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Société

  • Pas de restauration de la liturgie sans volonté réelle : lu dans « Res Novae » Perspectives romaines

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    Par PHILIPPE MAXENCE

    « Il n’y aura pas de restauration de l’Église possible, sans envisager une période de transition liturgique. Outre que celle-ci agira sur une amélioration de la liturgie en elle-même, elle aura aussi des conséquences sur une réappropriation par le peuple chrétien de la doctrine et des mœurs catholiques. Non par un coup de baguette magique, mais par une imprégnation permanente. Lex orandi, lex credendi. Reste que cet effort liturgique, qui s’insère dans une visée plus large, de véritable réforme de l’Église, nécessite des hommes pour l’accomplir. Des prêtres, des évêques, un pape ! Encore faudra-t-il que les artisans de ce « retour » aient la volonté décidée de l’accomplir malgré tous les obstacles qu’ils rencontreront.

    Or, que constatons-nous ? Depuis un peu plus de quarante ans, cette volonté a manqué aux hommes d’Église, alors même qu’ils auraient pu amorcer ce « retour » et qu’ils en parlaient. Plus exactement, ils se sont contentés de vouloir – et encore faiblement – un encadrement de la réforme. Benoît XVI a théorisé cette tentative, qui s’applique notamment à la liturgie, en la qualifiant d’« herméneutique de la réforme dans la continuité », qu’on pourrait aussi qualifier d’herméneutique de conservation des acquis du concile, dans une perspective modérée.

    La liturgie nouvelle rectifiée selon Jean-Paul II

    Il est clair que Jean-Paul II, puissamment aidé par le cardinal Joseph Ratzinger, a voulu imposer une troisième voie entre la réaction traditionaliste et la marche en avant progressiste. En ce qui concerne la liturgie, il s’agissait alors de mettre en application une interprétation de la réforme liturgique en tentant de la placer, dans une certaine mesure, dans le fil de la tradition liturgique. La parole officielle consistait alors à affirmer que la réforme liturgique constituait la dernière étape d’une réforme organique de la liturgie romaine, à l’instar des réformes antérieures de saint Pie X, Pie XII ou Jean XXIII. Une parole officielle qui avait pourtant quelques difficultés à entrer dans les esprits tant le fossé séparant la liturgie traditionnelle de la nouvelle liturgie semblait abyssal à tout spectateur honnête qu’il préfère d’ailleurs l’une ou l’autre de ces liturgies.

    À vrai dire, la difficulté ne venait pas seulement de la compréhension intellectuelle de ces liturgies que de la pratique elle-même de la nouvelle liturgie. D’où la multiplication des textes pontificaux pour à la fois célébrer la réforme liturgique issue du Concile et pour en corriger les mauvaises interprétations.

    Cependant, cette volonté de corriger les abus et de donner une interprétation correcte de ce qu’est « la vraie liturgie » issue du Concile trouvait une première limite dans la pratique liturgique du pape lui-même, notamment de Jean-Paul II. Malgré tout, peut-être sous l’influence de son très bugninien maître de cérémonies, Mgr Piero Marini, le pape de la « restauration », qui était aussi le pape d’Assise, a présidé des Eucharisties dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles s’éloignaient de l’interprétation que le même pape et les organes curiaux compétents en la matière tentaient de faire passer par ailleurs. De la même manière, la célébration d’un rite dit zaïrois en la basilique Saint-Pierre ne s’est pas déroulée la première fois sous le pontificat de François mais sous celui de Jean-Paul II. Il faut dire que Jean-Paul II, qui avait des dons incontestables d’acteur, était parfaitement à l’aise dans la liturgie nouvelle où la part de « jeu » du célébrant est très importante.

    Cette distorsion entre la parole et la pratique signale déjà un premier échec d’inscrire la liturgie réformée – certains diraient « révolutionnée » – dans la Tradition.

    La liturgie nouvelle traditionalisée, selon le rêve de Benoît XVI

    L’intérêt de Benoît XVI pour la liturgie et sa piété personnelle plus sensible aux fastes liturgiques auraient pu modifier durablement la donne. Son motu proprio Summorum Pontificum redonnait une visibilité à la liturgie traditionnelle et reconnaissait qu’elle n’avait jamais été interdite. Même s’il n’a pas ensuite beaucoup défendu son texte pour que les évêques laissent les curés l’appliquer, la liturgie traditionnelle en a profité, puisque de 2007 à 2017, le nombre des messes traditionnelles célébrées dans le monde a doublé.

    Cependant en créant la notion de deux formes – l’une ordinaire ; l’autre extraordinaire – du même rite romain, Benoît XVI tentait encore d’inscrire la liturgie réformée dans le sillage des livres liturgiques antérieurs tout en reconnaissant que deux formes subsistaient. Personne ne fut dupe de la tactique adoptée pour faire avaler la couleuvre d’une reconnaissance d’un droit à l’existence de l’ancienne liturgie.

    En fait, cette coexistence des « deux formes » devait d’ailleurs conduire, dans l’esprit du pape, à une correction de l’une par l’autre, opération baptisée « enrichissement mutuel », laquelle devait déboucher à terme sur une « réforme de la réforme » en vue du retour à une forme liturgique unique, inscrite intégralement et véritablement dans la Tradition. Comme le comte de Chambord avait déclaré jadis qu’il fallait reprendre le mouvement de réforme arrêté par 1789, Benoît XVI entendait visiblement reprendre le cours des réformes organiques, passant sans la nier toutefois au-dessus des années de transgressions liturgiques. Le succès de ce dessein ne fut pas plus heureux que pour le successeur des rois de France.

    L’idée de l’enrichissement mutuel n’était pas complétement nouvelle chez Benoît XVI. Il l’avait déjà exprimée alors qu’il était encore le cardinal Ratzinger lors du colloque liturgique de Fontgombault (2001) et il avait déclenché alors la réaction de son ami Robert Spaemann qui ne voyait vraiment pas en quoi ni comment l’ancienne liturgie pouvait être enrichie. En réalité, c’est essentiellement la liturgie nouvelle que Benoît XVI voulait « enrichir », c’est-à-dire transformer, mais sans avoir à le dire, ni surtout à l’imposer par des actes de gouvernement…

    Toujours est-il que durant son court pontificat, Benoît XVI a certes remis à l’honneur certains objets liturgiques anciens, mais il n’a jamais célébré, pas même en la fête de saint Pie V, l’usus antiquior, pourtant remis à l’honneur par ses soins, ni même corrigé la dite « forme ordinaire », ni appliqué les quelques éléments avancés par lui-même naguère pour la « réforme de la réforme ». Il s’est contenté de donner personnellement la communion sur les lèvres lors des célébrations qu’il présidait.

    Une fois encore – et de manière plus décevante que sous Jean-Paul II, parce que le dessein était plus clair et les circonstances plus favorables –, la distorsion entre la parole et la pratique a été l’une des marques de ce pontificat et indique en quelque sorte l’échec (comment le qualifier autrement ?) du conservatisme liturgique, ce dernier terme étant entendu comme la volonté de maintenir la réforme liturgique tout en tentant de conserver le plus possible l’idée d’une continuité liturgique, consubstantielle à toute vraie réforme, de vouloir sans vraiment vouloir, de dire sans faire. Le moins que l’on puisse dire est que François a tranché radicalement et qu’il a, pour sa part, mis en conformité parole et pratique.

