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  • Pourquoi la Révolution américaine a apporté la liberté — et la Révolution française, la terreur

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    Pourquoi la Révolution américaine a apporté la liberté — et la Révolution française, la terreur

    COMMENTAIRE : L’expérience de Lafayette et d’autres vétérans de la guerre d’indépendance américaine explique pourquoi beaucoup en sont venus à considérer la Révolution française comme l’antithèse de la liberté qu’ils avaient défendue de l’autre côté de l’Atlantique.

    « Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération », Inconnu, ca. 1790-91, Musée Carvavalet, Paris
    « Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération », Inconnu, ca. 1790-91, Musée Carvavalet, Paris (photo : Domaine Public)

    « L’humanité a obtenu gain de cause. La liberté ne sera plus jamais sans asile. »

    Lorsque le marquis de Lafayette écrivit ces mots en 1781, peu après la victoire de l'armée continentale à Yorktown, il pensait avoir assisté à un événement que le reste du monde imiterait : un peuple se libérant de la tyrannie pour se gouverner comme il l'avait toujours souhaité.

    En moins de dix ans, ce Français serait contraint à l'exil de sa patrie, qui se déchirait au nom des idéaux mêmes que son exemple avait contribué à inspirer, et passerait des années dans une prison autrichienne.

    Le 250e anniversaire de l'indépendance américaine est l'occasion de célébrer la longue amitié franco-américaine. Mais c'est aussi l'opportunité d'aborder une question absente des commémorations officielles : les révolutions américaine et française étaient-elles véritablement des événements de même nature, séparés seulement par le temps et l'espace ?

    Ceux qui ont vécu ces deux événements connaissaient la réponse. Nombre d'officiers français envoyés par le roi Louis XVI outre-Atlantique combattre aux côtés des insurgés coloniaux se retrouvèrent de l'autre côté des barricades lorsque la révolution éclata dans leur propre pays (1789-1799) : traqués, emprisonnés et exécutés par un régime qui se proclamait l'héritier légitime de la liberté pour laquelle ils avaient combattu en Amérique.

    Révolutions politiques contre révolutions idéologiques

    « Comparer les deux révolutions est une erreur », a déclaré au Register l’historien Reynald Sécher, l’un des plus éminents spécialistes français des mouvements contre-révolutionnaires et auteur de *Le génocide français : la Vendée* . « La Révolution américaine avait pour seul but de s’affranchir de la tutelle du roi d’Angleterre, une tutelle qui s’exprimait presque exclusivement par le biais d’obligations fiscales. Fondamentalement, les insurgés ne remettaient pas en cause la nature même de la société. »

    La France, c'était une toute autre histoire, a déclaré Sécher.

    « Les révolutionnaires avaient un programme précis », expliqua-t-il, « qui consistait à détruire la monarchie de droit divin et la société traditionnelle et ordonnée, pour les remplacer par un monde nouveau, un ordre nouveau, un homme nouveau. »

    Il soutenait, en outre, que la Révolution américaine était de nature politique – visant à rompre avec une couronne lointaine qui avait abusé de ses droits – tandis que la Révolution française était purement idéologique. Selon Sécher, il s'agissait d'un projet de transformation fondamentale qui s'attaquait à tout ce qui échappait à son contrôle, y compris la foi du peuple.

    La Constitution civile du clergé, la persécution systématique des prêtres résistants et la déchristianisation forcée de régions entières n'étaient pas de simples excès de ce mouvement, insistait Sécher, mais son corollaire naturel. Cette campagne contre la foi catholique a également abouti à l'exécution publique des seize carmélites de Compiègne pendant la Terreur, en 1794, pour avoir refusé d'abjurer leur vocation religieuse.

    Le roi Louis XVI était entré en guerre aux États-Unis pour des raisons bien moins philosophiques que stratégiques ; la guerre de Sept Ans (1756-1763) avait coûté à la France son premier empire colonial, et soutenir les insurgés était une façon de régler ses comptes avec l'Angleterre.

    Mais ce que les officiers envoyés outre-Atlantique découvrirent les marqua profondément. Ils rencontrèrent une société qui aspirait à l'autonomie sans pour autant bouleverser le monde dans lequel elle s'inscrivait. Les églises restaient actives et les institutions locales conservaient leur dynamisme, jouant même un rôle clé dans le processus d'indépendance. C'est cette expérience d'une liberté ordonnée et profondément enracinée que ces hommes rapportèrent chez eux. Et c'est précisément ce qui leur permit, le moment venu, de reconnaître l'inverse.

    Les hommes qui connaissaient la différence

    La France s'allia officiellement aux insurgés américains en 1778. Parmi les officiers déployés aux côtés des Américains figuraient plusieurs hommes qui allaient devenir par la suite des figures de proue de la résistance armée contre la Révolution française. « En réalité », notait Sécher, « la majorité des officiers de la Marine royale française rejetaient la révolution dans leur propre pays, ce qui entraîna des démissions massives et de nombreux exils. »

    L'un des exemples les plus révélateurs de ce paradoxe est sans doute celui d'Armand Tuffin de La Rouërie. Noble et ami personnel du général George Washington, il s'illustra en combattant en Amérique, se forgeant une réputation de commandant courageux.

    « Parlementaire et héritier d’une famille illustre, cet homme était un rebelle qui s’était soulevé contre son propre monde – le monde de la tradition – au nom de la liberté individuelle et collective », explique Sécher. « C’est avec cette logique qu’il s’est enrôlé aux côtés des insurgés américains. »

    Pourtant, dès qu'il a remis le pied sur sa terre natale, une amère réalité s'est imposée à lui.

    « Il comprit immédiatement que la nature de la révolution en cours était contraire au droit naturel — et que le seul véritable garant et protecteur de ce droit naturel était le roi, la monarchie de droit divin. »

    Il organisa la résistance dans sa province natale de Bretagne et fonda un mouvement contre-révolutionnaire qui allait devenir la Chouannerie .

    François-Athanase de Charette de la Contrie, autre vétéran des campagnes américaines, allait devenir la figure emblématique de la contre-révolution vendéenne. En 1793, cet officier de marine français fut sollicité par des paysans vendéens pour mener leur soulèvement contre une république qui fermait leurs églises et enrôlait de force leurs fils. L'armée qu'il commandait se nommait l'Armée catholique et royale.

    « Il ne s’est pas battu pour la monarchie par nostalgie », a insisté Sécher, « mais parce qu’elle lui semblait le régime le mieux à même de défendre les droits naturels énoncés par le Christ, saint Thomas d’Aquin et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est ce paradoxe que ses contemporains peinent à saisir. »

    Au traité de La Jaunaye en 1795, les conditions qu'il obtint pour les Vendéens étaient sans équivoque : la liberté de culte et l'exemption de la conscription – la défense des droits locaux et des libertés individuelles face à une révolution qui, selon son expérience, était synonyme de déchristianisation, de centralisation autoritaire et de conscription imposée de force aux campagnes. Il fut capturé et exécuté par les autorités républicaines en 1796.

    Cette histoire reste gravée dans la mémoire collective d'une partie du pays. Au Puy-du-Fou, le célèbre parc historique vendéen où l'épopée de Charette est reconstituée chaque année devant des centaines de milliers de visiteurs, Nicolas de Villiers — dont le père, Philippe, fondateur du parc, se considère comme un héritier des combattants blancs de Vendée — conserve sur le mur de son bureau un certificat attestant que sa famille compte parmi les « Fils de la Révolution américaine ». Ce paradoxe, semble-t-il, n'a jamais nécessité d'explication.

    Le verdict de Burke

    Aucun contemporain n'a saisi plus clairement les enjeux qu'Edmund Burke, l'un des plus grands esprits de son temps, dès 1790. L'homme d'État et philosophe irlandais, qui avait défendu avec passion les colons américains au Parlement britannique — tout en s'opposant à leur indépendance totale —, était consterné par ce qu'il voyait se dérouler en France, considérant la révolution comme la fin de la chevalerie et l'extinction de la gloire de l'Europe.

    Comme il l'écrivait dans sa brochure « Réflexions sur la Révolution de France », les révolutionnaires, contrairement aux Américains, mettaient en péril leur postérité en ne préservant pas l'héritage de leurs ancêtres. Burke exprimait avec force et clarté ce que des figures telles que La Rouërie et Charette avaient déjà compris par l'expérience du terrain.

    « Tu as mal commencé », écrivait-il, « parce que tu as commencé par mépriser tout ce qui t’appartenait. Tu as établi ton commerce sans capital. »

    Pour Burke, la liberté détachée de toute contrainte morale devenait inévitablement destructrice : « Il est inscrit dans la constitution éternelle des choses que les hommes à l’esprit intempérant ne peuvent être libres. Leurs passions forgent leurs chaînes. »

    Ces réflexions restent tout aussi pertinentes 250 ans plus tard.

    Ce qui distinguait la Révolution américaine de la Révolution française, c'était avant tout une conception de la liberté que les sociétés occidentales sont aujourd'hui contraintes de reconsidérer : l'idée que la liberté sans racines, sans héritage et sans ordre moral n'est qu'un prélude à la tyrannie.

  • Le Cardinal Tagle préside la première liturgie de béatification sur le sol vietnamien

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    De Marie-Lucile Kubacki sur le site de l'Agence Fides :

    « Si vous choisissez Jésus, vous serez bienheureux ». Le Cardinal Tagle préside la première liturgie de béatification sur le sol vietnamien

    2 juillet 2026    
     

    photo Giáo dục & Thời đại

    Tac Say (Agence Fides) – Des dizaines de milliers de fidèles se sont rassemblés le 2 juillet 2026 au Centre de pèlerinage de Tac Say, dans la province de Ca Mau, diocèse de Can Tho, pour la messe de béatification du père François Xavier Truong Buu Diep, présidée par le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’Évangélisation et envoyé pontifical au nom du Pape Léon XIV. Le quotidien vietnamien Giáo dục & Thời đại (Éducation & Temps), organe officiel du ministère de l’Éducation et de la Formation, a consacré un vaste reportage à cette célébration, devenant ainsi l’un des premiers médias nationaux à couvrir l’événement de manière détaillée.

