Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Belgique

  • Les conférences épiscopales de l'UE attendent une décision concernant l'effacement des inscriptions de baptême

    IMPRIMER

    De Luke Coppen sur le Pillar :

    Les conférences épiscopales de l'UE attendent une décision concernant l'effacement des inscriptions de baptême

    La Cour de justice de l'Union européenne examine une affaire concernant le diocèse de Gand, en Belgique.

    4 septembre 2026

    Une décision imminente de la Cour de justice de l'Union européenne sur la question de savoir si un diocèse belge doit effacer les données de son registre de baptême sur demande pourrait avoir des conséquences importantes pour l'autonomie de l'Église et la liberté institutionnelle de religion.

    C’est ce qu’affirme un document de position publié le 4 septembre par la Commission des Conférences épiscopales de l’Union européenne (COMECE).

    Le document de 15 pages traitait d'une affaire actuellement pendante devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) concernant un différend entre le diocèse de Gand et l'Autorité belge de protection des données quant à savoir si le diocèse doit se conformer à la demande d'une personne non identifiée de supprimer son inscription au registre de baptême.

    « Le registre baptismal est la base fondamentale pour établir le statut juridique de la personne dans l’ordre juridique interne de l’Église », indique le document de position, préparé à la demande des conférences épiscopales membres de la COMECE et daté du 2 septembre.

    « Exiger de l’Église catholique qu’elle efface les données qu’elle contient, et donc intervenir directement dans son organisation, constituerait une atteinte grave à l’autonomie de l’Église et à la liberté institutionnelle de religion. »

    L'article a été publié moins d'un mois avant que l'avocat général, conseiller juridique indépendant de la CJUE, ne rende son avis formel sur l'affaire. Cet avis ne sera pas contraignant, mais pourrait donner une indication sur la manière dont la CJUE pourrait trancher dans son arrêt définitif, qui pourrait être rendu fin 2026 ou début 2027.

    L'affaire, connue sous le nom de C-12/25 Bisdom Gent , est née d'un différend concernant une pratique mise en place par les diocèses belges consistant à ajouter une note aux registres de baptême plutôt que de supprimer les inscriptions lorsque des personnes demandent leur « débaptême ».

    L'Église catholique enseigne que « le baptême marque le chrétien de la marque spirituelle indélébile de son appartenance au Christ ». Bien qu'une personne puisse s'éloigner de la pratique de la foi, voire y renoncer complètement, il est impossible d'annuler les effets du baptême.

    Le 25 mars 2021, une personne a demandé au diocèse de Gand de supprimer ses données de tous les fichiers, y compris le registre des baptêmes, en invoquant le Règlement général sur la protection des données (RGPD), une loi européenne de 2018 sur la protection des données.

    Le 2 avril 2021, le diocèse de Gand a ajouté une mention au registre de baptême, indiquant que la personne avait « quitté l’Église » à cette date. Deux traits diagonaux ont été tracés en travers de l’inscription de baptême.

    Lorsque les autorités diocésaines ont expliqué qu'une note avait été ajoutée à la fiche, la personne concernée a insisté sur la suppression de ses données et a porté plainte auprès de l'Autorité de protection des données.

    Le 19 décembre 2023, l'Autorité de protection des données a ordonné au diocèse de Gand de se conformer à la demande du plaignant.

    L'autorité chargée de la protection des données a indiqué que le diocèse soutenait qu'il était nécessaire de conserver les registres de baptême afin de prévenir d'éventuelles usurpations d'identité, par exemple si une personne déjà baptisée cherchait à recevoir le sacrement une seconde fois, en contravention de l'enseignement de l'Église.

    L'autorité de protection des données a reconnu les préoccupations de l'Église, mais a estimé que les intérêts du plaignant primaient sur ceux de l'Église. Le diocèse a interjeté appel de cette décision.

    Le 11 décembre 2024, la Cour d'appel de Bruxelles (Tribunal du marché) a déclaré que l'affaire soulevait des questions de droit de l'Union européenne qui devaient être examinées par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Elle a posé cinq questions à la Cour de Luxembourg, notamment celle de savoir si le RGPD devait être interprété à la lumière du droit à la liberté de religion et si une mention indiquant qu'une personne a quitté l'Église constituait un effacement de ses données.

    Une fois que la CJUE aura rendu son arrêt, le tribunal du marché devrait appliquer cette décision au litige du diocèse de Gand.

    Le document de position de la COMECE notait que l'annotation du diocèse de Gand n'était « pas idéale » et « non représentative des annotations utilisées par l'Église dans les autres États membres de l'UE ».

    L'article mettait en garde contre le risque de considérer les registres de baptême comme des listes de membres de l'Église.

    Se référant à une audience de la CJUE du 30 juin 2026, il a été déclaré : « Au cours de l'audience dans cette affaire, il a été sous-entendu que les registres de baptême peuvent être considérés comme des "listes de membres", car l'annotation insérée dans leur marge dans l'affaire (à savoir que la personne avait "quitté l'Église" à une certaine date) semblait impliquer un sentiment d'"appartenance". »

    « Toutefois, quelle que soit la formulation concrète de ces annotations, aucune conclusion ne peut en être tirée quant au fait que, dans l’Église catholique, les registres de baptême sont des « listes de membres ». »

    L'article précise que les registres de baptême sont des documents relatant des événements historiques plutôt que des listes de membres, reprenant ainsi une note explicative de 2025 publiée par le Dicastère pour les textes législatifs du Vatican.

    La COMECE a également souligné l'impact que la suppression d'un acte de baptême aurait sur les tiers. Elle a constaté que ces actes contiennent également les données personnelles du ministre du baptême, des parents de l'enfant et des deux parrains et marraines.

    « Chacune de ces personnes a un intérêt indépendant et juridiquement protégé à préserver l’intégrité du registre, en tant que compte rendu permanent et authentique de sa participation à l’acte sacramentel », indique le texte.

    L'article soulignait également que la suppression d'un acte de baptême pouvait affecter la sécurité juridique quant à la validité d'un mariage.

    Il précisait : « Des cas ont été rapportés où un ancien catholique s'était marié civilement avec une personne non catholique, et qu'après la rupture du mariage, cette dernière avait souhaité se convertir au catholicisme et avait demandé à l'Église l'annulation de son précédent mariage civil. »

    « L'absence d'acte de baptême détruirait des preuves pertinentes et compromettrait les chances de la personne concernée de faire valoir ses droits. »

    L'article notait également que les actes de baptême peuvent être utilisés dans le cadre de procédures civiles, citant l'exemple de l'Irlande, où un certificat de baptême peut être accepté comme preuve de naissance en cas de destruction des registres, et celui de Chypre, où les registres de baptême servent de preuve pour régler des litiges fonciers familiaux.

    En conclusion, l'article indique : « Cette affaire ne se limite pas à la question de savoir si certaines données personnelles doivent être conservées. Elle soulève également une question plus profonde : dans quelle mesure le droit européen de la protection des données peut-il contraindre une Église à modifier la manière dont elle exprime visiblement et juridiquement sa foi ? »

    « Ceci est particulièrement important en ce qui concerne le baptême. Pour l’Église, le baptême n’est pas simplement un événement historique qui s’est produit une fois et qui a été consigné par la suite. Son enregistrement exprime également un contenu de foi. »

    « Le baptême reflète l’alliance entre Dieu et la personne humaine et la fidélité inébranlable de Dieu. Le caractère permanent du baptême n’est donc pas seulement une question d’administration ou de droit canonique. Il est enraciné dans la foi et la compréhension sacramentelle de l’Église. »

    Le document ajoute : « Une obligation d’effacer les données des registres de baptême aurait donc des conséquences qui dépassent le simple cadre d’un système d’archivage. Elle pourrait affecter la manière dont l’Église exprime et préserve un élément central de sa foi sacramentelle. »

    « Il ne s’agit pas seulement d’un intérêt administratif pour un responsable du traitement des données. Il s’agit de la dimension institutionnelle de la liberté de religion et de la liberté de l’Église de vivre, de s’organiser et d’exprimer sa foi. »

    Lire également : Les évêques européens mettent en garde contre l'effacement de la « réalité théologique » des registres de baptême

  • Ce couple belge redonne vie aux chapelles oubliées

    IMPRIMER

    D'Aleteia.org :

    “C’est le projet d’une vie” : Tyron et Dalila redonnent vie aux chapelles oubliées

    Tyron et Dalila, jeune couple chrétien belge, se sont lancé un défi peu commun : rénover bénévolement des chapelles abandonnées. Pour Aleteia, Tyron raconte comment cette simple initiative est devenue une véritable mission.

