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Belgique

  • Le RGPD s’applique aux registres de baptêmes

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    CJUE : Le RGPD s’applique aux registres de baptêmes catholiques; la décision vient de tomber. Qu'est-ce que cela implique ?

    Il s’agit des conclusions de l’avocate générale Laila Medina (affaire C-12/25, Bisdom Gent), présentées le 1er octobre 2026 devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Ce n’est pas encore un arrêt de la Cour (qui n’est pas liée par ces conclusions, même si elle les suit souvent), mais un avis juridique important qui clarifie l’application du RGPD aux registres de baptêmes.

    Contexte de l’affaire

    Un Belge baptisé enfant a demandé au diocèse de Gand (Bisdom Gent) d’effacer toute référence à sa personne dans les registres (physiques et numériques) en invoquant le RGPD, après avoir décidé de quitter l’Église catholique. Le diocèse a seulement barré ses données (tout en les laissant lisibles) et ajouté une mention de départ. L’Autorité belge de protection des données a ordonné un vrai effacement. Le diocèse a contesté, et la Cour d’appel de Bruxelles a posé des questions préjudicielles à la CJUE sur l’articulation entre le droit à l’effacement (art. 17 RGPD), le droit d’opposition (art. 21) et la liberté religieuse / autonomie des Églises.

    Points clés des conclusions de l’avocate générale

    1. Le RGPD s’applique bien
      Les registres de baptêmes constituent un « fichier » (ensemble structuré de données personnelles : nom, date/lieu de naissance, filiation, convictions religieuses, etc.). L’autonomie des Églises (art. 17 TFUE) ne les exempte pas du RGPD. Le traitement (conservation, consultation, etc.) doit donc respecter le règlement.
    2. Droit à l’effacement possible en principe
      Une personne baptisée mineure qui, devenue adulte, souhaite se dissocier de l’Église peut, en principe, demander l’effacement de ses données en s’opposant formellement au traitement.
      L’Église ne peut continuer le traitement que si elle démontre des motifs légitimes impérieux qui l’emportent sur les droits et libertés de la personne (vie privée, protection des données, liberté de pensée/conscience/religion).
      L’administration correcte des sacrements (le baptême ne se reçoit qu’une fois) peut constituer un tel motif, mais il faut vérifier la nécessité et faire une pondération concrète au cas par cas (raisons de la demande, impact émotionnel ou sur l’autodétermination de la personne, etc.). Ce n’est pas automatique.
    3. Conservation possible pour archives d’intérêt public ou recherche historique
      Même en l’absence de motifs impérieux, le traitement peut se poursuivre à ces fins (sous conditions de nécessité, de minimisation des données et de garanties appropriées). Le juge national doit vérifier si d’autres sources ou une anonymisation suffisent.
    4. Ce qui ne constitue pas un effacement
      Barrer le nom tout en le laissant lisible + ajouter une mention de départ ne suffit pas. Les données doivent être rendues illisibles au point que la personne ne soit plus identifiable (ou facilement identifiable). On peut conserver l’information anonyme qu’un baptême a eu lieu à telle date/lieu. Il n’est pas obligatoire d’arracher des pages du registre.

    Ce que cela implique concrètement

    • Pour les personnes baptisées : elles disposent d’un levier plus solide pour demander un vrai effacement (et non une simple mention en marge). Le juge national devra pondérer les intérêts dans chaque cas. Cela va dans un sens plus favorable aux demandes de « débaptisation » que la jurisprudence française antérieure (Conseil d’État, 2024), qui avait validé le refus d’effacement et l’apposition d’une mention comme suffisante pour le droit d’opposition.
    • Pour l’Église catholique (et d’autres confessions) : les registres ne sont plus « hors RGPD ». Elles devront justifier plus rigoureusement la conservation et adapter leurs pratiques (anonymisation partielle possible, mesures techniques pour rendre illisibles les données nominatives). L’autonomie religieuse est reconnue mais n’est pas absolue face aux droits individuels.
    • Portée européenne : l’arrêt final de la CJUE (attendu ultérieurement) s’imposera à tous les États membres. Il influencera aussi probablement d’autres contentieux (y compris ceux devant la Cour européenne des droits de l’homme).
    • Limites : ce n’est pas un droit absolu à l’effacement systématique. La pondération reste essentielle, et la conservation historique/archivistique est ménagée.

    En résumé, ces conclusions confirment que le RGPD s’applique pleinement aux registres de baptêmes et ouvrent la voie, en principe, à un droit à l’effacement réel après opposition, sous réserve d’une balance des intérêts par le juge national. La décision définitive de la Cour reste à venir.

    (avec l'IA)

  • Pakistan : la mémoire des capucins flamands

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    À Mariamabad, on rend hommage au père Frank Van Butsele, missionnaire capucin qui a donné sa vie pour l'Évangile

    1 octobre 2026

    OFM Cap Lahore

    Lahore (Agence Fides) – À l’approche de la fête de Saint François d’Assise, à l’occasion du huitième centenaire de sa mort (1226-2026), la communauté catholique du village de Mariamabad, dans le Pendjab pakistanais, se penche sur son histoire et confie une nouvelle fois à la Vierge Marie le chemin de la mission. Dans la « Cité de Marie », l’un des lieux les plus emblématiques de la présence catholique au Pakistan, le souvenir des missionnaires capucins belges reste vivant, notamment à travers la mémoire du père Frank Van Butsele, ce frère qui a consacré sa vie au peuple du Pendjab et qui a été assassiné dans l’église de Mariamabad en 1953, à l’âge de 40 ans seulement, à l’endroit même où il avait exercé son ministère.