    Selon le journal, des pèlerins venus de tout le Vietnam et de l’étranger sont arrivés à Tac Say tout au long de la nuit ; certains ont dormi sous les abris des stations-service faute de logement, d’autres ont bravé les difficultés liées à leur âge avancé afin de « voir de leurs propres yeux » une béatification célébrée pour la première fois sur le sol vietnamien. La même source souligne que cet événement, préparé avec le soutien des autorités locales et grâce à une forte mobilisation pastorale, a été vécu comme «une grande joie pour l’Église catholique au Vietnam et une bénédiction pour tous», dans la continuité de la mémoire populaire du père Truong Buu Diep, prêtre proche des pauvres qui a donné sa vie pour protéger son troupeau.

    Au début de son homélie, le Cardinal Tagle a décrit le nouveau bienheureux comme « une bénédiction de Dieu pour toute l’Église et pour l’humanité », soulignant que « grâce à lui, l’Église au Vietnam est elle aussi bénie ». Se référant aux Béatitudes, il a posé une question que, selon lui, de nombreux chrétiens peuvent porter dans leur cœur : « Comment un martyr comme le père François Xavier Truong Buu Diep, qui a été brutalement maltraité et tué, peut-il être considéré comme “bienheureux” ? N’est-il pas plus logique d’appeler un martyr “misérable” et “malheureux” plutôt que bienheureux ? ». Pour y répondre, il est revenu sur les paroles de Jésus dans Matthieu 5 : « Heureux ceux qui font œuvre de paix… Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice… Heureux êtes-vous lorsqu’on vous insultera et qu’on vous persécutera… », et il a conclu : « Ceux qui sont persécutés à cause de la justice et du nom de Jésus sont heureux car, bien qu’ils soient rejetés par le monde, ils seront récompensés dans le Royaume de Dieu. La persécution à cause de Jésus est la clé du bonheur. »
    À ce propos, le Cardinal a souligné que la persécution ne devient une béatitude que si elle découle de l’appartenance au Christ : « Une personne ne peut accepter la persécution au nom de Jésus que si elle appartient à Jésus, et non au monde, si elle aime Jésus plus que le monde. » À la lumière de l’Évangile de Jean proclamé lors de la liturgie, il a rappelé que Jésus « nous a choisis parce que nous lui appartenons et non au mal, parce que nous gardons sa parole et non les mensonges répandus par le monde, et parce que nous sommes unis à lui même lorsque c’est dangereux et pas seulement lorsque cela nous arrange ». Un véritable disciple, a-t-il dit, « aime profondément Jésus, reste avec Lui et participe à sa persécution ». Ainsi, le bienheureux François Xavier Truong Buu Diep apparaît comme « celui qui invite chacun de nous à répondre à l’appel de Jésus, à choisir Jésus, à s’accrocher aux paroles de Jésus et à proclamer le nom de Jésus dans la vie quotidienne ». Le cardinal a ensuite traduit cet appel en questions concrètes pour les croyants d’aujourd’hui : « Que choisirons-nous : devenir riches par la corruption ou rester pauvres mais honnêtes ? Accumuler des biens dont nous n’avons pas besoin ou les partager avec les pauvres et les nécessiteux ? Rechercher notre propre sécurité et notre confort ou embrasser la souffrance des autres ? Si vous choisissez Jésus, vous serez bienheureux. Bienheureux êtes-vous, à l’instar du bienheureux François Xavier Truong Buu Diep ».

    Dans la deuxième partie de son homélie, il a clarifié la notion de martyre en rappelant sa signification authentiquement chrétienne, loin de toute fascination pour la souffrance ou d’une forme d’héroïsme mondain, et ancrée au contraire dans le témoignage rendu au Christ. « Nous associons souvent le martyre à la souffrance et à la mort », a-t-il fait remarquer, « mais tout comme la béatitude pour la justice et pour le nom de Jésus, le martyre (marturia) signifie rendre témoignage à Jésus ». Le martyr, a-t-il expliqué, « proclame la vérité sur Jésus à travers ses paroles, ses actes et ses relations », et sa disposition à mourir « pour la vérité de Jésus confère une plus grande crédibilité à son témoignage ». Cela fait du martyr « un missionnaire par excellence ». Se référant à la deuxième lecture tirée de la Première lettre de Pierre — « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect » —, il a présenté le martyr comme un témoin doux, joyeux et courageux qui « maintient allumée la lumière de Jésus même lorsque ceux qui rejettent Jésus tentent de l’éteindre ».

    Le bienheureux François Xavier Truong Buu Diep, a-t-il ajouté, « n’a jamais hésité à manifester la charité et la justice de Jésus envers les pauvres, l’amour de Jésus qui embrasse tout le monde, même les non-chrétiens, et la fidélité de Jésus, le Bon Pasteur, qui ne laisse pas son troupeau seul face aux loups, aux voleurs et aux pillards ».
    Appliquée au contexte actuel, cette conception du martyre devient un discernement entre vérité et mensonge, simplicité et mode, humilité et orgueil. « Le bienheureux François Xavier nous invite tous à ne pas renier Jésus, mais à être des témoins ou des martyrs de sa vérité », a déclaré le Cardinal Tagle. « Je vous pose donc la question : que choisirons-nous ? Diffuser des fausses informations ou l’enseignement de Jésus ? Nous comporter et nous habiller selon la dernière mode ou selon la charité et la simplicité de Jésus ? Être fiers de nos succès mondains ou être fiers de Jésus ? ». Un véritable martyr, a-t-il insisté, « aide un monde désorienté à découvrir la vérité de Jésus. Le monde a besoin de véritables martyrs et de porteurs de vérité. N’allons pas grossir les rangs déjà grandissants des messagers du mensonge, de la haine, de la division et de la violence ».

    Enfin, la troisième réflexion du Cardinal a mis en lumière l’espérance comme force intérieure qui soutient les martyrs dans leur union avec le Christ. Citant à nouveau la Première épître de Pierre, le Cardinal Tagle a rappelé aux fidèles que Jésus « a été mis à mort dans la chair, mais rendu vivant dans l’Esprit » et que sa mission « ne s’est pas achevée avec la souffrance et la mort, mais avec sa résurrection et sa glorification ». « Jésus est vraiment ressuscité », a-t-il proclamé. « Jésus règne désormais dans le Royaume de Dieu. Jésus, assis à la droite du Père, intercède pour nous. La foi dans le Seigneur ressuscité donne de l’espérance aux disciples et aux martyrs ». Il a évoqué le malfaiteur repentant qui supplia Jésus : « Souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton royaume », recevant la promesse : « Aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis », tout comme saint Étienne qui, alors qu’il était lapidé, vit « les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ». « Le monde peut nous oublier », a déclaré le Cardinal, « mais Jésus ressuscité se souviendra de nous pour toujours dans son Royaume, dès aujourd’hui ».

    Dans cette perspective, le Pro-Préfet du Dicastère missionnaire a évoqué la grâce intérieure qui a sans doute soutenu le nouveau bienheureux : « Nous pouvons affirmer avec certitude que le bienheureux François Xavier a dû avoir une vision de Jésus, son Roi éternel, qui le voyait, se souvenait de lui et l’accueillait ». L’espérance en Christ rend les martyrs fermes mais doux face à leurs persécuteurs. Une fois encore, le Cardinal a invité les fidèles à faire des choix concrets : « Que choisirons-nous : mettre notre confiance dans les richesses terrestres ou dans les richesses éternelles du Royaume de Jésus ? Nous en remettre à la renommée, au nombre d’abonnés et aux « likes » sur les réseaux sociaux, ou à la promesse de Jésus d’être avec nous ? Compter sur les armes de la guerre ou sur le don de la paix de Jésus ? ». Revenant en conclusion sur les Béatitudes — « Heureux ceux qui font œuvre de paix… Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice » —, le Cardinal Tagle a confié l’Église à la Bienheureuse Vierge Marie, « Mère de la paix », et a invoqué le bienheureux François Xavier Truong Buu Diep comme un homme dont la vie de charité, de proximité avec les pauvres et de courage pastoral a culminé dans un martyre vécu non pas en quête de gloire, mais dans la fidélité au Christ et dans la protection de son troupeau. Pour l’Église au Vietnam et pour l’Église universelle, a-t-il suggéré, le nouveau Bienheureux offre une image du martyre qui n’est pas mondaine : non pas le culte de l’héroïsme individuel, mais un témoignage humble et crédible du Christ, enraciné dans l’amour, la vérité et l’espérance. C’est pourquoi la figure du bienheureux François Xavier Truong Buu Diep apparaît comme un maître silencieux mais exigeant pour les missionnaires et les disciples d’aujourd’hui, au Vietnam et dans le monde entier. (Agence Fides 2/7/2026)

  • En juillet, le Pape invite à prier pour le respect de la vie humaine

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    De Vatican News (Myriam Sandouno) :

    Dans un monde marqué par la «culture du déchet», comme l’affirmait François, Léon XIV consacre son intention de prière de ce mois-ci au respect de la vie humaine à toutes les étapes de son existence. À travers la campagne «Prie avec le Pape», il encourage à demander pardon au Seigneur «lorsque nous tombons dans l’indifférence, lorsque nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour».

    En ce début de juillet, les fidèles ainsi que toutes les personnes de bonne volonté sont invités à s’unir aux intentions du Pape, à travers la campagne «Prie avec le Pape», le Réseau mondial de prière pour le Saint-Père. Léon XIV exhorte à prier pour le respect de la vie humaine, car, comme déclarait-il devant le Congrès des députés espagnols, il y a quelques semaines, lors de son quatrième voyage apostolique en Espagne: «Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son terme naturel, quelles que soient les circonstances de son existence

    Un don sacré à protéger 

    Chaque personne, soutient le Souverain pontife dans sa vidéo mensuelle de prière, est «un don sacré qui reflète ton visage». Léon XIV demande au Seigneur la grâce de «reconnaître et de protéger la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain», en apprenant à «accueillir la vie sans conditions, à soutenir avec tendresse la fragilité, à accompagner avec respect chaque étape de l’existence et à défendre avec courage ceux qui n’ont pas de voix».

