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Sexualité

  • Quand le scoutisme catholique européen veut former des militants LGBT

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    De "Tribune chrétienne" :

    « Scout toujours, gay ! » : quand le scoutisme catholique européen veut former des militants LGBT

    De la France à l’Italie, plusieurs mouvements scouts se réclamant du catholicisme adoptent désormais les concepts d’identité de genre, d’inclusion LGBT et de reconnaissance des orientations sexuelles. Une évolution qui suscite une inquiétude croissante chez ceux qui voient dans le scoutisme une école de foi avant d’être un laboratoire des nouvelles idéologies

    Pendant des décennies, le scoutisme catholique a constitué l’un des plus puissants instruments de formation chrétienne de la jeunesse. On y apprenait l’esprit de service, le sens du devoir, la maîtrise de soi, le goût de l’effort, la vie de prière et la fidélité au Christ. Aujourd’hui, une autre logique semble s’imposer progressivement au sein de plusieurs mouvements européens : celle de l’idéologie LGBT. En France, les signaux d’alerte se multiplient depuis plusieurs années. Messages diffusés à l’occasion de la Journée internationale contre les LGBT-phobies, promotion de « l’inclusion », mise en avant de la « visibilité » LGBT, recours à l’écriture inclusive, diffusion de supports inspirés du militantisme gay contemporain : autant d’éléments qui témoignent d’une évolution profonde des Scouts et Guides de France.

    Le problème n’est pas le respect des personnes. Celui-ci fait partie intégrante de l’enseignement chrétien. Le problème est l’introduction dans l’éducation scoute d’une vision de l’homme, de la sexualité et de la famille qui s’éloigne de l’enseignement constant de l’Église. Or ce qui se produit en France apparaît désormais également en Italie.

    Le 3 mai dernier, l’AGESCI, l’Association des Guides et Scouts Catholiques Italiens, a adopté un document intitulé Identité de genre et orientation sexuelle et affective. Ce texte affirme que l’identité de genre et l’orientation sexuelle doivent être reconnues et valorisées au sein de la communauté scoute. Il considère également que ces éléments ne peuvent constituer un obstacle à l’exercice de responsabilités éducatives. Pour de nombreux observateurs catholiques italiens, il s’agit d’une rupture doctrinale majeure. Car l’Église a toujours distingué l’accueil des personnes et l’évaluation morale des comportements. Elle n’a jamais enseigné que l’homosexualité ou la transidentité devaient être présentées comme des réalités positives ou comme des composantes à célébrer de l’identité humaine.

    Le document italien va plus loin encore. Il appelle à combattre les attitudes qualifiées d’« homolesbobitransphobes », dans une logique qui tend à assimiler toute critique de l’idéologie LGBT à une forme de discrimination. Cette approche reprend les catégories aujourd’hui largement diffusées dans les milieux militants LGBT

    Lire l’article

    Le parallèle avec la situation française est frappant. Dans les deux pays, le même vocabulaire s’impose. Inclusion, reconnaissance des identités, diversité des orientations sexuelles, visibilité, lutte contre les discriminations : autant de notions qui occupent désormais une place centrale dans le discours scout. Dans le même temps, les références explicites à la morale catholique deviennent de plus en plus discrètes. Cette convergence n’a rien d’anodin. Sans qu’il soit possible d’affirmer l’existence d’une coordination organisée, une même dynamique idéologique traverse aujourd’hui plusieurs mouvements du scoutisme catholique européen. Les mêmes concepts apparaissent, les mêmes revendications sont relayées et les mêmes évolutions anthropologiques sont présentées comme inéluctables.

    Le paradoxe est saisissant. Le scoutisme fut créé pour former des jeunes enracinés dans la vérité, capables de résister aux pressions du monde et de vivre selon une loi morale exigeante. Il apparaît aujourd’hui, dans certains mouvements, comme un lieu d’adaptation aux grandes tendances culturelles contemporaines. L’enjeu dépasse largement les seuls scouts. Derrière ces débats se profile une question fondamentale : quelle conception de l’homme veut-on transmettre aux nouvelles générations ? L’anthropologie chrétienne repose sur la complémentarité de l’homme et de la femme, sur la réalité de la nature humaine et sur une vision de la sexualité ordonnée au bien de la personne. L’idéologie LGBT propose au contraire une identité fondée sur le ressenti individuel et détachée de toute référence objective à la nature.

    C’est pourquoi l’inquiétude de nombreuses familles est profonde. Elles ne confient pas leurs enfants au scoutisme catholique pour qu’il reprenne les catégories idéologiques du temps présent. Elles y cherchent une formation humaine et spirituelle enracinée dans l’Évangile. De la France à l’Italie, le constat devient difficile à ignorer : sous le langage de l’accueil et de l’inclusion, une partie du scoutisme catholique abandonne sa mission première. Et lorsque les mouvements chargés de former la jeunesse commencent à adopter les principes du monde plutôt que ceux de l’Église, la devise « Scout toujours ! » risque de perdre une part essentielle de son sens.

    Et en Belgique ? Quelle est la position des "scouts" autrefois catholiques ? En Belgique, les mouvements de jeunesse comme Les Scouts promeuvent activement l'inclusion et considèrent l'orientation sexuelle comme une caractéristique à respecter et à valoriser. La discrimination y est jugée inacceptable, avec des ressources pédagogiques dédiées pour lutter contre l'homophobie et garantir un environnement sécurisant pour tous. Voir : https://lesscouts.be/fr/le-scoutisme/diversite-et-inclusion/lgbtqia

  • "Le mariage est une union durable entre un homme et une femme, fondée sur le don mutuel de l’amour, ouverte à la transmission de la vie et à la construction d’une communauté familiale" (les évêques de Pologne)

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    Du site de la Conférence épiscopale de Pologne :

    Position du Conseil de la Conférence épiscopale polonaise pour les affaires familiales sur la protection de la conception constitutionnelle du mariage

    Le mariage entre une femme et un homme revêt une importance sociale, anthropologique et spirituelle exceptionnelle ; par conséquent, le débat sur sa place dans l'ordre juridique et social doit être mené avec responsabilité, calme et un souci sincère du bien commun – appellent les évêques dans la Position du Conseil de la Conférence épiscopale polonaise pour la famille sur la protection de la conception constitutionnelle du mariage.

    Les membres du Conseil pour la famille de la Conférence épiscopale polonaise observent avec préoccupation et inquiétude les actions et interprétations juridiques ultérieures relatives à la définition du mariage, notamment suite aux récentes décisions des tribunaux administratifs concernant la transcription des certificats de mariage étrangers entre personnes de même sexe. Ils rappellent que l'article 18 de la Constitution de la République de Pologne dispose que « le mariage est l'union d'un homme et d'une femme et, à ce titre, est placé sous la protection et la tutelle de l'État ».

    « En tant que chrétiens, nous considérons le mariage non seulement comme une institution légale, mais aussi comme une réalité ancrée dans le droit naturel et le dessein révélé de Dieu pour l’humanité », écrivent les évêques. Ils soulignent également que « l’enseignement de l’Église catholique a toujours montré, depuis ses origines, que le mariage est une union durable entre un homme et une femme, fondée sur le don mutuel de l’amour, ouverte à la transmission de la vie et à la construction d’une communauté familiale. »

    Les membres du Concile soulignent qu’en défendant le mariage, entendu comme l’union d’un homme et d’une femme, ils ne souhaitent « prendre position contre quiconque ni priver quiconque de sa dignité ». Ils ajoutent également que « le respect de chaque personne ne signifie pas renoncer à la vérité sur le mariage, que l’Église proclame depuis ses origines ».

    Les évêques appellent toutes les personnes de bonne volonté à « être responsables de la loi, de l’avenir de la famille polonaise et de la préservation des fondements constitutionnels et moraux de la République de Pologne ». « Le mariage entre un homme et une femme revêt une importance sociale, anthropologique et spirituelle exceptionnelle ; par conséquent, le débat concernant sa place dans l’ordre juridique et social doit être mené avec responsabilité, calme et un souci sincère du bien commun », peut-on lire dans la déclaration de position.

    Nous publions le texte intégral de la position :

    Position du Conseil de la Conférence épiscopale polonaise pour les affaires familiales sur la protection de la conception constitutionnelle du mariage

    À la lumière des récentes décisions des tribunaux administratifs concernant la transcription des certificats de mariage étrangers entre personnes de même sexe, nous suivons avec préoccupation et inquiétude les actions et interprétations juridiques en cours relatives à la définition du mariage. Celles-ci touchent en effet à l'une des réalités les plus fondamentales qui façonnent la vie sociale et familiale en Pologne.

    L’article 18 de la Constitution de la République de Pologne stipule que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme et, à ce titre, relève de la protection et de la tutelle de l’État. Il ne s’agit pas d’une simple disposition formelle. Derrière ces mots se cache une conception particulière de l’humanité, de la famille et de la responsabilité envers les générations futures, ainsi que la conviction que la communauté durable formée par un homme et une femme, par essence ouverte à la transmission de la vie et à la création d’un environnement sûr pour l’épanouissement des générations futures, constitue la cellule fondamentale de la société et l’un des piliers du bien commun.

    Nous vous rappelons également que, conformément à l'article 8 de la Constitution de la République de Pologne, celle-ci est la loi suprême du pays. Aucune loi ni interprétation juridique ne peut lui être contraire. L'article 91 de la Constitution prévoit expressément la primauté des accords internationaux ratifiés sur les lois, mais cela n'implique pas que la conception constitutionnelle du mariage, telle qu'exprimée à l'article 18, puisse être ignorée. Dès lors, les interprétations juridiques émergentes qui tentent de donner un nouveau sens à l'article 18 soulèvent de sérieuses questions quant aux limites de l'interprétation juridique et au respect de l'ordre constitutionnel de l'État.

