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Belgique

  • Le pape Léon XIV a accepté la démission de Mgr Jean-Pierre Delville de son poste d'évêque de Liège

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    Du service communication du diocèse de Liège :

    Le pape Léon XIV a accepté la démission de Mgr Jean-Pierre Delville de son poste d'évêque de Liège.

    Le Saint-Père, le pape Léon XIV, a informé Mgr Jean-Pierre Delville que sa démission de la charge d'évêque de Liège avait été acceptée, mais qu'elle ne prendrait effet qu'après la nomination de son successeur. Il l'a remercié pour ses services rendus à l'Église.

    Dans l’intervalle, le Pape a chargé le Nonce apostolique en Belgique, Son Excellence Monseigneur Franco Coppola, de mener une consultation publique concernant la nomination du successeur. Toute personne souhaitant exprimer son avis à ce sujet peut le faire en contactant le Nonce (*).

    La durée de ce processus peut varier, mais il faudra au moins plusieurs mois avant la nomination du 93e évêque de Liège. Dans l'intervalle, Mgr Delville demeure évêque de droit et exerce pleinement sa mission de pasteur du diocèse.

    Prions à la veille de la Pentecôte pour que le Saint-Esprit éclaire notre Église locale dans ce processus de consultation et guide les pas de notre futur évêque. 

    (*) Nonciature apostolique, Avenue des Franciscains 9, 1150 Uccle na.belux@diplomat.va

  • Un catholicisme en déconstruction

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    De Paul Vaute sur Le Passé belge :

    Un catholicisme en déconstruction

    Sa minorisation dans notre société a conduit de nombre d’organismes et de personnalités à s’engager dans la voie du pluralisme ou à chercher des ajustements avec les idéologies dominantes, quitte à se distancier du magistère ecclésial. Mais il y eut aussi, même si elles peinaient à se faire entendre, des voix pour prôner la résistance (1945-)

       D’un rapport d’activités publié en 2023 par l’Eglise de Belgique, il ressort que la moitié de nos compatriotes se déclarent catholiques [1]. Dans les années 1970, selon l’European Value Study, ils représentaient pas loin de trois quarts de la population (72 %). Le même rapport estime à près de 9 % la proportion des Belges qui se rendent au moins une fois par mois à une célébration religieuse. Les sociologues Liliane Voyé et Karel Dobbelare en avaient dénombré moins de la moitié en 2012: seulement 4 % [2].

       Paradoxalement, cette bérézina n’affecte pas ou très peu les principales composantes du pilier catholique – syndicale, mutualiste, scolaire, universitaire… Les chiffres ne peuvent toutefois masquer que le rapport de ces structures à la foi fait l’objet d’interrogations et qu’un pluralisme de fait s’est imposé en leur sein. Même parmi bon nombre de fidèles pratiquants, la prise de distance à l’égard des enseignements du magistère ecclésial, surtout quand ils vont à rebours des idéologies dominantes, a été établie par maintes enquêtes d’opinion. On a pu forger à leur propos le concept de « catholaïques » . C’est principalement à l’étude de ces transformations du paysage religieux que s’est consacrée Cécile Vanderpelen-Diagre, professeur d’histoire contemporaine à l’Université libre de Bruxelles [3].

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  • Message du vicaire général du diocèse de Gap-Embrun à l’occasion de la messe de départ de Monseigneur André Léonard

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    Messe de départ de Monseigneur André Léonard

    Message du père Jean-Michel Bardet, vicaire général du diocèse de Gap-Embrun, à l’occasion de la messe de départ de Monseigneur André Léonard, évêque émérite de Namur et archevêque émérite de Malines Bruxelles – Savines-le-Lac – Samedi 16 mai 2026.

    Monseigneur,
    En 2015, lorsque vous répondiez positivement à l’invitation de l’évêque de Gap d’alors – Mgr Jean-Michel di Falco Leandri – de venir résider dans le département des Hautes Alpes, vous aspiriez sans doute à un temps de retraite paisible, et mérité.

    C’était peu vous connaitre que de penser que pour vous la retraite consisterait à profiter du soleil et de l’air sec des Alpes du Sud. De fait, durant plus de 10 ans, votre présence parmi nous aura été l’occasion de manifester votre âme de Pasteur auprès des pèlerins de Notre Dame du Laus, des paroissiens du Savinois, et sans doute bien d’autres personnes.

    En effet, au sanctuaire tout d’abord vous avez participé au ministère des Chapelains avec zèle et passion pour le Christ, au service de la Grâce du Laus où la tendresse de Marie se fait proche. Les prêtres du diocèse se souviennent sans aucun doute de la retraite que vous leurs aviez prêchée ; et les pèlerins auront pu savourer au long de ces années votre très beau charisme de prédicateur.

    Puis vous avez accepté de partager votre temps en prenant pied au bord du lac, à Savines, pour apporter votre soutien à la Pastorale de ce secteur paroissial. D’archevêque, vous deveniez « vicaire paroissial », ce que vous aimiez souligner avec humour et humilité, ajoutant votre prénom à ceux de trois autres confrères, les pères André Bernardi et André Foy. (Je me demande parfois pourquoi nous n’avons pas donné comme St Patron à la nouvelle paroisse du savinois : St André !)

