Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Doctrine

  • Sacres épiscopaux : le cardinal Sarah exprime son inquiétude et sa profonde tristesse

    IMPRIMER

    Le Cardinal Sarah sur X :

    « Aussi je veux dire ma vive inquiétude et ma tristesse profonde en apprenant l'annonce par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, fondée par Mgr Lefebvre, de procéder à des ordinations épiscopales sans mandat pontifical. »

    Le texte de la tribune publiée par le Cardinal Sarah sur le Journal du Dimanche est relayé par le site InfoVaticana :

    Avant qu'il ne soit trop tard ! L'appel à l'unité du cardinal Robert Sarah 

    « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Par ces mots, Pierre, interrogé par le Maître sur sa foi en Lui, exprime succinctement l’héritage que l’Église, par la succession apostolique, a sauvegardé, approfondi et transmis pendant deux mille ans : Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, c’est-à-dire l’unique Sauveur. « Ces paroles claires du pape Léon XIV sur la foi de Pierre, le lendemain de son élection, résonnent encore en moi. » Le Saint-Père résume ainsi le mystère de la foi que les évêques, successeurs des apôtres, ne doivent jamais cesser de proclamer. Or, où trouver Jésus-Christ, l’unique Rédempteur ? Saint Augustin nous répond clairement : « Là où est l’Église, là est le Christ. » Dès lors, notre souci du salut des âmes se traduit par notre engagement à les conduire à l’unique source, qui est le Christ, qui se donne lui-même dans son Église. Seule l’Église est le chemin ordinaire du salut. C’est donc le seul lieu où la foi est transmise dans son intégralité. C’est le seul lieu où la vie de grâce nous est pleinement donnée par les sacrements. Dans l’Église, il existe un centre, un point de repère incontournable : l’Église de Rome, gouvernée par le Successeur de Pierre, le Pape. « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Mt 16, 18).

    Abandonner la barque de Pierre, c'est se rendre aux vagues de la tempête.

    Je tiens à exprimer ma profonde inquiétude et ma profonde tristesse en apprenant l'annonce de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, fondée par l'archevêque Lefebvre, de procéder aux ordinations épiscopales sans mandat pontifical.

    On nous dit que cette décision, qui enfreindrait le droit canonique, est motivée par la loi suprême du salut des âmes : « suprema lex, salus animarum » . Or, le salut est le Christ, et il ne se donne que dans l’Église. Comment peut-on prétendre conduire les âmes au salut par d’autres voies que celles qu’il nous a lui-même montrées ? Chercher le salut des âmes, est-ce déchirer le Corps mystique du Christ d’une manière potentiellement irréversible ? Combien d’âmes risquent d’être perdues à cause de cette nouvelle rupture ?

    On nous dit que cet acte vise à défendre la Tradition et la foi. Je sais combien le dépôt de la foi est parfois méprisé aujourd'hui par ceux qui ont pour mission de le défendre. Je sais que certains oublient que seule la chaîne ininterrompue de la vie de l'Église, la proclamation de la foi et la célébration des sacrements, que nous appelons Tradition, nous garantissent que ce que nous croyons est le message originel du Christ transmis par les apôtres. Mais je sais aussi, et je crois fermement, qu'au cœur de la foi catholique se trouve notre mission de suivre le Christ, qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort. Pouvons-nous vraiment nous passer de suivre le Christ dans son humilité jusqu'à la Croix ? N'est-ce pas trahir la Tradition que de se réfugier dans des moyens humains pour maintenir nos œuvres, même si elles sont bonnes ?

    Notre foi surnaturelle en l'indéfectibilité de l'Église peut nous amener à dire avec le Christ : « Mon âme est accablée de tristesse jusqu'à la mort » (Mt 26, 38), lorsque nous constatons la lâcheté de chrétiens, voire de prélats, qui renoncent à l'enseignement du dépôt de la foi et préfèrent leurs opinions personnelles en matière de doctrine et de morale. Mais la foi ne saurait jamais nous conduire à désobéir à l'Église. Sainte Catherine de Sienne, qui n'hésitait pas à exhorter les cardinaux et même le Pape, s'écriait : « Obéissez toujours au pasteur de l'Église, car il est le guide que le Christ a établi pour conduire les âmes à lui. » Le salut des âmes ne saurait jamais se faire au prix d'une désobéissance délibérée, car il est une réalité surnaturelle. Ne réduisons pas le salut à un jeu mondain de pression médiatique.

    Qui peut nous assurer que nous sommes véritablement en contact avec la source du salut ? Qui peut garantir que nous ne prenons pas nos propres opinions pour la vérité ? Qui peut nous protéger du subjectivisme ? Qui peut garantir que nous demeurons nourris par l’unique Tradition qui nous vient du Christ ? Qui peut nous assurer que nous n’anticipons pas la Providence et que nous continuons de suivre sa voie ? À ces questions lancinantes, il n’y a qu’une seule réponse, donnée par le Christ aux apôtres : « Celui qui vous écoute m’écoute. Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchés, ils leur seront pardonnés ; ceux à qui vous ne les pardonnerez pas, ils ne leur seront pas pardonnés » (Lc 10, 16 ; Jn 20, 23). Comment pouvons-nous supporter la responsabilité de nous éloigner de cette unique certitude ?

    On nous dit que cela se fait par fidélité au Magistère précédent, mais qui peut le garantir sinon le Successeur de Pierre lui-même ? C’est là une question de foi. « Quiconque désobéit au Pape, représentant du Christ sur terre, ne participera pas au sang du Fils de Dieu », disait aussi sainte Catherine de Sienne. Il ne s’agit pas d’une fidélité terrestre à un homme et à ses idées personnelles. Il ne s’agit pas d’un culte de la personnalité autour du Pape. Il ne s’agit pas d’obéir au Pape lorsqu’il exprime ses propres idées ou opinions. Il s’agit d’obéir au Pape lorsqu’il dit, comme Jésus : « Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé » (Jn 7, 16).

    Il s'agit d'une perspective surnaturelle sur l'obéissance canonique, qui garantit notre lien avec le Christ lui-même. C'est la seule garantie que notre combat pour la foi, la morale catholique et la Tradition liturgique ne se détournera pas vers l'idéologie. Le Christ ne nous a donné aucun autre signe certain. Abandonner la Barque de Pierre et s'organiser de manière autonome et repliée sur soi revient à se laisser submerger par la tempête.

    Je sais pertinemment que souvent, même au sein de l'Église, des loups se déguisent en brebis. Le Christ lui-même ne nous a-t-il pas mis en garde contre cela ? Mais le meilleur rempart contre l'erreur demeure notre lien canonique avec le Successeur de Pierre. « C'est le Christ lui-même qui veut que nous restions unis et que, même blessés par les scandales des mauvais pasteurs, nous n'abandonnions pas l'Église », nous dit saint Augustin. Comment rester insensibles à la prière angoissée de Jésus : « Père, qu'ils soient un comme nous sommes un » (Jn 17, 22) ? Comment continuer à déchirer son Corps sous prétexte de sauver des âmes ? N'est-ce pas lui, Jésus, qui sauve ? Sommes-nous, avec nos institutions, ceux qui sauvent les âmes ? N'est-ce pas par notre unité que le monde croira et sera sauvé ? Cette unité est avant tout celle de la foi catholique ; elle est aussi celle de la charité ; et elle est, enfin, celle de l'obéissance.

