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Vingt ans après : la parution du Da Vinci Code

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De K.V. Turley sur le National Catholic Register :

La vérité sur le Da Vinci Code
L'héritage caché du roman est enfin révélé.

Book cover of 'The Da Vinci Code.'
2 septembre 2023

LONDRES - Il y a vingt ans, un best-seller de fiction semblait - pour certains lecteurs du moins - saper les fondements d'une religion vieille de 2 000 ans. 

Il s'agissait du Da Vinci Code (DVC).

Et pourtant, deux décennies après la publication du DVC, la réaction à sa parution en 2003 semble encore plus surréaliste, plus bizarre, que n'importe quelle intrigue fantastique. 

Le roman évoque Léonard de Vinci, dont l'art est lié par l'intrigue à ce qui ne peut être décrit que comme l'équivalent théologique du "chaînon manquant" de Darwin. Cette histoire parle de codes cryptiques dissimulés dans les peintures de Léonard de Vinci, censés avoir échappé aux historiens de l'art pendant des siècles, et qui indiquent la plus grande dissimulation de tous les temps : celle qui expose enfin la "vérité" définitive sur la foi catholique. 

Même si je n'avais pas été formé à cette foi, j'étais immunisé contre les "révélations" du DVC. Une vingtaine d'années auparavant, il y avait eu un autre engouement, assez semblable. Publié en 1982, The Holy Blood and The Holy Grail (HBHG) avait fait l'objet de déclarations similaires présentant des "conclusions bouleversantes". 

Dans ce livre, le christianisme n'était qu'une supercherie. Un Français de Paris nommé Plantard l'avait affirmé, et il avait découvert des documents à la Bibliothèque nationale qui le prouvaient et le reliaient à la dynastie des Mérovingiens, des monarques français obscurs. Cela menait naturellement à un énigmatique "trésor" enfoui sous une église de Rennes-le-Château, qui, à son tour, menait à sainte Marie-Madeleine. Son apparition a évidemment conduit à des conclusions dévastatrices sur les fondements de la foi. Par la suite, à l'aide de textes gnostiques mités et de l'imagination surchauffée de fantaisistes, un mélange impie de doute, de suspicion et de conjectures a été concocté avant d'être vomi sur la doctrine chrétienne orthodoxe et les articles de foi. 

En ce qui concerne les allégations du HBHG (The Holy Blood and The Holy Grail), un examen ultérieur devait montrer que le prétendant royal autoproclamé Plantard s'avérait être un fraudeur condamné. Les documents "découverts" à la Bibliothèque nationale sur le mystérieux "Prieuré de Sion" n'étaient pas seulement des faux, mais avaient été mis en place par Plantard, ce qui a été attesté avant sa mort. Le "trésor" sous l'église de Rennes-le-Château n'existait pas ; tout l'argent qui s'y trouvait provenait d'un prêtre qui avait transformé ce qui aurait dû être une bonne et sainte chose - dire la messe pour les morts - en un racket financier minable.

La prétendue "histoire cachée" du l'HBHG, qui a tant ébloui les esprits mal informés de l'époque, n'est cependant pas très convaincante. Un exemple en est donné par les auteurs de l'inscription latine au-dessus de la porte de l'église de Rennes-le-Château : 'Terribilis est locus iste'. Elle a été considérée comme une preuve irréfutable qu'un terrible secret y était gardé, alors que cette inscription provient de l'Introit latin pour le Commun de la Dédicace d'une église : Terribilis est locus iste ; elle conclut : Haec domus Dei est, et porta coeli : et vocábitur aula Dei. ("Que ce lieu est terrible ! Ce n'est pas autre chose que la maison de Dieu et la porte du ciel" (Genèse 28, 17). Il s'est avéré que la seconde partie de cet introït a été découverte sur des colonnes voisines de la porte de l'église de Rennes-le-Château, ce que les auteurs du HBHG avaient opportunément ignoré ou méconnu. En résumé, une telle inscription n'est pas un avertissement occulte, mais un extrait de l'ancienne liturgie de la dédicace d'une église. 

