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International

  • L’ECLJ alerte l’ONU sur la situation des chrétiens dans le monde

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    De Constance Avenel sur le site de l'ECLJ :

    L’ECLJ alerte l’ONU sur la situation des chrétiens dans le monde

    5 Mai 2026

    Partout dans le monde, les chrétiens sont de plus en plus pris pour cible en raison de leur foi, en Europe comme ailleurs, et tout particulièrement dans certains pays musulmans. Les violences à leur encontre augmentent, tout comme l’hostilité dont ils font l’objet, à la fois médiatique, sociétale et culturelle. À ces pressions s’ajoute, dans certains cas, une répression d’origine étatique, en dépit des engagements nationaux et internationaux en matière de liberté religieuse. 

    En avril 2026, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a soumis une contribution (en anglais uniquement) au Secrétaire général des Nations unies afin d’alerter sur cette situation préoccupante. Répondant à son appel pour son rapport sur la lutte contre l’intolérance fondée sur la religion, ce document appelle à un renforcement de la protection des chrétiens à travers le monde, notamment en Europe, mais aussi en Algérie, en Turquie et au Pakistan.

    Une société hostile et violente envers les chrétiens en Europe

    En Europe, l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens (OIDAC) a recensé 2 211 crimes de haine antichrétiens dans 35 pays en 2024, incluant des actes de vandalisme, des incendies d’églises, des agressions physiques ou même des homicides. La France est le pays le plus touché (770 incidents recensés par la police), suivie de l’Allemagne (337 incidents, en hausse de 22%) et de l’Espagne. En septembre 2025 à Lyon, un chrétien irakien réfugié était tué avec une machette alors qu’il témoignait de sa foi sur TikTok, par un Algérien en situation irrégulière, lié à l’État islamique.

    Ces violences ne se limitent pas aux actes physiques. Les chrétiens font face à une hostilité diffuse dans les médias, dans l’espace numérique et dans la vie professionnelle. Au Royaume-Uni, 56% des chrétiens déclarent avoir été moqués ou rejetés socialement en raison de leurs convictions. Les objecteurs de conscience sont de plus en plus exposés: en Allemagne, l’avortement est désormais intégré aux formations médicales obligatoires; en Espagne, les médecins refusant de pratiquer des avortements doivent s’inscrire sur un registre officiel. L’ECLJ documente cette réalité dans un rapport consacré à la «christianophobie et haine anti-chrétienne en Europe».

    Malgré les résolutions onusiennes qui reconnaissent la haine antichrétienne comme une forme d’intolérance religieuse, aucun mécanisme institutionnel européen dédié n’existe pour lutter contre les haines antichrétiennes, contrairement à ce qui existe pour l’antisémitisme et la haine antimusulmane. Le Parlement européen l’a lui-même reconnu dans sa résolution du 21 janvier 2026: «bien que le christianisme soit aujourd’hui la religion la plus persécutée dans le monde, aucun coordinateur européen de lutte contre la haine antichrétienne n’a été désigné». Ce déséquilibre se retrouve également dans la collecte de données et dans les priorités politiques: les incidents antichrétiens sont généralement noyés dans la catégorie générique «religion», là où les actes antisémites et antimusulmans font l’objet d’un suivi distinct et prioritaire.

    Une résolution a été adoptée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe le 21 avril dernier, qui s’intitule «Lutter contre la discrimination fondée sur la religion et protéger la liberté de religion ou de conviction en Europe». Mais en réalité, celle-ci n’intègre pas pleinement la réalité des attaques et discriminations visant les chrétiens. L’ECLJ a donc saisi la Présidente de l’APCE par une pétition réclamant une prise en compte équilibrée des atteintes subies par les chrétiens, ainsi que des réponses concrètes.

    Ces tendances observées en Europe prennent une dimension encore plus préoccupante dans certains pays musulmans comme la Turquie, le Pakistan ou l’Algérie, où les attaques contre les chrétiens sont plus structurelles et systématiques.

    Turquie: discriminations institutionnelles et expulsions systématiques des chrétiens

    En Turquie, les communautés chrétiennes subissent des discriminations profondément enracinées dans le cadre juridique et institutionnel. Ces éléments font l’objet d’une analyse approfondie dans un rapport de l’ECLJ intitulé «La persécution des chrétiens en Turquie». Aucune Église, grecque, arménienne ou catholique, ne dispose de la personnalité juridique, rendant impossible la propriété de biens, l’emploi de personnel ou l’ouverture d’un compte bancaire en leur propre nom. Des milliers de propriétés ont été expropriées ou placées sous tutelle de l’État. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné à de multiples reprises la Turquie pour ces violations, des affaires dans lesquelles l’ECLJ intervient régulièrement.

    Par ailleurs, depuis 2016, la Turquie mène une politique systématique d’expulsion de chrétiens étrangers, pasteurs, missionnaires, conjoints de ressortissants turcs, sur la base de classifications opaques de «sécurité nationale». Entre 2019 et 2025, au moins 178 chrétiens étrangers ont été bannis ou expulsés, et près de 380 personnes affectées au total. Le Parlement européen a fermement condamné ces expulsions dans une résolution adoptée en février 2026. L’ECLJ est directement impliqué dans la défense de ces victimes, en particulier dans l’affaire Wilson où une vingtaine de requêtes ont été jointes.

    Pakistan et Algérie: répression légale et marginalisation

    Au Pakistan, l’article 295-C du Code pénal prévoit la peine de mort pour blasphème contre le Prophète de l’islam. Des chrétiens se retrouvent arbitrairement dans le couloir de la mort pour des accusations souvent infondées. Par ailleurs, environ 1 000 femmes de confessions chrétienne ou hindoue seraient contraintes chaque année de se convertir à l’islam et d’épouser des hommes musulmans. En février 2026, l’ECLJ a saisi le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires pour alerter sur ces graves violations. Dans une résolution du 22 avril 2026, des experts de l’ONU s’inquiètent des conversions forcées dans le cadre du mariage au Pakistan.

    En Algérie, l’islam est religion d’État et la révision constitutionnelle de 2020 a supprimé la protection de la liberté de conscience. Dans un rapport publié ce mois d’avril 2026 sur «L'oppression des chrétiens d’Algérie», l’ECLJ détaille la répression légale à laquelle les autorités soumettent les chrétiens. Une ordonnance de 2006 soumet les lieux de culte non musulmans à un régime d’autorisation quasi-systématiquement refusé: 58 églises protestantes ont été forcées de fermer depuis lors. La pratique chrétienne expose également ses membres à des poursuites pénales pour prosélytisme ou blasphème, passibles jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

    Ces diverses mesures prises à l’encontre des chrétiens, en Turquie, en Algérie ou encore au Pakistan, soulèvent de sérieuses préoccupations au regard du droit international. Beaucoup d’entre elles sont incompatibles avec les dispositions de la CEDH ainsi qu’avec celles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auxquels ces États sont parties, et qui garantissent le droit à la liberté de religion ou de conviction, y compris la liberté de manifester sa religion par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’observance. Plus largement, ces mesures traduisent un schéma de discrimination structurelle, contraire aux principes d’égalité et de non-discrimination consacrés par ces mêmes textes.

    L’ECLJ appelle à agir 

    L’ECLJ appelle le Secrétaire général de l’ONU et les États membres à renforcer la protection égale de tous les groupes religieux, en particulier en améliorant la collecte de données sur les incidents antichrétiens et en garantissant l’enquête effective sur les crimes de haine. Nous demandons également à la Turquie, au Pakistan et à l’Algérie de mettre leur droit interne en conformité avec leurs engagements internationaux, notamment au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

    Christianophobie : ça suffit !
    Lire et signer le texte complet de la pétition

    9,664 SIGNATURES

  • Pour ou contre la doctrine de la « guerre juste »; une polémique qui divise aussi l’Église

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Pour ou contre la doctrine de la « guerre juste ». Une polémique qui divise aussi l’Église

    (s.m.) Demain 7 mai, le pape Léon XIV recevra en audience Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, qui est catholique. Leur entretien portera sur la question capitale de la paix et de la guerre, qui a déjà été déjà amorcée d’abord par les grossières attaques verbales à répétition lancée par le président Donald Trump à l’encontre du pape et ensuite par la leçon de théologie malvenue en matière de « guerre juste » infligée encore une fois au pape, quelques jours plus tard, par le vice-président JD Vance, également catholique.

