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Structures ecclésiastiques

  • Qu’est-ce qu’un bon évêque pour le pape Léon ? Une analyse de ses dernières nominations

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Qu’est-ce qu’un bon évêque pour le pape Léon ? Une analyse de ses dernières nominations

    Le 6 février dernier, le nouvel archevêque de New York, Mgr Ronald A. Hicks (photo), a fait son entrée solennelle dans la cathédrale dédiée à saint Patrick, au cœur de Manhattan et il a esquissé en chaire les grandes lignes de son programme, parfaitement en phase avec les recommandations du pape Léon : « Nous sommes appelés à être une Église missionnaire, une Église qui catéchise, qui évangélise et qui met notre foi en pratique. Une Église faite de disciples missionnaires qui vont faire d’autres disciples et transmettent la foi d’une génération à l’autre. Une Église qui prend soin des pauvres et des plus faibles. Une Église qui défend, respecte et soutient la vie, de sa conception à sa mort naturelle ».

    La nomination de Mgr Hicks n’est pas la seule nomination décidée par le pape Léon qui jalonnera dans les prochaines années la marche de l’Église catholique aux États-Unis. En effet, le 19 décembre dernier, vingt-quatre heures à peine après la nomination du nouvel archevêque de New York, le pape procédait à une autre nomination importante en confiant le diocèse de Palm Beach, en Floride, à Mgr Manuel de Jesús Rodriguez.

    C’est à Palm Beach qu’est situé le domaine de Mar-a-Lago, la résidence préférée du président Donald Trump, dont les politiques dures en matière d’immigration lui ont valu une levée de boucliers de la part de la Conférence épiscopale catholique des États-Unis. D’autant que le nouvel évêque Rodriguez est lui-même un immigré, puisqu’il est né en République Dominicaine, où il a été ordonné prêtre avant d’être envoyé dans une paroisse du diocèse de Brooklyn, dans la ville de New York où il officiait hier encore, et dont les 17 000 fidèles sont pour la plupart « latinos ».

    Mais Mgr Rodriguez n’est pas du genre à monter aux barricades. Après sa nomination, il a déclaré que le président Trump « faisait également de bonnes choses pour les États-Unis et pour le monde. Mais quand il s‘agit des migrants et de la politique sur l’immigration, nous voulons lui venir en aide ». Il a des compétences aussi bien en droit civil qu’en droit canon, tout comme le pape Léon, qui apprécie grandement cette expertise juridique quand il s’agit de confier des rôles importants, comme celui de préfet du Dicastère pour la nomination des évêques à la Curie vaticane, un poste attribué à Filippo Iannone, un canoniste réputé.

    Mgr Hicks également s’est montré en mesure de gérer des situations difficiles, comme à Chicago, où il a été vicaire général et ensuite auxiliaire de l’archevêque et cardinal Blase Cupich et ensuite comme évêque de Joliet, dans l’Illinois, un État frappé de plein fouet par le fléau des abus sexuels. À présent qu’il est arrivé à New York, il devra mettre en place le plan de dédommagement des victimes de l’ordre de 300 millions de dollars que lui a légué son prédécesseur, le cardinal Timothy Dolan.

    Mgr Hicks est un compatriote du pape Robert F. Prevost. Il vient comme lui de la périphérie de Chicago, et est originaire d’une banlieue appelée South Holland, juste à côté de la banlieue de Dalton où le pape est né. « Nos maisons n’étaient distantes que de 14 blocs l’une de l’autre », a‑t-il déclaré. Et pourtant leur première rencontre ne remonte qu’à 2024, lors d’une conférence du cardinal Prevost dans l’Illinois en marge de laquelle ils ont pu avoir un entretien en tête à tête. « J’ai trouvé – dit aujourd’hui Mgr Hicks – qu’il était clair, concis, créatif et toujours humble, capable d’écouter avant de décider ».

    La proximité entre Mgr Hicks et Mgr Cupich, qui est l’une des figures de proue du courant progressiste des évêques des États-Unis, dans le sillage du cardinal Joseph Bernardin (1928 – 1996), lui aussi archevêque de Chicago avant de devenir pendant une décennie le leader historique de ce courant, a laissé chez certains l’impression d’une certaine similitude entre ces deux personnages, dans la mouvance du Pape François.

    Mais en réalité, le véritable mentor de Mgr Hicks était le prédécesseur de Mgr Cupich à Chicago, le cardinal Francis George (1937 – 2015) qui était à la tête du courant conservateur bien plus important, en plus d’avoir été président de la Conférence épiscopale entre 2007 et 2010. C’est lui qui avait suggéré à son successeur de nommer Mgr Hicks en tant que vicaire général. Et c’est surtout lui qui, en 2005, a envoyé le jeune prêtre qu’il était en mission au Salvador pendant cinq ans, pour prendre en charge un orphelinat appelé « Nuestros Pequeños Hermanos ».

    Depuis lors, Mgr Hicks parle parfaitement l’espagnol, qui est par ailleurs la langue maternelle d’une grande partie des catholiques aux États-Unis. Et il a demandé que sa messe d’installation à New York soit célébrée aussi bien en anglais qu’en espagnol. Il a même prononcé l’homélie dans les deux langues. Et il souhaité que ce soit l’un des jeunes orphelins auxquels il est venu en aide au Salvador, Samuel Jimenez Coreas, qui lise l’une des lectures de la messe, extraite de l’épître de saint Paul aux Galates. L’archidiocèse de New York compte plus d’un million de catholiques hispaniques sur un total de 2,4 millions.

    Mgr Hicks partage avec le pape Léon une même vision unitaire et cohérente de l’éthique de la vie, comme la « seamless garment », la tunique sans couture que portait Jésus : une image chère au cardinal Bernardin. Le droit à la vie doit être protégé à chacune de ses étapes, non seulement « de la conception à la mort naturelle », mais également contre la guerre, la pauvreté, l’oppression, même si l’approche est différente. À Joliet, Mgr Hicks avait pris l’habitude de participer au National Day of Remembrance for Aborted Children et bénissait à cette occasion les tombes des enfants non nés. Mais il a également souhaité faire figurer sur ses armoiries épiscopales un plan de « romero », de romarin en espagnol, en hommage à Oscar Romero, cet archevêque du Salvador mort en martyr sur son autel en 1980, sous les balles d’un escadron de la mort.

    Mgr Hicks est également apprécié comme formateur de jeunes prêtres, parfaitement dans la ligne – comme on le découvre aujourd’hui – de la lettre exigeante que le pape Léon a envoyée le 9 février aux prêtres de Madrid mais en réalité à toute l’Église. En 2024, il a été élu président de la Commission pour le clergé, la vie consacrée et les vocations par la Conférence épiscopale des États-Unis avec 68% des voix. Et à New York, il aura du pain sur la planche, vu la chute vertigineuse des vocations à la prêtrise de ces dernières années.

