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Société

  • « Le prêtre, un être configuré au Christ »

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    Pour le mensuel « La Nef », entretien de Christophe Geffroy avec le Cardinal Robert Sarah :

    Fayard FFTQCNbX0AM3W0A.jpgPréfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements de 2014 à février 2021, le cardinal Robert Sarah nous offre de magnifiques « méditations sur la figure du prêtre » dans un nouvel ouvrage intitulé Pour l’éternité (1). Entretien autour de ce livre et sur les affaires d’abus sexuels sur mineurs qui secouent l’Église de France.

    La Nef – Votre livre est un magnifique plaidoyer pour le prêtre et sa vocation : pourquoi un tel livre aujourd’hui ? Et est-ce une coïncidence qu’il sorte au moment où l’Église de France est ébranlée par le scandale des abus sexuels et le rapport de la CIASE demandé par la Conférence épiscopale ?
    Cardinal Robert Sarah
     – J’ai voulu ce livre pour que tous, laïcs et prêtres, puissent redécouvrir l’essence du sacerdoce. Depuis des années, je reçois beaucoup de prêtres ébranlés, découragés et isolés. Je voulais les conforter dans leur vocation. J’ai aussi remarqué que les fidèles ne savent plus ce qu’est un prêtre. Soit on le méprise ou on le soupçonne de monopoliser un prétendu pouvoir, soit on en fait une star en raison de son activisme. Mais on ne regarde plus le prêtre pour ce qu’il est, un être configuré au Christ, époux de l’Église. Apprécions les prêtres pour ce qu’ils sont avant de regarder ce qu’ils font ! Je n’avais pas prévu que la sortie de ce livre coïncide avec le rapport de la CIASE. Mais cela s’est révélé providentiel.

    À l’heure où certains sont tentés d’inventer un nouveau sacerdoce, j’ai voulu laisser la parole aux saints car ils nous transmettent l’Évangile vécu. Ils dessinent dans ce livre la figure du prêtre tel que Jésus lui-même nous l’a laissée pour l’éternité. N’ayons pas peur de la recevoir et de l’aimer sans vouloir la retoucher pour la rendre conforme aux goûts du monde contemporain qui seront très vite démodés.

    On peut dire que votre livre va fondamentalement à l’opposé du mouvement actuel – et notamment du rapport de la CIASE qui va jusqu’à fustiger le « système patriarcal » de l’Église – qui tend à « désacraliser » la figure du prêtre, pour en faire un homme ordinaire exactement comme les autres, et qui devrait donc pouvoir être marié : quelles sont l’origine et les causes de cet abaissement de la vision du prêtre et que pensez-vous de ce rapport de la CIASE et de ses préconisations ?
    Il était nécessaire de faire la lumière sur les crimes commis par des prêtres. Il était juste de mesurer l’ampleur du péché et l’indifférence à ce péché qui avait fini par s’infiltrer dans les mentalités des évêques. La perte du sens du péché est une marque de la barbarie de notre époque. La manière dont les crimes pédophiles ont été traités en est une illustration tragique. Le système qui a entraîné le silence devant ces crimes est avant tout une forme de relativisme moral pratique. On a renoncé à désigner le mal, à dénoncer le bourreau, à punir le criminel sous prétexte d’une miséricorde mal entendue qui n’était que la couverture d’une culture de l’excuse, de la complaisance subjective et de l’oubli de la gravité objective du péché.
    Mais certains voudraient instrumentaliser ces péchés d’une minorité de prêtres (3 %) pour rendre responsable l’Église en elle-même et le sacerdoce lui-même. Pourtant l’immense majorité des prêtres (96 %) s’est montrée fidèle. Parce que certains prêtres ont succombé à une pratique pathologique et perverse de la paternité, de la sacralité et de l’autorité, on voudrait faire du prêtre un homme comme les autres, lui dénier son être de père, son caractère sacré ? Il y a là une erreur de raisonnement. L’immense majorité des crimes sexuels est commise par des hommes mariés et pères de famille. Est-ce la faute du mariage et de la paternité ? Faudrait-il supprimer la famille ?
    Derrière ce sophisme, il y a une erreur que le Catéchisme de l’Église catholique dénonce clairement : le péché n’est pas que le fruit d’une structure sociale. Nos comportements demeurent libres. Nous en sommes responsables. Si donc des prêtres se sont montrés pécheurs, c’est qu’ils ont oublié qui ils sont. Ils sont, par le sacrement de l’Ordre, configurés au Christ, époux et serviteur de l’Église pour l’éternité. Leur âme est marquée pour toujours par ce sceau que l’on appelle le caractère sacramentel qui les consacre à jamais. Cette consécration n’est pas un isolement hors de la réalité qui ouvrirait la porte à une forme de toute-puissance psychologique, elle est une mise à part pour Dieu qui engage à suivre le Christ comme serviteur jusqu’en son sacrifice, jusqu’à la Croix.

    Vous écrivez à juste titre que l’on assiste à une « laïcisation » des clercs et à une « cléricalisation » des laïcs : pourriez-vous nous expliquer ce double mouvement en nous donnant quelques exemples ? Et comment remettre les choses à l’endroit ?
    L’esprit du monde s’infiltre dans l’Église. Or l’esprit du monde est tissé de peur, de jalousie et de désir de domination. Dans l’Église, on a vu germer les rivalités et les luttes de pouvoir. J’en vois une des manifestations les plus terribles dans la rivalité entre les états de vie. Les clercs jalousent le caractère séculier des laïcs, ils les imitent servilement dans leur habillement, et renoncent à la soutane. Ils se mettent à vouloir investir l’action politique qui est le champ propre du laïcat. Beaucoup publient des textes, non pas sur la Parole de Dieu, mais sur la démocratie, la bonne gouvernance, la justice et la paix, sur l’écologie. Certains clercs refusent de se penser comme mis à part pour Dieu et l’Église. N’a-t-on pas vu récemment des prêtres revendiquer de siéger avec les laïcs dans la nef pendant la liturgie ?
    De même, les laïcs jalousent les clercs. Ils veulent les imiter, présider les liturgies, gouverner les paroisses, prêcher durant la liturgie dominicale. Voilà maintenant que l’on encourage une vaine et inutile lutte de pouvoir entre femmes et hommes. Certaines femmes veulent être prêtres et les prêtres reculent devant leur paternité spirituelle. D’où vient tant de confusion ?
    Je crois que l’on a introduit dans l’Église l’idée fausse et destructrice selon laquelle chaque charge, chaque état de vie est avant tout un pouvoir ou un droit. Dès lors, l’ensemble de la vie de l’Église est analysé en termes de lutte de pouvoir et de rapport de force. Cette structure de pensée héritée du marxisme a été popularisée à travers la French theory par les milieux universitaires américains. Selon cette herméneutique, toute société est fondamentalement un rapport de force et de domination. Les comportements ne sont dès lors plus que des luttes pour abolir ou préserver les structures de domination et de privilèges.
    Il est temps que cesse cette lutte entre les états de vie ! Ils n’ont pas à se partager un pouvoir de domination ! Dans l’Église, les états de vie (clérical, religieux, laïc) sont appelés à la communion et non à la compétition. Pour collaborer chacun doit être à sa place. C’est un des grands enseignements de Vatican II.