    Le pape Léon prêche la paix d’une part comme un choix personnel susceptible de conduire jusqu’au martyre et d’autre part comme un choix public impliquant le droit – et pour l’État le devoir – de défendre, au besoin par les armes, la liberté et la vie (sur la photo, l’archevêque majeur de l’Église grecque catholique ukrainienne, Mgr Sviatoslav Chevtchouk en prière à Bucha, après le massacre perpétré par les envahisseurs russes). Settimo Cielo avait d’ailleurs publié un article sur le sujet le 12 janvier en citant, pour soutenir ces deux chemins de paix, Flavio Felice, professeur d’histoire des doctrines politiques à l’Université pontificale du Latran.

    Mais tout de suite, Daniele Menozzi, ancien professeur d'histoire contemporaine à la Normale de Pise et auteur d'un volume imposant précisément sur « L'Église, la paix et la guerre au XXe siècle », s'était empressé de contester cette exégèse du magistère du pape Léon, l’attribuant aux « partisans irréductibles de l'idéologie de la "guerre juste" » et soutenant au contraire que — dans la lignée de ce que prêche le pape François — « la guerre est toujours une erreur » et que, par conséquent, la doctrine de la « guerre juste » ne tient plus la route.

    Selon le professeur Menozzi, il faudrait au contraire promouvoir aujourd’hui une « pédagogie de la non-violence » qui enseigne à « répondre au mal de l’injustice sans recourir au mal des armes », comme s’il la société et les fidèles catholiques souffraient d’un amour immodéré des armes et pour la guerre qu’il faudrait soigner.

    Pourtant, dans les faits, tous les sondages confirment que le sentiment qui domine – surtout en Italie – est totalement opposé au bellicisme. Un sentiment qu’Ernesto Galli della Loggia, ancien professeur d’histoire politique à l’Université de Pérouse, a d’ailleurs qualifié de « syndrome de la proie », dans un éditorial très critique publié dans le « Corriere della Sera » du 4 mai.

    Quelques jours plus tôt, toujours dans le « Corriere », un autre expert reconnu, Angelo Panebianco, professeur de sciences politiques à l’Université de Bologne, avait pris acte de ce sentiment répandu et pointé du doigt ses sérieuses lacunes, dans un éditorial intitulé « Se défendre pour avoir la paix » qui culminait en un appel à ce que l’Église « aide les Italiens » à « se débarrasser des alibis et des idéologies pacifistes » dangereuses.

    Et c’est sur cet appel du professeur Panebianco que s’appuie le commentaire publié ci-dessous. Il est signé par un autre professeur bien connu, Sergio Belardinelli, professeur de sociologie des processus culturels à l’Université de Bologne et coordinateur scientifique du Comité pour le projet culturel de la Conférence épiscopale italienne à l’époque où elle était présidée par le cardinal Camillo Ruini.

    Le professeur Belardinelli cite un autre commentaire publié le 1er mai dans le « Corriere » par Andrea Riccardi, qui est le fondateur et le dirigeant de la Communauté de Sant’Egidio. D’après ce dernier, c’est le pape François qui avait raison quand il disait qu’ « aujourd’hui, il est très difficile de défendre des critères rationnels imaginés à une autre époque pour parler de la possibilité d’une ‘guerre juste’ ».

    Le pacifisme de Riccardi est identique à celui dans lequel baigne la Conférence épiscopale italienne présidée par le cardinal Matteo Zuppi, qui fait lui aussi partie de la Communauté de Sant’Egidio, à l’instar d’une prise de position récente contre les fabricants et les marchands d’armes du cardinal et théologien Roberto Repole, archevêque de Turin et auparavant président de l’Association théologique italienne, également cité sur un ton polémique par le professeur Belardinelli.

    Son commentaire sort aujourd’hui simultanément sur Settimo Cielo et dans le quotidien italien « Il Foglio » :

    *

    Le devoir de toute société de se défendre, au besoin par les armes

    de Sergio Belardinelli

    Dans le « Corriere della Sera » du mardi 28 avril, Angelo Panebianco a lancé une sorte d’appel à toutes les forces politiques italiennes, pour leur faire comprendre l’importance de « se défendre pour avoir la paix ».

    Dans un contexte international de plus en plus caractérisé par le bruit des armes, il est aussi curieux que dramatique de voir nos élites politiques se bornent à exorciser la question de la défense nationale, au lieu de prendre à bras-le-corps. Elles s'en déchargent, au gré des opportunités, tantôt sur l'ONU, tantôt sur l'Europe ou sur l'OTAN, se réservant cyniquement le seul amour de la paix — comme si ce sentiment suffisait à nous prémunir contre d'éventuels agresseurs. Or, une telle pédagogie civile médiocre, bien qu’empreinte de nobles idéaux, alimente dans les faits la peur au sein de la population et laisse le pays sans défense, non seulement sur le plan militaire, mais également en matière culturelle.

    C’est dans ce climat de désarroi généralisé, me semble-t-il, que Panebianco, au terme de son éditorial, choisit de s’adresser directement à l’Église.

    « L’Église – écrit-il – peut jouer un rôle important pour aider les Italiens, effrayés et ne sachant plus à qui se vouer, à ne pas enfouir leur tête dans le sable et à les rendre conscients des risques que l’époque actuelle fait peser sur nous. C’est vrai, nous vivons dans une société sécularisée. Mais cela ne change rien au fait que, pour beaucoup d’Italiens, l’Église reste un repère moral majeur. Il est essentiel que les évêques italiens, tout en lançant des appels bien légitimes à la paix, aident les Italiens à comprendre qu’il n’y a pas de contraction entre vouloir la paix et se défendre des dangers potentiels, autrement dit qu’il n’y a pas de contradiction entre adopter une posture pacifique, sans la moindre agressivité à l’encontre de qui que ce soit, et dans le même temps reconnaître non pas seulement le droit mais même le devoir des gouvernements de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour défendre leur pays des potentielles agressions extérieures. Si certains ont raison de penser que les dangers ne feront qu’augmenter à l’avenir, alors il faudrait aider les Italiens à en prendre conscience. Ce qui signifie, en premier lieu, se débarrasser des alibis et des idéologies dangereuses ».

    Je crois personnellement que l’Église italienne devrait avoir le courage d’entendre cet appel, ne serait-ce que parce qu’elle lui offre l’occasion parfaite de réaffirmer ce que le pape Léon XIV a rappelé le jour de son élection, quand il a déclaré que la paix dont l’Église parle est celle de Jésus, et pas l’une de ces idéologies pacifistes qui contribuent, parfois sans le vouloir, à répandre la peur et même la haine dans la société.

    Il ne s’agit donc pas, bien entendu, de légitimer une politique plutôt qu’une autre, ni de réitérer simplement la pertinence de la doctrine millénaire de la guerre juste. Comme l’a rappelé Andrea Riccardi dans le « Corriere della Sera » du 1er mai, rien n’empêche que l’on mette à jour cette doctrine, à la lumière de la nouvelle réalité des guerres modernes.

    Mais il ne s’agit pas non plus de réduire le magistère de l’Église à des positions qui, sous couvert de non-violence, finiraient par nier à ceux qui sont victimes d'agressions (en général les plus faibles) leur droit fondamental à la légitime défense. Et c’est précisément ce droit – et ce droit seulement – qui pourrait justifier que l’on investisse des ressources dans l’armement. C’est important de le répéter, surtout si l’on veut défendre la radicalité du message de l’Évangile sans le dissoudre dans l’irréel.