    L’occasion manquée du cardinal Sarah

    Aujourd’hui, le cardinal Sarah semble être l’un des meilleurs représentants de ce courant qui voudrait accommoder le nouveau à l’ancien. Homme d’une grande piété, et même d’une piété toute traditionnelle, ayant passé avec courage par les fourches caudines d’un pouvoir persécuteur, il a été, ratzinguérien déclaré, cependant nommé au Culte divin dans la première partie du pontificat de François, encadré il est vrai de collaborateurs qui ont systématiquement bridé toutes ses tentatives de correction de la réforme.

    Il a ainsi œuvré avec une entière fidélité à la fois au pape régnant et à la benoîte idée d’une conciliation entre ancien et nouveau rite. Il ne cesse donc de défendre la nécessité de respecter les normes liturgiques, de remettre à l’honneur le sacré et de retrouver ce sens vrai de la liturgie qui consiste à rendre d’abord et avant tout un culte à Dieu plutôt que d’exprimer les états variants d’une assemblée, celle-ci fût-elle eucharistique. Comment ne pas saluer ce souci, ce rappel de tant de choses vraies et justes, surtout venant d’un prélat à la parole souvent forte et qui est certainement un véritable saint ?

    Certes, le cardinal Sarah, comme l’avait fait plus souvent encore Joseph Ratzinger quand il était cardinal, a célébré à plusieurs reprises selon l’usus antiquior, apportant ainsi le renfort de sa notoriété et de sa piété exemplaire, à la réhabilitation pratique de la messe traditionnelle.

    Mais sa tentative avortée d’engager au retournement de la célébration vers le Seigneur a été particulièrement décevante, en ce sens qu’il l’a lancée, puis ne l’a pas soutenue.

    Lors du congrès Sacra Liturgia, tenu à Londres en avril 2016, le cardinal Sarah, alors Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, en présence de Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a appelé à un retour massif de la célébration ad orientem, en suggérant aux prêtres qui le souhaitaient de commencer dès le premier dimanche de l’Avent 2016 à célébrer de la sorte.

    Mais il fut immédiatement contredit par l’archevêque de Westminster, le cardinal Nichols, qui a écrit aux prêtres de son diocèse pour leur déconseiller de suivre son conseil. S’ensuivirent un communiqué du directeur de la Salle de Presse vaticane, le 11 juillet 2016, expliquant que « de nouvelles directives liturgiques (n’étaient) pas prévues », puis une convocation du cardinal par le pape pour une entrevue au cours de laquelle il semble que le sujet fut à peine abordé, mais qui fut considérée par les médias comme une mise en garde du pape au cardinal.

    Manifestement douché par ces difficultés tout de même prévisibles, le cardinal s’abstint de mettre en pratique lui-même l’invitation qu’il avait faite aux prêtres : dans ses nombreux voyages, y compris lors de circonstances qui l’eussent permis sans difficulté (à Lourdes, où Mgr Brouwet attendait un tel geste ; plus récemment, dans une église de Paris, entouré des plus classiques des clercs qui espéraient cet encouragement), il célébra et célèbre toujours invariablement face au peuple. Ici encore, paroles mais pas gestes.

    * * *

    Ce que l’histoire a retenu comme étant la réforme grégorienne, du nom du pape saint Grégoire (VII), est en fait le résultat de l’action de plusieurs pontifes, avant Grégoire et après celui-ci, même si ce dernier en a été le principal acteur. Reste qu’elle a été portée par des hommes qui ont voulu réformer l’Église et qui ont posé les actes nécessaires à sa concrétisation. Pour sortir du système autobloquant, incarné par la réforme liturgique aux effets bien plus larges que le simple domaine liturgique, les évêques doivent et peuvent poser le premier pas, le plus visible, le plus parlant, le plus symbolique : la célébration face à Dieu. Ce faisant, ils ne poseront pas seulement le premier acte d’une réforme, mais ils honoreront Dieu comme ils le doivent. »

  • RDCongo : Pourquoi le prochain scrutin présidentiel semble déjà “joué”

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    RDC-CENI-élection.jpgDémocratiques, les élections congolaises ne l’ont jamais été, si l’on excepte celles organisées sous la responsabilité de la Belgique pour constituer le premier gouvernement du Congo post-colonial.

    Sur le site web de « La Libre Afrique », Hubert Leclercq énonce déjà les procédures en préparation par l’actuel pouvoir en place pour manipuler les prochains résultats. Bah, « demokrasi, azali nani: mwasi soko mobali ? La démocratie, c’est qui : une femme ou un homme ? » NdB…   

    « L’organisation des scrutins annoncés pour le 20 décembre 2023 par la Commission électorale nationale indépendante multiplie les indices en faveur du pouvoir en place à Kinshasa.

    Si tu organises les élections, c’est pour les gagner”, nous avait expliqué l’ancien président du Gabon Omar Bongo en 2000. La formule, pour caricaturale qu’elle puisse paraître, n’a pas pris une ride. En République démocratique du Congo, les responsables de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ont annoncé, ce samedi 26 novembre, la tenue des prochaines élections présidentielles et législatives (nationales, provinciales et communales) pour le 20 décembre 2023.

    Un timing hyper serré que le patron de la Ceni, Denis Kadima Kazadi, installé à ce poste à la suite d’un processus très critiqué, se fait fort de tenir pour respecter la Constitution congolaise. Pour la plupart des observateurs internationaux, le calendrier est “matériellement intenable”, comme le martèle un expert qui a “accompagné de nombreux scrutins en Afrique”. Un rapport réalisé pour le PNUD à la fin de l’été dernier ne disait déjà rien d’autre.

    Il faut bien comprendre qu’en République démocratique du Congo, il n’y a pas d’état civil et pratiquement aucun suivi entre deux scrutins. À chaque fois, il faut donc enregistrer tous les électeurs, ce qui devrait représenter 50 millions de personnes cette fois. Il faut donc inscrire ces personnes une à une, remplir des fichiers manuellement, même si les équipes utilisent des tablettes informatiques”, poursuit un ancien membre de la Ceni. Pour Denis Kadima, l’enregistrement de ces 50 millions d’électeurs se fera en trois mois. “Impossible”, affirme sans ambage un expert congolais qui insiste sur la nécessité d’aller à la rencontre des électeurs dans des « conditions homériques »« Sans route, sans infrastructure, c’est impensable” et de rappeler qu’il y a cinq ans, “il avait fallu au moins 20 mois pour enregistrer ces électeurs en pouvant compter sur l’intendance de la Monusco pour transporter les kits d’enregistrement et le personnel de la Ceni, ce qui ne sera plus le cas cette année”.

    RDC : Tshisekedi passe en force. Cap sur la CENI ?

    Samedi dernier, en présentant son calendrier, Denis Kadima a d’ailleurs insisté sur la nécessité de recourir à une flotte d’avions pour aller à la rencontre des électeurs et sur le coût – imprévu – qu’aura cette mobilisation aérienne pour les caisses de l’État.