    A 80 ans, vous avez – comme l’on dit à la capitainerie – « réduit la voilure », en vous recentrant sur ce ministère paroissial, et sans aucun doute sur vos lectures érudites des ouvrages de votre bibliothèque, apportant aux paroissiens votre connaissance des Mystères de la Foi, et les renforçant dans leur vie spirituelle. (Je parle volontiers à cet instant en tant que curé de Briançon : merci encore pour la récollection que vous nous aviez prêché en introduction à la Semaine Sainte, et merci pour ces temps de partages simples et heureux avec les confrères au presbytère à cette occasion)

    Comme pour tout un chacun, il y a habituellement deux temps de retraite : le premier est actif – autant que nos forces physiques nous le permettent ; le second est plus contemplatif, et c’est sans doute cette nouvelle période qui s’ouvre aujourd’hui pour vous, avec ce retour vers votre Belgique natale.

    Avant d’entrer dans l’Eucharistie, je voulais très simplement, au nom des fidèles du Diocèse de Gap-Embrun et de notre Evêque, vous remercier pour la place que vous avez tenue parmi nous avec générosité et passion. Que le Seigneur puisse toujours vous soutenir, ainsi que Veerle votre soutien fidèle et précieux, dans cette profonde confiance en la présence du Seigneur « tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».

    Père Jean-Michel Bardet, vicaire général

  • Saint Servais, évêque de Tongres (13 mai)

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    De Joseph Grandjean sur un site consacré à l'histoire de la principauté de Liège :

    Saint Servais

    Après la mort de St Materne, évêque de Cologne, vers 328, son diocèse fut démembré en plusieurs autres dont ceux de Cologne, Tongres et Cambrai. En érigeant le nouveau diocèse de Tongres, on lui donna pour limite la circonscription civile de la cité et c’est vers 344 que St Servais occupa pour la première fois son siège. Des documents authentiques nous révèlent en lui un homme de premier plan, un pasteur qui ne se contentait pas de régir son troupeau, mais se préoccupait des intérêts de l’Eglise universelle, il fut un défenseur acharné de la vraie doctrine. C’est dans les controverses ariennes que St Servais se distingua car il y  joua un rôle essentiel.

    Rappelons que le Concile de Nicée, de 325, qui définissait la divinité de la seconde personne de la Trinité, condamna formellement les théories d’Arius. Mais les Eusébiens, appelés ainsi du nom du principal évêque arianisant, Eusèbe de Nicomédie, arrachent à l’empereur  Constantin le rappel d’Arius, exilé, et la proscription du champion de l’orthodoxie nicéenne, Athanase, évêque d’Alexandrie. C’est notamment  lors de son exil qu’Athanase fit à Trèves, un séjour resté célèbre.

    Après la mort de Constantin, en 337, son empire est divisé entre ses trois fils Constantin II, Constance et Constant. Constantin II est assassiné rapidement ; Constant, partisan de l’orthodoxie défendue au concile de Nicée devient empereur d’Occident, tandis que Constance, fervent de la doctrine d’Arius, est nommé empereur d’Orient.

    En 339, au synode d’Antioche, les évêques orientaux déposent Athanase. Mécontent, Constant, réclame à son frère Constance, la réunion d’un nouveau concile des deux Eglises afin de confirmer les conclusions de Nicée.  Ce concile eut lieu à Sardique (Sofia), en 343 et, malgré l’opposition des Eusébiens, le symbole de Nicée y fut confirmé et Athanase y fut absous et rétabli sur son siège. St Servais, évêque de Tongres, assista à ce concile en compagnie de Maximin de Trèves et d’Euphrate de Cologne. Il figure également sur la liste des 282 évêques favorables à la cause d’Athanase.

    Après le concile de SardiqueVincent de Capoue et Euphrate de Cologne sont chargés par l’empereur Constant de se rendre chez son frère afin d’obtenir de lui la fin de la persécution contre les catholiques en Orient. Ils réussirent dans leur mission, cependant Euphrate, après son retour, est accusé lui-même d’arianisme et déposé par le concile de Cologne, en 346. A cette assemblée, St Servais aurait déclaré, avec d’autres évêques, qu’Euphrate n’était plus digne de l’épiscopat.

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  • A propos du Miracle eucharistique de Bruxelles; une page définitivement tournée ? Lettre ouverte co-signée par plus de 100 chrétiens

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    A propos du Miracle eucharistique de Bruxelles.

    Une page définitivement tournée ?

    Lettre ouverte co-signée par plus de 100 chrétiens

     

    Au surlendemain d’une cérémonie troublante

    Elle était attendue par les uns, redoutée par les autres. Les conclusions tirées de la conférence (loin d’être impartiale) ont confirmé les inquiétudes de nombreux fidèles. Les autorités diocésaines ont choisi de remettre en question non seulement une dévotion portée durant cinq siècles par des générations de croyants, avec les fruits spirituels abondants qu’elle a suscités, mais aussi la reconnaissance d’un miracle accordée par une succession ininterrompue de décrets pontificaux et épiscopaux.

    Tout s’est terminé dans une étreinte émue entre le grand Rabin Guigui, Mgr Terlinden et Mgr Jean Kockerols, évêque référendaire pour le judaïsme.

