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International

  • Guerres de religion entre musulmans en Afghanistan. Les plus en danger sont les Ismaéliens

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    De Sandro Magister (Settimo Cielo) :

    Guerres de religion entre musulmans en Afghanistan. Les plus en danger sont les Ismaéliens

    Aga Khan

    Les derniers juifs partis, l'unique représentant de la mission "sui iuris" de l'Église catholique rapatrié, les très rares convertis à la foi chrétienne cachés dans les catacombes, dans l'Afghanistan repris par les Talibans, les plus menacés de persécution sont désormais les musulmans qu'ils opposent aux hérétiques, ceux de la branche chiite, les Hazaras, les Ismaéliens.

    Parmi ceux-ci, les moins connus mais les plus menacés sont les derniers, les Ismaéliens. Moins connus en partie parce qu'ils gardent volontairement un profil bas, ne se rendent pas visibles en public, ne s'engagent pas dans des combats militaires. Leurs mosquées n'ont pas de minaret, elles n'élèvent pas le croissant, ni ne font retentir l'appel du muezzin. En fait, elles ne sont même pas appelées mosquées, mais "jama'at khana", maisons de la communauté, et chaque village, même le plus éloigné, a la sienne, qui ne se distingue des autres que par le soin avec lequel elle est entretenue. Les non-ismaéliens n'y sont pas admis. Mais on sait qu'à l'intérieur il n'y a ni chaire ni mihrab orienté vers la Mecque, hommes et femmes y prient ensemble. Le jeûne du Ramadan n'est pas ostentatoire et en général peu pratiqué. C'est une réserve qui appartient à toute l'histoire ismaélienne et fait partie intégrante de sa théologie. En cela, le "batin", le sens interne du Coran, sa vérité cachée, prévaut sur le "zahir", c'est-à-dire son sens ostensible. Mais le "batin" est strictement réservé aux initiés et a pour gardien et interprète suprême l'imam, descendant direct du prophète Mahomet.

    Depuis 1957, l'imam ismaélien est le prince Karim Aga Khan. Oui, il est de la Costa Smeralda, mais pas seulement. Il est au centre de la photo ci-dessus, prise il y a trente ans dans les montagnes de l'extrême nord du Pakistan, à quelques kilomètres de l'Afghanistan et plus précisément de la province afghane du Badakhshan, celle qui est coincée contre la Chine.

    Avec 15 millions de fidèles répartis dans 25 pays, les Ismaéliens constituent la deuxième plus grande communauté islamique chiite, après celle d'Iran. Et la seule région au monde où les Ismaéliens constituent la majorité de la population est située juste entre le Pakistan, l'Afghanistan et le Tadjikistan, dans les montagnes accidentées du Karakoram, de l'Hindu Kush et du Pamir.

    Les Ismaéliens sont menacés de persécution par les adeptes les plus fanatiques de Mahomet, précisément parce qu'ils sont l'autre Islam, si différent de celui qui domine les dépêches de guerre. Un islam tolérant, pluraliste, pacifique. Un islam capable d'accueillir - comme le souhaitait Benoît XVI en 2006 après son discours de Ratisbonne et son voyage en Turquie - "les véritables conquêtes des Lumières, les droits de l'homme et surtout la liberté de la foi et de sa pratique, en les reconnaissant également comme des éléments essentiels pour l'authenticité de la religion".

    Le début des années 90, après le retrait des Soviétiques, a été pour les Ismaéliens des montagnes d'Asie centrale les années du décollage. Jusqu'alors, cette région était l'un des foyers de pauvreté du monde. Un million d'habitants dispersés dans un millier de villages, des montagnes arides, des déserts de sable et de pierres, des parcelles de cultures maigres. Mais là, à partir de la haute vallée de Hunza, au nord du Pakistan, l'Aga Khan Development Network a mis en place un microcapitalisme agricole fait de creusement de canaux d'irrigation, de nouvelles terres agricoles arrachées aux pentes pierreuses, de semences bien sélectionnées, de bétail vacciné, d'épargne systématiquement réinvestie, de petites banques rurales, le tout organisé par les paysans eux-mêmes, hommes et femmes, réunis en organisations villageoises. Et parallèlement, des initiatives dans les domaines de l'éducation et de la santé se sont développées. Des écoles ont vu le jour dans les endroits les plus inaccessibles, en particulier pour les filles, pratiquement exclues de l'éducation auparavant.

    "L'Espresso" en a parlé le 7 novembre 1993, dans un vaste reportage sur le terrain, accompagné de la première interview jamais accordée par l'Aga Khan sur des questions liées à son rôle de chef spirituel :

    > Réseau Aga Khan. Reportage de la haute vallée de l'Hunza
    > L'Aga Khan : "I fondamentalisti sono musulmani da Medioevo" (Les fondamentalistes sont des musulmans du Moyen Âge)

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  • Olobi nini : « demokarasi azali mobali soko mwasi ? ». De 1960 à 2021, un concept toujours pas tiré au clair en RDC…

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    Décidément, Kinshasa et le pouvoir en République "démocratique" du Congo semblent retrouver certains des mauvais réflexes qui étaient de mise sous l’ancien régime tant décrié. Un commentaire d’Hubert Leclercq sur le site web de la "Libre Afrique" :

    « Ce mercredi 15 septembre 2021, une manifestation qui se voulait pacifiste emmenée par des partis politiques, des représentants de la société civile et des mouvements citoyens a été violemment prise à partie par les forces de l’ordre avant même de s’élancer.

    Une attitude déjà condamnée par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme en République démocratique du Congo (BCNUDH) MONUSCO-HCDH. En marge de ses violences, les policiers s’en sont également pris  à des journalistes qui faisaient leur travail, notamment Patient Ligodi, correspondant pour RFI et responsable du site d’informations Actualite.cd.

    Le journaliste, comme on peut le voir sur certaines vidéos sur les réseaux sociaux, a été tabassé par les policiers.

    Décidément, le pouvoir en place, accueilli comme une délivrance, comme la transition « démocratique » tant attendue en RDC, poussé dans le dos par une certaine communauté internationale prompte à oublier les « manquements démocratiques » du scrutin qui l’ont amené à la tête de l’Etat, commence à montrer un autre visage. Celui d’un pouvoir qui dérive déjà dangereusement, n’hésitant pas à molester et séquestrer les journalistes un peu trop critiques, comme ce fut le cas la semaine dernière avec la journaliste Tatiana Ossango et son collègue Michael Mika Ndeke. Les deux ont été arrêtés et séquestrés pendant une semaine dans les cachots de l’ANR, le service de renseignement, sans qu’aucune charge ne leur soit imputée, sans avoir accès à leurs avocats. Ils ont finalement été libérés en début de semaine.

    Dans le cas de Patient Ligodi, ce mercredi, il s’agirait d’une « bavure » !  Tatiana Ossango, elle, dans une conférence de presse surréaliste (digne des régimes dictatoriaux) a dû expliquer qu’elle avait été bien traitée, que les agents de l’ANR qui l’ont kidnappée en pleine rue alors qu’elle revenait paisiblement du marché avec sa fille de 4 ans, avant de la séquestrer pendant 12 jours,  s’étaient comportés comme de vrais parents !

