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Islam

  • De l'Algérie à Strasbourg: le témoignage de Monique Yakout Khentache

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    Du site de l'ECLJ :

    Monique Yakout Khentache est une chrétienne, convertie de l'islam, écrivaine et d'origine algérienne. Elle vit aujourd'hui en France à Strasbourg et a écrit deux livres sur son parcours spirituel et personnel, de son éducation musulmane dans un village de Kabylie à son travail d'écriture aujourd'hui, en passant par sa conversion et son intégration en France.

    L'ECLJ publie cet entretien suite à la visite de Léon XIV en Algérie et à la publication de notre rapport sur "L'oppression des chrétiens en Algérie" accessible ici sur notre site internet.

    Signer la Pétition de soutien aux chrétiens d’Algérie

  • « La pression des autorités algériennes n’est pas admissible, c’est un État qui veut imposer la foi musulmane » (Mgr Rey)

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    De "Tribune Chrétienne" :

    Monseigneur Rey : « La pression des autorités algériennes n’est pas admissible, c’est un État qui veut imposer la foi musulmane »

    "Je regrette profondément que le pape Léon XIV ne se rende pas à Tibhirine"

    13 avril 2026

    À l’occasion du déplacement du pape Léon XIV en Afrique, et plus particulièrement de sa visite aujourd’hui et demain en Algérie, nous avons voulu entendre une autre voix que celle du consensus général que certains s’efforcent d’afficher. Derrière les discours officiels, cette interview donne la parole à Monseigneur Rey, ancien évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, attentif à la réalité vécue par les communautés chrétiennes sur place:

    Pourquoi avez-vous co-signé cette tribune dans le JDD consacrée à la liberté religieuse menacée en Algérie ?

    Je connais plusieurs chrétiens arabes et kabyles qui se sont ouverts à moi et m’ont exprimé leur vision des choses. Je suis très sensible à leur témoignage et à la situation globale des chrétiens en Algérie, qu’ils soient catholiques, protestants ou orthodoxes. Donc je suis sensible à la situation des chrétiens qui tombent dans une situation de quasi persécution. En Algérie nous assistons à des restrictions dans l’exercice du culte et de la pratique religieuse de plus en plus importantes. La liberté de croire doit être respectée, j’ai donc profité de cette tribune pour exprimer aux côtés d’autres témoignages cette conviction que je fais mienne.

    Que vous inspire la visite du pape et les propos du cardinal Jean-Paul Vesco ?

    Le cardinal Vesco parle d’une rencontre du souverain pontife avec le peuple algérien, ce qui en soi est très bien, mais il faut aussi savoir mettre sur la table les sujets de tension et en particulier la marginalisation des communautés chrétiennes suite aux restrictions légales qui ont été récemment décrétées.

    Que pensez-vous du fait que le pape Léon XIV ne se rende pas à Tibhirine ?

    Je regrette profondément que cette étape n’ait pas lieu alors que le martyre de tous ces témoins de la foi marque l’histoire religieuse des chrétiens en Algérie. Le souci légitime de promouvoir la fraternité requiert que l’on soit en transparence sur la situation actuelle des chrétiens qui méritent d’être respectés afin de pouvoir vivre leur foi en toute liberté. À vouloir être trop consensuel on n’est plus dans la vérité.

    Comment qualifiez-vous aujourd’hui la situation des chrétiens en Algérie ?

    La pression des autorités actuelles en Algérie n’est pas admissible. Cela rejoint d’ailleurs le principe de la laïcité, au bon sens du terme, qui doit accepter que chacun puisse exprimer sa croyance ou sa non-croyance. C’est une distinction qui n’est pas faite en Algérie aujourd’hui, c’est un État qui veut imposer la foi musulmane.

    Est-ce que le Vatican est conscient de cette réalité ?

    Je pense que les autorités du Saint-Siège ont reçu des témoignages de communautés chrétiennes qui sont profondément blessées par cette situation actuelle. Le Vatican cherche à rentrer dans un chemin de dialogue mais il faut aussi que la diplomatie et le dialogue intègrent et évoquent l’expression des difficultés, des épreuves et des souffrances.

    Vous êtes-vous déjà rendu en Algérie ?

    Oui, je suis allé plusieurs fois, dont en pèlerinage à Tamanrasset sur les traces du Bienheureux Charles de Foucauld. Je suis également allé à Tibhirine, quelques années après le massacre des moines. Je me suis recueilli sur leur tombe qui se trouve dans l’enclos du monastère.

    Propos recueillis par Philippe Marie

  • Dialogue interreligieux et paix : la première journée du pape en Algérie

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Dialogue interreligieux et paix : la première journée du pape en Algérie

    Léon XIV s'est présenté comme un témoin de paix dans « un monde plein de conflits et d'incompréhensions ». Il a visité la Grande Mosquée d'Alger et a honoré la mémoire de deux religieuses et bienheureuses espagnoles, martyrisées en 1994. Aujourd'hui, il s'installe dans la ville qui fut la patrie de saint Augustin.

    – Un pays de graves persécutions pour les chrétienspar Anna Bono

    14/04/2026

    Léon XIV visite la Grande Mosquée d'Alger

    La veille du troisième voyage apostolique de Léon XIV, Donald Trump a suscité une vive émotion. L'attente était grande à bord du vol pour Alger, où l'on craignait une possible riposte à l'attentat de la nuit. Le pape, sans ambages, a déclaré ne pas vouloir débattre avec le président américain, tout en ajoutant qu'il n'avait aucune crainte de son administration.

    Le pape s'est dit heureux de visiter à nouveau la terre de saint Augustin , considérant l'évêque d'Hippone comme « un pont essentiel dans le dialogue interreligieux ». Arrivé au Maqam Echaid, monument dédié aux victimes de la révolution algérienne, le pape a rendu hommage au peuple algérien, le qualifiant de « fort et jeune ». Il a été accueilli par le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger. Dans son discours au monument, Léon XIV a évoqué le pardon, reconnaissant sa difficulté, mais ajoutant que « tandis que les conflits continuent de se multiplier dans le monde, on ne peut pas accumuler les ressentiments ». Le pontife a également honoré les martyrs de la révolution algérienne représentés sur le monument, saluant leur « courage et leur amour de la liberté ». Il a ensuite rencontré les autorités au centre de conférences de Djamaa el Djazair et les a exhortées à « ne pas dominer » mais à « servir le peuple et son développement ».

    Il a également évoqué le rôle de l'Église catholique locale qui, par ses communautés et ses initiatives, s'efforce de « contribuer au bien commun de l'Algérie ». Léon XIV s'est présenté comme un témoin de paix dans « un monde en proie aux conflits et à l'incompréhension ». Parmi ses discours les plus « politiques », il a lancé un appel contre « les violations persistantes du droit international et les velléités coloniales ». Le dialogue interreligieux était au cœur de cette première journée en Algérie, marquée par une visite pieds nus à la Grande Mosquée d'Alger. Là, le Pape s'est exprimé spontanément et, répondant au salut du recteur, a de nouveau mentionné son « père spirituel, saint Augustin, qui a tant voulu enseigner au monde, notamment par la recherche de la vérité, la recherche de Dieu, la reconnaissance de la dignité de chaque être humain et l'importance de construire la paix ». Le Pape a également déclaré que « chercher Dieu, c'est aussi reconnaître l'image de Dieu en chaque créature, en chaque enfant de Dieu, en chaque homme et chaque femme créés à l'image et à la ressemblance de Dieu ». Ces mots constituent le fondement de l’invitation à « apprendre à vivre ensemble dans le respect de la dignité de chaque personne humaine ». 

