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International

  • Léon XIV : Les appels à la paix et la voix du Saint-Siège

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV a personnellement porté la Croix à travers les quatorze stations du Chemin de Croix au Colisée le Vendredi saint.

    Ce fut un geste fort, non seulement parce qu'il montrait un pontife à la fois robuste et âgé – à l'instar de Jean-Paul II au début de son pontificat, et de Paul VI, qui institua la tradition du Chemin de Croix au Colisée – mais aussi parce qu'il comprenait la puissance des actions symboliques.  Les gestes de Léon XIV sont délibérés et ancrés dans la tradition chrétienne et romaine. C'est là une clé pour comprendre son pontificat.

    Le choix de la mozzetta lors des occasions officielles, le retour au lavement des pieds avec les prêtres comme apôtres à Saint-Jean-de-Latran, et le port personnel de la Croix (ou de l'ostensoir, comme il le faisait lors de la procession de la Fête-Dieu) témoignent tous de sa volonté de placer l'identité de l'Église au centre.

    En s'appuyant sur ces traditions, Léon XIV présente la foi comme le fondement du message de l'Église au monde, insistant sur le pouvoir des symboles par rapport à la rhétorique.

    Partant de ce principe, le pape a décidé de porter la Croix, soulignant que dans la souffrance, nos yeux doivent rester fixés sur le Christ. Par ce geste, il entendait s'effacer et laisser le Christ au premier plan, comme il l'avait affirmé dans sa première homélie papale à la chapelle Sixtine.

    Le pape a également rendu encore plus vibrant le cri mondial des chrétiens pour la paix.

    Ce n'est pas un hasard si Léon XIV a choisi le père Francesco Patton, franciscain et ancien custode de Terre sainte, pour écrire les méditations du Chemin de Croix . En ce huitième centenaire de la mort de saint François, un franciscain issu d'une zone de conflit délivre un message de paix.

    La paix a été au cœur des efforts de Léon XIV dès le début de son pontificat, lorsqu'en sortant pour la première fois de la Loggia des Bénédictions, il a invoqué la paix « désarmée et désarmante » que seul le Christ peut donner.

    Les appels à la paix de Léon XIV se sont multipliés et intensifiés, trouvant un écho dans ses homélies et ses apparitions publiques.

    Dans son homélie du dimanche des Rameaux, par exemple, il a déclaré : « Voici notre Dieu : Jésus, Roi de la Paix… qui n’écoute pas les prières de ceux qui font la guerre et les rejette, disant : « Même si vous multipliiez vos prières, je n’écouterais pas : vos mains sont tachées de sang . »

    Dans son discours Urbi et Orbi du dimanche de Pâques, Léo s'est montré sans doute plus urgent et plus retentissant.

    « À la lumière de Pâques », a-t-il dit, « laissons-nous émerveiller par le Christ ! »

    « Laissons nos cœurs se transformer sous l'effet de son immense amour pour nous ! » dit Léon. « Que ceux qui possèdent des armes les déposent ! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! »

    Ce sont là des paroles fortes d'avertissement et d'exhortation, adressées sans détour aux puissants, mais force est de constater que les appels de Léon XIV ne suscitent qu'un intérêt fugace avant de sombrer dans l'oubli. Ceci souligne le décalage entre la stratégie de communication symbolique du pape et l'influence réelle de son message dans le paysage médiatique actuel.

    Dans sa lettre d'information « Newman », parue il y a quelques semaines, Matteo Matzuzzi abordait la question du silence papal. Léon XIV est critiqué pour son manque de clarté concernant les Palestiniens, son absence de condamnation directe d'Israël et son silence face aux conflits majeurs. Ses détracteurs interprètent ce silence comme une réticence à prendre position ou à se ranger du côté de l'histoire.

    Matzuzzi soulève une question essentielle : un pape doit-il prendre des positions politiques explicites, ou doit-il plutôt définir une orientation générale et donner aux catholiques les moyens d’agir ? Cette question est au cœur des débats actuels sur la communication papale et l’efficacité de l’approche choisie par Léon XIV .

    En définitive, le Saint-Siège est un acteur mondial.

    Le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques précisément parce que ces relations lui permettent de défendre les pauvres et les défavorisés, et le Pape est appelé à en tenir compte.

    L'objectif de Léon XIV est l'unité et la paix, plaçant le Christ au centre et encourageant les chrétiens à agir avec foi. Ses messages reprennent souvent l'idée que le prêtre est un alter Christus, incitant les croyants à se concentrer sur une action inspirée par le Christ .

    Le contraste avec les interventions spontanées du pape François et sa volonté d'entrer directement dans les débats politiques met en lumière l'argument principal : l'efficacité et la réception de la communication papale dépendent de la manière dont le pape s'exprime : en tant que participant ou en tant que symbole directeur.

    L'approche directe de François a suscité un engagement immédiat, mais a également brouillé le rôle diplomatique unique du Saint-Siège.

    Cela plut à la presse, qui voyait en François une manière authentique de faire les choses, et aussi un champion de tous leurs combats, un « cheval fou » destiné à semer la confusion dans l'Église, l'ouvrant en fait à la modernité.

    Le style « anticonformiste » de François a toutefois eu de graves conséquences – probablement imprévues et involontaires – qui nécessitent encore d'être prises en compte.

    La diplomatie est un langage à part entière, après tout, et l'abandonner en dit long.

    Pour le pape François, l'abandon du langage diplomatique a également diminué l'influence du Saint-Siège ; le traitement des problèmes immédiats par le biais d'encycliques et de documents non universels a fait du pape un acteur mondial parmi d'autres, et non une figure prophétique ; la poursuite d'accords de paix à tout prix — à commencer par l'accord controversé des évêques avec la Chine communiste — montre que le Saint-Siège prendra toutes les mesures pour atteindre des objectifs pragmatiques.

    L'histoire nous a donné un pape (François) dont la voix a largement circulé, voire suscité la controverse, divisant, attaquant et louant de toutes parts. Le pontificat de François, à son tour, a laissé un Saint-Siège affaibli à un moment historique crucial.

    Ces dernières années, le Saint-Siège a vu ses diplomates expulsés du Nicaragua, a essuyé trois échecs de médiation au Venezuela et a lancé des appels à la fin de la guerre en Ukraine qui sont restés lettre morte, contraignant le Saint-Siège à se replier sur une mission essentiellement humanitaire plutôt que diplomatique.

    Léon XIV restaure les symboles, mais il n'a pas encore rétabli le respect qu'ils inspirent.

    Il agit dans un contexte de mutation rapide où la communication est extrêmement rapide, ce qui rend l'absence de réponse immédiate d'autant plus problématique. Mais il agit avant tout pour l'Église.

    Cela déplaît à beaucoup, qui souhaitent influencer le pape. William McGurn a publié un éditorial virulent critiquant l'absence de prise de position du pape, soulignant que les homélies ne sauraient aider l'Iran.

    Ces critiques négligent la mission principale du Pape et du Saint-Siège : assurer l’équilibre et œuvrer pour la paix. La doctrine sociale de l’Église est son instrument, mais sa mise en œuvre concrète incombe à d’autres. Le Pape définit la vision ; l’action requiert la responsabilité de tous.

    Il s'agit d'une approche résolument synodale, au sens le plus clair du terme, et pourtant, elle est contestée par tous ceux qui ont véritablement défendu la synodalité. La synodalité devrait fonctionner comme une forme de démocratisation de l'Église, mais en matière d'idéologie, une position doit être prise.

    C’est peut-être pour cette raison que les appels du pape se heurtent désormais à l’indifférence des médias.

