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Belgique

  • Manifestations à Liège : Mgr Delville condamne les violences et refuse de stigmatiser la jeunesse

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    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    DIOCÈSE DE LIÈGE · BISTUM LÜTTICH

    LIÈGE, LE VENDREDI 9 OCTOBRE 2026

    Manifestations à Liège : Mgr Delville condamne les violences et refuse de stigmatiser la jeunesse

    Alors que Liège connaît depuis plusieurs jours des manifestations de jeunes marquées, en marge des cortèges, par des violences et des dégradations, Mgr Jean-Pierre Delville prend la parole.L’évêque de Liège, également référendaire pour l’enseignement catholique en Belgique francophone et germanophone (il suit ce domaine pour l’ensemble des évêques de Belgique), condamne fermement la violence et refuse que toute une jeunesse en porte le poids. Il salue les gestes de solidarité, exprime sa proximité aux enseignants et appelle chacun à devenir artisan de paix.

    MESSAGE DE MGR JEAN-PIERRE DELVILLE

    Appel au calme, au dialogue et à l’espérance

    Évêque de Liège & Évêque référendaire pour l’enseignementcatholique en Belgique francophone et germanophone

    Les événements qui secouent Liège depuis plusieurs jours me touchent profondément, comme évêque de Liège, mais aussi comme évêque référendaire pour l’enseignement catholique en Belgique francophone et germanophone.

    Je le dis avec fermeté : rien ne justifie la violence, les dégradations, les pillages ni les atteintes aux personnes. Voir notre ville abîmée, des vitrines brisées, du mobilier urbain détruit et des personnes blessées me remplit de tristesse. Le bien public est notre bien à tous ; il appartient à chacun d’en prendre soin. Mais je refuse que les actes d’une minorité jettent la suspicion sur toute une jeunesse. Ceux qui, masqués, cassent, incendient ou pillent ne représentent pas cette jeunesse qui exprime ses inquiétudes et dont l’immense majorité souhaite être entendue pacifiquement.

    Je salue celles et ceux dont on parle moins. Des jeunes et des adultes ont tenté de raisonner les casseurs ou aidé des commerçants à rentrer leur terrasse et à mettre leur matériel à l’abri. Je pense notamment au chanoine Pierre Hannosset, bien connu également pour les messes télévisées. Alors que les événements se déroulaient devant notre cathédrale, il est allé à la rencontre des jeunes pour les écouter et comprendre les raisons de leur mobilisation. Il a même pu échanger calmement avec certains de ceux qui participaient aux dégradations, montrant que le dialogue reste possible, même dans les moments de tension. Incommodé par les gaz lacrymogènes, il a lui-même reçu l’aide de jeunes qui lui ont proposé des gouttes pour les yeux et se sont inquiétés de son état. Au milieu de la confusion et de la violence, ces gestes d’écoute, de courage et de solidarité disent, eux aussi, quelque chose de notre jeunesse et de notre ville.

    J’entends l’inquiétude de nombreux jeunes face au coût et aux conditions de leurs études, et face à leur avenir. Leur parole est une chance pour notre vie démocratique. Ces préoccupations méritent d’être entendues et prises au sérieux. C’est par une écoute mutuelle et une concertation sincère entre les différents acteurs concernés que pourront se construire des réponses durables. L’entendre est nécessaire ; l’entendre n’est jamais excuser la violence. J’exprime ma proximité et ma reconnaissance aux enseignants, aux éducateurs et aux directions d’école. Ils vivent une rentrée particulièrement éprouvante et affrontent des situations hors du commun. Je sais combien certains d’entre eux sont aujourd’hui éprouvés, parfois jusqu’à l’épuisement. Ils demeurent, pour tant de jeunes, des repères essentiels.

    Je porte dans ma prière toutes celles et ceux que cette situation touche, de près ou de loin : les jeunes et leurs familles, les enseignants et les directions, les commerçants, les personnes blessées, les policiers, les pompiers, les secouristes, les responsables politiques et tous les habitants qui vivent ces jours dans l’inquiétude. Je tiens également à remercier toutes celles et ceux qui, dans des circonstances particulièrement difficiles, se mobilisent pour protéger les personnes, porter secours et préserver notre sécurité commune.

    Ces événements nous interrogent aussi personnellement. L’effet de groupe peut nous pousser à poser des gestes que nous n’aurions jamais imaginé accomplir seuls. Et lorsque la violence éclate, demandons-nous quel est notre premier réflexe : filmer pour diffuser des images spectaculaires, ou nous soucier de ceux qui ont besoin d’aide ? Une vidéo partagée peut jeter de l’huile sur le feu ; une main tendue peut aider à l’éteindre. Même au cœur d’une foule, chacun demeure libre et responsable de ses actes, et appelé à agir en conscience.

    Aux jeunes, je veux dire : ne vous laissez pas entraîner dans une violence qui vous dépasse et qui finit par détruire ce que vous voulez défendre. Votre parole compte. Vos inquiétudes doivent pouvoir être entendues. La vraie force, c’est de rester maître de soi, d’aller vers l’autre et d’oser le dialogue. Aux parents et à tous ceux qui accompagnent les jeunes : restez proches d’eux, écoutez-les, parlez avec eux de ce qu’ils traversent.

    Il y a deux semaines à peine, au Stade de France, quelque 80 000 jeunes rassemblés autour du pape Léon XIV témoignaient que, dans un monde qui n’est pas simple, la joie et l’espérance restent possibles. Le pape leur disait : « Notre combat n’est pas un combat contre les autres, il n’utilise pas les armes de la violence, du mépris ou de l’oppression. Notre seule arme est celle de l’amour qui se donne. » Ces mots valent pour chacun de nous, croyant ou non : ayons tous le courage de baisser les armes de la violence pour mieux élever les voix qui osent entrer en dialogue.

    Je forme le vœu que Liège choisisse la rencontre plutôt que l’affrontement, l’écoute plutôt que le mépris, la confiance plutôt que la peur.« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. » (Évangile selon saint Matthieu 5, 9)

    Puissions-nous tous, là où grandissent la colère et la haine, devenir des artisans de paix, de dialogue et d’espérance.

    + Jean-Pierre Delville

    Évêque de Liège

  • « Comment les universités belges se sont laissé gagner par l’idéologie progressiste » (Alain Destexhe)

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    D'Alain Destexhe sur le Figaro Vox (2/10) via le site "Pour une école libre au Québec" :

    « Comment les universités belges se sont laissé gagner par l’idéologie progressiste »

    Entre la récitation du Coran devant les professeurs de la Katholieke Universiteit Leuven et les mesures prises par l’université de Gand contre un de ses chercheurs, les universités cèdent à l’idéologie progressiste, au détriment de la liberté académique, estime le sénateur honoraire belge. Alain Destexhe est médecin, ex-secrétaire général de MSF, sénateur honoraire belge, et fondateur du parti belge Libéraux Démocrates. Dernier livre paru Mayotte : comment l’immigration détruit une société (Éditions Texquis, 2025).