    Je voudrais rappeler que saint Padre Pio de Pietrelcina fut injustement condamné par les hommes d'Église de son vivant. Dieu lui avait accordé une grâce particulière pour secourir les âmes des pécheurs, mais il lui fut interdit d'entendre les confessions pendant douze ans. Qu'a-t-il fait ? A-t-il désobéi au nom du salut des âmes ? S'est-il rebellé au nom de la fidélité à Dieu ? Non ; il est resté silencieux. Il a embrassé une obéissance rigoureuse, certain que son humilité serait plus fructueuse que sa rébellion. Il a écrit : « Le Dieu bon m'a fait comprendre que l'obéissance est la seule chose qui lui plaise ; c'est pour moi le seul moyen d'espérer le salut et de chanter la victoire. »

    Nous pouvons affirmer que le meilleur moyen de défendre la foi, la Tradition et la liturgie authentique sera toujours de suivre le Christ en lui obéissant. Le Christ ne nous commandera jamais de rompre l’unité de l’Église.

     

  • Comment, après un temps de coopération, l’Église et la modernité libérale ont rompu les amarres

    IMPRIMER

    Une tribune de Paul Airiau sur aleteia.org :

    Comment le fossé s’est creusé entre l’Église et la modernité libérale

    21/02/26

    Après un temps de coopération, l’Église et la modernité libérale ont rompu les amarres, analyse l’historien Paul Airiau, le libéralisme culturel ayant abandonné toute régulation par une morale naturelle universelle.

    Si rien n’est jamais joué d’avance, il n’empêche : la proposition de loi sur l’euthanasie paraît bien partie pour être adoptée avant la fin de l’année, quelles que puissent être les péripéties parlementaires à venir (sauf dissolution surprise…), tant les partisans de l’euthanasie trouvent des relais dans le personnel politique, pour de multiples raisons. Au-delà des enjeux immédiats, cette histoire inachevée est en fait une nouvelle étape française dans la déliaison en matière de mœurs entre la législation d’ici-bas et les principes catholiques. Doucettement entamée avec la légalisation du divorce sous la Révolution (1792), partiellement relancée avec la républicanisation de la République (en 1884, relégalisation du divorce aboli en 1816), elle s’est accélérée à partir du milieu des années 1960 puis de la fin des années 1990. Les étapes en sont autant de défaites successives pour une Église plus ou moins intensément mobilisée : légalisation de la contraception (1967), dépénalisation de l’avortement (1975), diffusion de la fécondation in vitro au début des années 1980, pacte civil de solidarité (1999), fin de la distinction de sexe comme constitutive du mariage (2013), extension de la PMA aux couples de même sexe et aux femmes seules (2021), constitutionnalisation de l’avortement (2024).
    Le temps du partenariat

    Cette évolution n’est pas propre à la France, elle s’observe dans nombre d’autres pays. Une faille se creuse ainsi de plus en plus entre l’Église et une modernité libérale qui se déploie en libéralisme culturel justifiant la reconnaissance légale des modes de réalisation de soi. L’autonomie individuelle et l’oblitération de toute hiérarchisation du jugement moral fondent désormais des législations déliées de toute régulation antérieure, extérieure et supérieure à l’ici-bas de la société. Or, pour l’Église, la modernité libérale trahit ainsi en partie le partenariat qui s’était en partie établi entre elles depuis la fin des années 1930.

    En effet, à la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l’Église s’était constituée comme intransigeante, antimoderne, refusant et condamnant le libéralisme en toutes ses déclinaisons, philosophique, politique, économique… Elle avait promu la construction d’une modernité alternative qui prouverait la justesse de ses positions, ouvrant la dynamique d’un engagement militant multiforme. Cependant, les totalitarismes fasciste, nazi et communiste des années 1930 avaient montré l’intérêt d’une démocratie libérale, dans son acception occidentale de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Malgré son refus de la régulation catholique de la législation, elle garantissait au moins la liberté de conscience, de culte, d’enseignement, le droit d’association, les relations libres entre évêques et Saint-Siège. Qui plus est, face au soviétisme conquérant d’après 1945, elle devenait, dans une certaine mesure, bonne en tant que telle, car elle était capable d’intégrer qu’il existe des normes limitant la toute-puissance étatique et la propension unanimiste de la démocratie — soit l’État de droit — et que qu’elle devait avoir une dimension de justice sociale.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • « Si la Fraternité Saint-Pie X veut avoir un impact positif sur l'histoire de l'Église, elle ne peut pas lutter à distance, depuis l'extérieur, pour la vraie foi contre l'Église unie au pape... » (Cardinal Müller)

    IMPRIMER

    De kath.net/news :

    La Fraternité Saint-Pie X et son unité avec l'Église

    21 février 2026

    « Si la Fraternité Saint-Pie X veut avoir un impact positif sur l'histoire de l'Église, elle ne peut pas lutter à distance, depuis l'extérieur, pour la vraie foi contre l'Église unie au pape... » Par le cardinal Gerhard Müller, Rome

    Vatican (kath.net) Lors de sa réunion à Menzingen le 18 février 2026, le Conseil général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X a publié une réponse au cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi.

    Cette réponse fait référence au long cheminement du dialogue intense entre le Saint-Siège et la Fraternité jusqu'à la date fatidique du 6 juin 2017. Elle se poursuit par une attribution sévère de la responsabilité exclusive de l'échec de ce dialogue, qui était selon elle prometteur, en affirmant : « Mais tout s'est finalement terminé de manière drastique par une décision unilatérale du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Müller, qui a solennellement défini à sa manière les conditions minimales nécessaires à la pleine communion avec l'Église catholique, dans laquelle il a explicitement inclus l'ensemble du concile et le « post-concile ».

    Comme il s'agit ici du bien précieux qu'est l'unité de l'Église catholique, que nous professons tous dans la foi, les sensibilités personnelles doivent passer au second plan. 

    L'histoire de l'Église nous enseigne comment, contrairement aux hérésies, des schismes ont également vu le jour et se sont consolidés parmi les catholiques orthodoxes. Cela s'explique par des insuffisances humaines, des dogmatismes théologiques et un manque de sensibilité de la part de l'autorité légitime. Rappelons-nous les donatistes, auxquels saint Augustin a dû faire face, la controverse autour du jansénisme, qui a conduit au schisme d'Utrecht avec la consécration illégitime de Cornelius Steenoven (15 octobre 1724) et aux vieux-catholiques après le premier concile du Vatican avec la consécration illégitime de l'évêque Hubert Reinkens (11 août 1873), ce groupe ayant toutefois sombré dans l'hérésie en niant formellement le dogme de l'infaillibilité du pape romain et de sa primauté juridictionnelle.

