distincte des documents pontificaux, n'a pas pour but d'intimider ni de dissuader les lecteurs potentiels. Sa théologie est un don pour toute l'Église, y compris les générations futures. Chacun est libre d'y puiser, selon ses intérêts spirituels, théologiques, philosophiques ou culturels, en explorant à la fois l'ancien et le nouveau.

    On peut s'orienter tout au long de l'année liturgique grâce à ses sermons. On peut se référer aux ouvrages sur le Concile Vatican II, dont il fut un conseiller important et, plus tard, un interprète reconnu. On peut se tourner vers le volume contenant l'enseignement de saint Augustin sur l'Église comme Peuple et Maison de Dieu. Cependant, si un chrétien, en quête de sens et troublé dans sa foi, me demandait ce qu'il devrait absolument lire, je lui recommanderais les trois volumes sur Jésus. Le fait qu'il ait publié cet ouvrage sous son nom personnel, afin de distinguer son autorité théologique de son autorité papale, exprime simultanément le sens le plus profond de la primauté papale. Car chaque pape, successeur de Pierre, considère que sa mission la plus sacrée est d'unir toute l'Église, avec tous ses évêques et ses fidèles, dans la confession du Prince des Apôtres, qui a dit à Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16, 16).

    C’est là que réside l’avenir du monde et de l’Église. Depuis les Lumières, un conflit s’est instauré entre la foi et la raison. Il semblait que les conclusions de la recherche historico-critique contredisaient la Bible, l’épistémologie philosophique et même – notamment concernant l’origine de l’univers et de la vie – la foi en Dieu, le Créateur, et en Jésus-Christ, l’unique Rédempteur.

    En réalité, il n'y a pourtant aucune contradiction avec la vérité révélée sur le monde et l'humanité, même si la foi ne requiert pas la confirmation des découvertes, toujours faillibles, des sciences empiriques. La foi est fondée sur la Parole de Dieu, par qui tout ce qui existe a été créé. Puisque Jésus, vrai Dieu et vrai homme, est la vérité même dans sa personne divine, notre connaissance de Dieu par le Saint-Esprit est infaillible et ne peut être remise en question par la seule connaissance du monde. 

    Il incombe toutefois aux théologiens de démontrer, par l’argumentation, l’unité profonde entre la foi révélée et la connaissance profane, telle qu’elle se reformule sans cesse dans les nouvelles théories. Car nous devons toujours être prêts à donner une réponse logiquement compréhensible à ceux qui nous interrogent sur le Logos de l’espérance qui est en nous (cf. 1 Pierre 3, 15). Le Fils de Dieu est le Logos divin, la Parole de Dieu, qui ne se trompe jamais et n’égare jamais. 

    Joseph Ratzinger nous a souvent rappelé que le christianisme, avec toutes ses magnifiques réalisations culturelles en matière de doctrine sociale, de musique et d'art, de littérature et de philosophie, n'est ni une théorie ni une vision du monde, mais une rencontre avec une personne. Jésus est la vérité en sa personne divine, la lumière qui éclaire chaque être humain. Quiconque appartient à la vérité écoute sa voix.

    Et qu'est-ce que l'Église ? Ce n'est pas une organisation humaine dotée d'un grand programme éthique et social. L'Église du Christ est la communauté de ses disciples, qui déclarent d'eux-mêmes et confessent devant le monde : « Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique venu du Père, pleine de grâce et de vérité » (Jean 1, 14).

    Joseph Ratzinger, théologien, évêque, cardinal et pape, n'est pas loin de nous. Car notre liturgie terrestre correspond à la liturgie céleste dans laquelle, uni à nous, il adore et glorifie Dieu, l'aimant et le louant pour l'éternité. Amen.

  • Missionnaires et agents pastoraux tués en 2025

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    Missionnaires et agents pastoraux tués en 2025

    30 décembre 2025
     

    Rome (Agence Fides)- Même l'espérance des missionnaires et des agents pastoraux catholiques qui meurent assassinés est « une espérance pleine d'immortalité, car leur témoignage reste comme une prophétie de la victoire du bien sur le mal ».

    C'est l'une des phrases du Pape Léon XIV choisies pour introduire le rapport habituel publié à la fin de l'année par l'Agence Fides sur les missionnaires et les agents pastoraux catholiques tués dans le monde. Elle suggère de manière simple la source même de l'espérance chrétienne, gage d'une vie qui ne meurt pas.

