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Actualité

  • L’« invasion » de migrants à Ceuta divise les évêques espagnols

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    D'Edgar Beltrán sur le Pillar :

    L’« invasion » de migrants à Ceuta divise les évêques espagnols

    Les évêques espagnols sont profondément divisés quant à leurs réactions face à l'afflux récent de migrants sans papiers en provenance du Maroc vers la ville autonome espagnole de Ceuta.

    Le président de la Conférence des évêques espagnols a qualifié l'afflux de migrants de la semaine dernière d'« invasion », un contraste frappant avec l'accent mis par le diocèse local sur une réponse humanitaire aux migrants.

    La semaine dernière, plus de 80 000 personnes ont franchi la frontière marocaine pour se rendre à Ceuta en quelques heures, selon les autorités espagnoles, submergeant cette ville de seulement 83 000 habitants.

    Selon les médias, l'afflux de migrants serait dû en partie à de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux, laissant entendre que la frontière avait été ouverte. L'identité des personnes à l'origine de ces publications reste inconnue.

    La grande majorité des migrants sans papiers sont retournés au Maroc après que les autorités espagnoles ont annoncé qu'ils ne seraient pas autorisés à rester. Cependant, environ 7 000 personnes sont restées à Ceuta, dont un millier de mineurs.

    L'archevêque Luis Argüello de Valladolid, président de la Conférence des évêques espagnols, a déclaré le 2 août sur twitter.com que l'afflux de migrants s'inscrivait dans une stratégie politique plus large.

    « On joue avec la vie et on instrumentalise les gens – leurs rêves, leur faim, leur sexualité, leurs données – au service de l’argent et du pouvoir. Les migrations font partie intégrante de cette stratégie. L’invasion de Ceuta est un test. La démographie est une arme », a-t-il déclaré.

    L’ampleur de la dernière vague de migrants a suscité des réactions similaires de la part d’autres responsables de l’Église, qui ont mis en garde contre les motivations politiques derrière cette vague migratoire, tout en soulignant la nécessité de prendre soin des migrants concernés.

    L’archevêque José Rodríguez Carballo, OFM, de Mérida-Badajoz, a imputé la crise aux mafias locales du trafic et a déclaré qu’« il serait très triste d’essayer de tirer un avantage politique d’une grave situation humanitaire ».

    Il a fait référence à un article de l'archevêque émérite Santiago Agrelo de Tanger, qui suggérait que la vague de migrants avait été « provoquée par des intérêts politiques », mais a ajouté que « ces milliers de personnes manipulées et exploitées ne sont, pour le croyant, pas un sujet d'analyse politique ou idéologique, mais un sujet de compassion. Cette multitude ne peut recevoir que notre miséricorde. »

    Les évêques espagnols se sont généralement montrés favorables aux migrants.

    Le diocèse de Cadix et Ceuta a annoncé le 31 juillet, dans un communiqué, que les collectes du dimanche seraient intégralement reversées à la délégation diocésaine chargée des migrations. Il a ajouté être en contact avec les institutions civiles afin de contribuer à l'atténuation de la crise.

    Le directeur du département des migrations de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, le père Fernando Redondo Pavón, a affirmé dans une interview que la vague massive de migrants « n'avait rien à voir avec la régularisation extraordinaire » des immigrants illégaux votée par le gouvernement espagnol plus tôt cette année.

    Cette mesure, soutenue par la Conférence des évêques espagnols, a permis la régularisation de plus de 600 000 migrants. Des voix critiques locales craignaient qu'elle n'attire davantage d'immigration clandestine.

    D'autres responsables catholiques, quant à eux, ont adopté une approche plus franche face à la récente vague de migrants.

    Andrea Riccardi, fondateur de la communauté de Sant'Egidio, a déclaré dans une interview : « Nous avons besoin de migrants, pas de frontières fermées. »

    Il a toutefois reconnu avoir soupçonné une possible motivation politique derrière la dernière vague migratoire.

    « Il ne s'agit pas d'une arrivée comme les autres. C'est un véritable exode des damnés de la terre, ce qui laisse supposer qu'une organisation est derrière tout cela. Le Premier ministre Sánchez a évoqué des organisations mafieuses », a-t-il déclaré.

    De son côté, l’archevêque Emilio Rocha, OFM de Tanger, a rejeté cette idée, affirmant que « les mafias n’agissent pas ici, car elles agissent pour de l’argent, et les jeunes hommes qui traversent la frontière ne paient personne [pour le faire] ».

    Il a également critiqué l'idée selon laquelle les gens fuient une pauvreté extrême, affirmant que « le Maroc n'est pas un pays pauvre, ce n'est pas un pays où les jeunes fuient la faim ».

    Fernando Sotomayor, directeur de Caritas Ceuta, a déclaré dans une interview du 5 août que « la plupart de nos ressources sont destinées à 450 familles vulnérables de Ceuta, [nous nous occupons d'abord] des populations locales ».

    « C’était horrible… Les deux premiers jours ont été très compliqués. Nous avons constaté les dégâts causés par les migrants ; toutes les ONG ont agi du mieux qu’elles ont pu et avec les ressources dont elles disposaient. »

    Sotomayor a déclaré qu'un nombre important de migrants encore présents à Ceuta proviennent de pays autres que le Maroc, raison pour laquelle ils ne peuvent être renvoyés dans leur pays, et a demandé davantage de ressources pour participer aux efforts d'aide.

    La ville de Ceuta est sous souveraineté espagnole depuis 1640, date à laquelle elle est restée fidèle à la Couronne espagnole après le rétablissement de l'indépendance du Portugal. Elle était déjà sous domination portugaise depuis 1415, suite à sa conquête sur le sultanat mérinide.

    Son incorporation à l'Espagne est antérieure à l'avènement de la dynastie alaouite, qui établit la maison régnante du Maroc actuel au XVIIe siècle.

    Malgré cette longue histoire de domination ibérique, le Maroc continue de revendiquer sa souveraineté sur Ceuta et Melilla, une autre enclave espagnole sur la côte nord-africaine.

    Cela a incité de nombreuses personnes en Espagne, de tous bords politiques, à suggérer que le gouvernement marocain était à l'origine de la vague migratoire.

    Une situation similaire s'est produite, à plus petite échelle, en 2021, lorsque 8 000 migrants ont franchi la frontière, les médias locaux pointant du doigt « un relâchement évident des contrôles par les autorités marocaines » comme un facteur majeur de cette augmentation du nombre de migrants.

  • Alois, le prince de la vie qui défend les enfants contre l'avortement

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    Alois, le prince de la vie qui défend les enfants contre l'avortement

    Dans la principauté de Vaduz, capitale, la gauche modérée et les féministes ont lancé une campagne de pétition pour un référendum sur la légalisation de l'avortement. Mais le prince héritier et régent a déjà annoncé qu'en cas d'approbation, il y opposerait son veto. Un exemple de souverain qui exerce son pouvoir pour le bien commun.

    6/08/2026

    Le prince Alois de Liechtenstein à la COP28 - 1er décembre 2023 (AP via LaPresse)

    Nous sommes au Liechtenstein. En juin, le parti d'opposition de centre-gauche Freie Liste (Liste libre) et des groupes féministes tels que Femmes en bonne santé et le Réseau des femmes ont lancé l'initiative « Liberté pour le Liechtenstein » (Fristenlösung für Liechtenstein, Liberté pour le Liechtenstein), proposant un référendum sur la légalisation de l'avortement. Cette initiative inclurait la possibilité d'avorter jusqu'à la douzième semaine de grossesse, la mise à disposition d'informations médicales encourageant l'avortement et la prise en charge des frais liés à l'intervention par l'assurance maladie. Le 31 juillet, les initiatrices ont déposé 4 970 signatures auprès de la Chancellerie du gouvernement, soit largement le nombre requis pour la tenue du référendum. Au Liechtenstein, l'avortement est interdit sauf dans les cas suivants : si la vie de la mère est en danger, s'il existe un risque d'atteinte grave à sa santé, en cas de viol ou si la mère a moins de 14 ans. De plus, toute forme de publicité pour l'avortement est interdite. Il convient d'ajouter que depuis 2015, les femmes qui se rendent à l'étranger pour avorter (une quarantaine en moyenne) ne sont plus poursuivies en justice.

    Gabriella Alvarez-Hummel, militante pro-choix, a écrit dans le Guardian qu'elle et ses camarades avaient réussi à convaincre 4 970 personnes, mais qu'il ne leur restait plus qu'à convaincre un seul homme, car sans son consentement, même un référendum avec 100 % de « oui » ne pourrait jamais être promulgué. Cet homme décisif est le prince héritier Alois, régent de son père. En effet, dès le mois de juin, le prince avait fait savoir que, si le référendum était adopté, il y opposerait son veto, empêchant ainsi l'adoption de toute loi pro-avortement. Son service de communication a précisé que « la principale raison réside dans le fait que les dispositions relatives à l'interruption de grossesse ne protègent pas suffisamment le droit fondamental à la protection de la vie ».