    Vous dénoncez vous aussi le « cléricalisme », mais pas dans le sens où on l’entend habituellement : quel est ce cléricalisme que vous dénoncez ?
    Je crois que le cléricalisme est une attitude qui touche aussi bien les clercs que les laïcs. Il menace dangereusement toute la structure et les membres de l’Église : depuis le pape, en passant par les prêtres, jusqu’aux derniers des laïcs. Il se caractérise comme une lutte pour le pouvoir et la domination : les laïcs se « cléricalisent » pour ravir le supposé pouvoir des clercs. Ils réclament des « ministères », conçus comme des privilèges extérieurs. Le cléricalisme est une attitude qui transforme un état de vie, un ministère ou une charge en propriété privée et en marchepied pour un ego complexé. Le pape François nomme cela l’auto-référencialité. Alors que chaque état de vie est une forme spécifique de référence au mystère du Christ et d’identification à un aspect de ce mystère, le cléricalisme s’approprie les missions qu’elles confèrent et en fait un instrument de pouvoir.
    Vatican II avait eu l’intention géniale et prophétique de mettre en lumière la complémentarité entre les états de vie et non pas leur concurrence ou leur rivalité agressive. Il faut relire Lumen gentium qui décrit les formes multiples d’exercice de la sainteté. La vocation propre des prêtres consiste à représenter sacramentellement le Christ-Pasteur au milieu de son peuple principalement par le don des sacrements, la prédication de l’Évangile, et le service de l’autorité mais aussi par toute leur vie. L’Église n’est pas un lieu de pouvoir mais de service. Je le redis : bien des laïcs sont plus compétents et mieux formés que les clercs en théologie ou en pastorale. Mais ils ne seront jamais capables de « tenir la place du Christ-Pasteur et d’agir en sa personne ».

    Vous fustigez l’erreur qui consisterait à désolidariser, dans l’Église, l’exercice de l’autorité et le ministère ordonné : pourquoi ce lien entre les deux est-il important ?
    On entend parfois affirmer qu’il serait nécessaire de désolidariser l’exercice de l’autorité et le ministère ordonné. On dit çà et là que le gouvernement dans l’Église peut être aussi bien le fait d’hommes que de femmes, de laïcs que de prêtres et d’évêques. De telles formules sont terriblement ambiguës et destructrices de la structure hiérarchique de l’Église, telle que voulue et organisée par Jésus-Christ Lui-même. Bien entendu, il y a des laïcs, hommes et femmes, plus compétents en communication, en management et en techniques de gouvernements que les prêtres. Il est nécessaire de leur donner les rôles d’expertise et de conseil qui leur reviennent. Mais au sens strict, le gouvernement dans l’Église n’est pas d’abord une expertise mais une présence du Christ serviteur et pasteur. Voilà pourquoi la fonction de gouvernement ne pourra jamais être exercée dans l’Église par un autre que par un ministre ordonné. Les chrétiens veulent être gouvernés par le Christ et non par un expert. Les prêtres, parce qu’ils rendent présent sacramentellement le Christ pasteur et serviteur, doivent gouverner sans exercer une domination humaine, mais en prolongeant l’œuvre du Bon Pasteur. Ils ne sont parfois pas à la hauteur de leur mission, mais c’est pourtant à eux que cette charge de gouvernement est confiée en vertu de l’ordination qui les configure au Bon Pasteur.
    Cela ne diminue pas la nécessité de mettre en valeur la compétence et l’excellence des laïcs hommes et femmes. Aucune décision ne devrait être prise sans consulter les personnes réellement compétentes. Mais seul un ministre configuré au Bon Pasteur peut assumer la décision face à l’Église sans que l’autorité se transforme en pouvoir de domination à la manière humaine.
    Il est donc temps de cesser d’interpréter l’autorité dans l’Église comme un pouvoir ou une oppression. Elle est toujours un service rendu par les clercs au corps tout entier. L’autorité dans l’Église est, de part en part, ministérielle. Par conséquent, elle est assumée dans un esprit de service, comme Jésus l’a appris aux douze premiers prêtres lors du lavement des pieds. Elle est aussi assumée par des prêtres qui se savent et se veulent des instruments du Bon Pasteur et non des tyrans.

    Vous consacrez de belles pages à la grandeur du sacerdoce qui fait participer le prêtre au sacerdoce du Christ et le fait agir in persona Christi à l’autel : le problème qui apparaît nettement à la lecture de votre livre ne se résume-t-il pas, finalement, y compris dans l’Église, à la perte du sens de Dieu, à l’oubli de l’importance du surnaturel pour tout ramener aux choses humaines, trop humaines, influencées par l’esprit du monde ?
    Nous risquons en effet de profaner l’Evangile en le lisant sans la foi. Tout y devient question de structure de domination, de luttes de pouvoir. Nous le déformons en y plaquant nos concepts politiques. Ainsi, j’ai souvent dit, à la suite des papes, que le prêtre est un autre Christ, alter Christus. J’ai même ajouté à la suite des Pères de l’Église et des saints qu’il est Ipse Christus, le Christ lui-même.
    Ces mots que les saints appliquent à tout baptisé valent de façon particulière pour les prêtres. Le caractère reçu par le sacrement de l’Ordre les configure spécifiquement au Christ, prêtre, époux de son Église et serviteur de son peuple. Ces réalités spirituelles et mystiques disent le mystère caché du sacerdoce. Malheureusement, certains les ont comprises de manière toute psychologique et humaine. Il est évident qu’un prêtre n’est pas une nouvelle incarnation du Verbe. Il est évident que le prêtre reste humain avec ses péchés et ses défauts ! Être configuré au Christ n’ouvre le droit à aucune forme de toute-puissance psychologique. Au contraire, cette configuration engage les prêtres dans une voie de service et de sacrifice. Être configuré au Christ-prêtre nous engage à le suivre sur la Croix. Elle est l’unique trône qu’Il nous offre.

    (1) Méditations sur la figure du prêtre, Fayard, 2021, 320 pages, 21,90 €.

    Ref.  « Le prêtre, un être configuré au Christ »

     

  • En Avent : bienheureux les cœurs éveillés

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    Lu sur le site web de « France catholique » , de P. Paul D. Scalia, traduit par Bernadette Cosyn:

    « La somnolence peut être une chose dangereuse. Au travail, elle peut conduire à une terrible faute de frappe, un courriel mal inspiré ou une erreur de calcul. Elle peut aussi nous mettre physiquement en danger. D’où les bandes rugueuses sur le bord de l’autoroute et les avertissements sur les boîtes de médicaments : peut provoquer somnolence et vertiges ; ne pas conduire d’engins durant le traitement.