    Il aurait pu continuer sa route, comme les fois précédentes. Sur le chemin de son travail, en Belgique, Tyron était déjà passé plusieurs fois devant cette petite chapelle sans vraiment s’y arrêter. Un jour pourtant, il décide d’en pousser la porte, avec l’idée d’y prier. À l’intérieur, il découvre un édifice presque oublié, marqué par des années d’abandon. "C’était dramatique", se souvient le jeune homme de 27 ans. Quelques semaines plus tard, il revient avec sa compagne Dalila et du matériel dans le coffre de leur voiture. Sans grande préparation, ils se mettent à nettoyer. Une première étape qui va donner naissance à un projet devenu, aujourd’hui, une mission de vie.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • Les Guides et Scouts d’Europe en Belgique : un scoutisme catholique traditionnel et européen

    IMPRIMER

    Les Guides et Scouts d’Europe en Belgique : un scoutisme catholique traditionnel et européen

    Guides et Scouts d'Europe Belgique / Europascouts en Gidsen - België | Uccle

    Les Guides et Scouts d’Europe – Belgique (GSE-B), également connus sous le nom néerlandophone d’Europascouts en Gidsen – België (ESG-B), constituent une association de scoutisme catholique unitaire présente dans l’ensemble du pays. Affiliée à l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe – Fédération du Scoutisme Européen (UIGSE-FSE), elle se distingue des grandes fédérations belges reconnues par l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS/WOSM) et l’Association Mondiale des Guides et Éclaireuses (AMGE/WAGGGS) par son attachement strict à la méthode de Baden-Powell, sa dimension confessionnelle catholique et son orientation explicitement européenne.

    Origines et histoire

    Le mouvement international naît en 1956 à Cologne (Allemagne), dans le contexte de la reconstruction européenne d’après-guerre. Un groupe de chefs scouts allemands et français, catholiques, protestants et orthodoxes, fonde la Fédération du Scoutisme Européen (FSE, devenue UIGSE-FSE). Leur ambition est de pratiquer le scoutisme de Baden-Powell sur des bases chrétiennes, dans un cadre européen fraternel, en réponse aux divisions et idéologies qui avaient déchiré le continent.

    En Belgique, l’implantation suit rapidement. En 1959, la troupe 1re Louvain du Vlaams Verbond van Katholieke Scouts participe au premier camp fédéral (Eurocamp) à Wasserfal (Allemagne). L’année suivante, en 1960, Norbert De Bruyn fonde l’Association Belge des Guides et Scouts d’Europe. Un camp fédéral se tient d’ailleurs en Belgique en 1962 à Botassart. En 1994, sous l’impulsion de Jean-François Godbille, les structures belges fusionnent pour former l’association actuelle.

    L’UIGSE-FSE a reçu la reconnaissance pontificale (association privée internationale de fidèles de droit pontifical, confirmée en 2008) et dispose d’un statut participatif auprès du Conseil de l’Europe. Elle regroupe aujourd’hui des associations dans une vingtaine de pays européens (et des structures en Amérique du Nord), avec environ 60 000 à 70 000 membres selon les sources.

    Effectifs et présence sur le territoire

    Les estimations récentes situent les effectifs belges entre environ 1 400 et 2 000 membres (jeunes et responsables confondus). Des sources plus précises mentionnent environ 1 391 jeunes et 320 responsables, ou « plus de 1 700 jeunes ». La majorité des groupes sont francophones ; on compte une minorité de groupes néerlandophones (environ 5 sur une vingtaine de groupes actifs).

    Les groupes sont répartis dans tout le pays : Anvers, Bruges, Gand, Nossegem (Halle-Vilvoorde) côté néerlandophone ; Bruxelles (plusieurs unités : Boitsfort, Woluwé, etc.), Arlon, Liège (Banneux), Mons, Namur, Fontaine-l’Évêque, et d’autres en Wallonie. Les unités masculines et féminines sont en principe séparées (sauf pour les plus jeunes, les Castors/Bevers). Une carte interactive et un catalogue des foulards sont disponibles sur le site officiel.

    Le siège se trouve à Uccle (Avenue Winston Churchill 35, « La Vigne »).

    Pédagogie et branches d’âge

    La pédagogie s’appuie fermement sur la méthode de Baden-Powell (santé, caractère, joie et sens du service – les « trois H ») enrichie par l’héritage du père Jacques Sevin, pionnier du scoutisme catholique. Elle vise le développement intégral de la personne, y compris dans sa dimension spirituelle chrétienne. Les activités privilégient le plein air, la responsabilité progressive (formation du jeune par le jeune), le service et la vie en petites unités homogènes d’âge.

    Les branches sont :

    • Castors / Bevers (6-8 ans) : découverte de la vie en communauté et efforts.
    • Louveteaux / Louvettes – Welpen / Welpinnen (8-12 ans) : inspirés du Livre de la Jungle et de saint François d’Assise.
    • Éclaireurs / Éclaireuses – Verkenners / Gidsen (12-17 ans) : vie en patrouille, responsabilités, aventure.
    • Routiers / Guides-Aînées – Voortrekkers / Voortreksters (à partir de 17 ans) : service, engagement et formation de leaders.

    L’uniforme est caractéristique : chemise bleu clair (ou beige pour les scouts/routiers), foulard de groupe, ceinturon avec la croix de l’UIGSE (croix de Malte à huit pointes et fleur de lys).

    Identité et place dans le paysage scout belge

    Les Guides et Scouts d’Europe se définissent comme un mouvement de scoutisme « authentique », catholique et européen. La promesse inclut le service de Dieu, de l’Église, du Roi, de la Patrie et de l’Europe. La loi scoute reprend les articles classiques, avec un accent sur la pureté, le service et la fraternité européenne.

    Ils ne font pas partie du Guidisme et Scoutisme en Belgique (GSB), la structure parapluie des fédérations reconnues par l’OMMS/WAGGGS (Les Scouts, Guides Catholiques de Belgique, Scouts en Gidsen Vlaanderen, FOS Open Scouting, Scouts et Guides Pluralistes). Ils constituent donc une alternative plus traditionnelle et explicitement confessionnelle au sein du paysage scout belge, très diversifié et majoritairement pluriel ou ouvert.

    Vie du mouvement

    Les unités organisent des réunions hebdomadaires, des camps d’été, des week-ends de formation (notamment les « routes-école » pour les aînés) et participent à des événements internationaux (Eurojam, Euromoot). Des pèlerinages (comme celui d’Avioth) et des activités de service font partie de la vie des Routiers. Le mouvement met l’accent sur la formation des chefs et le rayonnement dans les quatre coins du pays, en français et en néerlandais.

    Conclusion

    Présents en Belgique depuis plus de soixante ans, les Guides et Scouts d’Europe incarnent une forme de scoutisme qui allie fidélité à Baden-Powell, ancrage catholique et idéal européen. Bien que numériquement modestes par rapport aux grandes fédérations belges (qui totalisent plus de 150 000 membres), ils offrent une proposition pédagogique cohérente et structurée, reconnue par l’Église et présente dans les deux communautés linguistiques. Leur site officiel (scouts-europe.be) permet de localiser les groupes et de s’informer sur les activités.