    En 2011, le camp pro-avortement est parvenu à faire adopter un référendum sur l'avortement. Mais le résultat fut catastrophique : 52,3 % des votants se sont déclarés contre la légalisation. À cette occasion, le prince héritier a de nouveau déclaré que même en cas de victoire du « oui », il s'opposerait à son vote. Suite à cet échec, et conscients que la prise de position du prince avait influencé le vote des citoyens, un autre référendum a été organisé en 2012. Cette fois, il ne portait pas sur la légalisation de l'avortement, mais sur le principal obstacle à sa légalisation : le droit de veto du prince. Ce fut un désastre pour ses partisans : 76,1 % des votants se sont prononcés contre la suppression de ce droit. Les pouvoirs du souverain sont intouchables. En 2016, les opposants à l'avortement ont également proposé un référendum pour interdire l'avortement dans tous les cas, mais 81,3 % des votants ont décidé de ne pas modifier le cadre légal qui, comme nous l'avons vu, autorise l'avortement dans certains cas.

    Deux brèves réflexions. La première : Francesco De Gregori chantait « Nous sommes l'Histoire ». Or, la plupart du temps, c'est faux. Ce ne sont pas les masses qui font l'histoire, mais les élites, les technocraties, les oligarchies qui exercent une influence sur la société, et souvent, des individus qui les dirigent. Le facteur décisif est fréquemment un homme politique, un penseur, un financier, un banquier, un émir, ou un petit groupe de ces personnes qui s'allient. Et là encore, il arrive souvent que leurs décisions ne soient pas dans l'intérêt du peuple. Le veto du prince Alois confirme qu'un seul homme peut façonner l'histoire d'un pays, mais cette fois-ci, sa décision était prise pour le bien commun. Par le passé, cet homme a déjà sauvé des centaines d'enfants de l'avortement, contribuant ainsi à un changement significatif. Il a marqué l'histoire.

    Deuxième réflexion : on croirait lire un conte de fées, mais le plus beau jamais écrit, car il est vrai. Nous avons un prince qui se bat pour les plus vulnérables et les plus fragiles, pour les enfants. Un prince qui n'a pas peur d'aller à contre-courant, qui ne craint pas d'être dépouillé de son pouvoir, car il sait qu'aucune autorité humaine ne peut lui ravir ce qui lui appartient de droit divin. Un prince qui ne cède ni au compromis, ni à un pragmatisme sordide, mais un prince de principes, un prince de la vie. Aujourd'hui, plus que jamais, c'est ce dont les hommes ont besoin : des hommes de courage, d'intégrité, fidèles à des valeurs qui les transcendent, irréductibles, forts et tenaces, prêts à payer le prix fort pour leurs choix. Et tout homme dont l'armure intérieure rayonne de ces vertus est déjà un prince.

  • Didier Decoin, le romancier qui savait qu' « il fait Dieu »

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    Didier Decoin, le romancier qui savait qu' « il fait Dieu »

    Didier Decoin est mort le 5 août 2026 à l’âge de 81 ans. Prix Goncourt 1977 pour John l’Enfer, scénariste prolifique, président de l’Académie Goncourt de 2020 à 2024, il laisse une œuvre abondante et un souvenir littéraire fort. Mais ceux qui l’ont connu de près, ou qui l’ont lu attentivement, savent qu’un autre fil traversait toute sa vie : une foi soudaine, radicale et jubilatoire, née d’une nuit de septembre dont il n’a jamais cessé de parler.

    Né le 13 mars 1945 à Boulogne-Billancourt, fils du cinéaste Henri Decoin, il commence très jeune une double carrière de journaliste et d’écrivain. À vingt ans, son premier roman est déjà publié. Athée convaincu, comblé par le travail et la vie, il ne cherche rien. Un soir de 8 septembre — année qu’il a toujours laissée indéterminée —, vers onze heures, dans la maison de campagne familiale, il se brosse les dents. Une intuition claire le traverse : Dieu n’existe pas. Il se dirige vers sa table de nuit pour noter cette évidence. Dans le temps de ce court trajet, tout bascule. Sans vision, sans voix, sans rien de spectaculaire, une certitude inverse s’impose : Dieu est, il est vivant, et il entre avec lui dans une relation d’amour. Une joie « brûlante, inhumaine », trop grande pour être contenue, le jette à genoux. Il passe la nuit entière dans une prière sans mots. Au matin, il formule la phrase qui deviendra le titre de son livre : « Il fait Dieu. »

    Cette expérience, qu’il préfère appeler « révélation » plutôt que « conversion » (le second mot lui semblait trop flatteur), change tout. Il explore d’abord le judaïsme, l’islam et les spiritualités orientales, cherchant à retrouver cette présence. C’est finalement le christianisme, et particulièrement la personne du Christ, qui le retient. Les Évangiles deviennent « ses protéines quotidiennes ». L’Eucharistie, la Résurrection, la Trinité prennent pour lui un sens concret et joyeux. Il fréquente les églises — parfois plusieurs fois par jour —, prie partout, et affirme n’avoir plus jamais eu peur de la mort. Ses relations aux autres se transforment : chaque visage lui apparaît comme une parcelle d’éternité.

    En 1975, il publie Il fait Dieu, récit bref et brûlant de cette nuit. Plus tard viendront Jésus le Dieu qui riait, le Dictionnaire amoureux de la Bible, et un ouvrage sur Élisabeth de la Trinité, mystique à laquelle il se sentait lié. Sa foi n’était ni austère ni triste. Elle était jubilatoire. Il répétait volontiers que l’on rencontre le Christ dans l’autre, et que Dieu n’est pas un concept mais une expérience vivante.

    Jusqu’à la fin, Didier Decoin a porté cette évidence avec la même élégance et la même liberté qu’il mettait dans ses romans. Pour lui, ce n’était plus croire : c’était savoir. Et ce savoir, reçu un soir ordinaire en se brossant les dents, n’a jamais faibli.

  • L’Eucharistie et la Liturgie des Heures sont le « souffle » de la vie de l’Église (Catéchèse de Léon XIV)

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    LÉON XIV

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Basilique Saint-Pierre
    Mercredi 5 août 2026

    ________________

    Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II III. La Constitution dogmatique Sacrosantum Concilium 5. La prière de l'Église

    Frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Dans cette catéchèse, nous reprenons la réflexion sur la Constitution conciliaire sur la liturgie Sacrosanctum Concilium (SC). Aujourd’hui, nous nous attardons sur la dimension ecclésiale de la prière liturgique.

    Comme le suggère l’apôtre Paul, c’est l’Esprit Saint qui nous enseigne à prier. Depuis le jour de la Pentecôte, l’Esprit habite l’Église, inspirant chacune de ses activités et, en particulier, la prière. La vie de la première communauté, née à Jérusalem après la Pâque de Jésus, est une vie dans l’Esprit donné par le Seigneur ressuscité. « Depuis lors – dit le Concile –, l’Église n’omit de se réunir pour célébrer le mystère pascal ; en lisant « dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc 24, 27), en célébrant l’Eucharistie dans laquelle « sont rendus présents la victoire et le triomphe de sa mort » et en rendant en même temps grâces « à Dieu pour son don ineffable » (2 Co 9, 15) dans le Christ Jésus « pour la louange de sa gloire » (Ep 1, 12) par la puissance de l’Esprit Saint. (SC, 6).

    À notre époque, dans des contextes dominés par une mentalité axée sur l’efficacité et la consommation, la prière peut sembler inutile et dérisoire. Dans un monde où la science et la technique prétendent apporter toutes les réponses, prier peut apparaître comme une forme d’évasion. De plus, même dans de nombreuses familles chrétiennes, la tradition de la prière ne se transmet plus, tandis que beaucoup de personnes risquent de la confondre avec une technique parmi d’autres, de nature psychologique et visant le bien-être personnel. La prière, en revanche, en tant que dimension fondamentale de notre humanité, mérite d’être redécouverte dans sa vérité.

    La Constitution Sacrosanctum Concilium a pris cette exigence au sérieux. Et cela réjouissait profondément le pape saint Paul VI qui, en promulguant ce premier document approuvé par le Concile Vatican II, affirmait : « Dieu à la première place ; la prière, notre première obligation ; la liturgie, première source de la vie divine qui nous est communiquée, première école de notre vie spirituelle » (Discours, Basilique Saint-Pierre, 4 décembre 1963).

