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Structures ecclésiastiques

  • Gardons la Tradition et continuons !

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    De Dom Alcuin Reid sur AdVaticanum :

    Gardons la Tradition et continuons !

    5 juillet 2026

    À la suite de la déclaration du Vatican selon laquelle les évêques de la Fraternité Saint-Pie X se sont excommuniés eux-mêmes, Dom Alcuin Reid appelle à redoubler d’efforts en faveur de l’unité catholique

    + Ad te Domine, clamabo, Deus meus, ne sileas a me ; ne quando taceas a me, et assimilabor descendentibus in lacum : c’est ainsi que l’Église chante l’introït de cette sainte messe. « Vers toi, ô Seigneur, je crie ; mon rocher, ne reste pas sourd à ma voix, de peur que, si tu me fais taire, je ne devienne comme ceux qui descendent dans la fosse. »

    Par ces premiers mots du Psaume 27, la Sainte Liturgie exprime avec justesse la détresse de nombreuses âmes face aux événements ecclésiaux de ces derniers jours. Que l’on admette ou non que la désobéissance de conscience à une loi positive (c’est-à-dire humaine, et non divine) (en ce qui concerne la consécration des évêques) soit ou ait été justifiée dans les circonstances actuelles, et que l’on puisse donc tolérer une désobéissance matérielle mais non formelle (c’est-à-dire en réalité un péché grave) à l’autorité ecclésiastique, nous sommes désormais confrontés à une nouvelle crise — d’ordre pastoral —, dans laquelle les fidèles dont le seul désir est d’être fidèles à l’Église et de sauver leur âme ainsi que celles de leur famille sont menacés par le péché de schisme et la peine d’excommunication. Leur détresse est réelle et elle est aggravée par des commentaires souvent loin d’être exacts et dépourvus de la précision pastorale nécessaire. À juste titre, ils ont le sentiment que tout cela est tout simplement trop. C’est à juste titre que beaucoup s’écrient ce matin : « C’est vers toi, ô Seigneur, que j’appelle ; mon rocher, ne reste pas sourd à ma voix, de peur que, si tu me réponds par le silence, je ne devienne comme ceux qui descendent dans la fosse. »

    Soyons donc clairs : il n’y a aucun péché (de schisme ou de toute autre nature) à rechercher simplement le salut de son âme à travers les rites liturgiques traditionnels de l’Église, comme en témoignent les prières pour le pape et l’évêque diocésain qu’ils contiennent. Ces prières témoignent en effet exactement du contraire du schisme. Elles constituent, au cœur même de notre culte public, des manifestations de l’unité et de la communion catholiques, et non d’une division sectaire.

    Et l’on n’est pas excommunié parce que l’accès aux rites liturgiques plus anciens se fait parfois ou habituellement par l’intermédiaire d’une communauté qui, devant Dieu, estimait n’avoir d’autre choix que de se livrer à une désobéissance matérielle de conscience au droit ecclésiastique afin de survivre et de rester fidèle à sa vocation et à sa mission. Quelle que soit la culpabilité des ecclésiastiques — et ce n’est pas ici le lieu d’en discuter —, même les documents officiels cités ces derniers jours par le Saint-Siège indiquent clairement que les fidèles laïcs qui cherchent simplement à adorer Dieu Tout-Puissant et à recevoir les sacrements n’encourent pas pour autant la peine d’excommunication. (voir : Note explicative, Conseil pontifical pour les textes législatifs, 24 août 1996)

    Face au tollé actuel, on pourrait bien dire : « Restez fidèles à la tradition et continuez ainsi. » Car il reste vrai que « ce que les générations précédentes considéraient comme sacré reste sacré et grand pour nous aussi, et cela ne peut pas, du jour au lendemain, être entièrement interdit ni même considéré comme nuisible. » (Benoît XVI, Lettre aux évêques, 7 juillet 2007)

    Bien sûr, cette vérité a fait l’objet d’une attaque orchestrée par le biais de ce scandaleux complot idéologique ourdi en coulisses, alimenté par la paranoïa de libéraux ecclésiastiques vieillissants et fondé sur des mensonges éhontés qui ont manipulé sans vergogne la volonté des évêques du monde entier, comme nous ne le savons que trop bien : le désastre pastoral, liturgique et ecclésial que constitue Traditiones Custodes (16 juillet 2021), qui visait à mettre fin au culte paisible de Dieu selon les rites anciens qu’un nombre croissant de fidèles avait appris à aimer de manière fructueuse, poussant ainsi les catholiques fidèles à la clandestinité ou à s’éloigner des paroisses et des diocèses, voire parfois à sortir de la communion visible de l’Église. Le fait que les orchestrateurs de ce scandale et les grands prêtres de sa mise en œuvre impitoyable restent à ce jour au cœur du pouvoir est une source de très profonde inquiétude. Cela peut également expliquer en partie la sévérité technocratique avec laquelle le Vatican a agi ces derniers jours. 

    Le fait que *Traditionis Custodes* n’ait pas encore été écarté — discrètement ou non — et que les évêques diocésains continuent de s’en servir pour interdire la célébration des rites liturgiques anciens est un cri de justice qui monte jusqu’au ciel. C’est à juste titre que nous chantons ce matin : « Vers toi, ô Seigneur, j’appelle ; mon rocher, ne reste pas sourd à ma voix, de peur que, si tu me réponds par le silence, je ne devienne comme ceux qui descendent dans la fosse. »

    La sévérité sans détour avec laquelle le Vatican a réagi aux événements de ces derniers jours, et même le silence du Saint-Père à leur suite, constituent en effet une autre source de grave préoccupation. Depuis quelque temps déjà, nous ne cessons de répéter les paroles du pape Benoît XVI — un pape qui a œuvré avec ferveur et succès pour l’unité ecclésiale et la paix liturgique :

    « En jetant un regard rétrospectif sur le passé, sur les divisions qui, au fil des siècles, ont déchiré le Corps du Christ, on a sans cesse l’impression que, aux moments critiques où ces divisions se produisaient, les responsables de l’Église n’ont pas fait assez pour maintenir ou rétablir la réconciliation et l’unité. On a l’impression que les omissions de la part de l’Église ont leur part de responsabilité dans le fait que ces divisions ont pu se cristalliser.  Ce regard sur le passé nous impose aujourd’hui une obligation : tout mettre en œuvre pour permettre à tous ceux qui désirent sincèrement l’unité de demeurer dans cette unité ou de la retrouver. » (Lettre aux évêques, 7 juillet 2007)

    Ce matin, malheureusement, ses paroles sont d’autant plus pertinentes. On aurait pu et dû faire davantage au cours des derniers mois, des dernières semaines et des derniers jours. Il faut en faire davantage pour jeter des ponts et ouvrir des portes. L’enseignement de la parabole de la brebis perdue (Mt 18, 12-14) s’applique quelle que soit l’opinion que l’on ait de la brebis en question ou quel que soit le degré d’obstination que l’on lui attribue. 

    Dans sa quête de l’unité de l’Église, le pape Benoît XVI a levé en 2008 les excommunications qui pesaient sur les quatre évêques (à l’époque) de la Fraternité Saint-Pie X. Selon ses propres termes, « ce geste discret consistant à tendre la main a suscité un immense tollé, devenant ainsi exactement le contraire d’un geste de réconciliation ». À tel point que le pape a jugé nécessaire de rédiger une apologie sans précédent à l’intention des évêques du monde entier. Les questions qu’il y soulevait sont plus que pertinentes aujourd’hui :

    « Était-ce, et est-ce, vraiment une erreur, dans ce cas précis, d’aller à la rencontre du frère qui “a quelque chose contre toi” (cf. Mt 5, 23 et suivants) et de rechercher la réconciliation ? … Peut-on considérer comme une erreur totale de s’efforcer de briser l’obstination et l’étroitesse d’esprit, et de faire de la place à ce qui est positif et récupérable pour l’ensemble ? 

    … Pouvons-nous rester totalement indifférents face à une communauté qui compte 733 prêtres, 264 séminaristes, 5 séminaires, 94 écoles, 2 instituts de niveau universitaire, 144 frères religieux, 250 sœurs religieuses et des milliers de fidèles laïcs ? Devrions-nous les laisser dériver sans sourciller toujours plus loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 733 prêtres… Je ne pense pas qu’ils auraient choisi la prêtrise s’ils n’avaient pas eu l’amour du Christ et le désir de le proclamer, ainsi que, avec lui, le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, en tant que représentants d’une frange radicale, de notre quête de réconciliation et d’unité ? Que deviendraient-ils alors ? [statistiques mises à jour selon celles publiées en 2025]

    Certes, depuis un certain temps déjà, et une fois encore en cette occasion précise, nous avons entendu de la part de certains représentants de cette communauté bien des propos déplaisants – arrogance et présomption, obsession pour des positions unilatérales, etc. Mais la grande Église ne devrait-elle pas aussi se permettre d’être généreuse, consciente de sa grande ouverture d’esprit, consciente de la promesse qui lui a été faite ? Ne devrions-nous pas, en tant que bons éducateurs, être également capables de fermer les yeux sur divers défauts et de tout mettre en œuvre pour ouvrir des perspectives plus larges ? Et ne devrions-nous pas admettre que certaines choses déplaisantes ont également émergé dans les milieux ecclésiastiques ?

    …À l’époque où m’est venue pour la première fois l’idée d’écrire cette lettre, par hasard, lors d’une visite au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter Galates 5, 13-15. J’ai été surpris par la franchise avec laquelle ce passage nous parle du moment présent : « Ne vous servez pas de votre liberté comme d’un prétexte pour satisfaire la chair, mais, par amour, soyez au service les uns des autres. Car toute la loi est accomplie dans une seule parole : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde à ne pas vous détruire les uns les autres. » … Malheureusement, ce « se mordre et se dévorer » existe aussi aujourd’hui dans l’Église, comme l’expression d’une liberté mal comprise. Faut-il s’étonner que nous ne valions pas mieux que les Galates ? Qu’à tout le moins, nous soyons menacés par les mêmes tentations ? Que nous devions toujours réapprendre à faire bon usage de la liberté ? Et que nous devions toujours réapprendre la priorité suprême, qui est l’amour ? » (Lettre aux évêques, 10 mars 2009)

    Le but de ces observations n’est pas de prendre parti pour ou contre un groupe ou une personne, et encore moins de les juger ou de chercher à les exclure. N’oublions pas que si le fils prodigue a péché sans vergogne, son frère aîné, qui se croyait sans péché, a lui aussi péché (cf. Lc 15, 11-32). Tous deux se sont rendus coupables de fautes graves dont ils devaient se repentir. 

    Et il ne s’agit certainement pas là d’une attaque contre notre Saint-Père — nous ne connaissons ni ses motivations ni ses intentions, et même si son silence laisse un vide considérable, nous lui devons la patience qui fait partie du respect filial. Prions avec ferveur pour le Saint-Père en ces jours !

    Le but de ces observations est uniquement de rappeler certaines vérités fondamentales et d’insister sur le fait que nous sommes tous appelés à prier et à œuvrer, de toutes les manières possibles, pour leur reconnaissance, ainsi que pour la réconciliation et l’unité catholique. 