    Dans un monde où l’avidité des puissants semble ne plus connaître de limites, il est important que l’Église ait une parole forte en faveur de la paix et de la justice, ce qui est par ailleurs le cas depuis longtemps, sans pour autant se confondre avec le pacifisme de ceux qui ne reconnaissent même pas le droit et le devoir des États de défendre leur propre population quand l’ennemi est à leurs portes et qui clament à tort et à travers qu’il est tout bonnement immoral d’acheter des armes en prétendant que cet argent serait mieux investi dans la santé ou l’enseignement.

    Et qui ne pourrait pas être d’accord ? Qui ne voudrait pas voir tous les conflits résolus par les seules armes de la diplomatie ? La guerre est horrible d’autant que, comme le souligne Riccardi, les guerres actuelles n’ont plus de vainqueur, mais cela n’est pas un argument pour ne pas investir dans la défense et la sécurité, bien au contraire.

    Car il n’y a qu’une seule manière de convaincre les puissants de l’inanité de la guerre, c’est que la victime potentielle montre qu’elle est en mesure de se défendre, soit parce qu’elle dispose d’un bon système de défense, soit parce qu’elle peut compter sur ses alliés.

    Comme le dit Panebianco, il serait temps que les évêques eux aussi « aident à comprendre qu’il n’y a pas de contradiction entre vouloir la paix et se défendre des dangers potentiels ». Ce qui revient à prendre le contre-pied d’un certain courant pacifiste qui s’est insinué jusque dans le monde catholique, y compris chez Riccardi lui-même. Et c’est justement pour cela qu’il faudrait clarifier les choses. La paix de Jésus ne revient pas à faire taire les armes ; elle regarde notre cœur et notre capacité à témoigner de la paix dans les situations les plus désespérées ».

    Dans son message adressé aux travailleurs pour le 1er mai, l’archevêque de Turin, Mgr Roberto Repole, a exhorté à juste titre à « ne pas s’habituer aux horreurs de la guerre ». Par contre, quand il a repris les déclarations de Léon XIV pour rappeler qu’il ne suffisait pas de parler de paix et qu’il « fallait la volonté d’arrêter de produire des instruments de destruction et de mort », pour que Turin, « la ville de l’automobile », ne devienne pas « la ville des armes », je crains qu’il ne s’aventure en terrain miné. Même si je n’ai aucune sympathie pour les marchands de canons, il faut bien reconnaître qu’ils constituent souvent l’unique espoir pour celui qui n’en a pas et qui se retrouve agressé par celui qui en a produit en abondance.

    Je sais pertinemment bien qu’aux yeux des chrétiens, comme aimait à le rappeler notamment Benoît XVI, « la non-violence n’est pas un simple comportement tactique mais bien une manière d’être de la personne, l’attitude de celui qui est à ce point convaincu de l’amour de Dieu et de sa puissance qu’il ne craint pas d’affronter le mal avec les seules armes de l’amour et de la vérité ».

    Mais nous parlons bien d’une « manière d’être de la personne », et pas de la société. Le chrétien sait bien que la fidélité à Jésus Christ est susceptible de lui imposer le sacrifice de sa propre vie. Mais jamais celle d’un autre. C’est pour cela qu’il sait également reconnaître le droit et le devoir d’une société à se défendre, en prenant les armes s’il le faut, tout en faisant en sorte qu’elles ne soient pas nécessaires. C’est rendre un grand service à la paix que d’oser le réaffirmer, surtout aujourd’hui.
     — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Des djihadistes incendient une église catholique historique au Mozambique

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    De Gaetano Masciullo sur Sign of the Cross :

    Des djihadistes musulmans incendient une église catholique historique au Mozambique

    MOZAMBIQUE ( LifeSiteNews ) — Des militants islamistes ont détruit une paroisse catholique au Mozambique, incendiant l'église et les bâtiments environnants et forçant les civils à assister à l'attaque.

    Le 30 avril, des militants appartenant au groupe djihadiste Ansar al-Sunna, affilié à la Province d'Afrique centrale de l'État islamique (EI-CAP), ont attaqué le village de Meza, dans le nord du Mozambique, incendiant l'église historique Saint-Louis-de-Montfort, les bâtiments paroissiaux, une école maternelle et plusieurs maisons, tout en capturant des civils et en les forçant à écouter des messages extrémistes.

    « Nous demandons l’attention et la solidarité envers les victimes de Meza. Depuis neuf ans, nous voyons les insurgés incendier des chapelles et des églises dans le diocèse de Pemba. Mais la foi du peuple de Dieu ne s’éteindra jamais ; chaque jour, elle se reconstruit », a déclaré l’archevêque António Juliasse de Pemba.

    Selon les témoignages recueillis par l'Aide à l'Eglise en Détresse (AED) , les assaillants sont entrés dans l'enceinte paroissiale dans l'après-midi, vers 16 heures, « et ont commencé à tout détruire. L'église, les bureaux et la résidence des missionnaires ont été incendiés, et la maternelle a été vandalisée. »

    L'église, construite en 1946 durant la période coloniale, était depuis longtemps un symbole central de la présence catholique dans la région. L'archevêque Juliasse a également déclaré : « Les missionnaires sont sains et saufs, mais la communauté reste sous le choc, même après le départ des assaillants à la tombée de la nuit. »

    Sœur Laura Malnati, supérieure provinciale des Sœurs Missionnaires Comboniennes au Mozambique, a confirmé que les religieuses n'étaient pas présentes lors de l'attaque. « Ils ont incendié l'église, le presbytère et l'école maternelle », a-t-elle déclaré, précisant que les missionnaires avaient été prévenues à l'avance et avaient pu quitter le village avant l'arrivée des militants.

    Selon le rapport de l’ACN, « depuis novembre 2017, le conflit dans la province de Cabo Delgado a fait au moins 6 300 morts et déplacé plus d’un million de personnes, touchant des populations de différentes religions et communautés. Dans ce contexte plus large de violence, au moins 300 catholiques ont été brutalement assassinés lors d’attaques visant spécifiquement les chrétiens. »

    « Parmi les victimes figurent des catéchistes, des agents pastoraux, des fidèles laïcs et une religieuse italienne, sœur Maria de Coppi. Au moins 118 églises et chapelles ont également été détruites au cours de l’insurrection, y compris lors de ce dernier incident à Meza », a déclaré l’AEC.

    L’archevêque Juliasse a également lancé un appel à la communauté internationale pour obtenir une aide en faveur des victimes des violences djihadistes au Mozambique. Il a souligné que les attaques contre les lieux de culte chrétiens se poursuivent depuis près de neuf ans.

    « Que cesse l’incitation à la haine contre les chrétiens, et ne laissons pas non plus de place à l’islamophobie, car les musulmans ne sont pas nos ennemis, ce sont nos frères bien-aimés », a ajouté Saure.

    Les militants responsables de l'attaque appartiennent à Ansar al-Sunna, également connu localement sous le nom d'Ahlu al-Sunna wa al-Jama'a, un groupe insurgé islamiste actif dans le nord du Mozambique. Ce groupe opère en coordination avec d'autres factions, notamment les Forces démocratiques alliées (ADF), basées en République démocratique du Congo voisine. Ces deux groupes sont intégrés au réseau de la Province d'Afrique centrale de l'État islamique, une branche de l'organisation État islamique (EI).

  • Moins de 2 % : le déclin dramatique des chrétiens en Terre sainte

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    D'InfoVaticana :

    Moins de 2 % : le déclin dramatique des chrétiens en Terre sainte

    La présence chrétienne en Terre sainte a atteint un niveau critique et pourrait disparaître si la tendance actuelle ne s'inverse pas. Cet avertissement a été lancé par l'abbé bénédictin Nikodemus Schnabel lors d'une rencontre avec des représentants de l' Aide à l'Église en Détresse (AED). Il a dénoncé le fait que les chrétiens représentent désormais moins de 2 % de la population et continuent de quitter la région en raison de la guerre, de la crise économique et du manque de perspectives.

