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Actualité

  • Pourquoi les laïcs ne sont pas autorisés à prononcer l'homélie

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    L’Église catholique n’autorise pas les laïcs à prononcer l’homélie lors de la messe parce que celle-ci est intrinsèquement liée au ministère ordonné (sacrement de l’Ordre). Ce n’est pas une simple règle disciplinaire modifiable localement, mais une norme qui découle de la nature même de la liturgie. L’homélie n’est pas un simple discours motivant ; elle participe à l’action liturgique du Christ par son ministre ordonné. Autoriser les laïcs risquerait de relativiser le sacerdoce ministériel.

    Les bases juridiques et théologiques

    • Code de droit canonique (canon 767 §1) : « Parmi les formes de prédication, l’homélie, qui fait partie de la liturgie elle-même, est réservée au prêtre ou au diacre. » Elle explique les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne à partir des textes sacrés.
    • Instruction générale du Missel romain (n° 66) et documents comme Redemptionis Sacramentum : L’homélie doit être donnée par le prêtre célébrant, ou exceptionnellement par un concélébrant ou un diacre, jamais par un laïc. Même les assistants pastoraux, catéchistes ou personnes hautement formées en sont exclus.

    Cette règle a été rappelée fermement en juin 2026 par le Dicastère pour le Culte divin, qui a rejeté une demande des évêques allemands souhaitant une dérogation exceptionnelle. Le Vatican a insisté sur le fait que l’homélie n’est pas une simple intervention ou un commentaire biblique, mais un acte liturgique lié à la proclamation de l’Évangile et à l’unité entre Parole et Sacrement dans l’Eucharistie.

    Pourquoi cette réserve au ministère ordonné ?

    1. Dimension sacramentelle : Le prêtre ou le diacre agit in persona Christi (au nom du Christ Tête) pendant la liturgie. L’homélie prolonge la proclamation de la Parole de Dieu de manière sacramentelle et pastorale. Les laïcs ont le sacerdoce commun des baptisés, mais pas le sacerdoce ministériel.
    2. Unité de la célébration : L’homélie fait partie intégrante de la Liturgie de la Parole et prépare à la Liturgie eucharistique. Elle n’est pas interchangeable avec d’autres formes de prédication.
    3. Tradition et théologie : Cela reflète la distinction entre le ministère ordonné (enseigner, sanctifier, gouverner de manière spécifique) et l’apostolat des laïcs, qui est surtout tourné vers le monde (évangélisation, témoignage dans la vie quotidienne, etc.).

    Ce que les laïcs peuvent faire

    Les laïcs peuvent prêcher dans d’autres contextes (canon 766) : réunions, retraites, célébrations de la Parole sans messe, etc., si nécessaire ou utile, selon les normes de la conférence épiscopale. Ils peuvent aussi :

    • Proclamer les lectures (sauf l’Évangile).
    • Animer des groupes de prière, catéchèse, formations.
    • Témoigner et évangéliser dans le monde.

    L’Église valorise fortement la contribution des laïcs, mais maintient cette distinction pour préserver le sens de la liturgie.

    En résumé, ce n’est pas un manque de confiance envers les laïcs (beaucoup sont théologiquement compétents), mais une question de nature sacramentelle et liturgique de l’homélie. Cette position a été réaffirmée récemment et s’applique à toute l’Église.

  • Pourquoi la Révolution américaine a apporté la liberté — et la Révolution française, la terreur

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    Pourquoi la Révolution américaine a apporté la liberté — et la Révolution française, la terreur

    COMMENTAIRE : L’expérience de Lafayette et d’autres vétérans de la guerre d’indépendance américaine explique pourquoi beaucoup en sont venus à considérer la Révolution française comme l’antithèse de la liberté qu’ils avaient défendue de l’autre côté de l’Atlantique.

    « Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération », Inconnu, ca. 1790-91, Musée Carvavalet, Paris
    « Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération », Inconnu, ca. 1790-91, Musée Carvavalet, Paris (photo : Domaine Public)

    « L’humanité a obtenu gain de cause. La liberté ne sera plus jamais sans asile. »

    Lorsque le marquis de Lafayette écrivit ces mots en 1781, peu après la victoire de l'armée continentale à Yorktown, il pensait avoir assisté à un événement que le reste du monde imiterait : un peuple se libérant de la tyrannie pour se gouverner comme il l'avait toujours souhaité.

    En moins de dix ans, ce Français serait contraint à l'exil de sa patrie, qui se déchirait au nom des idéaux mêmes que son exemple avait contribué à inspirer, et passerait des années dans une prison autrichienne.

    Le 250e anniversaire de l'indépendance américaine est l'occasion de célébrer la longue amitié franco-américaine. Mais c'est aussi l'opportunité d'aborder une question absente des commémorations officielles : les révolutions américaine et française étaient-elles véritablement des événements de même nature, séparés seulement par le temps et l'espace ?

    Ceux qui ont vécu ces deux événements connaissaient la réponse. Nombre d'officiers français envoyés par le roi Louis XVI outre-Atlantique combattre aux côtés des insurgés coloniaux se retrouvèrent de l'autre côté des barricades lorsque la révolution éclata dans leur propre pays (1789-1799) : traqués, emprisonnés et exécutés par un régime qui se proclamait l'héritier légitime de la liberté pour laquelle ils avaient combattu en Amérique.

    Révolutions politiques contre révolutions idéologiques

    « Comparer les deux révolutions est une erreur », a déclaré au Register l’historien Reynald Sécher, l’un des plus éminents spécialistes français des mouvements contre-révolutionnaires et auteur de *Le génocide français : la Vendée* . « La Révolution américaine avait pour seul but de s’affranchir de la tutelle du roi d’Angleterre, une tutelle qui s’exprimait presque exclusivement par le biais d’obligations fiscales. Fondamentalement, les insurgés ne remettaient pas en cause la nature même de la société. »

    La France, c'était une toute autre histoire, a déclaré Sécher.

    « Les révolutionnaires avaient un programme précis », expliqua-t-il, « qui consistait à détruire la monarchie de droit divin et la société traditionnelle et ordonnée, pour les remplacer par un monde nouveau, un ordre nouveau, un homme nouveau. »

    Il soutenait, en outre, que la Révolution américaine était de nature politique – visant à rompre avec une couronne lointaine qui avait abusé de ses droits – tandis que la Révolution française était purement idéologique. Selon Sécher, il s'agissait d'un projet de transformation fondamentale qui s'attaquait à tout ce qui échappait à son contrôle, y compris la foi du peuple.

    La Constitution civile du clergé, la persécution systématique des prêtres résistants et la déchristianisation forcée de régions entières n'étaient pas de simples excès de ce mouvement, insistait Sécher, mais son corollaire naturel. Cette campagne contre la foi catholique a également abouti à l'exécution publique des seize carmélites de Compiègne pendant la Terreur, en 1794, pour avoir refusé d'abjurer leur vocation religieuse.

    Le roi Louis XVI était entré en guerre aux États-Unis pour des raisons bien moins philosophiques que stratégiques ; la guerre de Sept Ans (1756-1763) avait coûté à la France son premier empire colonial, et soutenir les insurgés était une façon de régler ses comptes avec l'Angleterre.

    Mais ce que les officiers envoyés outre-Atlantique découvrirent les marqua profondément. Ils rencontrèrent une société qui aspirait à l'autonomie sans pour autant bouleverser le monde dans lequel elle s'inscrivait. Les églises restaient actives et les institutions locales conservaient leur dynamisme, jouant même un rôle clé dans le processus d'indépendance. C'est cette expérience d'une liberté ordonnée et profondément enracinée que ces hommes rapportèrent chez eux. Et c'est précisément ce qui leur permit, le moment venu, de reconnaître l'inverse.

    Les hommes qui connaissaient la différence

    La France s'allia officiellement aux insurgés américains en 1778. Parmi les officiers déployés aux côtés des Américains figuraient plusieurs hommes qui allaient devenir par la suite des figures de proue de la résistance armée contre la Révolution française. « En réalité », notait Sécher, « la majorité des officiers de la Marine royale française rejetaient la révolution dans leur propre pays, ce qui entraîna des démissions massives et de nombreux exils. »

    L'un des exemples les plus révélateurs de ce paradoxe est sans doute celui d'Armand Tuffin de La Rouërie. Noble et ami personnel du général George Washington, il s'illustra en combattant en Amérique, se forgeant une réputation de commandant courageux.

    « Parlementaire et héritier d’une famille illustre, cet homme était un rebelle qui s’était soulevé contre son propre monde – le monde de la tradition – au nom de la liberté individuelle et collective », explique Sécher. « C’est avec cette logique qu’il s’est enrôlé aux côtés des insurgés américains. »

    Pourtant, dès qu'il a remis le pied sur sa terre natale, une amère réalité s'est imposée à lui.

    « Il comprit immédiatement que la nature de la révolution en cours était contraire au droit naturel — et que le seul véritable garant et protecteur de ce droit naturel était le roi, la monarchie de droit divin. »

    Il organisa la résistance dans sa province natale de Bretagne et fonda un mouvement contre-révolutionnaire qui allait devenir la Chouannerie .

    François-Athanase de Charette de la Contrie, autre vétéran des campagnes américaines, allait devenir la figure emblématique de la contre-révolution vendéenne. En 1793, cet officier de marine français fut sollicité par des paysans vendéens pour mener leur soulèvement contre une république qui fermait leurs églises et enrôlait de force leurs fils. L'armée qu'il commandait se nommait l'Armée catholique et royale.