    L'Église une maison ouverte 

    Il implore le pardon de Dieu pour les attitudes «d’indifférence et la culture du déchet», et pour le fait que parfois, «nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour». Concluant sa prière, le Pape a prié pour que l’Église soit «une maison ouverte où toute vie est célébrée, où personne ne se sente de trop», et où «la dignité de chacun soit toujours respectée et protégée», insiste-t-il. Pour le directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, le père Cristóbal Fones, «se respecter mutuellement et protéger ce don de la vie humaine est une mission qui commence par une conversion du cœur et nous ouvre à l’engagement envers les autres». 

    “Seigneur Jésus, fais que nous aimions la vie comme Toi tu l’aimes: avec tendresse, fidélité et don total de soi. Que nous sachions proclamer, par nos paroles et nos gestes, que chaque vie humaine mérite le don total de nous-mêmes”

    Avortement, euthanasie et peine de mort

    Chaque année dans le monde, rapporte l’Organisation mondiale de la Santé, environ 73 millions d’avortements provoqués sont pratiqués, et le débat autour de l’euthanasie et l’aide médicale à mourir reste d’actualité dans de nombreux pays. L’évolution du recours à la peine de mort préoccupe également: au moins 2 707 exécutions ont été recensées dans 17 pays en 2025, soit le chiffre le plus élevé depuis 1981 et une augmentation de 78% par rapport à l’année précédente.

  • Comment le monde interprète mal la violence au Nigeria

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    Comment le monde interprète mal la violence au Nigeria

    ORFA, 30 juin 2026 – Sept attaques par jour… et pourtant, les milices les plus meurtrières échappent à l’attention internationale, révèle une étude portant sur six années de données

    Les groupes terroristes déchirent le Nigeria, tandis que le monde extérieur interprète mal la situation, selon les data scientists à l’origine d’une étude historique.

    79 323 personnes ont été tuées au Nigeria entre 2020 et 2025, soit une moyenne de sept attaques par jour. Plus de 42 000 d’entre elles étaient des civils innocents.

    Les chercheurs de l’ORFA (Observatoire pour la liberté religieuse en Afrique) ont passé des années à recouper les schémas d’attaques — et les données recueillies remettent en cause des hypothèses de longue date.

    Boko Haram et la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (ISWAP) — les groupes terroristes les plus souvent tenus pour responsables des violences — ont perpétré à eux deux 12 % des meurtres de civils : 8 % pour Boko Haram et 4 % pour l’ISWAP.

    D’autres acteurs ont fait un nombre de victimes bien plus élevé. Les milices classées dans la catégorie des « groupes terroristes peuls » ont tué 44 % de l’ensemble des civils — soit quatre fois plus que Boko Haram et l’ISWAP réunis.

    L’étude de l’ORFA recense jusqu’à 60 éléments de données pour chaque incident violent, en fonction des circonstances de l’événement.

    L’ORFA prend soin de faire la distinction entre les groupes terroristes armés peuls et le peuple peul dans son ensemble, dont la grande majorité n’est pas impliquée dans des actes de violence. « Les données rendent cela très difficile à ignorer », déclare Frans Vierhout, analyste de recherche senior à l’Observatoire pour la liberté religieuse en Afrique. « Nous examinons comment ces meurtres sont commis : qui sont leurs cibles, où ils opèrent, les fluctuations saisonnières du nombre de meurtres… et les preuves pointent clairement dans une seule direction. »

    « La violence liée aux milices peules est la principale cause du nombre de morts au Nigeria. L’attention que porte l’Occident à Boko Haram est, au mieux, trompeuse. Le Nigeria est en train de voir naître un réseau terroriste que le monde extérieur n’a pas encore reconnu. »

    Principales conclusions : le rapport complet est accessible ici

    79 323 personnes ont été tuées dans des actes de violence liés au terrorisme au cours de la période étudiée — soit une moyenne de 36 personnes par jour
     
    42 033 victimes étaient des civils ; les forces de sécurité et les groupes terroristes sont responsables de 37 290 décès
     
    Boko Haram n’est pas le groupe le plus meurtrier. Les groupes terroristes peuls ont tué 44 % des civils (18 577) ; Boko Haram et l’ISWAP ont tué à eux deux 12 % (4 941)
     
    Deux fois plus de chrétiens que de musulmans ont été tués : 28 551 chrétiens contre 13 224 musulmans. Lorsque l’on examine les pertes chrétiennes par rapport à la population des États concernés, on constate que les chrétiens ont été tués à un rythme 4,4 fois supérieur à celui des musulmans dans les États touchés – ce qui représente une perte proportionnelle énorme pour les populations locales

    75 % des civils tués lors d’attaques contre des communautés : raids contre des villages agricoles accompagnés d’enlèvements, de viols et de destructions de biens
     
    Enlèvements : 34 773 civils ont été enlevés. Les « groupes terroristes peuls » et les « groupes terroristes non identifiés » ont respectivement perpétré 43 % et 49 % des enlèvements
     
    « La captivité selon la confession » : les recherches de terrain menées par l’ORFA indiquent que les otages chrétiens et musulmans sont traités différemment. Les captifs musulmans font l’objet de rançons moins élevées et subissent moins de violences ; les chrétiens, quant à eux, doivent payer des rançons plus élevées et courent un risque plus important d’être exécutés.
     
    Les otages chrétiennes sont victimes de violences sexuelles extrêmes, de conversions forcées et de mariages forcés.
    Les auteurs de l’étude sur six ans de l’ORFA exhortent les gouvernements et les organismes internationaux à se pencher attentivement sur les données publiées aujourd’hui.

    L’étude détaillée, comprenant tous les chiffres, est accessible à l’adresse suivante : www.orfa.africa

  • Ouverture du Consistoire : les cardinaux face à un « monde blessé »

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    D'Edward Pentin sur EWTN News :

    Les cardinaux font face à un « monde blessé » à l'ouverture du consistoire synodal

    Les 178 cardinaux présents au consistoire de deux jours ont évoqué une polarisation croissante au sein de leurs sociétés respectives.

    Les cardinaux font face à un « monde blessé » à l'ouverture du consistoire synodal

    Une assemblée de 178 cardinaux participe à des groupes de travail lors d'un consistoire extraordinaire qui se tient dans la salle Paul VI du Vatican le 26 juin 2026. | Crédit : Vatican Media
     
    26 juin 2026

    Face à un monde marqué par des divisions croissantes, des souffrances généralisées et une crise de sens, les principaux sujets de discussion lors de la séance d'ouverture du consistoire extraordinaire des cardinaux, le 26 juin, dans la salle Paul VI du Vatican, étaient les suivants :

    Les 178 cardinaux présents au consistoire de deux jours, organisé sous forme synodale, ont évoqué une polarisation croissante au sein des sociétés, certains affirmant qu'elle est souvent alimentée par la désinformation et exacerbée par la communication numérique qui entrave plutôt qu'elle ne favorise un véritable dialogue.

    Le thème de la première session était : « Dans quel genre de monde sommes-nous appelés à proclamer l’Évangile ? » Les débats s’étant déroulés à huis clos, le Bureau de presse du Saint-Siège a fourni aux médias une synthèse des discussions.

    Le Vatican a indiqué que les cardinaux avaient évoqué des tensions politiques, une fragmentation sociale et une recrudescence de la violence, tant au niveau interpersonnel que dans les conflits internationaux.

    De nombreux cardinaux ont également pointé du doigt le manque de respect envers les minorités religieuses et ethniques, exprimant une inquiétude particulière face à la montée de l'antisémitisme et de l'hostilité envers les chrétiens dans diverses parties du monde.

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    Les cardinaux se réunissent à la basilique Saint-Pierre pour le deuxième consistoire extraordinaire le 26 juin 2026. Les groupes de travail préparatoires au consistoire se sont tenus dans la salle Paul VI du Vatican. | Crédit : Vatican Media

    Les cardinaux participants ont également évoqué l'individualisme extrême, la crise de la famille et la solitude qui touche aussi bien les personnes âgées que les jeunes, et qu'ils considèrent comme une cause de maux encore plus grands, tels que la hausse des suicides et de la consommation de drogues.

    « Dans ce contexte, la question des jeunes a fait l’objet de nombreuses discussions, notamment dans le contexte des crises économiques, financières et du marché du travail », indique la synthèse du Vatican.

    « Au cœur de nombreuses contributions se trouvait une prise de conscience d’un sentiment général de méfiance, de fatalisme et d’impuissance envers les institutions, la démocratie et l’avenir, lié également à la baisse du taux de natalité, à la montée des groupes criminels, à la délinquance juvénile et au trafic de drogue », poursuit le texte.

    « À cet égard, plusieurs groupes ont souligné le rôle de la laïcité, la perte des valeurs transcendantes et spirituelles et la perte du sens de la vie ; ils ont noté que la propagation d'un sentiment de lassitude et l'absence de perspective sur la vérité signifient une incapacité à reconnaître l'altérité et à construire des relations. »

    Plusieurs groupes ont constaté un sentiment généralisé de méfiance envers les institutions, notamment les systèmes démocratiques, associé à un fatalisme croissant quant à la possibilité d'un changement significatif.

    Migration mise en évidence

    Le phénomène migratoire a fait l'objet d'une attention considérable. Tout en reconnaissant les défis qu'il pose, les cardinaux ont souligné la nécessité de réponses humaines et chrétiennes, notamment des politiques d'intégration efficaces et le rejet des attitudes d'exclusion.

    Plusieurs groupes ont observé que les migrants peuvent être une source de renouveau et de bénédiction pour les communautés d'accueil lorsqu'ils sont accueillis de manière appropriée.

    La dégradation de l'environnement, la corruption et les difficultés de la vie dans les grands centres urbains ont également été citées comme contribuant aux difficultés rencontrées par de nombreuses personnes aujourd'hui.

    Le Vatican a indiqué que, dans tous les groupes, il existait une conviction partagée selon laquelle l'Église a un rôle essentiel à jouer pour relever ces défis.

    Les cardinaux ont insisté sur la nécessité pour l’Église de se présenter comme une « mère », une présence accueillante et compatissante, capable de reconnaître ses propres faiblesses tout en offrant guérison et réconciliation. Cela implique un regain d’attention pour la vie paroissiale, considérée comme un lieu privilégié pour le développement de la communauté et la rencontre.