    Il fait preuve de beaucoup de compréhension et de tolérance envers ceux qui célèbrent la messe selon l’ancien rite, tout en restant assez éloigné du profil d’un « cultural warrior » et de l’école théologique néoconservatrice de Richard John Neuhaus, Michael Novak et George Weigel, au contraire de son prédécesseur à New York, le cardinal Dolan.

    Pour le dire plus simplement, Mgr Hicks fait voler en éclats les clivages entre progressistes et conservateurs. Tout comme le pape Léon, l’essentiel pour lui est surtout d’être « in Illo uno unum », unis dans l’unique Seigneur, comme sur la devise augustinienne du blason papal.

    Les principales nominations du pape Léon sont toutes du même ordre. Voici comment Stanislav Přibyl, le nouvel archevêque de Prague, l’une des capitales d’Europe les plus hermétiques à la foi, a immédiatement décrit la voie qu’il souhaite emprunter, dans la foulée de sa nomination le 2 février dernier : « La réconciliation au sein de l’Église me tient particulièrement à cœur, et le premier pas doit précisément être de chercher à l’atteindre. Le Christ est au-dessus de toutes les factions et de tous les groupes d’influence et ce n’est qu’en lui que nous pouvons être véritablement unis ».

    On peut également citer en exemple la nomination le 6 octobre 2025 de Mgr Fabien Lejeusne, à la tête du diocèse belge de Namur. Âgé de 52 ans, ancien supérieur général pour l’Europe de la Congrégation des Augustiniens de l’Assomption, c’est un religieux augustinien comme le pape Léon. Dès son entrée en fonction, ses priorités ont été d’assainir la gestion financière du diocèse et surtout de relancer l’évangélisation, avec une attention particulière envers les jeunes. Tout en se tenant à l’écart des controverses doctrinales poussées à l’extrême.

    Tous ces évêques incarnent l’Église que le pape Léon aime : une Église unie et missionnaire, ouverte à tous mais sans controverses intestines. Avec une place pour le cardinal dominicain Timothy Radcliffe, auquel le pape a demandé de prononcer les méditations introductives du consistoire des cardinaux de janvier dernier, et une autre pour l’évêque trappiste Erik Varden, appelé à prêcher les exercices spirituels de début de Carême au pape et aux personnalités de la Curie vaticane, qui sont tous deux des théologiens de haut vol, mais de tendances clairement différentes.

    C’est également entre de telles personnalités que Léon souhaite mettre en œuvre l’unité « dans le seul Seigneur » au sein de l’Église. Avec une différence importante entre les deux qu’il est important de mentionner ici, car si Mgr Radcliffe, âgé de 81 ans et ancien maître général de l’Ordre des prêcheurs, est au crépuscule de son parcours, Mgr Varden quant à lui, âgé de 52 ans, évêque de Trondheim, en Norvège, et président de la Conférence épiscopale de Scandinavie, a encore tout l’avenir devant lui. Et tout ce qu’il a déjà fait et écrit jusqu’à présent – repris à plusieurs occasions sur Settimo Cielo – nous laisse entrevoir qu’il s’annonce d’ores et déjà très prometteur.

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • FSSPX : comment Léon XIV entend-il aborder l'une des premières crises de son pontificat ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV et l'absorption des crises

    16 février 2026

    La rencontre annoncée entre le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, et le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le père Davide Pagliarani, était très attendue.

    À l'approche de la rencontre, les parties ont toutefois compris que leur conversation serait la première d'une longue série. Il reste à voir comment Léon XIV entend aborder l'une des premières crises de son pontificat.

    Il reste beaucoup de dossiers en suspens du pontificat de François – il suffit de penser au cas du jésuite Marko Rupnik ou à la saga judiciaire en cours au Vatican concernant la gestion des fonds de la Secrétairerie d'État –, mais l'affaire avec la FSSPX est la première crise ecclésiastique « nouvelle » de l'ère léonine.

    La crise traditionaliste n'est pas nouvelle.

    Tous les papes depuis le Concile Vatican II en ont hérité, et son plan général est un vestige d'un débat dépassé depuis plusieurs générations.

    Paul VI s'est retrouvé dans un dialogue dramatique avec le fondateur de la FSSPX, Mgr Marcel Lefebvre, puis le pape Saint Jean-Paul II a dû faire face à la question du schisme créé par les ordinations illégitimes, et Benoît XVI a proposé une ouverture liturgique mais a demandé à la Fraternité de signer un préambule doctrinal que la FSSPX ne pouvait accepter (ou en tout cas, n'a pas accepté). François a accordé des facultés et d'autres accommodements aux prêtres de la Fraternité, mais n'a jamais vraiment pris de mesures pour résoudre les problèmes sous-jacents.

    Léon XIV devra trouver sa propre approche.

    La réunion du 12 février s'est conclue comme prévu, par une promesse de dialogue et une menace de non-dialogue. La promesse de dialogue est celle d'un cheminement doctrinal qui clarifie certaines questions du Concile Vatican II, y compris celles de la FSSPX, afin de définir les exigences fondamentales minimales pour la pleine communion.

    À bien y réfléchir, c'est un peu moins que le préambule doctrinal que Benoît XVI avait demandé de signer.

    Benoît XVI ne pouvait accepter la version de la FSSPX selon laquelle le Concile était un événement historique, mais purement pastoral, et que ses développements pouvaient donc être contestés ou ignorés. Et ce n'était pas parce que Benoît XVI était un progressiste, mais parce qu'il comprenait « le concile des Pères », sa différence avec le « concile des médias » et la nécessité de le défendre malgré l'opinion publiée.

    La menace d'une rupture du dialogue découle du fait que le Saint-Siège a officiellement demandé à la Fraternité de renoncer à toute nouvelle ordination épiscopale et a expliqué – en termes clairs – que toute ordination de ce type provoquerait un schisme, et que ce schisme mettrait fin à tout dialogue.

    Léon XIV a décidé, comme il était naturel, que le Dicastère pour la doctrine de la foi devait se saisir de la question.

    L'absence de la Commission Ecclesia Dei, chargée du dialogue avec la FSSPX depuis les premières ordinations épiscopales de la FSSPX, est quelque chose que les initiés du Vatican ressentent vivement, ou devraient ressentir.

    François a supprimé la commission Ecclesia Dei et a transféré ses responsabilités au Dicastère pour la doctrine de la foi (alors appelé CDF) en 2019.

