| Introitus | Introït |
| Ps. 47, 10-11 | |
| SUSCÉPIMUS, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui: secúndum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terrae: iustítia plena est déxtera tua. Ps. ibid., 2 Magnus Dóminus, et laudábilis nimis: in civitáte Dei nostri, in monte sancto eius. ℣. Glória Patri. | Nous avons reçu, ô Dieu, Ta miséricorde au milieu de Ton temple : comme Ton nom, ô Dieu, Ta louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre, Ta droite est pleine de justice. Ps. Le Seigneur est grand et très digne de louange : dans la cité de notre Dieu, sur Sa sainte montagne. |
liturgie
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"Suscepimus, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui" (Introït du 14e dimanche du TO)
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Pourquoi les laïcs ne sont pas autorisés à prononcer l'homélie
L’Église catholique n’autorise pas les laïcs à prononcer l’homélie lors de la messe parce que celle-ci est intrinsèquement liée au ministère ordonné (sacrement de l’Ordre). Ce n’est pas une simple règle disciplinaire modifiable localement, mais une norme qui découle de la nature même de la liturgie. L’homélie n’est pas un simple discours motivant ; elle participe à l’action liturgique du Christ par son ministre ordonné. Autoriser les laïcs risquerait de relativiser le sacerdoce ministériel.
Les bases juridiques et théologiques
- Code de droit canonique (canon 767 §1) : « Parmi les formes de prédication, l’homélie, qui fait partie de la liturgie elle-même, est réservée au prêtre ou au diacre. » Elle explique les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne à partir des textes sacrés.
- Instruction générale du Missel romain (n° 66) et documents comme Redemptionis Sacramentum : L’homélie doit être donnée par le prêtre célébrant, ou exceptionnellement par un concélébrant ou un diacre, jamais par un laïc. Même les assistants pastoraux, catéchistes ou personnes hautement formées en sont exclus.
Cette règle a été rappelée fermement en juin 2026 par le Dicastère pour le Culte divin, qui a rejeté une demande des évêques allemands souhaitant une dérogation exceptionnelle. Le Vatican a insisté sur le fait que l’homélie n’est pas une simple intervention ou un commentaire biblique, mais un acte liturgique lié à la proclamation de l’Évangile et à l’unité entre Parole et Sacrement dans l’Eucharistie.
Pourquoi cette réserve au ministère ordonné ?
- Dimension sacramentelle : Le prêtre ou le diacre agit in persona Christi (au nom du Christ Tête) pendant la liturgie. L’homélie prolonge la proclamation de la Parole de Dieu de manière sacramentelle et pastorale. Les laïcs ont le sacerdoce commun des baptisés, mais pas le sacerdoce ministériel.
- Unité de la célébration : L’homélie fait partie intégrante de la Liturgie de la Parole et prépare à la Liturgie eucharistique. Elle n’est pas interchangeable avec d’autres formes de prédication.
- Tradition et théologie : Cela reflète la distinction entre le ministère ordonné (enseigner, sanctifier, gouverner de manière spécifique) et l’apostolat des laïcs, qui est surtout tourné vers le monde (évangélisation, témoignage dans la vie quotidienne, etc.).
Ce que les laïcs peuvent faire
Les laïcs peuvent prêcher dans d’autres contextes (canon 766) : réunions, retraites, célébrations de la Parole sans messe, etc., si nécessaire ou utile, selon les normes de la conférence épiscopale. Ils peuvent aussi :
- Proclamer les lectures (sauf l’Évangile).
- Animer des groupes de prière, catéchèse, formations.
- Témoigner et évangéliser dans le monde.
L’Église valorise fortement la contribution des laïcs, mais maintient cette distinction pour préserver le sens de la liturgie.
En résumé, ce n’est pas un manque de confiance envers les laïcs (beaucoup sont théologiquement compétents), mais une question de nature sacramentelle et liturgique de l’homélie. Cette position a été réaffirmée récemment et s’applique à toute l’Église.
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Cardinal Müller : « Il faut laisser coexister l’ancien et le nouveau rite. »
De kath.net/news :
« Il faut laisser coexister l’ancien et le nouveau rite. Interdire le latin ? Cela fait le jeu des rebelles »
3 juillet 2026
Le cardinal Gerhard Müller : « Traditionis Custodes n’a pas eu d’effet positif… Certes, il ne peut y avoir de compromis sur les dogmes, mais dans la pastorale pratique, une certaine tolérance est tout à fait possible. »
Vatican (kath.net/pl) « Les mesures restrictives ont en fait servi de propagande aux partisans de Lefebvre, qui ont pu s’en servir pour diffuser leurs arguments. » C’est ce qu’explique le cardinal émérite de la Curie Gerhard Ludwig Müller dans un entretien avec Nico Spuntoni publié dans le journal italien « Il Giornale ». Les mesures restrictives devraient être levées « notamment parce que », selon Müller, « les partisans de Lefebvre peuvent faire de ces interdictions un symbole de résistance contre Rome ». Spuntoni décrit le préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi comme l’un « des plus éminents théologiens vivants » et comme « un membre très respecté du Collège cardinalice ». L’interview publiée dans « Il Giornale » est intitulée : « Laissez coexister les anciens et les nouveaux rites. Interdire le latin ? « Cela fait le jeu des rebelles ». Müller plaide pour que l’on mette fin à l’ère des restrictions imposées à la messe tridentine – qui a débuté en 2021 avec la publication de *Traditionis Custodes* – et que l’on revienne à la libéralisation de l’ancienne liturgie, dans l’esprit même de Ratzinger.
Selon l’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, « Traditionis Custodes n’a pas eu d’effet positif. Exiger une obéissance aveugle par des méthodes autoritaires ne correspond pas à notre style – ce n’est pas la voie chrétienne. Certes, il ne peut y avoir de compromis sur les dogmes, mais dans la pastorale pratique, il peut tout à fait y avoir une certaine tolérance. »
Benoît XVI aurait « trouvé une bonne solution avec Summorum Pontificum, en reconnaissant pleinement l’ancien rite », ce qui aurait apporté une grande paix au sein de l’Église. Une fois de plus, le cardinal rappelle « que l’Église dispose de différents rites, qui prennent également des formes variées. On ne peut pas simplement interdire le rite dans sa forme traditionnelle. »
Depuis *Traditionis Custodes*, « l’attitude autoritaire de nombreux évêques, qui ne pensaient qu’à imposer des interdictions », n’a certainement pas aidé, explique Müller ; cela ne correspond pas non plus « au style d’un bon berger. Je pense qu’un peu d’autocritique s’impose ici. L’affirmation selon laquelle quiconque préfère le rite traditionnel rejette le Concile Vatican II est fausse. Selon la même logique, on pourrait dire que tous ceux qui préfèrent le Novus Ordo n’acceptent pas pour autant le Concile : il suffit de penser à la situation en Allemagne, où certains évêques aiment certes se référer au Concile, mais en rejettent systématiquement l’enseignement. »
Spuntoni a demandé comment il fallait répondre à ceux qui estiment que la soi-disant messe en latin nuit à l’unité ? Le cardinal Müller a répondu : « Comment pourrait-elle nuire, alors que les saints et les Pères de l’Église la célébraient sous cette forme ? Et le Concile Vatican II n’a jamais déclaré que la forme célébrée jusqu’alors était erronée ! Si l’on compare les deux formes, on constate d’un seul coup d’œil qu’il s’agit du même rite, qui ne diffère que par de très légères nuances. »
Le préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a ajouté dans une interview accordée à « Il Giornale » : « Je célèbre la liturgie selon la nouvelle forme, mais je n’ai eu aucune hésitation à accepter des invitations pour célébrer pour ces groupes et associations qui sont pleinement fidèles à l’Église. Il y a quelques années, j’ai célébré la messe de clôture du pèlerinage traditionnel à Chartres devant 22 000 jeunes. Comment pourrions-nous leur dire de rester chez eux s’ils préfèrent la messe selon la forme traditionnelle ? »
Interrogé sur la question, Mgr Müller apporte des précisions sur les idées fausses : « Il existe déjà au sein de l’Église des associations et des groupes qui célèbrent légitimement la forme traditionnelle tout en reconnaissant pleinement le Concile – en union avec le pape et le collège épiscopal. En effet, je dirais que l’autorisation sans réserve de cette forme liturgique et la promotion de l’acceptation du Concile offrent une solution à ceux qui – après la désobéissance liée aux ordinations de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X – souhaitent revenir à la pleine unité avec le pape, qui est le principe permanent de l’unité et le fondement de l’Église. »
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Sept réformes liturgiques que tous les catholiques peuvent soutenir
De Clément Harold sur le Catholic Herald :
Sept réformes liturgiques que tous les catholiques peuvent soutenir

L'usage anglican conserve de nombreux éléments distinctifs de la messe traditionnelle en latin, tels que les prières au pied de l'autel, le double Confiteor et le dernier Évangile. Bien que la langue soit vernaculaire, il s'agit d'un anglais soutenu où « your spirit » devient « thy spirit », « It is right and just » devient « It is meet and right to do so to do », et où les impératifs tels que « vouchsafe » abondent.