    Le pape Prévost a également honoré la mémoire de deux religieuses assassinées en 1994 , les bienheureuses Esther Paniagua Alonso et Caridad María Alvarez Martín, par une visite privée au centre d'accueil et d'amitié des Sœurs Missionnaires Augustines de Bab El Oued. C'est dans cette même ville de la province d'Alger que les deux sœurs infirmières ont subi le martyre. La rencontre s'est terminée à la basilique Notre-Dame d'Afrique à Alger, que le pape a décrite dans son discours comme le « symbole d'une Église de pierres vivantes où, sous le manteau de Notre-Dame d'Afrique, se construit la communion entre chrétiens et musulmans ». Aujourd'hui, le pape se rend à Annaba pour une journée sur les traces d'Augustin, dans ce qui fut jadis l'ancienne cité d'Hippone.

    Lire également : L'attaque incontrôlée de Trump contre Léon XIV suscite également la suspicion chez les catholiques.

  • Comment réagir face aux persécutions anti-chrétiennes ?

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    Une "opinion" de Benoit Lannoo, Historien de l’Église, spécialiste des chrétiens d’Orient et des relations interreligieuses publiée dans La Libre de ce 13 avril, pp. 26-27 :

    Persécutions anti-chrétiens : comment réagir ?

    L’idée que les chrétiens sont persécutés était taboue. Or, le 21 janvier, le Parlement européen a adopté un texte sur les droits de l’homme dans le monde, dans lequel apparaît pour la première fois la notion de la “christianophobie”. Les députés déplorent que “le christianisme reste aujourd’hui la religion la plus persécutée au monde, avec plus de 380 millions de personnes concernées”.

    Ce changement de cap a été accueilli avec enthousiasme. L’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination à l’égard des chrétiens en Europe a remarqué que le Parlement “reconnaît non seulement l’ampleur mondiale de la persécution anti -chrétienne, mais met également en avant une asymétrie institutionnelle au sein de l’architecture anti-discrimination existante de l’Union européenne”. Et la Commission des évêques de la Communauté européenne (Comece) a réitéré son appel pour un coordinateur européen contre la “haine anti-chrétienne”. Mais le texte adopté n’est pas contraignant ; reste donc à voir si la Commission d’Ursula von der Leyen s’y conformera.

    Instrument pour diplomates

    Notons d’abord qu’il est bon de cartographier le phénomène, situé dans un angle mort. Parfait de veiller sur la situation précaire des Yézidis en Irak. Mais quand le soi-disant État islamique a attaqué ce peuple avec une violence génocidaire il y a dix ans, des milliers de chrétiens ont aussi été expulsés de la plaine de Ninive, avec moins d’attention internationale.

    Les maisons de chrétiens qui ont fui leur sont d’ailleurs encore toujours extorquées à des prix ridicules. Et quand récemment les Kurdes du nord-ouest de la Syrie ont été attaqués, presque personne n’a rapporté que leurs alliés chrétiens payaient également le prix de cette violence sunnite.

    Plus d’attention pour la persécution des chrétiens peut pousser les diplomates à l’évoquer d’office dans leurs contacts. Quand le président Erdogan va-t-il respecter les villages chrétiens victimes des attaques de la Turquie qui prétend ne viser que la résistance kurde à ses frontières ?

    On n’a d’ailleurs pas encore gagné quand on parvient à convaincre les gouvernements des droits des chrétiens. Un diplomate m’a confié que ses interlocuteurs pakistanais étaient tous d’accord que leurs lois antiblasphème ne peuvent être abusées pour exercer une pression sur des filles chrétiennes non mariées. Mais le gouvernement a-t-il de l’impact sur l’intérieur du pays ?

    Mais le concept de la “christianophobie” a ses limites. En effet, on court le risque d’accusation d’antisémitisme ou d’islamophobie. Ou d’être dit ne pas respecter la liberté d’expression ou autres droits de l’homme. Au Nicaragua, Daniel Ortega persécute l’Église catholique. Depuis 2018, des centaines de prêtres, religieuses et prélats ont été arrêtées ou forcés à l’exil. Les Sandinistes ont fermé la formation sacerdotale dans quatre diocèses, et la Semaine Sainte, les processions y étaient interdites. Mais personne ne s’en soucie. L’extrême gauche européenne continue même à soutenir cette dictature.

    Réciprocité ?

    Le Maroc a ratifié plusieurs traités sur la liberté religieuse et la liberté de conscience. Lors de la visite du pape François en 2019, le roi Mohammed VI a réaffirmé se porter “garant des Juifs marocains et des chrétiens étrangers vivant au Maroc”. Mais le droit pénal impose des peines à quiconque aide un musulman à se convertir à une autre religion. Il n’est donc pas permis d’y annoncer l’Évangile, comme dans tous pays islamiques. L’inverse l’est bien : un djihadiste en Irak vient de séduire une mineure chrétienne pour un mariage polygame. Les autorités locales et la mosquée détournent le regard.

    Le sionisme fanatique en Israël s’engage systématiquement dans la christianophobie. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, les chrétiens et leurs églises se font cracher dessus par des Juifs orthodoxes – ce que le ministre extrémiste Itamar Ben-Gvir qualifie de “coutume ancestrale”. Dans le Sud-Liban, Israël continue d’exiger l’évacuation de villages maronites, d’où le Hezbollah tirerait des roquettes. Les résidents chrétiens refusent, ce que le prêtre Boutros al-Raï de Qlayaa a déjà payé avec la vie. Le ministère de l’Éducation vient aussi d’interdire à 200 enseignants chrétiens de Cisjordanie d’enseigner dans des écoles chrétiennes à Jérusalem.

    Le patriarche latin de Jérusalem a été empêché par la police d’entrer dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem le dimanche des Rameaux, alors qu’il respectait l’interdiction de rassembler plus de 50 personnes, tandis qu’un rabbin a tenu un Seder avec des milliers de juifs hassidiques au Vizhnitz Meor Haim au centre de la veille ville. De plus en plus nombreux sont d’ailleurs les colons qui déclarent ouvertement que “le christianisme est idolâtrie” et que la Torah les exige “de tuer les idolâtres dans tous les territoires que nous occupons et de détruire leurs lieux de culte”.

    Entre-temps, les Églises catholiques en Syrie ont annulé toute manifestation publique pendant la Semaine Sainte, car lors des attaques sunnites contre les chrétiens d’Al Suqaylabiyyah fin mars, les forces de sécurité syriennes ne sont pas intervenues.

    En Iran, ce ne sont pas que les ayatollahs et leurs fidèles chiites qui paient le prix de l’agression occidentale, mais les chrétiens et les juifs : Israël a bombardé la synagogue Rafi-Nia, la cathédrale russe-orthodoxe de Téhéran et deux églises arméniennes-apostoliques à Ispahan.

    Et au Haut-Karabagh, en 2023, après 1700 ans de présence chrétienne ininterrompue, les chrétiens y ont été expulsés par l’Azerbaïdjan.