    Alors que les débats passés sur la présence médiatique du pape laissaient entrevoir une possible dilution du message, le contexte actuel marginalise souvent les tentatives de médiation du pape, illustrant ainsi la difficulté d'avoir un impact par la seule communication symbolique .

    Le Vendredi saint, Léon XIV porta la Croix, et à Pâques, dans l'encyclique Urbi et Orbi, il lança son puissant appel à la paix.

    L’espoir est que l’Église se relève et que le Saint-Siège exerce à nouveau une influence sur le destin du monde. Cette influence n’a pas besoin d’être visible, ni de faire les gros titres. Elle doit avoir un impact réel.

  • Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises

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    D'InfoVaticana :

    Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises

    Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises
    Au moins sept personnes ont été tuées et un nombre inconnu ont été enlevées lors d'une attaque armée contre deux églises chrétiennes dans l'État de Kaduna, au centre du Nigeria, pendant les célébrations du dimanche de Pâques, selon La Gaceta de la Iberósfera , citant des sources locales.

    Attaques coordonnées contre des églises pendant Pâques

    L'attaque a eu lieu dans la communauté d'Ariko tôt dimanche matin, lorsque des hommes armés ont pris d'assaut l'église First ECWA et l'église catholique Saint-Augustin pendant les offices. Des témoins ont rapporté que les assaillants sont arrivés en grand nombre, ont encerclé les lieux et ont ouvert le feu sans discernement sur les fidèles.

    Outre les décès, plusieurs personnes ont été enlevées, mais le nombre exact n'a pas encore été confirmé. Mark Bawa, conseiller du district d'Awon, a expliqué que les chiffres étaient toujours en cours de vérification : « Certaines sources font état de sept morts, tandis que d'autres en annoncent huit », a-t-il déclaré aux médias locaux.

    Absence de réponse immédiate et problèmes de communication

    L'un des aspects les plus préoccupants de l'attaque a été la lenteur de la réaction des forces de sécurité. Selon les autorités locales, les infrastructures de télécommunications limitées dans la région ont entravé la coordination et la diffusion des alertes, retardant ainsi toute intervention efficace.

    Bawa a souligné que la connectivité limitée réduisait considérablement la capacité de réagir à une attaque qui durait longtemps.

    Violence persistante et dénonciation épiscopale

    Bien que la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN) n'ait pas abordé explicitement l'attaque d'Ariko, elle a publié une déclaration exprimant son inquiétude face à la montée de la violence armée dans le pays, en particulier l'augmentation des enlèvements et l'activité des groupes armés dans les régions vulnérables.

    Le président de la Conférence des évêques catholiques des Indes (CBCN), l'évêque Matthew Man-Oso Ndagoso, a pointé du doigt les causes structurelles de cette crise, telles que le népotisme, le tribalisme et la corruption. Dans son discours, il a dénoncé ce qu'il a qualifié de « mauvaise gestion » et a appelé à privilégier le bien commun pour endiguer l'insécurité croissante.

    Le Nigéria, théâtre récurrent d'attaques armées

    Le Nigeria, et plus particulièrement ses régions centrales et nord-ouest, subit depuis des années les agissements de groupes armés connus sous le nom de « bandits », responsables d'attaques systématiques contre la population civile, de vols et d'enlèvements massifs contre rançon.

  • Cinq grandes tendances dans les nouvelles données mondiales sur l'Église

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    De Luke Coppen sur le Pillar :

    Cinq grandes tendances dans les nouvelles données mondiales sur l'Église

    De nouveaux chiffres soulignent les tendances qui définissent l'Église mondiale au XXIe siècle.

    Les chiffres les plus récents proviennent de l' Annuario Pontificio 2026 et de l' Annuarium Statisticum Ecclesiae 2024. Bien qu'il s'agisse des données les plus récentes disponibles, elles ne donnent une image que jusqu'en 2024.

    Cela s'explique par le délai de deux ans imposé à la publication des statistiques catholiques mondiales, probablement dû à la difficulté logistique de collecter les chiffres auprès des Églises locales réparties sur tous les continents habités et dont l'engagement à enregistrer ces chiffres varie.

    Les nouvelles statistiques, publiées par Vatican News le 28 mars, ne réservent guère de surprises. Elles confirment toutefois des tendances qui semblent définir l’Église universelle au XXIe siècle.

    En voici un aperçu.



    1. L'Église catholique est en pleine croissance

    Si votre principale source d'information est constituée par les médias occidentaux laïques, vous pourriez avoir l'impression que le catholicisme est en déclin. La « thèse de la sécularisation » — l'idée que la montée de la modernité entraîne le déclin de la religion — est presque un dogme dans de nombreuses rédactions.

    La sécularisation a indéniablement érodé la pratique catholique dans de nombreux pays occidentaux. Mais à l' échelle mondiale , le nombre de catholiques continue de croître d'année en année. Les derniers chiffres montrent que la population catholique mondiale est passée de 1,406 milliard en 2023 à 1,422 milliard en 2024, soit une augmentation relative de 1,14 %. Même en Europe, le nombre de catholiques a augmenté de 0,8 %.

    Ces chiffres ne peuvent toutefois susciter qu'une célébration modérée. Le nombre de catholiques augmente globalement au même rythme que la population mondiale, ce qui laisse penser que cette hausse n'est pas due à des succès missionnaires, mais plutôt à une conséquence de la croissance démographique générale.



    2. L'essor du catholicisme africain

    L'Afrique est l'une des régions où la croissance du nombre de catholiques dépasse celle de la population en général. Le nombre de catholiques africains est passé de 281 millions en 2023 à 288 millions en 2024.

    Un catholique sur cinq dans le monde est aujourd'hui africain. Pourtant, l'organigramme du Vatican ne reflète pas cette réalité : aucun département n'y est dirigé par un Africain.

    En 2024, les Africains représentaient 20,3 % des catholiques du monde, contre 20,1 % pour les Européens. Pourtant, seulement 12 % des cardinaux sont africains, contre 45 % européens.

    Il faudra probablement des décennies avant que cette tendance catholique vers l'Afrique ne se reflète au sein de la Curie romaine et du Collège des cardinaux.



    3. Une baisse des baptêmes

    Alors que le nombre de catholiques augmente dans le monde entier, le nombre de cérémonies de baptême enregistrées est en baisse.

    Autrement dit, si la population catholique dans son ensemble ne cesse de croître, le nombre de nouveaux membres diminue, principalement parce que les familles catholiques ont moins d'enfants dans de nombreuses régions. Il existe des exceptions, notamment dans les régions à forte fécondité comme l'Afrique, mais celles-ci n'influent pas sur la tendance générale.

    Le nombre de baptêmes a diminué dans le monde en 2024, pour atteindre 13 065 918, soit une baisse de 0,6 % par rapport à l’année précédente. La légère hausse des baptêmes d’adultes observée dans plusieurs pays ne compense malheureusement pas le déclin général de ce sacrement.



    4. Le nombre de séminaristes majeurs est en baisse.

    Le nombre mondial de séminaristes – hommes en dernière année de formation sacerdotale – a diminué, passant de 106 495 en 2023 à 103 604 en 2024.

    Ce chiffre, qui avait augmenté au début du XXIe siècle pour atteindre un pic en 2011, n’a cessé de baisser depuis. De manière inquiétante, le rythme de ce déclin s’accélère : la baisse en pourcentage est passée de 1,3 % en 2022 à 1,83 % en 2023, puis à 2,72 % en 2024.