    À l’heure où de nombreuses institutions traversent une crise de crédibilité, les cardinaux ont affirmé que l’Église est appelée à s’exprimer avec autorité morale sur les questions de dignité humaine, de paix et de bien commun. Ils ont suggéré que cette crédibilité s’établit le mieux par la proximité avec ceux qui souffrent.

    Les jeunes ont été décrits comme ayant une soif croissante de l'Évangile. L'Église, ont déclaré les cardinaux, doit les accompagner de près, en leur offrant à la fois conseils et espérance.

    La synthèse du Vatican indique que l’Église « voit en la synodalité une voie providentielle pour l’Église et l’humanité afin de trouver les réponses que le monde recherche ». Elle souligne également que le témoignage de charité, en particulier celui des fidèles laïcs, est un puissant moyen d’évangélisation.

    Les cardinaux ont souligné des signes d'espoir dans la piété populaire, l'éducation et la vie de foi des croyants ordinaires. Même dans les contextes où les chrétiens sont minoritaires, le témoignage de l'Église a été jugé particulièrement significatif, ont-ils affirmé.

    Selon la synthèse du Vatican, les efforts visant à promouvoir le dialogue et la paix, notamment les initiatives œcuméniques et interreligieuses, sont essentiels pour lutter contre la violence et les divisions. La prière est également présentée comme une source fondamentale de force dans ces efforts.

    Bien qu'un tel consistoire de cardinaux ait traditionnellement été l'occasion pour le pape d'écouter les préoccupations de tous les cardinaux, il était absent lors de la session du groupe de travail, ne revenant que plus tard pour s'adresser à l'assemblée après la présentation des rapports du groupe.

    Remerciant les cardinaux pour leurs contributions, il a réaffirmé l'importance du dialogue et de la participation, a indiqué le Vatican.

    Le pape a constaté que la solitude et la souffrance généralisées dans le monde d'aujourd'hui constituent un défi direct pour l'Église. Sa réponse, a-t-il dit, doit être d'inviter tous les hommes à la communion, non seulement en ouvrant les églises et en célébrant les sacrements, mais aussi en créant des occasions et des expériences de rencontre.

    « Si nous ne sommes pas aveugles », a déclaré le pape, « il est vrai qu’il y a tant de souffrance. »

    La séance du 26 juin s'est conclue par la récitation de l'Angélus, et d'autres discussions devaient se poursuivre l'après-midi et le lendemain.

    Au fur et à mesure que le consistoire avance, le Vatican a indiqué qu'il devrait affiner ces réflexions, offrant ainsi des indications plus claires sur la manière dont l'Église, sous le pape Léon XIV, entend gérer ce que de nombreux participants ont décrit comme l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire récente.

    La première session a réuni des cardinaux électeurs et non-électeurs — 178 sur un total de 241 cardinaux.

    Le Vatican a indiqué que, comme prévu, les cardinaux ont été répartis en deux groupes. Le premier comprenait huit groupes – au lieu des neuf initialement prévus – de cardinaux électeurs ordinaires, parmi lesquels des nonces et des cardinaux électeurs (âgés de moins de 80 ans) ayant achevé leur mandat d'ordinaires. Le second groupe était composé de dix groupes – au lieu des onze initialement prévus – regroupant les cardinaux électeurs de la Curie romaine et les cardinaux non électeurs.

    Le Vatican a indiqué qu'à la fin de la première session, les huit intervenants du premier groupe avaient tous partagé leurs réflexions, tandis que seulement quatre des dix intervenants du deuxième groupe avaient fait part des leurs.

    Procédure d'ouverture

    La séance a débuté par le chant du Veni Creator Spiritus , suivi des remarques du cardinal Baltazar Enrique Porras Rueda Aparicio de Bogota, en Colombie, qui présidait la session, et du cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Collège des cardinaux.

    Le pape Léon XIV a ensuite prononcé un discours d'introduction , appelant les prélats réunis à l'aider à discerner la mission de l'Église au milieu des réalités complexes d'aujourd'hui.

    Le cardinal Re, s'exprimant au nom du Collège, a souligné la gravité du moment historique actuel, décrivant un monde façonné simultanément par des progrès technologiques rapides, notamment l'intelligence artificielle, et une érosion inquiétante des fondements moraux et éthiques.

    Il a salué la récente encyclique du pape Léon XIII, Magnifica Humanitas , comme un « phare dans la nuit » abordant les défis contemporains tout en restant ancrée dans la doctrine sociale de l'Église.

    Les cardinaux se sont ensuite tournés vers une méditation biblique proposée par le cardinal polonais Grzegorz Ryś, archevêque de Cracovie, qui a présenté la parabole du Bon Samaritain comme une clé pour comprendre le monde moderne.

    Plutôt que de considérer le monde comme un concept abstrait, le cardinal Ryś a insisté sur la nécessité de réfléchir à l’expérience humaine concrète, symbolisée par l’homme blessé dans le récit de l’Évangile.

    Il a identifié plusieurs caractéristiques marquantes de l'humanité contemporaine : l'exposition à la violence, la perte de dignité, de profondes blessures personnelles et sociétales et, surtout, une solitude omniprésente. « Les gens sont aujourd'hui submergés par un tsunami de solitude », a-t-il constaté, reprenant des réflexions entendues lors du Synode sur la synodalité.

    Le cardinal Ryś a également évoqué ce qu'il a décrit comme une « descente » spirituelle dans les sociétés sécularisées, de plus en plus détachées de la transcendance.

    Pourtant, à côté de cette figure blessée, il a mis en lumière l'exemple du Samaritain — un marginal qui fait preuve de compassion, de proximité et d'amour sacrificiel — comme modèle pour l'engagement de l'Église dans le monde.

    Le Vatican a indiqué que sa réflexion avait été suivie d'une longue période de prière silencieuse, après quoi les cardinaux ont entamé des discussions au sein de leurs groupes de travail respectifs.

  • L'envoyée spéciale de l'ONU affirme que le Nigeria souffre à cause de l'islam radical et de la corruption politique

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    De Ngala Killian Chimtom sur le CWR :

    L'envoyée spéciale de l'ONU affirme que le Nigeria souffre à cause de l'islam radical et de la corruption politique.

    Nazila Ghanea rapporte que la liberté religieuse est systématiquement étouffée dans ce pays africain par des terroristes et des dirigeants politiques qui instrumentalisent la religion à des fins de « pouvoir, de politique et de richesse ».

    Yaoundé : La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction, Nazila Ghanea, a dressé un constat alarmant de la liberté de religion au Nigéria, affirmant que le droit fondamental à la liberté de religion ou de conviction est systématiquement étouffé par l'instrumentalisation de la religion.

    « Cette visite officielle dans le pays visait à explorer comment la liberté de pensée, de conscience et de religion (liberté de religion ou de conviction) interagit avec les réalités des droits de l’homme sur le terrain dans ce vaste territoire », a déclaré Mme Ghanea dans son observation préliminaire.

    Elle a déclaré que lors de réunions avec diverses parties prenantes, notamment les autorités fédérales et étatiques d'Abuja, de Plateau et de Kano, les discussions concernant la liberté de religion ou de conviction ont été immédiatement et largement éclipsées par de vives inquiétudes concernant la violence généralisée.

    Le Nigeria est ravagé par une violence généralisée depuis des décennies, notamment par des organisations terroristes comme le groupe militant islamiste Boko Haram, qui cherche à établir un califat au Sahel. Selon les chiffres de l'ONG d'inspiration catholique International Society for Civil Liberties and the Rule of Law, il pourrait exister jusqu'à 22 organisations terroristes de ce type au Nigeria.

    Selon le rapporteur de l'ONU, les communautés rurales de certaines régions subissent un cycle dévastateur de violences de masse, de meurtres et d'incendies criminels, perpétrés dans la grande majorité des cas en toute impunité. Chassés de leurs foyers par ces attaques, les survivants sont souvent contraints de se réfugier dans des camps de déplacés où ils perdent leurs moyens de subsistance et leurs perspectives agricoles.

    Bien que ces communautés terrorisées soient majoritairement chrétiennes, Ghanea souligne que cette perte tragique de vies humaines et de dignité est une tragédie universelle qui transcende toutes les clivages religieux, ethniques et idéologiques.

    Cette crise humanitaire est aggravée par le ciblage incessant de l'éducation, comme en témoignent les enlèvements répétés d'écoliers que les autorités traitent ou empêchent rarement.

    « L’intervention des autorités conduit parfois à la libération d’un petit nombre d’écoliers, souvent après une longue et douloureuse attente », a-t-elle déclaré.

    Ensemble, ces défaillances systémiques constituent une atteinte profonde et généralisée aux droits fondamentaux de l'homme et de l'enfant.

    Bien que les chiffres exacts soient difficiles à obtenir, car de nombreux meurtres ne sont pas signalés, les données d'Intersociety suggèrent qu'au cours des 14 années précédant 2023, au moins 52 250 chrétiens ont péri dans les violences persistantes. Dans un rapport actualisé publié cette année, l'organisation indique qu'entre juillet 2009 et mars 2026, 190 150 Nigérians ont été tués par des bandits, des insurgés de Boko Haram et des éleveurs armés présumés. Ce total comprend environ 128 750 chrétiens et 61 400 musulmans modérés.

    La rapporteuse de l'ONU a cité des témoignages de victimes de l'aggravation des violences au Nigéria, chaque témoignage faisant état de souffrances indicibles.

    « Une victime a raconté avoir été déplacée six fois au cours des dix dernières années, devant à chaque fois tout recommencer et se déplacer de champ en champ, de champ en camp, puis de nouveau à champ, pour ensuite assister au meurtre de membres de sa famille et de voisins proches avant d'être contrainte de se reloger dans des conditions encore plus précaires. Une autre a témoigné que trois membres de sa famille avaient été pris pour cibles », a-t-elle raconté.

    Ghanea a décrit en détail des réalités horribles au niveau des villages, où des innocents sont tués ou déplacés de façon répétée.

