De JD Flynn sur le Pillar :
Rumeurs autour de Rupnik – et ce qui pourrait suivre
Que se passe-t-il lorsque le procès du prêtre déshonoré prend fin ?
21 juillet 2026
Des rumeurs ont commencé à circuler à Rome lundi, selon lesquelles le procès canonique de l'ancien jésuite, le père Marko Rupnik, serait arrivé à son terme, sans condamnation pour les crimes canoniques non spécifiés actuellement examinés par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi du Vatican.
Ces rumeurs ne sont que cela : non confirmées et imprécises, empreintes d'ambiguïté quant à ce qui s'est précisément passé lors du procès canonique de Rupnik, et quant à ce que l'on sait des détails.
Ces rumeurs n'ont pas été confirmées par The Pillar. Elles ont néanmoins suscité un vif intérêt, témoignant de la forte curiosité des catholiques du monde entier pour l'affaire Rupnik, et préfigurant l'attention médiatique considérable que suscitera le verdict final.
Quel que soit le dénouement annoncé de l'affaire Rupnik, celle-ci sera inévitablement close. Le moment venu, le Saint-Siège devra se préparer à la double complexité d'une affaire comme celle de Rupnik : une attention institutionnelle soutenue, à la fois pour garantir un résultat juridique juste et pour gérer les attentes suscitées par cette affaire médiatisée au passé tumultueux.
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Les rumeurs concernant une résolution de l'affaire Rupnik s'appuient sur des articles et des publications parus le 20 juillet sur un blog italien proche des traditionalistes, et sur un site web anglophone relativement inconnu qui semble couvrir l'actualité du Vatican.
Aucun des deux n'a fourni beaucoup de détails sur la nature du verdict présumé — s'il s'agissait d'un acquittement délibéré de Rupnik des allégations d'abus sexuels portées contre lui, ou — plus probablement — d'une conclusion selon laquelle les preuves disponibles ne permettaient pas de trancher définitivement l'affaire.
Rupnik est accusé d'avoir abusé de plusieurs religieuses pendant des années, mêlant manipulation spirituelle et création de ses désormais tristement célèbres mosaïques de scènes bibliques, et d'avoir contraint des femmes consacrées à des pratiques sexuelles spiritualisées dans le cadre de la création de son art.
L'affaire est examinée par un tribunal organisé par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, après que le pape François a levé en 2023 le délai de prescription canonique qui empêchait auparavant que le prêtre soit jugé pour les accusations d'abus sexuels lui-même.
Mais le pape n'a pas précisé à l'époque les crimes canoniques dont Rupnik serait accusé. Ce dernier avait déjà été condamné par un tribunal du Dicastère pour avoir tenté d'absoudre une partenaire sexuelle, un crime contre le sacrement de la confession. De ce fait, le dicastère était l'instance compétente pour juger tous les crimes connexes, y compris, semble-t-il, ceux découlant des allégations de manipulation et de coercition sexuelles de religieuses.
Les crimes dont il était accusé auraient été commis en vertu du code pénal initial du Code de droit canonique de 1983 — considérablement révisé en 2021 — et le prêtre aurait donc été jugé selon la loi en vigueur au moment des faits. De manière générale, les canonistes présument que Rupnik est jugé pour une violation présumée du canon 1395, qui stipule que :
« Tout clerc qui persiste dans un péché extérieur contre le sixième commandement du Décalogue sera suspendu. À cette suspension s’il persiste dans sa faute après un avertissement, d’autres sanctions pourront être ajoutées progressivement, et il pourra finalement être destitué de l’état clérical. »
Le canon se poursuit :
« Un clerc qui a enfreint… le sixième commandement du Décalogue, si le crime a été commis par la force, ou par des menaces, ou en public, ou avec un mineur… doit être puni des peines justes, y compris la destitution de l’état clérical si le cas le justifie. »
En 2021, le canon a été révisé pour inclure la criminalité des infractions au sixième commandement commises par « abus d'autorité » — mais au moment où Rupnik aurait commis son crime, cette loi n'était pas en vigueur, et ce n'est donc pas la loi en vertu de laquelle il est jugé.
Les canonistes expérimentés en matière de procès pénaux s'accordent généralement à dire que, pour le meilleur ou pour le pire, prouver, selon les critères légaux de la condamnation, l'existence d'éléments constitutifs de l'infraction tels que la « force », les « menaces » et même la « persévérance » peut s'avérer difficile dans de nombreux cas. Et dans l'affaire Rupnik, où le délai de prescription était déjà expiré, rassembler les preuves a sans doute été encore plus ardu. De fait, l'une des raisons d'être des délais de prescription est simple : avec le temps, il devient d'autant plus difficile d'obtenir des preuves juridiquement suffisantes.
Par ailleurs, The Pillar a reçu depuis des mois des plaintes de sources vaticanes concernant des irrégularités de procédure dans le procès pénal de Rupnik, certaines se demandant si ces défaillances procédurales pourraient éventuellement entraver les poursuites contre le prêtre.
Pour le meilleur ou pour le pire, de telles choses arrivent dans les affaires criminelles — et peut-être d'autant plus dans les affaires qui ont connu l'histoire longue et compliquée des diverses procédures juridiques et d'enquête de Rupnik au Vatican et dans son ancien ordre religieux, la Compagnie de Jésus.
En résumé, les canonistes ont reconnu qu'il existe de nombreuses raisons pour lesquelles l'affaire Rupnik pourrait se conclure sans condamnation, et que toutes ces raisons ne reposent pas directement sur la culpabilité ou l'innocence du prêtre déchu. Tel est le cas des procédures judiciaires, qui ne constituent que le meilleur effort humain disponible pour établir les faits dans le respect des droits des personnes concernées.
Il est possible de croire à la fois que les preuves accessibles au public indiquent que Rupnik a probablement commis des actes de maltraitance graves, et de croire qu'un procès pourrait ne pas aboutir à sa condamnation.




