Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Actualité

  • A-t-on eu tort de « tuer le père » ?

    IMPRIMER

    Du Point via le site "Pour une école libre au Québec" :

    A-t-on eu tort de « tuer le père » ?

    17 octobre 2026

    Jérôme Fourquet et Ruben Rabinovitch associent leur expertise pour analyser avec brio le basculement psychique de l’Occident.

    La parution d’un livre de Jérôme Fourquet est toujours un moment spécial pour les amateurs d’études et de dynamiques sociales. Alors quand un psychologue, Ruben Rabinovitch, le rejoint dans son travail d’analyse, cela devient un événement. Homo occidentalis (Seuil) est le fruit de ce mariage interdisciplinaire. Aux graphiques et camemberts du sondeur s’ajoutent les études et témoignages du psychologue. À l’interprétation du geste succède la lecture des tourments de l’âme. Le livre est touffu, dense et narre le basculement anthropologique et psychique de l’homme occidental, lequel n’est pas uniquement mû par ses intérêts économiques. On comprend, en effet, que les affects, les désirs, les blessures et les pulsions déterminent autant, sinon plus, une attitude sociale que les conditions de vie matérielles ou l’appartenance à une classe sociale.

    Les lecteurs de Fourquet retrouveront également, dans ces 450 pages passionnantes, des éléments augmentés ou actualisés de ses précédents ouvrages, comme la déchristianisation, le culte du corps, le choix des prénoms, la popularisation des tatouages, les rites funéraires, les phénomènes d’addiction, les structures familiales… Le tout est agrémenté de récits historiques, de développements internationaux, de références à la culture populaire et d’exemples de patients en thérapie, dont le vécu concrétise une évolution sociale. Mais arrêtons-nous sur un élément de ce livre qui constitue, selon nous, le sujet des sujets et qu’on pourrait qualifier, pour la société actuelle, d’acte fondateur : la fin du patriarcat. On parlerait volontiers d’un « péché originel » si cette expression ne comportait pas en elle un jugement moral. Au regard des conséquences qui se vérifient par ondulation, il est toutefois permis de poser un regard lucide sur cette rupture.

    Car la fin du « patriarcat » a entraîné bien plus que la disparition d’un système de domination masculine. Elle est, selon les auteurs, à l’origine de l’effacement de la figure du père, du refus de toute verticalité, de la défiance généralisée vis-à-vis de l’autorité et de bien d’autres comportements néfastes pour la cohésion sociale. Elle est à l’origine d’une véritable anthropofracture, soit la conception d’un « homme nouveau ». Non pas que le schéma patriarcal fût en lui-même parfait, loin de là. Les reproches sont nombreux : possibilité de déshériter sa descendance, relégation des femmes, droit de correction sur les enfants, avantage légal, écrasement psychologique des fils… Mais, dans ce livre, c’est davantage la dimension symbolique de ce basculement qui est examiné que la question de la perte du statut privilégié des hommes.

    Cet ordre social reposant sur la figure du père, « qu’on dirait granitique, impliquait une grande cohérence et une extrême stabilité. […] L’obéissance était, à tous les échelons, une valeur promue socialement. […] La fonction paternelle n’était pas seulement incarnée par le père de famille à la maison, mais de haut en bas de tout l’édifice social », écrivent les auteurs.

    Charles de Gaulle et son épouse,
     Yvonne, sur une plage irlandaise, en 1969.
     
    Une position qui impliquait des droits, mais aussi des devoirs : « Le pater familias, s’il est placé au sommet de la hiérarchie familiale, est aussi considéré comme responsable de l’intégrité matérielle et morale de ses membres : il doit en répondre devant le corps social et devant la loi. » Si elle garantissait la stabilité, cette « société d’ancien régime psychique» était aussi marquée par le secret, le refoulement, la honte et la culpabilité.

    Des sentiments qui ont nourri de nombreuses œuvres littéraires et rempli les cabinets de psychologues. « Les névroses procédaient précisément de cet écart déchirant entre les désirs des individus et l’interdit que leur adressait le discours paternel », lit-on dans le livre

    Les baby-boomeurs, démographiquement nombreux, amorceront la grande bascule. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, « les pères européens sont des pères défaits militairement [Note du carnet: mais on verra la même chose aux États-Unis et au Canada, gagnants dans le conflit...], des pères souvent discrédités moralement et délégitimés dans leur rôle de garant d’un ordre et de valeurs à transmettre », selon Fourquet et Rabinovitch. Une explication à nuancer quand on sait que le général de Gaulle instaura « le mythe de la victoire », précisément pour contrer ce sentiment dépréciateur. Ce récit fut présent dans tous les manuels scolaires, à la télévision et répété tous les 8 Mai devant les monuments aux morts.

    Quand ce n’était pas le silence ou le mensonge familial, c’est ce mythe qui fut largement partagé dans les foyers, ainsi que l’a montré le sociologue Henri Mendras. De même, de Gaulle avait compris l’urgence de moderniser le pays en réinstaurant le « père » à travers la figure de l’ingénieur d’État, qui fait entrer la France dans un futur radieux, grâce au TGV, au Concorde, à Ariane, au nucléaire… «La jeunesse a besoin de mythes », estimait-il.

    En outre, là où le nationalisme fut en perte de vitesse après 1945, l’idéal révolutionnaire connut une expansion auprès de la jeunesse occidentale, de plus en plus diplômée. En France, des intellectuels marxistes ont fourni le matériau idéologique qui allait permettre à la bourgeoisie étudiante de se défaire des anciennes attaches. On pense notamment à Michel Foucault et à sa dénonciation des rapports de domination. « Papa pue ! » écrivaient sur les murs de la Sorbonne les étudiants de Mai 68. De Gaulle lui-même incarnait cette figure paternelle devenue le symbole d’un étouffement qui suscitera la révolte.

    Très souvent « confronté à un mode relationnel égalitaire entre parents et enfants » dans son cabinet, Ruben Rabinovitch raconte le cas d’un garçon de 12 ans, Tom, qui insulte ses parents. Un enfant tyrannique, sans cesse dans la conflictualité. «Nombreux sont aujourd’hui les parents qui ne parviennent pas à puiser en eux les capacités nécessaires pour poser une limite à la toute-puissance de leurs enfants, explique-t-il, quand, jadis, la fonction de limitation des pulsions visait à transmettre à l’enfant l’intégration de la frustration.» Et à lui faire comprendre qu’il n’est pas le « centre du monde ».

    Enfant roi. Autre constat déroutant : quand les enfants font l’éducation de leurs parents. Le psychologue parle d’un phénomène de «parentalisation des enfants », lesquels enseignent à leurs parents la manière d’être dans un monde qui leur échappe. Les pères d’aujourd’hui, pour ceux observés par Ruben Rabinovitch, admettent « ne pas disposer “des outils” et de la légitimité symbolique et sociale pour faire face au dur métier de papa ». Le témoignage de cette patiente, lasse de son mari qui ne remplit pas son rôle de père, est éclairant : « Je suis contrainte d’occuper toutes les places. Je n’y arrive pas. Il se comporte comme une mère de seconde zone ou comme un gentil grand frère. » Professeur d’université, Baptiste, lui, va jusqu’à se demander : « De quel droit serait-il autorisé à imposer sa volonté à un autre être humain, même à ses enfants?»

    Le reste du livre ressemble à un ruissellement qui partirait, sur fond de déchristianisation, de cette rupture historique pour se propager dans toutes les sphères de la vie…

  • "Réorientation du pontificat" : le cardinal Parolin est-il allé trop loin ?

    IMPRIMER

    Du substack de Diane Montagna :

    Le cardinal Parolin critiqué pour ses propos sur le pontificat du pape Léon XIV

    Les propos du secrétaire d'État sur la « réorientation » du pontificat ont provoqué un malaise au sein du Vatican, rapporte Nico Spuntoni.

    18 octobre

    CITÉ DU VATICAN, 18 octobre 2026 — Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, est sous le feu des critiques après avoir suggéré que le pontificat du pape Léon XIV pourrait avoir besoin d’être « réajusté ».

    Jeudi, le cardinal Parolin a déclaré qu'il était trop tôt pour prédire l'impact de l'hospitalisation du pape sur son pontificat. Deux jours seulement s'étant écoulés depuis son admission à l'hôpital, a-t-il précisé, il restait à voir quand le pape reviendrait, dans quel état et ce que les médecins recommanderaient. Ce n'est qu'alors, a-t-il suggéré, que le pape pourrait décider de réorienter son pontificat.