    Ce qui demeure incontestable, c'est que, dans certains villages et hameaux du pays, des dizaines d'innocents subissent régulièrement des meurtres, des violences de masse et la destruction totale de leurs moyens de subsistance, sans que justice soit rendue. Parmi les cas les plus horribles, on compte des incendies criminels de grande ampleur qui ont ravagé des communautés entières, les survivants étant contraints de se réfugier dans des camps de personnes déplacées, sans espoir de retour, incapables de cultiver la terre, de gagner leur vie et de subvenir aux besoins de leurs familles.

    La violence est si horrible que, dans certains cas, les villageois doivent signer de « sinistres accords de paix » avec leurs agresseurs.

    « Dans d’autres cas, les communautés rurales sont contraintes de conclure des “accords de paix” avec les bandits – leur attribuant des champs, leur accordant les revenus des récoltes d’autres champs et “prenant toutes les femmes qu’ils veulent” du hameau », a déclaré l’envoyé de l’ONU.

    Dans son rapport préliminaire publié vendredi, Ghanea a déclaré que les discussions sur la liberté de religion ou de conviction au Nigéria « suscitent de vives inquiétudes quant à l’insécurité, la violence et les conflits qui se sont répandus dans tout le pays et ont généré une forte inquiétude, bien qu’à des degrés et pour des raisons différents ».

    « Ces fléaux comprennent les actes terroristes, les violences de gangs et les incursions de bandits, l’accaparement des terres entraînant des déplacements massifs de population, les conflits armés et le vol de bétail, les prises d’otages et les incendies criminels, la destruction de lieux saints et d’écoles, les enlèvements à grande échelle dans les zones reculées et les troubles civils liés aux manifestations et aux grèves, la destruction des terres agricoles irriguées et de villages entiers, ainsi que la destruction des moyens de subsistance, à travers des cycles sans fin de menaces, de peur et de mort dans des régions de plus en plus vastes du pays. »

    Elle a révélé qu'au lieu de constituer une liberté individuelle protégée, la religion au Nigéria s'est désormais transformée en un « principe organisateur » extrêmement vulnérable, exploité par les politiciens pour acheter de l'influence depuis les chaires et par les groupes armés pour justifier des violences horribles, des déplacements massifs de population et des lynchages.

    Ghanea a expliqué que l’instrumentalisation de la religion est structurellement ancrée à tous les niveaux de la société ; depuis les formulaires administratifs qui contraignent les citoyens à déclarer leur foi, jusqu’aux dispositions pénales de la charia et du blasphème au niveau de l’État que les autorités locales défendent ouvertement en insistant sur la « moralité avant la légalité ».

    Elle a imputé l'aggravation des violences et la destruction des moyens de subsistance au manque de responsabilité du gouvernement.

    « L’impunité et le manque de responsabilité auraient enraciné ces cycles de peur et de violence et favorisé leur propagation », a-t-elle déclaré, soulignant que ce qui était autrefois contenu dans des régions spécifiques s’est maintenant étendu à une grande partie du pays, principalement en dehors des zones urbaines.

    L’envoyée de l’ONU a déclaré que tenter d’expliquer la situation nigériane comme un simple conflit entre le « nord majoritairement musulman et le sud chrétien » passe complètement à côté du problème, et que cela restreint les libertés individuelles et rend la nation très vulnérable à l’instrumentalisation de la religion.

    « Cela éloigne la notion de « religion » du droit fondamental à la liberté de religion ou de conviction… Il est également rapporté que les formulaires de demande de passeport nigérian et de numéro d’identification national (NIN) comportaient auparavant un champ relatif à la religion, mais que celui-ci a été supprimé conformément aux normes internationales », a-t-elle indiqué, laissant entendre que d’autres formulaires devraient suivre le même chemin.

    Selon elle, nombre de ses interlocuteurs se résignaient au fait que les politiciens à tous les niveaux chercheraient à « acheter de l’influence » auprès des prédicateurs religieux, instrumentalisant ainsi la religion à des fins de « pouvoir, de politique et de richesse ».

    La Rapporteuse spéciale a également souligné de profondes tensions juridiques entre la Constitution fédérale du Nigéria et les lois des États, notamment en ce qui concerne les sanctions pénales et le blasphème introduits dans les États du nord au début des années 2000. Elle a relevé la contestation observée dans l'État de Kano suite à une décision historique de la Cour de justice de la CEDEAO en avril 2025 contre les lois sur le blasphème, certaines autorités de l'État affirmant que les décisions ne sont pas contraignantes et défendant les lois au nom de « notre culture » et de la « morale plutôt que de la légalité ».

    Le Ghana s'est fermement opposé à cette fragmentation des droits, reprenant les arguments des experts juridiques qui considèrent de telles lois étatiques comme une violation directe de la disposition constitutionnelle selon laquelle le gouvernement ne peut adopter aucune religion comme religion d'État.

    « Un interlocuteur a insisté sur le fait qu’il fallait “élever la constitution” », a rapporté Ghanea.

    Malgré ce constat alarmant, Ghanea a salué le « dynamisme et la franchise des acteurs de la société civile nigériane », soulignant que le pays possède l'expertise, la jeunesse inspirante et les initiatives de consolidation de la paix menées par les communautés, autant d'éléments nécessaires pour garantir l'égalité des droits pour tous. Elle a toutefois conclu : « Le chemin est encore long avant que cet objectif ne soit atteint. »

    Son rapport complet et ses recommandations seront présentés au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies en mars 2027.


    Ngala Killian Chimtom est un journaliste camerounais fort de onze années d'expérience. Il travaille actuellement comme reporter et présentateur pour la Radio Télévision Camerounaise (radio et télévision). Chimtom collabore également avec plusieurs médias, dont IPS, Ooskanews, Free Speech Radio News, Christian Science Monitor, CAJNews Africa, CAJNews, CNN.com et Dpa.
  • Des terroristes ont tué neuf chrétiens et en ont blessé onze dans le nord du Nigeria

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    De Christian Daily International :

    Des terroristes ont tué neuf chrétiens et en ont blessé onze dans le nord du Nigeria


    Des éleveurs peuls présumés ont tué neuf chrétiens et en ont blessé onze autres lors d'une attaque nocturne survenue le 16 juin dans l'État de Kaduna, au Nigeria, ont déclaré des habitants de la région.

    Les assaillants ont attaqué le village d'Angwa Magaji, dans le quartier de Kamaru, dans le comté de Kauru, dans la partie sud de l'État, a déclaré Barnabas Chawai.

    Le révérend Mark Bisan, prêtre de l'église catholique Sainte-Monique de la région, a déclaré que les victimes étaient des membres de sa paroisse et a décrit les assaillants comme des « bandits armés peuls présumés ».

    « Les bergers ont envahi la communauté à 22 heures, tuant neuf chrétiens et en blessant onze autres », a-t-il déclaré.

    D'après l'Instruction publique mondiale 2026 de Portes Ouvertes, le Nigéria a enregistré le plus grand nombre de chrétiens tués dans le monde entre le 1er octobre 2024 et le 30 septembre 2025. Sur les 4 849 chrétiens tués en raison de leur foi durant cette période, 3 490 (soit 72 %) étaient Nigérians, contre 3 100 l'année précédente. Le Nigéria figure au 7e rang de cette liste des 50 pays où il est le plus difficile d'être chrétien.

    Les Peuls, qui se comptent par millions au Nigeria et au Sahel, sont majoritairement musulmans et comprennent des centaines de clans de lignées très diverses qui ne partagent pas de points de vue extrémistes, mais certains Peuls adhèrent à une idéologie islamiste radicale, comme l'a noté le Groupe parlementaire multipartite du Royaume-Uni pour la liberté ou la croyance internationale (APPG) dans un  rapport de 2020 .

    « Ils adoptent une stratégie comparable à celle de Boko Haram et de l’ISWAP et manifestent une intention claire de cibler les chrétiens et les symboles forts de l’identité chrétienne », indique le rapport du Groupe parlementaire multipartite.

    Des responsables chrétiens du Nigeria ont déclaré croire que les attaques de bergers contre les communautés chrétiennes de la région centrale du pays sont motivées par leur désir de s'emparer par la force des terres chrétiennes et d'imposer l'islam, la désertification rendant difficile l'entretien de leurs troupeaux.

    Dans la zone centre-nord du pays, où les chrétiens sont plus nombreux que dans le nord-est et le nord-ouest, des milices extrémistes peules islamistes attaquent des communautés agricoles, faisant des centaines de victimes, principalement des chrétiens, selon le rapport. Des groupes djihadistes tels que Boko Haram et le groupe dissident État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), entre autres, sont également actifs dans les États du nord du pays, où le contrôle du gouvernement fédéral est limité et où les chrétiens et leurs communautés continuent d'être la cible de raids, de violences sexuelles et d'assassinats lors de barrages routiers, toujours selon le rapport. Les enlèvements contre rançon ont considérablement augmenté ces dernières années.

    Les violences se sont étendues aux États du sud, et un nouveau groupe terroriste djihadiste, Lakurawa, a émergé dans le nord-ouest, doté d'armements sophistiqués et prônant un programme islamiste radical, comme l'a indiqué WWL. Lakurawa est affilié à Jama'a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), une insurrection expansionniste d'Al-Qaïda originaire du Mali.

    Articles connexes

  • « Providentiel » : L’évêque Hansen à propos du nouveau sanctuaire d’Oslo dédié aux chrétiens persécutés

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    De Luke Coppen sur le Pillar :

    « Providentiel » : L’évêque Hansen à propos du nouveau sanctuaire d’Oslo dédié aux chrétiens persécutés

    Hansen a reçu une proposition pour établir le sanctuaire en 2025, quelques mois après avoir été consacré évêque d'Oslo, à la suite d'une carrière diplomatique au Vatican.

    L'évêque Fredrik Hansen bénit l'icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l'église Saint-Jean d'Oslo, en Norvège, le 20 juin 2026. Crédit : Marta Wade/Diocèse d'Oslo.

    À première vue, ces deux événements, distants de milliers de kilomètres, pourraient sembler sans lien. Le père Youhanna Al-Amin a été assassiné le 19 juin, apparemment en représailles à sa dénonciation du vol de médicaments destinés à la population locale. Hansen a inauguré le sanctuaire dédié à Marie, Mère des chrétiens persécutés, le 20 juin à l'église Saint-Jean, dans le quartier de Bredtvet à Oslo.