    En Belgique

    L’antichristianisme existe aussi chez nous. La droite et l’extrême droite se sont emparées du thème, alors qu’ils ne soutiennent pas nécessairement le message chrétien du dialogue avec l’autre ou de l’hospitalité envers les étrangers. Les milieux chrétiens au centre ou à gauche hésitent dès lors à alerter, pour ne pas raviver des tendances islamophobes, homophobes voire antisémites. Le vandalisme contre des églises, la profanation de tombes et l’agression visant des symboles chrétiens, ne sont souvent que des “faits divers”.

    Les chrétiens ont appris à vivre avec la parodie ; mais démolir à coups de marteaux des statues de Jésus et Marie, comme l’ont récemment fait les présentateurs de Studio Brussel, est-ce vraiment drôle ? Ils ne se réalisent pas combien de personnes ils blessent. Et le Samedi Saint, Opera Ballet Vlaanderen a mis en scène des femmes avec une coiffe de nonne se faisant percer les tétons… comme dans un club SM privé.

    Pourquoi quand les chrétiens font l’objet d’insultes vulgaires, ce “n’est pas un sujet” ? “Nous n’y avons tout simplement pas trop réfléchi”, dit-on chez Studio Brussel. J’appelle dès lors les académiques, la société civile, les responsables d’Églises et tout homme et femme de foi, à chercher le narratif adéquat pour défendre les chrétiens.

    Espérance ?

    “Faut-il au fond se défendre ?” L’évêque d’Anvers vient, dans une carte blanche, de soulever la question. “Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux” (Matthieu 5,11-12a).

    En ce temps pascal, il est bon de s’accrocher à l’espérance qui a propulsé les chrétiens depuis la Résurrection. Les insultes que nous subissons ne sont pas grand-chose à côté des persécutions d’innombrables chrétiens, qui n’ont pas peur d’être “témoins” de leur espérance.

  • « Un jour, l'Afrique nous ramènera au Christ. »

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    De Stephan Baier sur le Tagespost :

    « Un jour, l'Afrique nous ramènera au Christ. »

    « Les missions à l’étranger sont un remède à notre frustration envers l’Église », déclare le père Karl Wallner. Il médite sur les péchés de l’Occident et la joie de la foi chez les chrétiens africains.
    Père Karl Wallner
    Photo : Missio Austria | Le père Karl Wallner dirige Missio – les Œuvres pontificales missionnaires en Autriche – depuis le 1er septembre 2016. Depuis sa prise de fonction, les dons reçus par Missio Austria ont plus que doublé.

    À17 ans, j'ai ressenti un appel à la prêtrise, mais je désirais aussi devenir missionnaire. Ce fut une expérience bouleversante, mais Dieu m'a ensuite clairement conduit à Heiligenkreuz. Je suis devenu curé assez tôt, puis, après mon doctorat, professeur à l'université. Fort de mon élan missionnaire, j'ai pu m'investir comme aumônier de jeunesse, ce qui a attiré de nombreux jeunes dans notre communauté. Ce fut donc une grande surprise lorsqu'on a proposé de nommer un moine cistercien, qui n'avait même jamais mis les pieds en Afrique, directeur national des Œuvres pontificales missionnaires en Autriche. Je savais que je ne comprenais rien à l'Église universelle et que je devais aller sur le terrain.

    Vous voyagez à travers le monde depuis près de dix ans. Cela a-t-il changé et façonné votre vision de l'Église universelle ?

    Je vis dans un monde et une Église totalement nouveaux ! Mon principal champ d'action et de mission reste cependant l'Autriche, car les missions internationales sont un remède à notre frustration face à l'Église. J'ignorais auparavant que l'Église universelle dans les pays du Sud était si forte et en pleine croissance. J'essaie de partager ce qui m'inspire en Autriche et d'encourager les gens à prier pour l'Église universelle – et bien sûr, à faire des dons pour que nous puissions la soutenir.

    Vous connaissez désormais les deux réalités : africaine et européenne. Ce qui est particulièrement frappant, c’est que l’Europe vieillit, tandis que l’Afrique affiche les taux de natalité les plus élevés. Ce phénomène se reflète-t-il également au sein de l’Église ?

    Oui, démographiquement, nous connaissons un déclin dramatique depuis 50 ans. L'Europe ne représente plus que 9 % de la population mondiale, contre 60 % pour l'Asie. L'Afrique connaîtra une croissance d'un milliard d'habitants supplémentaires au cours de ce siècle. Ce continent a besoin de notre attention car nous sommes très proches. Après tout, seule la mer Méditerranée nous sépare. Par conséquent, prendre soin de cette jeune Église en pleine croissance doit être une priorité absolue pour nous, en Europe.

    En Europe, la connaissance de la foi a diminué, et la ferveur religieuse s'est affaiblie. Quelle expérience avez-vous vécue à ce sujet en Afrique ?

    Avant même de rejoindre Missio, j'étais impressionné par nos étudiants nigérians à Heiligenkreuz : après seulement trois mois d'apprentissage du français, ils étaient capables de lire la Phénoménologie de l'esprit de Hegel ! J'espère donc vivre assez longtemps pour voir un pape noir. Ils en ont assurément le potentiel ! Il y a aussi, bien sûr, les traumatismes causés par le culte des ancêtres et les pratiques magico-occultes comme la croyance aux démons. C'est pourquoi l'Afrique subsaharienne a embrassé le christianisme si rapidement : la foi en un Dieu rédempteur et aimant représente une véritable libération de la croyance aux démons. L'Église est forte en Afrique car la foi y est empreinte d'une grande joie, d'un théocentrisme et d'un amour du divin que nous avons perdus.

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  • Pakistan : le tribunal fédéral de la charia valide le mariage d’une jeune chrétienne de 13 ans avec un homme musulman

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    De Nirmala Carvalho sur Crux :

    Les évêques du Pakistan dénoncent la décision de justice dans une affaire de mariage d'enfants

    L’archevêque Joseph Arshad du diocèse catholique d’Islamabad-Rawalpindi au Pakistan a exprimé sa profonde inquiétude et son inquiétude face à une décision récente du tribunal fédéral de la charia validant le mariage d’une jeune fille chrétienne de 13 ans avec un homme musulman.

    En vertu de la loi pakistanaise, l'âge légal du consentement au mariage est de 18 ans.

    Créée en 1980, la Cour fédérale de la charia examine la conformité des lois pakistanaises aux principes islamiques. Les évêques catholiques, d'autres chefs religieux et des représentants de la société civile au Pakistan affirment que la nouvelle décision de la charia contredit les décisions antérieures et pourrait créer un dangereux précédent.

    L'adolescente de Lahore a été portée disparue en juin 2025. Son père, Masih Shahbaz, affirme qu'elle a été enlevée et manipulée par Shehryar Ahmad, un mécanicien local.

    Au Pakistan, un panel de deux juges a validé le mariage malgré les actes de naissance officiels présentés au tribunal qui indiquaient que la jeune fille avait 13 ans au moment de sa disparition.

    Le tribunal a qualifié les documents gouvernementaux de « non fiables » et a plutôt cru l'affirmation du défendeur selon laquelle le mineur avait atteint un « âge de maturité » et s'était converti volontairement à l'islam.

    Les responsables religieux s'inquiètent de ce que cette décision permette aux interprétations religieuses de primer sur les lois d'état civil.