    En tant que chrétiens, nous considérons le mariage non seulement comme une institution légale, mais aussi comme une réalité ancrée dans le droit naturel et le dessein révélé de Dieu pour l'humanité. Depuis ses origines, l'enseignement de l'Église catholique a toujours affirmé que le mariage est une union indissoluble entre un homme et une femme, fondée sur le don mutuel de l'amour, ouverte à la transmission de la vie et à la construction d'une famille.

    Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique : « L’alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme établissent entre eux une communauté de toute leur vie, ordonnée par sa nature au bien des époux et à la procréation et à l’éducation des enfants, a été élevée par le Christ Seigneur entre les baptisés à la dignité de sacrement » (CEC 1601).

    Saint Jean-Paul II, dans son exhortation apostolique Familiaris consortio, a également souligné que l’avenir de l’humanité passe par la famille et que la protection du mariage est l’une des missions fondamentales de la société et de l’État. Le pape François, dans Amoris laetitia, a rappelé qu’« il n’y a aucun fondement pour comparer ou établir une analogie, même ténue, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu pour le mariage et la famille » (AL 251). Tout en demeurant fidèle à sa conception du mariage, l’Église rappelle simultanément la dignité inaliénable de chaque personne et l’obligation de respecter, d’être sensible et d’éviter tout langage de mépris ou d’exclusion.

    Nous sommes de plus en plus préoccupés par le fait que des interprétations extensives de la loi puissent entraîner un affaiblissement de la conception constitutionnelle du mariage. Des questions aussi fondamentales ne sauraient être résolues par des interprétations qui soulèvent de graves préoccupations sociales et constitutionnelles, surtout lorsqu'elles concernent une réalité si profondément ancrée dans le système juridique polonais, la tradition culturelle et la conception chrétienne du mariage et de la famille, qui ont façonné pendant des siècles la conception européenne de l'humanité.

    En défendant le mariage, entendu comme l’union d’un homme et d’une femme, nous ne souhaitons nous opposer à personne ni porter atteinte à sa dignité. Nous désirons au contraire rester fidèles à la vision de l’humanité et de la famille qui, depuis des siècles, fonde la conception chrétienne de l’amour, de la parentalité et de la responsabilité sociale. Toute personne, quelles que soient son histoire, ses sensibilités ou son vécu, mérite le respect, la protection de sa dignité et un langage exempt de mépris. Le respect de chaque personne ne signifie toutefois pas renoncer à la vérité sur le mariage, proclamée par l’Église dès ses origines.

    Nous lançons donc un appel à toutes les personnes de bonne volonté afin qu'elles assument leurs responsabilités envers la loi, l'avenir de la famille polonaise et la préservation des fondements constitutionnels et moraux de la République de Pologne. Le mariage entre un homme et une femme revêt une importance sociale, anthropologique et spirituelle exceptionnelle ; par conséquent, le débat relatif à sa place dans l'ordre juridique et social doit être mené avec responsabilité, sérénité et un souci sincère du bien commun.

    L’archevêque Wiesław Śmigiel,
    président du Conseil pour les affaires familiales de la Conférence épiscopale polonaise

    Varsovie, le 22 mai 2026

  • L'Europe prise au piège démographique

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    De Stephan Baier sur le Tagespost :

    L'Europe prise au piège démographique

    Le pape Léon XIV a lancé un appel aux hommes politiques pour un « nouveau printemps pour la famille », mais cela nécessiterait une conversion radicale.

    26 mai 2026

    Depuis un demi-siècle, la quasi-totalité des sociétés européennes se précipitent à une vitesse croissante vers une impasse démographique. Les experts tirent la sonnette d'alarme depuis des décennies, mais les responsables politiques persistent dans leur attitude. La pyramide des âges est inversée, et tandis que la pénurie d'enfants et de jeunes devient le principal défi sociétal, la politique et la société entravent de plus en plus la formation de véritables familles, tant sur le plan financier que sur celui du climat social.

    Le pape Léon XIV a abordé un sujet sensible dans un discours adressé aux responsables politiques européens. Il critique les « affirmations contradictoires de politiques prétendument favorables à la famille qui, simultanément, favorisent la discrimination envers les mères, glorifient l'avortement comme un droit et sapent le désir même de fonder une famille ». Emmanuel Macron en est un exemple frappant : le président français, sans enfant, a récemment plaidé pour un « réarmement démographique », mais milite depuis des années pour un « droit à l'avortement » à l'échelle européenne. Afin de lutter contre la faible natalité en France, il recommande aux femmes âgées de 29 à 37 ans de faire congeler leurs ovocytes gratuitement (donc aux frais du contribuable).

    Une nouvelle prise de conscience est nécessaire.

    Tant que les sociétés européennes ne redécouvriront pas l'essence de la famille et la valeur de la vie, un bouleversement démographique restera inconcevable. Personne ne conçoit ni ne donne naissance à des enfants simplement pour fournir à l'État davantage de contribuables ou à l'économie plus de travailleurs, ni parce qu'un président instrumentalise la question du « réarmement démographique ». Par conséquent, tant que les fondements de la famille seront ébranlés et son essence érodée idéologiquement, tant que la vie, à son commencement comme à sa fin, sera menacée par l'érosion progressive de l'État de droit, les États et les sociétés continueront de s'enfoncer toujours plus profondément dans un piège. Et cela a des conséquences dramatiques pour la société dans son ensemble, sa prospérité et son État-providence .

    Comme Léon XIV l’a justement souligné dans son message du lundi de Pentecôte, il ne s’agit pas d’un retour aux modèles sociétaux du passé, mais de la viabilité future de l’Europe. Pour se préparer à l’avenir, les Européens doivent dépasser l’hypocrisie et l’égocentrisme qui caractérisent le présent et développer une nouvelle conscience du bien commun des générations futures. Dans la lignée de ses prédécesseurs, le Pape a rappelé aux responsables politiques que seul un renouveau familial peut dissiper le froid hivernal du vieillissement de notre population.

  • Quand un évêque visite une « paroisse LGBTQ »

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    Du blog de Mgr Mutsaerts, évêque auxiliaire du diocèse de Bois-Le-Duc (NL) :

    Visiter une « paroisse LGBTQ »

    J'ai récemment célébré une messe de confirmation dans une paroisse de notre diocèse. Un drapeau arc-en-ciel flottait devant l'entrée de l'église. J'ai demandé à l'un des confirmands – nous étions dehors, prêts pour la procession – ce qu'il en pensait. Il n'y a pas prêté beaucoup d'attention, mais aurait préféré voir un drapeau du PSV (club de foot). C'est le genre de paroisse qui se dit inclusive , comme cela est devenu évident après la messe, autour d'un café. « Nous sommes une église LGBTQ+, une église arc-en-ciel. »

    Je pensais commencer par une question simple : que signifie concrètement être inclusif ? Au sens le plus courant, cela signifie n’exclure personne. Une noble aspiration, difficile à rejeter. Mais dès qu’on concrétise cet idéal, dès qu’on l’applique aux croyances, à la morale et aux visions du monde, un problème se pose : on ne peut pas tout embrasser sans aussi rejeter quelque chose.

    Une Église – qu’elle se nomme « Église arc-en-ciel » ou non – n’est par définition pas un bâtiment vide, mais une maison de convictions. Elle professe quelque chose. Elle enseigne quelque chose. Elle dit implicitement, et souvent aussi explicitement : ceci est vrai, et cela ne l’est pas. Dès que l’on fait cela – j’ai l’habitude de le faire –, une frontière se crée, aussi modérée et bienveillante que soit notre attitude.

    L’« Église inclusive » prétend souvent accueillir tout le monde, quels que soient les origines, l’identité ou les convictions. Cela semble noble, presque évangélique. Mais c’est là que le paradoxe s’installe : on accueille tout le monde – à condition qu’ils partagent certaines opinions sur l’identité, la sexualité et la vérité. Quiconque remet cela en question, quiconque s’exprime sur la morale ou l’anthropologie dans une perspective catholique traditionnelle, se rend vite compte que la porte n’est pas aussi grande ouverte qu’on le promettait.

    Ce n’est pas un péché propre aux « églises arc-en-ciel ». Même la paroisse catholique la plus orthodoxe fixe des limites. Là non plus, toutes les convictions ne sont pas les bienvenues. La différence réside toutefois dans l’honnêteté avec laquelle ces limites sont reconnues. L’Église traditionnelle dit : « Voici ce que nous croyons, et si vous le contestez, nous engagerons le dialogue avec vous, mais nous n’abandonnerons pas nos convictions. » L’Église inclusive dit autre chose : « Nous n’excluons personne », alors qu’elle exclut implicitement certaines convictions.  Une ouverture d’esprit, c’est bien, mais la question est : chez qui ou dans quoi tout le monde est-il le bienvenu ? C’est comme si une association disait que tout le monde est le bienvenu chez elle, mais sans qu’on sache vraiment de quel genre d’association il s’agit. L’inclusivité sans contenu est vide de sens.