    Même si nous partageons la détresse et la crainte du psalmiste, qui redoute que tout soit perdu et que nous sombrions de plus en plus rapidement dans l’abîme (ou que nous y ayons déjà été précipités), la Sainte Liturgie nous élève maintenant vers l’autel de Dieu, où, par les mérites infinis du sacrifice du Christ sur la croix, tout ce qui semble perdu peut être retrouvé, et tout ce qui était mort peut renaître à une vie nouvelle (cf. Lc 15, 32). Aussi lourd que soit notre cœur, aussi blessés, angoissés, voire abandonnés que nous puissions nous sentir, ne doutons jamais que, si nous sommes fidèles, le Seigneur entendra notre supplication et nous sauvera. Pour obtenir la grâce de cette fidélité et pour que grandisse en nous et chez les autres la grâce de l’espérance surnaturelle, prions avec ferveur au cours de cette Sainte Messe. +

  • Léon XIV : les défis de l’unité

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : les défis de l’unité

    6 juillet 2026

    Léon XIV a fait de l’unité son principe directeur ; faire face à un schisme ne sera donc pas chose facile, mais c’est précisément un schisme auquel le pape a dû faire face la semaine dernière

    Léon s’est retrouvé confronté au schisme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, lorsque ce groupe traditionaliste dissident a ordonné illicitement quatre évêques le 1er juillet, sans mandat papal et au mépris d’avertissements répétés.

    Léon a hérité d’une Église divisée en son sein, déchirée entre des factions à la merci d’une soi-disant « volonté papale », et d’un pape – François – qui avait un style de gouvernance personnaliste.

    Léon s’est retrouvé face au schisme de la Fraternité Saint-Pie X au moment même où il cherchait à rétablir un esprit de collégialité parmi les évêques du monde entier et parmi ses plus proches collaborateurs, les cardinaux.

    Au cours du dernier week-end de juin, le pape a de fait aboli le Conseil des cardinaux et réorienté le Synode pour en faire une assemblée consultative.

    Il a également commencé à remettre de l’ordre au sein de la Curie romaine, après une année de nominations tant attendues.

    Ainsi, après avoir nommé la nouvelle préfète de la communication, Montse Alvarado, Léon XIV a nommé une autre femme, sœur Alessandra Smerilli, à la tête d’un important département de la Curie : le Dicastère pour le développement humain intégral.

    Sœur Smerilli est secondée par le cardinal Fabio Baggio en tant que pro-préfet, comme c’est déjà le cas au sein du Dicastère pour les instituts de vie consacrée, où sœur Simona Brambilla est secondée par le cardinal Ángel Artime en tant que pro-préfet.

    Ce détail à lui seul suggère que l’héritage de François perdure, du moins dans ses imprécisions formelles et institutionnelles.

    Le titre de « pro- » était en effet attribué aux évêques qui occupaient une fonction cardinalice avant d’avoir reçu la barrette rouge.

    Mais pourquoi l’un ou l’autre dicastère – celui des religieux ou celui du développement – a-t-il besoin d’un « pro-préfet » ?

    La réponse courte est que le pouvoir de gouvernement découlant des ordres sacrés est nécessaire pour résoudre certains litiges – du moins au sein du dicastère des religieux – et que, par conséquent, Mgr Artime ne pouvait pas se contenter d’être co-préfet ; il lui fallait un titre supplémentaire.

    L’imprécision propre à l’ère François est évidente tout au long de la réforme de la Curie, où l’idée d’un double mandat – celui des ordres sacrés et celui du « mandat canonique » conféré par le pape – a suscité une confusion non négligeable.

    Sœur Smerilli et le cardinal Baggio représentent un choix s’inscrivant dans la continuité totale avec le pape François, tandis que le cardinal Michael Czerny, qui va fêter ses 80 ans, s’apprête à prendre sa retraite. Mais il n’y aura pas de changements au sein du dicastère, qui conservera sa structure actuelle. Ceux qui s’attendaient à une réforme, ou à un nouvel élan prophétique sur les questions de doctrine sociale, ont été quelque peu déçus.

    Le pape a également renforcé l’Office des œuvres de charité pontificales en nommant à sa tête Mgr Lucio Ruiz, actuellement numéro deux du Dicastère pour la communication. Cette nomination est intéressante car, après avoir choisi un nouveau préfet, Léon XIV aura besoin d’une personne pour épauler Montse Alvarado dans la mise en œuvre de la réforme à long terme des médias du Vatican, particulièrement nécessaire pour alléger les finances du Saint-Siège.

    Même dans ce cas, cependant, il reste à voir comment les nouveaux dirigeants comprendront et préserveront le langage et l’histoire de l’institution, et comment ils la réformeront sans pour autant appliquer des critères d’entreprise.

    Et c’est là qu’intervient la question majeure, qui touche en fin de compte au schisme lefebvrien.

    Alors que des titres incorrects, tels que « pro-préfet », continuent d’être utilisés, il existe également une incertitude institutionnelle quant à la manière d’aborder le schisme.

    Après l’ordination illicite de quatre nouveaux évêques à Écône, un décret était nécessaire pour certifier l’excommunication. L’excommunication serait de latae sententiae, c’est-à-dire simplement du fait d’avoir commis l’acte, mais les léfebvristes soutiennent que cette excommunication ne peut avoir lieu car un canon stipule qu’il ne peut y avoir d’excommunication si l’acte passible d’excommunication a été commis face à un danger grave perçu pour l’Église.

    Et c’est exactement ce qu’ils affirment.

    En 1988, le cardinal Gantin, alors préfet de la Congrégation pour les évêques, avait publié un document qualifiant de schismatiques les évêques nouvellement ordonnés. Mais cette fois-ci, le document émanait du cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi. Dans la pratique, la question du schisme était traitée comme un péché contre la foi.

    En effet, une note explicative précise que les sacrements de la Fraternité, y compris la confession et le mariage, sont invalides, même si ce sont les époux eux-mêmes qui les administrent. Il s’agit là d’une interprétation large de la question car, en réalité, jusqu’à présent, les sacrements administrés par la Fraternité Saint-Pie X étaient considérés comme valides, bien qu’ils fussent administrés par des évêques ou des prêtres illégitimes appartenant formellement à un groupe schismatique.

    Que révèlent ces faits au sujet de Léon XIV ?

    Tout d’abord, Léon XIV n’est pas un homme de grandes révolutions. Il a commencé par le consistoire et par un appel plutôt insistant à l’unité. Pour le reste, il a conservé la structure mise en place par le pape François et ne s’est pas préoccupé de la question des femmes dans l’Église ; en fait, il leur a accordé davantage de place.

    Ensuite, Léon XIV doit encore faire face aux problèmes avec une équipe qui reste celle du pape François, avec toutes les limites que cette équipe présente sur le plan institutionnel et canonique, mais aussi en matière de dialogue avec le monde traditionaliste – le pape François ne les appréciait pas et avait pratiquement éliminé toute libéralisation résiduelle du rite ancien.

    Troisièmement, Léon XIV ne dispose pas encore de sa propre équipe gouvernementale et mise avant tout sur la continuité. La continuité n’est pas une mauvaise chose en soi, pas plus qu’elle n’est une bonne chose. En réalité, cependant, certains problèmes et enjeux qui auraient pu être traités plus tôt resteront en suspens.

    Les grands thèmes des pontificats précédents seront intégrés, à terme, mais cela prendra plus de temps que prévu.

    Il y aura le temps pour des révolutions au sein de la Curie, tandis que le schisme de la Fraternité Saint-Pie X et son évolution montreront comment Léon XIV entend exercer son gouvernement.

  • Fraternité Saint-Pie X : des nouvelles sanctions objectivement injustes et invalides

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    Lettre au Saint-Père concernant le décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi

    Le Supérieur général

    À Sa Sainteté
    le Pape Léon XIV

    Écône, le 3 juillet 2026

    « Quel est d’entre vous le père, à qui son fils demandera du pain, et qui lui donnera une pierre ? ou un poisson, et qui, au lieu du poisson, lui donnera un serpent ? ou encore, s’il lui demande un œuf, lui donnera un scorpion ? Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc XI, 11-13)

    Très Saint-Père,

    La notification de la décision prise par le Saint-Siège à l’égard de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, signée par Son Éminence le Cardinal Fernández, nous est parvenue et est désormais de notoriété publique.

    Il nous semble que cette décision met une fois de plus en lumière le contexte extrêmement tragique dans lequel se trouve l’Église universelle. Ce que la Fraternité Saint-Pie X a fait et continuera de faire n’est rien d’autre qu’une initiative extrême de secours des âmes, au milieu de la confusion doctrinale et morale dans laquelle l’Église est plongée. Nous ne prétendons en aucune manière nous substituer à l’Église et nous n’avons d’autre ambition que de lui demeurer fidèles.

    En conscience, nous n’avons pas estimé pouvoir nous soustraire au devoir moral que nous avons envers les âmes, comme nous l’avons déjà expliqué, tant en privé que publiquement, à Votre Sainteté.

    Nous avions demandé du pain, c’est-à-dire un peu de compréhension pour un cas de conscience sincère, un geste de paternité non tant envers la Fraternité Saint-Pie X qu’envers les âmes, Vous promettant d’en faire de véritables fils de l’Église romaine ; malheureusement, nous avons reçu une pierre.

    Nous avions demandé un poisson, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir temporairement les moyens nécessaires pour continuer à former de bons prêtres, afin qu’ils poursuivent leur mission de faire connaître Notre-Seigneur aux âmes ; malheureusement, nous avons reçu un serpent.

    Nous avions demandé un œuf, en promettant de le rendre dès que cela serait possible. En effet, la sainte Tradition que nous conservons dans les âmes appartient à l’Église, notre Mère — et non à la Fraternité Saint-Pie X —, et nous sommes certains qu’un jour un Pape voudra s’en servir pour le bien de l’Église universelle ; malheureusement, nous avons reçu un scorpion.

    Nous avions demandé d’être instruits et confirmés dans la foi de toujours ; au lieu de cela, nous avons été déclarés schismatiques une seconde fois.

    Malgré les sanctions qui nous frappent, la Fraternité Saint-Pie X renouvelle sincèrement la promesse qu’elle avait déjà formulée à Votre Sainteté. Permettez-moi, à ce propos, de reprendre librement ce que j’avais déjà exprimé :

    « La Fraternité Vous promet […] de consacrer toutes ses énergies à préserver la Tradition et à la mettre au service de l’Église. Ce faisant, la Fraternité Saint-Pie X ne se contente pas de conserver d’anciens usages ; elle favorise et préserve les vocations sacerdotales, les vocations religieuses, les familles nombreuses et profondément chrétiennes ; en un mot, tout ce qui manifeste la vitalité de l’Église, de la grâce et de la foi catholique. Notre intention n’est pas d’offrir à l’Église un musée de choses anciennes, mais la Tradition intégrale, féconde, source de vie spirituelle, incarnée et vécue dans les âmes. 

    [...] Je suis certain qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs pourra et voudra utiliser ce service, dont l’offrande, dans l’Église et pour l’Église, constitue notre unique raison d’être. » (Lettre personnelle adressée le 21 novembre 2025 à Sa Sainteté)

    Mais surtout, la Fraternité Saint-Pie X Vous promet aujourd’hui de ne pas accueillir ces nouvelles sanctions — objectivement injustes et invalides — dans l’amertume ou la révolte.

