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Actualité

  • Les évêques allemands et le spectre du schisme : comment en est-on arrivé là ?

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    De Gaetano Masciullo  sur The European Conservative :

    Les évêques allemands et le spectre du schisme : comment en est-on arrivé là ?

    Élu pour panser les divisions, le pape Léon XIV restera peut-être dans les mémoires comme le pontife sous le règne duquel est apparu le schisme catholique le plus grave depuis la Réforme.

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    Le 17 janvier, le pape Léon XIV a reçu en audience le nonce apostolique en République fédérale d'Allemagne, Mgr Nikola Eterović. La rencontre aurait porté sur le vote imminent de la Conférence des évêques allemands concernant le statut de la fameuse Conférence synodale, qui a causé bien des soucis au Vatican ces dernières années. Du 29 au 31 janvier, à Stuttgart, se tiendra la sixième et dernière phase de l'Assemblée synodale de l'Église catholique en Allemagne. Mais procédons par étapes.

    Parallèlement à la Conférence des évêques allemands, qui réunit tous les évêques et coordonne la pastorale, la liturgie, la communication et diverses autres initiatives, se trouve, à la tête de l'Église catholique en Allemagne, le Comité central des catholiques allemands (ZdK), une instance unique au monde. À ce jour, le ZdK se limite à représenter les catholiques allemands dans la sphère publique, à coordonner l'apostolat des laïcs, à conseiller les évêques et à publier des prises de position sur des questions d'intérêt public. Il ne dispose d'aucun pouvoir décisionnel, car dans l'Église catholique, le pouvoir de gouvernement appartient au pape et aux évêques en communion avec lui.

    Bien que la ZdK ait été historiquement créée pour protéger la minorité catholique dans un pays protestant, et culturellement très agressive envers les « papistes », après le concile Vatican II, la ZdK a dégénéré en un organe quasi parlementaire et a été exploitée par les progressistes pour tenter d'initier des réformes démocratiques au sein de l'Église.

    Un autre aspect de l'Église allemande, qui la rend doublement unique dans le paysage catholique, est qu'elle est l'Église la plus riche du monde. En 2025, le patrimoine du Saint-Siège s'élevait à environ 4 milliards d'euros, tandis que celui de l'Église allemande était estimé à 250 milliards d'euros. Bien que l'argent n'explique pas tout, il joue néanmoins un rôle considérable dans la compréhension de certains choix. Le Vatican est très prudent avant de rompre ses liens avec une Église qui, de gré ou de force, constitue une source de financement importante. Et les évêques allemands en sont parfaitement conscients.

    Le Chemin synodal de l'Église catholique allemande ( Der Synodaler Weg ) a débuté le 1er décembre 2019, après une phase préparatoire minutieuse menée par la Conférence des évêques allemands et la ZdK (Conférence des évêques allemands). Un groupe de 230 personnes s'est initialement réuni pour débattre de quatre thèmes : la séparation des pouvoirs au sein de l'Église ; la morale sexuelle ; le ministère sacerdotal, notamment la question du célibat ; et le rôle des femmes dans la vie ecclésiale. Cette liste correspond presque aux « quatre nœuds » que le cardinal Carlo Maria Martini, figure emblématique du progressisme catholique sous Jean-Paul II, avait présentés aux évêques européens en 1999.

    L'élément déclencheur de tout ce processus fut celui des abus sexuels dans l'Église catholique, qui, sous le pontificat de Benoît XVI, devint un thème mondial, amplifié et exploité par de nombreux médias et secteurs institutionnels progressistes pour ternir le « tournant conservateur » que le pape Benoît avait donné à la gouvernance de l'Église.

    En Allemagne, la pression était particulièrement forte, que ce soit en raison des origines allemandes du pape Benoît XVI ou de la forte présence progressiste et pro-protestante au sein du clergé. C’est pourquoi, en Allemagne plus qu’ailleurs, la question des abus a été présentée et interprétée publiquement par les catholiques eux-mêmes non seulement comme une faute morale, mais aussi comme le symptôme d’une défaillance systémique de l’Église catholique : doctrinale, juridique et culturelle. C’est à partir de là que le Chemin synodal a entrepris de repenser l’Église dans son ensemble.

    Entre-temps, Benoît XVI a démissionné en 2013 de son ministère d'évêque de Rome. Les cardinaux réunis en conclave ont décidé d'élire, comme chacun sait, Jorge Mario Bergoglio, c'est-à-dire François, candidat phare du Groupe réformiste de Saint-Gall, alors dirigé par Martini, déjà mentionné : un groupe de cardinaux et d'évêques, principalement originaires de la région germanophone, qui entendaient réformer l'ensemble de l'Église catholique dans une direction analogue, mais non identique, à celle envisagée en Allemagne. 

    François, cependant, une fois au pouvoir, ne se comporta pas comme un pion : le jésuite Martini connaissait bien le caractère impulsif et indépendant de Bergoglio. Son programme, tout en se révélant résolument révolutionnaire, ne correspondait pas entièrement à celui du Groupe de Saint-Gall.

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  • Le pape Léon XIV affirme que l'Église catholique ne peut pas « relativiser » son enseignement sur le mariage

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    De Charles Collins sur Crux :

    Le pape Léon XIV affirme que l'Église catholique ne peut pas « relativiser » son enseignement sur le mariage.

    S'adressant lundi aux membres du Tribunal apostolique de la Rote romaine, le pape Léon XIV a mis en garde contre « une dangereuse relativisation de la vérité » en ce qui concerne l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du sacrement de mariage.

    L'une des principales fonctions de la Rote romaine est de traiter les appels en matière de nullité de mariage au sein de l'Église catholique. Contrairement au divorce, qui met fin au mariage, une déclaration de nullité – souvent appelée « annulation » – peut être prononcée après qu'une procédure légale a établi qu'aucun mariage valide n'a réellement eu lieu.

    Si l'une des parties à un mariage présumé avait en réalité déjà été mariée et n'avait pas obtenu d'annulation, par exemple, l'Église déclarera le second mariage nul.

    Il existe de nombreuses autres raisons pour lesquelles un mariage peut être nul, toutes énumérées dans le Code de droit canonique de l'Église, et les cas d'annulation peuvent être plus ou moins difficiles à prouver.

    Lundi, Léon XIV a déclaré aux membres de la Rote – qui sont tous des prêtres – qu’il souhaitait parler du lien étroit entre la « vérité de la justice » et la « vertu de la charité ».

    « Il ne s’agit pas de deux principes opposés, ni de valeurs à équilibrer selon des critères purement pragmatiques, mais de deux dimensions intrinsèquement unies qui trouvent leur harmonie la plus profonde dans le mystère même de Dieu, qui est Amour et Vérité », a déclaré le pape Léon XIV.

    Il a déclaré que cette corrélation exige une exégèse critique constante et rigoureuse, « car, dans l’exercice de l’activité judiciaire, une tension dialectique surgit souvent entre les exigences de la vérité objective et les préoccupations de la charité ».

    « Il existe parfois un risque qu’une identification excessive aux vicissitudes souvent tourmentées des fidèles conduise à une dangereuse relativisation de la vérité », a déclaré le pontife.

