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Actualité

  • Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi se préparerait à un schisme après les probables nouvelles consécrations épiscopales

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    De kath.net/news :

    Le Vatican se prépare aux conséquences des consécrations épiscopales de la Fraternité Pie X

    29 avril 2026

    Le journaliste italien Spuntoni : « Des sources bien informées m'ont confirmé que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi se prépare déjà à un schisme après les probables nouvelles consécrations épiscopales. »

    Vatican (kath.net/pl) « Des sources bien informées m'ont confirmé que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi se prépare déjà à un schisme suite aux probables nouvelles consécrations épiscopales », a confirmé le journaliste Nico Spuntoni à Diane Montagna, experte américaine du Vatican et auteure, comme indiqué sur sa plateforme en ligne. Spuntoni a précisé à Montagna : « Mes sources ne m'ont pas indiqué si l'excommunication concernera uniquement les nouveaux évêques ou également d'autres personnes. » Par conséquent, a déclaré Spuntoni, il ne pouvait « ni confirmer ni infirmer les rumeurs concernant les personnes qui seraient touchées par les sanctions ». Cependant, se basant sur ses sources, Spuntoni a pu constater que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi « apporte un soutien pastoral aux membres du clergé appartenant à la Fraternité catholique qui ne souhaitent pas y rester après une nouvelle rupture avec Rome ».

    Les propos de Spuntoni interviennent alors que des rumeurs circulent en ligne quant aux personnes qui seront précisément concernées par le décret du Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Montagna replace ces informations dans un contexte plus large. « Sputoni, réputé pour la précision de ses reportages et pour publier systématiquement des informations avant les canaux officiels, a ajouté que, selon ses sources, si le Dicastère affirme avoir fait preuve de "clémence" lors des négociations, tout porte à croire que sa réponse sera "ferme". » Diane Montagna est elle-même considérée comme une journaliste proche du Vatican.

  • Non, l’Occident n’a pas emprunté à l’islam l’art de bâtir les cathédrales gothiques

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    Non, l’Occident n’a pas emprunté à l’islam l’art de bâtir les cathédrales gothiques. Cette idée, relayée par Jean-Luc Mélenchon (notamment en 2011, puis en juin 2025 et mars 2026), relève d’une simplification militante et historique inexacte, comme l’explique l’historien médiéviste Sylvain Gouguenheim dans un entretien au Figaro Histoire (avril 2026).

    Les affirmations de Mélenchon

    Mélenchon a déclaré, entre autres : « S’il n’y avait pas eu Saladin, vous ne sauriez pas bâtir des cathédrales, parce que c’est lui qui vous a appris comment on faisait. C’est lui qui vous a appris comment on faisait les vitraux et qui vous a appris les maths. » Ou encore, à Bondy en mars 2026 : les bâtisseurs ont « profité du savoir qu’ils avaient rapporté des musulmans et des croisades pour faire de la physique et des mathématiques, et faire de la chimie pour faire des vitraux, parce qu’ils n’étaient pas au courant, ils n’y connaissaient rien ». Il moque aussi l’idée que « les Goths » auraient inventé les arcs brisés.

    Ces propos visent à souligner une dette supposée majeure de l’Europe chrétienne envers le monde islamique médiéval, dans un contexte politique où l’on insiste sur les « apports » de l’islam à la civilisation occidentale.

    La réponse de Gouguenheim

    Sylvain Gouguenheim, professeur émérite d’histoire médiévale à l’ENS de Lyon et auteur notamment d’Aristote au Mont Saint-Michel (2008, sur les racines grecques directes de l’Europe chrétienne), qualifie ces affirmations d’« erronées ou très approximatives » :

    • Chronologie : L’architecture gothique naît en Île-de-France dans les années 1130-1140 (basilique de Saint-Denis sous Suger, puis cathédrales de Sens, Noyon, Laon, etc.). Saladin ne prend le pouvoir qu’en 1174 et son règne (1174-1193) est postérieur aux premiers chefs-d’œuvre gothiques. Le lien direct avec lui est anachronique.
    • Mathématiques : La construction des cathédrales reposait sur une géométrie appliquée pratique, héritée de l’époque romane (règles de proportion, équerre, compas, savoir-faire empirique des maîtres maçons transmis sur les chantiers). Elle n’exigeait ni la géométrie grecque théorique avancée ni les développements algébriques arabo-persans. Les bâtisseurs médiévaux occidentaux maîtrisaient déjà les outils nécessaires.
    • Techniques spécifiques (vitraux, arcs, voûtes) : Les vitraux colorés relèvent d’un savoir-faire occidental ancien (verrerie romaine et carolingienne), perfectionné au XIIe siècle sans recours à une « chimie » importée des croisades. L’arc brisé (ou ogival) existait dans l’Antiquité tardive et l’architecture romane ; il n’est pas une invention islamique transmise miraculeusement.

    Gouguenheim insiste : ces thèses relèvent d’un « contexte militant » et d’un raccourci rhétorique, pas d’une analyse historique rigoureuse.

    Contexte historique plus large

    • Origines du gothique : Le style gothique (voûtes sur croisée d’ogives, arcs-boutants, élévation verticale, grandes baies) est une innovation franco-picarde du XIIe siècle. Il synthétise des éléments antérieurs : voûtes d’ogives anglo-normandes (Durham, Lessay), arcs-boutants bourguignons (Cluny), murs fins des basiliques paléochrétiennes d’Île-de-France. C’est un laboratoire technique occidental, porté par la vitalité économique, démographique et spirituelle de l’Europe capétienne (foi chrétienne, concurrence entre évêques et abbés, essor urbain).
    • Influences et échanges : Il existait des contacts (commerce, croisades, Sicile, Espagne de la Reconquista). Certains motifs décoratifs (arabesques, polylobés) ou techniques mineures ont pu circuler, comme dans l’art roman (ex. : certaines églises du sud). Mais l’architecture gothique n’est pas une copie ou un emprunt structurel à l’architecture islamique (mosquées à arcs brisés, coupoles, iwans). Le gothique exprime une théologie chrétienne de la lumière (Dieu comme Lux) et une aspiration verticale vers le ciel, très différente de l’esthétique islamique.
    • Transmission des savoirs : Gouguenheim a montré dans ses travaux que l’héritage grec (Aristote notamment) est parvenu en Occident via des voies directes (Byzance, traductions latines dès le XIe-XIIe siècle à Mont-Saint-Michel ou ailleurs) autant que via le monde arabo-musulman (Tolède, etc.). Ce dernier a préservé et commenté des textes, mais n’a pas été l’unique ni le principal vecteur. L’idée d’un Occident « ignorant » sauvé par l’islam est une caricature orientaliste inversée.

    Des auteurs comme Diana Darke (Stealing from the Saracens) ou Christopher Wren (XVIIe siècle, qui parlait de « style sarrasin » pour le gothique) défendent une influence plus forte, souvent en insistant sur des similarités formelles ou des transferts via les croisés. Ces thèses sont contestées par de nombreux historiens de l’art médiéval, qui y voient une surinterprétation (confusion entre motifs décoratifs et structure porteuse, ignorance des évolutions internes à l’Occident). Des critiques universitaires (Byng, Kinsella) relativisent fortement ces claims.

    Pourquoi cette polémique ?

    Elle s’inscrit dans un débat plus vaste sur les « racines » de l’Europe et la place de l’islam dans son histoire. Minimiser le génie propre de la chrétienté médiévale occidentale (son dynamisme technique, théologique et social) au profit d’un narratif de dette exclusive sert parfois un agenda politique contemporain. L’histoire réelle est plus nuancée : l’Europe médiévale a assimilé, transformé et innové à partir de multiples héritages (gréco-romain, chrétien, germanique, byzantin), sans être une tabula rasa sauvée par Bagdad ou Cordoue.

    Les cathédrales de Chartres, Reims, Amiens ou Notre-Dame de Paris restent avant tout le fruit du savoir-faire, de la foi et de l’organisation des sociétés chrétiennes occidentales du XIIe-XIIIe siècle. Elles témoignent d’un élan créateur autonome, pas d’un simple transfert technologique depuis le monde islamique. Gouguenheim a raison de le rappeler face aux approximations militantes.

    Synthèse obtenue avec l'IA

  • « Familles, élevez des vers de terre », voilà comment le Vatican sauve la planète.

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    De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    « Familles, élevez des vers de terre », voilà comment le Vatican sauve la planète.