    Les universités belges sont de plus en plus contaminées par l’idéologie progressiste. Le 16 septembre, à l’occasion de la rentrée universitaire, le Coran a retenti [lors de la messe] dans l’église Saint-Pierre de Louvain devant les professeurs de la Katholieke Universiteit Leuven (KUL), la plus ancienne université catholique au monde, fondée en 1425. Cette scène illustre  une étrange maladie de l’Occident  : considérer son propre héritage comme un problème – un péché ? – dont il faudrait sans cesse s’excuser, tandis que l’affirmation d’autres identités serait une vertu. Le principe de l’inclusion désormais brandi par la KUL, la meilleure du pays, aboutit ainsi à l’effacement de son caractère catholique. À force de vouloir embrasser toutes les identités, elle n’assume plus la sienne.

    Quelques semaines plus tôt, l’Université de Gand (UGent) s’était trouvée au cœur d’une autre polémique, tout aussi révélatrice, celle de la liberté académique. Elle accueillait comme postdoctorant le chercheur américain Nathan Cofnas, celui qui avait accusé de plagiat  Jason Arday, le plus jeune professeur noir de l’histoire de Cambridge, icône des médias britanniques. D’autres révélations montrèrent que son parcours officiel relevait de la mythomanie. Le scandale prit une ampleur nationale. Arday démissionna de Cambridge, puis se suicida. Cofnas fut alors accusé d’être responsable de sa mort, notamment lors d’une manifestation à Trafalgar Square, où son nom fut jeté en pâture à la foule, comme dans les «Deux Minutes de la Haine» de 1984.

    L’UGent, qui aurait dû protéger son chercheur, le suspendit en raison aussi de ses travaux antérieurs portant sur l’hérédité, des thèses controversées, mais jamais vraiment réfutées. Après des pressions du monde entier pour défendre sa liberté de chercheur – jusqu’à l’intervention de l’ambassadeur américain – la suspension fut levée, mais il demeure soumis à des mesures restrictives absurdes comme l’interdiction de se rendre sur le campus et d’enseigner ! Son contrat ne sera vraisemblablement pas renouvelé. Au lieu d’être félicité, Nathan Cofnas fut diabolisé. Il a pourtant rendu service à Cambridge et à l’ensemble du monde universitaire en démontrant l’aberration  des politiques de DEI  (Diversité, Équité, Inclusion) qui avaient promu Jason Arday en raison de sa couleur de peau au détriment d’autres plus qualifiés.

    Les décisions de l’UGent ont été prises par Petra De Sutter, rectrice depuis 2025, personne  transgenre, ancienne sénatrice, puis vice-première ministre Groen (écologiste), militante de longue date des droits LGBT, qui n’avait quasiment plus rien publié depuis dix ans. Qu’une université prestigieuse – deuxième belge et 98e mondiale au classement de Shanghai – ait choisi un profil politique militant minoritaire pour la diriger, dans une Flandre politiquement ancrée à droite, montre l’écart entre l’institution et la société dont elle est issue.

    L’Université libre de Bruxelles (ULB) a, elle, depuis longtemps renoncé au libre examen, son principe fondateur. Elle s’est complètement discréditée en choisissant  Rima Hassan  [d'origine palestienne, c'est une politicienne de gauche, députée au Parlement européen] comme marraine de la promotion de droit 2025. Enfin, récemment à Liège, un professeur réputé et médiatique, Damien Ernst, a été violemment entarté en plein cours par le Vrai Comité (Populaire) d’Éthique de l’ULiège (sic). Au-delà de l’accusation de fascisme pour sa collaboration scientifique avec Thales dans le domaine de la défense, l’action, largement relayée, visait à menacer tout professeur qui se risquerait à sortir de la doxa imposée par les étudiants gauchistes.

    Depuis  le 7 octobre 2023, toutes les universités belges ont vu se succéder occupations de bâtiments et campagnes de boycott d’Israël. Les étudiants y ont imposé une grille de lecture unique du conflit israélo-palestinien, peu contestée par les autorités universitaires. Le pogrom du 7 octobre et le rôle du Hamas sont devenus secondaires. Israël, et souvent les Juifs, sont devenus des sujets collectifs de culpabilité. En avril 2026, trois universités flamandes (Anvers, Gand et la Vrije Universiteit Brussel) ont porté cette logique à son comble en décernant un doctorat honoris causa conjoint à Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU. Elles ont ainsi conféré une légitimité académique à une figure militante, malgré de nombreuses protestations. Gand honore Albanese, l’activiste propalestinienne, mais sanctionne Cofnas, le chercheur !

    Dans toutes les universités, le palestinisme s’inscrit dans la  convergence des luttes. Climat, LGBTQ, anticapitalisme, décolonialisme, boycott d’Israël voire antisémitisme font partie de la lutte antifasciste. Le discours militant mélange génocide, sionisme, énergies fossiles… comme s’il s’agissait d’une seule et même cause et dénonce des « systèmes d’oppression ». Petra De Sutter, militante transgenre et figure propalestinienne, véritable égérie médiatique, incarne cette fusion réussie au sommet de l’Université de Gand, comme un modèle à suivre en Occident. L’avenir de la jeunesse belge est entre de bonnes mains !

    [Si l'on regroupe l'ensemble du territoire belge, les projections et modèles sociologiques estiment que les jeunes de confession musulmane représentent environ 12 % à 15 % de la population totale des moins de 25 ans en Belgique.]

  • La COMECE exprime de vives inquiétudes face aux conclusions de l'avocat général de la Cour de l'UE concernant l'effacement des registres de baptême

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    Du site de la COMECE :

    Communiqué de presse

    La COMECE exprime de vives inquiétudes face aux conclusions de l'avocat général de la Cour de l'UE concernant l'effacement des registres de baptême

    Le lundi 5 octobre 2026, le Secrétariat de la Commission des Épiscopats de l'Union européenne (COMECE) a exprimé sa préoccupation quant aux premières indications émergeant de l'affaire C-12/25 de la Cour de justice de l'Union européenne, Bisdom Gent, relative à l'effacement de données à caractère personnel dans les registres de baptême, à la suite des conclusions présentées le 1er octobre.

    Les conclusions non contraignantes de l'avocat général de la Cour de l'UE considèrent les évaluations requises par cette affaire comme « complexes » et laissent place, à plusieurs égards, au rôle des juridictions nationales. L'avis évoque également la pertinence de l'autonomie de l'Église et de sa liberté de religion, ainsi que l'importance pour l'Église de la « bonne administration des sacrements ». Néanmoins, sans préjudice d'analyses ultérieures, plusieurs éléments exprimés dans cet avis soulèvent des inquiétudes et des interrogations.