    On mobilise chez le président

    Pour parvenir à ses fins, l’actuelle Ceni a divisé le Congo en trois zones, commandé 30 000 kits d’enregistrement et augmenter substantiellement le nombre des centres d’inscription pour l’enrôlement des électeurs. Près de 5 000 “bureaux” supplémentaires sont annoncés pour les 26 provinces que compte ce pays, soit 22 271 face aux 17 783 centres qui avaient enrôlé 40 millions d’électeurs pour le scrutin de 2018. Une croissance bienvenue mais qui n’est pas sans poser certaines questions au vu de la répartition de ces nouveaux bureaux d’enrôlement. En effet, les provinces du Kasaï (+314 bureaux), du Kasaï central (+443 bureaux) et du Kasaï oriental (+202 bureaux), berceau de la famille Tshisekedi, accueillent à elles trois plus de 20 % des nouveaux bureaux d’enregistrement. Au total, ces trois “provinces présidentielles” disposent désormais de 3 069 centres d’inscription, soit 13,6 % de l’ensemble des centres au niveau national. “Avec un tel maillage, il faut espérer que la Ceni ne passera à côté d’aucun électeur kasaïen”, lance un de nos experts, qui ajoute : “d’autant plus que ces provinces, délaissées sous Kabila et dans lesquelles peu de réalisations concrètes ont abouti depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, ont tendance à se vider et que nombre de Kasaïens ont trouvé refuge dans l’ancien grand Katanga qui, lui, malgré cette évidente croissance démographique, ne bénéficie que de 586 nouveaux bureaux d’inscription”.

    Un constat tout aussi étonnant dans le nord est du pays où seuls 2 nouveaux bureaux ont été prévus au Nord-Kivu, 95 au Sud-Kivu et 69 au Maniema. “On va être prudent et se contenter de dire que ces chiffres sont difficiles à comprendre et à expliquer”, poursuit un de nos experts qui “s’étonne” du fait que “le poids électoral de chaque province n’a pas été pris en compte. Cette augmentation dans les Kasaïs n’est objectivement ni compréhensible, ni justifiable.” D’autres observateurs parlent clairement de “discrimination”.

    Cette répartition des nouveaux centres d’enregistrement ne fait qu’accroître le malaise des observateurs face au processus électoral qui se dessine en République démocratique du Congo. “Denis Kadima sait que de lourds soupçons pèsent sur sa désignation à la tête de la Ceni. Ajoutez-y une Cour constitutionnelle, chargée de valider les résultats des scrutins, complètement remaniée par la volonté du président Tshisekedi et vous obtenez de nombreux ingrédients pour un cocktail électoral aussi douteux qu’explosif. Sans parler du fait que tant la Ceni que la Cour constitutionnelle sont désormais entre les mains de Kasaïens. C’est malsain. C’est même dangereux en cas de contestation ou d’explosion de violence, poursuit l’ancien collaborateur de la Ceni avant de conclure : le fait qu’une ethnie tienne autant de clés du pouvoir est éminemment dangereux. En cas de contestation, on sait dans notre région que cela peut vite dégénérer en règlement de compte tribal”.

    RDCongo : Pourquoi le prochain scrutin présidentiel semble déjà “joué”

  • Malgré des attaques incessantes, les catholiques nigérians gardent leur foi

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    De Douglas Burton et Masara Kim* sur Catholic News Agency :

    Malgré des attaques incessantes, les catholiques nigérians gardent leur foi

    Abuja, Nigeria, 2 décembre 2022

    Le mois de novembre s'est avéré être un mois particulièrement meurtrier dans le centre du Nigeria, laissant des catholiques comme Matthew Onah et sa famille lutter pour faire face à leurs pertes. Dans l'enclave catholique de Maikatako, 11 personnes ont été tuées le 15 novembre lors d'une attaque menée par des milices armées, qui seraient au nombre de 200 à 300 et habillées en noir. Parmi les victimes se trouvait le fils de M. Onah, âgé de deux ans. Membre de la mission indépendante St Benedict de Kuba, dans le diocèse de Pankshin, dans l'État du Plateau, M. Onah a déclaré que sa femme, Rosemary, 33 ans, avait été blessée mais qu'elle se rétablissait dans un hôpital local. Leurs deux autres enfants ont survécu.

    Une semaine plus tard, au moins 12 civils non armés ont été tués par des miliciens musulmans radicalisés dans la ville de Wumat, à 45 miles au sud de Jos, la capitale de l'État du Plateau, selon Titus Alams, ancien président de la Chambre d'assemblée de l'État du Plateau. M. Alams a déclaré à CNA que plus de 200 terroristes ont encerclé le village situé au sommet d'une colline dans la froide nuit de mardi à mercredi, tirant sur les résidents qui tentaient de s'échapper.

    Les attaques ont suivi des semaines de raids terroristes sur les villages chrétiens environnants, ce qui a poussé les agriculteurs à rester loin de leurs fermes, a déclaré le père Andrew Dewan, responsable de la mission indépendante St Benedict de Kuba, qui dessert environ 25 villages environnants. "Le mois dernier encore, nous avons enterré deux de nos paroissiens dans une ville proche de Maikatako", a déclaré Dewan. "Ils ont été tués par les mêmes militants fulanis qui sont allés kidnapper leur sœur. Ils enlèvent les chrétiens pour obtenir une rançon, détruisent leurs cultures agricoles et mènent toujours des attaques, tuant les chrétiens et détruisant leurs moyens de subsistance." La motivation de ces attaques est "l'accaparement des terres et l'islamisation forcée", a-t-il déclaré. "Ils ont pris beaucoup de nos communautés et les ont transformées en zones interdites", a ajouté M. Dewan.

    Les autorités nigérianes ont souvent décrit les attaques comme des affrontements entre agriculteurs sédentaires et bergers semi-nomades pour les terres fertiles, qui, selon eux, ont augmenté en raison du changement climatique. L'évêque Michael Gokum, du diocèse de Pankshin, a déclaré à CNA qu'il s'agissait d'une déformation des faits. "Si vous êtes dans votre maison et que quelqu'un vient vous attaquer, ce n'est pas un affrontement", a déclaré Gokum lors d'une interview téléphonique. "Nous sommes inquiets de l'augmentation des meurtres, non seulement de catholiques mais de tous les chrétiens, qui se sont poursuivis sans relâche."

    Les attaques menées par des groupes de miliciens islamistes, diversement appelés "bergers", "bandits" ou "tireurs inconnus", font de plus en plus de victimes dans les villes agricoles des États de la vaste Middle Belt du Nigeria. Le 3 novembre, au moins 18 personnes ont été tuées par balles et à l'arme blanche dans la région nord de l'État de Benue, dans trois villages voisins du comté de Guma, a rapporté le père William Shom, un résident du comté. Beaucoup des victimes étaient des enfants, a déclaré Shom à CNA.

    Les experts nigérians s'inquiètent surtout du fait que les attaques de bergers se multiplient dans les États du sud du pays, où elles étaient rares il y a quelques années.

    Le 21 novembre, un groupe terroriste que l'on a entendu parler la langue de la tribu Fulani a attaqué des villages dans la zone sud de l'État d'Enugu, à environ 400 miles des lieux de l'attaque dans le comté de Bokkos, dans l'État du Plateau. L'État d'Enugu compte plus d'un million de résidents catholiques romains.

    Les analystes ont averti que les attaques incessantes - si l'on n'y résiste pas - pourraient faire tomber la nation la plus peuplée d'Afrique aux mains des islamistes radicaux.

    "Il est vrai que les agriculteurs chrétiens se heurtent aux éleveurs nomades musulmans fulanis, ou militants, depuis des dizaines d'années, mais les récentes attaques des militants fulanis semblent coordonnées et stratégiques", a déclaré à CNA Kyle Abts, directeur exécutif du Comité international pour le Nigeria (ICON). Il est "inquiétant de constater que les tueries se poursuivent dans l'État du Plateau et que, quelques jours plus tard, de nouvelles attaques ont lieu dans l'État d'Enugu, dans le sud du pays", a-t-il ajouté. "Dans toute la Middle Belt, les forces de sécurité sont soit dépassées, soit incapables d'arrêter, soit complices de ces attaques", a ajouté M. Abts.