    « L’écologie intégrale dans la vie familiale » est le nouveau et volumineux document publié par les Dicastères du Vatican pour le développement humain intégral et pour les laïcs, la famille et la vie. Il s’agit d’une synthèse sur l’écologie teintée d’une perspective cléricale, bien éloignée de la pensée catholique.

    29/04/2026

    Ingrédients : incompétence en matière d’environnement ; connaissances théologiques limitées ; servilité culturelle excessive ; une pincée de cléricalisme. Préparation : mélanger le tout, en y ajoutant progressivement une généreuse dose d’activisme, jusqu’à obtenir un document inutilement long et éloigné de la pensée catholique.

    Voici la recette du dernier document, fruit d'une collaboration entre deux dicastères du Vatican : le Dicastère pour le service du développement humain intégral et le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie – Écologie intégrale dans la vie familiale –, publié le 27 avril. Avec ses 84 pages, il s'agit d'un nouvel hommage à l'encyclique Laudato Si' (2015), à laquelle le pape François a consacré une grande partie de son pontificat, mais qui a eu pour effet d'introduire dans le Magistère des concepts – tels que le développement durable – empruntés à l'écologisme dominant et, de par leur nature même, incompatibles avec le catholicisme.

    Le nouveau document du Vatican s'inscrit dans la même lignée , visant à étendre à tous les domaines cette « conversion écologique » si chère au prédécesseur de Léon XIV. L'accent est mis ici sur la famille, appelée à entreprendre une série d'actions – à l'instar des recommandations du WWF – pour vivre pleinement sa foi chrétienne. Ainsi, après une introduction combinant le contenu de Laudato Si' et de l'encyclique controversée Fratelli Tutti (2020) pour expliquer ce qu'est l'écologie intégrale, viennent les sept thèmes sélectionnés auxquels les familles sont appelées à s'engager, reprenant les slogans habituels si souvent entendus depuis 2013 : écouter le cri de la terre, écouter le cri des pauvres et des vulnérables, adopter et promouvoir une économie écologique, adopter des modes de vie écologiques, écologie intégrale et éducation, spiritualité écologique dans une perspective familiale et participation des familles à la vie communautaire.

    Des dizaines et des dizaines de suggestions ont été faites aux familles, des plus banales et évidentes, comme éviter le gaspillage d'eau, d'électricité et de nourriture ou trier les déchets, aux plus complexes. En voici quelques-unes, à titre d'exemple, qui se passent de commentaires : « Si vous avez accès à un espace extérieur, créez un composteur ou un lombricomposteur. Si, en revanche, vous n'avez pas accès à un tel espace et que votre commune ne propose pas de service de compostage, demandez à votre école ou à votre paroisse si elles seraient disposées à accueillir un composteur communautaire. » ; « Récupérez l'eau de pluie. » ; « Fréquentez les marchés aux puces. » ; « Visitez les fermes et les ateliers locaux en famille pour rencontrer les personnes qui y travaillent et ainsi favoriser le lien social. » ; « Réparez les jouets cassés avec vos enfants. Les adolescents peuvent réparer leur propre matériel sportif et les adultes peuvent restaurer et préserver les biens des générations précédentes (meubles ou même maisons). » ; « Demandez à l'école de votre quartier de mettre en œuvre des améliorations écologiques dans ses installations. » ; « Demandez à l'école de votre quartier de mettre à jour ses activités et son matériel pédagogique sur les questions écologiques. » « Profitez-en pour prier en pleine nature, ce qui peut inclure une messe en plein air, avec la permission du prêtre local. »

    Le problème, c'est que les propositions plus ou moins absurdes présentées dans ce document découlent d'une soumission culturelle à l'écologisme dominant. Les concepts et idées que l'on trouve dans toute publication écologiste sont ainsi repris mot pour mot, sans tenir pour acquis l'ampleur, les causes et les solutions d'une prétendue crise environnementale mondiale. De ce fait, on ne saisit même pas la contradiction entre l'accent mis sur l'agriculture, manifestement durable, et l'impératif d'utiliser des panneaux photovoltaïques, qui accaparent littéralement d'immenses surfaces agricoles pour produire de l'énergie, en quantités qui resteront marginales.

    Tout en rappelant par certains aspects l’encyclique Centesimus Annus (1991) de saint Jean-Paul II, et dans la lignée du pape François, le concept d’« écologie humaine » est abandonné au profit d’une « écologie intégrale » fondamentalement différente. Cette dernière prône le respect de la vie, l’attention portée aux plus vulnérables et la centralité de la famille (points fortement soulignés dans le document), mais tous ces éléments sont ici amalgamés sans distinction, au même titre que la finance éthique et la consommation responsable. De fait, il apparaît clairement que le véritable objectif est la « conversion écologique », et que la « sainteté de la famille » y contribue. À tel point que les familles, dans l’espoir porté par le document du Vatican, sont perçues comme des noyaux de l’activisme environnemental.

    À l’inverse, dans Centesimus Annus, saint Jean-Paul II décrit une « écologie humaine » – en opposition implicite à l’écologie environnementale – où la nécessité de prendre soin de l’environnement découle du respect de l’ordre créé par Dieu, qui place la famille (fondée sur le mariage entre un homme et une femme) et la vie au sommet de la hiérarchie. « La première et fondamentale structure de l’« écologie humaine », écrit saint Jean-Paul II, « est  la famille,  au sein de laquelle l’homme reçoit les premières et décisives notions de vérité et de bien, apprend ce que signifie aimer et être aimé, et donc ce que signifie concrètement être une personne » (n° 39). Il n’est pas possible de reconnaître que la terre est un don de Dieu à l’homme – « qui doit l’utiliser en respectant sa vocation première de bien » – si l’homme ne reconnaît pas d’abord qu’il « est un don de Dieu à lui-même et doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté ».

    Une fois de plus, nous constatons donc non seulement la rupture entre le pontificat de François et le magistère de ses prédécesseurs, mais aussi la persistance de ces enseignements au sein du pontificat actuel. De toute évidence, certains cardinaux de la Curie romaine continuent de produire des documents suivant les instructions du pape François, cherchant ainsi à influencer son successeur. Attendre qu'ils atteignent la limite d'âge ou que leur mandat expire n'est peut-être pas la meilleure solution pour le bien de l'Église.

  • L'Église catholique ne bénéficie d'aucune véritable liberté en Chine.

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    De sur Bitter Winter :

    L'Église catholique ne bénéficie d'aucune véritable liberté en Chine.

    28 avril 2026

    Après l'accord de 2018, la pression sur les catholiques chinois s'intensifie face à l'indifférence apparente du Vatican, selon un rapport de Human Rights Watch.

    L'étau se resserre autour des catholiques chinois qui refusent de se soumettre à Pékin.

    Malgré un rapprochement avec le Saint-Siège en 2018, qui a concédé la nomination d'évêques à l'État chinois avec l'approbation formelle du Vatican, leur situation est plus sombre que jamais, sans aucune amélioration pour les quelque 12 millions de catholiques chinois.

    Selon Yalkun Uluyol de Human Rights Watch (HRW), dans son dernier rapport, les fidèles catholiques clandestins de Chine subissent plus de pression que jamais pour adhérer à la version « sinisée » de leur foi proposée par Pékin.

    « Dix ans après le début de la campagne de sinisation de Xi Jinping et près de huit ans après l’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, les catholiques en Chine sont confrontés à une répression croissante qui viole leurs libertés religieuses », a-t-il déclaré. Il a exhorté le pape Léon XIV à « réexaminer d’urgence l’accord et à faire pression sur Pékin pour qu’il mette fin à la persécution et à l’intimidation des Églises clandestines, du clergé et des fidèles ».

    Pékin cherche à rompre ses liens avec le Vatican depuis les années 1950, date à laquelle l'envoyé papal fut expulsé sous Mao Zedong et le cardinal Ignatius Kung de Shanghai emprisonné pendant 30 ans pour avoir refusé de renoncer à l'autorité papale. La répression a toujours été particulièrement sévère envers ceux qui refusent de prêter allégeance au Parti communiste chinois.

    Depuis son accession au pouvoir en 2012, le président Xi Jinping a redoublé d'efforts pour conformer toutes les religions au modèle communiste chinois. La sinisation des religions et l'imposition des « caractéristiques chinoises » à l'architecture, aux enseignements et aux traditions religieuses sont devenues une stratégie centrale en 2016. L'influence étrangère, sa bête noire, est devenue sa cible. Le contrôle juridique des religions s'est renforcé, le « culte patriotique » a été imposé et les activités religieuses en ligne ont été visées.

