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R.D.C : l’anarchie à son comble dans la Région des Grands Lacs

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« Une violente manifestation contre la mission de l’O.N.U. au Congo s’est transformée en saccage et pillage dans ses installations à Goma, ce lundi : une colère que comprend le mouvement citoyen Lucha qui plaide pour un départ immédiat d’une Monusco inefficace qui déresponsabilise l’Etat congolais » : "mais de quoi sinon de sa propre inefficacité ? Qui fait quoi dans ce « boulou boulou » qui ne date pas d’hier (litote) JPSC.  Lu sur le site web Afrikarabia " :

« Le sentiment de défiance contre la mission des casques bleus au Congo a connu un nouvel excès de violence ce lundi dans la ville de Goma, au Nord-Kivu. A l’appel d’organisations de la société civile et de l’UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi, des centaines de personnes ont manifesté pour demander le départ de la Monusco, et dénoncé son inefficacité malgré sa présence en RDC depuis plus de 20 ans. Le siège de la Monusco, ainsi qu’une base logistique ont été pris d’assaut, alors qu’une partie des personnels de l’ONU a été évacuée par hélicoptère. Des bureaux et un entrepôt de nourriture ont également été vandalisés et pillés.

« Des incidents contreproductifs »

Le gouvernement congolais a dénoncé les violences et promis de poursuivre et de sanctionner les responsables des saccages et des vols. Pour la Monusco, « les incidents de Goma sont non seulement inacceptables, mais totalement contreproductifs. La mission est mandatée pour protéger les civils (…). Ce n’est pas dans le chaos et la confusion que nous ferons des avancées dans la stabilisation et la paix ». Le problème, c’est que la population congolaise reproche justement aux casques bleus de ne pas protéger les civils contre les nombreux groupes armés qui sévissent dans la région. 22 ans après l’arrivée de la mission onusienne au Congo, il y existe encore plus d’une centaine de milices en Ituri, au Nord et au Sud-Kivu.

Une impuissance inexplicable de la Monusco

Ce n’est pas la première fois que la population en colère s’en prend aux casques bleus. En 2019 déjà, les habitants de Beni et Butembo avaient attaqué le mur d’enceinte d’une base de la Monusco – voir notre article. Pour éloigner les manifestants, les forces de sécurité congolaises avaient tiré à balles réelles, faisant plusieurs victimes parmi la foule. Il faut dire que la population du Nord-Kivu est largement excédée par les massacres à l’infini des rebelles ADF et accuse la Monusco d’inaction. Une impuissance inexplicable pour la population de Beni, alors que la mission de l’ONU au Congo constitue l’une des plus importantes forces de maintien de la paix du monde, avec plus de 14.000 hommes, mais aussi la plus coûteuse, avec un budget de 1 milliard de dollars par an.

« Les Congolais veulent être écoutés »

Pour le mouvement citoyen Lucha, qui dénonce depuis longtemps l’inefficacité de la Monusco, « la colère des manifestants est compréhensible, même si nous condamnons tous les actes de violences et de pillages », explique Bienvenu Matumo à Afrikarabia. « Nous sommes parmi ceux qui demandons le départ de la Monusco, mais nous portons ce discours dans un cadre non-violent. Pourtant, il ne faut pas prendre ces manifestants pour des bandits et des pilleurs, souligne l’activiste. Ce sont des Congolais comme les autres qui veulent simplement qu’on les écoute. C’est une interpellation, même si je ne partage pas la manière d’agir. Les gens sont fatigués et personne ne nous écoute, pas même notre gouvernement ».

« La Monusco déresponsabilise l’Etat »

Les autorités congolaises affirment pourtant être engagées dans un processus de retrait de la Monusco en RDC. Mais pour l’instant, le calendrier est toujours en discussion et le départ des casques bleus est prévu de se faire de manière progressive. Bienvenu Matumo plaide pour un retrait immédiat de la mission onusienne. « La présence de la Monusco déresponsabilise l’Etat congolais. Plus la Monusco reste, plus l’Etat congolais peine à se construire. Nous pensons qu’il faut reconstruire totalement notre armée, nos services de renseignements… Et tant que la Monusco est là, elle participe à l’affaiblissement de notre Etat ». Quant à savoir si la situation sécuritaire serait meilleure si la Monusco venait à quitter le Congo ? La réponse du militant de la Lucha est sans appel : « Ce ne sera pas pire ! Nous nous organiserons autrement et nous aurons au moins en face de nous l’Etat congolais avec qui nous pourront interagir ».

M23-Rwanda:le déni de l’ONU

La colère de la population ce lundi à Goma intervient également dans un contexte sécuritaire particulier, avec le retour de la rébellion du M23 au Nord-Kivu, et la chute de Bunagana, tombée aux mains des rebelles. Alors que les autorités congolaises et la population affirment que la rébellion est soutenue par le Rwanda voisin, l’ONU s’est montrée beaucoup plus réservée pour dénoncer un possible soutien de Kigali au M23 en hommes et en armes. Une position jugée incompréhensible en RDC et qui participe au rejet des casques bleus. « C’est incontestablement un élément accélérateur de la colère de la population, analyse Bienvenu Matumo. Le soutien du Rwanda au M23 a été prouvé par l’armée congolaise et on ne comprend pas le déni de la Monusco, qui est censée être très bien renseignée sur ce qui se passe dans la région ».

Populisme

Un autre élément explique également la colère de la population contre les casques bleus : le prolongement de l’embargo du conseil de sécurité des Nations Unies sur les armes, qui, même s’il ne touche pas l’armée congolaise, n’a pas été compris dans l’opinion. Enfin, les hommes politiques ont souvent instrumentalisé la question de la Monusco et de son départ, soit par populisme, soit pour masquer leurs propres échecs en matière de sécurité. Le 15 juillet dernier, le président du Sénat, Modeste Bahati, un allié de Félix Tshisekedi, avait demandé lors d’un meeting, à la Monusco de « plier bagages », affirmant que l’Etat allait lui-même « assurer la paix, la sécurité et l’intégrité du territoire ». Une tirade chaleureusement applaudie par la foule, mais une promesse qui, malheureusement, n’a jamais été tenue par l’ensemble des présidents congolais… depuis plus de 30 ans.

Christophe Rigaud – Afrikarabia »

Ref. R.D.C : l’anarchie à son comble dans la Région des Grands Lacs

Commentaires

  • Les africains ne sont pas dupes. L'ONU n'a pas été créé pour les peuples mais contre. L'Union européenne, l'ONU et autres, tout cela disparaîtra. Alors la Paix du Christ pourra enfin régner.

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