    Mais il existe des critères clairs pour l'orthodoxie catholique et l'appartenance pleine et entière à l'Église catholique, formulés dès le début du IIe siècle par l'évêque martyr Ignace d'Antioche, puis précisés au fil du temps, notamment lors du concile de Trente contre les protestants. Cela inclut essentiellement la pleine communion avec l'Église universelle et en particulier avec le collège épiscopal, qui a dans le pape de Rome, successeur personnel de saint Pierre, son principe et fondement perpétuel et visible de l'unité dans la vérité révélée. Même si d'autres communautés ecclésiales peuvent prétendre être catholiques parce qu'elles sont en accord total ou presque total avec la foi de l'Église catholique, elles ne sont pas catholiques si elles ne reconnaissent pas et ne pratiquent pas formellement le pape comme autorité suprême et l'unité sacramentelle et canonique avec lui.

    Il ne fait aucun doute que la Fraternité Saint-Pie X est en accord avec la foi catholique sur le fond (à l'exception du Concile Vatican II, qu'elle interprète à tort comme une déviation par rapport à la tradition). Et s'ils ne reconnaissent pas le concile Vatican II dans son intégralité ou en partie, ils se contredisent eux-mêmes, car ils affirment à juste titre que le concile Vatican II n'a pas présenté de nouvelle doctrine sous la forme d'un dogme défini que tous les catholiques doivent croire. Le concile lui-même est clairement conscient qu'il s'inscrit dans la lignée de tous les conciles œcuméniques, en particulier du concile de Trente et du concile Vatican I. Il s'agissait uniquement de présenter à nouveau aux fidèles, de manière dogmatique et dans leur contexte global, la doctrine toujours valable sur la révélation divine (Dei verbum) et l'Église du Dieu trinitaire (Lumen gentium). La liturgie ne devait pas non plus être réformée, comme si elle était dépassée. Contrairement au discours progressiste, l'Église n'a pas besoin de subir des cures de jouvence médicales, comme dans un processus de vieillissement biologique. Car elle a été fondée une fois pour toutes par le Christ, parce que dans sa personne divine, toute nouveauté est venue dans le monde de manière inégalable et reste présente dans l'enseignement, la vie et la liturgie de l'Église jusqu'à son retour à la fin de l'histoire (Irénée de Lyon, Contre les hérésies IV, 34, 1). L'Église, corps du Christ et temple du Saint-Esprit, est jeune et vivante jusqu'au jour du Jugement dernier (même si certains en paraissent vieux par leur incrédulité et leurs péchés, c'est-à-dire parce qu'ils ne veulent pas vaincre le vieil Adam en eux).

    La substance même des sacrements et leur forme essentielle nous sont données et soustraites à toute intervention de l'Église (Concile de Trente, Décret sur la communion sous une seule espèce, 2e chapitre : DH 1728), tandis que l'autorité ecclésiastique est habilitée à en déterminer la forme rituelle, non pas de manière arbitraire et autoritaire, mais en tenant compte des traditions ecclésiastiques établies et de la sensibilité et du sens de la foi des fidèles. C'est pourquoi, à l'inverse, l'affirmation selon laquelle la liturgie latine selon le Missale et le Rituale Romanum (selon le rite antiquior) serait illégitime parce que la loi de la prière est la loi de la foi (Ps-Coelestin, Indiculus, chap. 8 : DH 246) est théologiquement fausse. Ce principe se réfère au contenu de la foi qui s'exprime dans les sacrements, et non à leur forme rituelle extérieure, qui a connu de nombreuses variations au cours de l'histoire de l'Église jusqu'à aujourd'hui. À cet égard, tout catholique est en droit de critiquer le motu proprio « Traditionis custodes » (2021) et sa mise en œuvre souvent indigne par des évêques dépassés spirituellement, ainsi que leur argumentation théologique déficiente et leur imprudence pastorale. Mais aussi le doute que la Sainte Messe selon le Missel de Paul VI (par exemple en raison de la possibilité de concélébration, de l'orientation de l'autel, de l'utilisation de la langue nationale) contredit la tradition de l'Église en tant que critère normatif d'interprétation de la Révélation (et serait imprégnée d'idées maçonniques) est théologiquement aberrante et indigne d'un catholique sérieux. Les abus liturgiques qui se produisent effectivement (messes de carnaval, drapeau arc-en-ciel athée dans l'église, modifications arbitraires selon les goûts personnels) ne sont pas imputables au rite du Novus Ordo ni même au concile, mais à ceux qui, par ignorance ou par frivolité, se rendent gravement coupables de ces blasphèmes et abus liturgiques devant Dieu et l'Église.

    Lire la suite

  • "La Nef" analyse la décision de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

    IMPRIMER

    À propos des sacres annoncés par la Fraternité Saint-Pie X

    La Fraternité Saint-Pie X a annoncé le 2 février 2026 son intention de consacrer des évêques le 1er juillet 2026 sans mandat pontifical. 

    Le 12 février a eu lieu à Rome une rencontre entre le cardinal Fernandez, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la foi, et l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, en vue d’ouvrir une voie de dialogue et éviter de nouveaux sacres. 

    Le 18 février, l’abbé Pagliarani et ses assistants ont adressé un courrier au cardinal Fernandez, rendu public le lendemain, maintenant les consécrations épiscopales au 1er juillet, actant qu’un accord doctrinal avec Rome était impossible.

    - Nous soumettons à votre lecture un grand article de François de Lacoste Lareymondie : il s'agit d'une étude canonique répondant aux arguments des supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X qui essayaient de justifier l'acte de nature schismatique que sont des ordinations épiscopales sans mandat pontifical, invoquant notamment l’état de nécessité pour le salut des âmes : à lire ici

    - Dans un autre articlele père Cyrille, moine du Barroux, présente le cas historique intéressant de Mgr de Miollis et du concile de Paris (1811), exemple qui permet de mieux comprendre que l’on ne peut faire des évêques catholiques sans le pape : à lire ici

    - Christophe Geffroy a été interrogé par KTO le 11 février dernier pour analyser les enjeux de l'annonce des sacres : vidéo à regarder ici

    - Christophe Geffroy a été interrogé par RCF/Radio Notre-dame le 12 février, dans le cadre d’un débat avec l’historien Paul Airiau : vidéo à regarder ici

  • Le progressisme évolue vers un sacerdoce temporel et nous ne nous en rendons pas compte

    IMPRIMER

    Temporel : qui est du domaine du temps, des choses qui passent (opposé à éternel).