    Mariamabad, qui abrite aujourd’hui le sanctuaire marial national du Pakistan, a vu le jour à la fin du XIXe siècle grâce à l’œuvre des capucins flamands. En 1892, l’Évêque capucin belge Emmanuel Van Den Bosch acquit environ 150 acres de terrain afin d’offrir un foyer et une chance de se prendre en main à des familles chrétiennes pauvres et victimes de discriminations. En janvier 1893, les trois premières familles chrétiennes s'y installèrent, accompagnées par les missionnaires franciscains, sur cette terre qui allait être baptisée « Maryabad », la « Cité de Marie ». Le père Félix van de Putte, arrivé en 1896, encouragea le développement agricole, social et religieux de la communauté et supervisa la construction de l’église Sainte-Marie-et-Saint-Joseph, consacrée en 1898.

    C'est dans cette longue histoire qu'intervient la figure du père Frank Van Butsele, né à Ronse, en Belgique, en 1913. Entré chez les Capucins en 1930 et ordonné prêtre en 1937, il consacra une quinzaine d'années à la mission sur le sous-continent indien. Il a travaillé à Amritsar (qui se trouvait alors en Inde), puis au Pakistan, tout juste né après la « partition ». Les sources historiques capucines le décrivent comme un homme de foi et de charité, profondément animé par la dévotion à la Vierge Marie, attaché à la population et à sa mission, engagé dans la catéchèse, la formation des catéchistes et la prise en charge des communautés. À Mariamabad (comme ce lieu sera rebaptisé par la suite), il prit la direction de la mission et s’employa à la pastorale, au développement et à la diffusion de la dévotion mariale, ainsi qu’à la promotion humaine et sociale des familles catholiques.

    Son nom est resté particulièrement lié à la naissance de la tradition du pèlerinage marial. En 1949, quelques années avant sa mort, le père Frank a contribué à transformer l’église de Mariamabad en un centre de dévotion mariale et à instaurer le pèlerinage annuel du 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge Marie. Cette intuition est devenue au fil du temps l'une des expressions les plus significatives de la foi catholique au Pakistan. Aujourd'hui encore, le sanctuaire attire chaque année des centaines de milliers de pèlerins et constitue également un lieu de rencontre, de dialogue et de prière entre chrétiens et musulmans (voir Fides 4/9/2026).

    Le père Frank est décédé le 2 novembre 1953, dans son église de Mariamabad. Il a été poignardé à mort par un homme, Diwan Masih (qu’il avait d’ailleurs aidé), dans un contexte de grande instabilité, six ans après la naissance du Pakistan, dans une région encore marquée par les profondes fractures laissées par la partition de 1947 entre l’Inde et le Pakistan, qui avait provoqué des migrations massives et des violences entre communautés religieuses. Il a été tué dans l’église, devant ses paroissiens, alors qu’il priait.

    Sa mort n’a pas interrompu, mais a au contraire renforcé l’histoire de la mission entamée par les franciscains. Le sacrifice du père Frank, tué alors qu’il était innocent, est entré dans la mémoire de la communauté comme faisant partie intégrante de l’histoire même de la mission : la présence des missionnaires européens est devenue une source pour la naissance de vocations locales à la prêtrise et à la vie consacrée, permettant ainsi la croissance de l’Église locale. La mission des Capucins s’est efforcée d’accompagner les personnes pauvres et marginalisées en annonçant l’Évangile, mais aussi en construisant des communautés, des écoles et des œuvres sociales, tout en promouvant la dignité de la personne.

    À Mariamabad, cet héritage se perpétue aujourd’hui devant la statue de la Vierge. Le sanctuaire, né de la mission des Capucins belges, est devenu un lieu où chrétiens et fidèles d’autres religions se retrouvent pour confier à Marie leurs préoccupations et leurs espoirs. En ce lieu, l’Église du Pakistan rend hommage au père Frank, qui repose dans le cimetière de Mariamabad, à la veille de la fête de Saint François : non seulement comme une figure du passé, mais comme un don du Seigneur dans une histoire missionnaire qui se poursuit encore aujourd’hui. La graine semée par ces missionnaires continue de porter ses fruits au sein de la communauté catholique pakistanaise.

    La mission d’aujourd’hui est confiée à Marie, à qui Mariamabad est consacrée depuis ses origines. Plus de soixante-dix ans après la mort du père Frank, la « Cité de Marie » continue de préserver la mémoire de ses missionnaires et, en même temps, de regarder vers l’avenir avec espoir et de bénir la vie des fidèles dans la « terre des purs ».

    (PA) (Agence Fides 1/10/2026)

  • 24 octobre, Fraternité de Tibériade à Lavaux-Sainte-Anne : « Audace et lucidité dans la rencontre avec les musulmans »

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    Samedi 24 octobre - 9h15 à 18h. 

    Fraternité de Tibériade à Lavaux-Sainte-Anne

    « Audace et lucidité dans la rencontre avec les musulmans. »

    Au programme :

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    1. La conférence du matin sera donnée par le Père Henri FAUTRAD. Depuis son séjour en Tunisie comme séminariste jusqu’à son ministère dans les cités du Mans, le Père Henry Fautrad n’a cessé d’aller à la rencontre des musulmans. Aujourd’hui encore, il nous invite à oser cette rencontre.

    2. Le repas et l’Auberge espagnole nous régalera et nous fera découvrir VOS talents culinaires !

    Dans l’après-midi, les animateurs de divers ateliers vous accueilleront dans une ambiance bon enfant, qui caractérise nos journées.