    Parolin a précisé par la suite que ses propos visaient spécifiquement les voyages du pape, notamment son prochain déplacement en Amérique latine. Comme l'a rapporté l'ANSA vendredi, il a indiqué qu'il faisait référence à la possibilité de modifier le programme de voyage du pape et non à une réévaluation plus générale de son pontificat.

    Néanmoins, les propos du cardinal Parolin ont suscité un malaise considérable au Vatican, rapporte le journaliste italien Nico Spuntoni. Dans un article publié dans l'édition dominicale d' Il Giornale , Spuntoni analyse la polémique entourant les déclarations du cardinal ainsi que les difficultés et les revers auxquels il a été confronté ces derniers mois.

    Ce qui suit est une traduction de l'article de Spuntoni :

    La controverse Parolin : « Ses propos étaient inappropriés »

    La sortie prématurée du pape Léon XIV de l'hôpital Gemelli a soulagé la Curie romaine. Cependant, les dernières 48 heures ont été tumultueuses pour le cardinal secrétaire d'État Pietro Parolin, qui s'est retrouvé au cœur d'une polémique après avoir suggéré que le pontificat pourrait nécessiter une « réorientation ». Cette remarque malheureuse, faite jeudi soir en marge d'un événement à l'ambassade, a provoqué un tollé au Vatican, obligeant Parolin à préciser qu'il faisait référence au voyage en Amérique latine. Cette clarification est intervenue quelques heures seulement après la publication des premières images post-opératoires de Léon XIV et la révélation de son appel téléphonique personnel à Vladimir Poutine.

    Néanmoins, parmi les prélats et les initiés du Vatican, tous s'accordent à dire que l'emploi du verbe « réajuster » était malavisé. Il est surprenant que le secrétaire d'État, réputé pour sa prudence, ait commis une telle erreur. Au sein même du Vatican, il a été critiqué pour sa présence médiatique excessive lors de conférences et de présentations, ainsi que pour son habitude de « trop parler aux journalistes ».

    Ce fut une période faste pour le cardinal d'origine vénitienne qui, dix-huit mois après le conclave, est néanmoins resté en poste au Secrétariat d'État. Lors des précédents changements de pontificat, ses deux prédécesseurs, Angelo Sodano et Tarcisio Bertone, avaient déjà été démis de leurs fonctions. Parolin, cependant, porte l'empreinte indélébile de la défaite au conclave, tandis que Prevost n'est pas du genre à infliger des humiliations. Mais les deux hommes ne se sont jamais vraiment entendus.

    Durant ce pontificat, Parolin a dû faire face à plusieurs situations délicates. Fin août, c'est l'archevêque Paul Richard Gallagher, secrétaire d'État pour les relations avec les États et ami proche du pape, qui a été dépêché en Russie pour cette mission périlleuse. En 2017, en revanche, c'était le secrétaire d'État lui-même qui s'était rendu à Moscou.

    La situation n'est guère plus favorable sur le plan intérieur, où un nouveau revers est survenu avec la location de la Domus Paulus VI, dont la finalisation est en cours suite à la sélection d'un nouveau locataire. Selon Il Giornale , Parolin s'était fermement opposé à cet accord, qui transformera l'immeuble de la Via della Scrofa en hôtel. En février dernier, il aurait tenté de suspendre le projet, mais Léon XIV, à l'instar de François avant lui, a finalement donné son feu vert lorsqu'il est apparu clairement que cette initiative serait bénéfique aux finances du Vatican en réduisant les coûts d'entretien.

    La dernière déception en date est survenue la semaine dernière avec l'élection de Luis Antonio Tagle au poste de doyen du Collège des cardinaux, une fonction à laquelle Parolin aspirait déjà pour 2025, mais que François lui avait refusée. Selon une source, lors de la prise de décision, c'est le doyen sortant, Giovanni Battista Re, qui a transmis la préférence officielle aux cardinaux-évêques : « pas de personne de plus de quatre-vingts ans ». Ceux qui avaient envisagé la candidature de Parolin se seraient toutefois vu rappeler à l'ordre, en raison de ses « trop nombreuses responsabilités ». Tagle est ainsi resté le seul candidat en lice, bien qu'il soit déjà préfet.

    Maintenant qu'il est sorti de l'hôpital, Leo rencontrera à nouveau le secrétaire d'État, et les deux hommes auront peut-être l'occasion de clarifier la situation concernant le « recalibrage-gate », comme cela s'était produit après un malentendu similaire entre Paul VI et le cardinal Giuseppe Siri — deux hommes qui n'ont jamais été particulièrement proches.

  • Deux jeunesses, une fracture

    IMPRIMER

    Deux jeunesses, une fracture

    Il y a des semaines où un pays se révèle à lui-même par simple juxtaposition d’images. Fin septembre 2026, près de quatre-vingt mille jeunes remplissent le Stade de France pour accueillir le pape Léon XIV. Ils chantent, prient, écoutent un appel à la liberté intérieure et au choix du bien. Une jeunesse capable d’adhésion, de joie collective et de regard vers quelque chose qui la dépasse. Trois semaines plus tard, les mêmes rues et bien d’autres — Paris, Limoges, Marseille, Lyon, mais aussi Bruxelles et Milan — offrent le spectacle inverse : mairies et préfectures attaquées, commerces pillés par centaines, forces de l’ordre débordées, un hôtel de ville du XIXe siècle en grande partie détruit par les flammes. Deux visages d’une même génération. Deux possibilités d’être. Entre elles, un gouffre.

    Les faits sont établis. Le 17 octobre, une mobilisation contre la vie chère et la dégradation des services publics a rassemblé, selon les sources, entre 550 000 et 800 000 personnes. En marge des cortèges, la violence a pris le dessus. Plus de deux mille interpellations en France, près d’un millier de policiers, gendarmes et pompiers blessés, environ mille cinq cents commerces touchés. L’hôtel de ville de Limoges, monument historique, a brûlé jusqu’à l’effondrement partiel de sa toiture et de son beffroi. Des préfectures et des mairies ont été forcées. Des rues entières de centres-villes ont été méthodiquement ravagées. Le gouvernement a parlé d’ultragauche et de délinquants d’opportunité. D’autres lectures insistent sur la présence massive de jeunes venus des banlieues, pour qui la France n’inspire ni respect ni appartenance. Le même jour, Bruxelles a connu des affrontements, des barricades, une voiture retournée et des attaques contre des bâtiments politiques. Milan a vu la place du Duomo transformée en champ de bataille, avec jets de projectiles, pillages et usage de canons à eau. Le phénomène n’était pas franco-français.

    Plus profond que le politique

    Réduire ces événements à un simple conflit social ou à une stratégie de pouvoir laisse échapper l’essentiel. Une lecture plus juste est de reconnaître qu’ils révèlent aussi une lutte intérieure : entre le chaos du ressentiment et la capacité d’élévation. « Tout est spirituel », au sens de ce qui relève de l’esprit, des dispositions, du sens donné à l’existence, éclaire parfois mieux la situation que le seul « tout est politique ». Dans la même génération coexistent la jouissance de la destruction et le désir de transmission. Ce n’est pas seulement deux camps qui s’opposent dans la rue. C’est un conflit porté, à des degrés divers, par chacun. Les images du 17 octobre ressemblent à un détail de Jérôme Bosch ou à un cercle de l’Enfer dantesque. Celles du Stade de France évoquent l’autre possibilité : le surmontement des peurs individuelles et le choix de s’inscrire dans un destin commun.

    Les facteurs structurels restent déterminants. Des décennies d’immigration massive sans exigence réelle d’assimilation ont produit, dans certains territoires, des populations pour qui le pays d’accueil n’est ni une histoire ni un projet. L’école a souvent cessé d’être un lieu de culture commune. La justice est perçue comme indulgente envers les délinquants et sévère envers les citoyens ordinaires. L’autorité a été méthodiquement affaiblie. Une classe dirigeante technocratique, longtemps convaincue de sa propre lucidité, a arasé une à une les digues morales, sécuritaires et culturelles qui permettent à une société de tenir. Quand l’ultragauche, les opportunistes et les porteurs de ressentiment peuvent, en quelques heures, mettre un pays sens dessus dessous, c’est que ces digues étaient déjà bien basses. Le mépris de toute autorité, le ressentiment historique, social et culturel, le privilège de fait accordé à certaines milices idéologiques, une immigration dont une partie se dresse contre le pays qui l’accueille : tout cela s’est accumulé pendant des années. Les flammes du 17 octobre n’ont fait que rendre visible ce qui couvait.

