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Structures ecclésiastiques

  • Le cardinal Brandmüller ne mâche pas ses mots

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    De FSSPX Actualités :

    Cardinal Brandmüller : « Des oasis dans le désert »

    11 avril 2024

    Le cardinal Walter Brandmüller, qui a fêté ses 95 ans au début de l’année, a publié un article sur le site de langue allemande Kath.net, dans lequel il ne mâche pas ses mots contre l’Eglise d’Allemagne – ce qui n’est pas la première fois – mais il développe une réflexion sur la conduite à tenir dans la situation actuelle, qui se tourne assez franchement vers la tradition.

    Le cardinal Brandmüller, qui a signé les deux lettres de dubia adressées au pape François, en 2016 et en 2023, a repris la plume pour déplorer l’état de l’Eglise et pour proposer des solutions aux prêtres et aux fidèles dans la situation de crise actuelle.

    Un constat désabusé sur le résultat du Chemin synodal

    Il note que « comme on pouvait s’y attendre, la “voie synodale” est depuis longtemps en train de se perdre dans l’inconnu ». Le bilan : des millions d’euros d’impôts ecclésiastiques dépensés et « la discorde sur des questions centrales de foi et de morale », même parmi les évêques, qui permettent de parler d’hérésie et de schisme.

    L’état du catholicisme en Allemagne est « une apostasie de masse ». Quant aux séminaires, quand ils ne sont pas fermés, ils sont presque vides. « Mais, constate le cardinal, les lieux de formation de certaines communautés – comme la Fraternité Saint-Pierre, l’Institut du Christ-Roi, la Communauté Saint-Martin, le couvent Heiligenkreuz – (…) jouissent d’une vie active et croissante. »

    Une période de chrétienté révolue

    Le cardinal historien rappelle que « la doctrine sociale catholique a été à la base de la reconstruction et du développement de la République fédérale d’Allemagne sous Konrad Adenauer ». Mais avec le succès du miracle économique allemand « les nuages de plus en plus épais de l’esprit matérialiste de l’époque ont commencé à bloquer la vue du ciel ».

    La vague de biens terrestres « a submergé le pays ». Il en est résulté « une société postchrétienne et athée, dans laquelle le christianisme, l’Eglise, n’a plus qu’une existence de niche. Elle est ignorée, méprisée, combattue. » Ainsi « dans la plupart des régions d’Allemagne, l’Eglise a dû troquer son ancienne place dans la tribune d’honneur contre le banc des accusés ».

    Une société dénaturée et apostate devant laquelle il faut réagir

    Le constat note encore que « la législation récente a fixé des normes dans le domaine du mariage, de la famille et de la santé, qui se moquent de la morale chrétienne et de la doctrine sociale, voire de l’anthropologie développée depuis l’Antiquité classique ». Ainsi « presque toutes les perversions imaginables, de la fécondation in vitro à l’euthanasie et au suicide assisté, ont été admises ».

    Il faut donc réagir : « le chrétien, le catholique doit trouver, créer des oasis dans ce désert humain, culturel, où il peut encore respirer librement et survivre ». Cela nécessitera de passer d’une « Eglise fortement présente à une Eglise de petites communautés ». Cette évolution, pour le cardinal, est inéluctable.

    Redonner sa place au prêtre…

    Pour accomplir cette évolution, le cardinal réclame « une accentuation plus décisive de l’image que les prêtres ont d’eux-mêmes ». Pour décrire cette image, le prélat fait appel à « l’ancien rite d’ordination » qui énumérait les devoirs du prêtre : « offrir le saint sacrifice, bénir, diriger la communauté, prêcher et baptiser ».

    Et il ajoute qu’il « n’est pas fait mention de la gestion du ministère paroissial, des comités ou de la gestion des biens et des institutions sociales ou d’autres “œuvres” ». Il note enfin que « cette liste d’obligations date du Moyen-Age, mais elle contient précisément les activités pour lesquelles le prêtre est aujourd’hui ordonné, comme il l’a toujours été ».

    Il enfonce nettement le clou : « le catholicisme de comité et de réunion, qui a fleuri depuis Vatican II, est de toute façon devenu un modèle en voie de disparition, sur lequel personne ou presque – à l’exception des “fonctionnaires” du Comité central – ne versera une larme ».

    Aussi, « cette distinction, qui ne réserve au prêtre que le “praeesse” – la présidence – la direction de la communauté, devrait être faite pour permettre au prêtre d’être libre d’accomplir sa véritable mission : la prédication, la liturgie, l’administration des sacrements et la pastorale ». Autrement dit, tout ce dont les novateurs veulent le dépouiller.

    … et aux laïcs la leur

    Quant aux laïcs, explique le cardinal Brandmüller, « tout comme les prêtres, ils répondent à une vocation propre. Leur domaine de responsabilité n’est pas la chaire et l’autel, mais, comme le souligne Vatican II, “le monde” dans lequel l’Eglise doit accomplir sa mission. »

    Ainsi, une saine répartition des tâches « à condition que les collaborateurs soient choisis avec soin et que la confiance mutuelle règne » permettrait au prêtre « de gagner le temps nécessaire à la préparation consciencieuse de la prédication, de la catéchèse, de l’entretien pastoral, et à sa propre vie spirituelle ».

    Le cardinal conclut sur ces mots : « des communautés vivantes, telles des îles dans la mer, pourraient offrir un havre de paix aux personnes désorientées qui dérivent sur les vagues de l’esprit du temps ».

    Quoique l’analyse cardinalice vise premièrement et principalement l’Allemagne, elle doit être étendue à tous les pays catholiques, qui subissent, peu ou prou, d’une manière ou d’une autre, cette « apostasie silencieuse » déjà dénoncée par Jean-Paul II. Le plan que le cardinal allemand envisage pour son pays, doit être réalisé dans toute la chrétienté. (...)

  • La vie de l’Eglise catholique dans le monde, du 1er décembre 2021 au 31 décembre 2023

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    Du site de l'Osservatore Romano :

    Publication de l’annuaire pontifical 2024 et de l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2022

    L’Eglise catholique dans le monde

     L’Eglise catholique dans le monde  FRA-015

    11 avril 2024

    L’annuaire pontifical 2024 et l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2022, dont la rédaction a été réalisée par le Bureau central de statistiques de l’Eglise, sont depuis quelques jours en vente en librairie, édités par la Typographie vaticane.