    « Il ne s’est pas battu pour la monarchie par nostalgie », a insisté Sécher, « mais parce qu’elle lui semblait le régime le mieux à même de défendre les droits naturels énoncés par le Christ, saint Thomas d’Aquin et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est ce paradoxe que ses contemporains peinent à saisir. »

    Au traité de La Jaunaye en 1795, les conditions qu'il obtint pour les Vendéens étaient sans équivoque : la liberté de culte et l'exemption de la conscription – la défense des droits locaux et des libertés individuelles face à une révolution qui, selon son expérience, était synonyme de déchristianisation, de centralisation autoritaire et de conscription imposée de force aux campagnes. Il fut capturé et exécuté par les autorités républicaines en 1796.

    Cette histoire reste gravée dans la mémoire collective d'une partie du pays. Au Puy-du-Fou, le célèbre parc historique vendéen où l'épopée de Charette est reconstituée chaque année devant des centaines de milliers de visiteurs, Nicolas de Villiers — dont le père, Philippe, fondateur du parc, se considère comme un héritier des combattants blancs de Vendée — conserve sur le mur de son bureau un certificat attestant que sa famille compte parmi les « Fils de la Révolution américaine ». Ce paradoxe, semble-t-il, n'a jamais nécessité d'explication.

    Le verdict de Burke

    Aucun contemporain n'a saisi plus clairement les enjeux qu'Edmund Burke, l'un des plus grands esprits de son temps, dès 1790. L'homme d'État et philosophe irlandais, qui avait défendu avec passion les colons américains au Parlement britannique — tout en s'opposant à leur indépendance totale —, était consterné par ce qu'il voyait se dérouler en France, considérant la révolution comme la fin de la chevalerie et l'extinction de la gloire de l'Europe.

    Comme il l'écrivait dans sa brochure « Réflexions sur la Révolution de France », les révolutionnaires, contrairement aux Américains, mettaient en péril leur postérité en ne préservant pas l'héritage de leurs ancêtres. Burke exprimait avec force et clarté ce que des figures telles que La Rouërie et Charette avaient déjà compris par l'expérience du terrain.

    « Tu as mal commencé », écrivait-il, « parce que tu as commencé par mépriser tout ce qui t’appartenait. Tu as établi ton commerce sans capital. »

    Pour Burke, la liberté détachée de toute contrainte morale devenait inévitablement destructrice : « Il est inscrit dans la constitution éternelle des choses que les hommes à l’esprit intempérant ne peuvent être libres. Leurs passions forgent leurs chaînes. »

    Ces réflexions restent tout aussi pertinentes 250 ans plus tard.

    Ce qui distinguait la Révolution américaine de la Révolution française, c'était avant tout une conception de la liberté que les sociétés occidentales sont aujourd'hui contraintes de reconsidérer : l'idée que la liberté sans racines, sans héritage et sans ordre moral n'est qu'un prélude à la tyrannie.

  • Cardinal Müller : « Il faut laisser coexister l’ancien et le nouveau rite. »

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    De kath.net/news

    « Il faut laisser coexister l’ancien et le nouveau rite. Interdire le latin ? Cela fait le jeu des rebelles »

    3 juillet 2026

    Le cardinal Gerhard Müller : « Traditionis Custodes n’a pas eu d’effet positif… Certes, il ne peut y avoir de compromis sur les dogmes, mais dans la pastorale pratique, une certaine tolérance est tout à fait possible. »

    Vatican (kath.net/pl) « Les mesures restrictives ont en fait servi de propagande aux partisans de Lefebvre, qui ont pu s’en servir pour diffuser leurs arguments. » C’est ce qu’explique le cardinal émérite de la Curie Gerhard Ludwig Müller dans un entretien avec Nico Spuntoni publié dans le journal italien « Il Giornale ». Les mesures restrictives devraient être levées « notamment parce que », selon Müller, « les partisans de Lefebvre peuvent faire de ces interdictions un symbole de résistance contre Rome ». Spuntoni décrit le préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi comme l’un « des plus éminents théologiens vivants » et comme « un membre très respecté du Collège cardinalice ». L’interview publiée dans « Il Giornale » est intitulée : « Laissez coexister les anciens et les nouveaux rites. Interdire le latin ? « Cela fait le jeu des rebelles ». Müller plaide pour que l’on mette fin à l’ère des restrictions imposées à la messe tridentine – qui a débuté en 2021 avec la publication de *Traditionis Custodes* – et que l’on revienne à la libéralisation de l’ancienne liturgie, dans l’esprit même de Ratzinger.

    Selon l’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, « Traditionis Custodes n’a pas eu d’effet positif. Exiger une obéissance aveugle par des méthodes autoritaires ne correspond pas à notre style – ce n’est pas la voie chrétienne. Certes, il ne peut y avoir de compromis sur les dogmes, mais dans la pastorale pratique, il peut tout à fait y avoir une certaine tolérance. »

    Benoît XVI aurait « trouvé une bonne solution avec Summorum Pontificum, en reconnaissant pleinement l’ancien rite », ce qui aurait apporté une grande paix au sein de l’Église. Une fois de plus, le cardinal rappelle « que l’Église dispose de différents rites, qui prennent également des formes variées. On ne peut pas simplement interdire le rite dans sa forme traditionnelle. »

    Depuis *Traditionis Custodes*, « l’attitude autoritaire de nombreux évêques, qui ne pensaient qu’à imposer des interdictions », n’a certainement pas aidé, explique Müller ; cela ne correspond pas non plus « au style d’un bon berger. Je pense qu’un peu d’autocritique s’impose ici. L’affirmation selon laquelle quiconque préfère le rite traditionnel rejette le Concile Vatican II est fausse. Selon la même logique, on pourrait dire que tous ceux qui préfèrent le Novus Ordo n’acceptent pas pour autant le Concile : il suffit de penser à la situation en Allemagne, où certains évêques aiment certes se référer au Concile, mais en rejettent systématiquement l’enseignement. »

    Spuntoni a demandé comment il fallait répondre à ceux qui estiment que la soi-disant messe en latin nuit à l’unité ? Le cardinal Müller a répondu : « Comment pourrait-elle nuire, alors que les saints et les Pères de l’Église la célébraient sous cette forme ? Et le Concile Vatican II n’a jamais déclaré que la forme célébrée jusqu’alors était erronée ! Si l’on compare les deux formes, on constate d’un seul coup d’œil qu’il s’agit du même rite, qui ne diffère que par de très légères nuances. »

    Le préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a ajouté dans une interview accordée à « Il Giornale » : « Je célèbre la liturgie selon la nouvelle forme, mais je n’ai eu aucune hésitation à accepter des invitations pour célébrer pour ces groupes et associations qui sont pleinement fidèles à l’Église. Il y a quelques années, j’ai célébré la messe de clôture du pèlerinage traditionnel à Chartres devant 22 000 jeunes. Comment pourrions-nous leur dire de rester chez eux s’ils préfèrent la messe selon la forme traditionnelle ? »

    Interrogé sur la question, Mgr Müller apporte des précisions sur les idées fausses : « Il existe déjà au sein de l’Église des associations et des groupes qui célèbrent légitimement la forme traditionnelle tout en reconnaissant pleinement le Concile – en union avec le pape et le collège épiscopal. En effet, je dirais que l’autorisation sans réserve de cette forme liturgique et la promotion de l’acceptation du Concile offrent une solution à ceux qui – après la désobéissance liée aux ordinations de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X – souhaitent revenir à la pleine unité avec le pape, qui est le principe permanent de l’unité et le fondement de l’Église. »

  • Le Cardinal Tagle préside la première liturgie de béatification sur le sol vietnamien

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    De Marie-Lucile Kubacki sur le site de l'Agence Fides :

    « Si vous choisissez Jésus, vous serez bienheureux ». Le Cardinal Tagle préside la première liturgie de béatification sur le sol vietnamien

    2 juillet 2026    
     

    photo Giáo dục & Thời đại

    Tac Say (Agence Fides) – Des dizaines de milliers de fidèles se sont rassemblés le 2 juillet 2026 au Centre de pèlerinage de Tac Say, dans la province de Ca Mau, diocèse de Can Tho, pour la messe de béatification du père François Xavier Truong Buu Diep, présidée par le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’Évangélisation et envoyé pontifical au nom du Pape Léon XIV. Le quotidien vietnamien Giáo dục & Thời đại (Éducation & Temps), organe officiel du ministère de l’Éducation et de la Formation, a consacré un vaste reportage à cette célébration, devenant ainsi l’un des premiers médias nationaux à couvrir l’événement de manière détaillée.

    Selon le journal, des pèlerins venus de tout le Vietnam et de l’étranger sont arrivés à Tac Say tout au long de la nuit ; certains ont dormi sous les abris des stations-service faute de logement, d’autres ont bravé les difficultés liées à leur âge avancé afin de « voir de leurs propres yeux » une béatification célébrée pour la première fois sur le sol vietnamien. La même source souligne que cet événement, préparé avec le soutien des autorités locales et grâce à une forte mobilisation pastorale, a été vécu comme «une grande joie pour l’Église catholique au Vietnam et une bénédiction pour tous», dans la continuité de la mémoire populaire du père Truong Buu Diep, prêtre proche des pauvres qui a donné sa vie pour protéger son troupeau.