    De Miguel Escrivá sur InfoVaticana :

    Le progressisme évolue vers un sacerdoce temporel et nous ne nous en rendons pas compte

    Dans le document de travail de Convivium, le rassemblement sacerdotal organisé en grande pompe pour glorifier le cardinal de Madrid, une section intitulée « Propositions particulières » mentionnait un sacerdoce « temporel ». Cette expression provoqua un scandale en raison de son caractère ouvertement hérétique : attribuer la temporalité au sacerdoce n’est pas un simple problème terminologique, mais une attaque contre le cœur même de la doctrine catholique sur l’ordre sacré. Dans certaines dynamiques ecclésiales, nul ne souhaite être stigmatisé et relégué au poste ingrat et marginal de vicaire. C’est peut-être pourquoi il fallut que ce soit Léon XIV lui-même (au grand dam même du théologien hétérodoxe Andrea Grillo, dont l’influence sur Traditionis Custodes est reconnue) qui, dans son message à Convivium, aborda la question et la clarifia pour les participants.

    « Il ne s’agit pas d’inventer de nouveaux modèles ni de redéfinir l’identité que nous avons reçue, mais de proposer à nouveau, avec une intensité renouvelée, le sacerdoce dans son essence la plus authentique – être alter Christus –, de le laisser façonner nos vies, unifier nos cœurs et donner forme à un ministère vécu dans l’intimité avec Dieu, le dévouement fidèle à l’Église et le service concret du peuple qui nous est confié. »

    Lire aussi : L’archidiocèse de Madrid intègre des propositions hérétiques dans les documents officiels de CONVIVIUM

    Le caractère indélébile : la participation à l'éternel

    L’Église n’a pas laissé cette question ambiguë. Le concile de Trente a défini le sacrement de l’Ordre comme imprimant un caractère indélébile. Cette expression n’est pas rhétorique. Le caractère sacramentel signifie une configuration stable du sujet au Christ. Il ne s’agit ni d’un mandat révocable ni d’une mission qui cesse au gré des besoins pastoraux. Il s’agit d’une transformation ontologique permanente.

    Le concile Vatican II a réaffirmé que le sacerdoce ministériel diffère fondamentalement du sacerdoce commun des fidèles. Il ne s’agit pas d’une question de degré au sein d’une même réalité, mais d’une différence de nature. Le prêtre n’est pas simplement un baptisé investi de responsabilités accrues ; il est un homme sacramentellement configuré au Christ, Tête et Pasteur.

    Le fondement biblique est clair : le Christ est prêtre « pour toujours » selon l’ordre de Melchisédek. La participation ministérielle à ce sacerdoce ne saurait être considérée comme intrinsèquement temporaire sans invalider l’analogie. Si ce qui est reçu est la participation à un sacerdoce éternel, cela ne peut se définir par sa fugacité.

    Parler d’un sacerdoce « temporaire » introduit une tension directe avec cette ontologie. S’il est temporaire par nature, il n’est pas immuable. S’il dépend structurellement d’une configuration historique susceptible de disparaître, alors ce qui est reçu n’est pas le caractère, mais la fonction.

    Réduction fonctionnelle : de l'ontologie à la communauté

    La tentation de privilégier l'aspect fonctionnel n'est pas nouvelle. Hans Küng insistait sur une interprétation du ministère centrée sur son développement historique et sa configuration communautaire. Pour Küng – et ses successeurs comme Grillo – l'accent n'est pas mis sur la négation pure et simple de son caractère sacramentel, mais sur la relativisation de sa formulation ontologique classique, en la présentant comme le fruit d'une évolution théologique ultérieure.

    Lorsque le ministère est présenté avant tout comme une structure façonnée par la communauté et ses besoins, l'attention se déplace. Ce qui importe, ce n'est plus la configuration ontologique reçue, mais la reconnaissance ecclésiale qui permet de servir. La logique sous-jacente est claire : si la communauté façonne le ministère en fonction des circonstances historiques, elle peut aussi le redéfinir structurellement.

    Ce schéma présente une ressemblance frappante avec la conception luthérienne. Chez Luther, il n'y a pas de différence ontologique entre ministre et laïc ; il s'agit d'une désignation fonctionnelle au sein du sacerdoce commun. Le ministre exerce une charge confiée par la communauté. Celle-ci n'est pas marquée par un caractère sacramentel permanent. Lorsque, dans le domaine catholique, on commence à parler de formes « temporaires » de sacerdoce, même présentées comme expérimentales ou « particulières », on entre dans cette même logique fonctionnelle et dans une situation de rupture.

    Il en résulte une mutation silencieuse : le prêtre cesse de se percevoir comme stablement configuré au Christ et commence à se voir comme le détenteur d'une carte lui permettant d'effectuer une mission structurelle.

    La discipline comme symptôme : de l'être au statut

    Ce changement ontologique a des effets visibles sur la pratique disciplinaire.

    Traditionnellement, des sanctions telles que l'excommunication ou la suspension affectaient l'exercice du ministère et la communion ecclésiale, mais non la nature sacramentelle du sacerdoce. Le prêtre excommunié demeurait prêtre. Le prêtre suspendu conservait sa configuration ontologique au Christ. La sanction soulignait précisément que le caractère du sacerdoce subsistait même lorsque son exercice était interdit.

    D'un point de vue traditionnel, la démission de l'état clérical est limitée à des circonstances très spécifiques et a toujours été appliquée avec parcimonie : l'abandon volontaire et définitif du ministère, accompagné d'une demande expresse de dispense ; les crimes extrêmement graves rendant le ministère public moralement incompatible ; et la rupture publique et persistante avec la foi. Dans ces cas, l'Église protège le bien commun et évite le scandale. Elle n'efface pas la personne – cela est impossible – mais elle la prive de ses droits et obligations légaux.

    Le problème réside dans la tentation récente de faire de la démission de l'état clérical une réponse quasi automatique aux crises médiatiques, aux conflits disciplinaires ou aux pressions extérieures qui pourraient être réglées par une suspension ou d'autres mesures correctives. C'est là que s'opère le changement de paradigme.

    Si le sacerdoce est perçu comme un caractère indélébile, la discipline en encadre l’exercice sans en altérer l’identité sacramentelle. La suspension est cohérente : elle limite les actions, elle ne redéfinit pas la personne. En revanche, si le sacerdoce est envisagé comme un statut fonctionnel, la démission devient un mécanisme logique : l’habilitation est retirée.

    Ces dernières années, la démission de l'état clérical est de plus en plus présentée comme une sanction plus sévère et s'ajoutant à l'excommunication et à la suspension, qui n'ont jamais entraîné la perte du statut clérical. Elle est perçue comme une sorte d'annulation définitive, presque comme si le sacerdoce lui-même avait disparu. Bien que le statut juridique demeure, l'imaginaire collectif l'associe à une « dé-sacerdoce », avec toutes les implications théologiques que cela comporte.

    Ce phénomène révèle une bureaucratisation du concept. Ce qui relève de l'ontologie est désormais géré comme une question administrative. Le langage sacramentel demeure dans les textes, mais la pratique véhicule autre chose : le sacerdoce est un statut que l'autorité confère et révoque.

    Conclusion : l’éternité ne peut être gérée comme une licence

    Si le sacerdoce est une participation stable à l’ordre éternel du Christ, l’Église encadre la conduite et réglemente les pratiques, mais n’en administre pas l’ontologie comme s’il s’agissait d’un contrat. L’introduction de la notion de sacerdoce « temporaire » ouvre la voie à une conception fonctionnelle qui érode la doctrine de son caractère indélébile.