    Les conclusions rejettent pour l'essentiel la solution consistant à ajouter dans l'acte de baptême une mention marginale reflétant la volonté de la personne concernée. L'avocat général s'éloigne ainsi du fait que — à travers divers systèmes juridiques et modèles de relations entre l'État et l'Église — une jurisprudence nationale constante au sein des États membres de l'Union européenne a admis cette pratique comme une solution juridique pleinement adéquate en cas de demande d'effacement concernant les registres de baptême.

    Effacer le prénom et le nom de la personne baptisée de l'acte de baptême prive entièrement l'enregistrement du baptême, en tant que tel, de sa signification, de sa valeur et de sa finalité. Cet aspect crucial semble avoir été négligé. Selon la COMECE, l'avis omet également d'analyser l'impact de l'effacement sur les droits et les intérêts des tiers. De surcroît, les considérations relatives à l'éventuelle détresse émotionnelle qui pourrait résulter de la conservation des données d'une personne dans un registre de baptême ne s'avèrent pas non plus convaincantes.

    La COMECE craint que, si elle était confirmée, l'orientation tracée par ces conclusions ne génère une insécurité juridique considérable pour les responsables ecclésiastiques du traitement des données dans l'ensemble des États membres de l'UE. Cette situation est d'autant plus grave qu'une telle incertitude frapperait les registres de baptême, lesquels constituent un pilier central du fonctionnement et de l'organisation internes de l'Église, et s'avèrent indispensables à l'accomplissement de sa mission.

    Afin d'éviter toute mauvaise interprétation, il importe de souligner qu'aucun droit général ou automatique à l'effacement des données des registres de baptême n'est reconnu dans les conclusions. Lors de sa récente allocution à Metz, le pape Léon XIV, citant l'article 17 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), a rappelé que le principe de laïcité régissant la vie des États présuppose également le respect par les autorités nationales et européennes de l'autonomie des Églises et la promotion de leur liberté d'organisation, d'expression et de culte.

    La COMECE attend avec intérêt l'arrêt de la Cour de l'UE, attendu dans les prochains mois, et espère qu'il adoptera une ligne plus favorable quant à la protection des registres de baptême contre l'effacement. La Commission des affaires juridiques de la COMECE étudie actuellement ces conclusions en profondeur en vue d'une éventuelle prise de position sur le sujet.
     
  • Patients « fatigués de vivre », simplement âgés ou atteints d’un trouble psychiatrique : face à la détresse, la Belgique propose l’euthanasie comme seule « solution raisonnable »

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    De gènéthique.org :

    Patients « fatigués de vivre », simplement âgés ou atteints d’un trouble psychiatrique : face à la détresse, la Belgique propose l’euthanasie comme seule « solution raisonnable »

    6 octobre 2026

    En 2024 comme en 2025, cette Commission de « contrôle » n’a transmis aucun dossier à la justice. « Dans de rares cas, les déclarations ont été acceptées par la Commission bien que l’un ou l’autre point de procédure n’ait pas été suivi à la lettre, précise-t-elle, mais en s’assurant à chaque fois du respect absolu des conditions essentielles de la loi ». Dans ces situations, les médecins concernés ont « systématiquement » reçu une « lettre didactique », poursuit la Commission qui rappelle qu’elle avait « invité le législateur à ne pas prévoir de sanction pénale pour l’éventuel non-respect d’une condition de procédure ou de forme ».

    3,8% des décès en Belgique

    Sur les deux années analysées dans le rapport, la Commission recense 8478 « dossiers reçus », ce qui représente 3,8% des décès survenus en Belgique, soit une augmentation de 14,5% depuis l’année 2023.

    Même si la plupart des patients étaient âgés de plus de 70 ans au moment de leur euthanasie, 111 avaient moins de 40 ans et 2 étaient même mineurs (cf. Eva, 16 ans : une euthanasie et 5 organes prélevés).

    La part prise par les décès qui n’étaient « pas attendus à brève échéance »[1] est plus que significative : elle atteint 24,2% quand elle n’était que de 10% en 2010. Ces décès « augmentent en volume, principalement en lien avec des polypathologies[2] ».

    L’augmentation fulgurante des « polypathologies »

    En effet, bien que les cancers restent la première pathologie motivant une demande d’euthanasie (51,8% des cas), les polypathologies représentent 28,3% des euthanasies. Leur hausse est frappante : en passant de 1070 à 1327 entre 2024 et 2025, elles ont enregistré une croissance de 24% et représentent 57% des euthanasies pratiquées lorsque le décès n’est pas attendu à brève échéance (cf. Euthanasies en hausse, augmentation des « polypathologies » : la Commission de contrôle belge rend son rapport bisannuel).

    Or, comme le reconnait la Commission, « chez les patients qui ne décéderont pas à brève échéance », selon toute logique, les polypathologies incriminées ne mettent pas la vie du demandeur en danger. Il s’agissait « plus souvent d’affections évolutives généralement non vitales ». « La proportion élevée de patients présentant des maladies du système ostéoarticulaire et des muscles était remarquable, précise le rapport : 61% souffraient d’une polyarthrose douloureuse, accompagnée ou non d’ostéoporose, de fractures par tassement et de troubles de la marche. En outre, 35% présentaient des maladies neurologiques, souvent des séquelles de thromboses cérébrales. Des troubles visuels allant jusqu’à la cécité étaient présents chez 28%, des troubles auditifs allant jusqu’à la surdité totale chez 23%, et des syndromes démentiels chez 14% des patients. »

    Des patients « fatigués de vivre »

    « Les documents d’enregistrement font régulièrement état de fatigue de vivre », relève la Commission. « En pratique, il n’est pas toujours aisé de déterminer si la fatigue de vivre est primaire ou secondaire à l’affection dont souffre le patient et son influence sur la demande d’euthanasie du patient, reconnait-elle. On remarque qu’elle est fréquemment évoquée par des patients atteints de polypathologie, y compris lorsque celle-ci ne met pas directement leur vie en danger et que le décès n’est pas attendu à brève échéance. » Mais « ce n’est que si la fatigue de vivre trouve son origine dans la polypathologie que la demande d’euthanasie peut être évaluée favorablement ».

    Le rapport évoque l’exemple d’un dossier de patient. « Il s’agissait d’une personne octogénaire présentant une polypathologie grave et incurable. La situation médicale se caractérisait par une détérioration fonctionnelle marquée, avec notamment une altération de la motricité fine, une instabilité à la marche, des vertiges, une tendance aux chutes, des douleurs neuropathiques exprimées et une dépendance croissante aux soins. » En somme un ensemble de troubles fréquemment associés à la vieillesse requalifiée en « polypathologie grave et incurable ».

