D' LifeSite News :
Le cardinal Zen condamne la synodalité du pape François et la « manipulation » du processus synodal lors du consistoire.
( LifeSiteNews ) — Le cardinal Joseph Zen , évêque émérite de Hong Kong, lors d'une intervention devant le consistoire extraordinaire des cardinaux cette semaine, a critiqué le document final du Synode sur la synodalité et l'ensemble du processus synodal pour avoir contourné l'autorité légitime des évêques, permis diverses interprétations et suggéré que le Saint-Esprit peut changer d'avis.
L'intervention du cardinal chinois de 93 ans, rapportée pour la première fois par le College of Cardinals Report, a eu lieu devant le pape Léon XIV et 170 de ses confrères cardinaux et portait sur la note accompagnant le document final du synode triennal sur la synodalité.
Le cardinal Zen a utilisé la totalité des trois minutes qui lui étaient allouées pour dénoncer le document et l'ensemble du processus synodal comme une « manipulation implacable » qui, selon lui, privait les évêques de leur autorité en les court-circuitant au profit des laïcs et avait un résultat prédéterminé.
Le cardinal a insisté sur la contradiction des propos du pape François, qui qualifie le document de « magistère » tout en précisant qu'il n'est « pas strictement normatif », laissant ainsi place à différentes interprétations par les évêques. Cette situation pourrait engendrer des divisions semblables à celles qui existent au sein de l'Église anglicane et ne permettra pas aux anglicans ni aux orthodoxes de revenir en communion avec Rome. Il a également soutenu que l'invocation constante du Saint-Esprit par les prélats du Vatican pour le Synode frôlait le « blasphème », puisque le Saint-Esprit ne peut renier ce qu'il a inspiré dans la tradition bimillénaire de l'Église.
Intervention complète du cardinal Zen :
Note d'accompagnement du Saint-Père François
Le Pape affirme qu’avec le Document final, il rend à l’Église ce qui s’est développé au cours de ces années (2021-2024) grâce à « l’écoute » (du Peuple de Dieu) et au « discernement » (de l’Épiscopat ?).
Je demande :
- Le pape a-t-il pu écouter l'ensemble du peuple de Dieu ?
- Les laïcs présents représentent-ils le peuple de Dieu ?
- Les évêques élus par l'épiscopat ont-ils été capables de mener à bien un travail de discernement, qui doit assurément consister en « dispute » et en « jugement » ?
- La manipulation implacable du processus est une insulte à la dignité des évêques, et la référence constante au Saint-Esprit est ridicule et presque blasphématoire (ils s'attendent à des surprises de la part du Saint-Esprit ; quelles surprises ? Qu'il renie ce qu'il a inspiré dans la tradition bimillénaire de l'Église ?).
Le pape, « en court-circuitant le collège épiscopal, écoute directement le peuple de Dieu », et il appelle cela « le cadre d’interprétation approprié pour comprendre le ministère hiérarchique » ?
Le Pape affirme que le Document est un magistère , « il engage les Églises à faire des choix conformes à ce qui y est énoncé ». Mais il précise également « il n’est pas strictement normatif… Son application nécessitera diverses médiations » ; « les Églises sont appelées à mettre en œuvre, dans leurs contextes respectifs, les propositions faisant autorité contenues dans le document » ; « l’unité d’enseignement et de pratique est certes nécessaire dans l’Église, mais cela n’exclut pas différentes manières d’interpréter certains aspects de cet enseignement » ; « chaque pays ou région peut rechercher des solutions mieux adaptées à sa culture et respectueuses de sa tradition et de ses besoins ».
Je demande :
- Le Saint-Esprit garantit-il qu’aucune interprétation contradictoire ne surgira (surtout compte tenu des nombreuses expressions ambiguës et tendancieuses du document) ?
- Les résultats de ces « expérimentations et mises à l’épreuve », par exemple (de « l’activation créative de nouvelles formes de ministère »), devront-ils être soumis au jugement du Secrétariat du Synode et de la Curie romaine ? Ces instances seront-elles plus compétentes que les évêques pour juger des différents contextes de leurs Églises ?
- Si les évêques s'estiment plus compétents, les interprétations et les choix divergents ne conduisent-ils pas notre Église à la même division (fracture) que celle que l'on trouve au sein de la Communion anglicane ?
Perspectives sur l'œcuménisme
- Compte tenu de la rupture dramatique de la Communion anglicane, allons-nous nous unir à l'archevêque de Canterbury (qui ne représente plus qu'environ 10 % de la communauté anglicane mondiale), ou à la Conférence mondiale pour l'avenir de l'anglicanisme (qui en représente environ 80 %) ?
- Et chez les orthodoxes ? Leurs évêques n’accepteront jamais la synodalité bergoglienne ; pour eux, la synodalité se résume à « l’importance du Synode des évêques ». Le pape Bergoglio a instrumentalisé le mot « synode », mais a fait disparaître le Synode des évêques, une institution établie par Paul VI.
Commentaires
Evidemment !