    Réduire le sacerdoce à une réalité structurellement périssable revient à le faire passer de l'ordre de l'être à l'ordre de la fonction. Et lorsque l'ordre de l'être se dissout dans celui de la fonction, la discipline cesse de protéger une configuration sacramentelle permanente et se réduit à une simple gestion des titres et responsabilités. L'éternel devient alors soumis à la logique du statut.

  • Mgr Schneider répond au cardinal Fernandez au sujet de la FSSPX : les documents pastoraux de Vatican II peuvent être corrigés, seule la Parole de Dieu est immuable

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Mgr Schneider répond au cardinal Fernandez au sujet de la FSSPX : les documents pastoraux de Vatican II peuvent être corrigés, seule la Parole de Dieu est immuable.

    Près d'une semaine après la réunion de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) au Vatican, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana (Kazakhstan), a exprimé son désaccord avec l'affirmation du cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, selon laquelle les textes du Concile Vatican II « ne peuvent être modifiés ». Il a défendu l'idée que les expressions pastorales peuvent être révisées ou corrigées. Cette information est rapportée par le journaliste Niwa Limbu, du Catholic Herald, dans un message publié sur le réseau social X, où il présente des extraits d'une conversation avec le prélat.

    Lire aussi : Tucho qualifie la rencontre avec la FSSPX de cordiale, mais prévient : « Le dialogue ne se poursuivra que si les ordinations sont suspendues. »

    Schneider soutient que seule la Parole de Dieu est immuable au sens strict. « Seule la Parole de Dieu est immuable. La Bible est inaltérable car elle est la Parole de Dieu », affirme-t-il. Selon lui, la formulation du cardinal Fernández serait « totalement erronée » si elle était appliquée sans distinction aux textes conciliaires.

    Le caractère pastoral du Concile Vatican II

    L’évêque auxiliaire rappelle que saint Jean XXIII, en convoquant le concile Vatican II, a clairement indiqué qu’il ne s’agissait pas de définir de nouveaux dogmes ni de résoudre définitivement les questions doctrinales. Selon Mgr Schneider, le pape a expressément expliqué que le concile avait une finalité explicative et catéchétique, adaptée au langage de l’époque.

    Dans le même esprit, il cite Paul VI, qui aurait réaffirmé que le concile n'avait pas l'intention de proclamer des dogmes ni de définir définitivement des doctrines, mais que son caractère était plutôt « essentiellement pastoral ». Par conséquent, il soutient que les formulations pastorales — puisqu'elles ne constituent pas des définitions dogmatiques — pourraient être améliorées ou corrigées, étant donné leur nature circonstancielle.

    Schneider précise que les dogmes cités par Vatican II, tirés des conciles précédents, ne peuvent être modifiés. Il établit toutefois une distinction entre ces enseignements définitifs et les expressions pastorales propres au contexte historique du concile.

    L'exemple du quatrième concile du Latran

    Schneider mentionne le quatrième concile du Latran (1215), soulignant que certaines de ses dispositions pastorales seraient inacceptables aujourd'hui. Il fait notamment référence à l'obligation imposée à l'époque aux Juifs de porter des signes distinctifs dans les villes chrétiennes, qualifiant cette disposition de forme de discrimination.

    À partir de cet exemple, il soulève la question de savoir si de telles expressions conciliaires peuvent être corrigées. Selon son raisonnement, si l'on admet la possibilité de réviser les formulations pastorales des conciles précédents, on pourrait envisager la même option pour certaines expressions de Vatican II.

    L’évêque souligne ensuite la nécessité d’examiner honnêtement ce qu’il considère comme des « ambiguïtés évidentes et indéniables » dans certains textes conciliaires, et affirme que d’autres conciles œcuméniques ont procédé à des ajustements dans leurs déclarations pastorales.

    La situation de la FSSPX

    Schneider a évoqué la situation de la FSSPX en proposant qu'elle obtienne d'abord une régularisation canonique et que le dialogue doctrinal se poursuive ensuite.

    Selon lui, permettre à la Fraternité de partager sa réflexion pourrait contribuer à clarifier et à préciser les points controversés, pour le bien de toute l'Église. Enfin, il a exprimé son inquiétude face à ce qu'il a qualifié de comportement « dur » et « imprudent » de la part du Saint-Siège dans le traitement de cette question.

  • Sacres épiscopaux : la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X persiste et signe

    IMPRIMER

    Du site de la Maison généralice de la FSSPX :

    Communiqué de la Maison généralice : réponse de la Fraternité à Rome

    Source: FSSPX Actualités

    Communiqué concernant la réponse du Conseil général de la Fraternité Saint-Pie X à la proposition du Dicastère pour la Doctrine de la Foi.

    Lors de l’entrevue du 12 février dernier entre Monsieur l’abbé Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, et Son Éminence le cardinal Víctor Manuel Fernández, Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, organisée à la suite de l’annonce de futurs sacres épiscopaux pour la Fraternité, ce dernier avait proposé « un chemin de dialogue spécifiquement théologique, selon une méthodologie bien précise, […] pour mettre en évidence les minima nécessaires à la pleine communion avec l’Église catholique », conditionnant ce dialogue à la suspension des consécrations épiscopales annoncées.

    À la demande du Préfet du Dicastère, le Supérieur général a présenté cette proposition aux membres de son Conseil, et a pris le temps nécessaire pour l’évaluer.

    En date du 18 février, Monsieur l’abbé Pagliarani a fait parvenir sa réponse écrite au Cardinal, accompagnée de plusieurs annexes et signée par les cinq membres du Conseil général.

    La question étant désormais du domaine public, en raison de la communication publiée par le Saint-Siège le 12 février, il paraît opportun de rendre également public le contenu de cette lettre et de ses annexes, afin de permettre aux fidèles intéressés de connaître avec précision la réponse apportée. 

    Monsieur le Supérieur général confie cette situation à la prière des membres de la Fraternité et de tous les fidèles. Il demande que la prière du chapelet, ainsi que les sacrifices du Carême qui s’ouvre, soient tout spécialement offerts pour le Saint-Père, pour le bien de la sainte Église, et pour préparer dignement les âmes à la cérémonie du 1er juillet.

    Menzingen, le 19 février 2026

    Lettre de l’abbé Pagliarani au cardinal Fernández

    Annexe I : Lettre de l’abbé Pagliarani à Mgr Pozzo, du 17 janvier 2019
    Annexe II : Ordre et juridiction : inanité de l’accusation de schisme
    Annexe III : Lettre du Cardinal Müller à Mgr Fellay, du 6 juin 2017

  • Bruxelles, 26 mars, conférence de Laetitia Calmeyn : Jean-Paul II pour aujourd'hui ?