Le rite anglican comprend également plusieurs éléments absents du rite ancien. Parmi ceux-ci figurent la prière d'humble accès, récitée par le prêtre et les fidèles avant la communion, ainsi qu'une prière d'action de grâce magnifiquement construite, récitée après la communion.
Bien que je fréquente une paroisse du Novus Ordo, ma participation annuelle à la messe anglicane me rappelle régulièrement que, de nos jours, l'expérience de la messe pour la plupart des catholiques est, pour le moins, appauvrie. Quelles qu'aient été ses intentions, la révolution liturgique des années 1960 et 1970 a abouti à une situation où la grande majorité des fidèles assistent à des messes qui leur paraissent irrévérencieuses et banales.
Heureusement, je n'ai pas à résoudre la crise liturgique actuelle. Mais si tel était le cas, je commencerais sans doute mes efforts de restauration par sept réformes de bon sens qui permettraient au Novus Ordo de mieux glorifier Dieu et de sanctifier les âmes.
1) Exiger que le prêtre se tourne vers l'orient
Bien que la pratique de célébrer la messe ad orientem n'ait jamais été universelle, elle fut la norme en Orient comme en Occident pendant plus de mille ans. L'obligation pour le prêtre de se tourner dans la même direction que le peuple renforce l'idée qu'il le guide dans un sacrifice de louange fondamentalement théocentrique.
En revanche, dès que le prêtre se trouve face au peuple , sa personnalité devient plus facilement le centre de l'attention, alimentant ainsi un cléricalisme malsain. Puisqu'il n'existe aucun argument valable pour célébrer la messe face au peuple , il est tout à fait logique de rétablir l'ancienne pratique de la célébrer face à l'Orient .
2) Réinstaller les bancs de communion
Malgré six années d'études en théologie, je n'ai jamais entendu d'explication convaincante quant à la raison pour laquelle les fidèles devraient recevoir la sainte communion debout, dans la main, plutôt qu'à genoux et sur la langue. J'ai même du mal à imaginer à quoi pourrait ressembler une telle explication.
L'explication la plus plausible serait que, dans l'Église primitive, certains communiaient dans la main et que, dans la liturgie orientale, on ne s'agenouille pas pour recevoir la communion. Cependant, ces arguments ne sont pas convaincants. L'Église primitive n'avait pas non plus de crucifix, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devions les retirer de nos autels.
Comme pour les crucifix, il en va de même pour la réception de la communion : au fil du temps, l’Église a approfondi sa compréhension de ce qui est le plus respectueux et le plus salutaire. Recevoir la communion sur la langue nous rappelle que l’Eucharistie n’est pas un aliment ordinaire et nous enseigne que l’Église est notre mère spirituelle qui nous nourrit comme une mère oiseau nourrit ses oisillons. Cela réduit également le risque de sacrilège. Quant à la génuflexion, c’est la manière habituelle pour les chrétiens occidentaux d’exprimer leur hommage et leur vénération ; dès lors, pourquoi ne pas l’exiger des fidèles lorsqu’ils s’approchent du Roi des rois ? Des exceptions doivent bien sûr être faites pour ceux qui, en raison de leur âge ou de leur infirmité, ne peuvent s’agenouiller.
3) Restaurer le respect eucharistique
Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, mais je me limiterai à trois suggestions.
Premièrement, rétablissons la génuflexion du prêtre immédiatement après les paroles de la consécration. Dans le Novus Ordo, le prêtre élève d'abord les espèces consacrées, puis seulement ensuite il s'agenouille. Sur ce point, l'Ancien Rite est à la fois plus respectueux et plus pédagogique : dès que le miracle de la transsubstantiation a lieu, le prêtre rend hommage à Dieu car il est présent sur l'autel. Ce n'est qu'après s'être génuflé qu'il élève l'hostie ou le calice.
Deuxièmement, exigez l'utilisation de plateaux de communion à chaque messe où un acolyte sert. Ces plateaux ont une utilité pratique évidente : éviter que les hosties consacrées ne tombent au sol. De plus, ils contribuent à restaurer le caractère sacré de la messe. Il n'y a aucune raison valable de ne pas utiliser de plateaux de communion.
Troisièmement, il convient de limiter le recours aux ministres extraordinaires de la communion. Si je ne suis pas opposé en principe à leur fonction, c'est leur transformation progressive en simples distributeurs de la sainte communion qui me pose problème, ainsi qu'à de nombreux autres catholiques. Dans de nombreuses paroisses, on pourrait se passer complètement de ministres extraordinaires en limitant la communion à une seule espèce.
4) Exiger le canon romain
Lorsque j'ouvre mon application Universalis et que je consulte l'Ordre de la messe du 1er juillet (Saint Oliver Plunkett), je découvre pas moins de dix options pour la prière eucharistique : quatre prières standard, deux pour la réconciliation et quatre autres pour diverses intentions. Sans compter les trois prières eucharistiques supplémentaires prévues pour les messes avec enfants. Pourtant, personne n'a jamais su m'expliquer l'intérêt de laisser le prêtre choisir chaque matin une prière eucharistique différente, selon son inspiration du matin.
Avant la révolution liturgique, le Canon romain (« Prière eucharistique I ») était utilisé dans chaque messe de rite romain depuis plus de mille ans. Il semble donc légitime de se demander pourquoi la Sainte Messe a cédé au penchant moderne pour la nouveauté et la personnalisation à outrance. Pourquoi avons-nous touché au Canon romain ? Qu’avons-nous gagné, au juste, à le modifier ? Qu’apporte la Prière eucharistique II que le Canon romain n’a pas ? La seule réponse plausible est la brièveté. Mais cet argument est peu convaincant quand on sait que le Canon romain ne compte que 453 mots – soit à peine trois minutes de récitation – de plus que la Prière eucharistique II.
5) Standardiser le rite pénitentiel
Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il était judicieux de rendre le Confiteor facultatif, je suis tout ouïe. Qu'est-ce qui, précisément, rend cette ancienne prière pénitentielle (bien que modifiée) appropriée le mardi mais inutile le mercredi ? Et pourquoi l'inclusion d'une partie aussi essentielle de la messe devrait-elle être laissée à la discrétion du prêtre ?
Selon la pratique actuelle, le célébrant a la liberté de passer sous silence le Confiteor et de le remplacer par une série d'invocations – au moins sept ensembles d'options différents sont disponibles aux États-Unis – dont la plupart ne mentionnent même pas le mot péché.
6) Déplacer (ou retirer) le signe de paix
J'essaie de faire un effort avec le signe de paix, mais force est de constater que la forme actuelle du rituel est devenue irrémédiablement mièvre. C'est une distraction inopportune pendant l'un des moments les plus solennels de la messe.
Une solution possible serait de suivre le rite ambrosien et de placer le signe de paix juste avant l'offertoire. Une autre serait de le placer immédiatement après le rite pénitentiel, bien que cette option soit moins courante historiquement. On pourrait aussi tout simplement le supprimer.
7) Introduire davantage de silence
Le silence et le chant sont les deux plus hautes expressions du culte. Le premier est incarné dans la messe basse traditionnelle. Le second est omniprésent dans la messe solennelle traditionnelle et la liturgie divine orientale. Un défaut majeur de la plupart des célébrations contemporaines du Novus Ordo réside dans le chant, souvent déplorable, tandis que le silence est presque totalement absent. Une solution serait que le prêtre récite les prières de l'offertoire en silence. Une autre serait que l'assemblée s'abstienne de chanter des hymnes après la communion, pendant la purification des vases sacrés par le prêtre.
Il va sans dire que les recommandations ci-dessus ne sont ni les réflexions d'un expert ni celles d'un ecclésiastique, mais simplement celles d'un laïc catholique (je l'espère, réfléchi) qui fréquente l'Église selon le Novus Ordo et en perçoit les imperfections. Si l'une de ces prescriptions devait être adoptée, il serait essentiel de l'appliquer avec toute la délicatesse et la sensibilité pastorales requises.
De l'avis général, l'abandon de la messe traditionnelle dans les années 1960 et 1970 a provoqué une crise de foi généralisée parmi les fidèles. Du jour au lendemain, la messe des siècles a été brutalement abandonnée. Pour beaucoup, ce bouleversement a soulevé une question fondamentale : si la liturgie de l'Église peut être si facilement remise en cause, pourquoi ne pourrait-on pas en faire autant avec ses enseignements moraux ?