    Vraiment terminé ?

    Le communiqué pastoral demeure en effet hésitant dans sa formulation. Il y est question de ne plus « promouvoir » ni la mémoire ni le culte lié à ce qui est désormais qualifié de « prétendu miracle ». Plus loin, le texte évoque le fait de ne plus « favoriser de démonstration publique ». Sur le blog de l’abbé, il est question « ne plus encourager, et même de ne plus permettre aucune dévotion publique à ce soi-disant "miracle du Saint-Sacrement ». Dans les faits, beaucoup comprennent qu’il est désormais interdit de parler de ce qui est devenu une « légende - car, définitivement, c'en est une ! - du miracle eucharistique », poursuit-il.

    Le conférencier a défendu l’idée que les événements rapportés relevaient d’une hallucination collective : quand on veut voir ce qu’on veut voir on finit par le voir.

    La raison invoquée par les détracteurs du miracle est l’impossibilité qu’il y aurait de parler de ce miracle eucharistique sans risquer d’alimenter des formes de discrimination ou d’hostilité antisémite.

     Pour de nombreux fidèles attachés à cette mémoire, telle n’a pourtant jamais été la signification de cette dévotion. Ce qui importe à leurs yeux n’est pas l’identité des profanateurs, mais l’appel spirituel contenu dans la contemplation du Christ que nous avons crucifié, comme dit saint Paul. Ils y voient une invitation à reconnaître leurs propres péchés, à accueillir la miséricorde de Dieu dont le Sang est le signe, pour eux-mêmes et le monde entier. À leurs yeux, cette dévotion est d’abord une démarche de foi et d’amour, non d’hostilité envers quiconque.

    Comme l’écrivait en 1980 Mgr Raffaello Martinelli, alors officiel de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « même si personne n’est obligé d’y croire, le chrétien sera respectueux à l’égard du miracle eucharistique dont l’authenticité a été reconnue par l’Église ».

    C’est, au fond, tout ce que demandent la centaine de signataires de la lettre ouverte ci-dessous ainsi que la signataire du recours canonique introduit auprès de Mgr Luc Terlinden, dont vous pourrez lire le contenu en substance ci-après.

    1. Lettre ouverte co-signée par une centaine de chrétiens, profondément blessés par la cérémonie du 22 avril 2026 à la cathédrale des Saint-Michel et Gudule à Bruxelles

    « Nous souhaitons exprimer, avec gravité et respect, le trouble profond ressenti par de nombreux chrétiens, mais aussi par d’autres citoyens, à la suite de la cérémonie organisée le 22 avril à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule.

    Ce malaise s’inscrit dans un contexte plus large, où beaucoup sont déjà éprouvés par les persécutions anti-chrétiennes observées aujourd’hui dans diverses régions du monde. Dans ce climat, la cérémonie a été perçue non comme un geste d’apaisement, mais comme une source supplémentaire de blessure.

    Une première interrogation concerne la réitération d’une demande de pardon à l’égard du peuple juif déjà formulée par le cardinal Suenens lors d’une cérémonie qui eut lieu le 17 novembre 1977 à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule avec leurs autorités en Belgique. Dans la foi catholique, un péché confessé et pardonné n’appelle pas à être publiquement répété sans motif nouveau clairement établi. Dès lors, pourquoi cette répétition aujourd’hui ? Beaucoup y ont vu une démarche unilatérale, ne tenant pas compte des blessures que des chrétiens peuvent également ressentir, notamment au regard de faits contemporains d’hostilité envers leur foi. Cette asymétrie est difficilement comprise et suscite une attente légitime d’explication, voire de réparation.

    D’autres motifs de trouble tiennent au choix du conférencier le père jésuite, Robert Godding, directeur des Bollandistes et ami du doyen Benoit Lobet. Il reconnait ouvertement ne pas croire aux miracles eucharistiques de Bruxelles. Pas davantage aux autres en fait. « Je crois qu’aucune hostie n’a jamais saigné » dit-il (Cathobel 23-04-26). Dans ces conditions, la conférence ne pouvait qu’être orientée, tendant à convaincre l’auditoire, en grande partie juif, qu’il s’agissait d’une construction à caractère antisémite.

    Plus largement, la conférence a donné le sentiment d’un discours à sens unique, insistant sur les souffrances du peuple juif, réelles et incontestables, mais sans contextualiser les faits.

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  • Vincent Dujardin publie un livre évènement sur le règne du Roi Baudouin

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    Du site de l'UOPC :

    Nous aurons le plaisir de recevoir l’historien belge Vincent Dujardin pour son livre événement : « Baudouin. Un roi face aux crises de son temps » :

    Grâce à l’accès exceptionnel aux archives du roi Baudouin jusque-là inédites, à ses carnets personnels, à de nombreuses autres archives et à des témoignages de première main (entourage familial dont la reine Fabiola, anciens (Premiers) ministres, chefs de cabinet du roi, Jacques Delors, Benoît XVI,…), cet ouvrage de référence livre de nombreuses révélations et lève des zones d’ombre, depuis son enfance, marquée par la guerre et la souffrance, jusqu’aux circonstances exactes de son décès brutal.