    « Cette situation est profondément troublante », a déclaré Arshad à Crux Now, « et l’incohérence apparente dans l’application des lois destinées à protéger les mineurs mine la confiance dans le système judiciaire et soulève de graves préoccupations quant à la sécurité et à la dignité des communautés vulnérables. »

    Arshad a déclaré que de tels cas devaient être traités dans le strict respect de la loi, qui fixe clairement l'âge minimum du mariage à 18 ans. Il s'est dit préoccupé par le fait que les garanties juridiques destinées à protéger les enfants ne soient pas appliquées de manière uniforme.

    L’archevêque a réaffirmé l’engagement de l’Église à défendre la justice, la dignité et l’égalité de protection pour tous les citoyens, en particulier les plus vulnérables.

    Il a appelé les autorités compétentes à prendre des mesures immédiates et efficaces pour assurer la protection des mineurs, faire respecter les garanties constitutionnelles et respecter les engagements du Pakistan en matière de normes internationales relatives aux droits de l'homme.

    La Conférence des évêques catholiques du Pakistan (PCBC) et la Commission nationale des évêques pour la justice et la paix (NCJP) ont publié une déclaration commune par l'intermédiaire du projet de journalisme sur les droits de l'homme Voicepk.net, avertissant que les cas impliquant des filles chrétiennes enlevées sont jugés d'une manière incompatible avec la loi du pays.

    « Les tribunaux n’appliquent pas systématiquement la législation interdisant le mariage des personnes de moins de 18 ans », indique le communiqué conjoint. « Cette application sélective de la loi est profondément préoccupante. »

    Le PCBC et le NCJP ont souligné que, si l'indépendance judiciaire doit être respectée, les tribunaux ont également l'obligation de veiller à ce que les allégations de conversion forcée et de mariage d'enfants fassent l'objet d'enquêtes transparentes, impartiales et pleinement conformes aux protections constitutionnelles et aux normes internationales relatives aux droits de l'homme.

    Des organisations de défense des droits des femmes et des droits humains, dont Minority Rights March, Aurat March et le Minority Forum Pakistan, ont organisé un rassemblement de protestation et une conférence de presse au Karachi Press Club contre la décision de la Cour constitutionnelle fédérale concernant la fille de M. Shehbaz.

    Voicepk.net a rapporté que les organisations ont appelé les autorités compétentes à revoir leur décision et à faire respecter les droits et la dignité de tous les citoyens, quelle que soit leur religion.

    Les participants ont exigé une révision du verdict, exprimant leur profonde tristesse et leur colère face à cette décision et soulignant que la jeune fille est victime d'enlèvement et de mariage d'enfant et qu'elle court désormais le risque de subir des préjudices graves supplémentaires.

    Les manifestants ont averti que cette décision compromet de fait les lois contre le mariage des enfants et pourrait avoir des conséquences dramatiques pour les jeunes filles mineures à travers le pays. Ils ont appelé les autorités à revenir sur leur décision et ont exhorté les institutions étatiques à agir, les mettant en garde contre de graves répercussions en cas d'inaction.

    Les manifestants ont également affirmé que cette décision contredisait les jugements précédents, notamment ceux de la Cour fédérale de la charia, et qu'elle pourrait donc mettre en danger non seulement les filles issues de minorités, mais aussi les filles musulmanes.

    « Les tribunaux », a déclaré l’archevêque d’Islamabad-Rawalpindi à Crux Now, « ont la responsabilité fondamentale de veiller à ce que toutes les allégations, en particulier celles concernant les conversions forcées et les mariages d’enfants, fassent l’objet d’enquêtes transparentes, impartiales et justes. »

  • L'oppression des chrétiens en Algérie; un nouveau rapport de l'ECLJ

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    ECLJ

    Alors que l’Algérie s’apprête à accueillir pour la première fois un pape, le Centre européen pour le droit et la justice publie aujourd'hui un nouveau rapport qui jette une lumière crue sur la situation des chrétiens du pays. 

    Fermeture d’églises, poursuites judiciaires, discrimination institutionnelle: ces communautés font face à une véritable oppression d'un pouvoir qui souhaite leur disparition.

    Les chrétiens subissent de plein fouet une politique qui impose une identité nationale unique arabe et musulmane. La diversité religieuse n’a pas sa place dans l’Algérie de Tebboune.

    Il y a pourtant plus de 150 000 chrétiens en Algérie. Une grande majorité est protestante évangélique, avec une petite communauté catholique, composée essentiellement d’étrangers. 

    Ce nouveau rapport qui dénonce la politique d'oppression des chrétiens en Algérie s’appuie sur un travail d’enquête approfondi, fondé sur de nombreux entretiens menés avec des chrétiens algériens. 

    Nous en parlons dans notre nouvel entretien du mois avec les deux principaux auteurs du rapport, Thibault van den Bossche et Constance Avenel: 

    Entretien du mois: Chrétiens en Algérie
    Télécharger le rapport complet:
    "L’oppression des chrétiens en Algérie"

    En Algérie, l’islam n’est pas simplement une religion majoritaire: il constitue une composante centrale de l’identité nationale et de l’organisation politique. 

    Les minorités religieuses n'ont aucune reconnaissance légale.

    Une ordonnance de 2006 instaure un système d’autorisation qui rend dans les faits impossible l’exercice du culte non musulman. Il faut obtenir un agrément préalable d’une commission nationale et les autorités ont refusé toutes les demandes d’ouverture de nouveaux lieux de culte chrétiens.

    Pour compliquer encore la situation, un lieu de culte ne peut légalement exister que s’il est rattaché à une association religieuse agréée. Or la reconnaissance légale d’une telle association est rendue impossible dans les faits par une loi de 2012. 

    Privés de lieux de culte officiels, les fidèles évangéliques sont contraints de se réunir dans des maisons privées, en plein air, ou en ligne. 

    La simple pratique religieuse est devenue une activité clandestine.

    Signer et partager la pétition
    au soutien des chrétiens en Algérie

    Il y a aussi de nombreuses dispositions pénales qui permettent de poursuivre les fidèles en raison de leur pratique religieuse.

    L’ordonnance de 2006 introduit notamment un délit de prosélytisme. Il est pénalement sanctionné de tenter de «convertir un musulman» ou d’«ébranler sa foi». 

    Les sanctions peuvent atteindre cinq ans de prison et de lourdes amendes. 

    La définition de ce délit est suffisamment vague pour englober de nombreuses situations: distribution de livres religieux, organisation d’une réunion de prière, publication de messages chrétiens sur internet...

    Cette loi permet une véritable traque aux symboles chrétiens et aux témoignages de foi. Plusieurs dizaines de chrétiens, pasteurs ou simples fidèles, ont ainsi été poursuivis ces dernières années pour avoir parlé de leur foi, parfois pour avoir simplement liké un post sur les réseaux sociaux!

    Ce nouveau rapport de l'ECLJ appelle à des changements clairs:

    • le rétablissement de la liberté de conscience dans la Constitution,
    • la reconnaissance juridique des minorités religieuses et la réforme du Code de la famille, de manière à garantir l’égalité de traitement entre chrétiens et musulmans,
    • la réouverture de toutes les églises protestantes,
    • la reprise d’activité de Caritas,
    • l'abolition des dispositions pénales sur le prosélytisme et le blasphème.

