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Politique

  • Etats-Unis : le moment est-il venu pour "Pro-Life 3.0" ?

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    De Mary Frances Myler sur le National Catholic Register :

    Le moment est-il venu pour "Pro-Life 3.0" ?

    Avec la disparition de l'arrêt Roe, certains pro-vie préconisent une approche qui met l'accent sur la diminution de la demande d'avortement par des politiques gouvernementales proactives.

    8 août 2022

    Avec l'annulation de Roe et l'élimination d'un droit à l'avortement au niveau fédéral, certains pro-vie disent qu'il est temps pour une nouvelle phase du mouvement : "Pro-Life 3.0". 

    C'est le nom donné à une approche du plaidoyer pro-vie qui vise à diminuer la demande d'avortement par le biais de programmes et de politiques gouvernementales, au lieu de se concentrer plus exclusivement sur la limitation de l'accès légal à l'avortement.

    Charles Camosy, un théologien moraliste qui enseigne à la faculté de médecine de l'université Creighton et au séminaire St. John de Yonkers, dans l'État de New York, est l'un des principaux partisans de l'approche "Pro-Life 3.0". Il soutient que cette forme de plaidoyer en faveur de la vie est plus cohérente avec l'étendue de l'enseignement social catholique et offre également des possibilités de collaboration bipartisane.

    Si Pro-Life 3.0 représente un changement d'approche, il s'appuie sur les phases précédentes du mouvement pro-vie, comme l'explique M. Camosy dans une récente chronique de Religion News Service. Pro-Life 1.0, écrit-il, a précédé Roe v. Wade et était un "mouvement politiquement complexe" qui ne s'inscrivait pas dans le clivage politique gauche-droite. Après Roe, Pro-Life 2.0 s'est défini en grande partie par son fusionnisme, canalisant l'activisme politique en grande partie par le biais d'une coalition de la droite religieuse, des libertaires à petit gouvernement et des faucons anticommunistes. 

    "Cela a donné lieu à d'étranges associations", a noté M. Camosy dans sa chronique.

    Pro-Life 3.0, expliqué

    Avec la décision rendue le 24 juin dans l'affaire Dobbs contre Jackson Women's Health, le paysage de la législation sur l'avortement - et le potentiel d'action politique du mouvement pro-vie - a changé. 

    "Avant l'arrêt Dobbs, les législateurs n'avaient pas la possibilité d'adopter une approche globale de l'élaboration des politiques en faveur de la vie", explique au Register Rick Garnett, professeur à la faculté de droit de Notre Dame. "Les décisions malencontreuses de la Cour dans les affaires Roe et Casey ont privé les citoyens de la capacité d'exprimer en droit et en politique un engagement envers la dignité humaine des enfants à naître et des femmes enceintes."

    Libéré des limitations imposées par Roe, et coïncidant avec le virage populiste du parti républicain, M. Camosy a déclaré que le mouvement pro-vie a maintenant la possibilité de "nouveaux arrangements politiques créatifs qui n'étaient pas possibles auparavant".

    Dans le cadre de cette possibilité de nouveaux arrangements, M. Camosy a déclaré que c'était l'occasion pour les catholiques de soutenir un programme politique plus conforme à l'enseignement social catholique. 

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  • RPC - Taïwan : "des actions irresponsables"

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    De Marinellys Tremamunno sur le Daily Compass :

    "Taïwan considère les actions de la Chine comme irresponsables"

    08-08-2022

    L'ambassadeur de Taïwan auprès du Saint-Siège, Matthew Lee, s'exprime sans détour au Daily Compass pour condamner l'action militaire de la Chine communiste contre son pays. "C'est une tentative unilatérale de créer une crise". Lee réaffirme que la République de Chine (Taïwan) ne fait pas partie de la République populaire de Chine et que Pékin n'a jamais gouverné Taipei.

    À l'heure des multiples crises mondiales et de la guerre en Ukraine qui semble interminable, on assiste aujourd'hui à une escalade des tensions militaires entre la Chine et Taïwan, suite à la récente visite de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi.

    Le géant asiatique a déployé des avions de chasse, des navires de guerre et des missiles balistiques à proximité de Taïwan : pour certains, c'est le premier signe d'un éventuel blocus et d'une invasion de l'île. "En réponse à l'exercice militaire communiste, tous les niveaux de commandement de nos troupes ont intensifié leur état d'alerte", a confirmé Matthew Lee, ambassadeur de la République de Chine (Taïwan) auprès du Saint-Siège.

    Dans cette interview exclusive accordée au Daily Compass, le chef de la seule mission diplomatique officielle de Taipei en Europe, a qualifié la visite de la délégation du Congrès américain de "succès à tous égards", malgré l'escalade militaire qui s'en est suivie avec Pékin. "Lors de sa rencontre avec la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, (Nancy Pelosi) a réaffirmé le fort soutien bipartisan de l'Amérique à Taïwan et a fait l'éloge de notre réponse à la pandémie et de notre démocratie", a-t-il déclaré.

    Nancy Pelosi n'est pas le premier président de la Chambre des représentants à se rendre à Taïwan : en 1997, il y a 25 ans, l'ultra-conservateur Newt Leroy Gingritch s'y était rendu, mais le contexte mondial était alors très différent. Pouvez-vous expliquer la position de Taïwan sur la visite de Pelosi ?