    Pourquoi les conclusions de l’affaire Lumumba doivent-elles être fondamentalement revues? Quels liens entretenait le roi avec les dirigeants de son temps, tels de Gaulle, Habyarimana, Franco, Mobutu, Sadate, Gorbatchev, Bush, Elizabeth II, Juan Carlos, le Shah d’Iran, le président chinois, l’empereur du Japon, Mitterrand, ou Jean-Paul II ?

    Quelle influence a exercé son père, Léopold III, ou sa belle-mère, la princesse Lilian sur le jeune roi ? Comment a-t-il rencontré la reine Fabiola ? Comment a-t-il vécu les semaines qui ont précédé sa décision de ne pas sanctionner la loi sur l’avortemen t? Comment a-t-il pesé dans le dénouement de la « grève du siècle » de 1960 ou dans les débats institutionnels belges ?

    Qui était l’homme auquel des centaines de milliers de Belges ont rendu hommage avant ses funérailles grandioses rassemblant des dirigeants venus du monde entier ? Fruit d’une enquête menée durant 20 ans à travers la Belgique, l’Europe (France, Royaume-Uni, Espagne, …) ou les États-Unis, cet ouvrage propose une immersion au cœur des secrets d’un règne d’exception.

    De son côté, l'abbé Michel de Sivry (FSSPX) s'interroge sur l'héroïcité des vertus du Roi.

  • La communauté des jésuites de Liège bientôt fermée

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    Après Mons, Charleroi, Verviers..., c'est à présent la communauté jésuite de Liège qui va fermer ses portes. Cette page qui se tourne ne devrait pas laisser indifférents tous ceux qui ont été formés par les "bons pères" au Collège Saint-Servais. C'est sans doute une fatalité à laquelle on a du mal à se résigner mais la réalité est là avec des vocations qui se raréfient et des effectifs qui vieillissent... On ne peut pourtant que déplorer l'extinction de ces communautés dont l'enseignement a produit tant de fruits chez de nombreuses générations d'élèves mais qui ont aussi participé à la vie intellectuelle et culturelle des cités où elles étaient établies. Faut-il considérer que leur disparition est aussi un des fruits du "nouveau printemps de l'Eglise" ?

    De Vincent Delcorps sur cathobel :

    Les jésuites s’apprêtent à fermer une nouvelle communauté en Belgique…

    Les communautés jésuites belges francophones appartiennent à la Province d'Europe Occidentale Francophone (EOF). Le provincial, le Belge Thierry Dobbelstein, a pris la décision de fermer la communauté de Liège. "Mais la tradition pédagogique jésuite continue", insiste-t-on.

    Le 13 juin prochain sera une date importante pour la Compagnie de Jésus: ce jour-là, un temps d'action de grâce se tiendra pour rendre hommage aux jésuites qui, au fil des siècles, ont assuré une présence dans la ville de Liège. Dans la foulée, la communauté de Liège sera fermée.

    Une présence séculaire

    C'est loin dans le passé qu'il faut se plonger pour trouver trace des premiers jésuites dans la Cité ardente. "Pierre Canisius [religieux néerlandais, l'un des premiers membres de la Compagnie de Jésus, ndlr] y résida un certain temps et un collège fonctionnait en 1582"relit André Moreau, actuel supérieur de la communauté. "En 1616, les jésuites anglais en exil y fondèrent le 'Collège des Anglais'. Saint Servais, premier évêque de la principauté de Liège, fut choisi comme patron d’un collège que les jésuites reprirent en 1838. En 1892, fut créé le collège Saint-Louis, avec une église riche en fresques de saints jésuites."

    Au fil des siècles, et jusqu'à aujourd'hui, la mission des jésuites dans la ville s'est particulièrement exprimée dans trois types d'engagement : l'éducation (en particulier à travers l'Institut Gramme et le Centre scolaire Saint-Benoît-Saint-Servais), la mission spirituelle et l'engagement social.

    Un temps d'action de grâce

    Le 13 juin, l'invitation est large: élèves, anciens élèves, membres du corps enseignant, habitués de l’espace Loyola et fidèles de la chapelle Saint-Joseph... Tous sont invités à rendre grâce. A 18h, une messe d'action de grâce se tiendra en l'église Saint-Christophe. S'ensuivra une séance académique ("L’éducation jésuite d’hier à demain – Plus de 450 ans d’histoire à Liège") au 104 de la Rue Saint-Gilles.

    Si les jésuites s'apprêtent à quitter Liège, "la tradition pédagogique jésuite continue", insiste-t-on dans les rangs de la Province EOF.

    Encore six communautés

    La fermeture de la communauté jésuite de Liège intervient cinq ans après la fermeture de la communauté jésuite de Charleroi. Les jésuites restent toutefois encore bien implantés en Belgique francophone. Ils seront ainsi encore présents à Bruxelles (Saint-Michel, La Viale et La Colombière), Namur (Communauté Notre-Dame de la Paix), Wépion (La Pairelle), et Louvain-la-Neuve.

  • Pénalisation de l’avortement avant 1990 en Belgique : s'oriente-t-on vers la reconnaissance d’un « préjudice » ?

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    5 mai 2026

    Pénalisation de l’avortement avant 1990 en Belgique : vers la reconnaissance d’un « préjudice » ?