    Solomon Maren, membre de la Chambre des représentants du Nigeria, a déclaré que Bokkos a connu une augmentation constante des attaques armées et des annexions depuis 2018. "Notre peuple dans les zones rurales ne peut plus cultiver ou se déplacer librement sans craindre les attaques. Rien que le mois dernier, nous avons enterré plus de 30 des nôtres qui ont été attaqués soit dans leurs fermes, soit dans leurs maisons", a-t-il déclaré.

    Le 17 novembre, le gouverneur Simon Lalong a ordonné une répression contre les cachettes des terroristes à Bokkos. Le porte-parole militaire, le Major Ishaku Takwa, a déclaré à CNA cette nuit-là que l'opération était déjà en cours. Cependant, trois heures plus tard, apparemment, la même bande de 300 terroristes qui a attaqué Maikatako a attaqué un village à environ deux miles à l'ouest de Maikatako. Les gardes volontaires de Maikatako, armés de fusils à un coup, ont résisté à l'attaque nocturne du mieux qu'ils ont pu, selon les gardes qui ont parlé à CNA.  "Ils se sont mis à l'abri derrière des maisons en tirant avec leurs armes, mais ont été contraints de battre en retraite par les armes supérieures des terroristes, des fusils d'assaut AK-47", a déclaré Bitrus Dang, un commissaire adjoint de police à la retraite. Dang et deux autres hommes ont été blessés au cours de l'attaque.

    Selon le porte-parole militaire de l'État du Plateau, le major Ishaku Takwa, les villageois n'appellent pas à l'aide assez tôt. "Le partage rapide des informations est essentiel pour mettre fin à ces attaques", a-t-il déclaré. "Ces terroristes arrivent et frappent en quelques minutes et s'en vont, donc nous avons besoin d'informations dès qu'elles se produisent".

    Un pasteur de la ville qui a demandé à ne pas être identifié par crainte de représailles a déclaré à CNA que deux camions de l'armée transportant au moins cinq hommes chacun étaient stationnés sur une rocade encerclant Maikatako plus tôt dans la soirée lorsque des rumeurs d'une attaque prévue ont commencé à circuler. Cependant, ils sont restés là à écouter de la musique pendant l'attaque, a déclaré l'ecclésiastique. "Nous étions impuissants", a déclaré Dang. "Ils sont arrivés avec des fusils AK-47 et AK-49 ainsi que d'autres armes sophistiquées", a-t-il ajouté. "Nous n'avions que des pistolets à cartouche à un coup". Il a ajouté que l'attaque s'est poursuivie pendant quatre heures sans aucune intervention de la police ou des soldats.

    En fouillant dans les décombres de leur maison incendiée le matin du 16 novembre, M. Onah a trouvé une Bible, son seul bien ayant survécu aux tirs des terroristes. "J'ai tout perdu, y compris mon bébé, ma voiture, ma maison, ma nourriture et mes vêtements, mais avec cette [Bible], mon espoir est renouvelé", a-t-il déclaré. "Rien ne m'empêchera d'être catholique. Rien ne m'empêchera de suivre le Christ", a-t-il ajouté.

    * Douglas Burton est un écrivain indépendant spécialisé dans le terrorisme nigérian depuis son domicile près de Washington, DC. Il a commencé à couvrir la campagne pour reprendre Mossoul à ISIS en 2015 et est passé à la couverture d'ISIS au Nigeria en 2019. Il est un ancien fonctionnaire du département d'État à Kirkuk, en Irak.

    Masara Kim est un reporter indépendant sur les conflits et un documentariste basé à Jos, au Nigeria.

  • Pakistan : Asia Bibi appelle à protéger les victimes des lois sur le blasphème

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    Asia Bibi appelle à protéger les victimes des lois sur le blasphème au Pakistan

    3/12/2022

    Le 1er décembre, Asia Bibi, une catholique pakistanaise acquittée en 2018 après des années de prison pour blasphème, a accordé une première interview vidéo, publiée en ligne alors qu’elle et ses proches vivent toujours au Canada, leur pays d’adoption. Elle a appelé les agences gouvernementales pakistanaises à enquêter avec rigueur sur les affaires de blasphème et à protéger les innocents. « Ils doivent être libérés. Des longues peines sans preuve, c’est une grande injustice pour notre pays », a-t-elle déclaré.

    Asia Bibi lors de sa venue à Paris en 2020.

    Asia Bibi, une femme catholique pakistanaise qui a échappé à la peine capitale après avoir été accusée de blasphème et qui vit aujourd’hui au Canada, a appelé à la protection des victimes des lois sur le blasphème dans son pays. Dans sa première interview vidéo donnée depuis qu’elle a été acquittée par la Cour Suprême du Pakistan, en 2018 avant de quitter le pays, elle a appelé les agences gouvernementales pakistanaises à enquêter « rigoureusement » sur les affaires liées au blasphème.

    « Protégez les innocents plutôt que de les battre dans les commissariats. Les innocents doivent être libérés. De longues peines pour des accusations sans preuves, c’est une grande injustice dans notre pays », a-t-elle déclaré dans son interview, publiée en ligne le 1er décembre. « Ils ne comprennent ni la bible ni le coran même après les avoir étudiés. Au nom de Dieu, ouvrez vos cœurs à la pitié. Le Pakistan n’est pas que pour les musulmans. Je me sens en colère quand de bons musulmans sont visés pour avoir sympathisé avec des minorités religieuses démunies », a-t-elle ajouté.

    Elle a également évoqué plusieurs affaires d’assassinats liées à des accusations de blasphème, dont celui de l’ancien gouverneur du Pendjab Salman Taseer, tué pour avoir dénoncé la loi sur le blasphème comme une « loi mauvaise », et celui de l’ancien ministre des Minorités Shahbaz Bhatti, tué en 2011 pour avoir appelé à réformer la législation sur le blasphème.

    Une situation toujours incertaine

    Asia Bibi a souligné que pour vivre, elle a un travail modeste à cause du manque d’éducation qu’elle a reçu. Elle a aussi regretté divers problèmes qu’elle rencontre dans son pays adoptif comme la barrière de la langue. Aujourd’hui, elle vit dans une maison louée. « Il y a des gens qui ont profité de mon nom mais je n’ai rien eu. Notre communauté aurait dû nous aider. Les gens pensent que nous gagnons beaucoup d’argent depuis qu’on nous a accordé le droit d’asile. Le gouvernement nous a seulement soutenus durant un an », a-t-elle poursuivi.

    « Même mes filles n’ont pas pu étudier à cause de ma situation, et aujourd’hui elles font face à un avenir incertain. Mes années de souffrances nous ont affaiblis. Mon mari a été opéré de la vésicule biliaire au Pakistan, et il a cherché du travail durant quatre ans. » La femme catholique, qui a fait la une des journaux après son accusation de blasphème par un groupe de femmes en 2009, confie que sa vie continue d’être « une histoire douloureuse, un test de la part de Dieu », ajoute-t-elle. Sa mère est morte alors qu’elle était en prison, et elle n’a pas pu revoir son père. Trois de ses enfants sont toujours au Pakistan, précise-t-elle.

    Saif ul Malook, le principal avocat qui l’a défendu, estime qu’elle est en partie responsable. « Elle a fait confiance à des ONG qui lui ont fait de fausses promesses. Étant illettrée, elle ne savait pas comment se vendre et par conséquent elle est déprimée. Elle ne m’a même pas remercié après son acquittement », a-t-il souligné.