Si nous voulons éviter de répéter les erreurs du passé, toute future réforme de la liturgie doit être menée avec soin et progressivement, et accompagnée d'une catéchèse solide.
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FSSPX : le schisme est consommé; selon le cardinal Müller, une hérésie dans la pratique est le fait de la Fraternité
D'Andrea Zanbrano sur la NBQ :
Le schisme est consommé, Müller : « Une hérésie dans la pratique émane de la Fraternité »
Le schisme de la Fraternité Saint-Pie X est consommé. Entretien avec le cardinal Müller : « Je demande une réponse théologique aux erreurs qui dénotent une hérésie dans la pratique » ; « Accueillir ceux qui partiront, supprimer l’Ecclesia Dei était une erreur » ; « Il y a de l’idéologie dans Traditionis custodes, la tradition a besoin de sollicitude pastorale ».
2/07/2026
« C’est plus qu’un schisme, c’est une hérésie dans la pratique. Il faudra désormais répondre de manière systématique à ces erreurs et se préparer à accueillir ceux qui quitteront la Fraternité Saint-Pie X ». Le cardinal Gerhard Ludwig Müller lève les yeux et regarde par la fenêtre de son bureau, qui donne justement sur le Palais apostolique. Le schisme lefebvrien vient de se concrétiser en cette matinée caniculaire, tandis que les touristes grouillent dehors, inconscients de la blessure que cet acte représente pour l’Église. Pourtant, Müller sait qu’il s’agit là d’un point de non-retour.
Éminence, la consécration des quatre évêques de la FSSPX sans mandat pontifical a commencé par un contresens. À la question « avez-vous le mandat ? », la réponse a été une non-réponse.
Une blessure, sans aucun doute. On se souvient des donatistes, qui se croyaient supérieurs, pensaient avoir le droit de juger le Magistère et de décider de ce qui était catholique et de ce qui ne l’était pas.
Votre intervention au Consistoire a eu le mérite de porter cette question devant le Pape. Comment les cardinaux ont-ils réagi ?
J’ai été surpris par le nombre de confrères qui ont accueilli favorablement mes propositions. Il incombe à nous, cardinaux de la Sainte Église romaine, de défendre l’orthodoxie. Saint Irénée disait déjà que toutes les Églises doivent s’accorder avec l’Église de Pierre et Paul. Et il l’a dit contre les gnostiques. D’ailleurs, la gnose est à la base de toute rébellion. C’est lorsque la raison de l’homme veut se poser au-dessus de la raison de Dieu. Derrière toutes les hérésies se cache le gnosticisme, car il présuppose d’avoir une conception supérieure à la révélation présentée dans l’Église visible.
Et dans la Fraternité, y a-t-il davantage d’hérésie ou davantage de gnosticisme ?
Il y a une hérésie dans la pratique. Ici, on ne peut pas faire la distinction entre schisme et hérésie. La négation du primat du Pape dans la pratique, qu’ils acceptent pourtant en théorie, est une forme pratique d’hérésie. Cela rappelle les libéraux et les francs-maçons du XIXe siècle en Allemagne, qui n’auraient accepté l’absolutisme du roi que si celui-ci avait accepté leurs propositions.
Comment le pape Léon a-t-il réagi à vos propositions ?
Il n’a pas réagi directement, mais il connaît ma position.
Venons-en aux propositions. Quelle ligne faut-il suivre sur le plan doctrinal ?
Il faut répondre sans tarder. Je pense à une réponse structurée et systématique.
Comment pourrait-elle s’articuler ?
Je pense à une commission théologique internationale, qui répondrait à toutes les erreurs de la Fraternité afin d’en dégager le principe même de leur opposition. Il est désormais indispensable d’apporter une réponse théologique de nature scientifique, qui permette ensuite à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de parvenir à une clarification définitive.
Certaines voix au sein du monde catholique ont rassuré les fidèles en affirmant qu’au fond, l’autorisation du Pape n’est qu’une question de légalisme…
Ce n’est pas du légalisme. C’est très grave de qualifier cela de légalisme, c’est une question fondamentale pour l’Église. La Fraternité parle sans cesse de la primauté du pape telle que définie par Vatican I, mais elle n’accepte pas cette doctrine ; ses membres veulent être catholiques sans respecter le rôle fondamental du pape. Je leur ferais lire ce que saint Thomas disait sur la primauté du pape. C’est le même comportement que celui de Luther, qui disait qu’il aurait embrassé la pantoufle du pape si celui-ci avait accepté son interprétation de l’Évangile. C’est inacceptable.
Pourquoi ?
Parce que l’acte d’ordination d’un évêque est un acte de l’Église ; en son absence, on tombe dans la secte. Personne ne peut dire : « J’ai le droit de me faire ordonner évêque ». La doctrine de la primauté est évangélique ; prétendre qu’il ne s’agit que de légalisme revient à rompre avec le Pape et à détruire la structure sacramentelle de l’Église. Luther l’a fait lui aussi. Ils veulent être des « super-catholiques » avec une herméneutique protestante. À l’instar d’Henri VIII qui disait : « Je suis plus catholique que le pape ».
Comment répondez-vous à l’objection d’Écône qui prétend agir pour le salut des âmes ?
Je réponds avec saint Augustin qui répliquait aux sectes donatistes, qui se proclamaient la seule Église pure face à l’Église pécheresse : l’Église est un corpus permixtum où les pécheurs cohabitent avec les saints. Nous sommes tous pécheurs et nous sommes tous saints. Ce sont plutôt les fidèles qui se laissent séduire par cette prétention qui mettent leur âme en danger.
Une autre objection concerne l’état de nécessité, c’est-à-dire la dérogation à certaines lois de l’Église si une situation de danger l’impose.
Mais l’état de nécessité ne peut vous autoriser à aller à l’encontre de ce que Jésus-Christ a établi ! La sagesse divine n’avait-elle pas déjà prévu cela aussi ? La vérité, c’est que l’état de nécessité est mal compris. Il n’existe que dans leur imagination.
Mais il est évident que l’Église subit des influences hétérodoxes et des doctrines trompeuses, ainsi qu’une protestantisation et une sécularisation excessives…
Il n’y a pas d’erreurs de l’Église, c’est a priori impossible. Il y a des erreurs dans l’Église, mais pas de l’Église. Ne savent-ils pas que l’Église est indestructible et infaillible ? Même à l’époque des Ariens, il y avait des erreurs dans l’Église, mais pas de l’Église. L’argument de l’état de nécessité est une auto-justification idéologique par laquelle chacun veut se définir comme le critère ultime.
Vous avez été préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Comment avez-vous géré l’affaire des lefebvristes ?
Si je peux utiliser une image, je dirais qu’ils tournaient autour du problème de la liberté religieuse. Mais ce que j’ai eu l’impression de percevoir, c’est qu’ils n’acceptent pas que Dieu nous laisse la liberté même s’il existe des consciences erronées. L’État ne peut imposer une religion, mais devant Dieu, nous sommes tenus d’obéir à la révélation.
Venons-en à la deuxième proposition : la création d’une structure à l’image de l’Ecclesia Dei, capable d’accueillir les futurs dissidents de la Fraternité désormais schismatique…
La suppression de l’Ecclesia Dei a été une erreur, car cela a entraîné un morcellement des compétences et des domaines d’intervention. Il faudrait au contraire une entité unique chargée des aspects liturgiques et dogmatiques, destinée à ceux qui, dès demain, voudront revenir dans l’Église, afin de les aider à distinguer les questions proprement liturgiques de celles qui relèvent exclusivement de la doctrine ou de la bonne compréhension de la mission du pape et des évêques. Et encore : apprendre à distinguer les erreurs dans l’Église des erreurs de l’Église, ce qui, comme nous l’avons dit, est impossible.
Une nouvelle structure au sein du Dicastère pour la doctrine de la foi ?
Pas nécessairement. Sous son égide, mais sans nécessairement en émaner. Elle doit disposer d’une certaine indépendance et d’une certaine autonomie pour s’occuper exclusivement de ces personnes.
L’ancienne Ecclesia Dei a eu le mérite de favoriser la réconciliation de nombreuses réalités avec l’Église.
C’est vrai. J’en ai moi-même vu les fruits. Samedi, je serai à Courtlain, en France, pour l’ordination de sept diacres et prêtres de l’Institut du Bon Pasteur. À Wigratzbad, il y a la Fraternité Saint-Pierre, qui dispose d’un séminaire très dynamique. Ce sont des réalités fructueuses, qui ont des vocations, une foi solide, et qui ont besoin d’un accompagnement que je leur apporte volontiers.