    Les informations, souvent succinctes, sur les biographies et les circonstances de leur mort montrent cette année encore que les missionnaires tués n'étaient pas sous les feux de la rampe pour des exploits spectaculaires. Ils rendaient témoignage au Christ dans leurs occupations quotidiennes, même lorsqu'ils travaillaient dans des contextes marqués par la violence et les conflits.

    Quelques données

    Selon les informations recueillies par l'Agence Fides, 17 missionnaires ont été tués dans le monde en 2025 : prêtres, religieuses, séminaristes, laïcs.

    La répartition continentale montre que, l'année dernière, le nombre le plus élevé de pasteurs tués a été enregistré en Afrique, où 10 missionnaires (6 prêtres, 2 séminaristes, 2 catéchistes) ont été assassinés. Sur le continent américain, 4 missionnaires (2 prêtres, 2 religieuses) ont été tués, en Asie 2 (un prêtre et un laïc). En Europe, un prêtre a été tué.

    Ces dernières années, l'Afrique et l'Amérique se sont alternées à la première place de ce classement tragique.

    Plus précisément, parmi les 10 pasteurs tués en Afrique, 5 ont perdu la vie au Nigeria, 2 au Burkina Faso, 1 en Sierra Leone, 1 au Kenya et 1 au Soudan.
    Parmi les 4 missionnaires tués en Amérique, deux religieuses ont été assassinées en Haïti, un prêtre a été tué au Mexique et un autre prêtre d'origine indienne a été tué aux États-Unis.

    Des deux prêtres tués en Asie, l'un a été brutalement assassiné au Myanmar, l'autre a été tué aux Philippines.
    Le seul prêtre tué en Europe a perdu la vie en Pologne.

    Parmi les pasteurs assassinés en 2025 figure également le très jeune séminariste nigérian Emmanuel Alabi, mort lors de la marche forcée imposée par ses ravisseurs, qui avaient attaqué le petit séminaire d'Ivianokpodi et, après l'avoir blessé, l'avaient enlevé avec deux de ses compagnons ; il y a sœur Evanette Onezaire et sœur Jeanne Voltaire, assassinées par des membres d'un des gangs armés qui tiennent Haïti en otage ; il y a aussi Donald Martin, premier prêtre catholique birman tué dans le conflit civil qui ensanglante le Myanmar, dont le corps sans vie, horriblement mutilé, a été retrouvé par des paroissiens dans l'enceinte de la paroisse.

    Entre 2000 et 2025, 626 missionnaires ont été tués dans le monde entier.

    « Ces frères et sœurs peuvent sembler être des ratés, mais aujourd'hui, nous voyons que ce n'est pas le cas. Aujourd'hui comme alors, en effet, la graine de leurs sacrifices, qui semble mourir, germe, porte du fruit, car Dieu, à travers eux, continue à accomplir des prodiges, à changer les cœurs et à sauver les hommes » (Pape François, 26 décembre 2023, fête liturgique de saint Étienne, premier martyr).

    (Agence Fides 30/12/2025)

  • Soutenons la NEF

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    2025, une année où La Nef a continué à soigner ses articles et à nourrir le débat de fond. Florilège ci-dessous. 

    Nous avons besoin de votre soutien pour prolonger ce travail en 2026 !

    Chers amis,

    Vous trouverez ci-dessous quelques articles de cette année écoulée. 

    Chaque mois, La Nef prend part au débat, et s’efforce de remplir ses pages de beaux articles, en tenant une ligne d’exigence intellectuelle pour appréhender au mieux les réalités naturelles et surnaturelles, en restant fidèle au Magistère de l’Église et en cultivant l'amour des choses de l’esprit. 

    Nous sommes convaincus que tout ce travail est capital, qu’il participe fortement à former les catholiques et à faire entendre une voix catholique au-delà des frontières de l'Église.

    C’est pourquoi il est si important que La Nef continue d’exister et d'exercer sa mission ! Or, pour cela, elle a grandement besoin de votre soutien : aidez-nous, participez à notre campagne de dons !

    Nous vous en sommes d’avance très reconnaissants, et vous remercions.