    La lecture des données rapportées dans l’Annuaire pontifical fait apparaître les informations relatives à la vie de l’Eglise catholique dans le monde, du 1er décembre 2021 au 31 décembre 2023.

    Au cours de cette période, neuf nouveaux sièges épiscopaux et une administration apostolique ont été érigés; deux sièges épiscopaux ont été élevés au rang de sièges métropolitains, et un vicariat apostolique a été élevé au rang de siège épiscopal.

    Les données statistiques de l’Annuarium Statisticum Ecclesiae permettent de dresser un cadre synthétique des principales tendances concernant l’évolution de l’Eglise catholique dans le monde.

    Ci-dessous sont reportées les informations sur certains aspects fondamentaux de l’Eglise catholique entre 2021 et 2022:

    — Le nombre de catholiques baptisés au niveau mondial a augmenté, passant de 1.376 millions en 2021 à 1.390 millions en 2022, soit une augmentation relative de 1,0%.

    Le taux de variation diffère d’un continent à l’autre: en effet, tandis qu’en Afrique, on enregistre une augmentation de 3%, avec un nombre de catholiques qui est passé, au cours de la même période, de 265 à 273 millions, à l’inverse, en Europe, se manifeste une situation de stabilité (en 2021 et en 2022 le nombre de catholiques s’élève à 286 millions). Des situations intermédiaires s’enregistrent en Amérique et en Asie, où la croissance des catholiques est importante (respectivement +0,9% et +0,6%), mais entièrement en ligne avec le développement démographique de ces deux continents. Une situation stationnaire, sur des valeurs absolues évidemment plus faibles, s'applique également à l'Océanie;

    — le nombre des évêques au cours des deux années 2021-2022 a augmenté de 0,25%, passant de 5.340 à 5.353 unités. Ce mouvement de croissance se manifeste en Afrique et en Asie, avec des variations relatives respectivement de 2,1 et 1,4%. Une situation de stabilité s’enregistre en Amérique (avec 2.000 unités) et en Océanie (avec 130), tandis que l’on enregistre une légère baisse (-0,6%) en Europe (de 1.676 à 1.666 unités);

    — l’année 2022 marque une baisse ultérieure du nombre de prêtres par rapport à l’année précédente, en continuité avec la tendance à la baisse qui a caractérisé les années à partir de 2012.

    Le nombre total de prêtres dans le monde en 2022, par rapport à 2021, a subi une diminution de 142 unités, passant de 407.872 à 407.730 unités. Alors que l’Afrique et l’Asie enregistrent une croissance soutenue (respectivement +3,2% et +1,6%) et que l’Amérique se maintient à peu près stationnaire, l’Europe, ayant le poids le plus important sur le total, et l’Océanie enregistrent en revanche des taux de variation négatifs, respectivement de 1,7 et de 1,5%;

    — la population des diacres permanents continue d’enregistrer une évolution dynamique importante: le nombre de diacres augmente, en 2022, de 2% par rapport à la même date un an auparavant, passant de 49.176 à 50.150 unités. Le nombre augmente sur tous les continents à des ryth-mes significatifs. En Afrique, en Asie et en Océanie, où il n’atteignent pas encore 3% du total, ils augmentent de 1,1%, s’attestant à 1.380 unités en 2022. Ce nombre augmente également dans les régions où leur présence est quantitativement importante. En Amérique et en Europe, où résident environ 97,3% de la population totale, le nombre de diacres a augmenté, dans l’intervalle de temps considéré, respectivement de 2,1 et de 1,7%;

    — Le groupe des religieux profès non prêtres constitue un groupe en baisse au niveau mondial: on en comptait 49.774 unités en 2021, qui sont devenues 49.414 en 2022. La baisse est due, par ordre d’importance, au groupe européen, au groupe africain, et au groupe océanique, tandis qu’en Asie, le nombre de ces agents augmente, ainsi qu’en Amérique, bien que dans une moindre mesure;

    — les religieuses professes constituent une population d’une certaine importance: en 2022, elles dépassaient de près de 47% le nombre de prêtres dans le monde entier et sont actuellement en nette diminution. Au niveau mondial, elles passent de 608.958 unités, en 2021, à 599.228 en 2022, soit une baisse relative de 1,6%. L’analyse des évolutions temporelles pour chaque région territoriale fait apparaître des différences de comportements. L’Afrique est le continent ayant connu la plus grande augmentation de religieuses, qui sont passées de 81.832 unités en 2021 à 83.190 en 2022, soit une augmentation relative de 1,7%. Suit la région de l’Asie du sud-est, où le nombre de religieuses professes est passé de 171.756 en 2021 à 171.930 en 2022, soit une augmentation d’à peine 0,1%. Le sud et la région centrale d’Amérique enregistrent une baisse: on passe de 98.081 religieuses en 2021, à 95.590 en 2022, soit une baisse totale de 2,5%. Enfin, trois régions continentales partagent une baisse évidente: il s’agit de l’Océanie (-3,6%), de l’Europe (-3,5%) et de l’Amérique du Nord (-3,0%);

    — La baisse qui caractérise depuis 2012 déjà l’évolution des vocations sacerdotales se poursuit: en 2022, le nombre de grands séminaristes s’élevait à 108.481 unités, soit une variation de

    -1,3% par rapport à la situation un an auparavant. Une analyse sommaire accomplie au niveau des sous-continents révèle une différence dans les comportements locaux. En Afrique, par exemple, le nombre de grands séminaristes, au cours des deux années étudiées, a augmenté de 2,1%. Dans toutes les régions d’Amérique a eu lieu une diminution des vocations qui s’est traduite par une variation de -3,2%. En Asie on enregistre une diminution qui porte le nombre des grands séminaristes en 2022 à un niveau inférieur de 1,2% par rapport à celui de 2021. La crise des vocations qui a touché l’Europe depuis 2008 ne semble pas s’arrêter: au cours des deux années 2021-2022, le nombre des séminaristes a diminué de 6%. En Océanie, les vocations sacerdotales en 2022 dépassent de 1,3% celles de 2021. Sur les 108.481 séminaristes du monde entier, en 2022, le continent qui enregistre le plus grand nombre de sémina-ristes est l’Afrique avec 34.541 unités. Il est suivi de l’Asie avec 31.767, l’Amérique avec 27.738, l’Europe avec 14.461 et enfin l’Océanie avec 974 grands séminaristes.

  • Benoît XVI : "pape de transition" ?

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    Du Tagespost :

    Peter Seewald défend Benoît XVI. Il n'a pas seulement posé des "jalons décisifs", il a aussi écrit l'histoire.