    « En réalité, une compassion mal comprise, même si elle semble motivée par un zèle pastoral, risque d’occulter la dimension nécessaire à la recherche de la vérité propre à la fonction judiciaire. Cela peut se produire non seulement dans les cas de nullité de mariage – où cela pourrait conduire à des décisions pastorales dépourvues de fondement objectif solide – mais aussi dans tout type de procédure, compromettant ainsi sa rigueur et son équité », a-t-il ajouté.

    Dès le début de son pontificat, le pape François a simplifié la procédure d'annulation de mariage au sein de l'Église locale : en donnant plus de pouvoir aux évêques, en accélérant le processus et en veillant à ce que les fidèles n'aient pas à payer pour être entendus.

    Léon XIV a cependant déclaré aux juges de la Rote que l'objectif de son prédécesseur en rationalisant la procédure de nullité n'était pas d'affaiblir la réalité de l'indissolubilité du mariage sacramentel.

    Il a déclaré que, dans le cadre de la procédure plus courte d'annulation de mariage devant l'évêque diocésain, « la nature prima facie du motif d'annulation qui la rend possible doit être jugée avec beaucoup de soin, sans oublier que c'est la procédure elle-même, dûment mise en œuvre, qui confirme l'existence de l'annulation ou détermine la nécessité de recourir à la procédure ordinaire. »

    « Il est donc essentiel de continuer à étudier et à appliquer le droit canonique du mariage avec rigueur scientifique et fidélité au Magistère », a déclaré le pape Léon XIV.

    Il a déclaré à la Rote romaine que certains aspects des procédures canoniques peuvent être envisagés dans le contexte de la vérité dans la charité.

    « Avant tout, les actions des différents protagonistes de ce processus doivent être entièrement marquées par une volonté sincère de contribuer à faire la lumière sur le jugement juste à rendre, avec une honnêteté intellectuelle rigoureuse, une compétence technique et une conscience irréprochable », a-t-il déclaré.

    Léon a rappelé aux juges que leur rôle principal est la recherche de la vérité, « qui ne se réduit pas à l'accomplissement professionnel, mais doit être comprise comme une expression directe de responsabilité morale ».

    « Cette démarche est motivée avant tout par la charité, mais elle va au-delà des seules exigences de la justice, servant autant que possible le bien intégral des personnes, sans dénaturer sa fonction, mais en l’exerçant avec un plein sens de l’ecclésialité », a-t-il déclaré.

    « Les procédures canoniques doivent inspirer la confiance qui découle du sérieux professionnel, d’un travail intense et réfléchi, et d’un engagement sincère envers ce qui peut et doit être perçu comme une véritable vocation professionnelle. Les fidèles et toute la communauté ecclésiale ont droit à l’exercice juste et opportun des fonctions procédurales, car il s’agit d’un cheminement qui touche les consciences et les vies », a déclaré le pape.

    Le discours de lundi était la deuxième fois que le pape Léon XIV s'adressait à la Rote romaine depuis son élection.

    Le 21 novembre 2025, le pontife nouvellement élu s'est adressé à eux après une journée d'études.

    Il y a deux mois, Léon a rappelé aux juges du Saint-Siège que le jugement humain sur la nullité du mariage « ne peut toutefois pas être manipulé par une fausse miséricorde ».

    Il a déclaré à la Rote que l'Église devait se souvenir que les efforts visant à promouvoir la réconciliation entre époux étaient très importants, « y compris, lorsque cela est possible, par la validation du mariage ».

  • La dernière prophétie de saint Thomas d'Aquin avant sa mort il y a 750 ans

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    D'Abel Camasca pour EWTN News sur le CWR :

    La dernière prophétie de saint Thomas d'Aquin avant sa mort il y a 750 ans

    Saint Thomas d'Aquin prononça une dernière prophétie et une prière émouvante avant de rejoindre le ciel.

    Le 7 mars marque  le 750e anniversaire  de la mort de saint Thomas d'Aquin, saint patron de l'éducation catholique, qui prononça une dernière prophétie et une prière émouvante avant de rejoindre le ciel. De plus, le saint aurait récité les paroles d'un magnifique hymne qu'il a composé et qui est chanté encore aujourd'hui dans toute l'Église catholique.

    Le récit de la mort de saint Thomas, écrit par  le frère Guillermo de Tocco, biographe du saint,  et publié  sur le site web tomasdeaquino.org géré par l'Institut du Verbe Incarné, relate comment le Docteur Angélique se dirigeait vers Rome mais rencontrait des problèmes de santé.

    Passant près de l'abbaye cistercienne de Fossanova, au sud de Rome, il accepta d'y séjourner pour reprendre des forces.

    Dans le cloître, il fit la prophétie suivante à son compagnon : « Reginaldo, mon fils, ici sera mon repos éternel, ici je vivrai car je l’ai désiré. » À ces mots, les frères dominicains qui l’accompagnaient se mirent à pleurer.

    Les jours passèrent et saint Thomas, alité, voyait son état s'aggraver. Des moines, sentant sa fin proche, lui demandèrent un témoignage de son immense savoir. Malgré sa maladie, Thomas d'Aquin demeura un grand pédagogue et leur offrit une brève réflexion sur  le Cantique des cantiques , livre de l'Ancien Testament contenant des chants et des poèmes sur l'amour.

    Plus tard, saint Thomas demanda à recevoir la sainte communion. À la vue du Saint-Sacrement, il ne tint pas compte de son état et se prosterna à terre, les larmes aux yeux, pour recevoir son Seigneur.

    Après avoir reçu la communion, on lui a demandé s'il croyait en Jésus eucharistique. En larmes, il a répondu par une profonde profession de foi.

    « S’il est possible, en cette vie, d’avoir une connaissance de ce sacrement supérieure à celle de la foi, je réponds, en cette foi, que je crois fermement et sans aucun doute qu’il est vrai Dieu et vrai homme, Fils de Dieu le Père et de la Vierge Marie. Aussi, je crois de tout mon cœur et je confesse de ma bouche tout ce que le prêtre (qui l’interrogeait) a affirmé au sujet de ce Très Saint Sacrement », répondit saint Thomas.

    Frère Tocco raconta que le saint « prononça d'autres paroles pleines de dévotion, dont les personnes présentes ne se souvenaient pas, mais que l'on pense être celles-ci : 'Adoro te praise', le premier vers du  bel hymne  « Adoro Te Devote » écrit par saint Thomas et généralement chanté lors de l'adoration eucharistique.

    La prière de Thomas d'Aquin avant sa mort

    Par la suite, le saint s'approcha du Saint-Sacrement et offrit cette prière : « Je te reçois, prix de la rédemption de mon âme, je te reçois, viatique de mon pèlerinage. Par amour pour toi, j'ai étudié, j'ai veillé et je me suis dépensé ; je t'ai prêché, je t'ai enseigné et je n'ai jamais rien exprimé contre toi, et si cela s'est produit, c'était involontaire et je ne persiste pas dans cette opinion. Et si j'ai dit quoi que ce soit de mal au sujet de ce Sacrement ou de quoi que ce soit d'autre, je me soumets entièrement à la correction de la sainte Église de Rome, à l'obéissance de laquelle je quitte maintenant cette vie. »

    Finalement, saint Thomas demanda avec ferveur à recevoir le sacrement de l'onction des malades le lendemain. Peu après, le 7 mars 1274, il rendit paisiblement son âme au Seigneur, à l'âge de 49 ans seulement.