    Les condamnations récentes, comme celles du passé, nous atteignent dans ce que nous avons de plus cher : notre attachement à notre Mère, l’Église romaine. Pourtant, même dans cette épreuve, tout doit concourir au bien des âmes et de l’Église elle-même. C’est pourquoi ces condamnations nous poussent à aimer davantage encore la sainte Église et à subvenir à ses besoins de toutes nos forces, plus que jamais. Pour cette même raison, la Fraternité Saint-Pie X offre volontiers la souffrance causée par ces nouvelles sanctions, pour le bien de l’Église universelle et de Votre Sainteté.

    Nous sommes certains qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs voudra faire sien le programme de saint Pie X : « Tout restaurer dans le Christ », Instaurare omnia in Christo. En ce jour-là, le Saint-Père découvrira dans la Fraternité Saint-Pie X, non un amas de serpents et de scorpions, mais une petite armée de fils loyaux, prêts à tout pour Le soutenir dans la restauration de toutes choses en Notre-Seigneur, et pour revendiquer devant l’humanité entière les droits imprescriptibles du Christ-Roi sur toutes les âmes et sur toutes les nations.

    En ce jour-là, le Saint-Père découvrira avec une grande joie et une profonde consolation des âmes authentiquement catholiques, dont le lien avec l’Église ne s’est jamais fondé sur les sables mouvants d’un dialogue ambigu, mais sur le roc de la foi de Pierre.

    Nous demandons à la très sainte Vierge Marie de hâter la venue de ce jour, et nous souhaitons surtout à Votre Sainteté de connaître au plus tôt cette joie et cette consolation.

    En attendant, si Vous le pouvez, malgré Votre récente décision, bénissez-nous comme Vos fils. Pour nous, rien n’a changé et jamais rien ne changera.

    Confiant dans la divine Providence, à laquelle rien n’échappe et qui lit jusqu’au fond du cœur de chaque homme, je demeure, Très Saint-Père, votre très dévoué fils dans le Seigneur.

    Don Davide Pagliarani

  • FSSPX : quelles sont les répercussions canoniques de ce nouveau schisme pour son clergé et ses fidèles ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Comment l’Église peut limiter un schisme plus large au sein de la Fraternité Saint-Pie X

    Le Vatican a établi des distinctions claires au sein du concept juridiquement flou de la Fraternité Saint-Pie X.

    3 juillet 2026

    Par un décret et une note explicative du Dicastère pour la doctrine de la foi, le Vatican a déclaré jeudi l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie X à la suite de leurs consécrations épiscopales illicites du 1er juillet.

    Le libellé du décret était simple et précis, citant nommément les six hommes ayant directement participé aux consécrations qui constituaient, comme ils en avaient été préalablement avertis, un double crime canonique : les consécrations elles-mêmes et le schisme qu’elles manifestaient.

    Si aucun observateur averti n’a jamais douté que telles seraient les conséquences pour les évêques, de nombreuses discussions ont eu lieu quant aux répercussions canoniques plus larges que ce nouveau schisme de la FSSPX aurait pour son clergé et ses fidèles.

    Mais, si les interventions du DDF jeudi peuvent paraître logiques aux canonistes, la formulation exacte des réponses du Vatican a déjà fait l’objet d’une avalanche de commentaires, dont une grande partie remet en cause leur efficacité et leur cohérence juridique.

    Le défi auquel la hiérarchie est désormais confrontée, tant à Rome qu’au niveau local, consistera à expliquer la position de l’Église — et à agir en conséquence — d’une manière qui réponde de façon cohérente aux arguments inévitables de la FSSPX selon lesquels elle existe au-dessus et au-delà de la discipline de l’Église.

    Dans le cadre de cet effort, cependant, le DDF a déjà largement contribué à minimiser l’ampleur potentielle du schisme de la Fraternité Saint-Pie X en reconnaissant juridiquement les différentes relations que certains catholiques entretiennent avec la Fraternité et ses positions.

    Les avis juridiques et les avertissements émis ces dernières semaines par le Dicastère pour la doctrine de la foi ont clairement indiqué que le Vatican adopterait une vision large, voire expansive selon certains, de l’étendue d’un schisme, en réitérant ses conseils juridiques sur les conditions dans lesquelles les prêtres et les laïcs affiliés à la FSSPX pourraient être considérés comme s’associant légalement à la rupture canonique, et donc passibles de sanctions.

    Ces avis établissaient une distinction entre le clergé de la Fraternité et les laïcs qui s’associent à ses églises, et précisaient la nécessité d’une décision de la part d’une autorité ecclésiastique compétente pour déclarer que l’excommunication automatique avait été encourue.

    Le décret publié jeudi par la DDF se terminait ainsi : « Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, car ils encourraient ipso facto la peine d’excommunication latae sententiae. »

    La définition exacte d’une telle adhésion a ensuite été précisée dans une note explicative jointe du dicastère qui, citant à nouveau la justification juridique précédemment fournie par le Vatican, expliquait qui, quand et pourquoi, parmi ceux qui s’associent à la Fraternité Saint-Pie X, devait être considéré comme en schisme et soumis à la peine automatique d’excommunication.

    Les premières réactions à la note explicative, qui établissait une nouvelle fois une distinction entre le clergé et les laïcs, ont cherché à déterminer si celle-ci avait pour effet juridique de prononcer la peine d’excommunication pour schisme à l’encontre de toutes les personnes associées à la FSSPX.

    D’un point de vue purement canonique, il semblerait évident qu’elle n’ait pas un tel effet, puisqu’une note explicative n’est pas un décret au sens juridique du terme — et parce qu’elle énonce les critères permettant d’évaluer à l’encontre de qui la peine pourrait et devrait être prononcée, plutôt que de procéder à cette évaluation dans des cas spécifiques.

    Cependant, les premières réactions reposent sur l’hypothèse, probablement erronée, selon laquelle la note explicative de la DDF visait à prononcer l’excommunication de larges pans du clergé et des fidèles, plutôt qu’à définir les circonstances dans lesquelles de telles excommunications pourraient être prononcées. La différence est significative.

    Comme l’ont souligné les canonistes au cours des semaines qui ont précédé les ordinations de la FSSPX, il serait juridiquement problématique, voire impossible, pour le Vatican de prononcer une peine canonique d’excommunication à l’encontre de toutes les personnes associées à la FSSPX dans un seul texte ou acte juridique.

    Pour commencer, un principe canonique fondamental veut que les actes juridiques soient adressés à des personnes ou à des communautés capables — c’est-à-dire juridiquement reconnues — de les recevoir. Dans le cas de la Fraternité, l’Église ne reconnaît pas et n’a jamais reconnu la Fraternité Saint-Pie X comme une association juridique valide.

    S’il est possible pour l’Église de reconnaître l’existence générale de la Fraternité Saint-Pie X (SSPX) en tant que groupe s’identifiant comme tel, celle-ci n’ayant toutefois pas d’existence juridique, le Vatican ne peut pas sanctionner ses « membres » en tant que tels, car il n’existe aucun critère juridique permettant d’établir l’appartenance à ce groupe.

    Au lieu de cela, ce qu’a fait la DDF, tant dans la note explicative de jeudi que précédemment, c’est de décrire les circonstances dans lesquelles des clercs et des laïcs peuvent être considérés comme ayant adhéré volontairement au schisme du mouvement de la FSSPX, sans tenter de réaliser, ce qui est juridiquement impossible, un tel discernement pour toutes les personnes et tous les lieux dans un seul document.

    L’intention apparente de la note explicative de la DDF est double.

    Premièrement, elle met explicitement en évidence la nature schismatique de la FSSPX et les graves conséquences spirituelles et canoniques pour un catholique, prêtre ou laïc, qui s’y associe. Deuxièmement, elle expose l’argumentation canonique nécessaire qui permettrait aux autorités compétentes, à savoir très clairement les évêques locaux, de prendre les mesures nécessaires pour protéger et discipliner les catholiques de leurs diocèses.

    Comme cela a été souligné, de telles mesures canoniques locales ont déjà été prises dans certains diocèses par le passé, et ont été confirmées par le Vatican en appel — ce qui démontre à la fois leur bien-fondé juridique et leur utilité pratique.

    Aujourd’hui, cependant, la situation semble plus urgente, et la nécessité d’une action locale en réponse au schisme renouvelé de la FSSPX et à la réaction du Vatican apparaît bien plus pressante.

    Tout au long des échanges entre la Fraternité et le Vatican au cours des mois qui ont suivi l’annonce des consécrations, les dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X ont avancé l’argument selon lequel ils occupent une sorte de statut privilégié au sein de l’Église — étant en quelque sorte à la fois en communion avec le pape, tout en se situant en dehors de sa discipline et au-dessus des déclarations faisant autorité de la hiérarchie en matière de foi.

    La FSSPX va désormais s’employer tout autant à convaincre autant de catholiques que possible que les jugements de Rome sont erronés et que les déclarations de la hiérarchie ne les lient pas. On trouve déjà en ligne une quantité considérable d’arguments selon lesquels le schisme de la FSSPX est à la fois justifié et n’en est pas un, et que les déclarations canoniques du Vatican manquent de poids et de force.

    Au-delà des hyperboles parfois comiques et de la mauvaise foi évidente qui caractérisent le discours en ligne, cependant, de nombreux catholiques qui se sont sentis attirés par les chapelles et les liturgies de la FSSPX l’ont fait pour des raisons autres que la dissidence clairement affirmée de la Fraternité vis-à-vis de la discipline papale et de l’autorité doctrinale du Vatican.

    En particulier à la suite de *Traditionis custodes*, nombreux sont ceux qui estimeront également avoir fait un choix justifié en répondant ainsi à leurs propres besoins liturgiques, face à des circonstances locales difficiles, voire délibérément provocatrices.

    Il y aura, comme on peut d’ailleurs déjà le constater, une avalanche de questions et d’arguments visant à contester la description claire faite par le Vatican de la Fraternité Saint-Pie X comme un mouvement schismatique, face à des cas spécifiques, qu’ils soient réels ou hypothétiques.

    La mesure dans laquelle le danger posé par le schisme, et par les tentatives persistantes de la FSSPX de convaincre des catholiques de s’y rallier, sera atténué dépendra en grande partie de la capacité de la hiérarchie, à tous les niveaux, à adopter, amplifier, clarifier et codifier les orientations du DDF en les adaptant aux spécificités des personnes et des lieux.

    Le Vatican lui-même semble en avoir pris conscience : peu après la déclaration d’excommunication des évêques de la FSSPX et la note explicative précisant qui d’autre pouvait tomber dans le schisme et de quelle manière, le Vatican a publié un protocole destiné aux prêtres et aux laïcs affiliés à la Fraternité afin qu’ils reviennent en communion avec l’Église.

    Pour les prêtres de la Fraternité – dont les directives juridiques en vigueur du Vatican précisent depuis des années qu’ils peuvent, du fait de se mettre au service de la FSSPX, être considérés comme ayant formellement adhéré au schisme de ses dirigeants –, diverses démarches doivent être entreprises pour renoncer au schisme et réaffirmer les enseignements de l’Église ainsi que l’autorité du pape ; celles-ci requièrent, et c’est là un point crucial, l’intervention de l’évêque local.

    Tout aussi crucial, en prévoyant le retour des laïcs à la communion avec l’Église après un schisme avec la Fraternité Saint-Pie X, le protocole précise clairement — là encore, conformément à des avis juridiques antérieurs du Vatican — que l’intention et l’effet schismatiques ne peuvent être présumés chez aucun laïc et ne peuvent être évalués qu’au cas par cas.