    « Dans ce contexte, la lassitude de vivre apparaissait également comme une composante centrale de sa souffrance, affirme le rapport. Celle-ci résultait d’un long processus de dégradation physique, de perte d’autonomie, de diminution de la qualité de vie et d’épuisement existentiel croissant, lequel persistait malgré un suivi psychiatrique et un traitement antidépresseur. » N’est-ce pas malheureusement la situation de nombreuses personnes âgées ?

    Pourtant le dossier fait état de la « conclusion » du patient : « l’euthanasie constituait « la seule manière d’échapper à sa déchéance progressive et incurable » ». Doublée de celle, sans appel, des médecins, qui estimaient sa souffrance comme « réfractaire et sans issue ». Face à un tel verdict, comment résister à l’« épuisement existentiel » ?

    Des patients psychiatriques souvent jeunes

    Le rapport recense encore 133 euthanasies pour « syndromes démentiels ». « Les euthanasies concernant des patients inconscients[3] ayant fait une déclaration anticipée restent exceptionnelles » (moins de 1%) et « ont même tendance à diminuer ». La Commission avance une explication probable : le champ d’application « très restrictif » de la déclaration anticipée (cf. Belgique : vers l’euthanasie de personnes conscientes mais « incapables de décider par et pour elles-mêmes » ?).

    Un nombre non négligeable d’euthanasies (129, 1,5% du total) a en outre été pratiqué en arguant d’affections psychiatriques : 45 pour dépressions sévères récidivantes ou encore 17 en raison d’un trouble de la personnalité (cf. « Ils m’ont montré que je pouvais servir à quelque chose » : Romain, 25 ans, renonce à l’euthanasie). Ce type d’euthanasie est en augmentation, il est passé de 55 en 2024 à 74 en 2025.

    « L’euthanasie chez les patients souffrant d’une affection psychiatrique reste un exercice d’équilibre délicat entre, d’une part, la difficile appréciation de la résistance thérapeutique et la question du caractère ou non épuisé des traitements pertinents et, d’autre part, l’importance de la souffrance du patient qui, malgré un traitement de longue durée, ne perçoit plus aucune perspective », estime la Commission (cf. Euthanasie pour trouble psychique : aux Pays-Bas et au Canada, des psychiatres sonnent l’alerte). Or pour cette catégorie de patients, la répartition par âge est sensiblement différente : « 29% des patients psychiatriques avaient moins de 40 ans et 10% moins de 25 ans ». Et, dans cette catégorie d’âge, « il s’agissait de troubles de l’humeur, de troubles névrotiques liés au stress, de troubles du comportement et de troubles du spectre de l’autisme » (cf. Autiste et suicidaire, un Belge de 26 ans demande l’euthanasie « surtout pour ses parents »). Donc sans lien avec une éventuelle situation de fin de vie.

    Toujours quelques « euthanasies en duo »

    Le rapport de la Commission d’évaluation dénombre par ailleurs 6 « euthanasies en duo » en 2024, et 7 en 2025. « Les médecins ne sont pas obligés de le signaler », précise l’instance. Aussi, ce nombre pourrait être sous-estimé. Mais pour la Commission de contrôle, « comme ces cas sont inférieurs à 10 par an, il n’est guère souhaitable d’entrer dans les détails » (cf. Euthanasie « en duo » : il met fin à ses jours, elle, « entourée », change d’avis).

    Face à l’avalanche des dossiers, la Commission appelle à « sortir d’un fonctionnement sous tension », tout en recommandant « d’améliorer la disponibilité des produits utilisés pour les euthanasies » et « d’en réduire le coût ».

    Car il ne saurait être question de remettre en cause cette pratique, présentée désormais comme une « option de fin de vie » au même titre que les . Et même quand le patient n’est pas en fin de vie.

    Lorsqu’elle détaille sa « mission », la Commission explique vérifier – qu’entre autres conditions – « le médecin et son patient partagent la conviction qu’il n’y a aucune autre solution raisonnable à sa situation ». Face à la souffrance, à la fragilité, l’abandon serait-il la seule « solution raisonnable » ?

    ___________________

    [1] Lorsque « le décès n’est pas attendu dans les semaines ou les mois qui viennent ». On notera le caractère flou de la définition. Il revient au médecin de décider de quelle catégorie relève son patient et d’adapter la procédure en fonction.

    [2] Selon le rapport de la Commission, il s’agit de l’« association de maladies évolutives et non améliorables, entraînant une perte d’autonomie croissante (parfois jusqu’à une défaillance d’organes) : certaines affections mettent la vie en danger, tandis que d’autres altèrent principalement la qualité de vie ».

    [3] « coma irréversible ou état végétatif persistant »

  • RCF en Belgique : l’Église baisse-t-elle le micro ?

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    RCF en Belgique : l’Église baisse-t-elle le micro ?

    Après la disparition de 1RCF Belgique, la fermeture annoncée de RCF Bruxelles et le désengagement financier du diocèse de Namur, le réseau RCF est confronté à une question qui dépasse largement le destin de quelques stations de radio : l’Église catholique belge veut-elle encore parler au monde par ses propres médias ?

    Il y a quelque chose de paradoxal dans la situation actuelle. Au moment où l’Église déplore souvent sa difficulté à faire entendre sa voix dans une société saturée de messages, elle se retire progressivement de l’un des moyens les plus simples de cette présence : la radio.

    Le constat est désormais difficile à éluder. 1RCF Belgique a disparu. RCF Bruxelles cessera d’émettre en janvier 2027. RCF Sud Belgique sait déjà que le soutien financier du diocèse de Namur prendra fin en décembre 2027. RCF Liège continue, mais dans un environnement où le soutien institutionnel aux radios chrétiennes n’est plus une évidence.

    Ce n’est donc plus une succession de décisions isolées. C’est un mouvement.

    Une radio nationale abandonnée

    Le destin de 1RCF Belgique est à cet égard emblématique. Le projet avait une ambition claire : donner à la Belgique francophone une voix chrétienne capable de dépasser les frontières diocésaines.

    Il n’aura finalement pas résisté aux contraintes financières et aux nouvelles priorités institutionnelles.

    Avec sa disparition, l’Église belge a perdu non seulement une radio, mais aussi une ambition médiatique nationale.

    Or une Église qui renonce à ses propres moyens de communication ne peut ensuite s’étonner de voir son message dépendre entièrement de médias qui ne partagent pas nécessairement ses catégories, ses priorités ou sa vision de l’homme.

    Bruxelles : trente ans qui s'achèvent

    Le cas de RCF Bruxelles est encore plus symbolique.

    Trente années d’existence et, bientôt, le silence.

    La capitale belge — et européenne — ne disposera bientôt plus de cette voix radiophonique chrétienne. Ce n’est pas un détail. Bruxelles est précisément l’un des lieux où les questions de société, de culture, de politique et de liberté religieuse se croisent quotidiennement.

    Et c’est là que le paradoxe devient presque cruel : l’Église perd une voix dans la capitale au moment même où elle aurait intérêt à en avoir davantage.