  • Conseil de l'Europe : un projet de résolution vise à criminaliser les prières et les conversations avec les mineurs en tant que « pratiques de conversion »

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    De Stefan Fuchs sur le Tagespost :

    Vote dangereux au Conseil de l'Europe

    Atteinte aux libertés civiles : un projet de résolution vise à criminaliser les prières et les conversations avec les mineurs en tant que « pratiques de conversion ».

    27 janvier 2026

    Jeudi prochain, à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, la militante britannique LGBT+ Katharine Helen Osborne présentera une résolution demandant l'interdiction pénale des thérapies de conversion dans tous les États membres. Les thérapies de conversion sont définies comme l'ensemble des actions et tentatives visant à modifier, supprimer ou réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne.

    Selon la définition de la résolution, les « pratiques de conversion » sont des mesures visant à promouvoir l’attirance hétérosexuelle ou à aligner l’identité de genre sur le sexe assigné à la naissance. La résolution inclut parmi les mesures interdites des pratiques déjà prohibées (isolement, électrochocs, médication forcée et abus sexuels), ainsi que le « conseil psychologique » et les « pratiques spirituelles et religieuses ».

    Des prières assimilables à des méthodes de violence et de torture

    Cette résolution va bien au-delà de la « Loi sur la protection contre les thérapies de conversion » en vigueur en Allemagne depuis 2020. Cette loi criminalise « les interventions médicales et autres visant à modifier ou à supprimer délibérément l'orientation sexuelle ou l'identité de genre auto-déclarée d'une personne ».

    Toutefois, les troubles dits de l'orientation sexuelle (par exemple, l'exhibitionnisme, la pédophilie) sont exclus. Cette limitation n'apparaît pas dans la résolution, que les pédophiles pourraient également invoquer. De plus, la « Loi sur la protection contre les thérapies de conversion » a quelque peu atténué l'interdiction de « modifier ou de supprimer délibérément l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne » dans le cadre des « conseils pastoraux et psychothérapeutiques ». En revanche, la résolution assimile les « pratiques religieuses », telles que les prières, à des méthodes de maltraitance et de torture.

    L'orientation sexuelle et l'identité de genre perçue (« identité de genre ou expression de genre ») sont mentionnées indifféremment, sans distinction. En parfaite adéquation avec l'idéologie transgenre – également controversée chez les homosexuels –, il serait interdit de remettre en question les identités de genre subjectives. En particulier, les parents, thérapeutes et conseillers qui souhaitent aider les mineurs en crise d'adolescence à accepter leur sexe de naissance seraient sanctionnés. Ceci restreindrait drastiquement la liberté professionnelle des pédopsychiatres. Au lieu de se baser sur les constatations médicales, ils seraient incités à renforcer chez les adolescents le sentiment d'être prisonniers d'un « mauvais corps ».

    Ceux qui doutent de l'idéologie transgenre sont persécutés.

    Pire encore : contre leur conscience, ils seront contraints de fournir des traitements hormonaux et des interventions chirurgicales dites « d’affirmation de genre » à des jeunes. Toute critique de ces mutilations infligées à des jeunes sera criminalisée et considérée comme une atteinte aux droits humains des personnes transgenres. Cette résolution constitue une attaque frontale contre les libertés fondamentales : le droit des parents d’élever leurs enfants, la liberté de religion, la liberté des médecins et des psychologues de choisir leurs traitements et, plus généralement, le droit fondamental à la liberté d’expression.

    Si la résolution est adoptée par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe le 29 janvier, les militants LGBTI de toute l'Europe s'en serviront pour exiger des lois plus strictes contre les prétendues « pratiques de conversion » et pour lutter contre la liberté d'expression de toutes les personnes qui remettent en question l'idéologie transgenre. Il est à espérer que les députés démocrates-chrétiens prennent conscience de ce danger, car seul leur rejet unanime de la résolution pourra l'empêcher. 

  • De la futilité de la réforme liturgique (et pourquoi les séminaires ne sont pas la solution)

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    De Dom Alcuin Reid sur le Catholic Herald :

    26 janvier 2026

    De la futilité de la réforme liturgique (et pourquoi les séminaires ne sont pas la solution)

    Le document d'information du préfet du Dicastère pour le culte divin, préparé pour le consistoire des cardinaux et publié la semaine dernière, a suscité de nombreuses critiques, à juste titre. Il est pour le moins risible. Pourtant, ce n'est vraiment pas une question à prendre à la légère. En effet, compte tenu de son statut, il nécessite une analyse critique sérieuse.

    Cependant, Son Éminence a tout à fait raison lorsqu'il écrit que « l'application de la réforme a souffert et continue de souffrir d'un manque de formation » (n° 8). En effet, tout en insistant à juste titre sur le fait que « dans la restauration et la promotion de la liturgie sacrée, la participation pleine et effective [actuosa participatio] de tout le peuple est l'objectif à considérer avant tout autre ; car c'est la source première et indispensable d'où les fidèles doivent tirer le véritable esprit chrétien », la Constitution sur la liturgie sacrée du Concile Vatican II a ensuite insisté sur le fait qu'« il serait vain d'espérer réaliser [actuosa participatio] si les pasteurs eux-mêmes, en premier lieu, ne s'imprègnent pas profondément de l'esprit et de la puissance de la liturgie et ne s'engagent pas à donner des instructions à ce sujet. Il est donc primordial de veiller avant tout à la formation liturgique du clergé » (Sacrosanctum Concilium, 14).

    Cela signifie qu'une réforme liturgique, qu'elle soit ou non en continuité avec la tradition liturgique reçue, et soyons clairs, les Pères conciliaires appelaient à un développement de la liturgie dans la continuité, et non à la rupture radicale que nous avons connue, s'effondrerait, comme une maison bâtie sur du sable, si l'on ne s'attachait pas avant tout à poser les fondations solides nécessaires par une formation liturgique approfondie.

    Il ne s'agit pas là d'un révisionnisme « traditionaliste » ; c'est ce qu'ont affirmé les évêques du monde entier réunis au Concile Vatican II. Ils étaient conscients que tout espoir de réaliser la réforme qu'ils envisageaient, c'est-à-dire la participation effective à la liturgie sacrée, modérément réformée, était tout à fait vain si la formation liturgique n'était pas assurée en premier lieu.

    Plus de soixante ans plus tard, nous assistons au spectacle du préfet actuel du dicastère concerné affirmant allègrement que la réforme promulguée « a souffert et continue de souffrir » de l'absence de cette seule chose considérée comme essentielle. Il n'a pas dit que la réforme liturgique avait été infructueuse ou inutile, mais son aveu permet certainement d'examiner la question, tout comme la reconnaissance de ce même manque dans la lettre apostolique Desiderio Desideravi de 2022.