    Le cœur du problème, c’est qu’aujourd’hui, le terme « inclusif » ne signifie souvent plus « tout le monde est le bienvenu », mais plutôt « tout le monde est le bienvenu à condition d’adhérer à nos principes moraux ». Ce n’est pas de l’inclusion, mais une nouvelle forme d’orthodoxie. Quiconque n’adhère pas à cette orthodoxie est considéré comme un hérétique et exclu. C’est ce qui m’est apparu clairement lors de cette discussion autour d’un café. Si l’on remet prudemment en question leur point de vue et que l’on souhaite réellement engager une discussion – non pas pour provoquer, mais simplement pour aborder la sexualité, la nature humaine, ce que signifie être un homme ou une femme, et ce genre de sujets. J’ai été immédiatement « censuré » parce que mon point de départ ne cadrait pas avec leur « religion arc-en-ciel ». L’inclusion ne s’avère pas être une porte ouverte, mais une porte d’entrée soigneusement gardée.

    La vraie question n’est pas : ces Églises sont-elles inclusives ou exclusives ? La vraie question est : quelle vérité osent-elles reconnaître, et quelles limites osent-elles admettre honnêtement ? Car une communauté qui nie ses limites ne devient pas plus ouverte, mais plus floue, et finalement moins accueillante, précisément pour ceux qui cherchent sincèrement.

    L'homme ne peut vivre sans limites, mais il ne peut pas non plus vivre sans miséricorde. Une Église qui sait préserver ces deux aspects – qui professe la vérité tout en gardant la porte ouverte au pécheur, à celui qui doute et même à celui qui conteste – sera peut-être moins à la mode, mais d'autant plus humaine. La véritable inclusivité ne commence pas par l’abolition des limites, mais par leur reconnaissance honnête et par la volonté – malgré ces limites – d’offrir quand même une place à table à l’autre. Cette paroisse n’était pas disposée à cela, comme on l’a vu par la suite. On avait expressément demandé à un garçon de se retirer et de ne plus participer à la préparation à la confirmation. La raison ? Il trouvait le Vendredi violet tout simplement « n'importe quoi ». Je l'ai formé ailleurs une semaine plus tard. Un garçon qui a des opinions et du caractère. Cela ne cadre apparemment pas avec cette paroisse tolérante, qui n'exclut personne, inclusive, large, ouverte, accessible, hospitalière, généreuse, accueillante, ouverte d'esprit, compréhensive et ouverte d'esprit.

    +Rob Mutsaerts

    le 29 avril 2026 

  • Joël Pralong est-il encore catholique ?

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    Joël Pralong (*), prêtre suisse du diocèse de Sion (Valais), est en tension avec la doctrine catholique principalement sur les questions d’homosexualité, de transidentité et de morale sexuelle. Il est l’auteur de plusieurs livres sur ces thèmes (dont Homos, trans et Dieu les bénit !, 2024) où il plaide pour un accueil inconditionnel et une relecture des enseignements traditionnels.

    Positions de l’Église catholique (doctrine officielle)

    La doctrine constante de l’Église, reprise dans le Catéchisme de l’Église catholique (§§ 2357-2359) et des documents du Magistère comme Persona Humana (1975) ou la Lettre sur la pastorale des personnes homosexuelles (1986), affirme :

    • Les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » : ils ferment l’acte sexuel au don de la vie et ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable (homme-femme). Ils « ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ».
    • L’inclination homosexuelle est « objectivement désordonnée » (tendance vers un comportement moralement mauvais), même si elle n’est pas en elle-même un péché.
    • Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté (comme tout baptisé non marié) et à l’union au Christ.
    • L’Église distingue la personne (à respecter, sans discrimination injuste) et les actes (à ne pas approuver). Le mariage est réservé à l’union homme-femme ouverte à la vie.

    Sur la transidentité, l’Église (notamment dans Dignitas infinita, 2024) défend l’identité sexuelle biologique comme don de Dieu et s’oppose à l’idéologie du genre qui dissocie sexe et genre de manière subjective ou idéologique.

    Les positions de Joël Pralong qui créent la contradiction

    D’après ses déclarations et livres :

    • Il veut délier homosexualité et péché (« homo-sensibilité ») et critique une morale qui mettrait trop l’accent sur l’abstinence. Il pose la question : « Est-ce le rôle de l’Église de contrôler ce qui se passe sous la couette des gens ? » Il voit dans les relations homosexuelles stables un possible « signe d’un échange d’amour interpersonnel » et un chemin humanisant. "Pour le père Joël Pralong, les rapports homosexuels peuvent être « le signe d’un échange d’amour interpersonnel »" (cathobel)
    • Il relativise la formulation du Catéchisme (« actes intrinsèquement désordonnés ») en la jugeant décontextualisée par rapport à la Bible (Rm 1, etc.). Il argue que l’homosexualité moderne n’est pas une « rébellion contre Dieu » mais une réalité de personne non choisie.
    • Il soutient les bénédictions de couples de même sexe dans l’esprit de Fiducia supplicans (2023), en allant parfois plus loin en valorisant le lien lui-même.
    • Sur les personnes trans, il distingue idéologie du genre et souffrance individuelle, plaidant pour un accompagnement qui peut inclure des transitions dans certains cas, tout en restant prudent.

    Il met en avant l’expérience pastorale, la psychologie, l’écoute des personnes et « ce que dirait Jésus aujourd’hui » (accueil inconditionnel), plutôt que la norme objective de la loi morale naturelle et de la Révélation.

    Pourquoi c’est en contradiction ?

    Ces vues s’opposent à l’enseignement magistériel sur plusieurs points :

    • Elles semblent approuver (ou du moins ne pas condamner) des actes que l’Église qualifie d’intrinsèquement désordonnés.
    • Elles relativisent la loi morale objective au profit d’une approche situationnelle ou « personnaliste » extrême (« la personne est plus grande que la règle »).
    • Elles remettent en cause l’anthropologie chrétienne du corps et de la sexualité (complémentarité homme-femme comme reflet du dessein créateur).

    L’Église distingue accueil des personnes (qui doit être bienveillant) et approbation des actes ou des unions (qui n’est pas possible). Pralong est perçu par certains comme franchissant cette ligne vers une forme de normalisation.

    Note importante : Joël Pralong reste un prêtre en exercice dans son diocèse et n’a pas été sanctionné publiquement de manière visible (pas d’excommunication ou retrait notable signalé dans les sources récentes). Cela reflète souvent une tension pastorale/théologique courante dans certaines régions, sans forcément une censure formelle. Ses idées s’inscrivent dans un courant « inclusif » qui interprète Fiducia supplicans de manière extensive, parfois au-delà de l’intention du document.

    En résumé, la contradiction porte sur la morale sexuelle objective versus une approche prioritairement empathique et contextuelle qui tend à relativiser les normes doctrinales. Pour l’Église, la vérité sur l’homme et la sexualité vient de la Révélation et de la raison (loi naturelle), pas seulement de l’expérience subjective.

    * Joël Pralong est prêtre du diocèse de Sion en Suisse. Infirmier en psychiatrie de formation, puis curé et supérieur du Séminaire de son diocèse, il poursuit sa mission comme chapelain de la Basilique de Notre-Dame de Valère (Sion) et prédicateur de retraites.

  • « Homos et cathos » : quand l’Église est sommée de se soumettre au monde

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    De Philippe Marie sur Tribune Chrétienne :

    « Homos et cathos » ou l’Église sommée de se soumettre au monde

    Homos et cathos L'Eglise à l'épreuve du réel - broché - Jean-Paul Vesco,  Claire Bévierre, Florence Euverte - Achat Livre ou ebook | fnac
    Avec le livre "Homos et cathos. L’Église à l’épreuve du réel", préfacée par le cardinal Vesco, une partie du catholicisme occidental tente d’imposer une "révision "naturelle" de la doctrine de l’Église

    Publié le 13 mai 2026 aux éditions Desclée de Brouwer, Homos et cathos. L’Église à l’épreuve du réel est un ouvrage collectif dirigé par Claire Bévierre et Florence Euverte, en lien avec l’association Reconnaissance, fondée par des parents catholiques d’enfants homosexuels. Le livre rassemble des témoignages de familles, de croyants homosexuels ainsi que des contributions de théologiens, moralistes et exégètes plaidant pour une révision profonde du regard de l’Église catholique sur l’homosexualité. L’ouvrage bénéficiera probablement d’une forte visibilité chez certains médias dits  » catholiques », toujours favorables aux appels à la « réinvention » ou à la « déconstruction » de la doctrine de l’Eglise, mais plus réservés lorsqu’il s’agit de défendre avec la même vigueur le magistère.

    Cette exposition sera renforcée par la préface du cardinal Jean-Paul Vesco, dont les propos apparaissent comme un soutien à une évolution notable de la doctrine et de la pastorale catholiques concernant les relations homosexuelles. Présenté comme une réflexion pastorale fondée sur « l’expérience vécue », le livre s’inscrit en réalité dans un mouvement plus large de remise en cause de l’enseignement moral traditionnel de l’Église sur la sexualité, le mariage et l’anthropologie chrétienne.

    Le titre lui-même, L’Église à l’épreuve du réel, contient déjà un présupposé important : il suggère que le « réel » contemporain devrait devenir une sorte de tribunal devant lequel l’Église serait appelée à corriger sa doctrine. Or cette manière de poser le problème est déjà discutable. Qu’une réalité sociale existe ne signifie pas qu’elle doive devenir une norme morale ou théologique. Dans la pensée chrétienne, l’existence d’un désir, d’un comportement ou d’une pratique n’a jamais suffi à lui conférer une légitimité morale. Le christianisme n’a jamais enseigné que l’Église devait s’adapter à toutes les évolutions culturelles simplement parce qu’elles sont visibles ou socialement valorisées. Au contraire, l’Église affirme que la Révélation permet précisément de discerner, dans le réel humain, ce qui conduit au bien ou ce qui éloigne de l’ordre voulu par Dieu.