    Sources principales : site officiel des Guides et Scouts d’Europe – Belgique, Scoutopedia, Wikipedia (pages UIGSE-FSE et scouting en Belgique), documents historiques de l’UIGSE-FSE.

  • Transition en Syrie: l’ECLJ organise une conférence à Bruxelles pour exiger des garanties constitutionnelles pour les chrétiens

    IMPRIMER

    Du site de l'ECLJ :

    Transition en Syrie: l’ECLJ organise une conférence à Bruxelles pour exiger des garanties constitutionnelles pour les chrétiens

    2 Septembre 2026

    Face à l’exclusion des communautés chrétiennes par les nouvelles autorités de Damas, l’ECLJ (European Centre for Law & Justice) coorganise une conférence de haut niveau au Parlement européen à Bruxelles le 8 septembre 2026. L’objectif: imposer la liberté religieuse et une gouvernance inclusive au cœur des négociations internationales sur la transition syrienne.

    Décideurs politiques européens, chefs religieux et représentants des communautés chrétiennes se réuniront au Parlement européen à Bruxelles le 8 septembre 2026 pour évoquer l’avenir des chrétiens en Syrie. Les chrétiens demandent des garanties concrètes en matière de liberté religieuse et une vraie représentation politique, alors que la Syrie connait une normalisation diplomatique rapide depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024 et la prise de pouvoir de l’ancien terroriste islamiste Ahmed al-Charaa.

    Accueilli par l’eurodéputé Bert-Jan Ruissen (ECR, Pays-Bas), coprésident de l’Intergroupe sur la liberté de religion, de conviction et de conscience, cet événement est coorganisé par le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), l’Union syriaque européenne (ESU), Syriac Cross Belgium, la Fondation Sallux ECPP ainsi que Jubilee Campaign Netherlands, et coordonné par Ruth Daskalopoulou.

    La conférence s’ouvrira par les allocutions de deux personnalités majeures de la diplomatie internationale: S.Ex. Mairead McGuinness, Envoyée spéciale de l’Union européenne pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction auprès de la Commission européenne, et l’honorable Nadine Maenza, coprésidente de la table ronde sur la liberté religieuse internationale (IRF) à Washington, D.C., et ancienne présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF).

    Nous aborderons ensuite deux piliers essentiels à la survie des communautés chrétiennes:

    Panel 1 : Liberté religieuse, modéré par Thibault van den Bossche, ECLJ:

    • Mgr Georges Assadourian, évêque arménien catholique de Damas,
    • Mgr Georges Masri, archevêque métropolitain grec-melkite d’Alep,
    • Père Vasilios Khamis, Église orthodoxe d’Antioche,
    • Johannes de Jong, Sallux.

    Panel 2 : Représentation politique, modéré par Metin Rhawi, ESU:

    • Sanharib Barsom, Parti de l’Union Syriaque,
    • Waddah Al Khoury, Conseil National Levantin,
    • Ninous Icho, Parti Démocratique Assyrien,
    • Sarah Aphram, Syriac Cross Belgium.

    La conférence intervient à un tournant historique. Le 24 août 2026, les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme, sur laquelle le pays figurait depuis 1979. Ils ont également retiré Hayat Tahrir al-Cham (HTC) – l’ancien Front al-Nosra, groupe islamiste qu’a dirigé Ahmed al-Charaa – de leur liste des principaux groupements et individus « terroristes » (« Specially Designated Global Terrorist, SDGT »). En juillet 2026, le président français Emmanuel Macron puis le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’étaient succédé en Syrie.

    De plus, le 25 août 2026, Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, a annoncé la dissolution officielle de son alliance militaire afin d’intégrer des dizaines de milliers de combattants au sein de l’armée centrale à Damas.

    Cependant, cette transition suscite de graves inquiétudes concernant les droits de l’homme et le risque d’une « justice des vainqueurs ». Si l’ouverture des premiers procès post-Assad — incluant la condamnation à mort par contumace de Bachar al-Assad et la condamnation à perpétuité de l’ex-grand mufti Ahmed Hassoun — suscite de l’espoir, elle révèle également un vide juridique critique. Les experts de l’ONU mettent en garde contre l’absence d’un cadre moderne de justice transitionnelle et la persistance de profondes violences communautaires.

    Pour les chrétiens de Syrie, les menaces existentielles s’intensifient de manière critique. Reflet de cette détérioration rapide, la Syrie s’est hissée à la 6e place de l’Index mondial de persécution des chrétiens 2026 de l’organisation Portes Ouvertes. La communauté reste profondément traumatisée par l’attentat-suicide de juin 2025 contre l’église grecque-orthodoxe Mar Elias à Damas, qui a coûté la vie à 25 fidèles. Les persécutions généralisées et l’émigration forcée ont réduit la population chrétienne, qui est passée de près de 1,5 million de personnes en 2011 à un nombre estimé aujourd’hui entre 300 000 et 500 000.

    La normalisation diplomatique initiée par l’UE et les puissances occidentales progresse beaucoup plus vite que la stabilisation réelle sur le terrain. Le nouveau pouvoir législatif, largement contrôlé par Ahmed al-Charaa, exclut totalement les organisations kurdes et assyriennes. Les pouvoirs clés restent ainsi concentrés au sein d’une nouvelle élite dirigeante issue de l’«idlibisation», une dérive que l’ECLJ avait dénoncée dans sa contribution du 16 juillet 2026 aux Nations unies pour l’Examen périodique universel de la Syrie.

    Nous pressons les institutions de l’UE et les États membres de traduire leurs engagements en actions politiques. Ils doivent placer la liberté de religion ainsi qu’une représentation politique réelle des différentes communautés religieuses et ethniques au cœur de la transition syrienne, conditionnant leurs relations futures à deux critères immédiats:

    • Droits fondamentaux, égalité citoyenne et protection: Les chrétiens et les autres communautés religieuses autochtones doivent bénéficier d’une pleine liberté de culte, d’une égale protection devant la loi et du droit à la propriété. Il est impératif qu’ils puissent préserver leur patrimoine matériel, sécuriser leurs biens et reconstruire leurs structures locales en toute sécurité, à l’abri de toute discrimination, représailles islamistes ou pressions confessionnelles.
    • Participation politique significative et gouvernance inclusive: Ces communautés sous-représentées doivent disposer d’un rôle direct, démocratique et non compromis dans la refonte de l’avenir du pays. Cela implique une voix souveraine dans la rédaction de la future constitution permanente de la Syrie, le façonnement de ses nouvelles institutions politiques et la gestion de l’administration locale décentralisée, en fondant cette gouvernance sur le principe d’une citoyenneté égale plutôt que sur des quotas confessionnels.

    S’appuyant sur la résolution du Parlement européen du 10 juillet 2025, l’ECLJ souligne que la survie et le maintien des communautés chrétiennes historiques sur leurs terres d’origine seront le baromètre du pluralisme et de la démocratie dans la nouvelle Syrie.

    Informations pratiques:

    • Titre : « L’avenir des chrétiens en Syrie : liberté religieuse, représentation politique et avenir commun »
    • Date et heure : Mardi 8 septembre 2026 | 10h00 – 12h00
    • Lieu : Salle SPAAK 1A2, Parlement européen, Bruxelles
    • Inscription
  • Le droit d’éduquer nos enfants devrait être la règle, pas l’exception

    IMPRIMER

    Du site de l'European Centre for Law & Justice (ECLJ) (Catalina Henriquez) :

    Le droit d’éduquer nos enfants devrait être la règle, pas l’exception

    31 Août 2026

    L’enseignement à domicile fait aujourd’hui l’objet de réglementations très opposées en Europe. Certains pays s’efforcent de restreindre le droit premier des parents d’éduquer leurs enfants, tandis que d’autres ont adopté des mesures plus libérales. La société doit concilier les devoirs parentaux avec l’intérêt supérieur de l’enfant en matière d’éducation. L’État est garant du droit à l’éducation des enfants, mais pas le dépositaire des enfants.