    Christophe et Élisabeth Geffroy 

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  • Le cardinal Ambongo alerte sur la persécution des chrétiens en Afrique : « Si l'on n'agit pas, la violence s'aggravera »

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    D'InfoVaticana :

    Le cardinal Ambongo alerte sur la persécution des chrétiens en Afrique : « Si l'on n'agit pas, la violence s'aggravera »

    Le cardinal Ambongo alerte sur la persécution des chrétiens en Afrique : « Si l'on n'agit pas, la violence s'aggravera »

    Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et président du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SECAM), a mis en garde contre l’aggravation de la persécution des chrétiens dans divers pays africains, dans un contexte marqué par la violence armée, l’avancée du djihadisme islamiste et la faiblesse des structures politiques. Il l’a déclaré dans une longue interview accordée à Vatican News à l’occasion de la clôture du Jubilé de 2025.

    Chrétiens, cible croissante de la violence djihadiste

    Ambongo a exprimé sa profonde préoccupation face aux enlèvements et aux assassinats de chrétiens dans des pays comme le Nigeria, la République démocratique du Congo et le Cameroun. Bien qu’il ait reconnu que la violence touche aussi les musulmans, il a souligné qu’il existe une tendance de plus en plus claire à cibler spécifiquement les chrétiens.

    Le cardinal a cité le cas du diocèse de Bunia, dans l’est du Congo, où des groupes djihadistes ont assassiné des fidèles chrétiens alors qu’ils étaient en prière. Des situations similaires —a-t-il signalé— se répètent fréquemment au Nigeria, l’un des pays les plus touchés par cette forme de persécution religieuse.

    Un risque pour la coexistence religieuse

    Face à cette violence « gratuite et impitoyable », Ambongo a averti du risque que l’insécurité pousse les chrétiens vers des positions extrêmes, détériorant la coexistence avec les communautés musulmanes qui, a-t-il rappelé, souffrent également des conséquences du terrorisme. Par conséquent, il a fait appel à la conscience du monde entier pour que ce phénomène soit combattu « à la racine » et non par des mesures superficielles.

    La paix comme responsabilité morale et chrétienne

    Dans le cadre du Jubilé de 2025, le cardinal a situé la persécution des chrétiens dans une crise morale plus large. En commentant le message de Noël du pape Léon XIV, centré sur la paix, Ambongo a souligné que la paix ne se construit pas avec des armes, mais par la conversion personnelle, le dialogue et la solidarité avec les plus faibles et les opprimés.

    Selon le prélat, l’appel du Pape interpelle directement la conscience chrétienne, en rappelant que l’indifférence et l’égoïsme des puissants alimentent les conflits et laissent sans défense les communautés les plus vulnérables, parmi lesquelles les chrétiennes.

    Violence, pouvoir injuste et effondrement démocratique

    Ambongo a lié la persécution religieuse à la détérioration politique de nombreux pays africains. Le recul de la démocratie, la concentration du pouvoir entre les mains d’élites et l’absence d’une redistribution juste de la richesse créent un terreau fertile pour la violence, les coups d’État et l’expansion des groupes armés.

    Dans ce contexte, il a signalé que l’exercice du pouvoir détaché du bien commun non seulement appauvrit les populations, mais laisse des communautés entières —y compris les chrétiennes— sans protection effective face à la violence.

    Le pillage de l’Afrique et ses conséquences humaines

    Le cardinal a également dénoncé le pillage systématique des ressources naturelles africaines par des puissances étrangères, souvent avec la complicité de dirigeants locaux. Ce saccage —a-t-il averti— perpétue la pauvreté, alimente les conflits et affaiblit les États, facilitant l’expansion du terrorisme et la persécution religieuse.

    Ambongo a appelé les Africains à assumer la défense des biens que Dieu a confiés au continent et à exiger de leurs dirigeants un exercice du pouvoir compris comme un service et non comme un instrument d’enrichissement personnel.

    « La paix et la libération de l’Afrique sont entre nos mains »

    En concluant sa réflexion, le président du SECAM a insisté sur le fait que l’avenir de l’Afrique dépend des Africains eux-mêmes. Malgré la violence et la persécution que subissent les chrétiens, Ambongo a exhorté à ne pas sombrer dans le désespoir et à persévérer dans l’espérance.

    « La paix et la libération de l’Afrique sont entre nos mains », a-t-il affirmé, en soulignant que seule la justice, la conversion morale et l’engagement pour la coexistence permettront de freiner la violence et de garantir un avenir digne pour tous.

  • Aujourd'hui, au lieu de dix commandements, il n'y en a plus qu'un : tu ne jugeras point

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    De sur Crisis :

    Les chrétiens sont-ils appelés à être plus critiques ?