    IMPRIMER

    Conférence JPII.jpg

    Laetitia Calmeyn

    Laetitia Calmeyn est une théologienne belge née le 6 septembre 1975 à Bruxelles. Elle a d’abord travaillé comme infirmière en soins palliatifs avant de se tourner vers la théologie, étudiant à l’Institut d’Études Théologiques de Bruxelles puis obtenant un doctorat en théologie à l’Institut pontifical Jean‑Paul II de Rome en 2009.

    Consacrée comme vierge consacrée dans le diocèse de Paris, elle enseigne notamment au Collège des Bernardins et à l’École Cathédrale, spécialisée en théologie morale et anthropologie théologique. Depuis 2018, elle est consulteur au Dicastère pour la doctrine de la foi au Vatican, l’une des premières femmes nommées à cette fonction.

    Elle a aussi publié plusieurs ouvrages de théologie, dont des travaux sur l’exhortation Amoris Laetitia du pape François.

  • FSSPX : comment Léon XIV entend-il aborder l'une des premières crises de son pontificat ?

    IMPRIMER

    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV et l'absorption des crises

    16 février 2026

    La rencontre annoncée entre le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, et le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le père Davide Pagliarani, était très attendue.

    À l'approche de la rencontre, les parties ont toutefois compris que leur conversation serait la première d'une longue série. Il reste à voir comment Léon XIV entend aborder l'une des premières crises de son pontificat.

    Il reste beaucoup de dossiers en suspens du pontificat de François – il suffit de penser au cas du jésuite Marko Rupnik ou à la saga judiciaire en cours au Vatican concernant la gestion des fonds de la Secrétairerie d'État –, mais l'affaire avec la FSSPX est la première crise ecclésiastique « nouvelle » de l'ère léonine.

    La crise traditionaliste n'est pas nouvelle.

    Tous les papes depuis le Concile Vatican II en ont hérité, et son plan général est un vestige d'un débat dépassé depuis plusieurs générations.

    Paul VI s'est retrouvé dans un dialogue dramatique avec le fondateur de la FSSPX, Mgr Marcel Lefebvre, puis le pape Saint Jean-Paul II a dû faire face à la question du schisme créé par les ordinations illégitimes, et Benoît XVI a proposé une ouverture liturgique mais a demandé à la Fraternité de signer un préambule doctrinal que la FSSPX ne pouvait accepter (ou en tout cas, n'a pas accepté). François a accordé des facultés et d'autres accommodements aux prêtres de la Fraternité, mais n'a jamais vraiment pris de mesures pour résoudre les problèmes sous-jacents.

    Léon XIV devra trouver sa propre approche.

    La réunion du 12 février s'est conclue comme prévu, par une promesse de dialogue et une menace de non-dialogue. La promesse de dialogue est celle d'un cheminement doctrinal qui clarifie certaines questions du Concile Vatican II, y compris celles de la FSSPX, afin de définir les exigences fondamentales minimales pour la pleine communion.

    À bien y réfléchir, c'est un peu moins que le préambule doctrinal que Benoît XVI avait demandé de signer.

    Benoît XVI ne pouvait accepter la version de la FSSPX selon laquelle le Concile était un événement historique, mais purement pastoral, et que ses développements pouvaient donc être contestés ou ignorés. Et ce n'était pas parce que Benoît XVI était un progressiste, mais parce qu'il comprenait « le concile des Pères », sa différence avec le « concile des médias » et la nécessité de le défendre malgré l'opinion publiée.

    La menace d'une rupture du dialogue découle du fait que le Saint-Siège a officiellement demandé à la Fraternité de renoncer à toute nouvelle ordination épiscopale et a expliqué – en termes clairs – que toute ordination de ce type provoquerait un schisme, et que ce schisme mettrait fin à tout dialogue.

    Léon XIV a décidé, comme il était naturel, que le Dicastère pour la doctrine de la foi devait se saisir de la question.

    L'absence de la Commission Ecclesia Dei, chargée du dialogue avec la FSSPX depuis les premières ordinations épiscopales de la FSSPX, est quelque chose que les initiés du Vatican ressentent vivement, ou devraient ressentir.

    François a supprimé la commission Ecclesia Dei et a transféré ses responsabilités au Dicastère pour la doctrine de la foi (alors appelé CDF) en 2019.

    Et peut-être qu'une conséquence naturelle sera de rétablir une commission comme Ecclesia Dei, ou au moins un comité de dialogue permanent, précisément pour favoriser délicatement le dialogue. Une commission comme Ecclesia Dei ouvre cependant également la possibilité de rétablir d'autres commissions.

    Au cours du pontificat de François, de nombreuses commissions internes ont été abolies ou abandonnées, tandis que le pape en a formé de nouvelles et provisoires (la CRIOR sur l'IOR, la COSEA sur l'administration, le comité et la commission pour la réforme des communications du Vatican, le Conseil des cardinaux lui-même) et a abandonné celles qui étaient restées actives dans le passé.

    Par exemple, il n'y a pas eu d'autres nouvelles concernant la réunion de la Commission sur la Chine convoquée par Benoît XVI, et Ecclesia Dei a été supprimée avant la répression menée par François contre le mouvement traditionaliste avec le motu proprio Traditionis Custodes et son application ultérieure, qui a effectivement abrogé la libéralisation de l'ancien rite autorisée par Benoît XVI.

    Peut-être aurons-nous donc une nouvelle (ancienne) commission.

    Mais peut-être aussi que la FSSPX décidera de procéder quand même aux ordinations qu'elle a menacé d'effectuer, en se basant sur ce qu'elle considère comme une faille dans le droit canonique, selon laquelle on ne peut encourir l'excommunication si la personne qui commet un acte potentiellement passible de cette peine l'a fait face à une situation grave.

    Il s'agit là d'une appréciation tout à fait subjective, même au sein du Code, raison pour laquelle il a été répété à plusieurs reprises que l'excommunication des évêques lefebvristes, révoquée par la suite par Benoît XVI au milieu d'une grande controverse, n'avait jamais été valide.

    Le fait est que, au-delà des faits et des interprétations subjectifs, lorsque le pape formalise l'excommunication, c'est fait, et il n'y a rien à faire. L'objectif aujourd'hui est d'éviter d'atteindre ce point de rupture, de trouver une forme de dialogue, même si cela signifie prolonger le débat et attendre qu'il soit absorbé.

    Il ne s'agit pas d'une crise décisive pour le pontificat, c'est certain, mais c'est une crise qui en dit long sur le style de gouvernement de Léon.

    Léon procède par les voies institutionnelles – le dicastère compétent – et ne s'engage pas personnellement dans le dialogue, car il ne se sent pas doté du charisme nécessaire pour faire avancer les choses. Il exige que chacun agisse selon la justice.

    Mais surtout, Léon XIV attend.

    Il prend des décisions lorsqu'elles sont inévitables et irrévocables, et c'est pourquoi il réfléchit mûrement avant de se prononcer.