    Pékin n'a pas tardé à sévir après la signature de l'accord en 2018. Les évêques ont été contraints d'adhérer à l'Association patriotique catholique chinoise (APCC). Le Saint-Siège a semblé se rallier aux plans de Pékin lorsqu'il a publié, en 2019, des directives autorisant l'objection de conscience à l' APCC tout en acceptant l'adhésion comme une nouvelle norme.

    Depuis, une série de nouvelles lois restreignant la pratique religieuse sont entrées en vigueur, réprimant la diffusion de matériel religieux, les activités pour enfants et les œuvres caritatives catholiques. L'appel d'un prêtre catholique au Vatican pour empêcher la fermeture d'un orphelinat historique du diocèse de Zhaoxian, ainsi que d'autres établissements menacés de fermeture depuis 2018, a été ignoré .

    Toutes les activités caritatives à vocation religieuse sont désormais de facto interdites suite au nouveau « Règlement sur les affaires religieuses » de 2018 qui, tout en prétendant consacrer la liberté de croyance religieuse, a en réalité restreint la capacité des individus ou des organisations à s'engager dans de telles activités et leur a refusé tout statut légal.

    Les catholiques ne sont pas les seuls à subir l'oppression croissante qui touche toutes les grandes religions en Chine. Les bouddhistes tibétains et les musulmans ont également vu leurs lieux de culte détruits et leurs fidèles endoctrinés de force, emprisonnés et torturés lors de répressions qualifiées de crimes contre l'humanité, voire de génocide.

    En 2018, des responsables du Vatican, suscitant la consternation chez les catholiques, ont décrit la « sinisation » comme potentiellement compatible avec l'inculturation du christianisme. Ils ont interprété la « sinisation » comme le processus d'intégration de la religion à la culture chinoise locale, citant de grands missionnaires catholiques tels qu'Alessandro Valignano, Matteo Ricci et Giuseppe Castiglione, qui souhaitaient ouvrir la voie à un catholicisme « aux formes chinoises », afin de proclamer l'Évangile de Jésus-Christ dans une perspective pleinement chinoise. Cependant, l'inculturation promue par ces grands missionnaires catholiques n'avait que peu de points communs avec la « sinisation » prônée par Xi Jinping , qui exige que la religion adhère aux « valeurs socialistes fondamentales » du Parti communiste chinois.

    Ni le pape François ni l'actuel pape Léon XIV ne se sont prononcés contre l'accélération du contrôle idéologique, de la surveillance et des restrictions de voyage imposées par la Chine à 12 millions de catholiques, le pape Léon XIV ayant même approuvé sans réserve les cinq dernières nominations d'évêques par Pékin.

    Personne n'a dénoncé la détention illégale, voire la torture, de dix évêques approuvés par le Vatican, dont la persécution pendant des décennies s'est heurtée à un mur de silence, ni la mort de six autres évêques décédés au cours des six dernières années, ni celle de ceux qui ont tout simplement disparu.

    La réaction discrète du Vatican a enhardi Pékin, qui renforce son emprise sur tous les catholiques.

    Selon le rapport de HRW, certains catholiques clandestins ont déclaré se sentir trahis par le Vatican, et des dizaines de catholiques interrogés par un expert ont fait état du sentiment que le Vatican « s'en prend également à eux ».

    Un prêtre vivant à l'étranger craint que, comme aucun nouvel évêque n'est désormais nommé pour l'Église clandestine, « à long terme, les catholiques clandestins [en Chine] disparaîtront ».

    Dans un rapport, un universitaire ayant interrogé des dizaines de membres d'églises en Chine décrit la formation idéologique obligatoire imposée au clergé comme un effort concerté visant à « diminuer l'influence des figures religieuses ».

    Le renforcement de la surveillance et l'obligation, dans certaines régions, de s'inscrire au préalable pour assister à un office religieux ont dissuadé les fidèles des nouvelles églises « patriotiques » de s'y rendre, incitant certains à organiser de faux mariages pour « se réunir et prier » à l'abri des caméras des bâtiments officiels.

    Un catholique connaissant bien la situation au Shaanxi a fait part à HRW de ses craintes que les restrictions d'accès aux enfants ne visent à « rompre les liens intergénérationnels au sein de la communauté catholique ». Des documents internes ont circulé, dissuadant les parents d'« inculquer des idées religieuses à leurs enfants » et demandant aux écoles d'« inciter les élèves à signaler proactivement » tout incident de ce type aux autorités compétentes. 

    Selon le rapport de Human Rights Watch, la répression des catholiques contrevient à de nombreuses normes et lois internationales relatives aux droits humains, notamment à l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), que la Chine a signé mais non ratifié, consacre le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit comprend pour chacun « la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, et la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, les rites, les pratiques et l'enseignement ».

    Uluyol exhorte le Saint-Siège et les gouvernements concernés à faire pression sur Pékin afin que ce dernier respecte la liberté religieuse de tous les catholiques et des autres religions en Chine. « Le gouvernement chinois doit cesser de persécuter et d'intimider les fidèles qui pratiquent leur foi et leur spiritualité indépendamment du contrôle du Parti communiste », a-t-il déclaré.


    Ruth Ingram est une chercheuse qui a beaucoup écrit pour la publication Central Asia-Caucasus, l'Institute of War and Peace Reporting, le journal hebdomadaire GuardianThe Diplomat et d'autres publications.

  • Ce que Staline a initié à Lviv en 1946 — une tentative de liquidation de l'Église — se poursuit aujourd'hui dans la guerre que Poutine mène contre l'Ukraine

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    De George Weigel sur le NCR :

    « Ecclésiacide », hier et aujourd'hui

    COMMENTAIRE : Ce que Staline a initié à Lviv en 1946 — une tentative de liquidation de l'Église — se poursuit aujourd'hui dans la guerre que Poutine mène contre l'Ukraine.

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    La cathédrale Saint-Georges de Lviv, en Ukraine, fut le théâtre d'un « sobor » organisé par les Soviétiques en mars 1946, visant à liquider l'Église gréco-catholique ukrainienne. (Photo : Wikipedia)

    Pardonnez-moi ce néologisme d'origine latine, mais si « parricide » convient pour le meurtre de son père et « régicide » pour l'élimination d'un roi, pourquoi pas « ecclésiacide » pour la tentative d'anéantissement d'une Église entière ?

    C’est ce qui s’est passé il y a environ 80 ans, du 8 au 10 mars 1946, à la cathédrale Saint-Georges de Lviv, en Ukraine. Là, ce qui était présenté comme un concile (ou sobor ) a voté l’annulation de l’ Union de Brest de 1596 et, par conséquent, la réunification de l’Église gréco-catholique ukrainienne (UGCC) avec l’Église orthodoxe russe (ROC) – un acte qu’un haut responsable orthodoxe russe m’a un jour affirmé être parfaitement légitime (pour ainsi dire) car « lorsque les uniates [catholiques orientaux en pleine communion avec Rome] retournent dans leur foyer [orthodoxe], c’est toujours légitime ».

    Or, nous savons maintenant avec certitude, grâce à des documents de première main conservés dans les archives d'État ukrainiennes, que le soi-disant « Sobor de Lviv » de 1946 a été orchestré par les services de sécurité soviétiques et n'avait pas plus de légitimité morale, spirituelle ou légale que n'importe quel autre acte commis sous la menace des armes.

    Certes, ce « Pseudo-Sobor » fut un échec stratégique, comme le reconnut peu après le ministère soviétique de la Sécurité d’État dans une directive adressée à ses agents dans ce qui est aujourd’hui l’ouest de l’Ukraine :

    La liquidation formelle de l'Église gréco-catholique uniate, résultant des résolutions du Sobor des 8-10 mars, et la réunification formelle avec l'Église orthodoxe russe ne constituent pas l'achèvement de la liquidation effective de ces aspirations hostiles dont le clergé gréco-catholique uniate était porteur.

    Une répression massive, souvent meurtrière, s'ensuivit. Pourtant, le résultat de cette tentative d'« ecclésiacide » fut la création du plus grand réseau religieux clandestin au monde. L'Église gréco-catholique ukrainienne survécut ainsi pendant 45 ans grâce à des offices religieux clandestins, un enseignement religieux clandestin, une formation sacerdotale clandestine et des consécrations épiscopales clandestines, avant de renaître de ses cendres en 1991, après l'effondrement de l'empire soviétique.

