Jusqu'où ira l'ignominie des ex sociaux chrétiens ?
Du site du Soir :
« C’est une petite révolution et une victoire » : Les Engagés prêts à inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution
Un changement significatif pour les descendants du Parti social chrétien, mais qui ne pourra toutefois se concrétiser que durant la prochaine législature.
Les Engagés ont déposé à la Chambre une proposition de déclaration de révision de la Constitution afin d’inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution. Un changement significatif pour les descendants du Parti social chrétien, mais qui ne pourra toutefois se concrétiser que durant la prochaine législature.
Plusieurs groupes politiques ont déposé des propositions visant à inscrire ce droit dans la Constitution, suivant en cela ce qui s’est fait en France en 2024. Dans la majorité, le MR souhaite ainsi consacrer le droit à disposer de son corps. Les Engagés veulent quant à eux insérer un article 22/1 selon lequel « le droit de recourir à l’interruption volontaire de grossesse est garanti par la loi qui en détermine les conditions d’exercice. »
« C’est une petite révolution et une victoire », a affirmé mercredi la députée Carmen Ramlot, initiatrice de la proposition cosignée par huit de ses collègues centristes.
« Essentiel »
Comme d’autres, la députée fait le constat que les droits fondamentaux reculent dans le monde, notamment le droit à l’avortement inscrit dans la loi en Belgique depuis 1990. « Dans ce contexte, même si l’IVG est aujourd’hui déjà protégée par la loi, il apparaît essentiel d’inscrire explicitement ce droit dans la Constitution belge dans le but de renforcer cette protection, afin de protéger le droit à l’IVG contre le risque de voir une loi ordinaire le remettre en cause ultérieurement », dit la proposition.
Le débat sur une telle initiative a lieu actuellement en commission de la Constitution de la Chambre. Jusqu’à présent, il n’a pas abouti. A la fin de l’année passée, la majorité a rejeté une proposition des écologistes. L’Arizona est non seulement divisée sur la question (le CD&V juge une telle révision inutile), mais aussi confrontée à un problème juridique. L’actuelle déclaration de révision de la Constitution ne prévoit pas explicitement l’inscription du droit à l’avortement sous cette législature.
« Nous voulons respecter les procédures de révision de la Constitution, c’est le socle de notre démocratie. Si on commence à tordre les règles, même pour la bonne cause, on ouvre la boîte de Pandore », souligne la députée.
Un débat pour 2029
Le débat reprendrait donc sous la prochaine législature, en principe après 2029, le vote d’une déclaration de révision de la Constitution entraînant la dissolution des Chambres et la convocation d’élections.
Le sujet de l’avortement est revenu dans le débat politique il y a presque dix ans avec des propositions de moderniser la loi de 1990. Sous le gouvernement Michel, certaines dispositions ont été revues, mais les avancées les plus significatives sont restées lettre morte. Elles se sont systématiquement heurtées à une minorité de blocage constituée du CD&V, de la N-VA et du Vlaams Belang. En se muant de CDH en Engagés, les centristes francophones ont décidé de laisser la liberté de vote à leurs députés sur les sujets éthiques, à l’instar des libéraux.
Commentaires
... "Nous ne donnons pas la vie, nous la recevons" !
nous dit le prêtre dans son homélie, ce matin, sur KTO.
Evidemment oui !
Le parti "les engagés" n'a absolument plus RIEN à voir avec un Parti Catholique !
Les engagés ne se sont jamais revendiqués ’’Parti catholique ”. Les partis catholiques c’était pour le millénaire passé et ce n’est pas une mauvaise chose. Le problème ici, c’est que du personnel politique peu familier avec le droit confond constitution et liste à Saint Nicolas, liste dans laquelle ils seraient fiers d’avoir apporté leur petite contribution.
Honte à ce parti « Les engagés » qui a renié ses valeurs chrétiennes et à un comportement toujours plus opportuniste. Être de « l’extrême centre » permet de la jouer à gauche ou à droite, selon les opportunités du moment !
J’exècre ce parti pour lequel je votais jadis car il était le seul à protéger la vie ! Il y a 50 ans, un médecin avorteur allait en prison … dans peu de temps un médecin qui refuse d’avorter ira en prison : pauvre humanité : jusqu’où vas tu dans ton autodestruction ,
Ce n'est pas vraiment nouveau. Le ralliement des Engagés à la constitutionnalisation du droit à l'avortement remonte au moins à la campagne pour les élections de 2024. Ce qui est peut-être inédit, c'est que ce parti soit initiateur d'une proposition en ce sens. Les convertis se croient obligés de faire du zèle.
Il n'est plus adéquat de les appeler "ex-sociaux-chrétiens". Ils ne l'ont jamais été. La génération aux commandes a fait ses armes après l'OPA de Milquet sur feu le PSC. L'ancien ancrage a été méthodiquement éradiqué.
Un épisode récent est tout à fait significatif à cet égard. Le député De Maegd est passé du MR à la bande de Prévot … en proclamant qu'il restait libéral. C'est une preuve éclatante de l'absence de convictions d'une formation qui recrute des faiseurs de voix et bêle les slogans de l'époque.
On avait également remarqué, au niveau des fédérations politiques européennes, que les Engagés ont quitté, il y a 18 mois, le PPE pour rejoindre les macronistes de Renew.
Ceux qui continuent à voter pour ces déboussolés ne peuvent donc plaider l'ignorance. Chacun doit déterminer s'il privilégie le bien commun ou s'il préfère choisir le candidat qui a promis de subsidier son club de pétanque.
Notons que, contrairement à ce que certains laissent entendre, les jeux ne sont nullement faits. La N-VA, le VB et le CD&V disposent ensemble de plus d'un tiers des sièges parlementaires. Si ces 3 partis s'y opposent, il n'y aura pas d'inscription dans la Constitution. Le salut viendra-t-il de la Flandre ?
En réponse à Thierry notamment, le Parti social-chrétien n'a jamais été un protecteur de la vie. Ce ne fut que le fait de quelques personnalités, marginalisées à ce titre au sein du Parti. En 1989-1990, lors des débats qui ont conduit à l'adoption de la loi actuelle, le sénateur (coopté) Etienne Cerexhe déposa, avec la grosse majorité du groupe PSC, une proposition qui soumettait une série de cas d'avortements à l'approbation de l'appareil judiciaire. Il allait moins loin que Lallemand et Herman-Michielsens, mais il mettait bien le ver dans le fruit. Du côté du parti frère, le CVP, ce n'était guère mieux. Herman Van Rompuy, son président, ressortit une note du CVP-PSC de 1973, déjà! qui proposait des exceptions à l'interdit légal (viol, inceste...). Des cas limites très rares pour lesquels il n'y avait jamais eu de condamnation, mais dans tous les pays où ces exceptions avaient été introduites dans la loi, elles n'avaient fait que créer une brèche rapidement agrandie par la suite. Je mentionnerai encore Gérard Deprez, alors président du PSC, qui déclara à cette époque à une série de personnes, y compris à votre serviteur, qu'en matière d'avortement, "il ne faut pas être intégriste". Sans doute que pour lui, les évêques du monde entier réunis au concile Vatican II, qui qualifièrent l'avortement de "crime abominable", étaient tous des intégristes...