    Une alerte stratégique

    Des analystes comme David Betz, professeur de War Studies au King’s College London, alertent depuis plusieurs années sur le fait que les conditions structurelles d’un conflit interne violent sont désormais réunies dans plusieurs sociétés occidentales. Fractionnalisation identitaire, sentiment de déclassement d’une population historique, crise de légitimité des institutions, élites perçues comme post-nationales et déconnectées : ces facteurs, bien documentés dans la littérature sur les guerres civiles, s’appliquent aujourd’hui à la France, au Royaume-Uni et à d’autres pays. Betz n’annonce pas une apocalypse certaine. Il affirme que le risque n’est plus marginal et que le temps de la politique « normale » pour le traiter est peut-être déjà compté. Les formes possibles ne sont pas nécessairement celles d’une guerre civile classique, mais plutôt des violences intercommunautaires prolongées, des « villes férales » difficilement gouvernables, des attaques contre les infrastructures critiques, une dimension rurale-urbaine marquée. Les émeutes de 2023 et de 2026 s’inscrivent précisément dans le type d’incidents précurseurs qu’il décrit. Son analyse n’est pas décisive au point de clore le débat, mais elle est suffisamment solide pour que l’on cesse de traiter ce risque comme une fantaisie.

    Ce qui reste possible

    L’avenir n’est pas écrit. Trois trajectoires se dessinent. La première, la plus probable à court terme, est la continuation d’une société duale gérée au coup par coup : plus de police, plus de discours, plus de plans, sans traiter les causes. La deuxième est un recentrage exigeant : réduction nette des flux, conditionnement du séjour et de la nationalité à une assimilation effective, rétablissement clair de l’ordre public, refondation de l’école comme lieu de transmission. La troisième est une fragmentation accélérée, avec des territoires de plus en plus séparés et une confiance dans les institutions qui continue de s’éroder.

    Les leviers existent encore. Rétablir l’autorité de l’État partout, y compris dans les zones qui lui échappent aujourd’hui. Conditionner l’immigration et la nationalité à des exigences réelles. Refaire de l’école un instrument de culture commune plutôt que de relativisme. Soutenir les forces — familiales, associatives, spirituelles, entrepreneuriales — qui produisent encore de l’appartenance et de la transmission. Ce qui ne fonctionne pas, c’est de croire que plus d’argent public ou plus de « dialogue » suffira à créer un attachement là où il n’y en a pas, ou d’attendre que le temps résolve seul le problème.

    Le week-end d’octobre 2026 a montré le risque de chute. La veillée de septembre a rappelé qu’un autre possible existe encore. Entre les deux, la marge est étroite. Elle exige du sérieux, du courage politique et une décision intérieure autant que collective. Les civilisations sont mortelles. La France l’est aussi. Elle peut encore choisir l’ange du meilleur — celui du ressaut, de la paix collective et du bien commun — ou s’abandonner à l’autre. Le choix n’est plus théorique. Il est déjà engagé.

    (avec le concours de l'intelligence artificielle)

  • Dimanche des missions : Qui va leur dire ?

    IMPRIMER

    Une homélie de l'abbé Christophe Cossement (Tournai) (archive 2013) :

    Qui va leur dire?

    homélie du 29e dimanche, « des missions »

    Le pape François fait des déclarations interpellantes, qui ne laissent pas les médias indifférents. Dernièrement il a dit que le prosélytisme était une bêtise grandeur nature1. Il pourrait y avoir des gens qui en concluraient qu’il ne faut pas parler explicitement de Dieu, du Christ, de notre foi en lui, mais plutôt servir, transformer l’Église en un grand service social. Or, le pape est bien clair : le service fait partie de l’action normale de toute communauté chrétienne et de tout chrétien, mais ce n’est pas à ce service que se résume la mission de l’Église et du baptisé. S’il ne faut pas de prosélytisme, il faut la mission, en faveur de tous ceux qui connaissent mal ou pas du tout l’amour de Dieu que le Christ nous révèle et nous fait vivre. Depuis le moment où il a été élu successeur de Pierre, le pape Bergoglio n’a pas arrêté d’inciter l’Église à « s’ouvrir », à atteindre les hommes jusque dans leurs plus lointaines « périphéries existentielles ». Il ne faut pas persuader, mais il faut annoncer.

    Sommes-nous convaincus que le Christ est pour tous, et que c’est manquer l’essentiel de sa vie que de l’ignorer ? Jadis on parlait du salut de l’âme et on craignait de ne pas être sauvés ou que des gens ne soient pas sauvés. Cela motivait à parler du Christ, mais c’était une motivation piégée, où la peur avait au moins autant d’importance que l’amour, où on répandait l’image d’un Dieu qui finalement demande des comptes et présente la facture de nos bêtises. Aujourd’hui on a tendance à penser que la foi n’est plus quelque chose de fondamental. Elle est un élément facultatif de la vie, un « si tu veux » qui ressemble à la crème fraîche qu’on peut ajouter sur ses fraises « si on veut, si on aime ça »… Nous considérons que le monde se sauve bien tout seul, ou qu’en tous cas les hommes de bonne volonté suffisent. « Qu’est-ce que la foi ajoute ? On n’a tout de même pas besoin d’être croyant pour faire le bien ! » Dieu devient une aide facultative, pour ceux qui ont le goût de la croyance.

    Lire la suite

  • Message du Saint-Père Léon XIV pour la 100e Journée Mondiale des Missions

    IMPRIMER

    MESSAGE DU SAINT-PÉRE LÉON XIV
    POUR LA 100e JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 

    [18 octobre 2026

    ____________

    Un dans le Christ, unis dans la mission

    Chers frères et sœurs !

    Pour la Journée Mondiale des Missions 2026, qui marque le centenaire de cette célébration instituée par Pie XI et si chère à l’Église, j’ai choisi le thème « Un dans le Christ, unis dans la mission ». Après l’Année jubilaire, je souhaite exhorter toute l’Église à poursuivre avec joie et zèle dans l’Esprit Saint le chemin missionnaire, qui exige des cœurs unifiés dans le Christ, des communautés réconciliées et, chez tout le monde, une disponibilité pour collaborer avec générosité et confiance.

    En réfléchissant à notre être un dans le Christ et unis dans la mission, laissons-nous guider et inspirer par la grâce divine, afin de « renouveler en nous le feu de la vocation missionnaire » et d’avancer ensemble dans l’engagement de l’évangélisation, pour « une nouvelle ère missionnaire » dans l’histoire de l’Église (Homélie lors de la messe pour le Jubilé du monde missionnaire et des migrants, 5 octobre 2025).

    1. Un dans le Christ. Disciples-missionnaires unis en Lui et avec les frères et sœurs

    Au centre de la mission se trouve le mystère de l’union avec le Christ. Avant sa Passion, Jésus a prié le Père : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’ils soient un en nous eux aussi » (Jn 17, 21). Ces paroles révèlent le désir le plus profond du Seigneur Jésus et, en même temps, l’identité de l’Église, communauté de ses disciples : être une communion qui naît de la Trinité et qui vit de et dans la Trinité, au service de la fraternité entre tous les êtres humains et de l’harmonie avec toutes les créatures.

    Être chrétien n’est pas avant tout un ensemble de pratiques ou d’idées : c’est une vie en union avec le Christ, dans laquelle nous sommes rendus participants de la relation filiale qu’Il vit avec le Père dans l’Esprit Saint. Cela signifie demeurer dans le Christ comme les sarments en la vigne (cf. Jn 15, 4), immergés dans la vie trinitaire. De cette union jaillit la communion réciproque entre les croyants et naît toute fécondité missionnaire. Oui, « la communion est à la fois source et fruit de la mission », comme l’enseignait saint Jean-Paul II (cf. Exhort. ap. Christifideles laici, 32).

    C’est pourquoi la première responsabilité missionnaire de l’Église est de renouveler et de maintenir vivante l’unité spirituelle et fraternelle entre ses membres. Dans de nombreuses situations, nous assistons à des conflits, des polarisations, des incompréhensions, une méfiance réciproque. Lorsque cela se produit également dans nos communautés, leur témoignage en est affaibli. La mission évangélisatrice que le Christ a confiée aux disciples exige avant tout des cœurs réconciliés et désireux de communion. Dans cette optique, il sera important d’intensifier l’engagement œcuménique avec toutes les Églises chrétiennes, en saisissant également les occasions offertes par la célébration commune du 1700e anniversaire du Concile de Nicée.