    Rien que cette année, sept sénateurs et sept représentants américains, dont la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, ont effectué des visites à Taïwan. La visite d'une présidente de la Chambre des représentants des États-Unis n'est pas sans précédent et les visites de responsables gouvernementaux et de législateurs étrangers sont monnaie courante dans les pays démocratiques. Pourtant, le 4 août, la Chine a lancé de multiples missiles balistiques dans les eaux situées au nord-est et au sud-ouest de Taïwan, menaçant la sécurité nationale de Taïwan, aggravant les tensions régionales et affectant le trafic et le commerce internationaux réguliers. Le ministère des Affaires étrangères (MOFA) de la République de Chine (Taïwan) condamne fermement le gouvernement chinois pour avoir suivi l'exemple de la Corée du Nord en effectuant délibérément des tirs d'essai de missiles dans des eaux proches d'autres pays et demande à la Chine de faire preuve de retenue. En tant que pays démocratique, nous avons le droit de nous faire des amis sur la scène internationale et nous défendrons fermement notre souveraineté et notre sécurité nationale.

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  • Un évêque dénonce la tragédie au Nigeria

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    D'Anna Bono sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Un évêque dénonce la tragédie au Nigeria

    08-08-2022

    Monseigneur Gopep, évêque auxiliaire de Minna, dépeint la situation dramatique du Nigeria. Non seulement pour la propagation de la violence, mais surtout pour l'inaction des gouvernements nationaux et des États, responsables d'une situation qui échappe depuis longtemps à tout contrôle. Et dénonçant une suspicion terrible, mais réaliste....

    "Nous ne sommes plus seulement confrontés aux terroristes de Boko Haram, mais à des groupes de bandits, à des bergers fulanis armés qui font des incursions dans les communautés pour voler des troupeaux de bétail, tuer des gens et violer des femmes, ainsi qu'à des bandes de kidnappeurs qui se livrent à des enlèvements à des fins d'extorsion financière et matérielle. En un mot, la situation actuelle au Nigeria a dépassé le stade de la violence et des affrontements à caractère religieux. C'est beaucoup plus et très complexe. Par exemple, les enlèvements ne touchent pas seulement les chrétiens, car les musulmans et les traditionalistes africains sont également victimes d'enlèvements". 

    Ce tableau de l'état du pays qui, avec 218 millions d'habitants, est le plus peuplé d'Afrique, est brossé par Monseigneur Luka Sylvester Gopep, évêque auxiliaire de Minna, capitale de l'État du Niger. Son diocèse est situé dans la Middle Belt, la ceinture centrale où les Nigérians du nord, musulmans, traditionnellement pasteurs, et ceux du sud, chrétiens et animistes, traditionnellement agriculteurs, se rencontrent et coexistent, s'affrontant toujours pour le contrôle des terres fertiles, des pâturages et des points d'eau. 

    "Dans mon diocèse, explique Monseigneur Gopep dans une longue interview à l'agence de presse Fides publiée le 5 août, il y a 16 paroisses qui sont constamment soumises à de lourdes attaques par des bandes de kidnappeurs. Les bandits arrivent même en plein jour, capturent des familles entières, ne laissent que les enfants et emmènent les adultes. Ils contactent ensuite les proches des kidnappés pour demander une rançon. Dans certains cas, certains des kidnappés sont tués, tandis que d'autres sont mutilés en raison de la férocité qu'ils ont subie entre les mains des ravisseurs. Pendant la période où les bandits emmènent les gens, leurs enfants sont laissés seuls dans leurs maisons et leurs communautés. En tant qu'Église, nous assumons la tâche et la responsabilité de prendre soin de ces enfants, en leur fournissant de la nourriture et des soins médicaux et psychologiques. Si la rançon est payée, les personnes enlevées sont libérées. Mais si rien n'est payé, les kidnappeurs tuent leurs victimes. Par exemple, deux prêtres de l'archidiocèse de Kaduna ont été tués par leurs ravisseurs. Parmi les femmes et les filles enlevées, certaines ont été données en mariage aux kidnappeurs, d'autres violées et d'autres encore vendues à d'autres gangs pour l'esclavage sexuel. Parmi nos communautés, certaines ont été pillées par les attaques incessantes des bandits. La situation a créé des camps de réfugiés dans différentes parties du diocèse dont je suis l'évêque auxiliaire. L'Église du diocèse de Minna s'est donné pour mission de fournir une aide humanitaire et des secours d'urgence à ce peuple qui est le nôtre, quelle que soit son appartenance religieuse".

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  • Nicaragua : l'évêque de Matagalpa assiégé à son domicile par les forces de l'ordre

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    Lu sur le site du Figaro :

    Au Nicaragua, un évêque est assiégé à son domicile par les forces de l'ordre depuis jeudi

  • Le bienheureux Franz Jägerstätter décapité sous le régime nazi pour sa fidélité au Christ (9 août)

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    D'Evangile au Quotidien :

    Franz (François) Jägerstätter naît le 20 mai 1907, enfant naturel de Rosalia Huber, à Sainte-Radegonde, village de Haute-Autriche, tout proche de la frontière allemande. Il est baptisé dès le lendemain et élevé dans la pauvreté chez sa grand-mère. En 1917, sa mère épouse le fermier Heinrich Jägerstätter et Franz est légitimé; il deviendra héritier de la ferme de son beau-père. À vingt ans, il va gagner sa vie dans une exploitation minière. Le jeune homme se trouve dans un milieu matérialiste et hostile à l'Église, ce qui provoque en lui une crise religieuse. Il cesse un moment d'aller à la Messe, mais reviendra vite à une pratique chrétienne.

    Le 9 avril 1936, il épouse Franziska Schwaninger, une serveuse de restaurant, née en 1913. Les époux se joignent à un groupe de pèlerins et font leur voyage de noces à Rome. Franziska, fervente chrétienne qui communie fréquemment et sanctifie les premiers vendredis du mois, est une jeune femme pleine de charme et d'humour. Franz a trouvé la perle précieuse. Entraîné par l'exemple de Franziska, il commence lui aussi à communier souvent; c'est le tournant de sa vie spirituelle.