    08.04.2024

    La semaine dernière, un livre d'entretiens avec le pape François est paru en Espagne, dans lequel celui-ci qualifiait son prédécesseur, le pape Benoît XVI, de "pape de transition". Le biographe de Benoît XVI, Peter Seewald, contredit cette affirmation dans une interview accordée au "Katholische SonntagsZeitung für das Bistum Regensburg". Benoît XVI n'a pas seulement posé des "jalons décisifs", il a aussi écrit l'histoire, affirme Seewald dans l'interview qui paraîtra cette semaine. Selon l'historien Peter Watson, il serait à placer au même niveau que Beethoven, Bach et Hölderlin.

    Parmi les nouveautés que l'on doit à Benoît XVI, il y a, selon Seewald, les "synodes des évêques ouverts" que Benoît a été le premier à introduire. Il a restructuré les finances du Vatican, "réalisé d'énormes progrès dans le dialogue interreligieux" et "intensifié les relations avec le judaïsme, qui n'ont jamais été aussi bonnes que durant son mandat". Seewald rappelle également qu'en matière d'abus sexuels, Benoît a été le premier à prendre des mesures décisives selon une "stratégie de tolérance zéro".

    Un berger qui se souciait de l'humanité

    De même, le prédécesseur de François était "le seul à avoir l'expérience, la tête, le cœur, la noblesse" et l'humilité "pour faire entrer l'héritage du grand Jean-Paul II dans une nouvelle ère". La conclusion de Seewald : Benoît XVI est considéré comme "le plus grand théologien qui ait jamais siégé sur le siège de Pierre et comme le docteur de l'Eglise des temps modernes" - et comme le plus lu de surcroît. Pour lui-même, Benoît XVI a été un pasteur "qui ne s'est pas ménagé dans le souci de l'humanité" et "la fidèle transmission du message du Christ ".

    L'écrivain et journaliste souligne également le don prophétique de Benoît XVI. Il n'a pas seulement annoncé le paganisme qui se trouve "aujourd'hui dans l'Eglise elle-même" - et a donc demandé une sécularisation -, mais il a également prévu que l'Eglise deviendrait une "Eglise des petits" - une Eglise simplifiée dans laquelle "une grande force affluerait".

    L'Évangile non seulement enseigné, mais aussi vécu

    Pour le pape, la réforme a toujours signifié un retour à l'essence de la foi, ce que même Walter Kasper - "notoirement pas forcément un partisan de Ratzinger" - a souligné lorsqu'il a déclaré, après la démission du pape, que celui-ci avait "beaucoup contribué à la consolidation de l'Eglise dans la foi et à l'approfondissement de la foi". En fait, son objectif était de "dégager le véritable noyau de la foi sous les incrustations et de donner à ce noyau force et dynamisme".

    Selon Seewald, il ne peut pas répondre à la question de savoir pourquoi le pape François l'appelle pape de transition. "Une fois, il fait l'éloge de Benoît, le qualifiant même de 'grand pape', ... puis il le rabaisse, l'appelle grand-père, ami paternel ou justement 'pape de transition'". Pourquoi l'appellation de "pape de transition" serait en outre erronée : "Personne ne l'égalait dans la clarté de ses déclarations, l'acuité de son intellect, la brillance de sa manière de s'exprimer". Benoît XVI disposait en outre "d'une grandeur et d'une authenticité humaines et chaleureuses", "grâce auxquelles il n'a pas seulement enseigné l'Evangile, mais l'a aussi vécu".

  • Pourquoi la prochaine élection papale pourrait être différente de ce que beaucoup pensent

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    De George Weigel sur le Tagespost :

    Le prochain pape : George Weigel sur les mythes du conclave

    Pourquoi la prochaine élection papale pourrait être différente de ce que beaucoup pensent.

    6 avril 2024

    Faux. En 1878, Léon XIII a été élu rapidement, ce qui laisse supposer qu'il devait être extrêmement "papabile" avant le conclave. Giacomo Della Chiesa, cardinal-archevêque de Bologne et diplomate pontifical de longue date, était certainement "papabile" lors du conclave de 1914, même si son élection a nécessité une lutte acharnée. Pratiquement tous ceux qui savaient quelque chose s'attendaient à ce qu'Eugenio Pacelli succède à Pie XI (y compris Pie XI), et de fait, Pacelli fut élu sans coup férir. Giovanni Battista Montini était sans aucun doute très "papabile" en 1963 - en partie parce que de nombreux cardinaux électeurs l'avaient considéré en 1958 comme le successeur logique de Pie XII. Mais pour une raison encore inexpliquée, Montini, bien qu'archevêque de Milan, n'était pas cardinal à la mort de Pie XII.

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  • De François ou de Mgr Gänswein, qui faut-il croire ?

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    De Nico Spuntoni sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    La revanche de François sur Gänswein est pleine d'inexactitudes

    Dans son livre, le pape revient sur ses relations avec son prédécesseur, contre le secrétaire de Ratzinger qui avait nié la "légende" de l'harmonie entre les deux papes. Il s'exprime aussi sur le conclave de 2005, mais les témoignages ne concordent pas.

    3 avril 2024

    Tout en appelant à la paix pour le monde, François ouvre de nouveaux fronts de guerre dans l'Église. Il l'a fait avec des déclarations accordées au journaliste espagnol Javier Martinez-Brocal dans le livre-interview 'El sucesor'. Dans les avant-premières diffusées ces heures-ci, le pape s'est exprimé sur la relation avec Benoît XVI sans épargner les critiques sévères à l'égard de Monseigneur Georg Gänswein.

    On peut reprocher au fidèle secrétaire privé de Ratzinger d'avoir réfuté une fois pour toutes dans son livre 'Rien que la vérité' le récit d'une cohabitation harmonieuse entre le pontife régnant et son prédécesseur retiré au monastère Mater Ecclesiae. Commentant le contenu du livre écrit à quatre mains par Gänswein avec le journaliste Saverio Gaeta, Bergoglio a d'une part affiché sa supériorité en affirmant que "bien sûr, cela ne m'affecte pas, dans le sens où cela ne me conditionne pas", tandis que d'autre part il a exprimé toute sa colère parce que ce livre "le mettrait sens dessus dessous, en racontant des choses qui ne sont pas vraies".