    Dès lors, parler de « l’épreuve du réel » revient à inverser subtilement les rapports : ce n’est plus le réel qui est jugé à la lumière de l’Évangile, mais l’Évangile qui semble devoir être réinterprété à partir du réel contemporain.

    Le projet porté par Homos et cathos se présente comme une démarche d’écoute et de compassion. Pourtant, derrière cette rhétorique pastorale apparaît une logique plus profonde : substituer progressivement l’expérience subjective à la Révélation, la sensibilité moderne à la doctrine et l’air du temps au dépôt de la foi.

    La présentation commerciale du livre révèle immédiatement cette orientation. On y lit que l’ouvrage donne la parole à des chrétiens homosexuels et à des parents refusant « le silence » ou la « marginalisation ». Le cadre rhétorique est ainsi posé dès le départ : la position traditionnelle de l’Église est implicitement associée à l’exclusion et à la souffrance. Le débat doctrinal se trouve alors déplacé vers le registre émotionnel, où la fidélité à l’enseignement classique apparaît d’emblée comme moralement suspecte. La remise en question de la doctrine elle-même n’est jamais réellement abordée. Le point de départ demeure l’expérience individuelle, le ressenti personnel, comme si la vérité devait s’adapter à l’homme plutôt que l’homme chercher à conformer sa vie à la vérité.

    Une autre formule résume bien cette logique : « entre la doctrine et le réel ». Comme si la doctrine appartenait à une abstraction froide tandis que les revendications contemporaines représenteraient seules la vie authentique. Pourtant, la doctrine chrétienne est précisément une lecture du réel humain à la lumière de la Révélation. Lorsque le livre évoque la nécessité de reconnaître chacun « comme il est », il sous-entend que l’identité profonde de la personne se confond avec ses désirs affectifs et sexuels. Or l’anthropologie chrétienne classique refuse cette réduction :

    La dignité humaine ne repose pas sur les désirs mais sur la création de l’homme à l’image de Dieu, tourné vers le Bien. Dans cette perspective, reconnaître pleinement une personne ne signifie pas nécessairement valider moralement toutes ses pratiques ou toutes ses aspirations.

    Le livre développe également l’idée d’une Église « enrichie par la diversité de ses enfants ». Cette formule traduit l’importation dans le langage ecclésial des catégories contemporaines de la diversité identitaire. Or, dans la tradition chrétienne, l’unité de l’Église repose d’abord sur une vérité commune reçue du Christ, et non sur la juxtaposition de subjectivités morales.

    Le véritable enjeu du livre apparaît alors clairement : l’expérience humaine peut-elle devenir un critère capable de corriger la loi morale révélée ?

    Toute l’argumentation repose implicitement sur cette inversion : puisque certains couples homosexuels apparaissent heureux, stables et sincères, la doctrine devrait être repensée. Pourtant, dans la pensée catholique, une relation peut être affectivement authentique tout en demeurant objectivement désordonnée au regard de la loi naturelle et de la Révélation. Contrairement à ce que suggère souvent la rhétorique contemporaine, la position catholique ne provient ni d’une obsession sexuelle ni d’un simple héritage culturel. Elle s’appuie sur une cohérence théologique et anthropologique ancienne.

    Dans la doctrine catholique, la sexualité possède une finalité intrinsèque : l’union de l’homme et de la femme ainsi que l’ouverture à la transmission de la vie. La différence sexuelle n’est donc pas perçue comme un simple construit culturel, mais comme un élément constitutif de l’ordre de la création. C’est pourquoi le Catéchisme de l’Église catholique parle d’actes « intrinsèquement désordonnés », non pour humilier des personnes, mais pour désigner un acte considéré comme objectivement non ordonné à sa finalité propre. L’Ancien et le Nouveau Testament condamnent explicitement les pratiques homosexuelles, et pendant deux mille ans la lecture chrétienne de ces textes n’a pas connu d’ambiguïté majeure.

    Le livre adopte cependant une stratégie devenue fréquente : il ne cherche plus directement à démontrer que la doctrine est fausse, mais à rendre moralement impossible sa défense en l’associant systématiquement à la souffrance, au rejet ou à la violence symbolique. Le débat quitte alors le terrain du vrai pour celui du ressenti et le mot magique  » d ‘inclusion » justifie tout et n’importe quoi. Pourtant, une doctrine n’est pas fausse parce qu’elle est difficile à vivre.

    Le christianisme repose précisément sur une logique de conversion, de combat intérieur et de renoncement.

    Ajoutons que le point le plus révélateur réside peut-être dans l’idée selon laquelle « l’expérience des familles » deviendrait un lieu de vérité théologique. Car si l’expérience vécue devient le critère ultime, alors toute norme stable disparaît. La théologie risque alors de se transformer en simple sociologie émotionnelle. Or le catholicisme affirme exactement l’inverse : la vérité révélée éclaire l’expérience humaine, elle n’est pas déterminée par elle.

    La préface du cardinal Jean-Paul Vesco illustre parfaitement ce déplacement du débat :

    « Qu’il est douloureux de reconnaître que face à une réalité humaine aussi complexe que l’homosexualité, nous peinions tant, en Église, à trouver les mots justes »

    Lorsqu’il évoque la difficulté pour l’Église de « trouver les mots justes » face à l’homosexualité, il présente le problème comme essentiellement linguistique ou pastoral. Pourtant, la difficulté n’est pas d’abord une question de vocabulaire mais de doctrine. L’Église distingue déjà clairement les personnes, qui doivent être accueillies avec respect, et les actes homosexuels, qu’elle considère moralement désordonnés. Le recours fréquent à la notion de « complexité » joue également un rôle important. Bien sûr, les situations humaines sont complexes. Mais cette complexité n’abolit pas automatiquement la possibilité d’un jugement moral. Sinon toute morale cohérente deviendrait impossible.

    Derrière la question homosexuelle se cache en réalité un enjeu beaucoup plus vaste : celui de l’autorité doctrinale de l’Église. Si un enseignement moral constant peut être reconfiguré sous la pression culturelle, alors toute la morale catholique devient potentiellement révisable : mariage, filiation, contraception, différence sexuelle ou bioéthique ( GPA,PMA) de même pour l’euthanasie rebaptisée  » aide à mourir », le concept est le même, on rebaptise le droit de tuer en fraternité et en vraie-fausse dignité.

    L’un des procédés les plus efficaces de ce type d’ouvrage consiste d’ailleurs à brouiller la distinction entre pastorale et doctrine. Officiellement, il ne s’agirait pas de modifier l’enseignement de l’Église, mais simplement d’adapter l’accueil et le langage pastoral. Pourtant, en transformant progressivement les pratiques, les catégories morales et le vocabulaire, on finit par rendre la doctrine traditionnelle pratiquement inapplicable ou incompréhensible.

    Le désaccord fondamental porte finalement sur l’anthropologie elle-même. La culture contemporaine tend à considérer que l’identité profonde réside dans les désirs intérieurs et que toute limite morale constitue une oppression. L’anthropologie chrétienne affirme au contraire que la liberté consiste à ordonner sa vie vers le bien, et non à transformer chaque désir en droit.

    Le livre s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de théologie dite « contextuelle », où les évolutions sociales deviennent progressivement des critères d’interprétation de l’Évangile. Le risque, selon cette critique, est alors de voir le christianisme s’adapter continuellement aux mutations culturelles au lieu d’exercer sur elles un discernement critique.

    Au fond, le débat dépasse largement la seule question de l’homosexualité. Il touche à la manière dont l’Église comprend sa mission : transmettre fidèlement une vérité reçue ou réinterpréter cette vérité à partir des sensibilités contemporaines. La conclusion qui se dégage de cette analyse est claire : la charité chrétienne consiste à accueillir chaque personne avec respect et dignité, sans pour autant modifier ce que l’Église considère comme vrai sur le plan moral. Selon cette perspective, le danger de nombreux ouvrages contemporains est d’utiliser le langage de la compassion pour introduire progressivement une transformation doctrinale implicite, où le réel social contemporain devient finalement la norme d’interprétation de l’Évangile.

    À l’image du Katholikentag allemand, où un stand consacré au BDSM et à une prétendue réflexion « chrétienne » sur le sadomasochisme a été officiellement accueilli, beaucoup de fidèles craignent qu’une fois la doctrine soumise au seul critère du vécu et des évolutions culturelles, plus aucune limite morale ne subsiste réellement et que toute vérité finisse par devenir négociable.

    ( écrit avec la participation d’un prêtre théologien )

  • Le Secrétariat du Synode se désolidarise du rapport controversé contenant des témoignages de couples homosexuels

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    De Javier Arias sur Religion Confidencial :

    Le Secrétariat du Synode se désolidarise du rapport controversé contenant des témoignages de couples homosexuels

    Ils assurent à Religión Confidencial que leur rôle se limite à traduire les résumés, à éditer les rapports, et à les publier et à les diffuser.

    14/05/26

    Le rapport du groupe d’étude 9 sur « Critères théologiques et méthodologies synodales pour le discernement commun des questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées », publié par le Secrétariat général du Synode du Vatican le mardi 5 mai, a provoqué une profonde surprise et un malaise dans de larges secteurs ecclésiaux.