    Le Parlement fédéral belge examine actuellement une proposition de résolution « visant à reconnaître le préjudice subi par les personnes condamnées sur le fondement des dispositions pénales incriminant l'avortement avant sa dépénalisation partielle » en 1990. Déposée par plusieurs députés socialistes et présentée comme l’amorce d’une démarche de reconnaissance historique, cette initiative invite toutefois à un examen attentif de ses fondements, de ses présupposés et de ses implications, tant pour la compréhension du passé que pour les débats actuels.

    L’exposé des motifs de la proposition de résolution – qui n’a pas la valeur contraignante d’une loi – repose sur l’idée que l’avortement constituerait un « droit fondamental », relevant essentiellement de la santé publique. Or, cette approche, si elle reflète une vision sociétale défendue par d’aucuns (rappelons que l’avortement n’est pas aujourd’hui reconnu comme droit fondamental en droit belge ou européen), tend à simplifier une réalité bien plus complexe. L’avortement n’est pas un acte médical comme un autre : il consiste à mettre fin à une vie humaine en devenir. À ce titre, il engage inévitablement des dimensions éthiques, anthropologiques et sociales qui ne peuvent être évacuées au profit d’une lecture exclusivement centrée sur l’autonomie individuelle. 

    Une lecture partielle des condamnations passées 

    La proposition entend reconnaître les condamnations passées comme des atteintes « à la protection de la santé des femmes, à l’autonomie sexuelle et reproductive, à l’égalité entre les femmes et les hommes, aux droits des femmes et au droit au respect de la vie privée » (pt. 1.1). Toutefois, cette lecture apparaît partielle, dans la mesure où elle ne prend pas en compte les objectifs poursuivis à l’époque par le législateur, parmi lesquels figurait déjà la volonté de protéger la vie prénatale. Autrement dit, les normes juridiques d’hier ne relevaient pas simplement d’une logique d’oppression, mais d’une tentative d’arbitrer entre des intérêts en tension. 

    En outre, le texte ne distingue pas suffisamment les situations très différentes des personnes concernées : d’une part, les femmes ayant eu recours à l’avortement, dont la sanction apparaît aujourd’hui difficilement justifiable ; d’autre part, les personnes ayant pratiqué ces avortements, dont la responsabilité et les motivations pouvaient varier. Il convient notamment de rappeler que certaines pratiques ont pu s’inscrire dans des logiques d’exploitation, certaines personnes tirant un profit économique de la vulnérabilité des femmes. 

    C’est précisément cette complexité que la proposition de résolution tend à simplifier. En reconnaissant un préjudice exclusivement du côté des femmes et des praticiens condamnés, elle instaure une forme d’asymétrie morale : la souffrance liée aux poursuites judiciaires est reconnue, mais la réalité de la vie supprimée n’est jamais évoquée. Une telle omission n’est pas anodine. Elle contribue à réduire le débat à une seule dimension, alors que toute réflexion sur l’avortement implique nécessairement au moins deux réalités humaines en présence. 

    Par ailleurs, la démarche soulève une question délicate : peut-on juger le passé uniquement à l’aune des valeurs actuelles ? La proposition semble procéder à une relecture normative de l’histoire, considérant implicitement que les lois anciennes étaient injustes en elles-mêmes. Or, les sociétés ont longtemps accordé une valeur à la vie embryonnaire et fœtale – et ce débat demeure aujourd’hui encore ouvert. Une reconnaissance institutionnelle unilatérale risque ainsi de figer une interprétation particulière de cette question, au détriment du pluralisme éthique indispensable face à ce type d’enjeux. 

    Un texte aux implications pour les débats contemporains 

    Au-delà du regard porté sur le passé, le texte cherche aussi à influencer les débats contemporains sur l’encadrement législatif de la pratique de l’avortement. En assimilant toute restriction de l’avortement à un « préjudice », il tend à présenter cette pratique comme un droit incontestable, dont les limites seraient par nature injustes. À cet égard, le choix même du terme « préjudice » n’est pas neutre : en France, dans le texte de loi adopté sur le même sujet le 29 décembre 2025, le législateur a préféré reconnaître une « souffrance » sans retenir la notion de préjudice, afin de ne pas ouvrir la voie à une logique d’indemnisation financière. 

    Par ailleurs, la réalité vécue par de nombreuses femmes aujourd’hui demeure nuancée. L’avortement est souvent traversé par des pressions – sociales, économiques ou relationnelles – souvent diffuses et peut laisser des traces durables. Le réduire à l’exercice d’un droit risque d’invisibiliser ces expériences et de freiner les politiques de prévention et d’accompagnement. 

    Pour une approche plus globale et préventive 

    Reconnaître les souffrances du passé suppose de le faire avec prudence et discernement. Une telle démarche ne peut faire l’économie d’une prise en compte équilibrée des différentes dimensions en jeu. Plutôt que d’opposer les intérêts, il est possible de promouvoir une approche plus globale : soutenir les femmes confrontées à des grossesses difficiles, développer des alternatives concrètes à l’avortement, et réaffirmer que toute vie humaine mérite attention et protection. 