    Ces variations annuelles peuvent paraître minimes, mais elles pourraient avoir des conséquences importantes, avec un nombre décroissant de nouveaux prêtres confrontés à une charge pastorale toujours plus lourde.



    5. Plus de diacres permanents

    Le nombre de diacres permanents est passé de 51 433 en 2023 à 52 102 en 2024, soit une augmentation de 1,3 %.

    Leur répartition géographique demeure très inégale : les Amériques concentrent à elles seules 86,8 % des diacres permanents du monde.

    Mais ce pourcentage pourrait diminuer dans les années à venir suite à l' approbation du diaconat permanent aux Philippines, pays qui compte le troisième plus grand nombre de catholiques après le Brésil et le Mexique, et à une augmentation du nombre de diacres permanents en Afrique.


    En résumé, l'Église catholique se développe à l'échelle mondiale, mais cette croissance est inégale et comporte ses propres défis : une baisse globale des baptêmes, une diminution accélérée du nombre de séminaristes et une curie romaine toujours tournée vers l'Europe.

    Les changements reflétés dans ces nouvelles statistiques sont-ils le fruit de forces historiques implacables ou l'Église peut-elle les influencer ? Quoi qu'il en soit, ils contribueront probablement à façonner le visage du catholicisme au XXIe siècle.

  • La violence s'intensifie contre les chrétiens en République démocratique du Congo (RDC) du fait du groupe État islamique

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    De Madalaine Elhabbal sur EWTN News :

    Un comité sur la liberté religieuse met en garde contre les attaques visant les chrétiens en Afrique centrale

    La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a tiré la sonnette d'alarme concernant les groupes de l'État islamique en République démocratique du Congo après une escalade de la violence contre les chrétiens.

     
    La violence s'intensifie contre les chrétiens en République démocratique du Congo (RDC) de la part du groupe État islamique, une organisation militante, selon la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF).

    L'USCIRF a déclaré dans un rapport du 31 mars que les Forces démocratiques alliées (ADF), également connues sous le nom d'État islamique d'Irak et de Syrie-République démocratique du Congo (EI-RDC), « mènent une série d'attaques soutenues dans l'est de la RDC qui constituent une atteinte directe à la liberté religieuse, en particulier pour les communautés chrétiennes des provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri ».

    « Le début de l’année 2026 n’a apporté aucun répit aux violences des ADF, le groupe continuant de mener des attaques contre des zones majoritairement chrétiennes », indique le rapport. « Dans une démonstration de sa cruauté, le groupe a exécuté environ 70 civils dans un village chrétien du Nord-Kivu en février, décapitant hommes, femmes, enfants et personnes âgées sans distinction. »

    Le rapport indique que les dernières attaques s'inscrivent dans une tendance continue à la violence, qu'il fait remonter à 2024, date à laquelle, selon lui, les combattants de l'ADF « auraient mené de multiples attaques contre des villages majoritairement chrétiens et des rassemblements religieux dans et autour de Beni, au Nord-Kivu, y compris des attaques contre des réunions de prière et le meurtre de pasteurs et de fidèles locaux ».

    Le rapport mentionnait également des attaques survenues en juillet de cette année-là, au cours desquelles des combattants des ADF auraient tué une quarantaine de chrétiens, en plus de nombreux enlèvements et déplacements forcés, « ce qui a incité certaines églises à suspendre leurs offices ou à fermer complètement ».

    Le rapport indique que la violence s'est intensifiée en 2025, avec des attaques contre des villages chrétiens du Nord-Kivu et de Kasanga en février, ainsi qu'une attaque majeure contre des fidèles assistant à une veillée de prière dans une église catholique de Komanda, dans la province d'Ituri, qui a fait des dizaines de morts parmi les hommes, les femmes et les enfants réunis pour prier. D'autres attaques ont eu lieu au cours de l'année, précise le rapport, notamment des attaques contre des villages chrétiens, des veillées funèbres et des infrastructures.

    La commission a pris note des efforts déployés par l'administration Trump pour répondre aux préoccupations sécuritaires en RDC par le biais des Accords de Washington pour la paix et la prospérité entre la RDC et le Rwanda, ainsi que des sanctions ciblées contre les auteurs d'infractions aux droits de l'homme et les groupes militants, mais a noté que « l'insécurité demeure élevée ».

    « Les ADF et d’autres acteurs non étatiques constituent une menace persistante pour les communautés religieuses de la région. Les massacres, les enlèvements et les attaques contre les lieux de culte continuent de semer la terreur, de provoquer des déplacements de population et de perturber la vie religieuse communautaire », indique la commission dans son rapport. « Ces défis soulignent l’urgence de mener des opérations de sécurité continues, de renforcer la responsabilisation et de mettre en place des mesures robustes de protection des civils en RDC afin de garantir à tous la possibilité de vivre, de pratiquer et de vénérer librement leur religion ou leurs convictions. »

    Les membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont condamné les violences dans la région, s'engageant à ne pas rester silencieux face à l'aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire dans une déclaration publiée à l'issue de leur assemblée plénière des 23-25 ​​mars.

    « Notre objectif est de contribuer, entre autres, à la promotion de la dignité inaliénable de la personne humaine et au bien-être du peuple congolais. C’est pourquoi, face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire de notre pays, nous ne resterons pas silencieux », ont déclaré les chefs religieux.

  • Des dizaines de morts lors d'attentats le dimanche des Rameaux au Nigéria

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    Du site Persecution.org :

    Des dizaines de morts lors d'attentats le dimanche des Rameaux au Nigéria

    30 mars 2026

    30 mars 2026

    Des hommes armés ont tué au moins 30 personnes lors d'une attaque perpétrée le dimanche des Rameaux à Ungwan Rukuba, une communauté située dans la zone de gouvernement local de Jos Nord, dans l'État du Plateau, au Nigeria.

    L'incident s'est produit en soirée, lorsque des hommes armés auraient pénétré dans le quartier et ouvert le feu sur les habitants. Des témoins oculaires ont décrit l'attaque comme coordonnée ; plusieurs victimes ont été recensées et plusieurs maisons ont été touchées.

    Suite à l'incident, le gouvernement de l'État du Plateau a imposé un couvre-feu de 48 heures dans certaines parties du nord de Jos afin de contenir la situation. Malgré cette restriction, des habitants, notamment des jeunes, ont manifesté dans les rues pour protester contre les meurtres et bloquer des routes dans certains quartiers.

    Des informations distinctes provenant d'Angwa Rukuba Junction, d'Eto Baba et de résidences étudiantes voisines indiquent qu'au moins dix personnes ont été tuées par balles plus tôt dans la journée de dimanche. Un travailleur humanitaire, Alex Barbir, a déclaré dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux que les victimes étaient des chrétiens attaqués le dimanche des Rameaux.

    Les témoignages des habitants divergent quant à l'identité des assaillants. Un témoin les a décrits comme des membres de Boko Haram, tandis qu'un autre a affirmé qu'il s'agissait de miliciens peuls armés arrivés à moto, ayant tiré sporadiquement avant de se replier vers les zones montagneuses avoisinantes. Au moment de la rédaction de cet article, les services de sécurité n'avaient publié aucune déclaration officielle confirmant l'identité des assaillants.

    Des sources locales ont conseillé aux étudiants vivant à proximité des zones touchées de rester chez eux, les tensions persistant.

    Attaque de Kaduna

    Dans un incident distinct survenu dans l'État de Kaduna, des hommes armés ont tué au moins 13 personnes lors d'une attaque menée tôt dimanche matin contre le village de Kahir, dans la zone de gouvernement local de Kagarko.