    Mais les faits sont éloquents. Des journalistes qui faisaient simplement leur travail ont été arrêtés et/ou violentés. Les faits sont têtus. Et ces dérives sont des signes très inquiétants dans cette République que l’on voudrait vraiment démocratique du Congo.

    Ref. RDC : Les journalistes ciblés !

    JPSC

  • Mao est de retour

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    De Laurent Gayard sur l'Incorrect via artofuss.blog :

    Avec la réhabilitation du maoïsme, on assisterait donc à une nouvelle transformation du pouvoir à Pékin et au retour à un autoritarisme idéologique beaucoup plus marqué

    Le 19e Congrès du Parti Communiste Chinois décida, le 24 octobre de la même année, d’inscrire la pensée de Xi Jinping dans la charte du Parti communiste chinois au côté de la pensée de Mao Zedong et de la théorie de Deng Xiaoping. Depuis lors, les écoliers chinois, comme les détenus des camps de rééducation du Xinjiang, sont tenus d’apprendre par cœur les subtilités de la  « pensée de Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère ».

    Une nouvelle étape est en passe d’être franchie, en novembre prochain, avec la réunion plénière du Congrès du Parti Communiste Chinois qui aura pour mission de « résumer et célébrer 100 ans de lutte » à l’occasion du centième anniversaire de la création du Parti (qui tint sa première réunion dans les locaux d’une école de filles de la concession française de Shanghaï). À cette occasion, il est question que le PCC adopte de nouvelles « résolutions sur l’histoire » de la RPC.

    Deux « résolutions sur l’histoire » ont précédemment vu le jour en Chine. La première en avril 1945, en pleine guerre civile, dans le but de réaffirmer la prééminence du maoïsme sur ses rivaux idéologiques et la force de l’alliance avec l’Union Soviétique. La seconde en juin 1981, à l’initiative de Deng Xiaoping, à l’occasion de la sixième session plénière du 11e congrès du CCP, qui dénonçait les excès de la révolution culturelle et le rôle joué par Mao dans ces excès.

    Lire aussi : Alerte rouge en Chine : arrestation d’un évêque et d’ecclésiastiques

    À l’occasion de la sixième session plénière du 19e Congrès qui doit se tenir en novembre, il semble probable, à en croire un communiqué de l’agence de presse officielle Xinhua, qu’une troisième résolution pourrait revenir en arrière par rapport à l’ère Xiaoping et réhabiliter le rôle de Mao, mais aussi de la Révolution culturelle, dans la poursuite du processus révolutionnaire chinois jusqu’à Xi Xinping. Le président chinois a levé quasiment tous les obstacles à l’exercice d’un pouvoir sans partage. La chute de son rival Bo Xilai lui a permis d’éliminer un concurrent dangereux et d’accéder au pouvoir  en 2013. 

    Le congrès de 2017 a consacré son pouvoir et lui a permis de faire disparaître à la fois la limite d’âge – 68 ans pour un responsable politique de haut rang – et la limite de deux mandats consécutifs qui risquaient de lui poser problème. Aujourd’hui, au sein du secrétariat central du Politburo, composé de sept membres qui représentent le coeur du pouvoir politique chinois, Xi Xinping n’a plus de rival. Avec la réhabilitation du maoïsme, on assisterait donc à une nouvelle transformation du pouvoir à Pékin et au retour à un autoritarisme idéologique beaucoup plus marqué. La Chine est-elle sur le point de connaître un nouveau prince rouge ? Si c’est le cas, Peng Liyuan n’a pas fini de chanter.

  • 22 septembre - 31 octobre : 40 days for life "pour aider à mettre fin à l'injustice de l'avortement"

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    Du site de 40 days for life :

    traduction de la présentation :

    Aider à mettre fin à l'injustice de l'avortement

    40 jours pour la vie est une campagne de 40 jours coordonnée au niveau international qui vise à mettre fin à l'avortement au niveau local par la prière et le jeûne, la sensibilisation de la communauté et une veille pacifique toute la journée devant les établissements pratiquant l'avortement.

    PRIÈRE ET JEÛNE

    Le Christ nous a dit que certains démons ne peuvent être chassés que par la prière et le jeûne. Les deux vont de pair. La prière nous maintient enracinés dans le fait que notre désir est d'accomplir la volonté de Dieu. Le jeûne est un sacrifice qui nous aide à dépasser nos propres limites avec l'aide de Dieu.

    Chaque jour, pendant les 40 jours pour la vie, les individus, les églises, les familles et les groupes seront invités à s'unir dans la prière pour une demande spécifique, afin que le Corps du Christ tout entier puisse s'unir autour d'un objectif commun.

    Les personnes de foi sont également invitées à jeûner tout au long des 40 jours pour la vie. Nous croyons que lorsque le peuple de Dieu jeûne avec un esprit brisé, repentant et contrit, notre Père céleste entendra du ciel et guérira nos vies, nos églises, nos communautés, notre nation et notre monde.

    VEILLE CONSTANTE

    La pièce maîtresse visible et publique des 40 jours pour la vie est une veillée de prière ciblée, de 40 jours, non-stop, 24 heures sur 24, devant un seul centre Planned Parenthood ou autre établissement pratiquant l'avortement dans votre communauté.

    Il s'agit d'une présence pacifique et éducative. Ceux qui sont appelés à témoigner pendant cette présence 24 heures sur 24 envoient un message puissant à la communauté sur la réalité tragique de l'avortement. C'est aussi un appel à la repentance pour ceux qui travaillent dans le centre d'avortement et ceux qui le fréquentent.

    Si vous n'avez pas de centre d'avortement ou de bureau de Planned Parenthood dans votre ville, vous pouvez tout de même organiser les 40 jours pour la vie ; cependant, vous devrez choisir un autre endroit qui a une certaine importance stratégique - peut-être près de la mairie, d'un palais de justice ou d'une intersection très visible.

    SENSIBILISATION DE LA COMMUNAUTÉ

    Pendant les 40 jours pour la vie, le message est porté de manière proactive dans tous les coins de votre communauté. La sensibilisation des médias se fait par le biais de reportages, d'émissions-débats et d'éditoriaux soigneusement ciblés. La participation des églises commence par des rencontres avec les pasteurs locaux, d'autres responsables d'églises et les membres de différentes congrégations.

    Une pétition et une campagne d'information en porte-à-porte sont lancées auprès de chaque foyer de votre ville. Les gens montrent visiblement leur soutien aux 40 jours pour la vie en portant des bracelets, en plaçant des panneaux dans leur jardin ou en affichant des autocollants sur leur véhicule.

    Si votre communauté possède un campus universitaire, un grand nombre d'étudiants peuvent être touchés par une action intense de 40 jours sur le campus. Cela peut consister en des campagnes de tracts, des témoignages publics, des campagnes de pétition, des expositions de tables, et bien plus encore.