    Et peut-être qu'une conséquence naturelle sera de rétablir une commission comme Ecclesia Dei, ou au moins un comité de dialogue permanent, précisément pour favoriser délicatement le dialogue. Une commission comme Ecclesia Dei ouvre cependant également la possibilité de rétablir d'autres commissions.

    Au cours du pontificat de François, de nombreuses commissions internes ont été abolies ou abandonnées, tandis que le pape en a formé de nouvelles et provisoires (la CRIOR sur l'IOR, la COSEA sur l'administration, le comité et la commission pour la réforme des communications du Vatican, le Conseil des cardinaux lui-même) et a abandonné celles qui étaient restées actives dans le passé.

    Par exemple, il n'y a pas eu d'autres nouvelles concernant la réunion de la Commission sur la Chine convoquée par Benoît XVI, et Ecclesia Dei a été supprimée avant la répression menée par François contre le mouvement traditionaliste avec le motu proprio Traditionis Custodes et son application ultérieure, qui a effectivement abrogé la libéralisation de l'ancien rite autorisée par Benoît XVI.

    Peut-être aurons-nous donc une nouvelle (ancienne) commission.

    Mais peut-être aussi que la FSSPX décidera de procéder quand même aux ordinations qu'elle a menacé d'effectuer, en se basant sur ce qu'elle considère comme une faille dans le droit canonique, selon laquelle on ne peut encourir l'excommunication si la personne qui commet un acte potentiellement passible de cette peine l'a fait face à une situation grave.

    Il s'agit là d'une appréciation tout à fait subjective, même au sein du Code, raison pour laquelle il a été répété à plusieurs reprises que l'excommunication des évêques lefebvristes, révoquée par la suite par Benoît XVI au milieu d'une grande controverse, n'avait jamais été valide.

    Le fait est que, au-delà des faits et des interprétations subjectifs, lorsque le pape formalise l'excommunication, c'est fait, et il n'y a rien à faire. L'objectif aujourd'hui est d'éviter d'atteindre ce point de rupture, de trouver une forme de dialogue, même si cela signifie prolonger le débat et attendre qu'il soit absorbé.

    Il ne s'agit pas d'une crise décisive pour le pontificat, c'est certain, mais c'est une crise qui en dit long sur le style de gouvernement de Léon.

    Léon procède par les voies institutionnelles – le dicastère compétent – et ne s'engage pas personnellement dans le dialogue, car il ne se sent pas doté du charisme nécessaire pour faire avancer les choses. Il exige que chacun agisse selon la justice.

    Mais surtout, Léon XIV attend.

    Il prend des décisions lorsqu'elles sont inévitables et irrévocables, et c'est pourquoi il réfléchit mûrement avant de se prononcer.

    Reste à voir si c'est la meilleure stratégie pour le monde traditionaliste. Il est toutefois vrai que les adeptes de l'ancien rite sont de plus en plus nombreux et jeunes – il suffit de penser au pèlerinage traditionaliste annuel de Paris à Chartres, qui rassemble des milliers de jeunes traditionalistes. C'est un segment de l'Église qui ne peut être ignoré. En cette période de crise des vocations, le monde traditionaliste peut être un réservoir de nouvelle foi ou la cause d'un schisme et d'une division.

    Le pape devra décider de la marche à suivre, et chaque décision sera une révélation.

  • Bientôt atteint par la limite d'âge, Mgr Delville annonce sa démission

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    L'évêque de Liège, Mgr Jean-Pierre Delville atteindra 75 ans le 29 avril 2026. Conformément au droit canonique (canon 401 §1), tout évêque doit remettre sa démission au Pape à cet âge.

    Dans une interview publiée aujourd’hui par Sudinfo, l’évêque de Liège a confirmé qu’il enverra sa lettre de démission au pape Léon XIV une fois ses 75 ans atteints, c’est-à-dire fin avril 2026. Il fait part de son intention de se fixer à la collégiale Saint-Barthélemy et d'y rejoindre la Communauté Sant'Egidio à laquelle il est attaché. Lors de sa retraite, il compte s'adonner à des recherches historiques et se consacrer à la lecture.

    Il n’a pas encore envoyé sa lettre de démission (il le fera en avril). Il reste donc pleinement évêque de Liège jusqu’à ce que le Saint-Siège accepte sa renonciation et nomme un successeur.

    La succession au siège épiscopal de Liège est donc ouverte... A quoi faut-il s'attendre ? L'avenir nous le dira mais il pourrait y avoir des surprises comme en témoignent les récentes nominations à Namur et à Tournai. Le jeune âge des candidats semble être un critère déterminant.

  • Le Saint-Siège propose à la Fraternité Saint-Pie X de commencer un dialogue théologique

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    De Delphine Allaire sur Vatican News :

    Le Saint-Siège propose à la Fraternité Saint-Pie X de commencer un dialogue théologique

    Annoncée publiquement il y a une semaine, la rencontre entre le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi et le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X a eu lieu jeudi 12 février au palais du Saint-Office. Le Saint-Siège propose un parcours de dialogue théologique, afin de maintenir «les minimums nécessaires» à la pleine communion avec l’Église catholique, si la Fraternité suspend les ordinations d’évêques annoncées début février sans l’aval du Pape.

    Un parcours de dialogue spécifiquement théologique sous condition de suspendre les ordinations épiscopales annoncées pour le 1er juillet. C’est ce que le Saint-Siège propose à la Fraternité Saint-Pie X ce jeudi. Avec l’approbation du Pape, une rencontre avait lieu ce jeudi matin au Palais du Saint-Office entre le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, et le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX), l’abbé Davide Pagliarani. Ce parcours «à la méthodologie bien précise» établirait les minimums requis pour la pleine communion avec l’Église catholique et identifierait un statut canonique pour la fraternité.

    Un rencontre «cordiale et sincère»

    Un communiqué du dicastère paru à la mi-journée évoque une rencontre «cordiale et sincère» entre les parties. Après avoir éclairci quelques points présentés par la FSSPX en diverses lettres envoyées dans les années 2017-2019, -en particulier la question de la volonté divine concernant la pluralité des religions-, le cardinal Fernandez a proposé une voie de dialogue théologique. Elle concernerait des thèmes «qui n’ont pas encore été suffisamment précisés», comme la différence entre «l’acte de foi» et «l’obéissance de la foi», soit l'obéissance religieuse de l’intelligence et la volonté, ainsi que les différents degrés d’adhésion aux différents textes du Concile œcuménique Vatican II et son interprétation. Le cardinal argentin a également suggéré d’aborder une série de thèmes énumérés par la Fraternité dans une lettre en date du 17 janvier 2019.