Célébrerez-vous la messe selon l’ancien rite ?
Oui. Je ne suis pas un fervent partisan de la messe selon l’ancien rite, mais c’est une préoccupation pastorale que j’assume volontiers, car il s’agit à tous égards d’un patrimoine de l’Église qui ne doit pas disparaître.
Que pensez-vous de la proposition de créer un ordinariat qui réglemente toutes ces réalités qui souhaitent vivre la tradition au sein de l’Église ?
Canoniquement, c’est possible ; il existe déjà des expériences de ce type pour le monde dit « traditionnel », mais aussi pour les anciens anglicans. Je n’ai pas d’a priori, je pense qu’on peut réfléchir à cette issue possible.
Mais il y a l’obstacle du *Traditionis custodes*, le *motu proprio* du pape François qui réglemente de manière restrictive la liturgie ancienne, réduisant à néant l’effort du *Summorum Pontificum*, qui avait au contraire constitué un « printemps » de redécouverte de la tradition…
L’approche adoptée dans *Traditionis custodes* était idéologique ; on n’a pas pris conscience que si les fidèles recherchent la messe selon le *Vetus Ordo*, c’est aussi parce qu’ils ont assisté pendant trop d’années aux abus commis lors de la messe selon le *Novus Ordo*. Il est vrai que l’on parlait d’abus dans le rite renouvelé, mais on n’a pas réagi. En revanche, il y a deux semaines, on est intervenu pour mettre fin à la tentative, en Allemagne, de confier l’homélie à un fidèle laïc. C’est Vatican II lui-même qui affirme que le prêtre est le seul ministre du culte et de la Parole. De la même manière, il faudrait également intervenir face aux autres abus, mais les évêques eux-mêmes doivent et peuvent le faire dans leurs propres diocèses. Ils en ont le pouvoir et la faculté légitime.
Quels sont, selon vous, les abus les plus graves dans la forme ordinaire de la messe ?
Je dirais le refus d’admettre que l’essence de la liturgie est l’adoration de Dieu. Certains l’interprètent comme un divertissement, comme un spectacle. Et cela conduit au protagonisme du prêtre qui est certes ministre de Jésus, mais pas l’acteur principal.
Dans certains milieux traditionalistes qui font un clin d’œil à Écône, on avance cette justification : comment cela se fait-il ? On excommunie les lefebvristes qui sont fidèles à la tradition, mais pas les Allemands qui sont désormais protestants ?
C’est une objection que je peux comprendre d’un point de vue humain. Les tendances hétérodoxes au sein de l’Église, par exemple celles qui visent à bénir les couples homosexuels, constituent une grave erreur et doivent être combattues en tant que telles. Mais cette objection ne correspond pas à la réalité théologique. La Fraternité Saint-Pie X n’est pas sanctionnée parce qu’elle est « orthodoxe », mais parce qu’elle a procédé à l’ordination d’évêques en sortant de la communion avec Pierre, ce qui est une condition nécessaire. On ne peut excuser un mal par un autre mal.
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Le Vatican excommunie même les membres laïcs de la FSSPX, une mesure d'une sévérité sans précédent dans l'histoire récente
D'InfoVaticana :
La réaction de Rome fut rapide et la plus sévère depuis près de quarante ans. Moins de 24 heures après les consécrations épiscopales célébrées la veille à Écône par la Fraternité Saint-Pie-X, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi publie le 2 juillet une Note Explicative, signée par le cardinal Víctor Manuel Fernández, déclarant le crime de schisme consommé et étendant ses conséquences canoniques non seulement aux évêques et prêtres de la Fraternité, mais aussi – et c’est là le développement le plus grave – aux fidèles laïcs.
Le document, daté du Palais du Dicastère et signé par le préfet, Monseigneur Armando Matteo (secrétaire de la Section Doctrinale) et l'archevêque John J. Kennedy (secrétaire de la Section Disciplinaire), déclare que « les multiples tentatives pour ramener les adeptes du mouvement initié par Monseigneur Marcel Lefebvre en pleine communion avec l'Église catholique se sont avérées vaines » et que les consécrations « sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père » ont « constitué le crime de schisme ».
Trois coups dans un seul document
La Note établit trois points d'une force sans précédent :
Premièrement : tous les ministres sacrés de la FSSPX « sont en schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques », demeurant « soumis à l’excommunication prescrite par le droit canonique » (can. 1364 § 1). Cette déclaration ne vise plus seulement les quatre évêques consacrés hier et le consécrateur : elle s’étend aux plus de sept cents prêtres de la Fraternité dans le monde entier.
Deuxièmement : les fidèles laïcs « qui adhèrent formellement » à la Fraternité « doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés », selon les conditions établies par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996, que le Dicastère déclare « toujours en vigueur » et « adopte comme sienne ».
Troisièmement : le peuple de Dieu est averti que les ministres de la Fraternité « administrent illégalement les sacrements » et que « le sacrement de pénitence qu’ils administrent et le mariage qu’ils célèbrent sont invalides ».
Plus dur que Jean-Paul II en 1988
La comparaison avec le précédent historique est inévitable, et le constat est accablant : cette Note va au-delà de ce qui a été établi par le motu proprio Ecclesia Dei de 1988. À cette époque, Jean-Paul II avait prononcé l’ excommunication latae sententiae de Mgr Lefebvre, de Mgr de Castro Mayer et des quatre évêques consacrés. Les prêtres et les fidèles avaient été avertis du risque, mais l’excommunication prononcée ne concernait alors que six personnes. Aujourd’hui, en revanche, le Dicastère déclare excommuniés l’ensemble du clergé de la Fraternité et, pour la première fois explicitement dans un document émanant de cette autorité, les laïcs qui y adhèrent formellement.
Un détail non négligeable pour les canonistes : le document porte le numéro de protocole 99/2009 . Autrement dit, il a été versé au dossier de l’affaire ouverte l’année où Benoît XVI, par décret du 21 janvier 2009, levait l’excommunication des quatre évêques, en signe de miséricorde pour promouvoir l’unité. Dix-sept ans plus tard, ce même dossier sert à l’action inverse.
Adieu aux concessions de François
La déclaration d'invalidité des confessions et des mariages annule de fait les concessions accordées par le pontificat précédent . Lors du Jubilé de la Miséricorde en 2015, François avait conféré aux prêtres de la Fraternité la faculté d'absoudre validement les péchés, l'avait rendue permanente dans la lettre apostolique Misericordia et misera (n° 12), et, en 2017, par l'intermédiaire de la Commission Ecclesia Dei , avait établi un dispositif pour la célébration valide des mariages officiés par ses prêtres. Tout cela est désormais effacé d'un trait de plume, sans aucune mention de ces actes pontificaux ni des centaines de milliers de fidèles qui, pendant une décennie, ont reçu la confession et se sont mariés sous leur protection.
Une rigueur réservée à la tradition
On pourrait se demander – et de nombreux fidèles se le demanderont aujourd’hui – s’il existe un autre groupe au sein de l’Église auquel Rome ait jamais appliqué une telle rigueur. Le prétendu Chemin synodal allemand a approuvé des résolutions ouvertement contraires au Magistère sans qu’aucun évêque ne soit déclaré schismatique. Des théologiens, des congrégations et des communautés entières remettent publiquement en question des doctrines établies sans que le Dicastère n’ait invalidé leurs sacrements ni excommunié leurs fidèles. L’excommunication explicite de laïcs pour leur simple adhésion à une réalité ecclésiale est sans précédent dans la pratique récente du Saint-Siège. Une fois encore, la norme n’atteint son maximum que lorsqu’elle se réfère à la tradition.
Le document se conclut par une formule maternelle habituelle : « L’Église, telle une mère attentive, accueillera avec une affection sincère » ceux qui souhaitent revenir, et par une exhortation aux fidèles à « s’abstenir de participer aux célébrations et activités organisées » par la Fraternité. Les nonces apostoliques mettront en place des procédures pour les différents cas de retour.

DÉCRET
Nonobstant les avertissements adressés au Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, Monseigneur Alfonso de Galarreta, ayant accompli un acte de nature schismatique par la consécration épiscopale de quatre prêtres, sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife, a encouru *ipso facto* les peines prévues par le can. 1387 et le can. 1364 § 1 CIC 2021.
Je déclare donc à tous effets juridiques que tant ledit Monseigneur Alfonso de Galarreta que Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier ont encouru *ipso facto* l'excommunication *latae sententiae* réservée au Siège Apostolique.