    Sud Belgique : la dernière chance ?

    RCF Sud Belgique offre cependant un autre scénario.

    Le diocèse de Namur ne supprime pas brutalement la radio. Il réduit progressivement son aide : 42 000 euros aujourd’hui, 21 000 euros en 2027, puis zéro à partir de la fin de 2027.

    La radio veut relever le défi et rechercher d’autres ressources.

    Cette stratégie pourrait fonctionner. Elle pourrait aussi annoncer une transformation profonde : une radio autrefois soutenue par l’institution ecclésiale devra désormais convaincre directement ses auditeurs de payer pour qu’elle continue d’exister.

    C’est à la fois une menace et une opportunité.

    Une menace, parce que les dons ne remplacent pas automatiquement un financement institutionnel.

    Une opportunité, parce qu’une radio qui dépend davantage de ses auditeurs peut aussi devenir plus autonome, plus enracinée dans son territoire et plus attentive aux attentes de son public.

    Et RCF Liège ?

    C’est évidemment la question qui se pose dans la région liégeoise.

    RCF Liège n’est pas condamnée. Elle continue à émettre et dispose d’un ancrage régional réel.

    Mais il serait imprudent de considérer sa situation comme définitivement acquise.

    Les exemples de Bruxelles et de Namur montrent que le paysage peut changer rapidement lorsque les diocèses redéfinissent leurs priorités.

    La question n’est donc pas seulement : RCF Liège est-elle aujourd’hui en bonne santé ?

    Elle est plutôt : le diocèse de Liège considère-t-il encore cette radio comme un instrument stratégique d’évangélisation et de présence chrétienne dans la société ?

    Car une radio chrétienne n’est pas simplement une entreprise médiatique parmi d’autres.

    Elle est un lieu où l’Église peut parler de Dieu, de la foi, de la culture, de la famille, de la vie, de la mort, de la politique, de la justice, de l’éducation ou de la société sans demander à un média extérieur la permission de choisir ses sujets et son angle.

    Le paradoxe de la « présence »

    Depuis quelques années, l’Église insiste à juste titre sur la nécessité de sortir de ses murs, d'aller à la rencontre des périphéries, de dialoguer avec la société et de rejoindre les hommes là où ils se trouvent.

    Mais la radio est précisément l'un de ces lieux.

    Elle entre dans les maisons, les voitures, les cuisines, les bureaux. Elle accompagne les personnes seules. Elle peut toucher des auditeurs qui ne franchiront jamais la porte d’une église.

    Alors pourquoi se retirer ?

    Bien sûr, il serait absurde de nier les difficultés économiques du secteur radiophonique. Le numérique bouleverse les habitudes, les audiences se fragmentent et les ressources financières sont rares.

    Mais c’est précisément dans une époque de concurrence médiatique que la question d’une voix chrétienne propre devrait être posée avec davantage de sérieux, et non avec moins.

    De la radio au numérique : attention au faux choix

    On objectera que l’avenir est numérique : podcasts, vidéos, réseaux sociaux, plateformes et médias en ligne.

    C’est vrai.

    Mais il serait dangereux d’opposer artificiellement la radio au numérique. Une radio moderne peut produire des podcasts, alimenter les réseaux sociaux, filmer ses émissions, créer des contenus vidéo et toucher ainsi plusieurs générations.

    Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir s’il faut choisir la radio ou Internet.

    Il est de savoir si l’Église veut encore investir dans des médias capables de porter une parole chrétienne identifiable.

    Le silence n’est jamais neutre

    La disparition progressive des radios RCF ne provoquera probablement aucun grand scandale. Pas de manchettes nationales. Pas de manifestations. Pas de crise institutionnelle.

    Une fréquence s’éteindra ici. Une autre là. Un studio fermera. Quelques émissions disparaîtront.

    Et puis le silence.

    Mais le silence médiatique n’est jamais complètement neutre. Quand une voix cesse de parler, d’autres voix occupent immédiatement l’espace qu’elle abandonne.

    C’est pourquoi la question posée par RCF dépasse largement la comptabilité de quelques stations.

    L’Église belge est-elle en train de se convaincre qu’elle n’a plus besoin de ses propres médias ?

    Si tel est le cas, il faut au moins avoir le courage de le dire clairement.

    Car une Église qui veut évangéliser sans médias, dans une société où les médias façonnent une part considérable de l’imaginaire collectif, risque de découvrir un jour une évidence assez simple : on ne peut pas vouloir être entendu tout en abandonnant progressivement les instruments qui permettent de parler.

    (avec l'IA)

  • Le RGPD s’applique aux registres de baptêmes

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    CJUE : Le RGPD s’applique aux registres de baptêmes catholiques; la décision vient de tomber. Qu'est-ce que cela implique ?

    Il s’agit des conclusions de l’avocate générale Laila Medina (affaire C-12/25, Bisdom Gent), présentées le 1er octobre 2026 devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Ce n’est pas encore un arrêt de la Cour (qui n’est pas liée par ces conclusions, même si elle les suit souvent), mais un avis juridique important qui clarifie l’application du RGPD aux registres de baptêmes.

    Contexte de l’affaire

    Un Belge baptisé enfant a demandé au diocèse de Gand (Bisdom Gent) d’effacer toute référence à sa personne dans les registres (physiques et numériques) en invoquant le RGPD, après avoir décidé de quitter l’Église catholique. Le diocèse a seulement barré ses données (tout en les laissant lisibles) et ajouté une mention de départ. L’Autorité belge de protection des données a ordonné un vrai effacement. Le diocèse a contesté, et la Cour d’appel de Bruxelles a posé des questions préjudicielles à la CJUE sur l’articulation entre le droit à l’effacement (art. 17 RGPD), le droit d’opposition (art. 21) et la liberté religieuse / autonomie des Églises.

    Points clés des conclusions de l’avocate générale

    1. Le RGPD s’applique bien
      Les registres de baptêmes constituent un « fichier » (ensemble structuré de données personnelles : nom, date/lieu de naissance, filiation, convictions religieuses, etc.). L’autonomie des Églises (art. 17 TFUE) ne les exempte pas du RGPD. Le traitement (conservation, consultation, etc.) doit donc respecter le règlement.
    2. Droit à l’effacement possible en principe
      Une personne baptisée mineure qui, devenue adulte, souhaite se dissocier de l’Église peut, en principe, demander l’effacement de ses données en s’opposant formellement au traitement.
      L’Église ne peut continuer le traitement que si elle démontre des motifs légitimes impérieux qui l’emportent sur les droits et libertés de la personne (vie privée, protection des données, liberté de pensée/conscience/religion).
      L’administration correcte des sacrements (le baptême ne se reçoit qu’une fois) peut constituer un tel motif, mais il faut vérifier la nécessité et faire une pondération concrète au cas par cas (raisons de la demande, impact émotionnel ou sur l’autodétermination de la personne, etc.). Ce n’est pas automatique.
    3. Conservation possible pour archives d’intérêt public ou recherche historique
      Même en l’absence de motifs impérieux, le traitement peut se poursuivre à ces fins (sous conditions de nécessité, de minimisation des données et de garanties appropriées). Le juge national doit vérifier si d’autres sources ou une anonymisation suffisent.
    4. Ce qui ne constitue pas un effacement
      Barrer le nom tout en le laissant lisible + ajouter une mention de départ ne suffit pas. Les données doivent être rendues illisibles au point que la personne ne soit plus identifiable (ou facilement identifiable). On peut conserver l’information anonyme qu’un baptême a eu lieu à telle date/lieu. Il n’est pas obligatoire d’arracher des pages du registre.

