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"Ouverture", "repentance" : en marche vers la Nouvelle Eglise Bergoglienne...

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De Maxime Davert sur le site de l'Homme Nouveau :

Vous avez dit « ouverture » et « repentance » ?
ou en marche vers la Nouvelle Eglise bergoglienne !

Vous avez dit « ouverture » et « repentance » ?  <br>ou en marche vers la Nouvelle Eglise bergoglienne !
Soeur Christine Danel, supérieure de la Xavière, a prononcé une méditation lors du grand rassemblement jésuite.

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous sentir étrangers dans notre Eglise catholique désormais qualifiée de « synodale », selon l’expression à la mode dernier cri inventée par ce qui reste des milieux progressistes. Cela fait dire à cette dame pieuse d’une paroisse romaine : « Mais, ils vont nous obliger à retourner dans les catacombes ! ». De fait, nous assistons, effarés, à l’émergence inexorable d’une pseudo-Eglise néo-moderniste qui, tel un chancre, ronge ce qui reste d‘un tissu ecclésial pourtant bien exsangue - du moins en Occident - pour mieux se substituer, le moment venu, à la vraie Eglise, une, sainte, catholique et apostolique, la dernière estocade étant au programme lors du prochain « synode sur la synodalité » ( !).

Progressivement, l’Eglise DE France se met au diapason d’un pontificat dont le double but avoué est de : 1. Montrer un « visage de l'Eglise qui accueille tout le monde ». D’où notamment l'éthique de situation, c’est-à-dire l’adaptation des lois morales intangibles aux cas individuels, ainsi que la repentance et la pénitence permanentes, symptôme d’une institution à bout de souffle et à la remorque du monde libéral apostat. 2. « Changer » l’Eglise en modifiant profondément ses modes de gouvernement et de décisions, d’où le «synode sur la synodalité» qui va durer deux années. 

En France, ces jours-ci, pour peu qu’on soit encore doté d’une raison… raisonnante et raisonnable (ou d’un certain bon sens), nous avons assisté médusés à une illustration de ces deux points sur un mode pour le moins stupéfiant.

- « Au large avec Ignace ! » (ou plutôt : « au large Ignace ! » ?) à Marseille : le rassemblement de la « famille jésuite » où étaient attendus 7000 membres, sympathisants et simple curieux, dont 2000 enfants… En réalité, le ban et l’arrière ban du progressisme intellectualiste de ce début du XXI siècle, qui reconnaissent en Bergoglio leur « grand timonier », s’étaient donné rendez-vous pour une démonstration de force « bobo ». Car, hormis quelques visiteurs « rigides » en clergyman noir ou gris qui s’étaient égarés entre les stands, toisés par les participants en tenue de ville plutôt élégants, la foule n’était pas celle des rassemblements des années de l’immédiat après-concile, aux tenues « popu », voire « crade » (surtout les prêtres) où trônaient les portraits marxistes à la Che Guevarra. Les bourgeois du genre Centre Sèvres arpentaient le salon avec une mine à la fois satisfaite d’une Eglise « en marche et en sortie » et faussement ouverte sur les périphéries… Point de « Père » jésuite à l’horizon dans ce vase clos de l’entre-soi intellectuel progressiste, du moins apparemment, ou si peu, ou plutôt, çà et là, quelques disciples de l’infortuné saint Ignace de Loyola à la tenue sélect, dont la veste était parfois ornée d’une croix si minuscule… La messe de la Toussaint fut « présidée » par Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille. Elle débuta par une litanie des saints de la famille ignatienne, occasion d’une farandole d’enfants et de jeunes autour du « président »... Les chants liturgiques puisèrent dans les « trésors » des différents mouvements ignatiens : Communauté de Vie Chrétienne (CVX), Communauté du Chemin Neuf, Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ)… L’Evangile fut chanté sur un air musical composé spécialement pour ce jour et invitant à une participation de l’assemblée, « dans une manière de s’approprier la Parole de Dieu ». L’homélie de Mgr Aveline, brève et sirupeuse, fut suivie d’une méditation (on évite encore le mot « homélie ») de Christine Danel, supérieure générale de la Xavière en tailleur rosâtre et cheveux à la Jeanne d’Arc, la consœur de celle qui, à Rome, fait la pluie et le beau temps au synode des évêques, l’ineffable et bavarde Nathalie Becquart. Ce fut un festival de réflexions d’un goût douteux mêlant imprécations et revendications. Mais, pour une fois, l’Eglise-institution si « rigide » donnait la parole à une femme ; il fallait donc profiter de cette aubaine… En voici un morceau choisi… et les derniers mots : « Heureux, heureux, heureux … c’est la proclamation que nous entendons chaque année à la Toussaint. Tous saints ? Comment oser parler de sainteté après la découverte de l’ampleur des crimes perpétrés au sein de l’Eglise ? Comment la sexualité, le pouvoir, le sacré ont-ils pu être dévoyés à ce point ? Il nous faut beaucoup d’humilité dans nos discours, et bien du courage dans nos actes pour nous réformer… M’est revenue ces temps-ci cette phrase de Pascal. « Qui fait l’ange fait la bête… » Non, nous ne sommes pas des anges, mais bien des êtres humains ! « Homme et femme Dieu les créa ! » nous dit la Genèse. Et d’ailleurs, Dieu vit que cela était très bon ! Nous avons du chemin à faire pour déployer cette altérité et complémentarité, dans tous les domaines de la vie de l’Eglise, y compris dans l’accès à la parole et à la gouvernance, pour la recevoir vraiment comme une richesse, un don de Dieu! Êtres humains sexués, et donc par définition incomplets, en manque, nous sommes des êtres de désir, un désir qui nous tourne vers l’autre, et vers le Tout Autre! Ainsi, la sainteté n’est pas d’être parfait, avec l’illusion d’être « des anges » ! L’illusion de la perfection est un leurre, qui peut nous conduire à la frustration, au dépit, ou à l’hypocrisie, pour masquer nos manquements.»… Conclusion (ouf !) : « Bonne fête de la Toussaint ! »… On serait tenté d’ajouter : « Quand même ! ». Enfin, cerise sur le gâteau, la sortie du « président de l’Eucharistie » et de ses « concélébrants » fut saluée par une chanson de qualité moyenne au rythme trépidant dans une ambiance de discothèque destinée sans doute à montrer que, décidemment, sous ce pontificat l’Eglise est « en sortie » (mais pour aller où ?).