    Reste à voir si c'est la meilleure stratégie pour le monde traditionaliste. Il est toutefois vrai que les adeptes de l'ancien rite sont de plus en plus nombreux et jeunes – il suffit de penser au pèlerinage traditionaliste annuel de Paris à Chartres, qui rassemble des milliers de jeunes traditionalistes. C'est un segment de l'Église qui ne peut être ignoré. En cette période de crise des vocations, le monde traditionaliste peut être un réservoir de nouvelle foi ou la cause d'un schisme et d'une division.

    Le pape devra décider de la marche à suivre, et chaque décision sera une révélation.

  • Fidélité ou unité ? Léon XIV parviendra-t-il à empêcher une nouvelle division au sein de l'Église ?

    IMPRIMER

    De Damien Wojciechowski sur Opoka :

    Fidélité ou unité ? Léon XIV parviendra-t-il à empêcher une nouvelle division au sein de l'Église ?

    Léon XIV pourra-t-il sauver l'Église comme son grand prédécesseur, Léon le Grand ? Il y a beaucoup de problèmes à résoudre, et il n'est plus possible de suivre la voie du « juste milieu », note frère Damien Wojciechowski, TJ.

    Si nous visitions les musées du Vatican, nous aurions l'occasion d'admirer une immense fresque de Raphaël, peinte vers 1513 dans la Stanza di Eliodoro du Palais apostolique, représentant la rencontre entre le pape Léon Ier (le Grand) et Attila, le chef victorieux des Huns, en 452. Grâce à cette rencontre, Attila empêcha la destruction de Rome et le pape sauva non seulement la Ville éternelle, mais aussi le Saint-Siège, centre de toute l'Église.

    Léon le Grand... avec le visage de Léon X

    Sur la fresque, Léon Ier, auquel Raphaël a donné les traits de Léon X (il avait commandé le tableau), calme et digne, chevauche vers Attila, terrifié par la vision de saint Pierre et saint Paul attaquant ses guerriers, l'épée à la main. En réalité, Léon était probablement moins sûr de lui, ou plutôt, il implorait la clémence d'Attila, qui, bien sûr, ne craignait personne. Malheureusement, Léon X ne sauva pas l'Église. Pape de la Renaissance, il fut mêlé à des intrigues politiques et à des affaires de richesse. Plusieurs cardinaux complotèrent même pour l'empoisonner, et après avoir découvert la conspiration, Léon X condamna l'un d'eux à mort. Pour financer ses dépenses, notamment la construction de la basilique Saint-Pierre, il décida de vendre des indulgences à grande échelle, ce qui provoqua l'indignation de Luther et une division au sein de l'Église qui perdure encore aujourd'hui.

    Depuis lors, chaque pape a été hanté par la crainte qu'une tragédie similaire ne se reproduise de son vivant. Empêcher une nouvelle division au sein de l'Église était sans aucun doute la préoccupation première de Léon XIV.  

    Premier défi : la Fraternité Saint-Pie X

    Les lefebvristes ont annoncé leur intention de procéder à des ordinations épiscopales le 1er juillet 2026. La raison est simple : les évêques ordonnés par Lefebvre lui-même atteignent l'âge de la retraite.

    En 1988, l'archevêque Marcel Lefebvre a consacré des évêques sans l'autorisation du Saint-Siège, s'excommuniant ainsi que les évêques nouvellement consacrés. Selon le droit canonique, tant ancien que nouveau (que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X vénère tant), la consécration épiscopale requiert le consentement du Vatican ; à défaut, le consécrateur entre en schisme et est automatiquement excommunié.

    Le supérieur actuel de la Fraternité invoque un accord avec la Chine, selon lequel les évêques élus par les communistes chinois seraient approuvés par le Vatican. De même, la Fraternité souhaiterait choisir des candidats évêques en dehors de la Congrégation pour les évêques (dont était le chef le pape actuel), et le Vatican serait contraint de les reconnaître. Cet accord avec les communistes chinois était une des mauvaises idées de François, mais il était néanmoins motivé par la préoccupation pour les catholiques vivant en Chine, un État totalitaire qui ne valorise ni la liberté ni l'Église. Les relations avec la Fraternité sont cependant tout à fait différentes – nous n'allons tout de même pas exiger que le pape s'incline devant elle parce qu'elle recourt à la violence ?

    La Société fait référence à la Tradition, mais dans l'Église préconciliaire, personne n'en aurait discuté avec eux, on les aurait seulement réprimandés sévèrement (voir : Vieux-catholiques).

    L'Église, après le Concile, s'est montrée très conciliante, et tous les papes, même François, ont entretenu des relations excessivement proches de la Fraternité Saint-Pierre. À maintes reprises, des papes ont proposé divers compromis, y compris Benoît XVI, qu'on ne saurait soupçonner de progressisme – la Fraternité a systématiquement rejeté toutes ces propositions. Les lefebvristes pourraient coexister pacifiquement avec la Fraternité Saint-Pierre, catholique et traditionaliste, mais ils s'y refusent par simple entêtement et orgueil. Si le pape accepte que la Fraternité consacre ses propres évêques, alors demain, les évêques allemands ordonneront des femmes selon le même principe.

    La Fraternité critique le « pluralisme doctrinal » de l'ère François et les déclarations étranges du cardinal Fernandez (préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi), mais elle exige la même chose : elle accepte tel point de l'enseignement de l'Église et en rejette tel autre, elle adhère à tel autre. La Fraternité souhaite créer une Église parallèle avec sa propre doctrine, des évêques indépendants de Rome, une liturgie différente, etc. C'est précisément ce que veulent les membres du Chemin synodal allemand. Dans les deux cas, le pape ne peut consentir à un tel séparatisme, car cela conduirait au chaos et à la division. Les lefebvristes se comportent comme un enfant capricieux qui n'obéit à ses parents que s'ils cèdent à tous ses caprices. Ils veulent une Église séparée où ils pourraient gouverner en toute indépendance, et en même temps, le pape leur accorderait une orthodoxie inconditionnelle et confirmerait la vertu d'obéissance. Ils usurpent l'infaillibilité papale, se placent au-dessus d'un concile validement convoqué, méprisent le droit canonique et l'autorité du Saint-Siège, et se présentent, par-dessus tout, comme de fidèles serviteurs de l'Église et les gardiens de la Tradition. Ils prétendent qu'il existe un état de nécessité (comme, par exemple, durant la Révolution mexicaine) et que les fidèles n'ont pas accès à des sacrements validement administrés (ce qui expliquerait pourquoi les évêques doivent être ordonnés sans l'accord du Vatican). En réalité, ils se comportent comme une secte qui rejette les sacrements administrés dans l'Église (à l'instar des docètes du christianisme primitif). Il vaudrait mieux pour eux qu'ils élisent leur propre pape, qui approuverait tout à leur place…

    Lire la suite

  • Le bienheureux Pie IX, pape et docteur de l'Immaculée Conception

    IMPRIMER

    Le bienheureux Pie IX, pape et docteur de l’Immaculée

    source

    SE trouvant un jour en butte à de fortes pressions de la part de gouvernements francs-maçons, le pape Pie IX déclara à l’un de ses proches : « J’ai la Sainte Vierge avec moi, j’irai de l’avant. » Cette confidence en dit long sur la mystérieuse alliance avec l’Immaculée qui fit de son pontificat l’un des plus grands.