    Selon des sources locales, les victimes assistaient à un enterrement de vie de garçon lorsque des hommes armés ont ouvert le feu. Un habitant, Habila Markus, a indiqué que plusieurs membres de sa famille figuraient parmi les personnes tuées. D'autres ont été blessés et ont reçu des soins médicaux.

    Les autorités ont identifié les victimes dans les communautés de Kahir, Kadda et Kukyer ; les personnes tuées étaient âgées de 21 à 31 ans, selon les registres communautaires.

    Profil des attaques pendant la Semaine sainte

    Les données compilées à partir de rapports antérieurs indiquent que des attaques ont eu lieu dans l'État de Plateau pendant la période de Pâques ces dernières années.

    En 2025, un rapport de l'International Christian Concern (ICC) a documenté le meurtre d'au moins 54 chrétiens dans le village de Zikke, près de Jos, à la suite des célébrations du dimanche des Rameaux, ainsi que la destruction de plus de 100 foyers.

    En 2024, quatre personnes ont trouvé la mort à Njukkudel et Tangur, dans la zone de gouvernement local de Bokkos, le lundi de Pâques. Des incidents antérieurs, survenus en 2021 et 2022, comprenaient des attaques perpétrées durant le week-end pascal, qui avaient entraîné la destruction de maisons et le déplacement de populations.

    En 2020, neuf personnes, dont des enfants et une femme enceinte, auraient été tuées à Hura-Maiyanga, dans la zone de gouvernement local de Bassa, pendant la Semaine sainte.

    Les incidents de 2026 à Jos et Kagarko se sont produits pendant la même période du dimanche des Rameaux, s'ajoutant à une série d'attaques signalées dans l'État du Plateau et les zones environnantes pendant la période de Pâques ces dernières années.

    On peut lire aussi : Dimanche des Rameaux sanglant au Nigéria : des djihadistes massacrent plus de 40 chrétiens à Jos

  • USA : 1 126 000 avortements en 2025

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    Une synthèse de presse de genethique.org :

    Etats-Unis : 1 126 000 avortements en 2025

    30 mars 2026

    D’après les chiffres publiés par le Guttmacher Institute[1] le 24 mars, 1 126 000 avortements ont été pratiqués aux Etats-Unis en 2025, soit une hausse de moins de 0,2 % par rapport à 2024 (cf. Etats-Unis : les avortements en légère hausse en 2024). Ce chiffre inclut les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine[2].

    L’influence des législations sur le taux d’avortement des Etats

    Les restrictions entrées en vigueur dans certains Etats ont eu une incidence sur le taux d’avortement. Ainsi, la Floride qui a adopté en 2024 un projet de loi, « Heartbeat Protection Act », visant à interdire l’avortement à partir du moment où le rythme cardiaque du fœtus est détecté, a vu les avortements diminuer de plus de 25 % entre 2023 et 2025 (cf. Floride : l’avortement interdit au-delà de six semaines de grossesse). De même, dans l’Iowa, une baisse de plus de 24 % a eu lieu entre 2023 et 2025 (cf. Iowa : la Cour Suprême confirme l’interdiction de l’avortement après 6 semaines de grossesse).

    A l’inverse, le Missouri, qui a voté en faveur de l’inscription de l’IVG dans la Constitution de l’Etat en novembre 2024, a connu une augmentation des avortements de 48 % (cf. Avortement : les électeurs américains se sont prononcés ). Le Dakota du nord a lui aussi connu une hausse de plus de 32 % des avortements en 2025 suite à l’invalidation de l’interdiction d’avorter par un juge (cf. Dakota du Nord : une interdiction quasi-totale de l’avortement).

    Moins de déplacements dans d’autres Etats pour avorter

    Selon les données du Guttmacher Institute, en 2025, 142 000 femmes ont eu recours à l’IVG dans un autre Etat que celui où elles résident, ce qui représente une diminution de 8 % par rapport à 2024. Parmi elles, 62 000 femmes venaient des Etats interdisant totalement l’avortement.

    Concernant les Etats où l’on a pratiqué des avortements chez des femmes résidant dans un autre Etat, l’Illinois vient en tête. 32 000 avortements y ont été ainsi effectués, soit près d’un quart des IVG réalisées sur des femmes ayant changé d’Etat pour avorter. Viennent ensuite la Caroline du nord (environ 18 000 avortements sur des résidentes d’autres Etats), le Nouveau-Mexique et le Kansas (2/3 des avortements concernaient des femmes venant d’autres Etats), ainsi que la Virginie (9 000 avortements sur des non résidentes).

    Une forte hausse des avortements pratiqués par télémédecine

    Cette baisse a toutefois été « compensée » par la hausse de plus de 26 % des avortements par télémédecine pratiqués en 2025 sur des femmes résidant dans des Etats interdisant l’IVG. 91 000 femmes y ont eu recours, contre 72 000 en 2024. « Il est logique que l’on observe une baisse des déplacements, car les personnes qui accèdent à l’avortement par télémédecine n’ont plus besoin de se déplacer » indique Isaac Maddow-Zimet, data scientist à l’Institut Guttmacher. Huit Etats (Californie, Colorado, Massachusetts, Maine, New York, Rhode Island, Vermont et Washington) autorisent les professionnels de santé à proposer des avortements par télémédecine à des patientes résidant dans d’autres Etats, y compris ceux où l’IVG est totalement interdite.

    Depuis 2023, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la prescription de mifépristone par téléconsultation (cf. Pilule abortive : vers la confirmation des autorisations de la FDA ? ). Plusieurs recours judiciaires ont toutefois été initiés afin de contester cette autorisation (cf. Pilule abortive : la Cour suprême américaine lève les restrictions ). Actuellement, une procédure intentée par le procureur général de Louisiane, Liz Murrill, est en cours, le juge fédéral devrait bientôt rendre sa décision (cf. Pilule abortive : trois Etats américains poursuivent la FDA).

    Moins de cliniques pratiquant l’avortement

    Désormais, les cliniques en ligne proposant des avortements à distance sont en forte progression dans les Etats n’interdisant pas l’avortement (cf. Pilule abortive : des complications dans plus de 10% des cas selon une étude américaine). 24 % des avortements pratiqués par des professionnels de santé aux Etats-Unis y sont réalisés.

    A l’inverse, le rapport constate une baisse de 2 % du nombre de cliniques pratiquant des IVG. En 2025, 753 cliniques « physiques » pratiquant l’avortement sont en exercice aux Etats-Unis, soit 12 de moins qu’en mars 2024 et 54 de moins qu’en 2020. Cinq Etats ont en particulier connu une diminution du nombre de cliniques : la Californie, la Floride, l’Illinois, le Michigan et New-York.

    Fin 2025, 13 Etats américains avaient instauré des législations interdisant totalement de l’avortement (cf. Dakota du Nord : une interdiction quasi-totale de l’avortement), et 6 Etats l’interdisent au-delà de 6 ou 12 semaines de grossesse (cf. Wyoming : l’avortement interdit au-delà de six semaines de grossesse).

    [1] Le Guttmacher Institute est une organisation favorable à l’avortement. Ses études mensuelles sur l’accès à l’avortement estiment le nombre d’avortements pratiqués par des professionnels de santé chaque mois dans chaque Etat américain et à l’échelle nationale. Les études recueillent des données sur les avortements, médicamenteux ou non, réalisés dans des établissements de santé « physiques » (cliniques ou cabinets médicaux), ainsi que sur les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine.