    Enfin, et ce n’est pas le moins important, être « un dans le Christ » nous appelle à toujours garder les yeux tournés vers le Seigneur, afin qu’Il soit vraiment au centre de la vie personnelle et communautaire, de toute parole, action, relation interpersonnelle, de sorte que nous puissions dire avec émerveillement : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Cela sera possible par l’écoute constante de sa Parole et par la grâce des sacrements, afin d’être des pierres vivantes de l’Église qui est aujourd’hui appelée à recueillir les demandes fondamentales du Concile Vatican II et du Magistère pontifical qui a suivi, en particulier celui du Pape François. En effet, comme l’affirme saint Paul, « ce n’est pas nous que nous prêchons mais le Christ Seigneur » (2 Co 4, 5). Je répète donc les paroles de saint Paul VI : « Il n’y a pas de véritable évangélisation si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Royaume, le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, ne sont pas proclamés » (Exhort. ap. Evangelii nuntiandi, 22). Ce processus d’évangélisation authentique commence dans le cœur de chaque chrétien pour s’étendre à toute l’humanité.

    Ainsi, plus nous serons unis dans le Christ, plus nous pourrons accomplir ensemble la mission qu’Il nous confie.

    2. Unis dans la mission. Pour que le monde croie dans le Christ Seigneur

    L’unité des disciples n’est pas une fin en soi : elle est ordonnée à la mission. Jésus l’affirme clairement : « Pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). C’est dans le témoignage d’une communauté réconciliée, fraternelle et solidaire que l’annonce de l’Évangile trouve toute sa force communicative.

    Dans cette perspective, il convient de rappeler la devise du bienheureux Paolo Manna : « Toute l’Église pour la conversion du monde entier ». Celle-ci exprime de manière synthétique l’idéal qui a animé la fondation, en 1916, de l’Union Pontificale Missionnaire. À l’occasion de son 110e anniversaire, je lui adresse ma reconnaissance et ma bénédiction pour son engagement à animer et à former l’esprit missionnaire des prêtres, des personnes consacrées et des fidèles laïcs, en favorisant l’union de toutes les forces évangélisatrices. En effet, aucun baptisé n’est étranger ni indifférent à la mission : tous, chacun selon sa vocation et sa condition de vie, participent à la grande œuvre que le Christ confie à son Église. Comme l’a rappelé à plusieurs reprises le Pape François, l’annonce de l’Évangile est toujours une action chorale, communautaire, synodale.

    C’est pourquoi être unis dans la mission revient à préserver et à nourrir la spiritualité de communion et de collaboration missionnaire. En grandissant chaque jour dans cette attitude, nous apprenons, avec la grâce divine, à regarder nos frères et sœurs toujours davantage avec les yeux de la foi, à reconnaître avec joie le bien que l’Esprit suscite en chacun, à accueillir la diversité comme une richesse, à porter les fardeaux les uns des autres et à rechercher toujours l’unité qui vient d’En Haut. En effet, nous avons tous ensemble une seule mission provenant d’ « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, partout, et en tous » (Ep 4, 5-6). Cette spiritualité constitue la forme quotidienne du fait d’être disciple missionnaire. Elle nous aide à retrouver une vision universelle de la mission évangélisatrice de l’Église, en dépassant la fragmentation des efforts et les divisions en factions – “de Paul”, “d’Apollos” – entre les disciples du Seigneur unique (cf. 1 Co 1, 10-12).

    L’unité missionnaire ne doit évidemment pas être comprise comme une uniformité, mais comme une convergence des différents charismes vers un même but : rendre visible l’amour du Christ et inviter chacun à Le rencontrer. L’évangélisation se réalise lorsque les communautés locales collaborent entre elles et lorsque les différences culturelles, spirituelles et liturgiques s’expriment pleinement et harmonieusement dans la même foi. J’encourage donc les institutions et les réalités ecclésiales à renforcer le sens de la communion missionnaire ecclésiale et à développer avec créativité les voies concrètes de collaboration entre elles pour et dans la mission.

    À ce propos, je remercie les Œuvres Pontificales Missionnaires pour leur service à la coopération missionnaire, dont j’ai déjà fait l’expérience avec gratitude pendant mon ministère au Pérou. Ces œuvres – Propagation de la Foi, Enfance Missionnaire, Saint Pierre Apôtre et Union Missionnaire – continuent à nourrir et à former la conscience missionnaire des fidèles, petits et grands, et à promouvoir un réseau de prière et de charité qui relie les communautés du monde entier. Il est significatif que la fondatrice de l’Œuvre de la Propagation de la Foi, la bienheureuse Pauline Marie Jaricot, ait conçu il y a deux cents ans le Rosaire vivant, qui rassemble encore aujourd’hui de nombreux fidèles en groupes à distance pour prier pour tous les besoins spirituels et missionnaires. Il convient également de rappeler que c’est précisément sur la proposition de l’Œuvre de la Propagation de la Foi que Pie XI institua en 1926 la célébration de la Journée Mondiale des Missions, dont les offrandes recueillies chaque année sont distribuées par celle-ci, au nom du Pape, pour les divers besoins de la mission de l’Église. Les quatre Œuvres, dans leur ensemble et chacune dans sa spécificité, continuent donc à jouer un rôle précieux pour toute l’Église. Elles sont un signe vivant de l’unité et de la communion missionnaire ecclésiale. J’invite tout le monde à collaborer avec elles dans un esprit de gratitude.

    3. Mission d’amour. Annoncer, vivre et partager l’amour fidèle de Dieu

    Si l’unité est la condition de la mission, l’amour en est la substance. La Bonne Nouvelle que nous sommes envoyés annoncer au monde n’est pas un idéal abstrait : c’est l’Évangile de l’amour fidèle de Dieu, incarné dans le visage et la vie de Jésus-Christ.

    La mission des disciples et de toute l’Église est le prolongement, dans l’Esprit Saint, de celle du Christ : une mission qui naît de l’amour, se vit dans l’amour et conduit à l’amour. À tel point que le Seigneur lui-même, dans sa grande prière au Père avant sa Passion, après avoir invoqué l’unité des disciples, conclut ainsi : « Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et que moi aussi, je sois en eux » (Jn 17, 26). Les Apôtres ont ensuite évangélisé, poussés par l’amour du Christ et pour le Christ (cf. 2 Co 5, 14). De la même manière, au cours des siècles, des foules de chrétiens, de martyrs, de confesseurs, de missionnaires ont donné leur vie pour faire connaître cet amour divin au monde. Ainsi, la mission évangélisatrice de l’Église se poursuit sous la conduite de l’Esprit Saint, Esprit d’amour, jusqu’à la fin des temps.

    Je tiens donc à remercier tout particulièrement les missionnaires ad gentes d’aujourd’hui : des personnes qui, comme saint François Xavier, ont quitté leur terre, leur famille et toute forme de sécurité pour annoncer l’Évangile, apportant le Christ et son amour dans des lieux souvent difficiles, pauvres, marqués par des conflits ou culturellement éloignés. Ils continuent à se donner avec joie malgré les adversités et les limites humaines, car ils savent que le Christ lui-même, avec son Évangile, est la plus grande richesse à partager. Par leur persévérance, ils montrent que l’amour de Dieu est plus fort que toute barrière. Le monde a encore besoin de ces courageux témoins du Christ, et les communautés ecclésiales ont encore besoin de nouvelles vocations missionnaires, que nous devons toujours garder à cœur et pour lesquelles nous devons sans cesse prier le Père. Qu’Il nous accorde le don de jeunes et d’adultes prêts à tout quitter pour suivre le Christ sur le chemin de l’évangélisation jusqu’aux extrémités de la terre !

    En admirant les missionnaires, j’adresse un appel particulier à toute l’Église : unissons-nous tous à eux dans la mission évangélisatrice par le témoignage de la vie dans le Christ, la prière et la contribution pour les missions. Souvent, nous le savons, « l’amour n’est pas aimé », comme l’a dit saint François d’Assise, vers qui nous tournons notre regard tout particulièrement 800 ans après son entrée au ciel. Laissons-nous contaminer par son désir de vivre dans l’amour du Seigneur et de le transmettre à nos proches comme à ceux qui sont loin, car, comme il l’affirmait, « il faut beaucoup aimer l’amour de Celui qui nous a tant aimés » (Saint Bonaventure de Bagnoregio, Leggenda maggiore, chap. IX, 1 ; Fonti francescane, 1161). Sentons-nous également stimulés par le zèle de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui s’était fixé pour objectif de poursuivre sa mission même après sa mort, déclarant : « Au Ciel, je désirerai la même chose que sur terre : aimer Jésus et le faire aimer » (Lettre au révérend M. Bellière, 24 février 1897).

