Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Structures ecclésiastiques

  • Le pape Léon XIV a accepté la démission de Mgr Jean-Pierre Delville de son poste d'évêque de Liège

    IMPRIMER

    Du service communication du diocèse de Liège :

    Le pape Léon XIV a accepté la démission de Mgr Jean-Pierre Delville de son poste d'évêque de Liège.

    Le Saint-Père, le pape Léon XIV, a informé Mgr Jean-Pierre Delville que sa démission de la charge d'évêque de Liège avait été acceptée, mais qu'elle ne prendrait effet qu'après la nomination de son successeur. Il l'a remercié pour ses services rendus à l'Église.

    Dans l’intervalle, le Pape a chargé le Nonce apostolique en Belgique, Son Excellence Monseigneur Franco Coppola, de mener une consultation publique concernant la nomination du successeur. Toute personne souhaitant exprimer son avis à ce sujet peut le faire en contactant le Nonce (*).

    La durée de ce processus peut varier, mais il faudra au moins plusieurs mois avant la nomination du 93e évêque de Liège. Dans l'intervalle, Mgr Delville demeure évêque de droit et exerce pleinement sa mission de pasteur du diocèse.

    Prions à la veille de la Pentecôte pour que le Saint-Esprit éclaire notre Église locale dans ce processus de consultation et guide les pas de notre futur évêque. 

    (*) Nonciature apostolique, Avenue des Franciscains 9, 1150 Uccle na.belux@diplomat.va

  • Objectif 2028 : La synodalité de François poursuit son chemin avec Léon

    IMPRIMER

    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Objectif 2028 : La synodalité de François progresse avec Léon

    Le document du secrétariat général du Synode expose le programme des années à venir et confirme l'intention exprimée il y a un an par le pape nouvellement élu : le processus synodal se poursuit et nous n'en serons jamais exemptés. L'espoir d'un changement de cap semble de moins en moins fondé et la direction reste celle fixée sous le pontificat de son prédécesseur.

    22/05/2026
    LaPresse (Photo AP/Gregorio Borgia)

    Le pape Léon XIV semble réticent à modifier la nouvelle synodalité souhaitée par le pape François, même par de légères corrections. Le 20 mai, le secrétariat général du Synode a publié un nouveau document, «  Vers les assemblées 2027-2028 : Étapes, critères et outils pour les assemblées de 2027-2028 », qui présente le programme et les événements des assemblées synodales jusqu’en 2028 et au-delà.

    Dans sa première allocution depuis la Loggia de la Bénédiction, il avait assuré que le processus synodal se poursuivrait. Il a d’ailleurs immédiatement confirmé la nomination du président Höllerich et du secrétaire Grech par le pape François et, les rencontrant le 26 juin 2025, les a invités à poursuivre sur la voie de cette nouvelle synodalité, envisagée comme un style ecclésial. Malgré cela, nombreux étaient ceux qui s’attendaient encore, à terme, à des ajustements ou des clarifications, compte tenu des nombreux doutes et critiques que cette nouvelle orientation avait suscités. Au moins, une suggestion a été faite, même si elle n'a pas été formulée explicitement. Peut-être certaines idées ont-elles émergé de ses nombreux discours, dont certains improvisés, mais toute révision significative du processus nécessiterait un document officiel ou de nouvelles nominations, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.

    On a plutôt observé des actes de confirmation et de soutien, comme lors du Jubilé des chrétiens LGBT et de la messe célébrée en leur honneur par l'évêque Savino, avec l'approbation explicite du pape Léon ; ainsi que les diverses audiences avec le père James Martin, qui, selon lui, avait reçu le soutien du pape, ce qu'il n'a jamais nié. Il convient également de rappeler que Léon XIV n'est pas intervenu officiellement concernant le Synode allemand, se contentant de rappeler la position adoptée par le Saint-Siège durant les dernières années du pontificat précédent et, dans les faits, laissant les choses suivre leur cours. Parallèlement, le cardinal Grech, secrétaire du Synode, a inclus des témoignages d'amis homosexuels du père Martin au sein du Groupe 9 du Synode et a proposé la fusion du Synodaler Weg avec le Synode de l'Église universelle. Cette décision pourrait passer pour une tentative de minimiser l'importance de l'expérience allemande, mais elle serait aussi, d'un autre côté, un signe de reconnaissance et lui offrirait un champ d'influence plus vaste.

    Ces événements avaient déjà refroidi les espoirs d'une réévaluation. Les réflexions de Léon XIV sur un processus comme le synode et sur un concept comme la nouvelle synodalité sont préoccupantes, car elles engendrent une désarticulation interne au sein de l'Église. Ce qui devrait unir divise, car cela donne progressivement naissance à des revendications d'indépendance et d'autonomie, jugées dignes d'être acceptées. Nous avons déjà évoqué les événements du Jubilé LGBT ; par ailleurs, les veillées contre l'homophobie et la transphobie organisées récemment dans divers diocèses en présence d'évêques relèvent également de la nouvelle synodalité, de même que les différentes assemblées diocésaines où laïcs, religieux et prêtres de diverses convictions expriment leurs opinions sur la manière dont l'Église doit être aujourd'hui. Voici maintenant le nouveau document du Secrétariat général qui, loin d'abréger le processus, le conduit inébranlablement à son terme en 2028 et envisage même sa poursuite au-delà. Le document espère que « la synodalité prendra de plus en plus la forme d'un mode de vie ecclésial ordinaire », qu'une véritable « conversion synodale » s'opérera et que la synodalité sera la voie du discernement, de l'évaluation et de la réorganisation ecclésiale. Autrement dit, nous ne serons jamais affranchis de cette nouvelle synodalité. Des points déjà confirmés lors des phases précédentes sont réitérés, sans aucun réexamen critique.

    La question de la durée n'est pas superficielle . Le synode de Paul VI a commencé et s'est achevé par la remise du résumé des travaux au Pape. Il s'agissait, en réalité, d'un service rendu à l'Église, mais il n'était pas l'Église. Le nouveau synode, en revanche, se considère comme l'expression de cette nouvelle synodalité comme essence même de l'Église – « l'Église est synodale », dit-on – et l'accompagne donc toujours comme son habitus propre . Il ne peut être clos, il ne peut être épisodique.

    Parmi les nombreux points abordés dans les dix-huit pages du document, nous en soulignons quelques-uns des plus importants, en plus de ceux déjà mentionnés. D’ici 2028, une multitude d’assemblées diocésaines, nationales, continentales et, enfin, universelles se tiendront en présence du Pape. Le document appelle à un élargissement du rôle des laïcs et des femmes dans les services ecclésiaux, y compris liturgiques. Il est indiqué que les futures assemblées devront présenter une composition très diversifiée, incluant des représentants d’autres Églises chrétiennes et d’autres religions. En 2028, précise le document, le processus entamé les 18 et 19 octobre 2021 s’achèvera. Cette conclusion n’aura cependant pas pour but de clore le débat, mais plutôt de l’ouvrir afin d’assurer la continuité de cette manière d’être l’Église pour les années à venir. Le document qualifie les participants aux différentes assemblées synodales de « militants » et d’« activistes » au sein de leurs réalités ecclésiales respectives, afin que cette nouvelle manière d’être l’Église puisse s’enraciner dans la pratique quotidienne.
    Ce document ne laisse aucun doute : le pape Léon XIV poursuivra aussi fidèlement que possible le processus souhaité par François.

  • Le Catholicos arménien Aram Ier a proposé à Léon XIV de convoquer un « Concile Vatican III »

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile du Vatican ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile Vatican II ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier a publié le contenu de la rencontre privée qu'il a eue ce lundi avec le pape Léon XIV au Vatican, révélant qu'au cours de cette rencontre, il a soulevé des questions d'une portée énorme pour l'avenir du christianisme, notamment la convocation d'un « Troisième Concile du Vatican ».

    L’information a été officiellement diffusée par l’Église apostolique arménienne de Cilicie à la suite de l’audience du 18 mai. Selon le communiqué, Aram Ier a présenté au pape trois questions qu’il considère « urgentes » pour la vie de l’Église universelle : l’établissement d’une date commune pour Pâques, la création d’une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens et la convocation d’un nouveau concile universel.

    La référence à un « Troisième Concile du Vatican »

    L’aspect le plus frappant du communiqué publié par l’Église catholique arménienne est la référence explicite à la convocation d’un « troisième concile du Vatican », une expression utilisée par l’Église arménienne elle-même dans le communiqué officiel publié à l’issue de la réunion.

    Bien que la déclaration ne précise pas comment un tel concile devrait être structuré ni quelles questions spécifiques il devrait aborder, la simple mention d'un nouveau concile œcuménique rouvre inévitablement le débat sur l'état actuel de l'Église et les tensions doctrinales, liturgiques et pastorales apparues après le concile Vatican II.

    Jusqu’à présent, le Saint-Siège n’a publié aucune clarification spécifique concernant cette proposition faite par Aram Ier.

    Pâques commune et commémoration des martyrs chrétiens

    Outre la question du Concile, le dirigeant arménien a insisté sur la nécessité d'avancer vers une date commune pour la célébration de Pâques entre catholiques et orthodoxes, une aspiration de longue date du mouvement œcuménique.

    Il a également proposé d'instaurer une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens, soulignant l'importance de renforcer la prise de conscience commune des persécutions subies par les chrétiens dans différentes parties du monde.

    Selon le communiqué arménien, Léon XIV a exprimé sa « compréhension et son soutien » concernant les questions soulevées lors de la conversation.

    L’Artsakh et la situation au Liban

    Les catholiques arméniens ont également profité de cette réunion pour aborder des questions politiques et humanitaires liées au Moyen-Orient et au Caucase.

    Il a notamment défendu le droit des Arméniens d'Artsakh à retourner sur leurs terres en vertu des garanties internationales et a exigé la protection des églises et des monuments historiques arméniens conformément au droit international. Il a également appelé à la libération immédiate des dirigeants arméniens actuellement détenus à Bakou.