    [2] Pour la première fois, les données tiennent compte des avortements par télémédecine des femmes résidant dans des Etats ayant instauré une interdiction totale de l’IVG

    Sources de la synthèse de presse : National Review, Michael J. New (24/03/2026) ; NPR, Selena Simmons-Duffin (24/03/2026) ; The Economic Times (27/03/2026)

  • Israël fait volte-face, le Saint-Sépulcre est rouvert mais la plaie demeure

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    De Nicola Scopelliti sur la NBQ :

    Israël fait volte-face, le Saint-Sépulcre est rouvert, la plaie demeure

    Après avoir bloqué l'accès au patriarche Pizzaballa, les autorités israéliennes ont cédé à la pression internationale, autorisant à nouveau la célébration des rites pascaux sur le site de la Résurrection. Un recul tardif et insuffisant.

    31 mars 2026

    La Presse (Ammar Awad/Pool Photo via AP)

    Un accord a été conclu entre le Patriarcat latin, la Custodie de Terre Sainte et la police israélienne pour autoriser les célébrations de Pâques dans la basilique du Saint-Sépulcre, sous certaines conditions. Les autorités israéliennes garantiront l'accès aux représentants des Églises chrétiennes, qui pourront y célébrer les liturgies pascales. Cet accord a été annoncé conjointement par le Patriarcat et la Custodie, dans le respect de l'état de guerre et des restrictions en vigueur concernant les rassemblements publics. Les Églises assureront la retransmission en direct des liturgies et des prières aux fidèles de Terre Sainte et du monde entier. Il ne s'agit donc pas d'un simple revirement, mais d'un net recul. Inévitable et politiquement incorrect.

    La pression institutionnelle a également contribué à ce changement de cap. Selon le Patriarcat et la Custodie de Terre Sainte, la contribution du président Isaac Herzog a été cruciale, saluant sa « promptitude » et son « intervention précieuse », tout en rappelant que « la sauvegarde de la liberté de culte demeure un devoir fondamental et partagé ». Cette action fut suivie de celles de nombreux chefs d'État et représentants internationaux, qui intervinrent promptement, exprimant des positions claires et, dans plusieurs cas, un soutien direct. Un front uni qui accéléra le dénouement, mais souligna du même coup la gravité de l'incident.

    Après de longues heures de fortes tensions, Benjamin Netanyahu sortit de l'impasse qui avait dégénéré en quelques heures. Un ordre péremptoire, publié sur X, rouvrit l'accès du cardinal Pierbattista Pizzaballa à la basilique. Mais il était trop tard pour effacer l'incident. Car dans les crises symboliques – et Jérusalem se nourrit de symboles avant même de rechercher l'équilibre – le facteur temps pèse autant, sinon plus, que les décisions elles-mêmes.

    Car l'important n'est pas le revirement, mais l'erreur initiale. Une patrouille de police bloquant le passage du patriarche latin de Jérusalem et du Custode de Terre Sainte, les empêchant d'entrer au Saint-Sépulcre, est un acte inhabituel. Il ne s'agit pas de simples fidèles ou de visiteurs anonymes. Les plus hautes autorités de l'Église catholique ont été arrêtées et refoulées, ayant été dirigées vers un lieu qui n'est pas seulement un espace religieux, mais un carrefour historique, juridique et politique extrêmement sensible. Cet événement est sans précédent, du moins par sa clarté, sa manifestation publique et sa portée symbolique.

    La justification officielle – la sécurité – se tient jusqu'à un certain point. Car la sécurité, lorsqu'elle devient discrétionnaire, cesse d'être une protection et devient un instrument. Et lorsque cet instrument affecte l'un des piliers les plus fragiles de la coexistence à Jérusalem – le statu quo –Concernant les lieux saints, le problème n'est plus opérationnel. Il est politique. Il touche l'ensemble du système. La référence au statu quo n'est pas rhétorique. Elle est au cœur du problème. C'est cet équilibre, construit au fil des siècles et formalisé à l'époque ottomane, qui régit l'accès, les responsabilités et les prérogatives des différentes confessions chrétiennes aux lieux saints. Un système rigide, souvent lourd, mais précisément pour cette raison essentiel : car il empêche que chaque geste ne dégénère en dispute, que chaque décision ne devienne un conflit ouvert.

    Intervenir dans ce mécanisme, c'est toucher un point sensible. C'est remettre en question non seulement une pratique, mais un principe. Ce n'est pas un hasard si la réaction de l'Église a été extrêmement dure. Ni diplomatique, ni nuancée : sans équivoque. Une violation sans précédent à l'époque moderne. Les mots étaient pesés, mesurés, mais sans équivoque. Car l'enjeu n'était pas seulement une célébration refusée, mais quelque chose de plus profond : la perception d'une compression progressive des espaces d'autonomie religieuse, d'une « normalisation » des restrictions, justifiée par l'urgence.

    Dans cette perspective, l'histoire n'est plus une simple succession d'événements, mais acquiert une valeur symbolique. Car elle ne se limite pas à ce qui s'est passé, mais englobe aussi ce qui pourrait se reproduire. Si le principe est adopté – si l'idée que la sécurité peut suspendre, même temporairement, des droits établis est acceptée – alors le précédent aura forcément du poids. Pas aujourd'hui. Mais demain. Et après-demain. Et pourtant, précisément au moment où la tension est à son comble, une seconde interprétation émerge. Plus subtile. Plus politique. En un sens, plus semblable à celle de Jérusalem.

    D'un côté, le document officiel du Patriarcat : ferme, presque accusateur. De l'autre, les propos du cardinal Pierbattista Pizzaballa lui-même – tenus lors de deux interviews télévisées, la première dimanche soir, la seconde hier matin – qui, quelques heures seulement après les événements, a adouci le ton et qualifié l'épisode de « grave malentendu ». Ces mots rétablissent l'ordre et évitent un affrontement direct. Il ne s'agit pas d'ambiguïté, mais de lucidité. La lucidité qu'à Jérusalem, chaque crise laisse des traces et que chaque fracture, si elle n'est pas gérée, risque de devenir permanente. C'est une diplomatie de proximité, celle qui se pratique non pas dans les palais, mais aux portes de la ville, là où différentes autorités – religieuses, civiles, militaires – se rencontrent et parfois s'affrontent. Le choix du cardinal Pizzaballa apparaît donc pour ce qu'il est : une tentative de limiter les dégâts sans renoncer aux principes, de dénoncer sans attiser les tensions, de concilier deux impératifs qui, dans d'autres contextes, seraient inconciliables : la fermeté et la coexistence.

    Mais la blessure, elle, demeure. Elle demeure dans l'image puissante d'une autorité militaire qui, pour la première fois, défie ouvertement l'autorité religieuse aux portes du lieu le plus sacré de la chrétienté. Elle demeure surtout dans la question que cet épisode laisse en suspens : le statu quo est-il encore solide ? D'autant plus que les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur à Jérusalem, Mike Huckabee, ont qualifié la décision de « difficile à comprendre » et ont dénoncé une « ingérence excessive ».

    Lorsque Jérusalem touche aux lieux saints, le périmètre de la crise s'étend immédiatement, devenant mondial. Car ces lieux n'appartiennent pas seulement à ceux qui détiennent le pouvoir administratif. Ils appartiennent, symboliquement, à des centaines de millions de fidèles à travers le monde. Et c'est précisément cette dimension mondiale qui rend l'épisode encore plus délicat. Chaque injustice locale a des répercussions internationales. Chaque restriction perçue comme arbitraire devient, en quelques heures, un enjeu politique, religieux et médiatique mondial.