    Au début de son homélie, le Cardinal Tagle a décrit le nouveau bienheureux comme « une bénédiction de Dieu pour toute l’Église et pour l’humanité », soulignant que « grâce à lui, l’Église au Vietnam est elle aussi bénie ». Se référant aux Béatitudes, il a posé une question que, selon lui, de nombreux chrétiens peuvent porter dans leur cœur : « Comment un martyr comme le père François Xavier Truong Buu Diep, qui a été brutalement maltraité et tué, peut-il être considéré comme “bienheureux” ? N’est-il pas plus logique d’appeler un martyr “misérable” et “malheureux” plutôt que bienheureux ? ». Pour y répondre, il est revenu sur les paroles de Jésus dans Matthieu 5 : « Heureux ceux qui font œuvre de paix… Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice… Heureux êtes-vous lorsqu’on vous insultera et qu’on vous persécutera… », et il a conclu : « Ceux qui sont persécutés à cause de la justice et du nom de Jésus sont heureux car, bien qu’ils soient rejetés par le monde, ils seront récompensés dans le Royaume de Dieu. La persécution à cause de Jésus est la clé du bonheur. »
    À ce propos, le Cardinal a souligné que la persécution ne devient une béatitude que si elle découle de l’appartenance au Christ : « Une personne ne peut accepter la persécution au nom de Jésus que si elle appartient à Jésus, et non au monde, si elle aime Jésus plus que le monde. » À la lumière de l’Évangile de Jean proclamé lors de la liturgie, il a rappelé que Jésus « nous a choisis parce que nous lui appartenons et non au mal, parce que nous gardons sa parole et non les mensonges répandus par le monde, et parce que nous sommes unis à lui même lorsque c’est dangereux et pas seulement lorsque cela nous arrange ». Un véritable disciple, a-t-il dit, « aime profondément Jésus, reste avec Lui et participe à sa persécution ». Ainsi, le bienheureux François Xavier Truong Buu Diep apparaît comme « celui qui invite chacun de nous à répondre à l’appel de Jésus, à choisir Jésus, à s’accrocher aux paroles de Jésus et à proclamer le nom de Jésus dans la vie quotidienne ». Le cardinal a ensuite traduit cet appel en questions concrètes pour les croyants d’aujourd’hui : « Que choisirons-nous : devenir riches par la corruption ou rester pauvres mais honnêtes ? Accumuler des biens dont nous n’avons pas besoin ou les partager avec les pauvres et les nécessiteux ? Rechercher notre propre sécurité et notre confort ou embrasser la souffrance des autres ? Si vous choisissez Jésus, vous serez bienheureux. Bienheureux êtes-vous, à l’instar du bienheureux François Xavier Truong Buu Diep ».

    Dans la deuxième partie de son homélie, il a clarifié la notion de martyre en rappelant sa signification authentiquement chrétienne, loin de toute fascination pour la souffrance ou d’une forme d’héroïsme mondain, et ancrée au contraire dans le témoignage rendu au Christ. « Nous associons souvent le martyre à la souffrance et à la mort », a-t-il fait remarquer, « mais tout comme la béatitude pour la justice et pour le nom de Jésus, le martyre (marturia) signifie rendre témoignage à Jésus ». Le martyr, a-t-il expliqué, « proclame la vérité sur Jésus à travers ses paroles, ses actes et ses relations », et sa disposition à mourir « pour la vérité de Jésus confère une plus grande crédibilité à son témoignage ». Cela fait du martyr « un missionnaire par excellence ». Se référant à la deuxième lecture tirée de la Première lettre de Pierre — « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect » —, il a présenté le martyr comme un témoin doux, joyeux et courageux qui « maintient allumée la lumière de Jésus même lorsque ceux qui rejettent Jésus tentent de l’éteindre ».

    Le bienheureux François Xavier Truong Buu Diep, a-t-il ajouté, « n’a jamais hésité à manifester la charité et la justice de Jésus envers les pauvres, l’amour de Jésus qui embrasse tout le monde, même les non-chrétiens, et la fidélité de Jésus, le Bon Pasteur, qui ne laisse pas son troupeau seul face aux loups, aux voleurs et aux pillards ».
    Appliquée au contexte actuel, cette conception du martyre devient un discernement entre vérité et mensonge, simplicité et mode, humilité et orgueil. « Le bienheureux François Xavier nous invite tous à ne pas renier Jésus, mais à être des témoins ou des martyrs de sa vérité », a déclaré le Cardinal Tagle. « Je vous pose donc la question : que choisirons-nous ? Diffuser des fausses informations ou l’enseignement de Jésus ? Nous comporter et nous habiller selon la dernière mode ou selon la charité et la simplicité de Jésus ? Être fiers de nos succès mondains ou être fiers de Jésus ? ». Un véritable martyr, a-t-il insisté, « aide un monde désorienté à découvrir la vérité de Jésus. Le monde a besoin de véritables martyrs et de porteurs de vérité. N’allons pas grossir les rangs déjà grandissants des messagers du mensonge, de la haine, de la division et de la violence ».

    Enfin, la troisième réflexion du Cardinal a mis en lumière l’espérance comme force intérieure qui soutient les martyrs dans leur union avec le Christ. Citant à nouveau la Première épître de Pierre, le Cardinal Tagle a rappelé aux fidèles que Jésus « a été mis à mort dans la chair, mais rendu vivant dans l’Esprit » et que sa mission « ne s’est pas achevée avec la souffrance et la mort, mais avec sa résurrection et sa glorification ». « Jésus est vraiment ressuscité », a-t-il proclamé. « Jésus règne désormais dans le Royaume de Dieu. Jésus, assis à la droite du Père, intercède pour nous. La foi dans le Seigneur ressuscité donne de l’espérance aux disciples et aux martyrs ». Il a évoqué le malfaiteur repentant qui supplia Jésus : « Souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton royaume », recevant la promesse : « Aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis », tout comme saint Étienne qui, alors qu’il était lapidé, vit « les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ». « Le monde peut nous oublier », a déclaré le Cardinal, « mais Jésus ressuscité se souviendra de nous pour toujours dans son Royaume, dès aujourd’hui ».

    Dans cette perspective, le Pro-Préfet du Dicastère missionnaire a évoqué la grâce intérieure qui a sans doute soutenu le nouveau bienheureux : « Nous pouvons affirmer avec certitude que le bienheureux François Xavier a dû avoir une vision de Jésus, son Roi éternel, qui le voyait, se souvenait de lui et l’accueillait ». L’espérance en Christ rend les martyrs fermes mais doux face à leurs persécuteurs. Une fois encore, le Cardinal a invité les fidèles à faire des choix concrets : « Que choisirons-nous : mettre notre confiance dans les richesses terrestres ou dans les richesses éternelles du Royaume de Jésus ? Nous en remettre à la renommée, au nombre d’abonnés et aux « likes » sur les réseaux sociaux, ou à la promesse de Jésus d’être avec nous ? Compter sur les armes de la guerre ou sur le don de la paix de Jésus ? ». Revenant en conclusion sur les Béatitudes — « Heureux ceux qui font œuvre de paix… Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice » —, le Cardinal Tagle a confié l’Église à la Bienheureuse Vierge Marie, « Mère de la paix », et a invoqué le bienheureux François Xavier Truong Buu Diep comme un homme dont la vie de charité, de proximité avec les pauvres et de courage pastoral a culminé dans un martyre vécu non pas en quête de gloire, mais dans la fidélité au Christ et dans la protection de son troupeau. Pour l’Église au Vietnam et pour l’Église universelle, a-t-il suggéré, le nouveau Bienheureux offre une image du martyre qui n’est pas mondaine : non pas le culte de l’héroïsme individuel, mais un témoignage humble et crédible du Christ, enraciné dans l’amour, la vérité et l’espérance. C’est pourquoi la figure du bienheureux François Xavier Truong Buu Diep apparaît comme un maître silencieux mais exigeant pour les missionnaires et les disciples d’aujourd’hui, au Vietnam et dans le monde entier. (Agence Fides 2/7/2026)

  • IVG sous contrainte: le malaise de la Commission européenne et des socialistes

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    Du site de l'ECLJ :

    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Le Planning familial porte bien mal son nom. 

    Charlène, comme tant d'autres femmes en a fait les frais: 

    elle est tombée enceinte sans le vouloir;

    elle voulait garder son bébé;

    son compagnon s'y opposait;

    alors elle est allée chercher de l'aide et du soutien au Planning familial.

    Le Planning familial ne lui a proposé que l'avortement

    Ils ne sont pas "pro-choix", ils sont pro-avortement et c'est tout. Cette association internationale financée par des milliardaires et les États occidentaux a un objectif principal: faire avorter un maximum de femmes. 

    Vous pouvez écouter plus en détails l'histoire de Charlène dans cette nouvelle vidéo que nous venons de publier, et surtout voir les réactions des députés du Parlement européen.

    C'est votre soutien, par vos contributions et à travers nos pétitions, qui a donné courage à Charlène et qui nous a permis de l'accompagner dans une procédure institutionnelle officielle. Aidez-nous, s'il vous plaît, à poursuivre notre action en faisant un don. Nous avons besoin de vous, merci.

    Le Parlement européen a été saisi, la Commission européenne est obligée de se prononcer sur cette réalité ainsi que tous les groupes parlementaires européens.

    Audience de Charlène au Parlement européen

    Leurs réactions sont instructives et encourageantes:

    La Commission européenne et le groupe "Socialistes et Démocrates" s'enferment dans l'aveuglement. Face à une femme qui est allée voir le Planning familial et qui a été contrainte d'avorter par son petit-copain, ils continuent de prêcher la "liberté d'avorter". Ils étaient cependant bien gênés de devoir dire cela à Charlène. La socialiste est vite partie après sa déclaration et les autres groupes du centre et de la gauche n'ont pas pris la parole.

    À droite, le soutien est général. Tous les groupes étaient présents et ont félicité Charlène pour son courage, ont pris acte de la réalité qu'elle décrit et comptent faire des propositions pour donner des alternatives aux femmes enceintes.

    Nous nous réjouissons particulièrement de l'appui du Parti populaire européen, par la voix du député maltais Peter Agius. Ce soutien du groupe le plus important du Parlement européen permet à la pétition de "rester ouverte", c'est-à-dire que le Parlement va continuer de l'étudier et de réfléchir aux réponses à apporter à ce problème.

    Cela signifie que toute personne peut se joindre à Charlène pour appuyer sa pétition, en se connectant au site du Parlement et en cliquant sur le bouton bleu pour soutenir la pétition:

    Lire et soutenir la pétition de Charlène

    Nous vous encourageons chaudement à le faire pour donner plus de visibilité à cette pétition officielle, cela va soutenir les députés et les encourager à agir.