    3. Les ateliers qui vous sont proposés :

    1. « Entre Bible et Coran, c’est où le bonheur ? » échange avec le Père Fautrad. Inscription : ICI

    2. Apprendre à fabriquer son pain avec un frère de Tibériade. Inscription : ICI

    3. La perte du réel : Notre monde occidental montre de plus en plus de signes d'une incontestable « perte du réel » et d'une fuite en avant dans l'imaginaire narcissique et l'émotionnel brut. Atelier animé par Jacqueline Hertay. Inscription : ICI

    4. Bruno nous propose cet atelier mécanique réparation vélo, niveau débutant. Inscription : ICI

    5. L’art du vitrail et réalisation commune d’une mosaïque de verre, animé par Astrid de Borman. Inscription ICI

    6. Atelier presque zéro déchets avec Fabienne Marneffe : si on a envie de prendre soin de soi, sa famille et la planète, il y a  quelques solutions faites avec des produits naturels. Inscription ICI

    7. Surveillance et censure numérique en Europe : la dérive liberticide quelle solution ? Avec Erick et Frère Cyrille. Inscription ICI

    8. Entre les mains du potier : apprendre à tourner la terre se réalise en plusieurs étapes qui sont autant manuelles que spirituelles. La terre en giration nous apprend à nous recentrer et à mettre les mains dans l’argile. Inscription ICI

    La journée se terminera vers 17h ou plus tard (18h) si vous souhaitez participer à la messe avec les Frères.

    Nous espérons vous revoir lors de cette rencontre chaleureuse qui en plus, de par la qualité de l’orateur, s’annonce passionnante !

    Nicolas, Frère Cyrille, Carine

    P.S. Le livre du Père Fautrad ainsi que les produits de la Fraternité de Tibériade seront proposés à la vente.

    Possibilité de loger sur place, la nuit du vendredi au samedi ou/et du samedi au dimanche. Pour réserver le logement chez les frères (à Lavaux)   https://www.tiberiade.be/fr/contact  
  • Avortement dans la Constitution belge :  derrière le symbole, quels enjeux pour notre société ? (IEB)

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Avortement dans la Constitution belge : 

    derrière le symbole, quels enjeux pour notre société ?   

    En Belgique, plusieurs députés proposent d’inscrire un droit à l’avortement dans la Constitution. Le récent revirement aux Etats-Unis et la variété des législations en la matière en Europe les conduisent à affirmer que l’accès à cette pratique est aujourd’hui menacé. Quelles en seraient les conséquences juridiques et éthiques ?

    Une question essentielle nous interpelle : est-il possible de concilier un tel droit fondamental à l’avortement avec la responsabilité de l’État et de la société de protéger le droit à la vie de tout être humain ?

    Loin d’être une revendication symbolique, l’avortement est un enjeu de société qui appelle une vraie réponse d’humanité.

    NOTE DE DECRYPTAGE : FOCUS 

     

    Avortement - Constitution

    Lire la note de décryptage

    VIDEO : 

    Résumé des enjeux 

    Avortement dans la Constitution

    Je soutiens !

  • Semaine Rouge pour les chrétiens persécutés; Mgr Terlinden, appelle à y participer

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    D'Annelies Looverie sur Cathobel :

    Semaine Rouge pour les chrétiens persécutés

    Semaine Rouge pour les chrétiens persécutés

    Aide à l'Église en Détresse organise chaque année une « Semaine Rouge » en faveur des chrétiens persécutés. Cette année, elle a lieu du 15 au 22 novembre.

    Durant la semaine du 15 au 22 novembre 2026, comme chaque année, des centaines d’églises, de cathédrales, de monastères, de monuments et de bâtiments publics à travers le monde seront illuminés en rouge afin d’attirer l’attention sur les chrétiens persécutés ou opprimés pour leur foi.

    Le mercredi 18 novembre, « Red Wednesday », constitue le temps fort de cette semaine-là. Dans la vidéo ci-dessous, notre archevêque, Mgr Terlinden, appelle à y participer.

    Comment pouvez-vous participer ?

    Illuminez votre église ou votre bâtiment en rouge. L’année dernière, dans notre pays, la Basilique nationale de Koekelberg et le Parlement européen figuraient notamment parmi les bâtiments illuminés en rouge.

    Priez pour les chrétiens persécutés en organisant une veillée de prière ou une célébration eucharistique. Commandez des cartes de prière ou projetez un documentaire présentant des témoignages. Des conférences, des expositions et d’autres initiatives sont également possibles pendant la Red Week. L’année dernière, par exemple, le diocèse de Hasselt a organisé une grande campagne d'écriture de lettres : 1 500 cartes encourageantes et réconfortantes destinées à des chrétiens emprisonnés, notamment en Érythrée, à Téhéran et en Malaisie.

    Retrouvez toutes les informations : Red Week | Aide à l’Église en détresse

    Les initiatives prévues cette année sont déjà indiquées sur une carte synoptique

    Plus il y aura de points rouges, plus les chrétiens persécutés à travers le monde bénéficieront de soutien et d'attention !

  • A Bruxelles : des soins palliatifs à bout de souffle

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Bruxelles : des soins palliatifs à bout de souffle

    29 septembre 2026

    En région bruxelloise, « l’explosion du nombre de demandes de prise en charge, le sous-financement chronique des équipes de soins, les défaillances du système global de santé et la politique d’austérité budgétaire minent gravement le fonctionnement des associations » qui assurent des à domicile.

    Des besoins en forte croissance

    « Aujourd’hui, on parle de soins palliatifs précoces et intégrés. Précoces, parce qu’ils peuvent être entamés dès le diagnostic de la maladie incurable, et intégrés, parce qu’ils ne sont pas en opposition avec les soins curatifs, comme on l’entend parfois », explique Céline Van der Cam, directrice de la Palliative and Continuing Care Federation of Brussels.

    En outre, le suivi s’étend aux maladies chroniques auxquels s’ajoutent les patients gériatriques. « Bien qu’ils ne soient pas atteints d’une pathologie incurable, ils présentent de multiples fragilités et entrent désormais dans le champ des soins palliatifs », indique la directrice de la fédération.