    Concernant le Liban, Aram Ier a insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté de l'État libanais, a exigé le retrait israélien du sud du pays et a défendu le maintien du cessez-le-feu.

    conversation privée ultérieure

    Le communiqué ajoute qu'à la suite de la réunion officielle, Léon XIV et Aram Ier ont eu une conversation privée supplémentaire au cours de laquelle ils ont échangé leurs points de vue et leurs préoccupations sur ces questions et d'autres questions connexes.

    La publication du contenu intégral de la conversation par l'Académie catholique arménienne a suscité une attention particulière car elle fait référence à un nouveau concile universel, une question qui suscite inévitablement l'intérêt à une époque de vifs débats internes au sein de l'Église catholique.

  • Synode : un processus interminable pour accoucher de quoi au juste ?

    IMPRIMER

    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Synodalité, mais pas un synode : au cœur du nouveau calendrier de l’« assemblée ecclésiale » de 2028

    Quel est le contexte de ce nouveau document ? Et que dit-il ?

    Le département synodal du Vatican a publié mercredi un nouveau document définissant les étapes à suivre en vue de l'assemblée ecclésiale de 2028 à Rome.

    Le texte de 6 000 mots , publié le 20 mai, détaille comment les Églises locales doivent se préparer à cet événement, qui s'inscrit dans la continuité du processus synodal mondial lancé par le pape François en 2021.

    Le document, intitulé « Vers les Assemblées 2027-2028 », a été publié à la suite d’une rencontre , le 18 mai , entre le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Secrétariat général du Synode, et le pape Léon XIV.

    Quel est le contexte de ce nouveau document ? Et que dit-il ?

    Quel est le contexte ?

    En 2015, le pape François a prononcé un discours historique marquant le 50e anniversaire de l' établissement du Synode des évêques en tant qu'institution permanente au Vatican.

    Le pape argentin a annoncé que l'instance consultative – qui réunit périodiquement les évêques du monde entier pour débattre des questions urgentes – allait évoluer. La prochaine étape de cette évolution, a-t-il déclaré, sera marquée par la « synodalité », un terme qu'il a popularisé pour décrire la collaboration dynamique entre la hiérarchie de l'Église et l'ensemble du Peuple de Dieu, qui cheminent ensemble à travers l'histoire.

    « C’est précisément cette voie de synodalité que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire », a-t-il déclaré.

    Les réformes du pape François concernant le synode des évêques ont été codifiées dans la constitution apostolique Episcopalis communio de 2018. Le cardinal Grech a déclaré que la principale innovation de ce document résidait dans la transformation du synode « d'un événement en un processus ». Désormais, les réunions synodales seront précédées d'une phase de consultation. L'assemblée elle-même constituera la phase de discussion et sera suivie d'une phase de mise en œuvre.

    En 2020, le pape François a annoncé que les évêques du monde entier se réuniraient au Vatican pour discuter du thème « Pour une Église synodale : communion, participation et mission ».

    Cet événement, rapidement surnommé le « synode sur la synodalité », s’est déroulé en deux sessions, en 2023 et 2024, précédées d’une consultation mondiale sans précédent, aux niveaux diocésain, national et continental.

    Le synode sur la synodalité présentait plusieurs caractéristiques originales : un grand nombre de participants « non-évêques », dont de nombreuses femmes, des tables rondes et une méthode de discussion appelée « conversation dans l’Esprit ».

    Cette réunion a abouti à un document final de 28 000 mots , que le pape François a formellement adopté comme « partie intégrante du magistère ordinaire du successeur de Pierre » en octobre 2024.

    Le processus synodal mondial ne s’est pas achevé avec la clôture de la dernière table ronde ; il est entré dans sa phase de mise en œuvre.

    En mars 2025, le cardinal Grech annonça que le pape François avait approuvé le lancement d'un processus de révision sur trois ans, devant aboutir à une assemblée ecclésiale au Vatican en 2028. Ce choix de date était d'autant plus significatif que le pape François était alors en mauvaise santé et décéda un mois plus tard. Dès lors, la question se posa de savoir si son successeur se sentirait tenu de poursuivre ce processus international.

    Le pape Léon XIV, qui avait participé au synode sur la synodalité lorsqu'il était préfet du Dicastère pour les évêques, indiqua clairement peu après son élection que l'assemblée ecclésiale aurait bien lieu.

    En juin 2025, il s'est rendu au département synodal du Vatican, où il a déclaré que l'héritage du pape François pouvait se résumer à l'idée « que la synodalité est une manière d'être, une attitude qui nous aide à être l'Église, en favorisant des expériences authentiques de participation et de communion ».

    En juillet 2025, le Secrétariat général du Synode a publié, avec l'approbation de Léon XIV, un document de près de 10 000 mots intitulé « Voies pour la phase de mise en œuvre du Synode, 2025-2028 ». Ce texte exposait, dans ses grandes lignes, les obligations des diocèses en vue de l'assemblée de 2028.

    Depuis lors, le pape Léon a continué à faire des références périodiques à la synodalité, la décrivant comme « un style de coopération » et un exercice d’« écoute par excellence ».

    Que dit le texte ?

    Le nouveau document fournit des directives plus précises aux Églises locales sur ce qu'elles doivent faire avant 2028. Il couvre, comme l'indique son sous-titre, les « étapes, les critères et les outils de préparation ».

    L’objectif de ce texte est de « concrétiser le processus déjà en cours » au niveau local. Il souligne toutefois que « la phase de mise en œuvre n’ajoute pas de tâches supplémentaires à la vie quotidienne des communautés ; elle l’oriente et la renouvelle de l’intérieur ».

    Le document décrit un processus en quatre étapes qui culminera avec l'assemblée ecclésiale de 2028. Chaque étape est désignée par un mot qui en résume l'objectif. Chacune des quatre étapes comprend une forme d'assemblée.

    Le premier semestre 2027, dit période de « réflexion » , sera marqué par des « assemblées d'évaluation » dans les diocèses et les éparchies catholiques orientales, axées sur le document final du synode sur la synodalité.

    Cette période devrait donner lieu à deux documents. Le premier est un rapport narratif décrivant la forme concrète d’une Église synodale missionnaire et les nouvelles voies de synodalité qui émergent au sein de la communauté locale. Il sera préparé par l’équipe synodale locale avant l’assemblée d’évaluation et approuvé par l’évêque.

    Le second texte est une brève « lettre aux autres Églises », adressée aux autres diocèses et éparchies, qui met en lumière « les principaux fruits qui ont émergé du processus de mise en œuvre du synode ». Ce document sera préparé lors de l’assemblée d’évaluation.

    Le second semestre 2027, dit « période d’interprétation » , sera marqué par des assemblées nationales ou régionales de conférences épiscopales. Celles-ci produiront deux documents : un rapport théologico-pastoral et une lettre aux autres Églises locales. Ces deux textes devront être transmis à l’équipe synodale continentale et au Secrétariat général du Synode avant le 31 décembre 2027.

    Les quatre premiers mois de 2028, période dite d’« orientation » , seront consacrés aux assemblées continentales, qui rédigeront des rapports de synthèse proposant une relecture globale du parcours synodal. Ces rapports devront être remis aux responsables du synode du Vatican avant le 30 avril 2028.

    Enfin, en octobre 2028, l’Église entrera dans la période de « célébration » , lorsque les participants à l’assemblée ecclésiale se réuniront à Rome avec le pape Léon XIV.

    Le Vatican a toujours insisté sur le fait que l'assemblée ecclésiale n'est pas un synode. Cependant, le nouveau document précise que, comme un synode, elle disposera de son propre instrumentum laboris , ou document de travail.

    Le texte reste pour l'instant étonnamment vague sur les détails, se contentant de promettre que « l'assemblée ecclésiale sera définie plus précisément ultérieurement ». Pour le moment, aucune date précise n'est donnée, ni aucune indication sur la manière dont les participants seront sélectionnés.

    Le document, qui met l'accent, de façon typiquement léonine, sur l'unité du processus, indique que les conclusions de l'assemblée seront « offertes au Saint-Père comme fruit du processus de discernement ».

    Le texte dans son ensemble met particulièrement l'accent sur le rôle déterminant du pape. En effet, ses derniers mots précisent que tout le processus se déroulera « sous la conduite du Saint-Père ».

  • Quelles leçons tirer du fiasco du « Groupe d’étude synodal n° 9 » ?

    IMPRIMER

    Du National Catholic Register :

    Leçons tirées du fiasco du « Groupe d’étude synodal n° 9 »

    ÉDITORIAL : La synodalité a quelque chose à offrir à l'Église catholique, mais pas au détriment de ses propres enseignements.

    Le « Groupe d'étude synodal n°9 » du Vatican a tiré sa révérence en catimini — et de façon embarrassante de surcroît.

    Initialement chargé d'appliquer le principe de « l'écoute » propre à la synodalité aux « domaines doctrinaux, pastoraux et éthiques controversés », le groupe a provoqué une polémique inutile le 5 mai en publiant un rapport final qui minimisait les implications de l'Apocalypse pour la moralité sexuelle tout en présentant une image trompeuse de l'enseignement de l'Église catholique en mettant en avant de manière positive les « témoignages » de deux hommes mariés civilement à des personnes du même sexe.

    Les promoteurs du groupe ont salué le rapport comme une avancée majeure, une bouffée d'air frais et une rupture avec les approches descendantes. Mais quelques jours plus tard, le rapport du Groupe d'étude 9 sur l'homosexualité s'est révélé être un exercice prévisible d'activisme bureaucratique classique, loin de l'écoute sincère prônée par la synodalité.

    Les « témoins » cités anonymement dans le document se sont révélés être des militants LGBTQ connus . Le seul membre africain du groupe n'a même pas participé à la rédaction du passage controversé, ayant auparavant qualifié « l'idéologie de l'orientation sexuelle » d'antibiblique. Plusieurs cardinaux de l'Église ont désavoué le rapport . Fait révélateur, aucun ne l'a publiquement défendu.

    Même le secrétariat du synode a pris ses distances avec les travaux du Groupe d'étude 9.