    Témoignages de deux couples homosexuels dans le rapport du cardinal Castillo

    La raison ? Le rapport de ce groupe, coordonné par l’archevêque de Lima, le cardinal Carlos Castillo , comportait une annexe avec deux témoignages, l’un d’un Américain et l’autre d’un Portugais, relatant leur expérience de « catholiques » mariés civilement à d’autres hommes . Pire encore, le témoignage de l’Américain s’en prend à l’apostolat Courage qui, se fondant sur la doctrine de l’Église, soutient les personnes attirées par les personnes du même sexe.

    L'attaque contre Courage

    Cette attaque contre Courage (que le pape Léon XIV a reçu en audience privée il y a quelques semaines) a provoqué une réaction de ce mouvement .

    Dans un communiqué publié par Courage le 8 mai, l'organisation considère ce rapport comme « une calomnie et une diffamation à l'encontre de l'organisation et de ses membres ». Elle affirme qu'il s'agit d'une calomnie « car le rapport déforme le travail de Courage », puisqu'elle ne participe pas, et n'a jamais participé, à une « thérapie de conversion », comme cela est allégué.

    « Le groupe de travail aurait pu clarifier ce point simplement en contactant la direction de Courage. Or, au lieu de cela, le rapport présente l’expérience et l’opinion d’une seule personne comme faisant partie d’un document officiel de l’Église », ont-ils déploré.

    Courage affirme avoir subi des calomnies et des diffamations durant toute cette période, « mais généralement de la part des médias laïques ». Par conséquent, l'organisation souligne que « c'est une grande tristesse et une blessure supplémentaire pour nos membres que cette description fausse et injuste figure dans un document du Vatican ».

    L'évêque Munilla demande que cette erreur soit corrigée.

    L'annonce du rapport synodal controversé et la réaction de Courage ont été largement relayées par les médias du monde entier. À tel point qu'en Espagne, Mgr Munilla a tenu à réagir. Récemment, l'évêque d'Orihuela-Alicante a publié un message sur ses réseaux sociaux pour commenter cette actualité.

    Pour Mgr Munilla, « ceux qui s’efforcent chaque jour d’être fidèles à l’Évangile méritent un accompagnement pastoral, et non la suspicion ou la caricature ». Concernant la question de la synodalité, il ajoute qu’« il ne s’agit pas de réinventer la morale chrétienne , mais de la vivre avec plus de fidélité et de charité ». C’est pourquoi il souligne qu’« il ne s’agit pas d’adapter la vérité aux désirs humains, mais de s’entraider pour cheminer vers la vérité ». Mgr Munilla conclut en exprimant sa conviction que « cette grave erreur sera corrigée » .

    Le Secrétariat général du Synode prend ses distances

    Face à l'absence de réponses officielles, Religión Confidencial a contacté le Secrétariat général du Synode pour demander une évaluation de la controverse suscitée par ce rapport et pour connaître leur réponse à la déclaration de Courage.

    L'équipe de communication du Secrétariat général du Synode a déclaré à cette publication que « notre travail s'est limité à la traduction des résumés, à la révision des rapports et à leur publication et diffusion, afin de respecter l'esprit de transparence et de responsabilité qui a caractérisé le processus synodal. »

    En réponse à Religión Confidencial, ils ont déclaré que « les groupes de travail ont œuvré, comme il se doit, de manière autonome ». Par conséquent, « ces rapports ne peuvent être attribués au Secrétariat général » puisque « le logo du Secrétariat n’y figure même pas, seul celui du processus synodal y apparaît ». Pour minimiser l’importance de la question, le Secrétariat général du Synode a souligné que « ces rapports ne sont que des documents de travail ».

  • Le cardinal Eijk accuse le rapport du Synode (n°9) de semer la confusion doctrinale

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    De "Tribune chrétienne" :

    Le cardinal Eijk accuse le rapport du Synode de semer la confusion doctrinale

    "Le rapport normalise de fait les relations homosexuelles dans un contexte ecclésial. Il ne s’agit pas simplement d’une déficience technique : c’est une contradiction fondamentale avec l’enseignement catholique"

    Le cardinal néerlandais Willem Jacobus Eijk hausse le ton contre le rapport final du Groupe d’étude n°9 du Synode sur la synodalité. Dans une tribune publiée le 14 mai 2026 par le National Catholic Register, le prélat néerlandais affirme que ce document ne constitue pas une simple réflexion pastorale, mais une remise en cause profonde de la manière dont l’Église comprend et transmet la vérité morale. « Il ne s’agit pas simplement d’une déficience technique : c’est une contradiction fondamentale avec l’enseignement catholique », écrit-il.

    Le rapport, élaboré dans le cadre du processus synodal lancé par le pape François, propose une nouvelle méthode de discernement ecclésial centrée sur « l’écoute », « l’expérience vécue » et la « conversation dans l’Esprit ». Les auteurs y affirment que certaines questions traditionnellement qualifiées de « controversées » devraient désormais être considérées comme des « questions émergentes ». Cette évolution terminologique n’est pas anodine. Le document explique vouloir dépasser une logique de « résolution de problèmes » fondée sur « l’application déductive de principes établis de manière immuable et rigide ».Le rapport affirme également que la mission de l’Église « n’est pas de proclamer abstraitement des principes » mais d’entrer dans une dynamique pastorale attentive aux contextes culturels et aux situations humaines concrètes. Pour le cardinal Eijk, c’est précisément là que se situe le danger. Il précise que le texte introduit une opposition artificielle entre doctrine et pastorale, comme si la fidélité à la vérité morale pouvait être assouplie au nom de l’accompagnement des personnes : « Le véritable accompagnement pastoral ne cherche pas de compromis avec la vérité morale », insiste-t-il.

    La partie du rapport consacrée aux personnes ayant des attirances homosexuelles cristallise particulièrement les inquiétudes du cardinal. Le Groupe d’étude n°9 propose en effet d’écouter des témoignages de croyants LGBT afin de discerner les « expériences de bonté » présentes dans leurs parcours et dans certaines communautés chrétiennes. Le document explique que ces récits personnels peuvent permettre d’identifier de « bonnes pratiques » ecclésiales et d’ouvrir de nouveaux chemins de discernement pastoral.

    Mais pour le cardinal Eijk, cette approche crée volontairement une ambiguïté doctrinale. Il reproche au texte de présenter certains témoignages favorables aux relations homosexuelles sans rappeler explicitement l’enseignement moral constant de l’Église : « En mettant ainsi en avant de tels témoignages sans commentaire doctrinal, le rapport normalise de fait les relations homosexuelles dans un contexte ecclésial », affirme-t-il.

    Le cardinal critique aussi la manière dont le rapport évoque Courage International, l’apostolat catholique accompagnant les personnes attirées par le même sexe dans une vie de chasteté conforme à l’enseignement de l’Église. Au-delà des questions LGBT, c’est toute l’orientation théologique du document qui suscite l’inquiétude des défenseurs d’une ligne doctrinale classique. Le rapport revendique explicitement un « changement de paradigme » dans la manière d’interpréter et de transmettre la foi. Il affirme également que « la vérité universelle de l’humain, dans son expression historique, ne peut être déterminée une fois pour toutes ».

    Pour le cardinal Eijk, une telle formulation ouvre la porte à une relativisation progressive de la loi morale naturelle et de l’enseignement catholique sur le mariage, la sexualité et la famille. L’archevêque d’Utrecht rappelle au contraire que certaines normes morales sont absolues et ne dépendent ni des cultures ni des circonstances historiques. Dans la ligne de saint Jean-Paul II et de l’encyclique Veritatis Splendor, il insiste sur le fait que la vérité morale ne peut être reconstruite à partir des expériences subjectives :

    « L’enseignement de l’Église n’est ni obscur ni sujet à révision par des processus synodaux », conclut-il. « C’est la vérité qui nous rend libres. »

    Cette prise de parole du cardinal Eijk illustre les tensions croissantes provoquées par le Synode sur la synodalité au sein de l’Église. Alors que certains y voient une occasion de renouvellement pastoral et d’écoute des périphéries, d’autres redoutent une transformation progressive de la doctrine sous couvert de discernement. À Rome, plusieurs cardinaux et évêques proches des milieux doctrinaux conservateurs devraient désormais faire entendre plus ouvertement leurs réserves sur l’orientation prise par certains groupes de travail synodaux : une nouvelle fracture doctrinale apparaît au grand jour dans l’Église catholique.

  • L'European Centre for Law & Justice réagit au projet de recommandation du CEDAW sur les stéréotypes de genre

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    L'ECLJ réagit au projet de recommandation du CEDAW sur les stéréotypes de genre

    12 Mai 2026

    Le 4 mars 2026, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (le «CEDAW») a publié le projet de recommandation générale sur les stéréotypes de genre (le «projet») et a invité toutes les parties intéressées à soumettre leurs observations sur son contenu. Le projet, qui interprète la portée et la nature des obligations des États au titre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, aborde plusieurs questions sensibles, notamment l’égalité entre les femmes et les hommes, le droit à la vie, le droit au respect de la vie privée et familiale et la liberté de religion.

    Les recommandations du CEDAW visant à lutter contre les «stéréotypes de genre» reposent sur une vision déformée de l’égalité qui perçoit la féminité et la masculinité comme deux forces antagonistes plutôt que comme des ensembles de qualités complémentaires. Une telle vision de l’égalité, qui aspire à l’élimination des différences naturelles entre les femmes et les hommes, porte atteinte à l’essence même du droit à la dignité humaine.