    Pourtant, au sein de la communion de l'Église, tout est lié. Le but de ce nouveau sanctuaire est d'offrir aux catholiques un lieu où prier ensemble pour les prêtres et les laïcs confrontés à des dangers semblables à ceux qu'a connus le père Youhanna.

    Hansen a reçu une proposition pour la création du sanctuaire en août 2025, sept mois après sa consécration comme évêque d'Oslo, à la suite d'une carrière diplomatique au Vatican. L'idée venait du père Benedict Kiely, prêtre anglais de l'Ordinariat personnel Notre-Dame de Walsingham, qui dirige Nasarean.org , une organisation caritative soutenant les chrétiens persécutés.

    Dans le cadre de sa mission, Kiely invite les évêques du monde entier à installer des sanctuaires abritant une icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés. Cette icône d' Éléuse porte une inscription en araméen, la langue parlée par Jésus, dans son coin supérieur gauche : « Marie, Mère des chrétiens persécutés ». Parmi les lieux où se trouvent ces sanctuaires, citons New York, Londres et Stockholm , ainsi qu'Astana au Kazakhstan et Qaraqosh en Irak.

    Ces sanctuaires attirent l'attention sur les quelque 338 millions de chrétiens persécutés dans le monde et encouragent la prière à leur sujet .

    La Norvège peut sembler un lieu surprenant pour un sanctuaire catholique dédié aux chrétiens persécutés. Pourtant, la communauté catholique norvégienne, en pleine expansion, rassemble des personnes originaires de plus de 180 pays , dont certaines ont vécu personnellement la persécution dans leur pays d'origine.

    Dans une interview par courriel à la veille de l'inauguration, l'évêque Hansen a évoqué sa propre prise de conscience de l'ampleur de la persécution antichrétienne, les raisons qui l'ont poussé à créer ce nouveau sanctuaire et ses espoirs pour son avenir.


    Pour une expérience optimale, ouvrez la carte dans une nouvelle fenêtre .


    Quand avez-vous pris conscience pour la première fois de l'ampleur de la persécution des chrétiens dans le monde ?

    Il y a dix ans, j'étais en poste comme diplomate pontifical à Vienne, en Autriche, au sein de la mission du Saint-Siège auprès de plusieurs organisations internationales. Dans l'une de ces organisations, le volet relatif aux droits de l'homme comprenait le travail sur l'intolérance et la discrimination à l'encontre des chrétiens dans l'hémisphère nord.

    Aux Nations Unies et ailleurs, les atrocités horribles commises par Daech, y compris contre des chrétiens, étaient de plus en plus mises en lumière. Il était facile de conclure que la colère et la haine dirigées contre les disciples de Jésus-Christ étaient une réalité mondiale.

    Pourquoi avez-vous accepté l'invitation à fonder un sanctuaire dédié à Marie, Mère des chrétiens persécutés, dans le diocèse d'Oslo ,

    Je crois qu'il est nécessaire de porter une attention beaucoup plus grande à la situation difficile des chrétiens persécutés et à notre obligation commune de prier pour eux et de les soutenir.

    Je considère comme providentiel que, juste au moment où je commençais mon ministère épiscopal et que je me penchais sur les priorités de notre diocèse, l'offre de l'icône et l'idée d'un sanctuaire m'aient été présentées.

    Icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l'église Saint-Jean d'Oslo, en Norvège. Crédit : Marta Wade/Diocèse d'Oslo.

    Pourquoi avoir choisi l' église Saint-Jean de Bredtvet, à Oslo, comme emplacement du nouveau sanctuaire ?

    Pour deux raisons : premièrement, il s’agit de la plus grande église catholique de la ville d’Oslo et elle assurera donc l’importance du sanctuaire.

    Deuxièmement, un nombre important de fidèles de la paroisse sont originaires de pays où le souvenir de l'intolérance ou de la persécution est fort, comme la Pologne, la Lituanie et le Vietnam, ou de pays où les chrétiens subissent aujourd'hui des violences et des persécutions, notamment le Nigéria, le Myanmar et l'Inde.

    Pourquoi pensez-vous que, outre le soutien matériel et le plaidoyer, la prière pour les chrétiens persécutés est importante ?

    Notre Seigneur a dit : « Demandez, et l’on vous donnera » ( Matthieu 7,7 ). Présenter à Dieu nos frères et sœurs souffrants et implorer son aide est donc une expression de notre foi et un acte concret de solidarité. Cela nous rappelle aussi la nécessité d’en faire davantage, notamment par un soutien matériel et un plaidoyer public.

    L’évêque Hansen inaugure le sanctuaire de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l’église Saint-Jean. Crédit : Marta Wade/Diocèse d’Oslo.

    Avez-vous déjà rencontré des chrétiens persécutés ? Si oui, qu’est-ce qui vous a marqué chez eux ?

    Lors de mes visites dans nos paroisses, j'ai rencontré de nombreuses personnes touchées par la persécution, que ce soit personnellement, par l'intermédiaire de leurs familles ou de leurs communautés. Mes prêtres font part d'expériences similaires.

    Ce qui me frappe, c'est la joie et l'espoir qu'ils semblent tous partager. Malgré l'horreur qu'ils ont vue ou qui les a touchés de si près, ces deux caractéristiques chrétiennes si fondamentales – la joie et l'espérance – sont prédominantes. Quel témoignage ils nous donnent !

    Quel rôle espérez-vous que le sanctuaire jouera au sein du diocèse d'Oslo ?

    J'espère que ce sanctuaire renforcera l'action collective de notre Église locale en faveur des chrétiens qui souffrent pour leur foi.

    À l'occasion de son inauguration ce week-end, nous avons organisé des conférences et des présentations, ainsi que des réunions de planification – notamment avec nos partenaires – afin de définir les actions futures. Tout cela sera soutenu par les prières au sanctuaire – pour les années à venir.

  • La conversion de JD Vance

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    De Maximilien Lutz sur le Tagespost :

    La conversion de JD Vance

    Dans « Communion », le vice-président américain relate sa conversion au catholicisme. Ce livre est aussi un manifeste politique. Que révèle-t-il sur Vance, sa vision du monde et ses ambitions politiques ? Et quel lien peut-on établir entre un verre à vin brisé et le destin ?

    22 juin 2026

    Août 2018 : JD Vance se sentait de plus en plus attiré par la foi catholique, mais les doutes des années précédentes ne l’avaient pas encore totalement dissipé. Les graves affaires d’abus sexuels qui avaient secoué l’Église américaine cette année-là l’avaient particulièrement marqué. Puis, lors d’un voyage en Europe avec sa femme Usha et leur jeune fils, il vécut une sorte de révélation spirituelle : dans une cathédrale vide en Bourgogne, il fut saisi par un profond sentiment d’appartenance et d’espoir : « Cette église, dans un pays étranger, où ma famille et moi étions les seuls visiteurs, me semblait m’appartenir. Je lui devais quelque chose, tout comme elle me devait quelque chose. » Peu importaient les gros titres négatifs et le déclin du christianisme dans de nombreux endroits : « Si le Titanic coule, je préfère être à bord que de monter dans un canot de sauvetage. » Suite à cette expérience, il décida de se faire baptiser pour la première fois.

    JD Vance : Communion. Retrouver le chemin de la foi.

    Vance relate cet épisode dans son nouveau livre, « Communion : Retrouver la foi ». Cet ouvrage très attendu du vice-président américain, actuellement disponible uniquement en anglais, fait d'une pierre deux coups : autobiographie à thématique religieuse, il raconte la conversion du numéro deux des États-Unis. Parallèlement, « Communion » est aussi un manifeste politique. Ce livre apporte de nouvelles pièces au puzzle de cet homme politique qui pourrait bientôt viser des fonctions plus importantes. Car Vance est considéré comme un successeur potentiel de Donald Trump.

    La conversion politique et la conversion religieuse sont inextricablement liées.

    Le livre de Vance arrive à point nommé à plusieurs égards : depuis un an, un Américain, Léon XIV, occupe le trône pontifical et jouit d’une popularité bien supérieure dans son pays que son prédécesseur, François. Par ailleurs, l’intérêt pour la foi catholique s’accroît aux États-Unis : les jeunes adultes, notamment, se font baptiser – même si cette tendance n’a pas encore enrayé le déclin général du nombre de fidèles. En outre, les critiques à l’égard de l’administration Trump se sont récemment intensifiées au sein des milieux chrétiens conservateurs américains. Le livre de Vance s’inscrit donc dans cet intérêt grandissant pour le catholicisme, mais peut aussi être interprété comme un message adressé à l’électorat traditionnel, qui n’est plus entièrement satisfait : « Voyez, nous pensons toujours de la même manière. »

    Lorsque JD Vance a accédé à la notoriété publique, il ne partageait pas encore les idées du camp MAGA alors naissant. Dans son autobiographie à succès de 2016, « Hillbilly Elegy », une étude concise de la classe ouvrière marginalisée de la Rust Belt américaine, Vance se présentait comme un critique conservateur de Trump. Depuis, Vance, aujourd'hui âgé de 41 ans, a opéré une conversion politique. Depuis son élection victorieuse au Sénat dans l'Ohio en 2022, il est considéré comme une figure importante du camp Trump. Ce changement politique a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. Ses détracteurs l'accusent d'opportunisme. Le vice-président américain aborde ouvertement ce sujet dans « Communion » : pour ses critiques, cette conversion politique n'était qu'une « manœuvre cynique » pour accéder au pouvoir. « Je doute de jamais pouvoir les faire changer d'avis. »

    Lire la suite

  • Israël combat pour sa survie, mais le monde presqu'entier leur est hostile. Une enquête dans 36 pays

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Israël combat pour sa survie, mais le monde presqu'entier leur est hostile. Une enquête dans 36 pays

    Il y avait, un grand absent la semaine dernière, à l’occasion de la signature de l’accord préliminaire entre l’Iran et les États-Unis : Israël. Ce dernier n’a pas pour autant déposé les armes contre l’Iran ni contre son “proxy” libanais, le Hezbollah, mais dans le même temps, il semble avoir perdu la bataille de l’image dans le monde.