    Aujourd'hui, l'Église catholique ukrainienne (UGCC), dynamique et influente, voit son influence croître en nombre. Son premier dirigeant après la chute de l'Union soviétique, le cardinal Lioubomyr Husar, était l'autorité morale la plus respectée d'Ukraine. Son digne successeur, l'archevêque-major Sviatoslav Chevtchouk, est une source d'inspiration nationale depuis l'invasion russe de février 2022, tout en s'imposant sur la scène internationale comme modèle de l'évêque du XXIe siècle. L'UGCC gère l'établissement d'enseignement supérieur le plus prestigieux d'Ukraine, l'Université catholique ukrainienne, et ses nombreuses initiatives caritatives, éducatives, sociales et culturelles ont contribué à l'édification de la société civile ukrainienne qui soutient aujourd'hui la lutte politique, militaire et diplomatique du pays contre la barbarie du tsar Poutine.

    Le fait que le major-archevêque Chevtchouk figurât en bonne place sur la liste des dirigeants ukrainiens à assassiner si les troupes de Poutine avaient réussi à conquérir Kiev en trois ou quatre jours, indique que l'« ecclésiacide » de l'Église gréco-catholique ukrainienne demeure un objectif russe ; il en va de même pour la prise de contrôle par les Russes de l'église gréco-catholique des Saints-Apôtres Pierre et Paul à Zaporijia, le dimanche de Pâques de cette année. En 1946, la hiérarchie de l'Église orthodoxe russe, reconstituée par Staline en 1943 pour rallier le soutien populaire à la Grande Guerre patriotique contre l'Allemagne, a collaboré avec les services de sécurité soviétiques au sein du pseudo-Sobor de Lviv.

    Quatre-vingts ans plus tard, le patriarche Kirill de Moscou a tenté de justifier l'agression de Poutine par une interprétation religieuse, tout en déclarant de manière hérétique que tout soldat russe tué à la guerre est automatiquement pardonné de tous ses péchés et conduit immédiatement au paradis. Il est indéniable que Kirill, pour le moins proche du KGB dans sa jeunesse, se réjouirait de la dissolution de l'Église gréco-catholique ukrainienne ; comment expliquer autrement qu'il bénisse une guerre où des membres du clergé de l'Église gréco-catholique ukrainienne ont été tués, enlevés et torturés lors de leur capture par les forces russes ? Pourtant, malgré tout cela, les évêques, les prêtres et les diacres de l'Église gréco-catholique ukrainienne sont restés fidèles à leurs fidèles, risquant leur vie chaque jour.

    Une conférence organisée les 27 et 28 mars à l'Université catholique d'Amérique a exploré l'histoire de la tentative russe d'« ecclésiacide » ukrainien au milieu du XXe siècle – qui a en réalité débuté en septembre 1939 lorsque l'Union soviétique a occupé ce qui est aujourd'hui l'ouest de l'Ukraine grâce au tristement célèbre pacte Molotov-Ribbentrop – ainsi que la campagne anti-ukrainienne russe actuelle, menée sous couvert de reconstitution du Russkiy Mir , le « monde russe ». Cette conférence, d'un niveau académique élevé, a notamment été marquée par l'une des interventions les plus fascinantes du Dr Sergueï Chapnin, ancien responsable du Patriarcat de Moscou de l'Église orthodoxe russe, qui a expliqué comment l' idée du Russkiy Mir a été instrumentalisée pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui : une idéologie théologico-politique dont l'un des objectifs demeure la liquidation de l'Église orthodoxe ukrainienne (et, de fait, la liquidation d'une nation ukrainienne distincte).

    Autrement dit, en ce qui concerne la Russie et l'Ukraine, rien n'a changé, 80 ans plus tard. Les hommes politiques et les diplomates qui pensent que les convictions religieuses, sincères ou perverties, n'ont aucune incidence sur les affaires internationales devraient y réfléchir à deux fois.

  • Le pape Léon XIV a-t-il offert à ses auditoires africains un aperçu de sa future encyclique ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur le NCR :

    Le pape Léon XIV offrait-il à ses auditoires africains un aperçu de sa nouvelle encyclique ?

    ANALYSE : Ces derniers mois, le pape est revenu à plusieurs reprises sur les thèmes de la doctrine sociale. C’est toutefois en Afrique qu’il a approfondi sa réflexion sur ces questions.

    Le pape Léon bénit une famille lors de la messe célébrée à la basilique de l'Immaculée Conception de Mongomo, en Guinée équatoriale, le 22 avril 2026.
    Le pape Léon XIV bénit une famille lors de la messe célébrée à la basilique de l'Immaculée Conception de Mongomo, en Guinée équatoriale, le 22 avril 2026. (Photo : Simone Risoluti / Vatican Media)

    Lors de son voyage en Afrique, le pape Léon XIV a esquissé sa vision de la doctrine sociale de l'Église, abordant des thèmes tels que l'impact sociétal de l'intelligence artificielle et le rôle de l'Église et de la paix. Tout porte à croire que ces thèmes seront au cœur de sa première encyclique, très attendue.

    Pour l'instant, les sources s'accordent à dire que le titre provisoire de l'encyclique est Magnifica Humanitas , « Magnifique Humanité ». S'appuyant sur l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII — traduite par « Choses nouvelles » —, Léon XIV souhaite une encyclique qui apporte une réponse chrétienne au monde dans lequel nous vivons, une réponse bien plus complexe qu'une analyse générale des situations sociales à laquelle l'Église peut apporter une vision.

    Au moment de son élection, Léon XIV a souligné qu'il avait choisi son nom pontifical en pensant à Léon XIII, faisant remarquer que l'humanité est actuellement confrontée à une autre révolution industrielle aussi radicale que celle à laquelle son prédécesseur a dû faire face, celle-ci provoquée par l'intelligence artificielle et d'autres nouveaux défis.

    Ces derniers mois, le pape est revenu à plusieurs reprises sur les thèmes de la doctrine sociale, abordant diverses problématiques et avec des nuances variées. Cependant, trois de ses discours prononcés en Afrique semblent éclairer davantage sa pensée sur ces sujets.

    En Algérie, Léon XIV a souligné la nécessité d'un dialogue interreligieux sur les grands enjeux de l'humanité. Au Cameroun, il a insisté sur les thèmes de l'accueil et de la paix. En Angola, le pape a ensuite appelé à lever les obstacles au développement humain intégral, pierre angulaire de la doctrine sociale de l'Église. En somme, il s'agissait d'un cheminement du dialogue à la paix, vers l'édification d'une civilisation fondée sur le bien commun. 

    En Guinée équatoriale, lors d'un discours prononcé le 21 avril devant des responsables politiques et civils, le pape a établi un lien entre ces différents thèmes . Il a souligné comment la doctrine sociale de l'Église « offre une orientation à tous ceux qui cherchent à s'attaquer aux "choses nouvelles" qui déstabilisent notre planète et la coexistence humaine, tout en donnant la priorité, par-dessus tout, au Royaume de Dieu et à sa justice ».

    « Il s’agit d’une dimension fondamentale de la mission de l’Église : contribuer à la formation des consciences par la proclamation de l’Évangile, la transmission de critères moraux et de principes éthiques authentiques », a-t-il déclaré. Le Pape a ajouté que « l’objectif de la doctrine sociale est de préparer les personnes à affronter des problèmes en constante évolution ; car chaque génération est unique et porte en elle de nouveaux défis, de nouveaux rêves et de nouvelles questions. »

    Le pape a ensuite énuméré de nouveaux problèmes : l’exclusion comme « nouveau visage de l’injustice sociale » ; le paradoxe de l’accès généralisé aux nouvelles technologies contrastant avec le manque de terres, de nourriture, de logements et de travail décent.

    Il a ensuite exhorté les autorités civiles et les hommes politiques « à démanteler les obstacles au développement humain intégral – une mission fondée sur les principes fondamentaux de solidarité et de destination universelle des biens ».

    Léon XIV a également abordé les spéculations concernant les « matières premières » dans un contexte d'évolution technologique rapide, soulignant : « Ce changement semble éclipser des impératifs fondamentaux tels que la sauvegarde de la création, les droits des communautés locales, la dignité du travail et la protection de la santé publique. »

    Dans ce même discours, le pape a dénoncé la manière dont « la prolifération des conflits armés est souvent alimentée par l’exploitation des gisements de pétrole et de minéraux, sans aucun égard pour le droit international ni pour l’autodétermination des peuples », et il a noté qu’ils « semblent souvent être conçus et utilisés principalement à des fins guerrières, dans des contextes qui n’offrent pas de perspectives à tous ».