    En 1933, Hitler prend le pouvoir en Allemagne et les rapports avec l'Autriche sont aussitôt tendus. L'évêque de Linz, Mgr Gföllner, dans le diocèse duquel se trouve Sainte-Radegonde, constate dès cette année l'incompatibilité entre la doctrine catholique et celle du national-socialisme. Franz s'en tiendra à cette ligne de conduite: pas de compromis avec le néo-paganisme. Le 10 avril 1938, il vote « non » au plébiscite organisé en Autriche par les Nazis après l'Anschluss (annexion forcée de l'Autriche à l'Allemagne). Il est le seul de son village à oser le faire.

    Le 17 juin 1940, Jägerstätter est appelé au service militaire actif à Braunau, lieu de naissance d’Hitler. Il est cependant déclaré indisponible sur l'intervention des autorités de sa commune, ayant trois filles en bas âge dont la dernière vient de naître. Mais en octobre, il est rappelé à Enns chez les chasseurs alpins. Le 8 décembre, il est reçu dans le Tiers-Ordre franciscain dont son épouse est également membre. En avril 1941, Franz parvient, toujours grâce aux autorités de sa commune, à rentrer chez lui; il aura deux ans de relative tranquillité; mais pendant tout ce temps, son épouse et lui vivent dans l'attente redoutée d'un courrier de la Wehrmacht.

    Franz ne refuse nullement, par principe, de porter les armes. Il reçoit l'enseignement de l'Église, formulé aujourd'hui par le Catéchisme de l'Église Catholique. Cependant, dès avril 1941, il est décidé à ne pas obtempérer à un nouvel appel au service dans les armées du troisième Reich. Il est en effet convaincu, après une longue et prudente réflexion, que s'il le fait, il péchera en collaborant directement à une guerre injuste. La décision que prend Franz de se soustraire à un nouvel appel sous les drapeaux lui vaut de nombreuses critiques dans son entourage. Sa mère lui montre les conséquences tragiques qui sont à craindre pour lui et sa famille.

    Franz interroge son évêque, Mgr Joseph Fliesser, qui – selon son propre témoignage – s'efforce de le convaincre d'obéir à l'appel aux armes : la question de savoir si la guerre est juste dépasse la compétence d'un simple citoyen, et Franz se doit d'abord à sa famille. Cette réponse ne satisfait pas Jägerstätter : il soupçonne que l'évêque a dû le prendre pour un provocateur nazi. De plus, en voyant dans son entourage le grand nombre de soldats qui sont morts au front en Russie, Franz remarque qu'il n'est guère moins dangereux d'être réfractaire que de se laisser conduire comme soldat sur le front de l'Est. « Je crois que si Dieu nous demande de mourir pour notre foi, ce n'est pas une chose trop difficile, si l'on pense aux milliers de jeunes gens qui, en ces difficiles années de guerre, ont été contraints à donner leur vie pour le national-socialisme ».

    En février 1943, le ministre Goebbels proclame la « guerre totale ». Les réservistes seront désormais rappelés au service. Jägerstätter reçoit la convocation redoutée. En accusant réception, il remarque: « Je viens de signer mon arrêt de mort ». Si sa mère le supplie de ne pas s'obstiner, son épouse renonce, quant à elle, à le faire changer d'avis. Mis en demeure de se trouver à la caserne d'Enns le 25 février, Franz écrit à l'abbé Karobath, alors exilé : « Je dois vous annoncer que vous allez peut-être perdre un de vos paroissiens... Comme personne ne peut m'obtenir d'être dispensé d'accomplir une chose qui mettrait en danger mon salut éternel, je ne peux rien changer à ma résolution, que vous connaissez ». Le prêtre comprend alors la position de son ami et l'approuve.

    Dans un premier temps, Franz ne se rend pas à la caserne; son idée est de se cacher dans la forêt. Puis, réfléchissant que sa fuite provoquerait des représailles à l'encontre de sa famille, il se présente à Enns le 1er mars. Dès le 2, il annonce à l'officier-recruteur qu'il refuse de porter les armes, en raison de son opposition aux principes du national-socialisme. Le même jour, il écrit à sa femme une lettre pleine d'amour où il lui explique les motifs de sa décision ; elle se termine ainsi: « Puisse Dieu t'accorder tout ce que tu désires, à condition que cela ne compromette pas ton salut éternel... Si Dieu ne permet pas que je vous revoie ici-bas, j'espère que nous serons bientôt tous réunis au Ciel ». Il demande à Franziska de lui envoyer une brochure sur les apparitions de la Vierge Marie à Fatima.
    Le 7 mars, Franziska lui écrit : « Mon très cher époux... que la Volonté de Dieu soit faite, même si elle fait très mal !... Tes trois petites filles te réclament toujours et offrent des sacrifices de carême pour ton retour ».

    Au début de mai, Franz est transféré à la prison militaire de Berlin-Tegel. Il se rend compte qu'il n'est pas le seul à avoir refusé le service armé et que bien d'autres ont accompli des actes héroïques de résistance contre le national-socialisme. Il aide plusieurs d'entre eux à se convertir et à accepter leur mort prochaine. Il apprend avec joie que des S.S. se sont convertis avant de mourir. L'aumônier Heinrich Kreutzberg, qui a déjà assisté deux cents catholiques condamnés à mort, lui témoigne affection et respect.