  • Benoit XVI-Rémi Brague : même combat

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    Dans le cadre de conférences organisées à l’Université de Liège, l’Union des étudiants catholiques liégeois et le groupe de réflexion sur l’éthique sociale avaient invité, voici quelque temps déjà, le philosophe Rémi Brague, professeur ordinaire à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et à la Ludwig-Maximilian Universität de Munich. Membre de l’Institut, celui-ci a reçu le Prix de la Fondation Ratzinger-Benoît XVI. Elle rejoint la dénonciation, renouvelée aujourd’hui par le pape émérite (Un texte inédit de Benoît XVI sort en Italie ), de l’anthropologie mortifère que l’Occident postchrétien fait peser sur le monde.

    the-preaching-of-the-antichrist-luca-signorelli.jpgVoici, en synthèse, un rappel de cette conférence intitulée :  « Eclipse de Dieu, éclipse de l’homme ». Elle n’a pas pris une ride :

    Mort de Dieu, mort de l’homme

    Le titre est une métaphore empruntée à l’œuvre du philosophe juif Martin Buber (Vienne 1878-Jérusalem 1965) illustrant  le thème de la mort de Dieu que l’on rencontre aussi chez Max Weber (Le désenchantement du monde, 1917) et, bien sûr, Friedrich Nietzche (le Gai Savoir, 1882) : plus que de triomphe, c’est un cri d’inquiétude auquel répond celui de la mort de l’homme que l’on trouve chez Léon Bloy, Nicolas Berdiaev ou André Malraux. Il a été repris et rendu célèbre par Michel Foucauld (Les mots et les choses, 1966) ramenant cette idée à la critique d’une incohérence logique : si le prototype disparaît, alors la copie doit aussi s’effacer. La thèse de Rémi Brague est moins innocente : selon lui, la disparition de Dieu à l’horizon de l’humanité pourrait, de fait, entraîner celle de l’humanité elle-même, sinon physique en tout cas ontologique: la disparition de ce qui fait l’humanité de l’homme.

    Echec de l’athéisme ?

    Pour Rémi Brague, l’athéisme est un échec. Sa faveur croissante dans l’opinion publique n’est pas une objection pertinente. Pour un philosophe, la quantité de gens qui défendent une opinion déterminée n’est pas un argument en soi : ni pour, ni contre. Mais d’autres succès spectaculaires sont à mettre au crédit de l’athéisme :

    Au niveau théorique d’abord, la science moderne de la nature n’a plus besoin d’une religion « bouche-trou » lorsqu’on cherche une explication du monde. Mais, on peut ici se demander si une religion a vraiment jamais prétendu expliquer comment le monde fonctionne. Quoi qu’il en soit, le Dieu horloger de Voltaire a vécu. Cette victoire théorique se complète d’une victoire dans la pratique politique, laquelle montre que les sociétés d’aujourd’hui peuvent s’organiser sans avoir besoin d’un principe supra humain de légitimité. Reste que toutes les religions ne cherchent pas à réglementer la société : on oublie trop à cet égard que le christianisme n’édicte pas de règles de conduite fondamentalement distinctes de celles que la raison naturelle a ou pourrait trouver par ses propres forces.  De fait, le Décalogue qui est ce qu’il a retenu de la Torah des juifs n’est jamais que le « kit » de survie de l’humanité : un minimum.

    Quoi qu’il en soit, les deux « victoires » de l’athéisme sont énormes dans l’histoire de l’humanité. Mais elles appellent tout de même deux observations :

    D’une part, l’athéisme n’est pas nécessairement l’affirmation militante de convictions agressives. Ce peut être d’abord un principe de méthode : une mise entre parenthèses du divin. C’est pourquoi on a inventé des termes comme « agnosticisme », « sécularisme » ou « humanisme » (un parti politique belge d’origine chrétienne a même adopté ce qualificatif). D’autre part, cet agnosticisme lui-même ne concerne pas que les questions religieuses : le positivisme philosophique se contente de connaissances « positives » sur le monde, sans chercher les causes dernières des phénomènes qu’il appréhende.

    Est-il légitime que l’homme existe ?

    Malgré tout cela, l’athéisme contient un défaut mortel, même sous sa forme atténuée de l’ agnosticisme. Il y a, en effet, une question sur laquelle l’athéisme n’a rien à dire dès lors que la racine de l’homme serait l’homme lui-même : s’il n’existe aucune instance supérieure à l’homme, comment celui-ci pourrait-il affirmer sa propre valeur?  Si c’est l’homme lui-même qui se juge, comme dirait Chesterton, c’est le signe du fou, dont l’histoire politique nous montre maints exemples.

    Au tournant des XVIIIe-XIXe siècles, Fichte, radicalisant la philosophie de Kant, croit avoir trouvé la solution : le divin est donné dans la loi morale qui est présente en nous et dont nous aurions tous conscience. Donc, il n’y a pas besoin de foi en Dieu mais, en revanche, il y a quelqu’un en qui nous avons besoin de croire : c’est l’homme.

    Croire en l’homme, malgré ce théâtre de grand guignol que représente l’histoire ? Nous avons eu, au XXe siècle, deux régimes explicitement athées : l’un anti-chrétien parce qu’anti-juif, l’autre anti-juif parce qu’anti-chrétien. « J’ai honte d’être un être humain » disait alors la philosophe allemande d’origine juive Hanna Arendt. Et aujourd’hui la question de la légitimité de l’être humain se fait encore plus concrète parce que nous avons, à grande échelle, les possibilités techniques d’en finir avec l’humanité. Or, comme disait Leibniz, les possibles ont une tendance à exister.  

    Mais, à supposer même que l’athéisme ne tue personne, est-il capable de donner des raisons de vivre ? L’homme n’est peut-être pas le gentil du film hollywoodien, c’est peut-être le méchant ou, comme disait le philosophe angliciste allemand Hartmann, la « sale bête » universellement prédatrice, universellement envahissante ne se contentant pas de sa niche écologique mais faisant irruption partout : si l’homme disparaissait, alors tout de même la nature serait libre.

    Que faire avec ce genre d’argument ?  Une réponse serait de dire qu’il y a un instinct de survie et que l’homme peut bien continuer à exister sans s’occuper de sa propre légitimité. Mais alors, le seul animal qui se pose la question des raisons de ce qu’il fait renoncerait à la raison à propos d’un problème qui met en jeu son existence.

    Cette impasse rationnelle n’appelle qu’une issue raisonnable : c’est de trouver un point de référence extérieur qui puisse dire qu’il est bon qu’il existe des hommes, un levier d’Archimède qui soit en droit de dire, justement parce qu’il n’est pas homme, que celui-ci, malgré tout, doit être sauvegardé et, conclut Rémi Brague, pour nommer ce point de référence extérieur, si vous trouvez un meilleur terme que Dieu, vous me faites signe.

    Dans son célèbre « Drame de l’humanisme athée » publié à la fin de la seconde guerre mondiale, le Père Henri de Lubac estimait que si l’on peut construire une société sans Dieu, elle serait inhumaine. Moins optimiste, Rémi Brague ajoute qu’une telle société serait séculaire au sens propre du terme, c’est-à-dire que raisonnablement, elle ne pourrait donner que la vie d’un individu humain en sa longévité maximale.

    JPSC

  • 95 attaques contre des églises catholiques aux États-Unis depuis mai 2020

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    De Kate Olivera sur le National Catholic Register :

    Les évêques signalent 95 attaques contre des églises catholiques aux États-Unis depuis mai 2020

    Les incidents comprennent des incendies criminels, la destruction de statues et la défiguration de bâtiments d'église et de pierres tombales avec des croix gammées et un langage anticatholique.