    Ce que cela implique concrètement

    • Pour les personnes baptisées : elles disposent d’un levier plus solide pour demander un vrai effacement (et non une simple mention en marge). Le juge national devra pondérer les intérêts dans chaque cas. Cela va dans un sens plus favorable aux demandes de « débaptisation » que la jurisprudence française antérieure (Conseil d’État, 2024), qui avait validé le refus d’effacement et l’apposition d’une mention comme suffisante pour le droit d’opposition.
    • Pour l’Église catholique (et d’autres confessions) : les registres ne sont plus « hors RGPD ». Elles devront justifier plus rigoureusement la conservation et adapter leurs pratiques (anonymisation partielle possible, mesures techniques pour rendre illisibles les données nominatives). L’autonomie religieuse est reconnue mais n’est pas absolue face aux droits individuels.
    • Portée européenne : l’arrêt final de la CJUE (attendu ultérieurement) s’imposera à tous les États membres. Il influencera aussi probablement d’autres contentieux (y compris ceux devant la Cour européenne des droits de l’homme).
    • Limites : ce n’est pas un droit absolu à l’effacement systématique. La pondération reste essentielle, et la conservation historique/archivistique est ménagée.

    En résumé, ces conclusions confirment que le RGPD s’applique pleinement aux registres de baptêmes et ouvrent la voie, en principe, à un droit à l’effacement réel après opposition, sous réserve d’une balance des intérêts par le juge national. La décision définitive de la Cour reste à venir.

    (avec l'IA)

  • Pakistan : la mémoire des capucins flamands

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    À Mariamabad, on rend hommage au père Frank Van Butsele, missionnaire capucin qui a donné sa vie pour l'Évangile

    1 octobre 2026

    OFM Cap Lahore

    Lahore (Agence Fides) – À l’approche de la fête de Saint François d’Assise, à l’occasion du huitième centenaire de sa mort (1226-2026), la communauté catholique du village de Mariamabad, dans le Pendjab pakistanais, se penche sur son histoire et confie une nouvelle fois à la Vierge Marie le chemin de la mission. Dans la « Cité de Marie », l’un des lieux les plus emblématiques de la présence catholique au Pakistan, le souvenir des missionnaires capucins belges reste vivant, notamment à travers la mémoire du père Frank Van Butsele, ce frère qui a consacré sa vie au peuple du Pendjab et qui a été assassiné dans l’église de Mariamabad en 1953, à l’âge de 40 ans seulement, à l’endroit même où il avait exercé son ministère.

    Mariamabad, qui abrite aujourd’hui le sanctuaire marial national du Pakistan, a vu le jour à la fin du XIXe siècle grâce à l’œuvre des capucins flamands. En 1892, l’Évêque capucin belge Emmanuel Van Den Bosch acquit environ 150 acres de terrain afin d’offrir un foyer et une chance de se prendre en main à des familles chrétiennes pauvres et victimes de discriminations. En janvier 1893, les trois premières familles chrétiennes s'y installèrent, accompagnées par les missionnaires franciscains, sur cette terre qui allait être baptisée « Maryabad », la « Cité de Marie ». Le père Félix van de Putte, arrivé en 1896, encouragea le développement agricole, social et religieux de la communauté et supervisa la construction de l’église Sainte-Marie-et-Saint-Joseph, consacrée en 1898.

    C'est dans cette longue histoire qu'intervient la figure du père Frank Van Butsele, né à Ronse, en Belgique, en 1913. Entré chez les Capucins en 1930 et ordonné prêtre en 1937, il consacra une quinzaine d'années à la mission sur le sous-continent indien. Il a travaillé à Amritsar (qui se trouvait alors en Inde), puis au Pakistan, tout juste né après la « partition ». Les sources historiques capucines le décrivent comme un homme de foi et de charité, profondément animé par la dévotion à la Vierge Marie, attaché à la population et à sa mission, engagé dans la catéchèse, la formation des catéchistes et la prise en charge des communautés. À Mariamabad (comme ce lieu sera rebaptisé par la suite), il prit la direction de la mission et s’employa à la pastorale, au développement et à la diffusion de la dévotion mariale, ainsi qu’à la promotion humaine et sociale des familles catholiques.

    Son nom est resté particulièrement lié à la naissance de la tradition du pèlerinage marial. En 1949, quelques années avant sa mort, le père Frank a contribué à transformer l’église de Mariamabad en un centre de dévotion mariale et à instaurer le pèlerinage annuel du 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge Marie. Cette intuition est devenue au fil du temps l'une des expressions les plus significatives de la foi catholique au Pakistan. Aujourd'hui encore, le sanctuaire attire chaque année des centaines de milliers de pèlerins et constitue également un lieu de rencontre, de dialogue et de prière entre chrétiens et musulmans (voir Fides 4/9/2026).

    Le père Frank est décédé le 2 novembre 1953, dans son église de Mariamabad. Il a été poignardé à mort par un homme, Diwan Masih (qu’il avait d’ailleurs aidé), dans un contexte de grande instabilité, six ans après la naissance du Pakistan, dans une région encore marquée par les profondes fractures laissées par la partition de 1947 entre l’Inde et le Pakistan, qui avait provoqué des migrations massives et des violences entre communautés religieuses. Il a été tué dans l’église, devant ses paroissiens, alors qu’il priait.

    Sa mort n’a pas interrompu, mais a au contraire renforcé l’histoire de la mission entamée par les franciscains. Le sacrifice du père Frank, tué alors qu’il était innocent, est entré dans la mémoire de la communauté comme faisant partie intégrante de l’histoire même de la mission : la présence des missionnaires européens est devenue une source pour la naissance de vocations locales à la prêtrise et à la vie consacrée, permettant ainsi la croissance de l’Église locale. La mission des Capucins s’est efforcée d’accompagner les personnes pauvres et marginalisées en annonçant l’Évangile, mais aussi en construisant des communautés, des écoles et des œuvres sociales, tout en promouvant la dignité de la personne.