    En définitive, la véritable question n’est peut-être pas seulement de savoir comment juger le passé à travers une démarche d’amnistie, mais comment mieux accompagner le présent. Une société attentive à la fois aux femmes et à la vie naissante ne se contente pas de porter des jugements symboliques : elle s’efforce surtout de prévenir les situations de détresse, en offrant des réponses humaines, solidaires et responsables. 

    La commission Justice du Parlement fédéral examinera ce texte dans les prochaines semaines, à travers notamment la tenue d’auditions. 

  • Qui pour succéder à Monseigneur Jean-Pierre Delville comme évêque de Liège ? (corrigé et mis à jour)

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    À l’heure actuelle (début mai 2026), aucun successeur n’a encore été nommé pour Mgr Jean-Pierre Delville comme évêque de Liège.

    Mgr Delville, né le 29 avril 1951, a fêté ses 75 ans le 29 avril 2026 et a remis sa lettre de renonciation au pape Léon XIV, comme le prévoit le droit canonique (canon 401 §1). Il reste toutefois en fonction jusqu’à la nomination de son successeur. Quand le nom de son successeur sera publié, Mgr Delville deviendra administrateur apostolique jusqu'à l'ordination et l"installation de son successeur.

    Le processus de nomination

    La procédure est standard :

    • Le nonce apostolique en Belgique, Mgr Franco Coppola, mène de larges consultations auprès des prêtres, des laïcs, du conseil épiscopal et d’autres instances du diocèse.
    • Il transmet ensuite une terna (liste de trois noms) à Rome.
    • Le pape Léon XIV choisit librement parmi ces noms (ou parfois en dehors).

    Ce processus peut prendre plusieurs mois, souvent entre 6 et 18-24 mois selon les diocèses belges récents. Mgr Delville lui-même estimait en mars 2026 que cela pourrait durer « probablement une petite année ».

    Quels profils possibles ?

    Aucune spéculation concrète ou nom n’est avancé publiquement dans la presse pour le moment. Les médias soulignent qu’il est « trop tôt » pour des pronostics fiables.

    Mgr Delville a exprimé un souhait personnel : il espère un évêque « liégeois » ou ayant un fort ancrage local, avec de bonnes « connexions avec la société liégeoise ». Il estime important que l’évêque connaisse bien le terrain et les réalités locales. Cependant, il reconnaît que le pape peut très bien choisir un profil différent : plus jeune, avec une expérience missionnaire marquée, ou même venant d’un autre diocèse, comme on l’a vu récemment à Namur et Tournai.

    Son épiscopat est souvent qualifié de « progressiste » (place importante donnée aux laïcs et aux femmes dans les instances diocésaines, communication ouverte, gestion des défis structurels et financiers, etc.). Son successeur pourrait donc être choisi pour poursuivre ou rééquilibrer cette ligne, selon les priorités du pape Léon XIV pour la Belgique. Signalons toutefois qu'à plusieurs reprises, Mgr Delville a célébré la messe selon le rite tridentin lors de la Fête-Dieu en l'église du Saint-Sacrement où ses prédications ont à chaque fois été très appréciées (voir ICI, ICI, ICI, ICI ...). On l'a également écouté avec beaucoup d'intérêt lors d'une conférence sur le christianisme médiéval. En effet, Mgr Delville est aussi un brillant historien (il est docteur en histoire) et même un excellent organiste.

    En résumé

    • Pas de nom connu à ce jour (1er mai 2026).
    • Le diocèse continue de fonctionner normalement sous la responsabilité de Mgr Delville.
    • La nomination dépendra des consultations du nonce et de la décision finale du pape.
  • Flandre : une nouvelle vocation pour 6 églises sur 10; moins de 3 % envisagent encore un avenir exclusivement religieux

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    De Veerle Deblauwe sur VRT News :

    Nouvelle vocation pour 6 églises sur 10, moins de 3 % restent exclusivement religieuses

     
    À Roulers, la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V) a présenté une analyse des projets d'avenir pour les églises. Un cinquième des églises paroissiales flamandes ont été reconverties ces dernières années. Moins de 3 % des églises envisagent encore un avenir exclusivement religieux. Pour six églises sur dix, une reconversion ou une utilisation secondaire est à l'étude.

    25 avril 2026

    La ministre a présenté son analyse samedi matin en l'église Saint-Joseph de Roulers, elle-même un exemple de reconversion. Désacralisée en 2014, l'église abrite désormais un cabinet d'architectes et s'ouvre également à d'autres activités. Par exemple, un Repair Café y est installé ce week-end, où chacun peut faire réparer ses appareils électroménagers défectueux.

    En 2025, toutes les municipalités, les conseils paroissiaux et les diocèses flamands ont été tenus d'élaborer conjointement un plan de politique ecclésiastique. La Plateforme pour l'avenir des paroisses a analysé les 1 527 propositions soumises.

    On compte environ 1 600 églises paroissiales en Flandre, soit en moyenne 5 à 6 par commune, contre 1 786 en 2013. Depuis cette date, 377 églises (21 %) ont déjà connu une transformation significative de leur vocation : 206 ont été reconverties et 171 ont été entièrement désacralisées. Dans 80 % des églises où se déroulent encore des offices, d’autres activités sont désormais proposées.