    Le risque «d'une rupture décisive»

    Le Saint-Siège rappelle toutefois que l’ordination d’évêques sans mandat du Souverain pontife romain, lequel détient selon Pastor Aeternus (1870), un pouvoir ordinaire suprême, qui est plein, universel, immédiat et direct, impliquerait «une rupture décisive de la communion ecclésiale», soit «un schisme» avec de «graves conséquences pour la Fraternité dans son ensemble», note le dicastère. C’est pourquoi ce dernier propose de suspendre ces ordinations épiscopales annoncées sans l'aval du Pape, pour le 1er juillet 2026.

    Le supérieur général de la FSSPX va présenter cette proposition à son Conseil et donnera sa réponse au dicastère pour la Doctrine de la foi. Si celle-ci est positive, les prochaines étapes et procédures seront décidées et établies «d’un commun accord». Le cardinal Fernandez demande à toute l’Église de prier l’Esprit Saint afin d’accompagner ce chemin à venir.

    «Des moyens de dialogue pouvant aboutir à des résultats positifs»

    Après l’annonce de plusieurs ordinations épiscopales par les Lefebvristes, le Saint-Siège a souhaité éviter toute rupture ou solution unilatérale. Le directeur de la Salle de presse, Matteo Bruni, a expliqué la volonté vaticane «d'identifier des moyens efficaces de dialogue pouvant aboutir à des résultats positifs», le 4 février48 heures plus tôt, la Fraternité annonçait, dans un communiqué, de prochaines consécrations épiscopales le 1er juillet. Le même communiqué faisait également référence à une lettre adressée au Saint-Siège dans laquelle elle exprimait «la nécessité particulière pour la Fraternité d'assurer la continuité du ministère de ses évêques». Le Saint-Siège, expliquait la communauté d’Ecône, a envoyé «une lettre qui ne répond en aucune façon» à leur demandes.

    Trois jours avant la rencontre de ce jeudi au Saint-Office, le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi était reçu en audience privée lundi matin 9 février par le Pape Léon XIV au Palais apostolique.

    Communiqué de la Maison généralice de la FSSPX : entrevue à Rome

  • Léon XIV, entre crise traditionaliste et pensée traditionnelle

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV, entre crise traditionaliste et pensée traditionnelle

    9 février 2026

    Le choix des prédicateurs pour les Exercices spirituels du Carême a toujours revêtu une importance particulière, et le choix du pape Léon XIV d'un évêque trappiste norvégien pour diriger la retraite de cette année à la Curie romaine ne fait pas exception.

    Les papes choisissaient généralement parmi ceux qu'ils tenaient en plus haute estime, souvent avant une mission importante ou une promotion. Dans certains cas, ce choix a même préfiguré l'élection au siège de Pierre.

    Ce fut le cas de Karol Wojtyla, que Paul VI présenta à la Curie en lui demandant de prêcher les Exercices spirituels du Carême de 1974. Ce fut également le cas de Joseph Ratzinger, que Jean-Paul II choisit comme prédicateur pour les Exercices spirituels du Carême de 1983, à son arrivée à Rome.
    Benoît XVI a presque toujours choisi des cardinaux, notamment pour donner plus d'autorité à cette fonction. Le pape François a presque toujours choisi des frères ou des prêtres – même si l'un d'entre eux, le père Angelo de Donatis, est devenu plus tard le cardinal vicaire du pape pour le diocèse de Rome – peut-être aussi pour montrer que le pape savait s'occuper des moins importants et de ceux qui pouvaient causer des problèmes.

    Léon XIV, dans son premier choix, a nommé l'évêque Eric Varden de Trondheim.
    Trappiste à l'esprit traditionnel et à la piété personnelle profonde, Varden apportera à la Curie son expérience de prédicateur.

    Il est peut-être également révélateur que les Exercices se dérouleront cette année dans la chapelle Pauline du Palais apostolique, plutôt que dans la ville d'Ariccia, située sur les collines à l'extérieur de Rome, comme cela a été le cas pendant une grande partie du règne du pape François, ni dans la chapelle Redemptoris Mater du Palais, où ils se sont déroulés sous Jean-Paul II et Benoît XVI. Il se trouve que la chapelle Redemptoris Mater est entièrement décorée d'œuvres de l'artiste célèbre tombé en disgrâce et accusé d'abus sexuels en série, le père Marko Rupnik.

    Le choix de Varden est révélateur en soi.
    Varden est issu d'une famille luthérienne mais largement agnostique. Il s'est converti au catholicisme à l'âge de quinze ans après avoir entendu la symphonie « Résurrection » de Gustav Mahler. Il a une forte spiritualité. Son dernier livre s'intitule « Chastity » (Chasteté) et il est généralement connu pour maintenir un lien fort avec la tradition de l'Église, tout en l'intégrant dans l'époque contemporaine.

    Cette nomination en dit long sur Léon XIV, sa spiritualité personnelle – dont il a déjà identifié la clé dans un livre du frère carmélite du XVIIe siècle connu sous le nom de frère Laurent, compilé à titre posthume par le père Joseph de Beaufort : La pratique de la présence de Dieu – et son désir de ne pas précipiter les choses en matière de tradition et de doctrine de l'Église.

    Le monde est contemporain, mais l'Église n'est pas dépassée. En effet, elle a encore un message de foi puissant à offrir au monde. C'est ce que semble dire le pape en nommant Mgr Varden prédicateur des Exercices spirituels du Carême.

    Le choix de Mgr Varden pourrait être perçu comme un signe rassurant pour ceux qui craignent un pape progressiste ou un second François qui brouillerait les cartes alors que tout semble décidé.

    Trois événements survenus au cours de la semaine dernière pourraient toutefois ajouter une touche de complexité à l'histoire.

    Le premier : la nomination de sœur Raffaella Petrini, présidente du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican, en tant que membre de la Commission pour les affaires confidentielles. La Commission traite de diverses questions, et il est clair que le gouverneur du Vatican doit en faire partie. Pourtant, la présence de sœur Petrini a surpris ceux qui pensaient que Léon XIV mettrait fin à la décision de nommer des femmes à des postes de cardinal.

    La deuxième décision concernait la nomination du cardinal Giuseppe Petrocchi à la présidence de la Commission des cardinaux de l'IOR. Après avoir inclus le cardinal Fernandez Artime – que Léon XIV tenait apparemment en haute estime – dans la Commission, le pape a changé son président à la suite du départ du cardinal Christoph Schönborn de Vienne, qui avait atteint l'âge de 80 ans, et a nommé un évêque qui avait également contribué au Vatican mais qui ne disposait pas d'une expertise spécifique.

    Après avoir apporté plusieurs modifications aux lois financières du Vatican, de nombreux observateurs, dont moi-même, s'attendaient à ce que le pape réintègre le secrétaire d'État du Vatican, qui avait précédemment occupé le poste de président de la commission, au sein de l'IOR. Léon a toutefois décidé de poursuivre dans la voie tracée par le pape François, du moins pour l'instant.