Je déclare en outre que Monseigneur Bernard Fellay, ayant participé directement à la célébration liturgique en qualité de co-consécrateur, ayant ainsi adhéré publiquement à l'acte schismatique, a encouru l'excommunication latae sententiae prévue par le can. 1364 § 1 CIC 2021.
Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sous peine d'encourir ipso facto la peine de l'excommunication latae sententiae.
Du Palais du Dicastère, le 2 juillet 2026
Víctor M. Card. Fernández
PréfetNote explicative du Dicastère pour la Doctrine de la Foi – 2 juillet 2026
Prot. n° 99/2009
NOTE EXPLICATIVE
Depuis l'époque de saint Paul VI jusqu'aux derniers entretiens, qui se sont tenus récemment auprès de ce Dicastère, les nombreuses tentatives visant à ramener à la pleine communion avec l'Église catholique les membres du mouvement initié par Mgr Marcel Lefebvre se sont révélées vaines. Cette situation s'est encore aggravée à la suite des récentes consécrations épiscopales célébrées sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père, en violation manifeste du droit canonique. C'est pourquoi ce Dicastère, dans le fidèle exercice des fonctions qui lui sont confiées, estime nécessaire de constater que cet acte a constitué le délit de schisme, avec les conséquences canoniques qui en découlent pour les ministres sacrés et les fidèles laïcs concernés. En effet, comme cela avait déjà été déclaré en 1988, « cette désobéissance, qui comporte en elle-même un refus pratique de la primauté romaine, constitue un acte schismatique » (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Ecclesia Dei, n° 3).
À cet égard, désormais :
1. Les ministres sacrés appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont dans le schisme et doivent, par conséquent, être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia Dei, n° 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur l'excommunication pour schisme encourue par les adhérents au mouvement de Mgr Marcel Lefebvre, 24 août 1996, nos 5-6). Ils sont donc soumis à l'excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1 du Code de droit canonique).
2. En ce qui concerne les fidèles laïcs, doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés ceux qui adhèrent formellement à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, selon les conditions établies par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996 (cf. ibid., n° 7), toujours en vigueur et que ce Dicastère fait sienne.
3. Enfin, le saint Peuple de Dieu est averti que les ministres sacrés de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X administrent illicitement les sacrements et que le sacrement de pénitence qu'ils administrent ainsi que les mariages auxquels ils assistent sont invalides.
L'Église, comme une mère pleine de sollicitude, accueillera avec une affection sincère et une vive bienveillance tous ceux qui souhaiteront revenir à la pleine communion. Les Nonces apostoliques mettront à la disposition des Ordinaires les procédures qu'ils pourront utiliser selon les différents cas.
Enfin, tous les fidèles sont exhortés à demeurer fermes dans la communion avec le Pontife romain, avec les évêques en communion avec lui et avec toute l'Église (cf. Lumen gentium, n° 22 ; can. 751 du Code de droit canonique), et à s'abstenir de participer aux célébrations et aux activités organisées par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.
Du Palais du Dicastère, le 2 juillet 2026.
Víctor Manuel Cardinal Fernández
Préfet
Mgr Armando Matteo
Secrétaire de la Section doctrinale
John J. Kennedy
Archevêque titulaire d'Ossero
Secrétaire de la Section disciplinaireLien permanent Catégories : Actualité, Débats, Doctrine, Eglise, Foi, liturgie, Structures ecclésiastiques 5 commentaires -
Fraternité Saint-Pie X : "une immense tristesse" (Christophe Geffroy sur La Nef)
L'éditorial de Christophe Geffroy sur La Nef ( n°393 Juillet-Août 2026):
Fraternité Saint-Pie X : une immense tristesse
Au moment où vous lirez ces lignes, écrites fin juin, sauf bouleversement très improbable, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) aura passé outre l’exhortation du pape, et les évêques consécrateurs ainsi que les quatre nouveaux évêques auront été excommuniés latae sententiae (c’est-à-dire automatiquement, ils se sont eux-mêmes excommuniés) le 1er juillet 2026. C’est une immense tristesse pour tout catholique de voir ainsi une déchirure non seulement persister, mais s’aggraver. Tristesse également de constater l’impossibilité d’un dialogue apaisé entre frères censés professer la même foi. Nul doute que les membres et fidèles de la FSSPX aiment profondément le Christ et estiment, subjectivement, ainsi servir l’Église. Nous savons combien une telle déchirure touche bien des âmes partagées entre leur attachement à cette Fraternité et leur souci de fidélité à l’Église, combien elle divise des familles et des catholiques qui, dans un monde où le christianisme est devenu minoritaire, déplorent d’autant plus ces querelles intestines souvent mal appréhendées.
Un risque de schisme
Et pourtant, la réalité est là, la dissidence de la FSSPX est d’une extrême gravité puisqu’elle est de nature schismatique, ainsi que l’avait souligné Jean-Paul II dès 1988. Il ne s’agit pas de divergences secondaires ou « tactiques » qui autoriseraient des points de vue différents, tous légitimes, sur une question ouverte ; non, il s’agit de positions doctrinales – conception de la Tradition, rejet profond du concile Vatican II (liberté religieuse et œcuménisme tout particulièrement) et de la messe réformée par saint Paul VI – et d’une attitude ecclésiale de rébellion susceptibles de conduire à un schisme dans l’Église : qui prétendrait que cela est secondaire ? Au regard de cette réalité, les bonnes intentions des dirigeants de la FSSPX ne suffisent pas et ne peuvent rendre bon et licite un acte dont l’objet ne l’est pas – sauf à tomber dans un pur subjectivisme étranger au catholicisme.
Certes, « il y a des demeures nombreuses dans la maison de mon Père » (Jn 14, 2), enseigne le Christ. L’Église n’est pas uniformité et il est heureux que des différences puissent s’affirmer en son sein. Mais l’Église n’est pas non plus une « auberge espagnole » devant tout accepter, et il y a des limites largement franchies par la FSSPX depuis bien longtemps. Les prêtres et fidèles qui la soutiennent sont tellement enracinés dans un esprit de combat contre la hiérarchie ecclésiale pour la défense de la « messe de toujours » et de « l’Église de toujours », qu’ils en ont perdu le sensus Ecclesiae, leur combat étant devenu plus important que la communion ecclésiale.
Un contexte de crise à ne pas oublier
N’oublions pas, cependant, que tous les torts ne sont pas d’un seul côté. La FSSPX n’est pas tombée du ciel. Elle n’a existé et ne s’est développée qu’en raison d’un contexte de crise très grave dans l’Église dont la hiérarchie a sa part de responsabilité. Méditons ces fortes paroles du sage Benoît XVI : « En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Église n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité ; on a l’impression que les omissions dans l’Église ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions ont réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau » (Lettre aux évêques, 7 juillet 2007).
Dans ce contexte, il faut rendre hommage aux communautés attachées à l’ancien missel qui sont demeurées fidèles à Rome : elles sont d’ailleurs la preuve vivante qu’il est possible de vivre l’attachement à cette liturgie en pleine communion avec le pape et l’Église, rendant caduc l’argument sur « l’état de nécessité » invoqué par la FSSPX. Le cas de cette Fraternité montre combien le fait d’absolutiser le rite liturgique ou tel aspect du magistère conduit à une rigidité et une fermeture d’esprit qui finissent par obstruer l’intelligence et le discernement. C’est un exemple à méditer, notamment pour ceux qui ne sont pas gênés par une certaine porosité avec la FSSPX.
Après ces ordinations épiscopales sans mandat pontifical, il faut sans doute maintenant laisser les choses reposer. Il convient néanmoins de garder l’esprit ouvert, de ne jamais se satisfaire d’une telle rupture et de toujours essayer de conserver le contact, le dialogue, une main tendue pour le retour dans le bercail de la brebis égarée la plus proche. C’est une intention de prière qui demeure.
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Consistoire : le cardinal Müller rompt le silence sur l'« affaire d'Écône »
De Luisella Scrosati sur la NBQ :
Müller rompt le silence sur l'« affaire d'Écône » au consistoire.
L'ancien préfet de la Doctrine de la Foi sème la zizanie au sein du Sacré Collège à la veille d'un nouveau schisme. Il avance deux propositions : répondre à l'accusation d'avoir perdu la foi, portée par la Fraternité Saint-Pie-X contre le Siège apostolique, et se préparer à accueillir ceux qui refusent de poursuivre le schisme, comme ce fut le cas en 1988 avec la Commission Ecclesia Dei.