    13 septembre 2021

    Au moins 95 incidents de vandalisme sur des églises catholiques ont été signalés à travers les États-Unis depuis mai 2020, selon un rapport du Comité pour la liberté religieuse de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.

    Les incidents comprennent des incendies criminels, la destruction de statues et la défiguration de bâtiments d'église et de pierres tombales avec des croix gammées et des propos anticatholiques. 

    "Que ceux qui ont commis ces actes soient des individus perturbés appelant à l'aide ou des agents de la haine cherchant à intimider, ces attaques sont les signes d'une société qui a besoin de guérison", ont écrit l'archevêque Thomas Wenski de Maimi, président du comité de l'USCCB sur la liberté religieuse, et l'archevêque Paul Coakley d'Oklahoma City, président du comité de l'USCCB sur la justice domestique et le développement humain, dans une déclaration publiée en juillet 2020. 

    "Dans ces incidents où les actions humaines sont claires, les motivations ne le sont toujours pas. Alors que nous nous efforçons de comprendre la destruction de ces symboles sacrés d'amour et de dévotion désintéressés, nous prions pour ceux qui en sont responsables et nous restons vigilants pour éviter que cela ne se reproduise", ont écrit les évêques. 

    Le dernier incident inclus dans le rapport a eu lieu le 5 septembre. Des vandales ont graffité une porte et deux panneaux dans une église catholique à Louisville, Colorado, à environ 30 km au nord-ouest de Denver.

    Des incidents se sont produits dans 29 États.

    Le rapport mentionne 12 incidents en Californie depuis mai 2020, dont la dégradation et le retrait d'une statue de St Junipero Serra en octobre 2020 et un incendie criminel en juillet 2020 qui a détruit des parties d'une église de mission vieille de 249 ans à San Gabriel.  

    Le rapport cite également 14 incidents à New York, dont des graffitis anti-catholiques et anti-police sur l'extérieur de la cathédrale St. Patrick en janvier. 

    Dans certains cas, les diocèses ont demandé un renforcement de la sécurité suite à des actes de vandalisme.  

    Le diocèse de Brooklyn a demandé une présence policière accrue en mai, après deux incidents de vandalisme sur des propriétés d'église en trois jours. Une statue représentant la Sainte Mère tenant l'enfant Jésus a été découverte vandalisée à l'extérieur des bureaux administratifs du diocèse, avec le Christ décapité. Un crucifix exposé à l'extérieur d'une paroisse a également été retrouvé renversé, et un drapeau américain à l'extérieur du presbytère a été brûlé. Les deux incidents ont fait l'objet d'une enquête en tant que crimes haineux potentiels. 

    "Nous sommes très préoccupés par l'existence d'une tendance aux crimes haineux contre les catholiques", a déclaré Mgr Anthony Hernandez, le modérateur de la curie du diocèse, dans une déclaration à la suite des attaques. 

    "Notre nation se trouve à une heure extraordinaire de conflit culturel", ont écrit les archevêques Wenski et Coakley. 

    "La voie à suivre doit passer par la compassion et la compréhension pratiquées et enseignées par Jésus et sa Sainte Mère. Contemplons, plutôt que de détruire, les images de ces exemples de l'amour de Dieu. En suivant l'exemple de Notre Seigneur, nous répondons à la confusion par la compréhension et à la haine par l'amour."

  • Des Etats-Unis à l'Europe : tous unis contre la vie et le famille

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    De Mauro Faverzani sur le site de Correspondance européenne :

    Tous contre la vie et la famille aux États-Unis et en Europe

    Davantage d’avortements aux Etats-Unis, l’Italie parie sur l’euthanasie et au sein de l’UE, fait son apparition une liste noire.

    Partons d’une constatation, une tragique constatation. Les avortements aux Etats-Unis, en 2019, ont vu leur nombre augmenter de 2,3% par rapport à l’année précédente. C’est ce que révèle un rapport mis au point par le Charlotte Lozier Pro-Life Institute. Le document montre les statistiques de 39 Etats américains et bien que manquent des données relatives aux 11 derniers Etats, les chiffres indiquent malheureusement une tendance constante à la hausse non seulement par rapport à 2018 mais aussi par rapport à 2017. Le taux d’avortement a augmente – dans 21 des 39 Etats pris en considération, en particulier dans l’Illinois, en Géorgie, au Texas et en Floride – et a diminué dans 17 autres, in primis le Missouri, le Tennessee et le West Virginia.

    Les lois plus permissives en la matière adoptées à partir de 2018 ne sont guère porteuses d’espoir et préparent des pourcentages encore plus lourds en termes de vies brises dès le sein maternel. Pour ne pas parler des avortements chimiques, eux aussi en hausse, de 41% en 2018 et de 44% en 2019, des chiffres qui ne peuvent qu’avoir empiré avec la pandémie.
    C`est notamment pour cette raison que S.Exc. Mgr Salvatore Cordileone, Archevêque métropolitain de San Francisco, dans un article paru le 5 septembre dernier dans les colonnes du Washington Post, a demandé à ce que soit affronté avec urgence la question de l’excommunication des partisans de l’avortement à savoir « d’un grand mal moral » parmi lesquels il place également les hommes politiques qui se sont exprimés contre la récente loi en faveur de la vie adoptée au Texas, tels que le Président Biden et la Présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, qui se professent tous deux catholiques en paroles mais pas dans les faits. Mgr Cordileone a fait remarquer que le Texas a investi 100 millions d’USD pour financer les centres de grossesse, des agences d’adoption et de maisons de maternité, fournissant d’abord et avant tout des consultations gratuites à quiconque désire avoir des enfants, des aides à la parentalité et à la formation au travail afin de garantir aux jeunes couples un revenu convenable pour les couts d’une famille. « La réponse aux grossesses en crise n’est pas la violence mais l’amour tant pour la mère que pour l’enfant » a déclaré l’Archevêque.

    Alors qu’aux Etats-Unis se combat une bataille passionnée pour la vie, le système médiatique poursuit sa campagne tenace sur le front opposé, ainsi que l’a confirmé l’attribution du Lion d’or du Festival de Venise au film français L’événement, dont l’héroïne est une jeune femme qui a avorté, préférant sa carrière à la grossesse. Le film a pour toile de fond la France du début des années 70, dans laquelle l’avortement était encore illégal sans que pour autant cela ait arrêté cette femme, cette mère, applaudie dans le film pour son choix, tuant de manière clandestine la créature vivante existant dans son sein, comme si en cela se trouvait qui sait quelle affirmation de droits ou qui sait quelle noblesse morale et non une prétention d’opportunité ayant couté la vie à son enfant. Quel mérite y a-t-il en cela ? Malgré cela, le 78ème Festival international du cinéma de Venise a exalté, soutenu et promu les faits et gestes de son “héros”. Un prix qui dégouline du sang versé par tous les petits innocents sacrifiés sur l’autel de la carrière et de l’égoïsme.