    Voilà pour la somnolence physique. Aujourd’hui notre Seigneur nous parle d’une autre forme de somnolence, plus dangereuse, celle du cœur : veillez à ce que vos cœurs ne s’endorment pas dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie quotidienne. Dans les Écritures, le cœur indique plus qu’un organe ou le siège des émotions. Il décrit la dimension la plus intime de la personne, où résident les pensées, les choix et – plus que tout – l’amour. Cette somnolence est donc une léthargie de l’intelligence, de la volonté et de la capacité d’aimer. Ses dangers ressemblent à ceux de la fatigue physique mais sont bien plus mortels. Elle apporte finalement le danger de devenir un zombie spirituel : déambulant et fonctionnant mais étant vraiment mort à l’intérieur.

    De sa nature même, l’amour requiert la vigilance. Nos cœurs ont besoin d’être vigilants et attentifs pour agir convenablement. Quand ils deviennent somnolents, nous perdons la discipline nécessaire pour aimer convenablement. Nous commençons à faire des erreurs et des choix médiocres. Comme la somnolence physique affecte nos yeux, ainsi la somnolence spirituelle affecte les yeux de notre esprit. Nous mésévaluons ce qui est authentiquement bon et digne de notre amour et ensuite comment aimer. Nos affections dégénèrent et se heurtent à de mauvaises choses. Si le cœur n’est pas revigoré et vigilant, il est aisément égaré.

    Cette sorte de somnolence a sa part dans la plupart du mal que nous commettons. Nous ne choisissons pas habituellement le mal parce que nous savons que c’est mal ou parce que nous voulons faire le mal. C’est plutôt que nous choisissons le mal et le péché parce que notre cœur est devenu somnolent. Il devient alors lentement mais sûrement incapable de discerner le vrai et le bien. Il devient indiscipliné dans ses choix et s’englue dans la voie de la facilité. Plutôt que pour le bien ardu, il opte pour ce qui est facile, populaire et confortable.

    Notre Seigneur indique deux causes à cette somnolence. D’abord « la débauche et l’ivresse ». Maintenant, ne pensez pas ne pas être concernés parce que vous ne faites pas la bringue et n’êtes jamais ivre. Cette phrase ne dénonce pas uniquement ces vices spécifiques mais l’indulgence envers le corps en général. Cela signifie donner à la nourriture, la boisson et autres plaisirs physiques plus d’importance qu’ils n’en méritent et par là leur permettre d’exercer une influence démesurée sur nos choix.

    Ces habitudes de la chair portent, lentement mais sûrement, le cœur à somnoler. Avez-vous jamais été plus vigilant après un repas copieux bien arrosé ? N’étiez-vous pas fatigué le matin suivant ? La personne qui a peu de contrôle de soi concernant la nourriture, la boisson et le sexe prend habituellement de plus en plus de décisions médiocres parce que ces attentions entraînent le cœur des plus hautes choses spirituelles vers les choses charnelles.

    Cela marche également très bien d’une autre façon. Peu importe à quel point nous nous comportons irrationnellement, nous restons des créatures rationnelles et avons besoin de justifier nos actions. Plus nous sommes attachés aux petits plaisirs de la chair et plus nous devons contraindre notre intelligence pour justifier nos actes. Nous la faisons descendre de sa place privilégiée pour justifier les désirs du corps.

    La seconde cause de cette somnolence est ce que notre Seigneur appelle « les soucis de la vie quotidienne ». Nous devenons spirituellement insensibles quand nous permettons aux nécessités du jour – la tyrannie de l’urgence – de prendre le pas sur nos pratiques spirituelles. Quand le rythme de vie que nous avons créé pousse Dieu hors de l’emploi du temps et nous invite à renoncer à notre prière, notre lecture spirituelle, notre confession et même notre messe parce que... eh bien, nous sommes trop occupés. Quelque chose doit céder.

    Bien qu’à l’opposé de la débauche et de l’ivrognerie, cette agitation produit le même résultat : l’insipidité en ce qui regarde l’âme. L’inquiétude est à la fois un symptôme et une cause d’une trop grande implication dans ce monde et d’une négligence envers le monde à venir.

    Donc nous aboutissons à une somnolence du cœur en alternant l’indulgence envers le corps et la fabrication d’une agitation. De vrai, les extrêmes de l’indulgence et de la préoccupation marchent très bien ensemble. Nous devenons inquiets en raison de notre agitation ; nous nous accordons les plaisirs de la chair pour nous requinquer ce qui ne fait que nous mener à plus d’anxiété. D’une façon ou d’une autre le cœur devient las, fatigué, somnolent et susceptible de faux amours. Et notre culture semble sinistrement douée pour produire ces deux extrêmes. Il n’y a peut-être jamais eu de culture aussi indulgente et anxieuse à la fois.

    La sévérité de cet évangile pourrait sembler inappropriée à cette époque de l’année. Déjà dans le course vers Noël, beaucoup de gens s’attendent à un message plus joyeux. Cependant, ce dont nous avons besoin vraiment maintenant, c’est précisément un avertissement contre la débauche, l’ivrognerie et les inquiétudes concernant la vie quotidienne. C’est à cette période de l’année que nous cédons à la nourriture, la boisson et devenons – quelle ironie – stressés par les jours de congé.

    L’Avent est le moment propice pour rejeter la somnolence de cœur. C’est un temps pénitentiel durant lequel nous nous détachons à la fois de l’assouvissement et de l’agitation. La façon de nous préparer à la naissance de notre Seigneur, c’est de nous priver d’excès de nourriture et de boisson et de maîtriser nos emplois du temps, afin que nous ne devenions pas somnolents par assouvissement ou anxiété. Le Christ est né de grand matin. La célébration de sa naissance n’est pas pour les cœurs somnolents. Seuls les éveillés peuvent saisir la joie de Noël. »

    Voir en ligne : The Catholic Thing

    Et, autrement décliné, voici peut-être votre prochain rendez-vous dominical, sur le même thème pénitentiel de l'Avent :

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  • L'extension du délai de l'IVG : une mauvaise nouvelle pour la santé des femmes

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    D' sur le site du Figaro Vox :

    Israël Nisand: «L'extension du délai de l'IVG est une mauvaise nouvelle pour la santé des femmes»

     

    FIGAROVOX. - L'allongement du délai d'IVG a été adopté en deuxième lecture par l'Assemblée nationale. Êtes-vous favorable à cet allongement de deux semaines ?

    Israël NISAN. - Plus une IVG est tardive, plus elle est dangereuse et plus elle est difficile psychologiquement pour les femmes qui y recourent. Il faut dilater le col de manière plus importante, ce qui peut causer un risque de perforation et d'infection postopératoires.

    Depuis 25 ans à Strasbourg, je n'ai jamais envoyé personne à l'étranger pour pratiquer une IVG tardive parce que le délai aurait été dépassé. Dans mon établissement, l'on a pratiqué 2200 IVG l'an passé, dont une vingtaine qui arrive au-delà du délai, qui sont soit des adolescentes mal informées ou mal accompagnées, soit des dénis de grossesse. Dans les deux cas, nous les prenons en charge, et nous les accompagnons de manière complètement différente, en nous adaptant à chaque cas individuel.

