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Livres - Publications

  • Le chat est-il si drôle ?

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    De Judikael Hirel sur la Sélection du Jour :

    LE CHAT N'EST PAS DRÔLE

    Il est une chose de plus que l’on peut reprocher aux terroristes islamistes : d’avoir fait de l’humour selon Charlie Hebdo le parangon de la liberté et de la laïcité, en exécutant froidement toute la rédaction de l’hebdomadaire satirique. On peut se dire "Charlie", rendre hommage à ces dessinateurs morts le crayon à la main, sans partager un instant leur humour et leurs opinions. Reconnaître qu’en France, la caricature est libre et certainement pas passible de mort. Pas plus que d’enseigner la liberté d’expression en montrant ces mêmes caricatures, comme ce fut le cas de Samuel Paty.

    Pour autant, les réflexes ont la vie dure, et d’aucuns entendent bien profiter de la lutte annoncée (enfin !) contre l’islamisme pour en revenir à leurs vieilles lunes anticléricales. C’est sans doute moins dangereux, et plus facile. "Je suis convaincue que le combat pour la laïcité cache chez bien des confrères et des collègues députés un anticléricalisme. C’est de l’Eglise qu’on ne veut pas", déclarait ainsi il y a peu Agnès Thill, députée de l'Oise, exclue de LREM. Il ne faudrait pas longtemps, entre deux lectures de lettres de Jaurès, pour que la machine politique remonte le temps jusqu’en 1901, 1904 ou 1905. Le bon vieux temps de la Séparation entre Eglise et Etat, quand le président du Conseil Émile Combes faisant fermer des milliers d’établissements scolaires, interdisant l’enseignement aux congrégations, voire les expulsant. À l’époque, sans même parler de l'Ouest, rien qu’à Roubaix, la République mandait un millier de fantassins et une centaine de cavaliers pour les six églises de la ville... Que ne dirait-on aujourd’hui devant de tels déploiements de forces dans des lieux de culte ?

    Il n’est pire anticlérical qu’un catholique déçu : c’est sans doute ce que l’on peut retenir d’Émile Combes, séminariste dans sa jeunesse auquel on refusa le sous-diaconat, sa foi n’était pas assez sûre… C’est aussi lui  qui, par une circulaire du 29 septembre 1902, imposa aux prêtres, en Bretagne, que les instructions religieuses et le catéchisme soient faits en français. Imaginons un instant, en 2020, l’obligation de prêcher en français, dans une mosquée de France, afin de lutter contre l’islamisme ! Quelle serait sans doute la levée de bouclier… Lutter contre l’Eglise Catholique est sans doute encore aujourd’hui, plus confortable.

    La République se serait-elle à ce point ramollie, elle qui n’hésita pourtant jamais à tirer sur le peuple ? Elle semble ne pas être la seule à s’être soumise, comme dirait Michel Houellebecq. A rester prisonnière de ses vieux démons, de ses réflexes anticléricaux. Philippe Geluck, le très médiatique auteur du Chat, se retrouve ainsi remis en lumière dans une vidéo de 2005 refaisant surface au lendemain de l’assassinat de Michel Paty. Interrogé alors sur Maghreb TV après les attentats de Charlie Hebdo, le dessinateur expliquait alors : “Je ne veux pas blesser les musulmans”. "On m’a toujours demandé, « vous ne faites pas de dessins sur l’islam ». Je dis non parce que c’est une autre culture. Je dois faire très attention, je ne connais pas assez pour me permettre de faire de l’humour. Il y a une chose que je trouve qu’il ne faut pas faire. Le tabou absolu pour les musulmans, c’est représenter leur prophète."

    Le même dessinateur, en 2013, à la sortie de La Bible selon le Chat, prenait moins de gants quand il s’agissait de blesser les catholiques : "Si on y réfléchit, donner une religion à des enfants, c'est un peu leur enlever leur liberté de réfléchir. On leur donne les réponses avant qu'ils ne se posent les questions. C'est une forme de manipulation mentale dès le berceau. (…) Quand on pense aux millions de vies foutues, abîmées, salies par cette manipulation de masse, c'est quand même effrayant." "Je n'ai pas l'impression de blasphémer parce que je ne suis pas dans cette règle, je ne suis pas baptisé. Et je pense que c'est ce qui donne la plus grande liberté de pensée", expliquait-il également. À condition de ne pas blesser les musulmans, bien sûr.

  • "Une époque de grande déraison collective"

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Extraits de La Grande Déraison; Race, genre, identité de Douglas Murray

    « La politique de l’identité » est-elle en train de combler le vide laissé par l’effondrement des grands récits dans les sociétés postmodernes ? C’est la thèse que défend Douglas Murray dans son livre La Grande Déraison (Éditions L’Artilleur).