    Une organisation chrétienne appelle à abroger les lois sur le blasphème

    De son côté, le 29 novembre, l’organisation britannique CSW (Christian Solidarity Worldwide) a appelé à réviser les lois draconiennes sur le blasphème lors d’un événement virtuel sur la situation de la liberté de religion et de croyance au Pakistan. Selon CSW, le pays « doit assurer que des amendements sont appliqués afin de minimiser le détournement de ces lois à court terme, et tendre vers une abrogation totale à long terme ».

    « Le Pakistan doit enquêter sur toutes les affaires de violences contre des personnes accusées de blasphème, et poursuivre tous les responsables », a insisté l’organisation, en demandant également la libération de tous les prisonniers d’opinion sans condition, y compris ceux qui sont actuellement condamnés pour blasphème. CSW a aussi appelé à mettre fin aux attaques qui sont faites contre les musulmans Ahmadis.

    Le blasphème reste une question sensible dans la société pakistanaise. Le Centre pour la justice sociale (CSJ), basé à Lahore, estime qu’au moins 1 949 personnes ont été accusées de dans le cadre des lois sur le blasphème entre 1987 et 2021. Un grand nombre de ces affaires doivent encore être jugées.

    Le mois dernier, l’ONG Voice for Justice a condamné la torture en détention d’Imran Rehman, un chrétien de 32 ans et père de deux filles, arrêté en septembre après avoir été accusé d’avoir publié des contenus blasphématoires sur un groupe WhatsApp. Selon les militants pour les droits de l’homme au Pakistan, la majorité des victimes chrétiennes des lois sur le blasphème et de leurs proches se retrouvent dans une situation incertaine et avec peu d’espoir face à l’avenir.

    (Avec Ucanews)

  • Forte augmentation des demandes de "débaptisation" en Belgique

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Forte augmentation des demandes de "débaptisation" en Belgique

    L'Église de Belgique a constaté une forte augmentation du nombre de personnes demandant à ce que leur nom soit rayé des registres de baptême.

    30 novembre 2022

    L'Église catholique de Belgique a fait état mercredi d'une forte augmentation du nombre de personnes demandant la radiation de leur nom des registres de baptême.

    Le dernier rapport annuel de l'Église, publié le 30 novembre, fait état de 5 237 demandes de ce type en 2021, contre 1 261 en 2020 et 1 800 en 2019.

    Le Catéchisme de l'Église catholique indique que "le baptême scelle le chrétien avec la marque spirituelle indélébile de son appartenance au Christ." Alors qu'une personne peut faillir à la pratique de la foi, voire la renier complètement, il est impossible d'inverser les effets du baptême.

    Néanmoins, un mouvement qui se développe en Europe pour promouvoir le "débaptême" a encouragé les catholiques à écrire aux autorités de l'Église pour demander à être rayés des registres de baptême des paroisses. Ce mouvement est un consortium de plusieurs factions politiques et philosophiques parmi les laïcs européens.

    Un porte-parole de la conférence épiscopale belge a déclaré au Pilier le 1er décembre que lorsque l'Église recevait une demande de "débaptisation", "il est noté dans le registre, dans la marge, que la personne a demandé à être désinscrite."

    "Vous n'êtes pas autorisé à rayer ou à supprimer une entrée dans un registre officiel", a-t-il expliqué.

    Le rapport annuel suggère que la réaffirmation par le bureau doctrinal du Vatican, en mars 2021, que l'Église catholique n'a pas le pouvoir de bénir les unions homosexuelles pourrait "expliquer en partie" le pic des demandes.

    Le document indique que "La Congrégation [aujourd'hui Dicastère] pour la Doctrine de la Foi n'autorise pas la bénédiction des couples 'de même sexe'. Cette question fait l'objet d'une attention médiatique considérable. Cela peut expliquer en partie le nombre croissant de demandes de radiation du registre des baptêmes. Les évêques belges appellent les fidèles du pays à œuvrer pour un climat de respect, de reconnaissance et d'intégration."

    En septembre, les évêques flamands de Belgique ont publié un nouveau document sur la pastorale des catholiques qui s'identifient comme LGBT, qui comprenait un texte autorisant la bénédiction rituelle des couples de même sexe.

  • "Nous sommes en voie d’apostasie accélérée"

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    De Guillaume Drago sur le site de La Nef :

    Apostasie

    Apostasie : « abandon public d’une religion, d’une doctrine, d’un parti » (Petit Larousse illustré, 1986). Cette définition, au style presque vieilli tant elle est simple et claire, dit bien ce qu’elle veut dire : apostasier, c’est se renier, dans ses convictions les plus fortes. C’est l’apostasie de l’Europe occidentale à laquelle on assiste, sans que cela ne semble émouvoir grand monde.

    Le continent européen est en voie d’apostasie généralisée. Chacun le sait, le voit et ne dit rien parce que nous nous sentons tous, en quelque sorte, responsables de celle-ci. Quelques esprits clairs le disent, avec leurs mots, leur style, leur pensée. On pense à Chantal Delsol et à sa Fin de la chrétienté (1), à Jean-Luc Marion avec sa Brève apologie pour un moment catholique (2) ou Pierre Manent dont le dernier ouvrage Pascal et la proposition chrétienne (3) est une remarquable tentative de sauvetage de ce que la civilisation occidentale et particulièrement française recèle encore de christianisme.

    Rejet général du christianisme

    Nous sommes en voie d’apostasie accélérée car tout ce qui faisait le christianisme occidental et qui « tenait » la société, comme le ciment « tient » le mur, est aujourd’hui rejeté de la façon la plus générale qui soit. Ce processus restera sans doute dans l’histoire des civilisations comme le témoignage du plus grand sabordage culturel et religieux provoqué non par des coups de boutoir extérieurs, à l’image des grandes invasions et des conversions forcées, mais par ceux-là mêmes qui en ont été les dépositaires.

    Qu’on en juge, si on veut évidemment le voir, tant la cécité de ceux qui ont sacrifié aux idoles du modernisme culturel et religieux est forte et sombre (« ils ont des yeux et ils ne voient pas, ils ont des oreilles et ils n’entendent pas », dit le Psaume).

    Lire la suite sur le site de La Nef

    (1) Chantal Delsol, La fin de la chrétienté. L’inversion normative et le nouvel âge, Cerf, 2021.
    (2) Jean-Luc Marion, Brève apologie pour un moment catholique, Grasset, 2017.
    (3) Pierre Manent, Pascal et la proposition chrétienne, Grasset, 2022.

  • Les groupes pro-vie et pro-famille bloqués lors d'une prochaine conférence de l'ONU ?

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    D'Austin Ruse sur le Friday Fax (C-Fam) :

    Un comité de l'ONU s'apprête à bloquer les pro-vie

    1er décembre 2022

    Le Comité des ONG de la Commission de la condition de la femme de l'ONU a publié des directives de participation qui auront pour effet de bloquer les groupes pro-vie et pro-famille lors d'une prochaine conférence de l'ONU. Les dirigeants des groupes pro-vie et pro-famille pensent que ces directives ont été créées précisément pour les empêcher de participer à la prochaine Commission sur le statut de la femme.

    Appelées "Directives et principes de sécurité virtuelle", le Comité des ONG affirme qu'elles visent à garantir que "chacun vive une expérience enrichissante lors du Forum virtuel des ONG sur la CSW". Leur objectif est de "rendre cette plateforme aussi inclusive et productive que possible..."

    Certaines directives ne prêtent pas à controverse, telles que "construire une culture d'excellence, de compassion, d'intégrité et d'honnêteté." De plus, "permettez à tout le monde de participer. Ne dominez pas la conversation et respectez les limites de temps" et "faites preuve d'empathie envers les autres participants".