    Le dernier développement notable est le débat qui s'est ouvert avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, les dénommés lefebvristes. Leur supérieur, l'abbé Pagliarani, a déjà annoncé que la FSSPX ordonnerait de nouveaux évêques, même sans le consentement du Saint-Siège. Le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, a déjà exprimé sa volonté d'engager le dialogue, tout en avertissant que si la FSSPX procédait aux ordinations, elle encourrait l'excommunication latae sententiae.

    Pagliarani rencontrera le Dicastère pour la doctrine de la foi du Vatican le 12 février, et l'on verra s'il mettra son intention à exécution ; plus tard, il se plaindra d'avoir été contraint de le faire par les circonstances.

    La rupture avec le monde traditionnel, ou du moins avec une partie assez radicale de celui-ci, est un test important pour Léon XIV.

    Le pape François n'a jamais réussi à régulariser le statut canonique du groupe lefebvrien, mais il a fait plusieurs concessions à la FSSPX pendant son règne, notamment lors du Jubilé de la Miséricorde en 2016, où la validité de leurs confessions et des sacrements qu'ils administraient a été garantie.

    Léon XIV est confronté à une situation complexe, car les traditionalistes se plaignent de la continuité avec le pontificat du pape François en matière liturgique. Ils déplorent par exemple que l'abrogation par François de la libéralisation du rite ancien par Benoît XVI n'ait pas encore été annulée.

    Léon XIV ne semble toutefois pas être un pape qui aime procéder à des changements radicaux. Il s'efforcera simplement de résoudre la crise. Il a fait savoir qu'il souhaitait faire davantage pour le rôle des femmes dans l'Église, d'où la nomination de sœur Raffaella Petrini comme membre de la Commission pour les questions réservées. Il a décidé d'accorder les autorisations requises par Traditionis Custodes pour la célébration de la messe selon l'ancien rite, comme l'a indiqué Mgr Miguel Maury Buendia, nonce au Royaume-Uni.

    Cela ne signifie pas que Léon XIV soit un progressiste.

    Cela signifie qu'il est un pape qui évite les conflits quand et où il le peut, et qui en absorbe le choc quand et où il ne peut les éviter. Il a sa propre approche de la diplomatie, tant sur le plan interne qu'externe.

    Le choix de Varden, en ce sens, est révélateur. Il indique où bat le cœur du pape. Et maintenant, il s'agit de lui permettre de battre encore longtemps.

  • Évêques, schisme et FSSPX

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    Du Pillar :

    Évêques, schisme et FSSPX

    Alors que la société annonce des projets de consécration illicite, quels sont l'historique et le droit en la matière ?

    L’archevêque Marcel Lefebvre accomplissant un acte de consécration sans mandat papal, et de schisme.

    Après que la Fraternité Saint-Pie X a annoncé cette semaine son intention de consacrer un évêque sans mandat papal en juillet, le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi a déclaré que les discussions entre le Vatican et la Fraternité se poursuivraient, dans le but de régulariser le statut du groupe au sein de l'Église.

    Bien que certains pensent que l'annonce de la FSSPX ne soit qu'une tactique de négociation agressive, des questions se posent quant aux conséquences canoniques probables d'une telle action.

    Lors de la précédente consécration d'évêques pour et par la société, en 1988, le Saint-Siège, sous le pape saint Jean-Paul II, avait déclaré qu'une excommunication latae sententiae avait été prononcée contre les participants pour un acte de schisme.

    Cependant, certains internautes soutenant la société ont cherché à défendre son projet. Ce faisant, ils ont tenté d'établir des parallèles avec des cas antérieurs où des évêques avaient été consacrés, apparemment sans mandat et sans que les mêmes sanctions n'aient été prononcées par le Saint-Siège.

    La situation de la FSSPX est-elle donc unique, et que dit réellement la loi ?

    Le Pilier explique.

    Le canon 1387 stipule que « Tant l’évêque qui, sans mandat pontifical, consacre une personne évêque, que celui qui reçoit la consécration de lui, encourent une excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique. »

    D'un point de vue canonique, c'est une loi aussi claire qu'on puisse l'être :

    Une action précise est décrite : la consécration d’une personne. On peut comprendre ici le terme « personne » comme désignant un homme pour plusieurs raisons : seul un homme peut être validement consacré évêque et la « tentative de consécration » d’une femme est traitée dans un canon distinct.

    Des personnes spécifiques sont désignées comme passibles d'une sanction — à la fois l'évêque qui procède à la consécration et l'homme qui la reçoit.

    Une peine spécifique est infligée : l’excommunication automatique, dont la déclaration et la remise relèvent de la compétence du Saint-Siège. Il convient de préciser que cette peine obéit aux règles ordinaires prévues par le droit canonique ; autrement dit, elle doit être formellement prononcée pour produire tous ses effets.

    La formulation du canon est remarquable car elle criminalise une action spécifique avec une condition objectivement binaire — il y a ou il n'y a pas de mandat papal — et semble donc éluder bon nombre des autres conditions habituelles qui doivent être prises en compte dans l'application du droit pénal.

    Par exemple, il est généralement nécessaire d’établir « l’imputabilité » dans les affaires pénales, c’est-à-dire que la personne est moralement et juridiquement coupable de la violation de la loi, qu’elle dispose d’une liberté suffisante, d’une certaine intention de le faire et d’une conscience de la loi.

    En cas de consécration illicite, il n'existe aucune défense plausible fondée sur l'ignorance de la loi, et les motivations du participant à la violer ne sont pas en cause, hormis les possibles défenses de contrainte immédiate et directe — auquel cas les choses se compliqueraient un peu plus.

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  • “La loi suprême, c’est le salut des âmes”; entretien avec le Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

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    Du site de la FSSPX :

    Entretien avec le Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

    Source: FSSPX Actualités

    « Suprema lex, salus animarum »

    « “La loi suprême, c’est le salut des âmes.” C’est de ce principe supérieur que dépend ultimement toute la légitimité de notre apostolat. »

    1. FSSPX.Actualités : Monsieur le Supérieur général, vous venez d’annoncer publiquement votre intention de procéder à des sacres épiscopaux pour la Fraternité Saint-Pie X, le 1er juillet prochain. Pourquoi avoir fait cette annonce aujourd’hui, 2 février ?