    Du reste, les chroniques attestent que le tournant en faveur de l’avortement de l’Italie n’a pas été récemment certifié par les événements médiatiques mais aussi par des choix politiques o combien outrageux. La détermination avec laquelle le Ministre de la Santé, Roberto Speranza, a déclaré vouloir accélérer la légalisation de l’euthanasie en constitue un triste exemple. Il veut le faire en bâillonnant totalement le Parlement et sans impliquer la Conférence Etat-Régions sous prétexte d’appliquer la décision de la Cour constitutionnelle 242/19 relative au suicide assisté, décision par ailleurs absolument non contraignante.

    D’où vient donc tant de fougue, tant de fureur dans la promotion au niveau planétaire d’une culture de mort ? Un indice peut arriver d’un intéressant reportage publié en juin dernier par l’Agence InfoCatólica. Selon l’enquête en question, l’EPF, le forum parlementaire européen pour les « droits sexuels et reproductifs » aurait lancé une action politique féroce visant à discréditer d’importantes organisations catholiques, coupables d’être en faveur de la vie, de la famille et opposées à la théorie du genre.

    Voici quelques trois mois en arrière, l’EPF a présenté un rapport intitulé : « La pointe de l’iceberg : des financeurs religieux extrémistes contre les droits fondamentaux relatifs à la sexualité et à la santé reproductive en Europe 2009-2018 ». Impossible d’imaginer un titre plus clair que celui-ci, en tenant compte surtout du fait que le texte est paru peu de jours avant le vote relatif au Rapport Matić bien connu et dans le but évident d’en conditionner le sort… On notera que le fait d’avoir une opinion simplement différente sur des thèmes à caractères clairement moraux comporte une condamnation immédiate pour extrémisme. Dans son document, l’EPF indique par exemple que « le cadre émergent est celui d’une communauté transnationale d’extrémistes religieux et d’acteurs d’extrême-droite qui prennent des décisions stratégiques de financement au-delà des frontières nationales ». Suit une longue liste, sorte de liste noire de sigles, tous fichés, mais sans qu’aucune preuve de ce qui est avancé ne soit fournie – pas plus qu’elle ne pourrait l’être – en ce qui concerne des activités illégitimes ou illicites. D’où des critiques pleuvant sur l’Eglise catholique, le Saint-Siège, certains Cardinaux européens, la COMECE – Commission des Conférences épiscopales de l’Union européenne – mais aussi contre des associations dotées d’un « poids financier » dont les Cavaliers de Colomb américains et la Fondation française Jérôme Lejeune, ainsi que de simples particuliers.

    Paradoxalement, indique InfoCatólica, qui montre du doigt l’EPF, ce dernier résulte être soutenu par des organisations milliardaires telles que la Fondation Bill et Melinda Gates, l’International Planned Parenthood Federation, la Commission européenne, l’Open Society Foundation de George Soros, le Wallace Global Fund, la Fondation MacArthur, la Summit Foundation et la Fondation Hewlett, noms tristement célèbres et rangés dans la bataille contre la vie et la famille.

  • "L'avortement: c'est plus qu'un problème, c'est un meurtre"; la conférence de presse du pape lors du vol de retour de Slovaquie

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    De Vatican News (traduction de travail) :

    Conférence de presse du Pape François : l'Église est proche et compatissante, pas politique

    S'adressant aux journalistes sur son vol de retour de Slovaquie, François a évoqué le dialogue avec les autorités hongroises, l'antisémitisme et les vaccins, ainsi que la question de l’accès à la communion pour les politiciens qui approuvent les lois sur l'avortement.

    «L'avortement est un meurtre» : le Pape a répété que l'Église ne change pas de position, tout en remarquant que «chaque fois que les évêques n’ont pas traité un problème en tant que pasteurs, ils ont pris parti pour le côté politique». C'est ce qu'a déclaré le Pape François en s'adressant aux journalistes sur le vol Bratislava-Rome, au terme de son voyage à Budapest et en Slovaquie.

    Voici une traduction intégrale de son échange avec les journalistes :

    Istávan Károly Kuzmányi (Magiar Kurir) :

    Saint-Père, merci pour votre visite à Budapest où vous avez cité le cardinal Mindszenty qui avait dit: «S'il y a un million de Hongrois qui prient, je n'ai pas peur de l'avenir...». Pourquoi avez-vous décidé de participer après 21 ans au Congrès eucharistique de Budapest et comment voyez-vous le christianisme en Europe ?

    Certains ont mal vu la visite à Budapest, c'était prévu comme ça, mais j'ai promis à votre Président de voir si je peux revenir l'année prochaine ou la suivante. Il y a tellement de valeurs des Hongrois, j'ai été frappé par le sens de l'œcuménisme avec une grande, grande profondeur.

    De manière générale, l'Europe - je le dis toujours - doit reprendre les rêves de ses pères fondateurs. L'Union européenne n'est pas une réunion pour faire des choses, il y a un esprit derrière l'UE dont Schuman, Adenauer, De Gasperi ont rêvé. Il y a un risque qu'elle ne soit qu'un bureau de gestion, et ce n'est pas bon, elle doit aller jusqu'à la mystique, chercher les racines de l'Europe et les faire avancer. Et tous les pays doivent aller de l'avant. Il est vrai que certains intérêts, peut-être pas européens, tentent d'utiliser l'Union européenne à des fins de colonisation idéologique, et ce n'est pas bon.

    J'étais avec vous l'année dernière en Transylvanie, cette messe était magnifique. (ndr : en 2019, lors de sa visite en Roumanie, le Pape avait célébré une messe à Sumuleu-Ciuc, dans l’ouest du pays, en présence de nombreux catholiques de la minorité hongroise et de pèlerins venus directement de Hongrie).

    Bohumil Petrik (Dennik Standard) :

    La vaccination a divisé les chrétiens en Slovaquie. Vous dites que c'est un acte d'amour de vacciner, mais il y a eu différentes approches dans les diocèses. Comment pouvons-nous nous réconcilier sur cette question ?

    C'est un peu étrange car l'humanité a une histoire d'amitié avec les vaccins : rougeole, polio... peut-être que cette virulence est due à l'incertitude, pas seulement de la pandémie. Il y a la diversité des vaccins et aussi la réputation de certains vaccins qui sont un peu plus que de l'eau distillée, et cela a créé une crainte. Il y en a d'autres qui disent que c'est un danger parce qu'ils disent qu'avec le vaccin on reçoit le virus en soi.

    Même dans le collège des cardinaux, il y a des négationnistes, et l'un d'entre eux, le pauvre, est hospitalisé avec le virus. L'ironie de la vie. Je ne peux pas bien l'expliquer… Certains disent que les vaccins ne sont pas suffisamment testés. Il faut que ce soit clair: tout le monde au Vatican est vacciné, à l'exception d'un petit groupe qui fait l'objet d'une étude pour l'aider.

    Daniel Verdú Palai (El Pais) :

    Dimanche matin, vous avez eu une réunion avec Orban et vous pouvez comprendre certaines des différences. Nous avons voulu savoir comment s'est déroulée la rencontre, s'ils ont abordé la question des migrants et ce qu'il pense des lois sur les homosexuels qu'il a promulguées.

    J'ai reçu une visite, le président est venu me voir, il a eu cette courtoisie, c'est la troisième fois que je le rencontre, et il est venu avec le premier ministre et le vice-ministre. Le Président a pris la parole. Il a expliqué comment ils purifient les rivières, des choses que je ne connaissais pas. J'ai ensuite demandé quel était l'âge moyen, car je m'inquiète de l'hiver démographique.