    Jean-Marie Mastaï est né le 13 mai 1792, à Senigallia, près de Lorette en Italie. Chaque année, toute sa famille participait, le10 décembre, à la veillée de prières  pour commémorer la translation de la Santa Casa.

    Le Bienheureux Pie IX : 1846-1878.

    L’âme de l’enfant fut profondément marquée par la piété de sa mère qui se rendait tôt matin à l’église des Pères servites pour assister à la Messe et prier devant un tableau de Maria Santissima Addolorata. Elle lui enseigna, parmi d’autres sacrifices, à toujours refuser, au cours des repas, les premiers fruits qu’on lui proposait, pour les offrir à la Vierge Marie. Devenu Pape, il confiera : « Voilà une pratique que j’ai apprise sur les genoux de ma mère. J’y suis encore fidèle. » Il conserva précieusement l’image de la Sainte Espérance, reçue lors de sa Première Communion, car elle lui rappelait « la félicité de ce jour béni ».

    Au collège Saint-Michel de Volterra, sa dévotion pour l’Immaculée s’affermit. « Dès Nos plus tendres années, écrira-t-il, Nous n’avons rien eu de plus cher, rien de plus précieux que d’honorer la bienheureuse Vierge Marie d’une piété particulière, d’une vénération spéciale et du dévouement le plus intime de notre cœur, et de faire tout ce qui nous paraîtrait pouvoir contribuer à sa plus grande gloire et louange, et à l’extension de son culte. » (Ubi primum)

    En 1815, Jean-Marie Mastaï ambitionna d’entrer dans la garde noble reconstituée. Mais il souffrait depuis plusieurs années d’une grave infirmité. Un soir de novembre, le carrosse du cardinal Gregorio Fontana s’arrêta brusquement devant un corps étendu sur le pavé : le prélat s’aperçut avec stupeur qu’il s’agissait du jeune Mastaï, frappé d’une crise d’épilepsie. Quelques semaines plus tard, Jean-Marie, accablé, se rendit en pèlerinage « au sanctuaire de Lorette pour épancher son âme dans le Cœur de Celle qui sera toujours sa force. De ce pèlerinage, date la guérison effective et définitive de sa terrible maladie. » (Pierre Fernessole, Pie IX, Lethielleux, 1960, t. 1, p. 26)

    Après ce miracle qui l’avait délivré de son infirmité, il considéra ces longues années d’épreuve comme la marque d’une bienveillante attention de la Divine Providence. Car « cette maladie, en l’écartant de “ la société ” jusqu’à l’âge de vingt-six ans, avait préservé sa jeunesse des périls du monde » (ibid., p. 30).

    SAINT PHILIPPE RESSUSCITÉ

    Pendant sa préparation au sacerdoce, il prend en charge les orphelins, apprentis ou petits ouvriers, de l’hospice Tata Giovanni. De tout son cœur, qu’il avait si bon, il se penche sur la misère de ces enfants avec une totale abnégation. 

    Ordonné prêtre le 10 avril 1819, il manifeste un tel zèle en toutes sortes d’œuvres de piété et de charité, qu’on l’appellera bientôt saint Philippe [Néri] ressuscité. Aussi est-ce un déchirement d’avoir à quitter ses chers pauvres pour accomplir une mission pontificale au Chili !

    Sacré évêque de Spolète, en avril 1827, il touche les cœurs par sa prédication, intarissable pour exalter les privilèges et la puissance de l’Immaculée Médiatrice. « En fait, tout est glorieux en Marie. Sa conception, sa naissance, sa vie, sa mort, et enfin son tombeau. Dans ce tombeau, elle gît sans corruption, et bientôt elle en sortira triomphante... Fils très aimés, voulons-nous mourir comme la Vierge, sans crainte ? Vivons donc comme la Vierge, ayant le péché en haine et abomination... Souvenez-vous que Marie est, dans le Ciel, la Médiatrice puissante, la miséricordieuse avocate, votre Mère. »

    Lire la suite

  • La Chine et l'Église des Trois-Autonomies se préparent à appliquer les nouvelles réglementations en matière de propagande.

    IMPRIMER

    De sur Bitter Winter :

    La Chine et l'Église des Trois-Autonomies se préparent à appliquer les nouvelles réglementations en matière de propagande.

    5 février 2026

    L'Église, contrôlée par le gouvernement, s'empresse d'adopter le nouveau règlement idéologique du Parti, prouvant une fois de plus que son credo le plus profond est l'obéissance politique.

    Une église entièrement intégrée au système de propagande du PCC. Générée par IA.
    Une église entièrement intégrée au système de propagande du PCC . Générée par IA.

    Le nouveau « Règlement sur le travail idéologique et politique » du Parti communiste chinois a été présenté avec le sérieux habituellement réservé aux réformes constitutionnelles ou au lancement d'une nouvelle station spatiale. Comme l'a souligné « Bitter Winter » , ce document constitue un appel solennel à la mobilisation idéologique totale. Chaque secteur, chaque institution et chaque citoyen doit désormais se faire le porte-parole de la pensée de Xi Jinping .

    Comme d'habitude, l' Église des Trois-Autonomies, contrôlée par le gouvernement, s'est empressée de se mobiliser, prête à montrer qu'elle est la chaîne la plus docile de toutes.

    Dans une interview du 21 janvier , Shan Weixiang, vice-président du Mouvement patriotique des Trois Autonomies , s'exprime comme s'il rendait hommage non pas au Christ, mais au Comité central. Interrogé sur le nouveau Règlement, il affirme avec assurance qu'il s'agit d'une « étape importante », d'un « principe directeur » et d'un « nouveau sommet » dans la conception que le Parti se fait du travail idéologique. On pourrait s'attendre à ce qu'il déclare que le Saint-Esprit est venu bénir le document, mais il s'en abstient sagement.

    L'entretien met en lumière la manière dont la théologie politique est imprégnée de caractéristiques chinoises. Shan explique que l' Église des Trois Autonomies a fait de la pensée de Xi Jinping le « premier point à l'ordre du jour » de ses réunions. Les séminaristes y apprennent non seulement la théologie, mais aussi une « conscience politique », afin de s'aligner sur la ligne du Parti. Les églises sont tenues d'arborer le drapeau national, de chanter l'hymne national, de présenter la Constitution, de mettre en avant les valeurs socialistes fondamentales et même de présenter l'artisanat traditionnel. L'objectif est de créer des « espaces idéologiques immersifs », quoi que cela puisse signifier.

    L'entretien souligne comment les séminaires intègrent désormais d'importants modules idéologiques et politiques à leurs programmes. Les étudiants doivent maîtriser à la fois les enseignements chrétiens et la culture et le contexte national chinois. Le séminaire théologique de Fujian est salué pour l'élaboration de ses propres manuels politiques, garantissant ainsi que la sinisation du christianisme soit à la fois enseignée et documentée.

    Lire la suite