    Le droit préférentiel des parents: définition et implications

    Le droit des parents de diriger l’éducation morale et religieuse de leurs enfants est un principe largement reconnu dans le droit international des droits de l’homme. Trois raisons principales sous-tendent ce principe.

    1. La famille est la cellule fondamentale de la société et doit, à ce titre, être préservée et protégée.
    2. Les parents sont les principaux responsables et exercent l’autorité sur l’enfant, assumant la responsabilité première de son éducation et de son développement.
    3. Le principe de subsidiarité, qui exige que l’État n’intervienne que lorsque les instances inférieures sont incapables de remplir leurs devoirs.

    Il ne s’agit pas d’une question d’opinion; ce principe est consacré dans le droit international des droits de l’homme, et la plupart des États occidentaux l’ont inscrit dans leur propre législation nationale. L’article 13, paragraphe 3, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, l’article 14, paragraphe 3, de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 2 du Protocole n°1 à la Convention européenne des droits de l’homme le reconnaissent tous. Ce droit comporte deux dimensions: celle d’orienter l’éducation morale et religieuse de l’enfant, et celle de choisir librement le type et la forme d’enseignement dispensé, que ce soit dans un établissement privé ou public, ou à domicile, que l’enseignement soit assuré par les parents eux-mêmes ou par des tuteurs. Cette dernière option est ce que l’on appelle l’instruction en famille ou l’école à la maison.

    L’instruction en famille n’exige pas des parents qu’ils enseignent eux-mêmes toutes les matières. Elle signifie surtout qu’ils restent les principaux responsables de l’éducation de leur enfant, libres de l’adapter en fonction des besoins de celui-ci et de leurs propres convictions. Comme le souligne la Home School Legal Defense Association: «l’éducation primaire se déroule dans le cadre du foyer», même lorsque les familles font appel à des groupes d’enseignement à domicile, à des tuteurs ou à des cours en ligne pour la compléter[1].

    Un aperçu comparatif à travers l’Europe

    Dans plusieurs pays européens, l’enseignement à domicile survit à peine. Les restrictions sont suffisamment sévères pour rendre cette pratique inapplicable dans la réalité, ce qui revient à une interdiction de facto. L’Allemagne applique la scolarité obligatoire (Schulpflicht) de manière si stricte que l’enseignement à domicile pour des raisons religieuses, philosophiques ou pédagogiques n’est tout simplement pas autorisé. Les parents peuvent choisir entre les écoles publiques et les établissements privés ou confessionnels agréés, mais l’enseignement doit s’inscrire dans le cadre du système scolaire officiel. Les rares exceptions concernent les cas de nécessité médicale, et même dans ces cas-là, elles impliquent généralement un enseignement à distance agréé par l’État plutôt qu’un enseignement dispensé par les parents[2].

    La Hongrie a emprunté la même voie sous Viktor Orbán. Les parents pouvaient autrefois scolariser leurs enfants en dehors du système scolaire en les inscrivant en tant qu’«élèves privés». Mais un amendement législatif de 2019 a de fait mis fin à cette option, la remplaçant par une procédure d’autorisation ministérielle. Ce qui n’était autrefois qu’une simple déclaration est devenu une dérogation sous forme de «programme d’apprentissage individuel» accordée uniquement en cas de problèmes de santé graves, de besoins particuliers ou d’engagements sportifs ou artistiques de haut niveau[3].

    Le Portugal et l’Autriche montrent qu’un autre équilibre est possible. En vertu du décret-loi n° 70/2021 du Portugal, les parents qualifiés peuvent enseigner à leurs enfants à domicile, sous réserve d’une nouvelle demande chaque année, d’un contrôle par le ministère de l’Éducation et d’examens nationaux à la fin de chaque cycle scolaire[4]. Il s’agit d’un véritable droit, même s’il fait l’objet d’une surveillance étroite.

    L’Autriche est encore plus libérale. Il suffit aux parents d’informer chaque année les autorités que leur enfant suivra un enseignement à domicile. Aucune autorisation préalable n’est requise, et l’enseignement à domicile y est légal depuis des décennies. L’intervention de l’État se limite à vérifier, par le biais d’examens annuels, que l’apprentissage de l’enfant est équivalent à celui de ses camarades scolarisés dans le public. Il ne prescrit pas de programmes scolaires et n’effectue pas d’inspections à domicile[5]. En Autriche, l’État contrôle les résultats, tandis qu’en Allemagne et en Hongrie, il contrôle le processus.

    - ( NdB) En Belgique, les parents ont le droit de scolariser (ou plutôt d’instruire) leurs enfants à la maison.

    C’est même un droit constitutionnel (article 24 de la Constitution belge : liberté d’enseignement). L’obligation qui existe est une obligation d’instruction (de 5 à 18 ans), pas une obligation d’aller à l’école.

    Concrètement :

    • Vous pouvez enseigner vous-même à vos enfants à domicile.
    • Vous pouvez aussi les confier à un précepteur ou les inscrire dans une école privée non reconnue/subventionnée (cela est assimilé à de l’enseignement à domicile).
    • Il suffit de faire une déclaration annuelle auprès de la Communauté compétente (flamande, française ou germanophone) et de respecter les contrôles et examens prévus.

    Il n’y a donc pas besoin d’autorisation préalable stricte : c’est un droit que l’on exerce par déclaration, sous réserve de garantir un niveau d’instruction équivalent. - (fin de la note de belgicatho)

    Le vent tourne

    À l’inverse, d’autres pays ont progressé. Certains sont plus modestes que d’autres, mais chacun mérite d’être souligné. La Lituanie est un bon exemple: après avoir purement et simplement interdit l’enseignement à domicile en 2012, elle a fait marche arrière en 2020, après des années de plaidoyer de la part de l’Association lituanienne pour l’enseignement à domicile, rétablissant ainsi le droit des familles de scolariser leurs enfants à la maison pour tous les niveaux scolaires. Ce droit reste toutefois soumis à des conditions strictes: il est principalement réservé aux enfants qui ne peuvent pas fréquenter l’école pour des raisons médicales, et le programme scolaire national reste applicable[6]. Il s’agit d’un pas en avant, mais limité.

    La Pologne est allée plus loin. L’enseignement à domicile y est désormais pleinement légal et, depuis 2021, nettement plus accessible: les parents n’ont plus besoin de l’autorisation d’une école de leur propre province, mais peuvent s’adresser à n’importe quelle école du pays[7]. Ce qui était autrefois un processus local et discrétionnaire est devenu un véritable droit national. Même la Croatie, qui figurait historiquement parmi les États les plus restrictifs sur cette question, a connu un changement. Depuis 2022, l’«Association croate pour l’enseignement à domicile» milite en faveur d’un projet de loi visant à doter pour la première fois l’enseignement à domicile d’un véritable fondement juridique, inspiré du modèle slovène, dans le cadre duquel les élèves restent officiellement inscrits dans une école locale et passent des examens annuels pour valider leurs progrès, tout en étant scolarisés à domicile[8]. L’issue n’est pas encore certaine, mais le fait même que ce débat ait lieu marque un véritable changement dans un pays où l’enseignement à domicile a longtemps été considéré comme une anomalie plutôt que comme un droit.

    Cet élan n’est cependant pas une garantie et la France prouve que la libéralisation peut connaître un revirement brutal. La loi n° 2021-1109 du 24 août 2021, «Confortant le respect des principes de la République», a remplacé un simple régime déclaratif par un système strictement encadré d’autorisation préalable. Des familles qui exerçaient ce droit depuis des années, sans incident, se sont soudainement retrouvées dans l’obligation d’obtenir l’autorisation de l’État pour continuer.