    « Le lieu où sont nés les événements centraux de notre foi risque de perdre ses chrétiens autochtones », a averti l’abbé, qui a décrit une situation marquée par l’exode constant et l’invisibilité croissante de ces communautés.

    Exode, précarité et perte de l'avenir

    Le principal facteur poussant les chrétiens à partir est économique. Comme l'explique Schnabel, près de 60 % des chrétiens arabes dépendent du tourisme, un secteur qui ne s'est pas remis de la pandémie et des conflits qui ont suivi en 2019. Faute de revenus stables, de nombreuses familles choisissent d'émigrer.

    « Les gens partent parce qu’ils ne voient pas d’avenir », a-t-il déclaré, pointant du doigt le manque de logements et d’emplois comme les deux principaux obstacles à la pérennité des communautés chrétiennes.

    Une minorité presque invisible

    Bien que Jérusalem conserve une remarquable diversité ecclésiale — avec 13 églises parmi les catholiques et autres confessions historiques —, cette richesse masque une réalité beaucoup plus fragile : une communauté très restreinte.

    L’abbé a souligné le paradoxe suivant : la Terre sainte compte moins de chrétiens que certaines des régions les plus sécularisées d’Europe. « Rêver d’atteindre 5 % ou 6 % serait déjà beaucoup », a-t-il reconnu.

    Le risque d’une « Terre sainte sans chrétiens »

    Schnabel a mis en garde contre un scénario de plus en plus plausible : la persistance de lieux saints sans communautés vivantes pour les faire vivre. « Les sanctuaires, les moines et les prêtres pourraient subsister, mais sans familles ni vie chrétienne ordinaire », a-t-il souligné.

    Ce processus transformerait la Terre sainte en une sorte d'espace symbolique ou touristique, déconnecté de la foi vécue.

    Trois groupes, une fragilité partagée

    L'abbé a identifié trois réalités majeures au sein de l'Église locale.

    D’une part, il y a les chrétiens palestiniens arabophones, historiquement enracinés dans la région, mais aujourd’hui touchés par des restrictions politiques, l’insécurité et, dans des endroits comme Gaza, une situation qu’il a décrite comme une « double pression » : le conflit extérieur et le contrôle intérieur du Hamas.

    Deuxièmement, une petite communauté croissante de catholiques hébréophones intégrés à la société israélienne.

    Enfin, le groupe le plus important : les travailleurs migrants et les demandeurs d'asile, qui comptent plus de 100 000 fidèles et soutiennent une grande partie de la vie ecclésiale.

    Allégation de conditions proches de l’« esclavage moderne »

    L’abbé a dénoncé les conditions déplorables dans lesquelles vivent nombre de ces migrants : confiscation de leurs passeports, restrictions de travail, séparation des familles et précarité juridique. Dans certains cas, a-t-il affirmé, le système pénalise même la maternité.

    « Pour ce système, l’acte le plus “criminel” peut être de dire oui à la vie », a-t-elle fait remarquer, faisant allusion aux femmes qui refusent d’avorter et se retrouvent dans une situation irrégulière.

    Entre la guerre et la fidélité à l'Évangile

    Au cœur du conflit, Schnabel a défendu la position de l'Église : « Nous ne sommes ni pro-Israël ni pro-Palestine, mais pro-humanité », et a également rappelé le témoignage des soignants migrants décédés après avoir refusé d'abandonner les personnes âgées dont ils avaient la charge lors des attaques du 7 octobre 2023, soulignant leur fidélité comme un exemple de vie chrétienne.

    L'abbé a également dénoncé les attaques perpétrées contre les chrétiens par des groupes juifs extrémistes, notamment le harcèlement, le vandalisme et la profanation, et a affirmé que ces incidents ne pouvaient plus être considérés comme isolés. Parallèlement, il a indiqué qu'il existait aussi des groupes juifs qui défendaient les communautés chrétiennes et dénonçaient ces exactions.

    Schnabel a conclu que, sans mesures concrètes, la disparition des chrétiens en Terre sainte serait inévitable. « Il n’y a pas d’Annonciation sans Nazareth, pas de Noël sans Bethléem, pas de Pâques sans Jérusalem », a-t-il déclaré, avertissant que sans communautés dynamiques, les lieux saints risquent de se réduire à des espaces dépourvus de vie chrétienne.

  • L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de mai : « Que chacun ait de quoi se nourrir »

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    De Courtney Mares sur OSV News :

    L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de mai : « Que chacun ait de quoi se nourrir ».

    ROME (OSV News) — Le pape Léon XIV a consacré son intention de prière pour le mois de mai à l'un des défis les plus persistants de l'humanité : la faim.

    Dans un message vidéo diffusé le 30 avril par le Réseau mondial de prière du pape , ce dernier a appelé les catholiques du monde entier à s'attaquer au problème de l'insécurité alimentaire par la prière et par des actions concrètes.

    Des millions de personnes « souffrent de la faim »

    « Aujourd’hui, nous constatons avec tristesse que des millions de frères et sœurs continuent de souffrir de la faim, tandis que tant de biens sont gaspillés sur nos tables », a déclaré le pape dans la vidéo, enregistrée à l’intérieur de l’église San Pellegrino, au Vatican.

    D'après les Perspectives mondiales 2026 du Programme alimentaire mondial, au moins 318 millions de personnes devraient être confrontées à une crise alimentaire, voire à une situation pire, cette année. Le conflit en cours au Moyen-Orient pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans une situation de famine extrême d'ici le milieu de l'année. En 2025, deux famines ont été recensées dans certaines régions de Gaza et du Soudan.

    Dans le même temps, le Programme des Nations Unies pour l'environnement signale que plus d'un milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans le monde, un contraste que le pape a abordé directement dans son message.

    Appel à une transition vers une « culture de solidarité »

    Le pape Léon XIV a appelé à un changement de paradigme, passant de ce qu'il a décrit comme « la logique de la consommation égoïste » à « une culture de solidarité », exhortant les communautés catholiques à prendre des mesures concrètes telles que la création de banques alimentaires, des campagnes de sensibilisation et l'adoption de modes de vie plus simples et plus responsables.

    « Puisse nos communautés promouvoir des gestes concrets », a déclaré le pape, ajoutant que les croyants devraient aborder chaque repas avec gratitude, consommer simplement et « partager avec joie », sachant que les fruits de la terre sont « destinés à tous, et non à quelques-uns seulement ».

    Le Réseau mondial de prière du Pape, également connu sous le nom d'Apostolat de la prière, publie chaque mois une intention de prière du pape dans le cadre de sa mission d'unir les catholiques dans la prière pour les préoccupations mondiales de l'Église.

    Une préoccupation profondément personnelle pour le pape

    Le père Cristóbal Fones, directeur du Réseau mondial de prière du pape, a déclaré que cette intention relevait d'une préoccupation profondément personnelle pour le pape.

    « Cette intention vient du cœur du pape. Il est profondément peiné de voir tant de personnes dans le monde privées d'un besoin aussi essentiel et humain que la nourriture », a déclaré le père Fones. « C'est pourquoi il appelle chacun à ne pas rester indifférent, mais à agir concrètement, d'abord par la prière, puis par des gestes de solidarité. »

    Courtney Mares est rédactrice pour OSV News, en charge du Vatican. Suivez-la sur X @catholicourtney .

  • Nigéria : un attentat djihadiste a fait au moins 29 morts, ravivant les inquiétudes concernant la persécution des chrétiens

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    D'InfoVaticana :

    Au Nigéria, un attentat djihadiste a fait au moins 29 morts, ravivant les inquiétudes concernant la persécution des chrétiens.