    À Mariamabad, cet héritage se perpétue aujourd’hui devant la statue de la Vierge. Le sanctuaire, né de la mission des Capucins belges, est devenu un lieu où chrétiens et fidèles d’autres religions se retrouvent pour confier à Marie leurs préoccupations et leurs espoirs. En ce lieu, l’Église du Pakistan rend hommage au père Frank, qui repose dans le cimetière de Mariamabad, à la veille de la fête de Saint François : non seulement comme une figure du passé, mais comme un don du Seigneur dans une histoire missionnaire qui se poursuit encore aujourd’hui. La graine semée par ces missionnaires continue de porter ses fruits au sein de la communauté catholique pakistanaise.

    La mission d’aujourd’hui est confiée à Marie, à qui Mariamabad est consacrée depuis ses origines. Plus de soixante-dix ans après la mort du père Frank, la « Cité de Marie » continue de préserver la mémoire de ses missionnaires et, en même temps, de regarder vers l’avenir avec espoir et de bénir la vie des fidèles dans la « terre des purs ».

    (PA) (Agence Fides 1/10/2026)

  • 24 octobre, Fraternité de Tibériade à Lavaux-Sainte-Anne : « Audace et lucidité dans la rencontre avec les musulmans »

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    Samedi 24 octobre - 9h15 à 18h. 

    Fraternité de Tibériade à Lavaux-Sainte-Anne

    « Audace et lucidité dans la rencontre avec les musulmans. »

    Au programme :

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    1. La conférence du matin sera donnée par le Père Henri FAUTRAD. Depuis son séjour en Tunisie comme séminariste jusqu’à son ministère dans les cités du Mans, le Père Henry Fautrad n’a cessé d’aller à la rencontre des musulmans. Aujourd’hui encore, il nous invite à oser cette rencontre.

    2. Le repas et l’Auberge espagnole nous régalera et nous fera découvrir VOS talents culinaires !

    Dans l’après-midi, les animateurs de divers ateliers vous accueilleront dans une ambiance bon enfant, qui caractérise nos journées.

    3. Les ateliers qui vous sont proposés :

    1. « Entre Bible et Coran, c’est où le bonheur ? » échange avec le Père Fautrad. Inscription : ICI

    2. Apprendre à fabriquer son pain avec un frère de Tibériade. Inscription : ICI

    3. La perte du réel : Notre monde occidental montre de plus en plus de signes d'une incontestable « perte du réel » et d'une fuite en avant dans l'imaginaire narcissique et l'émotionnel brut. Atelier animé par Jacqueline Hertay. Inscription : ICI

    4. Bruno nous propose cet atelier mécanique réparation vélo, niveau débutant. Inscription : ICI

    5. L’art du vitrail et réalisation commune d’une mosaïque de verre, animé par Astrid de Borman. Inscription ICI

    6. Atelier presque zéro déchets avec Fabienne Marneffe : si on a envie de prendre soin de soi, sa famille et la planète, il y a  quelques solutions faites avec des produits naturels. Inscription ICI

    7. Surveillance et censure numérique en Europe : la dérive liberticide quelle solution ? Avec Erick et Frère Cyrille. Inscription ICI

    8. Entre les mains du potier : apprendre à tourner la terre se réalise en plusieurs étapes qui sont autant manuelles que spirituelles. La terre en giration nous apprend à nous recentrer et à mettre les mains dans l’argile. Inscription ICI

    La journée se terminera vers 17h ou plus tard (18h) si vous souhaitez participer à la messe avec les Frères.

    Nous espérons vous revoir lors de cette rencontre chaleureuse qui en plus, de par la qualité de l’orateur, s’annonce passionnante !

    Nicolas, Frère Cyrille, Carine

    P.S. Le livre du Père Fautrad ainsi que les produits de la Fraternité de Tibériade seront proposés à la vente.

    Possibilité de loger sur place, la nuit du vendredi au samedi ou/et du samedi au dimanche. Pour réserver le logement chez les frères (à Lavaux)   https://www.tiberiade.be/fr/contact  
  • Avortement dans la Constitution belge :  derrière le symbole, quels enjeux pour notre société ? (IEB)

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Avortement dans la Constitution belge : 

    derrière le symbole, quels enjeux pour notre société ?   

    En Belgique, plusieurs députés proposent d’inscrire un droit à l’avortement dans la Constitution. Le récent revirement aux Etats-Unis et la variété des législations en la matière en Europe les conduisent à affirmer que l’accès à cette pratique est aujourd’hui menacé. Quelles en seraient les conséquences juridiques et éthiques ?

    Une question essentielle nous interpelle : est-il possible de concilier un tel droit fondamental à l’avortement avec la responsabilité de l’État et de la société de protéger le droit à la vie de tout être humain ?

    Loin d’être une revendication symbolique, l’avortement est un enjeu de société qui appelle une vraie réponse d’humanité.

    NOTE DE DECRYPTAGE : FOCUS 

     

    Avortement - Constitution

    Lire la note de décryptage

    VIDEO : 

    Résumé des enjeux 

    Avortement dans la Constitution

    Je soutiens !

  • Semaine Rouge pour les chrétiens persécutés; Mgr Terlinden, appelle à y participer

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    D'Annelies Looverie sur Cathobel :

    Semaine Rouge pour les chrétiens persécutés

    Semaine Rouge pour les chrétiens persécutés

    Aide à l'Église en Détresse organise chaque année une « Semaine Rouge » en faveur des chrétiens persécutés. Cette année, elle a lieu du 15 au 22 novembre.

    Durant la semaine du 15 au 22 novembre 2026, comme chaque année, des centaines d’églises, de cathédrales, de monastères, de monuments et de bâtiments publics à travers le monde seront illuminés en rouge afin d’attirer l’attention sur les chrétiens persécutés ou opprimés pour leur foi.

    Le mercredi 18 novembre, « Red Wednesday », constitue le temps fort de cette semaine-là. Dans la vidéo ci-dessous, notre archevêque, Mgr Terlinden, appelle à y participer.

    Comment pouvez-vous participer ?

    Illuminez votre église ou votre bâtiment en rouge. L’année dernière, dans notre pays, la Basilique nationale de Koekelberg et le Parlement européen figuraient notamment parmi les bâtiments illuminés en rouge.

    Priez pour les chrétiens persécutés en organisant une veillée de prière ou une célébration eucharistique. Commandez des cartes de prière ou projetez un documentaire présentant des témoignages. Des conférences, des expositions et d’autres initiatives sont également possibles pendant la Red Week. L’année dernière, par exemple, le diocèse de Hasselt a organisé une grande campagne d'écriture de lettres : 1 500 cartes encourageantes et réconfortantes destinées à des chrétiens emprisonnés, notamment en Érythrée, à Téhéran et en Malaisie.

    Retrouvez toutes les informations : Red Week | Aide à l’Église en détresse

    Les initiatives prévues cette année sont déjà indiquées sur une carte synoptique

    Plus il y aura de points rouges, plus les chrétiens persécutés à travers le monde bénéficieront de soutien et d'attention !