    En outre, dans ses observations concernant les mesures relatives à la santé, le CEDAW recommande aux États parties «d’[a]dopter des mesures visant à dépénaliser l’avortement et à garantir un accès abordable et complet à des services d’avortement sûrs et de qualité, à des services et informations post-avortement, ainsi qu’à des contraceptifs modernes, sans discrimination intersectionnelle ni stéréotypes de genre» (paragraphe 56(c) du projet). Cette recommandation, qui n'a de fondement ni dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ni dans aucun autre texte contraignant de droit international, va à l’encontre des obligations des États en matière de protection du droit à la vie. Au-delà de l’incompatibilité entre l’élargissement de l’accès à l’avortement et le droit à la vie ainsi que d’autres engagements internationaux des États parties (tels que la protection de la maternité), sa dépénalisation et sa facilitation constituent de graves menaces pour la santé des femmes concernées ainsi que pour le fonctionnement de la société dans son ensemble.

    Enfin, le projet contient de multiples recommandations qui vont clairement à l’encontre du droit au respect de la vie privée et familiale et de la liberté religieuse. Tout au long du projet, les institutions familiales et religieuses sont présentées comme étant principalement les cadres dans lesquels les «stéréotypes de genre» sont inculqués et façonnés. Plus précisément, un ensemble de recommandations relatives à la sphère de l’éducation constitue un risque sérieux pour le droit des parents d’éduquer et d’élever leurs enfants conformément à leurs convictions et croyances religieuses. Plusieurs propositions, telles que celle concernant la promotion de «l’inclusion des femmes au sein du clergé des institutions religieuses» et de «leur participation active aux processus de direction et de prise de décision» (paragraphe 61(e) du projet), constituent une ingérence flagrante dans le principe d’autonomie des institutions religieuses.

    Dans ses observations soumises au CEDAW le 6 mai 2026, l’ECLJ dénonce son incompatibilité manifeste avec le droit international des droits de l’homme. Il invite le Comité à réexaminer et à modifier la recommandation générale afin d’assurer sa pleine conformité avec les obligations internationales des États parties.

    Le texte intégral des observations de l’ECLJ soumises au CEDAW est disponible ici en anglais uniquement.

  • Quand des « bergers synodaux » attaquent les moutons

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    Du sur The Catholic Thing :

    Des « bergers synodaux » attaquent les moutons

    9 mai 2026

    L'Église catholique est habituée aux attaques contre son enseignement. L'histoire de l'hérésie à travers les siècles révèle les efforts incessants de ceux qui cherchent à substituer diverses erreurs à la doctrine catholique. Ce à quoi l'Église s'est habituée plus récemment, ce sont les attaques contre son enseignement émanant de certains de ses pasteurs, notamment des déclarations incessantes du Synode des évêques. 

    La dernière décision imposée par le Synode est l'approbation sans réserve du mode de vie homosexuel récemment publiée dans le rapport final du groupe d'étude numéro 9 « Critères théologiques et méthodologies synodales pour un discernement partagé des questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes ». 

    Ce rapport tente de discréditer l'enseignement catholique sur l'immoralité inhérente des actes homosexuels – et la nature désordonnée de l'inclination homosexuelle – en stigmatisant cet enseignement comme l'expression d'un « paradigme » obsolète sur lequel on ne peut plus se fier pour communiquer la volonté de Dieu à son peuple. 

    Merriam-Webster définit un paradigme comme « un cadre philosophique et théorique propre à une école ou une discipline scientifique, au sein duquel sont formulées les théories, les lois, les généralisations et les expériences qui les étayent ». Décrire l'enseignement catholique par analogie avec un cadre sur lequel s'organisent théories et expériences revient à le réduire à une simple approche parmi d'autres de la révélation divine, et non plus à la vérité absolue. Jésus a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jean 14, 6) Ce paradigme a-t-il besoin d'être amélioré ?

    Le rapport comprend deux annexes, qui sont des témoignages sous forme d'entretiens. Deux hommes catholiques (le premier Portugais, le second Américain) se décrivent fièrement comme mariés à un homme, alors même que l'Église catholique enseigne qu'une telle union est impossible. Pourquoi le Synode des évêques publierait-il des entretiens avec des hommes qui rejettent l'enseignement catholique sur la nature du mariage, inspiré par le Saint-Esprit, dans le cadre de sa démarche visant à discerner l'action du Saint-Esprit dans l'Église aujourd'hui ?

    Le rapport numéro 9 nous apporte la réponse : le Synode considère le soi-disant mariage homosexuel comme une question ouverte :

    Enfin, tout en écoutant la Parole de Dieu vécue dans l’Église, il est nécessaire d’aborder avec sérénité la question récurrente de savoir si l’on peut parler de « mariage » pour les personnes attirées par le même sexe, en assimilant leur relation à l’union conjugale hétérosexuelle sans reconnaître les différences. Celles-ci incluent, au premier chef, l’impossibilité manifeste de la procréation en soi, liée à la différence sexuelle, et à l’égard de laquelle les techniques de procréation médicalement assistée posent des difficultés supplémentaires.

    Rencontre entre Léon XIV et le père James Martin, SJ, au Vatican, le 1er septembre 2025. [Source : Vatican News]

    Pire encore, le rapport numéro 9 considère que tout l'enseignement catholique est susceptible de changer :

    La mission de l’Église ne consiste pas à proclamer abstraitement et à appliquer déductivement des principes figés et immuables, mais à favoriser une rencontre vivante avec la personne du Seigneur Jésus ressuscité, en s’engageant dans l’expérience vécue de la foi du Peuple de Dieu, dans sa pertinence personnelle et sociale, au contact de la diversité des situations de vie et des multiples contextes culturels. Seule la tension féconde entre ce qui a été établi dans la doctrine et la pratique pastorale de l’Église et les pratiques de vie où cet enseignement se vérifie, dans l’exercice de la vie personnelle et communautaire à la lumière de l’Évangile, exprime le dynamisme créateur de la Tradition : contre la tentation d’une ossification stérile et régressive des principes et des affirmations, des normes et des règles, indépendamment de l’expérience des personnes et des communautés.

    « L’expérience vécue de la foi du Peuple de Dieu » peut-elle primer sur la doctrine de la Foi ? Bienvenue dans l’embrassade ecclésiastique de la « modernité liquide » où le réalisme métaphysique est mis de côté et où la dictature du relativisme et du subjectivisme soumet tout à une redéfinition.

    Ce qui est en jeu, comme on le comprend clairement, c’est le dépassement du modèle théorique qui fait découler la praxis d’une doctrine « prête à l’emploi », « appliquant » des principes généraux et abstraits aux situations concrètes et personnelles de la vie. Il s’agit donc de redécouvrir une circularité féconde entre théorie et praxis, entre pensée et expérience, en reconnaissant que la réflexion théologique elle-même procède des expériences du « bien » inscrites dans le sensus fidei fidelium .

    Le Synode est devenu l'agent officiellement mandaté par le Saint-Siège pour détruire la doctrine catholique, laquelle est dénigrée et rejetée comme un ensemble de principes déductifs énoncés de manière immuable et rigide – des déclarations stériles, régressives et figées –, comme des doctrines « pré-emballées », qui ne sont que des abstractions et des théories. 

    Nous devons plutôt écouter les « situations concrètes et personnelles de la vie » car « la réflexion théologique elle-même procède des expériences du « bien » inscrites dans le sensus fidei fidelium (sens de la foi des fidèles) ».

    Le témoignage de l’Américain homosexuel catholique (Jason Steidl, auteur de LGBTQ Catholic Ministry, Past and Present , dont la photo est apparue en première page du New York Times avec son « mari », recevant la bénédiction du père James Martin, SJ, le lendemain de la publication de Fiducia supplicans ), donne une idée claire de la direction que le Synode pense que la réflexion théologique fondée sur l’expérience personnelle mènera l’Église :

    Mon orientation sexuelle n'est ni une perversion, ni un trouble, ni une épreuve ; c'est un don de Dieu. Je vis un mariage heureux et épanoui et je m'épanouis pleinement en tant que catholique ouvertement gay. Il m'a fallu des années de prière, de thérapie et de soutien au sein d'une communauté bienveillante pour en arriver là, mais je remercie Dieu pour mon orientation sexuelle et ma place dans la vie. Être catholique LGBTQ+ n'est pas facile, et bien souvent je déplore le mal que l'Église a pu causer. Mais j'ai aussi de l'espoir. J'ai été témoin de conversions durant le pontificat du pape François, tant au niveau local qu'universel, et je me réjouis de contribuer à l'édification du corps du Christ, à l'image du ministère de guérison et d'inclusion de Jésus.

    Le bureau du Synode a jugé nécessaire de publier la déclaration d'un militant pro-homosexuel selon laquelle l'Église catholique aurait nui à autrui par les « flèches haineuses de l'homophobie ». Cette déclaration relève-t-elle de la « foi des fidèles » ? Ou constitue-t-elle un reniement de la foi du Christ au profit de l'immoralité ? 

    Cette subversion destructrice, orchestrée par le Vatican, doit cesser immédiatement. Les âmes sont en danger à cause des enseignements scandaleux et mensongers propagés par le Synode. Le pape Léon XIV doit fortifier les fidèles en mettant un terme à cette trahison pernicieuse de la vérité divine.