    Au Nigéria, un attentat djihadiste a fait au moins 29 morts, ravivant les inquiétudes concernant la persécution des chrétiens.

    Au moins 29 personnes ont été tuées dans une attaque perpétrée par des combattants liés à l'État islamique dans le nord-est du Nigéria. Ce nouvel épisode de violence témoigne de l'insécurité persistante qui règne dans le pays et de la vulnérabilité de la population civile, notamment dans les zones abritant des communautés chrétiennes. Selon Tribune Chrétienne , l'attaque a eu lieu dans la nuit du 27 avril dans le village de Guyaku, dans l'État d'Adamawa.

    Des hommes armés ont pris d'assaut la ville et ont ouvert le feu sans discernement sur les habitants, faisant de nombreuses victimes. L'attaque a ensuite été revendiquée dans un message publié sur Telegram, mais l'identité du groupe impliqué n'a pas été confirmée. L'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), ainsi que d'autres groupes armés, opère avec une intensité particulière dans cette région.

    Violences profondément enracinées dans le nord du pays

    Ce qui s'est passé à Guyaku n'est pas un incident isolé. Cela s'inscrit dans une série d'attaques qui persistent depuis plus de vingt ans dans le nord du Nigeria, où la présence de groupes djihadistes, de bandes armées et de conflits locaux a engendré une situation d'instabilité chronique.

    Le gouverneur de l'État d'Adamawa, Ahmadu Umaru Fintiri, s'est rendu sur place après le massacre et a condamné l'attaque, annonçant des mesures pour renforcer la sécurité. Cependant, ces réponses institutionnelles n'ont pas permis d'enrayer la répétition des attaques contre la population civile.

    Les enlèvements et les agressions contre les mineurs constituent une menace croissante.

    L'insécurité s'étend également à d'autres régions du pays. Le même jour, dans l'État de Kogi, au centre du Nigeria, un groupe armé a attaqué un orphelinat et enlevé 23 enfants. Quinze ont été secourus par la suite, tandis que huit sont toujours portés disparus.

    Bien qu'aucune revendication n'ait été faite dans cette affaire, les enlèvements d'étudiants et d'enfants se sont multipliés ces dernières années, devenant l'une des principales formes de violence dans le pays, pour des raisons à la fois économiques et stratégiques.

    Les attaques persistent malgré les opérations militaires

    Le gouvernement nigérian affirme mener des opérations contre les groupes armés avec le soutien international, notamment grâce aux conseils des États-Unis. Cependant, la persistance d'attaques comme celle de Guyaku remet en question l'efficacité de ces efforts.

    Dans ce contexte, les communautés chrétiennes restent parmi les plus touchées, dans un scénario où la violence persiste et où de vastes régions du pays demeurent hors du contrôle effectif de l'État.

  • L'Église catholique ne bénéficie d'aucune véritable liberté en Chine.

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    De sur Bitter Winter :

    L'Église catholique ne bénéficie d'aucune véritable liberté en Chine.

    28 avril 2026

    Après l'accord de 2018, la pression sur les catholiques chinois s'intensifie face à l'indifférence apparente du Vatican, selon un rapport de Human Rights Watch.

    L'étau se resserre autour des catholiques chinois qui refusent de se soumettre à Pékin.

    Malgré un rapprochement avec le Saint-Siège en 2018, qui a concédé la nomination d'évêques à l'État chinois avec l'approbation formelle du Vatican, leur situation est plus sombre que jamais, sans aucune amélioration pour les quelque 12 millions de catholiques chinois.

    Selon Yalkun Uluyol de Human Rights Watch (HRW), dans son dernier rapport, les fidèles catholiques clandestins de Chine subissent plus de pression que jamais pour adhérer à la version « sinisée » de leur foi proposée par Pékin.

    « Dix ans après le début de la campagne de sinisation de Xi Jinping et près de huit ans après l’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, les catholiques en Chine sont confrontés à une répression croissante qui viole leurs libertés religieuses », a-t-il déclaré. Il a exhorté le pape Léon XIV à « réexaminer d’urgence l’accord et à faire pression sur Pékin pour qu’il mette fin à la persécution et à l’intimidation des Églises clandestines, du clergé et des fidèles ».

    Pékin cherche à rompre ses liens avec le Vatican depuis les années 1950, date à laquelle l'envoyé papal fut expulsé sous Mao Zedong et le cardinal Ignatius Kung de Shanghai emprisonné pendant 30 ans pour avoir refusé de renoncer à l'autorité papale. La répression a toujours été particulièrement sévère envers ceux qui refusent de prêter allégeance au Parti communiste chinois.

    Depuis son accession au pouvoir en 2012, le président Xi Jinping a redoublé d'efforts pour conformer toutes les religions au modèle communiste chinois. La sinisation des religions et l'imposition des « caractéristiques chinoises » à l'architecture, aux enseignements et aux traditions religieuses sont devenues une stratégie centrale en 2016. L'influence étrangère, sa bête noire, est devenue sa cible. Le contrôle juridique des religions s'est renforcé, le « culte patriotique » a été imposé et les activités religieuses en ligne ont été visées.

    Pékin n'a pas tardé à sévir après la signature de l'accord en 2018. Les évêques ont été contraints d'adhérer à l'Association patriotique catholique chinoise (APCC). Le Saint-Siège a semblé se rallier aux plans de Pékin lorsqu'il a publié, en 2019, des directives autorisant l'objection de conscience à l' APCC tout en acceptant l'adhésion comme une nouvelle norme.

    Depuis, une série de nouvelles lois restreignant la pratique religieuse sont entrées en vigueur, réprimant la diffusion de matériel religieux, les activités pour enfants et les œuvres caritatives catholiques. L'appel d'un prêtre catholique au Vatican pour empêcher la fermeture d'un orphelinat historique du diocèse de Zhaoxian, ainsi que d'autres établissements menacés de fermeture depuis 2018, a été ignoré .

    Toutes les activités caritatives à vocation religieuse sont désormais de facto interdites suite au nouveau « Règlement sur les affaires religieuses » de 2018 qui, tout en prétendant consacrer la liberté de croyance religieuse, a en réalité restreint la capacité des individus ou des organisations à s'engager dans de telles activités et leur a refusé tout statut légal.

    Les catholiques ne sont pas les seuls à subir l'oppression croissante qui touche toutes les grandes religions en Chine. Les bouddhistes tibétains et les musulmans ont également vu leurs lieux de culte détruits et leurs fidèles endoctrinés de force, emprisonnés et torturés lors de répressions qualifiées de crimes contre l'humanité, voire de génocide.

    En 2018, des responsables du Vatican, suscitant la consternation chez les catholiques, ont décrit la « sinisation » comme potentiellement compatible avec l'inculturation du christianisme. Ils ont interprété la « sinisation » comme le processus d'intégration de la religion à la culture chinoise locale, citant de grands missionnaires catholiques tels qu'Alessandro Valignano, Matteo Ricci et Giuseppe Castiglione, qui souhaitaient ouvrir la voie à un catholicisme « aux formes chinoises », afin de proclamer l'Évangile de Jésus-Christ dans une perspective pleinement chinoise. Cependant, l'inculturation promue par ces grands missionnaires catholiques n'avait que peu de points communs avec la « sinisation » prônée par Xi Jinping , qui exige que la religion adhère aux « valeurs socialistes fondamentales » du Parti communiste chinois.

    Ni le pape François ni l'actuel pape Léon XIV ne se sont prononcés contre l'accélération du contrôle idéologique, de la surveillance et des restrictions de voyage imposées par la Chine à 12 millions de catholiques, le pape Léon XIV ayant même approuvé sans réserve les cinq dernières nominations d'évêques par Pékin.

    Personne n'a dénoncé la détention illégale, voire la torture, de dix évêques approuvés par le Vatican, dont la persécution pendant des décennies s'est heurtée à un mur de silence, ni la mort de six autres évêques décédés au cours des six dernières années, ni celle de ceux qui ont tout simplement disparu.