    En 2024, rien qu'en France, il y a eu 251 270 avortements et ce nombre ne cesse d'augmenter. Parmi ces femmes, des milliers n'ont pas avorté par envie, mais par dépit. Il faut venir en aide aux femmes qui seront confrontées aux pressions de leur partenaire et du Planning familial.

    Vous pouvez également partager cette vidéo et pétition sur les réseaux sociaux:

    ­­­­­Audience de Charlène au Parlement européen

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  • Pourquoi nous ne suivons pas la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X

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    Nous sommes sensibles aux arguments des lefebvristes sur les dérives de l'Eglise depuis Vatican II mais nous refusons de suivre la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X dans la voie du schisme formel consécutif à des ordinations épiscopales sans mandat du pape.

    Notre position est nuancée. Elle est assez répandue parmi les catholiques attachés à la Tradition : reconnaissance des problèmes réels post-conciliaires (liturgie, catéchèse, œcuménisme, moralité, crise des vocations, etc.) sans franchir le pas du rejet formel de l’autorité pontificale ou de l’appartenance visible à l’Église.

    Contexte historique bref et factuel

    • Vatican II et ses suites : Les critiques « lefebvristes » portent souvent sur Sacrosanctum Concilium (application souvent contestée), les nouveaux rites (missel de Paul VI), la collégialité, la déclaration sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae), et l’œcuménisme (Unitatis Redintegratio). Beaucoup de ces points ont été débattus théologiquement par des auteurs comme Mgr Lefebvre, le P. Calmel, Romano Amerio (Iota Unum), ou plus récemment des voix comme celles du cardinal Sarah, Mgr Schneider, ou des théologiens critiques modérés.
    • 1988 : Les ordinations épiscopales sans mandat papal ont entraîné une excommunication latae sententiae (levée en 2009 par Benoît XVI pour les évêques concernés). Du point de vue de Rome, la FSSPX se trouvait dans une situation canoniquement irrégulière : ni schismatique formelle au sens plein pour beaucoup de canonistes, ni pleinement régulière. Les sacrements qu’elle administrait étaient considérés valides (sauf les mariages, souvent contestés), mais l’exercice du ministère restait illicite en principe.
    • 2026 : L'ordination de quatre évêques le 1er juillet 2026 confirme la voie schismatique suivie par la fraternité saint Pie X. Mgr Alfonso de Galarreta a procédé à la consécration épiscopale de quatre prêtres de la Fraternité (Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier), avec l’assistance de Mgr Bernard Fellay. La cérémonie s’est déroulée malgré des mises en garde explicites du pape Léon XIV et du Saint-Siège. Rome a rapidement réagi par un décret de la Dicastère pour la Doctrine de la Foi, confirmant l’excommunication latae sententiae pour les évêques consécrateurs et les nouveaux ordonnés (can. 1387 et 1364 §1 du Code de Droit Canonique)

    Cette nouvelle ordination épiscopale sans mandat papal accentue le caractère schismatique formel (ou du moins la rupture visible d’unité avec le successeur de Pierre). Du point de vue canonique romain :

    • L’acte est illicite et entraîne des peines canoniques.
    • Il s’inscrit dans la continuité de 1988, présenté par la FSSPX comme une « opération survie » face à une crise perçue comme existentielle dans l’Église.
    • La FSSPX argue de l’« état de nécessité » (thèse théologique classique en cas de vacance ou de défaillance grave de l’autorité), mais Rome rejette cette interprétation et voit un acte de désobéissance publique. La FSSPX considère que la crise post-Vatican II (liturgie, doctrine, discipline) justifie cette mesure pour assurer la succession apostolique et la transmission de la foi traditionnelle. Le supérieur général, l’abbé Davide Pagliarani, et les sermons de la cérémonie insistent sur la fidélité à Mgr Lefebvre.
    • Du côté romain et des traditionalistes en communion, on considère que cet acte éloigne encore plus la réconciliation. Il complique la situation pour les fidèles qui veulent la Tradition sans rupture. Des groupes comme la FSSP, l’ICRSP ou les communautés diocésaines sous autorité épiscopale restent des voies en pleine communion, même si elles subissent parfois des restrictions (cf. Traditionis Custodes).

    Notre sensibilité aux critiques des dérives conciliaires tout en refusant le schisme formel se veut cohérente. Beaucoup de catholiques traditionnels se trouvent dans cette tension : ils constatent les problèmes (baisse dramatique des vocations, sécularisation, ambiguïtés doctrinales dans certains documents) sans accepter de créer une hiérarchie parallèle. A nos yeux, s'éloigner de Rome ou fonder une structure parallèle équivaut à commettre un péché de schisme.

    Notre refus du « schisme formel » correspond à une ligne classique : on peut critiquer sévèrement les dérives sans rompre l’unité visible.

    Il existe des alternatives en communion régulière; plusieurs instituts et communautés traditionnelles reconnaissent le pape actuel tout en préservant la liturgie traditionnelle et une formation doctrinale solide :

    • Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) : Fondée précisément après 1988 par des prêtres qui ont quitté la FSSPX pour rester en pleine communion. Messe traditionnelle (rite romain 1962), séminaires, apostolat paroissial. Présente en France et dans de nombreux pays.
    • Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) : Approche plus « romaine » et contemplative, avec un charisme particulier. Aussi en pleine communion.
    • Institut du Bon Pasteur (IBP) : Issu d’anciens de la FSSPX, avec un statut personnel particulier.
    • Communautés diocésaines : Dans de nombreux diocèses, des messes traditionnelles sont célébrées par des prêtres diocésains ou d’autres instituts (bénédictins du Barroux dans certains cas, etc.), même si Traditionis Custodes (2021) a restreint ce mouvement.
    • Abbayes et monastères : Certains maintiennent la tradition sans appartenir à la FSSPX (ex. certaines branches bénédictines, carmélites traditionnelles, etc.).

    Ces groupes partagent souvent les mêmes préoccupations doctrinales que la FSSPX tout en évitant la rupture canonique.

    Si notre sensibilité aux arguments lefebvristes est bien réelle (la crise de l’Église depuis les années 1960 est massive et mesurable (chute des ordinations, pratique dominicale, transmission de la foi)), nous ne suivons pas la FSSPX dans la voie du schisme où elle s'est engagée depuis 1988.

    Lire aussi : Les groupes traditionalistes désavouent les consécrations de la FSSPX et appellent à la poursuite du dialogue

  • En juillet, le Pape invite à prier pour le respect de la vie humaine

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    De Vatican News (Myriam Sandouno) :

    Dans un monde marqué par la «culture du déchet», comme l’affirmait François, Léon XIV consacre son intention de prière de ce mois-ci au respect de la vie humaine à toutes les étapes de son existence. À travers la campagne «Prie avec le Pape», il encourage à demander pardon au Seigneur «lorsque nous tombons dans l’indifférence, lorsque nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour».

    En ce début de juillet, les fidèles ainsi que toutes les personnes de bonne volonté sont invités à s’unir aux intentions du Pape, à travers la campagne «Prie avec le Pape», le Réseau mondial de prière pour le Saint-Père. Léon XIV exhorte à prier pour le respect de la vie humaine, car, comme déclarait-il devant le Congrès des députés espagnols, il y a quelques semaines, lors de son quatrième voyage apostolique en Espagne: «Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son terme naturel, quelles que soient les circonstances de son existence

    Un don sacré à protéger 

    Chaque personne, soutient le Souverain pontife dans sa vidéo mensuelle de prière, est «un don sacré qui reflète ton visage». Léon XIV demande au Seigneur la grâce de «reconnaître et de protéger la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain», en apprenant à «accueillir la vie sans conditions, à soutenir avec tendresse la fragilité, à accompagner avec respect chaque étape de l’existence et à défendre avec courage ceux qui n’ont pas de voix».

    L'Église une maison ouverte 

    Il implore le pardon de Dieu pour les attitudes «d’indifférence et la culture du déchet», et pour le fait que parfois, «nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour». Concluant sa prière, le Pape a prié pour que l’Église soit «une maison ouverte où toute vie est célébrée, où personne ne se sente de trop», et où «la dignité de chacun soit toujours respectée et protégée», insiste-t-il. Pour le directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, le père Cristóbal Fones, «se respecter mutuellement et protéger ce don de la vie humaine est une mission qui commence par une conversion du cœur et nous ouvre à l’engagement envers les autres». 

    “Seigneur Jésus, fais que nous aimions la vie comme Toi tu l’aimes: avec tendresse, fidélité et don total de soi. Que nous sachions proclamer, par nos paroles et nos gestes, que chaque vie humaine mérite le don total de nous-mêmes”

    Avortement, euthanasie et peine de mort

    Chaque année dans le monde, rapporte l’Organisation mondiale de la Santé, environ 73 millions d’avortements provoqués sont pratiqués, et le débat autour de l’euthanasie et l’aide médicale à mourir reste d’actualité dans de nombreux pays. L’évolution du recours à la peine de mort préoccupe également: au moins 2 707 exécutions ont été recensées dans 17 pays en 2025, soit le chiffre le plus élevé depuis 1981 et une augmentation de 78% par rapport à l’année précédente.

  • Prêtres et laïcs lefebvristes: la procédure de retour à la communion catholique

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    De Vatican News :

    Prêtres et laïcs lefebvristes: la procédure de retour à la communion catholique

    Le dicastère pour la Doctrine de la Foi adresse aux évêques du monde entier une communication indiquant les mesures à prendre pour accueillir à nouveau ceux qui décideraient de quitter la Fraternité Saint-Pie X après l’acte schismatique qui a conduit à la nouvelle excommunication.