    Des lits qui « coûtent cher » et « rapportent peu »

    A Bruxelles, pour l’ensemble du réseau hospitalier, seule une soixantaine de lits palliatifs est disponible. « Les lits de soins palliatifs coûtent très cher, davantage que les lits de soins aigus, en raison de la norme de personnel qui y est attachée : 1,5 équivalent temps plein par lit », précise Céline Van der Cam.

    « Or, s’ils coûtent cher, ces lits rapportent peu, car en fin de vie, les actes techniques qui génèrent des revenus pour l’hôpital ne sont plus pratiqués s’ils ne procurent pas de confort supplémentaire au patient », souligne-t-elle.

    « Faute de moyens suffisants, le nombre de patients qui n’ont pas pu être assistés a augmenté de 210% entre 2024 et 2025 »

    Ainsi, « faute de moyens suffisants, le nombre de patients qui n’ont pas pu être assistés a augmenté de 210% entre 2024 et 2025. Et la tendance s’amplifie malheureusement en 2026 », déplore la directrice. « Pour les équipes de soignants, c’est un crève-cœur, confie-t-elle. Leur travail consiste à accompagner les patients et leurs proches le mieux et le plus rapidement possible. Or, même en déployant une énergie folle, ils n’y arrivent plus. » La conséquence : « des patients sont mis de côté ».

    Céline Van der Cam interpelle : « Plutôt que comme une dépense, le financement des soins palliatifs à domicile devrait être vu par les pouvoirs publics avant tout comme un investissement, susceptible d’épargner beaucoup d’argent à la sécurité sociale, par exemple en limitant les hospitalisations sauvages ou les soins techniques qui ne sont plus nécessaires ». « Les soins palliatifs, c’est un véritable win-win, tant pour les soignants, qui peuvent travailler de manière plus sereine, que pour le patient et sa famille, qui sont pris en charge correctement et à temps, avec un vrai projet thérapeutique permettant d’éviter les situations d’urgence catastrophiques. »

    Source de la synthèse de presse : Paris Match, Frédéric Loore (27/09/2026)

  • Octobre, le mois du Rosaire!

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    La réflexion publiée ci-dessous constitue le texte de l’éditorial de la livraison d’octobre 2020 des feuillets mensuels de l’église du Saint-Sacrement à Liège proposés par l’Abbé Marc-Antoine Dor, Recteur de ce sanctuaire :

    « Pourquoi le Rosaire ? Cette forme de dévotion ne rencontre pas toujours l’approbation et il n’est pas rare, surtout chez les intellectuels, d’entendre dire qu’on a du mal à entrer dans cette prière.

    François Mauriac a très bien décrit cette difficulté : « Je n’ai jamais pu me plier au partage qu’elle exige : la bouche qui profère les Ave Maria par dizaines et l’esprit qui médite chacun des mystères joyeux, glorieux, douloureux : quinze en tout, un par dizaine, cinq par chapelet. Il n’y a rien là qui me choque, mais cette dissociation entre la parole et la pensée m’est interdite. Il faut que je sois engagé tout entier dans chaque mot que je prononce. Il n’est pas question pour moi, que la salutation de l’Ange à Marie occupe mes lèvres tandis que mes pensées s’attacheraient à l’une ou l’autre scène de l’Evangile. Mais comment obtenir de soi une attention exclusive à la même parole indéfiniment répétée ? Telles sont, exposées sans fard, les difficultés que je trouve, personnellement, à la dévotion du Rosaire. »[1]

    I - Un album de souvenirs commentés par la Vierge

    Une comparaison peut nous aider à résoudre ce problème bien posé, en nous montrant comment dans le rosaire la méditation des mystères de la vie du Christ et l’humble récitation des Ave forment un tout.

    Qui n’a jamais rendu visite à une vieille maman ou à une grand-mère chargée d’ans et vivant seule ? De quoi parle-t-elle ? De ceux qu’elle porte dans son cœur, en particulier de ses descendants. Une mère aime ses enfants, et elle en est fière. Elle garde en son cœur les souvenirs de leur enfance, de leur scolarité, de leurs jeux, de leurs joies et de leurs peines, de leurs maladies et de leurs succès, de leurs amis, etc. Si elle a eu le malheur de perdre un fils, s’il a été un héros de la guerre, elle aime parler de lui, montrer ses photographies, ses décorations et ses citations, raconter ses exploits. Elle vit dans ses souvenirs qui ne la quittent pas. Souvent son récit rend attachant celui dont elle parle. Au fur et à mesure qu’elle tourne les pages de l’album de famille, des détails, des anecdotes lui reviennent à l’esprit et elle nous en fait profiter. Grâce à une telle maman, à son cœur et à ses souvenirs, on entre dans l’intimité de sa famille, on y vit.

    Un album de souvenirs commenté par une maman : voici une image suggestive qui peut nous faire comprendre de l’intérieur ce qu’est la prière du rosaire. Les paroles récitées au cours des dizaines s’adressent surtout à la Sainte Vierge, la mère du Christ, mais tous les souvenirs, tous les mystères, concernent surtout son fils bien-aimé. C’est évidemment impossible, mais si elle avait eu un album photo, la Sainte Vierge ne nous aurait montré que les clichés de son fils : son fils attendu, né, grandissant, accomplissant des miracles, souffrant, ressuscité, etc. Il y aurait beaucoup de photographies ! C’est pourquoi l’Eglise a sélectionné pour nous les meilleures : ce sont les mystères du rosaire. Et, pour continuer de filer ma métaphore, le pape saint Jean-Paul II a eu la chance de retrouver un lot d’excellents clichés qui s’étaient égarés ou qui passaient inaperçus : ce sont les mystères lumineux de la vie publique de Jésus[2].