    Mais il y a aussi l'obligation de reconnaître "l'existence du sexisme, du racisme, du classisme, de l'hétérosexisme, de la transphobie, de la domination globale du Nord et d'autres formes institutionnelles d'oppression." Certains de ces éléments sont en grande partie les mots et les phrases idéologiquement chargés de la gauche sexuelle.

    Les participants ne peuvent pas non plus utiliser "un langage offensant lié au genre, à l'identité et à l'expression de genre, à l'orientation sexuelle, au handicap, à la maladie mentale, à l'apparence physique, à l'affiliation politique, à l'âge, à la race, à l'origine nationale et/ou ethnique, au statut d'immigration, à la langue, à la religion ou à l'indigénéité".

    Les participants sont tenus "d'utiliser un langage accueillant et inclusif". Vraisemblablement, cela signifie utiliser les "pronoms préférés" de quelqu'un, une exigence qui contraindrait le discours et violerait donc la liberté religieuse des croyants chrétiens orthodoxes.

    Et puis il y a l'interdiction de "l'intimidation délibérée", une admonition qui semble ne fonctionner que dans un sens. L'année dernière, lors d'un événement préparatoire à la CSW parrainé par ONU Femmes, les gouvernements du Danemark et du Costa Rica et l'ONG CSW, le vice-président exécutif de C-Fam a été attaqué par un groupe mondial de défense de l'avortement. Un représentant de l'Association pour les droits de la femme dans le développement (AWID) a demandé l'expulsion de tous les "infiltrés anti-droits" des Nations unies.

    Bien que les directives semblent ne concerner qu'une plate-forme virtuelle pour la prochaine Commission de la condition de la femme, l'une des plus grandes et des plus importantes réunions de commission au siège de l'ONU, lorsque C-Fam a demandé à accueillir un événement parallèle à la prochaine conférence, ces directives étaient jointes.

    Le Comité des ONG de la CSW est une créature d'ONU Femmes, qui est une bureaucratie massive avec un conseil d'administration composé d'États membres de l'ONU. Il semble donc que les directives émanent des gouvernements. Le problème est que beaucoup, sinon la plupart, des États membres de l'ONU n'accepteraient jamais certaines de ces directives et ne seraient donc pas admis dans la partie ONG de la Commission.

    La Commission de la condition de la femme est une réunion annuelle des États membres des Nations unies qui, dans les années pré-covid, rassemblait des milliers de participants non gouvernementaux. Les 5 000 participants sont généralement issus de groupes féministes radicaux, mais des groupes pro-vie ont également participé. Outre la négociation entre les États membres, il y a des dizaines de panels produits par des groupes non gouvernementaux. Au fil des ans, les groupes pro-vie ont été autorisés à organiser des panels, mais cela est devenu de plus en plus difficile à mesure que les féministes idéologiques répriment les opinions dissidentes.

    Aujourd'hui, il semble qu'elles présentent la dissidence comme un danger pour les autres participants et qu'elles cherchent à supprimer complètement les voix pro-vie et pro-famille.

    Les ONG pro-vie et pro-famille réfléchissent à leur plan d'action, qui devrait inclure au moins une plainte formelle auprès d'ONU Femmes. Les pro-vie n'ont pas l'espoir que l'ONU Femmes s'en préoccupe. Après que Lisa Correnti de C-Fam ait été harcelée l'année dernière, ONU Femmes n'a même pas reconnu la plainte.

    Les pro-vie espèrent que les États membres de l'ONU interviendront.

  • L'état avancé de sécularisation de la plupart des sociétés européennes constitue le terrain le plus fertile pour le développement d'un climat anti-chrétien

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Les nouveaux visages de la persécution des chrétiens en Europe

    La France compte le plus grand nombre de crimes haineux contre les chrétiens - qui restent la communauté religieuse la plus ciblée du pays - suivie par l'Allemagne, l'Italie et la Pologne, selon un récent rapport annuel.

    30 novembre 2022

    L'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe (OIDAC Europe) a constaté dans son dernier rapport pour l'année 2021 que la pression sociale et la censure visant les chrétiens en Europe s'intensifient et prennent différents aspects.

    Pour le président de cette organisation non gouvernementale basée à Vienne, le préjugé général contre l'engagement religieux parmi les élites européennes est responsable d'une grande partie de l'intolérance et de l'hostilité sociale croissantes dont sont victimes les chrétiens.

    Comme les années précédentes, la France enregistre le plus grand nombre de crimes de haine contre les chrétiens - qui restent la communauté religieuse la plus ciblée du pays -, suivie par l'Allemagne, l'Italie et la Pologne.

    Selon les auteurs de l'étude, qui a recensé 519 crimes de haine anti-chrétiens dans 19 pays européens, ces chiffres sont probablement largement sous-estimés en raison du nombre limité de chrétiens qui signalent les attaques dont ils sont victimes.

    Bien que le vandalisme, le vol et la profanation soient les crimes haineux documentés les plus courants, quatre personnes ont été tuées en haine de la foi et 14 ont été agressées physiquement en 2021. Les chiffres du rapport ont révélé une diminution globale du nombre de crimes haineux par rapport à 2020, ce qui contraste avec l'augmentation de l'intolérance dans la durée.

    Cette circonstance a été l'occasion pour OIDAC Europe de réaffirmer que, si les chrétiens sont confrontés à des formes plus graves de persécution pour leur foi dans d'autres parties du monde, la persécution qui a lieu en Europe, bien que plus sous-jacente et subtile - et se manifestant souvent par l'exclusion sociale, la censure ou la discrimination - ne doit pas être sous-estimée, car elle a des conséquences très profondes sur la vie quotidienne des chrétiens et sur la transmission de la foi aux générations futures.

    Le cardinal africain Robert Sarah, préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a souligné cette même réalité dans une interview avec EWTN News diffusée le 27 novembre.

    "Les menaces contre la liberté religieuse prennent de nombreuses formes. D'innombrables martyrs continuent de mourir pour la foi dans le monde entier", a commenté le cardinal Sarah. "Mais la liberté religieuse est également menacée en Occident".

    "Il ne s'agit pas souvent d'une menace ouverte, ou d'une haine de la foi", a-t-il ajouté, mais d'un "parti pris implicite contre le christianisme."

    Les dégâts de la sécularisation

    L'état avancé de sécularisation de la plupart des sociétés européennes constitue le terrain le plus fertile pour le développement d'un climat anti-chrétien. Ce phénomène, qui se distingue de la séparation formelle entre l'État et l'Église, a pour effet d'éliminer la religion de toutes les autres sphères de la société, la reléguant exclusivement à la sphère privée.

    "De plus en plus souvent, le principe de séparation entre l'Église et l'État est compris à tort comme exigeant une séparation entre la foi et la politique, de sorte qu'il est de moins en moins acceptable de fonder ses positions politiques sur des convictions religieuses", écrit dans le rapport Dennis Petri, expert dans le domaine de la liberté religieuse.

    M. Petri était également l'un des principaux experts du rapport de juin 2022 sur le phénomène croissant de l'autocensure dans le monde chrétien. Ce rapport a été produit par un certain nombre d'organisations chrétiennes internationales, dont l'OIDAC.

    Ce rapport a montré que la montée de l'intolérance laïque avait pour effet de générer un "effet de refroidissement", qui poussait de nombreux chrétiens à s'abstenir d'exprimer leurs opinions et leurs croyances en public. Outre la pression sociale, les actions en justice engagées contre les chrétiens pour limiter leur liberté d'expression ont un impact délétère sur la liberté de religion ainsi que sur la propagation et le maintien de la foi.