    Bien qu’il existe certains indicateurs pouvant aider tant les autorités locales que les laïcs concernés eux-mêmes à évaluer leur degré de culpabilité probable — tels que la participation habituelle aux célébrations liturgiques de la FSSPX ou l’adhésion formelle à ses positions doctrinales —, rien ne doit être présumé d’office.

    On peut toutefois considérer que la disposition la plus importante des protocoles de la DDF est la déclaration explicite selon laquelle « les laïcs qui ont fréquenté la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X uniquement pour des raisons liturgiques ou spirituelles [et] les laïcs qui, bien que conscients des tensions avec le Saint-Siège, ne rejettent pas le Magistère ni l’autorité du Souverain Pontife… ne doivent pas être considérés comme imputables ».

    En l’affirmant clairement, le Vatican a tracé une ligne de démarcation autour de ces catholiques par ailleurs fidèles qui se sont retrouvés dans l’orbite de la Fraternité Saint-Pie X et de ses chapelles pour des raisons spirituelles personnelles, et les a distingués du schisme formel de la Fraternité elle-même.

    Dans ses trois documents publiés jeudi, le Vatican a donc établi des distinctions importantes au sein du concept juridiquement flou de la Fraternité Saint-Pie X, en procédant à des appréciations canoniques très différentes quant à l’imputabilité et à la culpabilité de ses évêques, de ses prêtres et des différentes catégories de laïcs.

    Il appartient désormais aux évêques locaux d’expliquer, dans leurs diocèses, la nature et la portée de ces distinctions, ainsi que leurs différentes conséquences pratiques et canoniques. L’efficacité et la cohérence avec lesquelles ils s’acquitteront de cette tâche détermineront probablement l’ampleur et la profondeur réelles du schisme de la FSSPX.

  • Pourquoi nous ne suivons pas la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X

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    Nous sommes sensibles aux arguments des lefebvristes sur les dérives de l'Eglise depuis Vatican II mais nous refusons de suivre la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X dans la voie du schisme formel consécutif à des ordinations épiscopales sans mandat du pape.

    Notre position est nuancée. Elle est assez répandue parmi les catholiques attachés à la Tradition : reconnaissance des problèmes réels post-conciliaires (liturgie, catéchèse, œcuménisme, moralité, crise des vocations, etc.) sans franchir le pas du rejet formel de l’autorité pontificale ou de l’appartenance visible à l’Église.

    Contexte historique bref et factuel

    • Vatican II et ses suites : Les critiques « lefebvristes » portent souvent sur Sacrosanctum Concilium (application souvent contestée), les nouveaux rites (missel de Paul VI), la collégialité, la déclaration sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae), et l’œcuménisme (Unitatis Redintegratio). Beaucoup de ces points ont été débattus théologiquement par des auteurs comme Mgr Lefebvre, le P. Calmel, Romano Amerio (Iota Unum), ou plus récemment des voix comme celles du cardinal Sarah, Mgr Schneider, ou des théologiens critiques modérés.
    • 1988 : Les ordinations épiscopales sans mandat papal ont entraîné une excommunication latae sententiae (levée en 2009 par Benoît XVI pour les évêques concernés). Du point de vue de Rome, la FSSPX se trouvait dans une situation canoniquement irrégulière : ni schismatique formelle au sens plein pour beaucoup de canonistes, ni pleinement régulière. Les sacrements qu’elle administrait étaient considérés valides (sauf les mariages, souvent contestés), mais l’exercice du ministère restait illicite en principe.
    • 2026 : L'ordination de quatre évêques le 1er juillet 2026 confirme la voie schismatique suivie par la fraternité saint Pie X. Mgr Alfonso de Galarreta a procédé à la consécration épiscopale de quatre prêtres de la Fraternité (Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier), avec l’assistance de Mgr Bernard Fellay. La cérémonie s’est déroulée malgré des mises en garde explicites du pape Léon XIV et du Saint-Siège. Rome a rapidement réagi par un décret de la Dicastère pour la Doctrine de la Foi, confirmant l’excommunication latae sententiae pour les évêques consécrateurs et les nouveaux ordonnés (can. 1387 et 1364 §1 du Code de Droit Canonique)

    Cette nouvelle ordination épiscopale sans mandat papal accentue le caractère schismatique formel (ou du moins la rupture visible d’unité avec le successeur de Pierre). Du point de vue canonique romain :

    • L’acte est illicite et entraîne des peines canoniques.
    • Il s’inscrit dans la continuité de 1988, présenté par la FSSPX comme une « opération survie » face à une crise perçue comme existentielle dans l’Église.
    • La FSSPX argue de l’« état de nécessité » (thèse théologique classique en cas de vacance ou de défaillance grave de l’autorité), mais Rome rejette cette interprétation et voit un acte de désobéissance publique. La FSSPX considère que la crise post-Vatican II (liturgie, doctrine, discipline) justifie cette mesure pour assurer la succession apostolique et la transmission de la foi traditionnelle. Le supérieur général, l’abbé Davide Pagliarani, et les sermons de la cérémonie insistent sur la fidélité à Mgr Lefebvre.
    • Du côté romain et des traditionalistes en communion, on considère que cet acte éloigne encore plus la réconciliation. Il complique la situation pour les fidèles qui veulent la Tradition sans rupture. Des groupes comme la FSSP, l’ICRSP ou les communautés diocésaines sous autorité épiscopale restent des voies en pleine communion, même si elles subissent parfois des restrictions (cf. Traditionis Custodes).

    Notre sensibilité aux critiques des dérives conciliaires tout en refusant le schisme formel se veut cohérente. Beaucoup de catholiques traditionnels se trouvent dans cette tension : ils constatent les problèmes (baisse dramatique des vocations, sécularisation, ambiguïtés doctrinales dans certains documents) sans accepter de créer une hiérarchie parallèle. A nos yeux, s'éloigner de Rome ou fonder une structure parallèle équivaut à commettre un péché de schisme.

    Notre refus du « schisme formel » correspond à une ligne classique : on peut critiquer sévèrement les dérives sans rompre l’unité visible.

    Il existe des alternatives en communion régulière; plusieurs instituts et communautés traditionnelles reconnaissent le pape actuel tout en préservant la liturgie traditionnelle et une formation doctrinale solide :

    • Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) : Fondée précisément après 1988 par des prêtres qui ont quitté la FSSPX pour rester en pleine communion. Messe traditionnelle (rite romain 1962), séminaires, apostolat paroissial. Présente en France et dans de nombreux pays.
    • Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) : Approche plus « romaine » et contemplative, avec un charisme particulier. Aussi en pleine communion.
    • Institut du Bon Pasteur (IBP) : Issu d’anciens de la FSSPX, avec un statut personnel particulier.
    • Communautés diocésaines : Dans de nombreux diocèses, des messes traditionnelles sont célébrées par des prêtres diocésains ou d’autres instituts (bénédictins du Barroux dans certains cas, etc.), même si Traditionis Custodes (2021) a restreint ce mouvement.
    • Abbayes et monastères : Certains maintiennent la tradition sans appartenir à la FSSPX (ex. certaines branches bénédictines, carmélites traditionnelles, etc.).

    Ces groupes partagent souvent les mêmes préoccupations doctrinales que la FSSPX tout en évitant la rupture canonique.

    Si notre sensibilité aux arguments lefebvristes est bien réelle (la crise de l’Église depuis les années 1960 est massive et mesurable (chute des ordinations, pratique dominicale, transmission de la foi)), nous ne suivons pas la FSSPX dans la voie du schisme où elle s'est engagée depuis 1988.

    Lire aussi : Les groupes traditionalistes désavouent les consécrations de la FSSPX et appellent à la poursuite du dialogue

  • Prêtres et laïcs lefebvristes: la procédure de retour à la communion catholique

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    De Vatican News :

    Prêtres et laïcs lefebvristes: la procédure de retour à la communion catholique

    Le dicastère pour la Doctrine de la Foi adresse aux évêques du monde entier une communication indiquant les mesures à prendre pour accueillir à nouveau ceux qui décideraient de quitter la Fraternité Saint-Pie X après l’acte schismatique qui a conduit à la nouvelle excommunication.

    Pour le retour à la communion catholique après l’acte schismatique du 1er juillet, il ne sera pas nécessaire de reproduire l’expérience des commissions spéciales «Ecclesia Dei», comme cela a été le cas par le passé, car le dicastère pour la Doctrine de la Foi a déjà mis au point une procédure tant pour les prêtres que pour les fidèles laïcs, en impliquant directement les ordinaires diocésains et les responsables des fraternités qui suivent le rite ancien et sont unies à Rome. Les instructions sont transmises ces jours-ci par l’intermédiaire des nonciatures, comme cela avait déjà été annoncé dans la note explicative publiée le 2 juillet par le Dicastère.

    Réconciliation pour les prêtres

    La pratique suivie par le dicastère pour la Doctrine de la Foi, à compter du 1er juillet 2026, prévoit que le prêtre qui décide de quitter la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, disposé à accepter le Concile Vatican II et la légitimité du novus ordo Missae, bien qu’attaché à l’ancien rite, doit «trouver un Ordinaire (évêque diocésain, supérieur majeur d’institut religieux de droit pontifical clérical et des sociétés de vie apostolique de droit pontifical clérical, etc.) disposé à l’accueillir ad experimentum». Le prêtre devra donc «rédiger de sa propre main une lettre adressée au Saint-Père dans laquelle il se présente et demande la rémission des censures encourues en raison de l’ordination reçue d’un évêque excommunié ou irrégulier, ou bien, s’il a été ordonné valablement et légitimement, pour avoir adhéré par la suite à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X».

    Profession de foi et formule d’adhésion

    Le prêtre devra en outre joindre son certificat d’ordination sacerdotale ainsi que, signés et datés, «la Professio fidei et la Formula adhaesionis, datées et signées». Il s’agit de la profession de foi qui résume les principes de la foi catholique et de la formule d’adhésion par laquelle le prêtre promet fidélité au Pape en s’engageant à ne pas l’attaquer publiquement, lui et son magistère. Elle reprend la doctrine du n°25 de la Constitution dogmatique conciliaire «Lumen gentium» sur l’adhésion au magistère de l’Église. Elle déclare en outre considérer comme valide la célébration de la messe selon les rites promulgués par Paul VI et Jean-Paul II et adhérer aux normes du Code de droit canonique promulgué par Jean-Paul II.

    Le prêtre devra faire envoyer les documents (la lettre accompagnée du certificat, la profession de foi et la formule d’adhésion) par l’Ordinaire «qui manifestera dans la lettre d’accompagnement sa disponibilité à l’accueillir ad experimentum dans son diocèse ou au sein de son institut». Dès réception des documents de l’Ordinaire, le dicastère rédige un rescrit de levée des censures, autorisant l’Ordinaire à accueillir le prêtre demandeur «pour une période d’essai d’au moins un an et de trois ans au plus, à l’issue de laquelle il sera possible de procéder à son incardination».

    La réconciliation des fidèles laïcs

    Cette pratique, explique le dicastère, «touche à la question de l’imputabilité ou du degré de responsabilité subjective des fidèles laïcs qui ont adhéré formellement ou fréquentent la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et qui demandent à entrer en pleine communion avec l’Église catholique». L’imposition d’une peine aux laïcs appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ne peut en effet «être présumée automatiquement, mais doit être évaluée au cas par cas».