    'Rien que la vérité' a dévoilé le contexte dans lequel Mgr Gänswein a été limogé en 2020 de son poste de préfet de la Maison pontificale, prétendument pour ne pas avoir empêché Benoît XVI de publier un texte de défense du sacerdoce dans le désormais célèbre 'From the Depths of Our Heart' (Cantagalli publisher) écrit par le cardinal Robert Sarah peu après le Synode sur l'Amazonie. Mgr Gänswein a raconté que le pape n'avait pas écouté la demande de son prédécesseur de le réintégrer en tant que préfet de la Maison pontificale. Les faits confirment que Gänswein, après l'éclatement de l'affaire Sarah, n'est plus revenu aux côtés du pape régnant lors des audiences publiques, tout en conservant formellement son poste.

    Toujours à l'encontre de l'archevêque allemand, François a déclaré à Martinez-Brocal qu'il avait "vécu comme un manque de noblesse et d'humanité" la diffusion en avant-première de Rien que la vérité le jour des funérailles.

    Au-delà de la critique elle-même, il ne faut pas cacher la stupéfaction de ceux qui n'oublient pas l'attitude de François pendant les jours d'exposition et d'enterrement de son prédécesseur. Il ne s'est pas rendu à la basilique Saint-Pierre pour prier devant le corps, il s'est entêté à confirmer l'audience générale du mercredi dans la salle Paul VI malgré les conseils des cardinaux et des collaborateurs qui ont à peine réussi à le convaincre de reporter les funérailles de quelques jours pour permettre aux cardinaux du monde entier d'arriver à Rome à temps. Tout le monde se souvient alors de l'homélie courte et dépersonnalisée ainsi que de la précipitation du Pape lors des funérailles.

    Au-delà du jugement sur les questions doctrinales et pastorales du pontificat en cours, c'est à ce moment-là qu'est apparue cette composante du caractère qui a souvent conduit François à prendre des décisions amèrement incompréhensibles au cours de ces onze années. L'expulsion de Mgr Gänswein du Vatican un mois plus tard, sans autre affectation, a clos le tableau.

    Depuis quelque temps, au mépris de l'évidence et parfois du ridicule, certains ont dû conseiller au pape de présenter un récit très différent de sa relation avec Ratzinger, en distinguant ce dernier des "ratzingeriens" qui l'auraient utilisé contre lui. Même Mgr Gänswein, l'homme qui a été à ses côtés jusqu'à la fin et qui a été son exécuteur testamentaire, s'est retrouvé dans ce cercle. Dans le livre d'entretiens 'El sucesor', cette volonté de présenter une relation probablement différente de la réalité est peut-être à l'origine des quelques contradictions de l'interviewé. François n'a pas hésité à rendre public son récit du conclave de 2005.

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  • De nouvelles déclarations du cardinal Grech concernant le Synode sur la synodalité suscitent la controverse

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Les commentaires controversés du cardinal Grech s'ajoutent à la liste croissante des préoccupations concernant les groupes d'étude post-synodaux

    Le cardinal maltais, qui dirige le Secrétariat du Vatican pour le Synode, a déclaré dans une interview récente qu'un diaconat féminin (non précisé s'il est ordonné ou non) ne serait pas une "révolution" mais un "approfondissement naturel de la volonté du Seigneur".

    27 mars 2024

    Si le cardinal Mario Grech occupait presque n'importe quelle autre fonction, ses récents commentaires en faveur du diaconat féminin et contre la nécessité d'une "uniformité de pensée" dans l'Église universelle ne seraient peut-être pas si significatifs.

    Après tout, lorsque les prélats émettent leurs opinions théologiques, elles sont généralement considérées comme telles - l'opinion théologique d'un chef d'Église individuel.

    Mais le cardinal Grech n'est pas un prélat ordinaire : il dirige le secrétariat du Vatican pour le synode. Une semaine avant son interview du 21 mars dans une publication suisse de langue italienne, le pape François avait chargé le cardinal maltais de mettre en place dix groupes d'étude sur des thèmes soulevés lors de l'assemblée du Synode sur la synodalité de 2023. Parmi eux : la possibilité de "l'accès des femmes au diaconat" et "le discernement partagé des questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées" d'une manière qui accorde "une plus grande attention à la diversité des situations" dans les différentes parties du monde.

    En d'autres termes, les commentaires du cardinal ne peuvent qu'être lus dans le contexte des groupes d'étude et de la manière dont le cardinal Grech pourrait avoir l'intention de les diriger, contribuant ainsi à une liste déjà importante de préoccupations concernant l'approche.

    Dans l'interview, le cardinal Grech a déclaré qu'un diaconat féminin (sans préciser s'il serait ordonné ou non) ne serait pas une "révolution" mais un "approfondissement naturel de la volonté du Seigneur".

    Le cardinal maltais a également déclaré que la communion ecclésiale devrait prendre la forme d'une "unité des différences" plutôt que d'une "uniformité de pensée" et a décrit sa vision de l'Église comme un "arc-en-ciel", avec une plus grande flexibilité dans les approches pastorales et l'enseignement dans différents lieux.

    Le soutien apparent du cardinal Grech à une certaine forme de diaconie féminine est susceptible de renforcer les soupçons selon lesquels les groupes d'étude sont mis en place pour atteindre des résultats prédéterminés que le Synode n'a pas pu atteindre. Et son point de vue sur l'unité de l'Église, qui semble enraciné dans une compréhension contestée de la doctrine de Vatican II sur la relation entre les Églises particulières et l'Église universelle, et qui a été souligné lors de l'assemblée synodale de 2023 par des personnes telles que le prélat allemand progressiste Mgr Franz-Josef Overbeck, augmentera probablement les préoccupations concernant les engagements ecclésiologiques qui animent les groupes d'étude et la sélection de leurs membres.

    La crédibilité en jeu

    Les commentaires du cardinal Grech ne sont pas les premiers à remettre en question la crédibilité du projet en raison de l'indépendance publique des responsables synodaux. Mais ils interviennent à un moment particulièrement difficile pour le Synode sur la synodalité. Le passage à des groupes d'étude et la promotion récente par le Vatican de bénédictions non liturgiques de personnes de même sexe qui "contournent la synodalité" ont soulevé la question de savoir si l'assemblée synodale finale, qui aura lieu du 2 au 27 octobre à Rome, aura une quelconque importance.

    Avant même l'interview du fonctionnaire du Vatican, un participant au synode a souligné que des mesures devraient être prises pour garantir que les groupes d'étude soient considérés comme une partie crédible du processus synodal.