    L'idée souvent exprimée par « qui suis-je pour juger ? » est tellement répandue dans notre culture qu'elle ne surprend même pas un catholique lorsqu'elle est exprimée dans le contexte de la morale chrétienne.

    29 décembre 2025

    Lorsque nous laissons la peur occulter notre responsabilité de dénoncer les fautes graves et d'encourager la vertu plutôt que le vice, nous négligeons des devoirs essentiels au christianisme. Instruire les ignorants et reprendre les pécheurs sont des œuvres de miséricorde spirituelles que nous semblons avoir abandonnées, victimes de l'idée fausse qu'elles nuisent à notre prochain au lieu de lui être bénéfiques.

    S’il est vrai, comme le soutient Alice von Hildebrand, que  le jugement peut devenir un péché  et que les attitudes puritaines ont historiquement conduit à une survalorisation de la honte, la solution n’est pas de nier purement et simplement la réalité du péché. La vertu se situe au juste milieu entre deux extrêmes. En tant que chrétiens, il est de notre devoir de veiller à la santé spirituelle de notre société en dénonçant les pratiques qui bafouent la dignité humaine. Même – ou peut-être surtout – lorsque notre prochain ne reconnaît pas qu’un acte ou un comportement porte atteinte à sa dignité, notre devoir de le dénoncer demeure.

    Donner sa place au jugement moral

    Le jugement moral n'était pas autrefois une faute de goût, mais une vertu. On l'appelait prudence : l'art de la sagesse pratique. Lorsque nous nous détachons des réalités de la vérité et du bien objectifs, il ne reste que la volonté subjective de chacun. Une telle société n'a ni utilité ni place pour le discours moral. Il ne reste plus à une communauté qu'à s'abstenir d'imposer sa volonté à autrui. 

    En adoptant une attitude de désengagement face aux dilemmes moraux de notre époque, nous nous déchargeons de notre responsabilité les uns envers les autres. Nous assistons impuissants à l'asphyxie spirituelle de ceux qui nous entourent, comme s'ils avaient simplement choisi un plat différent au buffet. « Chacun ses goûts », aime à dire mon enfant de quatre ans – et à la maternelle, où les enfants se disputent pour savoir s'ils vont jouer dans le bac à riz ou coller des Cheerios sur du papier cartonné, c'est une attitude qu'il est bon de cultiver. 

    Lorsque nous entrons dans le domaine des choix qui déterminent le destin de notre âme, les enjeux sont bien plus importants. Il ne s'agit plus de choisir entre des repas dont le goût ou la valeur nutritive diffèrent ; la différence réside entre les aliments qui nous nourrissent et ceux qui, non seulement ne nous satisfont pas, mais peuvent aussi nous empoisonner, à des degrés divers. 

    La réaction attendue n'est pas de lever les yeux de cet article et de se mettre aussitôt à donner des ordres. Qu'il s'agisse d'un tout-petit difficile ou d'un adolescent rebelle, le moyen le plus sûr de les faire taire ou de les contrôler est de tenter de les forcer. Au contraire, nous sommes appelés à témoigner et à inviter. Cela peut être frustrant, voire déchirant. Il est difficile de s'y retrouver, et nous risquons de perdre des amitiés malgré tous nos efforts pour exprimer notre souhait que chacun fasse des choix respectueux de la vie et de la dignité. Il y aura des moments où la prière sera notre seul recours. 

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  • Le pape Léon et le patriarche Bartholomée : leur « unité de foi » est-elle possible ?

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    De sur The European Conservative :

    Le pape Léon et le patriarche Bartholomée : leur « unité de foi » est-elle possible ?

    L’unité fondée sur le plus petit dénominateur commun n’est pas ce que souhaite l’Épouse du Christ et doit donc être soigneusement évitée.

    La « voie du dialogue » saluée conjointement par le pape Léon XIV et le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople produira-t-elle réellement des résultats et l’« unité de foi » souhaitée, ou est-elle vouée à affaiblir l’Église catholique ?  

    Plusieurs semaines après le premier voyage papal de Léon XIV en Turquie et au Liban, ce déplacement est naturellement devenu l'un des moments les plus marquants de son jeune pontificat. Au Liban, le pape américain est apparu comme un symbole d'espoir pour le pays et la région, dans un contexte de violence. En Turquie, son action a été résolument œcuménique, puisqu'il s'est consacré à une priorité qu'il avait définie dès les premiers jours de son règne.  