    Avec la remise de son rapport final, le Groupe d'étude 9 est, heureusement, dissous. Et contrairement aux informations relayées par l'Associated Press et d'autres médias, cette dissolution ne doit pas tant être perçue comme un indicateur de la manière dont le pape Léon XIV guidera l'Église sur des sujets épineux tels que l'homosexualité, mais plutôt comme les derniers vestiges du fonctionnement de la synodalité sous le pape François. Après tout, les groupes d'étude étaient une initiative de François ; Léon XIV leur a simplement permis de conclure leurs travaux (totalement non contraignants). 

    Néanmoins, alors que nous entrons dans la période de transition vers la synodalité, quelle que soit sa signification sous Léon XIV, cet épisode offre des leçons qui peuvent aider les dirigeants de l'Église à éviter les écueils qui ont jusqu'à présent entravé le processus.

    D’abord, il faut mettre fin à l’exagération. Heureusement, les promoteurs ont cessé de décrire le synode comme l’événement le plus important de l’Église depuis Vatican II, mais ils ont encore tendance à exagérer, par exemple, sa capacité à sonder les catholiques du monde entier et même l’importance de ces contributions pour la doctrine de l’Église. 

    Ce genre d'exagérations nuit à la crédibilité de la synodalité. Les dirigeants devraient plutôt s'en tenir à des descriptions plus nuancées de la signification des processus synodaux et de leur valeur, certes pertinente mais limitée.

    Deuxièmement, les personnes qui pilotent les processus synodaux et participent aux discussions clés doivent refléter un éventail plus large de perspectives. Comme l'a souligné le père Brian Gannon, directeur exécutif de l'apostolat Courage International, le rapport final du Groupe d'étude 9 « contredit l'esprit de la synodalité » en excluant des voix pertinentes (dont celle de Courage) du débat. Mais cette critique s'applique plus largement au Synode sur la synodalité, notamment à la composition des conseillers théologiques qui définissent la notion même de « synodalité ». Il nous faut une vision plus globale et une théologie de la synodalité plus ouverte.

    Enfin, il est essentiel de replacer la notion de « synodalité » dans son contexte. Le Groupe d'étude 9 l'a instrumentalisée, transformant « l'écoute du vécu des gens » en prétexte pour contredire la parole de Dieu sur la sexualité et le mariage. Or, cette tactique ne se limite pas à la théologie morale. Elle a également été employée par ceux qui s'attaquent aux ordres religieux exclusivement masculins, ainsi qu'à la gouvernance et à l'enseignement épiscopaux. 

    La synodalité a quelque chose à offrir à l'Église, mais ses partisans doivent être prêts à la situer dans le cadre du caractère dogmatique et hiérarchique essentiel de l'Église, et non comme une manière alternative d'élaborer la doctrine .

    Heureusement, le pape Léon XIV a déjà pris des mesures en ce sens. Il a présenté la synodalité moins comme un moyen d'opérer des changements que comme une approche visant à promouvoir l'unité et la communion. De plus, il a insisté sur la collégialité avec ses pairs évêques, soulignant que la synodalité est destinée à appuyer – et non à remplacer – la gouvernance et l'enseignement légitimes de l'épiscopat.

    L’espoir est que d’autres chargés de diriger les efforts synodaux suivent son exemple, évitant ainsi un autre fiasco scandaleux comme le rapport final du Groupe d’étude 9.

    Lire : Des critiques affirment que le rapport du synode sape l'enseignement de l'Église et donne une image erronée de Courage.

  • Léon XIV : Combien de temps dure une transition ?

    IMPRIMER

    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Combien de temps dure une transition ?

    18 mai 2026

    Le schisme lefebvrien potentiel est la première crise majeure à laquelle Léon XIV a dû faire face depuis son élection au pontificat. Le souverain pontife, dont la mission était de résoudre les conflits au sein de l’Église, se retrouve confronté à un groupe très combatif de prêtres et d’évêques qui ont décidé, pour préserver leur hiérarchie vieillissante, d’ordonner de nouveaux évêques sans mandat papal.

    Cette semaine, la situation s’est rapprochée du schisme.

    Dans une déclaration, le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, a réitéré que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, dite des Lefebvristes, encourrait l’excommunication latae sententiae si elle décidait, comme annoncé précédemment, de procéder à l’ordination de plusieurs nouveaux évêques.

    Cette déclaration n’était pas seulement un acte nécessaire, mais un acte qui a clairement marqué un point de non-retour. Elle a également mis en évidence à quel point la transition vers le pontificat de Léon XIV est encore loin d’être achevée.

    D’une part, ce genre de manœuvres de la part de la FSSPX n’a rien de nouveau sous le soleil. Les lefebvristes avaient agi de la même manière en 1988, lorsqu’ils s’étaient exposés à l’excommunication latae sententiae après avoir ordonné quatre évêques sans mandat papal, et cette situation n’a pas été résolue pendant vingt ans, jusqu’à ce que Benoît XVI décide de révoquer l’excommunication dans l’espoir de jeter les bases d’un dialogue et d’une unité renouvelée au sein de l’Église.

    La Fraternité prend cette décision à un moment où le mouvement traditionaliste au sein de l’Église semble particulièrement fort. Les images des derniers pèlerinages Paris-Chartres sont sous les yeux de tous, tandis que la forte augmentation des baptêmes d’adultes (pour la plupart traditionalistes) en France a conduit l’archidiocèse de Paris lui-même à se pencher sur la question dans le cadre d’un conseil régional ad hoc de la région Île-de-France.

    La Fraternité se trouve toutefois dans une situation différente de celle de 1988. Au-delà des sympathies personnelles diverses, la FSSPX ne dispose pas d’une figure charismatique comme Mgr Lefebvre, qui jouissait pourtant d’une réputation de missionnaire de grand talent et pouvait compter sur de solides alliances, même au sein du Vatican.

    C’est Lefebvre qui a forcé la main, alors même que le Saint-Siège tentait à tout prix d’éviter l’ordination et, par conséquent, l’excommunication latae sententiae. Et immédiatement après le schisme, le Saint-Siège a créé la Commission Ecclesia Dei, supprimée par la suite par le pape François, ainsi que la Fraternité Saint-Pierre, qui est la réponse du Vatican au mouvement traditionaliste : on peut rester dans l’Église tout en célébrant selon l’ancien rite.

    Entre autres, la Fraternité a reçu un soutien significatif de la part du pape François lors d’une audience qui a suivi la lettre apostolique Traditionis Custodes qui a de fait abrogé la libéralisation des célébrations selon le vetus ordo.

    En bref, l’annonce de la FSSPX intervient à une époque très différente de celle où le premier schisme a été défini, et certainement avec un soutien au sein de l’Église qui, d’une certaine manière, a été intégré.

    L’annonce du cardinal Fernandez, accompagnée d’un communiqué officiel, a donc des allures de déclaration de guerre non sollicitée. Fernandez avait déjà rencontré le supérieur de la Fraternité, le père Davide Pagliarani, et le communiqué du Dicastère sur cette rencontre expliquait clairement que si les lefebvristes allaient de l’avant avec les ordinations, ils s’exposeraient à l’excommunication.

    De leur côté, les lefebvristes ont joué un jeu subtil. Ils ont demandé miséricorde, faisant ainsi appel à l’un des piliers du pontificat du pape François et tirant parti d’une attitude positive ancrée dans la conviction que le droit canonique ne devrait jamais être punitif. Ils ont toutefois souligné que leur décision répondait à une crise plus large.

    Et, enfin, ils ont lancé un appel en faveur de la vraie foi. De plus, le père Davide Pagliarani a accordé une longue interview, au cours de laquelle il a réitéré leurs positions tout en se montrant assez raisonnable et désireux de rencontrer Léon XIV.

    Léon XIV décida de ne pas intervenir personnellement dans cette affaire. En réalité, cependant, le cardinal Fernández profita de la confiance qui lui était accordée pour déclencher avec force une guerre, presque comme pour laisser entendre que personne ne devrait s’étonner si un schisme venait à se produire.

    Dans quelle mesure la décision de Fernandez est-elle cohérente avec le pontificat de Léon XIV ? Dans quelle mesure cette déclaration relève-t-elle de son initiative personnelle, et dans quelle mesure n’en relève-t-elle pas ? Et pourquoi une déclaration maintenant ?

    Alors que ce débat faisait rage, Léon XIV se rendit à La Sapienza, la plus ancienne université d’Europe, fondée par un pape. Léon se rendait à l’université où Benoît XVI avait refusé de se rendre, suite aux appels et aux critiques des professeurs à son encontre.

    Le texte du discours de Léon XIV est intéressant. Ce n’est pas un discours confessionnel, mais il replace Dieu au centre du mystère, souligne que la culture est aussi une forme de charité et appelle les jeunes à surmonter les polarisations idéologiques. Mais c’est aussi un texte qui semble ignorer l’éléphant dans la pièce : cette même université avait rejeté la venue de Benoît XVI.

    Une évocation de cette visite manquée n’aurait pas été dans le style de Léon XIV. Pourtant, le discours semble manquer de mordant, ressemblant davantage à un discours scolastique qu’à un discours prophétique. Il y avait une référence à Augustin, mais la place centrale d’Augustin, présente dans d’autres discours papaux, faisait défaut.

    La question qui reste en suspens est la suivante : quand la transition entre le pontificat de François et celui de Léon XIV sera-t-elle achevée ? Quand tous les rédacteurs fantômes auront-ils été remplacés par des personnes plus en phase avec la personnalité du pape ? Quand les préfets des dicastères perdront-ils cette importance qui les pousse à faire des déclarations officielles même lorsqu’il n’y a probablement pas lieu de le faire ?

    Léon XIV est engagé dans une longue transition. Cinq chefs de dicastères sont en train de changer, d’autres partiront au cours de l’année prochaine, mais dans d’autres cas, Léon XIV attendra simplement leur départ à la retraite ou la fin de leur mandat. C’est une manière d’éviter les crises internes et de développer le discernement, en permettant aux personnes qui mettront en œuvre les décisions papales de mûrir.