    Avant le procès, l'avocat de Franz, Feldmann, qui veut tout faire pour sauver son client, a obtenu que le prévenu puisse rencontrer ses juges seul à seul. Ceux-ci l'exhortent à « ne pas les obliger à le condamner à mort », en acceptant de servir dans une unité sanitaire. Mais Franz décline l'offre, car il lui faudrait prêter le serment d'obéissance inconditionnelle, ce qu'il ne veut à aucun prix. L'arrêt du tribunal militaire de Berlin, en date du 6 juillet 1943, constate que ce refus du service armé est un crime punissable selon la loi du Reich, les motifs de conscience allégués n'étant pas recevables et l'accusé n'étant pas jugé malade mentalement. Franz est donc condamné à mort.

    Le 12 juillet, Franziska est autorisée à voir son mari ; l'entretien de vingt minutes a lieu en présence du curé-remplaçant de Sainte-Radegonde, l'abbé Fürthauer. Ce prêtre pusillanime s'efforce en vain de convaincre le condamné de se soumettre pour sauver sa vie. Le 8 août 1943, Franz est transféré à la prison de Brandenburg. On lui annonce qu'il a été condamné à mort et que la sentence sera exécutée le lendemain. Ce même jour, Franz écrit aux siens: « J'aurais tant voulu vous épargner toute cette souffrance que vous avez à supporter à cause de moi. Mais vous savez ce que le Christ a dit : Celui qui aime son père, sa mère, son épouse et ses enfants plus que moi, n'est pas digne de moi (cf. Mt 10, 37) ».
    À 16 heures, le 9 août, Franz Jägerstätter est décapité.

    Franz Jägerstätter a été béatifié le 26 octobre 2007, jour de la fête nationale autrichienne, à Linzen Autriche (la ville de naissance d’Adolf Hitler) par le Card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour la cause des Saints, qui représentait le pape Benoît XVI.

    Pour un approfondissement biographique :
    >>> Franz Jägerstätter

     

  • A l'Est, du nouveau : regain de tension autour de Taiwan

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    De Ludovic Lavaucelle sur La Sélection du Jour :

    Tensions autour de Taïwan : à l'Est, du nouveau...

    Les 18 prochains mois seront une période critique, s’inquiètent les services de renseignement américains et leurs alliés. C’est l’étroite fenêtre dont disposerait Xi Jinping pour réaliser le rêve d’unifier la Chine, et de dépasser ainsi l’héritage du « grand Timonier » Mao Tsé-toung. Elle s’ouvrirait avec la fin du 20ème Congrès du Parti Communiste Chinois (PCC) en novembre 2022 et se refermerait avec les élections présidentielles américaines 2 ans plus tard, selon Fox News (article en lien ci-dessous). Les Chinois s’attendent en effet à ce que Joe Biden ne se représente pas, après une présidence marquée par la faiblesse du locataire actuel de la Maison Blanche et un recul de l’influence américaine dans le monde. On a assisté au départ catastrophique des G.I. d’Afghanistan, puis à l’offensive russe en Ukraine orchestrée par un Vladimir Poutine nullement intimidé par les avertissements de Washington. Il est très probable que le Parti Démocrate subisse une lourde défaite à la Chambre des Représentants cet automne, prélude à la victoire du Parti Républicain à l’élection présidentielle de 2024. Un retour de Donald Trump n’est pas exclu ; à moins qu’on assiste à l’arrivée d’un président plus jeune mais marqué par son héritage. Le Congrès du PCC en novembre n’est pas un risque pour le pouvoir personnel de Xi-Jinping, en tout cas à court-terme. Mais les coulisses du PCC sont impitoyables, et la pression sociale s’est accentuée avec la désastreuse gestion du Covid. Xi-Jinping a tout intérêt à faire vibrer la fibre nationaliste, un outil efficace comme Staline l’a démontré pendant la 2ème Guerre Mondiale…

    La visite à Taïwan de Nancy Pelosi, la Présidente de la Chambre des représentants, a été ressentie comme une provocation par Pékin. C’est en effet la première fois depuis 25 ans qu’une personnalité politique américaine de ce niveau se rend dans l’île. La Maison Blanche répète depuis que les États-Unis ne cherchent aucune escalade, et que l’objectif de ce voyage était de réaffirmer l’engagement américain au « Taiwan Relations Act ». Cette loi votée en 1979 définit la position ambigüe de Washington après le rapprochement orchestré par Nixon et Kissinger avec Pékin pour casser toute possibilité d’alliance entre Soviétiques et Chinois. Sans reconnaître Taïwan comme un pays indépendant, elle garantit aux anti-communistes de l’ancienne Formose une aide militaire qui leur a permis de se doter d’équipements ultra-modernes… Le maître de Pékin ne veut pas perdre la face juste avant le Congrès de novembre, et voit dans les derniers événements internationaux la preuve d’une grande faiblesse de la première puissance mondiale. L’opposition américaine, très hostile au PCC, n’en critique pas moins la visite de Madame Pelosi, jugée dangereuse alors que le pays a perdu une part importante de sa crédibilité dans le monde, et que la période électorale va rendre plus difficile encore toute réaction ferme concernant ce théâtre ultra-sensible pour le commerce international. Taïwan est le plus gros producteur de puces électroniques au monde avec 70% du marché. Une crise majeure, un blocus de l’île déclencheraient une crise économique bien plus sévère à court terme que les conséquences de la guerre en Ukraine…

    La réponse de « l’Armée populaire de libération » (APL) a été sans précédent. Un exercice à munitions réelles a inclus des zones maritimes au large de l’île rebelle. Pour la première, les forces de l’APL sont actives à l’est de Taiwan et simulent donc un encerclement. Le 4 août, pas moins de 22 incursions d’appareils de l’APL ont été enregistrées par les Taïwanais dans les secteurs « d’identification » (qui ne font pas partie de l’espace aérien taïwanais proprement dit mais suffisamment proches pour déclencher une procédure d’identification par la défense de Taipei). Jusqu’à présent les forces de l’île ont évité tout incident alors que la probabilité d’un événement grave est proportionnelle à la quantité massive d’unités chinoises à proximité.