    «Étant donné que l’imputabilité requiert une pleine connaissance et un consentement délibéré», peut-on lire dans le document du dicastère pour la Doctrine de la Foi, «des exemples d’imputabilité avérée peuvent concerner: les laïcs faisant partie du Tiers-Ordre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X; les laïcs qui participent habituellement aux célébrations de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, en partageant formellement ses positions doctrinales».

    La procédure à suivre

    La procédure à suivre, le cas échéant, pour les laïcs appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X auxquels une sanction a été infligée et qui demandent à entrer en pleine communion avec l’Église catholique «implique un acte formel d’adhésion pleine et entière à la doctrine et d’obéissance à la hiérarchie catholique, sous la juridiction de l’Ordinaire du lieu, garant de l’unité de l’Église particulière». Par conséquent, un fidèle laïc qui décide de quitter la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X doit présenter à son évêque la Professio fidei et la Formula adhaesionis, datées et signées. «Une fois ces documents reçus, l’Ordinaire du lieu se chargera d’accueillir le fidèle laïc selon les délais et les modalités qu’il jugera les plus opportuns».

    Les laïcs non imputables

    Le document précise que «ne doivent pas être considérés comme imputables: les laïcs qui ont fréquenté la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X uniquement pour des raisons liturgiques ou spirituelles; les laïcs qui, bien que conscients des tensions avec le Saint-Siège, ne rejettent pas le Magistère ni l’autorité du Souverain Pontife». En ce qui concerne ces derniers, il suffira qu’ils s’adressent «à un prêtre en pleine communion, avec la décision de ne plus fréquenter à l’avenir la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X».

  • Léon XIV annule les réformes de l'ère François au sein du diocèse de Rome

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    D'Edgar Beltran sur le Pillar :

    Léon XIV annule les réformes de l'ère François au sein du diocèse de Rome

    Trois ans après la constitution apostolique de François, le pape Léon a apporté des changements significatifs aux structures de gouvernance du diocèse.

    Trois ans après la promulgation par François de la constitution apostolique In Ecclesiarum Communione, Léon publia le motu proprio Confirma Fratres Tuos, apportant des changements majeurs à la structure de gouvernement du vicariat et rétablissant le cardinal vicaire comme principale autorité dans le gouvernement quotidien du diocèse du pape.

    Les observateurs locaux ont interprété cette décision comme une réprimande implicite à l'égard de Mgr Renato Tarantelli Baccari, vicaire du diocèse de Rome, dont l'ascension fulgurante sous le pontificat de François a culminé avec sa nomination comme évêque auxiliaire et vicaire en 2024.

    Tarantelli Baccari était largement considéré à Rome comme l'une des figures clés de la réforme du vicariat par François, qui accordait une plus grande autorité au vice-gérant et au Conseil épiscopal.

    Après avoir annoncé la consécration des quatre nouveaux évêques auxiliaires de Rome le 25 février, le pape Léon a établi une commission composée de tous les évêques auxiliaires de Rome et du cardinal vicaire pour réviser In Ecclesiarum Communione .

    Le diocèse de Rome est divisé en cinq zones : nord, sud, est, ouest et centre historique – bien que la zone du centre historique ait été abolie par François en octobre 2024 et rétablie plus tard par le pape Léon en novembre 2025.

    Chaque zone est censée être dirigée par un évêque auxiliaire de Rome, agissant en qualité de vicaire épiscopal. Les évêques auxiliaires constituent le conseil épiscopal du vicariat, ou diocèse, de Rome, aux côtés du cardinal vicaire de Rome – nommé par le pape pour diriger le diocèse – et du vice-gérant, qui sont les deuxième et troisième personnages les plus importants du diocèse, après le pape lui-même.

    Bien que le motu proprio ne constitue pas un renversement absolu de la réforme de François, il apporte des changements significatifs.

    Avant l'encyclique In Ecclesiarum Communione , le cardinal vicaire exerçait une large autorité par procuration dans le gouvernement du diocèse de Rome. Bien que le pape demeurât évêque de Rome et conservât la pleine autorité d'intervention, le cardinal vicaire pouvait prendre la plupart des décisions diocésaines importantes sans l'approbation explicite du concile épiscopal ni du pape, ce qui signifiait qu'en pratique, il agissait comme l'ordinaire local du diocèse au quotidien.

    Cependant, la réforme de François a considérablement réduit le pouvoir du cardinal vicaire et accru celui du vice-gérant et du conseil épiscopal.

    Par exemple, l’article 10 de l’ encyclique In Ecclesiarum Communione promulguée par François stipule que le cardinal vicaire « est un auxiliaire et vicaire général [du diocèse de Rome]… En mon nom et par mon mandat, avec l’assistance de mes autres évêques auxiliaires, parmi lesquels je choisis le vice-gérant, il exercera le ministère épiscopal d’enseignement, de sanctification et de gouvernance pastorale pour le diocèse de Rome avec le pouvoir vicaire ordinaire selon les termes que j’ai établis. »

    L'article est désormais simplifié sous Léon, la mention du cardinal vicaire comme « auxiliaire et vicaire général » étant supprimée, et il est désormais indiqué que le cardinal vicaire a « la haute et effective direction du vicariat » et le vice-gérant n'est mentionné brièvement qu'à la fin de l'article.

    L'article 14.2 de la constitution apostolique stipulait que le vicaire « dirige les offices qui composent le Service du Secrétariat général du vicariat… Le vicaire est chargé de superviser les offices du vicariat dans l'exercice de leurs fonctions, de convoquer une réunion mensuelle des directeurs de tous les offices du vicariat, d'établir les critères de la bonne application du principe de communication unique dans les relations entre le vicariat et les autres autorités, et de veiller à ce que les employés du vicariat exécutent fidèlement les tâches qui leur sont confiées. »

    Cette partie de l'article a entièrement disparu lors de la réforme de Léon.

    La réforme de Léon introduit en revanche le rôle de modérateur de la curie, qui assume désormais certaines des responsabilités auparavant dévolues au vice-gérant.

    Le modérateur est proposé par le cardinal vicaire et nommé par le pape pour un mandat unique de cinq ans. Conformément à l’article 19, « le modérateur de la curie assiste le cardinal vicaire dans l’exercice de ses fonctions… Il coordonne les activités du vicariat en vue de la mise en œuvre des directives du cardinal vicaire. »

    Une autre limite importante imposée à l'autorité du cardinal vicaire par In Ecclesiarum Communione concernait le Conseil épiscopal, que la constitution définissait comme le « principal organe de synodalité » du diocèse et son principal forum « pour les décisions pastorales et administratives ». Le texte exigeait également que le conseil se réunisse trois fois par mois, le pape présidant personnellement ou déléguant le cardinal vicaire pour diriger les sessions.

    Lire la suite

  • FSSPX : le schisme est consommé; selon le cardinal Müller, une hérésie dans la pratique est le fait de la Fraternité

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    D'Andrea Zanbrano sur la NBQ :

    Le schisme est consommé, Müller : « Une hérésie dans la pratique émane de la Fraternité »

    Le schisme de la Fraternité Saint-Pie X est consommé. Entretien avec le cardinal Müller : « Je demande une réponse théologique aux erreurs qui dénotent une hérésie dans la pratique » ; « Accueillir ceux qui partiront, supprimer l’Ecclesia Dei était une erreur » ; « Il y a de l’idéologie dans Traditionis custodes, la tradition a besoin de sollicitude pastorale ».

    2/07/2026

    « C’est plus qu’un schisme, c’est une hérésie dans la pratique. Il faudra désormais répondre de manière systématique à ces erreurs et se préparer à accueillir ceux qui quitteront la Fraternité Saint-Pie X ». Le cardinal Gerhard Ludwig Müller lève les yeux et regarde par la fenêtre de son bureau, qui donne justement sur le Palais apostolique. Le schisme lefebvrien vient de se concrétiser en cette matinée caniculaire, tandis que les touristes grouillent dehors, inconscients de la blessure que cet acte représente pour l’Église. Pourtant, Müller sait qu’il s’agit là d’un point de non-retour.

    Éminence, la consécration des quatre évêques de la FSSPX sans mandat pontifical a commencé par un contresens. À la question « avez-vous le mandat ? », la réponse a été une non-réponse. 

    Une blessure, sans aucun doute. On se souvient des donatistes, qui se croyaient supérieurs, pensaient avoir le droit de juger le Magistère et de décider de ce qui était catholique et de ce qui ne l’était pas.

    Votre intervention au Consistoire a eu le mérite de porter cette question devant le Pape. Comment les cardinaux ont-ils réagi ?

    J’ai été surpris par le nombre de confrères qui ont accueilli favorablement mes propositions. Il incombe à nous, cardinaux de la Sainte Église romaine, de défendre l’orthodoxie. Saint Irénée disait déjà que toutes les Églises doivent s’accorder avec l’Église de Pierre et Paul. Et il l’a dit contre les gnostiques. D’ailleurs, la gnose est à la base de toute rébellion. C’est lorsque la raison de l’homme veut se poser au-dessus de la raison de Dieu. Derrière toutes les hérésies se cache le gnosticisme, car il présuppose d’avoir une conception supérieure à la révélation présentée dans l’Église visible.

    Et dans la Fraternité, y a-t-il davantage d’hérésie ou davantage de gnosticisme ?

    Il y a une hérésie dans la pratique. Ici, on ne peut pas faire la distinction entre schisme et hérésie. La négation du primat du Pape dans la pratique, qu’ils acceptent pourtant en théorie, est une forme pratique d’hérésie. Cela rappelle les libéraux et les francs-maçons du XIXe siècle en Allemagne, qui n’auraient accepté l’absolutisme du roi que si celui-ci avait accepté leurs propositions.

    Comment le pape Léon a-t-il réagi à vos propositions ?

    Il n’a pas réagi directement, mais il connaît ma position.

    Venons-en aux propositions. Quelle ligne faut-il suivre sur le plan doctrinal ?

    Il faut répondre sans tarder. Je pense à une réponse structurée et systématique.

    Comment pourrait-elle s’articuler ?

    Je pense à une commission théologique internationale, qui répondrait à toutes les erreurs de la Fraternité afin d’en dégager le principe même de leur opposition. Il est désormais indispensable d’apporter une réponse théologique de nature scientifique, qui permette ensuite à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de parvenir à une clarification définitive.

    Certaines voix au sein du monde catholique ont rassuré les fidèles en affirmant qu’au fond, l’autorisation du Pape n’est qu’une question de légalisme…

    Ce n’est pas du légalisme. C’est très grave de qualifier cela de légalisme, c’est une question fondamentale pour l’Église. La Fraternité parle sans cesse de la primauté du pape telle que définie par Vatican I, mais elle n’accepte pas cette doctrine ; ses membres veulent être catholiques sans respecter le rôle fondamental du pape. Je leur ferais lire ce que saint Thomas disait sur la primauté du pape. C’est le même comportement que celui de Luther, qui disait qu’il aurait embrassé la pantoufle du pape si celui-ci avait accepté son interprétation de l’Évangile. C’est inacceptable.

    Pourquoi ?

    Parce que l’acte d’ordination d’un évêque est un acte de l’Église ; en son absence, on tombe dans la secte. Personne ne peut dire : « J’ai le droit de me faire ordonner évêque ». La doctrine de la primauté est évangélique ; prétendre qu’il ne s’agit que de légalisme revient à rompre avec le Pape et à détruire la structure sacramentelle de l’Église. Luther l’a fait lui aussi. Ils veulent être des « super-catholiques » avec une herméneutique protestante. À l’instar d’Henri VIII qui disait : « Je suis plus catholique que le pape ».