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  • « Ce serait un coup fatal à la crédibilité du processus synodal » : Bonny insiste sur l'ordination des hommes mariés

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    D'InfoVaticana :

    « Ce serait un coup fatal à la crédibilité du processus synodal » : Bonny insiste sur l'ordination des hommes mariés.

    Dans un entretien accordé au numéro d'octobre de Herder Korrespondenz, Bonny a déclaré s'attendre à une décision avant la fin de la phase de mise en œuvre du Synode sur la synodalité. « Je suis convaincu que d'ici la fin du processus synodal, à l'automne 2028, des réglementations appropriées pourront être trouvées », a-t-il affirmé. « Ce serait un coup fatal porté à la crédibilité et à la mise en œuvre de l'ensemble du processus synodal si aucune réglementation n'avait été adoptée d'ici là. »

    Bonny fait confiance à Léon XIV

    L’évêque d’Anvers a expressément lié ses attentes à la manière dont Léon XIV exerce le pontificat.

    Selon Bonny, sa confiance découle notamment de la manière dont le pape remplit sa mission de « bâtisseur de ponts ».

    « Comme un bon père, il sait ce dont ses enfants ont besoin, et ce n'est pas la même chose partout ni pour tout le monde », a déclaré le prélat.

    Bonny estime également que sa demande n'est pas un cas isolé. Il explique que d'autres évêques à travers le monde sont également confrontés à une grave pénurie de prêtres et de soutien, ce qui justifie l'ordination d'hommes mariés.

    «Nous ne sommes pas seuls», a-t-il assuré.

    Les candidats sont déjà en cours de préparation.

    Ces nouvelles déclarations interviennent moins de deux semaines après la révélation que le projet est passé des premières paroles aux préparatifs concrets.

    Bonny a récemment confirmé avoir déjà commencé la formation de plusieurs hommes mariés en vue de les ordonner prêtres en 2028. Les candidats reçoivent une préparation théologique et pastorale tandis que l'évêque attend l'autorisation nécessaire de Rome.

    Les critères utilisés pour les sélectionner sont similaires à ceux appliqués aux candidats mariés au diaconat permanent : ils doivent être âgés d’au moins 35 ans, avoir le consentement de leurs épouses, mener une vie familiale stable et ne pas avoir de jeunes enfants.

    Bonny justifie son initiative en citant la situation du clergé en Flandre. Selon les données qu'il a fournies en septembre, le diocèse d'Anvers compte moins de 70 prêtres de moins de 70 ans, dont près des deux tiers sont étrangers.

    Un voyage à Rome avec le soutien des évêques belges

    Bonny a maintenant fourni de nouveaux détails sur le voyage qu'il a effectué de sa propre initiative à Rome en juin dernier pour exposer ce qu'il décrit comme une situation de « besoin ».

    L’évêque a expliqué à Herder Korrespondenz qu’il était muni d’une lettre de la Conférence épiscopale belge appuyant sa demande. Au cours de sa visite, il s’est entretenu avec les autorités vaticanes et le Secrétariat général du Synode.

    Bonny avait lui-même révélé avoir rencontré le cardinal Lazarus You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le clergé, et le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode. Selon l'évêque, tous deux se sont engagés à porter la question à l'attention de Léon XIV. À ce jour, le Saint-Siège n'a pas publiquement autorisé les ordinations prévues.

    La question bénéficie d'un soutien plus large au sein de l'épiscopat belge. L'archevêque de Malines-Bruxelles et président de la Conférence épiscopale, Luc Terlinden, s'est déclaré favorable à l'ouverture d'un débat sur l'ordination des hommes mariés , tout en précisant que le projet spécifique de commencer à ordonner des candidats à Anvers relève de la compétence de Bonny et ne peut être mis en œuvre sans autorisation papale.

    L'ordination des hommes mariés comme conséquence du processus synodal

    Bonny a présenté son calendrier pour la première fois dans une lettre pastorale publiée en mars dernier. Il a annoncé qu'il s'efforcerait d'identifier et de préparer des candidats dans le but d'ordonner des hommes mariés d'ici 2028.

    L’évêque est allé jusqu’à affirmer que « c’est une illusion de penser qu’un processus synodal-missionnaire sérieux en Occident a encore une chance sans l’ordination sacerdotale d’hommes mariés ».

    Lire aussi : « La nécessité m’y contraint » : L’évêque d’Anvers poursuit son projet d’ordonner prêtres des hommes mariés d’ici 2028

    Sa proposition concerne la discipline du célibat en vigueur pour les prêtres de l'Église latine. L'Église catholique reconnaît les prêtres légitimement mariés – notamment dans les Églises catholiques orientales et, dans certains cas, parmi les pasteurs protestants mariés qui entrent en pleine communion avec Rome et sont ensuite ordonnés – mais dans l'Église latine, la règle générale demeure le choix des prêtres parmi les hommes célibataires.

    Bonny soutient désormais que la structure sacramentelle de l'Église requiert un nombre suffisant de prêtres pour préserver et développer l'identité catholique. Selon l'évêque, les sacrements et le ministère sacramentel sont le moteur de toute activité missionnaire.

    Le calendrier fixé par le prélat aligne son projet sur la fin de la phase de mise en œuvre du synode en 2028. Contrairement à ses déclarations initiales, Bonny ne se contente plus de justifier l'ordination d'hommes mariés par la pénurie de clergé : il lie expressément toute réponse potentielle de Rome à la « crédibilité » du processus synodal et place son espoir en Léon XIV qu'une « réglementation adéquate » sera trouvée avant cette date.

  • Saint François d'Assise a 800 ans de ciel : Liège fait la fête du 2 au 4 octobre !