2 - A Lourdes, en revanche, ni flonflon, ni triomphalisme style année 1960-70, pas d’atmosphère festive destinée à vivre un temps de fraternité et goûter la joie d’une « Eglise en marche et en sortie », ni même de déclarations soporifiques comme celles d’antan sur « la proposition de la foi » ou « une pratique chrétienne de la politique », mais un climat lourd et pesant comme un ciel d’hiver au bord du Gave. Ici, s’imposaient les mines compassées de « papier mâché » et l’expression parfois éperdue d’un épiscopat aux abois pendant les « célébrations eucharistiques » d’ouverture et de clôture, face aux journalistes, dans la salle des délibérations où de nombreux invités triés sur le volet (d’où étaient exclus les « rigides ») avaient rejoint les évêques lors des différentes séquences de cette Assemblée plénière qui a réuni au total près de 600 participants… Rien que cela… Essentiellement consacrée à la réflexion et au travail lié à la réception du rapport de la CIASE (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église), l’Assemblée fut également marquée par la séquence consacrée aux enjeux écologiques « Clameur de la Terre et clameur des pauvres ». Il y fut notamment rappelé combien les personnes en situation de précarité sont les premières victimes de la crise écologique (sic), ce qui a donné lieu à une paraliturgie débridée mettant en scène une foule déjantée ; on se serait cru à une finale de la coupe de France de football. Comme on peut le constater, l’ordre du jour était très riche : mais qu’en est-il des vocations sacerdotales et religieuses, de l’état des paroisses, surtout rurales, de la dignité de la liturgie (Ah si ! Les évêques ont feuilleté, semble-t-il sans conviction, le nouveau Missel en langue française qui leur a été offert…), de l’évangélisation et de la crise de la foi, etc, etc ? 

Et puis, les « Pèrévêques » nous ont gratifié d’un double geste mémoriel et pénitentiel (sic) inédit, qu’ils seraient bien inspirés de réitérer à l’égard de tous les membres du « peuple de Dieu » que les « abus » (cette fois liturgiques) ont choqué, bouleversé et profondément blessé depuis les années 1960. Le geste mémoriel d'abord: une photo, prise dans une église par une victime, montrant une sculpture représentant une tête d'enfant pleurant, a été dévoilée. Scellée au mur de l'hémicycle dans lequel se réunit l'épiscopat, elle préfigure la construction d'un « lieu de mémoire » (encore un…), décidée en mars par les évêques, mais dont les modalités restent à définir. Evidemment, l’incontournable Véronique Margron, présidente de la Corref (ordres religieux), est intervenue (pas de repentance sans elle !) ; elle s’est fendue d’une déclaration vraiment… originale : elle a évoqué le « malheur » et « l'effondrement » qui ont « fait intrusion dans des existences qui ne demandaient qu’à grandir, vivre, faire confiance ». Génial, non ? Puis, second geste pénitentiel : les évêques, qui n'étaient pas vêtus de leurs habits liturgiques à la demande des victimes, les religieux, des prêtres et laïcs se sont ensuite rendus sur l'esplanade de la basilique Notre-Dame du Rosaire. Après le tintement lent du glas, ils ont participé à une prière de pénitence et, à genoux,  ils ont demandé « pardon à Dieu ».