    Parmi les 2021 affaires les plus médiatisées figure celle de la députée et ancienne ministre finlandaise Päivi Räsänen, une chrétienne autoproclamée qui a fait l'objet de poursuites pénales pour avoir publiquement remis en question le soutien officiel de l'Église luthérienne de son pays à l'événement "Pride 2019", citant la Bible à l'appui de sa position. Selon les auteurs du rapport de l'OIDAC, des cas comme celui de Räsänen "envoient un message effrayant aux chrétiens, laissant entendre que l'expression de leurs opinions s'accompagne d'un risque d'exclusion sociale, de préjudice professionnel, voire de poursuites judiciaires."

    Commentant les conclusions du dernier rapport dans une interview accordée au Register, Martin Kugler, chef de l'OIDAC, a averti que les nouvelles lois sur les discours de haine dans les pays occidentaux génèrent une tendance dangereuse selon laquelle "certains groupes peuvent accuser les chrétiens de discours de haine pour avoir partagé leurs croyances sur le mariage et la famille ou l'identité sexuelle selon l'éthique chrétienne."

    "Certaines de ces lois sont rédigées et interprétées de manière si large qu'elles sont facilement utilisées pour criminaliser les chrétiens", a-t-il ajouté.

    Normalisation de l'intolérance

    M. Kugler a ajouté que les milliers de cas graves ou très médiatisés de crimes de haine documentés dans leurs rapports au cours des dernières années confirment que le phénomène croissant du sécularisme radical est à la base d'une "intolérance séculaire" écrasante, qui se manifeste à la fois "dans les lois discriminatoires ou problématiques pour la liberté de religion, ainsi que dans le climat hostile envers les chrétiens dans les différentes sphères sociales."

    Notant l'interconnexion entre le climat social et les lois et décisions juridiques, il a fait valoir que les lois visant la liberté d'expression ou la liberté religieuse tendent à "normaliser" l'idée que les opinions chrétiennes ne sont plus acceptables dans la société, et que l'indifférence de diverses classes politiques européennes à l'égard de la persécution des chrétiens renforce un préjugé anti-chrétien dans l'opinion publique, donnant lieu à une intolérance séculaire encore plus grande.

    Kugler observe que, paradoxalement, cette intolérance laïque à l'égard des chrétiens s'accompagne d'une réticence généralisée à condamner le fanatisme religieux et les violences commises par les musulmans en Europe.

    "Il y a un étrange aveuglement face aux dangers réels et, en même temps, une réticence à voir les menaces qui pèsent sur la liberté religieuse et les autres droits de l'homme lorsqu'elles touchent les chrétiens", a-t-il déclaré.

    "Nous avons analysé un préjugé général spécifiquement contre l'engagement religieux chrétien parmi les élites européennes et encore plus si cet engagement chrétien est critique à l'égard des développements sociétaux dans le monde occidental", a-t-il poursuivi, notant que c'est particulièrement le cas lorsque la discussion touche des questions telles que le mariage et la famille, l'idéologie du genre, l'avortement, la dignité humaine dans la biotechnologie, la liberté d'expression et l'éducation.

    Kugler conclut : "une intolérance radicale se répand en Occident, notamment parmi de nombreux médias libéraux et de gauche - toujours 'au nom de la tolérance'."

    Solène Tadié Solène Tadié est la correspondante pour l'Europe du National Catholic Register. Elle est franco-suisse et a grandi à Paris. Après avoir obtenu une licence en journalisme à l'université Roma III, elle a commencé à faire des reportages sur Rome et le Vatican pour Aleteia. Elle a rejoint L'Osservatore Romano en 2015, où elle a successivement travaillé pour la section française et les pages culturelles du quotidien italien. Elle a également collaboré avec plusieurs médias catholiques francophones. Solène est titulaire d'une licence en philosophie de l'Université pontificale Saint-Thomas d'Aquin, et a récemment traduit en français (pour les Éditions Salvator) Défendre le marché libre : The Moral Case for a Free Economy du Père Robert Sirico de l'Acton Institute.

    Lire également : Norwegian bishop: Catholic life leads ‘to persecution to some degree in this fallen world’

  • Angleterre : le nombre de musulmans a doublé en 10 ans, les chrétiens ne sont plus majoritaires

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Angleterre : le nombre de musulmans a doublé en 10 ans, les chrétiens ne sont plus majoritaires

    Le recensement 2021 effectué par l’institut national britannique des statistiques souligne aussi que la population blanche dans les villes principales du pays est passée sous la barre des 40%.

    Un recensement évocateur. Le rapport 2021 publié le 29 novembre par l’institut national britannique des statistiques a mis en lumière l’évolution de la population en Angleterre. Et le constat est sans appel, comme l’indique Le Point : le pays n’est plus une nation à majorité chrétienne. En effet, si les Chrétiens représentaient 59 % de la population en 2011, ils sont un peu plus de dix ans plus tard 46 %, soit moins de la moitié. Dans le même temps, la population blanche est passée sous la barre des 40% à Londres et Birmingham, les deux principales villes du pays. A contrario, le recensement souligne que la population musulmane a doublé en une décennie et demeure la deuxième religion du pays avec quatre millions d’individus musulmans. Quant au nombre de juifs, d’hindous et de bouddhiste, il reste plutôt stable.

    Convictions entamées

    En revanche, l’institut national britannique des statistiques souligne que le nombre d’athées a connu une forte progression depuis 2011, passant de 25 % à 37,2 %. La société multiculturelle d’outre-Manche a donc connu une nette évolution, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le Brexit a fortement diminué l’immigration des catholiques européens au profit de ceux du sous-continent indien et africain. Ensuite, les scandales à répétition au cœur de l’Eglise ont entamé les convictions de nombreux Chrétiens. « Le pays a fait une croix sur l’attachement automatique au christianisme. Nous devons mieux faire connaître la doctrine du Christ », a expliqué le révérend Stephen Cottrell, numéro deux de l’Église anglicane. Pour limiter le recul historique de la foi chrétienne en Angleterre, et alors que le nouveau roi Charles III s’est toujours dit défenseur de « toutes les fois », tout reste donc à faire.

    Source

  • Le Sénat américain adopte le projet de loi sur le mariage entre personnes de même sexe

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    De Jonah McKeown sur Catholic News Agency :

    Le Sénat adopte le projet de loi sur le mariage entre personnes de même sexe, le renvoyant à la Chambre des représentants

    29 novembre 2022

    Le Sénat américain a voté mardi soir en faveur de la loi sur le respect du mariage (RFMA), renvoyant le projet de loi à la Chambre pour un vote final avant qu'il n'atteigne le bureau du président. 

    Ce projet de loi, qui abrogerait la loi de 1996 sur la défense du mariage (DOMA) et prévoirait la reconnaissance fédérale des mariages entre personnes de même sexe, a suscité des critiques de la part des dirigeants catholiques, qui estiment qu'il n'offre pas une protection juridique suffisamment forte aux personnes qui croient que le mariage est l'union d'un homme et d'une femme, comme l'enseigne l'Église catholique. 

    Le projet de loi actuel n'obligerait aucun État à autoriser les couples de même sexe à se marier, mais exigerait des États qu'ils reconnaissent tous les mariages - sans distinction de "sexe, de race, d'ethnie ou d'origine nationale" - contractés dans d'autres États. 