    La réaction discrète du Vatican a enhardi Pékin, qui renforce son emprise sur tous les catholiques.

    Selon le rapport de HRW, certains catholiques clandestins ont déclaré se sentir trahis par le Vatican, et des dizaines de catholiques interrogés par un expert ont fait état du sentiment que le Vatican « s'en prend également à eux ».

    Un prêtre vivant à l'étranger craint que, comme aucun nouvel évêque n'est désormais nommé pour l'Église clandestine, « à long terme, les catholiques clandestins [en Chine] disparaîtront ».

    Dans un rapport, un universitaire ayant interrogé des dizaines de membres d'églises en Chine décrit la formation idéologique obligatoire imposée au clergé comme un effort concerté visant à « diminuer l'influence des figures religieuses ».

    Le renforcement de la surveillance et l'obligation, dans certaines régions, de s'inscrire au préalable pour assister à un office religieux ont dissuadé les fidèles des nouvelles églises « patriotiques » de s'y rendre, incitant certains à organiser de faux mariages pour « se réunir et prier » à l'abri des caméras des bâtiments officiels.

    Un catholique connaissant bien la situation au Shaanxi a fait part à HRW de ses craintes que les restrictions d'accès aux enfants ne visent à « rompre les liens intergénérationnels au sein de la communauté catholique ». Des documents internes ont circulé, dissuadant les parents d'« inculquer des idées religieuses à leurs enfants » et demandant aux écoles d'« inciter les élèves à signaler proactivement » tout incident de ce type aux autorités compétentes. 

    Selon le rapport de Human Rights Watch, la répression des catholiques contrevient à de nombreuses normes et lois internationales relatives aux droits humains, notamment à l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), que la Chine a signé mais non ratifié, consacre le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit comprend pour chacun « la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, et la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, les rites, les pratiques et l'enseignement ».

    Uluyol exhorte le Saint-Siège et les gouvernements concernés à faire pression sur Pékin afin que ce dernier respecte la liberté religieuse de tous les catholiques et des autres religions en Chine. « Le gouvernement chinois doit cesser de persécuter et d'intimider les fidèles qui pratiquent leur foi et leur spiritualité indépendamment du contrôle du Parti communiste », a-t-il déclaré.


    Ruth Ingram est une chercheuse qui a beaucoup écrit pour la publication Central Asia-Caucasus, l'Institute of War and Peace Reporting, le journal hebdomadaire GuardianThe Diplomat et d'autres publications.

  • Ce que Staline a initié à Lviv en 1946 — une tentative de liquidation de l'Église — se poursuit aujourd'hui dans la guerre que Poutine mène contre l'Ukraine

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    De George Weigel sur le NCR :

    « Ecclésiacide », hier et aujourd'hui

    COMMENTAIRE : Ce que Staline a initié à Lviv en 1946 — une tentative de liquidation de l'Église — se poursuit aujourd'hui dans la guerre que Poutine mène contre l'Ukraine.

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    La cathédrale Saint-Georges de Lviv, en Ukraine, fut le théâtre d'un « sobor » organisé par les Soviétiques en mars 1946, visant à liquider l'Église gréco-catholique ukrainienne. (Photo : Wikipedia)

    Pardonnez-moi ce néologisme d'origine latine, mais si « parricide » convient pour le meurtre de son père et « régicide » pour l'élimination d'un roi, pourquoi pas « ecclésiacide » pour la tentative d'anéantissement d'une Église entière ?

    C’est ce qui s’est passé il y a environ 80 ans, du 8 au 10 mars 1946, à la cathédrale Saint-Georges de Lviv, en Ukraine. Là, ce qui était présenté comme un concile (ou sobor ) a voté l’annulation de l’ Union de Brest de 1596 et, par conséquent, la réunification de l’Église gréco-catholique ukrainienne (UGCC) avec l’Église orthodoxe russe (ROC) – un acte qu’un haut responsable orthodoxe russe m’a un jour affirmé être parfaitement légitime (pour ainsi dire) car « lorsque les uniates [catholiques orientaux en pleine communion avec Rome] retournent dans leur foyer [orthodoxe], c’est toujours légitime ».

    Or, nous savons maintenant avec certitude, grâce à des documents de première main conservés dans les archives d'État ukrainiennes, que le soi-disant « Sobor de Lviv » de 1946 a été orchestré par les services de sécurité soviétiques et n'avait pas plus de légitimité morale, spirituelle ou légale que n'importe quel autre acte commis sous la menace des armes.

    Certes, ce « Pseudo-Sobor » fut un échec stratégique, comme le reconnut peu après le ministère soviétique de la Sécurité d’État dans une directive adressée à ses agents dans ce qui est aujourd’hui l’ouest de l’Ukraine :

    La liquidation formelle de l'Église gréco-catholique uniate, résultant des résolutions du Sobor des 8-10 mars, et la réunification formelle avec l'Église orthodoxe russe ne constituent pas l'achèvement de la liquidation effective de ces aspirations hostiles dont le clergé gréco-catholique uniate était porteur.

    Une répression massive, souvent meurtrière, s'ensuivit. Pourtant, le résultat de cette tentative d'« ecclésiacide » fut la création du plus grand réseau religieux clandestin au monde. L'Église gréco-catholique ukrainienne survécut ainsi pendant 45 ans grâce à des offices religieux clandestins, un enseignement religieux clandestin, une formation sacerdotale clandestine et des consécrations épiscopales clandestines, avant de renaître de ses cendres en 1991, après l'effondrement de l'empire soviétique.

    Aujourd'hui, l'Église catholique ukrainienne (UGCC), dynamique et influente, voit son influence croître en nombre. Son premier dirigeant après la chute de l'Union soviétique, le cardinal Lioubomyr Husar, était l'autorité morale la plus respectée d'Ukraine. Son digne successeur, l'archevêque-major Sviatoslav Chevtchouk, est une source d'inspiration nationale depuis l'invasion russe de février 2022, tout en s'imposant sur la scène internationale comme modèle de l'évêque du XXIe siècle. L'UGCC gère l'établissement d'enseignement supérieur le plus prestigieux d'Ukraine, l'Université catholique ukrainienne, et ses nombreuses initiatives caritatives, éducatives, sociales et culturelles ont contribué à l'édification de la société civile ukrainienne qui soutient aujourd'hui la lutte politique, militaire et diplomatique du pays contre la barbarie du tsar Poutine.

    Le fait que le major-archevêque Chevtchouk figurât en bonne place sur la liste des dirigeants ukrainiens à assassiner si les troupes de Poutine avaient réussi à conquérir Kiev en trois ou quatre jours, indique que l'« ecclésiacide » de l'Église gréco-catholique ukrainienne demeure un objectif russe ; il en va de même pour la prise de contrôle par les Russes de l'église gréco-catholique des Saints-Apôtres Pierre et Paul à Zaporijia, le dimanche de Pâques de cette année. En 1946, la hiérarchie de l'Église orthodoxe russe, reconstituée par Staline en 1943 pour rallier le soutien populaire à la Grande Guerre patriotique contre l'Allemagne, a collaboré avec les services de sécurité soviétiques au sein du pseudo-Sobor de Lviv.

    Quatre-vingts ans plus tard, le patriarche Kirill de Moscou a tenté de justifier l'agression de Poutine par une interprétation religieuse, tout en déclarant de manière hérétique que tout soldat russe tué à la guerre est automatiquement pardonné de tous ses péchés et conduit immédiatement au paradis. Il est indéniable que Kirill, pour le moins proche du KGB dans sa jeunesse, se réjouirait de la dissolution de l'Église gréco-catholique ukrainienne ; comment expliquer autrement qu'il bénisse une guerre où des membres du clergé de l'Église gréco-catholique ukrainienne ont été tués, enlevés et torturés lors de leur capture par les forces russes ? Pourtant, malgré tout cela, les évêques, les prêtres et les diacres de l'Église gréco-catholique ukrainienne sont restés fidèles à leurs fidèles, risquant leur vie chaque jour.