    En Italie, l'âge moyen est de 47 ans, et je pense que c'est encore pire en Espagne, où de nombreux villages sont vides ou comptent de nombreuses personnes âgées. Comment résoudre ce problème? Le président m'a expliqué la loi dont ils disposent pour aider les jeunes couples à se marier et à avoir des enfants. C’est intéressant. C'est une loi qui est assez similaire à la loi française, mais plus développée.

    Ils m'ont expliqué cela, là ils ont ajouté quelque chose, le premier ministre et le vice-ministre sur comment était cette loi. Sur l'immigration, rien. Puis nous sommes retournés à l'écologie aussi.

    La famille, au sens de la démographie : vous pouvez voir qu'il y a de nombreux jeunes, de nombreux enfants. En Slovaquie aussi, il y a beaucoup de jeunes couples. Le défi consiste maintenant à trouver des emplois, afin qu'ils ne se mettent pas à en chercher. Mais ce sont les choses... Le président a toujours parlé, les deux ministres ont ajouté quelques données. La réunion a duré assez longtemps, environ 40 minutes.

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  • Chine : "pucer" les écoliers pour mieux les surveiller

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    Du site du Point.fr :

    Chine : des élèves de primaire surveillés grâce à une puce électronique

    Ce nouveau dispositif, mis en place dans une école de la ville de Zhuhai, permet de renforcer la sécurité des élèves, explique « Courrier international ».

    C’est un système de surveillance qui pourrait bien devenir la norme dans les établissements scolaires chinois. Comme le rapporte le journal Zhuhai Tequ Bao, dans un article repéré par Courrier international, une école primaire de la ville de Zhuhai, dans le sud-est de la Chine, a mis en place un système de puce électronique intégrée dans le col de chemise des élèves afin de surveiller leurs faits et gestes. Cette innovation permet notamment aux élèves d’accéder à leur classe sans avoir à scanner leur carte ou leur visage, avec un système de reconnaissance faciale.

    Selon Yan Wengui, le directeur de l’école ce nouveau sytème de surveillance paraissait nécessaire tout simplement parce qu’il avait détecté avant sa mise en place « certaines failles de la gestion scolaire », explique-t-il au journal local. Cette puce électronique permet notamment de collecter des informations concernant la trajectoire des élèves ou le temps qu’ils passent dans les différentes zones de l’établissement scolaire.

    Un dispositif qui renforce la sécurité des enfants

    Ces données sont ensuite transférées sur une plateforme d’information qui est à disposition de la direction de l’école, des professeurs mais aussi des parents d’élèves. Une manœuvre qui permet, selon Yan Wengui, de renforcer la sécurité des enfants. En effet, en cas de repérage d’une zone dangereuse ou d’un trajet inhabituel, le système envoie directement une alerte aux parents, aux enseignants et à la direction de l’école pour les avertir d’une situation à risques.

  • Le 11 septembre a-t-il changé le monde ?

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    De Stefano Magni sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    11 septembre : 20 ans après, la capitulation morale de l'Occident

    11-09-2021

    Vingt ans après le 11 septembre, nous nous souvenons du jour "qui a changé le monde", comme l'écrivent de nombreux commentateurs. Mais il faut comprendre, le cas échéant, pourquoi le 11 septembre n'a pas du tout changé le monde. Al-Qaïda est toujours là, Isis est né, le djihadisme est toujours en expansion, même les Talibans, vaincus alors, sont de retour au pouvoir. Que s'est-il passé ? Les États-Unis et leurs alliés n'ont jamais subi de défaites militaires. C'est la politique qui a décidé d'arrêter de se battre. Et elle l'a fait sous l'impulsion de trois véritables puissances de la pensée contemporaine : le matérialisme, le relativisme et le tiers-mondisme.

    11 septembre

    Vingt ans après le 11 septembre, nous nous souvenons du jour "qui a changé le monde", comme l'écrivent de nombreux commentateurs. Mais il faut comprendre, le cas échéant, pourquoi le 11 septembre n'a pas du tout changé le monde. Oussama ben Laden a été tué (le 2 mai 2011), le cerveau de l'attaque du 11 septembre, mais Al-Qaïda est vivant, à la fois comme idéologie et comme mouvement armé. Et il est toujours dirigé par son idéologue, l'Égyptien Ayman al Zawahiri. La galaxie djihadiste est en expansion, pas en recul. En 2001, l'État islamique, né d'une côte d'Al-Qaïda, n'existait pas encore : il a fallu quatre ans (2014-2018) pour détruire son entité territoriale entre la Syrie et l'Irak, mais en tant que mouvement terroriste, il existe toujours et fait du prosélytisme dans tout le monde musulman. En Europe, nous n'étions pas encore conscients du phénomène des agresseurs islamiques agissant de leur propre chef, les "loups solitaires", mais depuis les années 1910, ils sont malheureusement devenus un cauchemar constant pour la sécurité publique.

    L'Occident semble être sur la bonne voie : les Américains viennent de quitter l'Afghanistan, mais aussi les Français se retirent du Sahel (une terre de conquête pour Al-Qaïda depuis la fin des années 1990) et l'administration Biden a promis de quitter l'Irak d'ici la fin de l'année. Mais partout, l'Occident est loin de laisser en place des gouvernements amis luttant contre le terrorisme, mais bien des gouvernements instables (au Sahel), amis de l'ennemi (Irak) ou ouvertement pro-terroristes. L'Afghanistan, où tout a commencé, en est un bon exemple. Les talibans, qui ont accueilli Ben Laden et lui ont permis de perpétrer les attentats de New York et de Washington, non seulement existent toujours, mais sont de nouveau au pouvoir. Vingt ans après le 11 septembre, ils peuvent former leur propre gouvernement, avec un premier ministre figurant sur la liste noire des terroristes de l'ONU et un ministre de l'intérieur recherché par le FBI.

    Et pourtant, le 11 septembre a été le moment où "nos yeux se sont ouverts" à la menace islamique, comme l'a si bien décrit Oriana Fallaci dans son célèbre ouvrage The Rage and the Pride. Pourquoi les avons-nous refermés au cours des vingt années suivantes ? Comme nous l'avons déjà écrit dans ces colonnes, la défaite dans la guerre contre le djihadisme n'est pas militaire, mais politique. Il faudrait, à ce stade, comprendre pourquoi la politique a décidé d'arrêter le combat, tout d'abord aux États-Unis, mais aussi dans les gouvernements alliés européens. Derrière les raisons politiques, il y a toujours de fortes raisons culturelles. Examinons-en quelques-unes : le matérialisme, le relativisme, le tiers-mondisme.