    "Beaucoup dépendra de la transparence des résultats des groupes et de la manière dont ils seront considérés comme faisant partie de la première assemblée et du document de synthèse", a déclaré au Register la philosophe australienne Renee Köhler-Ryan, qui s'est opposée avec force à la tentative d'ordination des femmes lors de l'assemblée d'octobre 2023.

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  • L'église Don Bosco de Buizingen n'existe plus en tant que paroisse mais conserve un lien avec l'Église catholique

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Une église belge dont les liturgies sont dirigées par des laïcs perd son statut de paroisse

    27 mars 2024

    L'archidiocèse belge de Malines-Bruxelles a retiré à une communauté son statut de paroisse, en raison d'un désaccord sur ses liturgies dirigées par des laïcs, tout en précisant que la communauté conserverait un lien permanent et non spécifié avec l'Église, que l'archidiocèse a assimilé à un mouvement ecclésial.

    Dans un communiqué publié le 20 mars, les autorités ecclésiastiques ont indiqué que l'église Don Bosco de Buizingen, située à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, Bruxelles, "n'existerait plus en tant que paroisse", bien qu'elle conserve un certain lien avec l'Église catholique.

    Bien que cette décision soit censée apporter de la clarté, l'annonce de l'archevêché laisse plusieurs questions clés sans réponse.

    Le vicariat du Brabant flamand et de Malines - une région de l'archidiocèse de Bruxelles confiée à un évêque auxiliaire en tant que vicaire - a déclaré avoir pris cette mesure après un an et demi de pourparlers, qui ont "établi que des différences majeures subsistaient, principalement dans la vision de la célébration et de la présidence des sacrements".

    En raison de "la nature fondamentale des positions divergentes", la paroisse "fonctionnera désormais comme une communauté ou une organisation religieuse indépendante".

    Le site officiel de l'Église catholique en Flandre note que la paroisse Don Bosco de Buizingen est "connue pour ses innovations profondes dans le domaine de la liturgie et des sacrements". 

    "Par exemple, l'eucharistie est dirigée par des femmes laïques, entre autres", a indiqué l'archidiocèse, sans toutefois préciser comment une femme ou tout autre laïc pouvait "diriger" l'eucharistie, qui ne peut être célébrée que par un prêtre ordonné.

    La décision de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles de se dissocier de la communauté de Don Bosco intervient six mois avant la visite du pape François en Belgique et six mois après que l'archevêque Luc Terlinden a pris la tête de l'archidiocèse, succédant au cardinal Jozef De Kesel.

    Bien que l'archidiocèse n'ait pas donné de détails, il semblerait que cette décision ait nécessité la suppression de la personne juridique de la paroisse et - parce que l'archidiocèse a souligné que l'église avait une relation permanente avec l'Église - la création éventuelle d'une nouvelle entité juridique, avec une relation nouvellement définie avec l'Église catholique.

    Il n'est pas clair quelle entité canonique est désormais propriétaire de l'église elle-même.

    L'église Don Bosco, qui date de 1951, a été dirigée par le prêtre et activiste Rik Devillé de 1981 jusqu'à sa retraite en 2009. Il est l'auteur du livre "The Last Dictatorship : Un plaidoyer pour une paroisse sans pape", qui critique les structures existantes de l'Église, et un éminent défenseur des victimes d'abus. 

    Lorsque le père Devillé a quitté la paroisse, il a été remplacé par une équipe de 19 laïcs qui se sont relayés pour animer la liturgie dominicale.

    Le site internet de l'église précise que "chaque week-end, une eucharistie est élaborée par une personne du 'groupe de travail liturgique'".

    La paroisse a également proposé une série d'activités les autres jours, notamment la méditation chrétienne et la "danse sacrée". Selon les médias belges, elle a également organisé des ventes de livres et des cours de yoga.

    Le vicariat du Brabant flamand et de Malines n'a pas précisé la nature exacte de ses préoccupations concernant les pratiques liturgiques de l'église. Le 26 mars, la chaîne belge VRT NWS a laissé entendre que des baptêmes avaient été célébrés sans autorisation par des laïcs, tandis que des services dirigés par des laïcs étaient incorrectement décrits comme étant l'Eucharistie.

    Les célébrations dominicales en l'absence d'un prêtre sont de plus en plus courantes en Europe du Nord, dans un contexte de déclin des vocations sacerdotales. 

    En Angleterre et au Pays de Galles, par exemple, ces services sont connus sous le nom de Celebrations of the Word and Communion (célébrations de la parole et de la communion). Après la liturgie de la parole, un laïc distribue la sainte communion consacrée lors d'une précédente eucharistie. 

    Soulignant que ce service n'est pas une messe, l'animateur dit : "Comme notre prêtre ne peut pas être avec nous, nous ne pouvons pas célébrer l'Eucharistie. Réfléchissons à la parole et prions ensemble, puis partageons le corps et le sang du Christ consacrés pour nous lors d'une précédente eucharistie".

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  • Rectificatif : la communauté Don Bosco de Buizingen n'est pas mise hors de l'Eglise

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    Du Vicariat du Brabant flamand et de Malines :

    Don Bosco Buizingen : vers une communauté de foi indépendante

    25 mars 2024

    Opération d'avenir Don Bosco Buizingen : de la paroisse à la communauté de foi indépendante.

    Après des consultations approfondies au cours de plusieurs réunions depuis un an et demi, le vicariat du Brabant flamand & Malines (qui fait partie de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles) a constaté avec l'équipe paroissiale de Don Bosco Buizingen que des différences majeures subsistent, principalement dans la vision de la célébration et de la présidence des sacrements.

    Vu le caractère fondamental des divergences, l'Archidiocèse de Malines-Bruxelles a décidé que Don Bosco Buizingen ne continuerait pas à exister en tant que paroisse dans la zone pastorale de Halle. L'opération Don Bosco Buizingen peut désormais fonctionner comme une communauté de foi ou une organisation indépendante.

    Le Vicariat du Brabant flamand et de Malines et l'équipe de Don Bosco Buizingen vont maintenant poursuivre les discussions sur la mise en œuvre pratique de cette décision. Nous espérons que cela donnera un avenir au fonctionnement de la communauté de foi de Don Bosco Buizingen et de la zone pastorale de Halle, et que de nouvelles opportunités de coopération pourront voir le jour.

    Afin que les prochains entretiens entre le vicariat et Don Bosco Buizingen se déroulent sereinement, nous ne communiquerons plus à ce sujet que lorsque tous les détails de la nouvelle structure auront été réglés ensemble.