    Une conférence organisée les 27 et 28 mars à l'Université catholique d'Amérique a exploré l'histoire de la tentative russe d'« ecclésiacide » ukrainien au milieu du XXe siècle – qui a en réalité débuté en septembre 1939 lorsque l'Union soviétique a occupé ce qui est aujourd'hui l'ouest de l'Ukraine grâce au tristement célèbre pacte Molotov-Ribbentrop – ainsi que la campagne anti-ukrainienne russe actuelle, menée sous couvert de reconstitution du Russkiy Mir , le « monde russe ». Cette conférence, d'un niveau académique élevé, a notamment été marquée par l'une des interventions les plus fascinantes du Dr Sergueï Chapnin, ancien responsable du Patriarcat de Moscou de l'Église orthodoxe russe, qui a expliqué comment l' idée du Russkiy Mir a été instrumentalisée pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui : une idéologie théologico-politique dont l'un des objectifs demeure la liquidation de l'Église orthodoxe ukrainienne (et, de fait, la liquidation d'une nation ukrainienne distincte).

    Autrement dit, en ce qui concerne la Russie et l'Ukraine, rien n'a changé, 80 ans plus tard. Les hommes politiques et les diplomates qui pensent que les convictions religieuses, sincères ou perverties, n'ont aucune incidence sur les affaires internationales devraient y réfléchir à deux fois.

  • En Algérie, le pape Léon XIV a ravivé l'espérance

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    De Constance Avenel sur le site de l'ECLJ :

    Léon XIV en Algérie ravive l’espérance

    24 Avril 2026

    Au lendemain de Pâques, le pape Léon XIV a posé les pieds sur le sol algérien. Quarante-huit heures intenses, historiques, qui ont braqué les projecteurs sur une réalité méconnue, à quelques heures de vol de Paris: celle des quelque 150 000 chrétiens d’Algérie, confrontés à une répression croissante, au sein d’un pays à 99 % musulman.

    Dès son élection, le 8 mai 2025, Léon XIV avait annoncé qu’il irait en Afrique, et plus précisément en Algérie, sur les traces de saint Augustin, dont il se proclame le «fils spirituel» en bon augustinien. Ce pèlerinage aux racines de la pensée chrétienne, dans un pays à très grande majorité musulmane, n'avait rien d'anodin. C'était un geste fort, mûrement réfléchi, chargé d'une double ambition: renouer avec une mémoire chrétienne enfouie et encourager le dialogue islamo-chrétien.

    Un contexte lourd: les chrétiens sous pression 

    C'est dans un contexte particulièrement tendu que Léon XIV s’est rendu en Algérie. La situation des chrétiens dans ce pays s’inscrit dans un contexte de réduction généralisée des libertés fondamentales. La suppression de la liberté de conscience de la Constitution en 2022 en est un symptôme particulièrement explicite. Dans un rapport publié le 8 avril dernier, l’ECLJ détaille plusieurs niveaux d'oppression des chrétiens.

    Le phénomène est d’abord institutionnel, et social: les chrétiens subissent des discriminations au niveau administratif et civiles, ainsi que dans leur vie professionnelle. Plus encore, une ordonnance de 2006 empêche l’ouverture de tout nouveau lieu de culte — si bien que la quasi-totalité des églises protestantes sont aujourd'hui fermées. L’oppression est également pénale: quiconque célèbre un culte non autorisé, cherche à «ébranler la foi d'un musulman» ou se trouve accusé d'apostasie s'expose à de lourdes poursuites.

    Des pasteurs ont été condamnés à de la prison ferme pour avoir simplement réuni leurs fidèles. Les convertis sont particulièrement visés par les accusations de blasphème. 

    Et c’est dans ce climat que, dès le premier jour de la visite du pape Léon XIV, un double attentat a été commis. Deux terroristes kamikazes se sont fait exploser alors qu’ils étaient arrêtés par la police à Blida, à une quarantaine de kilomètres d'Alger. Le dernier acte terroriste de cette nature remontait à 2020. La visite s'est néanmoins poursuivie.

    Un soutien moral pour une Église discrète mais vivante

    En se rendant à Hippone, le pape a réactivé une mémoire chrétienne ancienne: avant sa conquête par les troupes arabo-islamiques, l'Algérie fut une terre profondément chrétienne, berceau de penseurs de l’Église latine, comme Saint Augustin. Il n’a donc pas manqué de se rendre sur les ruines d'Hippone, aujourd’hui à Annaba, où vécut et mourut l'évêque berbère au IVe siècle. Et celui qui venait en «pèlerin de la paix» y a planté un olivier.

    Mais au-delà d’un pèlerinage sur les traces de Saint Augustin, ce sont les chrétiens que le pape est venu visiter. L'Église catholique en Algérie compte quelques milliers de fidèles seulement, la plupart d’origine étrangère, répartis dans les diocèses d'Alger, Oran, Constantine et Laghouat. Discrète, tournée vers le service, elle évolue dans un environnement juridique et social particulièrement contraignant. Rappelons notamment la fermeture de Caritas par les autorités à la fin de l’année 2022. La venue du pape représentait donc bien plus qu'une escale diplomatique: c'était la visite d'un berger à ses brebis les plus isolées.

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  • En Inde, la crise de l’avortement nécessite une prise de conscience immédiate

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    Du site "Ad Extra" :

    Sœur Paulina Melite : en Inde, la crise de l’avortement nécessite une prise de conscience immédiate

    La marche pour la vie organisée le 10 août 2023 à Pune, dans le sud de l’Inde, coorganisée par le service international CHARIS et la Conférence épiscopale indienne.

    La marche pour la vie organisée le 10 août 2023 à Pune, dans le sud de l’Inde, coorganisée par le service international CHARIS et la Conférence épiscopale indienne.© Paulina Melite/globalsistersreport.org

    24/04/2026

    En Inde, où près de 15,6 millions d’avortements sont pratiqués chaque année, sœur Paulina Melite alerte sur une crise à la fois sociale, culturelle et spirituelle. À la tête du réseau pro-vie national, elle plaide pour une mobilisation renforcée face à l’évolution du cadre légal et au manque de sensibilisation dans le pays. Entre action pastorale, engagement public et initiatives interreligieuses, elle appelle à une prise de conscience immédiate pour défendre la dignité de toute vie humaine.

    Sœur Paulina Melite, 46 ans, est active depuis 2016 dans la pastorale pro-vie en Inde, où plus de 15 millions d’avortements ont lieu chaque année. En 2024, cette membre des Sœurs Missionnaires de Marie Immaculée a été nommée à la tête de l’organisation Indian Catholics United for Life, un réseau national d’organisations pro-vie reconnu par la Conférence épiscopale indienne. Elle a débuté son ministère en 2016 en tant qu’animatrice diocésaine du mouvement dans le diocèse syro-malabar de Kalyan, dans l’ouest de l’Inde.

    Par la suite, elle a occupé le poste de secrétaire nationale du Service international du Renouveau charismatique catholique, basé à New Delhi. Sœur Paulina a joué un rôle central dans l’organisation de la première marche nationale pour la vie en Inde en 2021, un événement devenu annuel depuis. Dans cette interview, elle revient sur son travail, les lois indiennes relatives à l’avortement, ses préoccupations pastorales et ses espoirs pour l’avenir.

    Pourquoi avez-vous rejoint la lutte contre l’avortement en Inde ?

    Sœur Paulina Melite : C’est en travaillant avec le mouvement pro-vie du diocèse de Kalyan que j’ai pris conscience des besoins des enfants à naître et de leurs mères en Inde. Pour moi, ce ministère est un appel de Dieu en ce moment. Depuis 2016, je travaille aux niveaux diocésain et national pour sensibiliser l’opinion publique, développer le mouvement pro-vie et unifier les efforts catholiques pour sauver les enfants à naître.