    L’obsession des « minorités intersectionnelles » pour la « race », le « genre » et l’« identité » lui paraît potentiellement destructrice pour les sociétés occidentales. « On dresse les gays contre les hétéros, les Noirs contre les Blancs, les femmes contre les hommes », déplore le journaliste et essayiste britannique. C’est en Occident que la situation des minorités est la plus enviable au monde, rappelle-t-il, et c’est paradoxalement la victoire des grandes causes égalitaires qui, selon lui, provoque une surenchère de revendications aussi contradictoires que dangereuses. 

    Douglas Murray est un homosexuel revendiqué de l'école libérale classique. 

    Succès de librairie en Angleterre, La Grande Déraison paraît en français ce jeudi. En voici quelques extraits:

    NAISSANCE D’UNE NOUVELLE IDÉOLOGIE

    Nous vivons une époque de grande déraison collective. En public comme en privé, sur internet, dans la vie en général, le comportement des gens est de plus en plus irrationnel, fébrile, grégaire et tout simplement désagréable. On en voit les effets, omniprésents dans l’actualité. Mais bien que nous en observions partout les symptômes, les racines de ce phénomène nous échappent encore. L’origine même de cette situation est rarement reconnue. […] Elle tient au simple fait que nous avons traversé une période de plus d’un quart de siècle au cours de laquelle tous nos grands récits se sont effondrés. Un à un, ils ont été récusés, devenus trop impopulaires pour être défendus ou impossibles à conserver. […] Il était inévitable qu’un nouveau discours vienne occuper le terrain ainsi déserté. Les citoyens des prospères démocraties occidentales actuelles ne pouvaient être les premiers dans l’histoire du monde à ne disposer d’aucune explication sur l’aventure humaine, ni d’aucune vision globale capable de donner un sens à leur existence. 

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  • La conversion fulgurante du plus grand marchand d'art de France

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    D'Agnès Pinard-Legry sur aleteia.org :

    La conversion fulgurante d’Hervé Odermatt, le plus grand marchand d’art de France

    20/10/20

    Connu comme l’un des plus grands marchands d’art de France, Hervé Odermatt, aujourd’hui âgé de 94 ans, a eu une vie digne des meilleurs romans d’aventure. Mais c’est certainement sa conversion qui demeure l’un des épisodes les plus fondateurs et mystérieux de son histoire.

    Certaines vies semblent directement sorties de romans d’aventure dont on dévore les pages, le soir, et qu’il est impossible de reposer sans l’avoir terminé. Celle d’Hervé Odermatt en fait incontestablement partie. Aujourd’hui âgé de 94 ans, il a été l’un des plus grands marchands d’art de France. Mais ce serait bien dommage de le cantonner à sa profession. Tout au long de sa vie, qu’il raconte dans un livre autobiographique, Le Chinois (Mame), la petite histoire n’a cessé de s’entremêler à la grande. Né en 1926 d’une jeune fille de bonne famille alsacienne et d’un étudiant chinois, père qui a disparu lorsqu’il était âgé de 5 ans sans jamais l’avoir reconnu, Hervé Odermatt a connu une enfance néanmoins aimante, élevé au sein d’une famille de paysans de la Loire.

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    Le Chinois : itinéraire d’un enfant placé jusqu’au cœur du gotha mondial, par Hervé Odermatt, Mame, septembre 2020, 17 euros.

  • Le leadership vertueux : un idéal de vie, très concret et très enthousiasmant

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    De Véronique Depreter sur didoc.be :

    Le Leadership Vertueux

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    Le leadership vertueux - Le Laurier

    « Il faut casser la pierre pour y trouver le diamant caché à l’intérieur ». Cette phrase, prononcée par Edouard Michelin (1859-1940), résume ce qu’est le Leadership Vertueux.

    Le livre « Le Leadership Vertueux » écrit par Alexandre Dianine-Havard est le résultat de nombreux séminaires animés par son auteur sur le sujet. Alexandre Havard a été amené à donner ces formations pour répondre aux questions de ses étudiants à propos de grands hommes, c’est-à-dire d’hommes ayant réalisé de grandes choses, d’hommes ayant rêvé de grands rêves et les ayant concrétisés, en l’occurrence les pères fondateurs de l’Union Européenne.