    Dans ce contexte, refuser au patriarche et au gardien l'accès au Saint-Sépulcre apparaît à la fois disproportionné et irréfléchi. Non seulement parce que cela touche des figures symboliques, mais aussi parce que cela perturbe un équilibre établi précisément pour éviter ce type d'incident. Ainsi, le revirement de Netanyahou, aussi nécessaire soit-il, est insuffisant. Il est insuffisant car il intervient après coup. Il est insuffisant car il s'attaque à l'effet et non à la cause. Il est insuffisant car, entre-temps, le précédent est déjà créé. Car certaines erreurs sont corrigées, tandis que d'autres s'enracinent. Cela relève clairement de la seconde catégorie.

  • Attaque contre la « Rome de l’Orient » : le « chrétien » Poutine ordonne le bombardement d’églises à Lviv

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    De kath.net/news :

    Attaque contre la « Rome de l’Orient » : Poutine, « chrétien », ordonne le bombardement d’églises à Lviv

    26 mars 2026

    Le dictateur russe, qui aime se présenter comme « chrétien » deux fois par an, ordonne le bombardement de Lviv en plein jour. Des églises sont gravement endommagées, des dizaines de personnes sont blessées.

    Alors que quelques individus, encore égarés, perçoivent la Russie comme une « nation chrétienne » et un rempart contre la décadence occidentale, le dictateur russe a lancé cette semaine une attaque en plein jour contre Lviv, ville de l'ouest de l'Ukraine surnommée la « Rome de l'Orient », causant de graves dommages à plusieurs églises centenaires. 

    Le complexe du monastère des Bernardins, place Soborna, a été particulièrement touché. Un drone s'est écrasé directement sur le site, déclenchant un incendie qui a gravement endommagé les bâtiments de l'église Saint-André (XVIIe siècle). Cette église gréco-catholique est un chef-d'œuvre baroque et inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

    Selon des témoins, les vitraux richement décorés ont volé en éclats et des débris ont pénétré profondément dans la nef. Au moment de l'attaque, des personnes s'étaient réfugiées dans le sous-sol de l'église, mais heureusement, elles ont pu s'échapper indemnes.

    Les autorités locales ont également signalé des dégâts à l'église Sainte-Marie-Madeleine, qui abrite aujourd'hui la salle d'orgue de Lviv. Là aussi, les ondes de choc ont détruit des vitraux historiques et des parties de la façade. Les autorités municipales font état d'au moins 26 blessés dans toute la ville, victimes de cette attaque coordonnée de drones.

    Le président Volodymyr Zelensky a qualifié l'attaque perpétrée en plein jour contre une église de « perversion absolue » et de preuve que Moscou n'a aucun intérêt à mettre fin à la guerre.

    Depuis le début de l'invasion à grande échelle en 2022, près de 700 églises et édifices religieux en Ukraine ont été endommagés ou entièrement détruits. Si l'attention s'est souvent portée sur les zones de première ligne à l'est du pays, l'attaque d'hier à Lviv montre que la mémoire culturelle de l'ouest du pays est elle aussi délibérément anéantie.

    Même au sein du parti pro-Poutine AfD, des voix s'élèvent de plus en plus pour dénoncer cette guerre d'agression. Rainer Kraft, député au Bundestag, écrit sur X : « La Russie bombarde des églises catholiques en Europe ! (Le statut UNESCO n'a rien à voir avec ça.) Malgré cela, certains croient encore que cela a un lien avec l'OTAN ou l'Occident « woke ». C'est faux ! C'est une guerre culturelle. On vise à détruire l'identité d'un État souverain ; des monuments culturels, témoins de l'histoire d'un peuple, sont délibérément attaqués.

  • Nigéria : une église attaquée dans l'État de Taraba (nord-est du pays)

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/NIGÉRIA - Une église attaquée dans l'État de Taraba, au nord-est du Nigéria

    25 mars 2026
     

    Abuja (Agence Fides) – L'église catholique Saint-Jacques-le-Grand d'Adu, dans le district de Takum, dans l'État de Taraba, au nord-est du Nigeria, a été attaquée.

    Les faits remontent au 23 mars, lorsqu'un groupe armé de bergers peuls a attaqué l'église, causant d'importants dégâts : des vitres brisées, des bâtiments paroissiaux vandalisés et la résidence du curé endommagée.

    L'attaque a été décrite comme précise et coordonnée, conformément à un avertissement lancé par les forces de sécurité le 19 mars qui mettait en garde contre des attaques coordonnées imminentes à Taraba et dans le sud de Kaduna.

    Selon la presse locale, l'alerte des forces de sécurité nigérianes était assez détaillée, indiquant qu'une attaque terroriste coordonnée contre la population civile était imminente dans les villes de Chenchenji et Yelwa, le long de la route Wukari-Takum, vers le dimanche 22 mars.

    Le rapport des services de renseignement nigérians indiquait qu'un groupe de bergers peuls armés avait été aperçu le 19 mars alors qu'il traversait la rivière Donga, se dirigeant vers Gbundu, puis vers le sud-ouest en direction d'Amadu et de Chenchenji.

    Il s'agit là d'un signe supplémentaire, observé ces derniers mois, d'une intensification des infiltrations de bandes armées dans la région, qui utilisent comme couverture les déplacements de grands troupeaux de bétail. Les bandits ont ainsi installé des camps dans la brousse, s'implantant dans les zones rurales.

    Le rapport des services de renseignement précise que la surveillance aérienne effectuée à l'aide de drones avait confirmé la présence de bergers se déplaçant avec des armes automatiques prêtes à l'emploi, ce qui, selon les forces de sécurité, indique « une escalade allant au-delà de l'activité banditique habituelle ».

    L'attaque contre l'église est considérée comme une mesure de représailles suite aux pertes subies par les bandits le 17 mars, lorsque des groupes d'autodéfense de la communauté locale de Tor-Damisa ont repoussé un groupe de bergers armés accompagnés de leurs troupeaux, causant d'importantes pertes de bétail.

    L'insécurité qui règne dans la région a contraint environ 90 000 personnes à fuir. (LM) (Agence Fides 25/3/2026)

  • Pourquoi le pape Léon XIV se rend-il à Monaco ?

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    De Luke Coppen sur le Pillar :

    Pourquoi le pape Léon XIV se rend-il à Monaco ?

    Qu'est-ce qui a incité le pape à choisir de visiter ce micro-État ?

    Le pape François a fait un choix typiquement original en désignant l'Albanie , un pays qu'il considérait comme étant à la « périphérie » politique et économique de l'Europe.

    Léon XIV a choisi Monaco, ce micro-État niché sur la Côte d'Azur. Le 28 mars, il effectuera une visite éclair de neuf heures dans la principauté.

    Pourquoi Monaco ? Eh bien, ce n'est pas tout à fait clair, car le pape, né aux États-Unis, n'a fourni aucune explication publique.

    Examinons les raisons probables de ce voyage, après avoir considéré ce qui fait de Monaco une destination papale inhabituelle.

    Pourquoi Monaco est-il surprenant ?

    Lors de son voyage en Terre sainte en 1964, Paul VI a inauguré l'ère des papes voyageurs. Au cours des 62 années suivantes, les papes se sont rendus dans des pays lointains qui n'avaient jamais accueilli auparavant l'évêque de Rome.

    Pourtant, aucun pape n'a mis les pieds à Monaco à l'époque moderne, même s'il s'agit d'un pays officiellement catholique situé à moins de 480 kilomètres de Rome à vol d'oiseau.

    À proprement parler, Monaco a bien accueilli un pape en 1802, mais cela ne compte pas comme une visite papale car Pie VI était décédé plusieurs mois auparavant en France et sa dépouille était transportée à Rome pour y être inhumée une nouvelle fois.