    Quelle est la prévalence de l’avortement en Inde ?

    La première estimation nationale du nombre d’avortements en Inde date de 2015 et a révélé qu’environ 15,6 millions d’avortements ont lieu chaque année dans le pays. Autrement dit, un enfant est avorté toutes les deux secondes en Inde. Ce sont les chiffres officiels. De nombreux autres avortements ont lieu et ne figurent pas dans les statistiques officielles. Nous sommes préoccupés par l’augmentation des grossesses chez les adolescentes dans le pays. Le manque d’informations sur l’avortement est une autre source d’inquiétude.

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  • Dans la plupart des pays, le nombre de personnes quittant le catholicisme est supérieur à celui des nouveaux arrivants

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    De sur le site du Pew Research Center :

    Dans de nombreux pays, le catholicisme a perdu des fidèles au profit des conversions religieuses, tandis que le protestantisme en a gagné dans certains autres.

    D'après nos enquêtes de 2024, le christianisme est l'un des groupes religieux les plus touchés par le changement de religion au monde. Le changement de religion désigne le fait, pour une personne adulte, de s'identifier à une religion différente de celle dans laquelle elle a été élevée durant son enfance.

    Au sein du christianisme, cependant, le changement de religion a affecté différemment les deux plus grands sous-groupes – le catholicisme et le protestantisme :

    • Dans presque tous les pays que nous avons étudiés, le catholicisme a perdu plus de fidèles qu'il n'en a gagné.
    • Le protestantisme a enregistré un gain net suite aux conversions dans presque autant d'endroits qu'il a enregistré une perte nette.

    Nous examinons ici de plus près les changements de religion, qu'il s'agisse de passage du catholicisme au protestantisme, ou d'une autre religion à une autre, d'après les enquêtes du Pew Research Center menées dans 24 pays.

    Qu’est-ce que le « changement de religion » ?

    Le changement de religion désigne une modification entre le groupe religieux dans lequel une personne dit avoir été élevée (pendant son enfance) et son identité religieuse actuelle (à l'âge adulte).

    Cette analyse explore les changements de confession au sein du christianisme. Plus précisément, nous examinons les mouvements de conversion, d'entrée et de sortie du catholicisme et du protestantisme dans des pays d'Asie et du Pacifique, d'Europe, d'Amérique latine, d'Amérique du Nord et d'Afrique subsaharienne.

    Pourquoi avons-nous fait cela ? 

    Le Pew Research Center réalise des sondages d'opinion, des études démographiques et d'autres recherches afin de mieux comprendre le rôle de la religion dans la vie publique, entre autres sujets.

    Comment avons-nous fait cela ? 

    Cette analyse s'appuie sur les enquêtes du Pew Research Center menées dans 24 pays, dont les États-Unis. Les données américaines proviennent de l' étude US Religious Landscape Study (RLS) 2023-2024 du Centre. Les données internationales sont issues d'enquêtes réalisées au printemps 2024.

    Voici les questions utilisées pour l'analyse , ainsi que les réponses et la méthodologie de l'enquête . Consultez les tableaux détaillés pour obtenir des données sur les conversions religieuses (entrée et sortie du catholicisme et du protestantisme) dans les 24 pays étudiés.

    Les enquêtes internationales du printemps 2024 incluaient des pays supplémentaires qui ne figurent pas dans cette analyse, soit parce qu'ils ne faisaient pas de distinction entre protestants et catholiques, soit parce qu'ils ont une très faible population de personnes – 1 % ou moins – qui ont été élevées ou qui s'identifient actuellement comme protestantes ou catholiques.

    Quel a été l'impact des changements religieux sur le catholicisme ?

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    Dans 12 des 24 pays étudiés, la majorité de la population a été élevée dans la religion catholique. Ces proportions varient de 59 % des adultes en Hongrie à 96 % en Pologne.

    De nombreux adultes élevés dans la foi catholique dans ces pays restent fidèles à cette religion aujourd'hui. Par exemple, 92 % des adultes polonais sont catholiques depuis toujours.

    Mais d'autres adultes ont quitté l'Église. Les anciens catholiques (c'est-à-dire les personnes élevées dans la foi catholique mais qui ne s'identifient plus comme telles à l'âge adulte) représentent 10 % ou plus de la population totale dans 15 pays.

    Et relativement peu d'adultes dans les pays analysés entrent dans l'Église après avoir été élevés dans une autre religion ou sans religion.

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  • Qu’est-ce qui alimente l’extrémisme anti-chrétien en Israël ?

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    De Michele Chabin sur le NCR :

    Qu’est-ce qui alimente l’extrémisme anti-chrétien en Israël ?

    Les experts affirment que l'éducation et l'application de la loi sont nécessaires pour endiguer de tels incidents.

    Le crucifix remplacé, photographié par les Forces de défense israéliennes
    Le crucifix remplacé, photographié par les Forces de défense israéliennes (photo : Forces de défense israéliennes via EWTN News)

    JÉRUSALEM — Une photo montrant un soldat des Forces de défense israéliennes (FDI) détruisant à coups de marteau une statue de Jésus dans un village du sud du Liban est rapidement devenue virale le 20 avril. Bien que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait présenté ses excuses pour cet incident choquant et que l'armée israélienne ait remplacé la statue, cet épisode a suscité une difficile prise de conscience au sein de la société israélienne quant à la montée de l'intolérance religieuse dans un pays qui s'enorgueillit de ses valeurs démocratiques et juives.   

    Les détracteurs du gouvernement israélien de droite actuel accusent ses dirigeants d'alimenter l'extrémisme, notamment au sein de certaines communautés juives ultra-orthodoxes et ultranationalistes. Dans ces communautés repliées sur elles-mêmes, les écoles n'enseignent ni le pluralisme religieux, ni le respect mutuel, ni la coexistence.   

    Sur les 10,2 millions d'Israéliens, environ 185 000 sont chrétiens. La plupart vivent dans le nord du pays ou dans des villes multiconfessionnelles comme Jérusalem, Tel-Aviv-Jaffa et Ramla. On compte également 1,8 million de musulmans en Israël.    

    Bien que peu de juifs ultra-orthodoxes traditionnels servent dans l'armée israélienne, et que Tsahal tente d'éliminer les ultranationalistes religieux fervents lors du processus de sélection pour la conscription, deux ans et demi de guerre déclenchés par le massacre du Hamas du 7 octobre 2023 ont contraint l'armée à se démener pour trouver des soldats supplémentaires.       

    « Le soldat n’a pas brisé la statue de Jésus par accident, et son geste n’était pas isolé », a écrit Lazar Berman, correspondant diplomatique du Times of Israel , dans une tribune publiée par le journal. « Il a probablement appris, au cours de son éducation ou dans son milieu social, que les sanctuaires et les icônes chrétiennes ne doivent pas être respectés, voire qu’il faut les détruire. »  

    Bien que la « grande majorité » des Israéliens ne soutienne pas la persécution des minorités religieuses du pays, a déclaré Berman, « il y a suffisamment d'extrémistes et de fanatiques religieux dans le pays qui soutiennent de telles actions pour que le soldat dispose de nombreuses sources d'inspiration potentielles pour son crime. » 

    Tomer Persico, chercheur à l'Institut Shalom Hartman, reproche à Netanyahu d'avoir invité des extrémistes comme Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir à entrer dans son gouvernement, entré en fonction en janvier 2023.  

    La composition du gouvernement, qui comprend non seulement des partis politiques d'extrême droite mais aussi des partis juifs ultra-orthodoxes, « influence considérablement les relations entre Juifs et non-Juifs en Israël et même plus largement », a déclaré Persico au Register. « Lorsqu'une guerre éclate, on constate comment leur ferveur religieuse et messianique imprègne leurs déclarations. »  

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