    Si une crise majeure entre Américains et Chinois semble inévitable à moyen ou long terme, la visite de Nancy Pelosi a fait monter la tension à un moment de grande faiblesse pour les Occidentaux. Une invasion de cette forteresse naturelle qu’est l’ancienne Formose serait une aventure très risquée et coûteuse. Même les forces américaines avaient renoncé à l’attaquer alors qu’elle était occupée par les Japonais à la fin de la 2ème Guerre Mondiale. Mais si la pression intérieure devient trop forte sur le régime totalitaire chinois, on peut craindre qu’il n’exclue aucune option pour se maintenir au pouvoir. À tout le moins, un incident grave entre militaires ou l’invasion d’un îlot rocheux appartenant à Taïwan par l’APL aurait des conséquences économiques majeures. Le moment est mal choisi pour faire « l’éléphant dans un jeu de quilles ». Oncle Sam est un colosse aux pieds d’argile représenté par un duo âgé (Joe Biden et Nancy Pelosi) dont les facultés cognitives inquiètent y compris dans les médias proches des Démocrates…

    Pour aller plus loin :

    China could invade Taiwan before the 2024 US presidential election: sources

    >>> Lire l'article sur : Fox News

  • Au Nigéria : une insécurité organisée

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    Nigéria : une insécurité organisée

    Récemment, des terroristes ont attaqué une prison située près de l’aéroport international, libérant les principaux membres de Boko Haram, ainsi qu’un poste de contrôle militaire juste à l’extérieur de la ville, tuant un nombre inconnu de soldats. « Encore plus inquiétante a été l’attaque contre les troupes de la 7e Brigade de la Garde. Celle-ci assure la sécurité du palais présidentiel et du Territoire de la capitale fédérale, alors que certains de ses membres ont été pris en embuscade lors d’une sortie en patrouille », a déclaré l’archevêque Kaigama.

    « Abuja est la capitale et elle devrait être l’endroit le plus sécuritaire. C’est là que vit le président et personne ne pensait que de telles choses pourraient se produire à Abuja de cette façon. On ne sait pas ce qui pourrait arriver prochainement, quand ou d’où les attaquants pourraient venir, car ils sont capables de faire n’importe quoi. La situation est très grave. »

    « C’est bien organisé ; ce n’est pas quelque chose qui arrive par hasard. On a eu des attentats à la bombe il y a quelques années, mais jamais des menaces vraiment sérieuses, comme nous en sommes témoins aujourd’hui », explique l’archevêque.

    Les politiciens s’en fichent

    « Il y aura des élections l’année prochaine et on fait tout ce que l’on peut pour arriver au pouvoir », souligne-t-il. La peur et la frustration couvent chez le peuple, dit le prélat catholique, et elles sont aggravées par le fait que les politiciens ne semblent pas disposés à faire quoi que ce soit pour remédier à la situation. « On aurait pu penser qu’en raison de la détérioration de la sécurité, les membres du Sénat et de l’Assemblée nationale auraient cherché fébrilement des solutions aux problèmes. Au lieu de cela, ils ont pris six semaines de vacances. Après les attaques, ils sont partis, pas plus tard que la semaine dernière », a expliqué l’archevêque Kaigama.

    Or, aux dires de l’évêque, même lorsqu’ils sont présents, les politiciens sont difficilement accessibles. « Ils reçoivent leurs salaires, leurs privilèges, mais ils ne sont pas pour autant plus préoccupés par le bien-être général de la population. Depuis mon arrivée à Abuja en tant qu’archevêque, je suis allé dans presque tous les villages, et quand je cite leurs noms, les politiciens et les dirigeants politiques ne semblent pas les connaître.

    Pensez-vous qu’ils vont vous demander ce que vous avez découvert, ou, où vous êtes allé, ou ce qu’avez-vous vu ? Mais non. Ils ne sont pas disponibles. Ils disent qu’ils sont occupés. Les gens souffrent, mais les dirigeants se soucient seulement de leur bien-être personnel et de leurs privilèges officiels. J’espère que la prochaine élection sera libre, juste et transparente et qu’elle produira des dirigeants altruistes, tournés vers le peuple et capables d’un dialogue authentique ».

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  • Selon Amnesty International, les tactiques de combats ukrainiennes mettent en danger la population civile

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    Communiqué de Presse d'Amnesty International :

    4 août 2022

    Ukraine. Les tactiques de combats ukrainiennes mettent en danger la population civile

    • Des bases militaires sont installées dans des zones résidentielles, notamment dans des écoles et des hôpitaux
    • Des attaques sont lancées depuis des secteurs habités par des civil·e·s
    • Ces violations ne justifient cependant pas les attaques menées sans discrimination par les forces russes, qui ont fait de nombreux morts et blessés parmi la population civile

    Les forces ukrainiennes mettent en danger la population civile en établissant des bases et en utilisant des systèmes d’armement dans des zones résidentielles habitées, notamment des écoles et des hôpitaux, lors des opérations visant à repousser l’invasion russe qui a débuté en février, a déclaré Amnesty International le 4 août.

    Ces tactiques de combat violent le droit international humanitaire et mettent gravement en danger la population civile, car elles transforment des biens de caractère civil en cibles militaires. Les frappes russes qui en ont résulté dans des zones habitées ont tué des civil·e·s et détruit des infrastructures civiles.