    Léon XIV appela donc au changement : « Au contraire, le destin de l’humanité risque d’être tragiquement compromis sans un changement de cap dans la prise de responsabilité politique et sans respect des institutions et des accords internationaux. Dieu ne le veut pas. »

    Au Cameroun, la rencontre avec la communauté universitaire le 17 avril a revêtu une importance particulière. Le discours du Pape contient un passage clé : « La grandeur d’une nation ne se mesure pas uniquement à l’abondance de ses ressources naturelles, ni même à la richesse matérielle de ses institutions. En réalité, aucune société ne peut prospérer si elle n’est fondée sur des consciences droites, formées dans la vérité. »

    Le pape a évoqué « une érosion des valeurs morales qui guidaient autrefois la vie communautaire » dans les sociétés contemporaines, au point que, « par conséquent, on observe aujourd’hui une tendance à approuver avec désinvolture certaines pratiques qui étaient autrefois considérées comme inacceptables ».

    Léon XIV a donc demandé aux chrétiens de ne pas craindre les « choses nouvelles », mais les a exhortés à « former des pionniers d’un nouvel humanisme dans le contexte de la révolution numérique », soulignant qu’« il s’agit d’un service rendu à la vérité et à toute l’humanité. Sans cet effort éducatif exigeant, l’adaptation passive aux paradigmes dominants sera prise pour de la compétence, et la perte de liberté pour du progrès. » 

    Ici aussi, la question de l’intelligence artificielle est cruciale. Le pape a souligné que les systèmes d’IA organisent de plus en plus et de manière omniprésente nos environnements mentaux et sociaux, où « l’interaction est optimisée au point de rendre la rencontre réelle superflue ; l’altérité des personnes en chair et en os est neutralisée et les relations sont réduites à des réponses fonctionnelles ».

    Le pape a rappelé le principe de réalité , déclarant : « Lorsque la simulation devient la norme, elle affaiblit la capacité humaine de discernement. De ce fait, nos liens sociaux se replient sur eux-mêmes, formant des circuits autoréférentiels qui ne nous exposent plus à la réalité. Nous en venons ainsi à vivre dans des bulles, imperméables les uns aux autres. »

    La troisième intervention marquante du pape Léon XIV eut lieu lors de sa rencontre, le 21 avril, avec le « Monde de la Culture » à Malabo, sur le campus León XIV de l'Université nationale de Guinée équatoriale. Le pape lança un appel à la Guinée équatoriale qui s'adressait au monde entier : offrir « les fruits de l'intelligence et de la droiture, de la compétence et de la sagesse, de l'excellence et du service. Si des générations d'hommes et de femmes sont profondément marquées en ce lieu par la vérité et capables de faire de leur existence un don pour autrui, alors le ceiba [l'arbre national] restera un symbole éloquent, enraciné dans ce que ce pays a de meilleur, élevé par la sagesse et chargé de fruits qui rendent hommage à la Guinée équatoriale et enrichissent toute l'humanité. »

    Ces trois discours abordent directement les « choses nouvelles » et suggèrent la position du Pape : premièrement, ne pas nier les nouveaux défis ; deuxièmement, aborder les nouveaux défis à partir du principe de réalité ; enfin, et c’est le thème le plus crucial, créer un nouvel humanisme avec Dieu en son centre.

    Le modèle, en définitive, est celui de la Cité de Dieu de saint Augustin , où coexistent les cités terrestre et divine. Mais Léon XIV a démontré qu'il ne se contentait pas de souligner les problèmes, aussi importants soient-ils. Il a appelé chacun à un engagement personnel. C'est probablement là que réside la plus grande référence à la synodalité, présente dès le début de son pontificat et concrétisée lorsque, s'adressant aux journalistes le 7 avril , il a invité les fidèles à exprimer clairement, en écrivant à leurs représentants politiques, leur désir de paix au Moyen-Orient. L'Église fournit des principes, mais non une orientation politique. Il appartient aux catholiques de les mettre en pratique dans leur vie quotidienne.

    Nous ignorons encore le contenu de la prochaine encyclique de Léon XIV. Toutefois, on peut supposer qu'elle ne portera pas uniquement sur la paix ou l'intelligence artificielle. Elle proposera probablement un modèle de vie quotidienne pour les chrétiens engagés dans la société.

  • Flandre : une nouvelle vocation pour 6 églises sur 10; moins de 3 % envisagent encore un avenir exclusivement religieux

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    De Veerle Deblauwe sur VRT News :

    Nouvelle vocation pour 6 églises sur 10, moins de 3 % restent exclusivement religieuses

     
    À Roulers, la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V) a présenté une analyse des projets d'avenir pour les églises. Un cinquième des églises paroissiales flamandes ont été reconverties ces dernières années. Moins de 3 % des églises envisagent encore un avenir exclusivement religieux. Pour six églises sur dix, une reconversion ou une utilisation secondaire est à l'étude.

    25 avril 2026

    La ministre a présenté son analyse samedi matin en l'église Saint-Joseph de Roulers, elle-même un exemple de reconversion. Désacralisée en 2014, l'église abrite désormais un cabinet d'architectes et s'ouvre également à d'autres activités. Par exemple, un Repair Café y est installé ce week-end, où chacun peut faire réparer ses appareils électroménagers défectueux.

    En 2025, toutes les municipalités, les conseils paroissiaux et les diocèses flamands ont été tenus d'élaborer conjointement un plan de politique ecclésiastique. La Plateforme pour l'avenir des paroisses a analysé les 1 527 propositions soumises.

    On compte environ 1 600 églises paroissiales en Flandre, soit en moyenne 5 à 6 par commune, contre 1 786 en 2013. Depuis cette date, 377 églises (21 %) ont déjà connu une transformation significative de leur vocation : 206 ont été reconverties et 171 ont été entièrement désacralisées. Dans 80 % des églises où se déroulent encore des offices, d’autres activités sont désormais proposées.

    Sept églises sont envisagées pour une démolition partielle et deux pour une démolition totale. À Maasmechelen, par exemple, des options de reconversion sont à l'étude pour la démolition complète de l'église « Vaagd der Armenkerk van Mariaheide ». L'église « Heilig Sacramentkerk » de Berchem sera quant à elle entièrement démolie pour laisser place, à partir de 2027, à un nouveau projet de logements sociaux mené par le promoteur immobilier « Woonhaven Antwerpen ».

    La destination secondaire est une destination favorite

    L’analyse des plans de politique ecclésiastique des communes et villes flamandes révèle que les administrations actuelles envisagent de reconvertir ou de réaffecter 6 églises sur 10. « Je ne cache pas ma préférence pour la reconversion. En Flandre, nous constatons un besoin croissant de lieux où les gens peuvent se recueillir », déclare la ministre Crevits.

    Elle attend avec intérêt de voir comment les municipalités concrétiseront leurs projets pour les églises locales dans les années à venir. « Les églises rassemblent les gens, et il est important que cela reste le cas. Une reconversion ou une utilisation alternative ne doit pas rompre avec le passé. »

  • Le discours du pape aux membres du Parti Populaire Européen au Parlement Européen

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV 
    AUX MEMBRES DU PARTI POPULAIRE EUROPÉEN AU PARLEMENT EUROPÉEN

    Salle Clémentine
    Samedi 25 avril 2026

    Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit

    La paix soit avec vous

    Illustres parlementaires,
    Mesdames et Messieurs,

    Je souhaite chaleureusement à tous la bienvenue à cette rencontre, en saluant tout particulier votre Chairman M. Manfred Weber et Mme Mairead McGuinness, envoyée spéciale de l’Union européenne responsable de la promotion de la liberté de religion ou de conviction en dehors de l’Union européenne

    Notre rencontre se place dans la continuité de celles qui ont eu lieu avec mes prédécesseurs saint Jean-Paul II et le Pape Benoît XVI et du message que le Pape François vous a adressé en juin 2023 parce qu’il ne pouvait vous recevoir personnellement en raison d’une hospitalisation. Je suis donc heureux de reprendre ce dialogue avec le Parti populaire Européen, qui tire son inspiration de personnalités comme Adenauer, De Gasperi et Schuman, unanimement reconnus comme les Pères fondateurs de l’Europe contemporaine.