    Sept églises sont envisagées pour une démolition partielle et deux pour une démolition totale. À Maasmechelen, par exemple, des options de reconversion sont à l'étude pour la démolition complète de l'église « Vaagd der Armenkerk van Mariaheide ». L'église « Heilig Sacramentkerk » de Berchem sera quant à elle entièrement démolie pour laisser place, à partir de 2027, à un nouveau projet de logements sociaux mené par le promoteur immobilier « Woonhaven Antwerpen ».

    La destination secondaire est une destination favorite

    L’analyse des plans de politique ecclésiastique des communes et villes flamandes révèle que les administrations actuelles envisagent de reconvertir ou de réaffecter 6 églises sur 10. « Je ne cache pas ma préférence pour la reconversion. En Flandre, nous constatons un besoin croissant de lieux où les gens peuvent se recueillir », déclare la ministre Crevits.

    Elle attend avec intérêt de voir comment les municipalités concrétiseront leurs projets pour les églises locales dans les années à venir. « Les églises rassemblent les gens, et il est important que cela reste le cas. Une reconversion ou une utilisation alternative ne doit pas rompre avec le passé. »

  • Banneux Notre-Dame, 1er mai 2026 : Marche pour les Vocations

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    2026_04_26_14_04_34_Greenshot.pngBanneux Notre-Dame, le 1er mai 2026

    Sanctuaire de la Vierge des pauvres

    Organisé par l'Église de Belgique pour les jeunes, les consacrés, les communautés et les familles.

    Pour qui ? Pourquoi ?

    La Marche pour les Vocations est un temps fort pour tous ceux qui se posent la question de l’appel de Dieu sur leur vie et pour tous ceux qui sont heureux d’y avoir répondu. C’est un moment pour rendre grâce, marcher ensemble, prier, écouter, discerner et se laisser toucher par la présence de Dieu.

    Infos pratiques

    • 10 h 30 ▸ Accueil
    • Marche de 10 km
    • Pause pique-nique
    • Possibilité d’adoration au sanctuaire 
    • 16 h ▸ Messe pour les vocations avec Monseigneur Terlinden

    S’inscrire à la marche

    Covoiturage

    Arriver à Banneux en bus (avec le diocèse de Tournai
  • «Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé»

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    Les décisions politiques actuelles autorisant l'ouverture des grandes surfaces et des commerces sept jours sur sept suscitent des questions. Nous reproduisons une tribune de Charles Beigbeder parue sur le Figaro, le 29 août 2014 :

    Charles Beigbeder : «Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé»

    Charles Beigbeder rappelle que le dimanche est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels.

    Charles Beigbeder est entrepreneur, investisseur et chef d'entreprise. Il est également conseiller municipal dans le VIIIème arrondissement de Paris.


    Face à l'égarement conjoint d'une « droite bobo » et d'une gauche libérale, oublieuses de nos racines et promptes à remettre en cause les fondements de notre société, il est urgent de rappeler un certain nombre de vérités.

    D'abord, le repos dominical est conforme à la nature profonde de l'homme qui n'est pas uniquement un consommateur (80kg de matière, comme aimait à dire Marx) mais avant tout un être spirituel et charnel, doué d'intelligence et de volonté, capable de sentiments et d'affections et dont l'horizon dépasse, quelque soient les croyances de chacun, le cadre matériel de la vie en société. «Toute l'histoire de l'humanité est l'histoire du besoin d'aimer et d'être aimé» résumait dans une formule percutante le pape Jean-Paul II, dans son discours prononcé au Bourget, le 1er juin 1980. «L'homme ne se nourrit pas seulement de pain» précise de son côté l'Évangile (Lc, IV, 4). Le repos dominical vient donc nous rappeler que c'est l'économie qui est au service de l'homme et non l'inverse. Le jour chômé (seul ou en famille) est à lui seul la justification du travail effectué au cours des six autres jours de la semaine. S'il venait à disparaître, ce serait la finalité même du travail qui serait en cause. Car le travail existe pour l'homme et non l'homme pour le travail. Le jour chômé vient nous le rappeler. Prétendre le contraire reviendrait à inverser les finalités de la vie humaine et à dévoyer le travail en nouvel esclavage des temps modernes. Pour noble et épanouissement qu'il soit, le travail reste un moyen ; il ne constitue jamais une fin en soi. Y a-t-il derrière cette idolâtrie du travail une vision protestante de la société, qu'a si bien analysée Max Weber dans son ouvrage L'éthique protestante ou l'esprit du capitalisme?

    Qui peut croire une seule seconde que le salarié puisse disposer de sa pleine liberté pour refuser le travail dominical s'il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte ?