    Pourquoi les papes modernes n'ont-ils jamais visité Monaco ? La raison la plus évidente est sa taille minuscule, même pour un micro-État. Sa population n'est que de 39 000 habitants et sa superficie de seulement 2,1 km². C'est en effet le deuxième plus petit État souverain au monde après la Cité du Vatican.

    L'archidiocèse de Monaco est le plus petit diocèse du monde en superficie. Il compte environ 29 000 catholiques , dont environ 8 % assistent à la messe.

    Monaco est une autre raison pour laquelle il est peu probable qu'il accueille une visite papale : sa réputation de lieu de villégiature pour les plus fortunés. Environ un habitant sur trois est millionnaire. La principauté est également fortement associée aux jeux de hasard, grâce au Casino de Monte-Carlo, l'un des établissements de jeux les plus célèbres au monde.

    Pourquoi Léon XIV y va-t-il ?

    Lorsque le bureau de presse du Saint-Siège a annoncé le 25 février que Léon XIV avait l'intention de faire une excursion d'une journée à Monaco, il n'a guère donné d'explications sur les raisons pour lesquelles le pape avait choisi ce lieu.

    « Accueillant favorablement l’invitation des chefs d’État et de l’archevêque de la Principauté de Monaco, le pape Léon XIV effectuera un voyage apostolique dans la Cité-État le 28 mars », a-t-on indiqué.

    L'annonce précisait que le pape Léon était en visite dans le pays à l'invitation d'Albert II, prince de Monaco depuis 2005, et de l'archevêque Dominique-Marie David, qui dirige l'archidiocèse local depuis 2020.

    Mais toutes les visites papales sont précédées d'une invitation du chef d'État et de l'Église locale, ce qui n'expliquait donc pas le but de ce voyage.

    L'archidiocèse de Monaco a apporté des précisions dans un communiqué de presse en réponse à l'annonce du voyage.

    Il est indiqué : « La famille princière – et par conséquent la Principauté – entretient depuis des siècles un lien indéfectible avec les Successeurs de Pierre. Outre le statut unique de Monaco, l’un des rares pays où le catholicisme est religion d’État, il est de notoriété publique que le Saint-Père et Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II partagent de nombreux engagements : le respect de la vie humaine de sa naissance à sa fin ; la protection de l’écologie intégrale et la préservation de notre « maison commune » ; et une passion commune pour le sport et ce qu’il représente pour l’humanité. »

    Ce paragraphe dense présentait cinq raisons justifiant la visite papale. Examinons-les une à une.

    1) Un lien séculaire : Les relations entre les souverains de Monaco et la papauté remontent au XIIIe siècle. Peu de pays peuvent se targuer de liens aussi durables avec le Saint-Siège.

    2) Le catholicisme comme religion d'État : Cela place Monaco dans un groupe très restreint de nations qui comprend Malte, le Liechtenstein et le Costa Rica.

    3) Respect partagé de la vie humaine : En novembre 2025, le prince Albert II a clairement indiqué qu'il opposerait son veto à un projet de loi visant à légaliser l'avortement dans la principauté. Une telle position est rare parmi les chefs d'État européens. Le geste d'Albert II rappelait celui du roi Baudouin de Belgique, qui avait brièvement abdiqué en 1990 pour éviter de signer une loi légalisant l'avortement.

    L’archevêque David a semblé souligner l’importance du veto du prince dans sa lettre invitant Léon XIV à Monaco. « Aujourd’hui, face aux défis que rencontre le monde – qui nous touchent autant que les autres –, le prince Albert II ne ménage aucun effort pour faire appel à la conscience de chacun et maintenir la vigilance individuelle », a écrit l’archevêque.

    4) Préoccupation partagée pour l'environnement : Le prince Albert II est surnommé « le Prince Vert » en raison de son engagement de longue date en faveur de la protection de la nature. En 2006, il est devenu le premier chef d'État à atteindre le pôle Nord en traîneau à chiens. À son retour, il a créé une fondation qui soutient des initiatives écologiques à travers le monde. Cet engagement ne manquerait pas de séduire le pape Léon XIII, qui a appelé à une véritable conversion écologique.

    5) Une passion commune pour le sport : Léon XIV est un grand amateur de sport qui pratique le tennis pendant ses jours de repos. Albert II est également un passionné de tennis. Le prince est régulièrement aperçu au Masters de Monte-Carlo, un tournoi sur terre battue qui se déroule chaque année en avril aux portes de Monaco.

    Albert II est également un sportif passionné. Il a participé cinq fois à l'épreuve de bobsleigh des Jeux olympiques d'hiver. Il a fait ses débuts aux Jeux de 1988 à Calgary, où il a terminé 25e en bob à deux. Le prince est reconnu pour avoir permis à la première équipe jamaïcaine de bobsleigh de concourir à ses côtés – un épisode qui, malheureusement, n'a pas été inclus dans le film « Rasta Rockett » (1993), inspiré par les pionniers jamaïcains du bobsleigh.

    En bref, plusieurs raisons convaincantes expliquent pourquoi le pape Léon se rend ce week-end dans le pays que l'écrivain anglais W. Somerset Maugham qualifiait avec impertinence de « lieu ensoleillé pour des gens louches ».

  • Réflexions sur la guerre en cette période de Carême

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Réflexions sur la guerre en cette période de Carême

    23 mars 2026

    Commençons par une question qui va droit au but : sommes-nous, aujourd’hui, presque tous des sadducéens ? Si votre connaissance des groupes qui apparaissent dans le Nouveau Testament est floue, nous pourrions formuler la question ainsi : est-ce que nous sommes presque tous aujourd’hui, même les chrétiens qui prétendent le contraire, comme les sadducéens à l’époque de Jésus, en train de rejeter fondamentalement la vie éternelle et de considérer la mort physique comme la fin absolue et le pire des maux ? Si tel est le cas, une guerre pourrait nous rendre service, car elle révèle, de manière terrible et sévère, l’état de nos âmes.

    La guerre est un enfer. Mais l’enfer – lieu de guerre éternelle – ou le paradis – lieu de la seule paix véritable et durable – jouent-ils un rôle réel dans nos esprits et nos cœurs en une période comme celle-ci ? Il peut sembler cruel de poser la question face à tant de souffrances immédiates, mais c’est précisément à cause de ces maux humains que les questions plus profondes se posent.

    Comme l’a dit C.S. Lewis à une époque similaire : « La guerre ne crée aucune situation absolument nouvelle : elle ne fait qu’aggraver la situation humaine permanente, de sorte que nous ne pouvons plus l’ignorer. »

    Personne ne devrait souhaiter la guerre, sauf en cas d’absolue nécessité motivée par les raisons les plus graves. Les totalitaires aiment la guerre car ils pensent souvent qu’elle est un remède à la mollesse qui s’empare des gens lorsque tout va bien. Mussolini affirmait que les Italiens modernes avaient besoin d’un « bain de sang » pour retrouver leur discipline et leurs vertus d’antan. Et il a tenté de leur en offrir un. Nous savons comment cela s’est terminé, à l’instar d’autres programmes de renouveau par la guerre.

    La paix et la prospérité sont des biens en soi, mais elles ne sont pas toujours bonnes pour nous. La dépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis pour sa sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale, par exemple, en a fait un continent qui a du mal à trouver la volonté ou à allouer les ressources nécessaires pour se défendre. De nombreux Européens – et malheureusement, bon nombre d’Américains aujourd’hui – doutent même qu’il vaille la peine de défendre notre civilisation.