    Des études statistiques sérieuses indiquent qu'en Occident, la plupart des catholiques ne tentent même pas de participer à la liturgie, c'est-à-dire qu'ils ne vont tout simplement pas à la messe. Il y a certainement de nombreuses raisons à cela, mais la réalité est que le nouveau produit commercialisé comme la panacée ultime, spécialement conçu pour que « l'homme moderne » puisse participer pleinement et fructueusement, à savoir la liturgie moderne, n'a tout simplement pas rempli les bancs. Il faut faire quelque chose. Six décennies, c'est long pour un édifice qui manque de fondations nécessaires.

    Son Éminence reconnaît au moins « l'urgence de traiter » cette question. Il propose « des séminaires pour « donner vie à une formation des fidèles et à un ministère des pasteurs qui auront leur sommet et leur source dans la liturgie » (n. 8). Avec tout le respect que je dois au cardinal préfet et à ses rédacteurs, les séminaires ne sont pas la solution. Même si l'on peut ordonner au clergé d'y assister et inciter certains laïcs à y participer, ils ne feront guère plus que parler de la liturgie. Cela peut avoir certains effets positifs, mais en vérité, la formation liturgique passe par la pratique de la liturgie, et non par des discours à son sujet. L'« esprit et la puissance de la liturgie » dont Sacrosanctum Concilium insistait pour qu'ils imprègnent avant tout le clergé ne peuvent être transmis par l'imposition d'un régime de vaccination. Non, nous en venons à vivre et à nous nourrir de la liturgie sacrée par osmose, et non par inoculation.

    En étudiant cette question lors du congrès Sacra Liturgia 2013 à Rome, je me suis souvenu de la belle appréciation de cette réalité écrite par le cardinal Ratzinger, qui décrit comment il a été captivé par la liturgie dans sa jeunesse et comment il s'est progressivement éveillé à sa réalité grâce au don de missels bilingues à mesure qu'il grandissait :

    « Chaque nouvelle étape dans la liturgie était un grand événement pour moi. Chaque nouveau livre qui m'était offert était pour moi quelque chose de précieux, et je ne pouvais rêver de rien de plus beau. C'était une aventure passionnante que de pénétrer peu à peu dans le monde mystérieux de la liturgie qui se déroulait devant nous et pour nous là, sur l'autel. Il m'apparaissait de plus en plus clairement que je rencontrais ici une réalité que personne n'avait simplement imaginée, une réalité qu'aucune autorité officielle ni aucun grand personnage n'avait créée.

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  • Le pape Léon XIV rétablit-il le respect des procédures épiscopales ?

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    D'Ed. Condon sur The Pillar :

    Le pape Léon XIV rétablit-il le respect des procédures épiscopales ?

    La démission de l'évêque Syukur pourrait marquer un retour à la discipline canonique.

    La démission, la semaine dernière, de l'évêque Paskalis Bruno Syukur du diocèse indonésien de Bogor a surpris les catholiques du pays et de l'étranger.

    Cet homme de 63 ans n'avait aucun problème de santé et quittait ses fonctions sans aucune indication sur ce qu'il ferait ensuite.

    L'annonce par Rome de la nomination d'un administrateur apostolique intérimaire, plutôt que d'un successeur à Syukur, laissait penser que cette décision était due à des circonstances imprévues. Les déclarations de Syukur lui-même, affirmant avoir démissionné par « obéissance » au Saint-Siège, ont conduit beaucoup à penser que le pape Léon XIV lui avait demandé de se retirer.

    Bien sûr, la démission prématurée et superficiellement inexpliquée d'un évêque serait peut-être passée inaperçue si cet évêque n'avait pas déjà fait la une des journaux en 2024 lorsqu'il a refusé catégoriquement l'offre du pape François de le nommer cardinal — après que son nom ait déjà été annoncé.

    Au fur et à mesure que de plus amples détails émergeaient concernant le départ de Syukur, il est devenu clair que l'évêque avait un long et controversé parcours à la tête de son diocèse, et qu'il avait fait l'objet d'une visite apostolique dans les semaines précédant sa démission.

    Bien que Syukur ait clairement indiqué qu'il n'avait été reconnu coupable d'aucun acte répréhensible précis, sa démission a fait suite à un voyage à Rome au début du mois pour, comme il l'a dit, « expliquer » les allégations portées contre lui.

    La destitution de Syukur représente un déclin notable de la fortune épiscopale, passant de la nomination comme cardinal à la demande de démission en moins de 18 mois.

    Pour ceux qui tentent d'analyser les événements et de comprendre ce qu'ils peuvent révéler – le cas échéant – sur le changement de style de leadership et d'attentes entre François et Léon, l'affaire Syukur offre plusieurs interprétations possibles, dont n'importe quelle combinaison pourrait être la bonne.

    Mais ce qui semble être le cas, du moins jusqu'à présent, c'est que le pape Léon adopte une approche résolument transparente sur le plan procédural dans ses relations avec les évêques.

    Des accusations d'irrégularités financières ont également été portées, accusations fermement démenties par l'évêque. De plus, lors d'un incident notoire au niveau local, il a confié la gestion d'un hôpital catholique local à un conseil laïc, la retirant de fait à l'ordre religieux qui la gérait.

    Une visite apostolique, ordonnée par Rome mais menée par le président de la conférence épiscopale locale, a annulé plusieurs décisions controversées de l'évêque sans toutefois conclure (publiquement du moins) à une quelconque faute canonique de sa part. Mais, de l'avis général, cela n'a pas apaisé les tensions et, au contraire, selon certains membres du diocèse, a encore davantage éloigné l'évêque de ceux qui étaient censés être ses collaborateurs.

    La situation semble avoir atteint un point critique à la fin de l'année dernière lorsque Syukur a procédé à une purge massive de sa curie diocésaine, remplaçant tous ses membres en décembre. Cette décision a conduit certains membres du clergé local à adresser de nouvelles pétitions à Rome et à publier des lettres ouvertes exposant leurs préoccupations. L'évêque a ensuite été convoqué à Rome ce mois-ci pour donner sa version des faits et a démissionné quelques jours plus tard.

    Concernant les questions spécifiques liées à Syukur, il n'est pas déraisonnable de considérer son départ comme un signe que le pape Léon a une vision très différente de celle de son prédécesseur en matière de leadership épiscopal efficace.

    Les plaintes locales adressées à Rome concernant l'évêque sont certainement antérieures à l'élection du pape l'année dernière. De plus, en sa qualité de préfet du Dicastère pour les évêques, Léon XIV connaissait parfaitement les détails de cette affaire.

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  • Syrie, RDC, Turquie, Irak et Algérie: 5 priorités de l’ECLJ face à hausse de la persécution des chrétiens en 2025

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    Du site de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    Syrie, RDC, Turquie, Irak et Algérie: 5 priorités de l’ECLJ face à hausse de la persécution des chrétiens en 2025

    26 Janvier 2026

    En 2025, 388 millions de chrétiens ont été soumis à de fortes persécutions et discriminations en raison de leur foi, soit 1 chrétien sur 7 dans le monde, selon l’Index 2026 de l’ONG Portes Ouvertes. Alors que la persécution s’est encore aggravée pour la 13e année consécutive, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) continue sa mobilisation sur cinq pays clés: la Syrie, la République démocratique du Congo (RDC), la Turquie, l’Irak et l’Algérie.