  • Du cardinal Müller sur la bénédiction de Dieu et des fausses bénédictions de ce monde

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    De kath.net/news :

    De la bénédiction de Dieu et des fausses bénédictions de ce monde

    8 mai 2026

    Un commentaire du cardinal Müller sur certaines conclusions de groupes de travail concernant le Synode mondial : "On ne nie pas ouvertement les vérités révélées. On construit à côté sa propre maison d’un christianisme confortable et conforme au monde" :

    Les groupes d’étude mis en place par le pape François lors du Synode sur la synodalité en 2024 publient désormais peu à peu leurs conclusions – certes très controversées. Elles se ressemblent de manière fatale sur deux points :

    par leur méfiance à l’égard des contenus centraux de la doctrine catholique, qu’ils confondent avec un système de pensée lié à leur époque, au lieu de les reconnaître comme la transmission intégrale et complète de la révélation de Dieu aux générations présentes et futures ; en tentant, par un soi-disant « changement de paradigme d’une dogmatique rigide vers une pastorale à l’écoute de l’homme », de s’aligner sur les idéologies dominantes afin de gagner la reconnaissance de leurs protagonistes.

    On ne nie pas ouvertement les vérités révélées. Mais on les ignore et on construit à côté une maison qui nous est propre, celle d’un christianisme confortable et conforme au monde. Pour semer la confusion chez les fidèles naïfs, on l’agrémente de formules qui sonnent bibliques et spirituelles : « Ce que l’Esprit dit aux Églises », le discernement plutôt que la condamnation, le Jésus miséricordieux et approuvant tout, opposé aux docteurs de la loi rigoristes et aux professeurs de théologie conservateurs prisonniers de leurs systèmes, qui se soucient davantage de la fidélité à la lettre et à la doctrine rigide que des êtres humains dans leur faiblesse et leur vulnérabilité.

    Au mépris ou par ignorance de la tradition catholique, on en arrive à l’affirmation sophistique selon laquelle le péché ne consiste pas en un acte conscient et volontaire contre les commandements de Dieu, mais dans le refus de la miséricorde qui couvre tout envers ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas les accomplir.

    En réalité, l’Église enseigne que le Christ est mort sur la croix pour les péchés de tous les hommes et que le Saint-Esprit ne refuse la grâce de Dieu à personne qui se convertit à l’Évangile, afin qu’il puisse mener une vie nouvelle et sainte à la suite du Christ. C’est pour cette seule raison que l’apôtre peut dire aux baptisés : « Ne vivez plus comme les païens, avec leurs pensées futiles […] Dépouillez-vous du vieil homme, qui se corrompt par l’erreur et la convoitise, changez votre ancienne vie et renouvelez votre esprit et votre intelligence. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé selon l’image de Dieu dans une justice et une sainteté véritables. » (Ep 4, 17. 22–24).

    Dans le contexte des synodes des évêques et des chemins synodaux nationaux au sein des Églises locales, le thème de prédilection de certains évêques, théologiens et laïcs à la mode revient sans cesse. Au lieu de conduire les hommes vers Jésus-Christ, Dieu fait homme, l’unique et véritable Médiateur entre Dieu et les hommes, ils voient l’avenir de l’Église dans l’adoption de l’idéologie du genre et de l’arc-en-ciel, avec une vision monothematique et une étroitesse d’esprit. C’est pourquoi ils mettent même en péril l’unité visible de l’Église dans la vérité du Christ, telle que le Seigneur lui-même, en tant que Chef de l’Église, l’a confiée à l’ensemble du collège épiscopal avec et sous l’autorité du Pape, successeur personnel de Pierre sur la chaire romaine.

    La bénédiction privée, voire paraliturgique, de couples de même sexe ou de sexe opposé vivant dans des relations irrégulières repose sur la négation hérétique de la vérité révélée selon laquelle Dieu a créé l’homme et la femme. Et Jésus, qui est en sa personne le Chemin, la Vérité et la Vie, a confirmé, face à la casuistique des pharisiens sur le divorce, la volonté originelle du Créateur et a révélé de manière définitive que l’homme et la femme ne deviennent une seule chair que par le « oui » du mariage (cf. Mt 19, 3-9). Ainsi, dans le mariage, l’homme et la femme forment une double unité personnelle et sexuelle dans l’amour mutuel, dans la vie commune et dans l’ouverture aux enfants que Dieu veut leur donner. Et seuls l’homme et la femme unis dans le mariage sont bénis par Dieu afin qu’ils soient féconds, qu’ils se multiplient, qu’ils peuplent la terre et qu’ils règnent (avec sagesse) sur toutes les autres créatures de la terre (cf. Gn 1, 28).

    Ni les Écritures, ni l’ensemble de la tradition de l’Église ne font mention d’une bénédiction accordée à des personnes vivant dans des relations adultères – et encore moins d’une autorisation donnée aux évêques d’ordonner ou d’autoriser des bénédictions trompeuses et blasphématoires. La bénédiction liturgique ou privée (benedictio = approbation), par laquelle nous sommes bénis en Christ, est une prière de l’Église qui confie en l’aide et le soutien de Dieu pour que les hommes soient favorisés dans tout ce qui est bon, et en aucun cas une validation d’une vie contraire à Dieu dans le péché. La faiblesse humaine ne peut être une excuse, car le Saint-Esprit nous aide par sa grâce, que Dieu ne refuse à personne qui la demande sincèrement (cf. Rm 8, 26).

    Mais de ceux qui « échangent la vérité de Dieu contre le mensonge » et remplacent l’ordre de Dieu par leurs propres idéologies et leurs pseudo-théologies bricolées et mêlées de sociologie et de psychologie, l’apôtre dit qu’ils pensent faussement et vivent dans le péché, ce qui signifie la mort de la vie de grâce ; et qu’ils approuvent pourtant, tout en sachant qu’ils agissent mal, ceux qui agissent ainsi en contradiction avec Dieu (cf. Rm 1, 25.32).

    Les réactions du lobby homosexuel au sein de l'Église à la publication du rapport du groupe de travail synodal concerné et aux bénédictions de couples non mariés, ordonnées même par des évêques, saluent ouvertement la relativisation hérétique du mariage naturel et sacramentel. On la présente comme un premier pas vers la reconnaissance de l’idéologie LGBT, qui ne représente rien d’autre qu’une vision matérialiste de l’homme, dépourvue de Dieu, le Créateur, le Rédempteur et celui qui paracheve l’homme. Quiconque, en tant que maître de la foi et berger des fidèles mandaté par le Christ, se soucie véritablement de la paix intérieure et du salut éternel des fidèles qui lui sont confiés, ne fait pas des personnes en situation difficile le jouet d’une idéologie impie ou l’instrument de sa soif de notoriété dans le milieu « woke », mais les oriente personnellement vers Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

    « Nous n’avons pas un grand prêtre qui ne puisse compatir à nos faiblesses, mais un qui, en tout point, a été tenté comme nous, sans toutefois pécher. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus en temps voulu. » (Hébreux 4, 15 sqq.). Car lui seul est le véritable Messie et lui seul peut aider les hommes, sans exception, à sortir de toute détresse spirituelle et de toutes les tensions psychiques – contrairement aux sauveurs mondains qui, avec leurs doctrines d’auto-salut, ont si souvent causé la perte de l’humanité.

    L’idéologie du genre contredit directement l’anthropologie chrétienne. Et avec ses 60 à 80 genres inventés de toutes pièces, elle est également en contradiction directe avec la science biologique. Elle va à l’encontre du bon sens, qui sait que chaque être humain est issu de l’union de son propre père avec sa propre mère. Avec l’idéologie « woke », issue à l’origine de la pensée athée et matérialiste, une hérésie destructrice et un germe de schisme ont fait leur apparition dans l’Église catholique, qui, par l’ampleur de leur contradiction avec la vérité révélée de Dieu, correspondent au manichéisme ou au pélagianisme.

    Et l'étude de l'histoire de l'Église nous enseigne que ce n'est que grâce à la résistance constante du magistère des papes et des conciles, ainsi qu'à la force intellectuelle des grands docteurs de l'Église, d'Augustin à Thomas d'Aquin et John Henry Newman, que ces dangers et d'autres menaces existentielles pesant sur l'Église ont pu être écartés. Tous les empires bâtis par les hommes et toutes les forteresses de la pensée athée doivent tôt ou tard s’effondrer. Mais les portes de l’enfer ne pourront vaincre l’Église, car Jésus, le Fils du Dieu vivant, l’a bâtie sur le roc de saint Pierre.

    Ce n’est pas la transformation de l’Église en un mouvement philanthropique teinté de religion et de socialisme qui ramènera les hommes sécularisés de l’Occident déchristianisé dans les bras ouverts du Bon Pasteur Jésus-Christ, qui est la « Lumière des nations ». On ne peut que reprendre les mots des Pères conciliaires du Concile Vatican II : c’est le désir « d’illuminer tous les hommes par sa gloire qui resplendit sur le visage de l’Église, en annonçant l’Évangile à toutes les créatures » (Lumen gentium 1).

    Les véritables disciples de Jésus ne recherchent pas l’approbation des hommes ni la fausse bénédiction des « puissants, des personnalités et des leaders de ce monde » (cf. 1 Co 2, 6). Car dans l’amour et la vérité, « Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, nous a comblés de toutes les bénédictions de son Esprit par notre communion avec le Christ dans les cieux » (Ep 1, 3).

    Lire également : Des critiques affirment que le rapport du synode sape l'enseignement de l'Église et donne une image erronée du courage

  • Synode : le plus que troublant rapport sur les "questions émergentes"

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    Synode : le troublant rapport sur les "questions émergentes"

    Deux groupes d'étude du Vatican, liés au synode sur la synodalité, ont publié mardi leurs rapports finaux, l'un portant sur les « questions émergentes », notamment l'homosexualité, et l'autre sur la sélection des évêques.