    Conseil Vicarial du Vicariat du Brabant Flamand et de Malines
    20/03/2024

    L'opération n'est pas "mise hors de l'église" : correction après l'article de De Standaard du 26 mars 2024

    Un article de De Standaard du 26 mars 2024 titrait que "la paroisse est mise hors de l'église". Cette affirmation est erronée.

    Le fonctionnement de Don Bosco Buizingen ne peut pas continuer à fonctionner comme une paroisse, en partie à cause des différences de vision sur la célébration des sacrements, comme indiqué dans notre communication du 20 mars 2024. 

    En permettant à l'opération d'évoluer de paroisse à communauté de foi indépendante, elle aura de l'espace pour continuer ses activités comme d'autres mouvements ou organisations dans l'église. 

    26/03/2024

  • L'archidiocèse de Malines-Bruxelles expulse la paroisse Don Bosco de Buizingen de l'Église catholique

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    Des informations démenties par le Vicariat de l'archidiocèse...

    Du site de la VRT (Jeroen Guns) :

    L'archidiocèse de Malines-Bruxelles expulse la paroisse Don Bosco de Buizingen de l'Église catholique

    L'archidiocèse de Malines-Bruxelles a exclu la paroisse Don Bosco de Buizingen de l'Église catholique en raison de son progressisme. Il s'agit de l'ancienne paroisse du pasteur Rik Devillé, qui s'occupe des victimes d'abus sexuels dans l'Église catholique. La paroisse deviendra désormais une communauté de foi distincte.

    26 mars 2024

    Les célébrations de la messe dans la paroisse Don Bosco se déroulent sans prêtre depuis un certain temps et sont souvent dirigées par des femmes. L'église est également utilisée à d'autres fins, comme des cours de yoga et de danse. La paroisse deviendra désormais une communauté de foi distincte, largement séparée de l'Église catholique.

    "J'espère honnêtement qu'elle ne sera pas complètement en dehors de l'Église catholique", déclare la coordinatrice Els Paridaens. "Les discussions sur les implications juridiques et financières vont maintenant suivre. Nous savons d'ores et déjà que nous pourrons continuer à utiliser l'église.

    Une église laboratoire :

    "On nous a dit que les gens appréciaient notre fonctionnement. Mais pour avoir une place dans la structure plus large de l'Église catholique, nous devons être une paroisse. Nous aimerions être une 'église-laboratoire', un projet expérimental, dans lequel les gens peuvent également trouver leur place", explique Mme Els. "Et c'est difficile. (...)

    "Cela ne change rien au fait qu'il y a beaucoup d'émotions, de tristesse, de regret pour une occasion manquée, d'impuissance et de colère. Nous entamons à présent des pourparlers avec le diocèse et espérons en retirer beaucoup de choses utiles. Nous continuerons à faire ce que nous faisons".

    Malgré cette détermination, de nombreuses questions subsistent quant à l'avenir de la communauté religieuse, y compris pour Els. "Nous pourrions rencontrer des problèmes financiers. Nous allons gérer nous-mêmes le bâtiment de l'église, nous devons donc supporter ces coûts. Le diocèse veut toujours voir comment il peut nous aider, mais il y a certainement des conséquences financières."

    Le fonctionnement progressif de la communauté Don Bosco de Buizingen existe depuis 15 ans. Pourtant, son expulsion de l'Église catholique n'a pris de l'ampleur que récemment. Est-ce lié au rôle de Rik Devillé, l'ancien curé qui travaille pour les victimes d'abus sexuels dans l'Église catholique ?

    "J'espère que non. Je n'y crois pas", affirme Els avec conviction. "Je pense que c'est lié au choix que nous avons fait il y a 15 ans. Rik a été notre source d'inspiration et le restera pour beaucoup de gens. Mais je ne crois pas que ce soit lié à cela. C'est plus important que cela."

    Et

    Du Standaard (Klaas Maenhout) :

    Une paroisse progressiste de Buizingen expulsée de l'Église catholique

    L'église Don Bosco de Buizingen, ancienne paroisse du prêtre Rik Devillé, a été expulsée par l'archidiocèse de Malines-Bruxelles. "Nous pensons que c'est une occasion manquée", a-t-il déclaré.

    26 mars 2024

    Au début de la Semaine Sainte, après une série d'entretiens, la paroisse de Buizingen a reçu le message final de l'archevêché de Malines-Bruxelles : en raison de la "nature fondamentale des divergences de vues", l'église Don Bosco ne peut plus continuer à exister en tant que paroisse dans la zone de Halle.

    La paroisse de Buizingen est une exception en Flandre. Pas seulement à cause du baby-foot, des cours de danse ou de la table ronde en bois qui sert d'autel dans l'église. Depuis le départ en 2009 de Rik Devillé, le prêtre qui luttait depuis des décennies contre les abus sexuels au sein de l'Église, la paroisse se passe de prêtre. De la liturgie dominicale aux mariages, les célébrations sont présidées par des laïcs. Chaque semaine, un membre différent de l'église dirige le service. Les femmes sont également les bienvenues derrière l'autel.

    Au cours des derniers mois, la paroisse et le vicariat du Brabant flamand et de Malines se sont entretenus à plusieurs reprises afin de trouver une solution, mais les divergences se sont avérées trop importantes. "Nous nous sommes assis ensemble de manière constructive et respectueuse. Mais finalement, les deux parties ont senti que l'eau était trop profonde", explique Laurens Vangeel, du Vicariat du Brabant flamand et de Malines.

    C'est surtout "la vision de la célébration et de la présidence des sacrements" (c'est-à-dire le rôle du prêtre lors des naissances, des mariages et des funérailles, entre autres) qui a constitué un point de rupture pour l'Église, selon la communication officielle que De Standaard a pu consulter.

    "Nous avons tellement insisté pour pouvoir être une église-laboratoire", répond Els Paridaens (53 ans), coordinatrice de la paroisse. "Mais cela s'est avéré trop difficile. Je peux le comprendre, mais je trouve cela très regrettable. Nous pensons que c'est une occasion manquée, surtout à la lumière du processus synodal en cours (l'église réfléchit actuellement à son avenir, ndlr). Nous pensons nous-mêmes que nous méritons cette place. Et que nous sommes bons pour réfléchir de manière innovante à ce que l'Église peut signifier dans notre société."