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    Saint François d'Assise a 800 ans de ciel : Liège fait la fête du 2 au 4 octobre !

    COMMUNIQUÉ

    Liège, le 29 septembre 2026

    Le 3 octobre 1226, le Poverello d'Assise entrait au ciel. Huit siècles plus tard, le Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon, qui abrite le monastère des sœurs Clarisses, invite Liégeois et visiteurs à un week-end lumineux, joyeux et ouvert à tous les âges pour célébrer l'un des saints les plus aimés au monde.

    Jeune chevalier fortuné, François a tout quitté pour une vie pauvre, fraternelle et donnée à Dieu. Avec son amie sainte Claire, il fonde vers 1220 les franciscains et les clarisses, dont naîtront cordeliers, capucins, récollets ou conceptionnistes. Tous deux sont les parfaits contemporains de sainte Julienne de Cornillon (1192-1258). À Liège, l'histoire commence tôt : les premiers franciscains s'y installent dès 1220, six ans avant la mort du saint. Une page d'histoire locale à redécouvrir dans la joie !

    Au programme :

    • Vendredi 2 octobre, 20h – Cinéma : « François et le chemin du soleil », le chef-d'œuvre de Franco
      Zeffirelli. C'est aussi la première soirée ados de la saison : rendez-vous dès 19h pour la fameuse
      pizza ! Salle Saint-Thomas d'Aquin, entrée ouverte à toutes et tous.
    • Samedi 3 octobre, 16h – Marionnettes : « Saint François », des épisodes de sa vie racontés aux
      petits et aux grands par le Théâtre de l'Étoile, dans l'église du sanctuaire.
    • Samedi 3 octobre, 17h – Vernissage de l'exposition « Cantique de la Création » : « Loué sois-tu,
      mon Seigneur, avec toutes tes créatures ». Peintures de Pierre Deuse, professeur à Saint-Luc,
      disparu il y a dix ans jour pour jour, et de Sophie Gilman. À voir jusqu'au 11 octobre, le week-end de
      9h à 17h et en semaine sur rendez-vous.
    • Dimanche 4 octobre, 10h – Messe solennelle chantée par la Chorale Saint-François de Liège, le
      Béguinage et le chœur de la Messe des jeunes de Cornillon.
    • Dimanche 4 octobre, 12h – Buffet franciscain mitonné par les sœurs clarisses (15 €, réservation au
      04 343 64 54).
    • Dimanche 4 octobre, 14h – « Liège sur les pas de saint François » : balade guidée de 6 km (3h)
      avec René Dufour, « d'Assise en bord de Meuse », sur les traces des couvents franciscains et
      clarisses de la Cité. Chassés à la Révolution en 1794, ces religieux ont laissé une empreinte bien
      vivante : chez les Clarisses de Cornillon, mais aussi à Pierreuse-Sainte-Walburge.

    Cinéma, théâtre, art, musique, table partagée et patrimoine : ce week-end d'anniversaire se vit en famille, entre amis ou en solo, dans l'esprit de simplicité, de fraternité et de joie si cher à François.

    Programme complet : www.saintejulienne.org/festivites-des-800-ans-de-saint-francois-dassise/

    Contact : ASBL Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon – Rue de Robermont 2, 4020 Liège –
    www.saintejulienne.org

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  • Liège (Saint-Sacrement) : cours de chant grégorien et d'orgue 2026-2027

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  • Du gauchisme à la tradition : le retour à Rome d'un jeune juriste

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    De diakonos.be :

    Du gauchisme à la tradition : le retour à Rome d'un jeune juriste

    Ancien militant progressiste devenu juriste à Rome, essayiste et poète, Luigi Trisolino, né le 11 octobre 1989, incarne un parcours intellectuel hors norme. Alors que la Belgique et l'Europe du Nord traversent une crise d'identité et de repères, ce converti de 35 ans livre en exclusivité pour Diakonos.be un entretien sans filtre. Bioéthique, combat contre la sécularisation, critique du centre mou et défense du droit naturel : un regard romain tranchant, adressé directement à une jeunesse en quête d'enracinement et d'espérance.

    *

    Maître Trisolino, vous naviguez professionnellement entre les arcanes de la bureaucratie romaine et la rigueur du droit public, tout en cultivant la sensibilité du poète et la radicalité du converti. Ne serait-ce pas la définition parfaite d'un équilibriste… ou d'un incorrigible romantique qui cherche encore des lois immuables dans un monde qui change d'avis toutes les cinq minutes ?

    — « N’est ce pas avec la même ardeur laborieuse que les fourmis transportent les grains de sable, déplacent des carcasses d'insectes et creusent la terre ? Et les aigles ne dominent-ils pas les hauteurs avec la même force ailée, qu’ils construisent leurs nids au sommet des montagnes ou qu'ils y rapportent des proies pour nourrir leurs petits ? Dès lors, quelque soit le contexte ou le matériau à concevoir, façonner ou transporter — qu'il soit juridique, journalistique, poétique, politique ou théologique —, je demeure le même homme, mû et éclairé par la même conversion au Christ dans la tradition pétrinienne.

    Mon secret pour préserver mon intégrité, sans devoir faire le grand écart ni tomber dans le romantisme, c'est de rester hors de ma zone de confort. En premier lieu intérieurement, par rapport à moi-même, en veillant chrétiennement tel un guetteur pour me tenir prêt, au cas où je devrais affronter davantage d’inconfort encore à l'extérieur, par exemple politiquement, au milieu des autres. Ma conversion a été un long chemin de croix. Mais en luttant, à mon échelle, contre les idéologies mondialistes du genre et du wokisme, je commence déjà à déranger ces progressistes dont mes convictions catholiques m'ont définitivement éloigné.