    Un contexte mondial alarmant pour les chrétiens

    Les cinq premiers pays de l’Index 2026, soit les cinq plus hostiles envers les chrétiens, sont:

    1. La Corée du Nord
    2. La Somalie
    3. Le Yémen
    4. Le Soudan
    5. L’Érythrée

    Le rapport de Portes Ouvertes met en lumière plusieurs pays au cœur du plaidoyer de l’ECLJ auprès des institutions européennes et onusiennes, notamment la Syrie (6e), la République démocratique du Congo (29e), la Turquie (41e), l’Irak (18e), et l’Algérie (20e).

    Syrie: les chrétiens sous le nouveau pouvoir islamiste d’Ahmed al-Charaa

    La Syrie, classée 18e en 2025, figure désormais parmi les dix pays où les chrétiens sont le plus persécutés, atteignant la 6e place en 2026, ce qui témoigne d’une détérioration alarmante de la situation.

    Depuis la chute de Bachar al-Assad et la prise de pouvoir du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), les chrétiens de Syrie sont confrontés à une recrudescence dramatique des violences. Ils vivent désormais dans un climat de peur quasi permanent, marqué par des persécutions, des assassinats ciblés et des attaques répétées contre des églises. Le 22 juin 2025, un attentat suicide islamiste perpétré pendant la messe dans l’église Mar Elias à Damas a fait au moins 25 morts et plus de 60 blessés. La dégradation générale des conditions de vie — aggravée par la criminalité, la corruption, les discriminations religieuses et l’instabilité politique — pousse un nombre croissant de chrétiens à l’exode.

    Face à cette situation, l’ECLJ se mobilise régulièrement au Parlement européen, lors des conférences organisées par l’Intergroupe «Chrétiens du Moyen-Orient». Nous appelons les Européens à mobiliser des moyens concrets pour garantir la liberté religieuse des chrétiens syriens, et à les reconnaître comme des communautés vivantes et indispensables à la société, plutôt que comme des minorités exogènes à la nation. Le 4 août 2025, l’ECLJ a soumis au Conseil des droits de l’homme des Nations unies une déclaration écrite fondée sur des témoignages de première main, alertant sur la situation des chrétiens de Syrie depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Charaa et sur le risque de disparition du pluralisme religieux au profit d’un modèle de gouvernance islamiste centralisée. Dans ce contexte, l’ECLJ a également mené un entretien avec le Dr Jens Kreinath, anthropologue en contact étroit avec les communautés alaouites et chrétiennes orientales d’Antioche/Hatay, afin d’analyser la nature du régime post-Assad et ses conséquences pour les communautés chrétiennes.

    Congo (RDC) : les chrétiens massacrés par les islamistes des Forces démocratiques alliées

    La République démocratique du Congo remonte de six places et occupe désormais la 29e place dans l’Index de 2026, contre la 35e place en 2025.

    Les chrétiens font face à une persécution grave et croissante, en particulier dans l’est du pays (Nord-Kivu, Ituri) ravagé par des décennies de conflits armés dus au contrôle des ressources naturelles stratégiques, aux rivalités ethniques et aux tensions géopolitiques avec les pays voisins. La violence est largement alimentée par des groupes armés islamistes, parmi lesquels les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique, qui ciblent régulièrement des communautés chrétiennes à cause de leur foi.

    À la suite du massacre de plus de 70 chrétiens, perpétré le 15 février 2025 dans une église protestante du Nord-Kivu par des groupes islamistes, l’ECLJ a lancé un appel urgent à la justice et à l’action internationale. Nous avons saisi plusieurs mécanismes des Nations unies, dont les Rapporteurs spéciaux sur la liberté de religion et sur la torture, ainsi que l’Union européenne et l’Union africaine, afin d’exiger des démarches diplomatiques fortes et des poursuites contre les responsables en RDC. Parallèlement, l’ECLJ s’est mobilisé aux côtés de l’ONG congolaise Un Jour Nouveau, pour porter des témoignages et des données de terrain auprès des institutions internationales. Ces actions ont conduit à une contribution officielle adressée à la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les personnes déplacées internes, à une intervention devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et à des rencontres à Bruxelles avec des députés du Parlement européen, la Commission européenne et le Service européen pour l’action extérieure:

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  • Une nouvelle revue de théologie à ne pas manquer; elle s’intitule « Fidei Communio »

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Une nouvelle revue de théologie à ne pas manquer. Elle s’intitule « Fidei Communio »

    Difficile d’imaginer un nom plus aligné sur la vision du pape Léon pour une nouvelle revue de théologie que « Fidei Communio ». Et pourtant, cette revue a été imaginée et est née avant l’élection de Robert Francis Prevost sur la chaire de saint Pierre. Avec dans l’esprit de ses promoteurs la conviction que « si la ‘communion’ était le principal défi postconciliaire, la crise de la foi était l’urgence en matière d’horizon actuel de la pensée ecclésiale ». Exactement comme dans la devise augustinienne du pape actuel : « In Illo uno unum », tous unis dans l’unique Christ.

    Deux épais numéros de « Fidei Communio » sont déjà sortis, à un rythme semestriel, grâce au travail d’un éditeur italien spécialisé, Nerbini, qui est basé à Florence. Mais il a des ambitions internationales, et le contenu des articles est intégralement disponible sur le web pour les lecteurs du monde entier.

    Cette nouvelle revue a vu le jour en 2025, exactement cinquante ans après la parution d’une autre célèbre revue de théologie presque homonyme, « Communio », fondée en 1975 par les éminents théologiens qu’étaient Hans Urs von Balthasar, Henri de Lubac, Joseph Ratzinger et Louis Bouyer. Leur intention était alors de proposer à l’Église une réflexion théologique s’inscrivant dans le sillage de Vatican II, à travers l’interprétation correcte d’une « herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité de l’unique sujet Église » — comme allait le déclarer le pape Ratzinger – et non pas sous le prisme d’une « herméneutique de la discontinuité et de la rupture » prôné par la revue concurrente de l’époque, « Concilium », encore publiée en plusieurs langues à l’heure actuelle.

    La revue « Communio » est toujours publiée encore dans une douzaine de pays, mais plus en Italie ni en Espagne depuis une dizaine d’années. Alors que cette nouvelle revue a précisément vu le jour grâce à la fine fleur des théologiens italiens et espagnols des générations ayant suivi la fondation de la revue originale.

    Comme rédacteur en chef de « Fidei Communio », on retrouve Alessandro Clemenzia, de la Faculté Théologique d’Italie Centrale, à Florence. Tandis que le comité de direction se compose de deux professeurs de la Faculté de théologie Saint Isidore de Séville, Miguel Ángel Núñez Aguilera et Manuel Palma Ramírez, de Nicola Salato de la Pontifica Facoltà Teologica dell’Italia Meridionale, à Naples, et de Roberto Regoli, professeur à l’Université grégorienne de Rome.

    Notons au passage que le professeur Regoli, qui est un éminent historien de l’Église, n’est pas le seul auteur de la revue à ne pas être théologien, même s’il est plutôt doué en la matière, si l’on en juge par la manière dont il a su mettre ces deux compétences à profit dans l’analyse la plus fouillée à ce jour du pontificat de Benoît XVI, parue aux éditions Lindau en 2016 sous le titre « Oltre la crisi della Chiesa ».