Ce point ne figurait pas à l'ordre du jour du consistoire en cours, mais le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et président de droit de la Commission pontificale Ecclesia Dei , n'a pas hésité : selon les informations publiées par Il Giornale , il a pris la parole pour demander à ses confrères cardinaux et au Pape de répondre à l'accusation ouverte de la Fraternité Saint-Pie-X selon laquelle Rome, depuis le Concile Vatican II inclus, aurait perdu la foi. (voir ci-dessous l'intégralité de son intervention)
Nous avions rendu compte de la « profession de foi » que la FSSPX, certainement non sans une certaine provocation, avait adressée le 24 juin à tous les cardinaux réunis au consistoire. Que Rome ait perdu la foi, que l'Église catholique soit désormais réduite à une « Église conciliaire » décadente, n'est certes pas une conviction de dernière minute dans le contexte lefebvrien ; mais les consécrations épiscopales imminentes et le ton provocateur du supérieur général, le père Davide Pagliarani, ne pouvaient certainement pas passer inaperçus.
Le cardinal a eu la franchise nécessaire pour sortir ses confrères d'un silence plutôt embarrassant, comme si un nouvel acte schismatique imminent n'était pas une affaire qui devait préoccuper l'Église. Müller semblait vouloir faire deux suggestions au Saint-Père. La première concerne le fait qu'il est temps de répondre de manière substantielle aux accusations de la Fraternité, sans laisser cette tâche à des interviews impromptues d'un prélat ou au seul débat théologique. En effet, les fidèles ont droit à la clarté de la part de leurs pasteurs.
Il n'est certainement pas rassurant qu'un tel rôle puisse être confié à l'actuel préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, non seulement en raison de son parcours théologique problématique, mais aussi parce qu'une question aussi délicate exige qu'une personne la connaisse parfaitement pour l'aborder, en s'appuyant sur les contributions de ceux qui connaissent bien les positions de la Fraternité et qui y ont consacré des années d'études. Jamais auparavant il n'a semblé aussi nécessaire de reconstituer Ecclesia Dei , après la fermeture forcée imposée par François. Cela présente l’avantage de (re)partir de quarante années d’expérience, en l’enrichissant de nouveaux collaborateurs qui ont exploré, d’un point de vue théologique, une ou plusieurs des questions soulevées par la FSSPX. Car s’il doit y avoir une réponse – et il doit y en avoir une –, elle se doit d’être complète, bien structurée et exhaustive.
Parmi les questions qu’il faudra aborder figurent assurément les textes du Concile Vatican II. La Fraternité continue de mal comprendre certains points, que des courants diamétralement opposés à la FSSPX interprètent comme des ruptures : l’œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité, la primauté du Saint-Siège et le dialogue interreligieux. Une clarification de ces points, parmi d’autres, servira la vérité à toute l’Église, et non seulement au monde traditionaliste. Il sera également nécessaire de confronter définitivement la Fraternité à ses erreurs concernant sa compréhension de l’intention sacramentelle, de l’épiscopat, de la primauté pétrinienne, de l’unité de l’Église et d’autres questions « mineures », mais auxquelles la FSSPX fait constamment appel, comme la juridiction supplémentaire, le principe d’ Ecclesia supplet, etc.
La reconstitution d’Ecclesia Dei pourrait aussi répondre à un autre besoin soulevé par le cardinal Müller : disposer d’une structure pour accueillir les prêtres, les religieux et les laïcs qui pourraient quitter la FSSPX après leur consécration. Nul n’ignore que la position ouvertement contestataire prônée par le père Pagliarani ne fait pas l’unanimité au sein de la Fraternité. Cependant, la question de savoir si cela suffit pour franchir le pas d'Écône et de rejoindre la Rome « moderniste », réputée peu fiable, est tout autre. Il convient de rappeler qu'en 2003-2004, le représentant de la position modérée, Mgr Bernard Fellay (co-consécrateur le 1er juillet), n'a pas hésité à exclure de la Fraternité plusieurs prêtres qui avaient défendu l'accord entre la communauté de Campos et le Saint-Siège.
Un signal encore plus clair et plus fort est attendu de la part du Saint-Siège . Depuis des décennies, tous les prêtres et fidèles attachés au rite ancien et à ce que nous appelons, par commodité, la « pédagogie traditionnelle de la foi », soucieux de ne pas déchirer le corps mystique du Christ par le schisme, vivent dans une précarité constante et éprouvent souvent d'énormes difficultés à accéder aux lieux où ils peuvent trouver ce trésor inestimable du rite ancien. Ces personnes sont souvent traitées avec suspicion, voire ouvertement hostiles, par les évêques et les curies diocésaines. Trouver une solution qui libère ces fidèles d'une telle instabilité serait le plus grand signal du Pape, adressé également à tous ceux qui fréquentent les chapelles de la FSSPX sans souhaiter se joindre au schisme. Ces fidèles et ces prêtres, souvent désignés sous le nom d'« Ecclesia Dei », forment une réalité extrêmement vivante et en constante expansion. Il suffit de penser au nombre impressionnant de pèlerins à Chartres.
Dans cette perspective, le Père Nicola Bux , dans une récente Lettre ouverte, s'exprimait ainsi :Dans une lettre publiée par Edward Pentin, le pape Léon XIII était invité à considérer « la réalité de nombreux évêques qui, avec équilibre, ont instauré l'harmonie liturgique dans leurs diocèses » et à accorder de nouveau « à toute l'Église la possibilité de célébrer, parallèlement au nouveau rite, l'ancien rite romain, réaffirmant du même coup la validité de la réforme liturgique et l'inviolabilité du concile Vatican II, comme de tout autre concile œcuménique ».
La proposition défendue par le père Louis-Marie de Blignières , à savoir l'établissement de circonscriptions ou d'ordinariats, dirigés par des évêques choisis au sein du monde traditionaliste, sur le modèle de ceux créés après le motu proprio Anglicanorum coetibus , revêt également un grand intérêt. Cette structure permettrait enfin au mouvement traditionaliste de s'intégrer pleinement à la hiérarchie de l'Église, de gagner en stabilité et, partant, de promouvoir plus résolument la pacification liturgique tant souhaitée.
Aux États-Unis, où la FSSPX est particulièrement implantée , les autorités et les théologiens de l' Université franciscaine de Steubenville ont adressé une Lettre ouverte au Supérieur général, au Concile et aux fidèles de la FSSPX , les exhortant à renoncer à l'acte schismatique prévu pour le 1er juillet, « qui consoliderait et approfondirait la séparation déjà existante », et à renouer le dialogue avec le Saint-Siège. Parmi les signataires figurent Scott Hahn, auteur de nombreuses publications également traduites en italien ; Mark Miravalle, théologien toujours actif dans la promotion du dogme de la médiation et de la corédemption mariales ; John Bergsma, ancien pasteur protestant et spécialiste de l'Ancien Testament et des manuscrits de la mer Morte ; et Stephen Hildebrand, vice-recteur de l'Université.
Un appel louable, qui, nous l'espérons, trouvera un écho auprès d'au moins certains membres de la FSSPX. Une lettre fraternelle mais aussi d'une extrême franchise : « Les trésors de la Tradition catholique n'appartiennent pas à ceux qui sont hors de communion avec Pierre ; ils appartiennent au cœur de l'Église. Une nouvelle ordination épiscopale en dehors de la hiérarchie ecclésiale et sans mandat apostolique créerait une nouvelle blessure dans le Corps du Christ et placerait les dons que Dieu a confiés à la Fraternité [...] hors de son étreinte maternelle. »INTERVENTION AU CONSISTOIRE EXTRAORDINAIRE DES CARDINAUX
Cardinal Gerhard Müller
Rome, le 26 juin 2026
1. Je remercie le Saint-Père d’avoir réaffirmé le rôle fondamental du Collège des cardinaux pour l’Église universelle. D’Irénée de Lyon au premier concile du Vatican, la primauté du Pape n’a jamais été envisagée comme celle d’un individu isolé, mais comme celle de l’Église de Rome, dont l’évêque est en même temps le chef visible de toute l’Église catholique. Cela permettait d’éviter de l’isoler de l’Église. En tant qu’évêque de Rome, il est toujours le chef du collège des évêques suburbicaires, ainsi que des prêtres et diacres romains. Il existe certes une large collégialité externe du Pape avec les évêques des autres Églises ; mais il existe aussi une collégialité interne, dans la mesure où chaque évêque est toujours en communion avec son propre presbytérat, comme l’affirme Ignace d’Antioche. Une partie du clergé romain fut institutionnalisée au sein du Collège des cardinaux, non pas pour la charge pastorale du diocèse de Rome, mais comme instrument utilisé par le pape dans la gouvernance de l'Église universelle.