    Les conséquences ont été immédiates et radicales: au cours de l’année scolaire 2021–2022, 72 400 enfants et adolescents suivaient un enseignement à domicile en France. L’année dernière, en 2025–2026, seuls 28 810 enfants ont été autorisés à suivre un enseignement à domicile[9].

    Telle est la leçon que l’Europe ne peut se permettre d’ignorer. Un droit reconnu en principe, protégé par des instruments internationaux, et même en développement dans un pays, peut néanmoins être rapidement et légalement démantelé, dès lors qu’un gouvernement décide de traiter les droits parents comme un problème plutôt que de les soutenir.

    C’est pourquoi l’ECLJ s’engage à défendre les droits parentaux devant les juridictions nationales et internationales. Nous avons introduit des recours exigeant que les juridictions internationales appliquent les principes mêmes qu’elles sont censées défendre. Vous pouvez vous joindre à nous dès aujourd’hui: soutenez notre action ou contactez-nous si vos droits parentaux ont été bafoués.

    ______________________

    [1] Home School Legal Defense Association, https://hslda.org/

    [2] Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne. https://www.gesetze-im-internet.de/englisch_gg/englisch_gg.html#p0033

    [3] HSLA, Les familles pratiquant l’enseignement à domicile en Hongrie envisagent de créer une organisation nationale, 23 novembre 2021. https://hslda.org/post/homeschoolers-in-hungary-look-to-launch-national-organization#:~:text=fréquentation%20scolaire%20régulière%2C%20y%20compris%20les%20élèves,pour%20des%20activités%20telles%20que%20le%20sport

    [4] Enseignement individuel et enseignement à domicile https://www.dge.mec.pt/ensino-individual-e-ensino-domestico

    [5] Loi sur l'obligation scolaire (Schulpflichtgesetz), paragraphe §11 https://www.homeschoolers.at/gesetzliche-vorgaben/#: ~:text=Die%20allgemeine%20Schulpflicht%20kann%20%E2%80%93,ohne%20%C3%96ffentlichkeitsrecht%20erf%C3%BCllt%20werden%2C

    [6] HSLA, Le gouvernement lituanien met enfin en œuvre l'enseignement à domicile, 13 octobre 2021. https://hslda.org/post/lithuanian-government-finally-implements-home-education

    [7] Loi du 25 février 2021 modifiant la loi sur l'éducation et certaines autres lois https://isap.sejm.gov.pl/isap.nsf/DocDetails.xsp?id=WDU20210000619

    [8] Homeschooling Hrvatska https://homeschooling.hr/zakonski-prijedlog/#

    [9] Question écrite n° 13422 : Régime d'autorisation préalable de l'instruction en famille, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE13422

  • "Bâtir sa maison sur le roc" : nouvelle saison de formation à l'amour et au mariage

    IMPRIMER
    Bâtir sa maison sur le roc. – Formation mariage catholique
     
    Une nouvelle saison de formation à l'amour et au mariage "Bâtir sa maison sur le roc" démarrera d'ici quelques semaines.
     
    Le parcours de formation à Bruxelles (première séance le samedi 10 octobre 2026) aura lieu cette année à SchaerbeekRue Victor Lefevre 52. Les séances auront lieu en après-midi (début à 16h).

    Pour toutes informations, y compris les dates des séances du cycle de cette nouvelle saison, nous vous renvoyons à notre site www.batirsamaisonsurleroc.be.

    Faites la promotion de cette formation auprès de vos amis et connaissances ! Tous les couples sont les bienvenus, fiancés, mariés ou réfléchissant à un engagement. Ils peuvent tous en tirer profit. Mais les inscriptions allant déjà bon train, qu’ils ne tardent pas à se manifester car le nombre de places est limité.
     
    Par ailleurs, comme l'année passée nous organisons en collaboration avec IFFD Belgium, pour les couples mariés désirant rebooster leur relation, un week-end "Vivre l'amour durable", animé par le thérapeute conjugal Marc d'Anselme et l'abbé Stéphane Seminckx, les 13-14 mars 2027 au Sanctuaire de Beauraing. Les informations détaillées ne sont malheureusement pas encore disponibles, mais, compte tenu du succès de la première édition de ce WE en janvier dernier, nous invitons ceux qui souhaiteraient s'inscrire à nous le signaler par retour de courriel. Nous les informerons alors en priorité dès que les inscriptions formelles seront ouvertes.
     
    Sachez que la Communion Priscille & Aquila organise désormais aussi chaque année à Beauraing un week-end Maranatha pour couples. Nous y avons participé l'année dernière et recommandons très chaudement ces WE. Le prochain aura lieu du 22 au 24 janvier 2027
     
    Enfin, nous vous invitons à suivre notre page facebook, sur laquelle vous trouverez de nombreuses publications enrichissantes.
  • Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : un colloque dont on peut craindre le pire

    IMPRIMER

    14-16/9/2026 : Catholicismes européens, Église catholique et sexualités. Plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle

    " Du 14 au 16 septembre 2026, le groupe de recherche d'histoire des christianismes (GHB - RSCS) et l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) organisent un colloque à Louvain-la-Neuve : "Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle. Le religieux, la norme et l’hégémonie, un réservoir de complicités et de subversions". " (programme détaillé)

    Le cadrage du colloque laisse clairement attendre une approche critique, souvent subversive par rapport à la doctrine et à la tradition morales catholiques classiques, plutôt qu’une défense ou une simple description interne de celle-ci.

    Le titre complet est révélateur : « Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle. Le religieux, la norme et l’hégémonie, un réservoir de complicités et de subversions ». Il s’agit d’un colloque international coorganisé par le groupe d’histoire des christianismes de l’UCLouvain (RSCS) et l’EHESS, les 14-16 septembre 2026 à Louvain-la-Neuve. L’argumentaire souligne que les questions de genre et de sexualité dominent l’attention contemporaine, mais que leurs liens avec le religieux sont « occultés » en contexte de sécularisation, et que le dialogue entre histoire religieuse et histoire des sexualités reste « délicat ». Le colloque part d’un « postulat contraire » en étudiant les « dynamiques et évolutions réciproques » du catholique et des sexualités.

    Ce langage (« hégémonie », « complicités et subversions », « norme ») s’inscrit dans une historiographie influencée par les études de genre, les approches critiques de la norme et de l’hégémonie (souvent gramscïennes ou foucaldiennes), et l’histoire des sexualités. Il ne s’agit pas d’une approche théologique ou magistérielle interne (qui partirait de l’Écriture, de la Tradition, de la loi naturelle ou du Catéchisme), mais d’une lecture historico-sociale qui interroge le pouvoir normatif de l’Église, ses accommodements, ses résistances et les espaces de contestation ou de réinterprétation.

    Les organisateurs renforcent cette orientation :

    • Régis Schlagdenhauffen (EHESS) détient la chaire de socio-histoire des catégories sexuelles. Ses travaux portent sur l’histoire LGBT, la mémoire des victimes homosexuelles du nazisme, les condamnations pour « impudicité », les mouvements homosexuels et les normes sexuelles.
    • Jean-Pascal Gay (UCLouvain, histoire du christianisme moderne et contemporain) travaille sur les normativités catholiques, la théologie morale, la casuistique, et l’intersection religion/genre/sexualité. Il a publié sur la focalisation religieuse sur la sexualité à l’âge confessionnel.
    • Autres membres du comité : Camille Banse Wauty (doctorante UCLouvain, études de genre/histoire), Silvia Mostaccio (UCLouvain), Théo Hagenmuller (EHESS/UCLouvain). Le comité scientifique mentionné dans l’appel inclut des spécialistes d’histoire du genre et des sexualités (Céline Béraud, Sylvie Steinberg, etc.).