    À la veille de cette visite historique du pontife romain, beaucoup espèrent que celle-ci contribuera à un véritable progrès pour la liberté de conscience et le pluralisme religieux en Algérie.

    Nous vous invitons à témoigner aujourd'hui de votre soutien aux chrétiens en Algérie en signant et partageant dès maintenant notre pétition:

    Signer et partager la pétition
    au soutien des chrétiens en Algérie

    L'ECLJ agit également auprès des Nations unies sur ces atteintes graves à la liberté religieuse. Nous avons tenu une conférence en marge de la 61e session du Conseil des droits de l'homme pour dénoncer cette répression généralisée contre la minorité chrétienne. Vous pouvez la retrouver ici, en inégalité: 

    Conference

  • « Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à l’éradication systématique du christianisme de son berceau »

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    De Rafael Pinto Borges sur The European Conservative :

    « Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à l’éradication systématique du christianisme de son berceau » — Juliana Taimoorazy, fondatrice du Conseil irakien de secours aux chrétiens

    Un drapeau assyrien est planté sur les vestiges du village de Mar Yaqob, dans le district de Simele, au nord de l'Irak. Mar Yaqob était un ancien village chrétien assyrien abritant des monastères datant au moins du VIIe siècle. Endommagé dans les années 1970, il fut entièrement détruit en 1988 lors de la campagne d'Anfal menée par le gouvernement irakien.

    Higher 1123, CC0, via Wikimedia Commons

    « L’Occident ne peut pas se prétendre défenseur des droits de l’homme tout en ignorant la lente destruction de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde, les Assyriens. »

    Juliana Taimoorazy, militante assyro-américaine née en Iran, est la fondatrice et la présidente du Conseil irakien de secours aux chrétiens. Depuis la création de l'organisation en 2007, elle œuvre sans relâche pour mettre en lumière le sort des chrétiens persécutés en Irak et au Moyen-Orient, collecter des millions de dollars d'aide humanitaire et défendre la liberté religieuse à l'échelle internationale. Elle a été nominée pour le prix Nobel de la paix en 2021 et 2022. 

    Vous êtes chrétienne assyrienne irakienne, héritière de l'une des communautés chrétiennes anciennes les plus menacées au monde. Qu'est-ce qui vous a motivé à fonder le Conseil irakien de secours aux chrétiens ? Comment la mission a-t-elle évolué au fil des ans, au gré des changements de situation des chrétiens d'Irak ?

    Oui, je suis Assyrienne. Je ne suis pas née en Irak, mais en Iran. Cependant, ma terre ancestrale est bien l'Irak. Nous sommes connus comme les héritiers du berceau de la civilisation. Malheureusement, peu de gens savent que nous existons encore. Beaucoup croient qu'avec la destruction de Ninive en 612 avant J.-C., les Assyriens ont disparu. C'est faux.

    Sans aucune rupture dans notre tradition, nous sommes aujourd'hui les héritiers de l'antique Ninive. Il reste environ deux millions et demi d'Assyriens dans le monde qui parlent une forme d'araméen appelée néo-araméen. C'est une langue vivante, un mélange d'araméen et de nombreux mots akkadiens. L'akkadien est reconnu comme l'ancienne langue assyrienne.

    J'ai fondé le Conseil irakien de secours aux chrétiens en raison du manque total d'attention porté, notamment aux États-Unis, à la persécution des Assyriens en Irak. Après l'invasion américaine de l'Irak, près d'un million et demi d'Assyriens qui y vivaient encore ont été massacrés. Nos églises ont été bombardées. Nos femmes ont été enlevées et violées. Nos hommes ont été assassinés. Nos enfants ont été kidnappés. Nos religieux et nos religieuses ont été décapités.

    Aujourd'hui, nos effectifs en Irak ont ​​été réduits à peine à 100 000 personnes, dont la plupart sont désormais concentrées dans le nord du pays.

    J'ai fondé le Conseil irakien de secours chrétien pour sensibiliser l'opinion publique, solliciter de l'aide et défendre publiquement les droits des Assyriens sur leur terre ancestrale. Au fil du temps, notre mission s'est étendue au-delà du seul service aux Assyriens. Nous avons également apporté notre aide aux Yézidis, aux musulmans dans le besoin, aux Arméniens et, plus récemment, aux Ukrainiens. À ce jour, nous avons œuvré dans 13 pays à travers le monde et poursuivons notre action. Je suis heureux de constater que nous avons pu venir en aide à des centaines de milliers de personnes au Moyen-Orient. 

    Les chrétiens d'Irak ont ​​terriblement souffert de la montée en puissance de l'État islamique. Malgré la chute du califat, quelles formes de persécution, de discrimination ou d'insécurité continuent de menacer les communautés chrétiennes en Irak ?

    Merci d'avoir posé cette question importante. Si Daech a infligé d'incroyables souffrances, la persécution des chrétiens assyriens n'a pas commencé avec Daech, ni pris fin avec la chute du prétendu califat. Avant Daech, il y avait Al-Qaïda ; avant cela, Saddam Hussein ; et bien avant les régimes modernes, notre persécution a débuté avec notre conversion au christianisme, il y a près de 2 000 ans.

    Aujourd'hui, la discrimination et l'insécurité persistent sous des formes plus systémiques. Par exemple, la constitution irakienne, fondée sur la charia, stipule que si un parent se convertit à l'islam, ses enfants sont automatiquement considérés comme musulmans. Il s'agit d'une violation flagrante de la liberté religieuse qui doit être combattue.

    Un autre problème majeur concerne la représentation politique. En Irak et au Kurdistan, toute personne, y compris les membres des factions politiques ou religieuses dominantes, peut voter pour les sièges parlementaires réservés aux chrétiens assyriens. Cela permet à des acteurs extérieurs, notamment des groupes islamistes ou pro-iraniens, d'influencer la représentation des communautés chrétiennes, compromettant ainsi leur véritable auto-représentation.

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  • Le pape Léon XIV se rendra en Algérie dans un contexte de persécution croissante des chrétiens

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    D'Uzay Bulut sur The European Conservative :

    Le pape Léon XIV se rendra en Algérie dans un contexte de persécution croissante des chrétiens.

     
    Au cours des trois dernières années, la pression de l'État sur les chrétiens en Algérie s'est intensifiée à des niveaux jamais vus depuis des décennies, a déclaré Portes Ouvertes.

    Le Vatican a annoncé que, dans le cadre de sa prochaine tournée africaine, le pape Léon XIV se rendra en Algérie du 13 au 15 avril. 

    Le prochain voyage du pape Léon XIV est un événement historique. Aucun pape en exercice ne s'est jamais rendu en Algérie, ancien bastion de la chrétienté antique dont la population actuelle de 48 millions d'habitants est composée à 99 % de musulmans.

    L'année 2026 marquera le 30e anniversaire de l'attaque perpétrée en 1996 contre un monastère algérien, au cours de laquelle sept moines furent enlevés et décapités par un groupe islamiste. Aujourd'hui, la liberté religieuse s'est considérablement détériorée en Algérie, touchant particulièrement les quelque 156 000 chrétiens du pays. L'Algérie figure actuellement au 20e rang des pays les plus répressifs pour les chrétiens selon l'organisation de défense des droits humains Portes Ouvertes.