    Mais j'espère être une source constructive d’inconfort, notamment parmi ces conservateurs fatigués qui, dans leurs discours et leurs actions socioculturelles, se confondent désormais pratiquement avec les figures de cette antichambre du progressisme qu’est devenu le centre mou. Même ma poésie dérange quand elle aborde des thèmes sociaux. C'est qu'elle tranche avec ces poètes aliénés qui alternent entre démission politique et postures civiques de façade, soumis au discours progressiste dominant, au matérialisme et à un néo-pacifisme de circonstance.

    Journalistes et juristes ne sont pas en reste dans ce processus d'auto-destruction intellectuelle et de liquidation des consciences qui s’ensuit. Pour un converti nourri de la tradition catholique, riche de talents qu'il se doit de fructifier, l'engagement doit être total : une présence énergique, déployée partout où il est possible de rendre témoignage. Aujourd'hui, seuls les faux prophètes font consensus. Ce sont eux qu'il nous faut combattre, en affirmant la nécessité vitale, humaine et politique d’enraciner nos identités, nos lois et nos traités dans le droit naturel le plus accompli : celui issu de nos racines chrétiennes.

    Qu'est-ce qui, dans votre parcours de juriste plongé au quotidien dans la rationalité des institutions publiques à Rome, a ouvert la brèche vers la conversion au catholicisme ? La foi a‑t-elle été pour vous une rupture ou l'aboutissement logique d'une quête de vérité ?

    — J’ai pris la réalité à bras le corps pour la regarder en face, dépouillé des filtres relativistes de mon ancien milieu. Et la réalité cette, dans ce qu’elle a de plus essentiel, a accueilli celui qui tentait de la contourner. En dépassant le juridisme qui étouffe si souvent l'État de droit, je me suis également affranchi des fables sur l’être humain que le marxisme néo-trotskyste et le progressisme libéral m’avaient inculqué. La simple curiosité intellectuelle du dilettante sur l’être humain ne me suffisait plus ; je me suis donc engagé dans une quête authentique de la vérité.

    De mon adolescence jusqu'à mes 34 – 35 ans, je n'ai cessé en effet d'explorer différentes chapelles et systèmes de pensée, tel un Ulysse avide de connaître le moindre des îlots le séparant d'Ithaque, sa véritable patrie. Devant la réalité des changements sociétaux, à l’époque du Christ comme aujourd’hui, certaines valeurs naturelles restent non négociables. Je l’ai toujours su mais je m’obstinais à vouloir tout concilier, aveuglé par des lectures dévoyées de la laïcité, de la fraternité et de la diversité culturelle.

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  • De François en Belgique à Léon XIV en France : deux voyages, deux récits médiatiques

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    De François en Belgique à Léon XIV en France : deux voyages, deux récits médiatiques

    Pourquoi le voyage de François en Belgique, en septembre 2024, a-t-il laissé une impression aussi contrastée, alors que celui de Léon XIV en France, deux ans plus tard, a donné lieu à une réception populaire beaucoup plus favorable ?

    La réponse ne tient ni à une opposition simpliste entre une Belgique qui aurait « rejeté » François et une France qui aurait « triomphalement » accueilli Léon XIV, ni à la seule question des abus sexuels. Celle-ci a également occupé une place considérable dans les médias français. La différence tient plutôt à la combinaison des circonstances, au style des deux papes et, surtout, aux images et au récit qui ont fini par dominer la perception de chaque voyage.

    En Belgique, les controverses ont fini par structurer le récit

    Il serait faux de présenter le voyage de François comme un échec. Le pape a connu des moments de véritable enthousiasme, notamment lors de sa rencontre avec plusieurs milliers de jeunes. Mais ces images n'ont pas durablement dominé le récit médiatique.

    La question des abus sexuels occupait une place particulièrement lourde dans le contexte belge. Le roi Philippe et le Premier ministre Alexander De Croo l'avaient placée au premier plan dès les discours d'accueil. François rencontra des victimes et condamna avec force les abus, appelant à ce que leurs auteurs soient jugés, y compris lorsqu'ils appartenaient au clergé ou à la hiérarchie.

    Mais le malaise du voyage ne peut être réduit à cette seule question. Les propos du pape sur les femmes à Louvain-la-Neuve, la réaction de l'université, son hommage au roi Baudouin, ses déclarations sur l'avortement et, enfin, ses propos dans l'avion du retour ont successivement ouvert de nouveaux fronts.

    Le voyage s'est ainsi transformé en une succession de dossiers conflictuels : abus sexuels, place des femmes, avortement, héritage de Baudouin, rapport entre l'Église et une société profondément sécularisée.

    Ce n'est donc pas un sujet unique qui a déterminé l'image de la visite, mais l'accumulation de controverses qui a donné à celle-ci une tonalité essentiellement polémique.

    En France, les abus n'ont pourtant pas disparu du récit

    Toute comparaison sérieuse doit éviter un raccourci : les abus sexuels ont également occupé une place importante dans la couverture française de la visite de Léon XIV. Les médias ont interrogé le pape sur les victimes, la responsabilité de l'Église et les mesures à prendre.

    Il serait donc faux d'opposer une Belgique où les abus auraient tout recouvert à une France qui les aurait ignorés.

    La différence est ailleurs : en France, les abus ont constitué l'un des récits du voyage, mais ils n'ont pas été le seul récit capable de s'imposer.

    D'autres images sont venues leur faire concurrence.

    L'image qui change la perception : une jeunesse catholique visible

    Le rassemblement de dizaines de milliers de jeunes autour de Léon XIV a fourni une image immédiatement lisible : une jeunesse catholique nombreuse, enthousiaste, chantante et priante, réunie publiquement autour du pape.

    Il ne faut évidemment pas en déduire que cette jeunesse représente l'ensemble de la société française. La sécularisation demeure profonde et la pratique religieuse régulière reste minoritaire.