    L’appel à communications (ouvert jusqu’en mai 2026) et le programme détaillé (flyer PDF sur le site UCLouvain) confirment une invitation à des communications d’histoire croisée, pas de doctrine apologétique. Dans le contexte universitaire actuel (EHESS + UCLouvain post-sécularisation, forte présence des gender studies), il est raisonnable d’anticiper des communications qui :

    • historicisent et relativisent les normes sexuelles catholiques (mariage, chasteté, condamnation des actes homosexuels comme « intrinsèquement désordonnés », contraception, etc.) ;
    • mettent en avant les « subversions » internes (pratiques déviantes, résistances, réinterprétations, complicité avec des évolutions sociales) ;
    • analysent l’Église comme productrice d’hégémonie normative plutôt que comme gardienne d’une vérité révélée immuable.

    Cela ne signifie pas que toutes les interventions seront polémiques ou militants anti-traditionnels : l’histoire académique sérieuse peut aussi documenter la continuité doctrinale, les pratiques pastorales ou les résistances. Mais le cadrage explicite (« réservoir de complicités et de subversions ») et le profil des organisateurs orientent fortement vers une lecture critique et déconstructive, loin d’une fidélité à la tradition magistérielle (Catéchisme §§ 2337-2359, Persona humana, Humanae vitae, etc.).

    En résumé : oui, on peut s’attendre à des discours qui, du point de vue de la tradition catholique classique, apparaîtront subversifs ou révisionnistes. C’est cohérent avec une grande partie de l’historiographie universitaire contemporaine sur le sujet.

  • La nouvelle ambassadrice de la Belgique auprès du Saint-Siège est gay-friendly

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Caroline Vermeulen, participante à la Gay Pride de Vienne, nouvelle ambassadrice de la Belgique auprès du Saint-Siège

    28 août 2026

    Le pape Léon XIV a reçu au Palais apostolique du Vatican Caroline Vermeulen, nouvelle ambassadrice de la Belgique auprès du Saint-Siège, à l’occasion de la présentation de ses lettres de créance. La diplomate arrive à Rome après avoir exercé, entre 2022 et 2026, les fonctions d’ambassadrice de la Belgique en Autriche, en Slovaquie et en Slovénie, ainsi que de représentante permanente auprès des organisations internationales ayant leur siège à Vienne.

    Au cours de ses quatre années passées dans la capitale autrichienne, Mme Vermeulen a participé aux marches de la Fierté de Vienne en 2023 et 2026 au sein du contingent « Diplomats for Equality ». Son action diplomatique a également inclus d’autres initiatives liées aux revendications LGBT et aux politiques d’égalité entre les sexes, notamment une projection du film Girl pendant le « Mois de la fierté » et son adhésion au réseau International Gender Champions.

    Deux participations à la Marche des fiertés de Vienne

    La participation de Mme Vermeulen à la Marche des fiertés est attestée à au moins deux reprises au cours de son mandat d’ambassadrice en Autriche.

    En juin 2023, la diplomate a fait partie du contingent de « Diplomats for Equality » lors de la 27e Regenbogenparade de Vienne. Ce groupe réunissait des ambassadeurs et d’autres représentants diplomatiques accrédités en Autriche afin de soutenir les revendications de la communauté LGBT.

    Vermeulen y a participé à nouveau en 2026, cette fois-ci lors de la 30e édition de la Gay Pride de Vienne, toujours aux côtés du contingent de Diplomats for Equality. Les comptes rendus de l’événement l’identifient expressément comme ambassadrice du Royaume de Belgique.

    Son engagement dans ce domaine ne s’est pas limité aux défilés. Le 17 mai 2026, la représentation belge à Vienne s’est jointe à une déclaration de Diplomats for Equality Vienna à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie (IDAHOBIT), qui réaffirmait « l’égalité et la dignité des personnes LGBTI ».

    Une projection à l’occasion du « Mois de la fierté »

    En juin 2024, Mme Vermeulen et Carl Hallergård, alors ambassadeur de l’Union européenne auprès des organisations internationales à Vienne, ont organisé une projection du film belge Girl à l’occasion du « Mois de la fierté ».

    Le film, réalisé par Lukas Dhont, raconte l’histoire d’un adolescent de 15 ans qui s’identifie comme une femme et aspire à devenir danseuse. L’événement a été organisé en collaboration avec l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et le festival international du film sur les droits de l’homme « This Human World ».

    L'annonce officielle présentait la projection comme faisant partie des activités organisées dans le cadre du « Mois de la fierté ».

    Membre d'International Gender Champions

    Au cours de son affectation à Vienne, Mme Vermeulen a également rejoint International Gender Champions, un réseau international qui rassemble des responsables d'organisations internationales, de missions diplomatiques et d'autres institutions engagées dans la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes.

    Dans le profil publié par l’organisation, la diplomate belge déclare : « La diversité, y compris la diversité de genre, dans un environnement professionnel améliore la qualité et les résultats du travail d’équipe. »

    Parmi ses engagements au sein du réseau figurent des initiatives destinées aux jeunes femmes ainsi que des actions de sensibilisation et de prévention de la violence à l’égard des femmes.

    De la Maison royale belge au Saint-Siège

    Née le 13 octobre 1973, Mme Vermeulen est mariée et mère de deux enfants, selon la biographie diffusée par le Bureau de presse du Saint-Siège. Elle a obtenu un master en histoire contemporaine à l’Université catholique de Louvain et aux Facultés universitaires Saint-Louis de Bruxelles, puis un master en études européennes au Collège d’Europe de Bruges.

    Elle est entrée dans le service diplomatique en 1997. Après avoir occupé des fonctions au Japon, au ministère des Affaires étrangères et à la Représentation permanente de la Belgique auprès de l’Union européenne, elle a été première secrétaire à l’ambassade en Russie entre 2002 et 2004.

    Entre 2004 et 2011, elle a occupé le poste de secrétaire de la reine Paola de Belgique au Palais royal de Bruxelles. Elle a ensuite dirigé le bureau belge à Taïwan entre 2011 et 2015, puis a été chef de mission adjointe à l’ambassade en République populaire de Chine jusqu’en 2019.

    De 2019 à 2022, elle a occupé le poste de directrice des relations extérieures européennes au ministère belge des Affaires étrangères. Sa prochaine affectation l’a conduite à Vienne, d’où elle a exercé simultanément les fonctions d’ambassadrice en Autriche, en Slovaquie et en Slovénie, ainsi que de représentante permanente auprès des organisations internationales.

    Ce jeudi, elle a présenté ses lettres de créance à Léon XIV en tant que nouvelle ambassadrice de la Belgique auprès du Saint-Siège. Le Bureau de presse du Vatican a rendu compte de l’audience et publié sa biographie, sans donner de détails sur le contenu de la conversation entre le pape et la diplomate.

  • Où le catholicisme résiste-t-il le mieux en Belgique ?

    IMPRIMER

    Avec l'IA :

    En Flandre (surtout dans certaines zones rurales ou provinciales comme le Limbourg/Hasselt ou historiquement la Campine et le sud des Flandres), le catholicisme a longtemps mieux « résisté » en termes de pratique et d’ancrage institutionnel, mais la situation s’est largement égalisée et la sécularisation est forte partout.

    Données historiques et pratiques

    Les statistiques plus anciennes (années 1980-2000) montraient clairement une pratique plus élevée en Flandre :

    • Pratique dominicale : autour de 14-32 % en Flandre contre 7-21 % en Wallonie (et encore moins à Bruxelles).
    • Baptêmes, mariages religieux et funérailles : systématiquement plus élevés au nord (ex. baptêmes ~68 % en Flandre vs ~54 % en Wallonie vers 2006 ; funérailles ~70 % vs ~50 %).