    Organisé pour commémorer le 1700e anniversaire du concile de Nicée, le voyage du pape en Turquie a constitué à bien des égards l'un des actes d'œcuménisme les plus marquants de ces dernières années. Une prière œcuménique commune sur le site historique du concile a réuni à nouveau les responsables chrétiens, 1700 ans après l'événement originel, tandis que la signature d'une déclaration par Léon XIV et le patriarche Bartholomée a souligné la fraternité spirituelle et le dialogue instauré entre l'Orient et l'Occident.  

    Pour Léon XIV, on peut affirmer sans exagérer que promouvoir l’unité et la pleine communion entre tous les chrétiens est sans doute sa priorité absolue. Accueillant les délégués œcuméniques au Vatican le 19 mai, au lendemain de sa messe d’investiture, Léon XIV a mis en lumière cet aspect de sa mission : 

    Mon élection a eu lieu l'année du 1700e anniversaire du premier concile œcuménique de Nicée. Ce concile représente une étape importante dans l'élaboration du Credo partagé par toutes les Églises et communautés ecclésiales. Dans notre cheminement vers le rétablissement de la pleine communion entre tous les chrétiens, nous reconnaissons que cette unité ne peut être qu'une unité dans la foi. 

    En tant qu'évêque de Rome, je considère que l'une de mes priorités est de rechercher le rétablissement d'une communion pleine et visible entre tous ceux qui professent la même foi en Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit. 

    « L’unité, a-t-il déclaré, a toujours été une préoccupation constante pour moi, comme en témoigne la devise que j’ai choisie pour mon ministère épiscopal. » 

    Le nouveau pape n'a pas hésité à le démontrer. Il a reçu le patriarche Bartholomée Ier à deux reprises au cours des trois premières semaines de son pontificat. Le voyage à Nicée, initialement prévu pour le mois de mai, a été rapidement organisé, avec le pape François comme invité d'honneur.  

    Une fois arrivés en Turquie, le pape et le patriarche ont été de proches compagnons lors de la plupart des événements publics du voyage papal. Ils ont offert une démonstration éclatante d'unité entre les « Églises sœurs », comme ils l'ont eux-mêmes écrit dans une déclaration commune. 

    La déclaration elle-même était, à bien des égards, conforme aux attentes. Les vaticanistes sont habitués à la signature de documents entre un pape et un chef religieux, dans un climat de grande pompe et de cérémonie, mais qui tombent ensuite dans l'oubli, sauf lorsqu'ils sont mis en avant par les médias officiels du Vatican. Le contenu est souvent chaleureux et fraternel, exhortant le monde à un avenir meilleur et promettant la collaboration des deux parties pour atteindre cet objectif, mais sans apporter de précisions.  

    Dans une certaine mesure, Léon et Bartholomée ont emboîté le pas en exprimant par écrit leur souhait que les religions soient au service de la paix et de la prospérité mondiales. Toutefois, il ne s'agissait là que d'une remarque marginale, éclipsée par leur objectif d'unité ecclésiale. 

    « Nous continuons à avancer avec une ferme détermination sur la voie du dialogue, dans l’amour et la vérité, vers le rétablissement espéré de la pleine communion entre nos Églises sœurs », indique la Déclaration. Le texte, signé à l’église patriarcale Saint-Georges d’Istanbul, se poursuit ainsi :  

    Conscients que l’unité chrétienne n’est pas seulement le fruit d’efforts humains, mais un don d’en haut, nous invitons tous les membres de nos Églises — clergé, moines, personnes consacrées et fidèles laïcs — à rechercher ardemment l’accomplissement de la prière que Jésus-Christ a adressée au Père : « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi… afin que le monde croie. » 

    Faisant référence à la défense des vérités christologiques par le concile de Nicée comme à un « événement providentiel d’unité », la déclaration de Léon et Bartholomée saluait sa commémoration comme « un moment extraordinaire de grâce ». 

    Le couple a également fait part de sa ferme conviction que « la commémoration de cet anniversaire important peut inspirer de nouvelles initiatives courageuses sur la voie de l'unité ». 

    C'est une affirmation audacieuse, mais est-elle plausible ? En effet, au-delà de la belle prose, la déclaration commune, bien qu'exprimant le profond désir d'unité, ne semble proposer aucune solution nouvelle pour y parvenir.  