    Les 47 églises de l'Église protestante d'Algérie (EPA) ont toutes été fermées par les autorités. Le gouvernement algérien continue de leur refuser toute reconnaissance légale, malgré les efforts répétés des responsables de l'EPA pour attester de leur conformité à toutes les exigences d'enregistrement. 

    L’Église catholique n’a pas été épargnée non plus : son service humanitaire Caritas, qui dessert toute la population algérienne, a été fermé en 2022.

    Dans ce contexte oppressif, la visite du pape revêt une grande importance. L'Algérie, jadis foyer de la chrétienté, fut la patrie du théologien et philosophe chrétien saint Augustin d'Hippone. Né dans l'actuel Souk Ahras, saint Augustin est considéré comme l'un des plus importants Pères de l'Église latine durant la période patristique. 

    Le pape Léon XIV considère saint Augustin comme son « père spirituel ». Lui-même est membre de l'ordre des Augustins et prêtre augustinien de longue date. Il est particulièrement significatif que le pape se rende là où les églises sont confrontées à de graves persécutions.

    L'Algérie était majoritairement chrétienne du IIe siècle jusqu'aux conquêtes arabo-musulmanes du VIIe siècle. Sous la domination romaine, elle constituait un important centre chrétien.

    L'Algérie, alors partie intégrante de l'Empire romain d'Orient (Byzantin), majoritairement chrétien, fut envahie et conquise par l'islam au VIIe siècle. Les chrétiens et les juifs du pays devinrent des « dhimmis », sujets de seconde zone d'un empire islamique, contraints de payer la jizya, un impôt élevé, pour survivre. Le christianisme déclina ensuite progressivement sous le coup d'une discrimination et d'une persécution systématiques, à mesure que l'islam s'imposait comme religion dominante. 

    La période coloniale française en Algérie, qui débuta vers 1830, fut marquée par une renaissance du christianisme. À son apogée durant cette période, la population chrétienne algérienne dépassa le million.

    Aujourd'hui, les personnes qui se convertissent au christianisme sont passibles de poursuites judiciaires. L'ouverture légale d'églises est devenue quasiment impossible suite à une ordonnance de 2006 relative aux religions non musulmanes et à la loi de 2012 sur les associations . L'ordonnance de 2006 n'autorise le culte chrétien que dans les églises enregistrées. Tout rassemblement de chrétiens en dehors des lieux de culte agréés est illégal. Cette ordonnance érige également le prosélytisme en délit, passible d'une peine d'un à trois ans d'emprisonnement. L'impression de documents chrétiens est également interdite.

    En Algérie, les chrétiens évitent souvent d'afficher des symboles religieux ou de partager ouvertement leur foi, y compris sur les réseaux sociaux, par crainte de poursuites judiciaires en vertu de lois strictes contre le prosélytisme et le blasphème. Les arrestations arbitraires se sont multipliées dans le pays. Ces trois dernières années, au moins 50 chrétiens ont été poursuivis ; certains ont écopé de peines de prison avec sursis et d'amendes, leurs appels étant toujours en cours. 

    L’organisation Portes Ouvertes rapporte que « ces trois dernières années, la pression de l’État sur les chrétiens protestants en Algérie s’est intensifiée à des niveaux jamais vus depuis des décennies ». 

    La Constitution algérienne exige que le président soit musulman. Les chrétiens, quelle que soit leur origine, sont exclus des hautes fonctions gouvernementales, ce qui restreint davantage leur participation à la vie publique. De même, le contrôle gouvernemental et les obstacles bureaucratiques empêchent les chrétiens de contribuer activement au développement de la société civile.

    Les étudiants chrétiens vivant dans des régions islamiques conservatrices, notamment les enfants de convertis, doivent dissimuler leur foi pour éviter la discrimination des enseignants et les restrictions d'accès à l'université. De même, les convertis risquent la discrimination lors de leurs recherches d'emploi et sont souvent contraints de cacher leurs convictions. Les chrétiens, en particulier les convertis et les immigrés d'Afrique subsaharienne, sont également victimes de discrimination dans leurs relations avec les autorités. Parallèlement, les autorités algériennes ciblent de plus en plus la présence en ligne de l'Église. On peut citer, par exemple, la fermeture, en décembre 2024, d'un groupe Facebook chrétien comptant plus de 50 000 abonnés. 

    Selon le rapport annuel 2026 de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale concernant l'Algérie,

    En 2025, la répression de la liberté religieuse par le gouvernement algérien a ciblé plus directement la communauté de l'Église protestante d'Algérie (EPA). Les responsables de l'EPA ont signalé des perquisitions répétées à leurs domiciles et lieux de culte, au cours desquelles les autorités ont confisqué des ouvrages religieux et les ont accusés de prosélytisme. Ces perquisitions ont donné lieu à plusieurs enquêtes, arrestations et poursuites judiciaires. En mai, les autorités auraient invoqué des « restrictions douanières » pour empêcher 14 membres de l'EPA de se rendre en Égypte afin d'assister à une conférence religieuse. 

    Bien que l'Algérie demeure un pays majoritairement musulman, elle abrite l'une des plus importantes communautés de convertis au christianisme du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. La plupart de ces convertis appartiennent à la communauté ethnique amazighe (berbère) autochtone de la région kabyle. Depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962, des tensions politiques persistent entre les Kabyles et le gouvernement central (arabe) sur des questions d'identité ethnique, de culture et de langue. Victimes de discrimination et de négligence de la part du gouvernement pendant de nombreuses années, les Amazighs ont trouvé un terrain propice au développement de la communauté chrétienne.  

    Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a récemment lancé une pétition en soutien aux chrétiens d'Algérie dans le cadre de la visite du pape prévue en avril : 

    Aujourd'hui, en Algérie, on ne peut plus être librement chrétien. La Constitution adoptée en 2020 a supprimé toute référence explicite à la liberté de conscience. Seule l'identité islamique compte, à l'exclusion de toutes les autres religions.

    La pétition appelle les autorités algériennes à « garantir concrètement la liberté de conscience à tous les citoyens, à autoriser la réouverture légale des lieux de culte fermés et du service Caritas, et à mettre fin à la persécution des chrétiens pour l’expression pacifique de leur foi ».

    Reste à savoir si les autorités algériennes entendront l'appel de la pétition et honoreront le pape ainsi que les chrétiens d'Algérie.

    Uzay Bulut est une journaliste d'origine turque, anciennement basée à Ankara. Ses travaux portent sur la Turquie, l'islam politique et l'histoire du Moyen-Orient, de l'Europe et de l'Asie.
  • Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises

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    D'InfoVaticana :

    Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises

    Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises
    Au moins sept personnes ont été tuées et un nombre inconnu ont été enlevées lors d'une attaque armée contre deux églises chrétiennes dans l'État de Kaduna, au centre du Nigeria, pendant les célébrations du dimanche de Pâques, selon La Gaceta de la Iberósfera , citant des sources locales.

    Attaques coordonnées contre des églises pendant Pâques

    L'attaque a eu lieu dans la communauté d'Ariko tôt dimanche matin, lorsque des hommes armés ont pris d'assaut l'église First ECWA et l'église catholique Saint-Augustin pendant les offices. Des témoins ont rapporté que les assaillants sont arrivés en grand nombre, ont encerclé les lieux et ont ouvert le feu sans discernement sur les fidèles.