    Comme  Benoît XVI il y a vingt ans, moi aussi «j’apprécie la reconnaissance accordée par votre groupe à l’héritage chrétien de l’Europe, qui offre de précieuses orientations éthiques dans la recherche d’un modèle social» [1]. Le projet européen, issu des cendres de la Seconde Guerre mondiale, naît certainement d’une nécessité pratique — éviter qu’un tel conflit ne se reproduise —, mais il est également empreint d’une perspective idéale, celle de la volonté de donner vie à une collaboration qui mette fin à des siècles de divisions et qui permette aux peuples du continent de redécouvrir le patrimoine humain, culturel et religieux qui les rassemble. Les Pères fondateurs étaient animés par leur foi personnelle et ils considéraient les principes chrétiens comme un facteur commun et unificateur, qui pouvait contribuer à mettre fin à l’esprit revanchard et conflictuel qui avait conduit à la Seconde Guerre mondiale.

    Le  Pape François a inventé une belle et simple expression qui résume cette idée: «l’unité est supérieure au conflit» [2], parce que la recherche de l’unité donne le courage d’aller au-delà de la surface conflictuelle et d’apprécier les autres dans leur dignité la plus profonde [3], ce qui permet de créer quelque chose de nouveau et de constructif, alors que le conflit accentue les divergences, la recherche et l’affirmation du pouvoir, et conduit à la destruction.

    Le principal devoir de toute action politique est d’offrir une perspective idéale, parce que la politique suppose que l’on ait une vaste vision de l’avenir sans craindre, quand c’est nécessaire pour le bien commun, de faire des choix difficiles et même impopulaires. En ce sens elle est la «forme la plus haute de la charité» [4], parce qu’elle peut être entièrement consacrée à la construction du bien commun.

    Toutefois, poursuivre un idéal ne signifie pas glorifier une idéologie. Celle-ci, en effet, est toujours le fruit d’un détournement de la réalité et d’une violence faite à celle-ci. Toute idéologie déforme les idées et soumet l’homme à son projet, humiliant ses véritables aspirations, sa quête de la liberté, du bonheur et du bien-être personnel et social. L’Europe contemporaine naît vraiment de la constatation de l’échec des projets idéologiques qui l’ont détruite et divisée.

    Poursuivre un idéal signifie, pour citer De Gasperi, placer la personne humaine au centre «avec son ferment de fraternité évangélique, avec son culte du droit hérité de l’Antiquité, avec son culte de la beauté qui s’est affiné au cours des siècles, avec sa volonté de vérité et de justice aiguisée par une expérience millénaire» [5].

    Voilà la perspective dans laquelle on peut faire de la politique aujourd’hui et à laquelle on doit ramener l’activité politique. Vous vous appelez Parti Populaire Européen (European People’s Party). Le peuple est le centre de votre engagement et vous ne pouvez pas en faire abstraction. Le peuple n’est pas un sujet passif, destinataire des propositions et des décisions politiques. Il est avant tout appelé à être un sujet actif, co-participant à toute action politique. La présence au milieu des gens et son implication dans le processus politique est le meilleur antidote contre les populismes qui ne recherchent qu’un consensus facile et contre les élitismes qui tendent à agir sans consensus: deux tendances répandues dans le paysage politique actuel. Une politique « populaire » demande du temps, des projets partagés et l’amour de la vérité. 

    L’un des problèmes de la politique dans les années récentes est l’amoindrissement constant de l’harmonie, de la collaboration et de l’implication réciproque entre le peuple et ses représentants. Il faut recréer un tissu de « peuple », un contact personnel entre le citoyen et le député, pour pouvoir répondre efficacement, à la lumière de la perspective idéale, aux problèmes concrets des gens. Pour utiliser une métaphore, on pourrait dire qu’à l’ère du « triomphe digital », l’action politique authentiquement orientée vers le bien commun demande un retour à « l’analogique ».

    C’est peut-être là le vrai antidote à une politique souvent hurlée, faite seulement de slogans, incapable de répondre aux vrais besoins des gens. Pour vaincre une certaine désaffection envers la politique, il faut reconquérir les gens en allant les rencontrer personnellement et en reconstruisant un réseau de rapports sur le territoire, pour que tous puissent sentir intégrés dans une communauté et participer à son destin.

    Quel sens concret cela a-t-il pour ceux qui se rattachent, dans leur action, aux valeurs de la démocratie chrétienne? D’abord redécouvrir et s’approprier l’héritage chrétien dont vous provenez, mais sans oublier «la ligne de démarcation entre le témoignage religieux de nature prophétique — réservé à la communauté ecclésiale — et le témoignage chrétien qui agit au plan des choix politiques concrets» [6]. Être chrétien, en politique, ne signifie pas être confessionnel, mais laisser l’Évangile éclairer les décisions qui devront être prises, même celles qui ne semblent pas susciter un consensus facile. Cela signifie travailler pour que ne disparaisse pas le lien entre loi naturelle et loi positive, entre racines chrétiennes et action politique.

    Être chrétien engagé en politique exige d’avoir une vision réaliste, qui parte des problèmes concrets des personnes, qui se soucie avant tout de favoriser des conditions de travail dignes, propices à l’ingéniosité et à la créativité des individus face à un marché de plus en plus souvent déshumanisant et peu gratifiant; qui permette de vaincre la peur, apparemment très européenne, de fonder une famille et d’avoir des enfants, d’aborder les causes profondes de la migration, en prenant soin de ceux qui souffrent, mais aussi en tenant compte des possibilités réelles d’accueil et d’intégration des migrants dans la société. De même, cela exige d’aborder de manière non idéologique les autres grands défis qui se posent à notre époque, tels que la sauvegarde de la création et l’intelligence artificielle. Cette dernière offre de grandes opportunités mais est en même temps semée d’embûches.

    Être chrétien engagé en politique, c’est miser sur la liberté, non pas une liberté banalisée et réduite à un simple plaisir, mais une liberté ancrée dans la vérité, qui protège la liberté religieuse, de pensée et de conscience en tout lieu et dans toutes les conditions humaines, en évitant alimenter «un “court-circuit” des droits de l’homme» [7], qui finit par laisser place à la force et à l'oppression.

    Je vous laisse ces quelques réflexions, dans l’espoir qu’elles puissent servir de base de réflexion pour votre engagement et, tout en vous adressant mes meilleurs vœux pour votre service au service des peuples européens, je vous accorde volontiers la Bénédiction Apostolique. Merci!

    ________________________________________

    [1] Benoît XVI, Discours aux participants au congrès organisé par le Parti Populaire Européen (30 mars 2006) : AAS 98 (2006), 344.

    [2] François, Exhort. ap.  Evangelii gaudium, 228 : AAS 105 (2013), 1113.

    [3] Cf. ibid.

    [4] Pie XI,  Audience aux dirigeants de la Fédération Universitaire Catholique (18 décembre 1927).

    [5] A. De Gasperi,  Notre patrie, l’Europe.  Discours à la Conférence parlementaire européenne, 21 avril 1954, dans :  Alcide De Gasperi et la politique internationale, Rome 1990, vol. III, 437-440.

    [6] Cf. Marialuisa L. Sergio dans : Alcide De Gasperi,  Journal 1930-1943, Bologne 2018, 24.

    [7]  Discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège (9 janvier 2026).

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    L'Osservatore Romano

  • Le pape Léon XIV fait progresser plusieurs causes de canonisation, notamment celle de 49 martyrs tués « par haine de la foi » en 1936 pendant la guerre civile espagnole

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    De Junno Arocho Esteves sur OSV News complété par Vatican News :

    Le pape Léon XIV fait progresser les causes de canonisation, notamment celle d'une religieuse néerlandaise ayant œuvré dans le Missouri.


    Lors d'une rencontre le 27 avril avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les causes des saints , le pape a signé un décret reconnaissant les vertus héroïques de sœur carmélite Teresia de la Très Sainte Trinité, née Teresa Ysseldijk, décédée d'une maladie un peu plus de six ans après son arrivée aux États-Unis. 

    Née aux Pays-Bas en 1897, elle entra chez les Sœurs Carmélites du Divin Cœur de Jésus à l'âge de 19 ans et prononça ses vœux en 1919. Désireuse de rejoindre ses sœurs missionnaires, la jeune religieuse se rendit la même année aux États-Unis. 

    Cependant, elle tomba malade et on lui diagnostiqua une grave insuffisance rénale. Malgré sa maladie, elle continua de servir dans son couvent de Saint-Charles, dans le Missouri. Selon le site web de sa congrégation, sœur Teresia « souhaitait servir Dieu au sein de l’ordre, en union silencieuse avec Lui ». 

    « Quand le travail lui devint impossible, elle supporta sa douleur en silence, cachée du monde », a déclaré la congrégation. Elle mourut le 10 mars 1926, à l’âge de 28 ans. 