    À 16 semaines d'aménorrhée, soit à 14 semaines de grossesse, le fœtus mesure environ 120 millimètres, sa tête est ossifiée. Pour le sortir, il faut démembrer le fœtus et écraser sa tête. C'est insoutenable pour beaucoup de professionnels.

    Israël Nisand

    Affirmer, comme le fait la proposition de loi, que l'on envoie 3000 femmes à l'étranger n'est absolument pas étayé. Et, en tout état de cause, les gens qui envoient des femmes se faire avorter à l'étranger ne connaissent pas la loi française qui autorise à faire une IVG sans aucune clause de délai, appelée interruption médicale de grossesse (IMG), durant laquelle la femme est entourée et encadrée par le personnel. [La loi Veil autorise une IMG jusqu'à 9 mois, à titre exceptionnel, si une poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou en cas d'une affection grave de l'enfant à naître, NDLR].

    N'oublions pas que l'allongement du délai d'IVG est un calvaire pour les médecins qui doivent pratiquer une IVG. À 16 semaines d'aménorrhée, soit à 14 semaines de grossesse, le fœtus mesure environ 120 millimètres, sa tête est ossifiée. Pour le sortir, il faut démembrer le fœtus et écraser sa tête. C'est insoutenable pour beaucoup de professionnels. (...)

  • Langage inclusif : le rétropédalage de la Commission Européenne

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    Lu sur le site de SudOuest :

    Langage inclusif : face à la polémique, la Commission européenne fait marche arrière

    Après un début de polémique lié à l’existence d’un document interne recommandant un langage plus inclusif, la Commission européenne a décidé de le retirer

    « Certains exemples fournis dans les recommandations sur la communication inclusive ont suscité des préoccupations », a reconnu la commissaire européenne à l’Égalité, Helena Dalli. Elle a annoncé ce mardi 30 novembre, le retrait d’un document interne contenant une série de recommandations pour communiquer de façon plus « inclusive ».

    Il prônait notamment d’éviter certains mots ou expressions, comme « la période de Noël ». La Commission recommandait de ne pas « présupposer que tout le monde est chrétien ». Le document conseillait aussi de bannir l’expression « mesdames et messieurs » au profit de « chers collègues », ainsi que les noms de métier au masculin comme « policeman » (policier) ou « workman » (ouvrier).

    Des changements polémiques

    Des conseils qui ont fait quelques émules. « Au nom de l’inclusivité, la Commission européenne va jusqu’à annuler Noël », s’indignait dimanche le quotidien italien « Il Giornale ». Toujours dans la presse, Le Point a dénoncé un « lexique bien-pensant », « petit livre rouge de l’antisexime et de l’égalité en tout genre ».

    « La Commission européenne veut bannir (ces) mots car elle les juge discriminatoires », a fustigé ce mardi Marine Le Pen sur Twitter. « Ces technocrates (qui) montrent leur vrai visage : celui de l’ennemi de nos identités, de nos racines, de nos traditions », a-t-elle décrié.

    Face aux critiques, la commissaire maltaise Helena Dalli a expliqué que sa démarche était « d’illustrer la diversité de la culture européenne et mettre en valeur la nature inclusive de la Commission ». Elle a toutefois estimé que le document nécessitait d’être retravaillé.

    Elle a ajouté que ses services travaillaient à « une version actualisée » de ces consignes, rédigées en anglais et destinées au personnel de la Commission pour leur communication, à la fois interne et externe. Interrogé sur ce retrait provisoire, le porte-parole de la Commission, Eric Mamer, a précisé que « ce n’était pas du tout un document qui aurait eu une quelconque valeur obligatoire ».

    Lire :

  • France : mobilisation contre l'allongement de l'avortement légal jusqu'à 14 semaines

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    PETITION NATIONALE
    Stop à l’avortement à 14 semaines

    Il y a tout juste un an, en octobre 2020, la député Albane Gaillot présentait à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant, au lendemain de la crise sanitaire, à allonger le délai de l’avortement de 12 à 14 semaines.

    « J’ai été alertée par de nombreuses femmes ainsi que par le Planning familial sur les difficiles conditions d’accès à l’IVG pendant l’épidémie de Covid-19 expliquait-elle à l’époque, nous nous sommes rendues compte que le problème n’était pas conjoncturel mais structurel ».

    Validée par l’Assemblée, cette proposition de loi avait ensuite été présentée par la socialiste Laurence Rossignol au Sénat avant d’être rejetée.

    Comme un train peut en cacher un autre, il en est de même pour les génies ou les barbares. L’ancien Ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, désormais chef de file de la majorité LREM à l’Assemblée nationale, encouragé par le Ministre de la Santé, Olivier Véran, vient d’annoncer l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale dans le cadre d’une niche parlementaire, d’une nouvelle proposition de loi pour allonger le délai de l’IVG.

    « En France, l’avortement n’est pas menacé en droit, mais il l’est dans la pratique », affirme t-il. Pourtant 222.000 avortements ont été réalisés en France en 2020 soit plus de 600 par jour ! Faut-il encore et toujours ajouter de la souffrance à la souffrance, de la mort à la mort ? N’y a-t-il pas meilleure idée pour protéger les femmes que les encourager à avorter de plus en en plus tard, quitte à ressentir dans leurs chairs la dissection d’un petit être vivant ?

    Nous rappelons que l’avortement à 14 semaines implique une dissection afin de faire sortir le bébé du ventre. L’enfant a un cœur qui bat dès six semaines ; à 14 semaines son visage est déjà bien dessiné, il a ses empreintes digitales… Il commence même à sucer son pouce !

    Le Syndicat national des gynécologues-obstrétriciens de France (Syngof), affirme pour justifier son opposition à cette proposition, que l’ossification de l’embryon à ce stade de la grossesse impose une dilacération des chairs.

    Ne les laissons pas faire !

    Signez, diffusez, faites tourner cette pétition pour ordonner le retrait (sans délai) de cette proposition de loi.

    Halte à la barbarie !

     

    Lire : Analyse : Proposition de loi n° 3879 relative au renforcement du droit à l’avortement

  • Les faiblesses qui fragilisent le rapport Sauvé

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    Le père Jean-Robert Armogathe, historien et théologien, est l’un des huit signataires d’un texte de membres de l’Académie catholique critiquant le rapport Sauvé. Il explique dans cette tribune pourquoi il est « nécessaire » de consacrer au rapport Sauvé « une lecture attentive, équitable et critique ».

    29/11/2021

    Toute violence commise sur un enfant est abominable. Elle l’est encore plus lorsqu’elle a pour auteur une personne en qui l’enfant a confiance : « Si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi… » (Matthieu 18,6). C’est pourquoi les évêques de France ont eu raison de demander à une commission indépendante un rapport sur les abus sexuels dans l’Église catholique. Ce volumineux rapport a engagé beaucoup de ressources, humaines et financières. Il s’ouvre sur des préconisations qui exigent de l’Église catholique des changements pastoraux et doctrinaux majeurs. La mise en œuvre de ces préconisations suppose une crédibilité sans faille du document et par conséquent une analyse approfondie des données recueillies et de leur interprétation.