    Le groupe de travail sur les « questions émergentes » n'a formulé aucune proposition concrète, mais a recueilli les témoignages de deux hommes catholiques homosexuels.

    Ces deux groupes font partie des 14 groupes d'étude. Douze ont été créés par le pape François en mars 2024, quelques mois avant la deuxième session du synode sur la synodalité, qui s'est terminée en octobre 2024. Deux autres groupes ont été établis par le pape Léon XIV l'année dernière.

    Le groupe « questions émergentes »

    Le groupe « questions émergentes », dirigé par le cardinal Carlos Castillo de Lima, a proposé dans son rapport un « changement de paradigme » dans la manière dont l’Église aborde les questions doctrinales, pastorales et éthiques complexes.

    Alors que le groupe s'appelait initialement groupe d'étude sur les questions « controversées », ils ont décidé de le renommer en groupe d'étude sur les questions « émergentes » car « l'objectif n'est pas seulement de résoudre les problèmes, mais de construire le bien commun par la conversion relationnelle, l'apprentissage partagé et la transparence ».

    Le rapport se compose d'une introduction, de trois sections et de trois annexes contenant les témoignages de deux hommes ayant des relations homosexuelles au Portugal et aux États-Unis, ainsi que d'une initiative de non-violence en Serbie.

    La première partie s’intéresse à un changement de paradigme dans l’évangélisation, fondé sur la conversion relationnelle, l’apprentissage partagé et la transparence. La deuxième partie examine le principe de pastorale comme clé d’interprétation de ce changement de paradigme, et la troisième propose des orientations pour faciliter le discernement pastoral face à deux enjeux émergents : l’expérience des catholiques homosexuels et la pratique de la non-violence active.

    Section introductive

    Le document commence par expliquer sa propre méthodologie, affirmant que « le sujet qui nous a été confié, même dans la manière dont il a été formulé, soulève un ensemble de questions connexes qui exigent une réflexion approfondie et un engagement courageux. À cette lumière, nous avons constaté l’inadéquation de nos catégories et paradigmes opérationnels actuels. »

    Le rapport évoque plusieurs difficultés méthodologiques, notamment la nécessité de concilier différentes sensibilités, expertises et points de vue, et de clarifier les définitions. Il précise également qu'après une première ébauche, un processus de consultation a été mené « auprès de personnes issues de différents contextes ecclésiaux et possédant des compétences variées ».

    Ensuite, il propose le « discernement synodal » comme clé méthodologique du rapport, « à partir de témoignages [individuels], avec une écoute attentive et ouverte à la fois de la Parole de Jésus – rendue vivante et pertinente par le Saint-Esprit dans l’espace de la communion ecclésiale et attentive aux “signes des temps” – et de ce que le Peuple de Dieu a vécu dans divers contextes culturels et en relation avec diverses situations de vie. »

    « Pour être authentiques et fructueuses, ces expériences nécessitent une intégration attentive et une prise en compte de ce que nous pouvons apprendre grâce à la contribution des sciences humaines, des sciences sociales et des sciences naturelles », ajoute le texte.

    Première partie : Un changement de paradigme

    Cette section commence par expliquer que, selon la conception de l’Apocalypse de Dei Verbum comme « historique et dialogique », la pratique de la synodalité dans l’Église implique un « changement de paradigme » par rapport aux paradigmes dominants des siècles passés en ce qui concerne la manière d’interpréter et d’exprimer la proclamation de l’Évangile et la mission de l’Église.

    Selon le document, ce changement représente un retour à « la vérité salvatrice de l’Évangile telle qu’elle a été présentée à l’origine en Jésus : le témoignage fiable de l’agapè de Dieu, qui est Abbà, présent ici aujourd’hui pour tous ses fils et ses filles, chacun d’entre eux. »

    Le document définit ensuite le processus synodal comme « le déploiement de trois dynamiques favorisant un changement de paradigme », à savoir la conversion relationnelle, l’apprentissage partagé et la transparence.

    Le rapport consacre plusieurs pages à expliquer chacune de ces dynamiques, mais le résumé les définit en termes plus concrets.

    Il est dit que la conversion relationnelle désigne « les processus par lesquels tous les hommes et femmes baptisés peuvent apprendre à travers des pratiques (ecclésiales, liturgiques et sociales) ».

    Le texte ajoute ensuite que l'apprentissage partagé signifie que « grâce à ces pratiques, les personnes… contribuent à co-façonner le paysage linguistique, symbolique et culturel au sein duquel les problèmes peuvent émerger, être nommés et être résolus ensemble ».

    Enfin, il est dit qu’« une culture ecclésiale de transparence ne s’explique pas seulement par un besoin ressenti dans la société contemporaine, mais doit être comprise à la lumière de l’impératif évangélique et éthique de “parler et agir dans la vérité” ».

    Deuxième section : le principe de pastorale

    Le document utilise « le principe de pastorale » comme principale clé d’interprétation de ces questions, le définissant comme suit : « Il n’y a pas de proclamation de l’Évangile sans assumer la responsabilité de l’interlocuteur, en qui l’Esprit est déjà à l’œuvre. »

    « Ce principe, fidèle au Magistère de Vatican II, découle de la prise en compte de Dei Verbum comme horizon fondateur de la proclamation, de Gaudium et spes comme horizon interprétatif de ses multiples destinataires et sphères d’incarnation, et d’Ad gentes comme horizon contextualisant de ses divers lieux et acteurs », indique le texte.

    Le document aborde ensuite la place de l'autorité dans le cadre du principe de pastorale, affirmant qu'« il ne s'agit pas de problèmes à résoudre, mais de la construction du bien commun », et par conséquent, il précise que l'objectif principal du principe n'est pas la correction doctrinale, pastorale et éthique « des situations jugées problématiques dans l'expérience concrète de la foi », mais la priorité accordée à « la reconnaissance et au discernement des manifestations concrètes que les pratiques de foi expriment et révèlent dans l'action, souvent à travers une connaissance non thématique ».

    Par conséquent, selon le rapport, le rôle approprié de l'autorité est « avant tout d'écouter, de mettre en branle le processus de discernement et de l'accompagner jusqu'à l'expression d'un consensus... Ainsi, l'exercice de l'autorité... [implique] une responsabilité particulière de préserver et de sauvegarder l'identité et la contribution de chaque personne, en particulier celles qui sont moins visibles ou moins à même d'exprimer leur voix. »

    La section se conclut ensuite en expliquant la méthodologie des « conversations dans l’Esprit » utilisée lors du synode sur la synodalité comme moyen de mettre en pratique le principe de pastorale.

    Troisième section : questions émergentes

    Le rapport applique ensuite sa méthodologie à deux questions émergentes : « l’expérience des personnes homosexuelles croyantes et l’expérience de la non-violence active ».

    Le rapport comprenait trois annexes : les témoignages de deux hommes s’identifiant comme homosexuels, l’un du Portugal et l’autre des États-Unis, et celui d’un mouvement non-violent en Serbie.

    Dans le témoignage d'un Portugais en couple avec un homme du même sexe et actif dans une communauté basée sur la spiritualité ignatienne appelée la Communauté de Vie Chrétienne, le rapport critique les tentatives présumées de soi-disant thérapies réparatrices ou de conversion.

    « La positivité de ce parcours coexiste avec des difficultés importantes, comme en témoignent les effets dévastateurs des thérapies de réparation visant à rétablir l’hétérosexualité, et les conseils contradictoires reçus : de ceux qui suggèrent le mariage avec une femme pour « trouver la paix » à ceux qui invitent au contraire la personne à ne pas laisser de « zones d’ombre ou cachées » dans sa relation avec le Christ. »

    Le rapport indique ensuite que le péché « à la racine, ne consiste pas dans la relation de couple (homosexuelle), mais dans un manque de foi en un Dieu qui désire notre épanouissement ».

    Dans le second témoignage, un homme vivant lui aussi aujourd'hui dans une relation homosexuelle a déclaré avoir passé du temps à l'université dans un groupe de Courage International, un apostolat visant à accompagner les personnes attirées par le même sexe selon une approche conforme à l'enseignement catholique, mais que cela n'avait « guère contribué à mon développement spirituel et psychosexuel ».

    Le rapport indique à ce sujet que « le témoignage… décrit l’appartenance problématique à un groupe catholique (Courage) qui, en prônant une « thérapie réparatrice », a eu pour effet de séparer la foi et la sexualité ».

    Après avoir examiné les témoignages, le document abordait la question de l'équilibre à trouver entre la pratique pastorale et la doctrine catholique.

    « Il ne s’agit pas d’élaborer une stratégie pour masquer les difficultés réelles ni de forcer le débat pour affirmer une nouvelle doctrine : il s’agit de partir de l’écoute des expériences et de promouvoir des pratiques pastorales et ecclésiales de connaissance mutuelle, de collaboration, d’inclusion et de dialogue entre les croyants », indique le document.

    « Car c’est seulement ainsi – à la lumière de l’expérience vécue et partagée de l’Évangile au sein de la communauté chrétienne – que l’on peut discerner et promouvoir le « bien » inscrit dans les expériences et les pratiques. »

    Le document critique ensuite le « modèle théorique qui tire la praxis d’une doctrine « pré-emballée », « appliquant » des principes généraux et abstraits aux situations concrètes et personnelles de la vie. »

    « La tâche consiste donc à redécouvrir une circularité féconde entre théorie et praxis, entre pensée et expérience, en reconnaissant que la réflexion théologique elle-même procède des expériences du « bien » inscrites dans le sensus fidei fidelium », conclut-il.