    Le Leadership Vertueux n’est pourtant pas réservé à une élite intellectuelle ou économique : il est à la portée de tout le monde, professionnels, parents, étudiants…, quels que soient la culture, l’option philosophique, l’âge, la profession. Il n’est pas non plus une technique de plus sur le marché : l’essence du Leadership Vertueux n’est pas l’ambition, l’habileté ou le charisme, mais le caractère. Il s’agit vraiment d’un idéal de vie, très concret et très enthousiasmant et ce livre nous donne une méthode pour se lancer.

    Ce qui fait le leader, c’est son caractère, lequel se construit en développant une série de vertus. Une vertu est une force, une énergie d’ordre spirituel (dans le sens de non-biologique) que l’on acquiert en répétant des actes de ladite vertu, de façon à ce qu’elle devienne une habitude stable.

    Alexandre Havard aborde dans son ouvrage les quatre vertus de base déjà repérées par Aristote comme étant fondamentales.

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  • Le parcours d’Olave Baden-Powell ou l’aventure scoute au féminin

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    bol.com | Olave Baden-Powell (ebook), Philippe Maxence | 9791033610120 |  Boeken

    De Malo Tresca sur le site du journal La Croix :

    « Olave Baden-Powell », une vie au service du guidisme mondial racontée par Philippe Maxence

    Critique 

    Journaliste et écrivain, Philippe Maxence publie une première biographie en français de l’épouse du fondateur du scoutisme. Il brosse le portrait d’une femme forte, qui s’est engagée avec ténacité contre les conformismes de son époque.

    Olave Baden-Powell, L’aventure scoute au féminin

    de Philippe Maxence,

    Ed. Artège, 320 p. 20,90 €

    Dans la conscience collective, elle demeure toujours largement cantonnée à l’ombre de son mari, l’iconique fondateur du scoutisme mondial. Aucune biographie d’elle n’existait d’ailleurs encore en français… Un « affront » désormais réparé. Dans son dernier livre, le journaliste Philippe Maxence a en effet choisi de braquer les projecteurs sur l’atypique et trépidant parcours d’Olave Baden-Powell (1889-1977), qui joua aux côtés de son époux un rôle clé dans l’essor du scoutisme féminin. Sans toutefois en avoir été la fondatrice, ni même l’inspiratrice.

    Cadette d’une famille aisée de trois enfants, la jeune Olave St Clair Soames a la petite vingtaine quand elle rencontre, lors d’une croisière à bord de l’Arcadian en 1912le célèbre général britannique en retraite Lord Robert Baden-Powell. Le mouvement de jeunesse qu’il a fondé, quelques années plus tôt, jouit déjà d’une certaine notoriété. En dépit de leur trentaine d’années d’écart, des affinités se nouent entre les deux, et ne tardent pas à se muer en amour caché. En octobre de la même année, ils se marient, faisant fi de réticences familiales.

    Grande dévotion

    Peu conformiste - elle était notamment excédée par les us et coutumes du modèle de la femme victorienne, contrairement à sa mère qui s’en faisait le chantre -, spontanée et très sportive, Olave a rapidement su se faire apprécier au sein du mouvement. Dépassant sa timidité d’adolescente, elle s’est éperdument dévouée à la cause du guidisme naissant pour conduire son développement en Angleterre, puis dans le monde entier - en France, en Afrique, sur le continent nord-américain… -, au cœur d’un siècle profondément tourmenté par les guerres.

    Son investissement aura toutefois eu quelques répercussions moins heureuses, notamment sur sa vie de famille. Dans un univers fantaisiste largement inspiré par Peter Pan, les trois enfants du couple Baden-Powell ont en effet reçu une éducation très libre, bien qu’entachée par certaines souffrances liées aux absences parentales récurrentes.

    En janvier 1941, la mort de Lord Robert a aussi plongé Olave dans des pensées suicidaires. Alors portée par son combat pour le scoutisme, la fidèle anglicane poursuivra pendant ses 35 dernières années l’œuvre de son époux décédé. Bien documenté, cet ouvrage retrace avec finesse la vie de cette personnalité engagée, sans prétendre explorer les recoins de son âme.

  • 1001 chrétiens dans la cité qui ont changé le monde

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    Du blog de la lettre d'information de Denis Sureau "Chrétiens dans la Cité" :

    Incroyables chrétiens

    Salvator, 412 p.

