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Regard sur la création

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Regard sur la création

On le sait : la Terre existe depuis environ 4,5 milliards d’années. L’homme, quant à lui — Homo sapiens comme Néandertal — n’apparaît que depuis quelque 300 000 ans. Les dinosaures, eux, ont peuplé la planète pendant près de 170 millions d’années, jusqu’à ce qu’un astéroïde immense les fasse disparaître, il y a 66 millions d’années.

Pour mieux saisir cette échelle vertigineuse, compressons ces 4,5 milliards d’années en une seule année civile. Le calcul des scientifiques est clair. De janvier à août, la Terre n’est encore qu’une planète rocheuse, stérile, parcourue de volcans actifs et d’océans bouillants, constamment bombardée de météorites. Le 21 septembre apparaît la vie, sous des formes microscopiques et unicellulaires — bactéries et micro-organismes invisibles à l’œil nu. Début décembre surgissent les premières cellules complexes, puis les premiers organismes multicellulaires : algues, éponges, vers rudimentaires. Du 25 au 30 décembre — cinq jours à peine — règne le temps des dinosaures. Quant à l’homme, du plus primitif jusqu’à nous, il n’entre en scène que le 31 décembre à 23 h 35. La naissance de Jésus-Christ, elle, se situe cinq secondes avant minuit.

Face à ces données, qu’est-ce que l’homme ? Complètement insignifiant au regard de la durée de la Terre. Et pourtant, ne peut-on pas dire qu’à travers sa complexité et sa conscience, il dépasse de très loin tout ce qui a existé avant lui ? À travers l’être humain, la Terre entière sait enfin qu’elle existe. C’est cette conscience d’être qui faisait dire à Pascal : « Alors même que l’univers entier m’écraserait, je serais encore plus grand que lui, car lui n’en saurait rien, tandis que moi je le saurais. »

Et Dieu dans tout cela ? Pour ma part, j’estime que s’il n’y a pas, au point de départ, un Être éternel qui est l’existence, la vie, la conscience et la pensée, on ne peut plus expliquer l’apparition de ce qui a de l’existence, de la pensée et de la conscience d’être. S’il est aisé de croire qu’un menuisier peut fabriquer un meuble, il paraît absurde d’admettre qu’un meuble puisse fabriquer un menuisier, ou qu’un moteur puisse inventer un mécanicien. Depuis le big bang, toute la création semble aller du plus simple au plus complexe. Entre une amibe et Einstein, la différence n’est-elle pas considérable ? Une ligne directrice paraît bien se dessiner.

Pourtant, en ne regardant que l’univers et la Terre, il reste impossible de savoir si cette Intelligence infiniment supérieure possède ou non une moralité. Une chose est sûre : notre monde est ambivalent. En lui coexistent le pire et le meilleur. D’un côté, la beauté, l’harmonie, la bonté, la justice ; de l’autre, les cataclysmes naturels, la loi de l’extermination des faibles par les forts, les maladies, la mort, l’injustice. Dieu ou l’absence de Dieu semblent également possibles.

Dès lors, à quelle conclusion arriver ? Sans faire appel à une révélation venant de cet Être suprême, la voie paraît sans issue. Pour les chrétiens, la réponse est claire : c’est à travers Jésus-Christ que nous pouvons savoir que l’Auteur de l’univers est profondément bon, et que toutes les souffrances humaines et animales seront un jour réparées, transfigurées dans une autre dimension — le Royaume céleste où nous attendent tant d’êtres chers.

Finalement, entre le mystère et l’absurde, il faut choisir. Et il me semble que la balance penche nettement en faveur du mystère.

J-PS

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