    Matérialisme : les classes dirigeantes américaines et occidentales en général se sont révélées tellement sécularisées qu'elles ne comprennent pas comment fonctionne un mouvement religieux et millénaire tel que les mouvements djihadistes (Al-Qaïda, État islamique et leurs alliés locaux). La démonstration de la mesure dans laquelle les dirigeants occidentaux n'ont pas compris, jusqu'au dernier moment, comment l'ennemi raisonne, se trouve également dans les phrases déconcertantes de Zalmay Khalilzad, l'envoyé de paix américain pour la crise afghane. À la veille de la chute de Kaboul, il a averti les talibans : "Tout gouvernement qui prendrait le pouvoir par la force en Afghanistan ne serait pas reconnu par la communauté internationale". Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a également dit plus ou moins la même chose. Outre le fait que les talibans ne sont nullement isolés (ils ont le Pakistan et la Chine de leur côté), l'idée même qu'ils puissent être intimidés par la perspective d'un isolement international est ridicule. Les Talibans ont une vision religieuse du monde, ils se préoccupent de l'au-delà et de la manière de conquérir le paradis, bien plus que d'être diplomatiquement reconnus par des États (laïques, donc infidèles) avec lesquels ils peuvent faire des affaires.

    Le monde des experts en relations internationales a toujours privilégié une interprétation matérialiste du conflit avec les djihadistes. Après avoir ridiculisé l'un des rares dissidents, Samuel Huntington, auteur du Choc des civilisations, le monde universitaire a soutenu, par exemple, que l'objectif des Talibans était de représenter la majorité pachtoune en Afghanistan et que l'objectif de l'État islamique était de s'emparer des riches ressources du nord de l'Irak au nom et dans l'intérêt des Arabes sunnites. Comme le note amèrement l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, l'interprétation actuelle est qu'il n'existe pas de menace djihadiste mondiale et qu'il est considéré comme politiquement incorrect de nommer l'islam radical : chaque cause est locale et l'objectif est toujours rattachable à un intérêt matériel quelconque. Le politicien est donc conduit à rechercher des accords locaux, avec des critères purement politiques, sans faire face à aucun défi idéologique ou religieux. Et les djihadistes traitent volontiers, s'ils ont alors la perspective de tromper l'ennemi et de gagner la guerre.

    L'incapacité d'une culture sécularisée à comprendre la cause religieuse de cette guerre est particulièrement évidente face aux "loups solitaires". Si un seul djihadiste décide de mener une action suicidaire pour se tuer et tuer ses victimes "infidèles" ou "apostats", il ne peut en effet être motivé par un quelconque intérêt politique ou matériel. Mais dans ce cas, les médias et les politiciens préfèrent recourir à l'explication psychiatrique. S'il le fait, ce n'est pas parce qu'il est musulman, mais parce qu'il est "fou", avec des diagnostics posés post mortem, immédiatement après le meurtre ou le suicide du kamikaze et sans même vérifier ses antécédents.

    Le relativisme, dénoncé par le pape Benoît XVI comme la dictature (culturelle) de notre époque, est certainement à l'origine d'une grande partie de ce raisonnement matérialiste. Le relativisme empêche le philosophe de distinguer le vrai du faux, et donc aussi le juste de l'injuste, et ne lui permet donc pas d'affirmer qu'un système politique est supérieur à un autre. La seule interdiction qui subsiste concerne le jugement d'une autre culture. Si nous avions adopté le même critère dans les années 30 et 40, nous aurions dû dire que les pays libres n'avaient rien à apprendre au régime nazi, car chacun a son propre système de valeurs. Ce fut le cas dans ce long conflit. Dans un petit épisode, aujourd'hui oublié, le Premier ministre de l'époque, Silvio Berlusconi, a déclaré après le 11 septembre que la civilisation occidentale, attaquée, était "supérieure". Face aux menaces de boycott de ses partenaires commerciaux musulmans et sous une pression médiatique insupportable, Berlusconi a dû se rétracter. Dans un épisode beaucoup plus célèbre, la magistrale conférence de Ratisbonne de Benoît XVI, qui mettait en garde contre le danger de la raison détachée de la foi (en Occident) ainsi que de la foi détachée de la raison (dans le monde islamique), a été attaquée dans le monde entier, provoquant des épisodes de violence anti-chrétienne dans plusieurs pays musulmans (ce qui a indirectement démontré l'utilité de cette conférence). Lors de sa première administration, Barack Obama a supprimé toute référence au terrorisme "islamique" des directives de formation de la police afin de ne pas offenser la religion des musulmans. Obama est allé jusqu'à qualifier l'État islamique de "non-islamique". L'administration Biden va plus loin en indiquant clairement dès le départ qu'elle considère le danger du "suprémacisme blanc" d'extrême droite comme plus grave que la menace djihadiste.

    Le tiers-mondisme (un terme des années 1960 pour désigner l'idéologie marxiste à l'appui des mouvements socialistes nés dans le monde post-colonial) est, enfin, dominant non seulement dans les mouvements antagonistes. La preuve, ici aussi, réside dans la réaction en choeur quasi unanime du monde des ONG immédiatement après le 11 septembre : qui sème le vent récolte la tempête. Quatre jours auparavant, trois mille représentants d'ONG, participant à la Conférence contre le racisme à Durban, avaient présenté une résolution assimilant le sionisme au racisme et demandant une compensation pour les victimes du colonialisme et de la traite des esclaves. Dans une vision du monde où tous les maux proviennent de l'Occident (les États-Unis et Israël en particulier), même l'attaque contre l'Amérique était considérée comme une "réponse" des "pauvres" au monde des "riches". Si le 11 septembre a été une "réponse", il faut en affronter la raison par le dialogue, en essayant d'écouter les raisons de ceux qui ont été exaspérés au point d'en arriver au suicide pour assassiner 3 000 civils américains. Et cette mentalité transversale a lié les mains des politiques à chaque fois qu'il y a eu une réponse militaire au terrorisme. Elle est également à l'origine de la pression exercée sur Israël pour qu'il accorde un État à la Palestine : une perte de temps et d'énergie diplomatique, non seulement parce que les dirigeants palestiniens ont toujours refusé, mais aussi parce que le mouvement djihadiste ne bouge pas uniquement à cause de la Palestine, l'un de ses nombreux fronts.

    Le matérialisme, le relativisme et le tiers-mondisme sont trois puissances de la pensée qui ont finalement conduit la politique à cesser de combattre le djihadisme. Nos opinions publiques, dont l'attention est captée par le Covid, aux Etats-Unis également par les élections les plus contestées de l'histoire récente, le terroriste islamique est devenu le dernier de nos soucis. Si nous avons de la chance, il en sera toujours ainsi. Mais le djihadiste, contrairement à l'homme occidental moyen, peut raisonner en termes religieux universels, n'a pas la même notion du temps que nous, et s'est montré capable de gagner une guerre en vingt ans (une génération). Maintenant, nous semblons collectivement vaincus. Ainsi, un nouveau 11 septembre peut se reproduire.

  • Chine : un nouvel évêque proche du parti communiste consacré à Wuhan

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    De Courtney Mares sur Catholic News Agency :

    Le nouvel évêque de Wuhan consacré selon les termes de l'accord entre le Vatican et la Chine
     
     The episcopal ordination of Francis Cui Qingqi in Wuhan, China, on Sept. 8, 2021
     
    L'ordination épiscopale de Francis Cui Qingqi à Wuhan, en Chine, le 8 septembre 2021 / www.chinacatholic.cn.

    Salle de presse de Rome, 8 sept. 2021

    Un nouvel évêque de Wuhan, en Chine, a été ordonné mercredi selon les termes de l'accord Vatican-Chine, a confirmé un porte-parole du Vatican.