    Don Davide Pagliarani : La fête de la Purification de la très sainte Vierge est très significative dans la Fraternité. C’est le jour où les candidats à la prêtrise revêtent la soutane. La Présentation de Notre-Seigneur au Temple, que nous fêtons aujourd’hui, leur rappelle que la clef de leur formation et de leur préparation aux ordres est dans le don de soi, qui passe par les mains de Marie. C’est une fête mariale extrêmement importante, car en annonçant un glaive de douleur à Notre-Dame, Siméon montre bien son rôle de corédemptrice à côté de son divin fils. On la voit associée à Notre-Seigneur dès le commencement de sa vie terrestre et jusqu’à la consommation de son sacrifice au Calvaire. De même, Notre-Dame accompagne le futur prêtre dans sa formation et durant toute sa vie : c’est elle qui continue à former Notre-Seigneur dans son âme. 

    1. Cette annonce était une rumeur persistante, ces derniers mois. En particulier depuis le décès de Mgr Tissier de Mallerais, en octobre 2024. Pourquoi avez-vous attendu jusqu’à présent ?

    Comme Mgr Lefebvre en son temps, la Fraternité a toujours le souci de ne pas précéder la Providence mais de la suivre, en se laissant guider par ses indications. Une décision aussi importante ne peut pas être prise à la légère, ou dans la précipitation. 

    En particulier, puisqu’il s’agit d’une affaire qui intéresse évidemment l’autorité suprême de l’Église, il était nécessaire d’entreprendre d’abord une démarche auprès du Saint-Siège – ce que nous avons fait – et d’attendre un délai raisonnable pour lui permettre de nous répondre. Ce n’est pas une décision que nous pouvions prendre sans manifester concrètement notre reconnaissance de l’autorité du Saint-Père.

    1. Dans votre homélie, vous avez dit en effet avoir écrit au Pape. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

    L’été dernier, j’ai écrit au Saint-Père pour lui demander une audience. N’ayant pas reçu de réponse, je lui ai écrit une nouvelle lettre, quelques mois plus tard, d’une manière simple, filiale, et sans rien lui cacher de nos besoins. J’ai mentionné nos divergences doctrinales, mais aussi notre désir sincère de servir l’Église catholique sans relâche : car nous sommes serviteurs de l’Église, malgré notre statut canonique non reconnu. 

    À ce second courrier, une réponse de Rome nous est parvenue il y a quelques jours, de la part du Cardinal Fernández. Malheureusement, celle-ci ne prend aucunement en considération la proposition que nous avons formulée, et ne propose rien qui réponde à nos demandes. 

    Cette proposition, compte tenu des circonstances tout à fait particulières dans lesquelles se trouve la Fraternité, consiste concrètement à demander que le Saint-Siège accepte de nous laisser continuer temporairement dans notre situation d’exception, pour le bien des âmes qui s’adressent à nous. Nous avons promis au Pape de dépenser toute notre énergie pour la sauvegarde de la Tradition, et de faire de nos fidèles de vrais fils de l’Église. Il me semble qu’une telle proposition est à la fois réaliste et raisonnable, et qu’elle pourrait, en soi, recevoir l’agrément du Saint-Père.

    1. Mais alors, si vous n’avez pas encore reçu cet agrément, pourquoi estimez-vous devoir tout de même procéder à des consécrations épiscopales ?

    Il s’agit d’un moyen extrême, proportionné à une nécessité réelle et extrême, elle aussi. Bien sûr, la simple existence d’une nécessité pour le bien des âmes ne signifie pas que, pour y répondre, n’importe quelle initiative soit justifiée d’emblée. Mais dans notre cas, après une longue période d’attente, d’observation et de prière, il nous semble pouvoir dire aujourd’hui que l’état objectif de grave nécessité dans lequel se trouvent les âmes, la Fraternité et l’Église, exige une telle décision. 

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  • Les dessous du dernier Conclave

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    D'Anthony Cormy sur aleteia.org :

    Portable caché, scrutins inattendus… Dans les coulisses du dernier conclave

    04/02/26

    Un téléphone portable caché, des scrutins inattendus, un classement qui n'était pas arrivé depuis 750 ans… Gerard O'Connell et Elisabetta Piqué, vaticanistes, publient ce 5 février en France "Le dernier conclave" dans lequel ils dévoilent les coulisses de l’événement. 

    Un téléphone portable caché, des scrutins inattendus, un classement qui n'était pas arrivé depuis 750 ans… Ces informations proviennent du livre Le dernier conclave, écrit par Gérard O’Connell et Elisabetta Piqué, qui sort ce 5 février en France et qui regorge d’informations croustillantes collectées par les deux vaticanistes. Les cardinaux n’ont en effet pas le droit de communiquer sur ce qu’il s’est passé durant le conclave, sous peine d’excommunication, ce qui a obligé les vaticanistes à se concentrer sur les déclarations publiques et privées de chacun des électeurs, ainsi que sur leurs indiscrétions, pour réussir à comprendre tout ce qui s’est passé.

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  • Saint-Siège et Fraternité Saint-Pie X : les discussions entre les parties se poursuivent

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    De Vatican News :

    Contacts entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X pour éviter les ruptures

    Répondant aux questions des journalistes, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège a souligné qu'après l'annonce de plusieurs ordinations épiscopales en juillet, les discussions entre les parties se poursuivent.

    «Les contacts entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège se poursuivent, l'objectif étant d'éviter toute rupture ou solution unilatérale concernant les problèmes soulevés». C'est ce qu'a déclaré Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, en répondant aux questions des journalistes concernant l'annonce faite lundi, 2 février, par la Fraternité, de prochaines consécrations épiscopales prévues le 1er juillet au Séminaire international Saint-Curé d'Ars à Flavigny-sur-Ozerain, en France.

    Dans le communiqué de la Fraternité Saint-Pie X, il est fait référence à une lettre envoyée au Saint-Siège dans laquelle était exprimée «la nécessité particulière pour la Fraternité d'assurer la continuité du ministère de ses évêques». Le Saint-Siège – peut-on lire dans le communiqué – a envoyé «une lettre qui ne répond en aucune façon à nos demandes», d'où la décision de poursuivre dans la voie indiquée.

  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X annonce de nouvelles consécrations épiscopales

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    Communiqué du 2 février 2026.

    En ce 2 février 2026, fête de la Purification de la sainte Vierge, Monsieur l’abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, au cours de la cérémonie des prises de soutane qu’il présidait au séminaire international Saint-Curé‑d’Ars, à Flavigny-sur-Ozerain, en France, a annoncé publiquement sa décision de confier aux évêques de la Fraternité le soin de procéder à de nouvelles consécrations épiscopales, le 1er juillet prochain.

    En août dernier, il a sollicité la faveur d’une audience auprès du Saint-Père, lui faisant connaître son désir de lui exposer filialement la situation présente de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Dans un second courrier, il s’est explicitement ouvert sur le besoin particulier de la Fraternité d’assurer la continuation du ministère de ses évêques, qui parcourent le monde depuis près de quarante ans pour répondre aux nombreux fidèles attachés à la Tradition de l’Église et désireux que soient conférés, pour le bien de leurs âmes, les sacrements de l’ordre et de la confirmation.