    Un certain nombre de faiblesses

    Il est d’autant plus regrettable que cette enquête, si nécessaire, ait été fragilisée par un certain nombre de faiblesses. Elles sont de trois ordres : statistique, doctrinal et juridique. Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans le détail : une première analyse détaillée, qui doit être poursuivie, a été établie par un groupe pluridisciplinaire de l’Académie catholique de France. Elle a été soumise aux autorités ecclésiastiques.

    Bornons-nous à le relever : il est fâcheux que sur les deux enquêtes menées (Inserm-EHESS et EPHE), une seule, la première, plus spectaculaire, ait été largement exploitée. Il aurait fallu alors insister sur la marge d’approximation induite par de très faibles pourcentages (ce qui donne une fourchette de 1 à 6) et le recours à une méthode d’access panel autorecruté (« un défi pour les statistiques officielles », comme la définit le spécialiste suédois Jörgen Svensson).La marge d’erreur qui subsiste dans ce type de sondage (liée à la représentativité, au choix de l’échantillon, à la formulation et à la séquence des questions) est supérieure aux résultats obtenus. Or ceci n’est pas un détail : c’est le chiffre de 330 000 victimes retenu et diffusé qui fonde l’accusation du « caractère systémique » de la pédocriminalité dans l’Église.

    Une partie doctrinale insuffisante

    Faute de spécialistes, la partie doctrinale reste insuffisante, en ecclésiologie, en exégèse (avec l’omission des Épîtres de Paul et de Pierre) et en théologie morale (la Commission n’a guère été mandatée pour ce domaine, et cependant c’est le « système », c’est-à-dire la « constitution » de l’Église qu’elle remet en cause dans plusieurs préconisations). Le soupçon répété sur « le choix d’englober l’ensemble de la sexualité humaine dans le seul sixième commandement du Décalogue » est une approche étrangère à l’anthropologie chrétienne. Le Catéchisme de l’Église catholique condamne « la corruption des jeunes » (§ 2 353) aussi bien que « le viol commis de la part d’éducateurs envers les enfants qui leur sont confiés » (§ 2 356). Surtout, le paragraphe 2389 condamne expressément « les abus sexuels perpétrés par des adultes sur des enfants ou des adolescents confiés à leur garde. La faute se double alors d’une atteinte scandaleuse portée à l’intégrité physique et morale des jeunes, qui en resteront marqués leur vie durant, et d’une violation de la responsabilité éducative ». On aurait aimé le rappel de ces textes.

    Enfin, la partie juridique n’est pas inattaquable, en particulier en matière de responsabilité civile. Comment s’assurer de la réalité des faits et de leur imputabilité à un clerc ? Le concept de responsabilité ne se confond pas avec celui de solidarité. S’il présuppose une personne qui l’assume, ce n’est pas seulement pour une raison de technique juridique ou de vocabulaire, c’est parce que la responsabilité ne saurait, sans perdre son sens, être anonyme et diluée dans un ensemble plus ou moins vaste, complètement indifférencié. Car dire que tous sont responsables de tout, cela revient en réalité à dire que personne n’est vraiment responsable de rien. Il y a lieu par conséquent de réfléchir à un principe d’attribution des réparations, qui reste fidèle aux faits et ne soit pas source de nouvelles injustices.

    De façon générale, et malgré quelques précautions, l’interprétation manque souvent d’objectivité scientifique, et les auteurs paraissent dépasser le champ de compétence que les évêques leur avaient confié. Ainsi tandis que la commission reconnaît qu’« il n’y a clairement pas de lien de causalité entre le célibat et les abus sexuels », elle consacre plusieurs paragraphes et une préconisation sur le célibat des prêtres.

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  • RDC : il faut maintenant récupérer l’argent détourné et les biens mal acquis

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    jean-claude-mputu_0.jpgJean-Claude Mputu (politologue congolais issu de l’Université de Liège et porte-parole de la campagne CNPAV : le Congo n’est pas à vendre) a été interviewé par Christophe Rigaud – Journaliste, directeur du site Afrikarabia consacré à l'actualité en République démocratique du Congo (RDC) et en Afrique centrale :

    Afrikarabia : La corruption endémique qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) n’est malheureusement pas un phénomène nouveau. Qu’apportent de plus les révélations de  « Congo Hold-up » ?

    Jean-Claude Mputu : Il y a tout d’abord l’étendue des révélations. Elles sont énormes. Et ensuite, il y a la précision dans les faits dénoncés. Les documents que révèlent « Congo Hold-up » montrent clairement l’importance d’un détournement organisé et systématisé par la famille de Joseph Kabila avec les moyens de l’Etat. Cela permet de retracer le circuit de certaines sommes d’argent qu’on soupçonnait avoir été détournées, mais pour lesquelles on n’avait pas tous les éléments et toutes les certitudes. Avec « Congo Hold-up » nous avons maintenant l’exactitude des faits. Nous pouvons maintenant dire qu’à telle date, telle somme a été retirée de tel compte et a été récupérée par telle personne dans telle banque. Cela nous permet de dire aujourd’hui aux autorités qu’elles n’ont plus d’autres choix que d’agir.

    Afrikarabia : Qu’est-ce que nous apprend « Congo Hold-up » par rapport au système de détournement d’argent public mis en place dans le passé par Mobutu ?

    Jean-Claude Mputu : Cette question est importante parce que les partisans de Joseph Kabila disaient « Mobutu a volé, Mobutu a pillé, pourquoi cela devient un problème pour Kabila ? » Pour moi, Mobutu était « un voleur de caisse ». Il prenait directement l’argent dans les caisses de l’Etat. Joseph Kabila est allé au-delà : il a privatisé les moyens de l’Etat. Il s’est approprié nos terres, nos mines, nos entreprises, nos dividendes et les a partagés avec sa famille. L’exemple le plus parlant, c’est le dossier Gertler, sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années. Les actifs de la Gécamines ont été cédés à Dan Gertler, qui est très proche de Joseph Kabila. Gertler touche plus de 200.000 dollars par jour, et cet argent aurait dû être touché pour la Gécamines, donc par l’Etat congolais.

    Afrikarabia : Pourquoi n’y a-t-il pas eu de contrôle des institutions congolaises, mais aussi des bailleurs internationaux, comme les Nations-unies ? On apprend dans « Congo Hold-up » que l’argent versé par l’ONU aux casques bleus congolais qui intervenait en Centrafrique a été détourné.

    Jean-Claude Mputu : Au niveau de la RDC, évidemment, toutes les institutions étaient contrôlées par Joseph Kabila. Les gens avaient peur. La répression était systématique et brutale. De ce côté-là, il y a des « excuses ». Au niveau international, ce n’est qu’à la fin du mandat de Joseph Kabila que les bailleurs ont commencé à s’intéresser à l’homme, alors qu’avant, il était complètement « accompagné » par cette même communauté internationale. A un moment donné, Joseph Kabila a dû rompre avec la communauté internationale pour pouvoir développer son système de prédation. Il a même fini par refuser tous les contrôles exigés par les bailleurs.