    Comment répondez-vous à l’objection d’Écône qui prétend agir pour le salut des âmes ?

    Je réponds avec saint Augustin qui répliquait aux sectes donatistes, qui se proclamaient la seule Église pure face à l’Église pécheresse : l’Église est un corpus permixtum où les pécheurs cohabitent avec les saints. Nous sommes tous pécheurs et nous sommes tous saints. Ce sont plutôt les fidèles qui se laissent séduire par cette prétention qui mettent leur âme en danger.

    Une autre objection concerne l’état de nécessité, c’est-à-dire la dérogation à certaines lois de l’Église si une situation de danger l’impose.

    Mais l’état de nécessité ne peut vous autoriser à aller à l’encontre de ce que Jésus-Christ a établi ! La sagesse divine n’avait-elle pas déjà prévu cela aussi ? La vérité, c’est que l’état de nécessité est mal compris. Il n’existe que dans leur imagination.

    Mais il est évident que l’Église subit des influences hétérodoxes et des doctrines trompeuses, ainsi qu’une protestantisation et une sécularisation excessives…

    Il n’y a pas d’erreurs de l’Église, c’est a priori impossible. Il y a des erreurs dans l’Église, mais pas de l’Église. Ne savent-ils pas que l’Église est indestructible et infaillible ? Même à l’époque des Ariens, il y avait des erreurs dans l’Église, mais pas de l’Église. L’argument de l’état de nécessité est une auto-justification idéologique par laquelle chacun veut se définir comme le critère ultime.

    Vous avez été préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Comment avez-vous géré l’affaire des lefebvristes ?

    Si je peux utiliser une image, je dirais qu’ils tournaient autour du problème de la liberté religieuse. Mais ce que j’ai eu l’impression de percevoir, c’est qu’ils n’acceptent pas que Dieu nous laisse la liberté même s’il existe des consciences erronées. L’État ne peut imposer une religion, mais devant Dieu, nous sommes tenus d’obéir à la révélation.

    Venons-en à la deuxième proposition : la création d’une structure à l’image de l’Ecclesia Dei, capable d’accueillir les futurs dissidents de la Fraternité désormais schismatique…

    La suppression de l’Ecclesia Dei a été une erreur, car cela a entraîné un morcellement des compétences et des domaines d’intervention. Il faudrait au contraire une entité unique chargée des aspects liturgiques et dogmatiques, destinée à ceux qui, dès demain, voudront revenir dans l’Église, afin de les aider à distinguer les questions proprement liturgiques de celles qui relèvent exclusivement de la doctrine ou de la bonne compréhension de la mission du pape et des évêques. Et encore : apprendre à distinguer les erreurs dans l’Église des erreurs de l’Église, ce qui, comme nous l’avons dit, est impossible.

    Une nouvelle structure au sein du Dicastère pour la doctrine de la foi ?

    Pas nécessairement. Sous son égide, mais sans nécessairement en émaner. Elle doit disposer d’une certaine indépendance et d’une certaine autonomie pour s’occuper exclusivement de ces personnes.

    L’ancienne Ecclesia Dei a eu le mérite de favoriser la réconciliation de nombreuses réalités avec l’Église.

    C’est vrai. J’en ai moi-même vu les fruits. Samedi, je serai à Courtlain, en France, pour l’ordination de sept diacres et prêtres de l’Institut du Bon Pasteur. À Wigratzbad, il y a la Fraternité Saint-Pierre, qui dispose d’un séminaire très dynamique. Ce sont des réalités fructueuses, qui ont des vocations, une foi solide, et qui ont besoin d’un accompagnement que je leur apporte volontiers.

    Célébrerez-vous la messe selon l’ancien rite ?

    Oui. Je ne suis pas un fervent partisan de la messe selon l’ancien rite, mais c’est une préoccupation pastorale que j’assume volontiers, car il s’agit à tous égards d’un patrimoine de l’Église qui ne doit pas disparaître.

    Que pensez-vous de la proposition de créer un ordinariat qui réglemente toutes ces réalités qui souhaitent vivre la tradition au sein de l’Église ?

    Canoniquement, c’est possible ; il existe déjà des expériences de ce type pour le monde dit « traditionnel », mais aussi pour les anciens anglicans. Je n’ai pas d’a priori, je pense qu’on peut réfléchir à cette issue possible.

    Mais il y a l’obstacle du *Traditionis custodes*, le *motu proprio* du pape François qui réglemente de manière restrictive la liturgie ancienne, réduisant à néant l’effort du *Summorum Pontificum*, qui avait au contraire constitué un « printemps » de redécouverte de la tradition…

    L’approche adoptée dans *Traditionis custodes* était idéologique ; on n’a pas pris conscience que si les fidèles recherchent la messe selon le *Vetus Ordo*, c’est aussi parce qu’ils ont assisté pendant trop d’années aux abus commis lors de la messe selon le *Novus Ordo*. Il est vrai que l’on parlait d’abus dans le rite renouvelé, mais on n’a pas réagi. En revanche, il y a deux semaines, on est intervenu pour mettre fin à la tentative, en Allemagne, de confier l’homélie à un fidèle laïc. C’est Vatican II lui-même qui affirme que le prêtre est le seul ministre du culte et de la Parole. De la même manière, il faudrait également intervenir face aux autres abus, mais les évêques eux-mêmes doivent et peuvent le faire dans leurs propres diocèses. Ils en ont le pouvoir et la faculté légitime.

    Quels sont, selon vous, les abus les plus graves dans la forme ordinaire de la messe ?

    Je dirais le refus d’admettre que l’essence de la liturgie est l’adoration de Dieu. Certains l’interprètent comme un divertissement, comme un spectacle. Et cela conduit au protagonisme du prêtre qui est certes ministre de Jésus, mais pas l’acteur principal.

    Dans certains milieux traditionalistes qui font un clin d’œil à Écône, on avance cette justification : comment cela se fait-il ? On excommunie les lefebvristes qui sont fidèles à la tradition, mais pas les Allemands qui sont désormais protestants ?

    C’est une objection que je peux comprendre d’un point de vue humain. Les tendances hétérodoxes au sein de l’Église, par exemple celles qui visent à bénir les couples homosexuels, constituent une grave erreur et doivent être combattues en tant que telles. Mais cette objection ne correspond pas à la réalité théologique. La Fraternité Saint-Pie X n’est pas sanctionnée parce qu’elle est « orthodoxe », mais parce qu’elle a procédé à l’ordination d’évêques en sortant de la communion avec Pierre, ce qui est une condition nécessaire. On ne peut excuser un mal par un autre mal.

  • Le Vatican excommunie même les membres laïcs de la FSSPX, une mesure d'une sévérité sans précédent dans l'histoire récente

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    D'InfoVaticana :

    La réaction de Rome fut rapide et la plus sévère depuis près de quarante ans. Moins de 24 heures après les consécrations épiscopales célébrées la veille à Écône par la Fraternité Saint-Pie-X, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi publie le 2 juillet une Note Explicative, signée par le cardinal Víctor Manuel Fernández, déclarant le crime de schisme consommé et étendant ses conséquences canoniques non seulement aux évêques et prêtres de la Fraternité, mais aussi – et c’est là le développement le plus grave – aux fidèles laïcs.

    Le document, daté du Palais du Dicastère et signé par le préfet, Monseigneur Armando Matteo (secrétaire de la Section Doctrinale) et l'archevêque John J. Kennedy (secrétaire de la Section Disciplinaire), déclare que « les multiples tentatives pour ramener les adeptes du mouvement initié par Monseigneur Marcel Lefebvre en pleine communion avec l'Église catholique se sont avérées vaines » et que les consécrations « sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père » ont « constitué le crime de schisme ».

    Trois coups dans un seul document

    La Note établit trois points d'une force sans précédent :

    Premièrement : tous les ministres sacrés de la FSSPX « sont en schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques », demeurant « soumis à l’excommunication prescrite par le droit canonique » (can. 1364 § 1). Cette déclaration ne vise plus seulement les quatre évêques consacrés hier et le consécrateur : elle s’étend aux plus de sept cents prêtres de la Fraternité dans le monde entier.

    Deuxièmement : les fidèles laïcs « qui adhèrent formellement » à la Fraternité « doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés », selon les conditions établies par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996, que le Dicastère déclare « toujours en vigueur » et « adopte comme sienne ».

    Troisièmement : le peuple de Dieu est averti que les ministres de la Fraternité « administrent illégalement les sacrements » et que « le sacrement de pénitence qu’ils administrent et le mariage qu’ils célèbrent sont invalides ».

    Plus dur que Jean-Paul II en 1988

    La comparaison avec le précédent historique est inévitable, et le constat est accablant : cette Note va au-delà de ce qui a été établi par le motu proprio Ecclesia Dei de 1988. À cette époque, Jean-Paul II avait prononcé l’ excommunication latae sententiae de Mgr Lefebvre, de Mgr de Castro Mayer et des quatre évêques consacrés. Les prêtres et les fidèles avaient été avertis du risque, mais l’excommunication prononcée ne concernait alors que six personnes. Aujourd’hui, en revanche, le Dicastère déclare excommuniés l’ensemble du clergé de la Fraternité et, pour la première fois explicitement dans un document émanant de cette autorité, les laïcs qui y adhèrent formellement.

    Un détail non négligeable pour les canonistes : le document porte le numéro de protocole 99/2009 . Autrement dit, il a été versé au dossier de l’affaire ouverte l’année où Benoît XVI, par décret du 21 janvier 2009, levait l’excommunication des quatre évêques, en signe de miséricorde pour promouvoir l’unité. Dix-sept ans plus tard, ce même dossier sert à l’action inverse.

    Adieu aux concessions de François

    La déclaration d'invalidité des confessions et des mariages annule de fait les concessions accordées par le pontificat précédent . Lors du Jubilé de la Miséricorde en 2015, François avait conféré aux prêtres de la Fraternité la faculté d'absoudre validement les péchés, l'avait rendue permanente dans la lettre apostolique Misericordia et misera (n° 12), et, en 2017, par l'intermédiaire de la Commission Ecclesia Dei , avait établi un dispositif pour la célébration valide des mariages officiés par ses prêtres. Tout cela est désormais effacé d'un trait de plume, sans aucune mention de ces actes pontificaux ni des centaines de milliers de fidèles qui, pendant une décennie, ont reçu la confession et se sont mariés sous leur protection.

    Une rigueur réservée à la tradition

    On pourrait se demander – et de nombreux fidèles se le demanderont aujourd’hui – s’il existe un autre groupe au sein de l’Église auquel Rome ait jamais appliqué une telle rigueur. Le prétendu Chemin synodal allemand a approuvé des résolutions ouvertement contraires au Magistère sans qu’aucun évêque ne soit déclaré schismatique. Des théologiens, des congrégations et des communautés entières remettent publiquement en question des doctrines établies sans que le Dicastère n’ait invalidé leurs sacrements ni excommunié leurs fidèles. L’excommunication explicite de laïcs pour leur simple adhésion à une réalité ecclésiale est sans précédent dans la pratique récente du Saint-Siège. Une fois encore, la norme n’atteint son maximum que lorsqu’elle se réfère à la tradition.