    1001 personnes qui ont changé le monde : c'est le sous-titre du livre de Dominique Boulc'h, qui en fait aurait pu être : 1001 chrétiens dans la cité qui ont changé le monde. Car c'est une vaste promenade au milieu des initiatives chrétiennes disséminées dans l'histoire et sur les cinq continents que nous propose ce journaliste. Toutes ne sont pas également convaincantes, et certains commentaires peuvent également exaspérer. Mais si l'on accepte les limites de l'exercice, il ne reste plus qu'à admirer les œuvres de nos frères dans la foi. Rien de ce qui est humain ne leur est étranger :  combat contre l'esclavage et pour la justice, lutte prophétique face aux totalitarismes nazi et communiste, médiations pour la paix, promotion d'une économie au service de l'homme et d'un commerce équitable, défense prophétique de la nature, service des populations les plus démunies, innovation éducative, créativité de l'Europe chrétienne,  développement des loisirs en tant que vecteurs du lien social, bénévolat infatigable... En ces temps où les chrétiens sont souvent vilipendés et font pâle figure, ces histoires vraies de chrétiens fiers de leur foi réveillent l'espoir.

    ... et de Clémence Houdaille sur le site du journal La Croix :

    Ces « Incroyables chrétiens » qui ont amélioré le monde, selon Dominique Boulc’h

    Dans un ouvrage encyclopédique, le journaliste indépendant fait l’inventaire de 1 001 personnalités qui, depuis plus de 2000 ans, ont « changé le monde », inspirées par leur foi chrétienne.

    Incroyables chrétiens, 1 001 personnes qui ont changé le monde

    de Dominique Boulc’h, Salvator, 410 p., 22 €

    « Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves », écrivait René Char. Les mots du poète sont cités par Patrick Poivre d’Arvor en préface de l’ouvrage de Dominique Boulc’h. Ce ne sont pas les traces de poètes que cherche le journaliste indépendant, dans son ouvrage encyclopédique recensant « 1 001 personnes qui ont changé le monde », mais celles de chrétiens, à travers le monde et l’histoire, qui ont d’une manière ou d’une autre laissé leur empreinte, et celle de leur foi. Car, ajoute le préfacier, « il en va des religieux comme des poètes. Pas de preuves à distribuer, et d’ailleurs ils en seraient bien embarrassés ! ». Mais, poursuit-il, « c’est par l’exemple que le chrétien peut se distinguer ».

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  • L'acharnement de Daech contre les chrétiens de Mésopotamie et leur patrimoine

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    De sur le Figaro Vox :

    «Dans les régions passées sous le contrôle de Daech, toutes les églises ont été vandalisées»

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le photographe Pascal Maguesyan a dirigé la publication d’un album photo montrant la richesse du patrimoine chrétien en Mésopotamie, et l’ampleur des destructions commises par Daech. Certains de ces monuments sont déjà en reconstruction.

    17 octobre 2020
     
    L’association Mesopotamia s’est donné le défi de faire l’inventaire du patrimoine religieux des chrétiens d’Orient et des Yezidis.
    L’association Mesopotamia s’est donné le défi de faire l’inventaire du patrimoine religieux des chrétiens d’Orient et des Yezidis. Editions Première Partie

    Pascal Maguesyan est photographe. Il a dirigé la publication d’un album intitulé Mesopotamia. Une aventure patrimoniale en Irak (éditions Première Partie, 2020).


    FIGAROVOX.- La présence chrétienne en Irak est menacée. Par ce livre, vous avez voulu retracer l’histoire qui lie les chrétiens à la Mésopotamie depuis les premiers temps de l’Eglise: le patrimoine chrétien est une part essentielle de la richesse culturelle de cette région?

    Pascal MAGUESYAN.- Le christianisme s’est implanté en Mésopotamie au premier siècle, c’est-à-dire au siècle de Jésus-Christ! Notamment sous l’impulsion de l’un des douze apôtres, Thomas, qui est parti en mission jusqu’en Inde en traversant toute la Mésopotamie. C’est lui le premier à avoir sensibilisé les communautés de la région à la parole chrétienne, et autour de lui se sont constituées les premiers groupes de chrétiens.

    L’Église qui aujourd’hui revendique la paternité de Saint Thomas est l’Église apostolique assyrienne de l’Orient, qu’on appelle parfois, tout simplement, Église de l’Orient, ou encre Église nestorienne, du nom du patriarche Nestorius qui fut jugé hérétique par Rome. Renvoyé dans son monastère à Antioche, puis exilé en Haute Égypte, sa théologie imprégna l’Église de l’Orient en Mésopotamie. Cette Église fut, jusqu’au temps des croisades, la plus répandue du monde puisqu’elle est allée évangéliser jusqu’en Chine! Les plus curieux pourront lire les travaux de l’historien Sébastien de Courtois, qui est l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire de cette communauté chrétienne. Paradoxalement, aujourd’hui, ce n’est plus qu’une petite communauté chrétienne. Elle est autocéphale et possède son propre patriarche.

    On compte 400 000 chrétiens d’Irak environ alors qu’ils étaient probablement 1,5 million encore en 1991.

    Le reste des chrétiens d’Irak (on en compte 400 000 environ, toutes confessions confondues, alors qu’ils étaient probablement 1,5 million encore en 1991) forme un paysage assez complexe. Il y a l’Église chaldéenne, née au XVIe siècle d’un schisme: ce sont des chrétiens de l’Église d’Orient qui ont choisi de rejoindre Rome. Ils sont les plus nombreux. Il y a aussi l’Église syriaque orthodoxe, qui est une église antiochienne répartie également entre la Syrie et la Turquie. Puis l’Église arménienne, qui n’est pas autochtone car ses fidèles ne sont pas natifs d’Irak et ne parlent pas le syriaque mais l’arménien. On les trouve essentiellement à Bagdad, et dans quelques villages du Kurdistan irakien. Enfin, quelques petites églises viennent s’ajouter au tableau: grecque orthodoxe, copte, et quelques évangéliques.

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  • Un écrivain catholique parmi les Immortels

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    De C.P sur InfoChretienne.com :

    L’écrivain catholique François Sureau élu à l’Académie française

    François Sureau le haut-fonctionnaire devenu avocat et écrivain a été élu au premier tour au fauteuil de Max Gallo à l’Académie française.

    Ce jeudi 15 octobre, l’écrivain et avocat, François Sureau, rejoint les immortels de l’Académie française.

    Célèbre pour son attachement à la liberté et pour avoir publié une vingtaine de romans, il avait obtenu le grand prix du roman de l’Académie française en 1991 pour L’Infortune, publié chez Gallimard.

    François Sureau est également connu pour être un fervent catholique, en mai 2020, il n’avait pas hésité à affirmer son attachement à la religion dans un entretien publié dans Le Monde :

    « Je suis extrêmement attaché à la religion catholique. Elle nous donne comme maître quelqu’un qui a échoué sur la Terre, qui n’a pas voulu exercer le pouvoir, qui s’est trouvé environné de filles perdues, de soldats paumés, de percepteurs, et qui a choisi pour lui succéder un imbécile qui ne brillait pas par le courage, saint Pierre. Il n’y a rien au monde de plus encourageant. »

    L’homme de lettres français a été élu au premier tour au fauteuil de Max Gallo, le numéro 24, vacant depuis le 20 février 2020.

    La nouvelle annoncée aujourd’hui est déjà célébrée sur les réseaux sociaux.

    La directrice de Franceinter, Laurence Bloch, s’est notamment exprimée sur Twitter à propos de cette élection « tellement juste et réjouissante ».

    C’est également le cas de la librairie chrétienne, La Procure, qui a félicité François Sureau, »un écrivain très apprécié », sur le compte Twitter de la chaine de magasins.

     

  • Ces collaborateurs de Pie XII qui sauvaient des juifs

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    les juifs de Pie XII

    De Jean-Baptiste Noé sur Aleteia.org :

    Les hommes de Pie XII qui sauvaient des juifs

    15/10/20

    Autour du pape travaillait une petite équipe organisant les secours et les fuites des juifs, transmettant les informations, servant de relais entre le Vatican et les réseaux de résistance européens.

    Un nouveau livre vient compléter les nombreuses informations que l’on connaît déjà quant à l’action menée par Pie XII pour sauver des juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Avec Le Bureau. Les juifs de Pie XII (Michel Lafon), Johan Ickx met en forme les informations et documents découverts au cours de ses recherches dans les archives. Archiviste de la Secrétairerie d’État depuis dix ans, auteur de nombreux livres et articles sur la diplomatie du Saint-Siège, Ickx maîtrise parfaitement les pièces du dossier. Ce qu’il présente dans cet ouvrage, c’est la structure créée par Pie XII pour s’occuper des réfugiés et maintenir les liens avec les réseaux de résistance en Italie et en Europe. Autour du pape travaillait une petite équipe organisant les secours et les fuites, transmettant les informations, servant de relais entre le Vatican et les réseaux européens. On y retrouve Mgr Luigi Maglione, le Secrétaire d’État, mais aussi Giovanni Battista Montini, futur Paul VI. Ces hommes ont travaillé en étroite collaboration autour du pape, permettant le sauvetage de milliers de juifs romains ainsi que de leurs frères européens. 

    La grande histoire par des petites histoires

    Johan Ickx a fait un choix rédactionnel qui peut surprendre de prime abord. Son livre est organisé en une série de petites histoires qui racontent des situations, des opérations et la vie des personnes rencontrées dans les archives. Toutes ces histoires sont documentées et référencées par de nombreuses notes de bas de page qui renvoient aux documents d’archives et aux sources. Choix surprenant, car il contrevient aux livres d’histoire classique, mais choix qui permet de rendre la lecture de l’ouvrage plus agréable et facile et qui a le mérite de donner une vie aux archives et aux documents. 

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  • La rencontre de François d'Assise et du sultan ou l'exploitation abusive d'un joli mythe

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    On ne cesse de nous présenter la rencontre de François d'Assise avec le sultan d’Égypte Al-Malik al-Kâmil comme un précédent emblématique du dialogue interreligieux et en particulier de celui entre le christianisme et l'islam actualisé par la rencontre entre le pape et le grand imam d'Al-Azhar qui a débouché sur la déclaration commune d'Abou Dhabi. Cette récupération d'un évènement historique - consistant pour François d'Assise non à rechercher un dialogue avec l'Islam mais visant à obtenir la conversion du sultan - pour justifier la ligne de conduite adoptée par le pape François est pourtant abusive et ne correspond pas à la réalité historique comme l'a démontré l'historien John Tolan (Le saint chez le sultan (Seuil, Paris, 2007) :

    Un si joli mythe (Témoignage chrétien (Philippe Clanché), 31 octobre 2019)

    La célèbre rencontre entre François d’Assise et le sultan d’Égypte, en 1219, a-t-elle été le premier dialogue entre chrétiens et musulmans ? Pour l’historien John Tolan*, rien n’est moins sûr.

    On célèbre cette année le huit centième anniversaire de la rencontre de François d’Assise et du sultan d’Égypte Al-Malik al-Kâmil ? Qu’en sait-on historiquement ?

    La scène se déroule durant la cinquième croisade. En 1219, les croisés étaient alors ensablés devant la ville portuaire de Damiette, en Égypte, que le sultan défendait avec succès. Deux chroniqueurs de l’époque racontent que François est arrivé dans le camp des croisés et qu’il est passé voir le sultan, avec un compagnon nommé Illuminé, lors d’une période de trêve et de négociation de paix. On sait que certains parmi leurs proches les ont prévenus du danger et ont tenté de les décourager. Les récits rapportent que François et Illuminé sont revenus quelques jours plus tard, sains et saufs.

    Que se sont dit François et Al-Kâmil ?

    On pense que le dialogue fut plutôt paisible et respectueux. Sur son contenu, les versions divergent. L’hagiographie franciscaine avance que François a cherché activement le martyr, ou du moins qu’il était prêt à cette éventualité. D’autres récits mettent l’accent sur son désir de convertir son hôte musulman. La première raison n’exclut pas l’autre. En créant ce qui allait devenir l’ordre franciscain, François cherchait à recréer une vie apostolique, en prenant pour modèle les apôtres et leur désir de pauvreté et d’humilité. Ceux-ci ont tous prêché l’évangile aux infidèles et tous ont été martyrisés. Il est logique que François ait vu ainsi son destin, mais il a fait preuve d’humilité et de respect envers le sultan. Ce dernier, qui vivait entouré de chrétiens et de juifs, ne voulait pas se convertir, mais ne voulait aucun mal à un visiteur comme François. L’épisode, événement mineur dans la Croisade, est passé presque inaperçu sur le moment. Certains chroniqueurs ne le mentionnent pas.

    Comment l’événement s’est-il intégré dans l’histoire franciscaine ?

    L’épisode fait débat dès les premières hagiographies. À partir du XIVe siècle, la mémoire de François fait l’objet d’une tension au sein de l’ordre entre deux courants : les spiritualistes et les conventuels. Un des biographes du saint a écrit que François était prêt à convertir le sultan, mais que la division des siens l’a obligé à abandonner la mission en Égypte.

    À partir de quand le geste de François est-il devenu un symbole du dialogue interreligieux ?

    Au XXe siècle, de nombreux auteurs et théologiens ont voulu faire de François un apôtre du dialogue avec les musulmans. Cette relecture historique s’est renforcée avec le concile Vatican II, et plus encore après les attentats de 2001. Giulio F. Basetti-Sani (1912-2001), frère franciscain, a affirmé que François avait pour but, à Damiette, d’entreprendre un dialogue pour la paix. Selon lui, le saint d’Assise avait compris que la croisade était contraire à l’amour prêché par l’Évangile et aurait tout fait pour l’en empêcher. Ne pouvant convaincre les papes, François aurait d’abord cherché à rejoindre un mouvement pacifiste en France, puis serait parti dans les rangs des croisés pour les enjoindre de renoncer. De nombreux franciscains ont suivi cette théorie. Des auteurs littéraires ont également défendu cette vision de François. Le romancier grec Níkos Kazantzákis, dans Le Pauvre d’Assise, présente un François initialement favorable à la croisade qui change d’avis en voyant les tueries et les pillages commis par les soldats chrétiens lors du siège de Damiette. Dans Frère François, Julien Green raconte que le saint a tenté d’éviter l’assaut des croisés et qu’en désespoir de cause il est allé chez le sultan. Selon lui, en échangeant avec cet homme érudit et agréable, François a acquis une très bonne image de l’islam. En réalité, rien n’indique cela. N’oublions pas le contexte de l’événement, un temps de violence.

    Comment vos travaux sont-ils reçus par les héritiers de François ?

    Les franciscains, très impliqués dans le dialogue interreligieux, et particulièrement avec les musulmans, m’invitent régulièrement. Je leur dis que l’image de François homme de dialogue est un joli mythe, mais pas la réalité. Je suis entendu par beaucoup, mais certains n’arrivent pas à accepter ma thèse.

    Qu’en est-il dans le monde arabo-musulman ?

    L’épisode y est très peu connu. Je n’ai quasiment rien trouvé dans les sources ou auprès de mes collègues. D’un point de vue arabe, on regarde aujourd’hui les croisades moins dans leur dimension religieuse que comme un phénomène précurseur du colonialisme européen.

    Propos recueillis par Philippe Clanché.

    * Professeur d’histoire à l’université de Nantes, spécialiste des études médiévales, auteur de Le Saint chez le Sultan. La rencontre de François d’Assise et de l’Islam. Huit siècles d’interprétation (Seuil, 2007).

    On peut aussi lire - avec la prudence qui s'impose - cette étude parue ICI.

  • Fratelli tutti : un « autre christianisme », dans lequel « Jésus ne serait qu’un homme » ?

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (traduction française sur Diakonos.be) :

    Tous frères, mais sans Dieu.  Un philosophe critique la dernière encyclique de François

    Quelques jours après sa publication, l’encyclique « Fratelli tutti » est déjà reléguée aux archives, étant donné l’absence dans cette dernière de la moindre nouveauté par rapport aux précédentes déclarations archiconnues du Pape François sur ces mêmes thèmes.

    Et si en fait cette prédication-fleuve franciscaine sur la « fraternité » donnait naissance à un « autre christianisme », dans lequel « Jésus ne serait qu’un homme » ?

    Voilà le très sérieux « dilemme » dans lequel le philosophe Salvatore Natoli voit l’Église plongée aujourd’hui, sous le pontificat de Jorge Mario Bergoglio.

    C’est la thèse qu’il défend dans un livre écrit à plusieurs mains qui commente « Fratelli tutti », sous la direction de l’évêque et théologien Bruno Forte, et qui est en vente depuis aujourd’hui à Rome et en Italie.

    Les experts appelés à commenter l’encyclique sont des pointures dans leurs domaines respectifs : le bibliste Piero Stefani, l’hébraïste Massimo Giuliani, l’islamologue Massimo Campanini, l’historien du christianisme Roberto Rusconi, la médiéviste Chiara Frugoni, l’historien de l’éducation Fulvio De Giorgi, l’épistémologue Mauro Ceruti, le pédagogue Pier Cesare Rivoltella, le poète et écrivain Arnoldo Mosca Mondadori.

    Natoli est l’un des plus grands philosophes italiens.  Il se dit non croyant, mais par sa formation et ses centres d’intérêts, il a toujours réfléchi à la frontière entre foi et raison, en portant une attention toute particulière à ce qui se passait dans l’Église catholique.

    En décembre 2019, au moment où le comité pour le « projet culturel » de l’Église italienne, sous la direction du cardinal Camillo Ruini, lançait un impressionnant congrès international sur ce thème crucial : « Dio oggi.  Con lui o senza di lui cambia tutto »  [Dieu aujourd’hui.  Avec ou sans lui, ça change tout], Natoli fut l’un des trois philosophes appelés à intervenir, aux côtés de l’allemand Robert Spaemann et de l’anglais Roger Scruton.

    Ce congrès ne consistait pas en une juxtaposition d’opinions diverses mais visait directement cette « priorité » qui, pour le pape de l’époque Benoît XVI, « était au-dessus de toutes les autres », aujourd’hui plus que jamais, à une époque « où dans de vastes régions du monde, la foi est en danger de s’éteindre comme une flamme privée de nourriture ».