    Après avoir longuement mûri sa réflexion dans la prière, et reçu du Saint-Siège, ces derniers jours, une lettre qui ne répond absolument pas à nos demandes, l’abbé Pagliarani, appuyé sur l’avis unanime de son Conseil, estime que l’état objectif de grave nécessité dans lequel se trouvent les âmes exige une telle décision.

    Les mots qu’il écrivait le 21 novembre 2024, pour le cinquantenaire de la déclaration historique de Mgr Marcel Lefebvre, sont plus que jamais le reflet de sa pensée et de ses intentions :

    « Ce n’est que dans l’Église de toujours et dans sa Tradition constante que nous trouvons la garantie d’être dans la Vérité, de continuer à la prêcher et à la servir. […]

    « La Fraternité [Saint-Pie X] ne recherche pas d’abord sa propre survie : elle cherche principalement le bien de l’Église universelle et, pour cette raison, elle est par excellence une œuvre d’Église, qui avec une liberté et une force uniques, répond adéquatement aux besoins propres d’une époque tragique sans précédent.

    « Ce seul but est toujours le nôtre aujourd’hui, au même titre qu’il y a cinquante ans : “C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures (Mgr Lefebvre, Déclaration du 21 novembre 1974).” »

    Dans les prochains jours, le Supérieur général fournira des explications complémentaires sur la situation présente et sur sa décision.

    « Nos cum Prole pia benedicat Virgo Maria.
    Que la Vierge Marie nous bénisse, avec son divin Fils. » 

    Menzingen, le 2 février 2026

    A ce sujet, le Supérieur Général de la FSSPX, l'abbé Pagliarani, a explicité sa position lors de l'homélie prononcée à Flavigny dans le cadre de la remise de soutanes à 22 nouveaux séminaristes :

    Des sacres par fidélité à l’Eglise et aux âmes 

    Nous pensons que le moment est arrivé pour penser à l’avenir de la Fraternité Saint-Pie X, à l’avenir de toutes les âmes, que nous ne pouvons pas oublier, que nous ne pouvons pas abandonner ; et bien sûr au bien que nous devons et nous pouvons faire à l’Église. Et cela amène une question qu’on se pose depuis longtemps et à laquelle aujourd’hui peut-être il faut donner une réponse. Faut-il encore attendre avant de penser à consacrer des évêques ? Nous avons attendu, prié, observé l’évolution des choses dans l’Église, nous avons demandé conseil. 

    Nous avons écrit au Saint-Père pour présenter avec simplicité la situation de la Fraternité, expliquer ses besoins et en même temps pour confirmer au Saint-Père notre unique raison d’être : c’est le bien des âmes. Nous avons écrit au Saint-Père : Très Saint-Père, nous n’avons qu’une intention, celle de faire de toutes les âmes qui s’adressent à nous des vrais fils de l’Église catholique et romaine. Nous n’avons jamais d’autre intention et nous garderons toujours cette intention. Et le bien des âmes correspond au bien de l’Église. L’Église n’existe pas dans les nuages. L’Église existe dans les âmes. Ce sont les âmes qui forment l’Église. Et si on aime l’Église, on aime les âmes, on veut leur salut et on veut faire le possible pour leur offrir les moyens de faire leur salut.

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  • Léon XIV : Le commencement des adieux ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Le début des adieux ?

    Le discours prononcé la semaine dernière par Léon XIV devant les participants à la session plénière du Dicastère pour la Doctrine de la Foi était très attendu . Après que Léon XIV eut accepté de finaliser les documents laissés en suspens par le pape François, on ignorait si ce dernier maintiendrait la position du dicastère ou y apporterait une modification.

    Le discours de Léon XIV, d'un ton calme et posé, évoqua les documents récemment publiés et souligna l'œuvre remarquable du dicastère. Le pape se félicita ensuite que la session plénière fût consacrée à la transmission de la foi.

    Ce discours semblait, à certains égards, marquer la fin d'une époque. La liste des derniers documents importants commence par la note Gestis verbisque sur la validité des sacrements, datant de février 2024. En commençant par ce document, Léon a pu exclure la très controversée Fiducia supplicans sur la bénédiction des couples irréguliers, publiée par DDF en décembre 2023. Le document plus récent sur les titres mariaux, lui aussi controversé, a quant à lui été retenu.

    Le pape, indirectement, marque une rupture dans le travail du dicastère par un choix qui semble particulièrement significatif. Ce discours a, d'une certaine manière, conclu un cheminement entamé avec le pape François et achevé avec la publication des derniers documents. Léon XIV orientera vraisemblablement le Dicastère pour la doctrine de la foi dans une direction différente.

    Cela signifie-t-il que le préfet va changer ?

    Tout le monde s'attend à ce que le cardinal Victor Manuel Fernandez , ami personnel et principal conseiller du pape François, prenne sa retraite très prochainement. Le discours du pape révèle cependant un changement de méthode, certainement pas de la part d'un préfet.

    Il semble en effet peu probable que le pape remplace un préfet, aussi dissident soit-il, lorsque des raisons pratiques l'obligent à procéder à un important renouvellement générationnel. Les cardinaux Michael Czerny (qui aura 80 ans en juillet) , Marcello Semeraro, Arthur Roche, Kurt Koch et Kevin Farrell ont déjà 75 ans. Lazarus You Heung-sik , préfet du Dicastère pour le clergé, aura lui aussi 75 ans.

    Dans ce vaste renouvellement générationnel, il est peu probable que le pape s'en prenne aux responsables des dicastères dont le mandat n'arrive pas à échéance et où cela n'est pas nécessaire. Il lui est toutefois plus aisé de donner des orientations, une ligne directrice claire, et c'est précisément ce qu'il fait actuellement, par ses paroles et ses omissions.

    La ligne que Léon a commencé à tracer pour la DDF marque assurément une rupture, aussi soigneusement et délicatement formulée soit-elle. Elle s'écarte d'une position franchement agressive encouragée, voire inaugurée, par le pape François. Elle s'inscrit également dans le cadre des préparatifs d'une transition générationnelle nécessaire entre la Curie de l'ère François et la nouvelle Curie léonine.

    Il est cependant extrêmement difficile de comprendre qui sont les hommes de Léon XIV, et peut-être la vérité est-elle qu'ils n'existent tout simplement pas.