    Dans la Constitution, en effet, le terme « la prière » désigne l’ensemble de la liturgie. Cette perspective est déterminante, car elle a orienté la réforme liturgique en plaçant la participation active des fidèles au cœur de celle-ci. La liturgie est présentée avant tout comme le lieu de la rencontre, de l’initiative de Dieu qui se fait proche de l’humanité en son Fils, « le Verbe fait chair, oint par le Saint-Esprit » (SC, 5), à laquelle nous pouvons répondre « par le Christ, avec le Christ et dans le Christ, dans l’unité du Saint-Esprit », c’est-à-dire grâce à la « prière que le Christ, uni à son Corps, élève vers le Père » (SC, 84).

    C’est pourquoi saint Paul VI désirait ardemment que la Liturgie des Heures, c’est-à-dire la prière publique quotidienne de l’Église, inséparable de l’Eucharistie, imprègne profondément, ravive, guide et exprime toute la prière chrétienne et alimente efficacement la vie spirituelle du peuple de Dieu (cf. Const. ap. Laudis canticum).

    Pour que ce désir se réalise, la Liturgie des Heures demande à être de plus en plus accueillie et vécue dans la vie quotidienne des baptisés et des communautés. À tant de personnes qui veulent apprendre à prier, en particulier aux catéchumènes, elle peut offrir le chemin et l’école de la prière chrétienne.

    Chaque semaine et chaque jour, l’Eucharistie et la Liturgie des Heures sont le souffle de la vie de l’Église qui fait circuler l’Esprit Saint dans son Corps. Dans cette prière, le Christ « s’adjoint toute l’humanité et se l’associe dans ce divin cantique de louange. » (SC, 83) ; ainsi, jour après jour, nous sommes toujours plus associés au mystère pascal et conformés à Lui.

    Saint Augustin affirme : « Lorsque nous parlons à Dieu dans la prière, nous ne devons pas séparer de lui le Fils ; et lorsque le corps du Fils prie, qu’il ne se sépare pas de sa propre tête ; que ce soit donc le même et unique Sauveur de son corps, notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, celui qui prie pour nous, qui prie en nous et qui est prié par nous. Il prie pour nous comme notre prêtre ; il prie en nous comme notre chef ; il est prié par nous comme notre Dieu. Reconnaissons donc en lui notre voix, et sa voix en nous » (Enarr. in psalmum LXXXVPL 37, 1081).

    Liée à l’Eucharistie, dont elle prolonge la lumière, la Liturgie des Heures sanctifie le temps de notre vie quotidienne : le matin, nous commençons la journée avec foi et gratitude ; à midi, nous demandons la force de rester fidèles au milieu des épreuves ; le soir, une fois le travail terminé, les Vêpres accompagnent le moment du coucher du soleil ; la nuit, nous nous endormons en nous en remettant à la paix de Dieu. Chaque heure est un acte d’espérance : au cours de notre pèlerinage terrestre, nous veillons en attendant, avec toute l’Église, le retour glorieux du Seigneur.

  • Mais c'est quoi, l’« état de nécessité » ?

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    De Roberto de Mattei sur Corrispondenza Romana :

    Mais qu’est-ce que l’« état de nécessité » ?

    Il est important de clarifier d'emblée un point fondamental : l'expression « état de nécessité » ne doit pas être confondue avec la grave crise qui affecte actuellement l'Église. Cette crise est un fait historique et sociologique indéniable : certains en font remonter les origines au pape François, d'autres à l'ère post-conciliaire, et d'autres encore au concile Vatican II. Ces références historiques contiennent une part de vérité, mais le phénomène est plus vaste et plus ancien dans le temps. Déjà, saint Pie X, dans son encyclique prophétique Pascendi dominici gregis du 8 septembre 1907, diagnostiquait l'existence des graves maux qui pénétraient l'Église par le biais du modernisme. Le professeur Plinio Corrêa de Oliveira, dans son ouvrage désormais classique Révolution et Contre-Révolution , publié en 1959, a inscrit cette crise dans le cadre d'un processus séculaire qui a débuté avec la dissolution du christianisme médiéval. Romano Amerio, dans son Iota unum… L’ouvrage « Étude des changements survenus dans l’Église catholique au XXe siècle » , publié en 1985, offrait un diagnostic large et pénétrant des maux qui affectaient l’Église à cette époque. La même année, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, publiait, avec Vittorio Messori, le « Rapport sur la Foi » , tirant la sonnette d’alarme quant à l’état du catholicisme contemporain. Devenu pape Benoît XVI, il consacra la dernière année de son pontificat à la crise de la foi. Depuis lors, la situation s’est considérablement aggravée, et seuls ceux qui étaient spirituellement ou intellectuellement aveugles pourraient nier l’évidence de cette crise.

    Le fait historique d'une crise très grave au sein de l'Église ne coïncide pas, cependant, avec la catégorie juridico-morale de « l' état de nécessité ». Ce sont deux notions distinctes qu'il ne faut pas confondre. L'état de nécessité présuppose une situation exceptionnelle, sans toutefois s'y réduire. Il s'agit d'une institution de théologie morale et de droit, élaborée pour réguler les situations extraordinaires où l'observance ordinaire de la loi semble entrer en conflit avec le bien que la loi elle-même vise à protéger. Une crise ecclésiale peut certes constituer le contexte dans lequel se pose la question de l'état de nécessité, mais entre la situation historique et le jugement moral et juridique, il existe une étape supplémentaire, qui exige prudence et une évaluation rigoureuse des faits.

    La doctrine morale définit l'état de nécessité comme la situation dans laquelle une personne, pour éviter un mal grave, imminent et inévitable, accomplit un acte qui, en temps normal, serait illicite ou interdit. Autrement dit, il ne s'agit pas tant de la situation extérieure elle-même que du jugement prudentiel de la personne qui doit agir dans cette situation. C'est pourquoi l'état de nécessité naît de la rencontre entre une situation exceptionnelle et la responsabilité personnelle de celui qui doit décider de la conduite à tenir. La crise peut être objective ; l'état de nécessité, en revanche, concerne l'appréciation subjective de l'action concrète à entreprendre face à cette crise.

    Le Code de droit canonique de 1983 traite expressément de cette question dans les canons 1323 et 1324. Le canon 1323 établit qu'aucune peine n'est infligée à quiconque a enfreint une loi « lorsqu'il y est contraint par une crainte grave, même relative, ou par nécessité ou grave inconvénient, à moins que l'acte ne soit intrinsèquement mauvais ou ne cause un préjudice aux âmes ». Cette norme ne crée pas de dérogation arbitraire à la loi, mais reconnaît que des circonstances exceptionnelles peuvent survenir dans lesquelles la responsabilité juridique cesse ou est atténuée.

    Une première caractéristique de l'état de nécessité est son caractère essentiellement exceptionnel et temporaire. Il survient en réponse à une situation spécifique et limitée dans le temps. Il ne peut se transformer en condition permanente, ni constituer un régime ordinaire de gouvernement ou de vie ecclésiale. Si la nécessité devenait permanente, elle cesserait d'être une véritable « exception » et viderait finalement de son sens la discipline ordinaire de l'Église.

    Une crise historique peut s'éterniser pendant des décennies ; un état de nécessité, en revanche, concerne des actions spécifiques, menées dans des circonstances particulières, pour faire face à un danger concret et immédiat. La crise fournit le contexte ; l'état de nécessité est le jugement prudentiel qui peut, dans des cas strictement définis, justifier ou excuser une ligne de conduite donnée.

    Enfin, il existe une limite insurmontable, sur laquelle insistent tant la théologie morale que le droit canonique. Un état de nécessité ne saurait justifier un acte intrinsèquement mauvais. Le principe formulé par saint Paul et constamment réaffirmé par le Magistère de l’Église s’applique ici : il n’est jamais licite de faire le mal pour qu’il en résulte du bien : « non sunt facienda mala ut veniant bona » ( Rm 3, 8). Certains actes, par leur objet moral même, demeurent toujours illicites, quelles que soient les circonstances et le contexte historique.

    C’est précisément sur ce point que porte le débat théologique et canonique. Un acte accompli en vertu d’un état de nécessité ne saurait contredire les principes du droit divin ni les normes qui, par leur nature même, ne permettent aucune dérogation. Or, les consécrations épiscopales sans mandat et contre la volonté du Pape ont pour but la création d’une entité indépendante du Pontife romain et des évêques en communion avec lui. Mais cela est intrinsèquement illicite, quelles que soient les circonstances historiques invoquées pour justifier l’acte.   

    Le véritable enjeu n'est donc pas de savoir s'il existe ou non une crise au sein de l'Église, dont l'existence est manifeste pour tous. La question cruciale est ailleurs : est-il moralement et juridiquement licite, même face à une crise très grave, de commettre un acte qui viole la constitution hiérarchique de l'Église, telle qu'établie divinement par Jésus-Christ, rejetant de fait la primauté de la juridiction du Pontife romain et introduisant une pratique étrangère à la tradition bimillénaire de l'Église ?