    Mais cette mobilisation a rendu plus difficile une lecture du catholicisme français limitée au déclin, aux églises qui se vident et aux scandales du passé.

    Elle a fait apparaître simultanément deux réalités :

    oui, l'Église a des comptes à rendre ; mais oui aussi, elle rassemble encore.

    Cette coexistence a profondément modifié la perception du voyage.

    Deux papes, deux styles, mais surtout deux contextes

    La personnalité des deux papes a également joué un rôle.

    François avait une manière très spontanée, parfois abrupte, de répondre aux questions. Plusieurs de ses interventions en Belgique ont ainsi suscité de nouvelles controverses.

    Léon XIV apparaît dans un registre plus posé et plus structuré. Cela ne signifie nullement qu'il ait évité les sujets sensibles. Il a au contraire abordé sans détour la défense de la vie humaine, l'avortement, l'euthanasie, la laïcité, la dignité humaine ou encore la place du christianisme dans la société.

    Mais ses paroles ont été accompagnées d'un environnement visuel particulièrement puissant : jeunes, familles, saints, cathédrales, prières, catéchumènes et foules.

    Le pape n'a donc pas seulement parlé : les images ont aussi parlé pour lui.

    C'est un élément essentiel pour comprendre la différence de réception.

    Une Église confrontée à ses blessures, mais aussi capable de montrer sa vitalité

    Les deux Églises sont évidemment confrontées aux mêmes grandes difficultés : sécularisation, baisse de la pratique, vieillissement, scandales et interrogations sur leur avenir.

    Mais elles n'ont pas présenté exactement le même visage au cours de ces deux voyages.

    En Belgique, le poids des abus et des blessures institutionnelles a largement déterminé le cadre dans lequel le pape était attendu. L'Église devait expliquer, reconnaître et réparer.

    En France, Léon XIV a également rencontré une Église fragilisée, mais capable de lui montrer des signes visibles de recomposition : jeunes mobilisés, catéchumènes adultes, pèlerinages, communautés et initiatives nouvelles.

    Il ne s'agit pas de prétendre que l'Église française serait soudainement devenue forte, ni qu'elle échapperait au déclin religieux. Mais certains phénomènes donnent à voir un catholicisme qui n'est plus seulement hérité, mais aussi choisi.

    C'est cette dimension que le voyage de Léon XIV a particulièrement mise en lumière.

    Le rôle des médias : une différence de dramaturgie

    Il serait trop facile d'accuser les médias belges d'avoir « plombé » François ou les médias français d'avoir voulu « sauver » Léon XIV.

    Les journalistes avaient, dans les deux cas, de bonnes raisons de traiter la question des abus. Elle concerne des victimes réelles, des responsabilités institutionnelles et une crise majeure pour l'Église.

    Mais les médias ne racontent pas dans le vide. Ils travaillent à partir des événements, des déclarations et surtout des images que ceux-ci produisent.

    Or les deux voyages n'ont pas fourni le même matériau.

    En Belgique, les controverses se sont succédé et se sont mutuellement renforcées.

    En France, les controverses ont coexisté avec des scènes de mobilisation massive qui ont proposé un autre récit.

    La différence relève donc moins d'une intention médiatique différente que d'une différence de dramaturgie.

    Deux questions différentes pour une même Église

    Au fond, les deux voyages ont posé une même question : que peut encore dire l'Église catholique à une société profondément sécularisée ?

    Mais les images dominantes ont conduit à mettre l'accent sur deux interrogations différentes.

    En Belgique :

    Que fait l'Église pour répondre aux blessures de son passé ?

    En France :

    Pourquoi, malgré son affaiblissement, l'Église est-elle encore capable de rassembler autant de jeunes ?

    Ces deux questions ne s'excluent évidemment pas. Elles décrivent deux dimensions d'une même réalité.

    C'est pourquoi il serait excessif de parler d'une « victoire » de Léon XIV sur les médias ou d'une « défaite » de François provoquée par les médias.

    Les deux voyages ont été traversés par les mêmes grandes questions : abus, sécularisation, place de la religion dans la société et avenir du christianisme. Mais les événements n'ont pas produit les mêmes images et les images n'ont pas produit le même récit.

    En Belgique, les controverses ont largement dominé les images de la visite.

    En France, les images de la mobilisation catholique ont réussi à leur faire concurrence.

    Une même parole, une réception différente

    C'est peut-être là le véritable enseignement de la comparaison.

    François et Léon XIV n'ont pas nécessairement défendu des positions radicalement différentes sur les grandes questions éthiques et anthropologiques. Mais ils ont parlé dans des contextes différents et devant des Églises qui n'ont pas présenté le même visage au même moment.

    En Belgique, le passé a largement pesé sur le présent.

    En France, le présent a davantage permis de parler de l'avenir.

    Le contraste entre les deux voyages ne s'explique donc pas principalement par la présence ou l'absence des abus, mais par la place qu'ils ont occupée dans le récit global de chaque visite.

    François a rencontré en Belgique une Église dont les blessures ont largement déterminé la perception de son passage. Léon XIV a rencontré en France une Église capable de montrer simultanément ses blessures et ses forces vives.

    Et c'est probablement cette coexistence qui a fait la différence.

    Une Église qui ne montre que ses blessures appelle naturellement les questions sur son passé. Une Église qui montre aussi sa jeunesse, sa prière et sa capacité à transmettre oblige à poser une autre question : quel avenir peut encore avoir le christianisme ?

    C'est cette seconde question que le voyage de Léon XIV a davantage réussi à imposer dans l'espace public.

    Au fond, un même message peut être reçu très différemment lorsqu'il est porté par une communauté qui donne publiquement le sentiment d'être vivante.

    (avec l'IA)