    Un chrétien ne devrait pas s’en étonner. « Dans sa richesse, l’homme manque de sagesse : il est comme les bêtes qui périssent. » (Psaume 49, 20) Il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Nous pouvons faire preuve de sagesse même dans la prospérité. Mais la raison et la révélation nous mettent toutes deux en garde contre les dangers.

    En ce moment même, nous sommes à juste titre préoccupés non seulement par la légitimité de la guerre contre l’Iran, mais aussi par son éventuelle propagation – ainsi que par le terrorisme. Et nous essayons d’imaginer à quoi pourrait ressembler une issue « réussie ». Nous ne pouvons nous empêcher de douter de ce que nous disent les politiciens et les médias. Mais dans tout cela, perdons-nous de vue la vérité selon laquelle ni la guerre ni la paix ne sont le dernier mot pour nous ?

    Nos ancêtres chrétiens n’avaient pas besoin de se poser cette question fondamentale car, jusqu’à très récemment, la mort physique n’était pas considérée comme la pire des choses. Certaines causes méritent qu’on y laisse sa vie. La plupart des gens savaient de toute façon, par leur expérience quotidienne, que nos années sur terre sont strictement limitées, qu’il y ait la guerre ou non. Et que la vie après la mort est, pour le meilleur ou pour le pire, éternelle.

    La classification traditionnelle des péchés et des vertus reflétait cela. Nous citons beaucoup Dante sur cette page parce que… il le faut tout simplement, pour de nombreuses raisons. Outre la beauté purement imaginative de sa Divine Comédie, il permet de discerner facilement des distinctions cruciales, des distinctions chrétiennes, concernant l’état de l’âme, tant dans cette vie que dans l’au-delà.

    Par exemple, les péchés de violence et de meurtre sont, bien sûr, punis dans l’Enfer, mais seulement vers le milieu de ce dernier. Il y a de bonnes raisons à cela dans la tradition chrétienne. Selon la conception chrétienne authentique, nous sommes un ensemble composé d’un corps et d’une âme. Le meurtre ou le massacre aveugle en temps de guerre sont, certes, horribles. Mais une certaine Personne faisant autorité a tenu à dire (à deux reprises) : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais ne peuvent tuer l’âme. Craignez plutôt celui qui peut détruire à la fois l’âme et le corps en Enfer. » (Matthieu 10, 28 ; Luc 12, 4-5)

    On entend rarement parler de cela de nos jours, même de la part des plus hautes autorités de l’Église. C’est pourquoi tant la guerre juste que la peine capitale semblent désormais « inadmissibles » aux yeux de certaines autorités ecclésiastiques. Si l’on croit en la vie éternelle et en la primauté de l’âme sur la vie physique, cependant, il existe encore bien des choses pires que la mort corporelle, qui nous attend tous, même en l’absence de guerre.

    Il existe des péchés plus graves : ceux commis contre l’esprit, l’âme et l’âme – les éléments supérieurs propres à la nature humaine. Ceux-ci peuvent être attaqués de nombreuses façons, que Dante place encore plus bas en Enfer que la violence et même le meurtre : la flatterie et la séduction, la simonie et le schisme, la divination, la fraude, les faux conseils, la contrefaçon. Et le pire de tout, la trahison des loyautés propres à l’âme envers la famille, la patrie, les hôtes, les supérieurs, Dieu lui-même (la spécialité de Lucifer).

    Si vous trouvez cela choquant, c’est peut-être parce que nous avons été si chanceux sur le plan matériel que nous supposons que la paix et la sécurité sont les conditions normales sur terre, la guerre et l’incertitude des exceptions rares.

    Encore une fois, cette Personne qui fait autorité dit :

    Vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres, mais veillez à ne pas vous alarmer. Il faut que ces choses arrivent, mais ce n’est pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume. Il y aura des famines et des tremblements de terre en divers lieux. Tout cela n’est que le commencement des douleurs.

    Alors on vous livrera aux persécutions et on vous mettra à mort ; vous serez haïs de toutes les nations à cause de moi… Beaucoup se détourneront de la foi, se trahiront et se haïront les uns les autres ; de nombreux faux prophètes se lèveront et séduiront beaucoup de gens. À cause de la multiplication des iniquités, l’amour de la plupart se refroidira. (Matthieu 24, 6-13)

    Bien sûr, rien de tout cela ne doit nous rendre complaisants face à la violence, et encore moins face à la guerre. Mais cela doit nous ramener à la raison face à des croyances irréalistes, telles que celle selon laquelle le « dialogue » ou la politique seraient des remèdes à la condition humaine dans un monde déchu. Et cela doit nous conduire à un examen de conscience pour savoir si nous faisons partie de ceux qui ont été trompés et dont le cœur s’est refroidi, ou de ceux qui, malgré tout, aiment encore ce qui sauve véritablement.

  • Aide d'urgence pour le Liban et le Moyen-Orient

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    Aide à l'Église en Détresse Belgique/Luxembourg

    Inwoners van het christelijke dorp Alma al-Shaab, Libanon © ACN

    P. Maroun Youssef Ghafari, curé maronite d’Aalma el Shaab, Sud Liban © ACN

    Aide d'urgence pour le Liban et le Moyen-Orient

    Comme vous le savez, la crise humanitaire au Liban et au Moyen-Orient a atteint un niveau critique. De nombreuses communautés chrétiennes – des religieux et des familles – restent déterminées à ne pas quitter leurs foyers et leurs communautés, malgré les ordres d'évacuation au Sud-Liban. Alors que les bombardements se poursuivent jour et nuit, les besoins augmentent de jour en jour.

    À l'instar des évêques belges, nous sollicitons votre solidarité envers les communautés chrétiennes du Liban et du Moyen-Orient.

    Aide d’urgence pour le Liban et le Moyen-Orient

    Aide à l'Église en Détresse apporte un soutien concret sur le terrain par l'intermédiaire des Églises locales, des communautés religieuses et des partenaires humanitaires.

    L'aide d'urgence est acheminée directement aux personnes les plus touchées et comprend :

    • une aide alimentaire pour les familles qui ont tout laissé derrière elles ;
    • des soins médicaux et des médicaments pour les blessés, les malades et les personnes âgées vulnérables ;
    • des installations d'hygiène et d'assainissement pour prévenir les épidémies ;
    • un soutien psychologique pour les enfants et les adultes traumatisés ;
    • un accompagnement pastoral et spirituel dans les centres d'hébergement.

    Une famille déplacée d’un village chrétien du Sud-Liban a trouvé refuge dans un appartement à Beyrouth © ACN

    La situation est particulièrement grave : près d'un million de personnes sont déplacées, des centaines sont décédées et des milliers ont été blessées, dont de nombreux enfants. Pourtant, la solidarité demeure forte et les Églises ouvrent leurs portes à tous – chrétiens et musulmans.

    Votre soutien peut faire une réelle différence. Grâce à votre don, nous aidons à nourrir des familles, à fournir des médicaments, à assurer le fonctionnement des centres d'hébergement et à redonner espoir là où règne le désespoir.

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    Je soutiens l'aide d'urgence aux chrétiens du Liban et du Moyen-Orient

    Chaque don, petit ou grand, compte.

    Donnez de l’espoir au Liban et au Moyen-Orient.

    Ensemble, nous pouvons apporter la lumière dans ces temps sombres.
    Ensemble, nous pouvons aider les communautés chrétiennes à survivre.
    Ensemble, nous pouvons montrer que personne n’est seul.

    Unis dans le Christ partout dans le monde,

    David Dessin
    Directeur