    Encouragés par ces témoignages, engageons-nous tous à contribuer, chacun selon sa vocation et les dons reçus, à la grande mission évangélisatrice, qui est toujours une œuvre d’amour. Vos prières et votre soutien concret, en particulier à l’occasion de la Journée Mondiale des Missions, seront d’une grande aide pour apporter l’Évangile de l’amour de Dieu à chacun, en particulier aux plus pauvres et aux plus nécessiteux. Chaque don, même le plus modeste, devient un acte important de communion missionnaire. Je renouvelle donc mes sincères remerciements « pour tout ce que vous ferez pour m’aider à aider les missionnaires partout dans le monde » (Message vidéo pour la Journée Mondiale des Missions 2025). Et afin de favoriser la communion spirituelle, je vous laisse, avec ma bénédiction, cette simple prière :

    Père saint, accorde-nous d’être un dans le Christ, enracinés dans son amour qui unit et renouvelle. Fais que tous les membres de l’Église soient unis dans la mission, dociles à l’Esprit Saint, courageux dans le témoignage de l’Évangile, annonçant et incarnant chaque jour ton amour fidèle pour toute créature.

    Bénis les missionnaires, soutiens-les dans leurs efforts, garde-les dans l’espérance !

    Marie, Reine des missions, accompagne notre œuvre d’évangélisation aux quatre coins de la terre : fais de nous des instruments de paix, et fais que le monde entier reconnaisse dans le Christ la lumière qui sauve. Amen.

    Du Vatican, le 25 janvier 2026, Troisième dimanche du Temps ordinaire, fête de la Conversion de Saint Paul

    LÉON PP. XIV

  • "Les césars changent, Dieu demeure"

    IMPRIMER

    Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à St Germain de l’Auxerrois (source)

    Saint-Germain de l’Auxerrois (1er) - (archive 18 octobre 2020)

    29e dimanche du temps ordinaire – Année A

    - Is 45,1.4-6 ; Ps 95, 1.3-5.7-10 ; 1 Th 1,1-5 ; Mt 22,15-21

    « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22,21).

    Cette parole du Christ a traversé l’histoire. Pour beaucoup d’analystes, elle a permis de séparer le temporel du spirituel, ce qui vient des hommes et ce qui vient de Dieu. Les affaires publiques et la chose privée. En réalité, l’histoire nous enseigne que ce n’est pas aussi simple.

    Des gouvernants et des rois ont voulu gérer les affaires de l’Église. Constantin au concile de Nicée, Charlemagne pour résoudre la question épineuse du filioque, l’empereur d’Allemagne Henri IV pour nommer les évêques à la place du Pape, Henri VIII d’Angleterre… A contrario, des hommes d’Église se sont piqués de gouverner les états ou de s’immiscer dans leurs affaires.

    Cette question aujourd’hui se pose particulièrement avec l’extension du salafisme. Certains sondages nous révèlent qu’une majorité de musulmans préfèrent obéir à la charia plutôt qu’aux lois de la République. Et nous alors, les chrétiens ?

    Il y a une tradition portée par saint Paul et saint Pierre dès le début du christianisme. D’un côté, ils demandent le respect de l’autorité, la participation citoyenne et l’obéissance aux lois du pays dans lequel vivent les chrétiens (Rm 13, 1 ; 1Tm 2, 1-2 ; 1P 2, 13-14).

    En même temps, la tradition catholique valorise le primat de la conscience. Saint Pierre écrit : « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29). Ainsi les premiers chrétiens ont refusé d’adorer l’empereur de Rome comme un dieu. Ils l’ont payé de leur vie.

    Aujourd’hui encore, il est légitime de faire valoir son droit à l’objection de conscience chaque fois qu’il apparaît une injustice inacceptable. Cette objection est même un devoir. Ainsi s’exprime l’encyclique de saint Jean Paul II L’Évangile de la vie (73). Le 2e procès de Nuremberg a opposé ce principe en réponse aux médecins des camps qui invoquaient leur obéissance aux ordres pour justifier leur attitude. Il n’est pas acceptable de poser un acte contraire à sa conscience, comme pratiquer un avortement pour un médecin qui a intégré le serment d’Hippocrate dans lequel est écrit le respect de toute vie : « Je ne donnerai pas de pessaire abortif ». Alors, que penser ?

    Écoutons Jésus répondre à Pilate qui pense avoir le droit de vie et de mort sur lui : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi s’il ne t’était donné d’en haut » (Jn 19, 11). Encore une fois il s’agit du principe de subsidiarité. Dieu permet à un homme de gouverner parce qu’il entre dans ses projets, comme Cyrus le roi de Perse dans la première lecture. Ce dernier doit exercer son rôle pour le bien de tous et doit être respecté. En revanche, s’il outrepasse sa fonction et contrevient au bien commun, ses décisions deviennent invalides. Le bien commun, différent de l’intérêt général qui peut supporter le sacrifice du plus faible, peut être recherché indépendamment d’un lien conscient à Dieu puisqu’il s’agit du bien de chacun, personnellement et ensemble. Les chrétiens, inspirés par l’amour de Dieu, y sont particulièrement sensibles. Ils peuvent et doivent s’engager dans la chose publique (res publica) au service du bien de tous. Mais il convient que jamais ils n’oublient que la source de leur action vient de Dieu qui est Amour. Si nos pièces de monnaie sont à l’effigie de l’un ou l’autre César d’aujourd’hui, nous sommes nous, et pour toujours, à l’effigie de Dieu. Les césars changent, Dieu demeure.

    +Michel Aupetit, archevêque de Paris.

  • Le cardinal Semeraro béatifiera ce samedi à Ibiza vingt prêtres assassinés par haine de la foi en 1936.

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Semeraro béatifiera ce samedi à Ibiza vingt prêtres assassinés par haine de la foi en 1936.

    Juan Torres et ses dix-neuf compagnons, âgés de 24 à 77 ans, sont décédés entre le 7 août et le 13 septembre 1936 ; dix-sept d’entre eux, au château de Dalt Vila.

    Le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les causes des saints, béatifiera Juan Torres Torres et dix-neuf de ses compagnons ce samedi 17 octobre à 11 h à la cathédrale d'Ibiza. Ces prêtres diocésains ont été assassinés par haine de la foi entre août et septembre 1936 sur le territoire du diocèse d'Ibiza. Le cardinal Semeraro présidera la cérémonie au nom de Léon XIV, qui a autorisé la promulgation du décret reconnaissant leur martyre le 18 juin. Selon le diocèse, il s'agira de la première béatification célébrée aux îles Baléares.

    Le diocèse entame aujourd'hui, vendredi, sa veillée par un pèlerinage sur les lieux de décès des nouveaux bienheureux. Mgr Vincent Ribas présidera une prière à 10h00 au château de Dalt Vila, aujourd'hui transformé en parador (hôtel d'État). Il priera ensuite à Sa Carrossa et à La Savina, sur l'île de Formentera, puis à 19h00 sur la place de l'église Sant Carles. À 20h30, il présidera les vêpres en l'église Santa Eulària. Dimanche 18, une messe d'action de grâce sera célébrée à la cathédrale. Les 24 et 25 octobre, des messes seront célébrées dans toutes les paroisses. Enfin, le 6 novembre, la fête liturgique des nouveaux bienheureux sera célébrée pour la première fois.

    Les vingt prêtres, âgés de 24 à 77 ans, périrent en un peu plus de cinq semaines, entre le 7 août et le 13 septembre 1936. Le premier à mourir fut Juan Torres Torres, qui donna son nom à la cause. Ordonné le 6 juin de cette année-là, il fut tué à La Savina le 7 août, puis son corps jeté à la mer. Il avait 24 ans. Le plus âgé du groupe, José Tur Bennassar, avait été ordonné en 1884 ; un demi-siècle sépare donc les deux ordinations. Le lendemain de la mort de Torres, l’intendant de Sant Carles, Antonio Tur Costa, et son père furent fusillés ; selon le diocèse, son frère fut également tué plus tard à Santa Eulària, simplement parce qu’il était son frère. Dix-sept des vingt furent assassinés au château de Dalt Vila le 13 septembre, date à laquelle le diocèse commémore leur mémoire chaque année.