    Au cours des deux ou trois prochaines années, cependant, nous nous retrouverons face à un pontificat à plusieurs vitesses. D’un côté, le pape, avec ses décisions personnelles, ses discours manuscrits et sa volonté d’absorber les conflits de l’Église. De l’autre, les collaborateurs du pontificat précédent, qui ont besoin de montrer au monde qu’ils n’avaient pas tort auparavant et qui, de toute façon, ne peuvent pas pleinement comprendre le nouveau pape.

    Léon XIV risque ainsi d’être freiné par sa propre ouverture d’esprit et sa confiance dans la génération actuelle de dirigeants de la Curie.

    Alors que le pape est confronté à la première crise majeure de son pontificat, nous verrons si sa confiance est bien placée.

  • À propos des Allemands, de la FSSPX et des convictions théologiques du pape Léon XIV

    IMPRIMER

    De Larry Chapp sur le Catholic World Report :

    À propos des Allemands, de la FSSPX et des convictions théologiques du pape Léon XIV

    Le désir du pape de voir les eaux s'apaiser va être mis à l'épreuve sur deux fronts — aux deux extrémités du spectre — qui vont le contraindre à prendre des décisions radicales.

    À l'occasion de l'anniversaire de son élection, et après une année de pontificat, on peut affirmer sans exagérer que le pape Léon XIV ferait, comme le disait un ami, un « excellent joueur de poker ». Il reste très discret et prend soin de ne rien laisser transparaître de ses convictions théologiques les plus profondes.

    Pour ma part, je vais être franc : j'apprécie le pape Léon, et je pense qu'il est prudent à l'excès précisément parce qu'il sent que le plus grand besoin actuellement est de calmer les turbulences au sein de l'Église.

    Des tests sur deux fronts

    Mais ce désir d'apaisement va être mis à l'épreuve sur deux fronts avec l'apparition de deux problèmes ecclésiastiques — aux antipodes l'un de l'autre — qui vont obliger Léon à prendre des décisions radicales.

    Tout d'abord, le cardinal Reinhard Marx, en Allemagne, a récemment déclaré que les évêques allemands allaient bénir officiellement les « unions » homosexuelles, leur conférant ainsi une bénédiction liturgique en tant qu'unions à part entière. Malheureusement pour les Allemands, cette décision contrevient aux principes de Fiducia Supplicans d'au moins deux manières (que j'aborderai plus loin). Ce mépris allemand pour Fiducia est grave, indépendamment de l'opinion que l'on porte sur ce principe, car cette initiative marque une sorte d'escalade finale de la « voie synodale » allemande, la hiérarchie ecclésiastique testant la détermination du nouveau pape à contrecarrer une grande partie de son programme.

    Fiducia affirme que les bénédictions des couples en union irrégulière doivent être spontanées et ne jamais être formalisées par une bénédiction liturgique publiée dans un texte liturgique officiel du diocèse. La proposition allemande actuelle contredit frontalement cette règle et risque d'entraîner la promotion de tels événements « liturgiques » et l'organisation de célébrations simulant le mariage pour toutes sortes d'unions, indépendamment de leur statut moral au sein de l'Église. Quiconque pense que nous n'allons pas dans cette direction fait preuve de naïveté ou de déni.

    Les Allemands tentent de contourner l'enseignement de l'Église en affirmant qu'il s'agit de bénédictions d'unions, mais en aucun cas d'une forme de « mariage homosexuel » au sens religieux du terme. Cependant, cette distinction est tellement fallacieuse, compte tenu de la position du catholique allemand moyen sur les questions de sexualité et de genre, que personne ne croit vraiment à autre chose qu'à une tentative de normalisation de l'homosexualité au sein de l'Église.

    Enfin, et c'est le plus évident, la loi Fiducia interdit que ces bénédictions soient utilisées comme une bénédiction pour l'union en tant que telle ; ce qui est béni, ce sont simplement deux individus qui ont demandé une bénédiction afin de mener une vie meilleure et plus chrétienne. Je pense que cette distinction est subtile, comme je l'ai déjà écrit, car elle est susceptible des abus mêmes que les Allemands encouragent actuellement.

    Il va sans dire que, tout comme pour la récente annonce de la FSSPX de défier Rome et d'ordonner de nouveaux évêques en juillet, il s'agit là aussi d'une « crise » délibérément orchestrée. Rien dans la situation allemande ne « justifiait » une telle action. Il n'y a pas de véritable « urgence » : les Allemands ont décidé, pour des raisons qui leur sont propres, que le moment était venu de lancer un défi.

    Motivations différentes

    Il me semble que les deux situations diffèrent par leurs motivations.

    La décision de la FSSPX semble motivée par une impatience exaspérée face à la position inflexible de Rome, qui considère qu'un concile œcuménique et les six pontificats qui lui ont succédé conservent une valeur magistérielle contraignante et normative. La direction de la FSSPX sait que le pape Léon XIV ne changera pas cette réalité, et par conséquent, ses ouvertures au dialogue avec Rome sonnent creux. Conscients de l'impasse en matière de régularisation, ils comprennent clairement les raisons de cette décision. Nous avons un jeune pape qui n'est pas traditionaliste. Il est temps d'avancer.

    Lire la suite

  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X répond aux menaces du Vatican par une profession de foi

    IMPRIMER

    Déclaration de foi catholique adressée au pape Léon XIV

    Déclaration de Foi catholique adressée à Sa Sainteté le pape Léon XIV par l’abbé Davide Pagliarani Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

    Très Saint-Père,

    Depuis plus de cinquante ans, la Fraternité Saint-Pie X s’efforce d’exposer au Saint-Siège son cas de conscience face aux erreurs qui détruisent la foi et la morale catholiques. Malheureusement, toutes les discussions engagées sont demeurées sans résultat, et toutes les préoccupations exprimées n’ont reçu aucune réponse véritablement satisfaisante. 

    Depuis plus de cinquante ans, la seule solution réellement envisagée par le Saint-Siège semble être celle des sanctions canoniques. À notre grand regret, il nous semble que le droit canonique soit donc utilisé non pour confirmer dans la foi, mais pour en éloigner.

    Par le texte qui suit, la Fraternité Saint-Pie X est heureuse de Vous exprimer filialement et sincèrement, dans les circonstances présentes, son attachement à la foi catholique, sans rien cacher, ni à Votre Sainteté, ni à l’Église universelle. 

    La Fraternité remet cette simple Déclaration de Foi entre Vos mains. Elle nous paraît correspondre au minimum indispensable pour pouvoir être en communion avec l’Église, nous dire véritablement catholiques et, par conséquent, Vos fils. 

    Nous n’avons pas d’autre désir que celui de vivre et d’être confirmés dans la foi catholique romaine.


    « Ainsi, demeurant fermement enracinés et établis dans la vraie foi catholique, efforcez-vous d’être toujours de dignes ministres du sacrifice divin 
    et de l’Église de Dieu, qui est le Corps du Christ. 

    Car, comme le dit l’Apôtre : “Tout ce qui ne procède pas de la foi est péché 1”, schismatique et en dehors de l’unité de l’Église 2. »


    DÉCLARATION DE FOI CATHOLIQUE

    Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Sagesse divine, Verbe incarné,
    qui a voulu une seule religion, qui a rendu l’Ancienne Alliance définitivement caduque, qui a fondé une seule Église, qui a triomphé de Satan, qui a vaincu le monde, qui demeure avec nous jusqu’à la fin des temps et qui reviendra juger les vivants et les morts.

    Lui, Image parfaite du Père, Fils de Dieu fait homme, a été constitué unique Rédempteur et Sauveur du monde par l’Incarnation et par l’offrande volontaire du sacrifice de la Croix. Notre-Seigneur satisfait à la justice divine en versant son très précieux Sang, et c’est dans ce Sang qu’il établit la Nouvelle et Éternelle Alliance, abolissant l’Ancienne. Il est par conséquent l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes et l’unique voie pour parvenir au Père. Seul celui qui le connaît, connaît le Père.

    Par un décret divin, la très sainte Vierge Marie a été associée directement et intimement à toute l’œuvre de la Rédemption ; dès lors, nier cette association — dans les termes reçus de la Tradition — revient à altérer la notion même de Rédemption telle que la Providence divine l’a voulue.

    Il n’existe qu’une seule foi et une seule Église par lesquelles nous puissions être sauvés. Hors de l’Église catholique romaine, et sans la profession de la foi qu’elle a toujours enseignée, il n’y a ni salut ni rémission des péchés.

    Par conséquent, tout homme doit être membre de l’Église catholique pour sauver son âme, et il n’existe qu’un seul baptême comme moyen d’y être incorporé. Cette nécessité concerne l’humanité tout entière sans exception et inclut indistinctement chrétiens, juifs, musulmans, païens et athées.

    Le mandat reçu par les Apôtres, de prêcher l’Évangile à tout homme et de convertir tout homme à la foi catholique, demeure valable jusqu’à la fin des temps et répond à la nécessité la plus absolue et la plus impérieuse qui soit au monde. « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné 3. » Dès lors, renoncer à accomplir ce mandat constitue le plus grave des crimes contre l’humanité.

    L’Église romaine est la seule à posséder simultanément les quatre notes qui caractérisent l’Église fondée par Jésus-Christ : l’Unité, la Sainteté, la Catholicité et l’Apostolicité.

    Son unité découle essentiellement de l’adhésion de tous ses membres à l’unique vraie foi, fidèlement conservée, enseignée et transmise par la hiérarchie catholique au cours des siècles.

    La négation d’une seule vérité de foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l’Église catholique.

    L’unique voie possible pour rétablir l’unité entre des chrétiens de confessions différentes consiste dans l’appel pressant et charitable adressé aux non-catholiques à professer l’unique vraie foi au sein de l’unique vraie Église.

    En aucune manière l’Église catholique ne peut être considérée ou traitée sur un pied d’égalité avec un faux culte ou une fausse Église.