    Si tout cela n’est pas clair, « l’ état de nécessité » risque de n’être qu’un état de confusion. 

  • L'offensive chinoise à l'exportation transforme l'Europe en décharge

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    De Marco Respinti sur Bitter Winter :

    L'offensive chinoise à l'exportation transforme l'Europe en décharge.

    5 août 2026

    Un déséquilibre commercial abyssal, la manipulation des devises et des subventions massives révèlent comment Pékin contourne les règles internationales tout en ignorant les préoccupations européennes en matière d'équité, de sécurité et de droits de l'homme.

    Un déséquilibre de plus en plus intolérable. Généré par l'IA.
    Un déséquilibre de plus en plus intolérable. Généré par l'IA.

    Les violations des droits de l'homme et les violations des règles commerciales équitables sont profondément liées, et toutes deux révèlent la nature d'un régime qui bafoue systématiquement le droit international.

    La deuxième édition de la Conférence UE-Chine, qui s'est tenue à Pékin le 12 mai, a offert une plateforme de dialogue constructif et ouvert entre les acteurs de l'Union européenne et de la Chine sur les relations commerciales, permettant de réduire les divergences de points de vue et d'attentes. Le dialogue a été présenté comme la seule voie possible pour garantir des relations commerciales justes et équilibrées entre la Chine et les pays de l'UE.

    Pourtant, face à un déficit commercial de l'UE avec la Chine qui devrait atteindre environ 400 milliards d'euros en 2025, il est apparu clairement lors de la conférence que les relations UE-Chine étaient tendues et que les surmonter, « au-delà du point de non-retour », thème central de la conférence, ne serait pas chose aisée. Au contraire, l'UE et la Chine pourraient bien se diriger vers une guerre commerciale dans les prochains jours.

    Le déficit commercial important de l'UE avec la Chine n'est pas dû à un manque de compétitivité globale de l'UE. Avec le reste du monde, l'excédent commercial global de l'UE s'élevait à 164,6 milliards d'euros en 2025. Alors, où réside le problème avec la Chine ? Dans la politique agressive de croissance tirée par les exportations menée par Pékin. Deux facteurs ont conduit la Chine à adopter cette stratégie : la faiblesse de la demande intérieure, que le gouvernement communiste n'est pas parvenu à relancer, et la protection du marché américain par des droits de douane sur les exportations chinoises. La Chine a désormais trouvé en l'UE un débouché idéal pour ses excédents de production.

    Le Parti communiste chinois ( PCC ), au pouvoir, devra à tout prix accélérer la croissance de la Chine. En l'absence d'élections, la légitimité de son régime repose sur le maintien d'une forte croissance économique. Après avoir atteint des chiffres à deux chiffres à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, le taux de croissance de l'économie chinoise a chuté à moins de 5 % cette année. Le PCC devra donc poursuivre une politique de croissance tirée par les exportations, même si, comme l'a averti la directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité le 13 février, l'excédent commercial chinois de 1 200 milliards de dollars risque de déclencher de nouvelles mesures protectionnistes à l'échelle mondiale.

    En réponse à la chute du dollar au premier semestre 2025, Pékin a également dévalué le renminbi de plus de 8 % par rapport à l'euro. Logiquement, le renminbi aurait dû être réévalué compte tenu de l'excédent commercial considérable et croissant de la Chine. Or, les exportateurs chinois continuent de bénéficier d'un avantage concurrentiel significatif en termes de prix.

    L'Europe risque donc de perdre son industrie au profit de la Chine. C'est le cœur de la zone euro – l'Allemagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique et l'Autriche – qui subit de plein fouet la concurrence chinoise dans ses secteurs industriels clés : automobile, machines et technologies vertes. La politique industrielle chinoise, caractérisée par d'importantes subventions, a déjà quasiment anéanti l'industrie européenne des panneaux solaires, qui dominait les marchés mondiaux il y a quinze ans. Les producteurs chinois occupent désormais la première place. Le même scénario, amplifié par les politiques industrielles chinoises et la dévaluation de la monnaie, se dessine dans le secteur des voitures électriques et d'autres industries vertes.

    Une guerre commerciale entre l'UE et la Chine est la seule issue probable d'un tel scénario, et les premiers signes de cette éventualité étaient perceptibles lors de la conférence de Pékin du 12 mai. Selon les informations recueillies, des tensions sont apparues lors de cette conférence, où diplomates, fonctionnaires et experts européens et chinois se sont affrontés sur la question de l'aggravation de leurs différends commerciaux. Les intervenants chinois ont été accusés de minimiser les griefs répétés de l'Europe et d'ignorer la dure réalité économique d'une relation commerciale de plus en plus déséquilibrée. Du côté chinois, les orateurs ont, quant à eux, accusé les diplomates européens de « harcèlement » et qualifié les politiques de l'UE de mesures « protectionnistes » visant à se découpler de la Chine.

    Image de la conférence UE-Chine du 12 mai.
    Image de la conférence UE-Chine du 12 mai.

    Alors que les intervenants du côté chinois ont rejeté l'accusation selon laquelle les hommes d'affaires chinois bénéficiaient d'un avantage indu grâce aux subventions et ont fait valoir que les avantages de la Chine découlaient de facteurs de marché tels que la taille du marché, les capacités d'innovation et les coûts de production, l'ambassadeur de l'UE en Chine, Jorge Toledo, a clairement indiqué dans son discours d'ouverture que la relation de l'Europe avec la Chine dépendrait de la manière dont Pékin prendrait au sérieux les préoccupations européennes concernant l'accès au marché, les subventions, les capacités industrielles, les matières premières critiques, la sécurité et les droits de l'homme .

    Le refus des sinophones d'admettre que l'Europe restait tout aussi ouverte aux produits chinois a exaspéré les dirigeants et observateurs européens. Finalement, Jens Eskelund, président de la Chambre de commerce de l'UE en Chine, a résumé la nature des relations commerciales entre la Chine et l'UE : « Ce n'est ni un navire qui coule, ni un partenariat. C'est un porte-conteneurs géant de 400 mètres de long, chargé de 24 000 conteneurs, qui part pour l'Europe et revient presque vide. »

    La Chine parvient à contenir ses importations tout en stimulant ses exportations grâce à trois distorsions concomitantes. Premièrement, la demande intérieure est faible en raison de la chute des prix de l'immobilier. De ce fait, la demande de produits importés est également faible. Deuxièmement, dans des secteurs prioritaires tels que les semi-conducteurs, les machines, l'automobile et l'aéronautique, l'octroi de subventions publiques directes, la gratuité des terrains, la mise à disposition de machines à bas prix et les prêts garantis par l'État ont fortement accru l'offre, que la faible demande intérieure ne peut absorber. Les fabricants chinois bénéficient de subventions trois à neuf fois supérieures à celles des économies avancées, ce qui leur permet de conquérir des marchés à l'étranger. Troisièmement, la Chine profite d'un taux de change sous-évalué. Avec un excédent commercial considérable, le renminbi devrait s'apprécier. Or, face à la pression exercée par l'augmentation de cet excédent commercial, les banques d'État chinoises achètent des dollars pour freiner l'appréciation de la monnaie nationale. Le FMI estime que le renminbi pourrait actuellement être sous-évalué de 16 %.

    Des pays comme l'Inde subissent également les conséquences de la politique chinoise visant à maintenir la valeur du renminbi à un niveau bas. New Delhi doit impérativement contenir la dépréciation de la roupie indienne, faute de quoi les marchés indiens seront inondés de produits chinois bon marché. De toute évidence, l'excédent commercial record de la Chine ne sera pas viable, car le reste du monde ne peut l'absorber. Des experts ont suggéré à l'UE d'imposer un droit de douane général supplémentaire de 20 % sur les importations en provenance de Chine.


  • 6 août : fête de la Transfiguration du Seigneur

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    23762.jpgLa fête de ce jour est une fête votive. Prescrite en Occident par le pape Calixte III, en 1457, après la victoire remportée sur les Turcs grâce à saint Jean de Capistran sous les murs de Belgrade, elle existait déjà au cinquième siècle en Orient. La Transfiguration est chez les orientaux la grande fête d’été, la vieille fête du Christ-Roi.

    1. La Transfiguration. — Nous célébrons aujourd’hui la Transfiguration du Sauveur, événement que les Pères de l’Église comptent parmi les plus grands miracles opérés par Dieu pour rendre témoignage à son Fils.