    Prenons l'exemple de la date de Pâques, qui coïncidait cette année à Rome et à Constantinople. La déclaration exprime le souhait que cela se produise « chaque année », mais, en réalité, ce ne sera possible que si l'une des parties rejette son calendrier au profit de l'autre. Puisque l'usage orthodoxe du calendrier julien pour déterminer la date de Pâques est pratiquement le seul cas où ce système est utilisé dans le monde, la solution logique serait que les orthodoxes adoptent le calendrier grégorien utilisé par Rome – et par la majeure partie du monde.

    On retrouve la même réponse concernant, par exemple, la question de la primauté papale. Puisque le Saint-Siège ne peut modifier sa doctrine à ce sujet, l'Église orthodoxe doit soit se soumettre à son rejet actuel de la primauté du Siège de Rome, soit ne pas le faire. Cette décision difficile devra être prise tôt ou tard si les espoirs d'unité exprimés dans la déclaration commune sont réellement sincères.  

    Dans son homélie prononcée à l'occasion de la fête patronale de saint André, le patriarche Bartholomée a reconnu ces questions théologiques et hiérarchiques. « Nous ne pouvons qu'espérer que des questions telles que le Filioque et l'infaillibilité, actuellement examinées par la Commission, seront résolues de sorte que leur interprétation ne constitue plus un obstacle à la communion de nos Églises », a-t-il déclaré.  

    Les différences ne sont pas insurmontables, mais elles sont indéniables et exigent des réponses définitives.  

    Peut-être Léon pourrait-il chercher à employer le processus en vogue de la synodalité afin de présenter l'Église catholique comme plus attrayante pour ceux qui sont fidèles au patriarche de Constantinople. 

    Lors de son discours aux délégués œcuméniques en mai, Léon XIV a laissé entendre qu'il mettrait la synodalité au service de l'œcuménisme, la première étant considérée comme intimement liée à la seconde. « Conscient, par ailleurs, du lien étroit qui unit la synodalité et l'œcuménisme, je tiens à vous assurer de mon intention de poursuivre l'engagement du pape François en faveur de la promotion du caractère synodal de l'Église catholique et du développement de formes nouvelles et concrètes pour une synodalité toujours plus forte dans les relations œcuméniques », a-t-il déclaré.  

    Mais cette politique est à double tranchant. Le patriarche Bartholomée s'est félicité que l'étude de la primauté papale à travers le prisme de la synodalité soit « une source d'inspiration et de renouveau non seulement pour nos Églises sœurs, mais aussi pour le reste du monde chrétien ». Il s'agit assurément d'une allusion au document de juin 2024, qui a placé la papauté au service de la synodalité et de l'œcuménisme, et a ainsi suscité la controverse parmi les catholiques traditionalistes, car ce document fragilise la position du pape.  

    Si Léon XIV s'engageait dans une voie qui minimiserait le prestige, l'honneur et l'autorité de la papauté afin de rallier les orthodoxes à sa cause, l'Église catholique risquerait d'être affaiblie dans son enseignement et son identité hiérarchique. L'unité fondée sur le plus petit dénominateur commun n'est pas souhaitable pour l'Église, l'Épouse du Christ, et doit donc être soigneusement évitée.  

    Le processus visant à déterminer si l'unité peut être atteinte sera vraisemblablement déterminé par les théologiens de la Commission de dialogue entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe, qui a reçu un soutien renouvelé de Léon et Barthélemy dans leur déclaration commune.  

    Le voyage de Léon en Turquie a permis de renforcer considérablement les liens de confiance entre les deux parties. Cependant, malgré leur « fraternité spirituelle », Léon et Bartholomée n'ont pas encore concrétisé l'unité tant désirée. Cela tient peut-être en partie au fait que l'Église catholique ne doit ni ne peut modifier son enseignement et son identité, tandis que les orthodoxes ne souhaitent pas remettre en question leur doctrine sur les points litigieux.  

    Le temps qui passe et les travaux de la Commission de dialogue détermineront l'efficacité et la conviction que les deux parties apportent à leurs arguments, et si le fruit de l'unité est mûr et prêt à être cueilli. 

    Michael Haynes est un journaliste anglais indépendant et membre du corps de presse du Saint-Siège. Vous pouvez le suivre sur X à @MLJHaynes ou sur son site web Per Mariam.