    « Nous avons réuni des informations sur de nombreux cas où les forces ukrainiennes ont mis en danger des civil·e·s et violé les lois de la guerre en opérant dans des zones habitées, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

    « Le fait de se trouver dans une position défensive n’exempte pas l’armée ukrainienne de l’obligation de respecter le droit international humanitaire. »

    Toutes les attaques russes sur lesquelles Amnesty International a rassemblé des informations n’ont cependant pas été menées dans des circonstances semblables. En effet, Amnesty International a dans d’autres cas conclu que la Russie avait commis des crimes de guerre, notamment dans certains secteurs de la ville de Kharkiv, sans avoir trouvé d’éléments prouvant que les forces ukrainiennes s’étaient installées dans les zones civiles visées de façon illégale par l’armée russe.

    Entre avril et juillet, une équipe de recherche d’Amnesty International a pendant plusieurs semaines enquêté sur les frappes russes dans les régions de Kharkiv, du Donbas et de Mykolaïv. L’organisation a inspecté les sites de frappes, interrogé des victimes, des témoins et des proches de victimes des attaques, et recouru à la télédétection et analysé des armes.

    Lors de toutes ces investigations, les chercheurs ont trouvé des éléments prouvant que les forces ukrainiennes ont lancé des attaques depuis des zones résidentielles peuplées et qu’elles se sont aussi basées dans des bâtiments civils dans 19 villes et villages de ces régions. Le Laboratoire de preuves du programme Réaction aux crises d’Amnesty International a analysé des images satellites afin de vérifier les informations recueillies sur le terrain.

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  • Castro, Ortega, Bergoglio : les mauvaises amitiés du pape

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo :

    Castro, Ortega, Bergoglio. Les mauvaises amitiés du pape

     

    Fidel

    La Chine et la Russie envahissent désormais presque tous les commentaires sur la politique internationale du Saint-Siège, loin d'être brillante sur les deux fronts. Mais il y a d'autres pays dans le monde où l'Église catholique vit des situations non moins dramatiques, d'authentiques persécutions. Pourtant, le pape reste silencieux, comme dans le cas du Nicaragua. Ou au contraire, il se surpasse en loquacité obséquieuse, comme dans le cas de Cuba.

    *

    De son admiration pour le régime cubain, Jorge Mario Bergoglio n'a jamais fait mystère. La photo ci-dessus le montre posant avec déférence avec Fidel Castro, lors de la conversation de quarante minutes qu'il a eue avec lui lors de son voyage à La Havane en 2015.

    Mais même avec son frère Raúl, qui a été pendant des décennies le véritable homme fort du système de persécution des Castro, le pape François dit cultiver "une relation humaine". Il l'a fait savoir dans une interview accordée à la chaîne de télévision mexicaine Televisa le 11 juillet, un an exactement après la répression impitoyable, à l'échelle de l'île, de la plus grande manifestation populaire contre la dictature depuis trente ans.

    Dans cette interview, François fait l'éloge du régime castriste : "Cuba est un symbole. Cuba est une grande histoire" - a naturellement fait la une de "Granma", le journal officiel du parti communiste cubain. Mais elle a provoqué un chœur unanime de protestations parmi les personnalités de l'opposition, en grande partie catholiques, en exil et dans leur pays, toutes profondément blessées par les paroles du pape.

    En 2015, le pape François a ensuite rapporté aux journalistes qu'il avait parlé aimablement avec Fidel Castro de son éducation dans un collège jésuite et de son amitié avec certains d'entre eux. Il a ainsi donné raison à la thèse critique du professeur Loris Zanatta de l'Université de Bologne, spécialiste de l'Amérique latine, qui a soutenu dans son livre de 2020 intitulé "Jesuit Populism. Perón, Fidel, Bergoglio" et relancé il y a quelques jours dans son commentaire au vitriol dans le quotidien argentin "La Nación".

    Mais de ce voyage papal de 2015 à Cuba, le silence total de François sur les victimes du régime castriste, sur les milliers de Cubains engloutis par la mer alors qu'ils tentaient de fuir la tyrannie, et son refus de rencontrer des opposants, ont été les plus impressionnants.

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  • "Génocide" : la démesure langagière du pape François

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    De Joseph Facal sur Le Journal de Québec :

    La démesure langagière du pape François

    Qui va nier la cruauté et les injustices dont furent victimes les Autochtones au Canada, ou les abus physiques et psychologiques subis par nombre de leurs enfants dans les pensionnats ?

    Mais un « génocide » ?

    Faits

    Né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le mot « génocide », quand il est utilisé sans qualificatif, renvoie globalement à une tentative planifiée et systématique pour faire disparaître physiquement toute une communauté.

    Au 20e siècle, l’expression fut presque uniquement réservée à trois cas types : le martyre du peuple juif aux mains des nazis, le génocide des Tutsi par les Hutu au Rwanda, et celui des chrétiens arméniens aux mains des Turcs musulmans.

    Évidemment, beaucoup voudraient étirer la notion.

    Le pape va donc plus loin que la Commission de vérité et de réconciliation de 2015, qui parlait de « génocide culturel », écartant le génocide physique.

    Il s’agissait, peut-on lire, d’« éliminer les peuples autochtones comme peuples distincts et de les assimiler contre leur gré à la société canadienne ».

    Cruel ? Oui. Un génocide physique ? Non.

    Les pensionnats n’étaient pas des camps de concentration, mais « des moteurs de changements culturels et spirituels », disait la Commission. 

    Paternaliste et condescendant ? Évidemment.

    Les enfants étaient arrachés à leurs familles contre leur volonté. Radical et inhumain ? Absolument.

    Mais si vouloir effacer une culture heurte à juste titre notre sensibilité moderne, ce n’est pas la même chose que de vouloir liquider en masse tout un peuple.