    Mgr Francis Cui Qingqi, 57 ans, est le sixième évêque à être consacré en Chine depuis que le Saint-Siège a signé un accord provisoire avec le gouvernement chinois en septembre 2018.

    Selon le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, le pape François a nommé Cui comme évêque du diocèse de Hankou/Wuhan le 23 juin et son ordination épiscopale a eu lieu le 8 septembre à Wuhan, la ville où les premiers cas de COVID-19 ont été signalés.

    Le nouvel évêque ordonné est un franciscain qui serait proche du gouvernement chinois.

    Le diocèse de Wuhan n'a pas eu d'évêque au cours des 14 dernières années, et le père Cui a comblé le vide dans une position de direction non officielle depuis 2012.

    Après avoir étudié à Pékin, le père Cui a été nommé par les autorités provinciales du Parti communiste chinois (PCC) à la tête d'un "comité de gestion" de cinq membres chargé de superviser le diocèse de Wuhan il y a neuf ans, selon un rapport publié en 2012 par le journal italien La Stampa.

    Cui a été nommé secrétaire adjoint de la conférence épiscopale sanctionnée par l'État en 2016 et est devenu le président de l'Association patriotique catholique du Hubei en janvier 2018.

    Il est né dans la province du Shanxi en 1964, 15 ans après la révolution communiste chinoise, et a été ordonné prêtre en 1991 à l'âge de 27 ans.

    En octobre 2020, le Vatican et la Chine ont renouvelé leur accord provisoire sur la nomination des évêques pour deux années supplémentaires. Les termes de l'accord n'ont pas été rendus publics.

    Mgr Cui est le quatrième évêque à être consacré depuis le renouvellement de l'accord. En juillet, le Vatican a annoncé l'ordination d'Anthony Li Hui comme évêque coadjuteur du diocèse de Pingliang.

    Le Père Bernardo Cervellera, ancien rédacteur en chef d'AsiaNews, a déclaré à CNA dans une interview le mois dernier : "D'après ce que j'ai vu, les évêques qui ont été ordonnés, nommés et ordonnés, sont tous président ou secrétaire de l'Association patriotique. Cela signifie donc qu'ils sont très proches du gouvernement."

    L'Église catholique a besoin d'environ 40 évêques supplémentaires en Chine, selon Cervellera.

    Le premier "évêque patriotique" nommé sans l'approbation du Vatican par le gouvernement communiste chinois en 1958 était originaire de Wuhan.

    Dong Guangqing, décédé en 2007, était président de l'Association catholique patriotique de Wuhan et vice-président du Comité administratif national de l'Église catholique chinoise.

    Le diocèse de Wuhan lui-même a été créé de manière autonome par les autorités communistes en fusionnant trois diocèses catholiques historiques : Hankou, Hanyang et Wuchang.

    L'ordination épiscopale de Mgr Cui a eu lieu dans la cathédrale Saint-Joseph, qui était à l'origine le siège du diocèse de Hankou, dans la ville de Wuhan.

    Cette ville de 11 millions d'habitants était autrefois un avant-poste pour les missionnaires catholiques qui y ont fondé des hôpitaux catholiques, dont l'actuel hôpital central de Wuhan, où est décédé le Dr Li Wenliang, qui a dénoncé le coronavirus.

    Le premier saint canonisé de Chine a été martyrisé par suffocation sur une croix à Wuhan. Saint Jean-Gabriel Perboyre, un prêtre missionnaire vincentien français, a été trahi par l'un de ses catéchumènes pour de l'argent, enchaîné, torturé, attaché à une croix en bois et étranglé à mort en 1840. (...)

  • Revirement historique au Mexique : la Cour suprême annule la législation sur le droit à la vie

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    De Matthew Cullinan Hoffman sur le Catholic World Report :

    La Cour suprême mexicaine annule la législation sur le droit à la vie dans un revirement historique

    La décision reflète une tendance à long terme d'agendas idéologiques imposés par les tribunaux, auxquels s'oppose la majorité des Mexicains.

    8 septembre 2021

    Alors que les Mexicains priaient et protestaient à l'extérieur, la Cour suprême du Mexique a voté hier pour annuler les lois des États qui protègent la vie des enfants à naître dès le moment de la conception, éliminant de fait toutes les sanctions pénales pour l'avortement au cours du premier trimestre de la grossesse, faisant du Mexique le plus grand pays d'Amérique latine à ce jour à légaliser l'avortement sur demande.

    Le décret du tribunal représente un revirement profond et surprenant par rapport aux décisions répétées affirmant le droit des États à légiférer sur l'avortement, et va à l'encontre des sentiments majoritairement pro-vie du public mexicain.

    Dans l'arrêt d'hier, dix ministres de la Cour suprême ont accepté d'annuler deux paragraphes cruciaux du code pénal de l'État mexicain de Coahuila : l'article 196, qui prévoit entre un et trois ans d'emprisonnement pour la femme qui demande un avortement et la personne qui le pratique, et l'article 198, qui ajoute jusqu'à six ans de suspension de l'exercice de la médecine pour les médecins ou les infirmières impliqués dans un avortement.

    La décision est considérée comme applicable à toutes les lois de nature similaire et devrait entraîner leur annulation dans des affaires futures.

    On ne sait pas encore si la Cour éliminera le droit des prestataires de soins de santé de ne pas pratiquer d'avortement pour des raisons de conscience, une question qui est également devant la Cour.

    L'avortement comme un "droit"

    Le président du tribunal, Arturo Zaldívar, a clairement indiqué qu'il considérait cet arrêt comme une consécration du "droit" des femmes à se faire avorter dans le pays.

    "Il s'agit d'un message que nous voulons envoyer. Il s'agit de la Constitution", a déclaré M. Zaldívar aux ministres réunis au sein du tribunal.

    Affirmant que l'avortement est un "droit constitutionnel, un droit fondamental, un droit de l'homme" - une affirmation qui est vigoureusement contestée au sein du système juridique mexicain depuis des décennies - Zaldivar a conclu que la Cour ne pouvait pas permettre qu'il soit poursuivi comme un crime.

    Il a également reproché à la loi de Coahuila de "stigmatiser les femmes et les gestatrices", un langage qui, pour les analystes, semble être un clin d'œil explicite aux idéologues du genre qui souhaitent inclure les "hommes" parmi ceux qui peuvent être enceintes. Au moins un autre ministre de la Cour a également utilisé le mot "gestatrice" ("gestante") en référence à l'arrêt.

    Bien que l'arrêt ne concerne directement que certaines lois du code de l'État de Coahuila, les principes qu'il cite sont considérés comme applicables à toutes les lois des États pénalisant l'avortement dans le pays.

    Si la décision n'est pas annulée, les analystes pensent qu'elle conduira à des procès qui annuleront même les nombreux amendements constitutionnels adoptés ces dernières années pour protéger les enfants à naître, établissant l'avortement à la demande dans tout le pays, au moins pendant le premier trimestre de la grossesse. L'effet sera d'instituer l'équivalent de la loi sur l'avortement de Mexico, qui a entraîné la mort de centaines de milliers d'enfants à naître depuis son adoption en 2006.

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