    Parmi eux, Antonio Roig Guasch, économe de Sant Francesc Xavier à Formentera, fut emmené à Ibiza, contraint d'abjurer sa foi et de blasphémer, et mourut à Sa Carrossa en criant « Vive le Christ Roi ! ». L' évêque Ribas résuma alors la cause en une phrase : « Ils sont morts uniquement pour leur foi . » Trois des futurs bienheureux, Antonio Cardona Vingut, José Ramón Escandell et Mariano Roig Marí, figurent dans les registres de la Confrérie du Saint-Christ du Cimetière, fondée en 1890. Sa présidente, María de las Nieves Jiménez Bonet, déclara au même journal : « C'est une immense joie que trois personnes ayant appartenu à notre confrérie soient béatifiées . »

    La cause a été ouverte par l'évêque Vicente Juan Segura le 23 novembre 2008. La phase diocésaine s'est achevée le 12 juin 2015 et Rome a reconnu sa validité le 27 janvier 2017. Les conseillers historiques ont approuvé la Positio le 28 janvier 2025, les théologiens ont donné leur avis favorable un an plus tard, et les cardinaux et les évêques du Dicastère ont rendu leur jugement le 16 juin 2026, deux jours avant l'approbation du Pape. La procédure a débuté avec vingt et un noms. Le Dicastère a exclu Francisco Planells Tur car, selon le diocèse, les preuves recueillies ne permettaient pas d'atteindre la certitude morale requise. Le diocèse examine également les cas de onze laïcs et d'un groupe de jeunes de l'Action catholique de la paroisse Sant Jordi.

    Cette béatification intervient deux jours après la mise à jour des données du Bureau des causes des saints de la Conférence épiscopale concernant la persécution religieuse des années 1930 : selon El Debate , on compte 2 404 bienheureux, 11 saints et 3 040 cas de béatification encore à l’étude dans les diocèses, soit un total de 5 455, sans compter les cas en cours d’instruction ni ceux dont la cause n’a jamais été officiellement ouverte. Quatre-vingt-dix ans plus tard, ces vingt prêtres seront béatifiés dans la cathédrale du diocèse où ils ont exercé leur ministère, et non à Rome.


    Lire aussi

  • 100e dimanche mondial des missions (18 octobre) : le Vatican accorde une indulgence plénière

    IMPRIMER

    De kath.net/news :

    Dimanche des missions mondiales : le Vatican accorde une indulgence plénière

    17 octobre 2026

    Selon la Pénitencerie apostolique, la confession, la réception de la Sainte Communion et les prières pour la diffusion de l'Évangile et « pour les intentions du Saint-Père » sont nécessaires pour l'octroi de la dispense – l'Église célèbre le 100e Dimanche mondial des missions le 18 octobre.

    À l'occasion du centenaire de la Journée mondiale des missions, les fidèles ont la possibilité d'obtenir une indulgence plénière. Une notification en ce sens a été envoyée aux évêques par la Pénitencerie apostolique du Vatican, autorité compétente en la matière, quelques jours avant la Journée mondiale des missions, qui sera célébrée ce dimanche 18 octobre.

    Pour obtenir une indulgence plénière, les fidèles doivent communier le dimanche des Missions mondiales et prier pour la diffusion de l'Évangile dans le monde entier. De plus, la confession sacramentelle est requise dans les jours précédant ou suivant ce dimanche. Comme pour toute confession, elle doit être accompagnée d'une contrition sincère et d'une volonté de se repentir. Les fidèles doivent également réciter une prière aux intentions du Saint-Père, par exemple le Notre Père et le Je vous salue Marie. L'indulgence peut être obtenue pour soi-même ou pour les défunts.

    Selon la conception catholique, une indulgence est un signe de grâce qui libère des peines temporelles du péché. Dans le sacrement de la Réconciliation (confession), le pécheur repentant reçoit le pardon de ses péchés de Dieu après la confession. Cependant, l'expression théologique « peines temporelles du péché », dans ce contexte, ne signifie pas que Dieu pardonne les péchés puis inflige des sanctions pour les fautes et les omissions, à l'instar d'un tribunal séculier. Elle désigne plutôt les conséquences persistantes des péchés qui, bien que pardonnés par le sacrement de Pénitence, continuent de peser sur les personnes.

  • Les Statistiques de l'Église catholique 2026

    IMPRIMER

    Une dépêche de l'Agence Fides :

    Vatican - Les Statistiques de l'Église catholique 2026

    16 octobre 2026
     

    Cité du Vatican (Agence Fides) – Le nombre de catholiques dans le monde augmente et celui des prêtres recommence à croître, même si ce n’est que légèrement. En revanche, le nombre de religieuses et de séminaristes majeurs continue de diminuer, tandis que la contribution des missionnaires laïcs et des catéchistes se renforce.

    Voici quelques-unes des données qui ressortent du dossier sur les statistiques de l’Église catholique rédigé par l’Agence Fides à l’occasion de la 100e Journée Mondiale des Missions, qui sera célébrée le dimanche 18 octobre 2026 sur le thème « Un dans le Christ, unis dans la mission ».

    Derrière ces chiffres globaux se dessinent des situations différentes sur les cinq continents : l’Afrique enregistre la plus forte augmentation du nombre de baptisés et est le seul continent où l’on observe une hausse tant du nombre de religieuses que de grands séminaristes.

    Ce dossier, rédigé par Luca Mainoldi, rassemble et analyse les données tirées du dernier « Annuaire statistique de l’Église », publié cette année, et dresse un tableau de la présence catholique, des structures pastorales ainsi que des activités éducatives, sanitaires et sociales.

    Les données relatives à la population et aux baptisés se réfèrent au 30 juin 2024 ; les autres, au 31 décembre de la même année. Les variations indiquent la comparaison avec le recensement précédent, relatif à 2023.

    Les catholiques sont en augmentation sur tous les continents

    Au 30 juin 2024, la population recensée par l’Annuaire s’élevait à 7 995 573 000 personnes. Les catholiques étaient au nombre de 1 422 144 000, soit une augmentation de 16 690 000 par rapport à l’année précédente. Leur pourcentage au sein de la population mondiale reste de 17,8 %.

    La hausse du nombre de baptisés concerne tous les continents. La croissance la plus importante est enregistrée en Afrique, avec 7 580 000 catholiques supplémentaires, suivie par l’Amérique (+6 992 000), l’Asie (+968 000), l’Europe (+911 000) et l’Océanie (+239 000). En Europe, la hausse déjà observée lors du précédent recensement se confirme donc.

    Il y a plus de catholiques en Afrique qu'en Europe

    L'Amérique reste le continent comptant le plus grand nombre de catholiques : 678 869 000, soit 64 % de sa population. En Afrique, on dénombre 288 312 000 baptisés, un chiffre supérieur à celui de l'Europe, où l'on en compte 287 240 000. L’Asie, avec 156 166 000 catholiques, et l’Océanie, avec 11 557 000 suivent. La part des catholiques dans la population de chaque continent est de 19,9 % en Afrique, de 39,7 % en Europe, de 3,3 % en Asie et de 25,9 % en Océanie.

    Prêtres : une légère reprise, avec des différences selon les continents

    Pour la première fois en cinq ans, selon ce dossier, le nombre total de prêtres recommence à augmenter : ils sont 407 421, soit 425 de plus que lors du dernier recensement. Ce solde positif résulte de la hausse enregistrée en Afrique (+1 676), en Asie (+1 065) et en Amérique (+199), qui compense les baisses observées en Europe (-2 483) et en Océanie (-32). L'Amérique passe ainsi de la baisse enregistrée l'année précédente à une augmentation.

    Le nombre de prêtres diocésains s’élève à 279 238 (+496), tandis que celui des prêtres religieux recule à 128 183 (-71). Malgré la légère augmentation globale du clergé, le nombre moyen de catholiques par prêtre augmente également, passant à 3 491, soit 38 fidèles de plus que lors du recensement précédent. Ce ratio augmente en Amérique, en Europe et en Océanie, tandis qu’il diminue en Afrique et en Asie.

    On compte 5 525 évêques, soit une augmentation de 95 : 4 365 évêques diocésains et 1 160 évêques religieux. La croissance du nombre de diacres permanents se poursuit également, avec un total de 52 102 (+669), grâce notamment à des hausses en Amérique (+424) et en Europe (+236).

    Religieuses et séminaristes : la baisse mondiale se poursuit

    Le nombre de religieuses dans le monde s’élève à 580 131, soit une baisse de 9 292 par rapport au recensement de l’année précédente. L’Afrique est le seul continent à enregistrer une augmentation (+2 190). Les baisses concernent l’Europe (-6 473), l’Amérique (-4 432), l’Asie (-320) et l’Océanie (-257). Les religieux non prêtres sont quant à eux au nombre de 48 511 (-237) : leur nombre augmente en Afrique et en Asie, mais diminue sur les autres continents.