Dans cette perspective, il convient également de s'interroger sur la manière dont se déroule un consistoire. Toutes les représentations et photographies des conciles montrent la discussion plénière. Par conséquent, le libre échange de vues, précédé d'interventions soigneusement préparées, devrait précéder les travaux de groupe et occuper une place plus importante qu'actuellement. Quoi qu'il en soit, une réflexion plus approfondie sur la nouvelle méthode s'impose, en tenant compte de la nature d'une assemblée ecclésiale de cardinaux et d'évêques avec le Pape, ainsi que de celle de l'évêque avec son presbytérat et les conseils laïcs.
2. La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X a adressé une lettre ouverte à tous les cardinaux. Il est de notre devoir, en vertu de notre charge, tant individuellement qu'en tant que collège, de rejeter l'accusation scandaleuse selon laquelle l'Église romaine se serait éloignée de la foi catholique. Face à l'acte schismatique de consécration épiscopale accompli sans l'accord préalable de la communion avec le Pape, il ne doit y avoir aucune ambiguïté. En matière pastorale et liturgique, on peut agir avec sensibilité pastorale. Je propose la création d'une commission, sur le modèle de l'ancienne Ecclesia Dei , afin de permettre à ceux qui ont adopté cette position schismatique de revenir en pleine communion avec le Pape. Mais la frontière du schisme est définitivement franchie lorsque le ministère de l'évêque de Rome, principe visible et fondement durable de l'unité de l'Église dans la vérité révélée, est violé. Lors du concile de Trente, l'éminent cardinal polonais Stanislas Hosius a déclaré aux protestants de son époque – et ses paroles s'appliquent tout autant aux lefebvristes d'aujourd'hui :
Catholicus non est, qui a Romana ecclesia in fidei doctrina discordat.
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Nunc scio vere (Introït pour la fête des saints Pierre et Paul)
Introitus Introit Act. 12, 11 Act. 12,11 NUNC scio vere, quia misit Dóminus Angelum suum: et erípuit me de manu Heródis, et de omni exspectatióne plebis Iudæórum. Ps. 138, 1-2 Dómine, probásti me, et cognovísti me: tu cognovísti sessiónem meam, et resurrectiónem meam. ℣. Glória Patri. Maintenant, je reconnais d’une manière certaine que le Seigneur a envoyé Son ange : qu’Il m’a arraché de la main d’Hérode et à toute l’attente du peuple juif. Ps. 138, 1-2. Seigneur, Tu m'as sondé, et Tu me connais : Tu sais quand je m’assieds, et quand je me lève. Les pièces grégoriennes de la fête des saints Pierre et Paul (Una Voce)
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Omnes gentes plaudite manibus (Introït du 13e dimanche du TO)
Introitus Introït Ps. 46, 2 OMNES gentes, pláudite mánibus: iubiláte Deo in voce exsultatiónis. Ps. ibid., 3 Quóniam Dóminus excélsus, terríbilis: Rex magnus super omnem terram. ℣. Glória Patri. Nations, battez toutes des mains ; célébrez Dieu par des cris d’allégresse. Ps. Car le Seigneur est très haut et terrible, roi suprême sur toute la terre. ℣. Gloire au Père. -
Le cardinal Müller bouscule le consistoire : « Nous devons répondre à la Fraternité Saint-Pie X »
De Nico Spuntoni dans Il Giornale :
Le cardinal Müller bouscule le consistoire : « Nous devons répondre à la Fraternité Saint-Pie X »
Müller bouleverse immédiatement le Consistoire : « Nous devons répondre aux lefebvristes. » Il propose également une nouvelle Ecclesia Dei pour accueillir les dissidents.
Léon XIV avait demandé aux cardinaux de s'exprimer en toute franchise. Certains l'ont pris au mot. Comme nous pouvons le révéler, bien que l'ordre du jour ne mentionnât pas le schisme imminent impliquant les lefebvristes, un cardinal profita du temps de parole réservé aux interventions individuelles dès le premier jour du consistoire pour souligner le problème évident : le défi ouvert lancé à Rome par la Fraternité Saint-Pie-X.
L'intervention
À la veille du consistoire, la fraternité fondée par l'archevêque Marcel Lefebvre a lancé un nouveau défi au pape et aux cardinaux en leur envoyant une profession de foi qui, en substance, accuse Rome de s'être éloignée de la tradition et du magistère éternels de l'Église.
Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a insisté pour que ce j'accuse soit fermement rejeté. Il a proposé qu'une réponse formelle aux lefebvristes soit préparée, réaffirmant que Rome n'a jamais abandonné la voie de la Tradition, contrairement à leurs allégations. Son intervention était d'autant plus significative qu'il avait dirigé le dicastère chargé des questions découlant précisément de cette rupture.
Une nouvelle Ecclesia Dei
Le cardinal a également abordé les implications d'un des scénarios que nous avons rapportés ces derniers jours : si la Fraternité Saint-Pie X entrait formellement en schisme suite à la consécration épiscopale de nouveaux évêques sans mandat pontifical, de nombreux lefebvristes devraient chercher à se réconcilier avec Rome.
Il a donc souligné la nécessité de préparer leur accueil, proposant une structure calquée sur la Commission pontificale Ecclesia Dei , créée en 1988 par saint Jean-Paul II pour accueillir ceux qui souhaitaient revenir en pleine communion avec Rome après les consécrations épiscopales illicites de l'archevêque Lefebvre.
La question de l'accueil des personnes qui quittent la Compagnie est devenue une préoccupation majeure, déjà examinée par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Parmi les membres, l'inquiétude grandit face à la perspective d'une excommunication qui, contrairement à il y a trente-huit ans, pourrait ne plus se limiter aux évêques ayant procédé à des consécrations illicites.
Si la sanction ne visait que les évêques, par exemple, le père Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X et principal défenseur de sa position intransigeante, ne serait pas concerné. À l'heure actuelle, cependant, la réaction précise de l'ancien Saint-Office reste incertaine. Néanmoins, on s'attend à ce qu'un certain nombre de prêtres, de religieux et de religieuses quittent l'ordre schismatique et demandent leur rétablissement en pleine communion avec Rome.
Liturgie
Grâce au travail accompli à l'époque par la Commission pontificale Ecclesia Dei , l'Église compte aujourd'hui des instituts qui célèbrent la liturgie traditionnelle tout en restant en pleine communion avec Rome et en reconnaissant le concile Vatican II. Ecclesia Dei a été supprimée par le pape François en 2019.
En 2021, de nouvelles restrictions concernant la célébration de la liturgie traditionnelle ont été introduites par le décret Traditionis Custodes . Aujourd'hui, cependant, une approche plus tolérante semble gagner du terrain au sein du Collège des cardinaux. Cela s'explique en partie par le fait que, comme l'a révélé la correspondante du Vatican, Diane Montagna, il y a environ un an, la majorité des évêques consultés avant la publication du décret s'étaient opposés aux restrictions proposées.
L'intervention de Müller, comme les autres, fut accueillie par un silence complet durant les débats. Pourtant, selon certaines sources, après la clôture de la séance, plusieurs cardinaux de tous bords théologiques semblèrent approuver ses propos et apprécièrent la franchise du prélat allemand, largement considéré comme l'une des figures les plus influentes du Collège, tant par son érudition que par sa carrière ecclésiastique.
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Notre-Dame du Perpétuel Secours (27 juin)
(source) Sous ce titre glorieux, on vénère à Rome une image byzantine de la Sainte Vierge Marie, datant du XIIIème ou du XIVème siècle. Conservée autrefois en l’église saint Matthieu sur l’Esquilin, l’image miraculeuse était peu à peu tombée dans l’oubli, quand en 1866, le pape Pie IX la confia aux rédemptoristes, qui célébraient sa fête. Notre-Dame du Perpétuel Secours est invoquée aujourd’hui dans la plupart des églises d’Occident.Du blog du Mesnil Marie :
En ce 27 juin, tous les dévots enfants de Marie ont à cœur de fêter Notre-Dame du Perpétuel Secours.
Histoire de l’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours :
L’image connue sous le nom de Notre-Dame du Perpétuel Secours est une icône réalisée dans un style byzantin relativement tardif (du XIIIe ou du XIVe siècle), qui s’inspire du modèle dit « Madone de saint Luc » mais plus exactement selon un type iconographique connu en Orient sous le nom de Mère de Dieu de la Passion (il s’agit donc d’une Vierge de Compassion, ce pourquoi nous avons une très grande vénération pour elle en notre Mesnil-Marie, où nous célébrons cette fête sous le rit double de 2ème classe).
Cette icône qui se trouve aujourd’hui à Rome (dans l’église Saint-Alphonse, via Merulana, photo ci-dessus), n’y a pas toujours été : elle était préalablement honorée dans une église de Crète.