    Outre les décès, plusieurs personnes ont été enlevées, mais le nombre exact n'a pas encore été confirmé. Mark Bawa, conseiller du district d'Awon, a expliqué que les chiffres étaient toujours en cours de vérification : « Certaines sources font état de sept morts, tandis que d'autres en annoncent huit », a-t-il déclaré aux médias locaux.

    Absence de réponse immédiate et problèmes de communication

    L'un des aspects les plus préoccupants de l'attaque a été la lenteur de la réaction des forces de sécurité. Selon les autorités locales, les infrastructures de télécommunications limitées dans la région ont entravé la coordination et la diffusion des alertes, retardant ainsi toute intervention efficace.

    Bawa a souligné que la connectivité limitée réduisait considérablement la capacité de réagir à une attaque qui durait longtemps.

    Violence persistante et dénonciation épiscopale

    Bien que la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN) n'ait pas abordé explicitement l'attaque d'Ariko, elle a publié une déclaration exprimant son inquiétude face à la montée de la violence armée dans le pays, en particulier l'augmentation des enlèvements et l'activité des groupes armés dans les régions vulnérables.

    Le président de la Conférence des évêques catholiques des Indes (CBCN), l'évêque Matthew Man-Oso Ndagoso, a pointé du doigt les causes structurelles de cette crise, telles que le népotisme, le tribalisme et la corruption. Dans son discours, il a dénoncé ce qu'il a qualifié de « mauvaise gestion » et a appelé à privilégier le bien commun pour endiguer l'insécurité croissante.

    Le Nigéria, théâtre récurrent d'attaques armées

    Le Nigeria, et plus particulièrement ses régions centrales et nord-ouest, subit depuis des années les agissements de groupes armés connus sous le nom de « bandits », responsables d'attaques systématiques contre la population civile, de vols et d'enlèvements massifs contre rançon.

  • Terreur pascale en Syrie, entre violences et célébrations à huis clos

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    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    Terreur pascale en Syrie, entre violences et célébrations à huis clos

    Ce sera littéralement une semaine de « Passion » pour les chrétiens syriens à la merci de l'extrémisme islamique. Au milieu des maisons criblées de bombes, des statues renversées et des magasins pillés, certaines églises ont décidé de suspendre les offices publics, tandis que les auteurs des attentats comptent sur la complicité des forces de l'ordre depuis le changement de régime de 2024.

    01/04/2026

    Au Moyen-Orient, Pâques sera une période difficile pour les chrétiens. Outre les restrictions imposées à Jérusalem pour « raisons de sécurité » – sauf revirement de situation –, la police israélienne a autorisé le Patriarcat latin à célébrer les rites pascaux au Saint-Sépulcre sans la présence des fidèles, qui suivront la cérémonie en direct.

    L’agression israélienne en cours au Sud-Liban et dans d’autres régions empêchera des communautés chrétiennes entières, déjà anéanties par Tsahal, de célébrer Pâques dans leurs lieux saints. Le ministre israélien de la Défense, Katz, a réaffirmé que le territoire libanais au sud du Litani deviendrait une vaste « zone tampon » contrôlée par Tsahal, et que le retour des plus de six cent mille personnes déplacées serait « strictement interdit » jusqu’à ce que « la sécurité des habitants du nord d’Israël » soit garantie. Conformément au plan de Katz, déjà mis en œuvre à Rafah et Beit Hanoun dans la bande de Gaza, les maisons des villages frontaliers – dont beaucoup, rappelons-le, sont habités depuis des temps immémoriaux par des chrétiens catholiques melkites et maronites – seront démolies.

    Quant à la Syrie voisine, utilisée ces derniers jours par Israël comme base arrière pour attaquer la vallée de la Bekaa au Liban par l'est, les communautés chrétiennes vivent une Semaine sainte marquée par la violence des extrémistes islamistes au pouvoir et de leurs alliés, comme cela a déjà été le cas pour les communautés alaouites, kurdes et druzes pendant le Ramadan. Des informations récentes font état d'attaques perpétrées par des milices gouvernementales ou progouvernementales contre des villages chrétiens à travers le pays. Le vendredi 27 mars au soir, les habitants orthodoxes grecs de Suqaylabiyah, ville de la province syrienne de Hama, ont subi une attaque de plusieurs heures menée par des émeutiers venus du village sunnite voisin de Qalaat al-Madiq, avec la complicité de la police locale.

    Des dizaines de maisons ont été criblées de balles, des commerces pillés et endommagés, des voitures incendiées, une statue de la Vierge Marie déboulonnée et un groupe de jeunes femmes a été victime de tentatives de viol. L'origine de ce qui ressemble à une descente punitive semble être une altercation entre un habitant de Qalaat al-Madiq et un vendeur d'alcool de Suqaylabiyah, dans un contexte de restrictions récentes sur la vente et la consommation d'alcool imposées par le régime islamiste de Damas (voir aussi ici et ici ).

    Après l'attaque, certaines églises ont décidé de suspendre les célébrations publiques du dimanche des Rameaux, en raison du climat de terreur qui s'est rapidement propagé parmi les chrétiens de la région, voire de tout le pays.

    Le samedi 28, le patriarche de l'Église grecque-catholique melkite, Joseph Absi, a annoncé que, « compte tenu de la situation actuelle », les célébrations de Pâques dans tout le patriarcat se dérouleraient à l'intérieur des édifices religieux, sans la dimension publique qui caractérise habituellement ces rites. Le dimanche des Rameaux, un marchand de Safita, village chrétien de la campagne de Tartous, a été attaqué, grièvement blessé et dépouillé d'une importante somme d'argent dans son bureau de change par des miliciens du gouvernement.

    L'implication des forces gouvernementales d'Ahmed al-Sharaa dans les violences, les vols et les enlèvements est constante depuis le changement de régime de décembre 2024. Le dimanche des Rameaux, des inconnus ont vandalisé une statue de la Vierge située dans le petit sanctuaire d'al-Basiya à Baniyas, un village alaouite et chrétien déjà durement touché par les hommes de Hayat Tahrir al-Sham lors du massacre des Alaouites en mars 2025. Selon certaines sources, une première statue de la Vierge avait été déboulonnée au même endroit le 19 février, et les habitants l'avaient remplacée par celle visée par ces derniers actes de vandalisme.

    Les perspectives pour la Semaine sainte sont sombres ; de toute évidence, les auteurs de violences contre les minorités religieuses en Syrie bénéficient d'une impunité qui leur permet d'opprimer et de submerger des communautés entières sans défense en toute impunité. La guerre qui fait rage dans les pays voisins ne fait que détourner l'attention de la crise humanitaire qui ravage la Syrie depuis plus d'un an, soit en silence, soit avec la complaisance de la communauté internationale.

  • Migrations de masse : de nouveaux propos sans fard du cardinal Müller

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    De Thomas Colsy sur The European Conservative :

    Un cardinal conservateur de haut rang dénonce l'immigration de masse et défend les droits des nations

    L'intégration est impossible si une large majorité d'immigrants ne se convertissent pas au christianisme, a déclaré le cardinal Müller.
     