    Le nombre de séminaristes majeurs, diocésains et religieux, est également en baisse : il passe de 106 495 lors du recensement précédent à 103 604, soit une diminution de 2 891. La seule augmentation concerne l’Afrique (+786), où l’on compte 35 710 séminaristes majeurs. La baisse la plus importante est enregistrée en Asie (-2 733), suivie de l’Europe (-701), de l’Amérique (-227) et de l’Océanie (-16).

    Le nombre de séminaristes mineurs recule à 94 041 (-980). Dans ce cas, on observe une hausse en Afrique (+132) et en Océanie (+20), tandis qu’il diminue en Europe (-872), en Asie (-182) et en Amérique (-78).

    La contribution des missionnaires laïcs et des catéchistes ne cesse de croître

    Le dossier fait état d’une augmentation du nombre de missionnaires laïcs, qui s’élève à 463 079, soit 18 473 de plus que l’année précédente. Cette croissance se concentre principalement en Amérique (+20 492) ; des hausses sont également observées en Afrique et en Océanie, tandis que leur nombre diminue en Asie et en Europe.

    Le nombre de catéchistes s'élève à 2 889 336 (+22 370). Les hausses les plus importantes sont enregistrées en Amérique (+16 515) et en Asie (+13 616), auxquelles s'ajoute celle de l'Océanie (+48). En revanche, leur nombre diminue en Europe (-7 603) et, dans une moindre mesure, en Afrique (-206).

    Le monde compte 3 047 circonscriptions ecclésiastiques, soit six de plus que lors du dernier recensement. On dénombre au total 111 602 stations missionnaires : parmi celles-ci, 4 187 disposent d’un prêtre résident, tandis que 107 415 n’en ont pas. Par rapport à l’année précédente, les premières sont en augmentation (+987) et les secondes en diminution (-12 162).

    Le réseau éducatif, sanitaire et d'aide sociale

    Dans le domaine de l'éducation, les institutions et les structures de l'Église catholique gèrent 75 448 écoles maternelles, fréquentées par 7 480 373 élèves ; 103 666 écoles primaires, comptant 36 314 935 élèves ; et 51 810 établissements d'enseignement secondaire, comptant 20 340 808 élèves. À cela s’ajoutent 2 685 027 étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur et 4 091 087 dans les établissements universitaires rattachés à l’Église catholique. Par rapport au recensement précédent, le nombre d’écoles maternelles augmente, mais celui de leurs élèves diminue ; en revanche, tant le nombre d’établissements que celui des élèves de l’enseignement primaire sont en hausse. Dans l’enseignement secondaire, ces deux chiffres sont en baisse. L’Afrique accueille le plus grand nombre d’élèves des écoles primaires catholiques, avec 21 292 853 inscrits.

    Les établissements de santé, de bienfaisance et d’assistance sont au nombre de 101 110 au total. Ils comprennent 5 397 hôpitaux, 13 646 dispensaires, 468 léproseries, 16 263 maisons pour personnes âgées, malades chroniques et personnes handicapées, 8 138 orphelinats, 10 352 crèches, 10 624 centres de consultation conjugale, 3 194 centres d’éducation ou de rééducation sociale et 33 028 institutions d’autres types. L’Afrique compte le plus grand nombre d’hôpitaux et de dispensaires, tandis que l’Europe concentre la majeure partie des maisons pour personnes âgées, malades chroniques et personnes handicapées. Un réseau qui associe aux structures pastorales une présence quotidienne dans les domaines de l’éducation, des soins et de l’assistance.

    Le tableau concernant les circonscriptions placées sous la responsabilité du Dicastère pour l'Évangélisation indique que le nombre total de ces circonscriptions s'élève à 1 130.



    (Agence Fides 16/10/2026)

  • 1000 raisons de croire en Jésus; une enquête sans précédent

    IMPRIMER

    Vous avez été des centaines de milliers à lire Dieu, la science, les preuves sorti en 2021. Le livre approche aujourd’hui les 500 000 exemplaires vendus et vient de paraître aux États-Unis.

    L’ambition était grande : montrer, à partir de la physique, de la biologie et de la philosophie, que l’existence de Dieu n’est pas une croyance irrationnelle, mais la conclusion la plus raisonnable. 

    Mais une question, pourtant, restait en suspens. Ce Dieu, qui est-il ?

     C’est à cette question que nous avons consacré notre nouveau livre, 1000 raisons de croire en Jésus, qui sort aujourd'hui.

    Pendant trois années, un collectif d’experts a examiné des faits scientifiques, historiques, archéologiques, philosophiques et théologiques. Cette enquête explore les fondements de la foi chrétienne, jusqu’à sa « raison de croire » fondamentale : la Résurrection.

    Je commande le livre

    La question à laquelle nous voulons répondre traverse toute l’histoire humaine : Jésus-Christ est-il vraiment ressuscité ? Car si c’est le cas, cela change tout.

    Au fil des chapitres, découvrez notamment :

    • les prophéties annonçant le Messie,
    • l’expansion extraordinaire du christianisme, 
    • la permanence de l’Église à travers les siècles,
    • la vie de milliers de saints,
    • les 2 400 apparitions mariales recensées à travers le monde,
    • les guérisons inexpliquées,
    • les miracles eucharistiques,
    • les conversions les plus marquantes,
    • les expériences de mort imminente,
    • et bien d’autres phénomènes documentés au fil des siècles. 
    •  Ce livre accessible à tous s’adresse aux croyants qui veulent mieux comprendre les raisons de leur foi, mais aussi à ceux qui doutent, cherchent ou veulent simplement savoir sur quoi repose réellement le christianisme.

    Chaque chapitre peut se lire séparément, selon les questions qui vous intéressent le plus.

    1000 raisons de croire en Jésus est désormais disponible en libraire et sur Amazon. Un livre de référence incontournable, à lire et à offrir.

    Je commande le livre

    Merci de nous accompagner dans cette nouvelle enquête.
    L’équipe de 1000 raisons de croire

  • Saint-Pierre : un film documentaire dévoile les origines de la basilique

    IMPRIMER

    La contribution la plus insolite de ce film est la participation de Léon XIV, qui a accepté de se montrer devant les caméras © VATICAN MEDIA

    Saint-Pierre : un documentaire dévoile les origines de la basilique

    Avec la participation exceptionnelle de Léon XIV et de l’acteur Chris Pratt, le film explore les découvertes archéologiques autour du tombeau de l’apôtre.

    ZENIT — 16 octobre 2026

    (ZENIT News / Cité du Vatican, 13 octobre 2026) — Une chambre funéraire cachée sous la basilique Saint-Pierre, des découvertes archéologiques s’étalant sur plusieurs décennies et une apparition exceptionnelle du pape Léon XIV à l’écran sont au cœur d’un nouveau documentaire explorant les origines de l’un des lieux saints les plus importants de la chrétienté.

    Intitulé Pétros ení : À la découverte des origines, le film sera projeté en avant-première le 16 octobre au Festival du film de Rome, à l’approche du 400e anniversaire de la consécration de l’actuelle basilique Saint-Pierre.

    Pétros ení : À la découverte des origines

    « Pétros ení : À la découverte des origines »

    Réalisé par la cinéaste espagnole Paula Ortiz et écrit par Andrea Tornielli, directeur éditorial de Vatican Media, ce documentaire mêle recherche historique, archéologie et foi chrétienne.

    L’acteur américain Chris Pratt guide les spectateurs à travers ce récit, les emmenant dans la nécropole vaticane située sous la basilique, où le tombeau traditionnellement identifié comme celui de saint Pierre demeure inaccessible aux visiteurs.

    Cette production est une collaboration entre AF Films, Vatican Media et la Fabrique de Saint-Pierre, l’institution chargée de l’entretien de la basilique.

    L’apport le plus original du film réside dans la participation de Léon XIV, qui a accepté de témoigner devant les caméras pour évoquer l’importance de l’apôtre et la signification de sa sépulture sous l’église construite en son honneur.

    Son intervention offre une perspective papale contemporaine sur une histoire qui relie les débuts du christianisme à Rome à l’architecture monumentale qui domine aujourd’hui le paysage du Vatican.

    Pratt a décrit l’opportunité de travailler avec le Pape et le Vatican comme un honneur extraordinaire, exprimant sa gratitude pour la confiance et l’accès accordés à la production. Il a déclaré que l’histoire de saint Pierre demeure fondamentale pour la foi chrétienne et qu’il était heureux de contribuer à porter l’héritage de l’apôtre à l’écran.