    Le projet de loi a bénéficié d'un soutien des deux partis et a été adopté par le Sénat le 29 novembre par un vote de 61 à 36, et va maintenant retourner à la Chambre. Si la Chambre adopte cette version amendée, le projet de loi ira sur le bureau du président Joe Biden pour sa signature, qu'il s'est engagé à donner. M. Biden a fait part de son soutien au mariage homosexuel pour la première fois il y a dix ans, ce qui le mettait en porte-à-faux avec les enseignements de sa foi catholique. 

    Le Sénat avait voté à 62-37 à la mi-novembre pour mettre fin au débat sur le projet de loi en atteignant le seuil requis de 60 voix. Douze républicains ont traversé l'allée pour se joindre à tous les démocrates du Sénat lors de ce vote, et le même nombre s'est joint au vote du 29 novembre.

    La version finale du projet de loi comprend un amendement des deux partis visant à garantir que les organisations religieuses à but non lucratif ne seront pas tenues de fournir des services, des installations ou des biens pour la célébration d'un mariage homosexuel. Elle prévoit également des protections de la conscience individuelle dans la mesure prévue par la Constitution et la loi fédérale, et précise que le projet de loi n'autorise pas le gouvernement fédéral à reconnaître le mariage polygame. 

    Le DOMA, que le présent projet de loi abrogerait, est une loi de 1996 signée par le président Bill Clinton qui définissait le mariage au niveau fédéral comme l'union d'un homme et d'une femme, réservant les avantages fédéraux aux couples hétérosexuels et permettant aux États de ne pas reconnaître les mariages homosexuels contractés dans d'autres États. Le DOMA a déjà été effectivement annulé par les décisions de 2013 et 2015 de la Cour suprême United States v. Windsor et Obergefell v. Hodges, qui ont légalisé le mariage homosexuel dans les 50 États. 

    En juillet, les évêques catholiques des États-Unis avaient exhorté les sénateurs à s'opposer à la loi sur le respect du mariage, exprimant leurs inquiétudes quant à l'effet du projet de loi sur la liberté religieuse de ceux qui tiennent à une définition traditionnelle du mariage. 

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  • Une vague abortiste déferle sur l'Europe

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    De Luca Volontè sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    DE L'ESPAGNE À MALTE

    La vague d'avortement menace l'Europe

    30-11-2022

    Il y a la "liste noire" des médecins objecteurs dans un nouveau projet de loi espagnol, la constitutionnalisation possible de l'avortement en France et celle (ratée) au Royaume-Uni. Et encore : la poussée radicale en Hollande et la pression de l'Union européenne sur la Pologne et Malte pour libéraliser le meurtre des enfants à naître.

    L'odeur nauséabonde de l'avortement se répand dans toute l'Europe. En Espagne, en France, à Malte, aux Pays-Bas, en Pologne et au Royaume-Uni, la pression s'accentue pour légaliser le meurtre de la personne conçue in utero.

    La nouvelle loi espagnole sur l'avortement est presque prête, après que la Commission pour l'égalité du Congrès a approuvé le rapport sur le texte adopté (22 voix en faveur de Psoe, Unidas Podemos et alliés ; 15 membres de Pp, Vox et Ciudadanos contre). Maintenant, la soi-disant " loi organique sur la santé sexuelle et reproductive et l'interruption volontaire de grossesse ", promue par la leader incontestée de Podemos et ministre de l'égalité Irene Montero, devra être soumise à la plénière pour approbation finale, puis sera envoyée au Sénat pour approbation finale avant d'entrer en vigueur. Il ne devrait pas y avoir de surprise, étant donné une large majorité.

    Le projet de loi espagnol comporte trois nouveautés inquiétantes : les médecins objecteurs seront obligés de s'inscrire sur une liste publique et nationale, une sorte de "liste noire" qui a déjà été contestée par l'Agence nationale de protection des données ; les médecins objecteurs n'auront pas le droit de participer aux comités cliniques de leurs hôpitaux qui décideront des avortements pour raisons "médicales" (c'est-à-dire les avortements jusqu'à la 22e semaine de gestation ou même au-delà, à condition que le fœtus souffre d'"anomalies incompatibles avec la vie" ou d'une "maladie extrêmement grave et incurable"). La raison ? Les médecins objecteurs ne sont pas impartiaux.... Enfin, la loi permettra aux jeunes filles de 16 et 17 ans d'interrompre leur grossesse sans avoir à obtenir l'autorisation de leurs parents, sans modifier les délais (avortement gratuit jusqu'à la 22e semaine de gestation).

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  • Ils sont revenus satisfaits de Rome mais que vont faire à présent les évêques belges ?

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    D'Anton de Wit sur KN.nl :

    Ils sont revenus satisfaits de Rome mais que vont faire à présent les évêques belges ?

    29 novembre 2022

    Les évêques belges se sont sentis "entendus" lors de leur visite ad limina à Rome, y compris sur la question controversée de la "bénédiction des homosexuels". Au niveau national, cependant, presque personne n'a été sensibilisé par cette visite, qui soulève une question fondamentale et encore sans réponse : comment annoncer l'Évangile dans une société largement sécularisée et indifférente ?

    Auparavant, les similitudes entre les visites ad limina successives des évêques allemands et belges étaient particulièrement frappantes. Les deux pays semblent être devenus en quelque sorte les "gauches" du continent européen, avec des propositions progressistes sur des questions toujours épineuses telles que l'acceptation de l'homosexualité et l'ordination des femmes.

    Les deux pays - contrairement aux "enfants les plus courageux de la classe" comme les Néerlandais - ont donc bénéficié d'une réunion supplémentaire dans le cadre du programme. Celle-ci semblait d'avance devoir être une tape pédagogique sur les doigts de la part des enseignants romains, de toute façon.

    C'est d'ailleurs ce qui s'est passé dans le cas de la "réunion inter-dicastère" des Allemands. Ils ont eu droit à une attaque contre leur "Voie synodale", ensuite mise par écrit par les enseignants en question, les cardinaux de la curie Luis Ladaria (Dicastère pour la doctrine de la foi) et Marc Ouellet (Dicastère pour les évêques).

    C'est là qu'apparaît immédiatement la première grande différence entre les Allemands et les Belges. Il semble que la réunion inter-dicastère des évêques belges ait été beaucoup plus conviviale. Et contrairement aux Allemands, il n'y avait pas un seul sujet à l'ordre du jour, mais une série de sujets. Lors de la conférence de presse de clôture vendredi, le cardinal Jozef De Kesel en a énuméré quelques-unes : l'évangélisation, la pénurie de prêtres, l'engagement des laïcs et la présence des femmes dans l'Église.

    Qu'en est-il de cette prière de bénédiction controversée pour les couples homosexuels, que les évêques belges, soit dit en passant, ne permettent pas d'appeler une "bénédiction gay" ? Oh oui, celle-là aussi est apparue, bien sûr. "Je me suis senti écouté et respecté", a déclaré De Kesel à ce sujet, selon Kerknet. "Cela ne veut pas dire que tout le monde était d'accord, mais on pouvait en parler. J'en suis très satisfait." Autrement, peu d'annonces substantielles ont été faites au sujet de la conversation, écartant la question avec la remarque plutôt curieuse : "Une visite ad limina ne sert pas à discuter de dossiers concrets."

    De Kesel avait une mission différente, plus "personnelle" pour la visite ad limina. Il a voulu "expliquer dans chacun des dicastères notre situation de société pluraliste et sécularisée". Car à Rome, selon le cardinal, la situation belge est "parfois jugée avec des présupposés propres à une situation qui n'existe plus chez nous depuis les années 50, à savoir celle d'une Eglise de grand prestige et de grand pouvoir, dans une société chrétienne homogène".

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