Rétrospectivement, l'idée de départ de ce livre était risible. Aujourd'hui, on se demande comment une telle absurdité a pu être diffusée. Mais peut-être ne devrions-nous jamais sous-estimer le pouvoir sous-jacent de la confusion et les forces qui l'orchestrent. Et n'oubliez pas que ce n'était pas une "croyance" qui était plantée dans des esprits impressionnables à l'époque, mais plutôt la graine du doute qui devait plus tard porter ses fruits pourris dans l'apostasie. Par la suite, l'œuvre de Dan Brown mélangera d'anciennes légendes antichrétiennes, recyclées à travers cette pseudo-histoire plus récente, pour être servies à merveille dans une fiction destinée à un public encore plus crédule que celui de l'HBHG.

En guise d'illustration, un cliché d'il y a 20 ans concernant un train rempli de passagers à destination de Londres. Le voyage avait été long et les livres et les magazines rivalisaient avec le paysage pour attirer l'attention. Dans les trains britanniques, il est courant d'avoir des paires de sièges face à face. Dans un compartiment, quatre passagers étaient assis, lisant tous attentivement, absorbés par le texte ; et, oui, tous lisaient le Da Vinci Code. Alors que le train entrait dans Londres, l'une des quatre passagères a levé la tête de la page imprimée et s'est exclamée devant tous les passagers : "Pourquoi ne nous a-t-on rien dit ?" Pourquoi, en effet, sa génération n'avait-elle pas été informée des codes secrets disséminés dans des tableaux célèbres ? Des codes dont la signification révèle tant de choses. Or, grâce à une lecture attentive d'un livre de poche de grande diffusion, cette femme, et sans doute beaucoup d'autres lecteurs du DVC, ont eu une "révélation" qui les aurait amenés à une nouvelle compréhension de la vérité du monde qui les entoure, une nouvelle compréhension qui a bouleversé les fondements mêmes de la civilisation occidentale, voire de la chrétienté tout entière. 

Il est facile d'oublier à quel point cette "manie" du DVC s'est répandue. Sur les ondes, il y a eu de nombreuses "discussions sérieuses" sur le contenu et les affirmations du DVC.  Comme ils semblaient oublier qu'il s'agissait d'un roman, qualifié de "thriller", d'un livre de poche d'aéroport, d'une "lecture de plage".

Faut-il rire ou pleurer ?

Un héritage durable  

Néanmoins, dans les années qui ont suivi, on peut voir clairement que la création de Brown a laissé un héritage durable. 

Peu après sa publication, le DVC a été le livre le plus donné dans les boutiques de charité britanniques (thrift stores). En 2017, ce flux s'est transformé en inondation, des affiches ayant été apposées dans les boutiques de charité britanniques pour demander au public de ne plus donner d'exemplaires du DVC. 

Depuis des années maintenant, apparemment dans tous les magasins de charité du Royaume-Uni, les étagères regorgent d'un texte qui était autrefois populaire, un best-seller, en fait ; un texte jeté aujourd'hui avec un sourire en coin et peut-être la question : "Pourquoi ne nous a-t-on pas dit... ? C'est n'importe quoi !"

Vingt ans après le DVC, et malgré ses affirmations, l'Église catholique continue de croître, accueillant de nouveaux convertis mois après mois, année après année, alors que ce monde se précipite vers la rencontre finale avec la Vérité lors de la Parousie à venir. 

En attendant, enfoui dans les magasins de charité britanniques de Land's End à John o' Groats, la poussière s'épaissit de jour en jour sur les exemplaires, trop nombreux pour être comptés, du Da Vinci Code.

K.V. Turley K.V. Turley est le correspondant du Register au Royaume-Uni. Il écrit de Londres.

Commentaires

  • Le Da Vinci Code continue à faire beaucoup de mal . Je connais une catéchumène qui se renseigne sur l'Eglise catholique et l'Opus Dei sur des sites choisis au hasard ET à partir de ce roman, qui, comme chacun sait, est une autorité ! La déformation de son esprit ne l'aide pas.

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