  • A Bruxelles : des soins palliatifs à bout de souffle

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Bruxelles : des soins palliatifs à bout de souffle

    29 septembre 2026

    En région bruxelloise, « l’explosion du nombre de demandes de prise en charge, le sous-financement chronique des équipes de soins, les défaillances du système global de santé et la politique d’austérité budgétaire minent gravement le fonctionnement des associations » qui assurent des à domicile.

    Des besoins en forte croissance

    « Aujourd’hui, on parle de soins palliatifs précoces et intégrés. Précoces, parce qu’ils peuvent être entamés dès le diagnostic de la maladie incurable, et intégrés, parce qu’ils ne sont pas en opposition avec les soins curatifs, comme on l’entend parfois », explique Céline Van der Cam, directrice de la Palliative and Continuing Care Federation of Brussels.

    En outre, le suivi s’étend aux maladies chroniques auxquels s’ajoutent les patients gériatriques. « Bien qu’ils ne soient pas atteints d’une pathologie incurable, ils présentent de multiples fragilités et entrent désormais dans le champ des soins palliatifs », indique la directrice de la fédération.

    Des lits qui « coûtent cher » et « rapportent peu »

    A Bruxelles, pour l’ensemble du réseau hospitalier, seule une soixantaine de lits palliatifs est disponible. « Les lits de soins palliatifs coûtent très cher, davantage que les lits de soins aigus, en raison de la norme de personnel qui y est attachée : 1,5 équivalent temps plein par lit », précise Céline Van der Cam.

    « Or, s’ils coûtent cher, ces lits rapportent peu, car en fin de vie, les actes techniques qui génèrent des revenus pour l’hôpital ne sont plus pratiqués s’ils ne procurent pas de confort supplémentaire au patient », souligne-t-elle.

    « Faute de moyens suffisants, le nombre de patients qui n’ont pas pu être assistés a augmenté de 210% entre 2024 et 2025 »

    Ainsi, « faute de moyens suffisants, le nombre de patients qui n’ont pas pu être assistés a augmenté de 210% entre 2024 et 2025. Et la tendance s’amplifie malheureusement en 2026 », déplore la directrice. « Pour les équipes de soignants, c’est un crève-cœur, confie-t-elle. Leur travail consiste à accompagner les patients et leurs proches le mieux et le plus rapidement possible. Or, même en déployant une énergie folle, ils n’y arrivent plus. » La conséquence : « des patients sont mis de côté ».

    Céline Van der Cam interpelle : « Plutôt que comme une dépense, le financement des soins palliatifs à domicile devrait être vu par les pouvoirs publics avant tout comme un investissement, susceptible d’épargner beaucoup d’argent à la sécurité sociale, par exemple en limitant les hospitalisations sauvages ou les soins techniques qui ne sont plus nécessaires ». « Les soins palliatifs, c’est un véritable win-win, tant pour les soignants, qui peuvent travailler de manière plus sereine, que pour le patient et sa famille, qui sont pris en charge correctement et à temps, avec un vrai projet thérapeutique permettant d’éviter les situations d’urgence catastrophiques. »

    Source de la synthèse de presse : Paris Match, Frédéric Loore (27/09/2026)

  • Octobre, le mois du Rosaire!

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    La réflexion publiée ci-dessous constitue le texte de l’éditorial de la livraison d’octobre 2020 des feuillets mensuels de l’église du Saint-Sacrement à Liège proposés par l’Abbé Marc-Antoine Dor, Recteur de ce sanctuaire :

    « Pourquoi le Rosaire ? Cette forme de dévotion ne rencontre pas toujours l’approbation et il n’est pas rare, surtout chez les intellectuels, d’entendre dire qu’on a du mal à entrer dans cette prière.

    François Mauriac a très bien décrit cette difficulté : « Je n’ai jamais pu me plier au partage qu’elle exige : la bouche qui profère les Ave Maria par dizaines et l’esprit qui médite chacun des mystères joyeux, glorieux, douloureux : quinze en tout, un par dizaine, cinq par chapelet. Il n’y a rien là qui me choque, mais cette dissociation entre la parole et la pensée m’est interdite. Il faut que je sois engagé tout entier dans chaque mot que je prononce. Il n’est pas question pour moi, que la salutation de l’Ange à Marie occupe mes lèvres tandis que mes pensées s’attacheraient à l’une ou l’autre scène de l’Evangile. Mais comment obtenir de soi une attention exclusive à la même parole indéfiniment répétée ? Telles sont, exposées sans fard, les difficultés que je trouve, personnellement, à la dévotion du Rosaire. »[1]

    I - Un album de souvenirs commentés par la Vierge

    Une comparaison peut nous aider à résoudre ce problème bien posé, en nous montrant comment dans le rosaire la méditation des mystères de la vie du Christ et l’humble récitation des Ave forment un tout.

    Qui n’a jamais rendu visite à une vieille maman ou à une grand-mère chargée d’ans et vivant seule ? De quoi parle-t-elle ? De ceux qu’elle porte dans son cœur, en particulier de ses descendants. Une mère aime ses enfants, et elle en est fière. Elle garde en son cœur les souvenirs de leur enfance, de leur scolarité, de leurs jeux, de leurs joies et de leurs peines, de leurs maladies et de leurs succès, de leurs amis, etc. Si elle a eu le malheur de perdre un fils, s’il a été un héros de la guerre, elle aime parler de lui, montrer ses photographies, ses décorations et ses citations, raconter ses exploits. Elle vit dans ses souvenirs qui ne la quittent pas. Souvent son récit rend attachant celui dont elle parle. Au fur et à mesure qu’elle tourne les pages de l’album de famille, des détails, des anecdotes lui reviennent à l’esprit et elle nous en fait profiter. Grâce à une telle maman, à son cœur et à ses souvenirs, on entre dans l’intimité de sa famille, on y vit.

    Un album de souvenirs commenté par une maman : voici une image suggestive qui peut nous faire comprendre de l’intérieur ce qu’est la prière du rosaire. Les paroles récitées au cours des dizaines s’adressent surtout à la Sainte Vierge, la mère du Christ, mais tous les souvenirs, tous les mystères, concernent surtout son fils bien-aimé. C’est évidemment impossible, mais si elle avait eu un album photo, la Sainte Vierge ne nous aurait montré que les clichés de son fils : son fils attendu, né, grandissant, accomplissant des miracles, souffrant, ressuscité, etc. Il y aurait beaucoup de photographies ! C’est pourquoi l’Eglise a sélectionné pour nous les meilleures : ce sont les mystères du rosaire. Et, pour continuer de filer ma métaphore, le pape saint Jean-Paul II a eu la chance de retrouver un lot d’excellents clichés qui s’étaient égarés ou qui passaient inaperçus : ce sont les mystères lumineux de la vie publique de Jésus[2].

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