    Afrikarabia : Qu’attendez-vous de ces révélations ?

    Jean-Claude Mputu : Nous attendons d’abord que le gouvernement, comme il l’a annoncé, puisse ouvrir des enquêtes, identifier les coupables, les poursuivre et les punir. Nous attendons aussi la récupération des biens détournés. Il y a bien eu quelques procès par le passé, mais nous n’avons jamais récupéré les biens. « Congo Hold-up » nous permet d’identifier certains biens, comme des bateaux, des immeubles, ou des entreprises achetés avec de l’argent public. Ces biens doivent revenir à l’Etat congolais. Nous comptons mettre en place un collectif d’avocats, avec « Le Congo n’est pas à vendre », afin de poursuivre ces personnes en justice et demander la restitution des biens mal acquis. Enfin, nous espérons que ces révélations permettront à la population congolaise une prise de conscience et d’exiger de nos responsables une certaine redevabilité. Il faut une fois pour toute, briser la chaîne de l’impunité et de la corruption des dirigeants politiques.

    Afrikarabia : La BGFI, la banque au coeur du scandale, a promis de rendre 43 millions de dollars. C’est un premier pas significatif selon vous ?

    Jean-Claude Mputu : C’est un premier pas malheureusement très insuffisant. Il faut d’abord qu’elle le fasse effectivement. Mais le problème, c’est que les autres co-auteurs de ce détournement de 43 millions de dollars, la Banque centrale (BCC) ou la société Egal, sont, comme par magie, exemptées des conséquences de leurs actes. C’est une solution trop facile. On rend 43 millions et on oublie tout le reste. Des centaines de millions de dollars sont en jeu. On veut une vraie justice, car c’est de l’argent des Congolais dont il s’agit.

    Afrikarabia : Le parquet vient d’ouvrir une information judiciaire. Joseph Kabila peut-il être mis en cause, ou seulement ses proches ?

    Jean-Claude Mputu : Beaucoup de ses proches sont impliqués, mais certaines des sociétés qui apparaissent dans « Congo Hold-up » ont pour principal actionnaire Joseph Kabila et ses deux enfants, comme « Egal » ou « Port de Fisher ». Sa responsabilité directe est engagée. Mais un problème juridique se pose avec la loi sur les anciens chefs de l’Etat, que Joseph Kabila lui-même a fait adopter à la fin de son mandat. Nos avocats vont d’ailleurs travailler sur ce sujet, mais de nombreux acteurs de la société civile demandent au parlement de réviser cette loi. C’est un bon indice pour voir si le pouvoir actuel a la volonté de mettre véritablement fin à l’impunité.

    Afrikarabia : De nouvelles révélations peuvent-elles toucher le pouvoir actuel ?

    Jean-Claude Mputu : C’est notre plus grand espoir. Il faut que le cycle de l’impunité soit brisé. La corruption qui continue aujourd’hui est tout aussi injustifiable que celle d’hier. On espère qu’il y aura des éléments, des preuves, notamment sur le dossier des « 100 jours ». On a vu que la justice était « imparfaite » sur cette affaire. Le temps est notre meilleur allié, et le temps va devenir le cauchemar de tous les corrompus de la République.

    Afrikarabia : Au vu de l’étendue des révélations de « Congo Hold-up », la justice peut-elle reculer ?

    Jean-Claude Mputu : Non, mais il faut faire attention avec la justice congolaise si les actes ne suivent pas. Il y a eu l’affaire des 15 millions, il y a eu le dossier des « 100 jours », il y a eu le dossier Covid. On assiste pour l’instant à une justice qui semble manipulée pour endormir le peuple. On se rappelle que dans l’affaire des 15 millions, un activiste a été menacé d’arrestation parce qu’il demandait des comptes au procureur pour savoir où en était le dossier ! La justice congolaise ne devrait pas reculer, mais cela fait des années qu’on demande qu’elle se comporte normalement… sans résultats. »

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  • "La révolution sexuelle a laissé derrière elle un profond sillage de destructions"

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Lauréate du Prix Ratzinger 2021 : La révolution sexuelle a laissé derrière elle un profond sillage de destructions".

    La philosophe allemande Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz discute du sécularisme, du féminisme, de la théorie du genre et de la nécessité de créer une nouvelle théologie promouvant la complémentarité de la masculinité et de la féminité.

    24 novembre 2021

    La onzième édition du Prix Ratzinger a été remportée par la philosophe Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz et le théologien de l'Ancien Testament Ludger Schwienhorst-Schönberger, tous deux allemands. 

    Institué par la Fondation Ratzinger en 2011, ce prix est destiné à encourager la recherche en théologie et toute autre recherche universitaire inspirée par l'Évangile, dans la tradition des enseignements du pape Benoît.

    La cérémonie de remise du prix a eu lieu le 13 novembre dans la salle Clémentine du Palais Apostolique, en présence du Pape François. Les lauréats du prix Ratzinger 2020, le philosophe français Jean-Luc Marion et la théologienne australienne Tracey Rowland, étaient également présents pour recevoir leur prix après l'annulation de la cérémonie de remise du prix 2020 en raison des restrictions liées au coronavirus.

    Les quatre chercheurs ont ensuite rencontré le pape émérite Benoît XVI au monastère Mater Ecclesiae, au Vatican, le 15 novembre. Le Register a interviewé Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz à la suite de cette rencontre afin de connaître son point de vue sur les excès causés par les idéologies issues de la révolution sexuelle de 1968, en particulier l'idéologie du genre et d'autres questions postmodernes. 

    Née en 1945, elle est professeur émérite de philosophie de la religion et d'études religieuses comparées à la TU de Dresde. Ses recherches portent sur la philosophie de la religion des XIXe et XXe siècles. Elle est spécialiste de la philosophe catholique Edith Stein et du théologien Romano Guardini, auxquels elle a consacré de nombreux écrits. 

    Elle dirige actuellement l'Institut européen de philosophie et de religion à l'Université philosophique et théologique du pape Benoît XVI à Heiligenkreuz, en Autriche. 

    Vous venez de rencontrer le pape émérite Benoît XVI, après avoir reçu le prix Ratzinger au Vatican. Pouvez-vous nous dire sur quoi ont porté vos discussions ? 

    Ce furent des moments de grand humanisme et d'érudition. Nous, quatre lauréats, avons présenté notre travail au pape émérite, et il a commenté nos quatre sujets à voix basse, mais de façon claire, prudente et sympathique. 

    En tant que professeur éminent de la Hochschule philosophique et théologique du pape Benoît XVI, comment décririez-vous sa plus grande contribution au monde philosophique de son temps ? 

    Je dirais que sa compréhension du Logos montre explicitement la contribution de la raison grecque à la dogmatique et à l'enseignement chrétiens ; et il a interprété la merveilleuse tension et complémentarité des sagesses grecque et hébraïque comme les deux sources du christianisme.

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  • L’islamisme n’a-t-il rien à voir avec l’islam ?