    Le Pontife romain, Vicaire du Christ, est le seul sujet détenteur de l’autorité suprême sur toute l’Église. C’est lui seul qui confère directement aux autres membres de la hiérarchie catholique la juridiction sur les âmes.

    « Le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une doctrine nouvelle, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi 4. »

    À une foi unique correspond un culte unique, expression suprême, authentique et parfaite de cette même foi.

    La sainte Messe est la perpétuation dans le temps du sacrifice de la Croix, offert pour beaucoup et renouvelé sur l’autel. Bien qu’offert de manière non sanglante, le saint sacrifice de la Messe est essentiellement expiatoire et propitiatoire. Aucun autre culte ne procure l’adoration parfaite. Aucun autre culte qui ne soit pas en relation avec lui n’est agréable à Dieu. Aucun autre moyen n’est suffisant pour la sanctification des âmes.

    Par conséquent, le saint sacrifice de la Messe ne peut en aucune manière être réduit à une simple commémoration, à un repas spirituel, à une assemblée sacrée célébrée par le peuple, à la célébration du mystère pascal sans sacrifice, sans satisfaction de la justice divine, sans expiation des péchés, sans propitiation et sans Croix.

    L’aide apportée aux âmes par les sacrements de l’Église catholique est suffisante en toute circonstance et à toute époque pour permettre aux fidèles de vivre en état de grâce.

    La loi morale contenue dans le Décalogue et perfectionnée dans le Sermon sur la montagne est la seule praticable pour obtenir le salut des âmes. Tout autre code moral — par exemple fondé sur le respect de la création ou sur les droits de la personne humaine — est radicalement insuffisant pour sanctifier et sauver une âme. En aucune manière il ne peut remplacer l’unique vraie loi morale.

    À l’exemple de saint Jean-Baptiste, la vraie charité nous oblige à avertir les pécheurs et à ne jamais renoncer à prendre les moyens nécessaires pour sauver leurs âmes.

    Celui qui mange le Corps de Notre-Seigneur et boit son Sang en état de péché mange et boit sa propre condamnation, et aucune autorité ne peut modifier cette loi contenue dans l’enseignement de saint Paul et dans la Tradition.

    Le péché impur contre-nature est d’une telle gravité qu’il crie toujours et en toute circonstance vengeance devant Dieu, et qu’il est radicalement incompatible avec toute forme d’amour authentique et chrétien. Dès lors, un tel « mode de vie » ne peut en aucune manière être reconnu comme un don de Dieu. Un couple pratiquant ce vice doit être aidé à s’en libérer, et ne peut en aucune manière être béni — formellement ou informellement — par les ministres de l’Église.

    La soumission des institutions et des nations en tant que telles à l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ découle directement de l’Incarnation et de la Rédemption. Dès lors, la laïcité des institutions et des nations constitue une négation implicite de la divinité et de la royauté universelle de Notre-Seigneur.

    La chrétienté n’est pas un simple phénomène historique, mais le seul ordre voulu par Dieu entre les hommes.

    Ce n’est pas à l’Église de se conformer au monde, mais au monde d’être transformé par l’Église.

    C’est dans cette foi et dans ces principes que nous demandons à être instruits et confirmés par Celui qui a reçu le charisme pour le faire. Avec l’aide de Notre-Seigneur, nous préférons la mort plutôt que d’y renoncer. C’est dans cette foi immuable que nous désirons vivre et mourir, dans l’attente qu’elle cède la place à la vision directe de l’immuable Vérité éternelle.

    Menzingen, le 14 mai 2026,
    en la fête de l’Ascension de Notre-Seigneur

    Davide Pagliarani

     

    • 1 Rm 14, 23.
    • 2 Pontifical Romain, Monition aux ordinands au sous-diaconat.
    • 3 Mc 16, 16.
    • 4 Pastor Aeternus, chap. 4.
  • Déclaration du Cardinal Fernández à propos des ordinations épiscopales annoncées par la FSSPX : un acte schismatique entraînant l'excommunication

    IMPRIMER

    DICASTÈRE POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

    Déclaration de Son Éminence le Cardinal Víctor Manuel Fernández,
     Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

    Concernant la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, nous réitérons ce qui a déjà été communiqué. Les ordinations épiscopales annoncées par cette Fraternité ne disposent pas du mandat papal requis. Cet acte constituerait un acte schismatique (Jean-Paul II Ecclesia Dei , n° 3) et l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense contre Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit canonique ( ibid ., 5c ; cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs,  Note explicative , 24 août 1996).

    Le Saint-Père continue de prier pour demander au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X afin qu’ils reconsidèrent la décision extrêmement grave qu’ils ont prise.

    Du Vatican, le 13 mai 2026

    ____________________

    Bulletin du Bureau de presse du Saint-Siège , 13 mai 2026

     

    Dans son substack, Diane Montagna ajoute :

    Dans les commentaires qu'il m'a adressés concernant la déclaration de la DDF d'aujourd'hui, le père Gerald Murray, canoniste et prêtre de l'archidiocèse de New York, a expliqué qu'en vertu du droit canonique, le schisme entraîne l'excommunication automatique.

    Il a déclaré que lors des consécrations épiscopales de 1988, organisées par l'archevêque Marcel Lefebvre, seuls les évêques consécrateurs et les évêques consacrés avaient été excommuniés. « Dans sa déclaration d'aujourd'hui », a-t-il affirmé, « le Saint-Siège reprend les termes de 1988, indiquant que, par définition, quiconque consacre et quiconque est consacré encourra cette peine. »

    Il a toutefois fait remarquer que, faute de définition canonique de l’« adhésion formelle » au schisme, le Saint-Siège devrait d’abord préciser ce que ce terme implique. Si l’« adhésion formelle » suppose assurément « une action concrète », a-t-il déclaré, la question qui demeure est de savoir quelles actions spécifiques le Saint-Siège jugerait suffisantes pour constituer une telle adhésion.

    Le père Murray, dont la thèse de licence de 1995 portait sur le statut canonique des fidèles laïcs associés à feu l'archevêque Lefebvre et à la FSSPX, a poursuivi :

    Le Saint-Siège n'a jamais répondu à la question de l'« adhésion formelle » en 1988, ni statué publiquement sur l'excommunication des prêtres et laïcs associés à la FSSPX. La note explicative de 1996, citée dans la déclaration, indiquait la position du Concile pontifical sur la nature de l'adhésion formelle au schisme de 1988. Toutefois, cela n'a jamais donné lieu à un décret canonique officiel conférant force de loi aux interprétations du Concile.

    Il convient de noter que lorsque les excommunications des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre furent levées par le pape Benoît XVI, les prêtres de la FSSPX ainsi que les religieux et laïcs qui lui sont associés n'ont pas bénéficié d'une levée similaire de la peine d'excommunication. Par conséquent, prêtres et laïcs devront désormais être informés par le Saint-Siège, bien à l'avance, de ce qui constitue une « adhésion formelle », afin qu'ils sachent comment éviter d'encourir cette peine.

    En réalité, ce serait le devoir du Saint-Siège, par charité, de le faire, a déclaré le père Murray. « Si l'on se trouve dans un lieu où la seule possibilité pratique d'assister à la messe, traditionnelle ou non, est une chapelle de la FSSPX, cela constituerait-il une "adhésion formelle" ? » a-t-il demandé. « De même, si l'on assistait à la confirmation de son neveu par un évêque de la FSSPX, non pas par soutien aux consécrations épiscopales mais par loyauté familiale, cela constituerait-il une "adhésion formelle" au schisme ? Autant de questions qui méritent une réponse. »

    La FSSPX, quant à elle, a fait valoir que des circonstances exceptionnelles au sein de l'Église justifient des mesures exceptionnelles pour préserver le sacerdoce traditionnel, la vie sacramentelle et la doctrine. Les partisans des consécrations ont établi un parallèle avec la décision prise en 1988 par Mgr Lefebvre, que le prélat français avait alors défendue comme un « état de nécessité ».

    Les autorités du Vatican ont toutefois toujours rejeté cet argument et soutenu qu'il n'existe aucune nécessité qui puisse justifier des consécrations épiscopales contre la volonté explicite du pape.

    Le supérieur général de la FSSPX, le père Davide Pagliarani, a, à plusieurs reprises, sollicité une audience privée auprès du pape Léon XIV concernant les préoccupations de la Fraternité et les consécrations prévues, mais aucune rencontre n'a encore été accordée.

  • Léon XIV : un an en tant que « fils de saint Augustin »

    IMPRIMER

    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : un an en tant que « fils de saint Augustin »

    11 mai 2026

    Lorsqu’il est apparu pour la première fois sur la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, vêtu de ses habits pontificaux, Léon XIV s’est immédiatement déclaré « fils de saint Augustin ». Il s’agissait d’une affirmation d’identité, puissante et immédiate, qui s’est rapidement révélée être une caractéristique fondamentale pour comprendre ce pontife et son pontificat.

    Au fond de lui, Léon XIV reste un frère. Il aime la vie communautaire, dont il cherche à tirer le plus de nourriture possible. C’est un grand auditeur. Il considère le gouvernement comme un service. Il cherche un sens – le sens divin – dans les événements du monde en pèlerinage à travers l’histoire et dans les vicissitudes de la vie quotidienne.
    Pour tout cela, Léon XIV reste un mystère pour beaucoup, même après un an à la tête de la papauté.

    Le pape n’a mis en œuvre aucune révolution. Il a fait preuve d’une grande continuité avec le pape François, mais aussi de différences d’approche sur certaines questions. Il a réformé quelques points mineurs et a même nommé certaines figures clés (le nouveau vice-secrétaire d’État ; son successeur au poste de préfet du Dicastère pour les évêques). En réalité, cependant, il n’a ni clos d’anciens processus ni en a initié de nouveaux.

    Le processus synodal poursuit son chemin semé d’embûches, avec la publication des rapports des groupes de travail et d’autres déclarations, et on ne sait absolument pas dans quelle mesure Léon XIV les apprécie. En Allemagne, les évêques les plus idéologiques poursuivent leur chemin synodal, allant même jusqu’à faire fi des déclarations du pape lui-même. Le milieu traditionaliste de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X a déjà annoncé qu’il ordonnerait de nouveaux évêques, même sans mandat papal.