    Et en effet, « Fidei Communio » entend donner de l’espace aux « religious studies », elle veut faire dialoguer la théologie avec d’autres milieux de la connaissance tels que l’histoire, le droit, la sociologie, la politologie, la littérature et les arts.

    On retrouve par exemple, dans le premier numéro de « Fidei Communio », des articles de la sociologue Cecilia Costa, de l’Université de Rome Trois, et du philosophe Paul Gilbert, de la Grégorienne, respectivement sur la religiosité catholique dans la culture contemporaine et sur l’intelligence artificielle. Tandis que le théologien José Granados compare la christologie avec l’anthropologie actuellement dominante.

    Dans ce premier numéro, on trouve également un « Forum » avec un débat sur les écrits d’ecclésiologie de Ratzinger entre le directeur de la revue et les historiens Regoli et Andrea Riccardi. Le professeur Regoli met directement le doigt sur la principale controverse qui divise aujourd’hui l’Église catholique, tiraillée entre une évolution sur le mode démocratique d’une part, à grand renfort de votes à la majorité sur les dogmes de la foi, et d’autre part la thèse de Ratzinger – partagée par Regoli – selon laquelle « la vérité ne peut pas être mise au vote », ni dans un concile, ni dans un synode, et encore moins dans une conférence épiscopale.

    On retrouve également ce thème très sérieux touchant directement à la vie de l’Église d’aujourd’hui, aggravé par la dérive du « chemin synodal » allemand, dans le second numéro de « Fidei Communio », avec un article de son rédacteur en chef Clemenzia sur « Sinodalità e riforma della Chiesa : alcuni spunti in dialogo con Joseph Ratzinger » et dans un « Forum » opposant le théologien Vito Impelizzeri et la célèbre canoniste Geraldina Boni sur le cri d’alarme lancé par un autre canoniste, Carlo Fantappié, face au processus confus vers une « Église synodale » lancé par le pape François.

    Mais le second numéro de « Fidei Communio » traite également un autre thème d’une brûlante actualité. Il s’agit du sens de l’histoire, entendue comme « histoire de l’Église », abordé par Regoli dans un article au titre en apparence paradoxal : « L’inutilità della storia della Chiesa. Ovvero la sua necessità » ; autant comme « théologie de l’histoire », telle que la retrace le théologien français Jean-Robert Armogathe – qui est également le coordinateur international de « Communio » — dans un article qui s’intitule « De la nécessité d’une théologie de l’histoire », dans lequel il expose les multiples lectures du « mystère de l’histoire » , à travers un prisme existentiel comme chez Rudolf Bultmann, à travers un prisme eschatologique comme chez Jean Daniélou, à travers la dialectique entre le « déjà là » du salut apporté par le Christ et le « pas encore » de son accomplissement définitif, pour conclure que dans tous les cas, « une théologie de l’histoire est la condition nécessaire d’une authentique théologie chrétienne » : une affirmation sans doute partagée par le pape Léon, avec sa vision augustinienne de la coexistence de la cité de Dieu et de la cité terrestre.

    Autant de thèmes engagés abordés par la revue « Fidei Communio ». Ajoutons cependant qu’ils sont délibérément exposés de manière claire et compréhensible même par des non-initiés, et de façon captivante sous certains aspects. Mais toujours avec une précision scientifique irréprochable, puisque chaque article passe au préalable par le crible d’un examen par les pairs.

    Sans négliger non plus un autre parallèle entre la naissance de « Fidei Communio » et du pape Léon, qui a lancé le 7 janvier un nouveau cycle de catéchèse du mercredi consacrée à une relecture du Concile Vatican II à travers ses documents. Autrement dit, du véritable concile, et pas de celui des médias.

    (Sur la couverture reproduite ci-dessus du premier numéro de « Fidei Communio », un détail de « Saint Augustin dans son étude », attribué au Caravage).

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Nouveaux massacres commis par les djihadistes de l'ADF dans l'est de la RDC

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/R.D. CONGO- Nouveaux massacres commis par les djihadistes de l'ADF dans l'est de la RDC

    26 janvier 2026
     

    Kinshasa (Agence Fides) – Au moins 25 personnes ont été tuées dans le Nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo, lors d'une série d'attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).

    Selon les informations communiquées par le colonel Alain Kiwewa, administrateur militaire du territoire de Lubero, « depuis la nuit du 24 janvier, les ADF ont terrorisé la population du village de Musenge, dans le territoire de Lubero, où ils ont incendié plusieurs maisons (presque tout le village), un centre de santé et une église catholique ». À l'heure actuelle, poursuit l'officier congolais, nous déplorons la mort de deux soldats, brûlés au point d'être méconnaissables. « Une grande partie de la population locale fuit vers la ville de Butembo, située à au moins 30 kilomètres. Le bilan actuel des victimes n'est que provisoire. Nous attendons des informations supplémentaires de la part des équipes de sécurité congolaises et ougandaises déployées dans la zone afin d'obtenir une évaluation complète ».

    Le village de Musenge fait partie du regroupement de Mwenye, où les attaques incessantes des djihadistes de l'ADF ont créé une situation d'insécurité profonde. Selon des sources de la société civile, les précédentes attaques dans la région ont déjà fait plus de 25 morts parmi les civils et provoqué l'incendie de 63 maisons.

    La grave instabilité qui règne dans la région de Mwenye a entraîné la fermeture de cinq centres de santé locaux, causant de graves difficultés à la population locale.

    Les ADF continuent également de frapper dans la province voisine d'Ituri, où au moins trois civils ont été tués dans la nuit du 24 janvier lors d'une double attaque dans les villages d'Ahombo et de Mangwalo, dans le territoire d'Irumu. Selon des sources locales, un nombre indéterminé d'habitants des deux villages visés ont également disparu.

    Depuis mai 2021, les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri ont été placées en état de siège (voir Fides 7/5/2021) afin de permettre aux Forces armées congolaises (Forces Armées de la République Démocratique du Congo FARDC) d'avoir les pleins pouvoirs afin de lutter contre les ADF et les autres groupes armés qui sèment la mort et la destruction dans ces deux régions depuis des décennies. Mais près de cinq ans après l'imposition de cette mesure, l'insécurité dans les deux provinces ne semble pas s'arrêter. Au contraire, selon le clergé régulier du diocèse de Bunia (capitale de l'Ituri), l'imposition du régime militaire a aggravé la situation (voir Fides 22/8/2025).

    (LM) (Agence Fides 26/1/2026)

  • Léon XIV ou l'art d'écouter

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : l'art d'écouter

    26 janvier 2026

    Avant le conclave qui a élu Robert Francis Cardinal Prevost OSA pour succéder au pape François sur le siège de Pierre, le légendaire journaliste spécialisé dans les affaires du Vatican John L. Allen Jr. – décédé la semaine dernière à l'âge de 61 ans – décrivait l'homme que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de pape Léon XIV comme un excellent auditeur qui savait habilement garder ses opinions pour lui.

    Le pontificat encore très jeune de Léon XIV met en effet en évidence le rôle central de l'écoute en tant que valeur fondamentale du leadership.