    Le document se conclut par une formule maternelle habituelle : « L’Église, telle une mère attentive, accueillera avec une affection sincère » ceux qui souhaitent revenir, et par une exhortation aux fidèles à « s’abstenir de participer aux célébrations et activités organisées » par la Fraternité. Les nonces apostoliques mettront en place des procédures pour les différents cas de retour.

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    DÉCRET

    Nonobstant les avertissements adressés au Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, Monseigneur Alfonso de Galarreta, ayant accompli un acte de nature schismatique par la consécration épiscopale de quatre prêtres, sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife, a encouru *ipso facto* les peines prévues par le can. 1387 et le can. 1364 § 1 CIC 2021.

    Je déclare donc à tous effets juridiques que tant ledit Monseigneur Alfonso de Galarreta que Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier ont encouru *ipso facto* l'excommunication *latae sententiae* réservée au Siège Apostolique.

    Je déclare en outre que Monseigneur Bernard Fellay, ayant participé directement à la célébration liturgique en qualité de co-consécrateur, ayant ainsi adhéré publiquement à l'acte schismatique, a encouru l'excommunication latae sententiae prévue par le can. 1364 § 1 CIC 2021.

    Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sous peine d'encourir ipso facto la peine de l'excommunication latae sententiae.

    Du Palais du Dicastère, le 2 juillet 2026

    Víctor M. Card. Fernández
    Préfet

    Note explicative du Dicastère pour la Doctrine de la Foi – 2 juillet 2026

    Prot. n° 99/2009


    NOTE EXPLICATIVE

    Depuis l'époque de saint Paul VI jusqu'aux derniers entretiens, qui se sont tenus récemment auprès de ce Dicastère, les nombreuses tentatives visant à ramener à la pleine communion avec l'Église catholique les membres du mouvement initié par Mgr Marcel Lefebvre se sont révélées vaines. Cette situation s'est encore aggravée à la suite des récentes consécrations épiscopales célébrées sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père, en violation manifeste du droit canonique. C'est pourquoi ce Dicastère, dans le fidèle exercice des fonctions qui lui sont confiées, estime nécessaire de constater que cet acte a constitué le délit de schisme, avec les conséquences canoniques qui en découlent pour les ministres sacrés et les fidèles laïcs concernés. En effet, comme cela avait déjà été déclaré en 1988, « cette désobéissance, qui comporte en elle-même un refus pratique de la primauté romaine, constitue un acte schismatique » (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Ecclesia Dei, n° 3).

    À cet égard, désormais :

    1. Les ministres sacrés appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont dans le schisme et doivent, par conséquent, être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia Dei, n° 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur l'excommunication pour schisme encourue par les adhérents au mouvement de Mgr Marcel Lefebvre, 24 août 1996, nos 5-6). Ils sont donc soumis à l'excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1 du Code de droit canonique).

    2. En ce qui concerne les fidèles laïcs, doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés ceux qui adhèrent formellement à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, selon les conditions établies par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996 (cf. ibid., n° 7), toujours en vigueur et que ce Dicastère fait sienne.

    3. Enfin, le saint Peuple de Dieu est averti que les ministres sacrés de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X administrent illicitement les sacrements et que le sacrement de pénitence qu'ils administrent ainsi que les mariages auxquels ils assistent sont invalides.

    L'Église, comme une mère pleine de sollicitude, accueillera avec une affection sincère et une vive bienveillance tous ceux qui souhaiteront revenir à la pleine communion. Les Nonces apostoliques mettront à la disposition des Ordinaires les procédures qu'ils pourront utiliser selon les différents cas.

    Enfin, tous les fidèles sont exhortés à demeurer fermes dans la communion avec le Pontife romain, avec les évêques en communion avec lui et avec toute l'Église (cf. Lumen gentium, n° 22 ; can. 751 du Code de droit canonique), et à s'abstenir de participer aux célébrations et aux activités organisées par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

    Du Palais du Dicastère, le 2 juillet 2026.

    Víctor Manuel Cardinal Fernández
    Préfet

    Mgr Armando Matteo
    Secrétaire de la Section doctrinale

    John J. Kennedy
    Archevêque titulaire d'Ossero
    Secrétaire de la Section disciplinaire

  • Fraternité Saint-Pie X : "une immense tristesse" (Christophe Geffroy sur La Nef)

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    L'éditorial de Christophe Geffroy sur La Nef ( n°393 Juillet-Août 2026):

    Fraternité Saint-Pie X : une immense tristesse

    Au moment où vous lirez ces lignes, écrites fin juin, sauf bouleversement très improbable, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) aura passé outre l’exhortation du pape, et les évêques consécrateurs ainsi que les quatre nouveaux évêques auront été excommuniés latae sententiae (c’est-à-dire automatiquement, ils se sont eux-mêmes excommuniés) le 1er juillet 2026. C’est une immense tristesse pour tout catholique de voir ainsi une déchirure non seulement persister, mais s’aggraver. Tristesse également de constater l’impossibilité d’un dialogue apaisé entre frères censés professer la même foi. Nul doute que les membres et fidèles de la FSSPX aiment profondément le Christ et estiment, subjectivement, ainsi servir l’Église. Nous savons combien une telle déchirure touche bien des âmes partagées entre leur attachement à cette Fraternité et leur souci de fidélité à l’Église, combien elle divise des familles et des catholiques qui, dans un monde où le christianisme est devenu minoritaire, déplorent d’autant plus ces querelles intestines souvent mal appréhendées.

    Un risque de schisme

    Et pourtant, la réalité est là, la dissidence de la FSSPX est d’une extrême gravité puisqu’elle est de nature schismatique, ainsi que l’avait souligné Jean-Paul II dès 1988. Il ne s’agit pas de divergences secondaires ou « tactiques » qui autoriseraient des points de vue différents, tous légitimes, sur une question ouverte ; non, il s’agit de positions doctrinales – conception de la Tradition, rejet profond du concile Vatican II (liberté religieuse et œcuménisme tout particulièrement) et de la messe réformée par saint Paul VI – et d’une attitude ecclésiale de rébellion susceptibles de conduire à un schisme dans l’Église : qui prétendrait que cela est secondaire ? Au regard de cette réalité, les bonnes intentions des dirigeants de la FSSPX ne suffisent pas et ne peuvent rendre bon et licite un acte dont l’objet ne l’est pas – sauf à tomber dans un pur subjectivisme étranger au catholicisme.

    Certes, « il y a des demeures nombreuses dans la maison de mon Père » (Jn 14, 2), enseigne le Christ. L’Église n’est pas uniformité et il est heureux que des différences puissent s’affirmer en son sein. Mais l’Église n’est pas non plus une « auberge espagnole » devant tout accepter, et il y a des limites largement franchies par la FSSPX depuis bien longtemps. Les prêtres et fidèles qui la soutiennent sont tellement enracinés dans un esprit de combat contre la hiérarchie ecclésiale pour la défense de la « messe de toujours » et de « l’Église de toujours », qu’ils en ont perdu le sensus Ecclesiae, leur combat étant devenu plus important que la communion ecclésiale.

    Un contexte de crise à ne pas oublier

    N’oublions pas, cependant, que tous les torts ne sont pas d’un seul côté. La FSSPX n’est pas tombée du ciel. Elle n’a existé et ne s’est développée qu’en raison d’un contexte de crise très grave dans l’Église dont la hiérarchie a sa part de responsabilité. Méditons ces fortes paroles du sage Benoît XVI : « En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Église n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité ; on a l’impression que les omissions dans l’Église ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions ont réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau » (Lettre aux évêques, 7 juillet 2007).

    Dans ce contexte, il faut rendre hommage aux communautés attachées à l’ancien missel qui sont demeurées fidèles à Rome : elles sont d’ailleurs la preuve vivante qu’il est possible de vivre l’attachement à cette liturgie en pleine communion avec le pape et l’Église, rendant caduc l’argument sur « l’état de nécessité » invoqué par la FSSPX. Le cas de cette Fraternité montre combien le fait d’absolutiser le rite liturgique ou tel aspect du magistère conduit à une rigidité et une fermeture d’esprit qui finissent par obstruer l’intelligence et le discernement. C’est un exemple à méditer, notamment pour ceux qui ne sont pas gênés par une certaine porosité avec la FSSPX.

    Après ces ordinations épiscopales sans mandat pontifical, il faut sans doute maintenant laisser les choses reposer. Il convient néanmoins de garder l’esprit ouvert, de ne jamais se satisfaire d’une telle rupture et de toujours essayer de conserver le contact, le dialogue, une main tendue pour le retour dans le bercail de la brebis égarée la plus proche. C’est une intention de prière qui demeure.

  • Un consistoire trop court et trop structuré ?

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Trop court, trop structuré ? Les cardinaux reviennent sur le consistoire synodal

    Les participants soulignent les avantages des échanges entre collègues, mais se demandent si ce format permet réellement et efficacement de transmettre des conseils au Pape.

    Les cardinaux se réunissent pour la messe avec le pape Léon XIII à la basilique Saint-Pierre le 26 juin 2026, lors de leur consistoire.
    Les cardinaux se réunissent pour la messe avec le pape Léon XIII à la basilique Saint-Pierre le 26 juin 2026, lors de leur consistoire. (Photo : Simone Risoluti / Vatican Media)

    CITÉ DU VATICAN — Les cardinaux qui ont assisté au deuxième consistoire extraordinaire du pape Léon XIV ont déclaré avoir apprécié certains aspects de la réunion, mais l'ont trouvée trop brève, insuffisamment axée sur les questions internes urgentes de l'Église et trop structurée pour permettre une discussion libre suffisante.

    Organisée au Vatican les 26 et 27 juin, cette réunion a rassemblé 178 cardinaux du monde entier. Il s'agissait de la deuxième réunion de ce type convoquée par le pape Léon XIII après une interruption de douze ans sous le pontificat du pape François.

    Structuré selon des principes « synodaux », le consistoire a divisé les participants en petits groupes linguistiques pour discuter de thèmes prédéfinis, notamment la première encyclique du pape Léon, Magnifica Humanitas , la promotion du bien commun et la mise en œuvre du Synode sur la synodalité de 2023-2024.

    Les préoccupations mondiales plus larges telles que la guerre, la pauvreté, la fragmentation sociale et un sentiment croissant de solitude et de perte de sens ont été largement abordées, tandis que les questions internes à l'Église ont été largement omises et reléguées à une brève session plénière finale.

    Plusieurs cardinaux ont fait part au Register de leur satisfaction générale quant à la réunion. « C’était très agréable d’avoir l’occasion de partager nos expériences », a déclaré le cardinal Tarcisio Kikuchi de Tokyo . « C’était comme un synode, une continuation du synode. »

    Le cardinal Antoine Kimbanda de Kigali (Rwanda) a déclaré que le consistoire était « merveilleux », car il était « empreint d'un esprit de synodalité, d'écoute mutuelle et de cheminement commun, à l'image du Synode sur la synodalité ». Il a ajouté que, d'après lui, ses confrères cardinaux africains étaient « tous satisfaits » de la réunion, précisant que le consistoire leur avait permis de mieux se connaître, notamment les cardinaux émérites, « qui ont une plus grande expérience ». Cela leur a permis de « s'écouter, d'apprendre les uns des autres et de cheminer ensemble », a-t-il conclu.

