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Déclin du religieux au Canada

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De sur L'Actualité :

Les Québécois peu portés sur le religieux, les Canadiens un peu plus

Un sondage EKOS jette un éclairage supplémentaire sur les résultats du recensement qui concernent la vie religieuse au Canada. Sans surprise, c’est au Québec que Dieu obtient le moins de faveur.

La maison de sondage EKOS a tâché d’en savoir plus sur les habitudes religieuses des Canadiens dans ce nouveau contexte. À la question : « À quelle fréquence avez-vous assisté à une cérémonie religieuse dans les trois derniers mois ? », les deux tiers des sondés ont répondu « jamais », alors que seulement 19 % ont affirmé avoir assisté à un service plus d’une fois.

C’est au Québec que la participation aux services religieux est à son plus bas. Trois répondants québécois sur quatre ont affirmé ne pas avoir participé à un service religieux, et seulement 10 % ont dit avoir fréquenté un lieu de culte plus d’une fois.

Ailleurs au pays, c’est aussi une majorité qui affirme ne pas avoir eu d’activités religieuses durant le trimestre précédent. C’est en Alberta (61 %) et dans les provinces atlantiques (60 %) que ces majorités sont les plus faibles. Parmi ceux qui affirment y avoir assisté plus d’une fois, les proportions vont de 19 % en Colombie-Britannique à 34 % en Alberta.

Le sondeur a aussi demandé à ses répondants leurs intentions de vote au niveau fédéral (faible avance du Parti conservateur sur le Parti libéral, lisez les détails ici). Nous pouvons donc ventiler les résultats des mœurs religieuses selon les orientations politiques des répondants.

Parmi les électeurs du NPD, 81 % n’ont pas participé à des services religieux au cours des trois derniers mois. Chez les électeurs libéraux, cette proportion est de 71 %, alors que parmi les électeurs conservateurs, près de six électeurs sur dix (57 %) n’ont pas fréquenté les services religieux au cours de la même période. Notons que les chiffres pour les électeurs du Bloc québécois et du Parti vert sont inscrits sur le graphique à titre informatif seulement, car l’échantillon de chacun est faible (soit moins de 100 répondants, la marge d’erreur de ces résultats est donc élevée).

De l’importance du religieux

Lorsqu’on demande aux répondants du sondage leur attachement à la religion, on découvre que 40 % des Canadiens (y compris les Québécois) sont d’avis que la religion est « très importante » ou « plutôt importante », alors qu’au Québec isolément, cette proportion n’est que de 27 %. Cela va de 38 % en Colombie-Britannique à 50 % en Alberta, et 43 % en Ontario.

Encore une fois, lorsque nous ventilons les résultats selon les intentions de vote, nous remarquons que les électeurs du NPD (23 %), du Bloc (26 %) et du Parti vert (28 %) sont nettement moins religieux que la moyenne nationale. Parmi les électeurs conservateurs, la moitié des répondants (52 %) affirment que la religion est importante dans leur vie.

Qui ou quoi a créé la vie ? 

Le sondage EKOS creuse davantage les croyances profondes des répondants en tentant de mesurer quelle fraction des Canadiens adhèrent à la théorie créationniste, selon laquelle un être divin aurait « créé » l’être humain au cours des derniers millénaires, ce qui est en porte-à-faux avec le consensus scientifique sur l’évolution par la sélection naturelle, ainsi qu’avec des études approfondies en cosmologie qui décrivent plutôt un Univers ayant évolué depuis le Big Bang.

Quelque 58 % de l’ensemble des répondants sont d’avis que « les humains ont évolué conformément au processus de la sélection naturelle », dans lequel il n’y a aucune intervention divine. C’est encore une fois au Québec que la proportion de répondants qui adhèrent à la sélection naturelle est la plus élevée, avec 70 %. Dans les provinces atlantiques, seulement 47 % des répondants sont du même avis, et ailleurs, cela varie de 53 % à 57 %.

La théorie créationniste a des adeptes un peu partout au pays. En tout, 18 % des Canadiens affirment croire que « les humains ont été créés par Dieu au cours des 10 000 dernières années ». Le Québec (13 %) et la Colombie-Britannique (15 %) font baisser la moyenne nationale, alors que l’Alberta (26 %), les autres provinces des Prairies et les provinces de l’Atlantique (24 %) la font grimper.

Encore une fois, nous observons que les électeurs néo-démocrates (74 %) sont plus enclins que la moyenne nationale à adhérer au consensus scientifique sur l’évolution. Parmi les électeurs conservateurs, 52 % croient plutôt à une quelconque intervention divine, et même 25 % sont plutôt d’accord avec la version créationniste.

Le Canada est ainsi un des pays où la religion occupe le moins d’espace dans la vie de ses citoyens, selon une myriade d’études statistiques sur le sujet. D’ailleurs, une vaste compilation de 148 pays du Global Business Policy Institute en 2020 à propos de l’importance de la religion place le Canada au 121e rang parmi les pays étudiés. L’étude avance que 43 % de l’ensemble des Canadiens se disent religieux, ce qui s’approche des résultats du sondage EKOS sur l’importance du religieux dans leur vie. Aux États-Unis, il y a près de 50 % de plus de citoyens qui s’affirment religieux. Sur les questions religieuses, les Canadiens sont plus près des Cubains que des Américains.

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