    Pour le retour à la communion catholique après l’acte schismatique du 1er juillet, il ne sera pas nécessaire de reproduire l’expérience des commissions spéciales «Ecclesia Dei», comme cela a été le cas par le passé, car le dicastère pour la Doctrine de la Foi a déjà mis au point une procédure tant pour les prêtres que pour les fidèles laïcs, en impliquant directement les ordinaires diocésains et les responsables des fraternités qui suivent le rite ancien et sont unies à Rome. Les instructions sont transmises ces jours-ci par l’intermédiaire des nonciatures, comme cela avait déjà été annoncé dans la note explicative publiée le 2 juillet par le Dicastère.

    Réconciliation pour les prêtres

    La pratique suivie par le dicastère pour la Doctrine de la Foi, à compter du 1er juillet 2026, prévoit que le prêtre qui décide de quitter la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, disposé à accepter le Concile Vatican II et la légitimité du novus ordo Missae, bien qu’attaché à l’ancien rite, doit «trouver un Ordinaire (évêque diocésain, supérieur majeur d’institut religieux de droit pontifical clérical et des sociétés de vie apostolique de droit pontifical clérical, etc.) disposé à l’accueillir ad experimentum». Le prêtre devra donc «rédiger de sa propre main une lettre adressée au Saint-Père dans laquelle il se présente et demande la rémission des censures encourues en raison de l’ordination reçue d’un évêque excommunié ou irrégulier, ou bien, s’il a été ordonné valablement et légitimement, pour avoir adhéré par la suite à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X».

    Profession de foi et formule d’adhésion

    Le prêtre devra en outre joindre son certificat d’ordination sacerdotale ainsi que, signés et datés, «la Professio fidei et la Formula adhaesionis, datées et signées». Il s’agit de la profession de foi qui résume les principes de la foi catholique et de la formule d’adhésion par laquelle le prêtre promet fidélité au Pape en s’engageant à ne pas l’attaquer publiquement, lui et son magistère. Elle reprend la doctrine du n°25 de la Constitution dogmatique conciliaire «Lumen gentium» sur l’adhésion au magistère de l’Église. Elle déclare en outre considérer comme valide la célébration de la messe selon les rites promulgués par Paul VI et Jean-Paul II et adhérer aux normes du Code de droit canonique promulgué par Jean-Paul II.

    Le prêtre devra faire envoyer les documents (la lettre accompagnée du certificat, la profession de foi et la formule d’adhésion) par l’Ordinaire «qui manifestera dans la lettre d’accompagnement sa disponibilité à l’accueillir ad experimentum dans son diocèse ou au sein de son institut». Dès réception des documents de l’Ordinaire, le dicastère rédige un rescrit de levée des censures, autorisant l’Ordinaire à accueillir le prêtre demandeur «pour une période d’essai d’au moins un an et de trois ans au plus, à l’issue de laquelle il sera possible de procéder à son incardination».

    La réconciliation des fidèles laïcs

    Cette pratique, explique le dicastère, «touche à la question de l’imputabilité ou du degré de responsabilité subjective des fidèles laïcs qui ont adhéré formellement ou fréquentent la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et qui demandent à entrer en pleine communion avec l’Église catholique». L’imposition d’une peine aux laïcs appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ne peut en effet «être présumée automatiquement, mais doit être évaluée au cas par cas».

    «Étant donné que l’imputabilité requiert une pleine connaissance et un consentement délibéré», peut-on lire dans le document du dicastère pour la Doctrine de la Foi, «des exemples d’imputabilité avérée peuvent concerner: les laïcs faisant partie du Tiers-Ordre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X; les laïcs qui participent habituellement aux célébrations de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, en partageant formellement ses positions doctrinales».

    La procédure à suivre

    La procédure à suivre, le cas échéant, pour les laïcs appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X auxquels une sanction a été infligée et qui demandent à entrer en pleine communion avec l’Église catholique «implique un acte formel d’adhésion pleine et entière à la doctrine et d’obéissance à la hiérarchie catholique, sous la juridiction de l’Ordinaire du lieu, garant de l’unité de l’Église particulière». Par conséquent, un fidèle laïc qui décide de quitter la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X doit présenter à son évêque la Professio fidei et la Formula adhaesionis, datées et signées. «Une fois ces documents reçus, l’Ordinaire du lieu se chargera d’accueillir le fidèle laïc selon les délais et les modalités qu’il jugera les plus opportuns».

    Les laïcs non imputables

    Le document précise que «ne doivent pas être considérés comme imputables: les laïcs qui ont fréquenté la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X uniquement pour des raisons liturgiques ou spirituelles; les laïcs qui, bien que conscients des tensions avec le Saint-Siège, ne rejettent pas le Magistère ni l’autorité du Souverain Pontife». En ce qui concerne ces derniers, il suffira qu’ils s’adressent «à un prêtre en pleine communion, avec la décision de ne plus fréquenter à l’avenir la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X».

  • Sept réformes liturgiques que tous les catholiques peuvent soutenir

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    De Clément Harold sur le Catholic Herald :

    Sept réformes liturgiques que tous les catholiques peuvent soutenir

    L'usage anglican conserve de nombreux éléments distinctifs de la messe traditionnelle en latin, tels que les prières au pied de l'autel, le double Confiteor et le dernier Évangile. Bien que la langue soit vernaculaire, il s'agit d'un anglais soutenu où « your spirit » devient « thy spirit », « It is right and just » devient « It is meet and right to do so to do », et où les impératifs tels que « vouchsafe » abondent.

    Le rite anglican comprend également plusieurs éléments absents du rite ancien. Parmi ceux-ci figurent la prière d'humble accès, récitée par le prêtre et les fidèles avant la communion, ainsi qu'une prière d'action de grâce magnifiquement construite, récitée après la communion.

    Bien que je fréquente une paroisse du Novus Ordo, ma participation annuelle à la messe anglicane me rappelle régulièrement que, de nos jours, l'expérience de la messe pour la plupart des catholiques est, pour le moins, appauvrie. Quelles qu'aient été ses intentions, la révolution liturgique des années 1960 et 1970 a abouti à une situation où la grande majorité des fidèles assistent à des messes qui leur paraissent irrévérencieuses et banales.

    Heureusement, je n'ai pas à résoudre la crise liturgique actuelle. Mais si tel était le cas, je commencerais sans doute mes efforts de restauration par sept réformes de bon sens qui permettraient au Novus Ordo de mieux glorifier Dieu et de sanctifier les âmes.

    1) Exiger que le prêtre se tourne vers l'orient

    Bien que la pratique de célébrer la messe ad orientem n'ait jamais été universelle, elle fut la norme en Orient comme en Occident pendant plus de mille ans. L'obligation pour le prêtre de se tourner dans la même direction que le peuple renforce l'idée qu'il le guide dans un sacrifice de louange fondamentalement théocentrique.

    En revanche, dès que le prêtre se trouve face au peuple , sa personnalité devient plus facilement le centre de l'attention, alimentant ainsi un cléricalisme malsain. Puisqu'il n'existe aucun argument valable pour célébrer la messe face au peuple , il est tout à fait logique de rétablir l'ancienne pratique de la célébrer face à l'Orient .

    2) Réinstaller les bancs de communion

    Malgré six années d'études en théologie, je n'ai jamais entendu d'explication convaincante quant à la raison pour laquelle les fidèles devraient recevoir la sainte communion debout, dans la main, plutôt qu'à genoux et sur la langue. J'ai même du mal à imaginer à quoi pourrait ressembler une telle explication.

    L'explication la plus plausible serait que, dans l'Église primitive, certains communiaient dans la main et que, dans la liturgie orientale, on ne s'agenouille pas pour recevoir la communion. Cependant, ces arguments ne sont pas convaincants. L'Église primitive n'avait pas non plus de crucifix, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devions les retirer de nos autels.

    Comme pour les crucifix, il en va de même pour la réception de la communion : au fil du temps, l’Église a approfondi sa compréhension de ce qui est le plus respectueux et le plus salutaire. Recevoir la communion sur la langue nous rappelle que l’Eucharistie n’est pas un aliment ordinaire et nous enseigne que l’Église est notre mère spirituelle qui nous nourrit comme une mère oiseau nourrit ses oisillons. Cela réduit également le risque de sacrilège. Quant à la génuflexion, c’est la manière habituelle pour les chrétiens occidentaux d’exprimer leur hommage et leur vénération ; dès lors, pourquoi ne pas l’exiger des fidèles lorsqu’ils s’approchent du Roi des rois ? Des exceptions doivent bien sûr être faites pour ceux qui, en raison de leur âge ou de leur infirmité, ne peuvent s’agenouiller.

    3) Restaurer le respect eucharistique

    Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, mais je me limiterai à trois suggestions.

    Premièrement, rétablissons la génuflexion du prêtre immédiatement après les paroles de la consécration. Dans le Novus Ordo, le prêtre élève d'abord les espèces consacrées, puis seulement ensuite il s'agenouille. Sur ce point, l'Ancien Rite est à la fois plus respectueux et plus pédagogique : dès que le miracle de la transsubstantiation a lieu, le prêtre rend hommage à Dieu car il est présent sur l'autel. Ce n'est qu'après s'être génuflé qu'il élève l'hostie ou le calice.

    Deuxièmement, exigez l'utilisation de plateaux de communion à chaque messe où un acolyte sert. Ces plateaux ont une utilité pratique évidente : éviter que les hosties consacrées ne tombent au sol. De plus, ils contribuent à restaurer le caractère sacré de la messe. Il n'y a aucune raison valable de ne pas utiliser de plateaux de communion.

    Troisièmement, il convient de limiter le recours aux ministres extraordinaires de la communion. Si je ne suis pas opposé en principe à leur fonction, c'est leur transformation progressive en simples distributeurs de la sainte communion qui me pose problème, ainsi qu'à de nombreux autres catholiques. Dans de nombreuses paroisses, on pourrait se passer complètement de ministres extraordinaires en limitant la communion à une seule espèce.