    Tristesse, mais aussi soulagement

    La décision, communiquée lors de la célébration de dimanche, a été très difficile à prendre pour les 117 bénévoles et paroissiens, explique Mme Paridaens. "Toutes les émotions étaient présentes", dit-elle. "Il y avait de la tristesse, mais aussi du soulagement, du courage et de l'espoir. Certains ont dit 'Enfin'. En attendant, nous continuons à croire en notre projet, nous continuons à aller de l'avant".

    La paroisse s'entretiendra avec le vicariat dans les semaines à venir pour concrétiser la décision. Don Bosco Buizingen est désormais considéré comme une communauté de foi ou une organisation indépendante, informe le diocèse. "Nous espérons que cela donnera un avenir au fonctionnement de la communauté de foi Don Bosco Buizingen et de la zone pastorale de Halle, et que de nouvelles possibilités de coopération pourront éventuellement voir le jour".

  • Que s'est-il passé lors des négociations entre les représentants du Vatican et les évêques allemands ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Que s'est-il passé lors des négociations entre Rome et l'Allemagne ?

    25 mars 2024

    La rencontre tant attendue de vendredi entre les évêques allemands et les représentants du Vatican a-t-elle débouché sur une percée ?

    La question préoccupe les observateurs de l'Église depuis le sommet qui s'est tenu le 22 mars à Rome pour discuter de la source des tensions actuelles entre les deux groupes, à savoir la "voie synodale" allemande.

    Les avis divergent, mais quels sont les faits ? Ils sont décrits dans une brève déclaration commune publiée à la fin de la journée de discussions.

    Cette déclaration rappelle qu'il s'agit de la troisième étape d'une série de discussions sur la voie synodale qui a débuté lors de la visite ad limina des évêques allemands à Rome en novembre 2022 et s'est poursuivie par une rencontre en juillet 2023.  

    Qualifiant la dernière rencontre de "positive et constructive", le communiqué indique que les deux parties ont discuté de "certaines des questions théologiques ouvertes soulevées dans les documents de la voie synodale de l'Église catholique en Allemagne". 

    Les participants ont identifié "les différences et les points d'accord", suivant l'exemple du synode d'octobre dernier sur la synodalité,  

    La déclaration précise que les évêques allemands et les représentants du Vatican ont convenu d'un "échange régulier" sur "la suite du travail de la voie synodale et du comité synodal".  

    Avant que la voie synodale ne s'achève officiellement en mars 2023, elle a mis en place le comité synodal, un organe transitoire composé d'évêques et de laïcs préparant la voie à la création d'un "conseil synodal" permanent.

    Les évêques allemands ont promis que ce travail servira à développer des formes concrètes de synodalité dans l'Église en Allemagne, en accord avec l'ecclésiologie du Concile Vatican II, les exigences du droit canonique et les résultats du synode mondial, et sera ensuite soumis au Saint-Siège pour approbation." 

    Points de vue de l'Allemagne

    C'est ce que disent le Vatican et le communiqué des évêques allemands. Mais qu'en est-il ? L'une ou l'autre des parties est-elle sortie gagnante des négociations ?

    Katholisch.de, le site officiel de l'Église allemande, a suggéré que le Vatican et les évêques allemands étaient "parvenus à un compromis". 

    Selon l'agence de presse catholique allemande KNA, la Curie romaine et les évêques allemands "se sont mis d'accord sur une procédure pour la création de nouveaux organes consultatifs pour l'Église catholique en Allemagne".

    "Les évêques allemands se sont ainsi engagés de facto à ne pas créer de nouvelles structures de gouvernance pour l'Église catholique en Allemagne contre la volonté de Rome", précise KNA.

    Dans un commentaire publié sur katholisch.de, Joachim Heinz, de la KNA, estime que la référence de la déclaration au comité synodal - un organe dont le statut n'est pas encore clair - implique que les évêques allemands sont sortis de la réunion avec "une victoire sur les points".

    "En fin de compte, les deux parties sauvent la face, du moins à l'extérieur. Pour l'instant, le Vatican a donné son feu vert à la poursuite du travail au sein du comité synodal", a écrit M. Heinz.

    New Beginning, un groupe allemand qui critique la voie synodale, a déclaré que Rome avait proposé un "chemin de réconciliation", mais "sous des conditions claires".

    "Le communiqué commun publié hier par le Vatican et la délégation allemande ne laisse aucun doute sur le fait que Rome attend des Allemands, mais leur fait aussi confiance, qu'ils reviennent à la voie tracée par le Concile Vatican II et les enseignements de l'Église, malgré les nombreuses manœuvres de ces cinq dernières années", a déclaré l'association dans un communiqué du 23 mars. 

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  • L'ascension fulgurante du cardinal Pizzaballa au rang de "papabile"

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register :

    L'ascension fulgurante du cardinal Pizzaballa au rang de "papabile".

    ANALYSE : Alors que la Terre Sainte sombre à nouveau dans un conflit violent, le patriarche latin de Jérusalem, artisan de la paix, s'est imposé comme un leader respecté de l'Église locale au Moyen-Orient.

    25 mars 2024

    La semaine dernière, le cardinal Pierbattista Pizzaballa a déclaré à la télévision italienne : "Ce sera une Pâques difficile". Il a dressé un bilan sombre de l'aggravation de la crise humanitaire à Gaza, déchirée par la guerre. Appelant la communauté internationale à mettre rapidement un terme à la guerre entre Israël et le Hamas, il a déclaré qu'il pensait à la "solitude de Jésus à Gethsémani, qui est maintenant partagée par nous tous".

    Mgr Pizzaballa n'était cardinal que depuis une semaine lorsque le Hamas a lancé ses attaques dévastatrices dans le sud d'Israël en octobre dernier, plongeant la région - et le patriarche latin de Jérusalem, né en Italie - dans une nouvelle phase d'un conflit qu'il ne connaît que trop bien.

    Alors qu'il avait prévu de rester à Rome pour la durée de l'assemblée du Synode sur la synodalité en octobre, le patriarche franciscain a été contraint de retourner brusquement en Terre Sainte, sa résidence depuis 34 ans, pour s'occuper de son troupeau pris une fois de plus entre les feux d'une conflagration israélo-palestinienne.

    Enfermé dans le patriarcat alors que les hostilités s'intensifiaient, le cardinal Pizzaballa a déclaré que cette réclusion lui avait donné le temps de réfléchir à ce que signifiait être cardinal dans cette région et que la couleur rouge du cardinalat, signifiant la volonté des cardinaux de verser du sang, avait pris "une signification profonde marquée par beaucoup de tristesse, par beaucoup d'épreuves".

