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Quand le torchon brûle entre féministes et transgenres

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De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour :

Féministes contre « transgenres », le rude retour du réel

Le 20 novembre, Lia Thomas a pulvérisé les records de natation féminine aux États-Unis : du 100 mètres au 500 mètres en passant par le relais, elle a tout raflé lors des finales du Zippy Invitational à Akron dans l’Ohio. Sur le 500 mètres notamment, nagé en 4’36.06, elle a laissé sa concurrente plus de 14 secondes en arrière. Bluffant ! Quelques jours plus tard, cette étudiante à l’université de Pennsylvanie a clairement avantagé son équipe au championnat opposant les universités de l’Ivy League (les 8 plus prestigieuses universités américaines).

Mais tout le monde ne partage pas l’enthousiasme pour les performances exceptionnelles de Lia Thomas. Beaucoup dénoncent une supercherie et une injustice : il y a peu de temps, Lia s’appelait Will, et il était déjà remarqué pour ses performances dans son club de natation de l’université de Pennsylvanie. Bravant le « politiquement correct », des défenseurs du sport féminin contestent vigoureusement la participation d’athlètes « transgenres » aux épreuves féminines. Parmi ces contestataires, des concurrentes de « Lia » et leurs familles, ulcérées de ce mélange… des genres, ou encore Linda Blade, auteur de « How trans activism and science denial are destroying sport » (Comment l’activisme trans et le déni de la science détruisent le sport).

Cette affaire n’est pas la première à secouer les milieux du sport, dans toutes les disciplines (natation, athlétisme, football…) En août dernier, les Jeux Olympiques à Tokyo ont été marqués par la première participation d’une athlète « transsexuelle » à des J.O., l’haltérophile néo-zélandaise Laurel Hubbard. Bien qu’elle n’y ait guère brillé, elle fut accusée de disposer d'un atout physique rendant la compétition « injuste », voire parfaitement « faussée ». Mais le Comité international olympique (CIO) n’est manifestement pas disposé à prendre position avec courage. Renonçant à fixer les critères imposés aux athlètes transgenres et intersexes (dont les caractères sexuels ne correspondent pas à leur identité de naissance), le CIO s’est contenté de proposer un « cadre » aux fédérations internationales pour qu’elles établissent leurs propres règles… Ce cadre indique toutefois que les personnes transgenres ou intersexes « ne doivent plus être supposées bénéficier par nature d’un avantage inéquitable » … Débrouillez-vous avec ça !

Le mois suivant, en septembre, la victoire au Combate Global de l'athlète d’Arts martiaux mixtes (MMA) Alana McLaughlin, un ancien soldat des forces spéciales américaines nouvellement « transgenre », contre la française Céline Provost, a fait rebondir la polémique aux États-Unis. Certains États ont réagi : le gouverneur de Floride a interdit aux étudiantes transgenres de pratiquer le sport féminin. Mais le président Biden est sur la sellette. Quoique démocrate, la féministe Kara Dansky, auteur de « The Abolition of Sex », critique l’administration Biden pour un décret autorisant l’intégration de transgenres dans les équipes sportives de filles. Publié en janvier 2021, ce décret sur « la prévention et de la lutte contre la discrimination » stipule que les jeunes « transgenres » « devraient pouvoir étudier sans se soucier de savoir s’ils se verront refuser l’accès aux toilettes, aux vestiaires ou aux sports scolaires. » Résultat, selon Kara Dansky : « Nous assistons à l’invasion totale des espaces des femmes, des prisons, des salles de bain, des vestiaires et des sports par les hommes sur la base de leur prétendue identité de genre féminine ».

Mais l’effacement des droits des femmes va « bien au-delà du sport », remarque la féministe Kara Dansky. Aux États-Unis, le phénomène touche notamment des prisons : « Des États à travers le pays autorisent les violeurs et meurtriers condamnés à être incarcérés dans des prisons pour femmes sur la base de leur prétendue identité de genre. » Kara Dansky clame haut et fort ce que beaucoup pensent in petto : « Je veux vraiment que tout le monde comprenne que des mots comme l’identité de genre n’ont aucun sens. Un être humain est soit un homme, soit une femme. Tout le reste est un mensonge ».

Les relations entre féministes et « transgenres » s’enveniment aussi de ce côté de l’Atlantique. À Bruxelles, dimanche 28 novembre, une violente altercation entre manifestants a perturbé une marche contre les violences faites aux femmes, rapporte la RTBF. Derrière les griefs : la place des « femmes » transgenres au sein des milieux féministes. Pour Sami Biasoni, docteur en philosophie de l'École normale supérieure, professeur chargé de cours à l'ESSEC (sa tribune en lien ci-dessous), ces affaires qui éclatent dans le monde entier mettent à nu les contradictions fondamentales de l’idéologie LGBT. Certains adeptes de la théorie du genre vont jusqu'à considérer que le concept même de « femme » n'est pas pertinent, au grand dam des féministes « historiques » qui refusent de considérer qu'un homme ayant changé de sexe soit vraiment une femme.

Philippe Oswald

 
Pour aller plus loin :
Victoire d'une athlète transgenre : «Ce succès expose des contradictions fondamentales de l'idéologie LGBT»
>>> Lire la tribune dans : Le Figaro

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