    C’était pendant la seconde partie de la vie publique ; déjà le regard du Sauveur se portait vers la Croix du Calvaire. Un soir, il se rendit sur le Thabor avec ses trois Apôtres préférés. La nuit survint, et, tandis que le Maître priait, les disciples s’endormirent. Jésus était toujours en oraison lorsque, soudain, l’éclat de sa divinité perça à travers l’enveloppe de sa nature humaine : il est transfiguré. Les disciples s’éveillent, éblouis, et sont témoins du prodige. — Au lieu de nous borner à l’habituel passage de l’Écriture relatant ce miracle, nous ferons bien de nous reporter à tous ceux qui relatent l’événement du Thabor : saint Mathieu, XVII, 1-9 ; Saint Marc, IX, 2-9 ; saint Luc, IX, 28-30 ; le dernier se trouve dans la seconde épître de saint Pierre, I, 10-21.

    Quel est le sens de cette fête ? 

     a) Nous devons contempler avec respect et adoration notre Dieu éternel ; aujourd’hui encore, nous célébrons sa Royauté. 

     b) Nous devons voir en sa Transfiguration l’image de la nôtre, un jour : Nous attendrons le Sauveur... qui transformera notre corps misérable et le rendra semblable à son corps glorieux. 

     c) Ici commence la portée morale de la fête ; sans cesse, il nous faut travailler en vue de cette transfiguration par la pratique de la vie intérieure et spirituelle, par le détachement des choses terrestres. 

     d) Nous avons un sacrement de la Transfiguration : celui de l’Eucharistie. A la messe, le Seigneur Transfiguré est parmi nous ; dans la sainte communion, nous recevons le « germe de la gloire » et le gage de la résurrection future.

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  • La Transfiguration : réponse lumineuse de Dieu à l’athéisme et l’agnosticisme (Léon XIV)

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    PAPE LÉON XIV

    ANGÉLUS

    Place Saint-Pierre
    IIe dimanche de Carême, 1er mars 2026

    ___________________________________

    Chers frères et sœurs, bon dimanche !

    Aujourd'hui, l'Évangile de la liturgie compose pour nous tous une icône pleine de lumière, racontant la Transfiguration du Seigneur (cf. Mt 17, 1-9). Pour la représenter, l'évangéliste puise dans la mémoire des Apôtres, peignant le Christ entre Moïse et Élie. Le Verbe fait homme se tient entre la Loi et la Prophétie : il est la Sagesse vivante, qui accomplit toute parole divine. Tout ce que Dieu a commandé et inspiré aux hommes trouve en Jésus sa manifestation pleine et définitive.

    Comme au jour du baptême au Jourdain, aujourd'hui encore, sur la montagne, nous entendons la voix du Père qui proclame : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé », tandis que le Saint-Esprit enveloppe Jésus d'une « nuée lumineuse » (Mt 17, 5). Par cette expression vraiment singulière, l'Évangile décrit le style de la révélation de Dieu. Quand il se montre, le Seigneur révèle sa surabondance à notre regard : devant Jésus, dont le visage brille « comme le soleil » et dont les vêtements deviennent « blancs comme la lumière » (cf. v. 2), les disciples admirent la splendeur humaine de Dieu. Pierre, Jacques et Jean contemplent une gloire humble, qui ne s'exhibe pas comme un spectacle pour les foules, mais comme une confiance solennelle.

    La Transfiguration anticipe la lumière de Pâques, événement de mort et de résurrection, de ténèbres et de lumière nouvelle que le Christ fait rayonner sur tous les corps flagellés par la violence, sur les corps crucifiés par la douleur, sur les corps abandonnés dans la misère. En effet, alors que le mal réduit notre chair à une marchandise d'échange ou à une masse anonyme, cette même chair resplendit de la gloire de Dieu. Le Rédempteur transfigure ainsi les plaies de l'histoire, illuminant notre esprit et notre cœur : sa révélation est une surprise de salut ! En sommes-nous fascinés ? Le vrai visage de Dieu trouve-t-il en nous un regard d'émerveillement et d'amour ?

    Au désespoir de l'athéisme, le Père répond par le don de son Fils Sauveur ; de la solitude agnostique, le Saint-Esprit nous rachète en nous offrant une communion éternelle de vie et de grâce ; face à notre faible foi, se tient l'annonce de la résurrection future : voilà ce que les disciples ont vu dans la splendeur du Christ, mais pour le comprendre, il faut du temps (cf. Mt 17, 9). Un temps de silence pour écouter la Parole, un temps de conversion pour goûter la compagnie du Seigneur.

    Alors que nous faisons l'expérience de tout cela pendant le Carême, demandons à Marie, Maîtresse de prière et Étoile du matin, de garder nos pas dans la foi.

    _________________________

    À l'issue de l'Angélus

    Chers frères et soeurs,

    Je suis avec une profonde inquiétude ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient et en Iran, en ces heures dramatiques. La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes, qui sèment la destruction, la douleur et la mort, mais uniquement par un dialogue raisonnable, authentique et responsable.

    Face à la possibilité d’une tragédie d'une ampleur incommensurable, j'adresse un appel pressant aux parties prenantes pour qu'elles assument leur responsabilité morale et qu'elles mettent fin à la spirale de la violence avant qu'elle ne devienne un gouffre irréparable ! Que la diplomatie retrouve son rôle et que soit promu le bien des peuples qui aspirent à une coexistence pacifique fondée sur la justice. Continuons à prier pour la paix.

    Ces derniers jours, des nouvelles inquiétantes concernant des affrontements entre le Pakistan et l'Afghanistan nous parviennent également. J’élève ma supplique pour un retour urgent au dialogue. Prions ensemble pour que la concorde l’emporte dans tous les conflits du monde. Seule la paix, don de Dieu, peut guérir les blessures entre les peuples.

    Je suis proche des populations de l'État brésilien du Minas Gerais, touchées par de violentes inondations. Je prie pour les victimes, pour les familles qui ont perdu leur maison et pour tous ceux qui participent aux opérations de secours.

  • La rébellion des Cristeros de 1926 constitue aujourd’hui un avertissement qui donne à réfléchir

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    Du Père Raymond J. de Souza sur le NCR :

    La rébellion des Cristeros de 1926 constitue aujourd’hui un avertissement qui donne à réfléchir

    COMMENTAIRE : Des horreurs sont possibles à notre époque, et dans des endroits qui ne sont pas si lointains.

    Le bienheureux Miguel Agustín Pro (1891–1927), photographié quelques instants avant son exécution par un peloton d'exécution, les bras tendus en forme de croix, est présenté à côté de l'image originale de la tilma de Notre-Dame de Guadalupe.
    Le bienheureux Miguel Agustín Pro (1891–1927), photographié quelques instants avant son exécution par un peloton d’exécution, les bras tendus en forme de croix, est représenté aux côtés de l’image originale de Notre-Dame de Guadalupe sur la tilma. (photo : Wikimedia Commons / Domaine public)

    4 août 2026

    Les catholiques du Canada et des États-Unis ont tendance à admirer la piété populaire du Mexique, dans l’attente du 500e anniversaire des apparitions de Guadalupe, qui aura lieu en 2031.

    Mais il y a 100 ans, le Mexique subissait une violente persécution anticatholique. L’administration des sacrements fut suspendue pendant trois ans, et les fidèles catholiques furent pourchassés et tués. 

    Le pape saint Jean-Paul II décida de célébrer la canonisation des martyrs mexicains lors du Grand Jubilé de l’an 2000 — une année où il se montra particulièrement sélectif quant au choix des saints à canoniser.

    La « Cristiada » ou « rébellion des Cristeros » fut l’une des nombreuses persécutions déplorables qui éclatèrent dans des pays à forte identité chrétienne après la Première Guerre mondiale — qui fut elle-même un échec cuisant de la civilisation chrétienne. Il est plausible que les grandes tendances sécularisantes du XXe siècle aient été en partie le résultat de la perte de crédibilité du christianisme pendant la Grande Guerre.

    Au lendemain de la Première Guerre mondiale, des persécutions antichrétiennes ont éclaté dans des contrées historiquement chrétiennes, notamment en Russie (communisme), en Italie (fascisme) et en Allemagne (nazisme). 

    On oublie souvent le Mexique. Jean-Paul II souhaitait que ce souvenir reste vivant au XXIe siècle.

    « Cristóbal Magallanes et ses vingt-quatre compagnons martyrs appartenaient [pour la plupart] au clergé séculier et trois d’entre eux étaient des laïcs profondément engagés à aider les prêtres », a déclaré Jean-Paul II lors de la canonisation en 2000. « Ils n’ont pas cessé d’exercer courageusement leur ministère lorsque la persécution religieuse s’est intensifiée sur la terre bien-aimée du Mexique, déchaînant la haine contre la religion catholique. Tous ont accepté librement et sereinement le martyre comme témoignage de leur foi, pardonnant explicitement à leurs persécuteurs. … Aujourd’hui, ils sont un exemple pour toute l’Église et pour la société mexicaine en particulier. »

    Que s’est-il passé au Mexique il y a exactement 100 ans ?