    Le pape approuve d'autres décrets

    Les autres décrets approuvés par le pape Léon reconnaissaient :

    - Le martyre d'Estanislao Ortega García et ses compagnons

    Frère Estanislao Ortega García, premier provincial de la Province espagnole de l’Institut des Frères de l’Instruction chrétienne de Saint-Gabriel, et ses compagnons – 48 confrères ainsi que Manuel Berenguer Clusella, aumônier de la maison provinciale et de formation de Sant Vicenç de Montalt, prêtre du diocèse de Barcelone – seront donc béatifiés en tant que martyrs en Espagne. Tués à différents moments en 1936, ils sont tous victimes de la haine envers la foi catholique. Le contexte de leur témoignage de vie est celui de la persécution religieuse qui a débuté en 1934 et s’est intensifiée entre juillet 1936 et avril 1939, pendant les années de la guerre civile. Parmi les épisodes les plus dramatiques vécus par les religieux, on peut citer l’irruption d’une centaine de miliciens de la FAI (Federación Anarquista Ibérica) dans la maison de "Can Valls" le 7 novembre 1936. Ce jour-là, tous les frères âgés de plus de 18 ans, 44 au total, ainsi que le père aumônier, sont emmenés en prison dans un bus. Les étudiants ayant été conduits dans des centres d’aide sociale, les plus âgés restèrent sous le contrôle d’un comité rouge. Sur les 44 personnes arrêtées, 5 religieux français furent libérés grâce à l’intervention du consulat; les 39 autres et l’aumônier furent assassinés quelques jours plus tard au cimetière de Montcada.

    — L’offrande de vie du missionnaire espagnol Pedro Manuel Salado, membre laïc de l’association « Hogar de Nazaret », décédé en 2012 à Esmeraldas, en Équateur, après s’être effondré suite au sauvetage de sept enfants qui se noyaient en mer. 

    — Les vertus héroïques de Mère Maria Eletta di Gesù, une carmélite déchaussée italienne, née à Terni, en Italie, en 1605 et décédée à Prague, dans ce qui est aujourd'hui la République tchèque, en 1663.

    — Les vertus héroïques de sœur italienne Maria Raffaela De Giovanna, fondatrice de la Congrégation des Sœurs Tertiaires Minimes de Saint François de Paule. Elle est née à Gênes en 1870 et y est décédée en 1933.

  • La réunion du pape Léon XIV en octobre prochain sur le mariage et la famille revêt une importance accrue face à la baisse du taux de natalité en Occident

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    De sur OSV News :

    La réunion du pape Léon XIV en octobre sur le mariage et la famille revêt une importance accrue face à la baisse du taux de natalité en Occident.

    (OSV News) — Alors que la baisse des taux de natalité remodèle l'Occident, une conversation mondiale sur le mariage et la famille devient urgente à l'approche d'une réunion en octobre à Rome convoquée par le pape Léon XIV.

    De nouvelles données mettent en évidence cette tendance : les naissances aux États-Unis ont diminué de 1 % en 2025 pour atteindre environ 3,6 millions, tandis que les taux de fécondité en Europe restent bien en deçà des niveaux de remplacement.

    Le pape Léon XIV a convoqué les présidents des conférences épiscopales du monde entier à Rome pour renouveler et approfondir le débat de l'Église sur le mariage et la famille à la lumière d'« Amoris Laetitia », alors même que dans une grande partie du monde occidental, de moins en moins de gens se marient et ont des enfants – les experts catholiques soulignant qu'il s'agit d'une question urgente à traiter, l'Église, et en particulier les paroisses, ayant un rôle à jouer.

    Les taux de natalité chutent de façon spectaculaire

    Selon le rapport d'avril du Centre national des statistiques de santé, publié dans le cadre des estimations provisoires trimestrielles à publication rapide du Système national des statistiques de l'état civil, le nombre de naissances aux États-Unis en 2025 était d'environ 3,61 millions, soit une baisse de 1 % par rapport à 2024.

    Le taux général de fécondité était de 53,1 naissances pour 1 000 femmes âgées de 15 à 44 ans, ce qui représente également une baisse de 1 % par rapport à 2024.

    Dans l'Union européenne, le nombre de naissances en 2024 a presque doublé par rapport à il y a soixante ans, avec 3,55 millions d'enfants nés dans l'UE en 2024. Le taux brut de natalité, ou le nombre de naissances vivantes pour 1 000 habitants, était de 7,9 en 2024, contre 10,5 en 2000, 12,8 en 1985 et 16,4 en 1970.

    Aux États-Unis, le taux de fécondité total se maintient autour de 1,6 enfant par femme, tandis que dans une grande partie de l'Europe, il est plus proche de 1,3. Les démographes notent qu'outre la diminution de la taille des familles, une part croissante d'adultes n'a aucun enfant.

    Baisse de la fertilité sans explications financières

    Catherine Pakaluk, économiste et professeure à l'Université catholique d'Amérique et directrice générale de l'Institut James Cardinal Gibbons pour l'écologie humaine, a déclaré à OSV News que la compréhension du déclin actuel de la fécondité exige d'aller au-delà des explications financières.

    « Le changement le plus important est peut-être structurel : nous avons discrètement démantelé les contextes dans lesquels ces raisons s’épanouissaient autrefois naturellement », a-t-elle déclaré. « Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, les enfants arrivaient au sein d’un réseau communautaire, familial et d’attentes partagées », a-t-elle ajouté. « Le désir d’enfant n’avait pas besoin d’être justifié individuellement ; il était intrinsèquement lié à la manière dont on vivait. »

    Elle a expliqué que les changements technologiques et culturels avaient modifié ce cadre de référence. « Lorsque la contraception a rompu le lien naturel entre l’union sexuelle et les enfants, elle n’a pas simplement élargi le choix individuel ; elle a révélé une logique utilitariste qui était restée latente jusque-là », a-t-elle déclaré. « Dès lors que les couples doivent planifier l’avenir de leurs enfants plutôt que de s’organiser en fonction d’eux, un système opaque de calcul des coûts s’immisce dans la décision la plus intime qu’une famille puisse avoir à prendre. »

    Dans ce contexte, a-t-elle ajouté, « les enfants peinent à être pris en compte, car leur valeur est future et largement invisible ». Pakaluk a indiqué que l'hésitation face à la parentalité est répandue et ne doit pas être négligée. « Je prends cette hésitation au sérieux ; il ne s'agit pas simplement d'égoïsme ou de confusion », a-t-elle déclaré. « Nombreux sont ceux qui désirent sincèrement des enfants et se trouvent dans l'impossibilité d'y parvenir. »

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  • Qui est Sarah Mullally, "l'évêquesse" reçue aujourd'hui avec les honneurs à Rome ?

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    De Miguel Escrivá sur InfoVaticana :

    Qui est Sarah Mullally, l'évêquesse reçue avec les honneurs à Rome ?

    Qui est Sarah Mullally, l'« évêque » reçue avec les honneurs à Rome ?

    Les images qui nous parviennent de Rome cette semaine sont tout sauf ordinaires. Elles sont un véritable choc visuel. Une femme que l'Église catholique ne reconnaît ni comme prêtre ni comme évêque – car, doctrinalement, elle ne peut la reconnaître comme telle – apparaît dans la basilique Saint-Pierre, vêtue d'une soutane violette, d'une croix pectorale, d'un anneau épiscopal et de tous les signes extérieurs de l'autorité apostolique. Elle est reçue avec les honneurs. Elle bénit les évêques catholiques dans la chapelle Clémentine. Elle bénéficie du traitement dû à un primat. Elle pose dans des cours Renaissance qui, pendant des siècles, ont vu passer les successeurs légitimes des Apôtres. Et demain, lundi, lors d'une audience avec le pape Léon XIV, la scène atteindra son apogée iconographique : deux figures vêtues de la même manière, assises à la même hauteur, conversant d'égal à égal.

    Il convient de s'arrêter un instant pour examiner cette anomalie visuelle avant de passer à autre chose, car c'est là le véritable problème.

    Il ne s'agit pas d'une simple anecdote de procédure. Il s'agit d'une scène de banalisation du sacré. Et les dommages qu'elle cause ne sont ni politiques, ni médiatiques, ni même strictement œcuméniques : ils sont sacramentels et catéchétiques. Lorsque des symboles sacrés sont utilisés comme s'ils étaient équivalents, alors qu'ils ne le sont pas, la capacité de discernement des fidèles est peu à peu anéantie. La soutane, la croix pectorale, la bénédiction donnée à l'assemblée, l'allocution épiscopale, la réception solennelle, les photographies qui feront la une des journaux du monde entier demain : tout communique simultanément une seule et même chose, même si les documents canoniques disent le contraire. Et ce message est dévastateur. Il laisse entendre qu'il n'y a absolument aucune importance à être un évêque valide ou non. Qu'il n'y a absolument aucune importance à défendre la doctrine catholique ou à en nier l'essence. Il ne fait absolument aucune différence de bénir selon la foi professée par l'Église depuis les Apôtres ou de transformer la bénédiction en un geste dépourvu de contenu théologique, équivalent à une salutation cordiale entre dignitaires civils.