    Le récit historique du documentaire commence avec Pierre lui-même : le pêcheur de Galilée à qui Jésus confia la direction de l’Église naissante et qui, selon la tradition chrétienne, fut martyrisé à Rome lors des persécutions de l’empereur Néron.

    La colline du Vatican devint peu à peu un lieu de pèlerinage et de dévotion, et les premiers chrétiens cherchèrent des sépultures près du tombeau de l’apôtre.

    Cette dévotion a fini par transformer le paysage. Au IVe siècle, l’empereur Constantin, premier empereur romain à se convertir au christianisme, ordonna la construction d’une basilique majeure sur le site funéraire.

    Pour permettre l’édification, une partie du versant de la colline du Vatican fut nivelée, et le site associé au tombeau de Pierre fut intégré à la structure. La basilique actuelle, dont la colonnade monumentale fut conçue par Gian Lorenzo Bernini, s’inscrit dans cette histoire bien plus ancienne de culte et de commémoration.

    Chris Pratt

    L’acteur américain Chris Pratt guide les spectateurs dans la nécropole vaticane située sous la basilique.

    Les fouilles archéologiques ont permis de mieux comprendre cette histoire. Le pape Pie XII a fortement soutenu les fouilles entreprises pendant la Seconde Guerre mondiale et, en 1950, il a annoncé officiellement la découverte du site identifié comme la sépulture de Pierre dans la nécropole vaticane.

    Les recherches se sont poursuivies, conduisant finalement le pape Paul VI à annoncer en 1968 que les ossements de l’apôtre avaient également été identifiés grâce à ce qu’il considérait comme des preuves convaincantes.

    Paul VI a décrit ces restes comme les rares mais sacrées reliques corporelles du Prince des Apôtres.

    Il est essentiel de distinguer l’identification d’un site funéraire de celle de restes humains pour comprendre cette découverte. Le documentaire s’appuie sur des témoignages historiques et des découvertes archéologiques pour expliquer la démarche des chercheurs, avec l’apport de l’expert Pietro Zander, consultant archéologique et spécialiste reconnu de la nécropole vaticane.

    Le film promet également des images inédites, offrant aux spectateurs un accès à des parties de l’ancien complexe funéraire habituellement dissimulées sous la basilique.

    Sa sortie coïncide avec l’anniversaire de la dédicace de l’actuelle basilique Saint-Pierre, le 18 novembre 1626, soit exactement quatre siècles avant l’anniversaire de 2026.

    https://fr.zenit.org/2026/10/16/244155/

  • Hausse de la haine anti-chrétiens en Europe, deux poids deux mesures

    IMPRIMER

    Hausse de la haine anti-chrétiens en Europe, deux poids deux mesures

    (source)

    Thibault van den Bossche, chargé de plaidoyer pour la liberté religieuse  l’ECLJ (le Centre européen pour le droit et la justice), a été auditionné le lundi 12 octobre 2026 par la commission des pétitions du Parlement européen. Face à l’inertie de Bruxelles, la commission maintient ouverte la pétition de l’ECLJ « sur la montée présumée des sentiments antichrétiens et la nécessité d’une protection égale dans l’ensemble de l’Union », et poussera pour une résolution en plénière.

    La nécessité d’agir s’appuie sur la réalité des chiffres globaux fournis par l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination à l’encontre des chrétiens en Europe (OIDAC Europe), qui a recensé 2 211 crimes de haine antichrétiens sur le continent pour la seule année 2024, incluant 274 agressions physiques directes et 94 incendies criminels d’églises. L’ECLJ a ouvert l’audition sur le rappel du meurtre atroce d’Ashur Sarnaya, réfugié irakien chrétien ayant fui l’État islamique en 2014 pour finalement être égorgé à Lyon en septembre 2025 par un Algérien musulman radicalisé.

    Les trois visages d’une invisibilisation systémique

    Cette violence antichrétienne en Europe demeure largement occultée en raison de trois obstacles majeurs :

    • La sous-comptabilisation par les États, qui qualifient souvent le vandalisme des églises de simples « atteintes aux biens » et omettent de transmettre leurs données aux instances internationales comme l’OSCE.
    • La sous-déclaration par les victimes, qui renoncent à porter plainte par résignation, par peur ou par tendance à relativiser les faits.
    •  Un biais idéologique et politique, qui perçoit le christianisme uniquement comme une religion historiquement dominante et refuse de concevoir que les chrétiens puissent, eux aussi, être des victimes.

    En réponse, l’ECLJ demande dans sa pétition la nomination d’un Coordinateur de l’Union européenne chargé de la lutte contre les attaques et les discriminations contre les chrétiens, à l’instar des postes créés en 2015 pour les communautés musulmanes et juives. Nous réclamons également le renforcement de la collaboration entre les communautés, la société civile et les États afin de bâtir des cadres nationaux de coopération, briser l’autocensure et déployer des protections efficaces.

    Le clivage politique de Bruxelles face au «deux poids, deux mesures »

    Lors des débats, les représentants du Parti populaire européen (PPE), des Patriotes pour l’Europe (PFE), des Conservateurs et réformistes européens (ECR) et de l’Europe des nations souveraines (ESN) ont unanimement soutenu le maintien de la pétition, dénonçant une politique du « deux poids, deux mesures ». À l’inverse, les bancs des groupes du centre et de gauche sont restés intégralement vides. Ce désintérêt flagrant a été vivement fustigé par l’eurodéputé allemand Tomasz Froelich (ESN), rappelant qu’il s’agit pourtant de violations caractérisées des droits de l’homme.

    De son côté, le représentant de la Commission européenne au titre de l’article 17 du TFUE (relations avec les Églises) a livré une réponse particulièrement timorée. Tout en concédant le caractère inacceptable des violences, l’exécutif européen a affirmé qu’il comptait utiliser les textes existants mais « ne prévoyait pas de développer de nouveaux dispositifs », se défaussant ainsi sur la seule responsabilité des États membres. Illustrant cet immobilisme persistant, l’eurodéputée française Virginie Joron (PFE) a rappelé qu’une question écrite avait été déposée dès le 22 octobre 2025 par Fabrice Leggeri (PFE) pour exiger la nomination d’un Coordinateur européen, une interpellation restée sans réponse satisfaisante de la part de la Commission.

    La situation locale n’en demeure pas moins alarmante. L’eurodéputée espagnole Margarita de la Pisa Carrión (PFE) a condamné le silence des institutions face à ce qui s’apparente à la plus grande persécution religieuse sur le continent, rappelant que 67% des prêtres espagnols rapportent avoir subi des insultes ou des moqueries. En France, l’eurodéputée Laurence Trochu (ECR), qui conduit une pétition connexe réunissant déjà plus de 15 000 signatures, a pointé du doigt l’explosion de 70 % des atteintes aux personnes chrétiennes entre 2024 et 2025. Elle a également rappelé que le Parlement européen avait déjà validé le principe d’une telle protection en adoptant dans une résolution du 21 janvier 2026 un amendement qu’elle avait proposé déplorant l’absence de coordinateur dédié, tout en mettant en parallèle le sort des 380 millions de chrétiens persécutés à travers le monde.

    Face à l’insuffisance des réponses de l’exécutif, la commission PETI a choisi de maintenir la pétition ouverte. Elle exige désormais des informations officielles complémentaires de la Commission européenne et poussera pour obtenir un débat en plénière suivi d’une résolution. La nomination d’un Coordinateur européen est une pure question d’égalité et de justice, une demande d’ailleurs largement soutenue par l’Intergroupe sur la liberté de religion, la COMECE (Conférence des évêques de l’UE), le nonce apostolique Monseigneur Noël Treanor, ainsi que de nombreuses organisations de la société civile européenne.

    Signe qu’une prise de conscience globale est en cours, le 8 octobre 2026, le Parlement européen a adopté une résolution majeure sur la nécessité pour l’Union de se doter d’une stratégie contre l’entrisme islamiste et l’influence du réseau des Frères musulmans. Les eurodéputés y identifient explicitement la « haine antichrétienne » au même titre que l’antisémitisme, la soumission des femmes ou la remise en cause de la laïcité, comme un marqueur clair de radicalisation idéologique. De plus, le 24 juin 2026, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) est elle aussi saisie du sujet à travers une motion de résolution transpartisane intitulée « Crimes de haine, intolérance et discrimination à l’encontre des chrétiens d’Europe », exhortant les États à développer une stratégie commune pour prévenir ces crimes, y compris en ligne, et pour sécuriser les lieux de culte.