    Des zones flamandes comme le Limbourg, la Campine anversoise ou certaines parties de la Flandre occidentale/occidentale avaient des taux encore plus élevés (parfois 80 % ou plus dans le passé). L’Église y restait mieux intégrée dans le tissu social (écoles, hôpitaux, mutualités, etc.). En Wallonie, la sécularisation a commencé plus tôt, liée à l’industrialisation et à l’influence socialiste/libérale.

    Situation récente (années 2020)

    La baisse est généralisée : pratique dominicale nationale autour de 2 % de la population un dimanche ordinaire (environ 173 000 fidèles en 2024, en légère hausse), avec ~50 % d’auto-identification catholique (ou un peu moins selon les sondages).

    • Identification : Un sondage 2024 (RTL/Ipsos/Le Soir) donne ~45 % en Wallonie, ~42 % en Flandre et ~33 % à Bruxelles. D’autres estimations officielles de l’Église tournent autour de 50 % nationalement.
    • Pratique effective : Très basse partout. Les écarts régionaux se sont réduits. Bruxelles bénéficie parfois d’une présence étrangère/immigrée plus dynamique. Les baptêmes d’adultes progressent davantage côté francophone/wallon récemment, signe d’un catholicisme plus « de conviction » qu’institutionnel.
    • Institutions : L’empreinte catholique reste plus forte en Flandre (écoles, hôpitaux : ~75 % des lits hospitaliers vs ~42 % en Wallonie).

    Les diocèses flamands (Bruges, Gand, Anvers, Hasselt) affichent encore des pourcentages de catholiques nominaux élevés dans les statistiques ecclésiastiques anciennes, mais la pratique réelle a chuté partout de façon drastique depuis les années 1960-70.

    En résumé

    Le catholicisme « résiste » le mieux (relativement) en Flandre, particulièrement dans des provinces comme le Limbourg ou des zones rurales/traditionnelles, grâce à un héritage plus durable et à un réseau institutionnel plus dense. Cependant, la sécularisation a largement nivelé les différences : la pratique hebdomadaire est devenue marginale dans tout le pays, et l’auto-identification reste comparable (voire parfois légèrement plus élevée en Wallonie selon certains sondages récents). Bruxelles est le plus sécularisé/pluraliste. Les tendances actuelles montrent plutôt un passage d’un catholicisme culturel/social à un catholicisme de choix personnel, avec des signes de vitalité localisés (urbains, immigrés, baptêmes d’adultes).

    Mais, aujourd'hui, le catholicisme résisterait-il mieux en Wallonie qu'en Flandre ? 

    Non, pas clairement : le catholicisme ne « résiste » pas mieux en Wallonie qu’en Flandre de manière globale aujourd’hui. Les écarts se sont fortement réduits, et la situation dépend des indicateurs. La sécularisation reste massive partout, avec une pratique très faible (autour de 2 % de la population un dimanche ordinaire).

    Identification et pratique

    • Un sondage 2024 (RTL/Ipsos/Le Soir) donne une auto-identification légèrement plus élevée en Wallonie (~45 %) qu’en Flandre (~42 %), contre ~33 % à Bruxelles. D’autres estimations de l’Église tournent autour de 50 % nationalement.
    • La pratique effective (messe régulière) est très basse dans les deux régions. Les données nationales ne montrent pas d’avantage net wallon ; historiquement, la Flandre était plus pratiquante, et les écarts se sont largement nivelés.
    • Les « débaptisations » (radiations des registres) ont été massives en Flandre après des scandales d’abus (ex. documentaire Godvergeten), avec 98 % des demandes en 2023 provenant de Flandre et de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Cela pèse sur les chiffres flamands.

    Baptêmes d’adultes : un avantage wallon net

    C’est l’indicateur le plus clair d’un dynamisme relatif côté francophone :

    • En 2024 : environ 173 en Wallonie (diocèses de Liège, Namur, Tournai + Brabant wallon) contre ~68 en Flandre pure, plus une part à Bruxelles.
    • En 2025 : ~255 en Wallonie vs ~108 en Flandre (sur 536 au total).
    • En 2026 (prévisions) : encore plus élevé, avec Tournai et Liège particulièrement dynamiques, et Bruxelles aussi fort.

    Cela reflète un passage plus marqué vers un catholicisme de conviction (choix personnel) en Wallonie, où la sécularisation a commencé plus tôt. En Flandre, les baptêmes d’enfants restent proportionnellement un peu plus présents dans certaines zones rurales, donc moins de « nouveaux » adultes.

    Institutions et héritage

    • La Flandre conserve un ancrage institutionnel plus fort (écoles catholiques très présentes, hôpitaux ~75 % des lits vs ~42 % en Wallonie, pèlerinages comme Scherpenheuvel qui attire le plus de fidèles).
    • Les sanctuaires mariaux wallons (Banneux, Beauraing) restent importants, mais le plus fréquenté est flamand.

    Conclusion

    Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le catholicisme résiste mieux en Wallonie. L’identification est comparable (légèrement favorable à la Wallonie dans certains sondages), la pratique ordinaire est faible partout, et l’héritage institutionnel reste plus dense en Flandre. En revanche, la Wallonie (et Bruxelles) montre un regain relatif via les baptêmes d’adultes et un catholicisme plus « choisi » que culturel. La tendance générale reste celle d’un déclin de la pratique institutionnelle dans tout le pays, avec des signes de vitalité localisés (urbains, immigrés, catéchuménat).

  • Veronica O’Brien, confidente spirituelle du roi Baudouin, en route vers la béatification

    IMPRIMER

    De 7sur7.be :

    La conseillère spirituelle du roi Baudouin en route vers la béatification

    C’est par une célébration eucharistique dans la chapelle du grand séminaire de Malines que s’achèvera, le 8 septembre prochain, une première étape vers la béatification de Veronica O’Brien (1905-1988).

    Cette laïque irlandaise était une proche collaboratrice du cardinal Leo Suenens. Elle est surtout connue pour avoir contribué à la rencontre (et au mariage) entre le roi Baudouin et Fabiola, ainsi que pour avoir été la conseillère spirituelle du souverain jusqu’au décès de celui-ci.

    L’enquête diocésaine en vue de la béatification, ouverte en 2022 par le cardinal Jozef De Kesel, a été menée dans l’archidiocèse de Malines-Bruxelles, Veronica O’Brien étant décédée à Wemmel et ayant longtemps vécu dans la région bruxelloise.

    Le cardinal De Kesel a constitué un tribunal qui a recueilli des témoignages sous le sceau du secret. En parallèle, une commission historique a travaillé à la collecte des sources, notamment en se rendant dans les lieux où O’Brien a vécu — en Irlande, en France et en Italie — et en rassemblant plusieurs mètres de documents d’archives.

    L’ensemble du matériel recueilli est scellé au sein de l’archidiocèse avant d’être envoyé à Rome, où une commission historique et des théologiens se pencheront sur le dossier.

    Le roi utilisait un nom de code pour la désigner

    L’Irlandaise Louise-Mary O’Brien est entrée en religion à Paris en 1924, où elle a pris le nom de Veronica. En 1935, avec l’autorisation de ses supérieurs, elle a quitté la vie religieuse pour devenir missionnaire laïque.

    En France, elle est devenue la promotrice de la Légion de Marie — fondée par son compatriote Frank Duff et axée sur l’évangélisation directe. Le 7 juillet 1947, elle a rencontré pour la première fois Leo Suenens, alors évêque auxiliaire de Malines, envoyé par le cardinal Van Roey pour découvrir la Légion de Marie. Ce fut le début d’une intense collaboration. En 1958, elle s’est établie à Bruxelles.

    Durant le concile Vatican II, elle a travaillé à Rome comme secrétaire particulière du cardinal Suenens, devenu entre-temps l’un des quatre modérateurs du Concile.