    L'un des cardinaux conservateurs les plus influents a fustigé les migrations de masse, évoqué le risque de « guerres civiles » et plaidé pour une meilleure reconnaissance des droits des nations et des peuples, dans une interview exclusive accordée à europeanconservative.com. Face à des bouleversements démographiques sans précédent, cet ancien membre de la Curie insiste sur le fait qu'il est temps pour les responsables politiques et les citoyens des pays européens et occidentaux de prendre leurs responsabilités et de « décider s'ils veulent être marginalisés dans leur propre pays ».

    Le cardinal Gerhard Ludwig Müller est un homme imposant. Ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – initialement fondée comme l'Inquisition romaine – sous les papes Benoît XVI et François, il occupa jadis le poste sans doute le plus puissant et influent de l'Église catholique après la papauté. Grand et bien bâti, ce Rhénan parle lentement et avec précaution. Assis devant son impressionnante bibliothèque dans son salon, il se confia avec franchise, donnant des réponses réfléchies et argumentées.

    Le cardinal Müller s'irrite de voir que, suite aux sympathies progressistes du pape François, des observateurs, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Église, confondent ces positions avec l'authentique doctrine et la foi catholiques. Il a par ailleurs critiqué une conception exagérée de l'infaillibilité papale, souvent qualifiée d'« ultramontanisme », et un « culte de la personnalité » autour du pape François. Müller condamne cette erreur qui consiste à ériger toute pensée privée du pape en dogme ou en interprétation de la vérité révélée.

    Müller affirme explicitement que, si l'infaillibilité papale existe pour les catholiques dans des circonstances très spécifiques, rares et limitées, elle ne s'étend catégoriquement pas à « sa compréhension privée des migrants, etc. ».

    « Il doit défendre les droits humains de tous », a-t-il expliqué. « Mais la question de savoir si, dans dix ans, des millions de migrants musulmans devraient arriver, bouleversant totalement la culture et provoquant des guerres civiles, comme c'est le cas dans les pays à majorité musulmane, est tout autre. »

    Müller est allé plus loin : « L’intégration est impossible si une large majorité ne se convertit pas au christianisme. »

    « Dans presque tous les pays musulmans, les communautés chrétiennes sont opprimées », a-t-il poursuivi. « Quand j'interroge ChatGPT et l'IA, ils me disent que les musulmans sont tolérants. La question suivante que je pose est : pouvez-vous me citer un seul pays [à majorité musulmane] où les chrétiens ont les mêmes droits ? Et ils restent muets. »

    « Il n’y a pas de bonne réponse », a-t-il déclaré. « Sur cette question, il appartient aux responsables politiques et aux citoyens de chaque pays de décider s’ils veulent être marginalisés dans leur propre pays. »

    Müller a reconnu que cette tendance n'est bénéfique ni pour les Européens et les peuples occidentaux, ni pour l'Église. Il a observé que « partout », on constate une augmentation des « attaques contre les édifices religieux et contre les valeurs et les idées chrétiennes ». Les premières, les crimes de haine antichrétiens, ont connu une augmentation exponentielle et sont scrupuleusement documentées par l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination à l'égard des chrétiens, qui a contribué à interpeller formellement le Parlement européen en 2025 en raison de son inaction face à ce phénomène.

    « Mais c’est aussi notre faute », a réfléchi Müller, suggérant que les migrations de masse sont inextricablement liées aux crises non résolues de la natalité et de la fécondité. « Je me souviens, quand j’étais jeune, d’une politique très dure envers la famille, le mariage, les enfants. Cette catastrophe démographique est le fruit de l’homme. Comme en Chine avec leur stupide politique de l’enfant unique. »

    Bien qu'il estime que des conditions matérielles, sociales et politiques défavorables rendent difficile la formation de familles, Müller croit également que des forces idéologiques et spirituelles anti-familiales se déchaînent sur la population.

    « Avoir des enfants est un désir naturel lorsqu'on est marié », a-t-il déclaré. « Ne pas en avoir est contraire à la nature et à la grâce. »

    Müller estime que les États qui, « adoptant une attitude paternaliste », placent des obstacles à cela le font illégitimement et ont « toujours tort » d'agir ainsi.

    « L’État n’est là que pour le bien commun, pour les infrastructures », a-t-il précisé. « Mais il n’a pas le droit de s’immiscer dans le droit naturel et la vie morale… Les États se prennent [souvent] pour des dieux qui peuvent instrumentaliser la vie des gens au seul profit des puissants. »

    Interrogé sur la question de savoir si la philosophie catholique, qui a historiquement rejeté l'individualisme atomistique, et si l'Église a réagi avec autant de rapidité et de compétence aux erreurs de ce siècle – notamment en ce qui concerne les droits des peuples autochtones et des nations –, il convient que cela mérite une attention sérieuse.

    Il a déclaré que « nous devons désormais aussi défendre le droit des nations » à exister et à se maintenir.

    Expliquant sa position, Müller a indiqué que « les nations se sont développées en Occident après l’Empire romain » et l’arrivée de la foi chrétienne. Il a reconnu que le nationalisme, l’impérialisme et le colonialisme avaient connu des excès par le passé, dont certains aspects avaient été « terribles » et « absolument antichrétiens ». 

    Il ne considère néanmoins pas les nations ou les différences ethniques comme un mal à détruire, mais plutôt comme un élément qui structure les sociétés de manière saine et utile, sur le modèle de la famille élargie.

    « Parce que nous ne sommes pas des individus isolés, nous sommes des personnes », a-t-il déclaré. « Nous sommes des familles. Nous partageons la même langue, la même culture, les mêmes écoles, les mêmes légendes. Nous portons ici les prémices de certaines identités, de la littérature et des arts, et bien plus encore. »

    Il estime que c’est nécessaire pour appartenir à un groupe et former des liens durables, car « personne ne peut apprendre toutes les langues [ni] réaliser toutes les possibilités ».

    Müller reconnaît qu'il existe souvent nécessairement une composante ethnique et ancestrale aux nationalités, qui ont des formes et des schémas culturels, historiques et idéologiques réels, ce qui signifie que « nous pouvons dire 'Je suis un Anglais ou un Allemand typique' sans pour autant l'absolutiser. »

    « Jésus s’est incarné dans tous les contextes humains », a-t-il poursuivi. « Par conséquent, chaque nation a le droit de perpétuer sa culture propre sans que cela ne soit incompatible avec celle des autres. Il est parlant d’une image : nous formons une seule famille humaine. Mais nous appartenons à une famille européenne, et ainsi de suite. »

    Müller a évoqué le quatrième commandement, suggérant que l'appel naturel et divin au patriotisme et au service de ses propres parents sont étroitement liés – ce dernier commandement ayant été historiquement interprété par l'Église catholique comme s'étendant également à l'honneur raisonnable rendu à ses ancêtres et à son peuple.

    « Nous sommes contre la mondialisation. Nous sommes une Église universelle. Mais une Église universelle dans la maison de mon père », a précisé Müller. « Chacun a sa place. »

    Thomas Colsy est un journaliste catholique installé en Angleterre. Diplômé de l'université de Durham, il a travaillé pendant trois ans au sein de la rédaction du Catholic Herald, le plus important journal catholique du Royaume-Uni. Il continue d'écrire pour le Herald et collabore également à LifeSiteNews, Catholic Family News et Gregorius Magnus. Ses articles sont publiés dans UnHerd, Spiked et l'Irish Catholic Newspaper.