    Le cardinal Jaime Spengler de Porto Alegre, au Brésil, a lui aussi décrit le consistoire comme « un véritable espace et un véritable temps de communion, de fraternité et, en même temps, d'une grande transparence ». « Ce fut un réel plaisir », a-t-il déclaré, « de pouvoir partager un peu de la situation, non seulement de l'Église dans le monde, mais aussi de ressentir le moment historique que nous traversons, marqué par les guerres, la polarisation et les inégalités, qui sont un scandale. »

    Selon le cardinal Spengler, « non seulement chacun pouvait s'exprimer, mais il devait le faire », et « personne ne pouvait dire : “Cette situation ou celle-ci ne me concerne pas” ». Il s'est dit « profondément marqué » par le discours de clôture du pape Léon XIII , le qualifiant de « résumé fantastique » de ce qui « s'est réellement passé durant ces deux jours ».

    Le cardinal Raymond Burke , préfet émérite de la Signature apostolique, a déclaré que les cardinaux étaient « très reconnaissants » au pape d’avoir convoqué à nouveau de telles réunions, et il a noté qu’ils échangeaient davantage entre eux. « Nous apprenons à mieux nous connaître, et c’est un fruit très positif », a-t-il affirmé.

    Le cardinal Gerhard Müller , préfet émérite du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, s'est félicité que le consistoire « ait redonné au Collège des cardinaux son rôle légitime : conseiller le Pape et être son premier conseiller ». Il a déclaré que le pape Léon XIII est un homme instruit et bien informé, mais « ni autocrate ni au-dessus des autres, mais un être humain comme les autres ». Cela signifie qu'il doit « toujours être en contact et en dialogue avec tous ses frères engagés dans la même mission ».

    Préoccupations concernant la structure synodale

    Cependant, des inquiétudes ont été soulevées quant à la brièveté du consistoire et à sa structure « synodale », qui, selon certains participants, avait étouffé les discussions sur les questions urgentes, notamment au sein de l'Église.

    Le cardinal Burke a déclaré que, contrairement aux consistoires d'il y a plus de dix ans, où les cardinaux pouvaient librement exprimer leurs préoccupations au pape en séances plénières, on leur a indiqué que le consistoire devait désormais être « conforme à la synodalité ». Il ne s'agissait plus d'un débat ouvert, a-t-il précisé, mais de discussions organisées autour de tables restreintes, suivant « un système de questions proposé ».

    « Nous n'approfondissons pas les sujets en profondeur », a-t-il déclaré au Register le 29 juin, ajoutant que les rapports « ne font que refléter ce sur quoi tous les cardinaux se sont accordés ». Ainsi, si un cardinal soulève un sujet avec lequel d'autres ne sont pas d'accord, mais qui « pourrait être très juste et important à entendre pour le pape, cela ne lui est pas rapporté », a-t-il précisé.

    Le cardinal Müller partageait ces critiques quant à la structure, affirmant que les tables rondes, dans un format synodal, relevaient davantage d'une « forme d'éducation moderne pour les jeunes » ou convenaient mieux aux Jésuites ou aux Augustins qu'aux consistoires. Il rappelait qu'autrefois, tous les cardinaux pouvaient s'exprimer en plénière « que chacun pouvait entendre et partager ».

    « L’essentiel, c’est la séance plénière », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il préférait « des déclarations préparées, réfléchies et écrites, formulées des semaines à l’avance, et non des mots qui surgissent uniquement sous l’effet de la situation ».

    « Nous pouvons servir et aider le Pape par nos propres réflexions, et non par des propos manipulés et contrôlés à l'avance », a déclaré le cardinal Müller. « Je n'ai pas besoin d'un "guide" pour préparer mon discours. Dans notre société actuelle, ce genre de pensée est trop répandu : d'autres prétendent nous diriger et dicter nos paroles. »

    Pour le cardinal, il faut trouver une « meilleure solution », une solution dans laquelle la synodalité n’est pas « exagérée comme solution à tout ».

    Contrairement au premier consistoire extraordinaire du pape Léon XIII en janvier, la réunion de juin comprenait bien une heure de « discussion libre » à la fin, mais chaque cardinal ne disposait que de trois minutes au lieu des cinq ou six minutes habituelles. Le cardinal Müller a fait remarquer que les formules de politesse et les salutations avaient déjà absorbé une partie de ce temps, laissant très peu de place aux interventions de fond, et le cardinal Burke a déclaré ne pas avoir eu suffisamment de temps pour prononcer son discours préparé.

    Consistoire trop court

    Le cardinal Kikuchi a déclaré au Register que le fait de diviser les cardinaux en petits groupes linguistiques avait « en réalité limité » leurs discussions car, en tant que cardinal d'Asie, il n'avait pas pu avoir un aperçu direct de la situation de l'Église en Amérique latine. Il a également jugé la durée totale trop courte. « On a suggéré que, l'année prochaine, nous devrions avoir au moins quatre jours », a-t-il dit. « Peut-être que la prochaine fois, nous aurons plus de temps. »

    Plusieurs cardinaux ont déploré que les questions internes urgentes de l'Église n'aient guère été abordées. Le Register a appris qu'un seul cardinal a évoqué la question de la Fraternité Saint-Pie-X et son acte imminent, probablement schismatique, de consacrer des évêques sans mandat papal – et ce, uniquement parce qu'il a saisi une occasion propice. Le sujet n'a pas été inscrit à l'ordre du jour et, hormis cette unique intervention, la question de la FSSPX n'a ​​pas été soulevée du tout. De même, durant le reste du consistoire, d'autres questions cruciales, telles que le très controversé Chemin synodal allemand ou les interrogations sur ce que certains cardinaux considèrent comme l'influence d'un prétendu lobby homosexuel au sein de l'Église, n'ont pas été abordées.

    Le cardinal Burke a qualifié la question de la FSSPX de « sujet tabou » et a déclaré qu'il estimait que les cardinaux « devraient donner au Saint-Père leurs meilleurs conseils sur la marche à suivre ». Mais lui et d'autres ont fait valoir que le format synodal, ainsi que le temps limité, empêchaient de tels conseils approfondis.

    Le cardinal Kikuchi a fait remarquer que si les cardinaux avaient entamé la discussion sur la FSSPX ou d'autres questions internes délicates sans préparation adéquate, le débat aurait facilement pu dégénérer en une confrontation sur les positions de certains cardinaux. Or, la question de la FSSPX, a-t-il souligné, « ne repose pas sur des sentiments », mais sur des considérations théologiques et canoniques qui exigent un examen approfondi. Les cardinaux, a-t-il précisé, « ne souhaitent pas donner l'impression d'être un groupe de pression », cherchant à influencer le Pape dans sa conduite, au lieu de lui offrir un avis raisonné.

    Le cardinal Spengler a déclaré que les problèmes internes à l'Église, notamment les abus sexuels commis par des membres du clergé et les questions liturgiques – qui avaient été inscrits à l'ordre du jour des deux consistoires mais qui ont finalement été omis – ainsi que d'autres problèmes internes, sont des « situations qui nous préoccupent » et peuvent être scandaleuses. Il a toutefois préféré souligner le « témoignage extraordinaire » des fidèles qui servent les pauvres et les vulnérables, affirmant : « Ces hommes et ces femmes sont de véritables saints. »

    Le cardinal Burke s'est interrogé plus largement sur la pertinence du concept de « synodalité » pour aborder les problèmes de l'Église, que ce soit au sein des consistoires ou dans la vie ecclésiale en général. Lui et le cardinal Müller ont tous deux constaté l'absence de définition solide et consensuelle de ce terme. Lors du consistoire, un cardinal a fait remarquer que la synodalité tend à privilégier la situation contemporaine – la dimension « synchronique » – au détriment de la dimension « diachronique », c'est-à-dire son contexte historique et ses liens avec le modernisme et le libéralisme.

    « Je suis convaincu que Notre Seigneur protégera l’Église », a déclaré le cardinal Burke au Register, « mais nous devons faire notre part et dire : “Non, ce concept de synodalité, même s’il peut avoir une bonne intention en ce sens qu’il veut adapter la foi à l’époque contemporaine, est fondamentalement erroné.” »

    Deux interventions

    Dans son intervention publiée dans le Register, le cardinal Burke a dénoncé le récent rapport du Groupe d'étude synodal n° 9, y voyant une tentative de normaliser les relations homosexuelles au sein de l'Église et une calomnie, selon lui et d'autres, à l'encontre de Courage International et de son apostolat auprès des personnes attirées par le même sexe. Affirmant que le rapport s'écartait de l'enseignement moral constant de l'Église et discréditait injustement Courage, le cardinal Burke a mis en garde ses confrères cardinaux contre une telle approche, qui semait la confusion, la division et ce qu'il considérait comme une manœuvre politique incompatible avec la structure doctrinale et hiérarchique de l'Église. Il a appelé à un retour aux fondements théologiques légitimes du synode, ancrés dans la vérité morale objective, l'autorité épiscopale et l'enseignement constant de l'Église, réaffirmé dans Veritatis Splendor .

    Dans son intervention, le cardinal Müller a exprimé les mêmes préoccupations concernant la formule du consistoire que celles qu'il avait partagées avec le Register, tout en évoquant la FSSPX et la question du schisme. Il a fermement rejeté les accusations de déviation de l'Église par rapport à la foi, a demandé une clarification du statut canonique de la FSSPX et a proposé la création d'une commission chargée de faciliter son retour en pleine communion sous l'autorité du pape.

  • La lettre du Pape au Supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (mise à jour)

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    LETTRE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
    AU RÉVÉREND PÈRE DAVIDE PAGLIARANI
    SUPÉRIEUR GÉNERAL DE LA FRATERNITÉ SACERDOTALE SAINT-PIE X

     

    Au Révérend Pere Davide Pagliarani
    Supérieur Géneral
    de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

    C’est avec paternité que je souhaite m’adresser à vous et, à travers vous, aux évêques, aux prêtres, aux séminaristes et aux fidèles liés à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, conscient de la responsabilité que le Seigneur m’a confiée en tant que Successeur de l’Apôtre Pierre.

    L’Église reconnaît l’attachement à la vie liturgique, l’engagement dans la formation sacerdotale, le zèle apostolique et le désir de fidélité à la Tradition qui caractérisent de nombreuses personnes et communautés liées à cette Fraternité. Cela a motivé l’attitude d’attention et de bienveillance que mes Prédécesseurs vous ont constamment manifestée.

    Dans cet esprit, et rempli d’affection chrétienne, je vous demande et vous prie de tout mon cœur : revenez sur vos pas ! Je vous exhorte à considérer avec attention le bien spirituel des fidèles car l’acte schismatique que vous avez l’intention d’accomplir les priverait de la réception licite, voire dans certains cas valide, des sacrements qu’ils aiment et recherchent pour leur sanctification.

    L’Église est ouverte à un chemin de dialogue et d’entente que le Saint-Esprit peut rendre possible et fécond.

    Je prie pour vous car déchirer la Tunique sans coutures du Christ est un péché d’une extrême gravité. Que le Seigneur éclaire vos consciences et réveille vos cœurs. En vertu de l’autorité que j’ai reçue du Christ, c’est le cœur attristé, mais encore rempli d’espoir, que je me sens le devoir de vous demander de renoncer à votre projet. Je confie ces intentions au Cœur Immaculé de Marie, Mère du Bon Conseil.

    Du Vatican, le 29 juin 2026

    Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul

    LÉON PP. XIV

    Réagissant à cette lettre du Pape, le Supérieur général de la FSSPX lui a adressé cette Lettre du Supérieur général en réponse à Sa Sainteté le Pape Léon XIV