    Plutôt que de mettre en œuvre des changements radicaux dès son arrivée, Léon XIV adopte une approche mesurée face au paysage complexe du Vatican, apportant des réformes subtiles qui reflètent une préférence pour la compréhension et la patience plutôt que pour une transformation brutale.

    L'approche du pape concernant les nominations clés de son nouveau pontificat montre une certaine continuité. Bien que ces décisions soient attendues avec impatience, elles ont été prises avec parcimonie et sans fanfare. La dernière nomination notable remonte au 22 janvier : l'archevêque Roberto Maria Redaelli de Gorizia est devenu secrétaire du Dicastère pour le clergé.

    Âgé de 70 ans, Mgr Redaelli était président de Caritas Italia depuis 2019, ce qui laisse penser qu'il était connu – et recommandé au pape – par le cardinal Luis Antonio Tagle, préfet du Dicastère pour l'évangélisation. En réalité, le pape le connaissait peut-être aussi en tant que membre de la commission Delicta Riservata.

    Redaelli est avant tout un canoniste, et c'est une caractéristique qui semble dominer les choix de Léon XIV.

    Son profil est similaire à celui de Filippo Iannone, que Léon a nommé à la tête du Dicastère pour les évêques, et à celui du nouvel assesseur de la Secrétairerie d'État, Mgr Anthony Ekpo, surtout connu pour son livre sur la réforme de la Curie.

    Cela soulève une question clé : comment le style de leadership de Léon XIV, fondé sur l'écoute, s'est-il manifesté dans la pratique ?

    Tout d'abord, Léon XIV a démontré qu'il avait saisi l'essence même de certains des problèmes les plus urgents auxquels Rome est confrontée, et qu'il avait déjà une compréhension approfondie des questions fondamentales lorsqu'il est entré en fonction.

    À son arrivée à la Curie romaine en 2023, Prevost a immédiatement dû s'occuper de la réforme de la Curie souhaitée par le pape François et des ajustements nécessaires. Souvent, dans les discussions entre prélats de haut rang, il était précisément fait référence à un manque d'organisation, à la nécessité d'harmoniser la réforme avec le droit canonique et à la nécessité d'une restructuration.

    Leo XIV a jusqu'à présent choisi des canonistes aux connaissances éprouvées et a généralement – voire scrupuleusement – évité les personnalités en quête de notoriété dans ses choix pour les postes clés. Il a écouté, identifié les problèmes et cherché des solutions sans faire de bruit.

    Les décisions du pape ne laissent transparaître que très peu d'idéologie.

    La nomination de Redaelli s'est accompagnée des plaintes habituelles des partisans de la messe selon ce que nous appelions autrefois l'usus antiquior, qui s'empressent de souligner que Redaelli n'avait pas soutenu la libéralisation du rite. Mais cette question n'a pas été déterminante dans le choix du pape. La compétence personnelle et même l'estime générale ont été les critères centraux de cette nomination.

    Le pape François a souvent encouragé l'attention aux périphéries, allant même jusqu'à démanteler la tradition pour apporter de nouvelles perspectives au centre.

    Léon XVI, par nature, n'est pas un personnaliste, et ses premiers choix non seulement correspondent à son caractère et à son tempérament institutionnalistes, mais sont également marqués par son souci de maintenir un lien constant avec la tradition, y compris la tradition des symboles.

    La tradition est mémoire et héritage, et Léon XIV a immédiatement compris qu'au moins au Vatican, elle est cruciale.

    Pour sélectionner les responsables des dicastères, Léon XIV préfère les candidats issus d'Églises historiques, comme les récentes nominations italiennes : des canonistes élevés dans des traditions établies, indépendamment de leur idéologie.

    En fait, élargissant son raisonnement, Léon XIV a également choisi un Italien comme nonce en Israël et délégué apostolique en Palestine, appelant l'archevêque Giorgio Lingua pour succéder à l'archevêque Tito Yllana.

    Faire de l'origine géographique un enjeu n'est pas une attitude provincialiste.

    Le pape ne réitalianise pas la Curie, il la réinstitutionalise ; c'est pourquoi les récentes nominations tendent à favoriser les Églises ayant des traditions historiques plus profondes et des liens plus forts avec le centre.

    Cela signifie-t-il que le pape détourne son attention des périphéries pour la porter sur le centre ?

    Pas nécessairement.

    Cet équilibre entre le centre et la périphérie confirme encore davantage l'intuition de John Allen : Léon XIV dirige en écoutant et en s'abstenant de tout parti pris personnel, en se concentrant sur le discernement collectif. Ce que Léon XIV a accompli jusqu'à présent, c'est un rééquilibrage général de la Curie. Il n'y a eu qu'une seule purge, qui a concerné le Dicastère pour le clergé, où l'ancien secrétaire, André Gabriel Ferrada Moreira, a été envoyé comme évêque-archevêque de San Bartolomé Chillán, un diocèse de peu d'importance au Chili.

    La plupart des autres hauts fonctionnaires restent en place, à l'exception de quelques changements au Secrétariat d'État, concernant principalement le licenciement de l'assesseur.

    Dans l'ensemble, ces mesures reflètent une stratégie prudente. Jusqu'à présent, nous n'avons pas une idée claire de ce que le pape a l'intention de faire. Nous avons vu deux profils spécifiques choisis par le pape pour des postes à responsabilité : soit ce sont des canonistes experts (Redaelli a 70 ans, comme Iannone), soit ce sont des personnes en qui le pape a confiance, appelées non pas à des postes de haut niveau, mais à être proches du pape (c'est le cas du vice-régent de la Maison pontificale, l'augustinien Edward Daniang Daleng).

    Léon XIV a choisi le nouvel archevêque de Westminster, Richard Moth, parmi un groupe de candidats conservateurs, et le nouvel archevêque de New York, Ronald Hicks, parmi ceux considérés comme des médiateurs.

    Dans la nomination des évêques, le pape semble donc également privilégier l'écoute des Églises locales, en sélectionnant des candidats capables de servir de ponts et de surmonter la « guerre civile » qui a commencé dans l'Église avec Vatican II.

    C'est un pape de la nouvelle génération qui abordera de manière pragmatique de nombreuses divisions et se tournera vers l'expérience et la tradition lorsque les situations deviendront complexes, mais son pragmatisme est au service de l'Église en tant que réalité institutionnelle avec ses propres traditions, qui sont négligées ou rejetées à ses risques et périls.

    C'est du moins ce que nous indiquent les choix qu'il a faits au début de son pontificat.

    Aujourd'hui, après une période d'écoute et de rééquilibrage, des actions majeures semblent imminentes. Léon XIV a récemment rencontré les chefs des dicastères, alimentant les spéculations sur les nominations à venir alors que son pontificat commence véritablement.

    Nous verrons bien.

  • Hommage au cardinal Mercier (1851-1926) : thomiste, œcuméniste, mariologue

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    De sur le CWR :

    Hommage au cardinal Mercier (1851-1926) : thomiste, œcuméniste, mariologue

    Philosophe thomiste très respecté qui, en tant que cardinal, résista à l'occupation allemande pendant la Première Guerre mondiale, il était également connu pour ses efforts œcuméniques et ses pétitions en faveur d'une définition dogmatique de Marie comme Médiatrice de toutes les grâces.