    Cet article vise, dans sa première partie, à présenter l'évêque reçue avec tant d'honneurs : sa biographie, ses positions et ses propres paroles. Dans sa seconde partie, il examinera la signification de la photographie de cette semaine pour la gestion du sacré par l'Église.

    Qui est Sarah Mullally ?

    Sarah Elizabeth Bowser est née à Woking, dans le Surrey, en mars 1962. Cadette d'une famille de quatre enfants, elle a fait ses études à la Winston Churchill Comprehensive School et au Woking Sixth Form College. Elle a choisi les soins infirmiers plutôt que la médecine, convaincue, comme elle l'a elle-même déclaré, que cette voie permettait une approche plus globale des soins aux patients. Après une formation d'infirmière au South Bank Polytechnic, elle a suivi des études de théologie au Heythrop College, s'est spécialisée en oncologie à l'hôpital Royal Marsden, puis a gravi les échelons jusqu'à devenir directrice des soins infirmiers à l'hôpital Chelsea and Westminster. En 1999, à l'âge de 37 ans, elle a été nommée infirmière en chef d'Angleterre, le poste le plus élevé du secteur infirmier public britannique : un salaire à six chiffres, un bureau à Whitehall, des rencontres régulières avec le Premier ministre Tony Blair et le statut équivalent à celui d'une haute fonctionnaire.

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  • Le pape, la presse et le présent

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Le pape, la presse et le présent

    De par leur nature même, ces séances de questions-réponses informelles donnent l'impression que les enseignements de l'Église et les paroles du pape lui-même s'apparentent aux commentaires d'un homme politique sur des questions politiques. On pouvait déjà pressentir l'habituel imbroglio rhétorique et moral, par exemple, dans cet échange avec un journaliste allemand :

    J'aimerais savoir comment vous évaluez la décision du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising, qui a autorisé la bénédiction des couples de même sexe dans son diocèse, et, compte tenu des différentes perspectives culturelles et théologiques, notamment en Afrique, comment comptez-vous préserver l'unité de l'Église universelle sur cette question particulière ?

    [Le pape Léon XIV :]  Avant tout, je pense qu’il est essentiel de comprendre que l’unité ou la division de l’Église ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles. On a tendance à croire que lorsque l’Église parle de morale, la seule question morale abordée est la sexualité. Or, je crois qu’en réalité, il existe des questions bien plus importantes, telles que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes et la liberté de religion, qui doivent primer sur cette question particulière. Le Saint-Siège s’est déjà entretenu avec les évêques allemands et a clairement indiqué qu’il n’approuve pas la bénédiction officielle des couples.

    Dire « nous ne sommes pas d’accord » est une réponse timide face à un défi de taille. Il ne s’agit pas d’accord ou de désaccord, mais des enseignements de Jésus et de son Église depuis toujours. Qu’on le veuille ou non, l’éthique sexuelle – qui touche au cœur de la conception chrétienne de la personne humaine (« il les créa homme et femme ») – est une question centrale. Certes, elle n’est pas la seule. Mais tenter de minimiser ce qui s’apparente à une rébellion au sein de l’Église et de céder à l’esprit du monde est une mauvaise stratégie pour préserver l’unité de l’Église. Et elle ne fonctionnera pas face à la vague LGBT mondiale. 

    La seule chose qui puisse changer, c'est une position théologique et doctrinale ferme.

    De plus, s'il est vrai que l'Église enseigne qu'il existe des péchés plus ou moins graves (comme nous le disons souvent ici, voir l'Enfer de Dante pour une image saisissante) – et il s'agit en fait d'un thème augustinien qui a été énoncé plus clairement par d'autres papes récents – est-ce une bonne façon de parler à notre culture d'aujourd'hui ? 

    Que serait-il préférable ? Le pape a un style bien à lui, et il pourrait décider à ce sujet. Mais sur le fond, pour rester un bon augustinien, c’est-à-dire fidèle à la plénitude de la réalité catholique, il faudrait que sa position soit plutôt la suivante :

    Tous les péchés mortels sont graves. En effet, tous les péchés, même véniels, nous éloignent de Dieu, de nos semblables et de notre véritable nature. L'être humain a été créé par Dieu de telle sorte que – depuis Caïn et Abel – la manière la plus manifeste de nous détourner de l'ordre et de l'être divins est de nous nuire physiquement, jusqu'à tuer.

    Ce serait l'ouverture la plus rudimentaire et au moins fondée sur des principes bibliques.

    Mais cela ne pouvait pas s'arrêter là. Il fallait établir certaines distinctions qui ont toujours existé au sein de l'Église. Quelque chose comme ceci :

    Les péchés sexuels sont les plus faciles à comprendre, car ils ressemblent étrangement à l'amour que Dieu a placé en nous pour aimer notre prochain, et surtout Dieu lui-même. Ils comptent aussi parmi les péchés les plus répandus, comme nous le constatons partout autour de nous, raison pour laquelle l'Église n'a cessé de nous mettre en garde contre eux. Rares sont ceux qui commettront des agressions physiques ou des meurtres, et encore moins ceux qui seront en mesure de déclencher des guerres ou de perpétrer des injustices sociales. Ainsi, même si nous reconnaissons la gravité de tels actes, pour la plupart d'entre nous, il s'agit de tentations lointaines (presque entièrement théoriques), qui ne font guère partie de la vie quotidienne. 

    Quand l'Église se présente comme étant principalement préoccupée par les grands enjeux publics , déjà bien présents dans la culture séculière, faut-il s'étonner que les gens ne remplissent pas les bancs de l'église le dimanche ?

    Et puisqu'il s'agit d'évaluer la gravité relative des péchés, n'oublions pas une réalité incontournable de notre époque : chaque année, 60 millions d'enfants meurent suite à un avortement volontaire. Les « péchés sexuels » ont eux aussi des conséquences meurtrières, bien plus graves que les prétendus « problèmes bien plus importants » évoqués par le pape Léon XIV. 

    Outre les familles et les mariages brisés, les enfants sans père et le chaos social engendré par la révolution sexuelle, l'Église prétend croire que l'avortement est un homicide involontaire – une violence masquée par les discours sur les « droits reproductifs » et la « santé reproductive ». Les chiffres, à eux seuls, ne disent jamais tout. Mais si autant d'êtres humains (près d'un million par an rien qu'aux États-Unis) mouraient chaque année à cause des guerres, de la pauvreté, du changement climatique et de l'oppression politique (ce qui, même combiné, n'est manifestement pas le cas), le monde serait en émoi.

    La Première Guerre mondiale, qui a duré quatre ans et que beaucoup considèrent comme le point de départ de la destruction de notre civilisation occidentale, a causé la mort d'environ 20 millions de personnes. La Seconde Guerre mondiale, en six ans, a ajouté peut-être 75 à 80 millions de victimes. Ainsi, en se basant uniquement sur les chiffres, deux des plus grands cataclysmes des temps modernes ont produit, en une décennie, un nombre de morts inférieur à celui de deux années de politiques d'avortement à l'échelle mondiale. 

    Et nous commençons à peine à constater comment le manque de respect pour la vie dès le départ a des répercussions sur sa fin. L'aide médicale à mourir (AMM, comme l'appellent les Canadiens avec humour) est encore récente, mais elle représente déjà un décès sur vingt au Canada.

    Soyons clairs : le pape Léon XIV s’est exprimé sur l’avortement, l’euthanasie, la persécution des chrétiens et d’autres « questions » catholiques, tout comme le pape François. Mais observe-t-on au sein de l’Église le même sentiment d’urgence à leur sujet que sur d’autres questions ?

    Le pape et l'Église ont raison – contrairement à ce qu'affirment les politiciens américains de droite comme de gauche – de s'exprimer sur l'immigration, la fraternité, la guerre, la sauvegarde de la création et bien d'autres sujets. Mais il nous faut aussi du courage et de la franchise pour nommer les plus grandes menaces qui pèsent sur l'humanité et l'offense la plus répandue contre Dieu à notre époque.