    Depuis l’an dernier, et sur tous les continents, les opinions sur Israël sont en berne. C’est ce que confirme le Pew Research Center de Washington, qui a réalisé entre février et mai une enquête parallèle dans 36 pays d’Europe, d’Asie, d’Afrique, des Amériques et d’Australie, et qui a comparé les chiffres avec une enquête similaire réalisée en 2025.

    Sur 36 pays, seuls 4 d’entre eux ont un nombre d’opinions positives supérieur aux opinions négatives sur Israël : l’Inde, le Kenya, le Nigéria et le Ghana. Mais là encore, les chiffres témoignent d’une forte inversion de tendance. Au Nigéria, par exemple, en 2025, 59% des personnes interrogées avaient une opinion positive, contre 32% d’opinions négatives. Mais aujourd’hui, les opinions positives sont tombées à 47% et les négatives ont grimpé à 41%.

    Comme on pouvait s’y attendre, les opinions négatives sont écrasantes dans les pays à population musulmane. C’est d’ailleurs la Turquie qui remporte la palme, avec 97% d’opinions négatives (presque toutes “très négatives”) et à peine 1% de positives.

    En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, l’écart est immense : 85% contre 4%. Et il l’est encore tout autant, sinon davantage, au Pakistan, 95% contre 3%, en Malaisie, 89% contre 11%, en Indonésie, 86% contre 13% ou encore au Bangladesh, 79% contre 13%.

    En Europe également, Israël recueille des opinions principalement négatives. En Espagne, en Suède, aux Pays-Bas et en Italie, les opinions défavorables dépassent les 75% des personnes interrogées, contre seulement 17% à 21% d'opinions favorables. Suivent, de peu, l'Allemagne, la Pologne, le Royaume-Uni, la France et la Grèce, qui affichent tous des jugements négatifs compris entre 65% et 73%. Le seul pays européen qui semble un peu plus bienveillant à l'égard d'Israël est la Hongrie, mais même là, les avis défavorables atteignent 54%, contre 32% d'avis favorables.

    Le Japon, avec 83% d’opinions négatives contre 13%, l'Australie, 79% contre 19%, Singapour, 72% contre 28%, la Corée du Sud, 70% contre 27%, et les Philippines, 64% contre 32%, égalent l'Europe en matière d'écart entre jugements positifs et négatifs.

    De son côté, l'Amérique latine se situe un cran en dessous, avec des opinions défavorables comprises entre 50% et 60% et des opinions favorables entre 22% et 33% au Chili, au Mexique, en Colombie, en Argentine, au Brésil et au Pérou.

    Il en va de même en Afrique du Sud, où les opinions négatives atteignent 58% contre 27% d'avis positifs, ainsi qu'au Canada, avec 65% contre 28%.

    Et aux États-Unis ? Ici, les opinions défavorables s'élèvent à 60% et les favorables à 37% (avec 3% d'abstention). Toutefois, on observe un écart très marqué entre les personnes se déclarant de droite et celles de gauche. Parmi ces dernières, 83% jugent Israël négativement, tandis que parmi les personnes de droite, les avis défavorables ne sont que de 37%.

    Un écart analogue entre la droite et la gauche apparaît également dans de nombreux autres pays. En Australie, en Suède et en Espagne, entre 94% et 96% des personnes se déclarant de gauche jugent Israël défavorablement. Aux Pays-Bas et en Grèce, ce chiffre est de 90%, en Italie de 88%, en France de 86% et en Allemagne de 85%.

    En tout cas, dans tous les pays — 24 sur 36 — où la comparaison avec 2025 a été possible, les opinions négatives sur Israël ont nettement augmenté.

    En Italie, par exemple, il y a un an, les opinions négatives étaient de 66% contre 29% d'opinions positives, alors qu'aujourd'hui, les opinions négatives ont grimpé à 75% et les positives ont chuté à 21%. Avec une précision : si l'on isole les opinions "très négatives" et les "très positives", les premières ont bondi de 37% à 48%, tandis que les secondes, déjà très faibles, se sont effondrées de 7% à 3%.

    Si l'on se concentre ensuite, comme l'a fait le Pew Research Center, sur les opinions exprimées non pas sur Israël mais sur son Premier ministre Benjamin Netanyahu, plus de la moitié des personnes interrogées expriment une opinion totalement négative sur la qualité de sa politique internationale. C'est ce qui ressort en Australie, au Bangladesh, au Canada, en France, en Allemagne, en Grèce, en Indonésie, en Italie, en Malaisie, aux Pays-Bas, au Pakistan, au Royaume-Uni, en Espagne, en Suède, en Turquie, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Ici aussi, avec une présence plus marquée d'opinions négatives chez les plus jeunes et chez ceux qui se déclarent de gauche. Et avec une augmentation des opinions négatives entre 2025 et cette année dans 13 des 24 pays où la comparaison est possible, dont l'Italie, l'Allemagne et les États-Unis.

    Il n’y a que deux pays dans lesquels un peu plus de la moitié des personnes interrogées ont exprimé leur confiance à Netanyahu : le Kenya et les Philippines.

    Dans une autre enquête publiée fin mai et limitée aux États-Unis, le Pew Research Center a en outre cherché à vérifier dans quelle mesure les fidèles de diverses confessions qui participent régulièrement aux offices religieux ont récemment entendu de la part de leurs pasteurs des commentaires sur des questions politiques et sociales d'actualité.

    Parmi les questions faisant l’objet du sondage, on retrouvait notamment Israël et la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran. Entre un quart et un tiers des personnes interrogées ont répondu par l'affirmative, indiquant avoir entendu des commentaires sur ces sujets.

    Les protestants évangélisques ont déclaré que leurs pasteurs, quand ils parlaient d’Israël, ont presque toujours eu des discours de soutien, avec très peu d’interventions contraires.

    Et chez les catholiques, on a entendu plus d’interventions de soutien à Israël ou de neutralité que de condamnations.

    En revanche, concernant la guerre des États-Unis contre l'Iran, ceux qui en ont entendu parler en chaire ont déclaré avoir entendu principalement des commentaires critiques.

    Par exemple, sur les 30% de catholiques qui ont entendu aborder le sujet, à peine un sur dix déclare avoir entendu des opinions favorables à cette guerre. Les autres interventions étaient pour la plupart opposées ou neutres.

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Pour l'Occident et pour la démocratie : le malentendu concernant la « guerre juste »

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    Pour l'Occident et pour la démocratie : le malentendu concernant la « guerre juste »

    Le pacifisme radical se manifeste de façon paradoxale chez certains catholiques qui justifient les guerres de gouvernements « amis ». L’erreur consiste à confondre les visions géopolitiques du monde avec la doctrine sociale de l’Église, qui peut certes avoir du mérite, mais n’a pas pour but de rétablir l’ordre voulu par Dieu. Il y a également une incompréhension des concepts d’Occident et de démocratie.
    20/06/2026

    Dans l'article précédent, nous avons critiqué le pacifisme radical qui s'est répandu dans de nombreux milieux de l'Église, allant jusqu'à nier ce que le Catéchisme lui-même définit comme une « guerre juste », comprise comme une légitime défense. Mais parmi les catholiques, on observe aussi le radicalisme inverse : certains étendent les quatre conditions de la légitime défense énoncées par le Catéchisme jusqu'à justifier toute guerre, en la dissimulant sous des intentions louables.

    La principale erreur consiste à confondre l'Évangile ou la doctrine sociale de l'Église avec des idéologies ou des visions géopolitiques du monde. Celles-ci sont légitimes, respectables et peuvent, à certains égards, coïncider avec une vision catholique, mais elles sont essentiellement motivées par des préoccupations autres que le rétablissement de l'ordre naturel voulu par Dieu.

    Un exemple classique en est la justification invoquée au nom de la défense d'un Occident prétendument chrétien. Une discussion distincte serait nécessaire pour clarifier ce qu'est l'Occident – ​​ce que La Bussola a déjà fait  ici et ici – mais il suffit de comprendre qu'aujourd'hui, les classes politiques et culturelles dominantes en Europe et aux États-Unis s'opposent à ce que devrait véritablement être l'Occident, à savoir « une civilisation dans laquelle le christianisme a synthétisé et purifié la philosophie grecque et le droit romain », comme nous l'avons déjà écrit. Cela conduit non seulement à la promotion d'intérêts et de valeurs antichrétiens en général et anticatholiques en particulier, mais aussi à la tentative d'exclure l'Église de la sphère publique, favorisant paradoxalement des cultures et des religions qui visent la destruction de l'Occident en tant que tel. La Bussola dispose de nombreux articles documentant cette tendance.

    Cela ne signifie pas que nous devions applaudir – comme le font malheureusement nombre de catholiques – les régimes violents et criminels qui entrent régulièrement en conflit avec l'Europe et les États-Unis. Mais nous devons reconnaître, en toute lucidité, que les enjeux de la politique internationale de nos pays ont très peu à voir avec la doctrine sociale de l'Église. Pour donner un exemple concret : nous avons vivement critiqué l'intervention militaire américaine et israélienne contre l'Iran, mais cela ne signifie pas que nous devions nous réjouir du renforcement du régime sanguinaire des ayatollahs que cette guerre a engendré.

    Une autre justification douteuse de l'intervention militaire est celle d'une prétendue guerre mondiale entre démocraties et dictatures, qui peut être interprétée comme la base de conflits majeurs en cours, de l'Ukraine au Moyen-Orient, en passant par les tensions dans la région Asie-Pacifique.

    Là encore, il nous faut d’abord comprendre le concept de démocratie qui, même chez les catholiques, est souvent idéalisé sans que l’on s’interroge sur les fondements sur lesquels il est censé reposer. Or, saint Jean-Paul II, dans son encyclique Centesimus Annus (1991), avait déjà mis en garde contre la dérive vers laquelle nos sociétés se dirigent, celle du renoncement à la vérité : « S’il n’y a pas de vérité ultime pour guider et orienter l’action politique, alors les idées et les convictions peuvent facilement être instrumentalisées à des fins de pouvoir. Une démocratie sans valeurs se transforme aisément en totalitarisme ouvert ou insidieux, comme l’histoire le démontre » (n° 46).