    En bref, les polarisations au sein de l’Église, qui s’étaient intensifiées face au style de gouvernance personnaliste et parfois dur du pape François, ne sont pas encore résolues. Certaines questions brûlantes subsistent et continueront de le faire. Le problème, cependant, est probablement autre. Le problème est que les priorités de Léon XIV sont différentes. Et elles résident précisément dans le charisme augustinien.

    C’est pourquoi, un an après son élection, il ne suffit pas de simplement dresser le bilan de ses 365 jours à la tête de l’Église. Il faut plutôt plonger au cœur de l’âme augustinienne du pape. Un ouvrage publié par la Libreria Editrice Vaticana, intitulé « Free Under Grace », rassemble tous les discours de Robert Francis Prevost OSA prononcés au cours de ses deux mandats à la tête des Augustins. Le livre n’est pour l’instant disponible qu’en italien ; ce qui suit est donc ma traduction en anglais des textes.

    Le livre décrit la spiritualité de Léon, mais dit aussi quelque chose de son approche de la gouvernance.

    Tout d’abord, la spiritualité. Léon XIV avait une conscience profonde du sens de sa vocation sacerdotale. Dans l’un de ses discours, il a évoqué les vœux. Il a notamment abordé le vœu de chasteté qui, selon lui, revêt « une grande importance dans le monde d’aujourd’hui. Il ne nie pas notre humanité. Il nous invite à découvrir la profondeur et la richesse de l’amour humain. En renonçant librement à la possibilité d’entrer dans la relation exclusive du mariage, nous nous rappelons à nous-mêmes et aux autres qu’il existe une union d’amour et de don de soi encore plus profonde que celle qui s’exprime dans le lien intime du mariage. »

    Dans tous les textes, la référence à Dieu est centrale, tout comme la nécessité de se tourner vers Dieu. Mais la référence à l’Église est également centrale, car, dit Prevost, l’Augustinien est un homme profondément ecclésial.

    « L’Église », écrit Prevost dans un article, « est contestée et même considérée comme une pierre d’achoppement. Être authentiquement Église et penser avec l’Église reste aujourd’hui un défi réel et nécessaire. »

    Mais le général des Augustins de l’époque s’interrogeait aussi sur ce que signifiait transmettre la foi ; il était conscient que « les jeunes ne rejettent pas le discours théologique », mais qu’ils éprouvent plutôt « de l’aliénation, de l’incompréhension, de la distance » à son égard.

    Pourtant, Prevost connaît le poids des institutions et des symboles. « Ce que l’habit religieux ou certaines formes extérieures de prière représentaient pour une génération », écrit-il, « n’a plus la même signification pour les jeunes d’aujourd’hui. Cependant, sans ces signes, il sera difficile d’apprécier la signification du sacré dans nos vies. »

    Tout a toutefois commencé par la responsabilité personnelle. « En tant que religieux », écrivait celui qui allait devenir pape, « nous sommes appelés à évangéliser en partant de ce que nous sommes, plutôt que de ce que nous faisons. » Et encore : « Trouver Dieu dans le monde qui nous entoure est, idéalement, l’un de nos grands défis. » Et enfin : « Une culture en crise est nécessairement une culture en quête. Les chrétiens sont appelés à être des professionnels de la recherche du sens humain. »

    Ces extraits sont tirés de discours prononcés dans diverses circonstances, dans de nombreuses régions du monde, à différentes occasions. Ils forment toutefois un tout cohérent, offrant un portrait de l’homme Robert Francis Prevost. Il n’hésite pas à recourir à des citations de la culture populaire, se révèle être un fin connaisseur de la scène théâtrale et musicale, et ne manque pas de mettre à profit sa familiarité avec la culture pop dans une tentative d’inculturation qui vise néanmoins à ne jamais diminuer la foi.

    Son évolution au cours de ces treize années, entre 2001 et 2014, est frappante. Ses premiers discours sont plus naïfs, son style de gouvernance plus direct, plus pragmatique, et il se montre plus enclin à l'idée qu'il faut tracer une voie concrète. Au fil du temps, Prevost devient moins direct dans l’expression de ses concepts, plus disposé à prendre en compte le contexte plus large. Mais cette évolution dans la gouvernance, qui s’apparente presque à un adoucissement dû à une plus grande familiarité avec le rôle, va de pair avec les changements de la société qui l’entoure.

    Prevost est devenu général peu après le 11 septembre 2001, et ses premiers discours évoquaient un monde qui, malgré tout, se percevait encore comme chrétien. Mais, au fil du temps, le langage a évolué vers celui d’un monde en crise, auquel Prevost a répondu en intensifiant sa quête de sens, en se tournant vers l’histoire de l’ordre des Augustins, en s’inspirant de l’exemple des saints et des martyrs, et en explorant la spiritualité.

    Tout cela nous donne aujourd’hui un pape qui a fait de la centralité du Christ son objectif premier de gouvernance.

    C’est un pape qui comprend le poids des symboles et qui, par conséquent, les utilise quand c’est nécessaire. Après tout, il a immédiatement recommencé à porter la mozzetta rouge que le pape François avait toujours rejetée et est retourné vivre tranquillement au Palais apostolique du Vatican.

    Cela nous donne également un pape qui mène une vie régulière, recherche l’équilibre et vit autant que possible comme un frère, convaincu de sa vocation et désireux de célébrer la messe chaque fois que cela est possible.

    C'est un pape qui a appris à gouverner en tant que supérieur général d'un ordre religieux présent dans le monde entier, qui a parcouru le monde et connaît les réalités du terrain. C'est donc un pape qui ne prend pas de décisions hâtives ou injustement sévères, mais qui recherche plutôt l'équilibre.

    Cela ne conduira pas à des bouleversements majeurs et soudains. Il n’y aura pas de nominations inattendues au sein de la Curie, mais des nominations ciblées, à commencer par les cinq nouveaux responsables de dicastères qui seront choisis cette année (les préfets des dicastères des Laïcs, de la Famille et de la Vie ; du Développement humain intégral ; du Culte divin ; de l’Unité des chrétiens ; et des Causes des saints ont plus de 75 ans).

    Il n’y aura pas de réformes improvisées, mais des décisions mûrement réfléchies après un examen attentif. Il y aura une plus grande collégialité épiscopale, car le modèle inclut tout le monde dans le processus décisionnel, reconnaissant que le pouvoir est avant tout un service.

    Et il y aura de plus en plus de références à La Cité de Dieu, qui est en quelque sorte le principe directeur de ce pontificat. La Cité de Dieu, qui demande à chacun de tendre vers les choses d’en haut, car c’est là que nous avons notre place. En effet, La Cité de Dieu semble être le premier et véritable théorème diplomatique de Léon XIV.

    Si quatorze années de direction augustinienne ont transformé l’homme qui est devenu le pape, nous pouvons supposer – voire espérer – qu’il deviendra plus augustinien à mesure qu’il continuera à exercer sa fonction de pontife et qu’il se familiarisera de plus en plus avec son rôle de chef de l’Église universelle.

    En fin de compte, nous n'avons pas affaire à un pape figé dans une position bien définie, mais à un pape capable d'évoluer dans son rôle de gouvernant tout en continuant à grandir dans la foi.

  • Un an après : Léon XIV, le pape à l'écoute

    IMPRIMER

    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register :

    Un an après : Léon XIV, le pape à l'écoute

    ANALYSE : Le Saint-Père a tenu à écouter et à tenter d'apporter la paix et l'unité à l'Église, mais ses intentions restent difficiles à déchiffrer.

    Le pape Léon XIV célèbre la messe en la basilique Saint-Pierre au Vatican le 26 avril.
    Le pape Léon XIV a célébré la messe en la basilique Saint-Pierre au Vatican le 26 avril. (Photo : Daniel Ibáñez / EWTN News)

    La première année de pontificat de Léon XIV, successeur de Pierre, a apporté un certain calme et une plus grande sérénité à l'Église institutionnelle après les années tumultueuses du pontificat de François. Pourtant, la véritable nature du premier pape américain demeure largement insaisissable et ses intentions profondes pour l'Église restent difficiles à cerner.

    Lorsqu'il est monté sur la loggia de Saint-Pierre le 8 mai de l'année dernière et a salué le monde simplement par « Que la paix soit avec vous ! », Léon a hérité d'une Église marquée par des querelles internes qui couvaient depuis longtemps et qui avaient éclaté au grand jour, et d'un style de gouvernement dans lequel l'autorité papale était fréquemment exercée par un décret personnel.

    Ces conflits incluaient des luttes âpres entre l'orthodoxie et l'hétérodoxie doctrinales, mises en lumière par des documents controversés tels qu'Amoris Laetitia et Fiducia Supplicans , qui révisaient l'enseignement établi en matière de morale et de ministère. Les différends portaient également sur des décisions papales prises par motu proprio (décret) et rescrits ad hoc, souvent promulgués sans consultation préalable ni référence aux procédures et institutions canoniques existantes.

    Au cours des douze derniers mois, le pape Léon XIV s'est donc efforcé d'apaiser les tensions liées au pontificat du pape François, de redonner un semblant de normalité à la papauté et de réintégrer la gouvernance dans les structures juridiques et curiales de l'Église. Son objectif, a-t-il souvent souligné, est d'œuvrer pour l'unité au sein d'une Église catholique et d'un monde polarisés.

    Les premières décisions du pape Léon XIV furent des gestes délibérés de restauration. Il rétablit l'usage des vêtements pontificaux mis de côté par François et reprit ses fonctions au Palais apostolique, vacant depuis Benoît XVI. Bien que largement symboliques, ces décisions revêtaient une importance institutionnelle, signalant un retour à la normale.

    Dans le même temps, Léon a clairement indiqué dès le départ qu'il souhaitait rétablir l'ordre au sein d'une Curie devenue incertaine de sa propre autorité et déchirée par un déclin de l'ordre public, allant des nominations arbitraires et des communications floues aux contrôles financiers laxistes et au favoritisme.