Lorsque, au XVe siècle, l’île fut envahie par les Turcs, persécuteurs de chrétiens et destructeurs de nombreuses églises, beaucoup s’enfuirent. L’un d’eux – un marchand, selon la tradition – prit la sainte image, et s’embarqua avec son trésor pour l’Italie. Il fut reçu à Rome par un ami, marchand lui aussi, chez lequel il tomba malade et mourut. Avant de rendre le dernier soupir, il confia l’icône à cet ami en lui demandant de la donner à une église où elle serait convenablement honorée.
Le marchand romain, sous la pression de son épouse (qui souhaitait garder le précieux tableau chez elle), tarda à accomplir la dernière demande de son ami, et il fallut que la Vierge Marie Elle-même se manifestât par des apparitions. Elle fit savoir qu’elle voulait être honorée sous le vocable de « Notre-Dame du Perpétuel Secours », et désigna l’endroit où elle voulait que la sainte icône fût exposée : l’église Saint-Matthieu, sur le Mont Esquilin, toute proche de la Basilique de Sainte Marie Majeure, et desservie par les moines de Saint Augustin.
Elle y fut placée avec de grands honneurs en 1499 et y demeura pendant trois siècles, objet d’une grande vénération.
En 1798, les troupes de la révolution française envahirent et occupèrent Rome, où 45 églises furent détruites. L’église Saint-Matthieu était de ce nombre et la communauté des moines augustins, desservants du sanctuaire, fut chassée.
Les religieux emportèrent le tableau mais les malheurs de ce temps, la persécution, puis l’extinction progressive des religieux qui connaissaient l’histoire du tableau, eurent pour conséquence qu’on en perdit la trace… au point qu’on le crut à jamais disparu.
En 1863, un prêtre rédemptoriste qui, lorsqu’il était enfant, avait servi la messe du dernier moine augustin survivant de la communauté de Saint-Matthieu, réalisa, à la suite d’un providentiel concours de circonstances, que l’antique image dont on déplorait la perte était celle qu’il avait vue dans son enfance dans le petit oratoire du vieux moine ; il se souvint que celui-ci lui avait un jour dit qu’elle avait été très vénérée et avait accompli de grands miracles.
Le Bienheureux Pie IX en fut instruit : il la fit rechercher pour qu’elle soit confiée aux religieux rédemptoristes dont l’église, placée sous le vocable de Saint Alphonse de Ligori, avait été édifiée précisément sur l’ancien emplacement de l’église Saint-Matthieu.
Lors de la cérémonie d’installation du tableau de Notre-Dame du Perpétuel Secours dans l’église Saint-Alphonse, deux guérisons miraculeuses furent dûment constatées : celle d’un garçon de quatre ans, et celle d’une fillette de huit ans.
Depuis lors le culte de l’icône miraculeuse reprit de l’essor et de nombreuses faveurs spirituelles et temporelles en furent la conséquence.
Description et explication de la Sainte Image :
Le tableau n’a guère que cinquante centimètres de haut et quarante de large. Sur un fond d’or éclatant, est représentée la Vierge Marie, portant sur son bras gauche l’Enfant Jésus. Un voile bleu foncé couvre sa tête et s’avance de manière à ne laisser entrevoir que la partie extrême du bandeau qui entoure son front. Sa tunique est de couleur rouge, avec des ourlets brodés d’or, comme ceux du voile. L’auréole assez large qui enveloppe sa tête, est ornée de dessins finement travaillés. Au-dessous de l’auréole, sur la partie supérieure du voile, apparaît une étoile rayonnante. Les plis et les ombres des vêtements sont indiqués par les filets d’or. Au-dessus de la Madone, on lit ces quatre lettres, MP. ThV., initiales et finales des mots grecs signifiant : Mère de Dieu. La robe pourpre de la Vierge est le symbole de son ardent amour, alors que le manteau sombre qui l’enveloppe est le signe de sa douloureuse union aux souffrances de son Fils.
Le divin Enfant est dans les bras de sa Mère ; mais, au lieu d’arrêter sur elle son regard, il rejette la tête un peu en arrière et tourne les yeux du côté gauche, vers un objet qui, en le préoccupant vivement, répand sur son doux visage un certain sentiment de frayeur. Ses deux petites mains serrent la main droite de sa mère, comme pour implorer sa protection. Il est revêtu d’une robe verte, retenue par une ceinture rouge, et cachée en partie sous un grand manteau d’un jaune presque brun. La couleur verte représente l’éternité et la divinité du Verbe, tandis que le manteau symbolise son humanité, qui a en quelque sorte enveloppé et voilé cette divinité aux yeux de ses contemporains.
Sa tête est aussi entourée d’une auréole, un peu moins large et moins ouvragée que celle de la Madone. Au-dessus de son épaule gauche, on lit ces autres lettres grecques Is. Xs., c’est-à-dire Jésus-Christ. La pose de l’Enfant Jésus ainsi que le sentiment d’effroi peint dans tous ses traits, sont motivés par la présence d’un ange placé un peu plus haut, à gauche, et tenant dans les mains une croix surmontée d’un titre, qu’il présente à l’Enfant avec quatre clous. Au-dessus de l’envoyé céleste on trouve aussi les initiales de son nom : O. A. G. Elles signifient : L’Archange Gabriel. A la même hauteur, à droite de la Madone, on voit un autre ange portant dans ses mains un vase, d’où s’élèvent la lance et le roseau surmonté de l’éponge. Au-dessus de sa tête, on lit : O. A. M., c’est-à-dire : L’Archange Michel. Les deux Archanges porteurs des instruments de la Passion sont là pour montrer que le Christ, dès le premier instant de son Incarnation, était résolument orienté vers le mystère de la Rédemption, qu’il accomplirait le Vendredi Saint. Toutefois dans la sensibilité de sa nature humaine, Jésus-Christ était effrayé par les horribles supplices de la Passion et c’est ce qu’exprime son attitude : il a couru – tellement que sa sandale s’est détachée – chercher refuge dans les bras de sa Mère… non pas pour se dérober à sa mission, mais parce qu’il veut aussi pour cette mission recevoir l’aide et la compassion des âmes aimantes.
L’élan de Jésus vers sa Mère, et la tendre pression de leurs mains unies, nous disent que Marie fut pleinement associée par son divin Fils, dès avant le Calvaire, à ses souffrances et à son œuvre de rédemption. Jésus, de son côté, en se réfugiant dans les bras de sa Mère, nous apprend que ce cœur maternel est notre refuge assuré, perpétuellement offert à nos craintes et à nos afflictions. Ses mains abandonnées entre les mains de Marie nous disent que celles-ci disposent de sa toute-puissance. Dans le regard de Marie dirigé vers les assistants, comme dans toute sa physionomie, on sent je ne sais quelle indéfinissable et douce tristesse, mêlée à une tendre compassion. Elle aussi a vu la croix qu’on présente à son Fils ; son cœur souffre, mais avec calme, sérénité, et avec une compréhension pleinement surnaturelle des événements de la vie de son Fils! L’effroi du divin Enfant, en présence des instruments de supplice qu’on lui montre, ont rappelé à Marie ses autres enfants de la terre, qui cheminent péniblement, « dans cette vallée de larmes« , et que leur croix de chaque jour accable si souvent. Pénétrée de compassion, la Vierge semble nous adresser ces consolantes paroles : « Ayez confiance en moi ! J’ai souffert, et je sais compatir ; je suis forte, et je puis secourir. Vous tous qui suivez, sur la terre, la voie qu’a suivie mon Fils, ayez confiance : je suis la toute compatissante, je suis la Mère du Perpétuel-Secours ! »
Et comme il l’a souvent été dit : pour bénéficier largement de ce perpétuel secours, il ne faut pas se lasser de le demander par un perpétuel recours.
Prière à Notre-Dame du Perpétuel Secours :
O Très Sainte Vierge Marie,
qui, pour nous inspirer une confiance sans bornes, avez voulu prendre le nom si doux de Mère du Perpétuel-Secours, je vous supplie de me secourir en tout temps et en tout lieu : dans mes tentations, après mes chutes, dans mes difficultés, dans toutes les misères de la vie et surtout au moment de ma mort.
Donnez-moi, ô charitable Mère, la pensée et l’habitude de recourir toujours à vous, car je suis sûr que, si je vous invoque fidèlement, vous serez fidèle à me secourir.
Procurez-moi donc cette grâce des grâces : la grâce de vous prier sans cesse et avec la confiance d’un enfant, afin que, par la vertu de cette prière fidèle, j’obtienne votre Perpétuel Secours et la persévérance finale.
Bénissez-moi, ô tendre et secourable mère, et priez pour moi, maintenant et à l’heure de ma mort.Ainsi soit-il !