    Dans sa récente biographie de Baudouin, l’historien Vincent Dujardin confirme les événements déjà décrits par le cardinal Suenens en 1995: Veronica O’Brien a joué un rôle essentiel dans le rapprochement et le mariage entre Baudouin et Fabiola, en arrangeant une rencontre secrète à Lourdes. Pendant 33 ans, elle a assuré l’accompagnement spirituel du souverain. Dans ses journaux intimes et sa correspondance, le Roi utilisait pour la désigner le nom de code “Grace”.

  • Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie

    IMPRIMER

    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/MONGOLIE - Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie

    20 août 2026
     

    Oulan-Bator (Agence Fides) – Le père Robert Goessens, missionnaire belge de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM), est décédé le 15 août au Japon, à l’âge de 97 ans. Figure clé des débuts de la présence catholique contemporaine en Mongolie, il avait fait partie, en juillet 1992, du premier groupe de trois missionnaires de la CICM arrivés à Oulan-Bator, dans un pays qui sortait alors de plusieurs décennies de régime communiste. Aux côtés du père Wenceslao Padilla, missionnaire philippin qui allait devenir le premier Préfet Apostolique d’Oulan-Bator, et du père Gilbert Sales, le père Goessens fut chargé de lancer la mission. Arrivés le 10 juillet 1992, à la veille de la fête nationale du Naadam, les trois religieux se sont retrouvés face à une tâche tout à fait nouvelle : apprendre la langue mongole, aller à la rencontre d’une population qui ne connaissait que peu ou pas du tout le catholicisme et jeter patiemment les bases d’une communauté ecclésiale.

    Avant de rejoindre Oulan-Bator, le père Goessens avait profondément marqué le paysage pastoral et social du Kansai. Arrivé au Japon le 2 octobre 1955, peu après son ordination sacerdotale, il y avait exercé son ministère pendant près de quatre décennies, notamment dans le diocèse d’Osaka et dans la paroisse de Sakai. Outre ses activités paroissiales, il s’était distingué par son engagement pionnier dans le domaine de l’action sociale et de l’enfance. Il a notamment fondé l’organisme médico-social Junshinkai (社会福祉法人 淳心会), sous l’égide duquel plusieurs jardins d’enfants et crèches (Heiwa no Sono) ont été créés. Cette attention portée aux plus vulnérables et aux enfants, associée à un profond respect des cultures locales, constituera la marque distinctive qu’il mettra ensuite en œuvre avec succès sur le sol mongol.

    Né en Belgique en 1928, le père Goessens avait déjà à son actif une longue expérience missionnaire au Japon, où il avait vécu et exercé son ministère pendant 37 ans avant son départ pour la Mongolie. Sa connaissance de l’Asie et son expérience pastorale ont été mises au service de cette nouvelle mission confiée aux « Scheutistes », nom sous lequel sont communément appelés les membres de la CICM, fondée à Scheut, près de Bruxelles, par le père Théophile Verbist.

    Au début, les missionnaires ont vécu à l’hôtel avant d’emménager dans un appartement. Ils célébraient la messe pour les catholiques étrangers résidant dans la capitale et proposaient des cours d’anglais. Ils accueillaient également les Mongols désireux de comprendre leur présence et leur mode de vie. « Aucun d’entre nous ne savait comment s’y prendre. Nous n’avions donc élaboré aucun plan avant notre arrivée, car nous voulions d’abord prendre la température », confiait-il à l’agence APIC en 2001. Cette présence s’est rapidement traduite par des initiatives sociales, notamment en faveur des enfants des rues. Avec le soutien des autorités mongoles, la mission catholique a participé à la création d’un centre d’accueil pouvant héberger une centaine d’enfants, tout en développant des activités éducatives et des cours de langue. Par la suite, l’œuvre a pris de l’ampleur et a notamment favorisé l’arrivée d’autres missionnaires issus de différentes congrégations religieuses.

    L’action des premiers missionnaires de la CICM se caractérisait par le refus du prosélytisme et par la volonté d’établir des relations respectueuses avec la société mongole, ses traditions religieuses et ses autorités, selon le principe « venez et vous verrez », une attitude qui devait permettre à l’Église catholique de se développer lentement mais sereinement. En 2012, le père Goessens était revenu en Mongolie pour participer aux célébrations du vingtième anniversaire du retour de la présence catholique dans le pays et pour retrouver les personnes avec lesquelles il avait partagé les années fondatrices de cette mission. Ce voyage fut sa dernière visite en Mongolie.

    Dans un message de condoléances, la Préfecture apostolique d’Oulan-Bator a rendu hommage à celui qu’elle décrit comme l’un des premiers missionnaires à avoir contribué à jeter les fondations de l’Église catholique mongole. Le communiqué rappelle son fidèle service, accompli aux côtés de ses confrères, ainsi que son engagement à semer « la foi, l’espérance, la compassion et l’amour » parmi le peuple mongol. Les confrères de la CICM au Japon ont célébré la messe funéraire du père Robert Goessens le 18 août, rendant grâce pour sa vie et son ministère. L’Église catholique de Mongolie a exprimé ses condoléances à la famille, aux confrères et à tous ceux qui ont travaillé avec lui, confiant son âme à la miséricorde de Dieu. « Que les graines de foi qu’il a semées en Mongolie, l’amour du Christ qu’il a partagé et l’espérance dont il a témoigné continuent de porter leurs fruits dans la vie de l’Église catholique en Mongolie », a souhaité la Préfecture Apostolique d’Oulan-Bator.(MLK) (Agence Fides 20/8/2026)

  • Sainte Julienne de Cornillon, promotrice du culte eucharistique (7 août)

    IMPRIMER

    sainte-julienne-du-mont-cornillon.jpgDe BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 17 novembre  2010 (source) :

    Sainte Julienne de Cornillon

    Chers frères et chères sœurs,

    Ce matin également, je voudrais vous présenter une figure féminine, peu connue, à laquelle l’Eglise doit toutefois une grande reconnaissance, non seulement en raison de sa sainteté de vie, mais également parce qu’à travers sa grande ferveur, elle a contribué à l’institution de l’une des solennités liturgiques les plus importantes de l’année, celle du Corpus Domini. Il s’agit de sainte Julienne de Cornillon, également connue sous le nom de sainte Julienne de Liège. Nous possédons quelques informations sur sa vie, en particulier à travers une biographie, probablement écrite par un ecclésiastique qui lui était contemporain, dans laquelle sont recueillis divers témoignages de personnes qui eurent une connaissance directe de la sainte.

    Julienne naquit entre 1191 et 1192 près de Liège, en Belgique. Il est important de souligner ce lieu, car à cette époque, le diocèse de Liège était, pour ainsi dire, un véritable «cénacle» eucharistique. Avant Julienne, d’éminents théologiens y avaient illustré la valeur suprême du sacrement de l’Eucharistie et, toujours à Liège, il existait des groupes féminins généreusement consacrés au culte eucharistique et à la communion fervente. Guidées par des prêtres exemplaires, elles vivaient ensemble, se consacrant à la prière et aux œuvres de charité.

    Devenue orpheline à l’âge de 5 ans, Julienne, avec sa sœur Agnès, fut confiée aux soins des sœurs augustiniennes du couvent-léproserie du Mont-Cornillon. Elle fut éduquée surtout par une religieuse prénommée Sapience, qui suivit sa maturation spirituelle, jusqu’à ce que Julienne elle-même reçoive l’habit religieux et devienne elle aussi moniale augustinienne. Elle acquit une culture considérable, au point de lire les œuvres des Pères de l’Eglise en latin, en particulier saint Augustin, et saint Bernard. Outre sa vive intelligence, Julienne faisait preuve, dès le début, d’une propension particulière pour la contemplation; elle possédait un sens profond de la présence du Christ, dont elle faisait l’expérience en vivant de façon particulièrement intense le sacrement de l’Eucharistie et s’arrêtant souvent pour méditer sur les paroles de Jésus: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20).

    A l’âge de seize ans, elle eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.

    Lire la suite