    4) Exiger le canon romain

    Lorsque j'ouvre mon application Universalis et que je consulte l'Ordre de la messe du 1er juillet (Saint Oliver Plunkett), je découvre pas moins de dix options pour la prière eucharistique : quatre prières standard, deux pour la réconciliation et quatre autres pour diverses intentions. Sans compter les trois prières eucharistiques supplémentaires prévues pour les messes avec enfants. Pourtant, personne n'a jamais su m'expliquer l'intérêt de laisser le prêtre choisir chaque matin une prière eucharistique différente, selon son inspiration du matin.

    Avant la révolution liturgique, le Canon romain (« Prière eucharistique I ») était utilisé dans chaque messe de rite romain depuis plus de mille ans. Il semble donc légitime de se demander pourquoi la Sainte Messe a cédé au penchant moderne pour la nouveauté et la personnalisation à outrance. Pourquoi avons-nous touché au Canon romain ? Qu’avons-nous gagné, au juste, à le modifier ? Qu’apporte la Prière eucharistique II que le Canon romain n’a pas ? La seule réponse plausible est la brièveté. Mais cet argument est peu convaincant quand on sait que le Canon romain ne compte que 453 mots – soit à peine trois minutes de récitation – de plus que la Prière eucharistique II. 

    5) Standardiser le rite pénitentiel

    Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il était judicieux de rendre le Confiteor facultatif, je suis tout ouïe. Qu'est-ce qui, précisément, rend cette ancienne prière pénitentielle (bien que modifiée) appropriée le mardi mais inutile le mercredi ? Et pourquoi l'inclusion d'une partie aussi essentielle de la messe devrait-elle être laissée à la discrétion du prêtre ?

    Selon la pratique actuelle, le célébrant a la liberté de passer sous silence le Confiteor et de le remplacer par une série d'invocations – au moins sept ensembles d'options différents sont disponibles aux États-Unis – dont la plupart ne mentionnent même pas le mot péché.

    6) Déplacer (ou retirer) le signe de paix

    J'essaie de faire un effort avec le signe de paix, mais force est de constater que la forme actuelle du rituel est devenue irrémédiablement mièvre. C'est une distraction inopportune pendant l'un des moments les plus solennels de la messe.

    Une solution possible serait de suivre le rite ambrosien et de placer le signe de paix juste avant l'offertoire. Une autre serait de le placer immédiatement après le rite pénitentiel, bien que cette option soit moins courante historiquement. On pourrait aussi tout simplement le supprimer.

    7) Introduire davantage de silence

    Le silence et le chant sont les deux plus hautes expressions du culte. Le premier est incarné dans la messe basse traditionnelle. Le second est omniprésent dans la messe solennelle traditionnelle et la liturgie divine orientale. Un défaut majeur de la plupart des célébrations contemporaines du Novus Ordo réside dans le chant, souvent déplorable, tandis que le silence est presque totalement absent. Une solution serait que le prêtre récite les prières de l'offertoire en silence. Une autre serait que l'assemblée s'abstienne de chanter des hymnes après la communion, pendant la purification des vases sacrés par le prêtre.

     

    Il va sans dire que les recommandations ci-dessus ne sont ni les réflexions d'un expert ni celles d'un ecclésiastique, mais simplement celles d'un laïc catholique (je l'espère, réfléchi) qui fréquente l'Église selon le Novus Ordo et en perçoit les imperfections. Si l'une de ces prescriptions devait être adoptée, il serait essentiel de l'appliquer avec toute la délicatesse et la sensibilité pastorales requises.

    De l'avis général, l'abandon de la messe traditionnelle dans les années 1960 et 1970 a provoqué une crise de foi généralisée parmi les fidèles. Du jour au lendemain, la messe des siècles a été brutalement abandonnée. Pour beaucoup, ce bouleversement a soulevé une question fondamentale : si la liturgie de l'Église peut être si facilement remise en cause, pourquoi ne pourrait-on pas en faire autant avec ses enseignements moraux ?

    Si nous voulons éviter de répéter les erreurs du passé, toute future réforme de la liturgie doit être menée avec soin et progressivement, et accompagnée d'une catéchèse solide.

  • Léon XIV annule les réformes de l'ère François au sein du diocèse de Rome

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    D'Edgar Beltran sur le Pillar :

    Léon XIV annule les réformes de l'ère François au sein du diocèse de Rome

    Trois ans après la constitution apostolique de François, le pape Léon a apporté des changements significatifs aux structures de gouvernance du diocèse.

    Trois ans après la promulgation par François de la constitution apostolique In Ecclesiarum Communione, Léon publia le motu proprio Confirma Fratres Tuos, apportant des changements majeurs à la structure de gouvernement du vicariat et rétablissant le cardinal vicaire comme principale autorité dans le gouvernement quotidien du diocèse du pape.

    Les observateurs locaux ont interprété cette décision comme une réprimande implicite à l'égard de Mgr Renato Tarantelli Baccari, vicaire du diocèse de Rome, dont l'ascension fulgurante sous le pontificat de François a culminé avec sa nomination comme évêque auxiliaire et vicaire en 2024.

    Tarantelli Baccari était largement considéré à Rome comme l'une des figures clés de la réforme du vicariat par François, qui accordait une plus grande autorité au vice-gérant et au Conseil épiscopal.

    Après avoir annoncé la consécration des quatre nouveaux évêques auxiliaires de Rome le 25 février, le pape Léon a établi une commission composée de tous les évêques auxiliaires de Rome et du cardinal vicaire pour réviser In Ecclesiarum Communione .

    Le diocèse de Rome est divisé en cinq zones : nord, sud, est, ouest et centre historique – bien que la zone du centre historique ait été abolie par François en octobre 2024 et rétablie plus tard par le pape Léon en novembre 2025.

    Chaque zone est censée être dirigée par un évêque auxiliaire de Rome, agissant en qualité de vicaire épiscopal. Les évêques auxiliaires constituent le conseil épiscopal du vicariat, ou diocèse, de Rome, aux côtés du cardinal vicaire de Rome – nommé par le pape pour diriger le diocèse – et du vice-gérant, qui sont les deuxième et troisième personnages les plus importants du diocèse, après le pape lui-même.

    Bien que le motu proprio ne constitue pas un renversement absolu de la réforme de François, il apporte des changements significatifs.

    Avant l'encyclique In Ecclesiarum Communione , le cardinal vicaire exerçait une large autorité par procuration dans le gouvernement du diocèse de Rome. Bien que le pape demeurât évêque de Rome et conservât la pleine autorité d'intervention, le cardinal vicaire pouvait prendre la plupart des décisions diocésaines importantes sans l'approbation explicite du concile épiscopal ni du pape, ce qui signifiait qu'en pratique, il agissait comme l'ordinaire local du diocèse au quotidien.

    Cependant, la réforme de François a considérablement réduit le pouvoir du cardinal vicaire et accru celui du vice-gérant et du conseil épiscopal.

    Par exemple, l’article 10 de l’ encyclique In Ecclesiarum Communione promulguée par François stipule que le cardinal vicaire « est un auxiliaire et vicaire général [du diocèse de Rome]… En mon nom et par mon mandat, avec l’assistance de mes autres évêques auxiliaires, parmi lesquels je choisis le vice-gérant, il exercera le ministère épiscopal d’enseignement, de sanctification et de gouvernance pastorale pour le diocèse de Rome avec le pouvoir vicaire ordinaire selon les termes que j’ai établis. »

    L'article est désormais simplifié sous Léon, la mention du cardinal vicaire comme « auxiliaire et vicaire général » étant supprimée, et il est désormais indiqué que le cardinal vicaire a « la haute et effective direction du vicariat » et le vice-gérant n'est mentionné brièvement qu'à la fin de l'article.

    L'article 14.2 de la constitution apostolique stipulait que le vicaire « dirige les offices qui composent le Service du Secrétariat général du vicariat… Le vicaire est chargé de superviser les offices du vicariat dans l'exercice de leurs fonctions, de convoquer une réunion mensuelle des directeurs de tous les offices du vicariat, d'établir les critères de la bonne application du principe de communication unique dans les relations entre le vicariat et les autres autorités, et de veiller à ce que les employés du vicariat exécutent fidèlement les tâches qui leur sont confiées. »

    Cette partie de l'article a entièrement disparu lors de la réforme de Léon.

    La réforme de Léon introduit en revanche le rôle de modérateur de la curie, qui assume désormais certaines des responsabilités auparavant dévolues au vice-gérant.

    Le modérateur est proposé par le cardinal vicaire et nommé par le pape pour un mandat unique de cinq ans. Conformément à l’article 19, « le modérateur de la curie assiste le cardinal vicaire dans l’exercice de ses fonctions… Il coordonne les activités du vicariat en vue de la mise en œuvre des directives du cardinal vicaire. »

    Une autre limite importante imposée à l'autorité du cardinal vicaire par In Ecclesiarum Communione concernait le Conseil épiscopal, que la constitution définissait comme le « principal organe de synodalité » du diocèse et son principal forum « pour les décisions pastorales et administratives ». Le texte exigeait également que le conseil se réunisse trois fois par mois, le pape présidant personnellement ou déléguant le cardinal vicaire pour diriger les sessions.

    Lire la suite

  • FSSPX : le schisme est consommé; selon le cardinal Müller, une hérésie dans la pratique est le fait de la Fraternité

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    D'Andrea Zanbrano sur la NBQ :

    Le schisme est consommé, Müller : « Une hérésie dans la pratique émane de la Fraternité »

    Le schisme de la Fraternité Saint-Pie X est consommé. Entretien avec le cardinal Müller : « Je demande une réponse théologique aux erreurs qui dénotent une hérésie dans la pratique » ; « Accueillir ceux qui partiront, supprimer l’Ecclesia Dei était une erreur » ; « Il y a de l’idéologie dans Traditionis custodes, la tradition a besoin de sollicitude pastorale ».