    La Révolution mexicaine (1910-1920) a mis fin à une dictature de longue date et a abouti à l’adoption d’une nouvelle Constitution en 1917. Cette Constitution prévoyait des restrictions explicites à la liberté religieuse, visant à réduire l’influence de l’Église catholique sur la société et la culture mexicaines. 

    Le droit de l’Église à enseigner la religion était restreint, ses biens étaient soumis à la disposition du gouvernement, aucun culte public n’était autorisé en dehors des lieux de culte (par exemple, les processions) et il était interdit aux prêtres de porter leur habit ecclésiastique en dehors des églises. (Cette dernière disposition était encore en vigueur lors de la visite de Jean-Paul II en 1979, mais le président mexicain avait symboliquement payé l’amende pour cette infraction.)

    Ces lois antireligieuses et anticatholiques ont causé une grande détresse aux catholiques mexicains et ont été vivement contestées par l’Église au Mexique. Mais les conflits et les crises ont été largement évités, car les dispositions constitutionnelles n’étaient tout simplement pas appliquées. 

    La situation changea avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau président mexicain en 1924, Plutarco Calles. Farouchement anticlérical, il choisit d’appliquer de plus en plus rigoureusement les restrictions constitutionnelles en matière de religion, signant finalement en juin 1926 la « loi Calles », qui imposait une application stricte des mesures anticatholiques à compter du mois suivant. 

    Les évêques mexicains protestèrent avec véhémence, mais en vain. Ils consultèrent le pape Pie XI et, avec son soutien, annoncèrent que la loi Calles rendrait impossibles le culte religieux, les sacrements et l’enseignement ; par conséquent, tous les services religieux nécessitant la présence d’un prêtre — y compris la Sainte Messe et les sacrements — seraient suspendus au Mexique par décret à compter du 31 juillet 1926. 

    C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais la logique était similaire à celle d’une excommunication. Il arrive parfois qu’une offense soit si grave qu’un catholique puisse se voir interdire purement et simplement de recevoir les sacrements, la sévérité de la sanction visant à souligner à quel point le repentir et la conversion sont urgents. Par analogie, les évêques mexicains, avec le soutien du pape, ont excommunié la nation tout entière pour souligner la gravité de l’offense commise par le gouvernement à l’encontre de la liberté religieuse et des droits des catholiques.

    On compare parfois la suspension prononcée par les évêques mexicains à une « grève » ou à une manifestation, mais il vaut mieux la considérer comme une sanction à l’échelle nationale visant à inciter le gouvernement à changer de cap. On pensait également que le mécontentement populaire exercerait une pression irrésistible sur le gouvernement pour qu’il revienne sur sa décision. Qui aurait pu imaginer un Mexique sans messes, sans baptêmes, sans mariages ni funérailles ?

    Ce jugement tactique s’est avéré erroné. Le gouvernement de Calles s’est encore davantage engagé sur cette voie et a intensifié sa persécution.

    Dans certaines régions du Mexique, l’opposition au gouvernement a pris la forme d’une rébellion armée, ce qui a conduit les forces fédérales mexicaines à traquer les rebelles et leurs sympathisants, parmi lesquels elles comptaient, par définition, tous les prêtres. Les prêtres — ainsi que ceux qui leur venaient en aide — ont été martyrisés dans leurs églises ou pendus sur la place publique. 

    Le plus célèbre d’entre eux fut le père jésuite Miguel Pro, fusillé en 1927 et béatifié en 1988.

    Les rebelles catholiques étaient appelés les « Cristeros ». Leur histoire a été racontée de manière saisissante par le romancier Graham Greene dans *Le Pouvoir et la Gloire* et dans le film *For Greater Glory*.

    La Cristiada débuta quelques jours après la suspension des sacrements, le 3 août 1926. Ni la rébellion ni la suspension n’ont conduit à une résolution rapide. En effet, la Cristiada s’est poursuivie pendant trois ans, jusqu’en 1929, et n’a trouvé une issue qu’après le départ de Calles du pouvoir. Les sacrements ont été rétablis la même année.

    La rébellion des Cristeros semble si étrangère à notre époque : l’Église suspendant ses propres sacrements, une persécution féroce de l’Église dans un pays catholique, le Mexique devenu le théâtre d’une persécution anticatholique. Pourtant, tout cela s’est produit il y a un siècle. Le Mexique des années 1920 nous rappelle la fragilité d’une culture catholique, et à quelle vitesse la paix et l’ordre peuvent être perdus au profit de la révolution, de la violence et du martyre.

    Le sang des martyrs a préservé l'intégrité de la foi et a porté ses fruits avec le renouveau de la piété mexicaine, mais les événements survenus il y a un siècle constituent toujours un avertissement saisissant. Des horreurs sont possibles à notre époque, et dans des lieux qui ne sont pas très éloignés.

  • L'histoire cachée de la crise migratoire de Ceuta

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    D'Alberto M. Fernandez sur le NCR :

    L'histoire cachée de la crise migratoire de Ceuta

    COMMENTAIRE : Ceuta montre comment les flux migratoires peuvent devenir de puissants outils de pression et de manipulation politiques.

    Les images ont fait le tour du monde et ont suscité débats, mèmes et désinformation. Des milliers, voire des dizaines de milliers, de jeunes hommes ont afflué vers Ceuta, ville espagnole située sur la côte marocaine. Cet événement a été présenté, ou contesté, comme une histoire de migration incontrôlée, et les événements de Ceuta font assurément partie de ce récit, mais la réalité est bien plus complexe.

    Ceuta, ainsi que Melilla, l'autre ville espagnole de la côte africaine, ne sont pas des « territoires occupés » — du moins pas au regard du droit international et des Nations Unies. Elles n'ont jamais fait l'objet de débats sur la décolonisation, et le Royaume du Maroc les a historiquement et juridiquement — même si c'est à contrecœur — reconnues comme territoire espagnol.

    Ces deux villes sont les vestiges historiques d'une réalité politique, religieuse et démographique qui a perduré pendant des siècles. À une époque, une unité politique et religieuse unissait les rives nord et sud de la Méditerranée. Cette unité puisait son origine dans l'Empire romain, puis dans l'Église catholique. 

    Les conquêtes islamiques du VIIIe siècle ont anéanti cette unité, mais jusqu'au XXe siècle, des dizaines de milliers de catholiques d'origine latine (espagnole, italienne, française, maltaise) vivaient en paix sur la côte nord-africaine – à Oran, Alger, Tunis, dans certaines régions de Libye et à Alexandrie, en Égypte. Toutes ces populations ont disparu au XXe siècle. Elles ont fui (Algérie) ou ont été chassées (Tunisie, Libye et Égypte) par des gouvernements nationalistes. Seules Ceuta et Melilla, sous domination espagnole, demeurent des villes catholiques.

    Dans toute l'Afrique du Nord, on peut encore voir les vestiges de cette population catholique autrefois enracinée, souvent sous la forme d'églises transformées en mosquées. Mais parfois, elles ont été converties en écoles ou en commissariats de police, ou tout simplement laissées à l'abandon. 

    En Tunisie, la majestueuse cathédrale Saint-Louis de Carthage (consacrée en 1884) fut transformée en salle de concert. À Port-Saïd, en Égypte, la cathédrale latine fut finalement remise à l'Église copte orthodoxe. Quelques édifices sont encore utilisés par les catholiques. 

    Dans l'ancien quartier italo-tunisien de La Goulette — où a grandi l'actrice Claudia Cardinale —, l'église blanchie à la chaux Saint-Augustin-et-Saint-Fidèle date de 1838 et propose la messe en français, en anglais et en espagnol. La plupart des fidèles, peu nombreux, sont des Africains subsahariens résidant temporairement en Tunisie et tentant de rejoindre l'Europe. 

    La population catholique espagnole de Ceuta et Melilla (qui comptent chacune environ 80 000 habitants et sont encore majoritairement catholiques, bien que les pourcentages soient en baisse) est plus importante que le nombre de catholiques résidant aujourd'hui au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Libye réunis. L'afflux de migrants à Ceuta fin juillet a entraîné l'annulation d'une semaine de festivités en août dédiées à Notre-Dame d'Afrique, patronne de la ville, dont l'image gothique du XIVe siècle fut apportée à Ceuta par le prince portugais Henri le Navigateur en 1421. Malgré l'annulation des festivités, la procession de son image à travers la ville devrait avoir lieu le 5 août, jour de sa fête.

    L'autre aspect méconnu de la crise migratoire de Ceuta, loin d'être un secret, est la désinformation. De nombreuses campagnes en ligne, menées dans un sens ou dans l'autre, ont été lancées suite à cet incident. 