    Statue du cardinal Désiré-Joseph Mercier (1851-1926) par Égide Rombaux, devant la cathédrale Saint-Michel-et-Gudule de Bruxelles. (Image : Wikipédia)
    Cette année marque le centenaire de la mort du cardinal Désiré-Joseph Mercier de Belgique, décédé le 23 janvier 1926.

    Prêtre, archevêque, cardinal

    Né en 1851 dans le Brabant, région francophone de Belgique, Mercier entre au séminaire diocésain en 1868 et est ordonné prêtre en 1874. Après des études supérieures à l'Université catholique de Louvain, il commence à enseigner la philosophie au petit séminaire de Malines en 1877. L'encyclique  Aeterni Patris du pape Léon XIII, publiée en 1879, apporte le soutien pontifical au renouveau du thomisme, et en 1882, Mercier est nommé professeur de philosophie thomiste à l'Université catholique de Louvain. Avec l'appui de Léon XIII, il fonde l'Institut supérieur de philosophie de Louvain et, en 1894, il lance la revue Néo-scolastique , qui vise à rapprocher la philosophie scolastique des sciences et de la pensée modernes. Figure majeure du renouveau néo-thomiste, Mercier est l'auteur d'ouvrages de métaphysique, de logique, de psychologie et d'épistémologie.

    En 1906, Pie X nomma Mercier archevêque de Malines (Malines, en Flandre), en Belgique. Par cette nomination, il devint primat de Belgique et pasteur d'environ 2,3 millions de catholiques et 3 000 prêtres. En termes d'effectifs, l'archidiocèse de Malines était alors le deuxième plus important au monde après celui de Milan.

    En 1907, Mercier fut nommé cardinal et rejoignit rapidement Pie X dans sa lutte contre le modernisme catholique. Bien qu'opposé aux modernistes, il restait ouvert au dialogue avec des penseurs accusés de modernisme, tels que Maurice Blondel et Marie-Joseph Lagrange, OP. Il prit également contact avec le prêtre jésuite moderniste et suspendu, George Tyrrell. Mercier invita Tyrrell dans son archidiocèse à condition qu'il accepte de soumettre tous ses écrits à son examen et à son approbation. Tyrrell rejeta cette condition et critiqua le cardinal belge, le qualifiant de représentant d'une conception « ultramontaine » dépassée qui étouffait le débat théologique.

    Durant la Première Guerre mondiale, Mercier résista à l'occupation allemande de la Belgique et fut finalement assigné à résidence. Sa lettre pastorale de Noël 1914,  Patriotisme et Endurance, fut accueillie avec enthousiasme non seulement en Belgique, mais aussi aux États-Unis, en Angleterre, en France et dans d'autres pays. Les évêques allemands, mécontents, accusèrent Mercier de violer la position de neutralité du Vatican. Benoît XV, cependant, admirait Mercier et soutint la libération de la Belgique comme condition à la paix. Après la guerre, Mercier reçut de nombreuses distinctions pour sa résistance héroïque à l'occupation allemande. Considéré comme le « pape du Nord », il accepta des invitations à donner des conférences en France, en Espagne, en Autriche, en Angleterre, aux États-Unis et au Canada. Il reçut des doctorats honoris causa, notamment de Harvard, de Princeton et de Yale, et participa au défilé de la victoire de 1919 à New York aux côtés du roi Albert de Belgique.

    Mercier est également resté dans les mémoires pour son soutien aux discussions œcuméniques avec les anglicans, connues sous le nom de Conversations de Malines. Soutenues par Lord Halifax d'Angleterre, ces discussions théologiques se déroulèrent à la résidence du cardinal Mercier entre 1921 et 1925. Bien que ces échanges se soient déroulés dans un climat amical, aucun accord ne put être trouvé sur la signification de la primauté papale ni sur d'autres questions. Le pape Benoît XV (r. 1914-1922) était au courant des Conversations de Malines. Il ne les critiqua jamais, mais ne les approuva jamais non plus. Pie XI (r. 1922-1939) était également informé de ces discussions œcuméniques. Admiratif pour Mercier, il attendit la mort du cardinal en 1926 pour y mettre un terme. Dans son encyclique de 1928,  Mortalium Animos, Pie XI réaffirma la conception catholique de la primauté papale et mit en garde contre les discussions œcuméniques susceptibles de relativiser la doctrine catholique.

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  • Des chrétiens du Mozambique victimes d’attaques islamistes

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    D'IFamNews :

    Des chrétiens du Mozambique victimes d’attaques islamiques

    22 janvier 2026

    Une vague de violence djihadiste a frappé le nord du Mozambique fin novembre 2025, lorsque des militants liés à la province de l’État islamique du Mozambique ont déclenché des attaques coordonnées, faisant au moins 22 morts parmi les chrétiens et forçant plus de 80 000 personnes à fuir leurs foyers. Cette agression brutale souligne la persécution incessante dont sont victimes les croyants dans les points chauds djihadistes, exigeant une condamnation mondiale et une action décisive contre l’islam radical.

    La terreur a commencé le 20 novembre dans le village de Primeiro de Maio, district de Muidumbe, où des assaillants armés ont fait irruption, tuant quatre civils et incendiant des maisons. La panique s’est propagée aux villages voisins de Nampanha et de Mapate, laissant des corps jonchant les ruines abandonnées tandis que les survivants s’enfuyaient dans les forêts ou vers un lieu sûr plus éloigné. Le 25 novembre, le carnage s’est étendu au district de Memba, dans la province de Nampula, avec quatre autres personnes tuées dans le village de Mazua. Les attaques se sont propagées au district d’Eráti, frappant Pavala, Sirissa, Nhage, Nahavara, Lúrio et Mazula, des maisons, des récoltes et des églises abandonnées du jour au lendemain.

    Des chasses de porte-à-porte ont ciblé les chrétiens, amplifiant le génocide religieux. Un résident déplacé s’est lamenté : « Des milliers de familles souffrent en essayant d’échapper aux terroristes. La plupart des maisons ont été brûlées et des gens ont été tués. » Un chef d’église local a fait écho au désespoir : « La situation est douloureuse. Les populations sont terrifiées et sans issue. »

    L’évêque Alberto Vera du diocèse de Nacala a capturé le chagrin : « Ce fut une semaine de terreur et de grandes souffrances. Les parents et leurs enfants ont dû fuir vers des lieux plus sûrs. La terreur règne dans tout le district. Des gens ont été tués. » Il a affirmé la solidarité de l’Église : « Ce sont des familles, des enfants et des personnes âgées qui veulent seulement vivre en paix. L’Église souffre avec eux et marche avec eux, même lorsque tout leur a été enlevé. »

    Cette atrocité révèle l’échec à freiner les affiliés de l’EI qui ravagent l’Afrique, du Mozambique au Nigeria, où des groupes similaires comme l’ISWAP prospèrent dans l’impunité. Alors que les dirigeants occidentaux tergiversent, les communautés fidèles endurent le massacre : il est temps d’armer les alliés, de sanctionner les facilitateurs et de donner la priorité à la liberté religieuse plutôt qu’à l’apaisement.