    Canoniste de formation, nombre de ses nominations, non seulement à la Curie romaine mais aussi dans les diocèses du monde entier, ont délibérément favorisé des experts reconnus en droit canonique. Il a ainsi nommé Mgr Filippo Iannone, juriste italien de renom, pour lui succéder à la tête du Dicastère pour les évêques – un choix significatif qui a fait passer le critère de sélection épiscopale du charisme à l'intégrité procédurale. Plus récemment, il a nommé Mgr Anthony Randazzo, évêque australien et lui aussi canoniste éminent, au poste de conseiller juridique principal du Vatican.

    Affaires non résolues

    Pourtant, la justice au sein du Vatican reste entachée. Le procès du père Marko Rupnik, le célèbre mosaïste expulsé de l'ordre des Jésuites après avoir été accusé d'abus sexuels et psychologiques graves commis pendant des décennies, a été ouvert. Mais deux ans et demi après l'annonce de sa possible comparution, on ignore toujours si la procédure est en cours. De même, le procès non résolu de l'ancien auditeur du Vatican, Libero Milone, limogé par le Vatican en 2017 après avoir mis au jour des malversations financières, continue de peser sur la Curie, illustrant les pratiques douteuses du Vatican. Léon XIV n'a, à ce jour, jamais rencontré Milone en personne, malgré les demandes formulées.

    Pourtant, sur le plan financier, le nouveau pape a fait des progrès prudents. Son décret Coniuncta Cura (Soins unis) a mis fin au monopole de la Banque du Vatican et encouragé une coopération limitée avec des banques extérieures agréées, dans le cadre d'un encadrement éthique global. Il a également dissous un comité de collecte de fonds opaque, créé durant la dernière maladie du pape François. Mais les finances du Saint-Siège restent fragiles, l'affaire du cardinal Angelo Becciu n'est toujours pas résolue et, si Léon XIV promet un contrôle plus strict, certains observateurs craignent que sa prudence ne retarde les mesures décisives nécessaires pour rétablir la confiance.

    Concernant la gouvernance en général, il a répondu à une demande formulée par des cardinaux avant le conclave, demandant au pape de les consulter plus fréquemment et de favoriser une plus grande collégialité afin de réduire les divisions internes. En janvier, il a convoqué un consistoire extraordinaire de cardinaux, une première pour le pape. Bien que critiquée pour le recours à la synodalité, un format que certains estiment destiné à museler délibérément les voix conservatrices , cette réunion a contribué à restaurer le rôle consultatif des cardinaux et à rouvrir des canaux de dialogue longtemps fermés sous le pontificat de François. Une seconde réunion de ce type aura lieu fin juin.

    Cette volonté de consultation s'est également manifestée lors des rencontres individuelles de Léon avec des cardinaux marginalisés durant le pontificat de François, parmi lesquels les cardinaux Burke, Müller et Sarah. Il a affirmé en privé qu'aucun cardinal souhaitant le rencontrer ne se verrait refuser une audience. Ceux qui l'ont côtoyé personnellement le décrivent comme un pape qui écoute plus qu'il ne parle et qui préfère prendre en compte différents points de vue avant d'agir. Cette patience est largement appréciée, même si certains craignent qu'elle n'entraîne une paralysie sur des questions doctrinales et liturgiques controversées. Une fois encore, il demeure énigmatique, peut-être de manière stratégique.

    Il a abordé des questions sensibles et non négociables, mais avec une certaine prudence et non sans susciter la controverse. Concernant l'avortement, il a déploré son financement public, tout en l'inscrivant dans une conception plus large et controversée de « l'éthique de la vie cohérente ». Sur la question de l'homosexualité, il a tenu à rencontrer des membres de Courage International , un apostolat qui soutient les hommes et les femmes attirés par le même sexe dans leur démarche de chasteté, conformément à l'enseignement catholique. Parallèlement, il a fait écho aux propos du pape François en minimisant la gravité du péché sexuel lors d'une déclaration à la presse durant son vol retour de Guinée équatoriale, affirmant que « la justice, l'égalité, la liberté des hommes et des femmes, la liberté de religion » sont des « questions plus importantes et plus fondamentales ».

    Continuité avec le pape François

    En matière d'enseignement pontifical, Léon XIV a été loué pour son approche christocentrique . Parallèlement, il a fait preuve d'une continuité fondamentale avec son prédécesseur immédiat. Il a largement réaffirmé l'enseignement de François sur le mariage et la famille, saluant Amoris Laetitia comme un « message lumineux d'espérance », a repris nombre de thèmes écologiques et sociaux chers à François, notamment sur les migrations, et a maintenu son soutien à la synodalité, mais sous une forme plus rigoureuse qui renforce l'autorité épiscopale .

    Il a jusqu'à présent refusé d'abroger la déclaration vaticane de 2023, Fiducia Supplicans, autorisant les bénédictions non liturgiques des couples de même sexe. Le cardinal Victor Fernández, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a insisté sur le fait que le pape Léon XIV n'y toucherait pas , bien que le Saint-Père ne l'ait pas incluse dans une liste de documents « clés » de l'ère François et qu'en avril, il en ait donné une interprétation plus restrictive , affirmant qu'elle bénit les personnes individuellement, et non les couples ou unions de même sexe.

    Malgré sa dévotion mariale, il a surpris et indigné les mariologues et d'autres en autorisant le cardinal Fernández à publier Mater Populi Fidelis (La Mère du Peuple Fidèle de Dieu) , une note doctrinale qui minimisait deux titres historiques de la Vierge Marie. Le maintien ou non du cardinal Fernández à la tête du Dicastère pour la Doctrine de la Foi constitue une autre décision papale cruciale et imminente.

    En matière de politique étrangère, Leo a été salué pour son discours du Nouvel An aux ambassadeurs, dans lequel il a dressé un constat acerbe du « retour en force » de la guerre et condamné la normalisation du recours aux armes comme politique étrangère. Ses déclarations générales mais fermes ont progressivement cédé la place, notamment avec le déclenchement de la guerre en Iran, à des appels à la paix de plus en plus véhéments et inhabituellement précis, aboutissant finalement à un affrontement public avec le président Trump .

    Léon XIV a clairement exprimé ses réserves à l'égard de l'administration Trump, tant par ses actes que par ses paroles : il a nommé des évêques critiques envers les politiques de l'administration, notamment sur la question de l'immigration, et a préféré passer le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis non pas dans son pays natal, mais à Lampedusa, une île italienne symbolique de la crise migratoire en Europe.

    En résumé, ses interventions étrangères allient le soutien à la coopération multilatérale et à la dignité humaine à des critiques fermes du nationalisme, de la guerre et des excès idéologiques au sein des institutions mondiales, y compris les Nations Unies.

    Léon XIV est le premier pape à posséder une expérience missionnaire aussi vaste, et ses initiatives visant à intensifier les efforts d'évangélisation – une priorité pour les cardinaux électeurs avant le conclave – ont été généralement bien accueillies. Ses voyages papaux au Moyen-Orient et en Afrique ont été largement perçus comme des succès, tout comme le Jubilé de la jeunesse à Rome, qui a rassemblé plus d'un million de jeunes catholiques venus de 146 pays.

    Écrits majeurs

    Son premier document majeur, l'exhortation apostolique Dilexi Te (« Je t'ai aimé ») sur l'amour des pauvres, reprenait une grande partie de l'enseignement social du pape François, la plupart des textes ayant été écrits durant son pontificat. Mais l'intérêt intellectuel personnel de Léon XIV réside davantage dans les défis posés par l'intelligence artificielle. Dans plusieurs discours, il a appelé à une réglementation internationale et à des limites éthiques concernant l'IA. Selon des sources vaticanes, il prépare une encyclique papale sur cette technologie et la dignité humaine, attendue prochainement.

    Les communications de Léon XIV sont généralement prudentes et soigneusement sélectionnées. Il accorde peu d'interviews, surtout comparé à son prédécesseur, mais il a franchi une étape inédite pour un pape en organisant des points presse – une nouveauté qui lui a parfois valu des ennuis, car il s'en est servi pour s'immiscer dans des luttes politiques, notamment aux États-Unis. Son comportement public est courtois mais réservé, ses paroles peu nombreuses et mesurées. Ceux qui l'ont rencontré le décrivent comme un homme au rire facile mais peu bavard, dont les silences comme les paroles ont une égale importance.

    Ce tempérament prudent se reflète dans sa réticence apparente à intervenir de manière décisive dans les conflits internes et majeurs de l'Église. Il n'a pas encore abordé sérieusement la Voie synodale allemande, notamment la récente décision des évêques allemands de créer une « conférence synodale » permanente, dont les versions précédentes avaient été contestées par le Vatican. De même, la question potentiellement cruciale de la Fraternité Saint-Pie-X, qui prépare des consécrations épiscopales illicites cet été, reste en suspens. Jusqu'à présent, Léon a délégué cette affaire au cardinal Fernández. Concernant l'œcuménisme, il a chaleureusement accueilli la première femme archevêque anglicane de Canterbury – à la tête d'une communion séparée de Rome – privilégiant le dialogue et la rencontre aux appels à la conversion et à un « œcuménisme du retour ».

    Concernant la messe traditionnelle en latin, Léon XIV a discrètement autorisé des exceptions locales à Traditionis Custodes , le décret du pape François de 2021 limitant le Vetus Ordo, mais il a évité de rouvrir le débat et a laissé tranquilles certains évêques accusés d'outrepasser le décret. Pour certains, cette approche non interventionniste est prudente et vise à apaiser les tensions ; pour d'autres, il s'agit d'un refus de prendre position sur l'une des questions les plus sensibles de l'Église.

    Ses proches le décrivent comme un homme profondément pieux, dévoué à Marie, doté d'un humour discret et d'un tempérament prudent. Méfiant des grands gestes, il privilégie les réformes progressives aux décrets radicaux. Un an après son élection, Léon XIV s'est ainsi forgé la réputation d'un « pape américain discret », restaurant méthodiquement le décorum, la légalité et la sérénité de la papauté tout en suivant, sur certains points, la ligne générale du pape François.