    Dans un premier temps, une coordination en ligne s'est mise en place, via WhatsApp et Facebook, incitant des milliers de jeunes Marocains à converger vers la ville. On ignore encore si le gouvernement marocain, des réseaux de trafiquants, des opposants islamistes au gouvernement marocain, ou une combinaison de ces acteurs, en sont responsables. L'Espagne a officiellement accusé les trafiquants, d'autres ont pointé du doigt le Maroc, tandis que d'autres encore ont dénoncé la politique d'immigration cynique du gouvernement de gauche espagnol.

    L'autre campagne en ligne liée aux événements de Ceuta, orchestrée par l'extrême gauche, certains nationalistes d'extrême droite et des partisans de l'Iran et d'autres islamistes, cherchait à accuser Israël et les États-Unis, ainsi que le Maroc. Selon cette théorie du complot, ces trois pays s'opposeraient aux politiques « pro-palestiniennes » ou « anti-impérialistes » du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et auraient cherché à renverser son gouvernement en provoquant un exode massif de migrants. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et l'influenceur américain d'extrême gauche Hasan Piker ont tous deux relayé cette version des faits, le premier avec prudence et le second ouvertement. Avec la montée de l'antisémitisme mondial, l'interprétation antisémite de presque tous les sujets semble être devenue monnaie courante. 

    S'il est vrai que certains Israéliens et Juifs occidentaux, très actifs sur internet, se sont réjouis de la situation espagnole, le gouvernement israélien, dans son ensemble, ne l'a pas fait. Israël a d'ailleurs dû assister au spectacle peu glorieux de son ambassadeur à Madrid contraint de rectifier les propos intempestifs de son ambassadeur auprès des Nations Unies. Et, bien sûr, l'afflux de milliers de migrants à Ceuta n'a rien de nouveau ; cela s'est déjà produit en 2021, lorsque plus de 10 000 personnes ont franchi la frontière en 24 heures. L'Espagne, sous le gouvernement socialiste, n'est guère enthousiaste à l'égard de la protection des frontières en général, et le pays a acquis la réputation, méritée, d'être le maillon faible des efforts européens pour contrôler les flux migratoires. 

    Le problème des frontières poreuses de l'Espagne ne se limite pas au Maroc. Plus de 11 000 migrants sont arrivés aux Baléares à bord de petites embarcations en provenance d'Algérie ces 18 derniers mois, tandis que des milliers d'autres, originaires pour la plupart de pays subsahariens comme le Sénégal et le Mali, ont débarqué aux îles Canaries. Le gouvernement espagnol les héberge dans des hôtels touristiques avant de les transporter vers le continent. 

    Les récentes visites papales en Espagne et à Lampedusa ont souligné le profond intérêt de l'Église pour la question des migrants et leur traitement. Mais Ceuta met également en lumière la facilité avec laquelle les flux migratoires peuvent être, et sont, instrumentalisés non seulement par les pays qui les facilitent, mais aussi par ceux qui les accueillent, par des politiciens cyniques, et par des États et des acteurs malveillants désireux de semer le chaos et de déstabiliser leurs adversaires par tous les moyens.

  • Quel pourrait être l’objectif du pape Léon pour la Chine ?

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    D'Éd. Condon sur le Pillar :

    Quel pourrait être l’objectif du pape Léon pour la Chine ?

    À court et moyen terme, à petite échelle comme dans une perspective plus large, il existe des résultats concrets à viser.

    3 août 2026

    Le Vatican a annoncé ces dernières semaines la nomination de deux évêques chinois, signe de la poursuite de l’accord conclu il y a huit ans avec le gouvernement chinois concernant la nomination des évêques.

    Les deux évêques, tous deux nommés pour des diocèses de la province de Mongolie intérieure, ont été officiellement présentés par le Vatican dans les bulletins quotidiens des 22 et 29 juillet ; ces annonces coïncidaient avec les consécrations épiscopales de Joseph Chang Yanfeng, évêque de Chifeng, et de François Xavier Duan Yongkun, évêque coadjuteur de Bameng.

    Selon le Vatican, les deux hommes ont reçu l’approbation papale de leur nomination conformément aux dispositions de l’accord conclu le 15 juin entre le Vatican et la Chine. L’installation de ces évêques s’inscrit dans la lignée d’une série de nominations relativement peu mouvementées dans les relations entre le Vatican et la Chine depuis l’élection de Léon au pontificat l’année dernière.

    L’accord conclu entre le Saint-Siège et la Chine continue de susciter des critiques de la part de certains milieux, les commentateurs soulignant les antécédents de Pékin en matière de violation des dispositions de l’accord — souvent de manière publique et en toute impunité — ainsi que la répression persistante de l’exercice des libertés religieuses fondamentales sur le continent. Cependant, l’accord devant rester en vigueur pendant encore deux ans, il est clair que le système actuel de nominations se poursuivra encore pendant un certain temps.

    Après plus d’un an de pontificat et après avoir mené à bien une série modeste de nominations en Chine continentale, le pape Léon a eu le temps d’évaluer le fonctionnement interne de l’accord conclu entre le Saint-Siège et le Parti communiste chinois. Fort de cette expérience, quelle pourrait être l’ampleur des ambitions du pape pour améliorer la situation de l’Église en Chine et dans ses relations avec ce pays ?

    Les deux annonces faites en juillet représentent, à un certain niveau, la poursuite d’une sorte de progrès dans l’accord entre le Vatican et la Chine sous le pontificat de Léon XIV, dans la mesure où le traitement des nominations épiscopales chinoises semble se dérouler sans heurts, du moins en apparence.

    Les deux évêques ont été sélectionnés au sein des structures internes de l’Église en Chine affiliées au PCC et, du moins selon les déclarations publiques du Vatican, ont ensuite été présentés pour approbation papale officielle — qui leur a été accordée — avant de recevoir la consécration épiscopale.

    Cela peut sembler insignifiant dans le cadre plus large de la création d’une ecclésiologie chinoise saine, mais dans le contexte immédiat du cycle de vie de l’accord entre le Vatican et la Chine depuis 2018, cela doit être considéré comme une sorte de victoire.

    Le statu quo antérieur, dans lequel l’Association patriotique catholique chinoise, contrôlée par les communistes, semblait nommer des évêques à sa guise, avec ou sans mandat papal, était à bien des égards pire que la situation qui prévalait avant la conclusion de l’accord. Au moins, dans la situation antérieure, le statut de l’Église schismatique soutenue par l’État et de l’Église clandestine en communion avec Rome était clairement défini, et il existait une distinction évidente entre les évêques qui étaient en union avec le pape et ceux qui ne l’étaient pas. Sous le pontificat du pape François, il n’y avait pratiquement aucune clarté quant à ce qui était licite ou non sur le continent, le Vatican se retrouvant souvent clairement dans la position moralement intenable de devoir prétendre que des nominations effectuées sans aucune implication romaine avaient été pré-approuvées.

    Ce niveau d’indifférence institutionnelle, pour ne pas dire de mépris, de la part de Pékin a atteint son paroxysme lors de l’interrègne papal de l’année dernière, lorsque l’Église catholique patriotique de Chine (CPCA) a annoncé l’« élection » et l’installation d’un nouvel évêque alors qu’il n’y avait pas de pape pour délivrer un mandat.

    Depuis l’élection de Léon, Pékin s’est montré beaucoup plus coopératif et respectueux des normes procédurales essentielles relatives à l’approbation papale. Les annonces de juillet semblent s’inscrire dans la continuité de ce changement, les deux citant une même date en juin pour l’approbation des deux évêques, qui ont été annoncées séparément les jours de leur consécration.

    Cependant, chaque nouvelle nomination en Chine continentale continue de susciter un concert prévisible (et pas nécessairement déraisonnable, compte tenu de l’histoire récente) de critiques instinctives, ainsi que l’hypothèse selon laquelle chaque nouvel évêque représenterait une sorte de capitulation de Rome face au gouvernement chinois.

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  • Le pape Léon XIV entretient-il une « zone grise » concernant la messe tridentine ?

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    D'Edgar Beltrán sur le Pillar :

    Le pape Léon XIV entretient-il une « zone grise » concernant la messe tridentine ?

    Mais plus d'un mois après, cette action papale attendue ne s'est toujours pas produite.

    Ces mesures ont renforcé, dans certains milieux, l'espoir que le pape ait l'intention de répondre au mécontentement persistant concernant la politique liturgique de François, en proposant une solution favorable aux catholiques qui préfèrent les rubriques liturgiques plus anciennes.

    La semaine dernière, cependant, le préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a déclaré dans une interview que le pape Léon XIV n'avait aucune intention de modifier les restrictions imposées par le pape François sur les textes liturgiques préconciliaires.