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    L’islamisme : rupture ou continuité de l’islam ?

    (Valeurs actuelles du 05-11-2021: entretien avec Marie-Thèrése Urvoy, auteur du livre Islam et Islamisme. Frères ennemis ou Frères siamois? Ed. Artège 2021)

    L’islamisme n’a-t-il rien à voir avec l’islam ? Cette affirmation, courante chez certains médias, est battue en brèche à la lecture du nouvel ouvrage de Marie-Thérèse Urvoy, Islam et islamisme, frères ennemis ou frères siamois ? Professeur émérite de l’université Bordeaux-III et de l’institut catholique de Toulouse, l’islamologue, historienne et essayiste, expose avec rigueur et fermeté les origines du problème suscité par une religion tiraillée par une ambiguïté de départ et un besoin de réforme. L’experte reconnnue nous fait découvrir les schémas mentaux propres à cette religion, ses tiraillements et ses enjeux.

    Valeurs actuelles. Il y a un an était annoncée la loi sur le séparatisme islamiste. Quel regard portez-vous dessus ?

    Marie-Thérèse Urvoy. C’est le mot même de “séparatisme” qui fait difficulté. L’islamisme ne vise pas à séparer mais à conquérir. Il n’y a pas de partage, mais seulement l’utilisation des moyens administratifs et financiers de l’État en place avec l’intention de les subvertir au profit non pas seulement d’une communauté particulière parmi d’autres mais de la communauté islamique (umma) universelle. Ce qu’exprime la proclamation : “Nous gagnerons par vos lois et nous vous gouvernerons par nos lois. ” Et ce qu’illustre l’imam Iquioussen en incitant ses coreligionnaires à traiter avec des candidats aux élections : apport des voix contre engagement à soutenir leurs exigences.

    Valeurs actuelles. Dans les textes d’origine du Coran, vous relevez deux courants opposés. Lesquels ? Que nous apprennent-ils ?

    Marie-Thérèse Urvoy. Dans les sourates les plus courtes du Coran, qui figurent vers la fin du recueil et qui sont considérées par tous comme les plus anciennes, domine le souci des fins dernières, de façon comparable à d’autres courants de l’Antiquité tardive au Moyen-Orient, et notamment certains auteurs chrétiens syriaques. Dans ces textes, le Prophète est présenté comme un simple “avertisseur”. Ce trait persiste dans les sourates du reste de la période dite mecquoise, c’est-à-dire antérieure à l’émigration (hégire), où le Prophète montre une allure pacifique et un caractère magnanime. Mais une plus grande partie du texte, réputée de révélation ultérieure à l’hégire, donne un tableau d’autorité temporelle et d’action guerrière. Or c’est ce dernier aspect qui a été considéré par les institutions islamiques comme les fondements de la communauté, ce qui a donné la prédominance au juridisme. Les thèmes apocalyptiques peuvent être repris par certains auteurs mais soit à titre seulement personnel, soit dans un contexte de subversion de la religion qui a toujours été combattu comme hérésie. Ce qui a pu subsister, c’est une forme atténuée, appelée le murgisme, qui séparait le jugement des actes, relevant de la communauté, du jugement des cœurs, “renvoyé” à Dieu. Accepté très largement de fait, le murgisme n’en a pas moins été souvent invoqué comme une marque de laxisme. Ce n’est qu’en 1925 que le caractère politique de l’islam a commencé à être mis en question par Ali Abdelrazik, qui a été chassé du corps des ulémas et dont la thèse est toujours disputée, puis par Mahmoud Mohamed Taha, qui a été jugé apostat et pendu, et dont le mouvement qu’il a fondé au Soudan est aujourd’hui bien diminué. De nos jours, la critique historique du texte coranique par les orientalistes envisage, plutôt qu’une unique continuité linéaire, la présence simultanée de deux grands courants. L’un, pacifique, va en s’amoindrissant, l’autre, agressif, se renforce. Ainsi, la tradition islamique a sacralisé, sous forme d’une “dictée divine” unique, un texte issu en réalité d’une “histoire plurielle”.

    Valeurs actuelles. « L’islam a toujours connu divers niveaux de tension. » Lesquels et
    pourquoi ?

    Marie-Thérèse Urvoy. Au niveau de l’individu, le croyant ordinaire est tenté de se contenter de respecter les obligations et les interdits clairement formulés par le Coran. Mais il y a des indications moins évidentes de ce qui est “louable” ou de ce qui est “blâmable”, dont la mise au jour relève de spécialistes. À quoi s’ajoute une vertu de “scrupule” spécifique à l’islam, qui invite à éviter – et à faire éviter – tout ce qui, à quelque degré que ce soit, pourrait impliquer une souillure. Le croyant peu exigeant sera donc en bute à ceux qui, “spontanés” ou titulaires d’une fonction officielle, rappellent tout ce qu’ils considèrent comme des exigences de la Loi. Au niveau de la communauté, il y a les rappels à l’ordre des autorités et la dénonciation, au besoin par des soulèvements de foule, de quiconque est considéré comme un danger moral. Finalement, la communauté islamique étant un système socioreligieux toujours susceptible de contestations, les révoltes sont souvent érigées en mouvements réformistes.

    Valeurs actuelles. L’exigence de réforme est une réflexion particulière dans l’islam...

    Marie-Thérèse Urvoy. Il y a dès l’origine de l’islam une tension entre des formules radicales et les exigences du réalisme social. Cette tension est pérennisée par l’ambiguïté du texte fondateur, qui fusionne avec la même autorité d’une “dictée divine” ces tendances antithétiques. Le besoin de “réforme” est donc constant et s’exprime particulièrement dès que la communauté est troublée soit par une crise interne, soit – surtout à l’époque moderne -par une confrontation défavorable avec des agents extérieurs. Le plus souvent, l’appel à la réforme prend l’aspect d’un appel à un retour vers les débuts, supposant que l’histoire n’a apporté que des dégradations. On oppose donc la pureté initiale, qui est supposée valable toujours et partout puisqu’elle émane de l’enseignement divin, aux multiples compromissions humaines. Le contact avec un Occident plus développé matériellement a suscité deux attitudes antagonistes. Pour l’une, il fallait séparer ses acquis scientifiques et techniques de leur arrière-plan mental jugé pervers, et assimiler seulement les premiers. Pour l’autre, très minoritaire, l’Occident pouvait apparaître comme un modèle en matière de respect des libertés, d’égalité devant la loi, de respect de la femme, etc. Mais ici encore, on pouvait prétendre que ces valeurs étaient déjà présentes dans l’islam, qu’elles avaient seulement été occultées et qu’il suffisait de les raviver. La remise en question de soi a très rarement amené à une révision de la religion, mais a plutôt débouché sur un discret abandon du terrain.