    Ensuite, le repos dominical est une conquête des Chrétiens pour faire prévaloir la liberté religieuse et permettre la célébration de la messe dominicale. Institué par l'empereur Constantin en 321, il mit du temps à pénétrer les mœurs mais sous l'impulsion de l'Église, il s'incorpora tellement à l'organisation de notre société que la Convention ne put l'abolir lorsqu'elle institua le calendrier révolutionnaire et le culte décadaire (les decadi étant censés remplacer les dimanches). On n'efface pas d'un trait de plume plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. C'est donc tout naturellement que le calendrier grégorien fut progressivement réintroduit sous l'Empire et que la Restauration rétablit le repos dominical en 1814. En 1879, la IIIème République laïciste tentera une seconde fois d'abroger le repos dominical, dans un souci manifeste d'effacer toute référence chrétienne dans l'organisation de la société. Peine perdue, moins de 30 ans plus tard, en 1906, le repos dominical était à nouveau sanctuarisé sous l'effet conjugué des députés catholiques et des militants socialistes. Revenir sur cette disposition aujourd'hui porterait donc une atteinte grave à la liberté religieuse des Chrétiens qui n'auraient plus la faculté de pratiquer librement leur culte. On avance certes l'objection d'une libéralisation sur la base du volontariat des salariés, de sorte que personne ne soit contraint de travailler contre son gré le dimanche. Mais qui peut croire une seule seconde que le salarié puisse disposer de sa pleine liberté pour refuser le travail dominical s'il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte?

    Troisième vérité, le repos dominical est un équilibre tiré de l'histoire, un héritage culturel de notre civilisation chrétienne, qui permet, au-delà des convictions personnelles de chacun, le maintien de notre cohésion sociale. En effet, l'objection classique à l'argumentation tirée de la nécessité de garantir la liberté religieuse de chacun, consiste à avancer que dans une société laïque, marquée par la diversité des croyances, le repos dominical est une discrimination qui ne profiterait qu'aux seuls Chrétiens, alors que les citoyens de confession juive ne peuvent opter pour le samedi, ni les Musulmans pour le vendredi, ou les non-croyants pour le jour de leur choix. Et de proposer un système à la carte, où chacun pourrait choisir son jour chômé en fonctions de ses convictions religieuses ou de ses convenances personnelles. Mais comment ne pas voir qu'une telle réforme sonnerait le glas de notre cohésion sociale et effriterait la société en une multitude de communautarismes toujours plus revendicatifs qu'ils s'estiment minoritaires et bafoués? Il est bon et indispensable qu'une société respire à l'unisson: non l'unisson des croyances où chacun dispose de sa pleine liberté, mais la communion des rythmes, principale garantie de l'harmonie sociale. Ainsi, au-delà des convictions religieuses de chacun, le dimanche est en France le jour choisi pour faire respirer la société et respecter la nature spirituelle de l'homme, parce la France est un pays de tradition chrétienne, marqué dans son histoire, comme dans son patrimoine et ses mentalités par plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. Il est juste et bon qu'un employeur permette à ses salariés, dans la mesure des adaptations possibles, de s'absenter ponctuellement pour pratiquer le culte de leur choix (par exemple en se rendant à la Mosquée le vendredi midi). De même pour le culte juif, où la question ne se pose quasiment pas en pratique, puisque le samedi, héritage du secteur bancaire confirmé par les accords de Matignon en 1936, est chômé pour beaucoup de salariés. Mais, au-delà des convictions religieuses de chacun, il est fondamental que le dimanche reste sanctuarisé en France, il en va de notre histoire, de notre cohésion sociale, de notre culture et de notre civilisation. Derrière la volonté de remettre en cause le repos dominical, n'y a-t-il pas de la part d'une certaine élite mondialisée une indifférence voire un rejet de nos racines?

    Dans une société traversée par l'individualisme, la consommation à outrance et la perte des repères, le repos dominical est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels et ouvre l'homme à sa dimension spirituelle et contemplative.

    Enfin, quatrième vérité, l'abandon du repos dominical n'aurait aucune incidence positive sur le niveau de croissance de notre économie. Cet argument, brandi tant par le personnel politique boboïsé que par le MEDEF, est doublement fallacieux: il oublie d'abord que pour le salarié, l'augmentation du temps de travail peut souvent conduire à son étalement dans le temps sans création de richesse supplémentaire, et que pour le consommateur, l'ouverture des magasins le dimanche lui permet d'étaler ses achats dans le temps, sans augmentation notable de la consommation, qui est d'abord limitée par le faible pouvoir d'achat des Français. De plus, j'entends souvent les promoteurs du sabordage dominical invoquer une liberté supplémentaire pour le consommateur, mais ils oublient de rappeler que derrière celui qui peut librement faire ses courses le dimanche, il y a un ou plusieurs salariés qui n'ont peut-être pas choisi de leur plein gré d'effectuer une journée de travail supplémentaire au détriment de leur vie familiale. Si dérogations il doit y avoir, ce ne doit être qu'au cas par cas, en fonction d'une nécessité impérieuse des citoyens et non pour la satisfaction de leurs caprices. Beaucoup de dérogations existent d'ailleurs déjà et il serait dangereux de vouloir traiter un micro-problème par une législation de portée générale.

    Dans une société traversée par l'individualisme, la consommation à outrance et la perte des repères, le repos dominical est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels et ouvre l'homme à sa dimension spirituelle et contemplative. Il est aussi un frein à la fragilité narcissique de ceux qui trouvent dans les activités multiples et la frénésie de loisirs un lieu de compensation illusoire à leur vide intérieur. «L'appétit effréné de vie, qui ne donne aujourd'hui aucune paix aux hommes, finit dans le vide d'une vie perdue» affirmait le pape émérite Benoît XVI en 2007. Sans cette boussole du repos dominical, on donnerait raison à Bernanos qui prophétisait à juste titre que «la civilisation moderne […] est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure».