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Islam - Page 129

  • Un jeune chrétien torturé et tué par un riche musulman

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    Lahore (Agence Fides) – Imran Masih, jeune chrétien du Punjab a été torturé et tué par son employeur, un riche propriétaire foncier musulman. Il s’agit du énième épisode d’abus et de violence allant jusqu’au meurtre perpétré à l’encontre d’un membre de la communauté chrétienne au Pakistan.

    La nouvelle de ce grave épisode est parvenue à l’Agence Fides par l’intermédiaire de la « All Pakistan Minorities Alliance » (APMA), organisation engagée en faveur de la défense des droits des minorités qui lance un cri d’alarme : « De tels épisodes se succèdent dans un contexte de discrimination sociale et religieuse dans lequel les riches musulmans pensent pouvoir disposer de la vie des chrétiens qui se trouvent au dernier rang de l’échelle sociale et sont traités comme des objets, victimes sans défense des violences ». Le cas d’Imran Masih est emblématique et reflète un statut social intolérable dans le cadre duquel les cas de violences dénoncés représentent seulement la partie émergée de l’iceberg.
    Comme l’indique l’APMA, Imran Masih, 24 ans, résident dans le village de Nut Kallan était employé depuis deux ans comme chauffeur par Mohammad Masood, riche propriétaire du district de Gujranwala au Punjab. Le 5 février dernier, Imran ne s’est pas rendu au travail pour raisons de santé. Le lendemain, à son retour, il a été roué de coups et torturé jusqu’à ce que mort s’ensuive. Après quoi Masood et ses complices ont remis le corps d’Imran à son père, Lal Masih, lui aussi employé au sein de la même propriété, en affirmant que le jeune homme s’était suicidé.
    Le père ne croyant pas à cette version, notamment aux vues des nombreuses traces de coups présents sur le corps de son fils, s’est rendu au commissariat de police pour porter plainte pour meurtre. La Police locale a cependant cherché à l’en dissuader, suite aux pressions exercées par l’influent Masood.
    C’est seulement après l’intervention des militants de l’APMA, qui ont organisé une manifestation à Gujranwala, bloquant les rues et attirant l’attention des autorités, que la Police a accepté officiellement le dépôt d’une plainte pour homicide à l’encontre de Mohammad Masood et de deux complices.
    Imran Masih a été enterré le 8 février dans son village de Nut Kallan, au milieu du deuil et de la douleur de la communauté chrétienne.
    Des sources de Fides au Pakistan commentent : « Dans des cas comme celui-ci, nous ressentons le silence du gouvernement et des autorités civiles. Nous nous sentons comme des citoyens de deuxième catégorie. Le Ministre fédéral chargé des Minorités religieuses est une figure institutionnelle utile à la communauté chrétienne en ce qu’elle permet d’avoir un interlocuteur direct au gouvernement et d’attirer l’attention de la nation sur les conditions des minorités religieuses. C’est pourquoi nous espérons que le Ministère ne sera pas supprimé par le gouvernement ».
    En effet, après la démission du gouvernement de Raza Gilani, au cours des deux derniers jours, on attend la formation d’un nouvel exécutif comptant moins de ministères. Probablement, le Ministère chargé des Minorités religieuses sera supprimé et transformé en un Département du Ministère pour les Affaires religieuses. (PA) (Agence Fides 10/02/2011)

  • "Le sort des Coptes serait bien pire..."

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    images.jpgDans Famille Chrétienne

    Denis Bauchard, conseiller pour le Moyen-Orient à l’IFRI :

    « Si les Frères musulmans prenaient le pouvoir en Égypte, le sort des Coptes serait bien pire » Alors que les manifestations continuent place Tahrir au Caire, le vice-président égyptien Omar Souleiman a accepté de dialoguer avec des représentants des Frères musulmans, seule véritable force d’opposition dans le pays. Denis Bauchard, conseiller pour le Moyen-Orient au sein de l’Institut français des relations internationales (IFRI), analyse pour nous la situation en Égypte, les forces en présence et revient sur la situation des Coptes au pays des pharaons. Lire la suite ici

  • France : un rapport éclairant sur la situation en Afghanistan

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    Le Padre Benoit Jullien de Pommerol ex aumônier militaire a rédigé un rapport de mission concernant sa mission en Afghanistan effectuée au cours du premier semestre 2010; il est consultable ICI.

    Celui qui dit la vérité sera exécuté..." (Guy Béart).

    On a résilié le contrat du Padre, qui n'est donc plus aumônier du 2REP.

    Une pétition adressée au ministre de la défense est en ligne ICI.

    Et le site du diocèse aux armées est ICI...

    sur MYSHL

  • Un chrétien afghan risque d'être mis à mort pour apostasie

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    Selon Christian Today, Sayyed Moussa, l’Afghan arrêté en mai pour conversion au christianisme, s’est vu signifier qu’il serait mis à mort dans les trois jours s’il refusait de se convertir à l’islam. L’article est du 7 février.

    Toujours aucune nouvelle de la Croix Rouge, pour laquelle Sayyed Moussa travaillait depuis 15 ans…

    sur le blog d'Yves Daoudal

  • Quand le fondamentalisme protestant fait pire que bien...

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    Djakarta (Agence Fides) – A l’origine des violences de Temanggung (trois églises attaquées), « se trouve le ressentiment, le désaccord, le malaise, la violence verbale répandue par des prédicateurs chrétiens fondamentalistes » explique à l’Agence Fides le Père Benny Susetyo, Secrétaire exécutif de la Commission pour le Dialogue interreligieux de la Conférence épiscopale de l’Indonésie. « Il s’agit de prédicateurs chrétiens protestants, souvent improvisés, de dénomination évangéliste ou pentecôtiste, qui n’ont aucun respect pour les autres religions. Leur prédication et leur langage sont typiques des sectes : « l’islam est le mal », « convertissez-vous ou vous irez en enfer ». Tout cela provoque parmi la population la rage et la haine qui explosent ensuite dans la violence antichrétienne ». C’est ce qui est arrivé à Temanggung où Antonius Richmond Bawengan, le chrétien accusé et mis en prison pour blasphème, était un chrétien qui n’avait pas craint de diffuser du matériel offensant envers l’islam. « D’autre part – note le Père Susetyo – il y a des groupes extrémistes musulmans d’idéologie wahhabite qui constituent l’autre face du problème. Il s’agit dans les deux cas de petits groupes mais lorsque les fanatismes s’affrontent, toute la société et tous les croyants en font les frais».

    De tels groupes de dérivation chrétienne protestante mènent une campagne massive de prosélytisme dans l’ouest et dans le centre de Java tout comme dans le reste de l’Indonésie, causant la réaction irritée des groupes radicaux islamiques. L’Eglise catholique, qui continue à entretenir un dialogue profitable avec les grandes organisations musulmanes indonésiennes, telles que Nadhlatul Ulama (60 millions d’adhérents) et Muhammadiyah (40 millions) qui ont toujours représenté le visage pacifique de l’islam, se trouve prise entre deux feux.
    Malheureusement, remarque le Père Benny Susetyo, avec ces groupes, il n’est pas même possible d’instaurer un dialogue constructif en ce qu’ils « sont incontrôlables et refusent de participer aux grandes sessions officielles de dialogue interreligieux » comme celle de ces jours-ci, à l’occasion de la « Semaine pour l’Harmonie entre les Religions ».
    Dans tous les cas, conclut le Père Susetyo, « le gouvernement est absent et ne fait rien pour arrêter ces différents extrémismes, pour protéger les droits de l’homme et sauvegarder l’esprit de la Pancasila, qui est à la base de la coexistence pacifique entre les religions ». (PA) (Agence Fides 09/02/2011)

  • A Java-Centre, des islamistes brûlent des églises chrétiennes

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    A Java-Centre, des islamistes brûlent des églises chrétiennes en réclamant la peine de mort pour un chrétien accusé de blasphème

    Mardi 8 février, une foule d’extrémistes musulmans en colère a attaqué trois églises chrétiennes, un orphelinat ainsi qu’un centre de soins tenus par des chrétiens à la suite d’une décision de justice rendue le matin-même par le tribunal de Temanggung, localité de Java-Centre. Il s’agit d’un bilan non exhaustif, les nouvelles parvenant depuis Java faisant état d’une situation qui n’est pas encore revenue au calme.

    Lire la suite

     

  • Ni progressiste ni fondamentaliste...

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    Suite à la publication sur notre blog de l'article de Guy Gilbert "L'Islam que j'aime", voici une typologie de l'Islam qui offrira d'utiles précisions.

    "La grande majorité des musulmans, cependant, n'est ni progressiste ni fondamentaliste. Elle se situe à mi-chemin entre les progressistes et les fondamentalistes et le mot qui les définit le mieux est: conservateurs; même si les «conservateurs» ne sont pas tous équivalents et qu'il conviendrait d'introduire des distinctions plus complexes. Les conservateurs ne sont pas progressistes: ils restent très perplexes quant aux déclarations occidentales des droits de l'homme parce qu'ils pensent que les droits de l'homme constituent une menace pour les droits souverains de Dieu; ils ne veulent pas non plus entendre parler d'approche moderne - c'est-à-dire historico-critique - du Coran, car ils craignent qu'il finisse comme la Bible entre les mains d'exégètes d'universités occidentales lors des deux derniers siècles; ils veulent qu'aux femmes, il soit permis - pas obligé mais au moins fortement recommandé - de porter le voile partout..."

    Extrait d'un article intitulé "Les cinq visages de l'Islam et la clé de l'avenir de l'Egypte" de Massimo Introvigne dans la Bussola Quotidiana traduit sur le site benoit-et-moi où l'on pourra lire l'intégralité de cet article.

  • Guy Gilbert : L'Islam que j'aime

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    guy_gilbert_01.jpgUn article à lire et qui donne certainement matière à discussion, sur le site officiel de Guy Gilbert:

    L'Islam que j'aime

    "En Egypte, après le terrible attentat à la sortie de la messe de minuit à Alexandrie, plusieurs associations musulmanes ont décidé de former des boucliers humains.
    « Munis de fleurs, nous irons garder les églises de nos frères chrétiens. Celui qui veut s’en prendre à eux devra d’abord nous tuer. Par ce geste nous montrerons ce qu’est vraiment l’Islam. »

    Jamais n’avait raisonné si fort le message de l’ange à l’annonce de la naissance du Christ: « Paix aux hommes de bonne volonté », message bouleversant, vécu par des musulmans, pourtant de plus en plus critiqués et craints, au point que l’Europe sombre dans une islamophobie qui avance à grands pas. Ce fait très récent et inédit de la défense d’une autre religion persécutée me fait dire : « Cet islam, je l’aime ».

    Et je l’aimerais infiniment plus, le jour où ce ne seront pas seulement quelques centaines de musulmans égyptiens qui oseront franchir le pas pour la défense de leur frères chrétiens, mais un milliard de musulmans qui dénonceront l’assassinat de l’évêque de Bagdad ou la tragédie d’une centaine de chrétiens assassinés ou blessés en Irak en pleine messe dans leur église éclaboussée de sang.

    Le pape, qui a osé affirmer son horreur devant ce drame inexpiable, a été accusé d’«ingérence » par un grand ayatollah pour avoir demandé aux états de « protéger les chrétiens ». Insoutenable parole qui révulse les chrétiens du monde entier.

    Oui j’aime l’Islam.

    Mais pas celui du repli conquérant sur lui-même. Pas celui qui s’enferme ou qui enferme ses femmes dans des étoffes où seuls les yeux ont droit à une minuscule lucarne. Pas celui qui prescrit de lapider la femme adultère, ou l’homme à qui on refuse de vivre parce qu’il est homosexuel. Pas celui qui refuse celui ou celle qui décide de vivre sa foi autrement, dans une autre religion, ce qui le ou la condamne à l’opprobre, à l’exclusion et parfois à la mort. Pas celui qui ne permet pas, lorsqu’il est majoritaire dans un pays, de refuser tout lieu de culte autre que le sien.

    Ce qui aux yeux du monde donne à croire aujourd’hui que les musulmans ont la possibilité de s’épanouir librement dans les nombreuses mosquées qui s’élèvent dans les pays majoritairement chrétiens. Alors que les petites communautés chrétiennes, noyées au coeur de nombreux pays musulmans, n’ont que le droit de raser les murs, d’être suspectées, de devenir des citoyens de seconde zone, et en finale, de quitter la terre où elles sont nées. Bien avant que les musulmans ne s’y établissent.

    Non, cela n’est pas l’Islam revendiquant le titre de religion de « la paix » au travers du mot magique, universel et prophétique « Salam ». Seule une religion qui d’abord respecte les droits de l’homme, qui en fait son étendard premier avec comme devise commune sur tous les frontons de ses temples les mots « unité », « solidarité », « accepter la différence de l’autre » et mieux « chercher chez l’autre une vérité qui lui manque », bâtira la paix sur la terre, et sera crédible.

    « Tolérer les chrétiens d’orient, c’est les insulter » écrivait ces jours-ci le politologue Hasni Abidi. Le même concluait son article par cette phrase prémonitoire et si juste : «Les chrétiens orientaux ont toujours appartenu à la terre qui les a vu naître et grandir. Ils doivent y rester. Leur départ serait la fin de notre histoire et le début de toutes les dérives. »

    A vous musulmans du monde entier de lutter pour que l’Islam soit une religion de « paix ».
    Alors ce ne sera plus la crainte, mais une joie en Europe et dans le monde, de voir fleurir à côtés de nos églises vos minarets. Ce jour viendra. Mais le temps presse."

    Vos réactions à cet article paru dans la Croix du 22 janvier sont les bienvenues pourvu qu'elles s'expriment dans le respect et la mesure.

  • L’Eglise catholique condamne la flagellation à mort au nom de la charia d’une adolescente victime de viol

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    r-clame-des-flagellations-publiques.jpgL’Eglise catholique a condamné fermement la mort par flagellation d’une adolescente musulmane suite à une fatwa (décret religieux) émise par les responsables religieux de son village, une pratique désormais interdite au Bangladesh mais qui sévit toujours en milieu rural. (Eglises d'Asie)

    « Bien que les fatwas aient été déclarées illégales dans ce pays, les populations des régions reculées souffrent toujours de ces pratiques qui constituent de graves violations des droits de l’homme », a déclaré le P. Albert Thomas Rozario, secrétaire de la Commission épiscopale catholique ‘Justice et Paix’ du Bangladesh. « Les gens doivent être avertis que les lois qui sont en vigueur dans le pays n’autorisent pas les punitions infligées selon les lois de la charia », a ajouté le prêtre catholique, qui est également avocat à la Cour suprême du Bangladesh.

    Hena Begum, 14 ans, a été violée dans le village de Chamta, district de Shariatpur, au centre du Bangladesh, dans la nuit du 30 janvier par son cousin Mahbub, âgé d’une quarantaine d’années. Alertés par les cris de la victime, la femme de Mahbub et son frère étaient accourus sur les lieux et s’en étaient pris à l’adolescente qu’ils avaient battue, avant que le père de Hena et d’autres membres de sa famille ne viennent à son secours.

    Dès le lendemain, la nouvelle s’étant ébruitée, une dizaine d’habitants du village, dont Idris Fakir, membre de l’union parishad (unité administrative locale), un enseignant de la madrasa de Chamta et l’imam de la mosquée, se réunirent en tribunal improvisé pour juger l’affaire selon la charia. Ils prononcèrent une fatwa, condamnant le violeur à verser une amende et à recevoir 200 coups de fouet en public, et ordonnant également la victime à subir 100 coups de fouet en public pour « participation au crime ».

    La sentence de Mahbub fut réduite à 100 coups de fouet, mais Hena ne put échapper à l’application du châtiment et perdit conscience au bout d’une soixantaine de coups. Ses proches la conduisirent à l’hôpital de Naria où elle décéda peu après, dans la nuit du lundi 1er février.

    Le 2 février, quatre hommes ont été arrêtés, en lien avec le décès de l’adolescente, suite à une plainte déposée par le père de Hena au poste de police de Naria. Sur les 18 personnes accusées de participation à l’exécution de la jeune fille, seuls l’imam de la mosquée de Chamta, Idris Fakir (qui avait tenté de dissuader le père de la victime de porter plainte en lui proposant une importante somme d’argent) et deux autres personnes ont été écroués. Mahbub et les autres suspects sont actuellement en fuite et recherchés par la police.

    Parallèlement, les autorités du district de Shariatpur ont été sommées de s’expliquer sur le fait qu’elles n’avaient pu empêcher l’exécution de la sentence. Les forces de l’ordre ont été également chargées de rendre d’ici trois semaines un rapport à la Haute Cour, afin de proposer des mesures pour prévenir d’autres drames de même nature.

    De nombreuses organisations des droits de l’homme ont manifesté dans le district de Shariatpur, demandant que tous les responsables de la mort de Hena, dont ceux qui avaient émis la fatwa, soient sanctionnés de manière exemplaire. Parmi ces ONG, l’Alliance pour la répression des crimes domestiques – qui lutte également contre toute forme de violence exercée contre les femmes – et la Commission des droits de l’homme ont organisé des chaînes humaines en signe de protestation devant la préfecture de police.

    Malgré une loi promulguée en 2010 par la Haute Cour du Bangladesh interdisant l’application de la charia dans le pays, les associations humanitaires locales affirment que des dizaines de fatwas sont émises chaque année par des conseils de village musulmans comme celui de Chamta.

    Peu de temps avant Hena, un autre cas de fatwa ayant conduit à la mort de la victime avait fait la Une des journaux du Bangladesh : en décembre dernier, une femme de 40 ans, du district de Rajshahi, était décédée des suites de la bastonnade publique ordonnée par une fatwa du conseil religieux de son village, sur accusation présumée d’adultère avec son gendre.

    Au Bangladesh, environ 90 % de la population est musulmane, 8 % est hindoue, les 2 % restants regroupant les autres religions. On estime que les chrétiens représentent, toutes confessions confondues, environ 1 % de la population, dont une moitié de catholiques.

    (1) Sur les violences faites aux femmes au Bangladesh, voir également EDA 539
    (2) The Daily Star, 4 février 2011 ; Ucanews, 31 août 2010, 3 février 2011 ; BBC, 2 février 2011.

  • Egypte, à propos des Frères Musulmans

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    Freres_musulmans.gifQui sont-ils? Que veulent-ils? Et l'optimisme prudent de l'Eglise qui en Egypte ne voit pas une révolte islamique. Un article intéressant de Paolo Rodari (6/2/2011)

    traduit et à découvrir ici

  • L'Egypte est-elle apte à la démocratie?

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    Aujourd'hui, l'incontournable Sandro Magister se fait l'écho d'une enquête menée par le Pew Forum on Religion & Public Life de Washington :

    L'Égypte "démocratique" veut que les apostats soient mis à mort

    Les Égyptiens révoltés demandent plus de liberté mais aussi la peine capitale pour les musulmans qui se convertissent à une autre religion. Une grande enquête sur le plus peuplé des pays musulmans d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient

    par Sandro Magister


    ROME, le 3 février 2011 – Une bonne partie de la population égyptienne qui s’est rebellée ces jours-ci contre le régime trentenaire de Hosni Moubarak affirme qu’elle préfère la démocratie à toute autre forme de gouvernement. Mais dans le même temps elle veut, à une majorité écrasante, que ceux qui commettent l’adultère soient lapidés, que l’on coupe les mains aux voleurs et que ceux qui abandonnent la religion musulmane soient mis à mort.

    C’est ce qui résulte d’une enquête menée en Égypte et dans six autres pays à majorité musulmane par le Pew Forum on Religion & Public Life de Washington, numéro un mondial des recherches en ce domaine : > Egypt, Democracy and Islam

    Les six autres pays qui font l’objet de l’enquête sont la Turquie, le Liban, la Jordanie, le Pakistan, l'Indonésie et le Nigéria.

    Ces jours-ci, l’Égypte attire particulièrement l’attention. Mais il est également très intéressant de la comparer avec les autres pays.

    La démocratie, par exemple, est considérée comme la meilleure forme de gouvernement par 59 % des Égyptiens, mais elle recueille des taux d’approbation encore plus élevés en Turquie et au Liban, 76 et 81 % respectivement.

    Toutefois 22 % des Égyptiens considèrent que, dans certaines circonstances, un gouvernement non démocratique est préférable.

    En ce qui concerne les relations entre la politique et la religion, près de la moitié des Égyptiens estiment que l'islam influe déjà fortement sur la politique. Et 95 % de ceux qui sont de cet avis jugent que c’est une bonne chose. D’une manière générale, 85 Égyptiens sur cent jugent positive l'influence de l'islam sur la politique, contre seulement 2 % de réponses négatives. Au Liban et en Turquie, au contraire, les opinions négatives dépassent les 30 %. Si l’on oppose les modernisateurs aux fondamentalistes, 59 % des Égyptiens se disent favorables aux fondamentalistes, contre 27 % de partisans des premiers. Au Liban et en Turquie les chiffres sont inversés : respectivement 84 et 74 % en faveur des modernisateurs, contre 15 et 11 % du côté des fondamentalistes.

    Plus de la moitié des Égyptiens, 54 % pour être précis, aussi bien les femmes que les hommes, sont favorables à la séparation des sexes sur les lieux de travail. Au Liban et en Turquie, ceux qui y sont opposés représentent de 80 à 90 % de la population.

    Quand on leur demande ce qu’ils pensent du Hamas, du Hezbollah et d’Al-Qaida, 49 % des Égyptiens se disent favorables au Hamas, 30 % au Hezbollah et 20 % à Al-Qaida.

    Ces jugements sont partiellement influencés par le fait que les personnes interrogées sont des musulmans sunnites ou chiites. Les Égyptiens sont sunnites, comme le Hamas, alors que le Hezbollah est chiite. En tout cas, le nombre d’Égyptiens favorables au Hezbollah baisse depuis plusieurs années. Ils étaient 56 % en 2007, 54 % en 2008, 43 % en 2009 et 30 % en 2010. Au contraire on voit augmenter le nombre d’opinions favorables aux terroristes auteurs d’attentats suicides, même si elles restent minoritaires. En Égypte, ceux qui approuvent ces terroristes sont aujourd’hui 20 %, contre 15 % en 2009.

    Pour en revenir à la peine de mort souhaitée par 84 % des Égyptiens contre ceux qui abandonnent l'islam, il faut préciser qu’elle est demandée aussi bien par les hommes que par les femmes, par les jeunes que par les vieux, par les gens instruits que par ceux qui ne le sont pas. En Jordanie le pourcentage d’opinions favorables à la peine de mort contre les apostats monte même jusqu’à 86 %. Il n’y a qu’au Liban et en Turquie que les opinions favorables sont peu nombreuses, respectivement 6 et 5 %.

  • Egypte : Le père Samir Khalil évoque le risque d’islamisation

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    ROME, Mercredi 2 février 2011 (ZENIT.org) - En Egypte, les mouvements islamistes dont font partie les Frères musulmans « veulent le pouvoir », a affirmé le jésuite égyptien Samir Khalil Samir, professeur d'islamologie et de culture arabe à Beyrouth (Liban).

    Alors que des centaines de milliers d'Egyptiens manifestent quotidiennement dans le centre du Caire contre le régime de Moubarak, le père jésuite est revenu pour Radio Vatican sur les raisons de ces protestations. Il évoque notamment le risque que les mouvements extrémistes islamistes profitent de cette instabilité pour prendre le pouvoir.

    Dans cette interview, le père Samir Khalil évoque les difficultés économiques vécues par une grande partie de la population : « environ 40% de la population égyptienne vit dans des conditions de pauvreté absolue : ils n'arrivent pas à deux dollars par personne et par jour. En un an, les prix ont augmenté de 5 à 30 fois. Les riches en profitent, mais les pauvres en paient les conséquences ». Face à cela, « le gouvernement fait peu de choses », explique-t-il. « Et de là naît le danger de l'islamisme, parce que les mouvements islamistes fondamentaux, dont les ‘Frères musulmans' et d'autres, ont compris que pour gagner des votes, il suffit de promouvoir des œuvres sociales ».

    Le père jésuite estime que les groupes islamistes veulent le pouvoir. « Les ‘Frères musulmans' sont nés en 1928 dans ce but : créer des pays vraiment islamiques, parce qu'ils pensent que l'Egypte est trop influencée par l'Occident, qu'elle n'est pas suffisamment musulmane ». « Ils veulent donc le pouvoir pour faire les réformes qu'ils considèrent comme les meilleures pour le peuple et que d'autres considèrent comme pires », affirme-t-il.

    « Pour le moment - ajoute le père Samir Khalil - il y a une répression et le régime de Moubarak, dès le début, a interdit ces groupes politiques mais cela ne limite pas leur rayon d'action. Ils entrent dans d'autres partis sous n'importe quel nom pour proposer une politique islamique ». « Mais l'Egypte est un pays modéré et par nature, l'Egyptien n'est pas rebelle. Il veut simplement vivre », ajoute le père jésuite.

    Interrogé sur la nécessité pour l'Egypte de vivre une « vraie démocratisation », le père Samir Khalil a souhaité préciser le sens d'une vraie démocratie : « cela signifie avant tout justice pour les plus pauvres ». « Et puis il y a la demande d'une plus grande liberté. Nous sommes sous un régime qui contrôle trop, parce qu'il a peur de ces mouvements extrémistes. C'est un cercle vicieux ». « Comment en sortir ? », se demande-t-il. « En faisant des réformes. Il y a des personnes très riches et le décalage est trop grand. Nous devons donc avoir des lois sociales, un système de taxes plus adapté à cette situation, des services sociaux plus généralisés ».

    « L'école se trouve dans une situation catastrophique, avec beaucoup d'analphabètes qui arrivent sur le marché du travail », déplore-t-il enfin. « La réalité, c'est que nous ne sommes pas loin de 40% d'analphabètes ».

    Marine Soreau