    Bien connu, le mot « ethnocide » serait plus approprié : il renvoie à la volonté de détruire l’identité culturelle d’un peuple sans le faire disparaître physiquement.

    Comme le rappelait l’historien Jacques Rouillard, les communautés religieuses fondèrent des écoles, des hôpitaux, des asiles pour jeunes, vieillards, infirmes, orphelins, pauvres, etc.

    Pourquoi de telles gens auraient voulu physiquement faire disparaître des peuples entiers de la surface de la Terre ?

    La Commission de 2015 a estimé que le taux de mortalité dans les pensionnats entre 1945 et 1965 est comparable à la moyenne canadienne chez les enfants des mêmes tranches d’âge. 

    Le taux de mortalité deux fois plus élevé que la moyenne canadienne entre 1921 et 1950 s’explique selon elle par la tuberculose. 

    Les tombes étaient anonymes parce que seuls les riches pouvaient se payer des pierres tombales gravées. Quand on posait une croix en bois, elle se détériorait rapidement.

    Les faits connus pour le moment n’autorisent pas à parler de « charniers », « fosses communes », « survivants », et autres termes tirés du vocabulaire génocidaire.

    Le vocabulaire devrait être durci seulement si de nouveaux faits le justifient.

    Rigueur

    Introduire de la rigueur n’équivaut pas à nier les souffrances ou à manquer de sensibilité. 

    C’est la condition de base à respecter pour ne pas dire n’importe quoi. 

    Nous vivons une époque de démesure langagière. 

    Je ne m’attendais pas à ce que le pape y contribue.

  • Les bienheureux martyrs dominicains victimes des persécutions religieuses lors de la guerre civile espagnole (5 août)

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    D'Evangile au Quotidien :

    BBx Manuel Moreno Martínez, Maximino Fernández Marínas,
    Víctor García Ceballos, Eduardo González Santo Domingo
    Prêtres o.p. et martyrs en Espagne († 5 août 1936)

    Le 28 octobre 2007, le card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le Pape Benoît XVI, a présidé, à Rome, la Messe de béatification de 498 martyrs des “persécutions religieuses” de la guerre civile espagnole. Ces catholiques ont été tués dans diverses circonstances en 1934, 1936 ou 1937 ; parmi eux il y avait deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs qui « versèrent leur sang pour rendre témoignage de l'Evangile de Jésus Christ…soient dorénavant appelés du nom de bienheureux et que leur fête soit célébrée chaque année le 6 novembre dans les lieux et selon les modalités établies par le droit. » (>>> Lettre du Pape Benoît XVI).

    Commémoration propre à l’Ordo Fratrum Praedicatorum :

    Manuel, né à Rincón de Soto (La Rioja) le 17 juin 1862, baptisé le 20, profession le 24 septembre 1878 au couvent d’Ocaña, profession solennelle le 30 septembre 1881 à Ávila. Encore diacre, en 1884 on l’envoie à Manille, où il termine ses études et est ordonné prêtre en juillet 1885. Envoyé aux missions de Chine (Fokien), il prêche l’évangile avec un grand zèle durant 26 ans; il écrit sur la Chine des récits du plus grand intérêt religieux et historique. Il est vicaire provincial de la mission de Fogan (en 1902 et 1906). Ensuite il exerce l’apostolat aux Philippines pendant 6 ans, au couvent Saint Dominique à Manille (1911-1913) et à Pampanga (1913-1917). De retour en Espagne en 1917, il vit dans divers couvents : Ávila (1917-1921), La Mejorada (1921-1931) comme confesseur des aspirantes et des moniales dominicaines d’Olmedo (Valladolid), chez qui il laisse une réputation de sainteté; puis il est à Santa María de Nieva (Segovia) (1931-1934), puis supérieur de la maison de Barcelone-Saint Gervais 1934-1935, où il est élu prieur d’Ocaña. Il avait un charme extraordinaire en raison de sa douceur et de sa largeur de jugement, sans rien perdre de son sérieux et de sa rigueur, il fit fleurir l’Ordre séculier dominicain à Ocaña.

    Bien qu’il se soit occupé de faire passer au Portugal les frères les plus âgés, le 22 juillet ils furent surpris par l’assaut du couvent où se trouvaient 32 religieux; sous sa responsabilité il laissa les frères partir où ils voulaient et leur donna de l’argent; les assaillants saccagèrent le couvent, profanèrent l’église, brûlèrent les images et les archives. Avec le P. Maximino Fernández et le frère Eduardo González, il se réfugia dans une maison, de laquelle il se préoccupa de ses subordonnés; ils restèrent là jusqu’au 5 août. Alors il décida d’aller à Madrid chercher un hébergement pour tous. A la gare d’Ocaña on leur donna un sauf-conduit qui en réalité menait à la mort. Ils furent emprisonnés à la « poste de Cuenca »; arrivés à la gare de Madrid-Atocha, ils furent arrêtés et fusillés. Ils moururent en criant « Vive le Christ Roi ! Vive l’Église catholique! ». Il avait 74 ans.