    2/07/2026

    « C’est plus qu’un schisme, c’est une hérésie dans la pratique. Il faudra désormais répondre de manière systématique à ces erreurs et se préparer à accueillir ceux qui quitteront la Fraternité Saint-Pie X ». Le cardinal Gerhard Ludwig Müller lève les yeux et regarde par la fenêtre de son bureau, qui donne justement sur le Palais apostolique. Le schisme lefebvrien vient de se concrétiser en cette matinée caniculaire, tandis que les touristes grouillent dehors, inconscients de la blessure que cet acte représente pour l’Église. Pourtant, Müller sait qu’il s’agit là d’un point de non-retour.

    Éminence, la consécration des quatre évêques de la FSSPX sans mandat pontifical a commencé par un contresens. À la question « avez-vous le mandat ? », la réponse a été une non-réponse. 

    Une blessure, sans aucun doute. On se souvient des donatistes, qui se croyaient supérieurs, pensaient avoir le droit de juger le Magistère et de décider de ce qui était catholique et de ce qui ne l’était pas.

    Votre intervention au Consistoire a eu le mérite de porter cette question devant le Pape. Comment les cardinaux ont-ils réagi ?

    J’ai été surpris par le nombre de confrères qui ont accueilli favorablement mes propositions. Il incombe à nous, cardinaux de la Sainte Église romaine, de défendre l’orthodoxie. Saint Irénée disait déjà que toutes les Églises doivent s’accorder avec l’Église de Pierre et Paul. Et il l’a dit contre les gnostiques. D’ailleurs, la gnose est à la base de toute rébellion. C’est lorsque la raison de l’homme veut se poser au-dessus de la raison de Dieu. Derrière toutes les hérésies se cache le gnosticisme, car il présuppose d’avoir une conception supérieure à la révélation présentée dans l’Église visible.

    Et dans la Fraternité, y a-t-il davantage d’hérésie ou davantage de gnosticisme ?

    Il y a une hérésie dans la pratique. Ici, on ne peut pas faire la distinction entre schisme et hérésie. La négation du primat du Pape dans la pratique, qu’ils acceptent pourtant en théorie, est une forme pratique d’hérésie. Cela rappelle les libéraux et les francs-maçons du XIXe siècle en Allemagne, qui n’auraient accepté l’absolutisme du roi que si celui-ci avait accepté leurs propositions.

    Comment le pape Léon a-t-il réagi à vos propositions ?

    Il n’a pas réagi directement, mais il connaît ma position.

    Venons-en aux propositions. Quelle ligne faut-il suivre sur le plan doctrinal ?

    Il faut répondre sans tarder. Je pense à une réponse structurée et systématique.

    Comment pourrait-elle s’articuler ?

    Je pense à une commission théologique internationale, qui répondrait à toutes les erreurs de la Fraternité afin d’en dégager le principe même de leur opposition. Il est désormais indispensable d’apporter une réponse théologique de nature scientifique, qui permette ensuite à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de parvenir à une clarification définitive.

    Certaines voix au sein du monde catholique ont rassuré les fidèles en affirmant qu’au fond, l’autorisation du Pape n’est qu’une question de légalisme…

    Ce n’est pas du légalisme. C’est très grave de qualifier cela de légalisme, c’est une question fondamentale pour l’Église. La Fraternité parle sans cesse de la primauté du pape telle que définie par Vatican I, mais elle n’accepte pas cette doctrine ; ses membres veulent être catholiques sans respecter le rôle fondamental du pape. Je leur ferais lire ce que saint Thomas disait sur la primauté du pape. C’est le même comportement que celui de Luther, qui disait qu’il aurait embrassé la pantoufle du pape si celui-ci avait accepté son interprétation de l’Évangile. C’est inacceptable.

    Pourquoi ?

    Parce que l’acte d’ordination d’un évêque est un acte de l’Église ; en son absence, on tombe dans la secte. Personne ne peut dire : « J’ai le droit de me faire ordonner évêque ». La doctrine de la primauté est évangélique ; prétendre qu’il ne s’agit que de légalisme revient à rompre avec le Pape et à détruire la structure sacramentelle de l’Église. Luther l’a fait lui aussi. Ils veulent être des « super-catholiques » avec une herméneutique protestante. À l’instar d’Henri VIII qui disait : « Je suis plus catholique que le pape ».

    Comment répondez-vous à l’objection d’Écône qui prétend agir pour le salut des âmes ?

    Je réponds avec saint Augustin qui répliquait aux sectes donatistes, qui se proclamaient la seule Église pure face à l’Église pécheresse : l’Église est un corpus permixtum où les pécheurs cohabitent avec les saints. Nous sommes tous pécheurs et nous sommes tous saints. Ce sont plutôt les fidèles qui se laissent séduire par cette prétention qui mettent leur âme en danger.

    Une autre objection concerne l’état de nécessité, c’est-à-dire la dérogation à certaines lois de l’Église si une situation de danger l’impose.

    Mais l’état de nécessité ne peut vous autoriser à aller à l’encontre de ce que Jésus-Christ a établi ! La sagesse divine n’avait-elle pas déjà prévu cela aussi ? La vérité, c’est que l’état de nécessité est mal compris. Il n’existe que dans leur imagination.

    Mais il est évident que l’Église subit des influences hétérodoxes et des doctrines trompeuses, ainsi qu’une protestantisation et une sécularisation excessives…

    Il n’y a pas d’erreurs de l’Église, c’est a priori impossible. Il y a des erreurs dans l’Église, mais pas de l’Église. Ne savent-ils pas que l’Église est indestructible et infaillible ? Même à l’époque des Ariens, il y avait des erreurs dans l’Église, mais pas de l’Église. L’argument de l’état de nécessité est une auto-justification idéologique par laquelle chacun veut se définir comme le critère ultime.

    Vous avez été préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Comment avez-vous géré l’affaire des lefebvristes ?

    Si je peux utiliser une image, je dirais qu’ils tournaient autour du problème de la liberté religieuse. Mais ce que j’ai eu l’impression de percevoir, c’est qu’ils n’acceptent pas que Dieu nous laisse la liberté même s’il existe des consciences erronées. L’État ne peut imposer une religion, mais devant Dieu, nous sommes tenus d’obéir à la révélation.

    Venons-en à la deuxième proposition : la création d’une structure à l’image de l’Ecclesia Dei, capable d’accueillir les futurs dissidents de la Fraternité désormais schismatique…

    La suppression de l’Ecclesia Dei a été une erreur, car cela a entraîné un morcellement des compétences et des domaines d’intervention. Il faudrait au contraire une entité unique chargée des aspects liturgiques et dogmatiques, destinée à ceux qui, dès demain, voudront revenir dans l’Église, afin de les aider à distinguer les questions proprement liturgiques de celles qui relèvent exclusivement de la doctrine ou de la bonne compréhension de la mission du pape et des évêques. Et encore : apprendre à distinguer les erreurs dans l’Église des erreurs de l’Église, ce qui, comme nous l’avons dit, est impossible.

    Une nouvelle structure au sein du Dicastère pour la doctrine de la foi ?

    Pas nécessairement. Sous son égide, mais sans nécessairement en émaner. Elle doit disposer d’une certaine indépendance et d’une certaine autonomie pour s’occuper exclusivement de ces personnes.

    L’ancienne Ecclesia Dei a eu le mérite de favoriser la réconciliation de nombreuses réalités avec l’Église.

    C’est vrai. J’en ai moi-même vu les fruits. Samedi, je serai à Courtlain, en France, pour l’ordination de sept diacres et prêtres de l’Institut du Bon Pasteur. À Wigratzbad, il y a la Fraternité Saint-Pierre, qui dispose d’un séminaire très dynamique. Ce sont des réalités fructueuses, qui ont des vocations, une foi solide, et qui ont besoin d’un accompagnement que je leur apporte volontiers.

    Célébrerez-vous la messe selon l’ancien rite ?

    Oui. Je ne suis pas un fervent partisan de la messe selon l’ancien rite, mais c’est une préoccupation pastorale que j’assume volontiers, car il s’agit à tous égards d’un patrimoine de l’Église qui ne doit pas disparaître.

    Que pensez-vous de la proposition de créer un ordinariat qui réglemente toutes ces réalités qui souhaitent vivre la tradition au sein de l’Église ?

    Canoniquement, c’est possible ; il existe déjà des expériences de ce type pour le monde dit « traditionnel », mais aussi pour les anciens anglicans. Je n’ai pas d’a priori, je pense qu’on peut réfléchir à cette issue possible.

    Mais il y a l’obstacle du *Traditionis custodes*, le *motu proprio* du pape François qui réglemente de manière restrictive la liturgie ancienne, réduisant à néant l’effort du *Summorum Pontificum*, qui avait au contraire constitué un « printemps » de redécouverte de la tradition…

    L’approche adoptée dans *Traditionis custodes* était idéologique ; on n’a pas pris conscience que si les fidèles recherchent la messe selon le *Vetus Ordo*, c’est aussi parce qu’ils ont assisté pendant trop d’années aux abus commis lors de la messe selon le *Novus Ordo*. Il est vrai que l’on parlait d’abus dans le rite renouvelé, mais on n’a pas réagi. En revanche, il y a deux semaines, on est intervenu pour mettre fin à la tentative, en Allemagne, de confier l’homélie à un fidèle laïc. C’est Vatican II lui-même qui affirme que le prêtre est le seul ministre du culte et de la Parole. De la même manière, il faudrait également intervenir face aux autres abus, mais les évêques eux-mêmes doivent et peuvent le faire dans leurs propres diocèses. Ils en ont le pouvoir et la faculté légitime.

    Quels sont, selon vous, les abus les plus graves dans la forme ordinaire de la messe ?