La messe dominicale du 7 novembre 2021, était présidée par Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France. La prédication était assurée par Mgr André Dupuy, chapelain au sanctuaire de Lourdes, ancien nonce apostolique. Il a introduit sa méditation par cette « émouvante apostrophe adressée à l’Eglise par un disciple de Charles de Foucauld, Carlo Carretto, le fondateur des Petits Frères de l’Évangile », qualifié de « Jean-Baptiste des temps modernes (qui) n’a jamais recouvert de silence ce qui devait être connu » : « Eglise combien tu es contestable, et pourtant combien je t’aime ! Combien tu m’as fait souffrir, et pourtant combien je te suis redevable ! (…) Combien de fois tu m’as scandalisé, et pourtant tu m’as fait comprendre la sainteté ». Mgr Dupuy s’est quand même rattrapé sur le fil du rasoir, car il a atténué cette séance d’autoflagellation en déclarant : « ce drame de l’hypocrisie ne doit pas occulter l’attitude exemplaire de tant de fils et de filles de l’Eglise qui s’efforcent quotidiennement de vivre leur fidélité et d’être authentiques ». Merci Monseigneur de la part du prêtre, de la religieuse et du fidèle « lambda », forcément « rigides », qui ne comprend pas grand-chose à cette Eglise en voie de décomposition avancée  !

Marseille, Lourdes : intéressant double témoignage pour l’histoire de l’Eglise en ce début du XXI siècle… 

Comment expliquer cette dérive ? A côté d’une minorité de militants « bergogliens », de moins en moins nombreux, mais qui, néanmoins, occupent désormais les « postes clefs » au Saint-Siège, l’Eglise « DE » France a mis les écoutilles et elle affecte de ne pas voir ce qui se trame en haut lieu. Elle feint d’ignorer que ce que François a engagé et veut achever, c’est le programme de la « mafia de Saint-Gall », selon l’expression assez triviale de l’ancien primat de Belgique le cardinal Godfried Danneels, qui se tenait, triomphant, dans la loggia centrale de la Basilique Saint-Pierre lorsque, au soir du 13 mars 2013, fut présenté au monde le nouveau pape. Ce groupe était animé par l’ancien archevêque de Milan, le jésuite Carlo Maria Martini, et comptait notamment, outre le Cardinal Danneels, les cardinaux Walter Kasper et Karl Lehmann, d’Allemagne, le cardinal Basil Hume de Grande-Bretagne, le cardinal Achille Silvestrini, d’Italie, et l’évêque néerlandais Adriaan Van Luyn. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’entretien télévisé du Cardinal Danneels avec le journaliste de « La Libre Belgique » Christian Laporte, le 25 septembre 2015, à l’occasion de la publication de sa biographie officielle, ou lire l’ouvrage bien documenté de Julia Meloni : The St. Gallen Mafia, paru le 3 novembre, présenté par le Professeur Roberto de Mattei, qui, n’en doutons pas, sera bientôt traduit en français.

Le paradoxe est que le pape François est amené à user de son pouvoir pétrinien pour… mettre fin à ce qu’il qualifie de « rigidité » de l’absolutisme romain et redonner sa place au « peuple de Dieu », c’est-à-dire à une minorité d’Occidentaux qui sont ses partisans et ses thuriféraires.

Le diable ricane ! Pauvre Eglise sans couture du Christ Seigneur !

Maxime Davert

paroissien « rigide »

Commentaires

  • Ce qui est malsain, c'est ceci :

    Sous le terme "rigidité", c'est souvent un rejet de la vérité révélée par le Christ qui est subtilement signifié.

    Comme si l'amour de Dieu et du prochain devait rejeter la vérité révélée.

    Tout cela est, heureusement, le triste crépuscule d'une génération que va bientôt remplacer ceci : "Psaume 85, 11 Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent ; "

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