    Maximino, naît à Castañeo (Asturies) le 2 novembre 1867. Profession à Ocaña (Tolède) le 9 septembre 1885, profession solennelle à Ávila le 9 septembre 1888. Envoyé aux Philippines en 1892, ordonné prêtre à Manille en1893. Il reste 6 ans à Cagayán, au nord de Luzón. En 1898, au cours de la guerre d’indépendance des Philippines, il fut arrêté et maltraité. Libéré en 1899, il revient à Manille et de là, très malade, il s’embarque pour l’Espagne en 1902. Il passe deux ans à Ocaña, puis est envoyé au collège Santa María de Nieva (Segovia). En 1914 il est nommé vicaire provincial en Espagne, puis visiteur des maisons de la vicairie. En 1919 il va en Italie, où il est confesseur dans les sanctuaires de Pompéi et Madonna dell’Arco ; économe et sacristain au couvent de la Trinité à Rome (1919-1920). De retour en Espagne (septembre 1920), il réside à Ocaña, sauf pour des missions: chapelain des moniales dominicaines de Santa Inés, à Saragosse (1927-1931); directeur de retraites spirituelles chez les dominicaines d’Olmedo (Valladolid) et Ajofrín (Toledo).
    En mai 1936, il retourne à Ocaña pour protéger les Pères âgés. Le 22 juillet, au début de la guerre, le couvent fut attaqué. Blessé mortellement à la gare Atocha à Madrid, le 5 août, il est transporté à demi-inconscient à l’hôpital près de la gare, avec 11 balles dans le corps. Il meurt 10 jours plus tard, le 15 août, après un supplice atroce, au milieu du plus grand abandon et des moqueries.

    Victor, naît à Carrión le 24 juillet 1880, prêtre au couvent d’Ocaña. Le 22 juillet 1936 les milices pillèrent le couvent et les frères durent fuir; le P. Víctor se réfugia chez le vicaire d’Ocaña. Mais les frères ne se sentent pas en sécurité et pensent qu’ils seraient mieux à Madrid avec d’autres frères. Le 4 août ils cherchèrent un sauf-conduit pour rejoindre leurs frères de Madrid, une sœur malade se joignit à eux, et une femme qui l’accompagnait. Le lendemain ils prirent le train, mais le sauf-conduit s’avéra être un piège car il ordonnait de les tuer en chemin. À l’arrivée à la gare d’Atocha, ils furent assassinés, mais les deux femmes purent se sauver et témoigner de l’événement. Du P. Víctor García on garde à Carrión des bannières qu’il peignit pour les processions.

    Eduardo, naît à Ávila le 5 janvier 1884 ; baptisé le 13, confirmé en 1891. Orphelin de père à 3 ans, sa mère (tertiaire dominicaine) dut travailler comme employée de maison chez Antonio Mata, chapelain des carmélites de San José, qui l’emmena à la résidence provinciale d’Ávila. À 11 ans il revint chez sa mère. Après un temps à Ocaña, il fit profession comme frère coopérateur à Ávila le 27 décembre 1914. Il travailla fidèlement aux offices de sa profession au collège de La Mejorada (1917-1923), Ocaña (1924), Ávila (1925-1930), maison de la Passion à Madrid (1932-1933), couvent du Rosaire, aussi à Madrid (1935-1936). Plein de bonté, travailleur et charitable, joyeux, recueilli et humble. Il se rendait très bien compte de l’hostilité antichrétienne qui régnait à Madrid depuis le début de 1936, il prévoyait le martyre et même le désirait. Le 6 juin il fut nommé à Ocaña, où le 22 juillet il fut victime de l’assaut du couvent. Il alla à Madrid avec les pères Maximino Fernández, Manuel Moreno et Víctor García Ceballos et mourut, avec eux, le 5 août 1936. Il avait 52 ans.

    BBx Manuel Moreno et comp.
  • Le fonctionnement "vertical" du gouvernement de l'Eglise du pape François

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    En lisant une enquête de Loup Besmond de Senneville parue sur le site du journal La Croix, on trouve la confirmation de la façon autoritaire dont use le pape pour gouverner l'Eglise (extraits) :

    (...) La boutade est lancée à la fin d’un de ces déjeuners qui rythment la vie de la Rome vaticane. « Je parie qu’à Sainte-Marthe il a une salle de contrôle avec des écrans et des micros pour voir et entendre ce qui se dit partout ! Il sait tout sur tout le monde. » Notre interlocuteur, très au fait des arcanes du Saint-Siège, traduit avec humour un sentiment largement partagé : rien n’échappe à François qui exerce une gouvernance de fer.

    (...) le pape argentin est avant tout un homme d’autorité. Nombreux sont ceux qui en ont fait l’expérience. Ses choix, une fois posés, ne se contestent pas. À tel point qu’un adjectif revient systématiquement pour qualifier son style : vertical.

    (...) il dispose d’une multitude de sources personnelles. Un réseau informel qui entretient des rapports directs avec lui, et qui alimente sa réflexion, contournant le filtre de la toute-puissante Secrétairerie d’État, censée jouer le rôle de tour de contrôle.

    (...) « On ne comprend pas très bien comment les décisions sont prises », dit, un peu déboussolé, un prêtre qui travaille à la Curie depuis une dizaine d’années. « Ce sont les surprises du chef ! », dit un autre en souriant. Des surprises qui nourrissent une forme de défiance réciproque. La liste des courts-circuitages est longue. On ne compte plus les décisions dont la Curie a appris l’existence en lisant les journaux. C’est notamment le cas des nombreuses interviews données ces derniers mois à des médias italiens ou argentins. Le dicastère pour la communication, qui est théoriquement chargé par le pape de mettre en lumière son action, n’a par exemple jamais été associé aux entretiens accordés par François en mai dernier au Corriere della Sera, ni à l’interview télévisée diffusée sur la RAI le Vendredi saint. Ni encore au grand entretien de début juillet avec le vaticaniste de l’agence Reuters.

    (...) Ce fonctionnement vertical atteint un sommet le 19 mars dernier. Ce samedi, alors que personne ne s’y attend, le pape publie un document sur lequel il travaille depuis sept ans : la nouvelle constitution apostolique. Le document est censé figer dans le marbre la réforme de la Curie, l’un des points clés du « programme » sur lequel le pape a été élu par les cardinaux en avril 2013. Personne, à Rome, n’est au courant de cette publication.