    Une série de problèmes épineux et urgents se présentent à lui, exigeant un leadership clair et décisif. La manière dont il les abordera dans les mois à venir contribuera à dissiper l'énigme qui l'entoure, révélant plus clairement qui il est et où il entend mener l'Église.

  • L'organisme pro-vie du Vatican a perdu le cap

    IMPRIMER

    De Michael Haynes sur The European Conservative :

    L'organisme pro-vie du Vatican a perdu le cap

    Lorsque l'avortement est considéré comme un « droit » incontestable, même l'Académie pontificale pour la vie du Vatican n'exige plus de ses membres qu'ils soient pro-vie.

    7 mai 2026

    L’interdiction de l’Église catholique concernant l’utilisation de la contraception est claire et immuable, pourtant le déclin tragique de l’académie du Vatican chargée d’examiner ces questions est tel que son président reste incapable de dire s’il est d’accord ou non avec l’enseignement de l’Église.  

    Dans un monde fortement imprégné de penchants sexuels et marqué par la dégradation totale des mœurs et de l’éthique relatives au caractère sacré de la vie, la main directrice claire de l’Église fait cruellement défaut. Ses enseignements sur des questions telles que l’avortement, l’euthanasie et la sexualité sont largement impopulaires, mais constituent de plus en plus le dernier bastion de la défense de la vie. 

    Malheureusement, ces dernières années, l’organisme même chargé par le Vatican d’être le centre de la recherche universitaire dans ce domaine s’est désastreusement égaré. 

    L'Académie pontificale pour la vie était autrefois un centre de recherche universitaire, où se réunissaient certains des plus grands esprits unis dans la lutte contre l'avortement, l'euthanasie et les menaces particulières qui pesaient alors sur la vie. Pour le médecin ou le catéchiste catholique en proie à des doutes, qui se trouvait confronté à des questions sur le caractère sacré de la vie, l’Académie pontificale pour la vie (APV) était l’endroit vers lequel se tourner en toute confiance, sachant que les travaux des académiciens constitueraient une ressource fiable.  

    Fondée par le pape Jean-Paul II en 1994 par le motu proprio Vitae Mysterium, la PAV a été pendant de nombreuses années à l’avant-garde des activités bioéthiques et pro-vie du Vatican. Mais sous le pape François, elle a subi des modifications notables.  

    En 2016, le pape argentin a remanié les statuts de l’Académie et supprimé le serment obligatoire, destiné aux membres médecins de l’Académie, par lequel ceux-ci s’engageaient expressément à adhérer à l’enseignement catholique sur le caractère sacré de la vie et à ne pas pratiquer « de recherche destructrice sur l’embryon ou le fœtus, d’avortement volontaire ou d’euthanasie ». L’année suivante, il a vidé l’Académie de ses membres et admis un grand nombre de personnes dont les travaux étaient souvent en contradiction avec l’objectif initial de l’Académie. Parallèlement, il a également vidé de sa substance l’organisme jumeau de l’Académie, l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. 

    Le vaticaniste chevronné Sandro Magister écrivait à l’époque que parmi les membres écartés « figurent quelques universitaires faisant autorité, qui se sont toutefois distingués en critiquant publiquement les nouveaux paradigmes moraux et pratiques mis en vogue sous le pontificat de François ». La nouvelle liste des académiciens, estimait Magister, était « révélatrice d’un changement de cap ». 

    François a également supprimé le statut de membre à vie au profit de mandats de cinq ans, ce qui, selon certains critiques, ferait de l’Académie un simple bureau de la Curie romaine de plus plutôt qu’un groupe de réflexion pro-vie fidèle à sa cause d’origine.  

    À première vue, ces changements peuvent ne pas sembler si radicaux. Pourtant, en peu de temps, ils ont complètement bouleversé la réputation de l’Académie en tant qu’organisme phare du Vatican sur les questions pro-vie, d’autant plus que de nouveaux membres ont commencé à s’opposer à l’enseignement moral catholique sur la contraception, l’avortement et l’euthanasie.  

    Prenons, par exemple, le cas très médiatisé de l’économiste Mariana Mazzucato, nommée par le pape François à l’Académie pour la vie (PAV) fin 2022, bien qu’elle soit favorable à l’avortement. Une telle décision aurait été impensable avant la refonte de l’Académie par François, mais Mazzucato est loin d’être la seule membre pro-avortement de l’Académie pour la vie. Ce n’est pas pour rien que même parmi certains responsables du Vatican, la PAV est surnommée « l’Académie de la mort ». 

    Il ne semble pas non plus y avoir de véritable sentiment de honte parmi les membres pro-avortement de la PAV. À ma connaissance, je reste le seul journaliste du Vatican à avoir interpellé Mme Mazzucato sur son appartenance à la PAV, ce à quoi elle a répondu en qualifiant de « triste » le fait que sa position sur la question ait été remise en cause lors d’un événement organisé par l’Académie. 

    La PAV est actuellement dirigée par l’archevêque Renzo Pegoraro, qui a pris ses fonctions de président en mai dernier après que l’archevêque Vincenzo Paglia, président de longue date, a pris sa retraite pour raison d’âge. C’est sous l’influence de Paglia que la nature de l’Académie a subi une transformation radicale, le pape François ayant trouvé en lui un allié clé.  

    Au cours de son mandat, la PAV a publié un ouvrage controversé qui plaidait pour que l’Église accepte la contraception et l’insémination artificielle comme moralement acceptables. Paglia lui-même a déclaré dans une interview de 2022 qu’il « croyait que le jour viendrait » où le pape François ou son successeur publierait un texte sur la morale qui serait en accord avec le document controversé de la PAV. Il a par la suite nié avoir tenu de tels propos lorsque je l’ai interrogé à ce sujet en février 2024. Le parcours de l’archevêque comprend également une autre démonstration de contorsion morale, puisqu’il a exprimé son soutien à l’euthanasie – suscitant une condamnation générale –, tout en précisant qu’il ne la pratiquerait pas lui-même.  

    Mais Paglia n’est qu’un exemple parmi tant d’autres du triste déclin de cette Académie autrefois prestigieuse. Les bureaux où des experts médicaux et des théologiens défendaient autrefois avec ferveur l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie à chaque étape sont désormais occupés par des théologiens qui cherchent sans cesse de nouvelles façons d’approuver des pratiques que l’Église ne peut tolérer. Tout cela est présenté sous le couvert d’un discours de renouveau, les nouveaux responsables affirmant que les enseignements moraux nécessitent une « réflexion continue ». 

    Cet esprit perdure encore aujourd’hui. Les nouveaux statuts de l’Académie, ratifiés par le pape Léon XIV ces dernières semaines, n’ont en rien changé la donne et se sont contentés d’ajouter une nouvelle catégorie de partisans à la PAV. 

    Mgr Pegoraro a pris la tête de l’Académie après avoir été pendant de nombreuses années le bras droit de Mgr Paglia, assurant ainsi une continuité naturelle dans le style et la morale de la PAV. Mgr Pegoraro a lui-même déclaré lors d’une interview accordée au Wall Street Journal en 2022 — en opposition directe à l’enseignement catholique — que la contraception pouvait être autorisée dans certains cas, notamment pour la « préservation de la vie sexuelle d’un couple ». 

    L’archevêque est resté évasif sur ce point lorsqu’il a été interrogé à plusieurs reprises à ce sujet l’année dernière.  

    Mais récemment, incapable d’échapper physiquement à mes questions lors d’un événement au Vatican, Pegoraro a cherché à se décharger de la responsabilité de ses propos et du rôle de l’Académie dans les débats sur la bioéthique. 

    Interrogé par notre correspondant au sujet de ses déclarations de 2022 en faveur de la contraception, Mgr Pegaroro a commencé par répondre qu’il s’agissait d’une question relevant du Dicastère pour la famille. Pressé de s’exprimer davantage sur le sujet, l’archevêque a recouru à l’expression « procréation responsable », qui, sous le pontificat du pape François et dans le cadre de la PAV réformée, en est venue à signifier de plus en plus la limitation du nombre d’enfants, y compris par le recours à des méthodes contraceptives. Une fois de plus, il a affirmé que toute question concernant son soutien à la contraception devait être adressée au Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie.  

    Tel est l’état actuel du principal organisme bioéthique du Vatican, dont le président reste incapable de dire s’il est d’accord avec l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie — un élément qui sous-tend une grande partie de la morale catholique.  

    Les théologiens de la PAV sont trop prolixes et trop prudents pour livrer une citation percutante dans laquelle ils défendraient l’avortement ou la contraception comme étant toujours justifiables, évitant ainsi de se condamner facilement comme hérétiques. Au lieu de cela, la révolution morale a été menée en utilisant des termes relativistes, en remettant en question chaque enseignement sans réserve et en privilégiant le rôle de la pensée personnelle par rapport aux vérités et aux enseignements immuables.  

    Le pape Jean-Paul II a déclaré en 1988 que l’enseignement de l’Église sur la contraception « fait partie du patrimoine permanent de la doctrine morale de l’Église », mais pour la PAV, cela ne signifie rien. La vérité immuable n’est pas un concept qu’ils reconnaissent lorsqu’il s’agit des domaines de la morale et de la bioéthique. 

    Au lieu de cela, l’Académie pour la Vie se détourne de sa mission en se concentrant intensément sur la recherche autour de l’IA, délaissant ainsi sa véritable vocation au profit d’un sujet qui suscite un vif intérêt auprès des ONG internationales. Trouver un intervenant lors d’un événement de l’Académie — ou même un simple membre — qui soutienne l’avortement n’est désormais plus une exception, ce qui met en évidence la décadence théologique qui s’est installée dans de nombreux recoins de la Rome autrefois si noble. 

    Michael Haynes est correspondant au Vatican pour Pelican+ et analyste du Vatican pour The Catholic Herald ; les lecteurs peuvent le suivre sur Per Mariam et sur X @MLJHaynes.