    Le pape a-t-il changé d'avis sur la messe tridentine ? Ou bien ces propos ne sont-ils que des paroles en l'air, destinées à meubler les longues semaines d'été romain ?

    Un examen attentif des choix de Léon à ce jour suggère qu'il pourrait exister une troisième interprétation : le pontife pourrait vouloir maintenir la situation liturgique dans une zone grise, en laissant les politiques intactes telles qu'elles sont écrites, tout en insistant sur la générosité et la magnanimité dans leur application.

    Lorsque le Vatican a excommunié le mois dernier six évêques de la Fraternité Saint-Pie-X — et a averti que des prêtres, voire certains laïcs assistant à leurs liturgies, pourraient également être excommuniés —, de nombreux observateurs ont spéculé que le pape ferait bientôt un geste formel envers les communautés traditionalistes souhaitant rester en communion avec Rome, certains évoquant même la possibilité de créer un successeur à la commission Ecclesia Dei , qui était autrefois chargée de superviser les communautés traditionalistes, jusqu'à sa suppression en 2019.

    Mais plus d'un mois après, rien de concret ne s'est encore produit.

    Par ailleurs, le 29 juillet, le cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, a semblé exclure toute libéralisation des restrictions liturgiques de l'ère François.

    Le cardinal anglais a déclaré dans une interview accordée à The Tablet que « le pape Léon ne va pas changer Traditionis custodes , et il ne reviendra pas à Summorum pontificum ».

    « La nourriture abondante des Écritures qui nous est désormais offerte par la célébration de la messe et des sacrements est quelque chose qui n'était pas accessible auparavant, mais qui l'est maintenant », a-t-il déclaré.

    Le cardinal a également ajouté que si la messe tridentine souligne que le prêtre agit au nom de la congrégation, l'accent est différent dans le Novus ordo .

    « En fait, lorsque la messe est célébrée, puisque les baptisés sont un peuple sacerdotal, ils célèbrent eux aussi avec le prêtre. »

    Les propos sans détour de Roche reflétaient-ils réellement les opinions du pape ? Ce n’est pas tout à fait clair.

    Certains observateurs ont avancé que Roche s'est senti libre de faire ces commentaires parce qu'à 76 ans, il est, du moins en théorie, sur le point de prendre sa retraite et qu'il se sent à l'aise de dire ce qu'il pense, ce qui peut refléter ou non la pensée privée du pape.

    Cependant, des sources proches du dicastère ont indiqué à The Pillar que le pape Léon XIV respecte Roche, notamment pour sa gestion des controverses liturgiques avec la Conférence des évêques allemands , et qu'il est au moins plausible que les remarques du cardinal soient issues d'une perspective éclairée sur la question.

    Néanmoins, les actions de Léon au cours de l'année écoulée ont montré une volonté d'adopter une position plus cordiale envers ceux qui ont une affinité pour la messe traditionnelle en latin, sans pour autant suggérer qu'une abrogation de Traditiones custodes est imminente.

    Par exemple, en novembre, The Pillar a rapporté que l'archevêque Miguel Maury Buendia s'était adressé à l'assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles, informant les évêques que le Vatican se montrerait « généreux » lorsqu'on lui demanderait de déroger aux restrictions imposées à la liturgie traditionnelle.

    Ces dispenses sont devenues courantes dans plusieurs diocèses américains, certains allant même jusqu'à augmenter le nombre de messes tridentines proposées.

    Et en mars, le cardinal Pietro Parolin a envoyé une lettre à la Conférence des évêques de France avant leur assemblée plénière, appelant à « l’inclusion généreuse de ceux qui sont sincèrement attachés au vetus ordo , conformément aux directives établies par le Concile Vatican II concernant la liturgie ».

    Plusieurs hauts responsables du Vatican, membres du cercle restreint des conseillers de Léon XIV, ont déclaré au journal The Pillar que l'assouplissement informel et progressif de l'application du principe Traditionis custodes par Léon XIV ne s'arrêtera pas.

    « Ce n’est pas une question liturgique, mais une question de communion. Si l’on est en communion avec l’Église, il faut faire preuve de souplesse et s’adapter aux différents charismes et styles, y compris aux plus traditionnels, et je crois que c’est la tendance actuelle », a déclaré un responsable au journal The Pillar.

    Par ailleurs, les organisateurs du pèlerinage traditionaliste Summorum Pontificum ont indiqué au journal The Pillar qu'ils avaient demandé l'autorisation de célébrer une messe tridentine à la basilique Saint-Pierre cette année, mais qu'ils n'avaient pas encore reçu de réponse.

    L'un des gestes concrets de Léon envers les communautés traditionalistes l'an dernier a été d'autoriser la célébration d'une messe traditionnelle en latin (TLM) pendant le pèlerinage à la basilique Saint-Pierre, après que cela n'ait pas été autorisé en 2023 et 2024.

    Selon une source, les organisateurs du pèlerinage ont l'intention de reposer la question après l'été.

    « Le problème, c'est que dans l'entourage proche du pape, on a constaté que la messe aidait beaucoup de gens, mais qu'elle était aussi utilisée à des fins de propagande, et cela ne leur plaisait pas », a déclaré la source.

    Si le pape Léon XIV refuse d'autoriser le pèlerinage pour célébrer la messe tridentine à Saint-Pierre, cela pourrait être perçu par de nombreux observateurs comme un signe qu'il est devenu réfractaire à l'idée d'abroger, de réformer ou même d'assouplir l'application de Traditiones custodes .

    Toutefois, il est également possible que l'absence de réponse soit liée au personnel de la basilique.

    On spécule de plus en plus sur le remplacement prochain du cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre. Selon des rumeurs à Rome, son successeur pourrait être le cardinal Pietro Parolin, le cardinal Rolandas Makrickas ou l'évêque Guido Marini , tous réputés plus favorables à la messe tridentine que Gambetti.

    Il est possible qu'un changement prochain d'archiprêtre retarde la réponse concernant la célébration d'une messe tridentine dans la basilique.

    Par conséquent, le silence ne doit pas être interprété comme un rejet — du moins pas encore.

    Plusieurs sources vaticanes ont indiqué au journal The Pillar que la décision d'autoriser la messe l'année dernière avait été prise après que le cardinal Raymond Leo Burke ait demandé au pape, lors d'une audience le 22 août, d'autoriser la célébration de la messe en ce lieu.

    Alors que les questions continuent de fuser concernant l'avenir de Traditionis custodes, le pape Léon XIV n'a donné aucune indication qu'une solution formelle et stable soit imminente.

    Plusieurs cardinaux et responsables de la Curie – y compris ceux considérés comme favorables et hostiles à la messe tridentine – consultés par The Pillar ces derniers mois ont déclaré ne pas s'attendre à une solution dans un avenir proche, du moins pas cette année.

    Un responsable du Vatican a déclaré au journal The Pillar en avril que, lors d'une rencontre en 2025, Léon XIV avait reconnu ne pas bien connaître les communautés traditionalistes ni la liturgie traditionnelle. Selon ce responsable, la principale préoccupation du pape n'était pas la liturgie elle-même, mais plutôt de savoir si les membres de ces communautés acceptaient le concile Vatican II.

    Le pape a accepté une proposition de rencontrer des cardinaux, des évêques et d'autres personnes proches des communautés traditionnelles afin de recueillir des informations de première main auprès d'eux.

    Cela a apparemment conduit à des rencontres avec des personnalités capables d'offrir au pape des perspectives sur la question : le cardinal Raymond Leo Burke, le cardinal Robert Sarah, l'évêque Athanasius Schneider, le père John Berg, supérieur général de la Fraternité de Saint-Pierre, et les chercheurs Stephen Bullivant et Stephen Craney, qui s'apprêtent à publier un ouvrage sur les communautés traditionnelles aux États-Unis.

    Ainsi, même si Roche a peut-être raison de dire que le pape Léon n'a pas l'intention de revenir à Summorum pontificum ni de modifier formellement Traditionis custodes , cela ne change pas nécessairement quoi que ce soit à l'approche de Léon concernant la messe tridentine et les attentes qui l'entourent.

    Dans le même temps, alors que beaucoup s'attendaient à ce que les consécrations illicites de la FSSPX fassent évoluer les restrictions sur les célébrations de la messe traditionnelle en communion avec Rome, cet espoir ne s'est pas encore concrétisé.

    Le pape, semble-t-il, préfère pour l'instant maintenir la situation dans une zone grise – une zone dans laquelle il n'est pas enclin à modifier immédiatement la loi, mais continuera d'encourager progressivement les évêques, par l'intermédiaire des fonctionnaires de la curie et des diplomates pontificaux, à adopter des applications plus généreuses de la loi de l'ère François.