    Mais même en admettant une distinction politique entre démocraties et dictatures (ou régimes autoritaires), distinction qui existe bel et bien, il est clair que l'idée d'une guerre mondiale « démocraties contre dictatures » ne résiste pas à l'épreuve des faits : pour être précis, les alliés des États-Unis dans la guerre contre l'Iran sont des régimes dictatoriaux au Moyen-Orient ; de plus, la Turquie, membre de l'OTAN, est un régime autoritaire qui n'a rien à envier à la Russie tant décriée de Poutine. Sans parler du soutien, ou du moins de la tolérance, dont bénéficient les régimes despotiques qui servent les intérêts occidentaux.

    Très souvent, l'argument de la libération des peuples de régimes violents sert à justifier une intervention armée , frôlant presque l'ingérence humanitaire évoquée dans l'article précédent. En réalité, il faut reconnaître que l'oppression subie par les peuples est cyniquement exploitée pour servir des intérêts qui n'ont que peu à voir avec la liberté. Le cas du Venezuela, « libéré » par Maduro, est exemplaire : le simple fait que le régime ait accepté d'être « domestiqué » a suffi à assurer sa survie. De même, les soulèvements populaires en Iran ont été salués et encouragés car ils étaient perçus comme un moyen d'éliminer un régime indésirable pour les intérêts israélo-américains, et non l'inverse.

    L’exhortation de Jésus à ses disciples reste toujours d’actualité : « Vous savez que ceux qui sont considérés comme les chefs des nations les dominent, et que leurs grands exercent leur autorité sur elles. Il n’en sera pas ainsi parmi vous » (Marc 10, 42-43). Cela signifie qu’en matière de relations internationales, les intérêts nationaux et les rapports de force ne prévalent pas toujours, mais que les véritables intérêts en jeu doivent être pris en compte si l’on souhaite contribuer, par ses décisions et ses actions politiques, au rétablissement de l’ordre voulu par Dieu.
    Il ne faut jamais oublier que les guerres ne surgissent pas soudainement, mais sont l’aboutissement de longs processus qui, à un certain moment, mènent à un conflit armé. Par exemple, il est clair que la guerre en Ukraine n’a pas commencé brutalement avec l’invasion russe du 24 février 2022, ni avec le soulèvement de Maïdan en 2014. De toute façon, même les gouvernements occidentaux auraient eu largement le temps de tenter de concilier les intérêts divergents.

    C’est pourquoi, plutôt que de discuter d’une « guerre juste », il serait plus important de discuter de la manière d’empêcher que les conflits entre nations ou au sein de celles-ci ne dégénèrent en tragédie de guerre.

    Nous en revenons donc aux critères établis par le Catéchisme pour juger de la légitime défense comme « juste », à commencer par le fait qu'il est une condition préalable nécessaire d'épuiser tous les moyens politiques et diplomatiques pour éviter la guerre.

    Une menace lointaine à la sécurité nationale ne saurait justifier une attaque préventive telle que celle menée contre l'Iran le 28 février. De même, l'expansion supposée de l'OTAN et l'ingérence en Ukraine n'ont pas justifié l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le Compendium de doctrine sociale explique : « Quant à une action militaire préventive, lancée sans preuve manifeste d'une agression imminente, elle ne peut manquer de soulever de sérieuses questions morales et juridiques » (n° 501).

    Même la catastrophe de Gaza et du sud du Liban ne peut être justifiée par la menace qui pèse sur la sécurité d’Israël, car il existe un critère de proportionnalité à respecter, ainsi que celui du droit humanitaire (sans même tenir compte des évaluations sur l’existence de « chances de succès fondées »).

    Bien sûr, les critères de légitime défense ne sont pas infaillibles ; beaucoup dépend du discernement des autorités, qui doivent savoir les appliquer au mieux dans des circonstances souvent complexes. Surtout, ne les instrumentalisez pas à votre avantage.

  • La guerre est un mal, mais le pacifisme catholique l'aggrave

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    La guerre est un mal, mais le pacifisme catholique l'aggrave.

    Le conflit au Moyen-Orient a ravivé le débat sur la « guerre juste » parmi les catholiques et, notamment en Europe, un pacifisme radical prévaut au sein de l'Église, niant de fait l'existence du péché originel et exposant les plus faibles aux attaques. –

    19 juin 2026

    Avec le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, le débat sur la soi-disant « guerre juste » s'est intensifié dans le monde catholique, les positions oscillant entre un pacifisme absolu et la justification de toute guerre pour la défense de l'Occident.

    Curieusement, dans ce débat, il est très difficile de partir des quatre conditions posées par le Catéchisme de l'Église catholique pour la légitime défense armée, seules conditions permettant de justifier une guerre : « que le dommage causé par l'agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain ; que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces ; qu'il existe des conditions solides de succès ; et que le recours aux armes n'entraîne pas de maux et de désordres plus graves que le mal à éliminer. Dans l'appréciation de cette condition, la puissance des moyens de destruction modernes joue un rôle primordial. »

    Dans un article ultérieur, nous aurons l'occasion d'approfondir le justificationnisme ; ici, il convient de s'intéresser plutôt au courant pacifiste qui, grâce notamment au pontificat de François, prévaut aujourd'hui dans l'Église et qui, dans ses formes les plus radicales, va jusqu'à condamner l'existence même des armées. Nous avons déjà eu l'occasion de réfuter, à l'aide du Magistère, certaines thèses exprimées, par exemple, au sujet du défilé militaire qui s'est tenu en Italie le 2 juin dernier.

    Il est cependant important de saisir une erreur qui est à l'origine de certaines tendances et de certains malentendus concernant la question de la guerre. Le pacifisme, avec sa prétention à un monde sans armes, sans agresseurs ni attaqués, fondé sur la seule volonté de l'homme, est une utopie qui nie une réalité inéluctable : le péché originel. En effet, la guerre est la conséquence du péché contre Dieu et, par conséquent, comme le souligne la Constitution pastorale Gaudium et Spes, « les hommes, en tant que pécheurs, sont et seront toujours sous la menace de la guerre jusqu'à la venue du Christ » (n° 78). Dès lors, l'idée d'un monde sans guerre ni menace de guerre est une utopie dangereuse, peut-être compréhensible chez John Lennon, mais beaucoup moins lorsqu'elle est proclamée par les pasteurs de l'Église.

    L’engagement à éviter les guerres, ou mieux encore, à œuvrer pour la paix, est différent. Mais cela ne signifie qu’une seule chose : la conversion au Christ. La paix – avertit le Compendium de la doctrine sociale de l’Église – « loin d’être une construction humaine, elle est un don divin suprême offert à tous les hommes, qui implique l’obéissance au dessein de Dieu » (n° 489).

    Nombreux sont ceux qui invoquent, pour reprendre l'expression du Catéchisme, « la puissance des moyens de destruction modernes » comme prétexte pour nier toute possibilité de justification de la guerre. Le pape François l'écrit également dans son encyclique Fratelli Tutti, affirmant qu'aujourd'hui « il est très difficile de maintenir les critères rationnels élaborés au cours des siècles passés pour parler d'une éventuelle "guerre juste" ». Le Catéchisme, quant à lui, considère l'existence d'armes de destruction massive comme un motif supplémentaire de réflexion et de prudence quant à la décision d'intervenir militairement en cas de légitime défense, et non comme une négation de la possibilité d'une défense légitime.

    L’évolution des circonstances peut amener à affiner la doctrine de la légitime défense, mais elle ne saurait en modifier les critères. À titre d’exemple, citons les interventions de Jean-Paul II et de Benoît XVI sur ce sujet. Le premier, prenant en compte les atrocités de la guerre dans les Balkans au début des années 1990, a introduit la notion d’« intervention humanitaire », la définissant comme « un devoir et un droit (…) de désarmer celui qui veut tuer. Il ne s’agit pas de promouvoir la guerre, mais de la prévenir. »

    Ce principe comporte évidemment des conditions, que Jean-Paul II a exprimées dans son message pour la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2000 : les actions de désarmement de l’agresseur « doivent être limitées dans le temps et précises dans leurs objectifs, menées dans le plein respect du droit international, garanties par une autorité reconnue au niveau supranational et, en tout état de cause, jamais réduites à la seule logique des armes » (n° 11). Benoît XVI, dans son important discours à l’Assemblée générale des Nations Unies du 18 avril 2008, a réaffirmé ce concept, évoquant la « responsabilité de protéger » (pour une analyse plus approfondie de ce thème, voir La Bussola mensile n° 29 , avril 2026). De plus, comme l’explique le Compendium de la doctrine sociale, « le droit de recourir à la force aux fins de la légitime défense s’accompagne du devoir de protéger et d’assister les victimes innocentes qui ne peuvent se défendre contre l’agression » (n° 504).

    Cette clarification nous permet de mettre en lumière un malentendu fréquent au sein du pacifisme, y compris catholique : la confusion, voire l’assimilation, entre le recours à la force et la violence. Il est essentiel de bien distinguer ces deux concepts, car le recours à la force est, dans certains cas, non seulement légitime, mais même obligatoire (comme expliqué précédemment), tandis que la violence, l’intention de détruire des vies humaines ou l’indifférence à son égard ne sont jamais justifiables. « La violence est un mal, la violence comme solution aux problèmes est inacceptable, la violence est indigne de l’homme », déclarait Jean-Paul II lors de son voyage en Irlande en 1979. « La violence est un mensonge, car elle est contraire à la vérité de notre foi, à la vérité de notre humanité. La violence détruit ce qu’elle prétend défendre : la dignité, la vie et la liberté des êtres humains. »

    Et cela est également vrai en temps de guerre, où tout doit être fait pour assurer les conditions de la paix le plus rapidement possible et où il n’y a pas de suspension du droit humanitaire et – comme le souligne plus loin Gaudium et Spes – « tout ne devient pas permis entre belligérants une fois que la guerre a malheureusement déjà éclaté » (n° 79).

    On peut donc affirmer sans hésiter que la plupart des guerres actuelles sont injustes ; on peut également se demander si certaines défenses des frontières nationales remplissent véritablement toutes les conditions d’une légitime défense. Ce qui est contraire à la vision catholique, cependant, c’est ce pacifisme prédominant au sein de l’Église, qui, d’une part, prêche le désarmement total (de préférence unilatéral) et, d’autre part, paradoxalement, se retrouve à soutenir des régimes sanguinaires et violents.