    Quinze jours après son retour, il a rédigé une lettre diocésaine soigneusement rédigée et finement équilibrée, condamnant fermement les atrocités commises par le Hamas et l'ampleur des représailles israéliennes, et exhortant les habitants de la région à se tourner vers le Christ et le "courage de l'amour et de la paix" de l'Évangile.

    Peu après le début du conflit, il s'est déclaré prêt à s'échanger contre des enfants israéliens retenus en otage par le Hamas à Gaza, ce qui a fait la une des journaux du monde entier et l'a fait entrer dans les rangs des papabiles, bien qu'il n'ait que 58 ans et qu'il ne soit cardinal que depuis quelques semaines.

    N'ayant pas peur de s'exprimer face à la violence et à l'injustice qui frappent la région, il s'est efforcé de traiter les deux parties avec équanimité, mais avec sans doute plus de sympathie pour le peuple palestinien, qu'il considère comme "toujours en attente de ses droits, de sa dignité ou de sa reconnaissance".

    Parmi eux, il y a bien sûr les chrétiens palestiniens, et il considère que les chrétiens de Terre Sainte sont, comme les musulmans palestiniens, des marginaux. Le cœur de l'Église, "spirituellement et théologiquement", est Jérusalem, a-t-il déclaré au magazine America. "Parce que tout est né ici. En même temps, nous sommes aussi un peu périphériques".

    Son point de vue a parfois suscité des réactions de la part d'Israéliens qui, tout récemment, l'ont critiqué pour avoir signé une déclaration condamnant les attaques d'Israël contre les civils et appelant à une désescalade du conflit.

    Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont également réfuté l'affirmation du patriarche selon laquelle un tireur d'élite des FDI avait tué une mère et sa fille dans une paroisse catholique de Gaza, insistant sur le fait que les FDI "ne ciblent pas les civils, quelle que soit leur religion" et qu'un examen de leurs conclusions opérationnelles confirmait cette affirmation.

    Pourtant, alors que certains Israéliens pourraient avoir des soupçons, il est bien considéré par le président du pays, Isaac Herzog, qui connaît le cardinal Pizzaballa depuis plus de vingt ans. Ils se sont rencontrés pour la première fois lorsqu'ils ont travaillé ensemble pour coordonner le pèlerinage du pape Jean-Paul II à Jérusalem en 2000. À l'époque, M. Herzog était secrétaire du cabinet et le père Pizzaballa était vicaire général du patriarcat latin de Jérusalem pour la pastorale des catholiques hébréophones en Israël.

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  • Le cardinal Müller dénonce l'"idéologie" synodale qui veut transformer l'Église en "ONG" (I)

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    De Michael Haynes sur LifeSiteNews :

    EXCLUSIF : Le cardinal Müller dénonce l'"idéologie" synodale qui veut transformer l'Église en "ONG".

    Le cardinal Müller a suggéré que la Voie synodale et le Synode sur la synodalité ont un "programme pour changer l'essence de l'Église en une organisation aidée par le monde intérieur".

    Le cardinal Müller interviewé par LifeSite, mars 2024.

    22 mars 2024

    L'ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Gerhard Müller, a déclaré que les dirigeants de la Voie synodale allemande et du Synode sur la synodalité du pape François ne sont "pas intéressés par la mission de l'Église", mais qu'ils promeuvent un "agenda" visant à changer l'Église.

    Dans une interview exclusive et de grande envergure avec LifeSiteNews à Rome, le cardinal Müller a critiqué la voie synodale dans son pays natal, l'Allemagne, ainsi que le synode sur la synodalité actuellement en cours pour l'ensemble de l'Église. (Note de l'éditeur : l'intégralité de l'interview sera publiée en trois articles distincts, avec la transcription complète de chaque partie de la discussion présentée à la fin de chaque article. Les parties II et III seront publiées dans les prochains jours).

    La voie synodale allemande, entamée en 2019, a été une source de controverse depuis son lancement, les prélats et les laïcs allemands faisant pression pour des questions hétérodoxes dans le processus - telles que les bénédictions homosexuelles, les diacres féminins, les transsexuels admis à la prêtrise, et la gouvernance laïque de l'Église. Mgr Müller a régulièrement critiqué le processus, ses déclarations prenant une importance considérable en raison de sa nationalité allemande mais aussi de son statut au Vatican. 

    La voie synodale allemande et la mission de l'Église

    Lors de leur récente assemblée de printemps, les évêques allemands se sont finalement pliés aux ordres du Vatican et n'ont pas voté sur l'établissement d'un "Conseil synodal" permanent, qui aurait vu un mélange de laïcs et de clercs gouverner l'Église en Allemagne. Le Vatican a toujours exprimé ses inquiétudes au sujet du Conseil synodal, et la récente proposition des évêques allemands revêt une importance particulière. 

    S'adressant à ce journaliste, Mgr Müller a souligné l'inquiétude du Vatican à l'égard du Conseil synodal : "Le Comité synodal contredit absolument la constitution sacramentelle de l'Église catholique, [avec une] forme d'idées protestantes ou plus anglicanes où l'Église est gouvernée par le roi ou directement par un comité d'évêques, de prêtres et de laïcs".

    Le cardinal a déclaré que le gouvernement de l'Église "n'a rien à voir avec la gouvernance politique, mais est une représentation de l'œuvre pastorale de Jésus-Christ".

    Jésus, le pasteur, est le bon berger, qui conduit les gens non pas vers un but défini par nous ou un paradis terrestre, mais vers Dieu, vers la connaissance de Dieu dans cette vie, dans ce court laps de temps. Nous avons notre existence sur terre, mais nous avons la vocation pour la vie éternelle et c'est pourquoi les bons pasteurs doivent donner leur vie pour conduire tous les gens à Dieu et à la vie éternelle.

    Mgr Müller a affirmé que "derrière le Comité synodal se cache une idée erronée de ce qu'est une Église et de ce qu'est la mission de l'Église". Cela est dû au fait que les responsables de la Voie synodale considèrent "l'Église comme une réalité plus politique, idéologique, pour le progrès de l'humanité dans un paradis terrestre plus socialiste ou libéral, qui n'arrivera jamais".

    L'ancien préfet de la CDF a félicité le Vatican d'avoir empêché le Conseil synodal de voir le jour, mais il a ajouté qu'"il aurait été préférable de comprendre ce qui se passe, de ne pas vaincre le mal au dernier moment, mais dès le début".

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