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  • Huit membres de l’Académie catholique de France critiquent le rapport de la CIASE (Sauvé)

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    De Maximilien Bernard sur Riposte catholique :

    L’Académie catholique de France critique le rapport de la CIASE

  • Bruxelles : les fabriques d'église devront vendre leur patrimoine si le déficit s’installe

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    Lu sur le Soir (26 novembre, p. 12) :

    Bruxelles révolutionne le financement des cultes

    La Région bruxelloise devient la seule autorité compétente pour intervenir financièrement dans les déficits des fabriques d’églises sur son territoire. Les cultes sont invités à mieux gérer leur patrimoine, quitte à fusionner les fabriques ou devoir vendre. … Incitées à « surveiller elles-mêmes l’état de leurs dépenses », les fabriques devront vendre leur patrimoine si le déficit s’installe, une révolution par rapport au décret napoléonien. Le projet d’ordonnance prévoit la vente ou location de biens mobiliers et immobiliers, mais aussi les donations, legs, fondations et dons manuels. « On est prêt à travailler loyalement et l’Eglise fera tout pour se conformer à la réforme », assure Thierry Claessens qui explique que les revenus sont variés, entraînant de grandes disparités entre les fabriques : dons des fidèles, collectes, revenus immobiliers suite à des legs. Plus insolite, les antennes GSM rapportent aux églises qui louent leur clocher aux opérateurs. … L’ordonnance impose des obligations aux cultes qui souhaitent être financés : chaque communauté s’enregistre, démontre son « existence stable » dans les trois ans, et prouve qu’elle est composée de 200 membres.

  • Biden "le catholique" contre la liberté religieuse

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    De Luca Volontè sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le catholique Biden contre la liberté religieuse

    25-11-2021

    Le ministère américain de la santé a révoqué les exemptions accordées aux agences chrétiennes de placement familial qui souhaitent conserver leur identité chrétienne. Pour la énième fois, Biden se plie aux souhaits des avorteurs et des lobbyistes LGBTI.

    La liberté religieuse et la liberté de conscience sont de plus en plus menacées par les décisions de l'administration Biden, ce qui représente un réel danger pour la démocratie. Le premier droit de l'homme, sans lequel il n'y a pas de respect de la dignité et de la liberté de la personne vivante, est celui de la liberté de religion et de conscience, comme nous l'a enseigné tout le Magistère de Jean-Paul II. Ce sont précisément ces droits fondamentaux qui sont aujourd'hui limités et érodés par les décisions du président "catholique" Biden, dont l'administration, par le biais du département de la santé (HHS), a révoqué ces derniers jours les exemptions accordées aux agences d'adoption chrétiennes ayant un accord avec le gouvernement fédéral et résidant dans les États du Texas, du Michigan et de la Caroline du Sud, au motif qu'elles ne confient pas d'enfants à des couples LGBTI.

    Ces dérogations ont exempté ces organisations des exigences de "non-discrimination" imposées aux bénéficiaires de subventions fédérales, qui prévoient qu'"aucune personne éligible ne sera exclue de la participation, privée d'avantages ou soumise à une discrimination dans l'administration des programmes et services du HHS".  Dans la déclaration publique, le ministère de la Santé affirme que les dérogations constituent une "utilisation généralisée d'exemptions religieuses contre toute personne ou des chèques en blanc pour permettre la discrimination contre toute personne, y compris les personnes LGBTQ+, dans les programmes financés par les contribuables".

    Le secrétaire du HHS, Xavier Becerra, promoteur bien connu des multinationales de l'avortement et des lobbies LGBTI, a justifié la décision de supprimer les "exemptions inappropriées et trop larges" par la nécessité de faire en sorte que le département soit "mieux préparé à protéger le droit de chaque Américain à ne pas subir de discrimination", car au HHS, "nous prenons au sérieux toute violation des droits civils ou des libertés religieuses."

    Les cordons de la bourse publique sur les organisations caritatives et sociales qui ne renient pas leur identité et leur mission évangéliques sous couvert de " garantir les droits civils et les libertés religieuses " vont-ils se resserrer ? Nous en sommes maintenant à la déformation institutionnalisée du sens des mots et du bon sens, afin de répondre à tous les souhaits de la communauté LGBTI. La décision d'étrangler les réalités sociales chrétiennes avait été anticipée par FOXNews TV la semaine dernière, le 17 novembre, lorsque le diffuseur avait montré des projets de documents préparant la révocation des décisions de la précédente administration Trump en faveur de la liberté religieuse et de la liberté de conscience. Les projets de décisions envisagés par le ministère de la santé visent spécifiquement la mise en œuvre de la loi sur la restauration de la liberté religieuse (RFRA), une disposition qui exige que les réglementations fédérales garantissent le libre exercice de la liberté de religion et empêchent les violations du libre exercice de la religion, avec seulement deux exceptions très limitées. Sous l'administration Trump, en plus des nombreuses décisions en faveur et pour la protection de la liberté de religion et de conscience (en voici une liste précise), les organisations sociales et caritatives d'inspiration religieuse qui fournissaient des "services de placement familial" pour les mineurs se sont vu accorder le plein droit légalement protégé "de pratiquer leur foi par de bonnes œuvres".

    Le ministère de la Santé de l'époque, évaluant un cas d'agences chrétiennes en Caroline du Sud en 2019, avait reconnu que l'agence fédérale ne devait pas, "et en vertu des lois adoptées par le Congrès, ne peut pas, pousser les fournisseurs de soins d'accueil motivés par la foi hors de leur activité de service aux enfants sans un intérêt gouvernemental impérieux." Tout a changé à Washington, et depuis l'arrivée du nouveau locataire "démocrate catholique", tout change pour le pire. Biden, qui a déjà montré à maintes reprises qu'il se plie aux moindres désirs des avorteurs et des lobbies LGBTI, a cette fois-ci également exaucé les vœux des défenseurs des "droits civils" qui, au nom de la "non-discrimination", veulent étrangler les œuvres sociales et caritatives chrétiennes.

    Incroyablement, ce mépris pour l'esprit public des chrétiens se heurte aux faits de ces jours-ci. Le premier est le règlement de 2 millions de dollars de dommages et intérêts que la ville de Philadelphie (dirigée par les démocrates) doit verser aux services sociaux catholiques du diocèse, à la suite de l'arrêt de la Cour suprême de juin dernier qui a reconnu comme illégitimes les coupes dans le financement public de l'organisme catholique d'accueil et d'adoption, injustement accusé de " discrimination " à l'égard des couples LGBTI (Fulton v. City of Philadelphia). Deuxièmement, la publication par le prestigieux Becket Fund du "Religious Freedom Index", une enquête menée sur un échantillon de 1000 Américains représentatifs de l'ensemble de la société, dont les résultats montrent comment le soutien à la liberté religieuse dans le pays s'est renforcé, passant de 66% à 68%.

    Alors que Biden montre qu'il veut violer la liberté religieuse et la liberté de conscience dans les moindres détails, il se permet de convoquer une grande conférence mondiale sur "la démocratie et l'État de droit", dont les invités sont des dirigeants et des pays notoirement anti-chrétiens, comme le Pakistan, et de ne pas inviter ceux, en premier lieu la Hongrie, qui a construit sa crédibilité précisément sur la liberté religieuse des chrétiens. La culture "woke" a pris le contrôle de la Maison Blanche.