    Je dirais le refus d’admettre que l’essence de la liturgie est l’adoration de Dieu. Certains l’interprètent comme un divertissement, comme un spectacle. Et cela conduit au protagonisme du prêtre qui est certes ministre de Jésus, mais pas l’acteur principal.

    Dans certains milieux traditionalistes qui font un clin d’œil à Écône, on avance cette justification : comment cela se fait-il ? On excommunie les lefebvristes qui sont fidèles à la tradition, mais pas les Allemands qui sont désormais protestants ?

    C’est une objection que je peux comprendre d’un point de vue humain. Les tendances hétérodoxes au sein de l’Église, par exemple celles qui visent à bénir les couples homosexuels, constituent une grave erreur et doivent être combattues en tant que telles. Mais cette objection ne correspond pas à la réalité théologique. La Fraternité Saint-Pie X n’est pas sanctionnée parce qu’elle est « orthodoxe », mais parce qu’elle a procédé à l’ordination d’évêques en sortant de la communion avec Pierre, ce qui est une condition nécessaire. On ne peut excuser un mal par un autre mal.

  • Le Vatican excommunie même les membres laïcs de la FSSPX, une mesure d'une sévérité sans précédent dans l'histoire récente

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    D'InfoVaticana :

    La réaction de Rome fut rapide et la plus sévère depuis près de quarante ans. Moins de 24 heures après les consécrations épiscopales célébrées la veille à Écône par la Fraternité Saint-Pie-X, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi publie le 2 juillet une Note Explicative, signée par le cardinal Víctor Manuel Fernández, déclarant le crime de schisme consommé et étendant ses conséquences canoniques non seulement aux évêques et prêtres de la Fraternité, mais aussi – et c’est là le développement le plus grave – aux fidèles laïcs.

    Le document, daté du Palais du Dicastère et signé par le préfet, Monseigneur Armando Matteo (secrétaire de la Section Doctrinale) et l'archevêque John J. Kennedy (secrétaire de la Section Disciplinaire), déclare que « les multiples tentatives pour ramener les adeptes du mouvement initié par Monseigneur Marcel Lefebvre en pleine communion avec l'Église catholique se sont avérées vaines » et que les consécrations « sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père » ont « constitué le crime de schisme ».

    Trois coups dans un seul document

    La Note établit trois points d'une force sans précédent :

    Premièrement : tous les ministres sacrés de la FSSPX « sont en schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques », demeurant « soumis à l’excommunication prescrite par le droit canonique » (can. 1364 § 1). Cette déclaration ne vise plus seulement les quatre évêques consacrés hier et le consécrateur : elle s’étend aux plus de sept cents prêtres de la Fraternité dans le monde entier.

    Deuxièmement : les fidèles laïcs « qui adhèrent formellement » à la Fraternité « doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés », selon les conditions établies par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996, que le Dicastère déclare « toujours en vigueur » et « adopte comme sienne ».

    Troisièmement : le peuple de Dieu est averti que les ministres de la Fraternité « administrent illégalement les sacrements » et que « le sacrement de pénitence qu’ils administrent et le mariage qu’ils célèbrent sont invalides ».

    Plus dur que Jean-Paul II en 1988

    La comparaison avec le précédent historique est inévitable, et le constat est accablant : cette Note va au-delà de ce qui a été établi par le motu proprio Ecclesia Dei de 1988. À cette époque, Jean-Paul II avait prononcé l’ excommunication latae sententiae de Mgr Lefebvre, de Mgr de Castro Mayer et des quatre évêques consacrés. Les prêtres et les fidèles avaient été avertis du risque, mais l’excommunication prononcée ne concernait alors que six personnes. Aujourd’hui, en revanche, le Dicastère déclare excommuniés l’ensemble du clergé de la Fraternité et, pour la première fois explicitement dans un document émanant de cette autorité, les laïcs qui y adhèrent formellement.

    Un détail non négligeable pour les canonistes : le document porte le numéro de protocole 99/2009 . Autrement dit, il a été versé au dossier de l’affaire ouverte l’année où Benoît XVI, par décret du 21 janvier 2009, levait l’excommunication des quatre évêques, en signe de miséricorde pour promouvoir l’unité. Dix-sept ans plus tard, ce même dossier sert à l’action inverse.

    Adieu aux concessions de François

    La déclaration d'invalidité des confessions et des mariages annule de fait les concessions accordées par le pontificat précédent . Lors du Jubilé de la Miséricorde en 2015, François avait conféré aux prêtres de la Fraternité la faculté d'absoudre validement les péchés, l'avait rendue permanente dans la lettre apostolique Misericordia et misera (n° 12), et, en 2017, par l'intermédiaire de la Commission Ecclesia Dei , avait établi un dispositif pour la célébration valide des mariages officiés par ses prêtres. Tout cela est désormais effacé d'un trait de plume, sans aucune mention de ces actes pontificaux ni des centaines de milliers de fidèles qui, pendant une décennie, ont reçu la confession et se sont mariés sous leur protection.

    Une rigueur réservée à la tradition

    On pourrait se demander – et de nombreux fidèles se le demanderont aujourd’hui – s’il existe un autre groupe au sein de l’Église auquel Rome ait jamais appliqué une telle rigueur. Le prétendu Chemin synodal allemand a approuvé des résolutions ouvertement contraires au Magistère sans qu’aucun évêque ne soit déclaré schismatique. Des théologiens, des congrégations et des communautés entières remettent publiquement en question des doctrines établies sans que le Dicastère n’ait invalidé leurs sacrements ni excommunié leurs fidèles. L’excommunication explicite de laïcs pour leur simple adhésion à une réalité ecclésiale est sans précédent dans la pratique récente du Saint-Siège. Une fois encore, la norme n’atteint son maximum que lorsqu’elle se réfère à la tradition.

    Le document se conclut par une formule maternelle habituelle : « L’Église, telle une mère attentive, accueillera avec une affection sincère » ceux qui souhaitent revenir, et par une exhortation aux fidèles à « s’abstenir de participer aux célébrations et activités organisées » par la Fraternité. Les nonces apostoliques mettront en place des procédures pour les différents cas de retour.

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    DÉCRET

    Nonobstant les avertissements adressés au Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, Monseigneur Alfonso de Galarreta, ayant accompli un acte de nature schismatique par la consécration épiscopale de quatre prêtres, sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife, a encouru *ipso facto* les peines prévues par le can. 1387 et le can. 1364 § 1 CIC 2021.

    Je déclare donc à tous effets juridiques que tant ledit Monseigneur Alfonso de Galarreta que Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier ont encouru *ipso facto* l'excommunication *latae sententiae* réservée au Siège Apostolique.

    Je déclare en outre que Monseigneur Bernard Fellay, ayant participé directement à la célébration liturgique en qualité de co-consécrateur, ayant ainsi adhéré publiquement à l'acte schismatique, a encouru l'excommunication latae sententiae prévue par le can. 1364 § 1 CIC 2021.

    Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sous peine d'encourir ipso facto la peine de l'excommunication latae sententiae.

    Du Palais du Dicastère, le 2 juillet 2026

    Víctor M. Card. Fernández
    Préfet

    Note explicative du Dicastère pour la Doctrine de la Foi – 2 juillet 2026

    Prot. n° 99/2009


    NOTE EXPLICATIVE

    Depuis l'époque de saint Paul VI jusqu'aux derniers entretiens, qui se sont tenus récemment auprès de ce Dicastère, les nombreuses tentatives visant à ramener à la pleine communion avec l'Église catholique les membres du mouvement initié par Mgr Marcel Lefebvre se sont révélées vaines. Cette situation s'est encore aggravée à la suite des récentes consécrations épiscopales célébrées sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père, en violation manifeste du droit canonique. C'est pourquoi ce Dicastère, dans le fidèle exercice des fonctions qui lui sont confiées, estime nécessaire de constater que cet acte a constitué le délit de schisme, avec les conséquences canoniques qui en découlent pour les ministres sacrés et les fidèles laïcs concernés. En effet, comme cela avait déjà été déclaré en 1988, « cette désobéissance, qui comporte en elle-même un refus pratique de la primauté romaine, constitue un acte schismatique » (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Ecclesia Dei, n° 3).

    À cet égard, désormais :

    1. Les ministres sacrés appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont dans le schisme et doivent, par conséquent, être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia Dei, n° 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur l'excommunication pour schisme encourue par les adhérents au mouvement de Mgr Marcel Lefebvre, 24 août 1996, nos 5-6). Ils sont donc soumis à l'excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1 du Code de droit canonique).

    2. En ce qui concerne les fidèles laïcs, doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés ceux qui adhèrent formellement à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, selon les conditions établies par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996 (cf. ibid., n° 7), toujours en vigueur et que ce Dicastère fait sienne.

    3. Enfin, le saint Peuple de Dieu est averti que les ministres sacrés de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X administrent illicitement les sacrements et que le sacrement de pénitence qu'ils administrent ainsi que les mariages auxquels ils assistent sont invalides.

    L'Église, comme une mère pleine de sollicitude, accueillera avec une affection sincère et une vive bienveillance tous ceux qui souhaiteront revenir à la pleine communion. Les Nonces apostoliques mettront à la disposition des Ordinaires les procédures qu'ils pourront utiliser selon les différents cas.

    Enfin, tous les fidèles sont exhortés à demeurer fermes dans la communion avec le Pontife romain, avec les évêques en communion avec lui et avec toute l'Église (cf. Lumen gentium, n° 22 ; can. 751 du Code de droit canonique), et à s'abstenir de participer aux célébrations et aux activités organisées par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

    Du Palais du Dicastère, le 2 juillet 2026.

    Víctor Manuel Cardinal Fernández
    Préfet

    Mgr Armando Matteo
    Secrétaire de la Section doctrinale

    John J. Kennedy
    Archevêque titulaire d'Ossero
    Secrétaire de la Section disciplinaire