    Le choix de Mgr Filippo Iannone comme préfet du Dicastère des évêques ne reposait pas sur une amitié personnelle, mais sur la connaissance de ses compétences et de son tempérament : un homme courtois, habitué à résoudre les problèmes avec rigueur et discipline. Quant à Mgr Redaelli, nommé secrétaire du Dicastère du Clergé en sa qualité d’archevêque de Gorizia, il n’appartenait pas au cercle du pape.

    Même le deuxième secrétaire du pape, Marco Billeri, ne figurait pas parmi les amis de Léon XIV . Il était originaire du diocèse de San Miniato, dirigé par l'évêque Giovanni Paccosi , avec lequel le pape avait été missionnaire au Pérou.

    L'une des raisons pour lesquelles il est si difficile de repérer les hommes de Léon XIV est que Prévost ne formait pas de disciples. Il cherchait à vivre en communauté et traitait donc tout le monde comme des amis. Parmi les nouveaux collaborateurs, le seul qui appartienne véritablement à l'entourage de Léon XIV est peut-être son secrétaire, Monseigneur Edgard Rimcauyna.

    Et puis il y a les amis du pape, qui, pour l'instant, restent en dehors des fonctions gouvernementales.

    Ils sont le point d'ancrage du Pape, son regard tourné vers le monde extérieur, le souvenir de son choix, avant tout, de devenir moine . Ce sont ses amis augustins de toujours, qui, toutefois, n'abusent pas de sa proximité, gardant le secret qui les entoure. Ou bien ce sont les Péruviens, car Léon XIV resta profondément attaché au Pérou. Et, de fait, la première langue qu'il utilisa après l'italien, une fois élu pape, ne fut pas son anglais natal, mais l'espagnol qu'il avait adopté, lorsqu'il s'adressait au diocèse dont il avait été l'évêque.

    En effet, lorsque le Pape doit se tourner vers le cœur, il se tourne vers le Pérou. Ce n'est pas un hasard si son chef cuisinier est péruvien. Ce n'est pas un hasard non plus si, le 29 janvier dernier, il s'est présenté à l'improviste au déjeuner des évêques péruviens lors de leur visite ad limina , s'asseyant à leur table comme l'un d'eux, comme il le faisait lorsqu'il était véritablement l'un des leurs.

    En résumé, les hommes de Léon XIV sont inconnus, et il est donc difficile de faire des prédictions. Chacun attend avec impatience la nomination des nouveaux chefs de département et tente de comprendre si le pape agira comme lors du pontificat précédent, confirmant ou infirmant ses décisions par de longues et soudaines communications.

    Il semble toutefois plus probable que le pape, jusqu'à la nomination des nouveaux chefs de dicastères, laisse la situation en l'état, sans confirmations ni annonces de départs. Une longue période d'étude, pourrait-on dire, se mue en de longs adieux.

    Il reste à voir si le pape changera d'abord les mentalités, puis les individus, ou l'inverse. Au final, tout cela s'inscrit dans la grande transition que chacun attend, une transition qui, à l'instar de Godot, se fait plus difficile à atteindre que l'attente . Mais peut-être n'arrivera-t-elle jamais. Peut-être devons-nous simplement espérer un retour à la normale. C'est d'ailleurs pour cela, en fin de compte, que le pape a été choisi.

  • Une approche déformée de la papauté : le culte de la personnalité n'a pas sa place dans l'Eglise

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    De Thomas Colsy sur le Catholic Herald :

    28 janvier 2026

    « Le pape n'est pas un Führer » : le cardinal Müller s'exprime sur l'ultramontanisme

    Un cardinal éminent et ancien secrétaire de la Curie romaine s'est entretenu avec le Catholic Herald au sujet de l'état de l'Église, du rôle de la papauté et de la manière dont les catholiques devraient aborder l'autorité.

    Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a qualifié la vénération des opinions privées et politiques du défunt pape François d'« hérésie » et a déclaré que la critiquer était son « devoir ». Le prélat allemand a insisté sur le fait que les catholiques ne devaient pas tomber dans une posture spirituelle hérétique connue sous le nom d'« ultramontanisme », qui exagère le rôle et les doctrines entourant la papauté, et a déclaré qu'ils devaient rester conscients du contexte historique dans lequel de telles attitudes ont émergé au XIXe siècle.

    Lorsqu'on lui a demandé s'il avait remarqué un excès flagrant de souvenirs du pape François dans les boutiques touristiques le long de la Via della Consolazione, en face du Vatican, par rapport au pape Benoît XVI, et si le fantôme de l'ancien pontife planait sur les travaux du consistoire extraordinaire début janvier, le cardinal Müller a répondu que les deux affirmations étaient vraies et a exprimé son désaccord.

    « Il est de mon devoir de critiquer ce culte de la personnalité », a-t-il déclaré. « Cela n'a rien à voir avec l'Église catholique... Certains de ses amis [du pape François] ont parlé d'une « nouvelle Église ». Pour moi, c'est une hérésie. Parler de « l'Église de François ».

    « L'Église de Benoît XVI n'existe pas », a déclaré le cardinal Müller.

    « C'est une critique des protestants que nous ayons fait du pape un second Dieu », a-t-il poursuivi. Le cardinal Müller a averti que « aujourd'hui, cinq cents ans plus tard », certains catholiques, par leur manque de retenue, donnent raison à ces critiques protestantes.

    « Il a toujours été entendu que le pape est un évêque parmi d'autres évêques, mais avec un charisme particulier, celui d'être, en tant qu'évêque de Rome, le successeur personnel de saint Pierre et le principe d'unité de l'Église, non pas une unité faite par l'homme, mais une unité donnée par la foi, par Jésus-Christ et par la vérité révélée. »

    « Et le pape a un très beau titre, donné par le pape saint Grégoire Ier, servus servorum Dei, serviteur des serviteurs de Dieu », a-t-il ajouté, soulignant que le pape n'est pas un monarque absolu, libre de toute limite ou contrainte.

    « Il est le premier serviteur de l'Église, avec un rôle particulier, mais nous n'avons pas une Église centrée sur le pape. Dans le diocèse, nous n'avons pas une Église centrée sur l'évêque. Et dans la paroisse, nous n'avons pas une Église centrée sur le curé. Ils doivent guider le peuple, mais ils ne peuvent pas donner la grâce. Ils sont des instruments de la grâce. »

    Le cardinal Müller a suggéré que le pape émérite Benoît XVI était peut-être « trop intellectuel » pour susciter une adulation populaire comparable, mais il a exhorté les catholiques à l'écouter et à le lire s'ils veulent comprendre pourquoi les attitudes exagérées envers la papauté sont erronées.

    « Il [le pape Benoît XVI] a critiqué le fait qu'à partir du XIXe siècle, un certain culte du pape s'est développé. Cela est lié aux médias de masse. Nous devons éviter cela. Le pape n'est pas un Führer. »

    Lire la suite