    Donc – comme ce Pape l’avait écrit dans sa lettre aux évêques du 10 mars de cette même année – la priorité consistant à « rendre Dieu présent dans ce monde et à ouvrir aux hommes l’accès à Dieu.  Et pas à n’importe quel Dieu mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu sur le visage duquel nous reconnaissons l’amour poussé jusqu’à l’extrême, en Jésus crucifié et ressuscité ».

    Or, il n’y a pas la moindre trace de cette urgence dramatique dans les 130 pages de « Fratelli tutti ».

    Mais donnons à présent la parole au philosophe Natoli, dans ce commentaire qu’il a rédigé sur l’encyclique.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    *

    « Et si Jésus n’était rien d’autre qu’un homme ? »

    de Salvatore Natoli

    La modernité a mené des débats acharnés sur l’existence de Dieu ; il suffit de penser à l’examen des preuves de l’existence de Dieu, de Descartes à Kant : peut-on la démontrer, est-ce impossible à démontrer ?  En fait, le conflit sur l’existence de Dieu démontrait clairement que Dieu était la question centrale de cette culture, aussi bien pour ses détracteurs que pour ses partisans.  C’était le thème dominant, dont il était impossible de ne pas parler.

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  • "Fratelli tutti" : comment lire l'encyclique ?

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    De Thierry Boutet sur Smart Reading Press :

    COMMENT LIRE L’ENCYCLIQUE « FRATELLI TUTTI » ?

    Le pape serait, dit-on, un homme de gauche. Possible. Certaines de ses positions rejoignent en effet celles soutenues par la gauche, mais le Saint-Père est un peu plus subtil que cela, et sa fonction le met à l’abri des étiquettes un peu faciles. Beaucoup de points de l’encyclique relèvent aussi d’une doxa de droite, et même de droite conservatrice. Ce qu’il dénonce, c’est le libéralisme, spécialement dans sa forme actuelle, mais ni le droit de propriété, ni la liberté d’entreprendre, qu’il défend, et il ne fait nullement l’apologie de l’étatisme et du collectivisme, au contraire. Quant à son mondialisme, il est nettement tempéré par le principe de subsidiarité.

    SORTIR DE CETTE DIALECTIQUE DROITE/GAUCHE

    Lire l’encyclique comme un catalogue serait commettre un énorme contresens. Elle exige d’abord de sortir de cette dialectique droite/gauche. Le pape François ne casse pas, loin de là, les codes et toutes les références de la doctrine sociale de l’Église depuis Léon XIII. Il s’emploie même à les rappeler soigneusement les uns après les autres.


    Il est impossible d’entrer dans la perspective du pape avec des a priori politiques ou idéologiques.


    L’encyclique, qui est plus une longue méditation – trop longue et parfois répétitive, diront certains – qu’un texte doctrinal, demande aussi de la bienveillance et de la docilité intellectuelle. Celles-ci ne semblent pas toujours au rendez-vous chez certains commentateurs. Or il est impossible d’entrer dans la perspective du pape avec des a priori politiques ou idéologiques. Ce texte, qui jette dans sa première partie un regard très sombre sur le monde, est d’abord un cri de détresse fasse à l’injustice, à la violence, et plus encore à l’incommunicabilité des consciences individuelles et collectives des nations. Elle est aussi un appel presque déchirant à une fraternité humaine illuminée, pétrie, élargie par la Charité surnaturelle. C’est au point que certains passages peuvent apparaître comme un rêve naïf. Le pape le reconnaît lui-même : il l’écrit. Mais ce n’est que le commandement du Christ.

    Sans percevoir l’intention du pape, sans lui faire crédit de cette intention, il est inutile de lire ce texte finalement plus difficile à comprendre que ne peut le laisser penser une lecture superficielle.

    Car le pape mêle, ce qui est assez nouveau pour le Magistère pétrinien, les considérations qui relèvent de grands principes de la philosophie, de la théologie ou de la spiritualité chrétienne et des propositions morales ou politiques très concrètes, qui appartiennent au jugement prudent de chacun ou à des décisions politiques très contingentes. Par exemple, lorsqu’il déclare qu’il faut abolir les frontières, il le dit en référence au principe de la destination universelle des biens, qui vient tempérer le droit de propriété dans l’enseignement de l’Église sur les droits fondamentaux de la personne. Il ne dit pas qu’il faut pour autant abolir les accords de Schengen, ni même ne pas les renforcer. Il dit seulement que, pour une nation, les frontières ne sont pas une réalité absolue, pas plus que le droit de propriété.

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